LA CRISE DES CLASSES MOYENNES ET LE DÉLABREMENT DE LEURS CONDITIONS DE PRODUCTION COMME ACTEURS DU SPECTACLE DE LA MARCHANDISE, par Jean-Luce Morlie

Billet invité

Tandis qu’une fraction du décile supérieur des classes moyennes saute dans l’illusion du TGV de l’hyper-classe, les déciles inférieurs sont, les uns après les autres, déclassés. Selon les particularités de son groupe, chacun constate, pour lui–même ou pour son voisin, que ses stratégies d’ascension sont périmées et que, même à courir davantage, lui-même et ses enfants ne feront que descendre. Le capitalisme a produit les classes moyennes comme machines à consommer et à rêver : en les détruisant, il s’unifie. Les classes moyennes savent que le rêve est brisé, elles devinent la tricherie, mais ne perçoivent pas encore qui la met en scène. A l’Est comme à l’Ouest, le spectacle fut construit par la volonté délibérée d’occulter les rapports de classes réels. A l’Ouest, à côté des propriétaires, des entrepreneurs et des prolétaires vint s’ajouter pour la répartition du surplus une classe sociale invisible articulée autour d’un nouveau rapport social, celui de la redistribution (welfare). La redistribution fut utilisée comme variable d’ajustement au « besoin de consommation » exigé par la reproduction du capital. Cette forme tranquillisante de dispositif anti-émeute instituait une forme nouvelle de servitude volontaire. Depuis cinquante ans pour le moins, notre passivité, jusque dans la dénonciation superficielle du « trop de spectacle », nous rend assurément complices de cette gestion que pourtant nous savons mortifère. Le « flower power », le « new age », le « néopaganisme » et maintenant la « sobriété volontaire » préparent au changement du style d’animation. Voici le temps où les tireurs de ficelles sont forcés de modifier les attaches : le pouvoir d’achat c’est fini, aspirons aux relations. Aussi, pour le bref instant d’une situation qu’il s’agit de saisir ici sur ce blog historique, les tireurs de ficelles se montrent à leurs marionnettes.

La classe moyenne comme sujet historique

À moins de renouveler radicalement l’analyse des rapports de classes, la « décroissance » sera le dernier costume de scène que les classes moyennes « à l’occidentale » pourront s’offrir pour se retirer de l’Histoire avec l’illusion de leur dignité. Pourtant, la conscience de leur déclin offre aux classes moyennes l’opportunité historique d’exprimer leur propre mouvement révolutionnaire ; ce n’est que par leur sursaut que l’Histoire écartera le règne, imminent, d’un nouveau mode de domination : l’exploitation du plus grand nombre par l’alliance de l’oligarchie capitaliste mondialisée et des bureaucraties redistributrices locales. Le terrain de lutte ne sera pas, cette fois, les « conseils ouvriers », mais l’union du plus grand nombre autour de foyers de municipalisme libertaire. La lutte contre la domination doit barrer la montée en force et évincer le municipalisme bureaucratique. Il faudra non seulement rompre avec la corruption ordinaire de la gestion municipaliste, mais contrer l’émergence d’un mode de domination substituant la contrainte relationnelle « écologiquement normée », à l’usuelle contrainte par l’argent. Dans les mégapoles, comme dans les moindres communes, nous devrons lutter contre l’instauration d’un mode de domination relationnel tel que les guichets de sobriété d’Arnsperger en préparent la forme à la fois achevée, et pourtant encore embryonnaire. L’horizon de cette révolution ne sera pas la dictature du prolétariat ou d’une classe quelconque, mais l’actualisation des acquis de quarante années de luttes pour une raison écologique ré-ancrées dans les rapports de forces réels entre classes sociales. Sans ces luttes concrètes, « l’imaginaire de la décroissance » mais aussi bien le « convivialisme » ou le « care », comme imaginaires d’une croissance ou d’une décroissance « soutenable », participeront à l’asphyxie des classes moyennes et à la consolidation du règne mafieux des nomenklaturas municipalistes déjà largement établi par la défunte social-démocratie.

Faute d’analyser les rapports de classes sous-jacents à la forme actuelle du spectacle, la trivialité de la critique des valeurs productivistes/consuméristes par les décroissants servira la cause des redistributeurs de gauche, comme de droite, lesquels remplaceront la gestion de l’abondance « illusoire » par le management de la pénurie « objective » en tant que modalité de leur consolidation – comme classe – dans le processus d’émergence du mode de domination bientôt appelé à remplacer le capitalisme.

La prise de conscience de ce nouveau rapport de classes demande d’abandonner le schéma traditionnel de mobilisation des énergies, nous « les bons », eux « les mauvais ». Revenir à une vision objective des classes sociales demande de se défaire de leur représentation héritée et désuète, laquelle est perpétuée comme un imaginaire mensonger dont le seul but est d’entretenir, comme leurre, l’impression d’une réalité entièrement disparue. C’est la fin du film qui fait comprendre le sens de son début. La révolution prolétarienne n’a pas eu lieu. Un moment vraie mais devenue fausse, la fiction de l’opposition bourgeoisie-prolétariat fut perpétuée par les bureaucraties totalitaires, mais aussi par le capitalisme, par le compromis social-démocrate, et tout autant, par les pseudo-révolutionnaires d’aujourd’hui afin d’offrir la toile de fond sur laquelle écrire leur dessein de domination du monde. Plus moderne, Warren Buffett ne déclare avoir « gagné la lutte des classes » que pour parer à l’émergence d’une prise de conscience des rapports sociaux réels. De même, la vieille taupe révolutionnaire ne rêve que de s’assurer du pouvoir et des avantages du rôle d’avant-garde en alimentant l’illusion d’un retour possible « aux conditions historiques » d’une franche opposition entre bourgeois et prolétaires. Plus encore, le mouvement actuel de l’Histoire demande de retourner la critique situationniste sur elle-même ; lorsque le vrai est un moment du faux, la fausse conscience de la classe moyenne est la vérité de l’Histoire sur laquelle il faut bâtir. Le terrain de la guerre a changé, ce ne sont plus les mêmes armées, et même sans préparation, il est temps de lancer la charge.

L’ouverture pour l’ascension de la classe moyenne fut offerte par la trahison social-démocrate, le 5 août 1914, puis elle fut portée à son apogée par la social-démocratie consumériste. Aujourd’hui, l’oligarchie financière et les personnels politiques des social-démocraties, qu’ils soient de gauche ou de droite, utilisent son cadavre comme marionnette à faire danser, le temps de remplacer l’ivresse consumériste par la repentance exaltée de la sobriété choisie. Pour les nouveaux candidats à la maîtrise, il importe de détourner l’attention des derniers coups qui décideront de son hégémonie.

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81 réflexions au sujet de « LA CRISE DES CLASSES MOYENNES ET LE DÉLABREMENT DE LEURS CONDITIONS DE PRODUCTION COMME ACTEURS DU SPECTACLE DE LA MARCHANDISE, par Jean-Luce Morlie »

  1. Si je résume : la lutte des classes est un combat d’arrière-garde : vous dites que ce sont les classes qui sont périmées et qu’il faut les remettre au goût du jour ; je dis que la lutte n’existe pas : c’est un view-point qui vous permet de redéfinir vos classes, et de considérer ensuite leurs rapports comme une coexistence (what else ?) et non plus comme une lutte : si vous considérez la lutte, elle existe, et les classes s’y enferment, arrivant nécessairement et inlassablement aux coups-bas que vous décrivez, ainsi qu’aux dégâts que nous tous subissons (ne serait-ce qu’intellectuellement).

    Qu’attendons-nous ? La soumission – votre servitude – volontaire s’exprime dans le salariat, par la tyrannie de la marchandisation, de la monétisation à tout-va, d’un échange monétisé incontournable, reléguant les échanges non-monétisés (dont les nôtres) au rang de folklore. Il faut réagir individuellement, consciemment, afin de donner une chance à la démocratie : la démocratie ne peut se résumer à jeter un bulletin dans l’urne de temps en temps, c’est tous les jours qu’il faut le remplir (« Je serai président à vie »), et pour cela il faut du temps (bye bye salariat) pour cosmogoniser et dialoguer, démocratiser quoi !

    1. Non, Fab ; les rapports de force entre groupes sociaux existent toujours, simplement le prolétariat ne s’est pas révélé ‘le sujet historique’, il n’a pas fait l’histoire et ne la fera pas (il aurait pu l’être, mais comme dans un champ de bataille les situations sont changeantes). De plus, nous avons été longtemps bernés par une fausse image des rapports de classes, volontairement entretenue par un rapport social invisible (si tu comptes sur un syndicat pour changer le rapport de salariat tu attendras plus encore que dix mille ans). çà étonne, mais sur le champ de bataille de la société inversée par la fausse image quelle présente, il faut, par exemple, considérer Villepin lorsqu’il propose d’avancer sur l’allocation universelle, le revenu de citoyenneté, peu importe les détails à ce stade, une fois le gouvernail en place il sera facile de tenir la barre, pour tous, y compris pour les Villepinistes. Je cherche, comme tu vois,à perdre 99 % des quelques inattentifs qui seraient trouvés en sympathie avec les propos de ce billet. Le bateau coule, il faut viser un port, allez « à gauche » un effort mes cochons ! La tache immédiate est de redresser l’image des rapports de forces effectifs et par là même à révéler la classe sociale invisible sur la photo, mais pourtant absolument évidente, comme de juste. Dissonance, du tac au tac, nous signale justement une instance redistributrice, celle-là est grosse, les plus menues sont les plus insidieuses.

      A+ Fab

      1. Jean-Luce,

        Non quoi ? Des rapports de forces qui n’en sont pas, des luttes de classes qui sont trafiquées… Vous ne pensez pas qu’il serait temps de dire à ceux d’une classe (choisissez) qu’en croyant (syndicats à l’appui) lutter contre leurs frères d’une autre classe ils en oublient de vivre leur vie : c’est ça l’arnaque de la lutte des classes, elle entretient (vous l’avez écouté ce débat, ou bien ?) la soumission volontaire, le capitalisme.

        Un jeu : l’échange monétisé, a forcément des gagnants et des perdants. Dire que les perdants perdent contre les gagnants, appelez ça la lutte des classes si ça vous chante, c’est légitimer le jeu.

        Et puis baste : les tactiques et chemins détournés que vous critiquez chez les lutteurs de classes (les syndicats notamment), je les extrapole (prenez par exemple ce message de schizosophie que Paul met en avant pour recentrer le débat sur sa lutte), je les généralise, et je vous les adresse.

        A+ Jean-Luce…sur le terrain de l’action j’espère ! Parce que si c’est pour mettre en cause l’influence de Hegel sur la pensée de Jeckel, ne comptez pas sur moi : vous aurez largement assez de participants.

