LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO

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Dans mes billets ici, j’ai l’habitude de m’adresser à quiconque peut me lire, une fois n’est pas coutume, j’aimerais m’adresser plus particulièrement à mes confrères ingénieurs financiers, sur le mode d’ailleurs, une fois n’est pas coutume non plus, de la provocation grossière mais, espérons-le, néanmoins efficace.

Voilà : une zone monétaire doit pouvoir faire défaut dans son ensemble et restructurer sa dette (à savoir, dire : « Je peux seulement vous rembourser X centimes par euro emprunté ») et doit pouvoir réévaluer sa devise, la dévaluer en particulier.

La zone euro s’est privée de ces deux médecines. Pas étonnant alors qu’elle soit aujourd’hui moribonde.

Solution : la nuit de dimanche prochain (avant l’ouverture de Tokyo), toute la dette des 17 nations de la zone euro est rebaptisée Eurodette (OATs, Bunds, etc.) et la minute suivante, la zone euro fait défaut dans son ensemble.

Lundi matin l’Eurodette est restructurée (d’un seul bloc) et la parité euro / autres devises ira se placer où elle le peut.

Les 17 pays de la zone euro se retrouvent non seulement avec la monnaie commune (qu’ils avaient déjà) mais avec une dette commune ayant subi la décote correspondant à la restructuration. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. Elle est sauvée.

P.S. : commentateurs éventuels prônant qu’il ne faut PAS sauver l’euro, soyez gentils d’aller mettre vos commentaires ailleurs, ce n’est ni du « pour » ni du « contre » que je parle ici.

Re-P.S. : Tim Gupwell ou moi-même pourrons traduire ceci en anglais mais si l’un ou l’une d’entre vous pouvaient traduire mon billet en allemand, je lui en serais très reconnaissant.

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349 réflexions sur « LE SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO »

  1. les dernières news à 1H du mat
    les agences retirent leur note de confiance à l’europe
    après l’allemagne le lux et un troisième

    bref une sorte de grosse menace d’être dégradé de chez dégradé
    pendant ce temps…
    la France vient de tirer un trait sur la dette de la cote d’ivoire à notre égard… (quelques milliards en euro ou fcfa? enfin pas mal de milliards)
    Ouatara et la france ont signé un accord bilatéral
    donc quand on veut on peut
    bon c’est vrai qu’il doit bien avoir un petit échange quelque part en arrière plan
    allez au hasard? du pétrole?

    facile comme chou on annule la dette point barre mais vous nous vendez votre truc bien réel

    revenons à nos moutons
    donc l’europe se raye toute seule sa dette conjointement tous ensemble et tire la langue aux agences de notation, nananère
    façon einstein
    et du pétrole après les idées on en aura encore?
    on pourra vendre ou acheter encore ou on se débrouille comme des grands?
    tout le monde boude?

  2. « La zone euro aura opéré sa métamorphose »

    Aucun commentateur ne mentionne le bancor, mais comme le signale Daniel : « les déséquilibres des pays du Sud, dont la Grèce est l’exemple type, demeureront en l’état ».

    Une métamorphose vers un embryon de bancor à l’échelle de l’UE (et non seulement de la zone Euro) est-elle envisageable ? Comment organiser la transition vers un bancor ?

  3. la France vient de tirer un trait sur la dette de la cote d’ivoire à notre égard… (quelques milliards en euro ou fcfa? enfin pas mal de milliards)
    Ouatara et la france ont signé un accord bilatéral
    donc quand on veut on peut
    bon c’est vrai qu’il doit bien avoir un petit échange quelque part en arrière plan
    allez au hasard? du pétrole?

    Si je comprends bien, nos zélites zelées, effacent la dette de la Côte d’Ivoire donc pssschit de l’argent des citoyens français, pour donner l’occasion à une compagnie privée ( qui ne paye pas d’impôts comme elle le devrait en France ) d’engranger encore plus de bénéfices…
    Effectivement tout est relatif….dans ce monde capitalisme.

    1. Il semblerait que ce genre de dette cache un truc plus compliqué .( à confirmer ou infirmer)
      Pour 1 milliard « prété  » ou donné , l’heureux zélu se doit d’acheter x fois 1milliard de produits divers (lait nestlé) ou avariés (armes) ..au donateur ….
      Qui parmi les intervenants connait ce coef « x » ? …2, 3 ou 4 ?
      Les zuniens sont plus preteurs , mais leur coef serait plus fort .

      Là ou ça se complique c’est qd le ‘contre-don » n’est plus fabriqué ds notre beau pays …

    2. ben oui c’est ça même et pas un citoyen pour moufter sous le soleil bronzant
      et en plus le prix à la pompe remonte

      la TOTALe dans l’indolence la plus molle

  4. Ne voyez-vous donc pas , dans la proposition de Paul Jorion ( de formation logique supérieure à la moyenne et d’expérience financière respectable ) la démonstration par l’absurde ( peut-être inconsciente , comme certains lapsi révélateurs ) que l’euro , dans le contexte politique actuel , est une ineptie de technocrates destinée à engraisser leur caste d’irresponsables prédateurs des travailleurs ?

