DE L’ACCESSOIRE, MACRON VEUT TOUT ESSAYER ! par François Leclerc

Billet invité.

« Je n’ai pas de lignes rouges, seulement des horizons » a proclamé hier Emmanuel Macron faisant fi de sa modestie. Se gardant de n’en franchir aucune, il prend toutefois le risque que ses horizons restent inatteignables. Tout à son entreprise de communication, il fait preuve de frénésie avec ses multiples annonces, cherchant à remplir ainsi la vacuité de sa stratégie sans rien régler.

Les chocs reçus ces dernières années ont laissé de profondes traces en Europe, les forces centrifuges ont pris la succession des centripètes, et le président français n’est pas en mesure d’aller au cœur des problèmes. Dans une presse allemande qui a placé son intervention au second plan, quinze économistes allemands et français ont d’ailleurs exhorté dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung les dirigeants de leurs deux pays à régler d’abord les questions qui n’ont pas été résolues.

Comment la stabilisation enregistrée, qui dépend de la politique monétaire de la BCE, pourrait-elle survivre à son arrêt ? Comment, s’agissant de la dette, le double héritage de la crise financière globale et de celle de l’eurozone va-t-il être réglé ? Quelle alternative peut-on substituer à des règles européennes qui ont largement démontré leur inefficacité ?

Emmanuel Macron n’en parle pas, mais il pourra toujours dire qu’il a tout tenté. Prêtant toutefois le flanc à l’accusation de ne pas ignorer que son échec est programmé. Mais demain sera un autre jour ! Les dysfonctionnements de la zone euro assortis de la réponse qui leur a été apportée ont entraîné des déséquilibres économiques qui minent désormais toute construction politique. Mais les indispensables transferts financiers qui débloqueraient la situation sont interdits.

Les intérêts des uns et des autres deviennent trop divergents, un frileux chacun pour soi l’emportant désormais. Le démantèlement de l’Europe qui a commencé a toutes les chances de se révéler irréversible, faute de toucher au cœur des problèmes qui ont été soulevés. La seule chance du président français est que tant que la BCE tiendra bon la rampe, l’édifice en fera autant, si tout du moins la crise ne rebondit pas.

Partager :

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. « Je dis qu’aborder le problème sous l’angle purement comptable c’est inverser l’ordre des causes et des conséquences » Pierre-Yves, on a…

  2. « partage équitable des richesses » A quel niveau ? National – entre les 66 millions de Français, ou Mondial entre les…

  3. @thomas J’entend tout ce que tu dis, mais le tempo c’est l’élection qui le dicte. Au sujet de « LA solution »…

  4. Il y a bien longtemps que nous sommes en retard… En 2005, j’échangeait quelques mail avec JMJancovici pour pas raconter…

  5. « ..un truc qui n’existait pas sur la bande passante: aller convaincre Lecornu de trahir son camps! » Garorock, tu trouves peut-être…

  6. Pour construire des maisons dans les éco-villages: https://youtube.com/shorts/U0KWgAri5hA?si=p3rAWRgh3lAooBW_ Pour le 1%: https://youtube.com/shorts/RBfW824e0TE?si=D0gMK7W-MH0Ib8o6

  7. Vincent, Je dis qu’aborder le problème sous l’angle purement comptable c’est inverser l’ordre des causes et des conséquences. Toute économie…

  8. Abolissons le privilège de gagner plus de 12 000 euros/mois! Ah oui, saillie révolutionnaire! Monsieur le futur maire de Blois…

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta