LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO

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Dans mes billets ici, j’ai l’habitude de m’adresser à quiconque peut me lire, une fois n’est pas coutume, j’aimerais m’adresser plus particulièrement à mes confrères ingénieurs financiers, sur le mode d’ailleurs, une fois n’est pas coutume non plus, de la provocation grossière mais, espérons-le, néanmoins efficace.

Voilà : une zone monétaire doit pouvoir faire défaut dans son ensemble et restructurer sa dette (à savoir, dire : « Je peux seulement vous rembourser X centimes par euro emprunté ») et doit pouvoir réévaluer sa devise, la dévaluer en particulier.

La zone euro s’est privée de ces deux médecines. Pas étonnant alors qu’elle soit aujourd’hui moribonde.

Solution : la nuit de dimanche prochain (avant l’ouverture de Tokyo), toute la dette des 17 nations de la zone euro est rebaptisée Eurodette (OATs, Bunds, etc.) et la minute suivante, la zone euro fait défaut dans son ensemble.

Lundi matin l’Eurodette est restructurée (d’un seul bloc) et la parité euro / autres devises ira se placer où elle le peut.

Les 17 pays de la zone euro se retrouvent non seulement avec la monnaie commune (qu’ils avaient déjà) mais avec une dette commune ayant subi la décote correspondant à la restructuration. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. Elle est sauvée.

P.S. : commentateurs éventuels prônant qu’il ne faut PAS sauver l’euro, soyez gentils d’aller mettre vos commentaires ailleurs, ce n’est ni du « pour » ni du « contre » que je parle ici.

Re-P.S. : Tim Gupwell ou moi-même pourrons traduire ceci en anglais mais si l’un ou l’une d’entre vous pouvaient traduire mon billet en allemand, je lui en serais très reconnaissant.

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348 réflexions au sujet de « LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO »

  1. je pense évidement qu’ils ne le feront pas…mais je doit être trop jeune pour savoir que les hommes politiques peuvent prendre des vraies décisions.
    Pour l’avenir, je pencherais plutôt pour un euro zombie.. un peu mort, mais toujours vivant !

    1. Et si on ouvrait des paris qu’ils le feront ?

      Après tout, il y a des paris sur n’importe quoi.
      Moi, je parie que oui, ils le feront. 10 contre 1.

      1. @ThomBilabong

        a un moment donne (et le plus tôt sera le mieux) ils n’auront pas d’autre choix que d’organiser le défaut général de la zone euro. Tu ne prends pas beaucoup de risque avec ton 10 contre 1 😉

    2. A une autre échelle…et plus difficile…(désolé).

      « Le malheur de l’homme, semble-t-il, vient de ce qu’il n’a pas trouvé le moyen de transformer la régulation individuelle en servomécanisme inclus dans l’espèce, il s’arrête toujours en chemin à des groupes, des sous-ensembles qui ne conceptualisent pas eux-mêmes leur appartenance à cette espèce ni ne découvrent les moyens d’être englobés par elle. « 

    3. L’idée me plaît. Même sans résoudre les problèmes de l’euro, elle remettrait les états approximativement au niveau des années ’70. L’obligation d’emprunter au privé, au taux du privé, est un non-sens et une confiscation de la souveraineté de la population. Les taux usuraires empêchent une bonne « gouvernance », et depuis 30 ans la mécanique de domination par la finance, à travers et avec la complicité des politiques, est un désastre.

      Je ne crois plus, après m’être plongé depuis 2007 pour m’informer, dans de multiples livres parlant d’économie, de finance, de dette et d’escroqueries allant de celle des caisses d’épargne US aux achats d’entreprises grâce aux effets de levier pour finir par le vaste cirque des subprimes et des CDS. Je ne crois plus que des hommes (politiques ou techniciens) vont arrêter cette machine à faire du profit qu’est la dette des états. Même si le malade en meurt. Quand je lis le déroulement du choc des subprimes, je découvre l’incompétence et la complicité des acteurs (agences de notation, cadres et P-DG, politiques…), la volonté d’empêcher toute régulation, le pardon des fautes (avec cadeaux en milliards de dollars ou d’euros), et l’empressement à oublier l’épisode en enfuissant les titres/bombes.

      Je ne crois pas en la volonté de nos classes politiques nationales de décider le défaut des dettes. Au niveau européen, ils ne décideront plus rien en commun, sauf à poursuivre dans la même direction: les restrictions. Parce que c’est leur méthode de fonctionnement, tout simplement, de contribuer à la pérennité de LEUR monde. Désolé d’être pessimiste pour la durée de la « crise ».

      Mais si je pouvais faire un voeux, il serait en relation avec nos jeunes gens: tous les espoirs que le monde change de comportement dans l’avenir repose sur eux désormais. Et il va falloir les aider. Déjà maintenant, à voir clair, à agir sur le petites choses pour commencer.

      PS. Lorsque les banques l’une après l’autre ont été introduites en Bourse, la responsabilité bancaire à été déplacée sur leurs actionnaires. Lorsque les banques privées ont socialisé leur pertes, la responsabilité de leur mauvaise gestion a été déplacée sur les peuples. Lorsque les peuples ont voulu se débarrasser de leurs dettes, ils en ont fait cadeau aux holding financiers prêteurs… Morale de l’histoire: il y a toujours quelqu’un qui doit payer.

      1. J’ai relu hier soir « Les dettes illégitimes », François Chesnais (Ed.Raisons d’agir / 8,60 euro) et je pense que quelques-un de ses raisonnements peuvent contribuer au but de ce billet. J’ai fait une petite synthèse de son dernier chapitre.

        …/ » Première étape: il faut exiger un audit de la dette pour dénoncer les dettes illégitimes. Ne pas accepter une restructuration. Ce peut être un mot d’ordre de mobilisation des masses, car il annonce un clivage, un face à face.: Le comportement de la finance ces dernières années et sa collusion avec l’état ne sont pas passé inaperçus.

        Il y a eu jusqu’ici un exemple, l’Equateur en 2007. Il a forcé les banquiers et racheté des titres d’une valeur de 3,2 milliards de $ pour un peu moins de 1 milliard de $. Un seul pays a créé un comité national avec des comités locaux: laGrèce. Voici un extrait de ses objectifs:

        Clarifier le passé: Qu’est devenu l’argent de tel emprunt, à quelles conditions cet emprunt à-t-il été conclu? Combien d’intérêts ont été payés, à quel taux, quelle part de principal a déjà été remboursé? Comment la dette a-t-elle enflé sans que cela profite au peuple? Quel chemin ont suivi les capitaux? A quoi ont-ils servi? Quelle part a été détournée, par qui et comment? Qui a emprunté et au nom de qui? Qui a prêté et quel a été son rôle? Comment l’état s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre?Comment les dettes privées sont-elles devenue publiques?Qui a engagé des projets inadaptés, qui a poussé en ce sens, qui en a profité? Des délits, voire des crimes ont-ils été commis avec cet argent? ¨Pourquoi n’établit-on pas les responsabilités civiles, pénales et administratives?…

        Un audit de la dette publique n’a rien à voir avec sa caricature qui le réduit à une simple vérification des chiffres fait par des comptables routiniers. Il 2 besoins fondamentaux de la société: la transparence et le contrôle démocratique de l’état et des gouvernants par les citoyens. Il s’agit là de besoins qui se réfèrent à des droits démocratiques élémentaires, reconnus par le droit international, bien que violés en permanence. Le droit de regard des citoyens sur les acte et les motivations de ceux qui les gouvernent est fondamental. Cet exercice élémentaire est aujourd’hui vu par les gouvernants presque comme une déclaration de guerre à leur système par « ceux d’en bas ». Et traitée en conséquence de manière répressive.

        L’audit est une manière quasi subversive socialement salutaire, car elle la voie à des processus qui pourraient s’avérer extrêmement dangereux pour le pouvoir établi et libérateur pour la majorité des citoyens. En effet, en exigeant d’ouvrir et d’auditer les livres de la dette publique le mouvement contre la dette illégitime ose L’IMPENSABLE ! Il pénètre dans la zone interdite, dans le saint des saints du système capitaliste, là ou par définition n’est toléré aucun intrus !

        Conclusion. Il n’y aura pas de sortie de crise sans 2 mesures concomitantes: l’annulation de la dette publique et la hausse des salaires.
        S’agissant des détenteurs de la dette publique, la sauvegarde de la petite épargne est souvent soulevée, comme question importante quand ce n’est pas comme obstacle (idem dans le renflouement des banques). Elle ne poserait aucun problème. Lors des déclarations d’impôt,les banques calculent, au centime près, les montants afférents aux épargnes des ménages. « …

        L’annulation de la dette ne peut rester isolée. D’autres mesures doivent être prise ensuite. Attac les propose dans son livre « les pièges de la dette ».Elles portent sur la fiscalité,la socialisation des banques à l’échelle européenne, la politique monétaire dans la zone euro, la politique économique et sociale dans l’UE et le désarmement de la finance. Reconfigurer les banques de façon à restaurer leurs fonctions essentielles . Un contrôle démocratique de l’usage de l’impôt national et local. Contrôle social de l’investissement: que produit-on, pour quels besoins individuels et collectifs, où localise-t-on la production avec quelle dépense d’énergie, et quelle conception de l’activité de travail est-t-elle organisée? Ceci afin d’éviter une subordination aux stratégies de profit maximum des entreprises. /…

        Voilà. On peut plus accepter sans réagir « d’accepter des sacrifices » afin que le pays paie ses dettes, comme l’exige la coalition des gouvernements, – UE – banque centrale – FMI – etc. Nous n’avons pas vécu au-dessus de nos moyens. Pas en ce qui me concerne, en tout cas, plutôt l’inverse.

  2. Là ,je suis très embêté,parce que j’aimerai ,mettre mon grain de sel,malheureusement ou heureusement (pour l’avenir de la planète),je ne suis pas ingénieur financier.

    1. Pareil pour moi !

      je note simplement que ce billet ne fait que proposer une application numérique d’opportunité ( et éventuellement stratégiquement géniale ) de la piste  » restructuration de la dette  » patiemment défendue par François Leclerc ,et qui , à défaut de provoquer la réaction massive des ingénieurs financiers lecteurs du blog , fait sortir certains du bois .

      L’orée du bois est à la frontière du remboursement de la dette et de la mise hors la loi de la spéculation ( ou de l’intediction des….).

    2. Tout pareil Piotr !! Une petite remarque pour Paul à ce sujet : Vouloir changer de cadre en demandant leur réflexion aux seuls acteurs du fonctionnement de ce cadre, les ingénieurs financiers donc, me semble une méthode pour le moins singulière…

      1. @Un naïf
        Justement vous touchez la du doigt un des principaux « paradoxes » de ce blog, la continuelle exhortation à sortir du cadre pour néanmoins finir avec des propositions somme toutes extrêmement « réformistes »,mais quand même totalement irréalistes par leur degré zéro de probabilité… je me rappelle très bien d’affiches de Lutte Ouvrière qui exigeaient l’interdiction de tous les licenciements… autant demander immédiatement « tout le pouvoir aux conseils ouvriers » ce sera plus clair et moins démagogique et avec à peu près autant de chance de succès…
        Il est vrai que « l’interdiction des paris… », c’est à peu près de la même eau car ce type de proposition bien évidemment éminemment souhaitable n’est pas acceptable dans le cadre socio-politique dans lequel nous vivons… Ce qui veut dire bien sur sortir du cadre « capitaliste » et pour cela il est difficile de s’en tenir à invoquer « l’interdiction de la spéculation » dans le cadre du code civil ou pénal, que ce soit dans la France de 1855 ou celle de 2012…

  3. Franchement Paul, je veux bien ne pas verser dans la paranoïa et le complotisme.

    Mais quand même….

    ça fait deux ans et plus…. DEUX ANS ET PLUS(!!!!!!!!!) qu’on laisse la catastrophe venir alors qu’on la voit parfaitement et qu’on connait parfaitement les solutions.

    Ceci ne peut-il s’expliquer que par la stupide avidité des uns et la pathétique lâcheté incompétente des autres?

    C’est vraiment ainsi que tourne le monde?

    Vous m’excuserez de voir dans cet enchainement implacable, prévisible et qui semble réglé comme du papier à musique, autre chose que les errements de l’esprit humain.

    1. Tout à fait d’accord avec vous Kerjean.
      Toutefois on ( en l’occurrence Paul Jorion ) peut jouer le candide et proposer des solutions.

    2. Les riches aiment le sang, les 0,1% sont tellement protégés qu’ils veulent voir le chaos du haut de leur tour d’ivoire, c’est la dernière chose qui les excite. Et je suis sérieux.
      Ils ont réussi a faire croire, ou plutôt accepter, aux citoyens que leurs problèmes étaient de leur faute, et que s’ils sont malheureux, sans emploi, ils ne le doivent qu’à eux-même. Et ils les distraient, endorme, à coupe de loisirs (emission tv etc..) en leur disant bien qu’ils ne doivent pas s’exprimer parcequ’ils ne peuvent pas comprendre. Et c’est ce qui fait que tout ça ne s’effondre pas.
      Aux intellectuels de sortir du café de flore, et d’exprimer clairement qu’ils ne doivent plus l’accepter, que ce système ne cherche qu’à poursuivre son fonctionnement de captation des richesses vers les 0,1%. Et le répeter encore et encore. Comme Paul Jorion.
      Ce système ne cherche pas à subvenir aux besoins de tous, sinon les technologies auraient été mises au centre du système au profit de l’humain. La, il ne cherche qu’à s’auto entretenir, sans direction.

      1. Pourquoi pas, finalement les riches remercierait la majorité de les sortir de leurs sables mouvants qui constituent leur vie

    3. Vous m’excuserez de voir dans cet enchainement implacable, prévisible et qui semble réglé comme du papier à musique, autre chose que les errements de l’esprit humain.

      Relisez Shakespeare… 🙂

      Ce qui n’empêche pas les manœuvres plus ou moins orchestrée des uns ou des autres pour la disparition physique des « inadaptés » de la conjoncture…

    1. je ne pense pas à une provocation, mais au moins pire des remèdes. Quelle conséquence ? Ben régime sec, fini la vie à crédit. On dépense les sous qu’on a, pas plus. L’argentine pratique et arrive à vivre correctement, mais tous les très grandes fortunes sont ruinées, le pole bancaire est saisi à 1 Euro symbolique et devient public/mutualiste. Tout les comptes au delà de …. se retrouve avec un montant garanti, pas plus. Les impots deviennent lourdement progressif pour assurer le fonctionnement de l’état.

      1. Je ne pense pas du tout que ce soit une provocation.

        C’est au contraire une idée simplissime, donc parfaitement séduisante et faisable.
        Les belles choses, les coups de génie, les solutions miracle, etc. sont TOUJOURS SIMPLES et souvent TRES SIMPLES à mettre en oeuvre.

        En revanche, les trucs tordus et autres usines à gaz sont toujours lents.

        Faites le test sur les grandes décisions historiques, vous verrez que c’est toujours comme ça.

  4. Premier commentaire à chaud.

    1 – Une restructuration des dettes publiques, au moins, de la zone euro, est quasiincontournable. On ne fait que gagner du temps à l’éviter.

    2 – Outre le précédent fâcheux que cela constituerait, ce qui n’est pas à négliger dans la réflexion, le solde de dette sera libellé dans une devise réévaluée à la baisse (manque de confiance, mais perspectiveradieuse, car impossibilité de déficits dans cette zone à l’avenir);

    3- EN revanche, le vrai soucis est qui fera partie de la zone devise forte, qui sera dans la zone devise faible. Tout est là.

    Le 3 implique qu’il n’y aura pas big bang pour tout le monde, mais big bang pour au moins deux groupes. Les vertueux réunis et les autres se démerderont (en groupe ou individuellement).

    Première conclusion: Il est vraisemblablequ’il y ait big bang, mais il y aura au mons deux groupes. Le pire pour la France serait d’être dans le groupe des vertueux !!!

    1. précédent fâcheux ? Mais la france à plus de 5 défauts à son actif, l’allemagne 3 ou 4 et en moyenne un pays fait défaut tous les 3/5 ans. On est très très loin du précédent, on est par contre au delà du pétard mouillé en terme de puissance. Le principe est très usité, par contre c’est la première fois qu’un aussi gros camion prend cette route.

  5. En pratique, je précise que tout est loin d’être simple, tant juridiquement qu’en pratique, pensez aux couvertures ou aux repos avec des titres d’une devise incertaine. Comment réévaluer les appels de marge? Comment éviter les défauts dignes de passagers clandestins? C’est vite vu, si vous avez un repo avec des titres d’un état qui sort de la zone euro, vous les laissez au créancier (sauf éthique réapparue récemment dans le business :))

    1. Pendant tout le temps où nos financiers tenteront de trouver quoi faire face à la nouvelle donne ainsi créée ils cesseront d’inventer de nouveaux instruments et ils suspendront peut être quelues heures leur spéculation faute de savoir quelle direction prendre.

  6. Le problème? C’est la crédibilité-même, auprès des investisseurs sur les marchés financiers, que l’on flingue, en se comportant ainsi, ceci pour des années.

    C’est vrai que la crédibilité de la zone euro est actuellement bien mise à mal…

    1. L’Union est le premier marché mondial. Il ne faudra pas une semaine avant que les capitaux ne reviennent…En revanche, le compte à rebours est déclenché pour que ce genre de solutions soit appliquée. Vu la façon dont nos dirigeants sont en train de ruiner l’économie, dans quelques années, ce sera effectivement trop tard pour espérer avoir quelque poids que ce soit vis vis des autres blocs.

      1. Le seul obstacle à la répudiation des dettes,
        c’est la bourgeoisie et ses politiciens.
        Les ploutocrates sont en effet bénéficiaires d’une double rapine:
        la baisse des recettes fiscales qui a créé le déficit du budget
        puis la spéculation sur la dette engendrée par ce déficit.
        Dans tous les pays concernés,
        la bourgeoisie entend poursuivre la rapine le plus longtemps possible.
        Autrement dit, jusqu’aux révoltes qui suivront l’indignation.
        Et en tentant de les écraser, comme elle l’a toujours fait,
        sans renoncer à aucune barbarie.
        Aux peuples d’en tirer à temps la conclusion qui s’impose:
        eux, les 1 % ou nous, les 99%.

      2. Bravo , Charles.
        A encadrer et à ressortir:
        Le cercle magique qui transforme le budget de l’ Etat
        en vache à lait pour ceux en puissance d’épargne.

        une double rapine:
        la baisse des recettes fiscales qui a créé le déficit du budget
        puis la spéculation sur la dette engendrée par ce déficit.

        Notons que l’amorce de cette rapine est purement idéologique,
        tout impôt sur les riches est illégitime.
        Alors que notre texte de base pour le vivre ensemble
        précise que l’impôt est dû à proportion de la faculté contributrice.
        La progressivité de l’impôt implémente cette disposition.

  7. Quand bien même ce plan parviendrait aux oreilles des pouvoirs Européens, et venaient à être débattus dans le plus grand sérieux, selon le calendrier préconisé, on peut douter qu’une décision comme la mise en défaut soit acceptée : il a bien trop d’intérêts particuliers en jeu, sans parler des montages financiers complexes, pour qu’un tel accord puisse aboutir.

    Sauver l’euro ? Ils préféreront se sauver eux-même d’abord (ce qui est tout à fait humain et compréhensible). Pour le reste, le monde se débrouillera.

    Sauf votre respect, M. Jorion, il est à supposer que sauver l’euro soit, en juillet 2012, d’une parfaite vacuité.

    Lors d’un sauve-qui-peut, on n’accorde pas de substance à quelque chose qui n’en a pas.

    1. il a bien trop d’intérêts particuliers en jeu, sans parler des montages financiers complexes, pour qu’un tel accord puisse aboutir.
      bref la solution n’est pas la même pour tous puisque « l’interet général » qui devrait être leur seul et unique job à nos grands politiques n’est absolument plus pratiqué.

      1. A-t’il jamais été réellement pratiqué ?

        … Sauf lorsqu’il rejoignait celui des dominants, ceux-ci maquillant alors leur intéret particulier en intérêt général.

        Delphin

    2. Ce genre de décision doit se prendre rapidement et sans fuite sinon ce sont les spéculateurs informés qui encaissent. Ce fût déjà difficile pour la France de dévaluer sans fuite alors pour tous les pays la zone euro, c’est inimaginable.

    3. il a bien trop d’intérêts particuliers en jeu, sans parler des montages financiers complexes, pour qu’un tel accord puisse aboutir.

      Sauf que les intérêts particuliers sont tributaires de l’intérêt général. Etre fortuné dans un désert ne sauve pas de la mort.

      1. Etre fortuné dans un désert ne sauve pas de la mort.

        Dans un monde qui se jauge à la mesure du court terme, votre réflexion ne pèse pas plus qu’une cacahuète : ma fortune est immédiate, et après moi, le désert !

  8. D’habitude même si je suis rarement d’accord avec Paul Jorion je lui reconnais un certain talent et surtout une bonne capacité d’analyse mais pour ce coup je suis déçus.

    1- Pourquoi rebaptiser la dette des 17 nations de la zone euro Eurodette si c’est pour faire défaut dans la minutes qui suit? Autant qui les 17 se mettent d’accort et fassent faillite le même jour.

    2- Pourquoi des pays riches comme l’Allemagne ou la Finlande ne rempliraient-ils pas leurs engagements face à leurs créanciers (qui le plus souvent viennent de pays moins riches) alors qu’on va exiger d’Haïti ou du Bangladesh qu’ils remboursent rubis sur l’ongle leurs dettes?

    3- Et si la Finlande. l’Allemagne ou les Pays-Bas n’avaient pas envie de faire faillite? Après tout une réputation de bon payeur cela vaut de l’or

    4- Le surendettement de certains pays de la zone euro n’est que la conséquence de leur manque de compétitivité. Si on ne s’attaque pas à la source du problème celui reviendra régulièrement sauf qu’une fois qu’on a fait faillite les créanciers ne reviendront pas de sitôt.

    1. Faire la course à la compétitivité avec les prisonniers chinois non merci, et tant mieux si ces usuriers d’investisseurs ne reviennent pas par ici.

      1. Cher Madame ou Monsieur,
        vous confondez la compétitivité avec la productivité. D’ailleurs sur ce point, la zone euro va devoir trouver un moyen d’équilibrer la compétitivité de ses économies; l’Allemagne et les Pays-bas sont en effet trop compétitifs par rapport aux autres. Ceci dit la compétitivité est un concept relatif, elle dépend de la forme que prennent les zones d’échange économiques.

        Pour ne pas faire la course -à la productivité!- avec les Chinois, une solution consiste à faire du protectionnisme; cela augmentera la compétitivité vis-à-vis des autres zone d’échange..

      1. @ Letaulier

        Vous ne voulez peut-être pas que votre pays ressemble un jour à Cuba ou à la Corée du nord, et ça je peux le comprendre de la part d’un taulier, mais si ça se trouve dans la société vous vous conduisez pas moins comme un petit tyran.

        Comment réellement savoir à travers la petite lucarne, si vous êtes réellement un être de changement moins coûteux pour le pays, vous savez à travers l’image de votre propre avatar vous m’en donnez pas trop l’impression.

        Notre très regretté Président ne voulait absolument pas que la France bascule dans le socialisme, et puis qu’est-ce que nous avons vu se produire grâce à ses premières préférences de conduite.

        Le monde ne vit-il pas déjà sous une certaine forme de dictature et donc à partir de ce propre constat des choses, comment les petites gens se sentiraient-ils moins poussés à vouloir passer à autre chose surtout dans un tel monde conditionnant si bien partout les peuples pour faire plus de chiffre d’affaires ?

        Peut-être que vous auriez bien plus besoin alors dans la vie, de rencontrer les petites gens de Cuba, pensez-y tout le monde n’a peut-être pas non plus envie de vous ressembler à 95%, enfin je vous dis comme ça.

    2. Les sociétés qui tirent le mieux leur épingle du jeux sont celles qui se préoccupent de la qualité de ce qu’elles produisent et non de la compétitivité. Cf les LVMH et autres, et moi même à titre personnel, mais c’est un autre débat.
      Vouloir gagner en compétitivité, cela signifie avoir moins de salariés pour produire le même nombre de produits, c’est à dire engendrer du chômage d’un coté (ce qui coute cher à la collectivité) et du surmenage de l’autre(ce qui coute tout aussi cher à la collectivité) , et au bout du compte faire en sorte que tout le monde y perde.
      il y a de très nombreuses pistes à explorer, mais certainement pas celles du gain de compétitivité qui n’est que relative et qui ne s’arrêtera,si on prend cette voie, que lorsque plus personne ne pourra vivre de son travail, et que les gens préfèreront se révolter que de continuer à travailler pour rien ou à peine plus.
      Les problèmes de l’Espagne ne viennent pas du fait qu’elle a bétonné ses cotes avec des produits trop chers, qui auraient gagné de la valeur avec le temps, mais avec des produits trop bas de gamme (hyper compétitif sur le papier, mais sans le moindre intérêt) qui commencent à perdre de la valeur dès qu’ils sont commercialisés, et dont les propriétaires ne peuvent se débarrasser à bon prix (permettant de rembourser les dettes) en cas de revers de fortune.
      Les Tunisiens se demandent s’ils vont rembourser les dettes contractées sous la dictature des Ben Ali. Il serait bon que les européens réfléchissent sérieusement à l’opportunité ou non de rembourser les dettes contractées sous la dictatures des marché financiers, qui méritent totalement ce qui leur arrive pour avoir financé quantité de projets non viables. Ce qu’ils n’auraient pas fait s’ils avaient correctement fait le travail pour lequel ils ont été gracieusement payés.