      2. @Fab
        Oui et non. Car un petit « jeu » sous une forme ou une autre dure depuis des lustres. C’est ce qui fait sans doute aussi que nous sommes humains. « L’enfer, c’est quand tout sera parfait. » dit Jean Rostand. Pensez donc, qu’est ce qu’on s’emmerderait si tout était parfait, ce serait tellement terne qu’on s’inventerait des « jeux » pour pimenter l’existence.
        Voyez aussi le dialogue imaginaire Marat – Sade

  2. Si l’opposition bourgeoisie-prolétariat vous paraît une fiction il n’en reste pas moins qu’elle est profondément ancrée dans les mentalités et beaucoup plus dans celles de ceux qui se considèrent comme des bourgeois que dans celles de ceux qui sont des prolétaires et ne se considèrent pas du tout. De plus vous ne pouvez nier que cette opposition est parfaitement assimilée par les institutions et leurs personnels, il suffit de constater comment les administrations publiques ou privées appliquent des différences de traitement aux citoyens selon leurs origines.

    Les prolétaires – qui sont les salariés dans la configuration actuelle de la société – n’appartiennent pas à la mosaïque d’intérêts privés que gèrent les gouvernants. Ils constituent la vache à lait du système au bénéfice des autres catégories d’actifs ou d’inactifs y compris lorqu’ils sont à la retraite.
    Autrement dit les bourgeois ne sont peut-être que des collabos en sursis au service du pouvoir dominant mais il n’en reste pas moins qu’ils existent et s’opposent tant qu’ils le peuvent aux prolétaires. Nous ne pourrons pas faire l’économie du démantèlement méthodique de leurs systèmes de représentation et d’idée si nous souhaitons changer les choses. L’ignorer serait commettre une grave erreur.

    1. Article passionnant ! bien écrit, quoi que difficile à lire pour mon petit cerveau nourri à la mal bouffe et autre pollution issu de l’éducation nationale ou autre.

      J’ai bien aimé le « la fausse conscience de la classe moyenne est la vérité de l’Histoire sur laquelle il faut bâtir ». Qui a la vrai conscience, qui essaie de bâtir quoi, et surtout est-ce qu’il y arrive ? est-ce qu’il ne sert pas son opposé » ? Toute chose s’accompagne de son contraire (yin-yang et autres cultures)

      Vous écrivez : « La révolution prolétarienne n’a pas eu lieu. Un moment vraie mais devenue fausse, la fiction de l’opposition bourgeoisie-prolétariat fut perpétuée par les bureaucraties totalitaires ». Cette affirmation, si elle était fausse, nous n’en saurions rien, puisque M. Bouygues et consorts et leur chaîne de TV ne nous l’aurait pas dit. Si elle était vrai, alors ne pourrions nous pas envisagé des « circonstances atténuantes » expliquant cette supposée dérive. L’histoire des révolutionnaires Russe, fut riche en événements difficiles que nous autres ne pouvons imaginé. On est loin de la panique générale engendrée par 3cm de neige l’hiver dernier.

    2. @ au sud de nulle part

      quelle serait, selon vous, la nouvelle représentation d’une géométrie des classes sociales, qui aiderait à faire bouger les lignes et à entamer un mouvement d’émancipation qui ne déguise la mise en place d’une nouvelle modalité de domination ?

      A+

      1. La représentation dont vous parlez me semble évidente : l’ensemble de la production de biens et de services repose entièrement sur le salariat qui est traité avec la considération que l’on sait par les gouvernants et les autres catégories socio-professionnelles.
        La nouvelle géométrie des classes sociales devrait prendre en compte et donner toute la place qui lui revient au salariat qui constitue pour l’instant l’éternelle variable d’ajustement de l’oligarchie pour mener à bien les politiques de son propre enrichissement ainsi que celui de leurs valets collabos.
        Sous la pression séculaire des oligarques les centrales syndicales sont pourries, achetées, les médias sont farouchement anti-salariés. Les gouvernants proviennent en très faible proportion du salariat (combien y a-t-il de médecins à l’assemblée nationale en comparaison des salariés?). Les salariés sont régulièrement assimilés à des asistés, toujours traités en sous humains dont le statut et les intérêts sont taxés d’archaïsmes avec cette compassion que l’on affiche pour les faibles dans le meilleur des cas.
        Non seulement cet état de chose bloque toute prise de conscience massive des salariés mais en plus la fragmentation voulue de l’organisation du travail segmente quand elle n’oppose pas les consciences déjà bien faibles. Les salariés sont à l’heure actuelle désorientés, enfermés dans des schémas de culpabilisation (trou de la sécu, dette…) et contraints à la soumission volontaire dans le silence si possible. Et ça marche.
        Une nouvelle géométrie des classes sociales devra s’ajuster à la place que mérite d’occuper le salariat. Il faudra d’abord que les salariés prennent conscience de leur communauté d’intérêt et de leur immense pouvoir car en réalité rien ne peut se faire sans leur consentement tacite ou explicite.

  3. Pouvez vous exppliquer ce que sont « les guichets de sobriété d’Arnsperger  » SVP. J’ignore totalement ce de quoi il s’agit. merci

  4. Analyse éclairante, merci.

    J’y souscris, mais en même temps, on ne peut pas faire « comme si » le problème écologique n’était qu’une construction. Il faut aussi traiter ce problème-là. Et c’est ce qui rend la chose encore beaucoup plus difficile. Comment, en effet, et simultanément,
    1) organiser la diminution de la consommation des énergies fossiles et nucléaires, afin de limiter la modification du climat et la perte de biodiversité,
    2) en partant d’une situation de répartition des richesses très inégales (et en corrigeant cette situation inacceptable)
    3) sans provoquer d’appauvrissement très rapide (ou la mort) d’une part de la population, (version identique mais politiquement correcte: que cela soit socialement acceptable)
    4) avant que cela ne nous soit imposé par les événements.

    Les décroissants/écologistes ont l’oeil rivé sur 1), vous avez l’oeil rivé sur 2) et 3). Or il nous faut une solution globale.

    1. Petite correction : Les écologistes ont l’oeil rivé sur 1). Point barre.
      Les décroissants ont acquis que la consommation passé un certain stade est décorrélée du bien-être humain et souhaitent 2) sans 3) afin d’aboutir à 1). Le tout avant 4) qui est un facteur objectif comme vous le soulignez très bien.

      1. OK, effectivement, en me relisant, mon propos n’était pas très clair.

        Je suis assez d’accord que la décroissance est une stratégie qui résoud 1) et 3) sans tomber dans 4) . Mais comme JL Morlie le souligne dans son texte, cela ne règle pas 2): si 95% de la population adopte une comportement sobre (de gré ou de force?), cela sera sans doute suffisant en ce qui concerne les problèmes écologiques, mais on aura une super-classe et beaucoup de « pauvres » (je ne comprends pas moi-même ce que j’entends par là, mais bon).

    2. @Mathieu,

      Entièrement d’accord, nous devons affronter les problèmes tels qu’ils ont été construits. Mais devons-nous prendre le risque de laisser détourner l’héritage des luttes menée pendant tant d’années ? Sans radicalité « politique », le petit noyau décroissant peut avorter après avoir ouvert la voie à reprise en main par les mêmes.

      Le plus marrant est que j’ai défendu l’écologie et l’antiproductivsime depuis mes 13 ans, (j’en ai 63). Il y a quatre ans Paul Jorion ayant pris une position « contre la décroissance », d’un point de vue anti Heideggérien -si j’ai bien compris-, je me suis mis à réfléchir sur l’inversion de la décroissance à partir de l’idée que la croissance n’est en rien un procès d’hubris technologique, mais le purin imaginaire que laisse nécessairement derrière lui le capitalisme. Les classes moyennes qui se sont construites en adoptant les comportements adéquats à leur assimilation aux images proposée par le spectacle de la consommation n’y arrivent plus, la machine à produire les emplois du spectacle est coincée, il faut changer de type d’image, car nous sommes trois générations à avoir été élevés par spectacle et à avoir perdu l’idée qu’il existe des rapports sociaux réels sous-jacents aux images auxquelles nous nous assimilons. Les décroissants d’aujourd’hui, ne sont guère conscients de l’aliénation capitaliste -au sens des anciens marxistes- – en cinquante ans ils nous en auraient débarrassés. Je redoute à mon âge -, qu’ils ne tombent dans la simple adhésion à l’image inversée de la croissance, sans jamais considérer les rapports sociaux réels par lesquels ces images sont produites ; je n’ai pas le temps ici de rassembler les idylles sur le petit village convivial qui se retrouvent fréquemment dans la presse décroissante, vous les retrouverez facilement, elles soutiennent le fond affectif du mouvement : « préparons-nous entre nous au pire, tenons-nous chaud ».
      Par ailleurs, quand je mets en avant le terme « libertaire », je m’inquiète de l’adhésion enthousiaste de Michel Lambotte à propos des jardins communautaires.
      Ce sont des approche du même type que le Grenelle de l’Environnement , dénoncées par Fabrice Nicolino dans « Qui a tué l’écologie ».

      A+

      1. Jean-Luce,

        Les associations regroupent des individus qui se regroupent pour défendre une même cause : plutôt que de les enfermer par votre analyse dans une espèce d’école, avec sa hiérarchie et les difficultés d’y apporter du sang neuf, ne pensez-vous pas qu’il serait temps de chercher à les associer à votre cosmogonie, à d’autres cosmogonies : ça s’appelle le dialogue. Vous savez ce qu’on dit : la critique est facile… Ces associations ont comme seule qualité d’être dans l’action, peut-être n’est-elle pas bonne, ou insuffisante, mais elle est. Leur défaut est le même que le vôtre : ils restent enfermés dans leur école. Or c’est l’union qui fait la force.

        Allons-y, non ? Comme le dit fujisan, pourquoi pas ? Pour moi, il faudra juste reprendre le É majuscule de ECCÉ, et le garder pour la suite !

      2. « Les décroissants d’aujourd’hui, ne sont guère conscients de l’aliénation capitaliste -au sens des anciens marxistes- – en cinquante ans ils nous en auraient débarrassés. Je redoute à mon âge -, qu’ils ne tombent dans la simple adhésion à l’image inversée de la croissance, sans jamais considérer les rapports sociaux réels par lesquels ces images sont produites ; je n’ai pas le temps ici de rassembler les idylles sur le petit village convivial qui se retrouvent fréquemment dans la presse décroissante, vous les retrouverez facilement, elles soutiennent le fond affectif du mouvement : « préparons-nous entre nous au pire, tenons-nous chaud ». »

        Point de vue intéressant, mais je n’ai pas du tout l’impression de ce que vous décrivez. Cette génération de décroissants « inconscients » ne me parait guère exister qu’en marge du mouvement et n’en représente certainement pas le noyau progressiste.

