RÉVOLUTION MONÉTAIRE DE LA DÉMOCRATIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Le problème de la valeur réelle

Depuis Aristote, la monnaie est unité de compte pour calculer des prix ; moyen de règlement des échanges dans le temps et dans l’espace ; et réserve de valeur pour accéder à l’utilité future de biens réels. Depuis vingt-trois siècles la monnaie est un outil de mise en équivalence de tous les objets qui s’offrent et se demandent à la satisfaction des besoins économiques. Pour que cet outil créé par l’intelligence humaine soit la contrepartie effective des échanges dans l’espace et dans le temps, il est matérialisé par des espèces physiques, par des titres de créances ou par des comptes centralisés chez un intermédiaire financier. Quelle que soit sa représentation et son mode d’utilisation, la monnaie exprime la finalité humaine de l’échange de la valeur raisonnée.

Depuis l’origine le problème essentiel et existentiel de la monnaie est la fixation stable dans le temps et dans l’espace du lien entre l’unité de compte formelle et la valeur matérielle qu’elle représente. La matérialisation de la valeur en dehors d’un objet concret réel de satisfaction est nécessairement conventionnelle. Chaque individu est libre de la valeur qu’il accorde à toute chose. Le problème de l’étalonnage monétaire de la valeur est qu’il soit accepté et reconnu entre toutes les personnes qui échangent dans un même espace de valeur. L’étalon est stable s’il existe une société de valeurs communes ; si tous les objets échangés par cet étalon s’inscrivent dans le même système de valeur ; et si tous les objets échangeables trouvent effectivement leur contrepartie étalonnée dans la règle de prix admise par la société.

Équilibre monétaire de subjectivité objective

Il ne peut pas exister d’étalon monétaire sans des règles de valorisation des objets communes aux utilisateurs ; sans que les utilisateurs de l’étalon soient liés par un même pacte de droit ; enfin sans que l’étalon soit matérialisé dans les limites de la règle commune conforme au pacte collectif. A l’époque où la monnaie était matérialisée par des pièces de métal, le pacte des utilisateurs de la monnaie consistait simplement à reconnaître le prix de leurs échanges par les mêmes pièces dont la valeur était celle du métal physique contenu dans l’espèce du règlement. L’inconvénient de la monnaie métallique était que le prix du métal était fixe indépendamment de sa valeur variable pour les consommateurs effectifs du métal. Et la disponibilité physique du métal n’était pas adaptable aux besoins de transaction portant sur une multitude d’autres objets que le métal.

L’avantage de la monnaie métallique était de contenir sa propre garantie de valeur séparable des autorités monétaires et formellement indépendante du porteur du signe monétaire. La stabilité objective du signe monétaire se payait par son instabilité subjective : valeur intrinsèque du signe indépendante du besoin effectif de la matière qui le représentait ; quantité de signes non adaptable à la valeur formellement disponible à la négociation ; variabilité de la valeur du signe indépendante des finalités des prêteurs et des emprunteurs. L’abandon de l’étalonnage des monnaies en or en aout 1971 aurait pu déboucher sur une stabilité objective et subjective si une règle avait été instaurée pour proportionner les signes en circulation aux besoins de transaction ; si une définition de la monnaie avait été produite pour attribuer un prix à n’importe quelle valeur conforme au droit ; si l’utilisation des monnaies avait été délimitée par les communautés de valeur effectivement constituées.

Anarchie du crédit en dollar

Or le dollar devenu inconvertible en la valeur commune de l’or est demeuré monnaie de règlement et de réserve internationale. La mesure de l’émission monétaire est devenue exclusivement du crédit public, privé et international. Mais aucune règle commune n’a été définie nulle part pour transformer le crédit en monnaie. Et les États-Unis ont émis librement des dollars sur leurs propres dettes vis-à-vis du reste du monde. Enfin toutes les monnaies sont devenues utilisables n’importe où du moment qu’un intermédiaire financier en assurait la convertibilité ; selon ses capacités privées d’emprunt de la monnaie vendue et de prêt de la monnaie achetée. Les zones monétaires ne sont entremêlées sans règle publique de convertibilité des crédits inter-monétaire ; sans régulation efficiente du crédit dans chaque zone ; et sans égalité de droit entre tous les emprunteurs dans une zone.

Sans régulation effective du crédit substituée à la garantie de la monnaie en or, le système financier mondial est intrinsèquement incohérent, instable et inique. Il était de la compétence des États de droit de fixer des règles au crédit. Mais les États-Unis premiers emprunteurs du monde et premiers émetteurs de monnaie s’y sont refusés. Les autres États ont dès lors trouvé plus commode d’emprunter sans limite rationalisée d’endettement public la liquidité monétaire internationale pléthorique. Les réseaux bancaires internationaux les y ont aidé en collectant l’épargne internationale ; en couvrant leurs risques de crédit par des portefeuilles d’actifs réels dont les prix étaient sensibles à l’excès de liquidité. Les paradis fiscaux ont été développés par les États pour exonérer les capitaux financiers de fiscalité et obtenir en contrepartie des conditions d’emprunt plus favorables que les emprunteurs privés.

Finance de chaos

L’instabilité systémique exprimée par les bulles spéculatives et par l’inflation s’est imputée sur les actionnaires et épargnants. Les salariés ont été privés des gains de productivité du travail et chassés des villes par la spéculation immobilière. L’implosion finale a été provoquée par la crise des subprimes où le prélèvement financier sur le citoyen épargnant et salarié est devenu exorbitant. Les États ont dû racheter le capital fictif perdu par le système financier avec des dettes publiques ne correspondant à aucun investissement réel. L’incohérence d’un système financier sans définition ni règle d’allocation du crédit à la production future réellement vérifiable est apparue évidente.

Les emprunteurs qui ne pourront jamais rembourser ou ne sont pas obligés de rembourser absorbent l’épargne disponible. Les créances sur le futur ne sont pas adossées à l’économie productive. La croissance réelle stagne ou régresse tandis que la masse des crédits enfle sans limite. L’irrationalité morale s’installe à l’intérieur des États de droits et entre les nations. Les oligarchies financières s’enrichissent sans produire. Les nations riches s’endettent auprès des nations moins riches sans intention réelle de rembourser. L’État de droit n’a plus d’assise morale nationale ni internationale. La Légalité est devenue explicitement instrument d’iniquité dans le monde entier. L’instauration d’une régulation universelle équilibrée du crédit est la seule alternative à la guerre civile mondiale.

Étalon mondial de crédit

C’est la confusion dans le dollar d’une monnaie nationale avec la monnaie internationale qui interdit des règles équitables du crédit entre zones monétaires distinctes. C’est la confusion dans les mêmes pouvoirs politiques nationaux de la réglementation du crédit et de la capacité d’émettre de la dette publique qui interdit l’équilibre du crédit à l’intérieur des zones monétaires. Enfin c’est la conversion des monnaies garantie par des intérêts privés qui soustrait les intermédiaires financiers multinationaux à toute régulation publique de l’équilibre des droits. Une monnaie internationale est le seul moyen d’évaluer la solvabilité réelle d’une zone monétaire par rapport aux autres ; le seul moyen d’évaluer la solvabilité réelle d’un État à l’intérieur de sa zone monétaire ; et le seul moyen de garantir réellement la liquidité d’une créance internationale dans la zone monétaire de son débiteur.

Le refus de quiconque de créer une monnaie internationale est un acte de guerre par omission. Le gouvernement des États-Unis sera balayé aux prochaines élections s’il ne restaure pas la solvabilité publique et la compétitivité extérieure de l’économie ; s’il ne permet pas de remettre les Étatsuniens au travail avec des revenus décents. L’Europe du Nord perdra toute son épargne en Europe du sud si elle continue à humilier les gouvernements surendettés. Les émergents perdront leurs réserves de change, leurs revenus extérieurs et leur stabilité politique précaire s’ils laissent les sociétés occidentales s’effondrer. Un marché mondial de compensation en monnaie commune est le moyen de répartir les pertes de crédit entre emprunteurs et prêteurs par un réajustement des parités de change.

Option de justice monétaire

Le même principe qui ajuste la dette d’un débiteur à sa solvabilité réelle est celui qui ajuste une parité monétaire à la solvabilité globale de la zone monétaire sous-jacente. Ce principe est celui de l’option financière par laquelle un emprunteur vend sa production à ses futurs débiteurs qui lui fourniront les revenus de remboursement de ses dettes actuelles. Les ventes à terme d’un emprunteur impliquent qu’il vende également ses projets d’investissement à un garant du prix à terme de la contrevaleur réelle des dettes. Enfin l’emprunteur dépose ses comptes et ses contrats auprès d’un compensateur financier de marché qui établit la relation juridique avec les contreparties créditrices et débitrices.

Moyennant la vente à terme d’un objet de droit, puis de l’engagement de sa réalisation puis de la mesure de son prix, il devient possible de vendre son crédit contre monnaie. L’option de crédit achetée par un emprunteur engage la communauté financière de marché sur l’objet concret qui sera produit ; l’acheteur du capital sur la production réelle vendue au marché ; l’acheteur du crédit sur la mesure du prix à terme et le prêteur sur la liquidité monétaire effectivement épargnée et disponible à l’emprunteur. La vente publique des composants de l’option de l’emprunteur au marché, à l’investisseur, au créancier et à l’épargnant est l’expression de la finance civilisée. La finance juste n’existe pas sans monnaie commune à toute nationalité.

Compensation mondiale de stabilité monétaire

La monnaie mondiale commune exprime le prix des objets réels du bien commun humain. Le marché de compensation mondiale des prix établit trois équilibres distincts par la valeur de la monnaie commune : l’équilibre entre acheteurs et vendeurs des primes d’option, l’équilibre entre acheteurs et vendeurs des objets nominaux et l’équilibre des droits entre acheteurs et vendeurs.  L’égalité financière des droits est indépendante de la puissance matérielle et des statuts collectif ou privatif, public ou privé. L’étalon monétaire universel matérialise la vraie prime de crédit en garantie des emprunts publics et privés, le vrai capital des banques centrales et des banques privées, la vraie valeur internationale des monnaies nationales.

La compensation internationale des prix indique la valeur réelle de tous les biens économiques. Les banques centrales disposent d’un référentiel objectif de la valeur produite dans leur zone monétaire. Si elles sous-estiment cette valeur, les agents économiques vendent leur crédit en liquidité internationale et font monter le prix universel de leurs actifs en les prêtant comme garantie. La parité monétaire nationale se réévalue dans la compensation mondiale. La banque centrale qui surestime la solvabilité des emprunteurs dans sa monnaie, provoque la dévaluation de sa monnaie et la réévaluation des actifs réels en monnaie nationale. Les ventes intérieures et extérieures s’accroissent pour rembourser les dettes et réduire la masse monétaire domestique.

Financement décomposable de la valeur

La liquidité de la compensation internationale transparente rend les politiques budgétaires et monétaires nationales autonomes et responsables dans leur propre système juridique. Les États votent les lois qu’ils veulent et les appliquent comme ils veulent. Si l’action politique est créatrice nette de valeur, l’économie domestique est autofinancée voire exportatrice de capital. Si l’action politique domestique est destructrice nette de valeur, les agents économiques domestiques deviennent importateurs nets de capitaux transnationaux. Le potentiel fiscal de l’économie domestique est objectivement anticipé par la prime de crédit public en monnaie internationale. Un État dont la prime de crédit se renchérit est évalué en destruction nette de bien commun qu’il va devoir compenser par des emprunts internationaux.

La compensation monétaire mondiale repose sur la séparation organique de l’intermédiation financière des primes, des prix et du droit. Le capital alloué à la garantie des prix n’est pas fongible avec celui qui garantit le droit ni celui qui garantit la plus-value. La manipulation financière des prix par les dérivés de crédit est mécaniquement impossible dans la compensation internationale. Les États financièrement transparents ne sont plus dépendants des banques multinationales. Les paradis fiscaux ne sont plus nécessaires pour négocier la solvabilité publique internationale contre la légalisation de l’opacité financière. Les États et banques centrales recouvrent leur capacité à définir les normes juridiques du crédit et à réguler l’intermédiation financière dans les monnaies nationales.

Liquidité monétaire de responsabilité

Les banques et investisseurs financiers multinationaux ne peuvent plus obtenir de liquidité sans se conformer au droit. Sur le marché international, ils doivent déposer leurs comptes et les actifs qui les garantissent. La liquidité internationale ne peut pas être obtenue sans dépôt d’un contrat sous-jacent dont l’objet soit explicitement négociable sous la garantie d’un acheteur primaire qui soit garant de la livraison effective de la valeur. L’application du droit financier transnational est garanti par les démocraties fondatrices de la compensation internationale. Elles hébergent la liquidité juridique des banques transnationales ; elles sont tenues de déférer devant le juge national de leur domicile les transactions dont l’équité est contestée par n’importe quel opérateur enregistré sur le marché commun international.

Les pays qui ne comprennent pas ou ne veulent pas de droit financier n’hébergent pas de banques transnationales et ne reconnaissent pas les prix en monnaie mondiale commune. Leur monnaie n’est pas dans leur système juridique convertible par la compensation mondiale ; les créances en monnaie internationale restent sans valeur juridique. Ces pays fournissent de la liquidité monétaire à qui ils veulent et comme ils veulent. Mais cela n’empêche pas leur monnaie d’être cotée en droit financier à travers les actifs objectivement internationaux admis à la compensation mondiale. N’importe quelle personne privée accédant à la liquidité d’une monnaie mondialement inconvertible peut la déposer sous forme de titre de créance privé à la compensation internationale.

Votation monétaire internationale

Toutes les monnaies sont de fait compensables sur le marché financier mondial. Les primes de change évaluent objectivement le risque d’utilisation de chaque monnaie nationale par la réalité de l’état de droit sous-jacent. Les banques transnationales deviennent les intermédiaires de la liquidité pour tous les épargnants internationaux souhaitant se protéger de la prédation financière et politique. La circulation du capital entre banques transnationales est libre et totalement tracée sous vérification de la justice nationale domiciliatrice. Les justices inefficaces à évaluer, justifier et garantir l’égalité des droits financiers transnationaux provoquent la fuite des capitaux vers les autres pays domiciliataires de l’étalon monétaire universel.

La compensation internationale de la valeur en matérialité économique, réalité juridique et finalité d’investissement provoque la transparence financière généralisée. Parce que mondiale et compensée en monnaie commune, la valeur n’est plus subjectivement spéculative mais réellement humaine. Les élites politiques et oligarchies financières sont dépossédées du secret de la monnaie. Les conditions du prix sont explicites et négociables par les trois causes de valeur de l’option de monnaie : une réalité matérielle livrable, un objet nommé en droit humain et une société minimale. La société d’option met en solidarité matérielle, formelle et finale l’acheteur et le vendeur du nominal, l’acheteur de la prime et la société de droit engagée dans la justice.

Monnaie d’humanité

La compensation de marché mondial rend la justice objective et transformable par l’obligation de réaliser les objets de prix sous la garantie d’un capital de droit explicite. La politique du droit s’aligne sur la réalité par la monnaie. Une zone monétaire est optimale si les utilisateurs d’une même monnaie sont solidaires par une même conception de la justice qu’ils réalisent par un même gouvernement de droit, les mêmes budgets publics et une même fiscalité de la valeur. La convertibilité des monnaies par un étalon mondial de droit financier permet aux sociétés civiles nationales de se réaliser par des monnaies différentes. Les systèmes de valeur individualistes et oligarchiques sont dévalués par un prix nominal faible et une prime de change élevée en étalon universel d’humanité.

L’option de monnaie transnationale issue d’une compensation mondiale transforme radicalement la politique par la finance et réciproquement. L’intelligence, la volonté et l’action humaines sont déclarés foncièrement faillibles dans leurs conséquences personnelles, sociales et physiques. Aucun individu ne peut plus prétendre à l’omniscience toute puissante qui justifient d’imposer son système financier à ses contemporains. Toutes les responsabilités politiques et économiques se trouvent couvertes par un capital d’humanité calculé par la prime du droit de démocratie, par la prime du marché, par la prime d’investissement du réel et par la prime monétaire de solidarité de la valeur. L’homme s’engage dans la croissance de sa valeur en rachetant par ses relations véritables de société les erreurs objectives qu’il commet en permanence contre lui-même.

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131 réflexions au sujet de « RÉVOLUTION MONÉTAIRE DE LA DÉMOCRATIE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Les billets de PSDJ se suivent et se ressemblent à quelques variantes près qui prennent en compte partiellement ce que ses interlocuteurs lui offrent comme matière à mouliner.
    L’idée fixe est le b’encore via la suscitation d’un nouveau Bretton Wood : …[« le nouveau Bretton Woods (sans espoir) ou la correction des déséquilibres globaux, voilà qui est parfait pour occuper les esprits un moment »]… commente Lordon le 1er juin sur son blog.
    On a connu la pensée Mao et le petit livre rouge, et PSDJ avec sa matrice aristotélicienne tente d’endoctriner les masses blogesques du site de Jorion. Depuis le temps que ça dure, m’est avis que ça fait plouf et replouf. Il ne manque pourtant pas de paragraphes lisibles, aisément démontables, instables dans leurs consistances, insuffisants dans leurs références et peu ont pris la peine de croiser le fer avec l’auteur. Ses admirateurs ne perçoivent-ils pas que le rêve de PSDJ appelé de ses vœux en ces termes « nouvel étalon monétaire international » ne saurait être que le produit d’un rapport de forces politiques comme il en a été de Bretton Woods ou d’autres façons de faire antérieures ?
    Ce nouveau rapport de forces politiques entre nations est en gestation c’est clair, mais au rythme de l’histoire, c’est à dire très lentement en temps de paix entre nations. Au fait, aux faits, de quoi sont faites les nations ? etc.
    Alors vraiment personne pour se colleter à la littérature de PSDJ ? Car si la monnaie est un problème parmi d’autres, elle ne saurait être qu’une solution parmi d’autres et non LA solution comme belle mécanique monétaire distribuant légalement le juste bonheur universel.

    1. En gros, vous reprochez à Pierre d’anticiper avec justesse l’avènement d’un nouveau rapport de force en proposant une solution qui sans être l’alpha et l’omega de la régulation (qui le prétend ?) a le mérite de régler une foultitude de problèmes.

      Quel est le problème exactement ?

      1. Le « Problème » c’est que PSDJ utilise comme solution a nos problème un outil qui est LA cause de ces problèmes …..C’est une dynamique malsaine : les déviances causées par des centralisations locales trouvent des solutions par des centralisations plus globales .
        La « monnaie » metallique etait déja une réduction simplifié des échanges , puisqu’elle fixait une complexité relationnelle ou entrait de nombreux intrants (notament le temps , l’espace et surtout l’affect) . Mais la perversité de l’outil etait freinée , masquée , par les distances , le temps …donc l’énergie rare .
        Notre civilisation a fait exploser les equations en annulant les facteurs temps et espace (qui doivent etre au dénominateur de l’equa) et , sans ces freins l'(emballement est inévitable.
        Je dois lasser a force de redites , mais notre problème est structurel , pas idéologique .Et dans tous les domaines , puisque pour l'(ex des « concombres » la globalisation interdit toute traçabilité que possédait le modèle morcelé autoorganisé . essayer de « réparer » ce « défaut » induit par une centralisation amènerait un max de tuyaux de controles , de codes barres sur les concombres et des surcout interdirait la culture locale .

      2. amha:

        même en supposant que les propositions de PSDJ soient réellement capables de régler une foultitude de problèmes il faudra obtenir le consentement du G8-G20 pour les implémenter. C’est là que le bas blesse.

        Réfléchir au « que faire? » sans penser au « comment faire? » est intellectuellement plaisant mais ne résout rien.

        On dit souvent que la réussite de toute entreprise dépend de l’association vertueuse de forces créatrices et intellectuelles (dont celles de PSDJ sont impressionnantes) avec celles plus pragmatiques et opérationnelles d’un cul terreux.

        Un binôme?

      3. @ chris06

        Je vous rassure, l’activité ici ne se limite pas à poster des billets sur le blog. Beaucoup d’autres initiatives se matérialisent en dehors du blog et relèvent davantage du « comment faire », avec les interlocuteurs qui ont le pouvoir de faire changer les choses.

      4. Bonsoir Julien.

        Changer les règles pour adopter par exemple le Bancor et amnistier dans la foulée ,puisqu’on n’en parle pas, toute la vermine qui se serait goinfrée sur la dos des autres est un peu facile.

        Cela revient à donner son pardon au nom de toutes les victimes. Le compte n’y est pas, rien n’est réglé puisque justice n’est pas rendue.

    2. @ JAlexandre et @PSDJ

      « ..anticiper avec justesse l’avènement d’un nouveau rapport de force.. »

      Bigre , !!!

      primo , il n’ y a pas d’anticipation possible , car le « rapport » de force est déjà en cour depuis quelques temps , se traduisant par l’avènement répété de crises (lisez P.Jorion …!!!) successives et dont on peut par contre « anticiper » les suivantes (crises sur la dette des états…etc…)

      secondo , une solution à quoi ? : on ne « règle » pas un problème politique par des actions institutionelles … c’est de s’obstiner à poser le problème en ces termes que l’on s’enfonce dans des erreurs tragiques depuis 4 ou 5 décennies , de plus en plus difficiles à récupérer quant à leurs conséquences socio-politiques ..là je trouve cette méthode franchement dangereuse+++

      il n’y a de solutions que démocratique , cad reprendre (Démos) le pouvoir de décider de ce qui est l’intérêt commun !!!

      le seule piste cohérente est le comment faire , et des pistes sérieuse s’ouvrent doucement (les printemps arabes , les frémissements populaires en Grèce,Espagne…)

      ce que je vis mal de la part de PSDJ , c’est de proposer avant tout débat démocratique une solution « clefs en mains » ..

      il nous dirait , « je pense que…, qu’en pensez-vous ?….et quelle solution politique existe-t-il pour faire passer cette idée…? » , je pourrais ètre partant.

      mais , là , même pas la prise en compte des remarques nombreuses et des réponses rapidement moralisatrices..(« ..reprochez..justesse..mérite.. »)

      dommage.

      Bonjour à Rosebud1871
      cordialement à Tous

      @ J.Alexandre : merci pour la possibilité de modifier le texte..

      1. @sentier198, Kercoz et Rosebud1871

        Vu de chez moi, nous disons exactement la même chose. Il y a juste que nous ne pouvons pas être sûrs que nous signifions la même chose. Une solution n’est jamais qu’une dynamique du possible. Vous avez peur des solutions toutes faites. Comme vous avez raison. Car une solution toute faite n’est rien d’autre qu’un problème insoluble qui ne peut pas être posé. Une solution est nécessairement liquide ; sinon elle est solide et constitue un problème.

        Constatons au passage à quel point le problème de la liquidité est fondamental en finance et en politique. Comment faire pour que la liquidité ne soit pas un problème en se solidifiant ? Nos politiques et nos financiers nous inondent de liquidités qui nous figent dans des problèmes inextricables. Encore une fois, vous avez raison : la démocratie est la solution. Mais la politique et la finance n’ont que des solutions toutes faites à nous proposer !

      2. @psdj/
        Le Terme de  » LIQUIDITE » a deja été proposé pour caractériser un système sociétal ou l’unité de base se ramenait a l’ individu ( l’individualisation permettant la fluidité d’ un méga groupe) .
        Malheureusement , il est assez facile a montrer que l’ individu n’existe pas en tant qu’entité ….mais qu’il n’existe qu’avec son groupe (restreint pour cause d’affects) . Un méga groupe ne pourra etre qu’un groupe de groupe ou , mieux un groupe de groupes de groupes (fractal) …la notion de liquidité , nécessaire au libéralisme pour standardiser l’individu ne peut se faire sans traumatisme(s) pour cet individu .