      1. Même les résidences de luxe avec vue sur golf ne trouvent pas preneur. C’est pas un problème de gamme mais de volume. Tous les retraités allemands et des autres pays du Nord n’ont pas envient de finir leurs jours sur la Costa brava.

      2. Comme 95% des Français j’ai pas envie que mon pays ressemble à Cuba ou à la Corée du Nord.

        Ce que propose Paul Jorion évitera à la France de ressembler à Cuba où à la Corée du Nord.
        Car c’est précisément vers ces destinés que nous mènent la pusillanimité de nos gouvernants arrimés au bateau ivre de la Finance en délire.

  9. tôt ou tard ce sera la bonne solution : il vaut mieux tôt que tard !!
    …mais je crains qu’ils continuent d’aller dans le mur, même en klaxonnant !

  10. Un défaut généralisé de la zone Euro, tout à fait, excellente solution.

    Juste un petit problème, mais tellement mineur … pour tenir la date de dimanche prochain

    D’abord, qui va prendre la responsabilité de réveiller le président en pleine nuit ? Et un dimanche soir (lundi très tôt) ! J’espère qu’il aura une meilleure excuse.

    Ensuite, Il faudra obtenir l’assentiment des 17 membres, ce qui pourrait heureusement prendre moins de quelques mois (on est quand même dans l’urgence !). Et le le gouvernement Allemand devra bien sûr obtenir l’accord du Bundestag, dès qu’il aura expédié les affaires en attente.

    1. Et si en représailles, des pays créanciers nationalisaient toutes les implantations Européennes et bloquaient tous les avoirs ?

      Comment continuer à vivre décemment s’ils augmentaient unilatéralement le prix des composants des Iphones ?.

      Et pire encore, si le Qatar annulait tout financement du PSG ? Aaarrrgh !

      1. L’Union est la première puissance économique mondiale. C’est un élément qu’il faut prendre en compte et qui permet la faisabilité de ce scenario, du moins pour le moment, parce que le temps est compté vu la dégradation auto-organisée de l’économie européenne.

      2. @Nicks

        L’Union est la première puissance économique mondiale.

        Et un nain politique, qui a apparemment comme vocation à se faire entuber à répétition par tous les autres blocs de la planète…
        Pourtant, un jour d’Août 1971, certains ne se sont pas gênés…
        Ce serait peut-être l’occasion pour l’Europe de s’affirmer enfin sur la scène internationale et de prendre la place politique qui correspond à sa place économique (il restera juste un petit problème de budget militaire… mais je pense qu’il pourra être surmonté, ils vont faire quoi les autres ? nous envahir ??, c’est déjà fait : les américains avec leurs bases militaires et leur culture, les chinois avec leur camelote…)

        « …Who gains from these crisis ? Not the working man. Not the investor. Not the real producer of wealth. The gainers are the international money speculators… »

        « …The strengt of a nation currency is based on the strength of that nation’s economy, and the american economy is by far the strongest in the world. Accordingly, I asked the Secretary of the Treasury to take the actions necessary to defend the dollar against the speculators… »

        « …Qui profite de ces crises ? Pas le travailleur. Pas l’investisseur. Pas le producteur de la richesse réelle. Ceux qui en profitent ce sont les spéculateurs…. »

        « …La force d’une monnaie nationale est basée sur la force de l’économie de cette nation, et l’économie américaine est de loin la plus forte du monde. En conséquence, j’ai demandé au Secrétaire au Trésor de prendre les mesures nécessaires pour protéger le dollar contre les spéculateurs…  »

        Je vois très bien la scène : il suffit de changer quelques mots, rassurer les partenaires internationaux, communiquer sur le fait que cela va améliorer le sort de tous les Européens, que ça ne changera rien à l’intérieur de la zone Euro… et d’imaginer Van Rompuy à la place de Nixon…

        On peut toujours rêver… 🙂

      3. @Erix

        Votre parallèle est pertinent mais en effet, il faudrait que l’Union parle d’une seule voix et pour aller dans le sens inverse de tout ce qui s’est fait jusqu’à présent. Ce qui est à peu près sûr, c’est que les dirigeants actuels en sont incapables et ne le veulent pas. Cela n’empêche pas de diffuser l’idée, on ne sait jamais…

      4. Rassurez-vous, pour le PSG, il n’y a aucune chance. Ou alors, il faudrait remettre en cause l’idée que le summum de l’évolution humaine est de donner des coups de pieds dans un ballon qui ne vous a rien fait. Vous n’y pensez pas.
        Et surtout, imaginez que les humains se mettent à réfléchir à autre chose qu’au résultat du prochain match. Ce serait hautement subversif.
        Ce qu’il nous faut, c’est du pain et des jeux. Quoique pour le pain, ce n’est pas vraiment nécessaire, ça n’a aucun impact sur l’audimat.

  11. Ou alors, solution bis:

    Jim Sinclair a envoyé une information aux abonnés de sa lettre confidentielle, qu’un QE mondial allait être lancé sans préavis lors d’un week-end proche. Il y évoquait la possibilité que cela se passe ce dimanche-ci. Toutes les banques centrales annonceraient simultanément des mesures d’urgence pour fournir des liquidités aux banques et aux Etats en difficultés.

    Cette solution respecte peut être plus le principe de réalité des rapports de forces… ainsi que celui d’aveuglement des créanciers…

    « La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. »

    Sans être dans le « pour ou contre » zone euro, (je suis pour une monnaie commune non unique) je ne crois pas à la solution « une dévaluation et ça repart ». Les déséquilibres structurels réapparaitront. La zone euro avec une monnaie unique ne correspond pas à une « zone monétaire optimale » au sens de Mundell…

  12. La dévaluation de l’euro elle est déjà en train de se faire. Ce n’est pas la question.

    Quant au défaut, le problème de la zone euro est dans des déséquilibres internes, pas dans des dettes excessives envers des pays hors de la zone euro. Donc je ne vois pas pourquoi il faut en arriver nécessairement au défaut pour sauver l’euro au lieu de faire de gros transferts de fonds intra-européens (des transferts, pas des prêts). Cela sauverait aussi l’euro, résoudrait le vrai problème de fonds de la zone euro (contrairement au défaut qui ne fait que reporter le problème) et éviterait des difficultés de la zone euro vis-à-vis de l’extérieur et des autres créanciers.

    PS: ceci ne préjuge pas de ma position ni sur l’euro ni sur la nécessité d’un défaut, je crois que tout le monde sait que l’euro je m’en fout et que je veux un défaut généralisé.

    1. cela présume que des pays comme l’allemagne aurait des budgets en excédent, ce qui est inexact. L’allemagne n’a rien à transferer à la grêce si ce n’est ses 90% du pib de dette.

      1. Les budgets publics ne sont pas non plus en excédent en Allemagne, c’est vrai. Mais les Allemands (pas tous, certes) s’enrichissent avec l’excédent commercial, donc l’épargne nationale (qui ensuite se réinvestit en prêts dans les pays en difficulté).
        La marge de manoeuvre est donc plus importante pour le gouvernement allemand, « il en a beaucoup plus sous la pédale » au niveau des impôts. Les transferts devraient venir d’un impôt fédéral européen sur les personnes. Les Allemands ayant plus de millionnaires, payeraient plus au total.

        http://www.ouvroir.info/libresfeuillets/?p=291

  13. Un audit de la dette est nécessaire. Casser le jouet pour casser le jouet, ça n’a pas de sens.

    A partir de cette audit, on pourra départager la dette remboursable de la dette odieuse.

    Sinon, votre plan, appliqué brutalement implique :

    la déclaration de la loi martiale (vous sortez dans la rue à 23h, ne soyez pas étonnés si vous prenez une balle dans la tête)

    la fermeture des guichets de banque et la nationalisation de tout le système bancaire européen, fermeture des bourses

    le rationnement de tous les biens dont l’alimentaire (oui, retour du ticket de rationnement, pas plus de 200g de pain par personne)

    mise en résidence surveillée de tous les éléments susceptibles de sédition.

    coupure d’internet

    mise sous tutelle militaire du Luxembourg, de la Suisse, des îles anglo-normandes donc rupture diplomatique avec le RU et donc les USA

    etc.

    1. Albatros, vous avez oublié la spoliation des bijoux de famille et la séquestration des animaux de compagnie, non ?

      Parce qu’à part la nationalisation du système financier qui est inévitable…

      1. Ma liste est certes foutraque mais un défaut, ça ne peut pas s’improviser…ça peut faire des centaines de morts, bousiller toute organisation sociale en quelques heures.

        Si la zone euro fait défaut, on est certain que le système bancaire européen serait totalement HS.

        Donc plus d’argent dans les guichets, donc plus de sous pour acheter ses pâtes. Il y aurait rapidement des émeutes, du marché noir. Et je ne parle pas de ceux qui auraient quelques pièces d’or ou pire des armes.

        Donc la loi martiale est nécessaire, tout comme la nationalisation par l’U.E (l’U.E deviendrait une nation) du système bancaire européen.

      2. Moi, je suis plutôt d’accord avec Albatros 🙂 sauf que :

        – il n’est pas question qu’on touche à mon chat,
        – une coupure d’internet nous priverait de ses indispensables commentaires.

      3. @Garorock

        Elle fait son boulot de banque centrale, éventualité qu’oublient manifestement l’albatros et François 78…

      4. – il n’est pas question qu’on touche à mon chat,
        – une coupure d’internet nous priverait de ses indispensables commentaires.

        Sur internet, personne ne sait que vous êtes un chat…

    2. Pour ce qui est du paradis fiscal monégasque, ce furoncle accroché au menton de la face orientale de notre Janus hexagonal, pas besoin d’user du bistouri militaire. Interdisez à nos hauts fonctionnaires d’y être détachés en sinécure et hop ! plus d’administration, plus de principauté. La solution m’a été soufflée par un haut fonctionnaire…

      1. Ah bon BRL ? Really ? Que de Gaulle ne s’en était-il contenté alors, plutôt que d’improviser un blocus militaire contre Rainier en pure perte ?

      2. …’blocus militaire »… ‘en pure perte » … comme il y va, lui, et où sa haine de de Gaulle le mène…
        La France a bien gagné, même si la principauté n’a pas trop perdu…
        http://www.sahm06.com/spip.php?article115
        …car, depuis, c’est effectivement un protectorat français qu’il serait très aisé de mettre parfaitement au pas ou même d’assimiler, s’il n’y avait pas cette collusion oligarque, banquière, financière, pipolesque, tsétéra, entre les zélites de la fRance et les grotesques du microbe où l’on croit encore Rainier…

        « Si Monaco nous emmerde, on fait un blocus, rien de plus facile, il suffit de deux panneaux de sens interdit ! » (Charles de Gaulle)
        …même pas besoin de couper l’eau comme il en avait aussi été question, alors…

    3. L’audit de la dette me parait une opération très ambiguë : Refuse-t-on de payer nos dettes ou certaines d’entre elles par ce qu’elles sont odieuse ou par ce qu’elles sont excessives ? Quelle est la crédibilité d’un audit dont on sait d’avance qu’il doit découvrir le caractère odieux d’une partie de la dette ?

      Lénine dans les mois qi suivirent la révolution d’octobre envoyait des ordres pour qu’on juge les bourgeois et les traîtres en précisant qu’ils représentaient 3% de la population. On a vu les jugements qui en ont résulté.

      Cela dit je suis totalement partisan d’une répudiation de la plupart des dettes d’État.

      Remarquons que l’une des conséquences de la mesure proposée par ce billet serait la ruine des fonds de pension; le minimum d’équité sera alors d’alloué au cotisants ruinés des droits à pension de l’état équivalent à ce qu’ils ont perdu. Ce qui aurait ce résultat paradoxal : la dette correspondante ne disparaitrait pas mais cesserait d’être comptabilisée ce qui rassurerait les investisseurs interdirait toute spéculation. Une fois de plus en matière financière on confond apparence et réalité.

  14. Haircut de 50% (allons y) sur les dettes de la zone euro:

    -les fonds propres des banques ne vont pas résister. Donc nationalisation immédiate (pourquoi les banques seraient mieux gérées par le publc est une autre question).
    -les marchés de la dette se ferme immédiatement pour les Etats de la zone euro. Donc probable très grosses difficultés de (re)financement pour les Etats.
    – chute des bourses mondiales et perte de confiance de tous les agents économiques. Chute de la consommation en Europe
    – risque de déflation

    Au pire (ou au mieux), le Nord de l’Europe quitte la zone euro sous l’influence des populations qui n’accepteront pas cette politique.

    Les conséquences pourrainet être à peine moins brutales si les investisseurs ont intégré ce passage en force.

    1. Le défaut est précisément réalisé pour sortir de cette logique de marché et restructurer la finance. Dans ce cas un changement des statuts de la BCE est obligatoire au préalable, pour qu’elle puisse compenser par l’émission de monnaie, ce qui privera les spéculateurs de leur moyen de chantage : la dette des états. On peut ensuite s’occuper de leur cas.

      1. @Nicks
        Oui, au préalable… Parce que les traités vont pas se changer tout seuls dans la nuit de dimanche à lundi.

      2. @Garorock

        Avant que la décision politique ne soit entérinée, il faut bien l’exposer et la promouvoir…La politique est une question de rapports de force, beaucoup l’ont oublié ou font semblant de l’ignorer. Malheureusement, il faut bouger l’Allemagne sur cette question et nous n’avons pas élu quelqu’un pour le faire. Dommage car à moins désormais d’une réaction populaire massive, je ne vois pas quelle représentation politique en place pourrait avoir la volonté de porter ce projet.

    2. Sam,

      -les marchés de la dette se ferment immédiatement pour les Etats de la zone euro. Donc probables très grosses difficultés de (re)financement pour les Etats

      1) ils sont déjà fermés ou à peu près pour l’Irlande, la Grèce, le Portugal, Chypre, l’Espagne et l’Italie, soit pas loin de la moitié des plus de 8 000 milliards de dette souveraine €zonarde.
      2) confirmation après l’annonce de Moody’s sur RFA et PB que plus aucun émetteur de la zone n’est assuré du triple A.
      3) croyez-vous réellement que le système financier européen et/ou mondial puisse se passer du plus gros fournisseur mondial de titres de marché encore hyper-liquides, « sécurisés » ou pas ?
      A un moment donné, il faut prendre ses pertes et je rappelle qu’un haircut combiné à une dévaluation pour un défaut total de disons 30% sur la dette eurozonarde (2 400 milliards €) ne représenteraient par exemple que 10% des fonds planqués dans les paradis fiscaux et 10% aussi du patrimoine financier officiel des ménages de l’UE.

      1. 1) pour le moment, ils restent ouverts pour les autres. Et que ces autres pourraient rencontrer des difficultés de (re)financement.
        3) vous faites des comparaisons qui me semblent ne pas devoir être faites dans la mesure où il est peu probable que ces « réserves » d’épargne soient mobilisables.

        Le scénario provocateur qui nous est soumis, si il n’est pas anticipé, risque de provoquer un choc de confiance négatif. je pense un peu comme vous que la zone euro reste incontournable dans l’économie mondiale mais dans une optique de moyen terme. Dans les 12/24 mois qui suivent une telle décision, il est probable que la récession se creuse si la défiance s’intalle. Un peu comme un krach boursier: à terme il y a une remontée mais en attendant, la défiance est sévère, surtout si tout le système bancaire est nationalisé, l’économie ralentit…. Et sans confiance, l’économie ne tourne plus comme on le voit maintenant.

      2. Sam,
        1) « Les autres  » en rencontreront quoi qu’il arrive des « difficultés de (re) financement », so ?
        2)

        il est peu probable que ces « réserves » d’épargne soient mobilisables

        , qui parle de les « mobiliser » ? Il s’agit de les annihiler, à hauteur de 10% dans mon exemple, et vite. A un moment donné il faut savoir prendre les pertes, pas que les profits. Ya pas d’raison pour que seuls les actionnaires des banques, des assurances, de PSA ou la piétaille hellène ou ibère se fassent rincer quand ça mouille sévère, pas vrai biquet ? En commençant par exemple par interdire tous, je dis bien tous, les placements à K garanti…

    3. Le jour ou l’Argentine a décidé de dire merdre et de faire défaut, les créanciers faisaient la queue dès le lendemain pour lui préter de nouveau.

      Ce n’est en soit ni une bonne ni une mauvaise chose, mais cela devrait être de nature à vous rassurer Sam.

      1. Non Mathieu, faut pas rêver, l’Argentine n’a plus accés au crédit international depuis son défaut de 100 milliards $, à part les prêts du gentil voisin Chavez. Les réserves en devises commencent à montrer leurs limites et le Peso… avec une inflation estimée à 25%, fuite des capitaux… ça sent pas bon pour les gauchos.
        http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/face-a-la-fuite-des-capitaux-l-argentine-limite-encore-la-circulation-du-dollar_1138347.html?skip_mobile_check

  15. Comme dirait l’autre, la finance c’est de la politique concentrée. Votre fiction n’en tient pas compte. On peut toujours s’amuser….

    1. La proposition de Jorion est de la politique concentrée – un appel à un Etat européen – rompant délibérément avec la finance qui est de la politique diffuse.

      Quant aux conditions de possibilité de sa réalisation invoquées via les incidences d’un appel aux « ingénieurs financiers » à un sauvetage par l’expertise, se réaliseraient-elles qu’elles laisseraient intactes la dépendance envers la valeur d’échange en Europe, elles n’en changeraient que le prix.

      Bonjour à l’autre.

  16. Eh ben non Mr Jorion, ça marche pas!!!

    Démonstration en trois points:
    1- oui, i faut restructurer les dettes et je suis favorable à ce que la zone Euro face défaut ensemble, ça sera toujours beaucoup beaucoup mieux qu’un défaut désordonné avec effet domino et fuites de capitaux successives. Ca apurera le passé d’un financiarisme court-termiste scandaleux qui aura réussi à remettre les inégalités de patrimoine au niveau de ce qu’elles étaient avant la crise de 1929.

    2- NON, ça ne résout pas la crise de l’Euro! La crise de l’euro vient du fait qu’on a choisi de faire une zone monétaire commune sans organiser aucun transfert permettant de rééquilibrer les écarts de compétitivité. En fixant les parités Euro / Drachme et Euro / Marklors de la création de la zone, on a figé dans le marbre l’écart de compétitivité entre la Grèce et l’ Allemagne (idem pour l’Espagne et la France évidemment). Or l’Allemagne a fait des efforts considérables de compétitivité (partiellement pour de bonnes raisons d’ailleurs, vu sa démographie). Sans possibilité de dévaluer, ni de mettre des droits de douane à leur frontière, les grecs sont privés de toute solution pour faire face à cette concurrence devenue déloyale. Ils paient donc avec des dettes (il suffit de voir l’évolution de TARGET2 qui permet à la BCE de faire l’interface entre les pays depuis que les banques ne se prêtent plus entre elles…) et se retrouvent désormais dans une situation intenable.
    3- dans une zone monétaire commune il y a plusieurs moyen de résoudre ce type d’asymétrie, mais elles sont toutes à peu près impraticables politiquement (on pourrait discuter de la dernière, même si je n’y crois guère non plus):
    – envoyer les Grecs en Allemagne ou il y a encore un peu de boulot (ce qui poserait quelques petits problèmes linguistiques et sociaux quand même…)
    – organiser une dévaluation massive en Grèce via plans d’austérité et réformes ‘structurelles’ massifs (ce qu’on a essayé de faire et qui a une légère tendance à mettre nos amis hellènes dans la rue et des nazillons au parlement)
    – organiser des transferts massifs de l’Allemagne vers la Grèce (oups, ce ne serait pas interdit par Maastricht, ça?). Bon, de toute façon c’est hors de question pour nos amis teutons.
    – augmenter massivement les salaires allemands pour diminuer leur compétitivité et rééquilibrer ainsi les échanges. Bien que la plus séduisante, cette dernière solution présente quelques inconvénients majeurs: elle augmente mécaniquement le chômage en Allemagne, a un effet inflationniste auquel les allemands sont allergiques, et, plus grave, déséquilibrera les échanges avec le reste du Monde (je rappelle que la balance commerciale européenne est globalement équilibrée malgré des déséquilibres internes très importants), ce qui reposera le problème de la parité notamment avec le yuan pour éviter de se retrouver dans le dilemme américain de la ‘Chinamérique’.

    Moralité, conséquence et conclusion:
    La restructuration des dettes est inévitable et il serait effectivement préférable qu’elle soit un brin organisée (par exemple, en faisant un défaut commun sur la partie de la dette mutualisable, ie au % de PIB du pays le moins endetté de la zone euro, qui doit probablement quand même dépassé largement les 60 ou 65%). A mon avis, ça ne se passera pas comme ça, nos gouvernements sont bien trop lâches pour ça (en espérant que ce ne soit que de la lâcheté…), donc ça finira par une nouvelle envolée des taux intenable qui forcera la main à l’Espagne et provoquera une cascade de défauts souverains la semaine suivante, mais on peut toujours espérer un sursaut de lucidité de nos chères élites pour faire un peu mieux…
    Mais ça ne solutionne EN RIEN les problèmes internes à la zone euro.

    Monsieur Jorion, revoyez donc votre copie… 🙂

    NB: je ne suis pas un financier, mais un lecteur assidu d’un de vos confrères dont je partage largement les opinions et analyses, celui d’O. Berruyer (www. les-crises.fr)

    1. Ne peut-on envisager des solutions en plusieurs parties ? Le problème de l’euro repose sur des déséquilibres internes certes. Il faut en effet créer une zone de transfert à l’image de ce qui se fait en France par exemple. Mais pour cela il faut les mains libres et du temps, ce que ne nous laissent pas les marchés financiers qui utilisent la dette des états pour faire pression et continuer de s’amuser comme des petits fous au casino.

      La première mesure à prendre pour sauver la monnaie unique c’est donc de court-circuiter les marchés financiers et reprendre le contrôle de la monnaie avant de procéder au défaut qui ne laissera d’autre choix que de restructurer la finance. Cela pourrait régler la question de la dette publique (émission de monnaie souveraine et défaut), le désendettement privé (inflation modérée et contrôlée par les pertes infligées à certains acteurs économiques) et permettre de retrouver le pouvoir politique pour ramener la finance à son rôle premier, à savoir alimenter l’économie réelle.

      Ensuite, les conditions seront réunies pour que l’euro soit une véritable monnaie souveraine et que la continuité territoriale ne soit pas inexistante au sein de l’Union, par le biais d’une politique de transfert et d’aménagements.

      1. La restructuration des dettes aura lieu de toute façon (il suffit de voir l’augmentation rapide des taux auxquels les pays se refinancent pour s’en rendre compte). La proposition de M. Jorion de faire ‘dette commune’ et défaut ensemble aurait pour avantage d’organiser un peu la débâcle.
        Ce que je discutais c’est de ce qu’implique le fait de partager une monnaie, et, balayant les options qui permettraient de rééquilibrer les échanges commerciaux entre les pays de la zone euro, j’affirme qu’aucune ne semble viable a priori (ou alors, hors champ démocratique). Après je veux bien qu’on trouve soudain des élites politiques pro-européennes (i.e. pas que dans le bla-bla), prêtes à d’énormes transferts de souveraineté et… d’argent, suffisamment pédagogues pour expliquer aux allemands que leur bonne santé économique se fait au détriment de leurs voisins, et assez intelligents pour organiser tout ça ensemble, mais en l’état, ça me paraît très très improbable!
        Donc en l’état, monnaie non viable et c’est très triste parce que je suis très pro-européen et qu’assister à la déconstruction politique de l’Europe me parait un retour en arrière désastreux…

      2. Totor : « Donc en l’état, monnaie non viable et c’est très triste parce que je suis très pro-européen ».

        Heureusement que vous êtes très ( je dirai même plus, très très ) pro-européen, à l’instar de Berruyer. Elles pourraient trembler, l’UE et l’eurozone, si vous étiez ses ennemis, mais elles n’ont pas du tout besoin d’ennemis avec des amis tels que vous. Admettez, au moins, que jamais la création de l’eurozone ne vous a paru une solution viable à cause du partage de souveraineté qu’elle implique. Implication connue de tous depuis longtemps malgré que l’on veuille bien croire que ce n’est qu’une invention de dernière heure afin de sauver les meubles. C’est la raison pour laquelle la solution proposée par Jorion ( dans ce billet d’aujourd’hui ) est loin d’être originale par contre son premier PS m’a beaucoup plu. Mais vous vous êtes cru obligé de sauter à pieds joints dessus.

        Si la situation n’était pas aussi grave ( les fonctionnaires espagnols viennent de se faire sucrer un mois de salaire mais c’est la faute à l’euro, bien sûr ) on serait morts de rire tous les jours, comme des Prométhée, le foie bouffé par la récitation lancinante de décalogues à la con du genre solidarité avec la Corrèze, pas avec le Péloponèse comme si les parisiens ( où n’importe quels autres français ) payaient leurs impôts par simple instinct de solidarité nationale. Le chemin vers la découverte du gène bleu-blanc-rouge est ouvert, ne vous bousculez pas au portillon, il y en a un pour chaque FdS.

      3. @Mor:
        Vous vous trompez, j’étais jeune mais très favorable à l’euro, jusqu’à ce que je sois ramené à la raison par les arguments des sceptiques. Les conditions politiques d’une monnaie commune à 17 me paraissent très loin d’être réunies. Au mieux on pourrait espérer deux ou trois zones monétaires avec une monnaie pivot comme l’était l’écu avec parité fixe et changement annuel concerté.
        Le PS indiquait qu’il ne s’agissait pas ici de débattre sur l’opportunité de garder ou non l’euro, mais des conditions pratiques de sa conservation. J’ai répondu en disant que la mutualisation des dettes suivie d’un défaut ne suffirait pas à conserver l’euro et en apporte une argumentation qui me semble assez solide (en tout cas, j’attends sa réfutation).
        En ce qui concerne votre dernier paragraphe, vos insinuations sont au mieux dénuées de fondement, au pire assez insultantes, donc no comment

      4. @ totor
        « vos insinuations sont au mieux dénuées de fondement, au pire assez insultantes, donc no comment… »

        Il est coutumier du fait (je suis pour lui un créationniste). Mais ne vous inquiétez pas: il ne mor pas. 🙂

      5. Parce que vous ne trouvez pas insultante l’argutie tellement répandue qui consiste à dire : avant j’aimais bien mais maintenant je me suis rendu aux évidences farageuses des euro sceptiquement septiques de toujours ? C’est du même tonneau que ceux qui ne sont ni de droite ni de gauche et encore moins du centre dans leur parfaitement hallucinée compréhension du cul-de-sac démocratique où nous nous sommes fourrés. Vous demandez quoi ? D’être cru sur parole ?

        Quant à votre argumentation psychologique sur la lâcheté politique, imparable, effectivement. Les courageux seraient ceux qui veulent sonner la retraite de la zone euro et parachever ainsi le boulot de Ron et Maggie en se rangeant derrière les grands guerriers médiatiques Delamarche et Farage ? Deux beaux clowns, ces deux-là, d’ailleurs. Je comprends mieux votre béguin pour les salades à la Berruyer.

      6. Et voilà le lapin magique qui lâche la pastèque sur le pet de nonne. Je vous qualifie de créationniste ( tiens je vais faire une lapinade moi aussi [néo]-créationniste ) parce que c’est ainsi que se définissent les tenants d’un dessein intelligent inscrit dans la Nature et la majeure partie de ce que vous déblatérez ici, s’inscrit dans cette théorie, lamarckisme inclu.

        N’en déplaise à Desproges, le progrès des connaissances ne peut se faire qu’en appelant un chat un chat, fût-il de Schrödinger. L’hypocrisie réclamant courtoisie ! On aura tout lu.

      7. @BasicRabbit: merci pour l’info
        @Mor: Vous comprendrez, je suppose qu’avec un tel degré d’agressivité, il est difficile d’engager un débat constructif. Je vous laisse donc à vos éructations virtuelles sans grand intérêt…

    2. J’allais moi-même essayer de répondre à M. Jorion, mais tout est dit :
      1. politiquement infaisable (zone de transfert)
      2. union économique et monétaire incomplète donc solution de moyen-terme seulement
      3. écarts de compétitivité et de fondamentaux macro trop importants pour se résoudre sans ajustements au sein de la zone

      Un défaut généralisé ne me semble pas infaisable, mais plutôt indésirable et insuffisant. L’étendu des pertes générées par une restructuration massive implique nécessairement un sauvetage tous azimuts des banques par la BCE, soit une nationalisation totale du secteur bancaire. Cela nous permettrait de sauver l’euro, certes, mais sans sortir l’Europe de la crise.

      PS: si vous ne pensez pas qu’une dépréciation de l’euro de 1.40 à 1.20 équivaut à une dévaluation de 15%, je suis perdu

      1. A mon sens, un défaut généralisé, aussi indésirable soit-il, me paraît juste incontournable. La BCE ne sauvera rien du tout (sauf à provoquer une inflation incontrôlable ou plutôt provoquer la sortie de la zone euro sine die de l’Allemagne), ce sera aux États (i.e. aux contribuables) de nationaliser leurs banques, et vu l’étendue de leur bilan, ils feront ce qu’ils pourront pour sauver l’épargne de leurs citoyens et envoyer paître les engagements ‘hors bilans’, les produits dérivés en tout genre et autres foutaises de banquiers.
        Et… ça ne sauve toujours pas l’euro, vu que les peuples des pays du nord ne sont prêts à aucun transfert financier (du moins pas de l’ordre de grandeur nécessaire) et qu’on reste donc toujours avec sur les bras notre problème indépassable d’écart de compétitivité.

        PS: c’est vrai que c’est l’avantage: avec la crise de la monnaie, ça permet une dévaluation implicite, ce qui ajuste l’eurodollar à une parité un peu plus raisonnable. Comme quoi, ce que Bruxelles n’arrive pas à décider, une bonne petite crise monétaire arrive à le faire 😉

      2. Si la BCE injectait des sommes considérables, le danger immédiat n’est pas l’inflation. Cela fait deux ans que la base monétaire augmente sensiblement tandis que l’aggrégat monétaire M3 (essentiellement constitué de crédits bancaires) continue de stagner. Le multiplicateur de la monnaie est cassé et la relation habituelle entre création monétaire et inflation n’est plus valable. Elle peut le redevenir à terme mais la BCE devrait avoir le temps de retirer du système ce qu’elle y a injecté.

        Le risque se trouve plutôt dans l’inflation d’actifs financiers, donc de bulles monétaires. Si les banques se refinancent pour nada, que la conjoncture économique et désastreuse et donc que la qualité des crédits accordés se détériore, les banques se concentreront sur leurs activités d’investissement ou sur leurs marchés extérieurs… et c’est reparti pour bulles, « guerre des monnaies », super volatilité, etc…

        Vu le tournant des évènements, je pense qu’on n’échappera pas à une nouvelle intervention massive de la BCE… mais il faut que celle-ci serve en priorité au rachat d’obligations des pays en difficulté pour aider à financier leurs déficits.

      3. @Julien:
        Oui, on peut continuer Ponzi encore quelques temps: la BCE injecte de la monnaie en récupérant des collatéraux de plus en plus dégradés. Et on va où comme ça, en transformant la BCE en bad bank? Dès qu’un état ou une banque fera défaut, il faudra bien qu’elle demande des appels de fonds pour compenser ses collatéraux pourris. Alors soit elle crée cet argent et on aura de l’inflation, soit elle augmente la dette des Etats non encore faillis et augmente le risque de défaut de ceux-ci. Cercle vicieux… Ce qui m’amène à un désaccord avec vous sur le refinancement des Etats en difficulté par la BCE. Il faut que tout ce petit monde fasse défaut (ce qui revient à appeler les impôts impayés des 40 dernières années en les faisant supporter par les détenteurs d’assurances vie, soit à 70% détenues par les 10% des plus riches, dixit Berruyer), puis à augmenter légèrement les impôts pour compenser notre déficit primaire (d’environ 20Mds d’euros). Ca ne résout absolument pas la crise de l’euro, mais apure au moins le n’importe quoi décidé dans tout le monde occidental depuis la fin des années 70.

        Cela dit, vous avez raison sur plusieurs points:
        – l’inflation dépendant aussi de la fameuse ‘vitesse de la monnaie’, on peut se retrouver avec une masse monétaire plus importante sans que cela ne déclenche d’inflation immédiate. Mais comme le disait assez justement Trichet, l’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois que c’est sorti du tube, c’est difficile de le faire rentrer 😉
        – il me semble aussi juste de souligner qu’en plus de l’inflation, il y a le risque des bulles sur les actifs financiers (finalement les subprimes et l’économie casino du début des années 2000 a été largement favorisée par la politique super accommodante décidée par Greenspan à la fin de la bulle internet)

      4. Si la BCE intervient, point de raison pour un Etat ou banque de faire défaut vu qu’il y aura toujours des liquidités disponibles pour faire face à leurs engagements. Loin d’être une panacée, mais le problème de collatéral devient donc accessoir. De plus si un Etat de la taille de l’Italie faisait défaut, les autres pays de la zone se retrouveraient à renflouer leurs banques en plus de recapitaliser la BCE, et la crise qui s’ensuivrait pousserait les comptes budgétaires dans le rouge, bref une situation qui ne satisferait vraiment personne…

        Un défaut généralisé me paraît tout simplement infaisable, les seules solutions restantes étant donc la création d’eurobonds (sans faire défaut) ou création monétaire de la BCE. Une double impasse politique donc… mais de ces deux options, la seconde me paraît moins dangereuse pour les raisons expliquées précédemment, quoique je reconnais le danger de jouer à ce jeu-là. Mais y a-t-il une alternative ?

      5. @Julien
        Attention, aujourd’hui, la BCE ne crée pas vraiment d’argent, elle prête aux banques en échange d’un collatéral placé en garantie, mais qui reste à rembourser (avec des échéances allant jusqu’à 3 ans pour les deux LTRO du début de l’année qui ont repoussé une première fois la catastrophe). C’est la grande hypocrisie actuelle: faire semblant qu’on a une crise de liquidité alors que la crise réelle est une crise de solvabilité générale (i.e. public ET privé, Jorion et Leclerc ont bien raison de le souligner). C’est la logique du sapeur Camembert: creuser des trous pour en boucher d’autres…
        Mais si la BCE commence à renflouer les Etats (elle l’a fait un peu, de manière planquée et hors de son mandat, mais pas de façon massive), alors on aura bien création monétaire. Ce qui aura deux conséquences possibles:
        1- l’Allemagne sort direct de la zone euro (le plus probable)
        2- l’Allemagne mange son chapeau (peu probable), mais on indique aux marchés financiers qu’on va les rembourser en monnaie de singe. Les marchés anticipent alors une inflation à venir importante et réclament des taux toujours plus élevés ce qui précipite le défaut, soit par hyperinflation (tous les prêts sont remboursés par création monétaire pure et simple) soit par restructuration de la dette (le plus probable).
        Et personnellement, j’aimerais autant qu’on ne démolisse pas la monnaie en faisant de la création monétaire, parce que ça, ça revient à faire payer par tout le monde (par l’inflation) les impôts que n’ont pas payés les plus riches depuis 40 ans!

        Bref, il n’y a pas de solution: d’une manière ou d’une autre, on fera défaut, et sans doute dans des échéances relativement courtes maintenant. Tout cela ne repose encore que sur la confiance de plus en plus fragile (et en réalité pas vraiment justifiée!) des investisseurs dans la capacité de la zone euro à se maintenir et aux États à rembourser leur dette….
        Juste une dernière petite remarque: savez-vous combien de fois dans l’histoire des pays ayant atteint ce niveau d’endettement n’ont pas fait défaut d’une manière ou d’une autre?

        zéro!

      6. « la BCE ne crée pas vraiment d’argent, elle prête aux banques en échange d’un collatéral placé en garantie »

        D’où lui vient l’argent qu’elle prête en échange d’une reconnaissance de dette ?

      7. @paul: ravi de voir se joindre à nous le maître des lieux! Ce que je voulais dire c’est que tant qu’on est dans une logique de reconnaissance de dette, la BCE a toujours la possibilité de détruire cet argent à la fin de l’emprunt et donc de ne pas faire réellement de la création monetaire. Bon évidemment, maintenant qu’elle fait des prêts de plusieurs années à des établissements bancaires à fonds propres négatifs, elle commence à prendre des risques de plus en plus élevés… Ce qui pourrait l’amener à en faire ou à précipiter la chute des états en leur demandant de la renflouer!

      8. Je sais bien que la BCE prête contre collatéral, mais vous ne suivez pas ma logique jusqu’au bout. Regardez cette logique simplifiée, étape par étape :
        1. les Etats prennent leur temps pour réduire leur déficit afin d’éviter de casser la croissance ; ils continuent d’émettre d’énormes montants de dette
        2. les banques se gorgent de dette souveraine, en se finançant pas cher à la BCE pour ramasser le « carry » des obligations de la périphérie ; cela leur permet en plus de faire pression sur le gouvernement de leur pays au moment propice
        3. la BCE prête des montants illimités aux banques contre du collatéral de qualité et rating de plus en plus discutable (c’est-à-dire des obligations d’Etat)

        C’est exactement ce qui s’est passé lors de LTRO I et II. Personne n’a trouvé à y redire, et ce petit jeu peut continuer pendant un moment. La BCE respecte son code de conduite puisqu’elle prête aux banques qui peuvent faire ce qu’elles veulent de cet argent, ce qui est complètement hypocrite et revient à financer la dette publique des Etats, certes, mais assure au moins à court-terme la survie du système. Et si la BCE a besoin d’être recapitalisée, le principe de création monétaire fonctionne tout aussi bien (même si, encore une fois, ce n’est pas idéal).

        Le même petit jeu fonctionnera tout aussi bien avec le MES à la place des banques, soit dit en passant. L’intérêt étant pour les pays créditeurs d’y ajouter l’aspect « conditionalité » et de réduire le risque d’inflation, à mes yeux en tout cas. Quelque chose devra céder : la réticence des Allemands à arroser le système bancaire, la réticence de la BCE à prêter aux Etats via le MES, ou la réticence des pays créditeurs à prêter directement aux Etats endettés.

        Contrairement à vous, et aux analystes de Citi qui estiment la probabilté de sortie de la Grèce à 90%, je pense que l’Allemagne fera le nécessaire pour sauver l’euro, même si cela doit coûter au CDU la Chancellerie.

        Combien de fois dans l’histoire un pays a atteint ce niveau de dette sans faire défaut ? Une fois au moins, le Japon. Regardez aussi la dette des Etats Unis et du Royaume Uni entre l’après-guerre et 1980, je n’ai plus les chiffres en tête mais l’expansion monétaire peut faire des miracles.

      9. Oui je suis d’accord avec vous, à court terme, on peut continuer encore à faire du ponzi quelques mois si on arrive a tordre le bras a l’Allemagne. Ça risque quand même d’être difficile pour les banques de trouver du ‘collatéral de qualité’ après les 2 derniers LTRO, elles ont déjà mis en gage tout ce qu’elles avaient ou pas loin. Avec votre solution on met juste en danger la crédibilité de l’euro jusqu’à risquer un weimar gigantesque à terme. C’est toujours la même logique en fait, repousser les problèmes du jour en les rendant toujours plus insolubles demain. 
        Cela dit je pense quand même qu’aux premiers signes de véritable création monétaire, la tension sur les taux sera telle que les états seront pris de court et devront faire défaut purement et simplement. L’avenir nous le dira…
        Vous m’accorderez que les cas du japon et des US sont très particuliers, ce qui aura retardé le game over un peu plus. Mais ca ne changera rien sur me fond. Il suffit de voir l’Asie se débarrasser progressivement du dollar comme monnaie de référence pour s’en rendre compte. Attendez de voir ce qui va se passer si les US se mettent à faire un troisième QE et que les chinois fâchés se mettent à vendre du TBond. Ça risque d’être amusant sur les marchés financiers, ça… Quand aux RU, c’est juste et ça m’intrigue, je vais regarder ça plus en détail et essayer de comprendre comment ils s’en sont sortis (cela dit ils avaient leur pays à reconstruire à cette époque, alors avec inflation et croissance forte, ça a du aider, mais je serai bien curieux de savoir s’il n’y a pas eu un petit défaut bien planqué quand même juste après guerre 😉 )

  17. Le rêve pour ceux qui ont tout à y gagner, l’ inacceptable pour ceux qui ont tout à y perdre, donc utopique.

    Illustration:

    Le ministère finlandais des Finances a annoncé jeudi l’ouverture la semaine prochaine de négociations bilatérales avec l’Espagne sur des garanties en échange d’une participation du pays nordique au plan de sauvetage des banques ibériques.

    http://www.romandie.com/news/n/_La_Finlande_annonce_des_negociations_avec_l_Espagne_sur_des_collateraux87050720121408.asp

  18. Deux questions:

    1)Quid du lundi suivant dans l’ordre monétaire international?

    2)Quel autre défaut serait entraîné par le défaut européen?

  19. Pourquoi ne pas demander aux US et aux UK de se joindre à nous dans cette opération?Ils seraient surement très intéressés..

    Je viens de regarder une longue vidéo de Lordon, il dit en résumé que c’est aussi sa solution favorite, mais que ça n’arrivera JAMAIS car tout ce qui se passe depuis 2008 est voulu de A à Z.
    Il dit que les politiques du FMI et de la Troika ont l’air stupides(austérité) à première vue, mais pense que comme ces gens sont tout sauf idiots, que c’est exactement ce qu’il cherchent cad détruire la croissance, supprimer les droits sociaux etc..

    Donc ils préfèreront foncer dans le mur à 200 km/h que d’appuyer sur le frein.

    Comment voulez-vous que ces technocrates, économistes mainstream et surtout politiciens de tous bords, entrent dans ce scénario?Un monde qui s’écroule, ils perdraient le peu de crédit qu’ils leurs reste.

    Faire défaut de manière généralisée c’est toucher de facto à l’épargne donc à la partie supérieure de la population(les posédants), je ne vois aucun politicien Européen avoir ce courage car pour lui cela serait un suicide.

    Les pays du Nord quitteront l’Euro plutôt que de faire défaut pour des raisons culturelles et religieuses(pas seulement économiques).
    Je ne vois pas Angela à la télé au 20h00 annoncer le défaut de l’Europe(dont l’Allemagne).
    Il y a plus de chance de gagner le gros lot au lotto que de voir cela de son vivant.

    Pour les pays du Sud dont la France et la Belgique, par contre c’est tout à fait possible..

  20. Sur la dévaluation de l’Euro, ça ne résoudra pas le fait qu’une grande partie des problèmes vient de déséquilibres commerciaux à l’intérieur même de la zone Euro. En Espagne, 60% des exportations sont libellés en € traduisant le fait que ses principaux clients sont des membres de la zone Euro. Une dévaluation de l’Euro, n’aurait un impact que sur 40% de son commerce extérieur. L’arme de la dévaluation compétitive est d’autant plus limitée que beaucoup de pays du monde espèrent relancer leur croissance en partie par une amélioration de leur balance commerciale. Malheureusement, c’est un jeu à somme nulle où il y a forcément des perdants et des gagnants. De plus comment justifier, une dévaluation de l’Euro alors que la balance commerciale de la zone Euro prise dans son ensemble est équilibrée ? Ensuite comment y parvenir si la règle est toujours la libre circulation des mouvements de capitaux ?

    La restructuration des dettes souveraines des pays membres aura probablement un impact sur l’ensemble des banques Européennes qui ont en portefeuille les emprunts de ces pays. Un défaut partiel de certains pays sans accompagnement conduirait à la réalisation d’une déflagration systémique de l’ensemble du secteur financier européen. Je préfère amplement la solution de Jacques Sapir qui propose de tuer l’Euro, et de convertir les dettes contractées en Euro dans les nouvelles monnaies nationales avec une parité de 1 pour 1. Ce serait un défaut partiel déguisé. L’Espagne ou la Grèce bénéficierait de la dévaluation pour faire repartir leur croissance sans voir alourdir le service de la dette. Cette restructuration implicite serait plus soft, 1) les banques nationales ont surtout souscrit aux émissions d’emprunts de leur propre pays, et 2) pour le reste, elle ne pénaliserait que les banques des pays qui ont accumulé des excédents d’épargne (placés en emprunts étrangers) en raison de leurs excédents commerciaux (je pense bien entendu à l’Allemagne).

    1. Parce que ce sont eux qui ont conçu la libéralisation financière, sur décision politique, et qu’ils peuvent mettre leur expertise pour réaliser l’inverse. Mais il faut que ce soient les représentants politiques ou les citoyens eux-mêmes qui donnent la feuille de route. Les experts servent à ça : mettre en oeuvre les choix politiques.

    2. Parce que l’évaluation des répercussions du chantier en perspective, d’un point de vue strictement financier, dépasse d’un gros chouïa les compétences du comptable de ton boulanger syllabique et que l’avis du comptable, du boulanger ou du Sylla, Paul s’en contrefout ici cordialement et ouvertement (« P.S. : commentateurs éventuels prônant qu’il ne faut PAS sauver l’euro, soyez gentils d’aller mettre vos commentaires ailleurs, ce n’est ni du « pour » ni du « contre » que je parle ici. »)

    3. Parce que je voudrais que ce soit une discussion purement technique sur la faisabilité pratique de ma proposition. Des discussions sur toutes les questions de principe que soulève l’euro ont déjà eu lieu ici et ailleurs.

      1. D’accord…il faudrait alors aussi un avis juridique, non?

        Pour la réévaluation, j’avais cru comprendre que çà ne procédait pas d’une décision, à cause des changes flottants (quoique qu’un défaut général…).

      2. Avant de fixer une date, il faut juste s’assurer que la BCE ait bien collecté toutes les mauvaises créances des banques européennes et celles libellées dans une autre devise que l’Euro. Disons quelques jours au plus.

  21. Le défaut collectif, oui.

    Mais après, l’élan collectif devra être entretenu, comme le feu dans la cheminée quand le blizzard rêgne en maître.

  22. Il y a d’autres solutions permettant de conserver l’Euro :

    Thomas Mayer, le chef économiste de Deutsche Bank, propose d’introduire une monnaie parallèle pour fournir à la Grèce les bénéfices d’une dévaluation partielle. L’Etat grec ne réglerait plus qu’en reconnaissances de dettes, qui, au fil du temps, se transformeraient en une nouvelle monnaie. Thomas Mayer suggère de la nommer « geuro ». La plupart des transactions domestiques pourraient se faire dans cette devise.
    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202075083178-deutsche-bank-propose-a-la-grece-le-geuro-326023.php

    La solution se trouve donc dans la diversité monétaire par l’introduction de monnaies autres
    que les monnaies conventionnelles : des monnaies locales, régionales, ou fonctionnelles.
    Lorsqu’elles apparaissent, ces monnaies augmentent la diversité et les interconnections du
    système économique. Elles diminuent son efficacité, mais améliorent sa capacité de résilience.
    Elles permettent par ailleurs de résoudre des problèmes très divers auxquels nous devons faire
    face aujourd’hui, depuis la gestion des conséquences économiques du vieillissement de la
    population, ou les problèmes de développement durable.
    http://docs.eclm.fr/pdf_annexe/AnnexeMonnaiesRegionales.pdf

  23. Le défaut généralisé et organisé (tiens, pour une fois), en voilà un coup de tonnerre qui vaudrait la peine d’être machiné. J’en rêve depuis que je consulte ce blog. Quant aux mesures de rétorsion évoquées par les uns et les autres, elles devraient être limitées par le fait que, comme je l’ai écrit ailleurs, et comme François et Paul le répètent, tout le monde se tient par la barbichette. Le premier bloc qui change les règles du jeu, force les autres à faire de même. Que perd-on à tabler là-dessus ? Les risques que nous ferait courir un effondrement désordonné du système sont infinis, puisqu’on n’en a jamais fait l’expérience. Les risques d’un défaut sont déjà mieux connus ; cela s’est déjà produit et le chaos n’était pas certain. Le rapport des forces est à l’avantage de la zone euro, vu son poids économique. On dirait que les Européens ne sentent pas leur force. La source d’inquiétude provient, comme d’habitude, de l’aptitude des dirigeants européens à discerner les enjeux et à saisir l’occasion (kairos). Malheureusement, jusqu’à présent, j’ai surtout vu des Européens « convaincus », hommes de chapelle plus qu’hommes d’État, travailler, compétitivité oblige, à la destruction de l’Europe avec un acharnement qui rendrait jaloux le plus acharné des eurosceptiques.

    1. Bonjour à tous,
      N’étant ni économiste, ni un financier, seulement un ancien manager d’entreprise, je ne peux proposer de solutions techniques sur ce sujet.
      J’ai régulièrement évoqué, soutenu cette solution de défaut coordonné européen, sur d’autres sites, mais sans pouvoir citer en référence des travaux, thèses, rapports qui semblent rester confidentiels.
      La solution est très séduisante mais se heurte à des difficultés de mise en oeuvre pratiques.
      Il faudrait ajouter deux audits (indépendants) : un pour la dette, un pour le système financier européen
      Mais aussi inscrire dans ce qui tient lieu de Constitution Européenne et dans toutes les Constitutions nationales cet article abrogé :
      « Les paris qui auront été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics, seront punis d’un emprisonnement d’un mois au moins, d’un an au plus. » [Article 421 du Code pénal, abrogé en 1885. NB : « effet » = obligation]
      « Sera réputée pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au temps de la livraison. » [Article 422 du Code pénal, abrogé en 1885]

      1. L’article 123 du Traité de Lisbonne stipule que : « . Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite »

        En clair les états signataires s’interdisent de se financer directement à taux zéro auprès de leur banque centrale ou de la BCE. Ils sont obligés de s’adresser aux banques privées qui leur proposent les taux qu’elles décident tout en se finançant actuellement elles mêmes à un taux quasi nul auprès de la BCE.

        Cette situation est identique pour tous les pays du monde occidental et dure en France depuis 1973.
        Ce n’est pas la dette en capital qui pose problème ce sont les intérêts qu’elle génère.
        Espagnols, Grecques, Portugais rêver d’emprunt à 0%.
        Mais ils peuvent toujours rêver et nous aussi.
        D’accord cela ne règle pas le problème de l’euro ni les inégalités économiques des pays de l’UE, mais cela pourrait alléger de quelques milliards nos dépenses.

      2. @ jvario

        « Alain Peyrefitte- – Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte.

        Général de Gaulle. – C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp !  » Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça. »

      3. @Bigglop
        Donc des lois sont déjà là ,il suffit de les activé ,ok .Mais alors pourquoi ne pas appliquer ce système au niveau mondiale , par exemple supprimé déjà les intérêts sur les prêts aux nations
        Exemple : pas un G10 .G20 etc ,non une réunion mondiale ,sur le faite que tout les peuples plient l’échine devant les intérêts de la dette .
        Je suis parano , mais qu’elle est la personne qui mettrait 10000€ sur la dette espagnole , même si elle est à 7% à part placer de l’argent mal gagné , donc celui qui perdrait les intérêts sur cette action , qui a parier sur le toujours plus,au détriment du bon sens humain perdrait ,tout versement d’intérêt deviendrait illégal . On remet les compteur à zéro au niveau mondial .
        OK je suis pas ingénieur dans la finance , cela doit se sentir un peu 🙂

      4. @ Jvario

        L’article 123 du Traité de Lisbonne stipule que : « . Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite »

        Chaque fois que j’ai entendu un homme politique ou un « expert » interrogé sur le pourquoi de cette clause, il (ou elle ) a botté en touche.(par exemple la question a été posé par hollande dans le débat de l’entre deux tours. Pas de réponse et pas de relance de la question)
        Est-ce que quelqu’un pourrait enfin clairement dire par qui et pourquoi cet article a été pondu.

      5. @ Abel Lovi

        L’idée était simple : si l’État peut se financer à taux zéro ou très faible, il ne se comporte pas de façon responsable et tend à utiliser la planche à billet qui provoque de l’inflation, laquelle est l’ennemi du rentier/investisseur/capitaliste, etc. Donc on responsabilise l’État en l’obligeant à se fournir sur les marchés à un taux plus élevé.

      6. A @Paul Jorion. Je vous remercie de votre réponse et de cet article. Cependant, je n’ai pas développé dans le cadre de ce défaut coordonné une vision plus globale de changement de société, de modèle économique, pour une gestion non marchande des ressources naturelles, eau, énergie, agriculture, dans le respect de la biodiversité, donc un modèle écologique auquel peu d’entre nous sont préparés.
        Les systèmes totalitaires économiques et politiques montrent rapidement leurs limites. Le « communisme » s’est écroulé (1917-1991), le capitalisme avec ses dérives comme la globalisation et la financiarisation des échanges économiques est à l’agonie. Les responsables politiques le maintiennent sous perfusion, en pratiquant l’art de la proscratination pour « rassurer », convaincre les marchés pour quelques jours tout en maintenant les citoyens dans une douce léthargie.

        A @Ardéchois, concernant l’achat de dette espagnole certains en achètent mais en se couvrant par des CDS et d’autres spéculent directement sur les CDS.
        Mais si ce défaut partiel (ou total) coordonné était mis en oeuvre (soyons fous, rêvons) avec succès, quelle sera la valeur de ces CDS ?

      7. @Bigglop
        Bon et bien tant qu’on y est , on rend hors la loi les CDS ,ce qui en soit est un bien ,voir un très bien

  24. Paul, ce qu’il y a de certain c’est que le meilleur moyen pour que tout le bin’s ne soit plus une solution serait de le claironner à l’avance, non ? Dévaluation ou réévaluation, qu’elles se fassent de façon volontaire, directe et arbitraire en régime de change fixe ou de façon indirecte par émission monétaire et défaut sur la dette en change flottant, ça supporte pas trop les menaces, bluffs ou ballons d’essai… Cela dit, vu le merdier, toute initiative imprévue ou au moins hétérodoxe, mais surtout unitaire de la part de l’€zone, est susceptible de faire bouger le jeu favorablement.

    @ Whistleblower, hors-sujet, il s’agit précisément de dépasser l’artificielle séparation bons débiteurs/mauvais débiteurs en € en liant tous les titres de dette souveraine €zonards via une initiative de défaut/restructuration généralisée.

    @ L’albatros, bon courage pour discriminer la dette odieuse de la légitime…

    1. Pas d accord vigneron.
      Defaut commun innenvisageable pour pays en excedents de balance des paiements courants.
      Risques de retorsions trop important pour les seuls beaux yeux de la concoree europeenne.
      Car ne nous y trompons pas. Les creanciers externes de la zone vont reagir et tres durement. Le droit anglo saxons plaisante pas avec les debiteurs defaillants pour le confort.
      L ue est peut etre une grande puissance eco mais un nain militaire.
      Donc la reflexion hors cadre doit se faire avec deux groupes vertueux vs aventureux.

      1. L ue est peut etre une grande puissance eco mais un nain militaire.

        Un « nain militaire » l’UE avec deux puissances nucléaires parmi les 5 officielles et 9 officieuses, et deux des cinq armées les plus importantes de la planète. Certes, si on ne retient que la zone euro, le chiffre tombe à 1 puissance nucléaire et la 4ème armée au monde. Pas exactement du nanisme.

      2. Tss tss du vent du vent whistleblower, qu’est donc la fin véritable, la menace nucléaire, cachée derrière la poussée inexorable du fédéralisme soutenu par la RFA, en première ligne et première de classe, si ce n’est donner aux émetteurs de la dette euro un poids de négociation (de rétorsion) à hauteur de celui dont profitent ceux de la dette dollar ? En pesant sensiblement le même poids dans la consommation ou les importations mondiale que les EU, porte-avions nucléaires ou pas, personne ne peut s’asseoir impunément sur un emprunteur pareil comme sur l’Argentine, l’Islande, la Grèce, l’Espagne ou, prochainement (sans doute) sur vos écrans, le RU (qui n’a toujours pas de porte-avions, comme une vulgaire Russie, pfff ya vraiment que God pour sauver la reine…).

      3. Julien alexandre,

        Je ne pense pas que l on en soit a envisager le recours aux armes de destruction massive pour empecher des saisies bancaires (imaginez la gestion des contraintes si les banques devaient venir a etre nationalisees avec leurs comptes a l etranger) ou la saisie d actifs. Je pense davantage a l amicale pression des us pour bloquer tout business avec societes europennees, a l idntique de ce qui est fait avec l iran.

      4. Whistleblower, une petite info en passant, comme ça : Clearstream et Swift, c’est pas dans le monde anglo-saxon, c’est en Belgique et au Luxembourg, dans l’eurozone.

        Et ça, ça vaut toutes les bombes atomiques du monde.

      5. Bien vu ja,

        Swift est proche de l otan et la localisation n est pas due au hasard.
        Etat stable pour ce noeud strategique, ou comme pour clearstream l anglais est la langue commune. On pourrait mettre euroclear aussi.
        On a des arguments mais cote track record volonte des europeens depuis suez et les malouines c est pas terrible. L esoagne est restee bien seule avec repsol.

    2. « bon courage pour discriminer la dette odieuse de la légitime… »

      La dette odieuse a une définition précise ; elle est reconnue en droit international. Mais il y a aussi la dette illégitime. Voir le CADTM.

      Mais cela aura surtout l’avantage de forcer les créanciers à sortir du bois : « Investisseurs, épargnants… l’heurre de vérité a sonné. Montrez patte blanche. Prouvez que vos créances sont légitimes.. Et si vous êtes planqué dans un paradis fiscal, en Suisse, Luxembourg… allez vous faire voir. »

  25. Ce que vous proposez pour sauver l’euro me semble aller dans le bon sens; mais faut-il en arriver là ? N’est-ce pas un tantinet trop provocateur ? Ne pourrions-nous pas tout simplement faire tourner la planche à billets au profit des pays en difficulté et laisser tout naturellement les cours étrangers s’adapter à l’euro sans faire de bruit ?

    1. « Les 139 pays aux revenus les plus bas dans le monde qui sont considérés comme traditionnellement débiteurs net, affichent, selon les statistiques officielles, une dette extérieure de 4 900 de milliards d’euros, à la fin 2010. Mais si les réserves en devises étrangères et les comptes extérieurs, y compris off shore, de leurs riches ressortissants sont inclus, l’image s’inverse totalement : ils sont créanciers nets à l’égard du reste du monde à hauteur de 12 200 à 15 800 milliards d’euros. Le problème est que les actifs sont détenus par un petit nombre d’individus riches tandis que la dette est supportée par l’ensemble de la population de leur pays », note James Henry.

      Mais l’Europe, en pleine crise financière, est dans le même cas. Si l’évasion fiscale et l’opacité financière ne minaient pas le système, la zone euro serait aussi créancière nette à l’égard du reste du monde, assure Thomas Piketty. Et les dettes jugées insupportables des pays comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie, diminueraient de façon spectaculaire si l’argent exilé en Suisse, au Luxembourg ou à Londres revenait dans les pays d’origine et payait normalement l’impôt. »
      http://www.mediapart.fr/journal/international/240712/le-prix-exorbitant-des-paradis-fiscaux
      (par Martine Orange)

  26. ça me rappelle le scénario d’un épisode de la porte des étoiles
    face au problème posé par les réplicators( espèces de monstres métalliques qui bouffent tout et se reproduisent à gogo) organisation d’une rencontre intersidérale entre les maitres des mondes( les bons les méchants les perfides les abrutis le gentil, le grand sage, les humains ( les héros…) les justiciers les affreux les rêveur les primitifs( heu non ceux là on les a pas invités) les costauds les hyperpuissants, on n’a pas invité les impuissants)
    enfin une grosse réunion avec dépôts des armes à l’entrée et serment d’innocuité pendant le temps de la semaine de causette
    ils conviennent que ce problème les met tous en danger et qu’il faut laisser tomber les discordes habituelles pour faire front d’un seul coup et tenter une action unifiée
    bon dans les couloirs c’est pas encore ça pour la cordiale entente et chacun cherche tirer un petit profit du risque à participer
    je crois qu’ils arrivent à mener une action qui fonctionne mais le réplicator est plus retors que ça et ça promet un autre épisode un de ces jours
    mais comme au moins une fois la grande concertation a fonctionné c’est un grand pas en avant, une première réussie même si chacun ergote sur le prix individuel à payer qui n’est pas équitable (encore un autre épisode)
    en gros la stratégie était d’attirer le réplicator ( qui n’a qu’une seule logique : bouffer du métal et se répliquer) en lui faisant croire qu’on va lui faire la guerre , comme on utilise pour ce faire beaucoup d’armes et donc de métal, tous les réplicators se précipitent dans le piège qui vise à les coincer sur une galaxie dont on condamne l’accès définitivement d’un commun accord. ( mais chez les réplicators yen a des plus lents que les autres qui n’avaient pas fini leur 4heure dans un coin)
    je ne regarde plus la télé
    le monde est assez divertissant comme ça au réel

    le problème ne me semble pas de sauver la zone euro seulement.
    à moins que de sauver le foie d’un cancéreux quand la maladie est généralisée suffise à le guérir
    c’est sur que sans le foie… il n’ira pas loin

    et je ne parle pas assez sérieusement bien allemand pour traduire
    .

  27. L’Europe s’est en fait construite à force de zizanie, sans véritable imaginaire collectif qui lui conférerait une vie et donc une logique propre avec une capacité à passer outre les intérêts privés égoïstes et personnels des uns et des autres. Ce faisant, elle a instauré la guerre civile du tous contre tous en mode d’évolution: ne pouvant s’entendre sur un domaine, on laisse jouer la loi de la jungle jusqu’à l’absurde et jusqu’à ce qu’un des lobbies remporte la bataille contre tous et reçoive la bénédiction de la commission qui instaure alors en norme hégémonique la raison du vainqueur et fait basculer le domaine de la responsabilité des états à celle de l’Europe. Le problème c’est qu’après avoir fait la guerre, le vainqueur hérite d’un marché et donc de potentialité, mais a y grillé l’essentiel de ses capitaux et doit s’ouvrir aux capitaux étrangers, ce qui immanquablement finit par la délocalisation (l’acier: de la CECA à Mital et son gourou indien TATA). Le problème c’est que l’Europe hérite de domaines de compétence morcelés et pas toujours légitimes au gré de ce qu’elle a pu grignoter en charognard sur les ruines de la bataille entre champions étatiques. Le problème c’est que le coût social est inassumable, faisant que désormais le secteur social doit s’occuper de tout le monde au lieu de n’avoir à traiter que des cas particuliers de réadaptation sociale. Les eurofonctionnaires deviennent inféodés aux lobbies (qui leur ont permis jusqu’ici par des guerres intestines d’accroître leur domaine de compétence sur les États) et le problème c’est qu’ils finissent par raisonner comme eux, le nez dans le guidon, arcbouté sur le court terme , incapable de penser le long terme ou de donner de grandes orientations, et des transcendances. A la limite, il leur semble que la ruine des états leur profitera puisqu’ils auront beau jeu alors d’imposer une organisation hors soucis démocratiques et avec la bénédiction des milieux d’affaires si inconséquents et irréfléchis, voire analphabète sur tout ce qui n’est pas rodomontades ultras libérales.
    Mais il y aujourd’hui un énorme problème, c’est que le vainqueur n’héritera de rien voire c’est un coup à qui perd gagne puisqu’en fait il faut qu’il accepte, ayant été le plus fort, de tout assumer et de devenir de fait celui qui perd tout au bénéfice du développement de ceux qu’il a rendus exsangues. Je ne vois pas , en l’absence d’imaginaire collectif suffisamment fort comment une telle abnégation pourrait se faire jour. Car le vainqueur va hériter cette fois d’un marché déprimé, et ayant épuisé ses munitions dans la compétition qu’il a livrée aux autres sera en plus incapable de faire appel à des capitaux étrangers vue la conjoncture mondiale. Alors quelle récompense pourrait-on offrir cette fois-ci au vainqueur? Peut-être la promesse d’une énorme vraie relance keynésienne vers la technologie, les infrastructures.(en priant cette fois que ce ne soit pas comme précédemment vers les banques….)Il faudrait même si on ne veut pas qu’elles siphonnent encore une fois la relance, les sortir absolument de l’équation et de la boucle par des financements directs aux industriels. En somme , l’euro est perdu si en même temps qu’on joue le coup présent sur les dettes , on ne joue pas le coup d’après pour donner un souffle européen à ce qui n’existe dors et déjà plus que comme un chef-d’œuvre en péril qui n’a de vie que sa valeur archéologique. Le court-termisme et la technicité sans âme auront eu la peau du grand rêve et sans rêves les hommes ne sont plus. Et dire qu’il faut apprendre cela à des managers!!!!

  28. Pas sympa, ça, M. Jorion, de vouloir nous gâcher les jeux zozolympiques !

    Si la Phynance menace notre panem, laissez-nous au moins les circenses !

  29. Honte, honte, aux ingénieurs financiers… feignants en col blanc, surpayés à rester au chaud pour rien foutre et vivre sur la bête. Et quand ils font quelque chose…. voyez ce que ça donne.

    Pendons les banquiers et tous leurs complices… Jorion, Alexandre…. Car ces gens ont des clients, des gogos, qui les croyent…. et qui les payent.

    Shame, vergogna, Scham…

    A ces intellos élitaires qui ne font que nommer les choses pour en tirer profit…

    Avec de pareilles gens dans mon espèce j’ai honte d’être un homme

    1. Mais oui JohnJohn, vous l’avez déjà dit souvent, même si c’était sur un ton moins populiste. Mais… oups ! vous avez changé de pseudo ! tss, tss, je devrais faire davantage attention !

      1. jaune-jaune était un fils de président, air force one un avion de président, mais zobi one , je ne vois pas .

      2. Bien joué Zobi….

        Ca fait plaisir de voir de vrais gens réagir au milieu de tous ces zombies aux neurones pré programmés… tout naturellement à 4 pattes devant les hiérarchies dégueulées par l’histoire.

        Des papys qui nous mèneront en enfer, comme les autres

      3. C’est quand même formidable l’internet : le troll johnjohn félicite le troll El Zobi One Magnifico (le deuxième pseudo du même) de son audace, de sa grande perspicacité, de son courage, de son immense clairvoyance, et pour tout dire : de son sublime génie.

      4. Des papys qui nous mèneront en enfer, comme les autres

        Arfff !! Voui !! Voui !! La belle chenesse allemande du bon fieux temps za zétait le baradi …

    2. 1- zobi, c’est un mot ordurier en arabe.
      2- les ingénieurs financiers sont très utiles comme tous les ingénieurs. ils font avancer l’humanité. par contre, la cupidité, la spéculation devrait être interdite et donc, certains outils financiers devraient être interdits ou très encadrés (par d’autres juges que les parties), comme pour la manipulation génétique et l’embryonage humain.

      Ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain. ceux qui exploitent l’ingéniérie financière peuvent nous faire honte du genre humain. pas les petits bras.

    3. Il y a un gars sur le site de la Tribune qui lui ressemble vachement, son pseudo est John Galt, un truc comme ça… Il n’arrête pas de déblatérer sur le blog de Paul Jorion dès que François Leclerc y publie un article, mais c’est surement un pur hasard.

  30. avant de sauver l’euro, il faudrait peut etre un jour penser à sauver la population du marasme de la concurrence, de la compétitivité et de la dérégulation

    Mon paulo m’a toujours poussé à dire la vérité rien que la vérité

  31. DER EINZIGE WEG DEN EURO NOCH ZU RETTEN

    In meinen Notizen hier, bin ich daran gewöhnt, mich an Jeden zu wenden der mich lesen kann, einmal ist nicht üblich, würde Ich mich gerne insbesondere an meine Kollegen Finanzingenieure wenden, in einer weise, noch einmal unüblich, der groben Provokation aber, so hoffen wir es, doch wirkungsvoll.

    Das heißt: ein Währungsraum sollte seinen Verpflichtungen nicht nachkommen und seine Schulden umstrukturieren dürfen (bedeutet, zu sagen : « Ich kann Ihnen nur X cents pro geliehenen Euro zurückzahlen ») und sollte seine Währung neu bewerten insbesondere abwerten dürfen.

    La suite bientôt… si c’est encore utile, ce soir ?

      1. DER EINZIGE WEG DEN EURO NOCH ZU RETTEN

        In meinen Notizen hier, bin ich daran gewöhnt, mich an Jeden zu wenden der mich lesen kann, einmal ist keinmal, würde Ich mich gerne insbesondere an meine Kollegen Finanzingenieure wenden, in einer weise, noch einmal außergewöhnlich, der groben Provokation aber, so hoffen wir es, doch wirkungsvoll.

        Das heißt: ein Währungsraum sollte seinen Verpflichtungen nicht nachkommen dürfen und seine Schulden umstrukturieren können (bedeutet, zu sagen : « Ich kann Ihnen nur X cents pro geliehenen Euro zurückzahlen ») und sollte seine Währung neu bewerten beziehungsweise abwerten dürfen.

        Der Euro-Raum hat sich dieser beiden Medikamente vorenthalten. Kein Wunder, dass er jetzt moribund ist.

        Lösung: In der nächsten Sonntag Nacht (vor der Eröffnung von Tokyo), wird die ganze Verschuldung der 17 Länder der Euro-Zone zur Euro-Schuld umgetauft (OATs, Bunds, etc.), und in der folgenden Minute erklärt sich die Euro-Zone als insolvent.

        Montag morgen wird die Euro-Schuld umstrukturiert (als Ganzes), und die Währungsparität Euro / andere Devisen würde sich etablieren, wo sie kann.

        Die Euro Zone wird Ihre Metamorphose bestanden haben : Sie kann von nun ab wie ein gewöhnlicher Währungsraum funktionieren. Sie ist gerettet.

        P.S. : Übliche Beiträger die es für besser halten die Euro Zone nicht zu retten, sein Sie so lieb und versenden Sie Ihre Kommentare anderswo, es geht hier nicht um « für » oder « gegen ».

  32. faut rouvrir une page à part pour collecter des propositions pour changer le monde
    un peu comme ces chercheurs en butte avec un problème non résolu qu’ils ont mis en ligne et qui ont eut la réponse qu’il cherchaient depuis deux ans en moins d’une semaine…
    le brain storming collectif
    d’abord ça permet de prendre la température du niveau d’acception potentiel de nouvelles solutions
    et rien que ça ouvre déjà des horizons
    par ailleurs demander à la communauté net de faire le boulot serait replacer le problème dans une autre dimension,
    parce que dans toute cette affaire de dette d’euro et de monde en péril d’une financiarisation folle on ne demande jamais l’avis …. du monde
    rien que de restaurer un certain niveau d’écoute témoignerait une réelle intention de guérir, plutot que de persister dans l’hyperpuissance dévastatrice

  33. Mr Jorion, je pense que que votre scénario a du bon. Le problème c’est qu’il faudrait l’instiller dans les esprits chagrins de nos chers ingénieurs financiers comme il a pu en être de la dissuasion nucléaire. Nous pouvons rayer l’économie de la planète en sabordant la première d’entre elles, la nôtre. Ne nous acculez pas à cette extrémité, il n’y aurait que des perdants et des conséquences incalculables (chose difficile à supporter pour un ingénieur financier neest-il pas), dont beaucoup sont évoquées dans les commentaires du blog: nationalisations sauvages, conflicts commerciaux, réveils nationalistes, ruine des fonds de pension… A défaut de faire peser cette menace, les conflicts de « basse intensité » et localisés vont perdurer (Grèce, Italie, Espagne…). Peut être faudra-t-il laisser des émeutiers « démonter » une salle de marché d’une grande banque à l’image d’un célèbre syndicaliste agricole vis à vis d’une non moins célèbre enseigne de restauration rapide pour éveiller les consciences. Cela serait-il préjudiciable à notre monde de la finance. Rien n’est moins sûr. Cette enseigne a trouvé un second souffle en vendant des salades en sus d’hydrates de carbone.
    Les peuples n’en peuvent plus de ces additions de conventions qui en plus d’être inefficaces détruisent l’esprit des lois qui sont la base de la vie en société. Ces règles en perpertuelles évolution sont dignes des querelles de « gamins » en cour de récréation pour savoir qui finira avec le plus de billes dans ses poches. J’attends toujours l’instituteur qui sifflera la fin de cette récréation et suspendra les jeux de billes.

  34. En 2008 quand j’ai entendu Obama puis Sarko puis Merkel parler de bad-banks pour sauver les banques (et leurs banquiers amis de la famille), j’ai failli exploser toute la maison d’énervement.

    Quoi ? des banques qui ont joué au Casino et qui ont tout perdu doivent se refaire avec l’argent du peuple ?

    Too big-to-fail ?
    Et on veut nous faire gober cela ?

    Je pense qu’il y a assez de lampadaires en France et en Allemagne pour y pendre tous ces crétins de politiques.

    1. et d’ingénieurs qui nous font des centrales nucléaires, des OGM, des pesticides (issus de la chimie de la guerre), des tours d’acier et de verre, des barrages qui envasent, des médicaments nuisibles, de l’ingénierie financière, de la chimie verte, du greenwashing, des réacteurs incinérateurs (brûler les déchets pour produire toujours plus d’objets bientôt déchets) ,du dessalement d’eau de mer énergivore, de l’extraction gaz de schistes et autres…

      C’était la série « les politiques ne sont que des marionnettes agitées pour divertir des vrais pouvoirs destructeurs ».

      Delphin

    1. Si on divise les deux termes de l’équation par a-b, on doit poser a-b différent de 0, sinon équation impossible (pas de 0 à un dénominateur). La suite, 1+1=3, c’est juste possible parce qu’indéterminé…
      Bien essayé…

      1. Lu récemment dans « Le monde ».
        Un physicien, un biologiste et un matheux sont assis sur un banc face à une maison dont ils ont au préalable vérifié qu’elle était vide.
        Deux personnes rentrent. Quelques heures plus tard trois en sortent. Commentaires.

        Le physicien: nous avons fait une erreur de mesure.
        Le biologiste: ils se sont reproduits.
        Le matheux: il suffit qu’une personne entre pour que la maison soit vide.

      2. @ rahane

        « au dela du piège de l’abstraction il est vrai que l’union fait plus de force »

        Oui, ce serait pas mal. Mais on ne peut, sur ce blog, que constater l’incroyable rigidité comportementale de chacun (moi le premier avec mon tom-tom!). Comme si le « diviser pour régner » avait été appliqué avec méthode par l’élite depuis math-sup (maternelle-supérieure).

        PS: Aristote disait « Abstraire n’est pas mentir ». Je ne suis pas sûr qu’abstraire soit un piège, mais je suis toujours très attentif au message féminin. Car les femmes du blog n’ont pas l’air d’avoir besoin d’abstraire le réel pour savoir qu’il existe. Elles le savent, sans chichis ni grandes tirades. Au contraire des hommes?

      3. C’est vrai ça, vu les pseudos on dirait qu’il n’y a pas beaucoup de femmes sur ce blog.

        Quelqu’un aurait-il le ratio H/F de fréquentation du blog?

    1. @ rahane

      « Pour le plaisir des yeux »

      Je crois que ce phénomène est bien compris. Quelques mots clés (de mémoire): solitons, équations de Sine-Gordon, de Korteweg de Vries.

      1. Bel exemple de bifurcations dans un système dynamique. ça devrait faire plaisir aux yeux de kercoz!
        ça me fait penser à une compétition de résonances, à une symphonie avec ses différents mouvements…

  35. LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO

    Pour les Allemands, ce serait une véritable révolution culturelle… 🙂

  36. tout cela pour ça ! alors que les politiques s évertuent , la solution proposée est un tour de magie qui sera vite dévoilé , ou alors je n y comprends rien ! may be!