        Les idées véhiculés par les anti-productivistes et plus récemment les décroissants ont plutôt tendance à faire leur petit chemin dans la gauche de la gauche (cf Mélenchon et Paul Ariès) et tout ça me semble très sain.

      3. je me suis mis à réfléchir sur l’inversion de la décroissance à partir de l’idée que la croissance n’est en rien un procès d’hubris technologique, mais le purin imaginaire que laisse nécessairement derrière lui le capitalisme.

        Dans le langage de Bernard Stiegler, j’aurais tendance à interpréter le « purin imaginaire » comme le résultat de la seule adaptation aux techniques (« techniques » qui comprennent celles des industries de progamme et qui définissent les contenus de nos iPad twittant désespérément), alors que le déséquilibre de l’homme ne permet de la sublimation (de la « liaison des pulsions ») que par des processus d’adoption (d' »hominisation ») des techniques et des supports de mémoires, c’est-à-dire de l’élaboration de « systèmes associés » autour de ces supports/techniques, sièges d’une réciprocité spontanée entre les locuteurs qui s’y expriment.

        Exemple de « système associé » : le langage lui-même. Le petit humain l’apprend, et cela lui coute émotionnellement (pleurer car on peut exprimer ce qu’on désir, une protention, mais se voir opposer un « non » de langage, pas une impossibilité matérielle…) .

        L’écriture, l’édition de livre. Toutefois, chaque technique, même « adoptée » est un « pharmakon » avec aussi des défauts, l’imprimeur en mal de vente se satisfera de libelles et pamphlets calomniateurs, pas si longtemps après Gutenberg, le sophiste dynamitera l’autonomie raisonnante du langage de Platon ou Aristote, etc.

        Pour les systèmes associés plus modernes, se tourner vers Linux, wikipedia, etc. .. Et méditer : quelles minorités perceront dans des pratiques « adoptées ». Quel désublimation nous réservent les espoirs ambigus des réseaux sociaux ? Spectacles eux-aussi ou émergence, comme le soutiendrait assurément un Rifkin ?

  5. « […] la trivialité de la critique des valeurs productivistes/consuméristes par les décroissants servira la cause des redistributeurs de gauche, comme de droite, lesquels remplaceront la gestion de l’abondance « illusoire » par le management de la pénurie « objective » en tant que modalité de leur consolidation – comme classe – dans le processus d’émergence du mode de domination bientôt appelé à remplacer le capitalisme. »

    Tout ceci me parait bien éloigné des valeurs des objecteurs de croissance : gratuité des besoins fondamentaux, revenu maximum, revenu universel, société du partage, etc.
    A moins que l’auteur craigne une récupération des valeurs de la décroissance par les dominants qui feraient alors croire aux pauvres qu’ils sont plus heureux d’être pauvres afin de maintenir leur mode de vie sur-consumériste et leur domination?
    C’est quelque chose dont les objecteurs de croissance sont bel et bien conscients.

    1. Bonjour,

      Les objecteurs de croissance sont de bonne volonté et la question de la décroissance est complexe, néanmoins la plupart du temps, ils ne me semblent pas à l’avant-garde lorsqu’il s’agit de combattre le business des boutiques de repassage de proximité. Pour débattre de ce sujet, nous pourrions démarrer des réflexions accumulées et décantées par Serge Latouche pendant des décennies et qu’il constate:

      « la décroissance n’a pas de sujet historique porteur ».

      S. Latouche, Vers une société d’abondance frugale, mille et une nuit, 5,5€ pp. 176

      « Fujisan » ne pourrait-il pas pourrait nous ouvrir un blog spécifique sur cette question essentielle ?

      A+

      1. @ Tassin
        « Les entreprises visées par le système des titres-services sont e.a. des sociétés commerciales » Service fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale

        C’est à but lucratif … pour l’employeur. C’est de l’exploitation sans objectif d’insertion, d’autonomie… C’est doublement financé par l’état, càd les impôts : 1° Complément de salaire, 2° Déduction fiscale pour les utilisateurs.

      2. @ Fusijan :

        Désolé je ne suis pas au courant de l’actualité Belge, je voyais donc la remarque sur les pressing tomber comme un cheveu sur la soupe.

      3. @Tassin,

        Pouvez-vous nous aider à avancer ?
        En France vous avez « les services d’aide à la personne » que vous payez 17,4 € de l’heure, transformé en 8,5 € effectifs, puisque vous bénéficier d’une réduction de 50% d’impôt. Combien touche le travailleur la travailleuse, où va la différence ? J’entendais récemment sur France Inter que les collectivités n’embauchent plus que du « précaire », ça veut dire quoi ?

        Merci, a+

      4. @Jean-Luce Morlie

        Il se trouve justement que dans mon coin comme apparemment dans plusieurs autres régions de France, l’ADMR, réseau associatif d’aide à la personne connaisse quelques difficultés financières et administratives.

        Je cite, entre autres:

        Dans le Pas-de-Calais, l’ancien directeur émargeait à plus de20.000EUR brut par mois, sans compter des avantages annexes. Le tout dûment cautionné par le président de l’époque, aujourd’hui décédé. Le dossier a été transmis au SRPJ de Lille. Une enquête est ouverte.

      5. @ Jean-Luce :
        Pas forcément une réduction et pas forcément bénéficiaire.
        L’intervenante salariée par la structure, sauf qualif ou diplome, touche généralement le SMIC, soit 7€ net environ, 9€ brut environ et 20% environ du brut (soit 1,80€). Total : 10,80€
        Différence : 7€ brut. Sur lesquels il faut enlever les charges de structure, les frais de déplacements (convention collective : 0,35€/km) souvent très importants, etc.
        En général, en secteur associatif, les marges, brut, se situent à 10% de la tarification.
        Maintenant, si on parle grille indiciaire et qualif, c’est encore moins, sauf si la tarification augmente, et donc la prise en charge et donc les dépenses sociales …
        Pour les assoc, TVA 0% mais taxe sur les salaires (peut être importante si masse salariale explose).
        C’est pas vraiment là où on fait du gras et en ce moment, on commence à licencier, après avoir réduit les contrats d’usage.
        @ Dissonance :
        hellu … long time
        Pour l’ADMR, comme pour les autres, c’est régime ‘serré’, pas tant pour cause de détournement de fonds (j’avais vu le cas : marginal) que par le problème d’étranglement financier : plus de 80% de l’activité dépend des prises en charge, dont une très grande part (3/4 de tête) pour l’APA. Les niveaux de tarification sont trop bas pour payer les salariées au ‘juste prix’ : elles partent alors en structure collective ou en emploi direct (‘mieux’ payée).
        D’où turn over, motivation, qualité, fuite des clients, … mais tout en devant servir les vieux ravitaillés par les corbacs … Of curse.

    2. @ Tassin :
      Pas une récupération. C’est le système, face à sa défaillance, qui ‘produit’ socialement ce type de ‘réponse’.
      Être conscient ne permet pas de s’extraire de l’instrumentalisation. C’est le même problème sur d’autres domaines, par ailleurs : bio, commerce équitable, etc.
      Cordialement.

    3. @Jean-Luce Morlie
      « Les objecteurs de croissance ne me semblent pas à l’avant-garde lorsqu’il s’agit de combattre le business des boutiques de repassage de proximité »
      Peu pas tout faire… Des assosses ont autrement plus d’expérience de terrain sont mieux à même de dénoncer les dérives du business de proximité. Par ex. mouvement Luttes Solidarités Travail. J’en ai causé lors d’une table ronde de la plate-forme Associations 21 au Mundo-B sur le rapport au politique, intrumentalisation, récupération, neutralisation par participation pilotée par les politiques… (Je vous l’avais d’ailleurs renseigné).

      « « Fujisan » ne pourrait-il pas pourrait nous ouvrir un blog spécifique sur cette question essentielle ? »
      Et pourquoi pas ? 😉
      NB je déménage prochainement, pas trop le temps…

  6. @ Jean-Luce :
    Bueno boleto …
    Mais questions :
    Municipalisme‘ (moulte fois) : quesakoà ?
    la classe moyenne’ : quesakoà ?
    ‘vision objective de la réalité’ : quesakoà ?
    ‘5 août 1914’ : pas avant, c’est sûr ?

    1. « Zébu »

      Tu as déjà objecté sur LA classe moyenne, et je voulais te répondre implicitement dans le texte, en montrant le mouvement du passage du pluriel au singulier en écrivant :

      « Le capitalisme a produit les classes moyennes comme machines à consommer et à rêver : en les détruisant, il l’unifie. Les classes moyennes savent que le rêve est brisé, elles devinent la tricherie, mais ne perçoivent pas encore qui la met en scène. »

      Hélas, je ne me suis pas bien relu, et « l’unifie » est devenu « s’unifie ». Zut, j’ai fichu en l’air le mouvement du texte ! Je réexplique.

      Les économistes définissent les classes moyennes par un intervalle de revenu (variable selon les nécessités d’une démonstration), de leur côté, les sociologues la constituent comme un catalogue de situations sociales assez disparates allant de « l’employé municipal », au « chef d’entreprise » ; les plus radicaux considéreront que « les classes moyennes » sont un mythe et font partie du prolétariat. Questionnée à ce sujet, environ quarante pour cent de la population estiment appartenir à la « classe moyenne », soit que, venant du bas, ils aspirent à son style de consommation, soit que , par le haut, se dire « petit bourgeois » stérilise les valeurs « d’ascension sociale » et de « travail » nécessaire à la justification de l’american way of life.
      Ce sont là des approches de la sociologie « académiques bourgeoises, une sociologie plus radicale considérera que les classes sociales se définissent mutuellement 1 par les rapports sociaux qu’elles entretiennent entre-elles (par exemple le salariat) et 2 leur conscience « de classe » en prenant conscience des rapports sociaux par lesquels elle est constituée.

      En résumé, la vitesse démolition des différentes classes moyennes créerait, pour un bref instant, les conditions de l’accession à une conscience de classe globale des classes moyennes, en Belgique une bonne partie des bons bourgeois bien assis jusqu’à l’employé – communiste- ayant bien épargné tout au long d’une vie de probité sincère, ont déjà été rincés dans leurs placements de père de famille chez Fortis, quand les pensions et le reste vont valser, il y a encore une petite chance pour que la prise de conscience opère sous forme: « tout ça, c’était du vent ». C’est le rapport social de mise en scène et la disparition d’un mode de mise en scène qui unifie l’apparente diversité des classes moyennes. Bien entendu, tous les partis ayant laissé monter la sauce de la société spectaculaire marchande, y compris la galaxie des gauches extrêmes, n’ont aucun intérêt à cette prise de conscience. Mais le véritable enjeu de toute l’affaire est serait est la mise à jour de la classe sociale invisible.

      « Municipalisme ».

