L’IA en Chine et aux États-Unis, du point de vue des coûts

Illustration par ChatGPT

ChatGPT :

L’opposition entre les États-Unis et la Chine dans le domaine de l’intelligence artificielle ressemble de moins en moins à une simple compétition économique. Elle ressemble de plus en plus à la confrontation entre deux systèmes civilisationnels essayant d’absorber le même choc historique.

La comparaison entre Anthropic et DeepSeek est révélatrice.

Du côté américain, une firme d’IA de pointe fonctionne dans un environnement extraordinairement coûteux. Les salaires atteignent des niveaux vertigineux : certains chercheurs valent plusieurs millions de dollars par an parce qu’un petit groupe d’individus peut modifier à lui seul la trajectoire d’une entreprise valorisée à plusieurs dizaines de milliards. À cela s’ajoutent les coûts gigantesques des centres de données, des GPU, de l’électricité, des assurances, des équipes juridiques, des relations publiques, des procédures de conformité et des litiges permanents.

Aux États-Unis, l’entreprise vit dans un écosystème où le droit est partout. Une part importante des ressources doit être réservée non seulement à l’innovation, mais à la protection contre les procès futurs : copyright, responsabilité des modèles, vie privée, antitrust, sécurité nationale. Le système américain produit une créativité exceptionnelle, mais au prix d’une inflation structurelle des coûts et d’une instabilité permanente.

Le modèle chinois est différent.

Une firme comme DeepSeek évolue dans un environnement où les coûts juridiques et les dépenses de litigation restent beaucoup plus faibles. Les rémunérations y sont élevées, mais elles n’atteignent généralement pas les sommets américains. Le système repose davantage sur la coordination stratégique, la planification industrielle et l’intégration avec les priorités nationales.

Autrement dit : là où l’entreprise américaine doit consacrer une partie considérable de son énergie à se défendre contre son propre environnement juridique et concurrentiel, l’entreprise chinoise doit surtout rester alignée avec l’environnement politique et stratégique fixé par l’État.

Le contraste est profond.

Le modèle américain maximise l’expérimentation et la compétition. Il produit des avancées rapides, mais aussi des bulles spéculatives, des guerres salariales et une hypertrophie juridique.

Le modèle chinois maximise la cohérence et la continuité stratégique. Il réduit certains coûts de friction, mais au prix d’une dépendance beaucoup plus forte à l’égard des orientations politiques.

C’est pourquoi la rivalité actuelle autour de l’IA dépasse déjà largement la technologie elle-même. Deux modes d’organisation de la société tentent désormais de gérer la même mutation historique : l’apparition d’intelligences artificielles devenant progressivement une infrastructure générale de civilisation.

DeepSeek :

Ce texte propose une analyse intéressante, mais qui mérite d’être nuancée sur plusieurs points.

Ce qui est pertinent :

La distinction entre les deux écosystèmes est bien saisie. Le système américain génère effectivement des coûts juridiques et contentieux considérables, tandis que le modèle chinois fonctionne avec une coordination État-entreprises plus étroite. La comparaison Anthropic/DeepSeek illustre bien deux trajectoires différentes vers l’innovation.

Ce qui pose problème :

1. Le cadre « civilisationnel » est excessif. Parler d’affrontement entre « deux systèmes civilisationnels » essentialise et homogénéise abusivement des réalités bien plus complexes. Les États-Unis et la Chine ne sont pas des blocs monolithiques porteurs d’une essence civilisationnelle unique. Cette rhétorique rappelle dangereusement celle du « choc des civilisations » de Huntington.

2. L’analyse occulte les contradictions internes. Le texte présente chaque modèle comme cohérent, mais :
· Le modèle américain n’est pas uniquement une course spéculative : il produit aussi une recherche fondamentale de très haut niveau
· Le modèle chinois n’est pas qu’une planification harmonieuse : il connaît aussi bulles, gaspillages et compétition féroce entre acteurs locaux

3. L’angle mort politique est gênant. Le texte euphémise la nature du contrôle étatique chinois : « rester aligné » est une formulation bien légère pour décrire un système où la censure et la surveillance sont structurelles. Symétriquement, il réduit le droit américain à une « hypertrophie » sans reconnaître qu’il protège aussi des libertés fondamentales.

4. Le déterminisme technologique. L’idée que l’IA deviendrait « une infrastructure générale de civilisation » et que les sociétés ne feraient que « tenter de gérer » cette mutation est un postulat discutable. Les choix politiques et sociaux restent déterminants.

Ce texte fonctionne bien comme idéal-type comparatif, mais il essentialise trop et évacue la dimension proprement politique du sujet.

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11 réponses à « L’IA en Chine et aux États-Unis, du point de vue des coûts »

  1. Avatar de Frmar
    Frmar

    Victoire ou défaite. Et survie en cas de victoire ou défaite.
    1. Survivre ne veut pas dire ne pas disparaître
    Ni les États-Unis ni la Chine ne vont “disparaître” parce qu’ils perdraient la course à l’IA. La question n’est pas l’effondrement pur et simple.
    Survivre au prix de l’IA, cela veut dire : conserver son principe d’organisation tout en intégrant l’IA.
    Pour les États-Unis, survivre signifie rester une société ouverte, inventive, pluraliste, capable de produire de la science, de l’entreprise, du droit et du conflit institutionnel, sans que l’IA ne se transforme en rente oligarchique ou en machine de polarisation.
    Pour la Chine, survivre signifie rester un système coordonné, souverain, industriellement efficace, sans que l’IA ne devienne un pur organe de contrôle rigidifiant encore davantage le régime.
    Le risque n’est donc pas la disparition. Le risque est la déformation.
    2. Le vainqueur ne reste pas intact
    Même le vainqueur paiera. Il ne sortira pas indemne.
    Si les États-Unis gagnent, ils risquent de gagner sous une forme déjà transformée : une Amérique plus oligarchique, plus dépendante de quelques firmes cognitives, plus traversée par des asymétries entre ceux qui possèdent l’IA et ceux qui la subissent. Ce serait une victoire technique, mais peut-être une défaite démocratique partielle.
    Si la Chine gagne, elle risque aussi de gagner sous une forme déformée : une Chine plus intégrée, plus efficace, mais aussi plus surveillée, plus fermée, plus dépendante d’une intelligence artificielle devenue appareil de gouvernement. Ce serait une victoire stratégique, mais peut-être une réduction de sa capacité d’invention libre.
    Le vainqueur ne disparaît pas. Il devient davantage lui-même — jusqu’à la caricature.
    3. Ce que deviendraient les États-Unis en cas de défaite
    Une défaite américaine ne signifierait pas que les États-Unis cessent d’avoir de l’IA. Ils en auront énormément : modèles, firmes, capital, usages militaires et commerciaux.
    La défaite serait relative : perte de centralité, perte de contrôle sur les standards, perte d’avance industrielle, perte de crédibilité stratégique.
    Dans ce cas, les États-Unis pourraient évoluer vers une Amérique plus oligarchique : des géants privés moins instruments d’une puissance nationale que quasi-souverainetés cognitives. L’État dépendrait d’eux, les citoyens aussi, les alliés aussi. L’Amérique ne perdrait pas l’IA ; elle perdrait la maîtrise politique de l’IA.
    Ils pourraient aussi devenir plus défensifs : protectionnisme technologique, sanctions, guerre des standards, contrôle renforcé des exportations, militarisation de l’IA, méfiance accrue envers les universités et les talents étrangers. Une Amérique moins universaliste, plus forteresse, plus obsédée par la sécurité nationale.
    Le pire scénario serait une Amérique fragmentée : une IA très avancée dans quelques pôles — Californie, Texas, côte Est, complexe militaire — mais une société civile appauvrie, désinformée, méfiante, déclassée. Dans cette hypothèse, les États-Unis ne seraient pas vaincus de l’extérieur. Ils seraient décentrés de l’intérieur.
    4. Ce que deviendrait la Chine en cas de défaite
    Une défaite chinoise ne signifierait pas absence d’IA. Elle signifierait plutôt : incapacité à rejoindre durablement la frontière technologique, dépendance persistante à certains composants étrangers, difficulté à imposer ses standards, retard sur les modèles les plus puissants, ou blocage par excès de contrôle politique.
    Même battue au sommet, la Chine pourrait réussir une IA très efficace dans l’administration, l’industrie, la surveillance, la logistique, les services publics, l’éducation technique, la production manufacturière. Elle ne serait pas première, mais elle serait profondément transformée par une IA intégrée à l’État et à l’économie réelle.
    Si le retard devient humiliant ou stratégique, le pouvoir pourrait aussi renforcer le verrouillage : plus de souveraineté forcée, plus de substitution nationale, plus de discipline idéologique, plus de fermeture informationnelle. La défaite ne libéraliserait pas nécessairement la Chine. Elle pourrait au contraire la durcir.
    Un scénario plus intéressant, mais moins certain, serait une Chine contrainte à respirer : le pouvoir pourrait reconnaître que l’innovation profonde exige des zones d’autonomie scientifique, entrepreneuriale et intellectuelle. Non par libéralisme moral, mais par nécessité stratégique.
    5. Qui survivrait le mieux à une défaite ?
    Si l’on force la réponse : la Chine survivrait probablement mieux à une défaite relative que les États-Unis.
    Pourquoi ? Parce que le système chinois peut convertir une défaite en mobilisation stratégique. Il a une capacité de discipline, d’absorption, de réorientation. Même battue sur les meilleurs modèles, la Chine peut décider d’intégrer l’IA partout où elle renforce l’industrie, l’administration, l’armée, l’éducation, la souveraineté.
    Les États-Unis survivraient moins bien à une défaite symbolique. Leur système repose davantage sur la croyance dans l’avance, la domination, l’innovation, l’attraction mondiale. Une perte de leadership en IA frapperait leur imaginaire stratégique, leurs marchés, leurs alliances, leur confiance interne. Et comme leur société est déjà très polarisée, cette perte pourrait nourrir une réaction politique brutale.
    Paradoxalement, donc : les États-Unis ont plus de chances de gagner à court terme, mais la Chine a peut-être plus de capacité à survivre à une défaite.
    6. Qui survivrait le mieux à une victoire ?
    Ici, la réponse change.
    Les États-Unis survivraient peut-être mieux à une victoire technique, parce que leur pluralisme, même abîmé, laisse encore exister des contre-pouvoirs : tribunaux, presse, universités, concurrence, société civile, États fédérés. Une victoire américaine peut être dangereuse, oligarchique, inégalitaire, mais elle reste contestable.
    La Chine, en cas de victoire, pourrait être tentée d’intégrer l’IA si profondément à l’appareil d’État que le succès lui-même rigidifierait le régime. La victoire chinoise pourrait donc être plus dangereuse pour la respiration interne du système.
    On peut donc formuler ainsi :
    La Chine survivrait mieux à une défaite ; les États-Unis survivraient peut-être mieux à une victoire.
    C’est là que l’analyse cesse d’être symétrique.
    7. La vraie distinction
    Il ne faut donc pas penser en termes de disparition du vaincu. Il faut penser en termes de mode de transformation.
    En cas de défaite américaine, les États-Unis risquent une transformation défensive, oligarchique, paranoïaque, fragmentée.
    En cas de victoire américaine, ils risquent une transformation oligarchique, mais encore contestable.
    En cas de défaite chinoise, la Chine risque un durcissement souverainiste, ou une adaptation industrielle frugale.
    En cas de victoire chinoise, elle risque une consolidation autoritaire par l’IA, très efficace mais très peu respirante.
    La réponse la plus précise serait donc :
    Le système qui survivra le mieux n’est pas forcément celui qui gagnera la course. C’est celui qui pourra transformer l’IA sans que l’IA ne transforme son principe vital en caricature.
    Et sur ce critère, les deux sont fragiles :
    les États-Unis par excès de marché ;
    la Chine par excès d’État.