  37. Je comprends chacun de vos commentaires, je distingue les diverses positions, et je suis frappé du contraste entre vos discussions et mon ressenti. Vous y croyez, vous vous y employez, et vous y réfléchissez; la tête dans le guidon et le coeur à l’ouvrage.
    J’ai un peu de mal à me projeter dans une quelconque proposition, même les plus ambitieuses, à commencer par celle de Paul. Vu la trajectoire que prennent les choses, et pas seulement économiques mais aussi sociétales, éthiques, sociales; j’ai le sentiment de regarder des gens essayer de boucher une passoire avec des confettis.
    La plus vaste farce que nous subissions est de réduire la situation actuelle à sa dimension pécunière. Cela dit, tout dépend de là où nous plaçons le début du problème. Si pour certains il est authentiquement pécunier, j’aime à penser que d’autres espèrent un monde différent. Nous ne sommes certes qu’au début du chemin, mais je crains que ce ne soit pas le bon…

    Oh pardon! C’est un blog économique! 😉

    1. oh un copain!
      allez on le redit!
      « La plus vaste farce que nous subissions est de réduire la situation actuelle à sa dimension pécunière. Cela dit, tout dépend de là où nous plaçons le début du problème. Si pour certains il est authentiquement pécunier, j’aime à penser que d’autres espèrent un monde différent. Nous ne sommes certes qu’au début du chemin, mais je crains que ce ne soit pas le bon… »

      1. « Si pour certains il est authentiquement pécunier »,
        « Si pour certain il est authentiquement pécuniaire

        « Cette faute d’orthographe et de prononciation, que l’on trouve même chez certains grands auteurs, est peut-être causée par le rapprochement que l’on fait avec financier et financière. On évitera cette erreur en associant plutôt l’adjectif pécuniaire à l’adjectif monétaire, deux adjectifs qui sont aussi liés par leur sens. »
        (Office québécois de la langue française)

        Delphin, français qui fait également parfois des erreurs d’orthographe.

        Le fond, quant à lui, me convient bien

    2. Il suffit d’avoir au moins autant de confettis que de trous dans la passoire .

      En fait , si sortir du cadre veut dire se passer de la passoire , il n’y a même pas besoin de confettis .

  38. « de la provocation grossière » mais ..

    Au billard, (sport que je ne pratique pas assez) cette phrase s’assimilerait à un coup à deux bandes (au moins).

    On sait qu’une restructuration de la dette est nécessaire dans plusieurs pays de la zone. On sait que la sortie de l’Euro est difficile (?!), ainsi que l’émission de monnaies « locales ». Je ne sais pas ce que peut signifier « défaut organisé » d’un gros pays isolément. On enfin on sait que le stock des trente-six solutions d’attente arrive à épuisement.

    Alors, de la provocation grossière mais,

    y a t’il quelqu’un, une groupe, une commission, une structure, un machin qui pourrait enfin prendre LA décision ? Ca fait un gros « mais »

    PS 1 : je parlais plus haut du Bundestag sur le ton de la plaisanterie, mais pas tant que ça. Peut on imaginer une session discrète, un vote discret de cette assemblée ? Pour ne parler que d’elle.

    PS 2 : si en plus on décidait de restructurer la machinerie, de virer tous les incompétents (sur leurs états services) … C’est aussi de la provocation grossière, avec un très (trop) gros « mais ».

  39. Ce que vous pronez dans votre billet est une solution à court terme , dont ne veulent surtout pas les Allemands , et j’estime qu’ils ont raison . Le fond de la question a trés bien été cadré en termes feutrés par M Dragui dans son interview du monde , ce n’est pas une question de technique financiére mais une question politique .
    En supposant qu’on fasse ce que vous dites , dans l’immédiat on aurait une accalmie , et d’ici
    quelques années toute l’EUROPE SERAIT RUINÉE , sans espoir de rémission .
    La question principale n’est pas de trouver de l’argent , c’est qu’est-ce qu’on en fait .
    Pendant des dizaines d’années l’argent est tombé à flot pour allez s’investir dans des éléphants
    blancs immobiliers , ce qui nous plombe actuellement , faut-il continuer ? ou méme adoucir le sort de ceux qui sont responsables de cette situation ? Ou modifier les procédures juridiques , politiques , financiéres qui ont conduit à celà ?
    Où l’on estime que le ‘dévellopement’ qui s’est effectué antérieurement est normal et qu’il s’agit
    de continuer où l’on se résoult à changer .
    Comme le montre les exemples de la Gréce et maintenant de l’Espagne bien que dans des sens inverses à avant la crise , ce sont toujours les mémes ressorts et les mémes comparses qui sont à l’oeuvre . Avant il s’agissait de s’engraisser sans souci de la société et de l’avenir ,
    aujourd’hui il s’agit de faire payer les pauvres et de casser le droit du travail , qui ne comprend
    qu’il s’agit des mémes à la manoeuvre , dans les mémes buts ?
    Mario Draghi a trés bien exprimé qu’il n’était pas du ressort de la BCE de décider si les crédits
    devait aller à l’immobilier ou non mais des politiques nationales , et d’autre part qu’il s’agirait
    de faire autre chose que du cut ! cut ! cut ! Il compte par là sur le fédéralisme pour en quelque
    sorte mettre les irresponsables politiques et ‘patronaux’ sous tutelle , ce qui peut se discuter .
    Mais qui explique qu’il ne soit pas enthousiaste à l’idée de se bourrer des actifs pourris Espagnols , d’autant que sans changements de fond , le bilan de la BCE sera pourri sans espoir .
    Effectivement la vraie question n’est pas pour ou contre l’euro , et si la question des rapports
    sociaux n’est pas posée en Espagne et ailleurs , il n’y aura méme pas d’avenir de l’Europe .

  40. Une discussion purement technique sur la faisabilité pratique de la proposition de Paul n’est pas une solution, cette illusion techniciste est justement le problème. Il suffirait qu’ils répondent, (ce qu’ils ne feront jamais) et expliquent leur refus pour comprendre que justement le problème est politique, la « valeur » du capital, ses contreparties tangibles qu’il faut arracher aux peuples, quelques soient les moyens … « Ils » ce sont les grandes banques, les multinationales, les sociétés financières … et leur soldatesque dans toutes les institutions à leurs services. La cartographie reste à faire avant qu’il ne soit trop tard …
    On ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a généré disait l’autre …

    1. Le problème est multidimensionnel . La partie technique doit se résoudre par une solution technique dans une optique philosophique nouvelle.

  41. « L’euro est irréversible » a récemment déclaré M. Draghi (Le Monde de samedi). Quand on en est réduit ainsi à pratiquer l’incantation c’est qu’on ne sait plus à quel saint se vouer.

    Je ne sais pas si la solution que vous proposez , Monsieur Jorion, est techniquement faisable, j’aurais tendance à penser que oui, mais politiquement elle ne l’est pas. Si les dirigeants européens étaient capables de prendre ensemble ce genre de décisions, ça se saurait.

    Si le seul moyen de sauver encore l’euro est un défaut en commun, sa mise en oeuvre suppose une indispensable condition préalable : qu’on mette bas les masques, que ce pseudonyme d’euro soit enlevé au deutschemark, et que l’Allemagne prenne (ouvertement) les choses en main…

    1. oula oui tatcher…. euh non merkel, enfin c’est pareil, aux commandes et tous en rang le doigt sur le pantalon, j’en bave !

    2. mais politiquement elle ne l’est pas.

      Ca c’est l’illusion politique.

      Si les dirigeants européens étaient capables de prendre ensemble ce genre de décisions, ça se saurait.

      Il faudra bien qu’ils y viennent. Et ils y viendront. Car quand l’illusion politique se crache sur le dur récif du réel, personne n’en réchappe. Ils tiennent à leurs oripeaux plus que tout autre.

  42. http://www.ieim.uqam.ca/IMG//pdf/LaCriseno20.pdf

    Que pensez-vous de travail de ce Mr Regnault?

    Un petit extrait de sa lettre n°18, le défaut raisonné, où comment dire raisonnablement merde à ses créanciers :

    Enfin, le défaut raisonné consiste à reconnaître qu’il est impossible d’honorer intégralement les engagements du contrat de prêt et à en tirer les conséquences sans attendre des dégâts irréparables. Il correspond à une remise en cause unilatérale par l’emprunteur des termes du contrat de prêt par réajustement (éventuellement habillé du consentement du bout des lèvres de partenaires financiers qui n’ont guère le choix, cf. l’habillage du défaut grec) du taux d’intérêt, du montant à rembourser et/ou par rééchelonnement des remboursements. Ce défaut raisonné a l’avantage de ne pas enclencher un mécanisme de pure création monétaire mais il a l’inconvénient de peser sur les comptes des détenteurs des créances et donc de fragiliser notamment les bilans des banques avec les conséquences induites sur leur capacité à financer l’économie réelle… même si ce n’est pas toujours leur premier souci tellement ces acteurs sont occupés à des activités bien plus lucratives (la spéculation et la déstabilisation des flux économiques réels qui va avec). Finalement, le défaut raisonné revient à dire raisonnablement « Merde » à ses créanciers et à inverser le rapport de force créancier / débiteur, habituellement en faveur du créancier. Le défaut raisonné est la réponse conservatoire souhaitable à des marchés déraisonnables qui euthanasient eux-mêmes les rentiers qu’ils sont supposés défendre en exigeant des Etats des taux d’intérêt insoutenables qui rendent impossible la poursuite d’une relation de prêt en mode « marché » et imposent le passage au mode « administré ».

  43. Et…
    Le lundi après-midi les Eurozonards proclament un même taux d’imposition sur l’ensemble du nouveau pays, et des droits sociaux identiques. lol.

  44. de toute façon faudra ben avoir des couilles un de ces jours pour virer de bord
    soit on attend la dernière chance en pariant qu’on ne se loupera pas soit on s’exerce en sachant bien qu’il ne s’agit que d’un exercice pas de l’examen final.

  45. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire.

    Oui, une zone économique à monnaie unique ou un état, ce n’est pas comme un ménage. Elle a le pouvoir de réguler sa monnaie (émission et dissipation) et en particulier son taux de change doit pouvoir flotter pour s’accorder au reste du monde.

  46. Cher Monsieur Jorion, le problème que vous exposez de manière très simple, très lisible et de manière ma foi très peu provocatrice, ne relève pas de l’ingénierie financière mais plutôt du droit conventionnel.

    On ne peut « rebaptiser » ex abrupto une dette car alors il y a novation dans le contrat et pour cela il faut le consentement conjoint des débiteurs et des créanciers. Or ici nous n’avons le consentement ni de tous les débiteurs car les Allemands si opposent farouchement, ni a priori des autres puisque le marché ne pourra que réagir. Or si une partie des créanciers refuse la novation, la seule possibilité est que les débiteurs rachètent eux-mêmes leurs dettes ou un porte-fort. Pourquoi pas la BCE me direz-vous ? Et bien parce que ses statuts le lui interdisent. Donc il n’y aura pas tous les parrains autour des fonds baptismaux et ce n’est pas toute la zone Euro qui fera défaut mais une partie seulement. Aucune institution ne pourra se porter fort parce qu’en droit international aucune ne le peut sauf le FMI. Et il en sera fini de facto avec la zone Euro comme de l’Europe. La fracture sera longue à réduire.

    On peut cependant imaginer qu’in extremis et devant le fait accompli, l’Allemagne accepte l’épée dans le dos de rejoindre cette bande de naufrageurs, en espérant être dans ce groupe le seul interlocuteur possible du FMI et pouvoir ainsi imposer sa loi aux membres tiers, anéantis.
    Elle endosserait alors la responsabilité juridique et morale à l’extérieur sans avoir aucun poids à l’intérieur sur une bande de mutins en piraterie du système mondial.
    L’Allemagne serait l’otage des uns et le coupable des autres.

    Si l’Allemagne tient une ligne ferme très haute depuis le début de la crise, c’est qu’en sage fille, elle refuse l’aventure politique et financière, mais qu’en belle fille, elle sait se faire désirer. Il n’est pas question pour elle de s’imposer virilement à l’Europe : l’Histoire a un ventre couturé de cicatrises ; mais elle doit rassurer les uns et gronder les autres, en bonne mère de famille qui rassemble ses poussins, les uns un peu faibles, les autres un peu maigres, les autres encore trop fragiles. Ils sont sa démographie et son avenir ; ils sont sa famille. Quitte à les laisser se brûler un peu les ailes, elle ne les laissera pas faire davantage de bêtise et saura les rassembler le moment venu.

    L’ingénierie financière est une piètre médecine pour une simple affaire de droit conventionnel et une banale histoire de famille, n’est-ce pas ?

    1. L’allemagne en sage fille, sans doute.

      Et Angela en maman, qui prépare les langes et talc, c’est pour qui ? Pour gros bébé qui a fait . sa colère … mais qui va devenir très sage sinon …

      1. Désolé, mon cher François, ma métaphore (certes, un peu lourdement filée) ne concernait pas Madame Merkel qui s’occupe davantage de politique que d’économie. Mais trop de biens nuisent et mon propos semble avoir été noyé. Avec mes regrets et mes amitiés.

    2. Tout à l’heure j’avais soif et vous m’avez donné à boire, c’était sur un autre fil et je vous en remercie mais voilà.

      Si l’Allemagne tient une ligne ferme très haute depuis le début de la crise, c’est qu’en sage fille, elle refuse l’aventure politique et financière, mais qu’en belle fille, elle sait se faire désirer.

      Elle fait peut-être désirer pour son coté un peu ceci ou cela. Mais une sage fille je ne sais pas, lorsque je constate bien plus les dégâts qu’elle y fait dans son propre pays.

      Si ça se trouve elle ne vous fait pas plus grimper aux rideaux en dix bonnes leçons d’ingénierie politique ou je ne sais quoi, enfin à chacun sa médecine, on pense déjà de trop à toutes ces choses je trouve.

      L’Allemagne serait l’otage des uns et le coupable des autres.

      Tout le monde n’aime pas les femmes dominatrices, vouloir souvent prendre en otage autrui ne permet pas toujours de l’éviter dans les sociétés. Elle y est certainement un peu pour quelque chose dans la très grande chienlit européenne, bien sur elle n’est pas la seule.

      En vous répondant ainsi cela ne veut pas dire que j’approuve l’idée de Paul, il aurait pu me consulter mais bon je le comprends un peu. De toutes façons je me demande bien qu’est-ce qui pourrait encore sauver notre civilisation de la chose qui vient.

      L’Histoire a un ventre couturé de cicatrises ; mais elle doit rassurer les uns et gronder les autres, en bonne mère de famille qui rassemble ses poussins.

      Devoir trop rassurer et gronder les autres, ne permet pas toujours de passer à autre chose selon les premières directives d’une bonne mère de famille, vous croyez vraiment qu’elle rassemble les poussins ?

      Les bonnes mères de famille je les sent pas trop, comme elle pourrait très bien laisser la place à une personne bien plus ceci ou cela qu’elle, y avez-vous déjà songer ? Vous devriez peut-être pas la mettre sur un tel piédestal, un tel socle, comment réellement savoir dans notre présent si les choses que nous voulons faire …

      Ils sont sa démographie et son avenir ; ils sont sa famille.

      Là ou il n’y a pas de présent sans Jérémie il n’y a pas d’avenir.

      Quitte à les laisser se brûler un peu les ailes, elle ne les laissera pas faire davantage de bêtise et saura les rassembler le moment venu.

      Si ça se trouve la bonne mère de famille à les ailes qui sentent bien plus le souffre et le plomb. Vous savez quoi le moment venu je ne serais peut-être plus là pour vous en causer.

      1. Que voici un texte bien tranché et entre chaque tranche, dûment commenté.
        Je vous remercie de l’avoir lu ainsi même si je me rends compte que ma prose trop biblique correspond assez peu au final à la mise à distance que je voulais dans mes propos.
        Mais bon, j’aurais essayé d’insister sur le blocage plus institutionnel que politique, plus politique que juridique et plus juridique que purement financier.
        Y ai-je réussi ?

      2. @ apicelleria

        Vous trouvez, pourtant j’ai une ampoule qui a claqué tout-à-l’heure donc si j’y vois plus trop clair en vous y répondant.

        Je ne trouve pas que votre prose est biblique. Si vous deviez voir parfois comme je bassine parfois les gens avec ce genre de choses.

        Vous savez le grand blocage du monde vient surtout d’un très grand conditionnement d’hommes et de femmes dans les premières choses visibles dans notre temps.

        Mais je comprends mieux le sens de votre propos.

    3. « On ne peut « rebaptiser » ex abrupto une dette car alors il y a novation dans le contrat… »
      Mais si, on peut.

      1. Cher Philippe, je crains que non, malheureusement. Tout notre système est fiduciaire. Pourquoi casser un système que l’on arrive pas à réformer ? Nos dirigeants savent parfaitement que des tribunaux rechercheront fatalement des responsables, voire des coupables. Certaines barbichettes en frémissent déjà. Donc, vraiment, non, on ne peut pas …

      2. cher apicelleria,
        depuis quand le système est fiduciaire? 1973 peut-être? Vous plaisantez ! Seuls les financiers veulent imposer un pseudo fidus. Il ne s’impose pas, ne s’achète pas mais se garantit. Vous confondez financiarisation et fiduciaire. Pour quelles raisons? Si vous connaissez des actifs qui sont de confiance aujourd’hui, nous vous écoutons. A vous lire, on pourrait croire que l’excès de confiance (« fidus ») du système a conduit aux dérives d’aujourd’hui.

        Pour votre info, « Fidus » veut dire confiance ( garantie et consensus des parties). Vous parlez de matérialisation dans le fond de la finance. Mais quelle est la valeur réelle de tous ces actifs monétaires et financiers? Pourquoi sauver la moindre injection qui va s’orienter vers des produits purement spéculatifs et commercialisés par des marchands de rêve. C’est une guerre monétaire et financière.

        C’est de la dictature financière (excessive financiarisation) et non de la confiance. Dans la forme, c’est la dématérialisation de l’économie et de la finance. Les délits d’initiés et manipulations d’actifs remplacent la raison d’investir pour alimenter la création de produits dérivés et autres poisons (les calculateurs fabriquent la valeur). Ce que le système crée, c’est tout sauf du fidus. Il n’y a pas la moindre garantie sur ces produits (et donc rien de fidus). C’est de fait, la guerre des marchands…

        C’est pourquoi, PJ lance un appel au bon sens avant qu’il ne soit trop tard. Le spécialiste est responsable alors qu’il fasse son travail sinon il récoltera ce qu’il sème demain (la tempête). D’ailleurs, il oublie que la perte financière n’est pas une perte réelle mais nominale. Et le spécialiste oublie que de nombreuses personnes vont perdre leurs emplois, leurs acquis sociaux qui sont réels, eux. Posez-vous la question de savoir pourquoi certains parlent de pendre des banquiers? Cela n’inquiètes donc pas ! En toute impunité, on continue?

        Les nouveaux agrégats fabriqués par les financiers sont au service de qui ? Demain, vous allez prôner la monnaie électronique pour encore mieux maitriser l’échange et donc les statuts? C’est la mort assurée du malade « fidus ». Depuis 73, fidus n’existe quasiment plus, c’est juste de la poudre aux yeux. C’est la transformation de Keynes en bon libéral. Un outil de flexibilité a été transformé en outil de servitude par les ultra libéraux dans ses dérives marchandes.
        Alors pour une fois, j’espère que les spécialistes financiers travailleront au service de la communauté et non d’un système (des libéraux, toujours des libéraux, encore des libéraux). Stoppons le dogme du tout libéral depuis l’Europe. Saisissez votre chance, Mrs les spécialistes…..
        J’espère seulement que la proposition de PJ aura des conséquences réelles sur la volonté de vivre ensemble au sein de l’Europe pour un avenir meilleur. Parce que les spécialistes de l’Europe se dirigent plutôt vers la scission dans l’immédiat. Au bénéfice de qui ?

      3. D’ailleurs il oublie que la perte financière n’est pas une perte réelle mais nominale…

        Ah ben oui bien sûr, j’ai perdu mon vélo, je pleure ma perte réelle; j’ai perdu 300 € j’m’en fous, perte nominale. J’ai perdu mon boulot et mon salaire avec, je pleure ma perte réelle; j’ai perdu un an ou deux de salaires sur les placements de mon fonds de pension ou de mon ass-vie sur défaut souverain, m’en fous, la vie est belle, c’est que du nominal… Marvelous l’Olive qu’on m’appelle…

      4. vini,
        « j’ai perdu un an ou deux de salaires sur les placements de mon fonds de pension ou de mon ass-vie sur défaut souverain, m’en fous, la vie est belle, c’est que du nominal… « , bien sûr qu’il ne faut pas pousser à l’extrême ou mémère dans les orties, voyons. Je comprends l’inquiétude que tu as mais n’abuses pas sur le bien fondé de ma réflexion. L’interprétation et la sémantique nous différencient dans la forme mais dans le fond ? La spéculation avec les fonds de pension, les retraites complémentaires ou pas sont une aberration du système. Et mathématiquement, 2 ans sur 40 ans font environ 5% en relatif. Alors que l’inflation sur 40 ans ? Il convient de garantir le revenu et la pension des créateurs et producteurs de richesse réelle et durable mais pas des spéculateurs. Le nominal d’aujourd’hui est déconnecté de la réalité à cause de fonds nominaux injectés (voir intérêts). La redistribution ne doit pas être un « gros mot » (plutôt que la capitalisation). C’est toujours l’excès et le manque de bornes..
        Les marchands détiennent l’outil de fixation des prix (multinationales et IF). Restons dans le raisonnable pour ce qui concerne le nominal afin de mieux coller au relatif (réel). Révisons la notion d’actifs et les termes institutionnels….
        La casse doit être davantage réelle ou nominale ? Comment doit se fixer le nominal par rapport au relatif (l’infini n’est pas de la flexibilité). Ce qui est fait est fait maintenant cherchons comment limiter cette casse……..
        Un produit financier est réel mais quelle valeur nominale (valeur d’échange) ? Pour quel usage ? Et la valeur d’échange et d’usage de l’actif financier peuvent être nulles techniquement mais pas celle du vélo (le déplacement a une valeur d’usage comme le recyclage). Enfin, j’essayerai d’être plus précis à l’avenir !

    4. Sans envisager la novation, mais la sortie de la zone euro de certains, les titres support de dette du droit de ces pays ne seraient ils de facto consideres etre en nouvelle devise (drachme par ewemple)?
      Et la creafivite financiere consisterait alors a tous sortir de la zone europour adopter une nouvelle devise (mal vue au depart) et donc ahtomatiquement devaluee.
      Le compte est bon?

  47. Je voudrais rappeler ici quelques détails techniques du plan Marschall . Les Américains n’ont pas octroyés leurs préts n’importe comment à l’époque . En France , par exemple , c’est le Trésor public , dirigé par un certain Jacques Rueff , qui a pris en charge les fonds . Chaque marché public était passé au peigne fin , par les comptables du Trésor , avant la décision de son financement et tatillonnement controlé dans son éxécution . Aujourd’hui le Trésor n’a méme plus un controle à priori de ces marchés ….Et les entreprises se déresponsabilisent grace à une armada d’ avocats d’affaires .

    1. Elève Money Time, révisez vos cours svp. Le (grand) directeur du Trésor à l’epoque du Plan Marshall entre 47 et 53, c’est Bloch-Lainé, pas la rognure Rueff qui reviendra sur le porte-bagage de de Gaulle en 58 pour son plan Pinay-Rueff mais ne sera jamais directeur du Trésor…

    2. Beaucoup trop imprécis et partiellement faux.

      Tout savoir sur les à-côté du plan Marshall en France ( et plus):
      Irwin Wall, « L’influence américaine sur la politique française 1945-1954 »,
      balland, 1989.

      Il est vrai que les organismes de planification ont été bazardés.
      Actuellement, les mots « plans », « organisation », « prévisions »,
      « incitations » etc… sont devenus des insultes.

      1. Je reconnais que c’est imprécis , c’est ma méthode pour l’accouchement des esprits , plutot
        que l’assurément Socrate , je fais le sophiste pour provoquer l’accouchement de Socrate et éventuellement la maeutique d’Aristoste encore plus blindé de logique .

  48. Suite à la lecture de plusieurs commentaires …

    Est ce qu’une QE de la BCE (adéquatement massif, avec contraintes ET contrôle de l’utilsation des fonds) ne serait pas équivalent à un défaut généralisé ?

    Est ce qu’un tel QE, ou toute autre solution drastique, n’est pas empêché par les processus de décisions au sein de l’Europe, de la zone.

    Outre que je ne vois pas quel processus de décision pourrait en l’état des institutions permettre une solution adaptée (en contenu et en délai), je n’en mesure pas bien les conséquences potentielles de tous ordres (politique, économique, social, national Européen et international).

    Je ne vois pas tout à fait les tenants qui vous ont fait rédiger ce billet, et sous cette forme. Et je serais intéressé par les enseignements que vous tirez de sa publication, avec votre connaissance de ces sujets. Peut-être, sans doute, dans un prochain billet.

  49. Le président Hollande ne pourra pas dire qu’il ne savait pas, je lui ai posté votre proposition.

    Une chance pour lui d’entrer dans l’histoire sans construire un grand bâtiment (récession oblige)

  50. Paul a raison, il se peut qu’au pied du mur les gredins laissent la place à ceux qui ont encore le sens de l’état.
    il faudra pour cela harmoniser tous les niveaux fiscaux, de protection et touti quanti (une réflexion approfondie sera faite)
    Car, moi qui voyage, je suis bien content de ne pas avoir à changer de monnaie tous les 500 km.
    allez faisons confiance à nos élus.

  51. Petites suggestions pour consolider la solution de PJ :

    Jusque 60% du PIB, chaque pays est autorisé à utiliser sa propre banque nationale pour placer ses dettes, de 60 à 80% il peut utiliser les éventuelles autres banques de la zone, au delà il peut/doit demander à bénéficier du système de l’eurodette, mais perd une partie de son indépendance en matière de décisions financières, les autres pays étant partie prenantes dans sa dette.

    Les balances des payements sont bloquées sur zéro à l’intérieur de la zone euro. L’argent des pays en boni commercial reste dans le pays débiteur, il y est investi en ce que l’on voudra mais ne quitte pas le pays, et les bénéfices qui en résultent non plus.
    Ce n’est pas encore un système redistributif mais ce n’est plus le siphonnage des emplois chez des voisins et alliés devenus concurrents.