  5. Après réflexion si une idée est rejetée par 99,9 des gens, c’est peut-être que cette idée n’est pas si mauvaise.

    Mais voilà j’ai plus trop envie de sauver l’euro, l’europe, le monde, les bureaucrates, les technocrates, les lobbies, les marchands, de faire tourner la meule, ça fait déjà trop mal comme ça.

    Ce n’est pas seulement officiellement l’euro qui part en couilles, c’est bien autre chose officieusement dans le même temps.

    Je comprends bien les divers arguments de chacun, mais vouloir plus longtemps proposer des choses surtout dans un tel monde c’est comme vouloir se faire plus de mal.

    On peut bien sur de temps en temps essayer de proposer des choses, afin de leur montrer qu’on est pas trop dur de la feuille mais faut pas trop s’en formaliser non plus.

    Vous aurez beau proposer des choses, hélas quand le monde contemporain préfère principalement courir tout le temps au présent après toutes ces choses, alors que voulez-vous y faire ?

    Venez plutôt m’abattre, avant que le monde en finisse dans le cannibalisme financier et la brutalité des gens de la haute, toute ma vie j’aurai essayé de moins faire paniquer mon temps.

    C’est comme l’autre jour, j’avais vu un film avec Clint Eastwood ( les proies ) et bien à la fin du film l’amputation d’une jambe n’a pas plus éviter à l’homme de mieux finir empoisonner par les plus …

    L’allemagne pourra peut-être éviter de boire la tasse sur le moment, mais à mon avis elle boira tout autant la tasse un jour, d’abord les grecs, puis les espagnols, les italiens et d’autres peuples graduellement sur la terre.

    Comme si la seule priorité du monde ne consistait qu’à courir tout le temps après les premières choses périssables, celles partout du matériel, de l’intérêt général et toutes ces choses qui font grandement rêver le monde.

    « Les gens ne respectent plus rien dès qu’il s’agit de gagner plus de fric et de confort ! » Roland Topor

    Pour ça que je désespère Julien, Paul ou Marguerite, mais faut pas qu’à derrière tout ceci et cela, il faut bien parfois que les gens de la haute se mettent un petit peu à palir sur place, à faire graduellement dans le pantalon.

    Comment le monde pourrait-il changer si nous en finissons tous par fonctionner ainsi dans les sociétés, sur un blog, il y a bien trop de variables à mon avis, c’est juste que je me fais plus trop d’illusions.

    Parlez-moi plutôt de vos poules un peu moins pondeuses au carré pour les premiers technocrates de Bruxelles. Parlez moi plutôt des différentes espèces de cigales, de sauterelles.

    Ca y est il recommence avec ses conneries, il va encore nous gâcher la semaine, si nous te comprenons bien jj, il faudrait tout de suite se mettre à prier le saint capital fourchu en tête.

    Ben oui laissez-les faire jusqu’au bout, car entre-nous je me demande bien qu’est-ce qui pourrait arrêter les premiers hommes d’affaires cyniques de ce monde avec ou sans l’euro d’ailleurs.

    Ce n’est pas vraiment le principe d’entraide qui a grandement mis le monde dans la mouise, mais bien les premiers principes dirigistes de l’avarice, de la cupidité, de l’intérêt vénal sur toute la terre.

    Trop de technique tue le monde, trop de bureaucratie tue l’esprit d’entraide, trop de marchands tue l’économie mondiale, en commençant peut-être par les petites gens dans l’écoeurement.

  6. Tous ces commentaires du type « Vous n’y pensez pas! Vous n’imaginez pas les conséquences! » !

    Le problème, c’est qu’il faudrait imaginer avec la même lucidité les conséquences de l’inaction, ou du rafistolage du statu quo, et que l’esprit humain est ainsi fait que c’est généralement moins spontané dans ce sens là…

    1. @ Marc Peltier

      Je vous hèle en vous voyant déambuler sur le (initialement sentier et dorénavant) boulevard des commentaires! 🙂

      J’ai relu vos interventions lors des trois billets consécutifs de MQ (Laget et Ruyant (?)).
      En tant que matheux je ne peux que vous conseiller de regarder (dans Wiki pour commencer) ce qu’il y a dans la théorie des catégories (c’est bourré de flèches, symbolisant les relations entre objets) et la théorie des topos (idem). ça permet de plus facilement rentrer dans l’article de Petitot « La neige est blanche ssi…Prédication et perception ».
      Thom (et aussi Jorion) mettent en garde contre ces théories:
      « Le mot catégorie au sens de l’algèbre moderne n’a rien à voir avec les catégories de la philosophie (Kant et Aristote). […] Derrière un appareil formel extérieurement assez terrifiant, il s’agit au fond d’une notion très simple: à savoir l’ensemble des chemins que l’on peut définir dans un graphe orienté (en acceptant les chemins ponctuels qui ne sortent pas d’un sommet). Je n’inciterai pas mes lecteurs à étudier cette théorie, qui a depuis connu un développement considérable; il suffira qu’ils en connaissent la définition et l’interprétation géométrique en terme de graphes orientés, ou particulièrement ceux issus par discrétisation d’un phénomène continu sous-jacent. »