      -méthode de gouvernement s’appuyant sur l’administration municipale
      -doctrine prônant l’intervention des municipalités dans les questions économiques

      Le terme était employé jadis « en sociologie française » dans un très vieux débat entre le centralisme et la délégation de pouvoirs aux Maires (à ressortir ). En Belgique les bourgmestres gonflent le torse en tant que « municipalistes », c’est une caractéristique d’un système politique formidablement « particratique », et « piliarisé » (autour des piliers que sont les syndicats, mutuelles de chaque bord, etc.) ce qui est une façon de parler pour « clientélisme» – Municipalisme = clientélisme au niveau local – par ailleurs nous avons assistés partout à la délégation de pouvoir vers le local, en deux mots ; « que le local gère la m. , nous on peut plus on veut plus ». Avec la faillite des États et le manque des sous, les Maires accentuerons les Partenariats Public Privé, genre Aubry et son stade.

      Naturellement je l’utilise en référence au municipalisme libertaire de Murray Bookchin

      Dans la déglingue générale, et comme il faut bien vivre ensemble, les communes seront au premier rang, et naturellement si tu veux que ton entreprise y prospère, il vaudra mieux avoir la commune dans son carnet de commandes, et aussi si tu veux un logement social et il vaut mieux être « encarté alimentaire » et faire de la politique aux heures de bureau que d’aller curer les fossés avec les rmistes. Le plus incroyable est que tous sont sincères, et là je ne fais pas d’humour, ils font de la redistribution selon l’expression -sincère – d’un des Guérini à Marseille, (cf. Mediapart). J’ai entendu la même justification il y a bien des années… en Belgique
      Attali soulignait (commenté et référencé ici ) cette tension entre les intérêts d’élus locaux et nationaux, de son côté, le sociologue Julien Rémi constate que les rétributions du militantisme deviennent avant tout municipales
      Julien Rémi,Le socialisme français soluble dans l’institution municipale ? Forme partisane et emprise institutionnelle : Roubaix (1892-1983)

      Troisième point… euhh…euuh

      D’abord, j’ai écrit « vision objective des classes sociales » ce qui diffère de « réalité » ; je t’explique comment je bricole le concept de façon à ce que nous puissions nous entendre sans ambiguité et se prendre la tête là-dessus. Distinguons entre réalité du premier ordre ( physique) et réalité du deuxième ordre (psycho-sociale)

      Pour la physique, la seule chose que tu peux tenter de savoir c’est la façon dont tu te construis une image d’un truc qui assurément est là… naturellement tu te goures dans la façon d’assembler tes petits bouts d’images, et quand tu imagines que la chaise est à gauche et que tu t’assieds à droite, et bien tu te dis que l’image que t’avais de la chaise entre en conflit avec l’image que tu te faisais de ton corps pour les prochaines minutes, laquelle est devenue subitement plus désagréable que tu croyais qu’elle allait continuer à être, L’univers à ses règles du jeu et toi, tu ne les connais pas.
      Pour la « vie en société », c’est plus facile, quand tout le monde décide qu’il est bon de « roter » après dîner et bien tu conformes à l’image que les autres attendent de toi tu « rotes » avec tout le monde. La règle du jeu est explicite, tu connais la règle et il n’y en a qu’une. Pour faire court, toute société est instituée dans l’imaginaire, les sociétés plus anciennes jouaient à « tope là, cochon qui s’en dédit », certaines des sociétés qui nous précèdent admettaient l’usage du port du masque, mais au moment de combattre, noblement, on l’enlevait. Dans les nôtres, nous ne savons plus que nous portons un masque et il y a deux règles du jeu, j’appelle « vision objective des classes sociales » la règle du jeu que nous nous efforçons collectivement d’oublier et qui engendre la domination des uns par les autres. Il est vrai que l’usage du terme « objectif » entraine avec lui un vieux relent de matérialisme et qu’il vaudrait mieux s’en débarrasser.

      C’est simplement une date charnière en référence à Rosa Luxembourg, « socialisme ou barbarie »,

      A+

      1. ah ben merci, maintenant, j’ai 3 heures de lecture, c’est gentil … ,)
        bon, j’essaierais de répondre

      2. Je crois que j’ai compris et que je peux même en donner un exemple, du municipalisme:

        http://www.lemoniteur.fr/133-amenagement/article/actualite/855428-un-pole-metropolitain-entre-nantes-et-saint-nazaire

        Le moniteur ne fait de commentaires,

        le journal Presse ocean relevait (le 20 juin ?) que ce projet de pole métropolitain, invention du gouvernement actuel de droite, libère les maires de l’avis de autres grandes colllectivités que sont le département et la région. Toutes les collectivités impliquées ici sont dirigées par des socialistes, mais ces dirigeants ne s’entendent pas, comme dans Shakespeare). Les maires des communes de petite taille ont été interrogés et un a répondu ( je résume) « mais que voulez vous que l’on fasse!, on suivra ».

        Voilà le municipalisme ce que j’en saisi: des villes centres , des élus qui cumulent des mandats dans l’espace et le temps, d’autres élus qui veulent le rester même sans pouvoir effectifs, des oppositions municipales inexistantes. Une information très opaque. Les femmes absentes aussi des tetes d’affiche.

        merci de vos retours

        Dalio

      3. @dalio

        Merci du lien au pôle métropolitain entre Nantes -Saint-Nazaire,

        Je ne suis pas opposé au modernisme en soi, mais, par précaution, je m’interroge sur les voies du green « washing politique », et l’utilisation du renouveau comme modalité de réconforter une organisation du pouvoir vacillante.

        L’opposition gauche droite entre – deux villes pôles- (à droite) et un brouillard de petites mairies (à gauche) ne me semble pas, ici,essentielle. L’ambition du projet lauréat du concours éco cités devrait, en toute logique, voir débarquer pléiades d’investisseurs prêts à toute forme de green business innovant.

        Où ira l’argent, quelles sont les associations qui seront chargées de promouvoir « l’allègement de la trace écologique du nouveau mode vie citoyens ». Quels sont les montants, le type de contrat des rentes situations accordées aux propriétaires des terrains sur lesquelles éoliennes sont bâties, milles pistes permettront de saisir les dynamiques en cours, si nous voulons combattre l’asservissement qui n’a de volontaire que de nom
        Le « pôle » soutient-il les jardins collectifs, l’objectif de qualification sociale est-il clairement annoncé, ce n’est pas tout de le dire sur le papier, de rendre des tas de rapports, encore faut-il que l’action de qualification sociale soit portée avec sincérité.

        A+

    2. @ Jean-Luce :
      De retour.
      Sur la classe moyenne, ok. cf. mon post plus bas, sur le prolétariat et la classe moyenne. Dans le cadre d’une sociologie plus radicale, je dirais que la question clivante n’est plus le salaire (bien que les forces centrifuges produisent aussi en son sein) mas bien la question du patrimoine : en a-t-on ou pas ?
      Ce que tu décris par ailleurs, avec l’employé municipal dont les placements à Fortis sont lessivés.
      Quand le patrimoine sera touché et seulement alors (crise immobilière, défaut public sur la dette entrainant une déflation des actifs détenus par cette ‘classe moyenne’, paupérisation, chomage croissant, …), la ‘classe moyenne’, celle qui avait un petit patrimoine, aura alors, peut-être, une conscience ‘de classe’, à savoir la conscience d’appartenir à la ‘classe de ceux qui ont perdu’.
      Quelque chose ou tout court.

      Sur le municipalisme, cela me semble vrai pour le PS et une parti de la gauche et des verts mais bien moins pour les partis de droite, pour la bonne et simple raison que leur raison de vivre et leur légitimité internationale (aux yeux de la finance), c’est justement le pouvoir national et/ou transnational (europe). Car ces politiques sont en phase avec la globalisation libérale (à l’inverse, le municipalisme est vécu et vendu comme une capacité à résister au libéralisme, national et international). Cette configuration est dépendante du contexte actuel (contingence).

      Vu pour le 05 août 1914.

  7. Il faut casser le règne des experts et reprendre en main des marges d’autonomie grandissante. Partir du bas, du municipalisme, certes…après j’ai du mal à l’envisager, Etienne Chouart dirait qu’il faut « ré-instituer » le tirage au sort au-delà du cadre municipale pour que l’amateurisme politique perdure. On se base sur le bon sens et non sur le savoir captif de l’expertise (ENA, etc) que représente le pouvoir oligarchique. Il y a certainement tout un système « rééllement » démocratique à envisager, à essayer.
    Mais cependant ce qui m’étonne dans ce texte c’est qu’il n’y a pas de critique du spectacle, c’est à dire d’un système d’asphyxie de la conscience, cette autre ressource, ce sol de l’esprit, contaminé, asservi, intoxiqué. Effectivement, il n’y a pas les bons et les mauvais, il y a quelque chose de pourri en nous, de bétonnage toxique, qu’il s’agit aussi de recycler, de cesser ce gaspillage énergétique qu’impose le devenir-marchandise des consciences. Une critique de l’esthétique, de la culture, de l’école, également dévoyés.

  8. @ Jean-Luce
    « Plus encore, le mouvement actuel de l’Histoire demande de retourner la critique situationniste sur elle-même ; lorsque le vrai est un moment du faux, la fausse conscience de la classe moyenne est la vérité de l’Histoire sur laquelle il faut bâtir. »

    Vous pouvez développer ?

  9. « Bureaucraties municipalistes, social-démocraties consuméristes, gestion de la sobriété, fin de la lutte des classes » = nombrilisme petit-bourgeois occidentaliste.

    La planète est faite de 3/4 de gens qui crèvent de faim et pour qui il s’agit de la vie ou de la mort. Nos lendemains seront faits de guerres, internationales ou civiles, réactionnaires ou révolutionnaires.

  10. @ »Marius »

    je comprend votre révolte contre l’asservissement, et je vous recopie l’adresse d’un de mes derniers « post » – ici – dans lequel j’abordais le problème de la guerre civile. de la façon suivante :

    Nous sommes tous confrontés à cet enjeu collectif : éviter la guerre civile, notre système anthropotechnique ne résisterait pas, ET, éviter que l’évitement de la guerre civile ne renouvelle subtilement l’asservissement .

    A+!

  11. …N’importe quel politique le sait: lorsque l’on touche aux conditions de vie de la classe moyenne, le système devient rapidement instable!
    Donc, la bonne vieille technique du « homard à la nage » est préférable à la recette du « choc » chère à Naomi Klein; résultat des courses: si vous plongez directement le crustacé vivant dans l’eau bouillante, il va s’agiter dans tous les sens et vous en mettre de partout dans la cuisine! par contre, si vous le plongez dans l’eau froide et vous mettez la gamelle à chauffer, au moment où le homard commence à se dire « holà, il fait un peu chaud là dedans »…ben il est déjà à moitié cuit…sans réaction, l’animal!
    C’est exactement la même chose avec le populo européen prié de se serrer la ceinture, et de plusieurs crans!
    C’est trop tard les gars, les carottes sont cuites!