      3. @Kercoz,
        Le problème qui nous saute aux yeux aujourd’hui est que la liquidité libérale est solide. Elle fige la relation des individus dans une hiérarchie éternelle immuable. On se retrouve comme à Fukushima avec une masse de corium radioactive qui ne produit plus d’énergie utile mais nous intoxique sûrement.

    3. Ouaip, Rosebud, l’emploi du présent de l’indicatif me fait tout bizarre, en plus du biais aristotélicien.

      Même dans le domaine des lois, des cours de justice, il y a le facteur temps, qui est distordu par les uns ou les autres à leur profit. En droit, c’est souvent un règlement plutôt défavorable maintenant ou  » plus juste » dans N années.
      Les primes dont il est question pour que la concorde vienne à la valeur et au prix me semblent être des sujets de discussions infinis pour les avocats. Je ne vois pas de mécanisme concret qui conduise à « bien évaluer » tout ce dont il est question.
      Ce qui est douloureux d’ailleurs, est le simple fait de rentrer dans ce moule. J’accepte l’idée d’un changement radical de valeurs etc. lorsqu’il est lié à un changement radical d’un ensemble de pratiques (je retrouve un peu kercoz là dessus, et je pense aux systèmes associés de Stiegler et aux métastabilités de Simondon). Or à part une adhésion purement intellectuelle à l’édifice proposé, je ne vois pas de pratiques claires qui y mèneraient.
      On peut l’appeler « démacratie généralisée », cette pratique d’échange qui se voudrait aller des idées (représentations) à la valeur mais comment ça se passera-t-il le jour où je veux changer mon chauffe-eau, ces affaires de primes, etc. ? J’appelle un plombier et je lui parle des trois primes ?
      Ceci dit, je n’ai rien de franchement mieux à proposer, dans le meilleur des mondes, ars industrialis (l’assoc de Stiegler) serait capable de proposer quelque chose d’aussi ambitieux, mais on en est loin (peut être est-ce bon signe d’un autre point de vue ?).

      1. @Timotia,
        La vie concrète est simple à l’intérieur du concept de prime. Quand le plombier me répare mon alimentation en eau, je touche ma prime contre le prix de sa prestation en constatant que l’eau coule au robinet. Je n’ai pas besoin de nommer « prime » l’eau qui coule pour me réjouir de l’habileté de mon plombier et lui régler son intervention.

      2. Je suis allé voir la « métastabilité » de SIMONDON (que je ne connaissais pas) …Ca ressemble fortement aux attracteurs de la Th. du Chaos : la stabilité etant obtenue par une somme d’instabilités contradictoires. ….Cette hyper stabilité , présente ds ts les système vivant résulte de systèmes morcelés ..jamais centralisés …Nous sommes attirés comme des lucioles par l’apparente mais fausse évidence du « gain de productivité résultant de spécialisations ds ts les domaines …. ……..Il est fort possibles que les dégats a corriger de ce modèle soient supérieurs aux bénéfices plus évidents ….a voir les dégats de la sècheresse sur la monoculture , ça parait me parait évident.

      3. Pas si simple, PSDJ

        Je dois arbitrer au moment de choisir parmi N plombiers, il sera question de devis, de délais, et de clauses en petit caractères.
        Et de la façon dont le plombier nommera la situation dépendra ce qu’en fera mon assurance, s’il faut payer ou non le dégât des eaux chez le voisin, etc.
        C’est une métaphore (et je n’ai pas inclus l’âge du capitaine et la dose de polonium du plombier, parent éloigné de Mme Sklodowska), mais l’aspect « réponse à tout » dans un cadre où moi je ne sais pas faire le premier pas n’est pas rassurant.
        Proposeriez vous un système d’apprentissage ? (dans la foulée…)

        Que « grammatiserait-on » en premier de cette façon à votre avis ? Les échanges internationaux de capitaux ? de matières premières ? de marchandises ? de devises …?

        Je n’ai pas relu votre texte avant d’écrire ce post, dois-je toutefois vous avouer.

      4. @Timotia,
        Le champ de la finance d’option internationale sert à produire le prix du risque des monnaies, des dettes publiques et des capitaux internationaux ; le capital international étant tout ce à quoi on attribue de la valeur dans les échanges internationaux : les cultures, les sciences, les techniques, le droit, les systèmes de crédit, les compétences professionnelles et les matières premières. En dehors de cela, la vie économique ne change pas d’habitude dans son cadre national.

    4. @PSDJ.
      Vous me répondez plus haut en y associant sentier198 et Kercoz que « Vu de chez moi, nous disons exactement la même chose ». Dès mes premières prises de langue et de bec avec vous, vous avez répété ce style de retour « nous sommes d’accord ». Et je n’ai cessé de vous rétorquer « pas du tout ». Et Julien Alexandre de s’interroger « où est le problème ? ». Certes il n’est pas dans l’hypothèse du Bancor en soi, mais de présenter l’idée de Keynes comme panacéum universalis.
      En attendant que les contradictions de la marche du monde évoluent, voici un exercice de style de lecture d’un chapitre de PSDJ dont il a offert un lien à la fin de son précédent billet du 1er juin. Le chapitre est intitulé « Définition du prix ». Je le reproduis ci-dessous intégralement avant de détailler ma lecture de chaque phrase.
      [ Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un. Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant. La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité. Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet. Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel. Mais l’échange entre deux opère une compensation du risque de vérité du prix de l’objet. Pour le vendeur du prix, le risque est que la valeur représentée dans le prix ne soit pas la valeur réelle de l’objet à recevoir. La valeur est une perception distincte de la réalité objective concrète. Pour l’acheteur du prix, le risque est que l’objet décrit en parole dans la négociation financière ne soit pas exactement l’objet réel à produire. Si le crédit est la confiance que l’acheteur et le vendeur peuvent s’accorder réciproquement dans la double équivalence entre eux du prix et de l’objet réel, alors le crédit est réel par l’échange de l’objet contre le prix. Mais il n’est pas vrai : l’acheteur peut découvrir après la négociation que la valeur de l’objet est en dessous de celle du prix et le vendeur que la valeur du prix est en dessous de l’objet cédé. Pour que le crédit du prix soit vrai, il faut qu’un troisième sujet constate que le sens du risque de la réalité du prix et de l’objet est dans le même sens pour l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, l’échange ne crée par de valeur égale entre l’acheteur et le vendeur puisque l’un risque de perdre ce que l’autre va gagner. L’échange de l’objet contre le prix réalise le crédit à la condition de l’égalité de l’acheteur et du vendeur devant le risque de non-vérité du prix ou de l’objet. La vérité du crédit par l’égalité au risque n’est réalisé que dans le régime politique de la démocratie, le régime de l’égalité des droits à la valeur des objets échangés. Pour que la réalisation de l’égalité soit un effet durable au-delà de l’instant d’une négociation, il faut que la société délègue une personne auprès de l’acheteur et du vendeur. L’intermédiaire du prix constate l’existence simultanée de l’objet et de l’accord entre l’acheteur et le vendeur, la permanence du prix entre l’origine du crédit et la livraison effective de l’objet et la soumission de l’offreur et du demandeur à une loi identique de définition du prix et de l’objet. ]

      Définissons le prix comme un nombre affecté à quelque chose par quelqu’un.

      Je lis que vous reprenez là la source de la définition du signe de Pierce dont je vous avais signalé l’existence puisqu’elle concerne l’objet sémiologique auquel le chiffrage de la valeur par un prix ne saurait faire exception. En effet si vous parlez de signe monétaire – et je ne vois pas de raison d’éviter de refuser d’épingler la monnaie avec l’épithète « signe » – aller chercher du coté de la sémiologie et de la linguistique quelques acquis sur ces redoutables définitions va de soi. Mais si la notion de signe définit justement tout ce qui traite de « signe »… jusque là d’accord…mais « signe de quoi ? » et « signe pour qui ? » c’est là que les ennuis commencent. Particulièrement la limite de l’export de la définition canonique du signe de Pierce au chiffrage du prix, est que celui-ci SEMBLE fonctionner malgré les langues, ou par dessus les langues – tout comme si – ce qui n’est pas soutenable dans la définition de Pierce puisque le quelqu’un est référencé à une communauté langagière supposée, puisqu’elle est humaine.
      Les opérations de conversions langagières et leurs limites (Traduttore/Traditore) sont aussi présentes dans les conversions monétaires et malgré l’astuce des artifices du Forex, autant faire un détournement (converteur/convoiteur). C’est d’ailleurs ce qui préoccupe une partie des « responsables » de savoir que les changes dans l’échange sont factices mais que personne ne sait le prix dans son hypothétique vérité, car il n’y en a pas d’autre que référé au partage du monde et de ses richesses accaparées, soit in fine le ras des pâquerettes du Politique.

      Le prix est alors une parole par laquelle un sujet déclare qu’un objet vaut tant.

      Ce genre de déclaration peut offrir le même genre de certitude que celles qui mènent au tribunal ou à l’hôpital psychiatrique dans nos démocraties.

      La parole entendue fait la réalité du prix mais pas sa vérité.

      C’est ce que je viens de souligner.

      Pour qu’un prix soit vrai, il faut qu’il soit échangé contre l’objet avec un autre sujet.

      En quoi la notion de vérité est-elle con-vocable dans cet échange, sinon à s’en faire la dupe à l’occasion.

      Deux sujets accordent alors le même prix à un même objet réel.

      Ils s’accordent dans les conditions socio-historiques qui sont les leurs comme les leurres, pour conclure que leurs manques respectifs trouveraient l’aune qui les boucheraient. Et à propos de bouche qu’on lise ce troc proposé : « échange dentier le haut contre le bas première bouche peu servi : tél ….. ». À défaut de remettre la main sur un article fantastique ayant étudié les improbables échanges souhaités dans le cadre des petites annonces de trocs des journaux spécialisés, que M. Le Boucher rit s’il passe ici.

      Mais l’échange entre deux opère une compensation du risque de vérité du prix de l’objet.

      Je vous accorde que la vérité est un risque que certains ne prennent pas, surtout au tribunal qui fabrique une forme de vérité dite judiciaire, mais je ne connais pas encore de compagnie d’assurance dont une forme de police protège du « risque de vérité » au moins dit comme tel. Je lis que vous annoncez donc la suite ordinaire soit la couverture du risque que l’objet anticipé ne soit pas celui délivré à terme.

      Pour le vendeur du prix, le risque est que la valeur représentée dans le prix ne soit pas la valeur réelle de l’objet à recevoir.

      Aïe, ça dérape sérieux. Passe encore que la « valeur » soit réduite à sa « représentation » dans le prix, ce qui en mode de production capitaliste est « naturel ». Comme il est « naturel » de s’assurer contre les fluctuations de prix au cas zou le marchand risquerait sa boutique en plus de sa chemise et de sa réputation. Mais le syntagme « valeur réelle » de l’objet conserve tout le mystère de son sens comme de son essence de naissance.

      La valeur est une perception distincte de la réalité objective concrète.

      Aïe ! Toujours l’essence de naissance ! Une perception ? késaco ? dès qu’on me parle de perception (sauf s’il s’agit des impôts) je sors le Lacan de 1958 :
      …[Nous osons en effet mettre dans le même sac, si l’on peut dire, toutes les positions qu’elles soient mécanistes ou dynamistes en la matière, que la genèse y soit de l’organisme ou du psychisme, et la structure de la désintégration ou du conflit, oui, toutes, si ingénieuses qu’elles se montrent, pour autant qu’au nom du fait, manifeste, qu’une hallucination est un perceptum sans objet, ces positions s’en tiennent à demander raison au percipiens de ce perceptum, sans que quiconque s’avise qu’à cette requête, un temps est sauté, celui de s’interroger si le perceptum lui-même laisse un sens univoque au percipiens ici requis de l’expliquer.]…
      Vous trouverez quelques éclaircissements dans ce texte.
      Quand à la « réalité objective concrète » c’est bien sûr un sujet de pourparlers.

      Pour l’acheteur du prix, le risque est que l’objet décrit en parole dans la négociation financière ne soit pas exactement l’objet réel à produire.

      Ben voui le monde n’est pas une nomenclature malgré sa nomenklatura capitaliste qui se prend pour le monde. Mais vous écrivez « l’acheteur du prix » , c’est récurrent dans vos écrits : l’objet disparaît au prix du « prix ». Typique d’un mode de pensée épris d’un mode de production ?

      Si le crédit est la confiance que l’acheteur et le vendeur peuvent s’accorder réciproquement dans la double équivalence entre eux du prix et de l’objet réel, alors le crédit est réel par l’échange de l’objet contre le prix.

      La confiance est telle que les assurances sont de rigueur ! C’est à terme de la jouissance dont il est question pour celui désigné « acheteur » comme pour celui désigné « vendeur ». Les deux sont pris dans ce tourment de la jouissance, et ça tourmente les affaires de crédit : « baisé ou être baisé » ça se dit comme ça trivialement dans les échanges commerciaux.

      Mais il n’est pas vrai : l’acheteur peut découvrir après la négociation que la valeur de l’objet est en dessous de celle du prix et le vendeur que la valeur du prix est en dessous de l’objet cédé.

      Vous avez oublié l’histoire juive que rapporte Jorion sur la valeur d’un diamant ou quoi ?

      Pour que le crédit du prix soit vrai, il faut qu’un troisième sujet constate que le sens du risque de la réalité du prix et de l’objet est dans le même sens pour l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, l’échange ne crée par de valeur égale entre l’acheteur et le vendeur puisque l’un risque de perdre ce que l’autre va gagner.

      La figure de Monsieur le Juge en sujet-tiers pour accorder les plaignants, mais le juge possède-t-il une assurance pour couvrir ses erreurs de jugements ? Et qui va couvrir les erreurs de l’assurance ? Une autre assurance ? etc.

      L’échange de l’objet contre le prix réalise le crédit à la condition de l’égalité de l’acheteur et du vendeur devant le risque de non-vérité du prix ou de l’objet. La vérité du crédit par l’égalité au risque n’est réalisé que dans le régime politique de la démocratie, le régime de l’égalité des droits à la valeur des objets échangés.

      Toujours ce flottement dans vos écrits entre « prix » et « valeur » qui semblent interchangeables et qui donne envie de vous poser la question à chaque tournant de phrase : « quel est le cours de la valeur du prix aujourd’hui ? » ou « quel est le cours du prix de la valeur aujourd’hui ?.

      Pour que la réalisation de l’égalité soit un effet durable au-delà de l’instant d’une négociation, il faut que la société délègue une personne auprès de l’acheteur et du vendeur. L’intermédiaire du prix constate l’existence simultanée de l’objet et de l’accord entre l’acheteur et le vendeur, la permanence du prix entre l’origine du crédit et la livraison effective de l’objet et la soumission de l’offreur et du demandeur à une loi identique de définition du prix et de l’objet.

      Pour la loi identique de définition du prix et de l’objet, il y a belle lurette que je vous avais demandé : « c’est combien l’amour ? » et j’aimerai bien connaître les qualités de la personne déléguée par la société pour la réalisation de l’égalité entre le vendeur et l’acheteur de l’objet dénommé « amour ».

      Pour pourparler sur ce que vous nommez « réalité objective concrète », il se trouve que mon gamin fait un stage dans le bâtiment en Inde ces temps-ci. Il me rapportait une scène où il sirotait à l’ombre et durablement un coca en bavardant avec un ingénieur indigène, tout en regardant les ouvriers bosser sous la cagna de plus de 45°. Confiant à son interlocuteur que ce farniente qui perdurait le gênait sous le regard des ouvriers, il eut cette réponse : ne soit pas gêné, c’est normal, pour eux tu es un occidental et je suis un brahman. Autre fait divers : un importateur français achète en Inde des foulards payés localement 5 €, revendus 25 € en France à des boutiques qui les revendent pas loin de 100 €. Ainsi va le monde…

      1. @Rosebud1871,

        Dans la dernière vidéo de Paul Jorion, j’ai retenu ce rappel de la structure de notre rationalité occidentale qui est encadrée par le nécessaire et l’impossible. Nos certitudes reposent soit sur le nécessaire soit sur l’impossible. A l’intérieur du nécessaire et de l’impossible, il y a le contingent et le possible qui sont discutables et incertains. Dans quel champ situez-vous votre critique de mon discours sur le prix, la valeur et le risque ?

        Mes prix ignorent-ils des nécessités ou sont-ils fondés sur des impossibilités ? Présentent-ils comme possible ce qui est contingent ou comme contingent ce qui est possible ? J’ai essayé d’expliquer qu’un prix juste n’est ni nécessaire ni impossible ; qu’il détermine une plage de possibilité identique pour l’acheteur et le vendeur ; et qu’il est affecté de contingences qui doivent être équivalentes (de même valeur) pour l’acheteur et le vendeur. Que dois-je conclure de votre analyse ? Que ma position est possible, impossible ou contingente ?

        Y a-t-il des rectifications qui vous rendent mon propos plus acceptable ?

      2. @PSDJ 5 juin 2011 à 21:38
        Il existe un mode de production possible dit capitaliste dont les contradictions ontologiques produisent des contingences de changements nécessaires qui rendent impossible son éternelle reproduction.
        1/Tous les modes de productions sont capitalistes
        2/Tous les modes de productions ne sont pas capitalistes
        3/Quelques modes de productions sont capitalistes
        4/Aucun mode de productions n’est capitaliste
        Je situe ma critique de votre discours sur le prix, la valeur et le risque dans le champ 2.
        Vos prix raisonnent d’une logique de marché où l’intérêt et l’accaparement existent et je conclue que votre position participe d’aménagements de sa pérennité. J’ai tendance à lire le juste de votre prix comme l’exact de votre prix. Est-ce lecture tendancieuse ?
        Quand à une rectification rendant votre propos plus acceptable, je viens de retrouver les termes que vous m’adressiez un jour : « je n’accorde peut-être pas autant d’importance que vous aux rapports économiques de production ». Ce n’est pas « peut-être », c’est une certitude. Et une telle rectification est hors de prix.
        Convenez tout de même que les charmes du Bancor ne sont pas irrésistibles pour l’ensemble de ce que vous nommez ploutocratie.

      3. @Rosebud1871,
        « Il existe un mode de production possible dit capitaliste dont les contradictions ontologiques produisent des contingences de changements nécessaires qui rendent impossible son éternelle reproduction. »
        C’est bon, je suis d’accord.

        « 1/Tous les modes de productions sont capitalistes
        2/Tous les modes de productions ne sont pas capitalistes
        3/Quelques modes de productions sont capitalistes
        4/Aucun mode de productions n’est capitaliste
        Je situe ma critique de votre discours sur le prix, la valeur et le risque dans le champ 2.
        Vos prix raisonnent d’une logique de marché où l’intérêt et l’accaparement existent et je conclue que votre position participe d’aménagements de sa pérennité. »
        Oui je crois à la pérennité désirable de l’intérêt. Il faut garder un intérêt à vivre dans ce bas monde. Oui l’accaparement existe ; mais il est à la fois inhumain et inhérent à l’homme. Les aménagements que je propose vise à rendre l’accaparement le plus contingent possible sans se faire d’illusion sur sa possible non-pérennité.

        « J’ai tendance à lire le juste de votre prix comme l’exact de votre prix. Est-ce lecture tendancieuse ? »
        C’est une lecture de votre subjectivité dubitative sur l’optionalité du prix. Je crois que le prix juste ne peut pas être exact ; ce qui implique qu’il soit optionnel et perpétuellement rediscuté par la prime dans le marché transparent et universel.

        « Quand à une rectification rendant votre propos plus acceptable, je viens de retrouver les termes que vous m’adressiez un jour : « je n’accorde peut-être pas autant d’importance que vous aux rapports économiques de production ». Ce n’est pas « peut-être », c’est une certitude. Et une telle rectification est hors de prix. »
        Sauf si le prix est optionnel et non exact. Permettez-moi de souligner que si le prix de l’importance des rapports économiques de production est pour vous exact dans sa certitude, il vous est loisible d’opter systématiquement pour acheter ou vendre au prix nominal dans un marché d’option. Pendant que vous vous exister dans la certitude, d’autres peuvent se jouer de l’incertitude sans vivre à vos dépens. Et moi je peux continuer à hésiter entre certitude de la justice et incertitude de l’exactitude.

        « Convenez tout de même que les charmes du Bancor ne sont pas irrésistibles pour l’ensemble de ce que vous nommez ploutocratie. »
        Çà tendrait à prouver que la ploutocratie devient moins accessible avec le bancor opté par la démocratie. Tant que le bancor (ou le DTS) ne remplace pas le dollar ou l’euro comme étalon de la démocratie, la ploutocratie reste nécessaire et la démocratie impossible dans la réalité possible.

        A partir de quelle option du réel actuel me critiquez-vous : le réel ploutocratique ou le réel démocratique ?

      4. @ PSDJ 6 juin 2011 à 10:36
        §1
        Je note votre accord avec étonnement.
        §2
        C’est bien sûr l’intérêt au sens de la rente du capital dont je parlais et votre réponse joue de l’ambiguïté voire de l’indécidable du terme « intérêt » dans votre paragraphe. Placez-vous le désir comme ayant comme objet un intérêt ? mézalors de quel rendement ? Placez-vous la vie comme un capital rapportant un intérêt dans ce bas monde ? Bigre, je frisonne ! La belle âme parle d’inhumain là je où je lis encore et encore de l’humanité, pas ragoutante certes, mais profondément humaine. Et là où les lois puis leurs verdicts tranchent les actes réputés « inhumains », elles devraient aussi poser l’interdit de l’accaparement. Les expériences revendiquées auto-qualifiées par l’épithète socialistes ont posées des limites dans cette direction.
        §3
        C’est l’ambigüité de « juste » dont il est question. Le comptable dira que les comptes sont justes, le commissaire aux comptes les certifiera, etc. et le droit en vigueur dira que tout est pour le mieux puisque les règles démocratiques fonctionnent et sont respectées. Au profit de qui et pour quoi en faire ? Le constat d’une fuite en avant montrant la vanité de l’hubris consommatrice d’une fraction de l’humanité au regard du manque comme catégorie constitutionnelle de l’espèce humaine indique que l’objet comme tel mérite plus d’attention que son prix. C’est le retournement propre à l’idéologie ambiante qui fait du prix un miroir aux alouettes au point de se faire prendre à l’occasion pour de la valeur !
        §4
        Vous pouvez mettre en abîme autant d’options qu’il vous plaira, j’ai cru comprendre à vous lire qu’au final l’échange réel formulera un prix. Mais je me perds en conjectures pour lire ce paragraphe.
        §5
        Je ne récuse pas votre raisonnement a contrario. (vous écrire que je ne suis pas contre, n’écrit pas la même chose que vous écrire que je suis pour : mais cette réserve tient au confort que la liberté d’expression permet encore. Dans un situation historique plus tendue, j’aurais sans discussion signé mon accord )
        §6
        Causer est un droit en démocratie, appelez-ça option c’est votre droit et le mien de vous interpeller sur l’essence de vos options ; l’option est aussi en démocratie d’utiliser les baïonnettes contre les récalcitrants de l’option prise par la majorité dans l’intérêt général. Mais je ne vois pas de logique à supposer une majorité de consciences spontanées de l’intérêt général, aussi nébuleuse que soit cette notion.

  2. La monnaie est aussi de part le nombre de zéros sur son compte en banque ou sur le chèque, le moyen de se situer dans la hiérarchie des hommes.

    La société de consommation et la consommation est un moyen de se situer dans l’échelle de la comparaison des hommes, sans doute depuis la nuit des temps, cette société dans laquelle nous sommes est celle qui aura permis au plus grand nombre de croire qu’il avait atteint le statut des meilleurs.