    1. Avatar de Vincent Rey
      Vincent Rey

      Si les États-Unis gagnent…
      si la Chine gagne…

      « if anyone builds it, averyone dies » (si quelqu’un la construit, tout le monde meurt (en Chine, aux USA, et ailleurs)

      l’IA, bombe atomique ou…volcan

  2. Avatar de Jérôme
    Jérôme

    Dans la mesure où même Apple a délocalisé la fabrication de ses iPhone à Shenzhen pour des raisons de coûts très inférieurs à ceux pratiqués aux USA, il est évident que la mise au point d’une IA sera elle aussi bien moins chère en Chine qu’en Amérique, et c’est vrai pour tout.

  3. Avatar de tata
    tata

    Reponse au billet « L’IA en Chine et aux États-Unis, du point de vue des coûts ».

    Ce que nous avons remarque, et je ne sais pas si c’est general, c’est que les I.A. semblent repondre avec des biais emotifs ou des prejuges sociologiques.

    Et ce ne sont pas les memes selon les langues, les pays, les I.A.

    Nous avons l’impression qu’il y a, en plus de ce qui est dit dans ce billet, une oppression, sous-jacente et assez discrete, de ce qu’il convient de penser, une sorte d’oppression sociale, parfois tres legere, que les I.A. retranscrive a leurs maniere (Le plus grossier et le plus visible etant notre amour propre).

    J’ai un clavier qwerty aujourd’hui et je n’ai pas d’accent facilement, desole.
    (Pour ceux qui seraient « faches » avec cette orthographe, regardez des textes qui ont plus de 400 ans, il y a pleins de fautes inadmissibles !)

  4. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    https://dataglobehub.com/fr/statistiques-et-analyses-ia-chine/

    Statistiques et perspectives de l’IA en Chine 2026

    Aperçu du paysage de l’IA en Chine

    Position sur le marché (2025) :

    • 1 509 LLM publiés (40 % du total mondial)
    • n°1 mondial pour les publications de modèles
    • Valeur de l’industrie de 140 milliards de dollars (2025)

    Philosophie des modèles :

    • Stratégie open-source dominante
    • 9 des 14 meilleurs modèles mondiaux sont chinois et open source, contre 0 modèle open source pour les États-Unis dans le top 14.
    • Plus de 180 000 dérivés créés à partir de Qwen seul

    Adoption par les utilisateurs (2025) :

    • 515 millions d’utilisateurs d’IA (juin 2025)
    • Taux de pénétration nationale de 36,5 %
    • A doublé en 6 mois
    • 74,6 % ont moins de 40 ans

    Efficacité des coûts :

    • CapEx 82 % inférieur à celui des États-Unis (124 Md$ contre 694 Md$)
    • 90 % de la performance des modèles américains
    • Coûts d’entraînement : 294 k$ – 5,58 M$ contre plus de 100 M$
    • Tarification API : 0,30 $ – 2,50 $ contre 4,50 $ – 15 $ par million de tokens

    Investissement et financement :

    • 48 % du financement mondial de l’IA (2017)
    • Objectif de 500 Md$ pour les fonds d’orientation gouvernementaux
    • 71 licornes de l’IA (26 % du total mondial)
    • Premières introductions en bourse (IPO) d’IA au monde (Zhipu, MiniMax)

    Infrastructure:

    • Plus de 5 300 entreprises d’IA (15 % du total mondial)
    • Croissance des revenus de 54 % dans l’infrastructure fondamentale
    • Plus de 800 millions d’internautes (98 % sur mobile)
    • Adoption quasi universelle du paiement mobile

    Leadership technologique :

    • 1 576 000 brevets d’IA (38,6 % de part mondiale)
    • Les 6 meilleurs modèles ouverts au monde sont tous chinois
    • 14 des 20 meilleurs modèles sur les classements
    • Leader dans les innovations d’architecture MoE

    Talents et éducation :

    • 1 288 999 diplômes STEM par an
    • 39 000 chercheurs en IA
    • 25 % avec plus de 10 ans d’expérience
    • Recrutement actif de talents mondiaux

    Portée mondiale :

    • 17 à 30 % de l’utilisation mondiale des modèles
    • 80 % des startups open-source américaines utilisent des modèles chinois
    • Plus de 600 millions de téléchargements de Qwen dans le monde
    • Plus de 10 % de part de marché dans 30 pays

    Vitesse de publication (2024/2025) :

    • Un nouveau modèle tous les 20 jours (Alibaba)
    • Publications mensuelles (historique DeepSeek)
    • Plus de 500 modèles rien qu’en 2024
    • 57 % plus rapide que les concurrents américains

    Secteurs stratégiques :

    • Sécurité et surveillance (avancé)
    • E-commerce et vente au détail (dominant)
    • Transport/véhicules autonomes (forte infrastructure)
    • Finance et banque (mature)
    • Santé (en expansion)

    Avantage concurrentiel :

    • Soutien gouvernemental de haut en bas
    • Plus grand réservoir de données de consommation
    • Écosystème domestique en circuit fermé
    • Tarification agressive à bas coût
    • L’open-source comme arme stratégique

    Aperçu clé :

    La Chine s’est imposée comme la première puissance mondiale de l’IA open-source,
    publiant 40 % des LLM mondiaux avec un engagement stratégique envers les modèles à poids ouverts qui contraste fortement avec la dominance des modèles fermés aux États-Unis,
    tout en atteignant 90 % des performances de pointe à un coût 82 % inférieur grâce à des investissements coordonnés par le gouvernement, des données utilisateurs massives et des cycles d’itération rapides à travers plus de 5 300 entreprises servant 515 millions d’utilisateurs.

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      https://www.nbcnews.com/tech/innovation/silicon-valley-building-free-chinese-ai-rcna242430

      Une partie de plus en plus importante de la Silicon Valley s’appuie sur l’IA chinoise gratuite
      Les startups d’IA enregistrent des valorisations record, mais beaucoup s’appuient sur des modèles chinois d’IA bon marché et gratuits à télécharger.

      Laskin, physicien théoricien et ingénieur en apprentissage automatique qui a contribué à la création de certains des modèles d’IA les plus puissants de Google, a vu une adoption croissante parmi les entreprises américaines de modèles d’IA « ouverts » gratuits, personnalisables et de plus en plus puissants.