  12. C’est exactement ça : une oligarchie richissime qui contrôle financièrement et un groupe d’apparatchiks à leur solde chargé de transmettre le message via leurs positions d’élus à la masse.

    C’est la réalité.

    1. Bonjour Robert Mideau

      Puis-je me permettre de chipoter un peu ?

      Voici, vous établissez un ordre hiérarchique stric, (1) c’est , à mon avis, insuffisant pour expliquer le système de domination. Devant la faillite des Etats, ce seront les bureaucraties locales qui seront demandeuses, c’est elles qui feront faire appel à l’oligarchie afin d’obtenir les outils de contrôle social leur permettant de tenir la place qu’elles occupent. L’eau, le gaz l’électricité, l’offre de soins, etc. Au travers de ces temps troublés, les partenariats public privé sont annoncés !

      A+

      1. Bonjour,

        La domination a été effectuée aux moyens de promesses d’une construction européenne qui aurait des résultats mirifiques dont les bénéfices rejailliraient forcément sur chacun. Une fois les bases de la construction acceptées, son fonctionnement et ses attributions d’aides juteuses occultes ont été laissées entre les mains d’apparatchiks soigneusement sélectionnés ne pipant mots sur le mode de fonctionnement. Or, en simplifiant à l’extrême, il semble qu’on soit revenu au fonctionnement de l’Europe de Louis XVI et ses économies antagonistes avec les successeurs de la Prusse, de l’Angleterre, de la Russie, de l’empire Austro Hongrois et de l’empire Ottoman, sur fond de pétrole, avec en prime une Chine montée en puissance.
        Le résultat mitigé de la construction européenne n’est pas en rapport avec les messages médiatiques dispensés sur sa construction aux fils des décennies pour en faire admettre le concept aux masses. Il est à examiner de près, compte tenu de ce qui nous attend si la masse continue à se laisser gruger sur les desseins réels recherchés par ceux qui tirent les ficelles et engrangent les profits (l’oligarchie financière et ses apparatchiks rétribués grassement, placés aux endroits stratégiques par élection). Bien que les explications soient rarissimes, il apparaît assez nettement que les représentant de la Grèce ont bien compris que seule la menace de faire exploser le système monétaire et bancaire européen, en ne payant pas la prochaine échéance, débloquerait les prêts : elle réclame donc 110 milliards d’Euros au plus vite, faute de quoi elle sera défaillante. Alors, sa dette globale sera ramenée à zéro et ses créanciers, dont les banques françaises ( Crédit Agricole entre autres) devront provisionner des milliards de pertes représentées par leurs créances devenues de valeur nulles.
        Et même si les trésoreries lâchent encore 110 milliards, il en faudra encore beaucoup plus pour soutenir l’économie du Portugal et de l’Espagne (pour commencer).

        Par quel système pervers en est on arrivé là ? par différents actes occultes entrepris au cours de cette construction européenne de bric et de broc créant un gouffre. Avoir fait passer l’Europe de 12 à 27 sans modifier la gouvernance du système financier, en laissant des apparatchiks dispenser des prêts énormes sans frein ni contrôle, est aberrant.

  13. Je ne sais combien de livres, de kilomètres de commentaires ont été écrits, de paroles prononcées, de bonnes vidéos produites sur les causes de la situation actuelle. Combien de pétitions signées, de manifestations d’indignation effectuées pour dénoncer cette situation. Des tas de gens de qualité ont fait des analyses pertinentes de la situation, et préconisé des solutions.
    Mais pour autant la classe qui pilote le système le verrouille chaque fois un peu plus. Si les choses continuent ainsi, je pense que nous n’échapperons pas à à un dénouement qui sera de type processus insurrectionnel et révolutionnaire.
    Après la première guerre mondiale, les classes qui avaient fait le lit du fascisme et du nazisme dans les années 20 et 30 se sont trouvées discréditées: pendant les années appelées 30 glorieuses, où il y avait des partis communistes forts dans beaucoup de pays d’Europe. Les avancées sur le plan social issue des propositions du Conseil National de la Résistance ont permis la reconstruction d’après guerre, tout en améliorant les conditions économiques et sociales des populations.
    Mais le taux de profit a souffert de ces avancées, l’inflation euthanasiait les rentiers, les mouvements contestataires de la fin des années soixante ont fait le reste.
    La classe capitaliste a relevé la tête à la fin des années 70 (sur fond de crise énergétique), en récupérant les aspirations libertaires des manifestants de 68, et en les transposant en une idéologie dite néo-libérale sur le plan économique.
    Avec Reagan, Thatcher, Pinochet disciples des Chicago boys, la contre révolution a été engagée, les partis communistes ont été réduit à néant (avec le concours actif des sociaux-démocrates dans les pays démocratiques, de la CIA et des forces armées au Chili par exemple), et ils se sont totalement effondrés après la chute de l’URSS.
    A partir de 89, la voie était libre pour le retour d’une classe capitaliste décomplexée, qui dès lors n’a plus eu pour objectif que de prendre sa revanche sur les années où elle avait dû courber la tête: en particulier en obtenant des gouvernements des dérégulations à tout-va.
    Le projet européen de paix et d’harmonie entre les peuples a lui même été récupéré, pour faire de la CEE, une zone de libre échange, de libre circulation des capitaux, de mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux: ce qui in fine conduit au démantèlement systématique des conquêtes de l’après guerre, et à la mise en cause de la survie de l’euro.
    C’est ainsi que Warren Buffet de l’autre côté de l’Atlantique a pu déclarer: » Ma classe, celle des riches a gagné ».
    La part des salaires s’est en effet sans cesse amenuisée, au profit des actionnaires, mais le système a continué à fonctionner grâce au surendettement de salariés de plus en plus pauvre. Jusqu’ à la crise financière de 2008, dite des « subprimes » aux USA.
    Pour autant loin de changer leur fusil d’épaule les « contre-révolutionnaires » ont choisi d’ hyper-endetter les états pour sauver les banques qui avaient gravement fauté, et ont saisi cette opportunité pour justifier de nouvelles mesures d’austérité qui visent à démanteler le « Welfare State », en commençant par les pays les plus petits: PIIGS.
    Les peuples renâclent de plus en plus à accepter les purges qui leur sont administrées en cascades. Cependant pour l’instant, la classe dominante arrive à verrouiller la situation à son avantage, grâce au contrôle des principaux médias qui sont au service de ses intérêts, à la manipulation des informations qui y sont diffusées et à la mise en place de lois menaçant les libertés individuelles.
    Nous en sommes là, le mécontentement populaire grandit, mais ne cristallise pas.
    Grâce, en partie aux manoeuvres de détournement de la colère sur des boucs émissaires, à l’instrumentation de partis racistes et xénophobes qui permettent de canaliser ce mécontentement, sans pour autant menacer les intérêts de la classe dominante.
    La clé de la situation est dans la classe moyenne, rejoindra-t-elle le mécontentement populaire, ou restera-t-elle fidèle à ses maîtres de la classe supérieure dominante ? Le développement ou pas d’un processus CONTRE « contre-révolutionnaire » dépendra de ce que fera à court et moyen terme la classe moyenne, du moins son ventre mou actuellement bien malmené.

  14. Copie à Paul JOrion

    En marge de se que vous écrivez et que j’approuve, pourriez vous tenter de m’expliquer les changements à Marianne et à M2.FR, qui nous a mis en rapport. L’éditorial de Jacques Julliard dans me Marianne N° 740 de cette semaine est stupéfiant. Le souverainiste redevient le NONISTE d’une époque: borné, pas dans le coup,débile mentale. Puis dans les RABATTEURS DU FN de Jacq Dion ce même souverainistes est accusé de défendre les idée de Madame Le Pen!

    Moi qui suis JFK depuis des années, je l’ai vu changer, et il est parti en laissant les clés aux sociodémos libéraux.

    je crois que je prendrai, dorénavant contact directement sur le blog de Jorion, car je suis écoeuré.

  15. à jean-luc morlie,

    merci pour ce billet pertinent et ambitieux.

    L’horizon de cette révolution ne sera pas la dictature du prolétariat ou d’une classe quelconque, mais l’actualisation des acquis de quarante années de luttes pour une raison écologique ré-ancrées dans les rapports de forces réels entre classes sociales.

    l’écologie porte en elle-même une éthique et c’est en cela qu’elle est révolutionnaire, les écologistes eucaryotes finiront par phagocyter les socialistes procaryotes représentants d’une forme primitive de rêveurs.

    plus tard le socialisme sera vu comme un premier jet réactionnaire et délétère de lutte sociale, sans fondement sacré.
    le tout aboutissant aux deux écueils aujourd’hui admis: athéisme forcené, rejet total jusqu’à l’absurdité de la condition humaine.

    avec l’écologie même plus besoin de faire intervenir de conception divine, il suffit de s’humilier devant les mystères insondables qui constituent notre univers..

    même minc et attali, après toute une vie de conceptualisations plus stupides les unes que les autres sont forcées d’en convenir, c’est dire la portée du truc: il n’y a pas de survivant sur terre.

    la certitude de la mort, voilà un bon carburant pour savoir, parfois, dire Merde.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=25060#comment-190200

    cdt

  16. @ Jean-Luce

    Félicitations pour ce tres bel article, Jean-Luce. J’arrive un peu tard dans le débat, et certains échanges m’ont peut-être échappé, mais il me semble qu’il omet un point important qui est celui de l’avenir du travail salarié. La technologie (intelligence artificielle, informatisation, automatisation, robotisation…) et la concurrence sociale (bas salaires, absence de protection sociale…) et sa logique de délocalisation réduisent de plus en plus le travail offert à la marchandisation de l’intermédiation commerciale, économique, sociale….. Or cette intermediation est elle-même doublement menacée par la technologie Internet, d’une part, et d’autre part par la diminution des revenus des classes moyennes qui entraine une baisse de leur pouvoir d’achat, et un rendement décroissant des impôts, et donc de l’argent disponible pour la redistribution: moins de classes moyennes, c’est forcement moins de rentrées fiscales car les pauvres ne peuvent pas payer, et les riches ont de nombreux moyens de ne pas le faire.

    Il me semble que l’important aujourd’hui est le rapport au travail : si l’on exclue les porteurs de parachutes dorés des échelons élevés et les quelques emplois stratégiques (R&D, Marketing, gestion des « supply chains…) aucun emploi n’est vraiment sécurisé dans le long terme.