    En ce sens l’argent n’a plus de valeur que celle qu’on lui attribue pour démontrer qu’on est le meilleur, en finance il en est de même, je ne suis pas le principal élu du peuple mais je suis celui par les décisions duquel le monde est à mes pieds, la finance aujourd’hui et au delà de l’aspect monétaire est le signe de référence du régime du plus fort…

    En ce sens les salaires les plus élevés n’ont plus de limites, les prix du produit qui montre que je suis le PLUS… n’a plus de limites, nous ne sommes plus dans l’accumulation comme on pouvait le faire par le passé, non nous sommes dans la lutte au Top, suis-je au Top, que me manque-t-il comme zéro pour être en haut de l’affiche…

    Par le passé, la différence se faisait sur le niveau intellectuel, sur la position au sein de l’état, sur le niveau de naissance, sur le nombre de femmes culbutées, sur la force du coup de poing, aujourd’hui tout est dans l’argent, l’argent donne tout le reste et y compris celui de culbuter qui on veut..

    Tous nous pouvons entrer dans les magasins et consommer, alors qu’avant quiconque n’entrait pas à la cour ou au parlement…consommer c’est montrer son niveau dans la hiérarchie, nous ne consommons pas nous nous montrons à travers nos achats, le plus gros cadie montre que je suis quelqu’un…

    Voilà notre société de consommation est sans doute la société la plus égalitaire, enfin elle l’était car désormais les plus élevés dans la hiérarchie veulent réellement voir la différence, tout le monde peut désormais acheter une BMW ou une Mercédes….

    L’argent et son image réelle la monnaie ont désormais comme pour oncle Picsou, la référence à son niveau social, le dollar est la monnaie de la nation la plus riche, demain sans doute ce sera le Yuan, bref aujourd’hui c’est le rapport de force qui est influant, la monnaie n’est que l’unité qui fait briller celui qui l’a utilisée…en cela sans doute nous ne comprenons plus bien ce qui se passe, tout est question de puissance de celui qui parle et non sa capacité à réellement mobiliser de l’argent…

    Désormais la monnaie ne reflète plus la richesse mais la puissance, mais bien évidemment il faut de la monnaie pour montrer sa puissance, voilà pourquoi on parle encore de monnaie, qui sait si demain la monnaie perd toute sa valeur si alors nous ne verrons pas revenir le temps des dictateurs et des despotes.

    1. Le Juif et le Roi ?

      Rien d’antisémite là dedans, je m’en explique tout de suite.

      Les dépenses du Roi, de quelque nature que ce soit, témoignent de sa puissance. Plus il dépense, et plus il en impose, la seule condition étant de pouvoir perpétuer la dépense, par quelque moyen que ce soit.

      Le Juif, régulièrement chassé et persécuté, cantonné essentiellement aux métiers d’usurier et de perception d’impôt, est bien entendu tenu de faire profil bas… Et de pourvoir abondamment aux besoins financiers du Roi (ou au seigneur du coin) en lui prêtant les sommes retirées des prêts usuraires aux paysans, artisans,… ou en assurant la bonne rentrée des impôts…

      Avec bien entendu la tentation supposée d’accumuler des richesses à son profit ! Bien entendu ! Du point de vue du paysan ou de l’artisan saigné par des prêts usuraires, il est impossible de concevoir que l’argent péniblement tiré d’une activité drainée in fine au profit des seigneurs… retourne dans les mains de ces mêmes seigneurs auxquels les usuriers consentent un renouvellement perpétuel de la dette !

      La monnaie est aussi de part le nombre de zéros sur son compte en banque ou sur le chèque, le moyen de se situer dans la hiérarchie des hommes.

      Oui et non…

      C’est très certainement le cas parmi les gens des classes moyennes (l’artisan ou le paysan) qui s’efforcent de mettre des sous de côté dans l’espoir d’échapper un jour à l’emprise de leur banquier, lequel encaisse une dîme présentant un taux facial avantageux, mais adossée à un actif outrageusement surévalué (on voit là toute l’intelligence de la finance moderne !)

      Ah tiens ! Si on convient que ce qui importe pour le banquier, c’est de percevoir des revenus stables, on conçoit alors que le montant des intérêts perçus (son revenu !) doit demeurer stable, et que donc, la valeur des actifs doit s’ajuster au montant des taux d’intérêt. Les intérêts sont bas ? Qu’à cela ne tienne, on invitera les gens à s’endetter sur 30 ans, 40 ans, 50 ans…

      L’important c’est bien que la mensualité demeure constante n’est-ce pas ? Ce n’est pas grave si entre un crédit sur 10 ans et un crédit sur 50 ans, l’engagement n’est plus du tout de même nature ?

      Quant à ceux qui appartiennent aux classes dirigeantes, la vision demeure celle des Rois.

      L’important c’est le montant du nombre de zéros qui tombent tous les mois sur le compte en banque, et plus on s’élève au sommet de la hiérarchie sociale, moins cette part correspond à de véritables revenus, y compris quand il s’agit de dividendes !

      Quand au gré des opérations de fusion-acquisition financées à grands coups d’emprunt, on valorise le « capital-marque » à des montants toujours plus démentiels, d’où proviennent vraiment les revenus des banquiers d’affaires, courtiers, et des patrons engraissés à grands coups de stock options sinon des emprunts levés pour l’occasion ?

      En guise de conclusion, je soulignerais le caractère unique de l’ère actuelle qui s’achève. Au Moyen Age, les artisans et les paysans survivaient vaille que vaille dans un système assez immuable.

      Aujourd’hui, pour accompagner l’inflation d’une bulle de crédit jamais vue, on a assisté à une exploitation frénétique des matières premières doublée d’un dumping jamais vu qui ont permis, en ramenant les prix à la production toujours plus bas, d’assurer une croissance des bénéfices des entreprises cohérente avec les objectifs de valorisation.

      A cet égard, une simple stagnation des perspectives de croissance des bénéfices a des allures de cataclysme. On pourrait croire bien entendu à un feu de paille pour le prix des matières premières, mais les risques évoqués de diminution de l’activité que cela sous-entend impliquent une diminution drastique des investissements des sociétés minières, lesquelles épuisent leurs gisements à une allure telle que la moindre pause dans le rythme d’investissements a pour traduction immédiate une chute des stocks disponibles.

      Quant à la flambée des prix agricoles, ce ne sont ni les perspectives catastrophiques en Chine ni en France ni sans doute aux Etats Unis ravagés par les tornades et les inondations du Mississippi qui vont plaider pour une amélioration de la situation. Les gens les mieux lotis paieront le prix fort pour pouvoir continuer à se nourrir correctement, les autres… Après le printemps arabe, comment se passera l’été sur la planète ?

      1. D Cayla,

        Vous ne m’avez pas bien lu, je dis que ta consommation, le niveau de dépense te situe dans la hiérarchie humaine, aujourd’hui tous les hommes veulent être Roi…

        Cette société de consommation est un moyen de montrer qui on est, le plus gd format de TV, la voiture la plus rutilante, pour les oligarque Russes, pour notre président, la qualité de tes invités, la frénésie de tes soirées ou folies, te situent sur la hiérarchie.

        Ce que je dis c’est que l’argent, la monnaie sont l’instrument de cette apparence de niveau dans la hiérarchie humaine, avant tu pouvais être intelligent, bien né, poète, footeux, désormais il te faut démontrer que tu es le meilleur, que tu as le plus de moyens, en d’autres termes de haut en bas de la hiérarchie humaine, la conso est désormais le moyen de montrer le niveau que tu as atteint…

        Ce faisant cette frénésie de montrer qui on est amène les prix des produits dits nobles à des niveaux qui n’ont plus rien avec la raison, aujourd’hui tu prends le café du soir au Brésil et tu prends le café du matin au pôle Sud, plus de limites à montrer qui tu es…

        En matière monétaire, l’égo du patron se montre au nombre de zéro annoncé sur son salaire, aucune réaction sur ses salariés, il veut tout simplement se situer dans la hiérarchie des patrons, en d’autres termes la monnaie a perdu sa vraie valeur, celle de refuge, de moyen d’achat, aujourd’hui il faut montrer, en se sens le crédit est un moyen de montrer et non de consommer…

        Mon idée est que l’on ne peut comprendre aujourd’hui la crise en se référant à la notion d’argent telle qu’elle était par le passé, on est passé à un autre niveau, le cloud de l’informatique utilisée dans la finance, tu est un général, ton armée est composée de tes relations, de ton cloud de possesseurs, tu fais tes guerres assis devant ton pc, parler de remboursement de la dette n’a plus de réalité, nous sommes face à des joueurs qui veulent montrer leur puissance, plus aucun rapport avec le passé, aujourd’hui il vaut mieux être boulanger que diriger une entreprise, aujourd’hui il faut faire des études d’avocats pour dominer ce monde du paraitre où le mot peut avoir une importance…

        Pour comprendre ce monde, il faut se dire que le média du visuel a poussé les hommes vers le top 40 en permanence, et ce top est ouvert au monde et plus à notre occident, voilà pourquoi nous ne nous reconnaissons pas et que nous ne comprenons pas ce qui se passe…

        Pour DSK s’il a vraiment commis le crime qui lui est reproché, il était un roi, pour lui être roi c’était sauter sur tout ce qui avait des formes…pour Sarko c’est montrer qu’il est le roi et peut décider de tout, pour le patron de Goldman, c’est de dire que lui seul à raison, pour les russes, c’est montrer que tu peux tout faire… il est vrai que la richesse des russes ils la doivent au transfert de pouvoir du communisme vers un nouveau communisme-capitaliste, bref l’argent pour eux n’a pas la valeur que nous lui attribuons, il faut en avoir c’est un fait, mais après ce n’est plus l’important, il faut jouer à celui qui aura le plus de femelles, les plus folles idées…

        Voilà ce monde n’est pas le mien, j’essaye juste de le comprendre, je n’ai pas le besoin de me situer par rapport aux autres, juste besoin de me sentir bien dans mes baskets, ce faisant je consomme pas tant que les autres, il est vrai que je n’ai plus rien à prouver…

      2. Mais, vous parlez là d’une catégorie de personnes bien précises : la « upper class », qui n’a plus ni valeurs ni limites …

        La MAJORITE des habitants de la planète ne sont pas dans ce trip délirant …

        Un bras de fer est engagé pour une suprématie du monde, qui se soucie bien peu des dégâts ainsi occasionnés au niveau des populations . Cette façon d’envisager la suite ( organisation mondiale – forcément -totalitaire -) et, non monde multipolaire où chacun aura sa place, et apportera aptitude, imagination, pratiquera un échange de bon aloi sur les nouvelles technologies, le traitement – respectueux -des terres agricoles, une médecine de qualité pour la majorité, une éducation pour toutes et pour tous, un échange culturel ( et pas pour 1% de la population mondiale ) …: voilà l’équilibre ! L’intelligentsia actuelle
        ne nous y mènera pas.

        Qui parlait de Mercedès ou autre voiture : suivant les lieux, cette automobile a signifié des choses bien différentes ! ce qui faisait bien rire le bas peuple : ici, argent de la mafia -trafic de drogue …etc, bref, argent de parvenus : manquaient plus que les pompes en croco. ! et là, argent gagné par les notables régionaux : chirurgiens ( clinique privée), par ex., assez stupides pour se vanter de gagner sur une appendicectomie un costard grand couturier ! tout ceci est absurde !
        Croyez-vous REELLEMENT que les gens ordinaires se soucient de ce genre de billevesée ? cela me parait de l’ordre du fantasme, du fantasme que nourrissent les zélites face aux gueux !
        Tout est question d’éducation, et de personnalité – affective – mature et « bien plantée » .

        En ce moment, comme ce ne fût peut-être jamais le cas, à ce point, le monde est UNIQUEMENT masculin [ désir de structurer tout comme une entreprise = non démocratie : si les Pays aimant marcher au pas s’y retrouvent : grand bien leur fasse ! ici, dans ce Pays, le monde est mixte, et non ennemi : LES FEMMES NE MARCHENT PAS AU PAS] ce désir d’un lieu forcément opaque où on peut jouer dans l’entre-soi, sans empêcheurs de tourner en rond , n’est pas juste ( justesse) ( OMC, FMI, OCDE, BM , qui « doivent » sortir renforcés de ce jeu dangereux, alors qu’une réforme profonde, voire la disparition de certaines organisations devrait se mettre en place )…etc : le désir d’abattre l’autre est à l’oeuvre : bras de fer des USA avec l’Europe – préparé de longue date : désindustrialisation masochiste de la plupart des Pays, avec la trahison des zélites, en loucedé ( l’Europe ne devant pas être un concurrent ), et surtout – car, dans leur esprit l’Europe  » delenda est » – entre les USA et la Chine .
        Ce jeu est trés dangereux . C’est une perte majeure qui se met en place ( non la perte qui fait avancer, mais celle qui est profondément régressive, qui ne tient pas compte des humains ).
        Maintenant, dans sa longue Histoire, fort mouvementée, la Chine a eu – l’a-t-elle encore ? – un regard bien différent du nôtre, et complémentaire, le principe FEMININ n’est peut-être pas mort ?
        Y a-t-il un VRAI taoïste – pas version hollywood, merci ! – dans la salle ?
        L’harmonie ne viendrait-elle pas de l’acceptation de l’importance égale des deux principes.
        post-scriptum :
        Cela me rappelle le topo de F.Leclerc, sur le fait que les eaux se faufilent et passent, trouvent toujours un passage , l’eau, principe féminin. [ ce que les Ingénieurs ont oublié benoitement ]
        rePS :
        avait été posté ici même, me semble-t-il, que dans les Pays du Magreb, la Tunisie était assimilée à une femme ! rien n’est gagné, mais si la démocratie parvient à – non pas s’installer : nous avons vu ce que cela produisait de s’endormir, mais – délicatement se poser,
        il serait peut-être temps de s’interroger.
        Je pense que la France est globalement mixte ( et non clanique ) – je parle du fond sociologique, et donc a toujours tenté de trouver un équilibre . Probablement que ce « forçage » que l’on nous fait subir, nous détruit . C’est peut-être le but .
        Suis nationale et internationale. Pour être bien avec l’autre, il faut savoir d’où l’on vient.
        Si un rouleau compresseur veut vous passer dessus – globalisation telle qu’actuellement -, il faut l’appeler clairement « ennemi ». Et trouver autre chose.

  3. Génial!
    Voila une excellente illustration de la raison pour laquelle ce blog est si nécessaire. L’intelligence partagée. Au moins la technologie nous aura apporté ceci de bien, rendre ce partage facile et possible. La somme accessible par tous de tous les savoirs et de toutes les connaissances possibles. La fusion de milliers de pensées différentes fait plus progresser la culture que celle issue d’une recherche solitaire. D’ailleurs les plus belles réussites ne sont-elles pas le fruit d’unions de savoirs différents et d’émulations salutaires?
    Merci pour ces réflexions et ces partages qui nous interpellent, nous font réfléchir et éveillent ou complètent des idées parfois laissées à l’état fugace, ou abandonnées aussi vite qu’elles avaient traversé nos esprits.
    Comprendre, anticiper, essayer de voir plus clair. Ce sont déjà là des satisfactions de l’esprit avant que de pouvoir expliquer aux autres, avant de pouvoir exprimer à son tour la maturation de sa pensée. Comprendre, c’est la possibilité d’avoir un avis. C’est la possibilité d’aller plus loin et peut-être de tendre vers une certaine intelligence. Et quand celle-ci devient collective, le plaisir dans le discours ne doit sans doute plus être très éloigné.
    Continuez à proposer.
    Continuons à vous lire.
    Continuons à progresser.

  4. Pierre quelle elle l’origine du nœud tordu à la base selon vous :

    – du problème de la valeur réelle

    – de l’anarchie/chaos du monétaire

    – de la (in)justice/stabilité monétaire

    – de l’absence de responsabilité politique, économique et juridique?

      1. belle formule!
        vous pourriez exceller dans la brièveté….
        mais, encore plus originellement, c’est la place de nos représentations dans l’ensemble de notre vie, au détriment de l’activité( d’après Aristote).

      2. J’ai vraiment un problème de compréhension.

        C’est pas que j’essaye pas, que je met de la mauvaise volonté ou de la mauvaise foi, mais même cette petite phrase je ne la comprends pas:

        la place que nous choisissons d’occuper dans nos représentations du réel

      3. @Chris06,
        1 nous faisons partie du réel objectif et subjectif -> nous sommes des sujets du réel
        2 nous sommes libres de la place que nous nous attribuons dans ce réel
        3 notre choix passe par les réprésentations que nous nous faisons du réel
        4 il nous arrive de ne pas être satisfaits du résultat de nos choix -> ou bien le réel objectif a muté sans nous ou bien nous n’avons pas produit les représentations qui nous y accomplissaient

      4. L’origine du nœud tordu est la place que nous choisissons d’occuper dans nos représentations du réel.

        Remarquable instant de sagesse Pierre, c’est proprement métaphysique !

        Me semble peine perdue cette volonté d’organiser l’existant humain alors que la grande majorité des intervenants peinent a prendre pleinement conscience de leur existence.
        A moins que des réseaux assez puissants, pleinement conscients et bienveillants (l’espoir c’est ce qui reste en dernier) vous aident a administrer a échelle humaine La Création.

        Même si vous nous parlez de concept de monnaie, votre esprit trouve rétribution en dehors de toute matérialité dans votre quette a aider vos semblables. Mais très rares sont ceux qui comprennent cette forme de payement et son juste prix. Pourtant cette compréhension ne s’obtient jamais par l’intelligence mais par la vérité de soi (car l’intelligibilité implique aussi un choix qui le plus souvent est pervertit car « on » se croit toujours plus malin) . L’humain le plus simple a l’accès le plus facilité car non « aidé a organiser son savoir ». Il en fait le cheminement. Pour nous individus composant ces sociétés fétichistes cela implique un certain renoncement avant de retrouver l’essence du soi.
        Et au bout la véritable Économie (préservation de l’existant et comme nous en faisons partie : bonheur total !) La, ça devient niais et le Vigneron ne va pas tarder a rouspéter.

        Mes remerciements pour toutes vos contributions.
        Merci Alexandre pour la correction.

      5. @Gigi l’amoroso,
        La sagesse ne serait-elle pas, après avoir ressenti la douloureuse angoisse de se soumettre à l’intelligibilité de l’autre, de croire qu’il puisse faire de même pour agir ensemble ?

      6. Pas une bonne question Pierre?

        Ou débute l’i-réelle dans l’economo-financier?

        Autrement est ce qu’il y a un point ou débute le frontier entre l’économie réel et l’économie virtuel?

      7. @ Pierre Sarton de Jonchay

        La sagesse ne serait-elle pas, après avoir ressenti la douloureuse angoisse de se soumettre à intelligibilité de l’autre, de croire qu’il puisse faire de même pour agir ensemble ?

        La sagesse n’est pas croire en quoi que ce soit mais la constante remise en question. Et puis c’est toujours aux mêmes de croire d’après votre phrase.

        Le verbe soumettre n’as rien a faire dans un débat philosophique. Son raisonnement s’arrête la ou commence la soumission a l’autre (même s’il s’agit d’une intelligence qui parait supérieure).

        La sagesse est pour moi le « ressentir » qui transcende la condition humaine dans le « périple métaphysique » et le « νῶθι σεαυτόν » a chaque instant et l’adaptation de tout cela a son agir. Une des conséquences de ce cheminement est le concept de « primo non nocere » qui s’en déduit.

        C’est une marque de sagesse de considérer le ressentir de l’autre, aussi réduit soit son cheminement dans sa représentation du réel. Car cela va nous aider a relativiser le notre.

        Par contre la sagesse n’as rien avoir avec l’innocence qui le plus souvent n’est pas respectée (voir la prédation des individus dominants et intelligents sur des enfants).
        L’Histoire est aussi remplie des trahisons du peuple.

  5. Hello Pierre, je ne souhaite pas vous faire de nouveaux compliments…Tout est limpide et ce texte si riche de principes humains me transcende un peu tant par son engagement et sa rectitude…Aussi, bien humblement et modestement je me permets de souligner deux points ci-dessous qui m’apparaissent essentiels concernant les premières approche à l’accomplissement de ce merveilleux projet.
    « (…)N’importe quelle personne privée accédant à la liquidité d’une monnaie mondialement inconvertible peut la déposer sous forme de titre de créance privé à la compensation internationale. »
    « (…)Les systèmes de valeur individualistes et oligarchiques sont dévalués par un prix nominal faible et une prime de change élevée en étalon universel d’humanité. »

  6. Comme certains le savent déjà, sur ce blog, je suis aide soignante.
    J’ai de plus en plus l’impression, malgré tout le blabla style « respect de la personne », que mon métier consiste essentiellement à maintenir en vie des consommateurs potentiels pour le bénéfice de sociètés productrices de biens dédiés à ces personnes.
    En effet, une personne âgée consomme énormément : personnel de soins, bâtiments dont les normes changent régulièrement et qu’il faut reconstruire, matériels médicaux et médicaments.
    Tous ces frais sont supportés par les personnes, leur famille et la collectivité.
    Nous sommes nombreux à avoir remarqué que les aides accordées aux structures sont dépendantes du fameux « GIR » qui mesure la dépendance des personnes , ce qui fait que plus la personne est dépendante, plus la structure qui l’accueille perçoit d’argent; dans ce cas il est « non rentable » pour la-dite structure de dépenser pour le maintien de son autonomie .
    D’autant plus que les frais de personnel diminuent avec l’augmentation de la dépendance car il est plus rapide de faire une « toilette au lit », de mettre un change pour la journée, un autre pour la nuit, et de laisser la personne dans son lit.
    Alors, Monsieur Pierre Sarton du Jonchay pourriez-vous m’expliquer si votre solution pour la monnaie aura pour conséquence une véritable prise en charge humaine de la personne âgée et non pas une approche uniquement comptable ?

    1. Chère Louise,
      Vous expliquez fort bien que la réalité humaine est infiniment plus riche et complexe que ce qu’en disent les prix, budgets, normes comptables et business plans. Dire qu’un prix en monnaie de quoique ce soit est le nominal d’une option n’est rien d’autre que la reconnaissance d’une réalité humaine qui soit la matière, la raison et la finalité de l’économie. En obligeant la finance et la politique à échanger des options en transparence de marché, la démocratie monétaire force le discours à porter la décision de l’humain concret et à porter les erreurs d’appréciation sur cet humain. La réalité humaine redevient une obligation rémunérée par la monnaie (ce qui ne supprime nullement la nécessité du don) ; et l’erreur humaine peut être réparable (partiellement) par la monnaie mise en réserve dans la prime.

      1. @Louise et PSDJ
        Revenir aux circuits courts : Au Maroc il n’ y a pas de Maison de retraite …L’argent remplace Tout ?
        Meme pas honte , et on fait de grande phrases en s’indignant du sort de nos vieux ..qui nous coutent si cher ! et Si une personne est en réelle grande dépendance (et il y en a si peu !) on ne devrait pas avoir a faire plus de 500m pour la visiter .
        Le vieux se fait torcher ailleurs parce que le « flic ds la tete » est délocalisé ds un cars de CRS , tout se tient ..pas grave on est en « démocratie » .

      2. Pierre Sarton du Jonchay

        Je vous comprends comme je comprends Rimbaud, et c’est un des meilleurs compliments que je puisse faire pour la profondeur à laquelle la compréhension m’entraîne. Pourtant, Je vous comprends avec une couche de mon cerveau que je ne maîtrise pas (j’en suis à, pirater Amazon, pour votre lexique, et les quelques pages d’introduction de votre ouvrage) . D’un autre côté je crois comprendre que vous abordez notre problème – sortir l’économie de la sauvagerie – en proposant, du même coup – et c’est nécessaire -, le langage du Droit devant permettre à la raison d’opérer – démocratiquement – les arbitrages inévitables. Si c’est bien votre intention, je suis d’accord, sur le fond (accessoirement, de façon pratique, promouvoir l’idée du Bancor est une évidence ) . Ma grand-mère qui, petite fille à Lille, s’amusait à courir sous les métiers pour ramasser les fils cassés et les renvoyer aux ouvrières, m’aurait dit : « Sarton pense que ce qu’on a dit qu’on ferait, il faut faire, sinon , quand ce n’est pas possible, on s’arrange ensemble pour faire les nœuds qu’on peut ». Est-ce que je me trompe sur ma grand-mère ? Si non, autre question, comment la mettre dans le coup ?