    Le (re)mise à niveau des revenus pourrait se faire via une fiscalité des entreprises unique pour la zone entière. Les entreprises internationales n’étant pas liées à la nationalité, la fiscalité ne devrait pas l’être non plus, permettre la concurrence et le dumping fiscal intrazone est une stupidité.
    Et les entreprises exportant de l’argent sous une forme ou une autre (notamment via filiales defiscalisantes) hors de la zone euro devraient être plus lourdement taxées qu’à l’intérieur.

    1. Il est très étonnant de constater que le dumping fiscal est intégrer à l’ Union Européenne.

      Toutefois il y a un bémol, lorsque l’ Irlande ne pouvait plus suivre les bénéfices attendues (production à l’export/faible taxe pour les entreprises), alors que c’était un pays de dumping fiscal, ils ont dû faire face à une réduction drastique de leurs budgets, une hausse des prix encore régulière (immobilier, consommation,…) et un accroissement des dettes durant cette période et de nos jours.

      Le dumping fiscal ne rapporte pas au niveau national, et d’autres pays de dumping seront confronter aux mêmes problèmes.

  52. Dans l’hypothèse où Paul a raison, reste que le choix de sa solution repose avant tout sur le renoncement d’Angela. Le demi tour que cela impose devrait être payé par le secteur bancaire européen déjà en quasi faillite. Sans omettre que les retraites des allemands sont adossées à ce secteur capitalisation oblige. Le choix est donc cornélien. Transformer les prochaines élections allemandes en déroute pour la parti au pouvoir, un quasi sabordage ou vainement préservé l’espace allemand en laissant exploser l’espace monétaire européen. Les nuits vont être difficiles et rien ne permet de penser qu’ils agiront demain différemment d’hier. Y compris en France quand on observe Hollande prêt à reculer sur le plafond du livret A ou sur les taxations des plus values financières. Quand le courage politique manque pour si peu, pourquoi en auraient ils pour le plus grave, le plus important. Je demeure convaincu qu’une grande partie de nos problèmes provient avant tout du manque de volonté, du manque de courage, d’une incapacité crasse à aborder les problèmes au delà des seuls intérêts partisans ou tribaux. Après l’hymne à la joie, le Requiem de Mozart…

  53. C’est un test de robustesse informatique géant, une expérience pour voir le degré de connexion du système financier: réponse du système financier mondial à un échelon zéro sur les dettes des 17 pays de la zone euro. Clap!

  54. La désindustrialisation massive en Occident et la fermeture successive des services publics ne peut qu’amplifier le phénomène des dettes, ses dernières ne sont plus à des taux faibles comme avant, mais à des taux très avantageux pour la finance.

    L’impôt finance la protection sociale, et la doctrine libéral actuelle est de délocaliser massivement les productions européennes (hors Pays-Bas et Allemagne), et d’importer massivement des produits issus de pays sans protection sociale (Chine ou Inde). Il n’y a pas de concurrence possible pour les citoyens occidentaux, et pas de hausse du niveau de vie réalisable pour les pays pauvres. C’est la finance par le biais de la politique et de l’économique qui empochent les bénéfices.

    La finance actuelle est débridée, et le restera de toute façon, il y a eu de multiples crises et à aucun moment la moindre volonté d’aller dans une régulation. Les taux d’intérêts ont explosé, et c’est un indice financier qui ne changera pas puisqu’il est trop rentable pour des créanciers et trop déficitaire pour les citoyens. Une communauté ne va pas se saborder par des dettes qui ne profiteront pas à l’économie locale, c’est contre-productif dans le temps, c’est à dire que les citoyens n’existent pas dans les processus de décisions.

    Les revenus ne pourront pas suivre dans une Europe du profit, où le commerce n’est plus un marché commun, mais un marché mondialisé où le protectionnisme n’est pas généralisé. Plus les entreprises délocalisent et le tissu local ferment, moins il y a de revenus pour se financer.

  55. « Jubilee ou servitude ». Selon vos propres mots Mr Jorion, et je n’y trouve rien à redire. Les termes de l’équation demeurent les mêmes; c’est l’échéance qui s’approche.
    Vivement lundi. Ou lundi suivant…

  56. On lit et entend souvent, à propose de ceci ou cela, « l’Europe doit parler d’une seule voix! »
    Lorsqu’à la suite d’une fort mauvaise nouvelle (défaut, nationalisation des banques, éclatement de la zone euro) TOUS les européens se rueront vers les guichets des banques alors là, véritablement, l’Europe parlera d’une seule voix. Ce sera peut-être un début.

  57. Qu’est-ce qu’on fait avec les pays qui ont un déficit primaire (hors intérêts de la dette) une fois que le recours au marché est bloqué pour quelques années ? Des « ajustements structurels » ou une nationalisation des banques pour les forcer à prêter ?
    Le temps (une semaine ?) que ce petit détail soit arbitré, pourriez-vous, Paul, suspendre l’application de votre plan qui, par ailleurs, correspond tout à fait à mes vœux : solidarité européenne et non remboursement d’une dette impayable.
    D’avance, merci.

  58. On finira par effectivement répudier la dette qui concentre le capital,
    et exproprier tout le secteur financier.
    Mais pour cela il faut rassembler chaque jour un peu plus
    le camp du bon sens,de la dignité et de la justice.

    Demain Mercredi 25 Juillet commençons par appuyer
    le rassemblement de soutien aux salariés de PSA
    10h30 – siège de PSA (75 avenue de la grande armée).
    Venons nombreux soutenir les PSA et tout le secteur automobile.
    De nombreuses délégations d’autres usines seront présentes.

    Pour se rendre chez les patrons de PSA,
    prendre le RER A sortie Charles de Gaulle-Etoile
    puis 700 mètres à pied ou M° Porte Maillot ou M° Argentine.

  59. La survie (souhaitée) de la zone euro ne peut passer que par un défaut, et sur le papier votre scénario tient la route. Le point technique qui me titille particulièrement est la logistique du défaut minute après mutualisation de la dette.

    La politique rejoindra très vite la technique.

    Après conseil de famille, la nouvelle zone monétaire décide de ne rembourser que 50 centimes par euro emprunté (ceci n’est qu’un exemple… à chacun sa recette magique en % de DETTE/PIB). Dans l’urgence c’est donc un air cut de 50% pour tous les créanciers le lundi matin. L’euro s’assoie où il peut aux côtés des autres monnaies, comme vous dites, et en avant pour une nouvelle aventure.

    Sans auditer l’ensemble de la dette, ça sent le casse pipe surprise sur de nombreux pans sociaux de l’économie. Quid des fonds de retraites publiques et privées placés en eurodette ? Quid des réserves d’assurance maladie publiques et privés placés en eurodette ? Quid de certains block de trésorerie moyen terme d’organismes sociaux placés en eurodette (revenus minimums, allocations chômage, autres allocations diverses…) ?

    La double peine dévaluation + air cut peut mettre à mal à très court terme la structure financière des protections sociales encore existantes à ce jour, impactant donc la frange la plus large et la plus nécessiteuse de la population de la zone euro. Il me semble indispensable de prêter attention à ces éléments pour penser et organiser le défaut.
    Moins social, mais qui concerne de très nombreux citoyens, l’épargne moyen long terme placée sur des véhicules ad hoc « sécurisés » (type assurance-vie en fonds euro pour la France). Ces épargnants vont passer à la casserole et n’y sont absolument pas préparés. Il va falloir user de beaucoup de pédagogie et d’une méthode adéquate (éventuellement variable selon la situation patrimoniale de l’épargnant concerné) pour éviter la révolte… les petits vont clairement avoir la sensation de payer encore une fois pour les gros, ce qui sera en partie le cas.

    On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs me direz-vous, c’est bien pour cela qu’il convient, à mon humble avis, d’identifier au préalable les « justes » œufs et la « juste manière » de les casser. C’est ici précisément qu’on rentre dans le vide intersidéral en matière de cartographie de l’eurodette.
    Il convient d’identifier les détenteurs de papiers et d’évaluer pour chacun d’eux les conséquences sociales courts termes. Ce travail s’annonce plus que fastidieux, le temps au moins que les créanciers se fassent connaître de la BCE. Il faudra nécessairement nationaliser les banques et mettre en place des critères de discrimination entre créancier et attribuer un taux de remboursement du nominal a chacun d’entre eux, le tout devant rentrer dans les clous de l’objectif de air cut de 50%. C’est ici que la politique rejoindra la technique, car il en ira clairement du vivre (ou pas) ensemble.

  60. Quel doux rêve !
    On se parle, on se comprend, on se respecte, on s’apprécie et on est capable d’acceptation face à ce que nous démontrons comme « pervers » pour arriver à en infléchir l’inéluctable et répétitive destinée et pourquoi pas, soyons fous ! Son degré « d’influences » sur nos sociétés.
    Cela serait en effet moins inquiétant qu’un défaut désordonné.
    Si l’on observe le comportent des états les uns envers les autres depuis le début de cette crise, on peut légitimement douter d’un tel événement, mais rien n’empêche de rêver durant la sieste estivale.

  61. Juste une suggestion:
    Pourquoi ne pas faire de ce billet une cyber-pétition?
    Cela s’adresse aux politiciens mais c’est leur boulot après tout.

  62. Je répète pour la moultième fois: il n’y a pas de problème de dette dans la zone €. La BCE finira par prendre en charge la dette des états et la rembourser, à leur échéance, en monnaie créée à cet usage. Point n’est besoin de défaut (solution trop brutale) Le problème « financier » sans parler des autres…des états est relatif aux déficits.

    1. La planche à billet sans défaut ? Pas mieux qu’un QE…Il faut à la fois recouvrer le pouvoir d’émettre monnaie ET restructurer le secteur financier, ce qui commence par un défaut..

  63. Juste un petit commentaire: je crois que les Allemands, je parle des Allemand de base, ont en ras le bol aussi de ces histoires de dettes à rallonge. Cette solution permettrait au moins de passer à autre chose (je suis a moitié allemand, j’en parle parfois avec des membre de ma famille maternelle).

    1. Moi, ce que je pense, c’est que c’est Paul Jorion qui en a raz le bol de voir ses « confrères ingénieurs financiers » – allemands en particulier ! – marcher sur la tête depuis des mois et des années !

      Encore que l’un n’empêche pas l’autre ! 😉

  64. Bonsoir,

    la russie voudrat être remboursé, alors elle va couper ses livraisons de gaz alors aprés attention à l’hiver 2012, glaglagla en perspective.

    retour à la case dix-neuviéme en moins de six mois : le bois.

    salutations

  65. Monsieur Jorion, la qualité principale de votre blog consiste, avec d’autres talents dont celui très assidu de François Leclerc, à démythifier et, plus encore, démystifier l’économie financière. Merci et bravo pour cette entreprise éminemment généreuse dans son essence même. Aujourd’hui, cependant, vous nous laissez sur notre faim comme l’aurait fait la pythonisse sur son trépied.
    Certes, votre proposition se tient parfaitement. En rendant à la monnaie commune la possibilité de faire défaut et de trouver une parité conforme à la situation économique réelle «La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire.»
    Mais affirmer qu’à partir de là «Elle est sauvée. » n’est-ce pas excessif ? Si notre Europe ultralibérale renonce, ne serait-ce qu’au sein de la zone euro, à son dogmatisme monétariste (l’action de l’État en matière monétaire est inutile voire nuisible) nous ne sommes pas, pour le surplus, encore sortis de l’auberge (pas seulement espagnole).
    Le royaume de sa très gracieuse majesté et le pays où le dollar affirme « in god we trust » laissent diluer leur dette dans la création monétaire et, se faisant, amoindrissent un peu leurs déficits extérieurs. Le dogme monétarisme en a certes pris un sacré coup mais nous sommes encore loin du compte s’agissant des autres ustensiles de la cuisine ultralibérale qui empoisonne le monde.

    Même menus, avec quelques variantes dans toute la communauté économique européenne. L’Irlande se fait subventionner par la CEE et la BCE tout en maintenant son dumping fiscal, la Cour de justice des communautés européennes dit le droit, pour chacun de nous, façon Friedrich Hayek, la rémunération du capital par rapport aux salaires se maintient à un niveau record, etc, etc…

  66. Je range cette solution dans la catégorie des « idéales et radicales » que Paul Watzlawick évoque dans « Faites vous-même votre malheur« . Les solutions de ce genre ne sont jamais réalisables, mais pas forcément pour des raisons pratiques : il suffit qu’un paramètre échappe au sujet pour que celui-ci ne puisse rien faire. Ici, le paramètre incontrôlable est bien sûr le défaut global décidé ex abrupto : les Allemands ne voudront jamais.

    1. : les Allemands ne voudront jamais.

      Il ne leur restera plus qu’à jouer l’hymne national en fanfare, les pieds dans l’eau. Ils sont sur le même rafiot.

  67. Cette proposition n’est pas un coup de baguette magique,
    mais un point de départ autorisant le possible.
    En particulier, les déséquilibres des pays du Sud, dont
    la Grèce est l’exemple type, demeureront en l’état.
    Quand vous n’avez que des olives et du fromage blanc
    pour équilibrer vos importations, le niveau de vie
    restera très faible ou le déficit redeviendra très élevé.
    C’est pourquoi, il nous faut un plan permettant un rééquilibrage général.
    Ce rééquilibrage ne peut-être qu’industriel -Industrie matérielle au sens large-.
    Cette industrie sera d’abord déficitaire et ensuite n’offrira qu’un
    très faible retour sur investissement (ROE) , pour fixer les idées de 2 à 4%.
    La coéxistence d’un ROE de 3% avec les 15 % offert couramment
    par l' »industrie » financière est strictement impossible.

    Cette proposition devrait être accompagnée d’une réduction drastique
    de la finance ( 80%) et cette finance mis au service
    des activités matérielles. il faut détruire l’ exubérance des financiers
    et les espoirs de gains anormalement élevés.
    La prise de contrôle par une autorité publique est le moyen normal.
    (Notons aussi que le défaut généralisé proposé est un coup sérieux
    porté à la finance allant dans le sens du retour au raisonnable…)

    Et préparons une ré-orientation professionnelle massive
    des maîtres, petits maîtres et sous-maîtres de la finance spéculative.
    Nous ne pouvons pas ne pas réemployer ces intelligences.

    1. Il est très facile de réemployer les mathématiciens travaillant dans la finance. Rien que la gestion de l’intermittence des énergies emploie des mathématiques assez proches. De même, pour déterminer les différents pics des matières premières, il est nécessaire de faire, entre autre, du data mining et bien d’autres techniques statistiques, en employant là encore des méthodes proches de ceux que l’on utilise en finance.

      Bref, les problèmes pouvant motiver ce genre d’esprit, il y en a! La seule chose qui manque, c’est l’argent: entre un chargé de recherche au CNRS ou même un professeur d’université, et un spécialiste des produits dérivées, il y a une sacré différence de niveau de vie et donc de destin personnel.
      Visiblement, pour un nombre non négligeable de gens, ce genre de détail compte.

      Et pour ceux voulant voir le type de questions mathématiques que posent les questions d’environnement allez voir ici:
      http://johncarlosbaez.wordpress.com/

      1. @ blob

         » Il est très facile de réemployer les mathématiciens travaillant dans la finance. Rien que la gestion de l’intermittence des énergies emploie des mathématiques assez proches. »

        Ingénierie financière, ingénierie climatique même combat!
        On ne change pas une équipe qui gagne! 🙂

        Ps: Jacques Louis Lions avait élaboré (ou au moins donné une vigoureuse impulsion à) la contrôlabilité exacte: comment doser les conditions initiales et/ou aux limites pour obtenir un résultat final donné.
        Application à la finance. Le chef: débrouillez-vous pour que je gagne x euros dans y ans. Oui chef! A vos ordres chef!
        Application au climat. Le chef: débrouillez-vous pour que la température se réchauffe de x degrés en y ans. Arrangez-vous pour que ça vienne du CO2 émis par l’homme. Oui chef! A vos ordres chef!

        En attendant Godot. Le chef Pozzo à son esclave Lucky: « Pense! Porc! »

      2. La question concerne des centaine de milliers d’emploi…
        Le CNRS ou la Recherche privée n’y suffirait probablement pas.

        Je pensais à l’AFPA…. de maçons et autres professions du bâtiment
        jusqu’à l’informatique industrielle en production et gestion des stocks.
        Dans le commerce , il y a aussi foule d’emplois spécialisés nécessitant
        une formation.

        Et il y a dans la perspective d’offir à un tigre du back-office un retour
        au réel matériel dans la production ou la construction une idée
        de rachat chrétien laïc qui me plaît bien.
        C’est ce qu’ils appelaient à l’époque des délires pilotés par la finance l’adaptabilité
        ou la souplesse.

      3. « Visiblement, pour un nombre non négligeable de gens, ce genre de détail compte. »

        Ce n’est en effet pas si facile de remettre en cause Tout son mode de vie.
        J’en connais qui sont fort dépressifs..
        Quel gâchis d’avoir squatté ces intelligences de les avoir poussé vers la finance..
        vu les alternatives proposées aux matheux de polytechnique, comprises comme une véritable provocation.. (contrats à durée déterminée et de courte durée, rémunérations minables..)
        Il m’a toujours semblé que cela était voulu : si ces brillants étaient restés libres, ils auraient pu refaire le monde et ce n’aurait sans doute pas été celui des banquiers.. Il fallait donc les associer.
        C’est une génération gâchée, puis injuriée puis déprimée.
        On s’est bien moqué d’eux.
        Colère.

      4. si ces brillants étaient restés libres

        Ont-ils seulement une fois été libres ? Je crois que l’enjeu n’est pas tant de rester libres que de le devenir, du moins de se défaire de nos aliénations. Travail de toute une vie. De la vie-même, peut-être bien ^^.

      5. @ ALBC
        « Il m’a toujours semblé que cela était voulu : si ces brillants étaient restés libres »

        Ils ont été sélectionnés justement pour leur aptitude à accepter l’idéologie en place. Ils sont enfermés dans une prison intellectuelle. Le changement de paradigme (pour moi en cours et inéluctable) va ama faire des dégâts dans les rangs.

        NB: J’ai pris ce pseudo à cause de « Les hommes sont comme les lapins, ils s’attrapent par les oreilles » (attribué à Mirabeau). Je découvre que cela vaut hors du champ politique, dans le champ de la science en particulier (économie, évolution, …).

    2. La coéxistence d’un ROE de 3% avec les 15 % offert couramment
      par l’ »industrie » financière est strictement impossible.[…] il faut détruire l’ exubérance des financier et les espoirs de gains anormalement élevés. La prise de contrôle par une autorité publique est le moyen normal.

      Oh, allé, disons le clairement, c’est le seul et inévitable moyen !

      1. @ ALCB à propos des matheux de polytechnique
        « C’est une génération gâchée, puis injuriée puis déprimée. »
        J’en connais un certain nombre pour qui cela a été, cela est et cela sera beaucoup plus dur.
        Mais ce n’est pas parmi eux que l’on rencontre les cas de dépression les plus graves, il y a une justice.

  68. Sans parler de la probabilité d’un tel scénario (on peut toujours rêver à une Angela touchée par la grâce, avec un prénom pareil, ce ne serait que normal…), il me semble que le problème se posera vraiment le lundi matin : comment gère-t-on les suites d’un défaut généralisé suivi d’un « hair cut » de grande ampleur ?
    Le lundi, il me semble qu’il y a au moins deux conditions à remplir :
    Il faut sauver les banques, au moins pour assurer le financement de l’économie réelle et ne pas propager les pertes aux individus lambda (pour les banquiers je suggère de récupérer Fort Boyard).
    Il faut que la BCE joue son rôle en affirmant (et en joignant le geste à la parole) qu’elle est prête à faire tourner la planche à billets
    Le mardi, on met fin au débat sur la compétitivité relative des régions en instituant une balance commerciale unique pour la zone euro (autrement dit l’excédent commercial allemand et le déficit commercial grec se trouvent compensés…
    Le mercredi, on évite que le reste de la dette ne serve de prétexte à une casse sociale généralisée (il faut bien rembourser ce qui reste mon bon monsieur). Pour ce faire on augmente et on harmonise la fiscalité des entreprises partout en Europe (n’est-ce pas Mr Juncker ?)
    Le jeudi…
    Bon courage

  69. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. Elle est sauvée.

    Non non non, elle n’est par sauvée.

    Pour la faire fonctionner comme une « zone monétaire ordinaire » il faut aussi mettre à sa tête un seul ministre des finances au lieu des 17 ministres actuels (en même temps qu’il faudrait me semble-t’il un seul parlement pour voter les impôts, des percepteurs et autres pour les percevoir et même des forces de police pour contraindre les récalcitrants.) Dans ce cas la restructuration serait grandement facilitée et la dévaluation pas forcément indispensable.

    Résumé: l’idée de déguiser en problème monétaire un problème politique pour lequel on n’arrivait pas à proposer de solution acceptable a pu paraître brillante mais ça n’a permis que de gagner du temps.

  70. http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/euro-krise-warum-griechenlands-militaer-so-teuer-ist-a-846101.html

    Au pas cadencé vers la banqueroute

    « Im vergangenen Jahrzehnt gehörte das kleine Griechenland laut Daten des Stockholmer Friedensforschungsinstituts Sipri weltweit zu den fünf größten Waffenimporteuren und kaufte in großem Stil U-Boote, Panzer und Kampfjets. Noch im vergangenen Jahr gab Griechenland 4,6 Milliarden Euro für Verteidigung aus – 2,1 Prozent der Wirtschaftsleistung. Im Durchschnitt der europäischen Nato-Länder waren es nur 1,6 Prozent, in Deutschland 1,4 Prozent. »

    Dans la décennie écoulée, la Grèce faisait partie des 5 plus grands importateurs d’armes au monde.

    L’année dernière, elle a importé encore pour 4,6 milliards d’euro pour sa défense, avec une récession de – 2,1% !!!

    « Dennoch hat sich die Politik bislang nur halbherzig an Kürzungen des Verteidigungsetats gewagt. So kündigte die Regierung im Gegenzug für das zweite Sparpaket beim Militär Einsparungen von 300 Millionen Euro an. Allein die geplanten Kürzungen bei Medikamenten liegen dagegen bei mehr als einer Milliarde. »

    Cependant le politique ne réduit que modérément les dépenses militaires, de 300 millions tandis que les réductions concernant les médicaments atteignaient 1 milliard.

    J’ai plus tellement envie de vivre dans cette Europe Là voyez-vous… car là c’est l’abrutissement au sommet.

    « Eine Verschwörung der Waffenexporteure? »

    Un complot des exportateurs d’armes ?

  71. « La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. Elle est sauvée. »
    Donc, lundi matin, on prend les mêmes et on recommence?
    Lundi matin, le roi, la reine et le p’tit prince,
    Sont venus chez moi, pour me serrer la pince.
    Comme j’étais parti, le p’tit prince a dit :
    « Puisque c’est ainsi, nous reviendrons mardi ! »
    Mardi matin,…

    1. C’est ce qui me chagrine dans cette proposition. La désagréable impression que « lundi matin »… « à partir de dorénavant, rien ne sera changé et tout sera comme avant ». L’impression (fausse, j’espère) en tout cas que l’on sera (serait!) très loin d’être « sorti du cadre », voire que celui-ci serait renforcé. Mais évidemment, je ne suis pas ingénieur financier!

  72. http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/euro-krise-oekonomen-warnen-vor-katastrophe-a-846154.html

    « Was der Währungsunion sonst droht, bringen die Ökonomen in ihrer jetzt veröffentlichten Studie in nur einem Satz unter. « Wir rechnen Stand Juli 2012 damit, dass Europa auf eine wirtschaftliche Katastrophe unabsehbaren Ausmaßes zusteuert », heißt es in dem Bericht vom Institute for New Economic Thinking (Inet) in New York.  »

    « Nous comptons depuis Juillet 2012 sur le fait que l’Europe se dirige vers une catastrophe économique d’ampleur incalculable », dit l’Inet de N.Y.

    OECD-Chef: EZB sollte Aufkaufprogramm wieder aktivieren

    Le chef de l’OCDE : la BCE doit reactiver ses programme d’achat.

  73. Yes, mais si cela devrait s’assortir d’un solide hair cut bien dégagé derriere les oreilles ( – 30% ) et la transformation de l’Euro en monnaie commune, chaque pays retrouvant sa propre monnaie pour les échanges intérieurs….

  74. Lundi matin l’Eurodette est restructurée (d’un seul bloc) et la parité euro / autres devises ira se placer où elle le peut.
    Quel intérêt les allemands auraient-ils à une telle opération, eux qui ne veulent -et on les comprend- ni d’une dévaluation de l’euro ni se couper des marchés des capitaux?
    De plus, il n’est même pas sûr que la solidarité européenne -tellement vantée par les pays qui espèrent pouvoir éventuellement en profiter eux-mêmes- soit conforme à la constitution allemande.

  75. Excellente solution.

    Applicable dès que l’Europe se sera équipée d’une douzaine de porte avions classe Nimitz et de leur s groupes de combat, plus tous les accessoires, incluant un commandement unique.

    D’autres y ont déjà pensé, et je ne pense pas qu’ils laissent qui que ce soit faire de même.

    Too bad…

  76. il ya divers niveaux d’intérêt possible
    ne rien gagner
    ne rien perdre
    éviter d’avoir à payer plus
    éviter d’avoir à perdre plus
    et surement encore d’autres motifs possibles
    on n’est pas en manque de ce coté là
    chacun le sien ou plusieurs à la fois

  77. on pourrait aussi laisser les comptables se débrouiller avec leur comptabilité
    et seulement couper la communication entre le monde de la comptabilité financière( puisque c’est de l’abus de chiffre que vient la création d’un argent qui ne repose sur rien)et le monde réel
    juste dire à partir de maintenant toute nouvelle transaction création de dette doit être indexées sur un réel convenable , un lien entre des besoins clairement identifiés et des projets clairs et sensés.
    tout ce qui ne l’est pas on s’en fout.
    démerdez vous tout seuls.