    Les américains sont déjà largement entres dans cette phase d’attrition de la phase moyenne. Depuis 20 ans, les « ordinateurs » ont laminé les hiérarchies intermédiaires, l’automatisation a réduit les emplois productifs qualifiés, et les délocalisations ont transféré les autres dans les pays à faible cout de main d’œuvre. Le chômage n’a certes pas massivement augmenté, mais il est probable qu’au moins 20% des emplois ont déjà été déqualifie quand les cadres moyens et les techniciens ont du se reconvertir « vers le bas » pour survivre. Cette attrition n’est pas terminée. Dans une société de services où l’essentiel de la valeur ajoutée résulte de l’intermédiation, tout peut s’effondrer tres rapidement au delà d’un certain seuil de diminution des revenus disponibles: quand le vendeur de photocopieuses ne peut plus acheter de voitures, ni l’un ni l’autre ne peuvent acheter dans le Mall et l’effet domino peut être dévastateur.

    Est-ce pour autant une catastrophe? Je ne le pense pas : les américains commencent à réaliser que la marchandisation universelle apporte du confort mais pas forcement du mieux vivre. On peut par exemple, pour nettement moins cher, inviter les amis à la maison pour un bon repas et un film ou un spectacle au lieu de faire un classique restau/ciné. On peut, surtout, décider que l’un des parents prendra en charge l’éducation des enfants au lieu de la sous traiter, ou décider que les ainés termineront leurs jours chez eux, dans leur famille, comme ils l’ont toujours fait jusqu’à il y a peu.

    La « croissance Potemkine» de la marchandisation et de la « privatisation » à tout va a crée des illusions qu’il serait sans doute utile de remettre rapidement en cause : ce n’est pas un drame, c’est une opportunité. La solution est sans doute dans le vieux slogan écologique : agir autonome et local, mais penser globalement et collectif.

    Jean-Paul

    1. @ Jean-Paul,

      C’est une grande joie de te lire,

      tu abordes l’avenir du travail salarié, c’est une question que je crois également essentielle ! Pourquoi ne pas envoyer un billet sur ce thème à Paul, et inviter le cerveau collectif à une le discuter en profondeur. Pour le dire ici en quatrième vitesse, le « système » (et il conviendrait que nous ayons une image non volontairement faussée de la géométrie des forces qui le structure, va devoir se chercher d’autres modes de contrôle social pour venir en appoint du salariat déficient!)

      Florence Aubenas nous montre combien le nouvel esclavage moderne est dur, la mégamachine et bien trop fragile que pour fonctionner dans un style « dur et pur », avec cinquante 50% de riches contre 50% il va bien falloir reformuler tout ça. Par quels groupes sociaux par quelles modalités et par quels chemins … l’affaire est à suivre. Sans doute pourrais-tu me reprocher d’être un peu trop pessimiste, et que les nouvelles modalités de contrôle social ne s’exerceront pas nécessaires au travers de rapports de domination, c’est ASSURÉMENT POSSIBLE ! Mais comme l’alliance de l’oligarchie et des pouvoirs locaux sera renforcée en proportion de l’affaiblissement de l’ Etat, elle sera provisoirement la seule façon de ne pas crever de froid dans des barres de quinze étages, non chauffées et toujours aussi mal isolées, le système s’équilibrera cahin-caha. Sauf qu’à l’intérieur des classes moyennes, toute une série de groupes dont il conviendrait de définir la géométrie spécifique et sur toute l’échelle de la hiérarchie arrête pomper l’air à tout le monde. Il me semble que le chemin que j’essaie d’éclaircir repose sur le même principe de retour à la réalité que Propose Pierre Sarton du Jonchay pour la monnaie, ma conviction profonde est que, pour un créneau d’une dizaine d’années, les classes moyennes peuvent porter un rôle authentiquement révolutionnaire en repoussant l’aliénation qui vient et en construisant les conditions qui permettront de la repousser toujours davantage.

      Amitiés,

      jean-luce

      1. J’aime bien ta conclusion, car je crois que la nouveauté est effectivement la situation « révolutionnaire » que crée la prolétarisation des classes moyennes des pays développés, progressivement marginalisée sur le marché du travail par la technologie et la concurrence de la main d’œuvre des pays émergents et que la rigueur des politiques de rééquilibrage des budgets publics va brutalement accélérer dans de nombreux pays. Or ces classes moyennes « sont » la démocratie qui est donc le véritable enjeu de la crise actuelle, comme le prouve la montée des dérives extrémistes dont l’oligarchie en place s’accommode parfaitement tout en les dénonçant officiellement pour la forme. Je crois que la réflexion sur le travail doit être d’abord une réflexion sur la croissance ; tant que l’on posera comme postulat que la sortie de crise passe par la croissance, on ira nulle part, car la croissance ne peut être obtenue qu’en transférant toujours plus d’activités dans le secteur marchand et en augmentant toujours plus la pression sur la biosphère. Découpler l’activité économique de la consommation de ressources épuisables est un effort appréciable mais insuffisant. Il faut aussi réapprendre l’autonomie pour retirer du « marché » des activités qui ne sont pas marchande par nature. La technologie le permet. Pourquoi ne pas en profiter ?

        Amitiés,

        Jean-Paul

  17. A lire l’excellent article et les commentaires forts pertinents, et en plus bien écrits, que rajouter ?
    Ben…le point de vue de l’hyper riche de base, singulièrement absent de cet échange intellectuel de haute volée!
    Evidemment, je n’ai pas la science des Pinçon – Charlot, donc je vous le livre à ma façon, cf mon pseudo:
     » A messieurs Morlie, Vignal et les autres…
    Je vois que le sort peu enviable des classes moyennes vous chiffonne, à tel point que l’on perçoit chez vous quelques envolées du style « l’insurrection qui vient » dans vos propos. Ne croyez pas que leur sort nous indiffère, bien au contraire, on s’en occupe, vous pensez bien!
    Cela dit, la chose vue du côté NAP ( Neuilly Auteuil Passy pour les ploucs ) et après discussion avec mes partenaires de jeu du Golf de Saint Nom la Bretèche ( c’est privé, on reste entre nous, rien que le gratin du CAC 40), voici notre point de vue:
    1 Après la crise de 29 et la 2° guerre mondiale, il fallait bien un peu se faire oublier et passer la main, donc les 30 glorieuses tout en surveillant du coin de l’oeil le camarade Staline pour le cas où il lui prendrait l’idée saugrenue de se porter au secours des prolétaires de tous pays avec ses chars d’assaut; on l’a donc joué pépère (sauf cas particuliers où l’on installe quelques galonnés aux manettes) pour éviter que les classes populaires ne soient trop d’humeur partageuse ( nous, on ne partage pas ); Et à l’époque, le monde n’était pas fini: il suffisait d’une pelle et d’une pioche pour creuser et trouver du pétrole, les colonies où l’on faisait suer le burnou nous fournissaient en produits bon marché ( la mondialisation ne date pas d’hier, mon coco, le bois d’ébène ça rapportait déjà pas mal ), les ressources semblaient inépuisables….jusqu’au jour où les enturbannés se sont mis dans l’idée d’augmenter le prix du baril, on connaît la suite, les trente piteuses…..
    2 Pour que la machine continue à fonctionner, nous avons baissé les impôts ( les nôtres ) monté tout un sac avec les paradis fiscaux pour y planquer la braise, invité les états à s’endetter auprès de nos banques, histoire de toucher les intérêts, baissé les salaires, remplacés par les crédits revolving; bien sûr, le truc ne pouvait pas durer ad vitam eternam, et quand on pense que c’est cette bande de fauchés américains qui ont cru se payer des sam suffit qui est à l’origine du bazar, il y a vraiment de quoi rigoler!
    3 Maintenant que la bise est venue, retour à la réalité, incontournable: primo, vous êtes trop nombreux, 2 milliards, passe encore, mais 6 ou 7, où voulez vous que l’on trouve les ressources pour vous garantir à peu près à tous le mode de vie occidental auquel vous êtes habitués ou auquel vous aspirez?il nous faudrait 4 planètes!, donc va falloir trier, sélectionner ceux qui y auront droit ( nous ) et ceux qui continueront à marcher sur leurs deux jambes pour se déplacer et gratter la terre pour trouver de quoi bouffer…( vous )
    Secundo, vous êtes trop nombreux ( bis ) et on ne va pas s’épuiser encore longtemps à essayer de vous contrôler afin que vous vous contentiez de moins en moins, mais de façon progressive, sauf accident….non, le truc, c’est de construire quelques châteaux forts judicieusement placés pour nous les riches, avec tout ce qu’il faut comme hallebardiers pour les défendre, et contempler du haut des remparts en sirotant des Mojitos servis par de pulpeuses soubrettes, les pauvres qui finiront bien par s’étriper entre eux, il n’y a qu’à voir en banlieue, c’est bien parti
    quand à nos employés ( la classe politique), ils feront leur devoir! et dans l’enthousiasme, svp
    Allez, salut les gars, bon courage pour la suite, vous allez en avoir besoin! »

    PS: que voulez vous, c’est la sélection naturelle…

    1. Bonjour,

      Cette situation s’apparente au synopsis d’un des films de zombies de George A Romero, celui de 2005, « le territoire des morts » http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Territoire_des_morts.

      Où le reste des humains est réparti en trois classes :
      1/ les riches : qui peuvent se payer un appartement dans une zone sous haute protection et bénéficiant de tout le confort et le luxe de la vie moderne ;

      2/ les employés : pour la sécurité et la logistique (production d’électricité, défense et maintien de l’ordre, approvisionnement en nourriture) ;

      3/ « le reste » : ils se débrouillent pour survivre dans un ghetto, ils manquent de nourriture et de soins mais les gardes protègent la zone des zombies.

      le tout entouré par les morts-vivants dont le seul but et de dévorer les vivants.

      Il n’y a qu’un point « positif » : en cas de simple morsure, on devient soi-même un zombie.

  18. Il serait bon de préciser « où se situe la classe moyenne » et d’en définir les critères. Où elle s’arrête et où commence la classe des « riches ».? C’est trop vague cette histoire de la « classe moyenne ». Quand je vois qu’à partir de 72000 euros de revenus annuels vous faites partie des 3% de Français classés « riches » ça me fait plus que me « bidonner » et sutout ça me fait pleurer de voir à quel point ce « Fisc français » est vraiment CON;

    1. C’est vrai que c’est un concept flou, mais je crois comprendre qu’il s’agit de ceux qui s’en réclament. NB Jean-Luce parle des classes moyennes (au pluriel).

      wikipédia dit :

      Si la classe moyenne est en voie de disparition, nombre d’individus s’en réclament. La classe moyenne est le stéréotype de « l’idéal raisonnable », elle permet l’accès à la consommation de masse sans avoir « la culpabilité de la classe possédante ».