      3. @PSDJ : c’est une réponse ??????

        @kercoz : je suis d’accord avec vous : il ne devrait pas y avoir de maisons de retraite.

      4. @Jean-Luce Morlie,

        Je suis heureux que vous reconnaissiez Thomas d’Aquin dans mon propos. Ma formation philosophique est clairement thomiste. Cela dit, çà ne prouve rien. Comme nous ne nous connaissons pas hors de notre discussion sur ce Blog, il vous est impossible effectivement d’être sûr de ce que je dis. Je parle nécessairement selon des déterminations de langage que je ne saurais inventorier exhaustivement. Et vous-même avez votre propre perception du réel qui ouvre sur de nombreuses interprétations possibles de mes propos.

        A partir du moment où nous avons identifiez ces limites de compréhension à l’échange en double aveugle sur le net, je pense qu’il faut chercher à en tirer le meilleur profit. C’est à dire expliquer inlassablement ce qu’on veut dire dans ce qu’on dit afin de partager un même champ sémantique avec des mots qui signifient a peu près la même chose. Ne pas nous connaître autrement que par les mots échangés nous permet de ne pas nous polluer réciproquement avec les affects de la sensibilité ou de nos conceptions métaphysiques.

        J’adopte un langage axiomatique certes rébarbatif afin de vous permettre de savoir le plus tôt possible d’où je parle et dans quelle intention. Mon champ axiomatique est donc aristotélicien et thomiste. Mon intention est de poser les bases d’une réforme de la finance. De la finance comme activité d’actualisation des fins humaines dans la réalité concrète présente. Je suis convaincu de la thèse de Paul Jorion largement discutée ici que les bases de la finance capitaliste née au XIXème siècle sont fausses. Fausses, c’est à dire non conformes à la réalité intelligible de l’homme qui cherche son bien ; fausses donc non vérifiables et non vérifiées.

        S’il faut donner des références bibliographiques, Comment la vérité et la réalité furent-elles inventées et Le prix s’imposent sur ce Blog. J’ai tiré deux idées fondamentales de Comment la vérité…. La première ,que tout le développement de la rationalité humaine est contenu dans les langues que nous utilisons. Des langues différentes induisent des rationalités différentes. J’y vois la cause profonde de l’effondrement du capitalisme financier qui ne sait pas fonctionner dans la pluralité des civilisations.

        La deuxième idée est celle du coup de force de la rationalité « scientifique » à la fin du Moyen Age : l’être donné qui avait été bien distingué de la réalité objective s’y trouve absorbé. C’est de ce coup de force que vient la prétention contemporaine à connaître l’intégralité du réel par le discours scientifique ; à « prédire » le futur par des modèles mathématiques et juridiques ; et donc à remettre rationnellement l’avenir du monde à une ploutocratie omnisciente.

        Comme je ne rejette pas la science, ni la rationalité mathématique qui est logique et matérielle, ni la langue du droit qui régit les relations humaines civilisées, je propose une redéfinition de la monnaie comme unité de compte de la matérialité sous-jacente au choix de la démocratie. Je souhaite extraire la monnaie de l’être donné ploutocratique. Cet instrument de comptabilité humaine doit être la prémisse, la réalité et le résultat de la délibération démocratique. Donc d’une démocratie qui ne soit pas juste un modèle sans matérialité, mais une réalité de l’être donné, du monde sensible et de l’objectivité humaine.

    2. Je peux avoir le sentiment comprendre vos intentions, à la longue, je peux avoir une certaine assurance du fait que je les comprenne. Par contre, je suis dans l’impossibilité de vérifier si vous tenez vous-même à ce que vous dites, je suis dans l’impossibilité de vous critiquer, votre langage est-il démocratique ? Pour le dire autrement, vos expressions semblent bien formées, et sans nul doute le sont-elles, par vous, au mieux qu’il vous est possible, mais je ne connais pas leur règle de formation .

      Un exemple, écrivez-vous ceci de façon poétique :

      « Car une solution toute faite n’est rien d’autre qu’un problème insoluble qui ne peut pas être posé. Une solution est nécessairement liquide ; sinon elle est solide et constitue un problème. »

      ?

      Votre métaphore est puissante, et vous en tirez deux lignes plus loin, le meilleur parti ; je partage l’idée qu’elle véhicule, et je tire la satisfaction de me reconnaître une certaine subtilité à vous lire.

      Autre hypothèse, la phrase est allusive et condense d’autres lectures, un développement particulièrement serré et inattaquable de St.Thomas, que sais-je ? Je ne puis donc potentiellement en discuter avec vous, à la condition que le passage condensé soit référencé et disponible gratuitement sur le net .

      « Allez, c’est bien, reprenez du lapin »

  7. Quand le CLASH ou le BIG CRASH arrivera….on fera juste ce que l’on a toujours fait…
    …On échangera…
    Des marchandises…des services contre des marchandises…des services….

    et quand les parties seront d’accord…il y aura accord…

    LE TROC à grande échelle…Si vous êtes producteur ou stockeur de quelque chose…
    …Vous vous en sortirez…
    De plus il y aura la valeur COEUR qui entrera en compte…
    …Si votre échangeur vous juge Bon…cela se fera…
    Si vous avez été un encu…toute votre vie…malheur à vous…
    car les  » pouvoirs » font se dissipés et changer de mains…
    …et d’ici peu…à mon humble avis…

    Précision : J’ai eu par le passé l’occasion d’aller en URSS
    et ai pu comprendre COMMENT les choses de déroulaient…
    …Les magasins étaient vides car seulement 10% d’une production arrivait à destination…
    TOUT LE MONDE se payait au passage…Il en sera de même ici…par chez nous…
    dans nos envirenemnts proches…Très proche…très très bientôt…
    ====
    Posez-vous simplement et sérieusement la question…
    Que ferais-je en cas de blocage politique / économique / financier …
    …De quelS manièreS pourriez vous assurez votre survivance et celles des vôtres…

    Se poser cette simple question est DEJA un grand franchissement
    et un changement profond de votre conscience…

    Quoi qu’il en soit…MISE EN PRATIQUE très prochainement…
    en sachant que gouverner c’est prévoir…
    …Sachez… dès lors… de quelleS manièreS…gouverner votre existence…

    et encore pardon pour mes élucubrations d’artiste…
    http://www.youtube.com/watch?v=AknwxV6lvW0&feature=share

    1. Hello KriGlo, la place que vous choisissez d’occuper dans nos représentations du réel vous honore et se trouve pleinement justifier et je vous soutient tant dan l’Esprit que par le coeur…Merci pour cette vidéo, dans laquelle les idées ne manquent pas de rectitudes, et dont le rythme musicale reste une course sombre mais résistante à tous pamphlets cosmétiques et polotico-médiaticos corrosifs.

      Comme le dit si savamment Pierre S.dJ. un peu plus dans les commentaires :
      « L’origine du nœud tordu est la place que nous choisissons d’occuper dans nos représentations du réel. »

      1. Merci Idle…
        …Comme le dit mon comparse Ben :
        « L’art est un sale boulot mais il faut bien que quelqu’un le fasse… »

        Et pour ma part j’accorde plus d’importance aux petites graines
        que parfois modestement je sème…
        …qu’à mes propres véritable Kréations…palpables…

        Nous ne sommes pas à un carrefour mais dans un rond-point…
        et même si on ne sais pas quel direction prendre…
        le simple fait de continuer à tourner autour du dit rond-point…
        …bloque…à un moment ou à un autre…la circulation…

        C’est exactement ce qui commence à se produire un peu partout en Europe
        mais aussi dans le reste du monde…
        Les Indignés Chiliens doivent faire une grosse manif très bientôt…
        …par exemple…

        Je crois ces « mouvements » font aussi comprendre les différents enfumages
        que les médias diffusent…
        et je n’est pas le début EN FANFARE (DSK) de la campagne non-officielle de 2012
        qui risque de détourner les attentions…
        …L’été s’annonce…avec ces migrations touristiques de populations et…d’idées…
        et loin de ternir le mouvement qui est bien actif…
        il ne fera que le renforcer…
        Ici par exemple…en Bretagne nous attendons avec impatience…les Irlandais…
        qui le manqueront pas de se joindre aux différents YesWeCamp de la région….

        pour infos…le site de référence Français…
        http://www.reelledemocratie.fr/

        Bien cordialement

      2. KriGlo,

        « Et pour ma part j’accorde plus d’importance aux petites graines
        que parfois modestement je sème…
        …qu’à mes propres véritable Kréations…palpables…»

        C’est quoi cette histoire de petites graines ? Vous avez fait des semis, vous avez un jardin et vous attendez des légumes ? Sérieusement, je m’interroge.
        Par contre, vous avez tort de ne pas accorder plus d’importance à votre travail -— vos créations bien palpables comme vous dites.
        En matière d’art il faut beaucoup de passion et y croire, sinon vous êtes rejeté vers la médiocrité ambiante du travailleur qui ne sait rien faire d’autre que travailler. Passion, invention, couleurs, goût, joie, et sens du tragique mêlés afin de nous réveiller de la torpeur du présent ou bousculer les hommes dans leur somnolence.

        PS
        Si vous avez entendu parler de la possibilité d’investir un lieu où un/des artiste(s) pourrait(aient) travailler et vivre – pour trois fois rien bien sûr – en Bretagne, ça peut m’intéresser. Faire suivre par l’intermédiaire de Paul J. pour avoir mon mail. Merci.

      1. Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain

        texte trés intéressant, réaliste et ne manquant pas d’humour =) voilà ce qu’il faudrait faire : tirer profit ( non, non, pas pognon) de :
        – l’histoire singulière et longuement stratifiée et brassée des Peuples, des Civilisations, des Cultures, des types de personnalités que tous ces événements ont produit ( et, pas vu des hiérarques, merci ; vu du sol, c’est bien aussi, et plus charnel )
        – de leurs erreurs
        – des forces et faiblesses de chaque lieu [ les faiblesses pouvant se transformer en force, suivant les circonstances ]

  8. Juste une remarque : Par essence, monnaie et démocratie sont antinomiques…

    Si la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », la monnaie exacerbe l’égo de son possesseur et le pousse à en avoir toujours plus…

    De ce fait, le possesseur se démarque du peuple pour entrer dans une élite financière que l’on ne peut plus qualifier de populaire.

    Approche peut-être simpliste, mais il est bon de parfois ramener les choses « sur Terre » , la monnaie, ou plutôt la quantité dont vous avez la jouissance, indique si vous faites encore partie d’une démocratie (Nation) ou bien si vous vous en êtes affranchis.

    Si vous jouez « dans la cour des grands » en spéculant sur l’international, les intérêts de votre nation d’origine ne sont plus forcément les mêmes que les vôtres…

      1. C’est évident , a 5 ou 6 apres repas , on va siffler une meuf , (ou pire) , ce qu’on ne ferait jamais tout seul !

      2. Je crois qu’il y a un théme de réflexion colatéral ou paralléle à celui de la monnaie, qui est celui du rapport de l’individu et du groupe. Il y a bien entendu une forme d’isolement de l’individu alors méme que les moyens technologiques et les mass médias laisseraient supposer le contraire – le groupe n’est t’il pas devenu un spectre du rapport social ? – Sauf dans des situations paroxistiques comme le printemps arabe ou ce spectre prend tres provisoirement corps grace aux moyens technologiques d’échanges.

        N’y a t’il pas aussi à introduire des réflexions sur le quantum temporel de vie humaine – Les besoins humains et leur satisfaction sont bornés par la durée de vie – avec un temps ralenti vers la fin, à l’age de la vieillesse.

        Ces deux concepts – celui du lien social et du temps – devraient etre pris en compte dans l’action humaine fondatrice de la récompense monétaire du travail et des échanges. Il s’agit donc la de philosophie politique prélable à tout discours !

  9. @ PSDJ et les autres qui aujourd’hui sont très sérieux dans leurs commentaires.

    On vous reproche souvent d’être touffu dans vos écrits car votre pensée nécessite l’utilisation de nombreux concepts et de mots qui les soutiennent. Vous lire jusqu’au bout relève parfois de l’abnégation, dit-on. Bref, vous seriez surement brillant mais peu accessible…

    Voici donc une « chaîne » que j’ai reçue tout à l’heure et qui me semble pouvoir être lue par ceux des lecteurs qui se reconnaissent dans ce bref descriptif. Bon we.

    TOUT DÉPEND DE LA POSITION…

    Selon des études récentes,

    le faire debout fortifie la colonne ;
    sur le ventre améliore la circulation du sang ;
    sur le dos est plus agréable ;
    tout seul c’est bon, mais égoïste ;
    en groupe peut être amusant ;
    dans la toilette c’est très digestif ;
    le faire fréquemment développe l’imagination ;
    à deux, enrichit la connaissance ;
    à genoux, peut faire mal…

    À la fin, sur la table ou sur le bureau,
    avant de manger ou après le souper,
    dans le lit ou le hamac,
    à poil ou habillés,
    sur le gazon ou le tapis,
    avec fond musical ou en silence,
    dans des draps ou dans le placard :
    le faire, est toujours un acte d’amour et d’enrichissement.
    Peu importe l’âge, la race, les croyances, le sexe,
    ou la position économique…

    … Lire est un plaisir!!!

    DÉCIDÉMENT,
    IL EST BON DE LIRE ET LAISSER ALLER L’IMAGINATION, COMME TU VIENS DE…FAIRE.

  10. Cher monsieur Sarton du Jonchay,

    ce que vous proposez n’est ni plus ni moins qu’un capitalisme parfait : contrôlé, surveillé, régulé, équitable et juste. Avec le bancor finies les arnaques, les « le commerce c’est le vol » et les « vases communicants ». Mais le capitalisme EST une arnaque, c’est dans sa « nature » : il ne peut y avoir de bénéfices sans arnaque. Et des capitalistes prêts à prendre des risques (financiers, culturels ou industriels) pour n’y gagner que la gloire ne seraient plus à proprement parler « capitalistes ».

    de plus, si on considère cette manière de voir comme juste (ce que théoriquement je ne nie pas), et que les peuple réussissaient à l’imposer au monde actuel (nous pouvons rêver), alors pourquoi s’arrêter là ? Si nous réussissions par miracle à faire en sorte que les échanges soient conduits non plus par l’espoir du profit (le résultat de l’arnaque) mais bien par la satisfaction de l’intérêt général, alors le capitalisme n’aurait plus aucune raison d’exister.

    1. Géniale conclusion. Après ça vous pouvez fermer le rideau. Il n’a plus rien à dire de plus. Bravo Caleb Irri.

    2. Caleb Irri,

      Voui. Ce n’est pas un miracle que nous devons espérer, mais une prise de conscience. Selon notre (à vous et moi) raisonnement, pour « que les échanges soient conduits non plus par l’espoir du profit (le résultat de l’arnaque) mais bien par la satisfaction de l’intérêt général », il faut nécessairement, par « nature », faire en sorte que l’objet des profits disparaisse, ou en tout cas que l’échange monétisé ne soit plus la seule manière d’échanger. Également, la satisfaction de l’intérêt général passe nécessairement, par « nature », par la satisfaction de chacun, donc par la conscience de soi qui implique la conscience de l’autre : l’existentialisme est l’humanisme.

      Pierre, Paul & Co. souhaitent actionner le levier économique, voire économistique pour certains : essayons tous ensemble de leur faire entendre (notre !) raisonUnissons-nousVerbalisons à tour de bras et de langues unies dans une grande orgie démocratogène.

      1. Bonjour Fab…J’aime beaucoup votre côté dentellière dans vos liens…Quelle dextérité dans l’ouvrage!

    3. @ Caleb Irri,

      Bonjour,

      Sauf à introduire une création systématique et systémique de monnaie, équitable (même quantité et par tête de pipe), réalisation collective de l’expression politique d’une création de valeur non conditionnée à une contrepartie réelle, assurance collective, a minima, d’un potentiel financier inutilisable par une entité de concentration formelle quelconque, garantie contre criticité massive.

      La relative insignifiance du mystère de nos désirs individuels en monnaie collective rêvée, au réel et au propre, comme transfiguré? Dans un espace « plus librement ouvert à l’échange de valeur » non monétisé.

      On montre souvent du doigt les babas cools, mais comme alternative aux armées de paix libertivores et financifuges, je vote un transfert de budgets immédiat, l’écocolonomie?

      Des joutes de musiques, des concours de défonce au pire, dégâts choisis et limités. Entre participants. Yé!

      Des matchs choisis banlieues – militaires, pour commencer en paix des armées diverses?

      Ange – Hymne à la vie
      http://www.youtube.com/watch?v=TwbmxoxGkPA&feature=related

      Vas-y Fafa…je sais que tu m’reçois aussi. Go!

  11. Bonjour à tous
    @PSdJ
    le Corbusier: » l’architecture est le jeu savant correct et magnifique des volumes agencés sous la lumière » .

    le non-dit impliqué: « les volumes corrects doivent être correctement habités ! »

    Et voilà un grain de sable qui vient rayer le beau parquet:
    Une étude menée aux usa a révélé que pour une majorité d’américains, être heureux implique nécessairement de posséder plus que le voisin……

    Un autre? par exemple Warren Buffet :  » Oui il y a une lutte des classes! et la mienne est en train de la gagner… »

    Cependant , j’approuve le moyen que vous proposez pour améliorer les choses, du moins en matière d’économie et de finance…

    Comme l’a fait remarquer Michel Serres: le temps d’attention possible des élèves – 15 secondes pour une idée, 7 secondes pour une image, montre que le modèle de communication des media l’a emporté sur le modèle de l’éducation nationale et que ce sont donc les media qui marquent les esprits des masses…
    Dans une société de consommation…… quel genre de citoyen cela forme t’il?: des matricules dont l’identité est constituée de l’ensemble des noms de marques qu’ils arborent…

    Magnifique retournement du au génie des publicitaires: dans le temps – le mien!- les commerçants payaient des pauvres pour se promener avec des panneaux publicitaires sur le dos- on appelait ça des hommes- sandwich;
    maintenant on se bouscule et on PAYE pour faire l’homme sandwich!

     » Décidément, le progrès fait rage! »

    Cordialement.

  12. Bonjour Julien.

    « De quelle amnistie parlez-vous donc ? »

    Il nous est proposé de modifier les règles du jeu en ne changeant surtout pas les propriétaires du casino. La belle affaire.

    Il se trouve que le monde occidental est régit par moins d’une dizaine de famille qui depuis des générations amassent encore et encore, toujours plus et se permettent de dicter la marche à suivre au grés de leurs intérets et de leurs divergeances. Non seulement elles nous volent mais en plus elles se font la guerre et c’est nous qui servons de chair à cannon.

    Je comprends fort bien que vous ne pourriez pas laisser passer un article qui citerait les noms de ces dynasties qui se sont illustrées en bâtissant leurs fortunes dans la rapine, la colonisation, le commerce des esclaves, l’alcool, l’opium, le financement et l’armement de tous les camps en même temps et des dommages de guerre (cela va aussi jusque là, il n’y a pas de limite) etc… Mais vous les avez reconnus vous aussi.

    De l’histoire, les populations ne connaissent que les exactions des hommes de main parceque seules ces péripéties sont enseignées mais on se garde bien de parler des commanditaires.

    C’est avec ces gens là et je pose la question à Pierre aussi que vous voulez faire avancer les choses du moins le croyer-vous avec le bancor? On oublit tout et on passe à autre chose.

    C’est de cette amnistie de fait dont je veux parler. On oublit pas et avant toute chose on juge, on reprends tout et plus jamais de banques privées.

    1. @Marc,
      Si vous lisez bien, vous constaterez que la monnaie internationale d’option instaure dans le champ international un nouveau régime de propriété qui permette aux nations qui le souhaite de modifier les régimes existant. En l’occurrence le nouveau régime de propriété démembre le capital en quatre primes qui ne peuvent pas être détenues par les mêmes mains : prime de change, prime de capital, prime de crédit et prime de justice (conformité anticipée au droit jugé par la démocratie). Une fois instauré ce régime international de propriété tracé dans la compensation transparente des transactions financières, chaque pays applique à la propriété les règles et les pénalités qu’il souhaite dans son périmètre de souveraineté.

      1. Bonsoir Pierre.

        C’est votre droit de croire que l’on pourra bâtir autre chose qu’ un semblant de « paradis » sur en terrain appartenant à l’Enfer tout en gardant de Diable comme architecte.

        La Terre ne s’arrettera pas de tourner si ces familles disparaissent définitivement et que tous leurs avoirs soient nationnalisés respectivement par tous les pays concernés.

      2. @Marc Riva:

        /////C’est votre droit de croire que l’on pourra bâtir autre chose qu’ un semblant de « paradis » sur en terrain appartenant à l’Enfer tout en gardant de Diable comme architecte./////

        Joli formule , qui pourrait etre une définition des constructivismes de tout poil . Historiquement , ces tentatives de « légo » humains n’ont té possibles qu’avec de l’énergie gratuite …ou servile.
        Si l’ on imagine la grece hors Euro , les plus touchés par une crise identique ne seraient pas « les plus défavorisés » , mais la finance et la bourgeoisie . L’utopie actuelle a démontré qu’elle n’est pas fiable …du moins pour le plus grand nombre .

  13. Le monde n’a pas été créé avec, par, pour Aristote ni aucun d’entre nous spécialement. Il y a toujours un avant et un après… La monnaie et l’argent sont bien antérieurs à Aristote.

  14. @PSJ
    De mon point de vue, la ploutocratie a définitivement pris le pouvoir jusqu’à la catastrophe pour les Peuples.
    Pour le Peuple japonais, c’est fait.
    La situation sur tous les fronts est si grave, que peut-être, seule l’oligarchie – oligos – arkhê – semble pouvoir répondre aux aspirations refoulées des peuples ?
    Mais fait-on le bonheur – du moins pas son malheur – du plus grand nombre contre sa volonté, dite démocratique ?

    1. @PAD,
      La ploutocratie n’a pas pris le pouvoir. Elle a détruit le pouvoir. Les manettes ne répondent plus. L’alternative présente, c’est le chaos ou la démocratie. Pour le moment nous allons au chaos autocratique.

      1. Je comprends la nuance, mais le résultat est le même pour ceux qui n’appartiennent pas à la ploutocratie ou à l’exercice du « pouvoir ».

  15. article trop érudit!
    Cela n’apporte rien au débat.
    Tant que le principe d’une monnaie-réserve de valeur ne vous choque pas, vous n’aurez aucune chance de produire une réforme sensée.
    Comment le signe monétaire peut-il à la fois devoir circuler et gardé comme réserve de valeur ultime?
    Si on n’obtient pas que le signe monétaire circule inconditionnellement, notamment qu’il ne prélève pas constamment la rente du temps, à savoir l’intérêt, le régime sera capitaliste et maintiendra toujours les mêmes incohérences.
    Le problème est que tous les biens subissent une dégradation temporelle pendant que l’unité monétaire la préserve.
    Pour pousser le signe monétaire à circuler quand même, les banques centrales doivent continuellement étendre la quantité émise, sous peine de déflation.
    C’est pourquoi je propose une monnaie pourvue d’une date limite, le signe monétaire marqué par le temps ou SMT, impropre à servir de réserve de valeur. Dans ce cas, le problème du surendettement se résoudrait tout seul tout seul, car quiconque aura quelquechose à vendre ne sera jamais insolvable, car il trouvera toujours un acheteur…

    1. Quand mon yaourt dépasse sa date limite, je peux encore le manger … Ce système de monnaie à date limite est une solution très court terme en situation d’urgence absolue.