    ( serait ce un résumé primaire de la proposition du jour?

  78. L’Europe de la zone euro est obligée de se battre, sur le ring de la finance internationale, les mains liées derrière le dos, elle s’en prend évidemment plein la tronche !
    Pour éviter cela, il conviendrait de réviser rapidement les traités régissant le statut de la B.C.E. lui donnant un statut en tout point comparable aux statuts des banques centrales des autres zones monétaires.
    Voir l’article de l’ancien président d’ATTAC France:
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/06/
    Il conviendrait également via le « droit d’initiative populaire » prévu par le traité de Lisbonne, d’inciter les autorités européennes à initier des mesures allant dans le sens de ce que dit Daniel un peu plus haut dans ce blog.
    Cela n’aurait qu’un effet incitatif vis à vis de la Commission, pour que cela ait un effet direct, il faudrait un référendum comme le connaisse les suisses, je suggère donc de rattacher l’Union Européenne à la Suisse…… J

    1. « obligée de se battre »
      le combat forcé est souvent perdu d’avance puisqu’on s’inscrit dans la stratégie de celui qui le provoque.

  79. un défaut de la dette européenne pourrait être la fin de l’euro, ou son commencement … en fonction de lq façon dont il realise.
    Si tous les pays estiment que cela est fait de facon juste et équitable, cela pourrait être un renouveau du concept européen. Dans le cas contraire, l’Europe se verrait divisée pour de très longues decenies.

    J’ajouterais qu’en plus de la nationalisation du système bancaire et financier, il serait bon de mettre en place une idée chère a Olivier Berruyer (entre autres): interdire purement et simplement aux états européens d’effectuer des emprunts. Si ceux ont besoin d’argent, ils peuvent le prendre la ou il est via l’impôt. La dette souveraine revient a ne pas ponctionner la classe aisée, mais au contraire a lui donner plus d’argent (via les intérêts) … accentuant encore plus les problèmes de répartition de la richesse.

    Quoi qu’il en soit, merci Paul d’avoir mis cette idée en tete de gondole de ce billet !

  80. Bien joué, Paul, cette fois-ci la question posée est simple, la première réponse est donnée, et du coup tout le monde réagit et apporte sa pierre à l’édifice, ça coule de source peu à peu. Donc c’est cela qu’il faut faire messieurs les financiers sincères ! (Euh, s’il y en a encore, ils ne doivent pas avoir la vie facile…). Mais le jeu en valait la chandelle. 250 commentaires, c’est du lourd et du solide. Donc bravo, il faut bien aussi vous féliciter de temps en temps, et le plus difficile dans ces temps, est de remettre la dynamique en route ! Cela dit, il faudrait aussi réclamer cette mise en oeuvre à nos politiques, et pour cela, il faut une autre structure que le blog, non ? Et c’est là que le bât blesse, car le premier groupe qui passe à l’acte, qui organise cette revendication populaire, aura beaucoup beaucoup d’ennuis. Et maintenant, c’est cela qu’il faudra mettre sur la place publique, l’action des officines et lobbies qui manipulent et les medias et les groupes sociaux et les associations et les structures politiques,, qui empêcheront toujours ce passage à l’acte populaire, par tous les moyens de terreur possibles et imaginables

  81. les dernières news à 1H du mat
    les agences retirent leur note de confiance à l’europe
    après l’allemagne le lux et un troisième

    bref une sorte de grosse menace d’être dégradé de chez dégradé
    pendant ce temps…
    la France vient de tirer un trait sur la dette de la cote d’ivoire à notre égard… (quelques milliards en euro ou fcfa? enfin pas mal de milliards)
    Ouatara et la france ont signé un accord bilatéral
    donc quand on veut on peut
    bon c’est vrai qu’il doit bien avoir un petit échange quelque part en arrière plan
    allez au hasard? du pétrole?

    facile comme chou on annule la dette point barre mais vous nous vendez votre truc bien réel

    revenons à nos moutons
    donc l’europe se raye toute seule sa dette conjointement tous ensemble et tire la langue aux agences de notation, nananère
    façon einstein
    et du pétrole après les idées on en aura encore?
    on pourra vendre ou acheter encore ou on se débrouille comme des grands?
    tout le monde boude?

  82. « La zone euro aura opéré sa métamorphose »

    Aucun commentateur ne mentionne le bancor, mais comme le signale Daniel : « les déséquilibres des pays du Sud, dont la Grèce est l’exemple type, demeureront en l’état ».

    Une métamorphose vers un embryon de bancor à l’échelle de l’UE (et non seulement de la zone Euro) est-elle envisageable ? Comment organiser la transition vers un bancor ?

  83. la France vient de tirer un trait sur la dette de la cote d’ivoire à notre égard… (quelques milliards en euro ou fcfa? enfin pas mal de milliards)
    Ouatara et la france ont signé un accord bilatéral
    donc quand on veut on peut
    bon c’est vrai qu’il doit bien avoir un petit échange quelque part en arrière plan
    allez au hasard? du pétrole?

    Si je comprends bien, nos zélites zelées, effacent la dette de la Côte d’Ivoire donc pssschit de l’argent des citoyens français, pour donner l’occasion à une compagnie privée ( qui ne paye pas d’impôts comme elle le devrait en France ) d’engranger encore plus de bénéfices…
    Effectivement tout est relatif….dans ce monde capitalisme.

    1. Il semblerait que ce genre de dette cache un truc plus compliqué .( à confirmer ou infirmer)
      Pour 1 milliard « prété  » ou donné , l’heureux zélu se doit d’acheter x fois 1milliard de produits divers (lait nestlé) ou avariés (armes) ..au donateur ….
      Qui parmi les intervenants connait ce coef « x » ? …2, 3 ou 4 ?
      Les zuniens sont plus preteurs , mais leur coef serait plus fort .

      Là ou ça se complique c’est qd le ‘contre-don » n’est plus fabriqué ds notre beau pays …

    2. ben oui c’est ça même et pas un citoyen pour moufter sous le soleil bronzant
      et en plus le prix à la pompe remonte

      la TOTALe dans l’indolence la plus molle

  84. Ne voyez-vous donc pas , dans la proposition de Paul Jorion ( de formation logique supérieure à la moyenne et d’expérience financière respectable ) la démonstration par l’absurde ( peut-être inconsciente , comme certains lapsi révélateurs ) que l’euro , dans le contexte politique actuel , est une ineptie de technocrates destinée à engraisser leur caste d’irresponsables prédateurs des travailleurs ?

  85. Après réflexion si une idée est rejetée par 99,9 des gens, c’est peut-être que cette idée n’est pas si mauvaise.

    Mais voilà j’ai plus trop envie de sauver l’euro, l’europe, le monde, les bureaucrates, les technocrates, les lobbies, les marchands, de faire tourner la meule, ça fait déjà trop mal comme ça.

    Ce n’est pas seulement officiellement l’euro qui part en couilles, c’est bien autre chose officieusement dans le même temps.

    Je comprends bien les divers arguments de chacun, mais vouloir plus longtemps proposer des choses surtout dans un tel monde c’est comme vouloir se faire plus de mal.

    On peut bien sur de temps en temps essayer de proposer des choses, afin de leur montrer qu’on est pas trop dur de la feuille mais faut pas trop s’en formaliser non plus.

    Vous aurez beau proposer des choses, hélas quand le monde contemporain préfère principalement courir tout le temps au présent après toutes ces choses, alors que voulez-vous y faire ?

    Venez plutôt m’abattre, avant que le monde en finisse dans le cannibalisme financier et la brutalité des gens de la haute, toute ma vie j’aurai essayé de moins faire paniquer mon temps.

    C’est comme l’autre jour, j’avais vu un film avec Clint Eastwood ( les proies ) et bien à la fin du film l’amputation d’une jambe n’a pas plus éviter à l’homme de mieux finir empoisonner par les plus …

    L’allemagne pourra peut-être éviter de boire la tasse sur le moment, mais à mon avis elle boira tout autant la tasse un jour, d’abord les grecs, puis les espagnols, les italiens et d’autres peuples graduellement sur la terre.

    Comme si la seule priorité du monde ne consistait qu’à courir tout le temps après les premières choses périssables, celles partout du matériel, de l’intérêt général et toutes ces choses qui font grandement rêver le monde.

    « Les gens ne respectent plus rien dès qu’il s’agit de gagner plus de fric et de confort ! » Roland Topor

    Pour ça que je désespère Julien, Paul ou Marguerite, mais faut pas qu’à derrière tout ceci et cela, il faut bien parfois que les gens de la haute se mettent un petit peu à palir sur place, à faire graduellement dans le pantalon.

    Comment le monde pourrait-il changer si nous en finissons tous par fonctionner ainsi dans les sociétés, sur un blog, il y a bien trop de variables à mon avis, c’est juste que je me fais plus trop d’illusions.

    Parlez-moi plutôt de vos poules un peu moins pondeuses au carré pour les premiers technocrates de Bruxelles. Parlez moi plutôt des différentes espèces de cigales, de sauterelles.

    Ca y est il recommence avec ses conneries, il va encore nous gâcher la semaine, si nous te comprenons bien jj, il faudrait tout de suite se mettre à prier le saint capital fourchu en tête.

    Ben oui laissez-les faire jusqu’au bout, car entre-nous je me demande bien qu’est-ce qui pourrait arrêter les premiers hommes d’affaires cyniques de ce monde avec ou sans l’euro d’ailleurs.

    Ce n’est pas vraiment le principe d’entraide qui a grandement mis le monde dans la mouise, mais bien les premiers principes dirigistes de l’avarice, de la cupidité, de l’intérêt vénal sur toute la terre.

    Trop de technique tue le monde, trop de bureaucratie tue l’esprit d’entraide, trop de marchands tue l’économie mondiale, en commençant peut-être par les petites gens dans l’écoeurement.

  86. Tous ces commentaires du type « Vous n’y pensez pas! Vous n’imaginez pas les conséquences! » !

    Le problème, c’est qu’il faudrait imaginer avec la même lucidité les conséquences de l’inaction, ou du rafistolage du statu quo, et que l’esprit humain est ainsi fait que c’est généralement moins spontané dans ce sens là…

    1. @ Marc Peltier

      Je vous hèle en vous voyant déambuler sur le (initialement sentier et dorénavant) boulevard des commentaires! 🙂

      J’ai relu vos interventions lors des trois billets consécutifs de MQ (Laget et Ruyant (?)).
      En tant que matheux je ne peux que vous conseiller de regarder (dans Wiki pour commencer) ce qu’il y a dans la théorie des catégories (c’est bourré de flèches, symbolisant les relations entre objets) et la théorie des topos (idem). ça permet de plus facilement rentrer dans l’article de Petitot « La neige est blanche ssi…Prédication et perception ».
      Thom (et aussi Jorion) mettent en garde contre ces théories:
      « Le mot catégorie au sens de l’algèbre moderne n’a rien à voir avec les catégories de la philosophie (Kant et Aristote). […] Derrière un appareil formel extérieurement assez terrifiant, il s’agit au fond d’une notion très simple: à savoir l’ensemble des chemins que l’on peut définir dans un graphe orienté (en acceptant les chemins ponctuels qui ne sortent pas d’un sommet). Je n’inciterai pas mes lecteurs à étudier cette théorie, qui a depuis connu un développement considérable; il suffira qu’ils en connaissent la définition et l’interprétation géométrique en terme de graphes orientés, ou particulièrement ceux issus par discrétisation d’un phénomène continu sous-jacent. »

      Toujours en tant que matheux je vous suggère de regarder la dualité en mathématiques car c’est un outil puissant « qui renverse la perspective ». Or c’est, je crois, ce que vous cherchez justement à faire, renverser la perspective en considérant les relations ontologiquement premières (et les objets seconds). Mais, ne serait-ce que pour pouvoir communiquer avec les primates, je pense qu’il vous faudra pouvoir revenir à l’espace primal.
      Il y a en théorie des graphes (cf. Wiki) une notion de graphe dual. Je pense à une autre, à celle où on inverse objet et relation (un sommet/objet du graphe devient une arête/relation et réciproquement (il est nécessaire que de chaque sommet parte au moins deux arêtes ou bien, comme dit Thom, accepter les arêtes ponctuelles, cad considérer des « trucs » qui sont à la fois objet et relation!).

      La dualité renvoie ama à Aristote et le moyen terme: dans le cas des extrêmes objet et relation, le moyen terme est peut-être justement ce « truc », l’objet/relation (dans le cas où les extrêmes sont « apparaître » et « disparaître », le moyen terme naturel me semble être « être », mais Hegel préfère
      Aufhaben -de mémoire, et je ne connais pas l’allemand!- qui fait du trois en un).

      En méca classique on décompose le mouvement en mouvement du centre d’inertie puis mouvement autour de ce centre d’inertie: c’est ainsi qu’on le comprend mieux. Je pense que le moyen terme pourrait servir à ça: le bon point de vue (le centre organisateur) pour comprendre ce qui se passe.

      Quid de la MQ avec pour extrêmes onde et particule?

      Cordialement, BR.

      1. @ Marc Peltier (suite)

        L’intervention de Kercoz me fait me souvenir que pour Goffman(?) la sociologie ne doit pas être l’étude des individus et de leurs relations mais des individus et des relations (de mémoire, Kercoz rectifiera).

      2. Tiens, bonjour BasicRabbit! Vous déambuliez donc, vous aussi, sur ce boulevard!

        Merci de porter intérêt à mes commentaires précédents. Ca m’arrive aussi, j’avais par exemple relu les votres, pas plus tard qu’hier. J’en ai tiré la conviction que vous avez parfaitement compris où je voulais en venir, et que, de par votre formation et votre carrière, vous étiez sans doute bien mieux placé que moi pour expliciter ce qui pourrait être intéressant là-dedans.

        Voyez vous, il est délicat de formuler certaines choses en tant qu’amateur. Je pourrais vous faire part d’une théorie sur les formes planctoniques, parce que je regarde dans des microscopes depuis cinquante ans, pour mon plaisir d’amateur, et que je pourrais probablement argumenter efficacement, en tant qu’amateur, contre tout spécialiste de ce domaine, qui n’importe d’ailleurs à personne ou presque.

        Mais s’il s’agit d’évoquer un paradigme alternatif pour la physique, il est normal et sain d’être excessivement timide! Quentin Ruyant commentait ainsi un article de mon ami Bernard Laget :
         » Il ne me viendrait pas à l’idée d’interdire à qui que ce soit de parler de science « par principe », ou parce qu’il n’a pas montré ses diplômes. Vive les autodidactes. Mais il se trouve que les sujets scientifiques comme celui-ci sont souvent très techniques et délicats. Il se trouve aussi qu’en ce moment même des millions de personnes de sensibilités très variées réfléchissent profondément à ces sujets, tout en en ayant une excellente maitrise technique, et sans forcément manquer d’ouverture d’esprit ni d’idées farfelues, qu’ils en discutent entre eux, qu’ils publient des papiers ensuite discutés, etc, etc… Et donc il est (malheureusement, mais c’est un fait) très présomptueux de penser qu’on puisse apporter quoi que ce soit de nouveau sur ces sujets en en ayant une maitrise imparfaite, comme, je pense, c’est le cas ici. Pour le dire autrement : si votre idée n’est pas « mainstream » aujourd’hui, il y a très certainement de bonnes raisons à ça. »

        Si vous m’aviez identifié comme « monsieur tout est relation », c’est que je me suis laissé aller à exprimer mon orientation d’esprit, en quelque sorte à voter, sur ce blog, pour une science des relations, car j’ai juste assez de culture en physique pour voir que ce chemin-là est certainement fécond. Mais je suis très conscient que de multiples courants de la physique théorique y travaillent en ce moment même, et que l’amateur que je suis ne peut rien y apporter de vraiment original.

        La seule chose qui me donne la présomption d’écrire encore là-dessus, c’est le constat que les théoriciens semble privilégier une approche « bottom-up », en cherchant à donner un sens informationnel aux relations physiques les plus élémentaires. Or, j’ai l’impression que l’énoncé « Top – down » d’un principe de relativité informationnelle, qui prendrait acte, en termes physiques, du fait que « malin » ou « idiot », « pénétrant » ou « borné », etc…, sont des adjectifs relatifs, tout comme « rapide / lent », ou « grand / petit », pourrait suffire à générer un paradigme informationnel pour la physique. L’idée serait de renouveler les termes de la distinction sujet / objet, ou observateur / observé, en introduisant cette relativité informationnelle. En tant que logicien, comment appelleriez-vous l’opération consistant à scinder une relation ontologiquement première, en un sujet, et un objet?

        Je vous remercie de vos indications de théories à mettre en relation (!) avec mes préoccupations. Je vais commencer par lire plus sérieusement Thom, car votre prosélytisme a fait mouche. Par ailleurs, j’avais perçu l’intérêt de la théorie des graphes, et j’ai eu l’occasion de programmer en lisp des analyses de graphes, pour modéliser des réseaux d’égouts dans un système AutoCAD. (les hasards de la vie, comme Paul Jorion)… Qui sait par quel chemin obscur se forment nos idées?

      3. les théoriciens semble[nt] privilégier une approche « bottom-up »,
        J’ai l’impression que l’énoncé « Top – down[…] »

        Demandes d’éclaircissement.

        Je crois me souvenir que « top » signifie sommet et « down » , bas.
        Dans ce cas vos phrases deviendraient
        les théoriciens semble[nt] privilégier une approche du bas vers le haut,
        J’ai l’impression que l’énoncé du haut vers le bas […]

        Auriez-vous l’amabilité me dire si le sens de ces 2 phrases ainsi modifiées
        respectent le sens que vous vouliez leur donner ?

        Bien entendu, la transcription ne serait vraie que si « bottom » et « up » appartiennent bien au Latin moderne. Je n’en suis pas sûr. Pensez seulement au « no », multilangue en apparence, mais
        ressortissant préférentiellement de l’espagnol… par respect à Don quichotte.

        Si oui, – les 2 phrases entièrement en français respectent bien le sens que vous vouliez leur donner-, pourquoi employer un entrelardage français-latin de cuisine ?
        Enfumage? Préciosité?

      4. @ Marc Peltier

        « En tant que logicien, comment appelleriez-vous l’opération consistant à scinder une relation ontologiquement première, en un sujet, et un objet? »

        J’ai été effectivement dans ma jeunesse un logicien publiquement subventionné. Mais je crois (en fait je suis quasi sûr) que ça n’est d’aucune utilité pour le problème que vous posez.

        A la suite de Thom (et de PJ) je suis convaincu qu’il y a un immense fossé entre le « bon sens » et cette logique mathématisée, artificielle, qui a pris naissance avec Boole et s’est prolongée avec Tarski et Gödel (logique « élémentaire » qu’il ne faut ama pas jeter pour autant). Au point où j’en suis je pense qu’il n’est pas possible se scinder une relation en sujet et objet; je pense que c’est du trois en un… sinon ce n’est rien. Au pif je sens ça comme le noeud borroméen de Lacan, comme la sainte trinité du catholicisme, comme le « aufheben » de Hegel, des « trucs » comme ça: si on essaye de scinder tout se casse la figure (Lacan a, je crois, choisi le noeud borroméen pour cette raison).
        Je crois que ce qui rend le mieux ce triplet sujet/relation/objet c’est la catastrophe de fronce de Thom car elle a l’avantage de mettre en image le problème et surtout d’en donner un modèle dynamique qui « rend » bien l’idée dynamique sous-jacente à la notion de relation.

        Bien que je n’aie aucunement la fibre physicienne je pense qu’il n’est pas possible de scinder (cad de penser séparément) onde et corpuscule; ce sont deux aspects d’une même « réalité », ama indissolublement liés (peut-être par une relation) comme il n’est pas possible de scinder sujet et objet, car indissolublement liés par un verbe.

        En tant que matheux je vois le « verbe » qui relie onde et corpuscule comme étant la transformation de Fourier. Le moyen terme entre onde et corpuscule, le centre organisateur, le « truc » à la fois onde et corpuscule, est alors à chercher parmi les fonctions qui sont égales à leur transformée de Fourier. Il y a la fonction en cloche de Gauss, ama sans intéret (bien que -et parce que- mise à toutes les sauces?). Il y en a d’autres… peut-être plus intéressantes.

        A vous lire.
        Cordialement, BR.

      5. @Basic :
        Poser les interactions comme objets d’étude et l’ individu comme second et dépendant des interactions ( introduction de Goffman) , me semble la démarche nécessaire pour éviter une subjectivité de xeme ordre . vous abordez le sujet ici :
        //// Or c’est, je crois, ce que vous cherchez justement à faire, renverser la perspective en considérant les relations ontologiquement premières (et les objets seconds). ////
        En sociologie, cette approche permet de mettre en lumiere des constantes comportementales chez certaines espèces et des constantes comportementales entre differentes especes …..
        De plus l’examen des comportements comparés des variations comportementales entre especes solitaires et especes sociales sont des informations déterminentes ( nottament sur le sujet de l’agressivité) .
        Le fait que chez ttes les especes sociales , le comportement DANS le groupe (interactions) est l’ objet d’une rigidité quasi immuable ( au regard de la souplesse des comportements hors du groupe) , devrait nous interroger sur notre choix somme toute récent , de bousculer les structures du groupe et cette rigidité.

      6. @ Marc Peltier et Basic Rabbit
        Dans la vidéo proposée plus haut par rahane (femme de Rahan ?) :
        http://www.youtube.com/watch?v=yVkdfJ9PkRQ&feature=player_embedded

        on est frappé par la multiplicité des figures engendrées par le mouvement simple du pendule.
        Ainsi, un observateur qui aurait un regard « analytique » pourrait saucissonner le mouvement et être très content de l’ équation qui le décrit complètement (vitesse angulaire , pulsation, phase, amortissement..) dans la tranche.
        Mais la ou cela se corse, c est lors de l intégration de toutes les tranches.
        La loi d intégration ne prend pas en compte l essentiel : le phénomène en tant que perception de l observateur.
        L’ intégration se fait sans tenir compte de ce « percevant » indissociable du phénomène que l on veut étudier .
        Ce percevant aura une certaine rémanence de l image formée sur sa rétine et une certaine résolution permettant de détecter les infimes variations angulaires.
        Une très forte résolution dans l’ appareil visuel de l’ observateur aurait peut-être permis de détecter une aussi grande variété des courbes , mais dans une vision perpendiculaire du phénomène (celle du saucissoneur), sans passer par la vision axiale qui est celle de la video et qui permet de le voir avec une résolution moindre dans notre appareil visuel d observateur lambda.
        « Une autre résolution de notre appareil visuel », c est une façon de dire: un autre observateur.
        Un phénomène inexistant pour l’ un (variété des courbes observees) devient existant pour l’ autre.
        Un percevant qui serait solidaire d’ un des pendules et dans un vision axiale (celle de la video) ne verrait pas le même phénomène , non pas parce qu’ il y a eu un changement de repere, mais parce que ce n’ est pas le même phénomène qui se produit.

        Ce qu’ il faut modéliser c’ est cette relation là : qu’ est ce que « voir un pendule osciller  »
        Et non pas celle là qui ne fait pas intervenir l’ observateur réel et donc corrompt le phénomène dans sa réalité de phénomène perceptif :  » qu’ est ce que l oscillation d un pendule »

        Donc avant de saucissonner un phénomène, il faut avoir à l esprit ce qu’ on va saucissonner , il faut déjà avoir à l esprit la synthèse de ce qui va ensuite être analysé.
        Il est vain d’ aller plus loin dans le saucissonnage, car en faisant l’ économie de l observateur réel et donc du phénomène réel , on tirera des conclusions sur autre chose que ce qu’ on observe ( on tire des conclusions sur des chimères et on les attribue ensuite au réel en prétendant que cela ne change qu’ un petit Delta soit-disant « négligeable » où , en realité est concentré l’ incommensurable-au-seul-nombre, le réel donc , c est ce qui nous arrive avec la modélisation de la valeur et la crise de civilisation actuelle)

        PS: pour Marc Peltier , j espère que vous n accordez aucun crédit au commentaire de Ruyant, sinon vous ne seriez pas en train de parler de physique sur un blog d anthropologue, il y a quand même des salons plus adaptés pour approfondir « ensemble-parcequ’ on le vaut bien » , le même cul de sac conceptuel.
        Dans ces salons ils n auraient pas accepté ma contribution, ni celle du poète et scientifique Goethe :
        http://asterion.revues.org/413#tocfrom1n4

        Enfin, la modélisation des relations entre des individus est un P-graphe pour Paul où les concepts sont représentés par les points et les « liens » sont les individus.
        Ceci est contre intuitif par rapport à une représentation où les individus seraient les points du graphe et les liens seraient les concepts .
        La transformation mathematique faisant passer le graphe de la  » conception intuitive », à la conception de Paul (« centrée partout » sur le concept) equivaut a la Dualité en geometrie projective.
        Le graphe est appelé Pgraphe.
        http://cogprints.org/480/
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Dualité_(géométrie_projective)

      7. @ kercoz
        Merci. Je crois que je commence à capter ce message que vous ressassez inlassablement sur ce blog. C’est pour moi cohérent avec la vision de PJ sur la formation des prix: la véritable loi n’est pas celle de l’offre et de la demande mais celle selon laquelle chacun essaye de préserver son statut social (réel dans une « vraie » société, fantasmé dans le merdier actuel).
        Reste la question de l’agressivité. Je ne vous suis toujours pas dans cette voie. Je pense (comme vous?) que prédateurs, proies, partenaires sexuels sont au centre de l’organisation sociale et sources de conflits qui peuvent être violents. N’y a-t-il pas moyen, grâce à l’éducation, de s’organiser pour minimiser leur impact? « La colombe assassinée » de Laborit me pousse à l’optimisme à ce sujet. De même que la position lamarckienne de Thom qui donne à l’acquis (par rapport à l’inné) un beaucoup plus grand que rôle que ne le permet la position néo-darwinienne.