      Selon une enquête de l’Insee de 2003, à la question : « A quelle classe avez vous le sentiment d’appartenir ? » 40% des adultes répondent : « à la classe moyenne », 23% : « à la classe ouvrière »…

  19. Je me demandes si en France, ou dans les pays industrialisés le prolétariat existe encore.

    Il me semble qu’avec la disparition des payes en liquide, de la mensualisation de l’embauche, le prolétariat ouvrier a disparu; sauf dans le monde rural. Du reste la protection sociale RMI/RSA a gommé le clivage, pendant que le patronat lui méme changeait de forme.

    Les classes moyennes commenceraient alors non plus a un seuil de revenus, mais des la stabilité du travail qui permet un endéttement bancaire…………

    1. Le prolétaire est celui qui n’a d’autre source de revenus que la vente de sa force de travail.

      Le terme est employé de cette manière au XXIIIe siècle. Il apparaît avec ce sens dans les discours de Robespierre. Celui ou celle dont la seule source de revenus est le salaire est un prolétaire. Une grande partie de la « classe moyenne » est constituée de prolétaires.

      1. Camarade Prolétaire du 23 ème siécle je te salue ! 🙂
        Je crois que les « colles bleues  » représentent encore 23 % des actifs en France.
        Qui « n’existent plus »….. Dans beaucoup d’esprits éclairés.

      2. J’ai une question : et le patrimoine ?
        Si un prolétaire, entrant dans cette définition, hérite d’un patrimoine ( mobilier, immobilier, etc.), celui-ci peut d’autant plus devenir une source de revenu que les droits de mutation en exonèrent une grande part (sinon la totalité sur un montant fort important), permettant alors au prolétaire de posséder une autre source de revenus (loyers).
        Idem pour les propriétaires-prolétaires, qui peuvent aussi générer une autre source de revenus, soit en loyers, soit en rente viagère, soit même potentiellement en plus-value en cas de revente ‘heureuse’.
        La question du patrimoine se pose pour la classe moyenne aujourd’hui comme elle ne se posait pas pour la classe ouvrière au 19ème siècle : une grande partie de cette classe moyenne est propriétaire, ne serait-ce qu’en propriété immobilière puisque 54% des ménages français sont propriétaires en moyenne, et certainement un peu plus pour la classe moyenne.
        Soit, vu la fiscalité du patrimoine, la possibilité ou la réalité de ne plus être seulement qu’un prolétaire.
        Au vu de votre définition, les prolétaires, les ‘vrai’, sont ceux qui n’ont aucun espoir de pouvoir hériter de leur fratrie de quoi que ce soit (si ce n’est de dettes ?) et qui ne sont que locataires et ont toutes les chances de le rester.
        Soit, au final, assez peu de monde de la classe moyenne …

      3. J’ajoute : si vous supprimez l’intérêt ou la possibilité de plus-value sur le patrimoine ou si vous fiscalisez suffisamment le patrimoine et pas uniquement ses revenus, vous faites alors ‘régresser’ cette classe moyenne dans sa quasi totalité dans ce qui l’effraie justement le plus : (re)devenir prolétaire.
        C’est son cauchemar : ne plus dépendre que de sa force de travail (physique, intellectuelle, …) pour assurer ses revenus et donc sa survie.
        Et même si les véritables rentiers(ceux qui vivent de revenus non professionnels) sont peu nombreux mais représentent les 3/4 de la volumétrie, tous les autres qui ne reçoivent que même quelques centaines d’euros par an de revenus hors du travail grâce à leur faible patrimoine, s’accrocheront mordicus à ceci : ne pas toucher aux intérêts, ne pas taxer le patrimoine, être exonéré des droits de mutation.
        Une bonne partie de la classe moyenne a voté Sarkozy pour cela (et pour les heures sup’).

        Bien que vous pourrez expliquer que l’on (on doit) taxer, comme l’impôt sur le revenu, progressivement (avec une ‘franchise’ de paiement), la plupart n’entendrons que cela : devenez prolétaires.

        En l’absence de nouvelles sécurité collectives, la plupart préfèreront prendre le risque de tout perdre plutôt que de prendre le risque de devenir prolétaires.
        Pour eux comme pour leurs enfants.

      4. à Pierre
        Vous voulez dire « ceux qui savent comment planter un clou et un peu plus » où des cols blancs qui se mettent librement et passionnément au DIY le week end où à la retraite ?

      5. @Zebu

        Il y a deux façons de rêver à la prolétarisation des classes moyennes.

        La première, comme récemment, ici et , porte jusqu’à nous cet écho amer qui hantera toujours les débris de cette armée perdue d’un parti, qui n’a plus les moyens de transmettre l’expérience des luttes par lesquelles ils avaient appris à d’articuler l’avenir autrement que par la menace. Cette manière de rêver aux victoires que l’on cru siennes, mais qui pour des raisons précises furent reprises par ceux-là même qui les firent en rêver, en fera jusqu’à leur extinction, les marionnettes des seconds rêveurs.

        Les seconds, rêvent leur avenir souterrainement, et le construisent déjà, de morceaux tirés, pièce par pièce, du délitement social. Je m’efforce d’éclaircir comment se met en place une nouvelle géométrie des classes sociales, à commencer par dégager une compréhension claire de ce qui fut le jeu de la configuration précédente; nous pourrons peut-être sur ce blog suivre, minute par minute, quelles sont les manœuvres par lesquels le nouveau mode de domination tente de prendre les places et les contrer. Dans quelques années je consentirai même à twitter, s’il le faut !

        Les bureaucraties redistributrices locales sont avides de s’emparer du patrimoine des classes moyennes,car l’État faisant défaut, elles reformuleront les conditions de leurs existences en approfondissant, avec l’oligarchie, les possibilités nouvelles offertes par les alliances des partenariats publics privés. Leur enrichissement se fera sur le dos des classes moyennes.
        Cela se passera ainsi, tout comme les staliniens on trahit la révolution espagnole, et comme en 68, ils ont trahi les conseils ouvriers naissants. Sartre et ,évidemment, Debord, ot très bien compris cette trahison et l’on dite. Ni le PCF, ni le pouvoir gaulliste ne pouvaient maîtriser les conseils ouvriers et la démocratie directe lorsqu’elles renaissaient des occupations. Certes, la tentative eut échoué, l’OTAN eu marché sur Paris, et, sauf hypothèse improbable, que l’ensemble des prolétaires d’Europe se soient soulevés, le sang des prolétaires aurait coulé en vain. Faute de revenir aux questions de base, de relire l’histoire, de comprendre ce qui s’est joué autour de la la participation nous ne ferons que le jeu de l’alternance « droite/gauche » des classes « redistributrices » par lesquelles sera consolidée la nouvelle géométrie de la domination.

        Quoi que le pompidolisme ait voulu faire croire, de Gaulle, le 29, est allé voir, non pas « Massu pour ramener les troupes » et parce qu’il était déprimé,perdu, mais parce que, maître de lui, il est allé entendre ce que Kochevoï (commandant les forces du pacte de Varsovie stationnées en Allemagne de l’Est, lequel s’était rendu à Baden-Baden, auprès de Massu, la veille ) avait glissé dans l’oreille de Massu : le kremlin ne soutiendra pas le PCF contre vous ! – le 27 et le 28 le PCF avait perdu pied il se préparait à lâcher son alliance avec le pouvoir gaulliste et allait tenter la manœuvre pour récupérer son crédit auprès des prolétaires. Avec la participation de Gaulle a fait péter les plombs à gauche comme à droite ; aussi Pompidou – la Banque Rotchild – a largué le vieux aussi sec !

        Aujourd’hui, voyons comment les discours des premiers rêveurs AD creusent leur propre tombe, et terminons sur un exemple concret, de terrains de luttes qu’il nous faudra maîtriser avant que la domination de quelques ne s’y installe à l’aise, faute que nous y soyons dès maintenant attentifs ici et bien entendu partout ailleurs, chacun selon son style.

        Ne croyez pas que leur sort nous indiffère,

        nous dit « A D » avant que de parier sur l’inévitable prolétarisation des classes moyennes en ajoutant un révélateur

        « bien au contraire, on s’en occupe, vous pensez bien ! »

        .

        Comme nous le démontre AD l’utilisation du mode ironique est souvent une erreur stratégique, il est vrai que le PC fut un repère de têtes pensantes et, selon Bardot – fine mouche – de beaux mecs.

        En proposant de lutter « fraternellement » contre la domination des uns par les autres, le ton avec lequel AD utilise l’antagonisme-bourgeoise prolétariat, rappelle que l’utilisation de ce modèle par le communiste a toujours été une tromperie, une mise en scène un masque, une mise en spectacle dont la fonction fut de cacher les rapports de domination que son appareil impose au reste de la société. Le rapport social du communisme réel est prolétariat /bureaucratie propriétaire du prolétariat. Des 1939 Bruno Rizzi (La Bureaucratisation du Monde) dénonçait la similarité des méthodes entre le nazisme et le communisme. En Mai1968, le PCF faisait 28% des suffrages électoraux, et de fait, il y avait une base révolutionnaire, lors des occupations, la phase d’insurrection révolutionnaire était atteinte tet ous les pouvoirs en déroute, Attali, en pyjamas recevait à trois heures du matin et par telex l’ordre codé de réquisitionner les vieilles pétoires dormant dans les armoires ( normandes ?) afin d’éviter l’insurrection. Dans les usines occupées, le pouvoir était sur le point de passer aux conseils ouvriers, situation que les communistes trotskistes et maoïstes détestent, alors Melanchon, pensez. Dans les conseils ouvriers il n’y de hiérarchie que fonctionnelle, librement décidée,à salaire identique pour tous, et ne supportent pas la bureaucratie. Ils sont comme ça les prolétaires une fois qu’ils font la révolution il la font très sérieusement. Ceux qui à ce moment veulent les dominer ne peuvent y arriver que dans le sang ou la trahison.

        À lire une fois dans sa vie : Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de1937

        Votre idée, Zebu, de nouvelles sécurités collectives est un formidable levier, travaillons là avant que les bureaucraties redistributrices ne s’emparent sa lettre, pour en détourner l’esprit à la façon dont la belle aventure – concrête- des jardins collectif tournerait à l’apprentissage de la soumission, s’il ne s’y rencontraient des hommes comme Michel Lambottela belle querelle, je vous en remercie, Michel.

        A+

      6. Le prolétaire est celui qui n’a d’autre source de revenus que la vente de sa force de travail.

        C’est exact et je ne remets pas en question votre assertion, mais je me pose la question de la nature de la force de travail.
        On considère encore trop le prolétaire aujourd’hui comme le travailleur benet qui doit réaliser son quota de pièces.
        Même dans la construction, les travaux réclament de plus en plus de créativité, d’esprit d’initiatives, de collaborations, en un mot de savoirs.
        Je pense que cela pourrait se traduire à l’extérieur de l’entreprise par des participations concrètes à des actions vers de nouvelles sécurités collectives
        Je pense que le capitalisme nous donne les outils qui permettra de le dépasser à condition que nous travaillions sur le terrain pour faire aboutir ces actions.
        Nous sommes dans un nouveau paradigme qu’il faut comprendre et utiliser pour aboutir à ces nouvelles sécurités collectives.
        Pourquoi pas le remplacement de l’intérêt financier par l’intérêt énergétique, je pense que c’est à étudier, et la classe moyenne s’y retrouverait être un acteur de premier plan.
        Il n’y a rien de tel que de se sentir utile.