    2. @Johannes Finckh,

      Nous sommes déjà dans un système de monnaie marquée par le temps. Nous y sommes tellement que des taux d’intérêt trop bas, qui marquent une dépréciation insuffisante du signe par le temps, provoquent l’inflation. Au lieu d’imputer le prix du temps aux emprunteurs, on l’impute sur les prêteurs. Ce qui est remarquable, c’est que quel que soit le coté qu’on souhaite favoriser (vous voulez favoriser les emprunteurs), les propriétaires du capital sont épargnés. La valeur réelle qui s’investit ou se consomme n’est pas la monnaie. La monnaie n’est pas une valeur réelle matérielle ; elle n’est que le signe de son existence dans l’échange, c’est à dire du crédit, une représentation quantifiée de la valeur réelle matérielle.

      La théorie de la SMT repose sur la même perception cognitive de la nature de la richesse que le système en train de s’effondrer. Elle confond le réel objectif avec sa mesure par le sujet de l’intelligence. Les intentions sous-jacentes ne sont pas les mêmes mais ne changent pas le résultat. L’actuel système financier laisse à l’intérêt privé la responsabilité de séparer la richesse de la non-richesse. La SMT l’accorde à une autorité publique systémique. Anarchie contre dictature du bien public. Dans les deux cas, ni la société, ni les citoyens n’ont le pouvoir de décider la valeur, c’est à dire de négocier, de délibérer avec les autres et avec soi-même ce qui a du prix et ce qui n’en a pas.

      Forcer l’investissement ou la consommation par la dépréciation planifiée ou non de la monnaie est le choix philosophique de l’irréalité de la liberté humaine ; c’est à dire de l’incapacité de l’homme à connaître un réel qui soit le sien, qui lui soit intelligible et qui soit universel. Un universel intelligible par toute personne comme sien tout en étant commun à l’humanité. La SMT comme le capitalisme financier repose sur le choix de l’économisme : la rationalité comme déterminisme inhérent à la matière. La vérité vient d’en haut ou d’en bas ; mais elle est bien sûr réservée à quelques interprètes bénis des dieux ou de Dieu ; la réalité ne peut pas être accessible à tout le monde.

      L’économisme rallonge ou raccourcit les distances en faisant varier le mètre-étalon. Les altérations de l’unité monétaire affectent les décisions des prêteurs par rapport aux emprunteurs mais pas directement les décisions d’investissement ou de consommation. Ces décisions dépendent du taux de plus-value anticipée du futur sur le présent. Ce taux n’est pas général comme le taux d’intérêt de la monnaie mais particulier. Il dépend de la vision de chaque individu sur les objets qu’il peut consommer au présent et des objets qu’il peut investir dans le futur. Cette vision se forme sur le marché où la société échange des informations sur la transformation collective du présent en futur.

      Les anticipations de la réalité sont subjectives et sont corrigées des fluctuations possibles de la valeur réelle objective de la monnaie. La valeur de la monnaie est objective par l’inter-subjectivité des aspirations personnelles négociables sur le marché régis par la démocratie. Ce sont les besoins du présent et la confiance dans l’avenir qui définissent les arbitrages entre consommation et investissement. Si un dictateur monétaire ou un spéculateur financier vient s’interposer entre les citoyens pour transformer les prix entre l’offre et la demande réelles, il distord la relation humaine entre le réel objectif et le réel subjectif.

      La SMT veut faire le bien de l’agent économique malgré lui. Le capitalisme financier nie le bien pour en capturer la richesse. Les deux systèmes font du rationalisme monétaire pour piloter la liberté du sujet. La SMT détruit la plus-value. Le capitalisme financier réserve la plus-value à la ploutocratie. Les deux systèmes détruisent la valeur en ne rémunérant pas le travail à hauteur de ce qu’il produit effectivement. La SMT prive le travail du capital qu’il produit en l’attribuant au dictateur monétaire qui décide le taux de dépréciation de la monnaie. La SMT est de fait le régime du dollar et de l’euro : les banques centrales dévaluent le réel pour forcer la redistribution de la richesse au profit du capital financier qui pilote la dépense publique et privée.

      Renommer le pouvoir financier « autorité monétaire de bien public » ne changera pas sa réalité tant que le pouvoir financier ne sera par contrôlé par la démocratie à travers un marché d’option international.

      1. merci pour votre commentaire circonstancié.
        Je prendrai ce soir le temps pour vous répliquer, car vous n’avez visiblement pas bien saisi toutes les implications de ce que je propose!

      2. à psdj:
        je ne comprends pas bien vos exposés sur la valeur! Dois-je comprendre que vous justifiez l’intérêt?

      3. Pierre Sarton du Jonchay écrit le 6 juin 2011 à 09:46 @Johannes Finckh ceci, je répondre point par point pour clarifier:

        1)Nous sommes déjà dans un système de monnaie marquée par le temps. Nous y sommes tellement que des taux d’intérêt trop bas, qui marquent une dépréciation insuffisante du signe par le temps, provoquent l’inflation.
        jf: non:
        Formellement, la monnaie n’est absolument pas marquée par le temps, car un billet garde son montant facial indéfiniement! Quant aux taux bas, vous expliquerez cela aux grecs!
        Vous ne savez visiblement pas ce que sont les taux d’intérêt! Sachez que les taux directeurs des banques centrales ne sont pas des taux d’intérêt, mais des outils de politique monétaire. Une hausse de ces taux revient à restreindre l’émission de numéraire, et inversement. Le marché interbancaire et les taux du crédit restent, en dehors des phénomènes d’inflation, invariablement au-dessus de 3%. Les taux d’épargne sont en dessous, car les banques ont besoin de cette marge. Ce taux d’intérêt est le taux monétaire net lié au fait que la monnaie est réserve de valeur actuellement. Ces taux restent à ce niveau même en cas de déflation! Quant à l’inflation, contrairement à ce que vous affirmez, les banques centrales préfèrent une légère inflation pour éviter une catastrophique déflation qui, menace de plus en plus en raison des thésaurisations massives. Il n’est donc, en toute rigueur, pas vrai que la monnaie serait marquée par le temps. Au contraire, elle impose un marquage du temps redoublé à tout ce qui s’échange contre elle, car son pouvoir capitaliste est précisément cela. Le capital monétaire est ce qui résiste à toutes les attaques du temps, et c’est bien pourquoi il croit avec le temps, étant donné que toutes les marchandises se dégradent avec le temps. J’admets qu’un inflation modérée tente d’atténuer les contraintes capitalistes en contraignant la planète à une croissance économique espérée au détriment des équilibres écologiques.

        2) Au lieu d’imputer le prix du temps aux emprunteurs, on l’impute sur les prêteurs. Ce qui est remarquable, c’est que quel que soit le coté qu’on souhaite favoriser (vous voulez favoriser les emprunteurs), les propriétaires du capital sont épargnés.
        jf:
        encore non:
        le « prix du temps » est actuellement exclusivement imputé aux emprunteurs, car les prêteurs le trouchent via les intérêts du capital prêté. Vous pouvez affirmer que je veux favoriser les emprunteurs, d’accord. En fait, ce que je propose, c’est simplement un équilibre. Il n’y a aucune justification morale ou technique pour que l’on maintienne les taux de crédit. Simplement, pour les supprimer, il ne suffit pas de l’exiger, mais il faut bien toucher à la monnaie elle-même. Car la monnaie est ce que je peux acheter avec. Et, dès lors, maintenir que la valeur du capital augmente simplement parce que le temps passe, c’est faire de la monnaie une réserve de valeur, notion parfaitement contradictoire et intenable si nous voulons une monnaie qui circule en tout circonstance pour opérer un nombre illimité de transactions. Ce qui carctérise une monnaie efficace, c’est sa dispopnibilité permanente pour acheter tout ce que le marché lui présente. La monnaie, une « marchandise spéciale », est ce qui est qui doit rester toujours sur le marché, contrairement aux autres biens qui sont uniquement présents pour être vendus et consommés.

        3) La valeur réelle qui s’investit ou se consomme n’est pas la monnaie. La monnaie n’est pas une valeur réelle matérielle ; elle n’est que le signe de son existence dans l’échange, c’est à dire du crédit, une représentation quantifiée de la valeur réelle matérielle.
        jf:
        Je ne comprends pas bien cette phrase. Il me semble que l’emprunteur est engagé à rendre la somme empruntée au terme, augmentée des intérêts généralement. L’investisseur ou l’emprunteur compte bien réaliser des transactions avantageuses pour pouvoir être en mesure de tenir ses engagements.

        4)La théorie de la SMT repose sur la même perception cognitive de la nature de la richesse que le système en train de s’effondrer. Elle confond le réel objectif avec sa mesure par le sujet de l’intelligence. Les intentions sous-jacentes ne sont pas les mêmes mais ne changent pas le résultat. L’actuel système financier laisse à l’intérêt privé la responsabilité de séparer la richesse de la non-richesse. La SMT l’accorde à une autorité publique systémique. Anarchie contre dictature du bien public. Dans les deux cas, ni la société, ni les citoyens n’ont le pouvoir de décider la valeur, c’est à dire de négocier, de délibérer avec les autres et avec soi-même ce qui a du prix et ce qui n’en a pas.
        jf:
        Je ne comprends pas bien. Ce que propose « la théorie du SMT » comme vous écrivez, c’est un simple équilibrage de l’échange possible entre monnaie et marchandise sans donner toujours l’avantage au détenteur du capital. On peut bien reconnaître que la monnaie s’élimine du jeu (qu’elle serait « neutre ») dès lors que le but de l’acheteur est celui d’acquérir un bien en échange d’un bien qu’il a préalablement vendu oui produit. Mais je ne vois pas du tout ce que votre obsession de la « valeur » vient faire dans ce contexte. Du reste, parler de « dictature du bien public » quand il s’agit de mettre en place une monnaie qui fonctionne réellement à la place de l’actuelle qui dicte la loi du capital, vous vous trompez d’enjeu!

        5) Forcer l’investissement ou la consommation par la dépréciation planifiée ou non de la monnaie est le choix philosophique de l’irréalité de la liberté humaine ; c’est à dire de l’incapacité de l’homme à connaître un réel qui soit le sien, qui lui soit intelligible et qui soit universel. Un universel intelligible par toute personne comme sien tout en étant commun à l’humanité. La SMT comme le capitalisme financier repose sur le choix de l’économisme : la rationalité comme déterminisme inhérent à la matière. La vérité vient d’en haut ou d’en bas ; mais elle est bien sûr réservée à quelques interprètes bénis des dieux ou de Dieu ; la réalité ne peut pas être accessible à tout le monde.
        jf:
        Vous vous trompez lourdement sur la nature de la monnaie actuelle. La monnaie actuelle est un objet baroque, gravement générateur de son propre dysfontionnement. Pour le SMT, il s’agira simplement de prendre acte que toute création humaine subit une dégradation temporelle. En cela, il est vrai que cette contrainte nous rappelle simplement notre finitude. Maintenir une monnaie « éternelle » est une fiction catastrophique. C’est elle qui engendre répétitivement la destruction de la civilisation. Maintenir une monnaie efficace et vivante nous préserverait de ces destructions précisément, car elle nous rappellerait que la civilisation ne se maintient que si elle se renouvelle constamment.

        6) L’économisme rallonge ou raccourcit les distances en faisant varier le mètre-étalon. Les altérations de l’unité monétaire affectent les décisions des prêteurs par rapport aux emprunteurs mais pas directement les décisions d’investissement ou de consommation. Ces décisions dépendent du taux de plus-value anticipée du futur sur le présent. Ce taux n’est pas général comme le taux d’intérêt de la monnaie mais particulier. Il dépend de la vision de chaque individu sur les objets qu’il peut consommer au présent et des objets qu’il peut investir dans le futur. Cette vision se forme sur le marché où la société échange des informations sur la transformation collective du présent en futur.
        jf:
        Que répondre? Il me semble que vous devriez abandonner les spéculations sur le futur. Investir n’est pas anticiper sur le futur en général, mais simplement faire des choix au présent.

        7)Les anticipations de la réalité sont subjectives et sont corrigées des fluctuations possibles de la valeur réelle objective de la monnaie. La valeur de la monnaie est objective par l’inter-subjectivité des aspirations personnelles négociables sur le marché régis par la démocratie. Ce sont les besoins du présent et la confiance dans l’avenir qui définissent les arbitrages entre consommation et investissement. Si un dictateur monétaire ou un spéculateur financier vient s’interposer entre les citoyens pour transformer les prix entre l’offre et la demande réelles, il distord la relation humaine entre le réel objectif et le réel subjectif.
        jf:
        il n’y a pas de « valeur objective » de la monnaie ni même « objectivée par l’insujectivité ».

        8)La SMT veut faire le bien de l’agent économique malgré lui. Le capitalisme financier nie le bien pour en capturer la richesse. Les deux systèmes font du rationalisme monétaire pour piloter la liberté du sujet. La SMT détruit la plus-value. Le capitalisme financier réserve la plus-value à la ploutocratie. Les deux systèmes détruisent la valeur en ne rémunérant pas le travail à hauteur de ce qu’il produit effectivement. La SMT prive le travail du capital qu’il produit en l’attribuant au dictateur monétaire qui décide le taux de dépréciation de la monnaie.
        JF:
        En « détruisant la plus-value » par l’introduction du SMT, la part des salaires redistribuée augmente d’autant. Je rappelle que le capital n’a absolument jamais rien produit, seuls les hommes produisent. En privant la ploutocratie de la plus-value, la part du salaire augmente d’autant.

        9) La SMT est de fait le régime du dollar et de l’euro : les banques centrales dévaluent le réel pour forcer la redistribution de la richesse au profit du capital financier qui pilote la dépense publique et privée.
        Renommer le pouvoir financier « autorité monétaire de bien public » ne changera pas sa réalité tant que le pouvoir financier ne sera par contrôlé par la démocratie à travers un marché d’option international.
        jf:
        Vous êtes très flou ici! Le SMT maintient et améliore évidemment l’économie monétaire. Simplement parce que l’économie est monétaire ou n’est pas!
        J’affirme, bien au contraire, que les euros et les dollars actuels excluent toujours davantage de personnes de l’économie monétaire pour les refaifre tomber dans l’économie de survie, comme c’est le cas pour 50% de l’humanité.
        Avec une monnaie de type SMT, la monnaie diffusera partout et incluera absolument tout le monde dans des échanges possibles. Vos belles pensées contre l' »économisme » ne changent rien au fait que le partage effectif des richesses et des ressources est bien notre seule chance de pouvoir maintenir et promouvoir la démocratie et la civilisation.

      4. @Johannes Finckh,

        Je crois que nous partageons les mêmes finalités qui nous font poser le même jugement sur le système ploutocratique actuel. En revanche nous ne parlons pas de la même monnaie. Dans mon référentiel, votre monnaie ne contient pas le prix de la liberté des fins. La variabilité nominale de la monnaie SMT est déterminée par une règle abstraite imposée par une autorité politique réputée connaître l’équilibre immuable qui doit régner entre les intérêts économiques. Ce système ne me paraît pas réaliste : il ne peut pas refléter les fluctuations des rapports humains dans l’investissement, le crédit et le travail. Il conduit à l’inflation, à l’exclusion économique et à l’autoritarisme oligarchique.

        La SMT est prisonnière de l’hypothèse du système actuel de fusion de la matière et de la forme dans la monnaie. Transporter cette fusion de la finance privée à la finance publique ne restaure pas la responsabilité économique humaine sur la matière ; responsabilité qui ne s’opère pas sans la forme libre de la matière. Sans la forme libre de la matière, les finalités humaines ne peuvent pas s’exprimer. C’est l’erreur philosophique de l’économisme depuis le XVIIIème siècle. Cette faute morale réside dans l’opacité de la forme qui rende la monnaie non intelligible : elle a pour but aujourd’hui transparent de réserver la valeur de la monnaie à des oligarchies.

    1. « le problème de la valeur est qu’il n’y en a pas! »Bien vu johannes finckh…Et pour la bonne raison quelle ne peut être que l’objectivation d’une création humaine…Restons dans l’humain rejoignons Pierre sur le fond et cessons ces « subjectivations intemporelles » réservées initialement à la méta-physique et soyons humain « for change »!…And « N’Ex-Change »!

      1. Merci Idle. C’est difficile de faire comprendre que ce qu’on croit voir n’est pas nécessairement ce qui est. Et que ce qui est ne peut pas être s’il n’existe pas d’humanité pour y croire.

      2. En termes de monnaie, il n’y a pas de « valeur », simplement des prix, c’est-à-dire des rapports de change entre monnaie et marchandises, services ou biens d’équipement.
        Au fond, la banque centrale ne peut qu’essayer de maintenir ces rapports les plus stables possibles.
        Or, avec la monnaie telle que nous avons, précisément aussi réserve de valeur, il est impossible de stabiliser les prix, car cette monnaie, gardée pour elle-même plus souvent que nécessaire, fait défaut à l’échange!
        En fait, tous les défauts de paiement qui nous menaçent viennent tout simplement de cette situation de chantage et de spéculation où le détenteur de monnaie impose au vendeur ses conditions, toujours en sa faveur.
        C’est cela la rente du capital, et c’est cela qui fait que, sur un plan comptable, les dettes, et donc les créances (soeurs jumelles!) ne peuvent jamais diminuer. Elles augmentent selon la loi des intérêts et des intérêts composés, c’est-àd-ire sur un mode exponentiel! Elles doublent tous les sept ans en moyenne.
        Les défauts de paiement sont inéluctables avec cette monnaie, que ce soit le dollar ou toute autre monnaie internationale, construite sur des « valeurs » ou pas, n’y changera rien!
        C’est seulement quand on voudra bien instaurer pour la monnaie elle-même le marquage du temps, ayant pour effet de neutraliser l’extorsion capitaliste permanente, que cela changera!

      3. @Johannes Finckh,
        Oui, dans la théorie actuellement en vigueur de la monnaie ou dans la SMT, la notion de valeur n’a pas lieu d’être puisque l’individu et la collectivité n’ont pas de rôle dans l’étalonnage de la monnaie par la réalité. Si au contraire, la monnaie est posée comme unité de compte sous-jacente aux options de prix négociées sur un marché organisé par la loi d’égalité de droit entre les offres et les demandes, alors les prix nominaux sont garantis par les primes négociés sur le marché. La liberté des agents économiques est engagée dans le crédit des prix à terme. La valeur des objets de prix est alors le prix nominal des objets négociés sur le marché ajoutés de leur prime détenue par des investisseurs identifiables et responsables. La valeur des objets économiques est le prix total, variable dans le temps subjectivé par la détention de la prime qui garantit la livraison à terme effective du bien. Définition :
        valeur=option(objet, prix, prime, loi du bien commun, sujet de l’objet, sujet du prix, sujet de réalité livrée)

      4. @johannes finckh,

        C’est cela la rente du capital, et c’est cela qui fait que, sur un plan comptable, les dettes, et donc les créances (soeurs jumelles!) ne peuvent jamais diminuer. Elles augmentent selon la loi des intérêts et des intérêts composés, c’est-àd-ire sur un mode exponentiel! Elles doublent tous les sept ans en moyenne.

        ‘les dettes ne peuvent jamais diminuer’?
        Et pourtant, il y a eu des périodes de l’histoire quand elles ont diminué : par exemple les années 30.

        Il ne faut jamais dire ‘jamais’.

      5. @PSDJ,

        valeur=option(objet, prix, prime, loi du bien commun, sujet de l’objet, sujet du prix, sujet de réalité livrée)

        Pourriez vous svp donner un exemple concret, par exemple, comment serait fixé la valeur du barril de pétrole?

        Merci

      6. oui, les dettes peuvent baisser comme dans les années 30, et aussi chaque fois qu’un défaut de paiement est dûment constaté et qui aboutit à une provision pour pertes pour les cr&nciers, autrement dit, les créances (l’épargne) diminuent d’autant.
        un tel scénario risque de n’être pas très paisible, d’autant que devant l' »hooreur », les décideurs emblent actuellement encore de la dette à la dette.
        Or celle-ci finira par être soldée comme dans les années 30.
        Je rappelle que c’était l’Allemagne qui était en cessation de paiement, deux fois:
        Au début des années 30, la déflation allemande l’avait rendue rapidement insolvable pour toutes ses dettes de la première guerre.
        Les nazis ont ensuite dénoncé toutes les dettes en or et ont émis de la la monnaie nouvelle sans se soucier de la couverture.
        L’économie allemande repartait puissamment jusqu’en 1939, moment où les dettes accumulées du régime criminel conduisaient au déclenchement de la guerre.
        Après 1945, on procédait à une remise à zéro, et on connaît la suite.
        Toujours est-il que l’Allemagne n’avait pas payé ses dettes, c’était impossible. Formellement, ce sont les épargnants américains qui avait, à l’apoque, beaucoup perdu.
        Pour les dettes actuelles, espérons que cela ne finira pas comme en 1939!

      7. johannes finckh

        je n’y avais point songé, mais si, là encore, tout tournait autour de cela, qui nous dérange tant :

        « …En cela, il est vrai que cette contrainte nous rappelle simplement notre finitude. Maintenir une monnaie « éternelle » est une fiction catastrophique. C’est elle qui engendre répétitivement la destruction de la civilisation. Maintenir une monnaie efficace et vivante nous préserverait de ces destructions précisément, car elle nous rappellerait que la civilisation ne se maintient que si elle se renouvelle constamment. »/ jf

        hors même de la question de la monnaie.
        l’obsolescence, étrangement, n’étant fortement conseillée et mise en oeuvre que dans l’objet à consommer, à jeter, et donc à réacheter …et, c’est sans fin …
        d’ailleurs, le salarié aussi est obsolescent ! jetable comme un kleenex ; ceux qui sont sortis du circuit consumériste – plus de salaire , et bientôt plus de toit , mais on voudrait qu’ils soient soumis à la Loi, à laquelle n’ont pas à se soumettre, bizarrement les oligarques, qui, eux, ne sont pas prévus, dirait-on, pour l’obsolescence (!) : curieux, non ? – devant être détruits ( par pourrissement de la situation : cela va de soi : Ponce Pilate a les mains propres, et le fait savoir )
        La dette, non plus – pas plus que les oligarques – ne semble obsolescente …

        l’obsolescence, dans tout cela, est-elle bien à sa place ?
        histoire de fous, non ?

      8. @Chris06,

        valeur = option (objet, prix, prime, loi du bien commun, sujet de l’objet, sujet du prix, sujet de réalité livrée)

        Application au pétrole :
        objet : barril de brent livrable à Londres
        prix : prix nominal variable par confrontation de l’offre et de la demande aux échéances à terme proposées par les intermédiaires de marché
        prime : prix versé par les vendeurs à terme du barril sur l’insuffisance de la production à terme aux acheteurs à terme à terme de l’insuffisance de liquidité du crédit permettant de régler les appels de marge et la livraison finale
        loi du bien commun : aucune offre ni demande particulière n’est récusée si elle est garantie par le marché ; le prix du barril est le même pour tout le monde à l’échéance négociée
        sujet de l’objet : producteur du barril de brent engagé à terme
        sujet du prix : acheteur du barril de brent engagé à terme
        sujet de réalité livrée : garant de la livraison du réel ou du règlement de la livraison à l’échéance
        Dans la fonction ci-dessus, la valeur existe réellement mais n’est pas quantifiable car les sujets ne sont pas quantifiables dans leur décision nécessaire à la valeur.