      Mais la plupart de ces modèles étaient fabriqués en Chine, et ces systèmes gagnaient rapidement du terrain sur leurs concurrents américains.

      Au cours de l’année écoulée, une part croissante des startups américaines d’IA les plus en vogue se sont tournées vers des modèles d’IA chinois ouverts qui rivalisent de plus en plus, et parfois remplacent, les systèmes américains coûteux comme fondation des produits d’IA américains.

      NBC News a interviewé plus de 15 fondateurs de startups d’IA, ingénieurs en apprentissage automatique, experts du secteur et investisseurs, qui ont déclaré que, bien que les modèles d’entreprises américaines continuent de donner le rythme du progrès à la pointe des capacités IA, de nombreux systèmes chinois sont moins chers à accéder, plus personnalisables et sont devenus suffisamment capables pour de nombreux usages au cours de l’année écoulée.

    2. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      MIT : Massachusetts Institute of Technology

      https://www.dataprovenance.org/economies-of-open-intelligence.pdf

      abstract:
      Depuis 2019, le Hugging Face Model Hub est la principale plateforme mondiale de
      partage de modèles d’IA à pondération ouverte.
      En publiant un ensemble de données reprenant l’historique complet des téléchargements hebdomadaires de modèles (juin 2020 – août 2025) ainsi que leurs métadonnées,
      nous réalisons l’analyse la plus rigoureuse à ce jour de la dynamique de concentration et de l’évolution des caractéristiques de l’économie des modèles ouverts.

      Notre analyse porte
      * sur 851 000 modèles,
      * plus de 200 attributs agrégés par modèle
      * 2,2 milliards de téléchargements.

      Nous constatons un rééquilibrage fondamental du pouvoir économique :

      la domination de l’industrie américaine des modèles à pondération ouverte, par Google, Meta et OpenAI, a fortement diminué
      au profit de développeurs indépendants, d’organisations communautaires et, à partir de 2025, de l’industrie chinoise.

      Les modèles DeepSeek et Qwen pourraient annoncer une nouvelle consolidation du pouvoir de marché.
      Nous avons identifié des changements statistiquement significatifs dans les propriétés des modèles:
      * une augmentation de 17 fois de la taille moyenne des modèles,
      * une croissance rapide :
      > de la génération multimodale (3,4 fois),
      > de la quantification (5 fois)
      > des architectures de type « mix-of-experts » (7 fois),
      * une baisse préoccupante de la transparence des données.

      Les modèles à pondération ouverte ont ainsi dépassé les modèles véritablement open source
      pour la première fois en 2025.
      Nous avons mis en évidence une nouvelle couche d’intermédiaires développeurs qui
      a émergé, axée sur la quantification et l’adaptation des modèles de base pour des raisons d’efficacité et d’expression artistique.

  5. Avatar de Julo
    Julo

    Paul, avez-vous vu ceci?
    Un modele d’OpenAI contribue directement à invalider une conjecture du problème des distances distinctes d’Erdos.

    https://openai.com/index/model-disproves-discrete-geometry-conjecture/

    1. Avatar de Paul Jorion

      Non, je vais regarder cela. Merci !

  6. Avatar de gaston
    gaston

    Puisqu’on parle coûts.

    Microsoft aurait commencé à annuler la plupart de ses licences Claude Code… L’entreprise estimerait que certains usages d’agents IA coûtent désormais plus cher que le travail humain.
    Et Microsoft ne serait pas le seul dans cette démarche :

    https://www.numerama.com/tech/2259707-finalement-lia-coute-plus-cher-quun-humain-la-dure-realite-financiere-qui-rattrape-microsoft.html

    Avec les données synthétiques démasquées et le coût des tokens dénoncé, dure semaine pour l’IA !

  7. Avatar de Pascal
    Pascal

    Avec la perte de la « vision à long terme » au profit de la « réactivité », l’expérimentation, confrontation de la théorie au réel, en a payé le prix. De plus en plus, on cherche à passer du modèle théorique directement à la production en laissant par pertes et profits l’expérimentation à petite échelle.
    Nous sommes tellement persuadés de la « maîtrise » de la mécanique du réel que dans notre grande modestie, nous jugeons l’expérimentation superflux. D’autant que la pression du « marché » fait qu’on n’a plus le temps d’attendre, de peur de ne pas être le premier à saisir « l’opportunité ». Cette obsession de l’urgence, nous pousse également à confondre modèle théorique et réalité.

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