      8. @ Marc Peltier
        Je viens de relire votre commentaire du 25/07 20:50. Que cherchez-vous ? Est-ce seulement la MQ qui vous titille?

        Thom a classifié les grands modes d’explication du réel selon que le moyen d’étude est local ou global et le sujet d’étude est lui aussi local ou global.

        La physique fondamentale est du ressort du global/global. La biologie moléculaire est du ressort du local/local. Votre passion pour l’observation est du ressort du local/global (étude du monde à la petite cuiller). Le global/local est le mode d’explication choisi par Thom.

        Dans quelle cour avez-vous envie de jouer?

        Cordialement, BR.

      9. @ Tigue
        Dans ce genre de phénomène tout dépend effectivement, je crois, de la place de l’observateur (ce qui pose l’intéressante question de savoir ce qu’est un phénomène).
        « Mettez-vous dans un ascenseur en chute libre », disait Einstein.

        Je suis très intéressé par la fin de votre commentaire (que j’ai déjà vu sous votre plume). PJ utilise les P-graphes (P pour Parenté?) ET les treillis galoisiens pour modéliser les interactions entre entités (individus, mots, …). Quel est pour vous leur rôle respectif (je n’ai pas d’idée bien précise, le P-graphe lié à l’ordre? le treillis galoisien lié à l’équivalence?). Pourquoi ces graphes et treillis? Il y en a une tripotée d’autres sur le marché.
        En tant que matheux je ne vois pas ce que la dualité en géométrie projective vient faire là-dedans. Il y a dualité entre points et droites. Ok. Et après? Le plan projectif est l’un des dadas de Lacan. Est-ce par là que vous voulez aller?

      10. @ Basic Rabbit

        Tout ceci est très intuitif et je ne veux rien asséner !

        Le point est un lieu particulier.
        Il est à la fois :  » ce qui n a pas de parties  » selon les elements Euclide. Il est donc Un.
        Et il est aussi un ensemble : le lieu de croisement de toutes les droites qui passent par ce point. Il est donc multiple, s’ il est à la fois élément et ensemble.
        Il faut avoir cette dualité à l esprit en permanence , elle est irréductible.
        Que l on centre le modèle représentant les relations sur le point-individu ou le point-concept, il faut prendre en compte dès la conception du modèle l’ existence irréductible de la dualité qui transforme le point en ensemble, lieu de manifestation etoilée de quelque règle .
        Ceci interdit probablement certains saucissonages infinitésimaux, ou en modifie la portée quand il faut confronter le résultat au réel.

      11. @Daniel
        Vous avez raison. Dont acte. Je suis de ceux qui sont, habituellement, agacés comme vous l’êtes…

      12. @ Tigue
        « Il faut avoir cette dualité à l esprit en permanence , elle est irréductible »

        Ama pas « cette dualité ». Mais la dualité en général je suis d’accord. Je crois que des gens comme Hegel (restreint à Wiki pour moi!) ne fonctionnent quasiment que comme ça.
        Voyez-vous une dualité entre les P-graphes et les treillis galoisiens?

      13. @BasicRabbit

        Scinder les relations en sujet et objet : illégitime, nous sommes d’accord. C’est le mystère de la sainte trinité! 😉 Il n’empèche que le sujet et l’objet sont des concepts bien formés depuis longtemps. Vous proposez d’utiliser la catastrophe de fronce. Je vais tâcher de me faire une idée plus précise en lisant Thom.

        Sur les approches local/global, si vous me demandez de choisir, je prends la matrice toute entière, avec toutes les permutations.

      14. @ Marc Peltier

         » le sujet et l’objet sont des concepts bien formés depuis longtemps. »
        Je vous réponds en « de base » car je ne suis pas linguiste. Pour moi ils ne sont sujet et objet que relativement au verbe qui les relie (ils s’échangent aisément -formes active et passive).

        « Sur les approches local/global, si vous me demandez de choisir, je prends la matrice toute entière, avec toutes les permutations. »

        Assoiffé à ce point? 🙂

      15. @ Basic Rabbit

        Désolé je n’ ai pas les compétences pour répondre à votre question, j arrive malheureusement aux limites de ce que je peux comprendre.
        Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en avoir, et bonne chance à tous

    2. @Marc Peltier :
      J’ ai rien relu du tout mais :
      ///// Le problème, c’est qu’il faudrait imaginer avec la même lucidité les conséquences de l’inaction, ou du rafistolage du statu quo, ////
      Ne me semble pas suffisant car ce serait faire un bilan « moyen » …qui pourrait cacher des disparités sur les gagnants ou perdants de chacun des modèles .

  87. @PJ
    Votre solution est la bonne car elle permet en un seul coup coordonné de faire ce qui autrement sera nécessaire et inéluctable au coup par coup sur une période de quelques mois à plusieurs années selon les réactions des créanciers et surtout des spéculateurs.

    Elle a aussi le mérite de mettre tout le monde de l’Euro dans le même panier (de monnaies) ce qui constituerait un pas sérieux vers un fédéralisme européen plus important et mieux reconnu des peuples, offrant une véritable relance, pas seulement économique, de l’Europe. Il faut bien comprendre que dans un processus de désagrégation lente, les pays plus forts verraient progressivement leur cote baisser, leurs surplus d’exportation se tarir et leur crédibilité s’éroder comme le montre la réaction de Moody’s touchant la RFA.

    L’autre mérite est celui d’éviter que quiconque perde la face, en tout cas pas plus que les autres, ce qui là aussi induit une meilleure reconnaissance des peuples.

  88. Je ne suis pas ingénieur financier, même pas « expert ».
    C’est sûrrement pour cela que je ne vois pas trop la différence entre « eurodette » et l’euro.
    Pourquoi l’eurodette du lundi aurait-elle une parité différente de celle de l’euro du vendredi ?
    Et si oui laquelle ?

    1. L’euro est une devise, c’est une monnaie, l’eurodette, c’est un ensemble de reconnaissances de dette. Si vous me dites, « c’est la même chose », je vous réponds, « non c’est exactement le contraire » et je vous renvoie à L’argent, mode d’emploi (2009) au cas où cela ne vous semblerait pas évident.

  89. Petite question vraiment innocente (sans ironie donc) … Qui détient la dette souveraine des 17 pays qui organiseraient ainsi leur défaut raisonné ? Qui d’autre, en fait, que les européens eux-mêmes, très majoritairement ?
    Cette solution ne reviendrait-elle pas, de fait, à se tirer une balle dans le pied ?
    Pour le reste, je rejoins Daniel et quelques autres dans cette discussion pour considérer que seul un ensemble de mesures coordonnées (représentant une somme de sauts qualitatifs conjugués parfaitement improbable) serait de nature à redresser la barre.
    Or, le courage n’étant pas exactement la vertu la mieux partagée de nos technopolitiques, je crains fort que nous ne puissions que regarder notre économie décrocher !
    Comme certains le soulignent ici très souvent, il ne fait guère de doute que la solution ne soit pas technique, mais bien politique (au sens large). Elle n’adviendra donc que lorsqu’une grosse majorité, pour l’heure abreuvée d’idées reçues, cessera d’avoir peur de perdre pour enfin oser repenser son futur et gagner notre avenir collectif.

    1. J’ai écrit « technopolitiques », mais technolitiques me semble un bien meilleur néologisme avec son petit coté ère révolue !

  90. L’euro je sais pas mais pour le dollar, on peut pas se tromper, c’est marqué dessus.

    « This note is legal tender for all debts, public and private »

  91. J’ai du mal à saisir une faisabilité éventuelle de la solution proposée.
    On doit prendre en considération le fait que la zone euro ne forment pas un état fédéral. Il s’agit plutôt d’une association monétaire de quelques pays. Une telle association n’a pas le même poids ni la même possibilité de manoeuvre qu’un état fédéral. Il ne faut pas sousestimer le rôle de la politique. En clair: le tout risque de pas être pris au sérieux.

  92. Je trouve votre proposition excellente mais elle ne résoudrait pas durablement à elle seule le problème de la crise de l’Euro, même si elle était acceptée.
    L’Euro est enlisé dans sa situation de monnaie surévaluée par rapport aux monnaies des BRICS (et d’autres) et, simultanément, dans l’inconsistance et l’impuissance de son support politique. Il est présentement impliqué en première ligne dans une crise mondiale résultant de l’abus tous azimuts du crédit dans l’économie dite réelle, celle de la chaîne de production/consommation des richesses consommées. A cause et grâce à cette débauche rémunératrice de crédits, la prolifération des liquidités a embarqué l’économie financière dans un tourbillon d’activités spéculatives et l’a désaccordée de l’économie réelle, en désorientant et obérant celle-ci.
    Etouffés, les pays de l’Euroland ont besoin de respirer et un défaut partiel, avec restructuration de la dette, est indispensable. Ils ont besoin aussi d’une dévaluation compétitive, mais il faut que celle-ci soit contrôlée et progressive. Tout cela n’est pas facile à gérer, le seul moyen d’y arriver sans un effondrement auto-accéléré et catastrophique est de le faire en un bloc cohérent et puissant, donc dans le cadre de l’Euroland. Si l’union éclatait, chaque pays partirait en chute libre, plus ou moins bas mais sans parachute, et probablement chacun se retrouveraient bien en dessous du supportable.

    Mais si l’Euro peut être ainsi sauvegardé, et c’est la moins mauvaise solution, il resterait deux problèmes majeurs à traiter. Il faudrait le faire simultanément. S’ils sont négligés, la crise mondiale continuera et toute la manœuvre n’aura servi à rien ou à pas grand-chose.
    Il faut une réforme des instances de l’Euroland pour lui donner une cohérence politico-économique en rapport avec son poids économique.
    Il faut une réforme très profonde de l’industrie financière pour arrêter le recours systémique au crédit et pour réguler la spéculation, à défaut de pouvoir l’expurger. Je n’imagine pas que ce puisse être fait sans revoir la théorie monétaire mais je manque peut-être d’imagination car je ne suis pas ingénieur économiste.

    Quant à savoir qui paierait les pots cassés d’un défaut partiel, comme d’ailleurs d’une dévaluation, ce ne serait qu’un sous-ensemble des victimes d’une faillite complète.
    La restructuration d’une dette est un exercice pour experts, payés à sauvegarder les intérêts des puissants. Il faudra veiller, le cas échéant, à ce que toutes les cartes soient sur la table et les blogs auraient un rôle à jouer à cet égard. Merci d’avance Monsieur Jorion.

  93. C’est intéressant, mais pourquoi l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Slovénie, Chypre, la Slovaquie, l’Estonie … et éventuellement même l’Italie auraient-ils envie de faire défaut, au risque de ne jamais plus trouver de créancier alors qu’ils n’ont pas mal géré leur budget ?
    Et cette idée qu’on efface tout et qu’ensuite on recommence, est-elle vraiment bonne ?
    Evidemment techniquement c’est facile de faire défaut… ce qui est difficile c’est de bien gérer son budget. Ca chacun d’entre nous le sait bien, car les individus, eux, n’ont pas le loisir de faire autrement.
    Seuls les états l’ont oublié.

    1. « Le paiement de réparations représentait une lourde charge pour la République de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle se révèla vite incapable d’y faire face. Les alliés demandèrent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l’Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.
      Sous la direction américaine, le plan Dawes sera alors élaboré. Il facilitera les conditions de remboursement pour l’Allemagne. Toutefois, la charge apparaîtra encore trop lourde ce qui conduira à l’élaboration d’un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes seront diminuées et rééchelonnées de manière considérable.
      Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s’échelonner jusqu’à 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931, Conférence de Lausanne en 1932).
      L’Allemagne a traîné sa dette jusqu’au 3 octobre 2010, date à laquelle elle la solde définitivement, près d’un siècle après le début du conflit »
      (wikipedia: Traitté de Versailles, les réparations)

      Donc dans un passé pas si éloigné (même si tous le monde préfère l’oublier) la Belgique et la France ont été jusqu’à envahir militairement l’Allemagne qui malgré de nombreuses « restructurations » de sa dette (et malgré des prêts accordés par Etats-Unis) ne pouvait et/ou ne voulait pas payer. Ça n’a pas empêché par la suite les Allemands de trouver des créanciers!

      Cette fois-ci c’est une guerre économique que les Grecs, les Espagnols, etc, ont perdu. C’est la même question qui se pose: soit ils ne veulent pas se serrer suffisamment la ceinture, soit ça ne suffit pas pour arriver à payer.

  94. Sauver l’euro certes, mais pour quoi faire ?

    L’euro n’est pas le problème, l’euro est le révélateur des égoïsmes nationaux c’est tout, ou tout simplement d’intérêts divergents.

    On est bien d’accord: sur le papier, techniquement sauver l’euro semble à portée de la main.

    Mais sans volonté commune, sans un projet commun, il est quasi certain que les problèmes ressurgiront ailleurs et, plus tard.

    Le problème européen est fondamentalement politique: 17 pays avec des cultures différentes, des langues différentes, des traditions différentes, souvent des intérêts différents, et en commun des siècles de conflits meurtriers, veulent-ils oui ou non franchir le pas qui les amènerait à vivre – encore plus étroitement – dans une maison commune ?
    Je ne dis pas à former une nation commune, car vu leur diversité cela relève de la pure utopie.

    Si la réponse est oui, comment va être élaboré le règlement intérieur afin qu’il soit acceptable par tous.

    Si ce sont un ou deux gros Etats, qui comme maintenant ont la prétention d’établir ce règlement pour tous, il est bien évident que cela ne marchera jamais.

    Pour les anglais la réponse a au moins le mérite d’être claire: ils ne veulent pas vivre dans une maison commune, ils l’ont exprimé en gardant la livre sterling. Cela ne les empêche pas de pratiquer dans leur cottage des politiques néo-libérales comme leurs petits copains englués dans la mélasse de l’euro et, de pâtir souvent de maux semblables.

    Les bonnes questions sont:

    – A-t-on encore envie de partager le même toit et, même plus: de renforcer la cohabitation ?
    – Si oui, pour faire quoi ?
    – Les cohabitants sont-ils prêts à accepter une réelle solidarité entre eux ?
    – Et comment se doter d’un règlement intérieur acceptable par tous ?

    Sinon chacun n’a qu’à retourner faire sa petite popote libérale, chacun dans sa propre maison, comme les sujets de sa Très Gracieuse Majesté.

    Les Marchés se fichent de ces questions et des réponses qui pourraient leur être apportées, sauf si par impensable, elles ne leur laissaient plus de failles à exploiter pour faire du pognon sur le dos des peuples.

    1. Hors-sujet Macarel. Il etait bien dit pourtant que ce n’était pas l’endroit pour ce genre d’interrogations.
      En outre faudra sortir un de ces quatre de la litanie des marchés qui n’on rien à foutre des décisions politiques ou qui les détermineraient systématiquement. C’est absolument le contraire.

      1. Je crois avoir respecté la consigne:

        commentateurs éventuels prônant qu’il ne faut PAS sauver l’euro, soyez gentils d’aller mettre vos commentaires ailleurs, ce n’est ni du « pour » ni du « contre » que je parle ici.

        Si l’on n’a le droit que de poster des « messages de technique économique », je crois que c’est au modérateur de le dire.
        Pour le reste « j’admire » votre disposition incontestable a avoir de fortes certitudes, et à faire des réponses à l’emporte pièce.

    2. La crise de l’euro ne peut se résoudre techniquement. Les ingénieurs financiers ne peuvent que la calmer temporairement mais pas guérir la maladie.

      La crise de l’euro ne peut se résoudre que sur le plan politique, comme le pense J. SAPIR dans son billet paru sur le blog aujourd’hui. Macarel, vous posez, me semble-t-il, les vraies questions, celles qui touchent à la volonté de vivre dans une « maison commune » avec une monnaie qui ne soit pas unique mais bien commune. L’euro n’est pas une monnaie commune, c’est la monnaie attachée à l’économie d’un seul pays, l’Allemagne. La structure économique des autres pays au sein de la zone euro, le déséquilibre fondamental de leur balance commerciale et la perte de confiance dans leur solvabilité ne permettent plus l’utilisation de cette monnaie-là.

      Force est de constater ces derniers jours que la volonté de vivre dans une maison commune n’existe pas aujourd’hui au sein des pays européens. C’est la politique du chacun selon ses intérêts. La spéculation a devant elle un champ libre. Les Allemands n’accepteront jamais de soutenir à bout de bras les autres pays. Ils devraient oser comme ils l’ont fait avec l’Allemagne de l’Est. Leur élite est fatiguée.

      Seule solution envisageable : vider l’euro de son existence, ce que les Allemands sont en train d’opérer jour après jour en laissant aux autres pays la charge d’en supporter toutes les conséquences. Cela ne peut plus durer car de plus en plus de gens souffrent dans leur vie de tous les jours des conséquences de la crise de l’euro et de la méfiance que cette monnaie suscite de plus en plus. La souffrance des gens, n’est-ce pas ce qui devrait préoccuper avant tout les représentants politiques, ce qui donne du sens à leur travail ?

  95. Je pense qu’un moratoire sur le payement des dettes serait plus facile a appliquer et pourrait donner du temps pour l’audit des dettes de manière a pouvoir séparer celles des petits porteurs de celles des rapaces, en toute transparence,les noms des créditeurs étant publiés, et si possible avec la participation des peuples européens concernés via référendums.
    Durant le moratoire,les bourses seraient fermées,ce qui permettrait de voir si elles sont utiles a l’économie.
    On pourrait aussi changer les accords européens et ajuster l’euro comme toutes les monnaies mondiales.

    1. ça c’est de la bonne idée démocratique…
      il le où le héros le Batman le Jaurès le Sauveur qui réaliserait ce plan là?

      pendant ce temps tous ceux qui fonctionnent au bit lumière sur leurs écran ils se tiennent tranquille de la souris?
      mais ils sont pas habitués …! ça va les rendre malade la mise au repos technique!
      et si c’est pas malade c’est fous furieux
      qui dit que les petits porteurs par leur masse pleine d’inertie d’une passivité redoutable ne sont pas des rapaces? en sus d’être des dindons( de la farce)

      1. le héros le Batman le Jaurès le Sauveur qui réaliserait ce plan là?

        C’est toi rahane, toi et tous ceux qui veulent changer le système qui nous mène dans le mur.

  96. Personne ne veut acter le fait que les actifs sans risques sont un mythe auto-entretenu par le besoin de ces produits mythiques croissant proportionnellement au rythme de leur anéantissement.
    Les dettes souveraines, dorénavant ex AAA, en sont une magnifique illustration puisqu’elles sont en bonne voie de totale annihilation après avoir été le coeur de cette mythologie alors qu’elles constituent par définition des actifs soumis de facto au risque de défaut puisqu’immanquablement un État préfère le défaut direct ou indirect dès que son coût, lié à l’expulsion du marché, est inférieur politiquement et/ou économiquement au coût du service de la dette (par exemple tous les états d’Am-Sud ont fait au moins une fois défaut directement depuis 1975, aucun pays occidental à l’exception récente de la Grèce depuis 1950, on a pris de mauvaises habitudes…). Et ce sans aucun recours juridique réel pour les créanciers contrairement aux procédures applicables aux débiteurs privés. Et ne parlons pas du risque de taux ou du risque monétaire…
    Donc retour à la réalité : les titres souverains dits sans risque sont aujourd’hui peanuts dans le stock de $ 45 mille milliards du marché. Plus d’huile dans le moteur financier.
    La raréfaction des actifs « sans risque » est encore plus patente sur les titres privés, il n’est que de voir leur stock aux USA, passés de 2007 à 2010 de 3 000 milliards à 750. Mais les mythologies se foutent des chiffres et les vendeurs continuent de vendre des produits financiers à K garanti à des acheteurs toujours plus avides de risque zéro…

    1. Bien, maintenant le gogo âgé voulant placer l’épargne
      de toute une vie dans un produit financier sûr le sait:
      la sécurité n’existe plus.
      On peut espérer de cette façon que les menus complices
      mécaniques du libéralisme financier deviendront plus rares.
      Et se rabattront sur une épargne à gain modéré,
      débarassée de tous les avantages fiscaux ou autre indûs.
      Reste les gestionnaires, la transition sera probablement un choc.
      Des nuits de froids cauchemars les attendent:
      Adieu aux avantages exorbitants.
      Ils se feront vite à cette idée formidable:
      la finance est ennuyeuse et ne réclame pas
      des qualités transcendantes. Là aussi, retour sur Terre.
      ( finance ennuyeuse: théorie du « 2,3,5 » : emprunter à long terme
      à 2%, prêter à court terme à 3%. Golf ou tennis à 5heure.)

      Reste aussi que cette épargne ne semble pas se diriger
      vers l’investissement. D’où les taux négatifs d’emprunts
      en faveur des Etats jugés sûrs.
      L’aversion au risque leur fait préférer une perte sûre:
      frilosité des Capitalistes en peau de lapin.
      C’est aussi un indicateur probant que cette masse énorme
      de capitaux à placer à toute force est inutile et illégitime:
      elle correspond trop bien aux déficits des Etats.

  97. L’argent est devenu une marchandise. Nous définissons les agrégats en fonction des propriétés. C’est une erreur de limiter son analyse et son angle d’approche de cette manière. La liquidité et la notion de risque sont seulement une indication. Peut-être qu’il existe un angle d’analyse différent mais il n’est pas suffisamment utilisé ou mal connu. Les caractéristiques sont une chose mais l’usage en est une autre. Ainsi, une définition des agrégats en fonction de l’usage (l’objectif) serait déjà une avancée. Ainsi, l’utilité de l’instrument monétaire peut-être approché de façon plus profitable à l’ensemble de la collectivité. L’objectif d’un discernement entre les produits monétaires qui sont nécessaires au financement de l’économie réelle permettrait sans doute d’orienter l’instrument plus efficacement. Pour anticiper l’avenir, la définition des agrégats doit abandonner la vision M0 à M3 mais proposer une vision plus précise. C’est trouver une solution à la substituabilité des capitaux. L’instrument monétaire est malheureusement extensible à l’infini. Donc la dérégulation permet les manipulations. C’est pourquoi un cadre institutionnel pratique doit prendre la notion d’usage en premier lieu. La fonctionnalité ne suffit pas systématiquement à améliorer l’usage. On pourrait empêcher des transferts entre agrégats parce que l’usage de chacun des agrégats prime sur le reste par exemple. C’est un agrégat pour une destination ! Des sacrifices vont être apparents alors commençons par définir les outils monétaires en fonction de leurs objectifs avec un cadre institutionnel spécifique. Empêcher la contamination entre les instruments monétaires et financiers relève du bon sens…
    La mobilité et la substituabilité des capitaux doivent être encadrées !

  98. SUPER MARIO versus P JORIOON…
    on voit lequel a les super pouvoirs… un sous-entendu foireux accompagné d’un clin d’œil complice et l’Euro est sauvé à 12H12!
    il est prêt à tout, il sort du même moule que King et Bernanke, il sort d’une séance de Batman: cet homme est un dangereux capitaliste forcené donc..

  99. Alors je viens d’avoir moi aussi une idée pour sauver l’Euro. Il m’étonnerai que des responsables politiques la trouvent en 341e commentaire de ce billet, mais j’y vais.

    Résumé de ce qu’on entend partout: les problèmes de dettes des états du sud de l’Europe viennent d’un manque de compétitivité. Avant ils auraient pu dévaluer, mais avec l’Euro ils ne le peuvent plus. La seule solution _serait_: la baisse des salaires jusqu’à récupérer la compétitivité perdue. C’est ce qui est tenté en ce moment, ce qui rassure les pays du nord, un peu comme dans la Cigale et la Fourmi dans laquelle la fautive est punie à la fin ( » – Vous chantiez ? j’en suis fort aise. Eh bien! dansez maintenant. »). Mais avec au moins deux problèmes non résolus: troubles sociaux (et dégats humains, mais c’est secondaire) et récession qui commence par augmenter encore la dette.

    Mon idée: rétablir des barrières douanières intra-européennes à l’import dans les pays du sud. Le produit de ces taxes servirait surtout à rembourser la dette et un peu à aider l’investissement productif (machines). Avantages: du point de vue des foumis, les cigales seraient toujours punies (prix en hausse, comme avec la dévaluation), mais du point de vue des cigales, elles resteraient libres de s’organiser (p. ex. choix d’acheter soit des médicaments/vivres soit des bagnoles allemandes/iphones). Et puis derrière ces barrières douanières les cigales auraient la possbilité de devenir un peu fourmi. C’est contre les traités Européens? Et alors? Pour sauver l’Euro il faudra de toute façon les violer, ces traités, alors…

    Qu’en pensent les rares lecteurs qui pourraient encore passer ici? Y aurait-il une impossibilité autre qu’idéologique?

      1. Moi, car la survie de l’euro ne sera durable que dans le cadre d’une eurozone budgétaire et fiscalement solidaire qui la placerait en position de pouvoir peser sur le processus à venir, qui apparaît inéluctable, de réforme du système monétaire international. Sinon, c’est le chacun chez soi à cuisiner sa popote libérale, comme le disait déjà un commentateur ( il me semble que c’était vous, d’ailleurs ).

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