  16. @ Pierre : « 1 nous faisons partie du réel objectif et subjectif -> nous sommes des sujets du réel
    2 nous sommes libres de la place que nous nous attribuons dans ce réel
    3 notre choix passe par les réprésentations que nous nous faisons du réel
    4 il nous arrive de ne pas être satisfaits du résultat de nos choix -> ou bien le réel objectif a muté sans nous ou bien nous n’avons pas produit les représentations qui nous y accomplissaient » ….Trop dur de faire l’effort de comprendre cette base Pierre, comme je l’ai déjà dit sur ce site, ils vont être obligés de « SE » remettre en cause, trop difficile tant qu’une « maladie » c-à-d un » mal être subconscient » ne va pas « retourner » leurs croyances et les obliger à se poser les bonnes questions, à savoir  » Qui suis-je, où vais-je…et j’ajouterai pour le fun « dans quel état « j’étagère »….maladie! quel bonheur…Enfin, face à notre fragilité, elle nous permet de nous poser les bonnes questions…Il semble qu’il n’est pas évident pour tout le monde d’en tirer les bonnes conclusions…;-) Avoir perdu sa vie, c’est la gagner, et je sais de quoi je parle…libération des illusions 😉

  17. @ PSDJ
    Comme je ne suis pas un idéologue, je ne considère pas la démocratie comme « la » solution en soi à toute question économico-politique.
    Pour donner un exemple simple, Angela Merkel a été élue très démocratiquement et toutes ses décisions sont empreintes de la plus grande considération donnée à l’opinion publique allemande ce qui la rapproche de la plus idéale pratique de la démocratie parlementaire pour la grande majorité de ses concitoyens (mais bien probablement pas pour les lecteurs de ce forum) . Pourtant, c’est un piètre Chancelier que tout le monde voit s’engager dans toutes les voies sans issue de la pseudo-domination germanique et qui ne sera probablement pas réélue si on en croit les résultats successifs des élections aux Länder.
    A trop idéaliser la démocratie vous passez très vite d’Aristote à Platon, ce que vous ne considérerez probablement pas comme un compliment.

    1. @Eole,
      J’adhère à tout votre commentaire. Pour ne pas s’enfermer entre Platon et Aristote, il faut ajouter à la démocratie institutionnelle et populaire l’esprit de la démocratie. C’est à dire la capacité de la démocratie à sortir d’elle-même pour se réaliser. On voit que la démocratie allemande a quelque difficulté à se projeter hors de l’Allemagne. La monnaie mondiale commune doit être un attracteur matériel (pour faire plaisir à Kercoz) de la démocratie hors de ses limites populaires et institutionnelles. La monnaie d’option catalyse l’idée dans la matière ; la monnaie d’option est l’esprit de la démocratie, ce qui la rend utile pour la démocratie réelle qui n’est ni platonique, ni totalitaire mais humaine et sans frontière.

      1. Vous écrivez :
        « On voit que la démocratie allemande a quelque difficulté à se projeter hors de l’Allemagne. » Et la « démocratie française » ? … étatsunienne ?
        Ce qu’on voit, ce sont vos préjugés anti-allemands. Pour y avoir vécu plus de 7 ans, je peux vous dire que les Allemands sont bien plus ouverts sur l’étranger que beaucoup d’autres peuples; et les statistiques montrent que l’aide – publique et privée – qu’ils apportent au Tiers Monde est bien supérieure, par habitant, à la France, par exemple. Dans le domaine de la littérature, pour prendre un autre exemple, c’est l’un des grands pays où on lit le plus d’ouvrages traduits, d’auteurs étrangers. Et je pourrais continuer en parlant médecine. Tout n’est pas parfait pour autant, comprenons-nous bien, j’insiste seulement sur l’ouverture au monde.
        Oui, il y a eu Hitler, mais depuis ils ont compris, dans leur immense majorité, alors que depuis 1945 en France, nous avons presque toujours apporté la guerre à l’extérieur, au Vietnam, en Afrique, etc. A cause de cela, je ne suis pas particulièrement fier d’être français, mais je ne mépriserai pas les Allemands pour autant.

        Et pour rester dans le domaine économique : Est-ce en France que le ministre des finances vient d’annoncer officiellement qu’il fallait rééchelonner la dette grecque ?
        Cf. article du Spiegel, 7 juin 2011, 22h48 :
        http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,767253,00.html .

      2. @Alain V,
        Vous avez raison de rappeler les qualités de la démocratie allemande. L’Union Européenne devrait pouvoir réunir les qualités complémentaires de ses démocraties nationales pour construire un modèle monétaire par la multinationalité de la démocratie.

  18. @PSDJ :

    « La valeur réelle qui s’investit ou se consomme n’est pas la monnaie. La monnaie n’est pas une valeur réelle matérielle ; elle n’est que le signe de son existence dans l’échange, c’est à dire du crédit, une représentation quantifiée de la valeur réelle matérielle. »

    Vous ne connaissez pas ma langue mais, parfois, vous l’écrivez fort bien !
    🙂

  19. Ne sachant pas où placer ce message je me suis dit qu’il pourrait avoir un rapport avec la révolution monétaire, puisqu’ayant un rapport avec les réserves d’or des USA…

    Je fais cette contribution sans pouvoir prouver que le journal Eu Times dit vrai…

    Bonjour, un ami américain qui surveille tout ce qui touche à l’évolution des cours de l’or, m’a fait passer l’adresse du site web EU Times.com, où on trouve une analyse très différente de celles proposées ici et là dans les médias, à propos de l’affaire DSK:
    http://www.eutimes.net/2011/05/russia-says-imf-chief-jailed-for-discovering-all-us-gold-is-gone/
    Dans ses fonctions de Directeur du FMI, DSK aurait diligenté une étude sur les réserves en or des USA, et il aurait mis à jour que les réserves d’or de la banque centrale américaine seraient à un niveau catastrophique, ce qui aurait poussé des agences américaines à lui tendre un piège, ce qui était d’autant plus facile, qu’iol avait déjà une réputation dans ce domaine des excès sexuels…
    N’étant pas journaliste je n’ai pas le moyens de vérifier le bienfondé de l’analyse du EU TIMES.
    Mais il m’a semblé que cette hypothèse pourrait avoir du sens pour expliquer les moyens quelque peu exorbitants employés lors de l’arrestation de DSK à l’aéroport John Fitzgerald Kennedy.
    Sans être favorable à la théorie du complot, compte tenu des enjeux économiques, on pourrait comprendre le désir des américains d’empêcher DSK de partir avec des informations d’une telle gravité: « Les USA n’ont presque plus d’or dans leurs réserves…
    Même si DSK n’aurait sans doute pas divulgué cette information, conscient en tant que directeur du FMI de l’effet dévastateur qu’elle aurait eu sur l’économie mondiale au-delà de celle des USA. Il auraient pu penser que DSK s’en serait servi pour infléchir la politique économique américaine sur des réglementations plus strictes des transaction financières et aussi pour leur forcer la main en ce qui concerne l’adoption d’une taxe carbone à laquelle les USA sont opposés.
    Merci de me dire ce que vous pensez de l’article de votre confrère EU TIMES.

    Paul Tréhin

  20. @ PSDJ
    Analyse et raisonnement ne valent que par la rigueur de la construction logique. Vous qui semblez tant admirer Aristote vous devriez vous astreindre à suivre de plus près ses enseignements méthodologiques.
    Votre article utilise des « briques » d’érudition et des fragments de raisonnements qui pourraient impressionner plus de lecteurs s’ils n’étaient pas noyés sous un vocabulaire inutilement abscons.
    Mais au-delà de la forme c’est surtout le fond qui est défaillant. Vous assemblez ces briques avec un manque de rigueur qui sauterait aux yeux s’il n’était pas, pour commencer, si difficile d’arriver de vous suivre.
    Prenons un exemple concret avec votre chapitre « Anarchie du crédit en dollar » :
    1) Vous écrivez

    La mesure de l’émission monétaire est devenue exclusivement du crédit public, privé et international.

    Or ceci est une affirmation caricaturale et idéologiquement orientée du phénomène d’accroissement du recours au crédit :
    a) l’émission monétaire n’est pas exclusivement dûe au crédit. (voir sur wikipédia : la définition des différentes masses monétaires et l’évolution des différents composants de la masse monétaire aux États-Unis, entre 1959 et 2006). Il faut distinguer la monnaie scripturale et crédit : cela n’a rien à voir
    b) le crédit n’est pas exclusivement international, loin de là puisque le premier financement du crédit reste les dépôts et l’épargne bancaire.
    c) par définition, le crédit est forcément public ou privé donc cette information n’a aucune utilité sinon introduire du vocabulaire chargé d’idéologie
    enfin, d) ce phénomène (la croissance du poids des crédits dans la masse monétaire) est bien antérieur à 1971 et la suppression de la convertibilité du dollar en or (cf schéma déjà indiqué ci-dessus sur l’évolution des composantes de la masse monétaire)
    2°) Vous poursuivez en indiquant que

    « aucune règle commune n’a été définie nulle part pour transformer le crédit en monnaie. « 

    , ce qui est un non sens puisque, par construction, les crédits sont libellés en monnaie.
    3°) Ensuite vous écrivez

    « Et les États-Unis ont émis librement des dollars sur leurs propres dettes vis-à-vis du reste du monde. »

    , ce qui est exact. (et on pourrait même souligner que tous les pays développés ont fait grosso-modo de même)
    4°) Puis vous indiquez que

    « toutes les monnaies sont devenues utilisables n’importe où du moment qu’un intermédiaire financier en assurait la convertibilité ; selon ses capacités privées d’emprunt de la monnaie vendue et de prêt de la monnaie achetée. »

    , ce qui :
    a) sur le plan du formalisme logique est une belle « La Palissade » (dire qu’à tel endroit on peut payer en euro si on trouve sur place quelqu’un pour les convertir en monnaie locale n’est pas franchement un scoop…)
    et b) sur le fond, si l’on suppose que vous vouliez parler de la circulation des monnaies, alors ce n’est pas non plus un phénomène récent puisque cela se produisait déjà au moyen âge (et faisait la fortune des banquiers vénitiens)
    5°) Enfin vous finissez la première partie du chapitre en constatant que « Les zones monétaires ne sont entremêlées » :
    a)

     » sans règle publique de convertibilité des crédits inter-monétaire ; »

    , ce qui ne veut rien dire. Soit le terme « crédit inter-monétaire » est un strict non sens, soit il désigne improprement les achats et ventes de devises sur les marchés monétaires, auquel cas c’est la notion de « règle publique de convertibilité » qui est un non sens. A moins que tout cela n’ait voulu dire « sans règle publique de taux de change » auquel cas on voit bien comment le raisonnement se noie dans le vocabulaire (ou est-ce l’idéologie qui se dissimule ?).
    b)

    sans régulation efficiente du crédit dans chaque zone ;

    , ce qui est exact
    c) et

    sans égalité de droit entre tous les emprunteurs dans une zone.

    ce qui est une remarque fausse sur le plan juridique, hors sujet sur le plan économique, et même contradictoire avec le point précédent sur le plan monétaire puisque la régulation efficiente du crédit implique de limiter les volumes de crédit et les risques d’insolvabilité des emprunteurs. Ce qui n’est guère compatible avec « entre une égalité de droit entre tous les emprunteurs » !!!

    Bref, Pierre, je ne vais pas passer en revue la totalité de votre article mais je pense que cette petite « lecture commentée » est suffisamment explicite pour démontrer la faiblesse des raisonnements présentés.

    Par cet article vous voulez faire porter au système monétaire la responsabilité de désordres financiers dans lesquels il n’ a joué, me semble-t-il, qu’un rôle de second plan. Un rôle amplificateur, certes, mais un second rôle malgré tout. Qu’il puisse et doive être amélioré ne fait aucun doute, mais rejeter sur lui la faute majeure me semble être une erreur. Je vous accorde que je devrais prendre le temps de développer mon propre raisonnement, mais je n’ai pas le temps de le faire, du moins pas aujourd’hui.

    Mon opinion n’engage que moi et je ne prétends pas détenir une quelconque vérité.
    Mais ce dont je suis certain c’est que votre article ne nous approche pas d’une compréhension correcte de la situation. Au contraire il obscurcit la perception de la réalité en déformant de nombreux faits économiques, en les présentant de manière inutilement complexe, et en les liant de manière idéologiquement orientée.
    Et au vu des enjeux du sujet ceci me semble être bien dommageable !

    Alors Pierre, si vous êtes sincèrement motivé par la quête de la Vérité et de la Compréhension, première étape d’actions possibles pour améliorer la situation, alors je vous invite à retrouver une démarche rigoureuse et scientifique. A ce sujet je vous rappelle que la science, comme l’économie, n’est ni de gauche ni de droite : Karl Marx avait une rigueur intellectuelle remarquable…

    1. @Ludo,

      Nous essayons ici de refonder une science rigoureuse de l’économie en partant d’une hypothèse plausible sur l’origine de la rationalité économique. Autrement dit nous repartons d’avant la Renaissance à l’époque où le réel objectif était encore scientifiquement distinct de l’être donné. En l’occurrence, je récuse l’hypothèse d’une rationalité économique indépendante du choix humain qui serait déterminée par la recherche exclusive du profit ou de la plus-value. S’il n’est pas discutable que certains comportement économiques soient dirigés par la recherche du profit, ce choix est posé comme concurrent de la création de valeur pour le créancier et comme concurrent de la création de réalité pour l’homme ordinaire qui pourvoit à ses besoins matériels.

      La concurrence de trois sources de rationalité, matérielle, formelle et finale dans la production de réalité à un certain prix qui dégage des plus-values d’investissement a pour conséquence de re-synthétiser l’existence de la monnaie en un seul effet qui est la contrevaleur de l’échange dans le temps et dans l’espace à l’intérieur d’une société politique structurée par un marché d’égalité de droit. Je suis bien d’accord que cette autre science économique brouille les cadres traditionnels auxquels nous sommes habitués depuis le XVIIIème siècle. Mais si nous voulons respecter le principe scientifique de non-contradiction du réel, je ne crois pas que nous puissions conserver l’hypothèse actuelle de rationalité en soi du matériau économique.

      1. 1°) La logique et le raisonnement n’ont pas été inventés au 18ème siècle ! Et quand on manipule des concepts aussi subtils et complexes que ceux avec lesquels vous vous gargarisez il faut d’autant plus redoubler de rigueur logique, seule garde-fou à des délires réthoriques.

        2°) Vous prétendez revenir au réel objectif alors qu’au contraire vous construisez une grille de lecture totalement abstraite et manichéenne du monde et de l’économie.
        Ainsi opposer « recherche exclusive du profit » et « création de réalité pour l’homme ordinaire » est à l’opposé d’un retour au réel objectif. Le réel objectif est que l’être humain cherche à améliorer sa situation. Et pour cela il existe une infinité de stratégies telles que cueillir dans la nature, produire des biens, rendre et échanger des services ou des biens, commercer, épargner, etc. Parler de « recherche exclusive de profit » n’a aucun sens dans le réel objectif. On peut parler de matérialisme excessif, ou de déplacement des critères de pouvoir et de statut social induit par la place de l’argent dans la société, qui s’opposerait à une importance plus grande donnée au qualitatif, aux relations humaines. ça ce sont de vraies différences dans le « réel objectif ». Mais opposer « recherche exclusive du profit » et « création de réalité pour l’homme ordinaire » ce n’est pas revenir au « réel objectif » : c’est lui substituer un imaginaire idéologique !!!

        3°) Vous utilisez à tort et à travers de grands mots qui n’ont soit aucun sens, soit aucune utilité.
        Ainsi vous écrivez :

        La concurrence de trois sources de rationalité, matérielle, formelle et finale dans la production de réalité à un certain prix qui dégage des plus-values d’investissement a pour conséquence de re-synthétiser l’existence de la monnaie en un seul effet qui est la contrevaleur de l’échange dans le temps et dans l’espace à l’intérieur d’une société politique structurée par un marché d’égalité de droit.

        Cette phrase est un sketch par l’accumulation de grands concepts que vous y mettez ! Et il est certain qu’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à comprendre ce que vous voulez dire.
        Mais surtout cette grandiloquence cache un vide sidéral de sens :
        – Le fait qu’il existe « trois sources de rationalité, matérielle, formelle et finale dans la production de réalité » n’a aucun rapport avec la définition de la monnaie comme « un seul effet qui est la contrevaleur de l’échange dans le temps et dans l’espace »
        – Quant à préciser que c’est à « l’intérieur d’une société politique structurée par un marché d’égalité de droit », il suffit de se rappeler que les monnaies ont toujours exister dans toutes les sociétés pour voir que la précision est au mieux inutile si la condition de « marché d’égalité de droit » est toujours remplie, au pire fausse si elle recouvre une notion plus restrictive.

  21. @ Mr Sarton du Jonchay
    Quand reviendra-t-on à l’or comme étalon de mesure monétaire. Le dollar-papier n’est que de la monnaie de singe. Il n’y a même plus d’or dans les sous-sols de Fort Konox. Alors admettez vous le renoncement de cette classe politique actuelle.? N’oublions pas que la politique et l’économie vont de pair.

  22. @Michel P.
    Il ne faut pas rétablir l’étalon or mais établir l’étalon de marché du réel. Le réel, ce sont les matières premières dont l’or fait partie mais bien plus encore les techniques de production et les lois qui expriment les besoins humains justes discutés et réalisés dans la démocratie. D’où la proposition de marché commun mondial d’option généralisée. Lequel marché permettrait de cautionner les responsables publics sous la surveillance d’une justice financière.

    1. tout étalonnage de la monnaie sur des marchandises, matières premières ou autre serait une grosse connerie!
      la monaie vaut ce qu’elle peut acheter!
      c’est pourquoi toute politique monétaire doit veiller à des prix stables, car c’est cela qui garantit à la monnaie son pouvoir d’achat, rien d’autre.
      Si nous avions une monnaie qui circule efficacement , de type SMT, cette évidence sauterait aux yeux de tous ces débiles nostalgiques de l’étalonnage autre que la satbilité des prix.

    2. @PSDJ:

      //////Lequel marché permettrait de cautionner les responsables publics sous la surveillance d’une justice financière.///////

      Apres le nauffrage économique actuel , comment pouvez vous proposer celà ?
      Ca ne peut etre de l’ autisme …. c’est donc pire .

      1. Vos constructions ne peuvent etre vertueuses : ce sont des echafaudages a pouvoir , des entonnoirs a concentrer l’aliénation par de moins en moins de gens ou d’instances .
        Election itou , l’optimum de l’élection etant l’audimat avec comme caricature notre ppcd national.
        La dimension financière de la responsabilité publique , si on ne peut l’éviter doit etre fragilisée par un morcelage géographique ……;La seule trace archéo des effondrements civilisationnels est la multiplication des monnaies qui indique un retour a une position stabilisée de relocalisation sur les ressources locales …les appro externalisés indispensables récupèrent des notions de « VALEUR » non homogène et stimule le réenchantement des particularisme locaux .

      2. @Kercoz,

        Vos constructions ne peuvent être vertueuses.

        L’homme a-t-il selon vous la capacité de construire ?
        Comment fait-on la différence entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas ?
        Qu’est-ce que serait une construction vertueuse de la finance et de la monnaie ?

  23. Ce qui m’étonne aussi bien dans votre article , que dans les commentaires qui en découlent , c’est que vous partez tous du principe que le fonctionnement dette, intérêts de la dette , ou rente et intérêts de la rente , sont des principes immuables auxquels il est impossible de toucher .

    Et si tout cela n’était juste qu’un mirage .. volontairement entretenu par un pouvoir financier qui se cache .
    Le pouvoir régalien de création monétaire a été cédé aux financiers . On ne cède pas un pouvoir fait pour s’exercer dans le sens de l’intérêt général à des intérêts privés . C’est une incohérence dont nous payons aujourd’hui le prix .

    Toute réflexion qui ne se réfère pas à la restauration de la souveraineté monétaire est à mon avis vouée à l’échec puisqu’elle ne s’attaque pas aux racines du problème .

    Et pour rappel , la création monétaire , pouvoir régalien , n’est pas génératrice d’intérêts .. Elle s’exerce dans le sens du bien public et permet aux pays fonctionnant d’après un modèle démocratique de continuer à voir s’appliquer les lois issues des parlements , ce qui n’est plus le cas aujourd’hui .

    Et penser à une monnaie mondiale , alors que nous n’arrivons déjà pas à gérer les groupes monétaires actuels me parait être un peu utopique , surtout si on ne s’attache pas aux causes du mal : le pouvoir que se sont arrogés les financiers avec le vol d’un pouvoir régalien essentiel au fonctionnement des états ou des groupes d’états .
    Votre anarchie du crédit actuelle provient essentiellement de ce vol de pouvoir au détriment du peuple , et l’anarchie est d’autant plus grande que le « droit  » ne s’applique plus puisque ce sont les émetteurs de monnaie qui décident désormais du droit , sans aucune légitimité démocratique.

    1. @Shadok,
      Ce n’est pas la disparition des souverainetés monétaires nationales qui pose problème mais bien l’exercice de la souveraineté monétaire nationale ou internationale. L’émission monétaire est l’exercice de la souveraineté. Le problème porte sur la définition de la souveraineté ultime qui arbitre la valeur des monnaies. L’oscillation entre souveraineté nationale et souveraineté multinationale voire féodale apparaît aujourd’hui comme une impasse qu’il est devenu impossible de ne pas dépasser à moins de revenir à un passé fictionnel. La proposition est ici la convertibilité rationnelle des différentes souverainetés garantie par des primes d’option négociables par des personnes protégées par le juge de la démocratie. Ce système est ébauché par l’Union Européenne mais saboté par la circulation anarchique du capital aux frontières et à l’intérieur de l’Union.

  24. surtout que cette souveraineté n’a aucunement disparu!
    La seule instance actuelle à émettre de la monnaie est évidemment la banque centrale sans aucune ambiguité possible!
    Le problème est posé par le fait que cette monnaie souveraine peut être détournée de son usage et thésaurisée par des personnes privées. Et cela prive tous de l’usage de cette monnaie.
    Et, au lieu de faire en sorte que la monnaie circule comme il faut, les banques centrales font semblant de s’en foutre, et ils émettent autant de monnaie nouvelle qu’elles estiment nécessaire.
    Autrement dit, elles s’en foutent que le circuit de la monnaie n’est pas bouclé.
    Elles ont l’autorité d’émettre de la monnaie, et elles se privent de celle de la faire circuler!
    S’il est formellement interdit de détruire les billets (c’est puni par la loi), il n’est pas interdit de les stocker indéfiniement, ce qui revient à une destruction pour tout le temps du stockage!
    Nous vivons avec une telle flagrante contradiction, et c’est celle-ci qui cause à elle toute seule toute la mécanique perverse des dettes et du capitalisme!
    En émettant un SMT, ce problème serait résolu en même temps que celui des insolvabiltés.

    1. Quel est ce fantasme de système centralisé qui résoudrait tout ?
      Un big brother omniscient qui saurait toujours prendre les bonnes décisions, prêter à tous par souci d’égalité, mais pas trop pour éviter les insolvabiliés ? Qui saurait dire jusqu’à quel niveau telle ou telle famille d’actif serait « justement revalorisé » (car de plus en plus rare ou important) et au dessus duquel on entrerait dans une « bulle financière » ?
      Il serait judicieux de relire la fable de la Fontaine « Les Grenouilles qui demandent un Roi ». A trop vouloir un super-gendarme, on pourrait bien se réveiller avec la gueule de bois.

      Je vous soumets une autre analogie : pour utiliser le moteur à explosion dans les voitures il a fallu lui adjoindre un volant d’inertie qui « lisse » le mouvement de rotation et évite les à coups engendrés par les explosions successives dans le moteur. Sans ce volant d’inertie les passagers seraient sévèrement secoués.
      Depuis vingt ans le système financier s’est libéré de toutes les inerties des échanges grâce à l’informatisation et l’interconnexion des marchés. Mais en conséquence la moindre secousse se propage très vite. Ce qui n’est pas du tout confortable. Donc il serait peut-être utile de remettre de l’inertie à certains endroits pour amortir les fluctuations. Toute analogie a ses limites et il est nécessaire de la confronter aux réalités « techniques », mais elle peut avoir l’avantage de donner des pistes de réflexions empreintes de bon sens…

      1. @Ludo,
        Il faut faire la différence entre un système et big brother. Sinon vous ne pouvez pas avoir de volant d’inertie. Le marché centralisé est un système de brothers sans big brother. Le système et la pluralité des brothers fait inertie pour chaque brother. La pluralité des brothers fait inertie pour le système. La matière qui fait la masse du volant d’inertie d’un marché de compensation mondiale est la monnaie internationale produite par le système des brothers pluriels.