      7. à M Lambotte

        Il n’y a rien de tel que de se sentir utile.

        moueh ! ! Re co naissance est moins vulgaire, je ne me suis jamais senti utile mais pratique, oui, je peux faire et défaire bcp de choses. C’est l’abime qu’il y a entre Debord et Voyer, entre l’alcool et le vin, entre l’ivresse et l’extase, entre le vraisemblable et la substance, entre le ressenti et le senti…..diantre, tout un monde.

      8. Paul,

        La définition que vous donnez du prolétariat collerait assez bien avec une quasi disparition du prolétariat de la classe ouvriére ?
        Mais intuitivement, il me semble qu’il se produit un changement de comportement sociétal quant ledit travail est payé sur un compte bancaire, avec ce qui en découle, découvert, crédit à la consommation, emprunt immobilier.

  20. Voilà qui est lâché!
    La classe moyenne, qui est subitement consciente d’une moyenne à la baisse…

    Ah! Classe Moyenne!
    Qu’elle aristocratie te subjugue-t-elle?
    Mais pour qui te bats-tu?

    Plus loin qu’être en soi comme « entre semblables » si c’est la réponse, un complot ou pas de complot se jugera-t-il?

    C’est le nécessaire jugement qui inventera le complot, d’avance misé et pour la suite…
    La force de la classe moyenne, c’est l’insane force prolétarienne post-réhabilitée,….un comble dont le comblement fait aujourd’hui crise!
    Marx, inspire encore changer juste un peu tes mots, et ta doctrine est sauve!!!
    S’il te plait…

  21. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément, écrivait Boileau. Votre texte est hors de portée de la majorité des gens, raison pour laquelle il n’est qu’une critique séparée produite et consommée par une élite séparée du peuple qu’il prétend instruire. Vous revenez au discours des spécialistes de la révolution prolétarienne, qui n’engendre que des querelles de spécialités. L’Histoire l’a déjà montré, Debord l’a commenté.

    La théorie critique doit se communiquer dans son propre langage. C’est le langage de la contradiction, qui doit être dialectique dans sa forme comme il l’est dans son contenu. Il est critique de la totalité et critique historique. Il n’est pas un « degré zéro de l’écriture » mais son renversement. Il n’est pas une négation du style, mais le style de la négation.

    Nous avons beaucoup de travail devant nous.

    1. Cher GED,

      Voudriez-vous aller jeter un regard ici, à un détail près,j’ai tout pris chez Debord.

      Il y a deux façons de rêver à la prolétarisation des classes moyennes.

      Dans le billet relatif ce fil de discussion, et que je vous remercie d’avoir parcouru, la phrase suivante vous est-elle restée impénétrable ?

      Fujisan me demande d’en développer le sens , elle est en effet compacte, mais c’est aussi la règle d’un blog, et puis … c’est de la tactique.

      J’en développerai le sens en cinq points, dont voici les titres :.

      – le concept de société du spectacle, quelle géométrie ?

      -le paradoxe de l’écologie: une politique nécessaire sans sujet historique ?,

      -la nécessaire relecture de Debord par la critique debordienne du spectacle,

      -les phases du miroir, du chiasme, et de l’autoréférence dans le processus de construction de la société spectaculaire marchande

      -la classe moyenne comme sujet historique potentiel,

      – l’instauration des nouveaux rapports de domination de classes.

      J’examinerai chaque point successivement, « au plus sec », car dans ma vie pratique, je n’ai guère de temps pour ces vétilles, j’irai toutefois à la racine… et pour calmer votre impatience, je vous livre l’état du premier :

      Le concept de société du spectacle (premier round).

      La « lutte des classes », dans le sens de l’opposition bourgeoisie-prolétariat n’a pas produit de résultat probant car, par construction, la promesse d’émancipation qui y fut attachée ne pouvait être tenue. Bien sûr, les rapports de forces entre groupes sociaux continuent d’exister et -forment- la société selon des géométries particulières, l’opposition prolétaire bourgeois en fut un exemple. Lorsque dans une situation historique donnée, la géométrie des forces adopte une configuration stable et appuyée, les groupes deviennent des classes en prenant conscience, d’une part, de cette géométrie et d’autre part, des rapports sociaux générant cette géométrie. En principe, agir à bon escient renforce l’efficacité de l’action, encore faut-il parler du but. Le siècle précédent ne pouvait pardonner à Guy Debord, d’avoir révélé la géométrie cachée de ceux qui utilisaient l’image de la lutte des classes comme d’un masque sous lequel prospérer en tenant bien les commandes de la dynamique réelle du rapport bourgeoisie-prolétariat. Si la bourgeoise tirait avantage du salariat et de la possession des moyens de production, de leur côté, les bureaucraties issue des révolutions populaires se sont constituées comme propriétaires « de la lutte des classe » afin d’établir également leur domination sur les prolétaires, les partis fères suivaient le mouvement, ce fait est aujourd’hui bien connu. Par contre, la construction et la dynamique de cette géométrie développée sur le mode d’une auto-référence nominaliste à la « lutte des classes », reste très largement ignorée, tout comme, et ce n’est pas accessoire, le fait que l’analyse debordienne avait inscrit l’effondrement écologique comme conséquence inévitable du développement spectaculaire marchand intégré. Ce siècle supportera-t-il que les masques soient arrachés, rien n’est sur : Montaigne, lui ne mourra pas.

      Attendez quelques jours, GED, vous n’êtes pas le seul « Debordien » à faire un usage spectaculaire de sa théorie du spectaculaire marchand intégré.

    2. Nous avons beaucoup de travail devant nous.

      où derrière nous et çà pèse, l’histoire comme une croix que chacun porte où évacue, selon.

  22. …même sans préparation, il est temps de lancer la charge.

    En effat dès qu’un mouvement social pointe le bout du nez, les spécialistes en Grand Soir ou autre Belladiosa viennent nous faire la morale en nous disant que les conditions ne sont pas réunies et que le parti est à reconstruire.

    Ainsi donc pour ces révolutionnaires antirévolutionnaires, c’est une autre occasion qu’il faudra attendre.

    Ce décalage entre une nécessité de mouvement et la frustation engendrée par sa non-réalisation nous montre, pour sauter d’un post à l’autre, que le capitalisme a un avenir.

    Celui, pressenti par Georges Orwell, ou le consommateur, maigre et calciné, à l’image d’une création de Giacommetti, continue à errer avec un caddie en bois… vide !

    Et puis imaginez le bonheur des marchés si l’homme reconstruisait la civilisation sous terre…

  23. Ne me semble pas vaine, la lecture – re-lecture – du petit livre de Giorgio Agamben sur « la communauté qui vient » et la théorie de la « singularité quelconque » Il y a beaucoup, là dedans, susceptible d’alimenter la discussion de ce jour…

    1. Bonjour, Collignon

      « Agamdden » ?, je débarque, excusez.  » viva Google « !

      « Pour Agamben, comme pour Debord, qui lui déclara un jour qu’il était un « stratège » et non un philosophe, le « Spectacle » est en fait une métaphysique de la marchandise, qui induit croyance, adoration et servitude »

      In, Sous le règne de la divine économie qui nous gouverne (résumé)

      Bon très bien ! La cavalerie romaine est bien venue, amenez autre chose que le drapeau ! Ce n’est pas le bateau qui coule, c’est l’océan qui sombre, ne mégotons pas. Un fond d’océan pourri gâcherait nos seules joies, et votre parousie ne pourrait y avoir belle allure. L’impératif est absolu, pour nous tous, humains. Après, s’il en est un, nous nous livrerons, ensemble fraternellement, a ses jeux imprévisibles…

      Sauver l’océan, c’est nous sauver ensemble, et c’est ensemble que chacun nous changera notre vie. Seul, oui seul, ben oui qu’est-ce que vous voulez c’est ainsi, seul, Debord à dénoncé, les rapports de force masqués. Aujourd’hui, nous ne serons pas de trop pour arracher les masques, amenez les troupes et mettons à jour, la géométrie de la nouvelle servitude qui vient.

      Agamden n’a pas compris grand-chose à l’humour de Debord ; un stratège, comme Debord – qu’avaient-ils bu ce soir-là – incite l’adversaire à se construire une forteresse « métaphysique », pour s’en faciliter, le temps venu, la prise !

      Debord, avait « effacé », selon ses propres mots, l’Internationale Situationiste, et recommandait de reprendre son œuvre depuis le début ! Les « debordiens » qui se sont manifestés sur ce blog m’ont paru nuls en dialectique.

      « Un parti se prouve comme parti vainqueur seulement par ce qu’il se scinde à son tour en deux partis. En effet, il montre par là qu’il possède en lui même le principe qu’il combattait auparavant et a supprimé l’unitéralité avec laquelle il entrait d’abord en scène. L’intérêt qui se morcelait en premier lieu entre lui et l’autre s’adresse maintenant entièrement à lui et oublie l’autre, puisque cet intérêt trouve en lui seul l’opposition qui l’absorbait. Cependant en même temps l’opposition a été élevée dans l’élément supérieur victorieux et s’y présente sous une forme clarifiée. De cette façon, le schisme naissant dans un parti, qui semble une infortune, manifeste plutôt sa fortune. »

      Hegel , Phénoménologie de l’Esprit.

      PS, il me semble que ce soit votre première intervention sur ce blog, et votre intervention m’a surpris, elle est surprenante ! « Collignon » ?

      Mille fois merci, déjà !

      Jean-Luce Morlie

      1. @Jean-Luce Morlie 29 juin 2011 à 01 h 04

        Dans le ton de votre « un stratège, comme Debord – qu’avaient-ils bu ce soir-là – incite l’adversaire à se construire une forteresse « métaphysique », pour s’en faciliter, le temps venu, la prise ! », cette citation ci-dessous, valable pour 1848 en Europe comme pour 2011 dans la plupart des pays de langue arabe (en rappelant qu’un parti n’est pas ici une institution) :

        En un mot : ce n’est point par ses conquêtes tragi-comiques directes que le progrès révolutionnaire s’est frayé la voie; au contraire, c’est seulement en faisant surgir une
        contre-révolution compacte, puissante, en se créant un adversaire et en le combattant
        que le parti de la subversion a pu enfin devenir un parti vraiment révolutionnaire.

        Source ici, p. 22

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