« Les affaires sont les affaires ! » (maxime)

Évolution de la valeur du jeton World Liberty (WLFI) depuis son lancement

J’écrivais ici le 5 février dernier :

Vous connaissez mon opinion que le sort des « cryptos » (jetons commercialisables) et de Trump sont à ce point liés que chacun joue le rôle de baromètre pour l’autre.

Wikipedia :

Le jeton World Liberty (WLFI) est une émanation de la famille Trump. La famille Trump perçoit 75 % du produit net lorsque WLFI vend des jetons.

La société a fait l’objet de nombreux reportages sur les conflits d’intérêts découlant de l’implication de Donald Trump, notamment des accords secrets avec des entités étrangères et des hommes d’affaires ayant déjà fait l’objet d’enquêtes pénales ou ayant été condamnés. L’un des rares investisseurs de World Liberty connus du grand public est le milliardaire de la cryptomonnaie Justin Sun ; peu après l’entrée en fonction de Trump en 2025, Sun a investi 30 millions de dollars dans World Liberty et une enquête de la SEC à son sujet a ensuite été abandonnée. En 2025, le président Trump a gracié Changpeng Zhao, qui avait été condamné pour manquement aux obligations de conformité en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, après que sa société Binance eut contribué à enrichir World Liberty Financial.

En 2025, une société liée au gouvernement d’Abou Dabi a acheté pour 2 milliards de dollars de stablecoins de 1 USD à World Liberty et a secrètement acquis une participation de 49 % dans la société pour un demi-milliard de dollars ; peu après, l’administration Trump a approuvé un plan visant à fournir à cette société des Émirats arabes unis des centaines de milliers de puces informatiques de pointe et rares, malgré les préoccupations en matière de sécurité nationale. Des experts juridiques ont qualifié l’accord avec les Émirats arabes unis de violation potentielle de la clause sur les émoluments de la Constitution américaine.

The Financial Times, le 18 avril 2026 :

Dans sa dernière déclaration de patrimoine, qui ne porte que sur l’année civile 2024, le président a déclaré un revenu personnel de 57,3 millions de dollars provenant de World Liberty.

World Liberty a fait l’objet d’une attention particulière en début d’année après avoir reconnu avoir vendu un peu moins de la moitié de son capital pour 500 millions de dollars à un groupe d’investisseurs soutenus par un membre de la famille royale d’Abou Dabi, quelques jours avant l’investiture de Donald Trump.

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9 réponses à “« Les affaires sont les affaires ! » (maxime)

  1. Avatar de Vincent Rey
    Vincent Rey

    Dingue, on parle tout de même d’un sacré paquet de fric ! 2 milliards de $ investis dans la crypto de Trump par cette société des Emirats Arabes Unis en échange de l’exportation de ces puces high tech !

    Et donc la famille Trump a perçu un bénéf de 75% en vendant ces jetons, soit 1,5 MILLIARD DE $, …multipliée par 2000, cette somme dépasse le PIB français ! corruption à grande échelle….on est des petits joueurs en France…

    Trump c’est la réincarnation de BOSS TWEED. Dans les années 1870, Tweed faisait aussi diversion sur la sécurité, pendant qu’il « sucrait » abondamment son petit cercle

    findutravail.net

  2. Avatar de Hervey

    Constat.

    https://www.youtube.com/watch?v=H1mY1yiB8gY

    Pfff … les mots me manquent.
    Fatigue.

  3. Avatar de Paul Jorion

    Heureusement pour les Américains qu’ils ont gagné la guerre (qu’est-ce que ce serait sinon… )

  4. Avatar de Martin
    Martin

    Ah ! Un peu de finance (et de corruption 😉 ). Jorion revient-il à ses premières amours ?

  5. Avatar de PAD
    PAD

    Peut-on encore parler d’un “prix” pour WLFI quand seule une fraction des jetons est échangeable, que des acteurs étatiques du Golfe sont impliqués, et que certaines transactions s’inscrivent dans des contreparties géopolitiques (exportations de puces) ?
    Quand 10 % des jetons font le marché et que le reste relève de rapports de force politico-financiers, mesure-t-on une valeur … ou une influence politique au profit de ceux qui contrôlent l’émission et les flux ?

  6. Avatar de Paul Jorion

  7. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    A propos de l’expression « Les affaires sont les affaires ».

    « RN – Macronie : complicité du pire et hold-up démocratique sur fond de « guerre de civilisation » et de profiteurs de guerre

    1. L’hypocrisie sur la TVA des carburants

    Le RN accuse l’État d’inaction face à la flambée des prix et réclame une baisse de la TVA sur les carburants à 5,5 %. Mais cette mesure est irréaliste (coût de 10 à 17 milliards par an, illégalité européenne). Surtout, le parti ignore que l’État est lui-même actionnaire de TotalEnergies (via la Caisse des dépôts) et perçoit des dividendes sur les superprofits. Dénoncer l’État tout en refusant de taxer ces profits revient à protéger les intérêts du géant pétrolier.

    2. L’angle mort géopolitique : l’épargne des Français

    Le RN se présente comme le défenseur du pouvoir d’achat, mais il tait un chiffre clé : l’épargne privée des Français atteint 6 400 milliards d’euros – soit le double de la dette publique. Cette manne est convoitée par tous. En s’opposant à toute taxation des superprofits, le RN préserve les intérêts des grands actionnaires, dont une partie de cette épargne, au détriment des classes populaires qu’il prétend défendre.