      2. Autre analogie : un camion citerne dont la citerne serait un seul volume irait ds le fossé au premier virage ….le fabricant la divise en plusieurs sous citernes pour que le centre de gravité ne « bouge » pas trop ds les virages …..l’ideal serait 100 reservoirs qui communiquent mais dont les trous de communication ne permettent pas les transferts rapides , tout en permettant l’equilibre des niveaux .

      3. Ouf ! Merci kercoz de me rassurer. A force d’avoir des réponses de PSDJ à côté de la plaque par rapport à ce que j’exprimais je finissais par me demander si je m’exprimais clairement !
        Oui, kercoz : ton analogie est également tout à fait pertinente. La composante principale du problème c’est de faire en sorte que les ajustements se produise en souplesse.

        Quant à PSDJ : bravo pour avoir réussi à rebondir vers des idées aussi fumeuses à partir d’une analogie aussi simple. « Le marché centralisé est un système de brothers sans big brother. Le système et la pluralité des brothers fait inertie pour chaque brother. La pluralité des brothers fait inertie pour le système.« …
        C’est vraiment une belle obsession qui vous habite !

        Mais au risque de vous décevoir, la question de l’inertie n’a rien à voir avec les acteurs. Qu’il y en ait un, dix ou mille et qu’ils soient dans un marché centralisé ou non ne change guère le problème. C’est le coût technique et économique de déplacer la monnaie qui détermine l’inertie. La taxe Tobin serait typiquement une manière d’augmenter cette inertie. Il existe certainement d’autres moyens chacun ayant des avantages et des inconvénients. Je n’ai pas la prétention de connaître la solution miracle. Mais il serait plus utile de discuter de ces pistes plutôt que noyer tout le monde sous un déluge de concepts désarticulés habillés à grand renfort de termes pompeux.

  25. @ Pierre Sarton du Jonchay :

    Merci pour ce texte dense et intéressant. Cependant, je ne vois pas que vous preniez en compte la réalité « stratégique » de la situation financière internationale, de la mise à mort des accords de Bretton Woods jusqu’à la désintégration actuelle du système post-Bretton Woods : je veux parler de l’antagonisme mortel entre les états-nations et le supra-nationalisme impérial des élites financières britanniques, lequel traduit l’opposition fondamentale de leurs systèmes d’économie politique, quant à leurs finalités.

    Les états-nations, losqu’ils n’ont pas eu à se défendre contre les manoeuvres du financiarisme impérial, n’ont jamais eu de problème à bien réguler en leur sein et entre eux la question de la création, de la mesure et de la monétisation de la valeur réelle, comme on peut le constater dans les périodes où la puissance impériale est abaissée, telles que les 30 glorieuses post-IIIème guerre anglo-américaine – dite « de sécession » – de 1860 à 1890, ou les 30 glorieuses post-IIème guerre mondiale de 1945 à 1975, où dans chaque cas la puissance impériale anglaise a été étouffée suffisamment longtemps, permettant ainsi aux systèmes nationaux protectionnistes d’économie politiques d’assurer le bon fonctionnement de la création, de la reproduction et de l’échange des valeurs.

    Les chaos apparemment cycliques des valeurs monétaires, que vous cherchez à résoudre, trouve sa principale racine dans cette réalité historique et politique.

    Au sujet du sous-titre de votre contribution, « le problème de la valeur réelle », vous n’y apportez pas vraiment de solution, à moins que celle-ci soit cachée dans ce que vous appelez « étalon de marché du réel ».
    C’est pourquoi je me permet de vous proposer ces réflexions sur la relation entre la « valeur » et le « prix », desquelles nous pourrons tirer d’excellents outils pour rétablir l’équité dans les échanges nationaux et internationaux, valoriser correctement les agents économiques véritablement essentiels de nos économies, et détecter pour mieux les combattre les tentatives de parasitages du prix monétaires par différents types d’entités économiques et protéger ainsi le progrès des nations.
    Ces réflexions sont une petite compilation provenant d’une discussion récente, que je présente sous la forme « brute », pour des raisons de temps (ressource rare, donc chère :))

    1 _______________________

    Il me semble que le prix “physique” d’un produit n’est que le coût de sa reproduction.

    Cela fait longtemps que nous ne savons plus calculer le véritable prix des choses, puisque les monnaies sont flottantes et les prix des matières arbitrairement fixés par des cartels et des monopoles.

    Cependant, on pourrait utiliser comme unité de mesure du coût de reproduction une unité de débit énergétique, reconstruire ainsi l’évolution réelle du prix d’un produit, de sa production/extraction jusqu’à sa consommation, et en déduire toute une série de proportions de transformations de celui-ci.

    L’on verrait ainsi très facilement la part du spéculatif dans le prix monétaire du produit, en comparant son évolution à celle de son prix “physique”.

    2 ______________________

    L’énergie (ou plutôt, le travail au sens physique) est la seule condition nécessaire de l’existence et de la reproduction des produits utiles à notre existence. Et la seule valeur réelle que l’on puisse accorder à un produit est son coût “physique” de reproduction.

    Traduite en terme monétaire, cette valeur devient un prix, auquel peuvent s’ajouter d’autres composantes, non-physiques, comme la valeur culturelle dans le cas d’une oeuvre unique, ou celle due à une arnaque pyramidale dans le cas de la spéculation, par ex.

    Il ne s’agit pas ici de choisir arbitrairement un étalon de valeur, tel qu’un métal dit “précieux” ou tout autre fantaisie archaïque. L’or fin, le blé, la voiture ou l’essence sont tous des produits du travail.
    La seule référence naturelle et universelle de la valeur, c’est le travail, l’acte de transformation physique.

    Mais la valeur n’est pas la même chose que le prix. C’est pourquoi je suggère, pour redonner un sens au prix monétaire, de le comparer au coût physique de reproduction, mesuré en termes de débit énergétique.

    3 __________________________

    En ce qui me concerne, la spéculation est le fruit de l’ignorance, et dans les échanges, cette ignorance concerne la valeur comparée (en termes de travail) du produit que l’on veut acheter avec celui que l’on doit vendre pour cela. L’un des deux acteurs de l’échange ne connaît pas ce rapport, et se fait par conséquent plumer.

    On ne trouve la spéculation que dans les activités de trafic impérial, et elle a ravagée de nombreuses nations, mais dans le commerce stricto-sensu – fonction vitale d’une société -, il n’a pas cours, sauf à détruire ce commerce à court-termes. Lorsqu’un écart trop grand se creuse entre la valeur physique de reproduction d’un produit et son prix, le blocage de la société arrive très vite.

    Je suis convaincu que ce genre de réflexion a une issue tout-à-fait réelle, scientifique (j’ose), si l’on oublie deux seconde la monnaie et que l’on se concentre sur les caractéristiques physiques de la reproduction d’un objet x, d’un point de vue “thermodynamique”.

    Une fois que l’on a une idée claire des accumulation de valeur-travail successives nécessaires dans la reproduction de cet objet, et de la série de rapports qui apparaît entre chacune des étapes de cette reproduction, on peut légitimement espérer que la construction de son prix suivra la même progression, car on ne paye que le travail d’un autre avec le sien, finalement, en cherchant l’équivalence.

    Si le prix s’écarte trop de la valeur-travail, c’est souvent le signe d’un commerce biaisé, parasité, distordu par tel ou tel accapareur.

    4 _________________________

    Il y a tout-de-même bien une base réelle, physique, à l’existence des objets qui nous entourent, mais il n’y a que ceux qui n’en connaissent pas la valeur-travail qui leurs accordent des prix “monétaires” purement arbitraires. Ainsi, l’on échangeait avec des peuplades indigènes des verroteries ridicules avec des métaux précieux, des bois rares, des produits agricoles etc…

    Enfin, pour sortir de la crise financière actuelle, il faudra bien que l’on pose des bases saines et salutaires pour favoriser le développement agro-industriel et commercial, et empêcher de nouvelles dérives spéculatives. Il nous faut donc une mesure de la valeur qui soit vraie, scientifiquement, et qui dirige la création des prix.

    5 _________________________

    cette discussion a commencée autour de la question que soulève xxxxx dans son message n°31 :
    “Comment détermine-t-on la part spéculative dans un prix? Je ne sais pas…”

    J’ai suggéré que l’on sorte complètement, pour ce faire, d’une définition monétaire de la valeur (ce qu’en fait j’appelle le prix), et qu’on applique à la mesure de la valeur de reproduction d’un objet sujet à l’échange une mesure physique, celle de l’énergie cumulée nécessaire à la reproduction dudit objet.

    Selon Henry Charles Carey, la valeur est la mesure de la difficulté à reproduire tel objet.

    De l’extraction des matières premières jusqu’au parachèvement de l’objet, et passant par les multiples changements de formes et de lieu, nous pouvons effectuer une mesure de la quantité et de l’intensité du travail nécessaire à la formation finale de l’objet. Nous obtenons ainsi, de l’étape initiale à l’étape finale, une série d’application du travail à la matière dans laquelle nous voyons apparaître des rapports, des proportions, entre chacune. Nous faisons apparaître ainsi la croissance successive de la valeur physique de l’objet, mesurée en travail.

    Une fois posé cette base physique de la mesure de la valeur – ce qui est très certainement un gros travail : mais quelle utilité ! -, nous pouvons alors regarder la question de sa traduction monétaire : le prix.

    Dans une économie correctement organisée, nous pouvons espérer que la construction du prix de reproduction d’un objet corresponde peu ou prou à celle de sa valeur physique, c’est-à-dire que l’on retrouve à peu près les mêmes proportions dans les différentes étapes de la construction du prix de revient et dans celle de la valeur physique finale.

    Cela implique bien sûr qu’une autorité régulatrice produise ces mesures et fournisse à la population les données nécessaires afin d’éviter les dérives excessives (comme les prix minimum de vente des produits agricoles il y a quelques dizaines d’années), sans pour autant fixer avec rigidité les prix : Il faut en effet que la production puisse répondre à la demande, et qu’elle puisse être encouragée à perfectionner ses processus par l’espoir d’une meilleure – quoique légitime – rémunération, tout en évitant les tendances monopolisatrices, les cartellisations et la concurrence déloyale des pays esclavagistes, dont le travail et les matières des populations sont pillés et dont les produits importés détruisent des pans entiers de l’industrie et de l’agriculture des pays développés.

    Ainsi, il me semble utile d’établir, à partir des données de la mesure physique de reproduction de l’objet, un prix minimum de vente ainsi qu’une fourchette de variation légitime du prix, qui décourageront les parasites tout autant qu’ils encourageront les producteurs au perfectionnement de leurs compétences et de leurs outils.

    Dans cette situation, il sera assez facile de détecter et d’empêcher une dissociation anormale entre la valeur physique et la valeur monétaire, et donc un dysfonctionnement parasitaire dans le système commercial national ou/et international.

    En fait, si l’on veut sortir de l’infernale valse des prix mondiaux, pour cause de parasitage spéculatif permanent, qui aveugle les décideurs et les entrepreneurs depuis tant d’années et les fait investir comme des poules sans têtes ou comme des suicidaires – ils spéculent sur des chimères, pour autant que “spéculer” soit équivalent à “anticiper” – , il faut impérativement rétablir (attention, gros mots) un système protectionniste et régulationniste dans nos économies développées.

    Cela dit, cette idée a des limites : elle ne concerne pas complètement les produits uniques ou extrêmement rares, c’est-à-dire extrêmement difficile à reproduire. Ainsi, un diamant taillé, une toile de Rembrandt, une pièce d’orfèvrerie, mais aussi les isotopes à usages médicaux ou les terres rares (par ex.), ont des prix qui, pour ceux qui sont uniques, ne reflètent que la volonté de l’acheteur de se l’approprier, et pour ceux qui sont rares, non seulement le coût de l’extrême difficulté de les reproduire mais encore la différence de plusieurs ordres de grandeurs entre l’offre, minuscule, et la demande.

    Après, le consommateur fait bien ce qu’il veut avec son argent, il peut fort bien laisser ses passions diriger ses dépenses. Il faut juste admettre que ce n’est pas la meilleure manière d’utiliser son capital.
    Mais le rôle de l’organisation économique d’une nation est moins de protéger le consommateur contre lui-même, ses lubies et les escrocs que cela attire immanquablement, que de protéger et d’inciter au perfectionnement de l’appareil agro-industriel de reproduction nationale, qui est la condition même de notre existence et de celle des générations futures.

    Cordialement,
    Jean-Gabriel Mahéo

    1. @Jean-Gabriel Mahéo,

      Merci de cet éclairage tout à fait complémentaire et harmonisé avec ce billet. Si je ne vois rien à contester de ce que vous dites y compris sur les dénaturations impérialistes de la monnaie, je crois que vous délaissez le problème que je cherche à poser : qu’est-ce que la monnaie apporte à l’intelligibilité de l’économie humaine au-dessus d’une science objective et vraie ? Comment la politique produit-elle une monnaie qui transforme en bien commun la métaphysique par le physique et le physique par la métaphysique ?

      L’origine de la valeur dans le travail des objets physiques et dans les chaînes de transformation de la matière première à l’objet final consommable n’est pas scientifiquement discutable (opinion personnelle sur le contenu de l’économie qui fasse science). Le problème que nous discutons est bien de discriminer ce qui, dans l’écart que nous constatons actuellement entre le prix et la valeur, fait partie de l’économie normale de ce qui ne devrait pas normalement en faire partie. Vous parlez avec raison de la spéculation anormale et de l’anticipation normale.

      Appelons plus-value l’écart entre la valeur et le prix. Cette plus-value contient la spéculation anormale et l’anticipation normale. Vous proposez avec raison que la puissance publique fixe des limites de prix qui interdisent la spéculation et qui ne laissent plus dans la plus-value que le prix de l’anticipation. Si tant est qu’il faille attribuer un prix à la valeur d’une anticipation dont le prix est rationnellement calculé. Nous voyons là deux faces d’un problème logique : comment la puissance publique identifie-t-elle les bonnes limites de prix d’objets qui ne sont pas encore produits et dont on ne connaît qu’approximativement les conditions de production ? Comment ceux qui vont produire et consommer inscrivent-ils leur perception de la production et de la consommation dans la fixation publique des limites ?

      Il est clair que l’économie concrète que nous observons aujourd’hui ne connaît pas la limite entre la spéculation et l’anticipation : elle est donc parfaitement irrationnelle pour l’entendement humain. Il est également clair que la science de l’économie politique n’est pas encore parvenue à poser des critères politiques objectifs à la distinction nécessaire entre spéculation et anticipation. Il n’est pas absurde de penser que la crise systémique actuelle est justement la manifestation de l’incapacité publique des autorités des États de droit à poser des principes objectifs appliqués de discrimination entre la spéculation et l’anticipation.

      Constatons que si la rationalité économique consistait à seulement reproduire des processus de production stables pour répondre à des besoins humains stables, il ne pourrait pas y avoir de plus-value pour d’autres causes que spéculatives ; c’est à dire par des asymétries d’information délibérément créées. La plus-value juste est donc rationnellement le prix de la valeur effectivement produite au-dessus du prix limite qui avait été publiquement fixé pour rémunérer correctement tous les contributeurs. La plus-value juste est donc ce qui avant l’engagement de la production peut devenir une moins-value du fait d’une erreur d’anticipation où la valeur finale apparaît inférieure au prix limite fixé.

      Votre proposition de prix limite public à toute production est bien de nature à discriminer la plus-value spéculative de la plus-value d’anticipation. C’est ici qu’intervient la proposition de démocratie monétaire de marché. L’anticipation du prix n’est pas dissociable de l’anticipation du processus de production. L’anticipation du prix par l’engagement de juste rémunération de toute la chaine de production n’est pas dissociable de l’information anticipée de ce processus de production. La limite publique du prix juste implique donc la démocratie économique : un régime de discussion transparent du processus de production et des prix entre tous les acteurs juristes, investisseurs et travailleurs.

      Comme l’économie est désormais totalement mondialisée avec des chaines de production sur plusieurs marchés et plusieurs systèmes de bien commun, il est impossible d’organiser la démocratie économique sans un système protectionniste et régulationniste commun. Ce système existe déjà en théorie mais pas en pratique : c’est le marché. Le marché qui ne peut pas exister réellement sans protection et sans régulation. Protection des droits de l’homme par des limites communes de droit. Régulation par l’autorité publique du pouvoir judiciaire de la démocratie dédié à l’interprétation des limites du Droit.

      Remarquons au passage le sophisme néo-libéral qui reconnaît la nécessité de réguler mais hurle contre le protectionnisme qui pose les limites des droits humains. La régulation néo-libérale enferme la monnaie dans le marché sans enfermer le marché dans les droits de l’homme : il en résulte l’enfermement de l’homme dans la monnaie. Les hommes sont régulés par les objets échangés sur le marché. L’étalonnage de la monnaie transnationale par le marché commun international d’option vise à restaurer la responsabilité du sujet sur l’objet sous la surveillance d’une protection judiciaire de l’être humain par la démocratie ; c’est à dire par la société du bien commun non limité par les frontières nationales.

      L’antagonisme mortel entre les États nation est un pur produit de la lutte politique pour le pouvoir. Il est attisé par la finance off shore qui doit diviser la démocratie pour éviter de tomber sous un ordre juridique commun et entretenir des gisements de spéculation par l’instabilité des monnaies qui résulte de la non-régulation des changes et du crédit entre les Etats de droit. Une chambre de compensation internationale des capitaux est un dispositif technique parfaitement maîtrisé à la condition d’une reconnaissance internationale réciproque de l’impératif du droit traductible en réalité. Alors nous disposons d’un mécanisme universel de négociation des limites justes du prix nominal à l’intérieur de l’option de la prime de plus-value du crédit.

  26. @ Jean-Gabriel Mahéo.
    C’est un plaisir de lire des billets comme le vôtre (n°27).
    Des mots simples mais précis, des idées claires, de l’objectivité scientifique et de la rigueur logique…
    Bref, tout le contraire des billets rédigés par PSJ (voir mon billet n°22).

    Un contenu comme celui que vous nous offrez est utile car il donne envie de le compléter et de participer à une réflexion et un processus de compréhension collectif ou chacun s’approprie les contributions précédentes et les enrichit en apportant, s’il le peut, sa modeste contribution à l’analyse collective.
    Voici donc quelques réflexions propres à compléter utilement, me semble-t-il, votre analyse sur la valeur des biens ou services :

    Vous évoquez essentiellement la valeur de production, que vous appelez « prix physique » et définissez comme étant « le coût de sa reproduction ». Je ne reviendrai pas sur sa définition et son utilité puisque vous l’avez déjà bien décrite.
    Je propose de distinguer également la valeur d’usage qui me semble être une notion très importante et dont je montrerai l’utilité au travers de certains exemples.

    **************** la VALEUR D’USAGE *************

    La valeur d’usage est l’importance que représente en pratique l’utilité du bien ou du service. On peut la mesurer en se posant la question de ce que l’on serait prêt à perdre ou à donner pour conserver l’usage du bien concerné.

    Exemple : prenons le cas des couteaux. Ils sont aujourd’hui très peu coûteux à produire. Leur valeur de production est faible. Pourtant si l’on vous demandait de choisir entre vous passer de couteaux ou bien vous contenter d’une petite télé au lieu d’une grande, il est fort probable que vous conserviez vos couteaux au détriment de la taille de votre télé. Tout simplement parceque la valeur d’usage des couteaux est supérieure à celle de la taille de l’écran de votre télé. Et cela malgré le fait que la valeur de production des couteaux soit plus faible que celle de la télé (ou plus exactement du différentiel de taille de l’écran).
    Rq : J’ai pris la télé mais je n’ai rien contre l’électronique ;-). J’aurais pu proposer de se contenter de moitié moins de fringues ou même de se priver d’un voyage dans les îles…

    1°)La valeur d’usage est très utile pour le développement durable
    La valeur d’usage est celle qui a, me semble-t-il, le plus d’avenir et d’utilité dans la réflexion sur le développement durable et la valorisation des ressources naturelles.
    Exemple : considérons l’eau potable : tant que les ressources en eau potable sont suffisantes, sa valeur de production est limitée au coût de distribution. Mais plus il devient nécessaire d’organiser la dé-pollution de l’eau, plus la valeur de production augmente. Or sa valeur d’usage n’a pas changé. Nous ne produisons pas plus de richesse quand nous reproduisons artificiellement une richesse naturelle que nous avons préalablement détruite. Et pourtant les métriques traditionnelle considèrent au contraire que l’on produit plus de richesse puisque la somme des valeurs de production est plus grande….

    2°)La valeur d’usage dépend du bien, mais aussi de l’individu et de la situation.
    La valeur d’usage présente également une particularité très importante : elle dépend du bien, autant que l’individu et de la situation.

    a) Pour une même situation, la valeur d’usage varie d’un individu à l’autre
    Exemple : Si l’on propose à des individus de choisir entre avoir une plus grande télé ou avoir un lit de 160 au lieu de 140, certains choisiront la grande télé et les autres le grand lit. Tout comme certains seraient prêts à donner beaucoup pour avoir du bon thé, alors que d’autres n’aiment pas le thé.

    b) Pour un même individu, la valeur d’usage d’un bien varie selon la situation.
    Exemple1 : Prenons une personne n’ayant aucun couteau. Il est évident qu’un couteau aura pour elle une valeur d’usage très grande. De sorte qu’elle choisira peut-être de se passer complètement de télé pour avoir un couteau. En revanche si nous prenons la même personne disposant déjà de 2 couteaux, alors elle préférera peut-être garder sa télé. Et si elle a déjà 15 couteaux elle ne voudra probablement pas d’un couteau supplémentaire même pour une bouchée de pain.
    Exemple2 : La valeur d’usage de l’essence est élevée si vous avez une voiture puisque sans essence vous ne pouvez pas vous en servir. Mais si vous n’avez pas de voiture alors la valeur d’usage de l’essence pour vous est nulle.

    3°)La notion de valeur d’usage permet de comprendre la nécessité de l’anticipation
    Cette caractéristique de la valeur d’usage est particulièrement importante car elle est à la source des phénomènes d’anticipation de la rareté des biens, notamment pour les biens critiques et nécessitant un renouvellement permanent tels que la nourriture, l’énergie, l’eau, etc. Une pénurie (généralisée ou locale) d’un de ces biens créerait une situation dans laquelle la valeur d’usage des biens disponibles deviendrait très élevées pour la plupart des individus. C’est pourquoi les acteurs économiques s’efforcent d’anticiper ces pénuries, que ce soit pour s’en protéger, pour en limiter la fréquence et l’ampleur, ou pour essayer d’en tirer profit.

    4°) Bien comprendre que la valeur d’usage dépend totalement de facteurs contextuels est un préalable indispensable à toute réflexion sur le système économique et les mécanismes de régulation.
    Un système trop peu régulé laisse la porte ouverte à l’exploitation amorale des situations dans lesquelles tel ou tel bien représente une valeur d’usage énorme pour quelqu’un. Mais un système trop administré abouti à la non prise en compte de la particularité des milliards de situations particulières et à une utilisation non optimale, voire catastrophique des moyens.