    3. Les véritables « assistés » : les entreprises et leurs actionnaires

    La politique de l’offre macroniste a versé plus de 200 milliards d’euros par an d’aides publiques aux entreprises – sans quasiment aucune contrepartie (emploi, écologie, etc.). Pendant ce temps, TotalEnergies reverse des dividendes records à ses actionnaires… y compris à l’État. Le RN refuse toute conditionnalité des aides ou taxation des superprofits. Il devient ainsi le complice objectif d’un système qui arrose le capital tout en culpabilisant les plus précaires.

    4. Complicité du pire : l’entente cordiale pour étouffer le débat parlementaire

    Cette alliance de fait a atteint son paroxysme lors de l’examen du budget 2026. Le 3 octobre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce renoncer à l’article 49.3, salué par Marine Le Pen comme un geste « respectueux de la démocratie ». Mais ce renoncement est un leurre : le gouvernement, minoritaire, ne peut survivre que grâce à la « bienveillance passive » du RN, selon l’analyse de Politis. Une majorité fantôme se construit ainsi sur le « mutisme complaisant de l’extrême droite ».

    Le 16 octobre 2025, deux motions de censure sont examinées : celle de LFI obtient 271 voix (à 18 près de la majorité), celle du RN seulement 144 voix. La gauche refuse logiquement de voter celle du RN, mais le RN a voté celle de LFI, tout en sachant qu’elle échouerait. Cette pantomime permet au RN de se poser en victime – Jordan Bardella dénonce une « majorité de marchandage » – tout en assurant la survie du gouvernement.

    5. Une convergence idéologique assumée

    Le RN se fait désormais ouvertement le « porte-parole des plus grands groupes et des milieux d’affaires ». Il vote contre la taxe Zucman (imposition minimale des milliardaires) et supprime un impôt de production, la C3S, offrant 5 milliards aux entreprises. Selon Le Monde, le RN prône une « accélération de la politique de l’offre macroniste » qu’il prétend pourtant combattre.

    Pendant qu’il agite la menace d’une « guerre de civilisation » pour capter les peurs, il protège en silence les profiteurs de guerre – TotalEnergies et ses actionnaires – qui engrangent des milliards sur les conflits internationaux.

    6. Le prix de cette complicité : un déni de démocratie

    Pendant que l’exécutif et l’extrême droite jouent ce jeu, la censure échoue. Le gouvernement vit grâce à une « abstention stratégique » du RN, une forme de troc invisible, sans vote formel ni accord signé, mais avec des gestes, des clins d’œil, des gages. Le RN, au lieu de faire tomber un gouvernement qu’il prétend exécrer, préfère le maintenir en vie pour mieux instrumentaliser la crise. La gauche, unie sur le fond, se fracture sur la stratégie. Et les Français, qu’on dit vouloir défendre, sont les grands absents de ces manœuvres d’appareil.

    Conclusion

    Le RN cultive une critique de façade contre « l’État inactif », mais ses propositions économiques (baisse de TVA non financée, refus de taxer les superprofits, maintien des aides sans contrepartie) et son jeu parlementaire (abstention complice, opposition de pure forme) renforcent le système qu’il prétend démolir. Derrière le discours antisystème, une réalité plus grave : le premier parti de France et la Macronie forment un tandem toxique qui étouffe le débat démocratique, protège les intérêts du capital et se moque éperdument des classes populaires. La seule censure qui vaille serait celle des urnes. En 2027, les Français sauront qui, dans cette farce, a vraiment œuvré contre leurs intérêts. S’abstiendront-ils alors… d’avoir confiance en la et les politiques… de défier et se méfier des médias de masse… ?

    https://reporterre.net/Petrole-TotalEnergies-a-gagne-1-milliard-de-dollars-en-un-mois

    https://reporterre.net/L-Etat-francais-est-l-un-des-principaux-actionnaires-de-TotalEnergies-grace-a-l-argent-des-contribuables

    https://www.politis.fr/articles/2025/10/lecornu-sans-49-3-mais-avec-un-cheque-en-blanc-au-rn/

    https://www.aisnenouvelle.fr/id666865/article/2025-10-16/gouvernement-lecornu-ii-la-motion-de-censure-lfi-rejetee-18-voix-pres

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique/l-edito-politique-du-lundi-10-novembre-2025-4661404

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/04/le-budget-selon-le-rn-demagogie-et-incoherences_6651881_3232.html« 

  8. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Pour le ‘vulgum pecus’ , un titre MdP ce soir, pas assez interpellant jusqu’à présent, semble-t-il..!?

    1er-Mai : le gouvernement autorise la « délinquance patronale »

    Après la proposition de loi reportée, la motion de rejet adoptée et la commission mixte paritaire abandonnée, le gouvernement tente d’imposer le contournement du droit du travail sur simple déclaration ministérielle.
    Dès cette année, boulangers et fleuristes pourront faire travailler leurs salariés, au mépris du droit.

    Pierre Jequier-Zalc et Khedidja Zerouali-21 avril 2026 à 18h25

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  2. On ne peut pas ne pas penser au travail de la plasticienne japonaise Yahoo Kusama qui vit et travaille dans…

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  4. Moi aussi j’aime bien mais là on joue les ancêtres. Ça va quand même faire bientôt un siècle !😉

  5. Peut-être mais moi je passe d’excellents moment, à l’instant présent, à les écouter 🙂

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