    Et comme l’a brillamment rappelé Jean-Gabriel Mahéo :
    « le rôle de l’organisation économique d’une nation est [..] de protéger et d’inciter au perfectionnement de l’appareil agro-industriel de reproduction nationale, qui est la condition même de notre existence et de celle des générations futures. »

    Or la valeur d’usage est le seul indicateur qui pourrait permettre une mesure de nos réelles richesses, qu’elles soient naturelles ou le produit du travail humain.
    Mieux l’appréhender permettrait certainement de mieux piloter l’économie et mesurer son efficacité au service de l’Homme.

    Reste à pouvoir la mesurer, mais ceci est une autre histoire…

  27. @ Pierre Sarton du Jonchay

    J’aimerai pouvoir vous rendre le compliment et vous dire combien j’ai apprécié votre billet, mais je n’ai malheureusement pas tout compris, et je crois bien que je ne maîtrise pas tout de votre langage.

    Bien loin de moi l’idée de vouloir vous vexer, je me vois cependant obligé, avant de poursuivre cette discussion prometteuse, de vous demander des explications sur certaines de vos formulations, qui m’échappent assez et que je ne veux pas faire semblant de comprendre.

    Ainsi, pouvez-vous me dire ce que signifient ces phrases :

    « Qu’est-ce que la monnaie apporte à l’intelligibilité de l’économie humaine au-dessus d’une science objective et vraie ? »

    « Comment la politique produit-elle une monnaie qui transforme en bien commun la métaphysique par le physique et le physique par la métaphysique ? »

    « Comment ceux qui vont produire et consommer inscrivent-ils leur perception de la production et de la consommation dans la fixation publique des limites ? »

    De plus, j’ai besoin de connaître :

    – votre définition du « marché » (votre proposition me semble, selon mes connaissances de la question, tout-à-fait incongrue, et en tout cas très surprenante 🙂 ).

    – ce qu’est « l’option de la prime de plus-value du crédit ».

    Sur tout le reste de votre réponse, qui est suffisamment claire, je suis plutôt satisfait que nous soyons d’accords sur la question radicale de la valeur et sur les propositions de régulations et de protections à envisager.

    —————————-

    Sur la question de la nature de la monnaie, qui n’a rien d’arbitraire ou de conventionnelle, voici mon opinion, empruntée à nos anciens d’Europe ou d’Amérique :

    Nul monnaie n’existe sans l’appui de l’autorité politique, quelle que soit la forme de la monnaie et celle de l’autorité politique (tribale, religieuse, monarchique, absolutiste, parlementariste, fédéraliste, républicaine, etc…)

    La monnaie, fiduciaire ou scripturale, est l’expression du crédit public, lui-même procédant de la volonté publique, qu’elle soit libre ou assujettie.

    Toute autre forme de monnaie (les monnaies privées) est une fraude et une escroquerie, et la reconnaissance d’émissions monétaires non-souveraines ou la monétisation de titres privés un vol pur et simple du peuple.

    Le perfectionnement de l’expression de la volonté publique est le seul objet de l’attention du souverain, qui est aujourd’hui chez nous « l’universalité des citoyens français », qui siège à l’Assemblée Nationale.

    Le but du Souverain est de garantir dans la nation (de natio, même racine que naître, et que l’on peut développer en « ce qui fais naître ») la vie, la liberté et la poursuite du bonheur tant des vivants que de ceux qui seront appelés à la vie, en protégeant, en favorisant et en incitant au perfectionnement de l’appareil agro-industriel de reproduction nationale.

    Le Souverain est donc le seul créateur légitime de crédit – et par conséquent le seul émetteur de monnaie -, son seul organisateur et son seul régulateur, et nulle délégation ne le prive de ce pouvoir. Et comment le Souverain crée-t-il, organise-t-il et régule-t-il le crédit ? Par l’expression de la volonté publique, qui est la Loi.

    Les banques ne fonctionnent d’ailleurs que sous l’autorité de la loi, sous donc l’autorité du souverain, et n’ont pour seule fonction, avant qu’elles ne virent à la piraterie, que la bonne gestion de la circulation du crédit public (précision : le crédit « privé » n’existe qu’en tant que délégation temporaire d’autorité sur une fraction du crédit public à une personne privée, en échange plus ou moins proportionnel et légitime de l’importance de son activité. Par exemple : l’épargne).

    C’est ce pouvoir régalien, vital à l’existence d’un peuple, que la loi Rostchild-Pompidou-Giscard de 1973 a arraché des mains du peuple, le mettant ainsi – pays, entreprises, citoyens – à la merci des usuriers britanniques. C’est à cette date qu’est créé en France, volontairement, le chômage de masse et qu’est lancée la lente agonie agro-industrielle. Du point de vue de l’Europe occidentale, les mêmes politiques ont été appliquées à la même période, ce qui rend le soupçon du complot très tentant.

    Et de toute façon, cette loi Rostchild-Pompidou-Giscard a été imposée à l’Europe entière, puisqu’elle est reprise en tant qu’article 104 du traité de Maastricht et en tant qu’article 123 du traité de Lisbonne.

    A ce sujet, permettez-moi de vous offrir une autre petite réflexion, en réponse à une personne qui préconisait face au chaos monétaire le retour au troc, réflexion tiré d’une discussion sur le troc et la monnaie, en tête de ce billet sur l’hyperinflation.

    Peu de gens s’aperçoivent de la véritable nature de la monnaie, et c’est bien dommage, car tous, citoyens lambda comme chef d’état, pourrions tirer de cette connaissance l’art du bon usage de ce merveilleux outil.

    Enfin, sur la qualité spécifique de la monnaie fiduciaire/scripturale : celle-ci permet, par sa capacité de subdivision, d’ajuster au mieux l’échange entre une partie du produit de son travail avec une partie du produit du travail d’un autre, ce qui est un grand avantage par rapport aux monnaies métalliques, et un immense par rapport au troc.

    ————————

    Sur la démocratie économique telle que vous l’envisagez : un système protectionniste et régulationniste transnational ou supranational ne peut être envisagé sans une égalité suffisante du développement des pays participants et, beaucoup plus difficile, sur une concorde des constitutions, un rééquilibrage dans chacun de ces pays des trois pouvoirs (la France est le seul régime exécutif dans une Europe de régimes parlementaires-girouettes, et dans tous le judiciaire est un appendice de l’exécutif), et une harmonisation (pas une égalisation) par le haut des lois, des tarifs et des règlements.

    Je suggère donc de laisser tout cela à la bonne volonté des peuples eux-mêmes, et de ne pas leur imposer d’en haut un autre « système ». Le seul espace de protection et de régulation praticable qu’en tant que républicain je reconnais, et qui existe d’ors et déjà, est la nation , où la loi est la même pour tous.
    Cependant, avant qu’on ne critique cette proposition, je précise qu’une politique protectionniste qui ne serait fondée que sur l’avantage de soi d’abord n’est pas une politique protectionniste, mais isolationniste et égoïste, et l’un des chemins les plus sûrs vers la faillite et la guerre.

    Toute politique protectionniste doit être vouée à « l’avantage d’autrui » et au progrès mutuel. C’est ainsi que le traité de Westphalie a défini la paix dans l’Europe post-« Guerre de trente ans », en 1648, et c’est ainsi que l’Europe a connu les Trente Glorieuses après 1945.

    Ainsi, mon idée tend plus vers une harmonie mutuelle de nations souveraines que vers une autorité supranationale de régulation et de protection économique, même démocratique : les obstacles « naturels » à cette autorité sont invincibles, et appartiennent au domaine lent des grandes transformations culturelles, que l’on ne peut forcer.
    Il est fort possible qu’un jour l’Europe, voire l’Eurasie, se fédéralise, mais nous n’y sommes pas encore, et les errements de l’Europe actuelle nous en éloigne de plus en plus, comme le signalent les poussées politiques radicales et/ou patriotiques sur tout le continent.

    Cordialement,
    Jean-Gabriel Mahéo

    1. @Jean-Gabriel Mahéo,

      Ainsi, pouvez-vous me dire ce que signifient ces phrases :

      « Qu’est-ce que la monnaie apporte à l’intelligibilité de l’économie humaine au-dessus d’une science objective et vraie ? »
      Vous engagez vous-même la réponse à cette question en expliquant à Ludo que la rareté est une notion de faible sens en économie. L’économie est un processus humain de transformation de la matière dans le temps qui n’ajoute ni ne retranche aucune matière physique à la matière physique. Si l’économie se contente de décrire des états de rareté, elle est une science objective et vraie ; mais elle n’a pas de sens en ne disant rien du comment et du pourquoi de la transformation des états de rareté.
      Pour que l’économie et la science de l’économie aient un sens, pour qu’elles soient intelligibles, il faut la monnaie (ce que vous rappelez fort justement). La monnaie matérialise trois réalités économiques proprement humaines et néanmoins non physiques, c’est à dire métaphysiques : la loi du vivre ensemble (à l’intérieur de la nation, communauté de connaissance), l’écoulement du temps de vie humaine et la dignité des personnes en relation d’échange réciproque. Le troc est une capacité de l’homme en tant qu’animal.
      L’échange monétisé est une capacité de l’homme en tant qu’homme, l’homo sapiens sapiens (l’animal qui sait qu’il sait). La science économique a été stérilisée comme science humaine, comme science morale, par le « physicisme » monétaire : la monnaie est une marchandise physique comme une autre. Ainsi le vivre ensemble, le prix en temps de la vie humaine et la supériorité de l’être humain sur l’animalité et la matière physique ne sont plus délibérés ni discutés.

      « Comment la politique produit-elle une monnaie qui transforme en bien commun la métaphysique par le physique et le physique par la métaphysique ? »
      La monnaie représente la matière métaphysique de l’homme. C’est à dire la comptabilité libre qu’impose l’immersion de la vie humaine dans les limites du monde physique. La politique est la discussion de l’homme en sociétés nationales des critères communs de la comptabilité de l’économie humaine, de la rareté transformable par la vie humaine. La monnaie est une métaphysique de transformation de la matière physique par la société politique. La monnaie importe les limites du monde physique dans la discussion politique de la métaphysique.

      « Comment ceux qui vont produire et consommer inscrivent-ils leur perception de la production et de la consommation dans la fixation publique des limites ? »
      La monnaie est un outil politique d’individualisation des choix dans la collectivité du vivre ensemble. Par la monnaie, les citoyens mettent leur propre contenu physique, celui qu’ils choisissent dans les règles nationales du vivre ensemble qui sont par nature collectives.

      De plus, j’ai besoin de connaître :

      – votre définition du « marché » (votre proposition me semble, selon mes connaissances de la question, tout-à-fait incongrue, et en tout cas très surprenante 🙂 ).
      Le marché est un espace de rassemblement des sujets, des objets et des règles de l’échange. Les règles de l’échange contiennent la langue commune qui permet de délimiter moralement ce qu’on échange et la matière commune de tous les objets proposés à l’échange. La démocratie est la règle d’échange de marché où tous les échangistes ont les mêmes droits ; droits qui comprennent les règles de discussion du bien commun.

      – ce qu’est « l’option de la prime de plus-value du crédit ».
      Le crédit est la matière métaphysique privée qui surgit d’une communauté nationale publique de vivre ensemble. Le crédit est la valeur de tout objet partagé du vivre ensemble. Le crédit produit une sur-valeur pour tout sujet plaçant les objets dans les règles partagées du vivre ensemble. Le crédit public crée une plus-value personnelle pour tout citoyen qui s’engage à couvrir le prix réel sous-jacent au prix nominal du crédit.
      Le prix nominal du crédit est le prix en monnaie. Le prix réel est le prix effectif pour l’acheteur de l’objet nominal respectant la loi de l’échange équitable. L’option est l’acte d’intelligence collective en société par quoi l’acheteur et le vendeur du nominal s’accordent avec l’acheteur de la prime sur la matérialisation du bien commun dans un objet de valeur dont le prix nominal soit identique en réalité pour l’acheteur et le vendeur. L’acheteur primaire conserve la valeur de la prime si l’identité est réalisée, si le crédit est confirmé par la réalité objective visible sur le marché.
      L’option de la prime de la plus-value du crédit s’appelle CDS (credit default swap) en langage courant. Le langage courant se dispense d’expliciter ce qu’est le CDS pour laisser toute liberté aux acheteurs et vendeurs de CDS de jouer avec la réalité, les mots qui la décrivent et la monnaie qui en découle.

      En conclusion. Votre développement sur le bien public du crédit régi par la loi nationale d’où sort la monnaie me convient totalement. Mais il est et restera une vision métaphysique sans réalisation physique tant que les nations se refuseront la reconnaissance réciproque de la légitimité de leur droit national imparfait. Ce refus d’un bien commun humain au-dessus des nations a une conséquence pratique fort intéressante pour la ploutocratie : la guerre métaphysique de tous contre tous. Pendant que les hommes se disputent dans la métaphysique, les spéculateurs financiers saisissent le physique par la monnaie. Et ceux qui n’ont rien d’autre à échanger que la contrevaleur des droits qu’on veut bien leur reconnaître peuvent mourir dans l’indifférence générale. Il paraît que cela a toujours été comme çà et qu’il n’y a pas de raison pour que cela change…

    2. @Jean-Gabriel Mahéo,

      La loi Pompidou-Giscard de 1973 est une loi de démocratie réelle. Contrairement à ce que vous dites elle a obligé le Trésor public à rendre son crédit transparent aux citoyens. Il n’était plus possible aux fonctionnaires de Trésor d’appeler la Banque de France pour se faire allouer des lignes de crédit à des taux préférentiels par rapport à ce que n’importe quel emprunteur pouvait obtenir sur le marché financier. Le problème de cette réforme est qu’elle a omis de définir des normes de solvabilité publique et des normes de solvabilité bancaire. Le Trésor Public ne pouvait plus négocier directement avec la banque centrale mais pouvait marchander avec les banques en dehors d’une égalité de traitement entre épargnants et emprunteurs.

      Ce système effectivement repris dans l’euro a débouché sur la privatisation de la « création monétaire » que la loi de 73 voulait éviter au profit des fonctionnaires du Trésor. La « création monétaire » a été privatisée au profit de la BCE et des banques qui n’ont jamais été contrôlés par la démocratie. Rappelons que par « création monétaire » il faut entendre la définition des règles du crédit sur quoi s’adosse l’émission monétaire. La « création monétaire » est aujourd’hui est aujourd’hui en zone euro dans un no man’s land quelque part entre la Commission Européenne, les gouvernements de la zone, la BCE et le Comité international de Bâle. La « création monétaire » n’est donc pas publique et pas contrôlable par les parlements de la zone euro.

      Par privatisation, il faut entendre un processus d’émission monétaire dont les bénéfices vont à des intérêts privés et pas au bien commun. Jusqu’en 73, les gouvernements de la France bénéficiaient de refinancements privilégiés dont le parlement ne pouvait pas vérifier le bien fondé. Après 73, le privilège d’émission monétaire a été partagé entre le gouvernement et les banques. Puis à partir de la loi bancaire de 84 entre la Banque de France et les banques ; puis à partir de l’euro, entre la BCE et les banques. Depuis 2007 le privilège d’émission monétaire appartient de fait aux banques internationales refinancées sans limites par les banques centrales à des taux arbitrairement bas sans aucun rapport avec l’intérêt général.

      La monnaie est un bien commun comme le crédit à partir de quoi elle est émise. Le bien commun du crédit signifie que le taux d’intérêt de chaque emprunteur est proportionnel à la transformation effective qu’il opère de la monnaie empruntée en valeur réelle à terme. Il n’y a qu’un seul moyen de vérifier la valeur effectivement produite par un emprunteur : le marché d’égalité de droit qui oblige à livrer la réalité de ce qu’on emprunte et à couvrir son risque de défaut par des primes de crédit. Le marché financier multinational est la seule réalisation possible de l’égalité des droits financiers. Le seul vrai moyen d’obliger les responsables publics et les opérateurs financier à se couvrir de leurs erreurs d’évaluation du crédit qu’ils empruntent.

      La crise grecque montre comment les banques et les gouvernements jouent le jeu des marchés qui n’existent pas pour faire payer aux citoyens les erreurs privées d’anticipation de la valeur. Les marchés financiers n’existent pas car ils appartiennent totalement aux banques qui y négocient en totale asymétrie d’information ; notamment vis-à-vis des gouvernements et banques centrales qui font semblant de tenir les leviers du crédit par des réglementations qu’ils ne peuvent pas appliquer. Les politiques de quantitative easing de toutes les banques centrales ont de fait abrogé la loi Giscard Pompidou en forçant les banques centrales à garantir leur émission monétaire par des dettes publiques subprime dont la valeur réelle est très en dessous de la valeur nominale.

      Restituer des privilèges de crédit aux trésors publics ne supprime pas les privilèges des banques. Tous les privilèges financiers doivent être supprimés pour que les monnaies et les dettes publiques retrouvent leur vraie valeur. Cela implique au minimum un marché européen d’option financière qui puisse compenser le prix des dettes publiques, le prix des monnaies européennes et le prix des options de capital qui absorbent les pertes de crédit des banques. L’alternative à ce marché, c’est le chaos, la disparition de toute possibilité de construire la démocratie, la destruction du bien commun et la misère pour tout le monde.

  28. @ Ludo :

    Merci pour les compliments :-).

    Dans l’esprit que vous indiquez, « de compléter et de participer à une réflexion et un processus de compréhension collectif ou chacun s’approprie les contributions précédentes et les enrichit en apportant, s’il le peut, sa modeste contribution à l’analyse collective », permettez-moi ces petites remarques à vos réflexions :

    – l’économie, que je définis en dernières analyse comme la « science du développement des pouvoirs créateurs de l’homme » – puisque toute l’efficacité du travail humain dépend in fine du degré de développement culturel et scientifique de la société dans laquelle s’effectue ce travail – se traduit en termes physique par une circulation et une transformation de plus en plus rapide et complexe de matières afin de servir à la pérennité et au progrès de la société.
    Les matières utilisées ainsi sont après usage rendues à la nature (le CO2, produit de la combustion des hydrocarbures, est diffusé dans l’atmosphère et va nourrir les plantes, par exemple), ou sont recyclées plus ou moins correctement dans le processus technologique.

    C’est pourquoi je considère que la notion de rareté n’est pas très utile en économie, en tant qu’elle n’est que relative à l’état de développement culturel et scientifique, et donc technologique, de la société. De même, le développement durable, corollaire de cette notion de rareté, est un concept qui me semble assez fallacieux, si l’on admet que la rareté est toute relative comme je l’ai dit.

    Je crois bien d’ailleurs que vous faites une petite erreur dans votre paragraphe sur l’eau : celle qui coule de nos robinet a toujours été rendue potable, quelle qu’en soit sa source, et sa valeur de production comprend tant le coût de la potabilisation que celui de la distribution.

    Et puis, la valeur d’usage de l’eau change en fonction du référentiel temporel choisi : d’heure en heure, selon que j’ai soif ou pas, la valeur d’usage de l’eau variera, si j’ai bien compris votre thèse.
    Et l’on peut examiner cela de mois en mois et d’années en années si l’on veut, où l’on verra, en fonction de l’allongement de la durée de référence, un lissage de la valeur d’usage, mais aussi l’augmentation de sa valeur de production (allongement de la durée > développement et pérennisation des infrastructures). Sur quel point s’appuyer pour saisir le problème ?

    – votre proposition de « valeur d’usage » pourrait être examinée en la divisant en trois parties :
    l’usage nécessaire/utile (l’eau, l’énergie, la nourriture etc…)
    l’usage facultatif, ou agréable (votre télévision, par exemple 😉 )
    l’usage superflu/nuisible (drogues, pornographie, jeux, alcoolisme etc…)

    L’on pourrait ainsi envisager d’encadrer les valeurs des produits d’usage nécessaires/utiles, de laisser libres celles des produits facultatifs/ agréables, et d’interdire ou de surtaxer sévèrement la valorisation des produits d’usage superflus/nuisible tant individuellement que socialement (quoiqu’en pense l’amateur, et c’est d’ailleurs ainsi que l’on fait, en France comme ailleurs).

    Mais quand bien même l’on pourrait rêver à cela, je crois bien que vous vous l’interdisez en écrivant ceci :
    « 2°) La valeur d’usage dépend du bien, mais aussi de l’individu et de la situation.
    La valeur d’usage présente également une particularité très importante : elle dépend du bien, autant que l’individu et de la situation. »
    Et que vous ajoutez :
    « a) Pour une même situation, la valeur d’usage varie d’un individu à l’autre »
    et
    « b) Pour un même individu, la valeur d’usage d’un bien varie selon la situation. »

    En vous suivant, il n’existe par conséquent aucune base réelle de la valeur, ni du prix (qui, comme je le considère, doit avoir une relation avec la valeur). Et là, je suis tout perplexifié et dubitatif.
    Êtes-vous bien sûr que cette réflexion soit très fructueuse, si notre but est de rechercher une base modestement « universelle » de la mesure de la valeur ?

    J’avais écrit un peu plus haut :
    « Après, le consommateur fait bien ce qu’il veut avec son argent, il peut fort bien laisser ses passions diriger ses dépenses. Il faut juste admettre que ce n’est pas la meilleure manière d’utiliser son capital.
    Mais le rôle de l’organisation économique d’une nation est moins de protéger le consommateur contre lui-même, ses lubies et les escrocs que cela attire immanquablement, que de protéger et d’inciter au perfectionnement de l’appareil agro-industriel de reproduction nationale, qui est la condition même de notre existence et de celle des générations futures. »

    Je crois bien avoir compris que le point de vue de vos réflexions est celui du consommateur, qui tente de satisfaire tant ses besoins que ses envies, en proportion de sa sagesse et de ses passions.
    En gros, vous décrivez un peu le processus de la génération de la demande, alors que je m’intéresse avant tout à la pérennisation de l’offre, que j’estime être actuellement gravement menacée par la folie furieuse financière et décroissante.

    J’essaie de me placer dans la position d’un responsable politique, avec l’objectif du perfectionnement du bien commun, et ce qui m’intéresse en premier est la sécurisation de l’offre du nécessaire à des prix décents et encadrés, en second la promotion du facultatif à des prix relativement libres, et en troisième à la dévalorisation maximum possible des produits superflus.

    Je crois que cette variété d’attitude du régulateur face aux différentes demandes de sa population (utile/agréable/nuisible) répond au souci que vous exprimez ainsi :
    « Un système trop peu régulé laisse la porte ouverte à l’exploitation amorale des situations dans lesquelles tel ou tel bien représente une valeur d’usage énorme pour quelqu’un. Mais un système trop administré abouti à la non prise en compte de la particularité des milliards de situations particulières et à une utilisation non optimale, voire catastrophique des moyens. »

    Mais je ne crois pas que, comme vous le dites, « la valeur d’usage est le seul indicateur qui pourrait permettre une mesure de nos réelles richesses, qu’elles soient naturelles ou le produit du travail humain », puisque celle-ci n’offre aucun point d’appui selon votre définition au paragraphe 2 de votre message.

    Cordialement,
    Jean-Gabriel Mahéo

    1. @Jean-Gabriel Mahéo,

      Votre aimable, constructive et utile controverse avec Ludo illustre l’impasse de la guerre entre l’offre et la demande. La guerre entre la liberté de la demande sans réalité de l’offre et de la rationalité de l’offre sans la réalité de la demande. En opposant l’homme réel qui est libre à l’homme rationnel qui est réel, on perd et la liberté et la réalité. C’est la logique de la ploutocratie qui accumule de la monnaie en détruisant et la réalité et la liberté. La ploutocratie est maîtresse de l’intelligence qui ne se soumet pas au réel et de la réalité qui ne se soumet pas à la liberté.

      Le marché est le seul outil dont nous disposions pour compenser la réalité et la rationalité par la liberté. Sans le marché, il est impossible de ne pas sacrifier un terme du triptyque. Un terme sacrifié entraîne tout le cosmos dans le trou noir de la ploutocratie. Par contre la compensation de marché produit une monnaie multinationale qui laisse sa chance au difficile exercice de la démocratie dans la pluralité humaine réelle, rationnelle et libre.

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