      Toujours en tant que matheux je vous suggère de regarder la dualité en mathématiques car c’est un outil puissant « qui renverse la perspective ». Or c’est, je crois, ce que vous cherchez justement à faire, renverser la perspective en considérant les relations ontologiquement premières (et les objets seconds). Mais, ne serait-ce que pour pouvoir communiquer avec les primates, je pense qu’il vous faudra pouvoir revenir à l’espace primal.
      Il y a en théorie des graphes (cf. Wiki) une notion de graphe dual. Je pense à une autre, à celle où on inverse objet et relation (un sommet/objet du graphe devient une arête/relation et réciproquement (il est nécessaire que de chaque sommet parte au moins deux arêtes ou bien, comme dit Thom, accepter les arêtes ponctuelles, cad considérer des « trucs » qui sont à la fois objet et relation!).

      La dualité renvoie ama à Aristote et le moyen terme: dans le cas des extrêmes objet et relation, le moyen terme est peut-être justement ce « truc », l’objet/relation (dans le cas où les extrêmes sont « apparaître » et « disparaître », le moyen terme naturel me semble être « être », mais Hegel préfère
      Aufhaben -de mémoire, et je ne connais pas l’allemand!- qui fait du trois en un).

      En méca classique on décompose le mouvement en mouvement du centre d’inertie puis mouvement autour de ce centre d’inertie: c’est ainsi qu’on le comprend mieux. Je pense que le moyen terme pourrait servir à ça: le bon point de vue (le centre organisateur) pour comprendre ce qui se passe.

      Quid de la MQ avec pour extrêmes onde et particule?

      Cordialement, BR.

      1. @ Marc Peltier (suite)

        L’intervention de Kercoz me fait me souvenir que pour Goffman(?) la sociologie ne doit pas être l’étude des individus et de leurs relations mais des individus et des relations (de mémoire, Kercoz rectifiera).

      2. Tiens, bonjour BasicRabbit! Vous déambuliez donc, vous aussi, sur ce boulevard!

        Merci de porter intérêt à mes commentaires précédents. Ca m’arrive aussi, j’avais par exemple relu les votres, pas plus tard qu’hier. J’en ai tiré la conviction que vous avez parfaitement compris où je voulais en venir, et que, de par votre formation et votre carrière, vous étiez sans doute bien mieux placé que moi pour expliciter ce qui pourrait être intéressant là-dedans.

        Voyez vous, il est délicat de formuler certaines choses en tant qu’amateur. Je pourrais vous faire part d’une théorie sur les formes planctoniques, parce que je regarde dans des microscopes depuis cinquante ans, pour mon plaisir d’amateur, et que je pourrais probablement argumenter efficacement, en tant qu’amateur, contre tout spécialiste de ce domaine, qui n’importe d’ailleurs à personne ou presque.

        Mais s’il s’agit d’évoquer un paradigme alternatif pour la physique, il est normal et sain d’être excessivement timide! Quentin Ruyant commentait ainsi un article de mon ami Bernard Laget :
         » Il ne me viendrait pas à l’idée d’interdire à qui que ce soit de parler de science « par principe », ou parce qu’il n’a pas montré ses diplômes. Vive les autodidactes. Mais il se trouve que les sujets scientifiques comme celui-ci sont souvent très techniques et délicats. Il se trouve aussi qu’en ce moment même des millions de personnes de sensibilités très variées réfléchissent profondément à ces sujets, tout en en ayant une excellente maitrise technique, et sans forcément manquer d’ouverture d’esprit ni d’idées farfelues, qu’ils en discutent entre eux, qu’ils publient des papiers ensuite discutés, etc, etc… Et donc il est (malheureusement, mais c’est un fait) très présomptueux de penser qu’on puisse apporter quoi que ce soit de nouveau sur ces sujets en en ayant une maitrise imparfaite, comme, je pense, c’est le cas ici. Pour le dire autrement : si votre idée n’est pas « mainstream » aujourd’hui, il y a très certainement de bonnes raisons à ça. »

        Si vous m’aviez identifié comme « monsieur tout est relation », c’est que je me suis laissé aller à exprimer mon orientation d’esprit, en quelque sorte à voter, sur ce blog, pour une science des relations, car j’ai juste assez de culture en physique pour voir que ce chemin-là est certainement fécond. Mais je suis très conscient que de multiples courants de la physique théorique y travaillent en ce moment même, et que l’amateur que je suis ne peut rien y apporter de vraiment original.

        La seule chose qui me donne la présomption d’écrire encore là-dessus, c’est le constat que les théoriciens semble privilégier une approche « bottom-up », en cherchant à donner un sens informationnel aux relations physiques les plus élémentaires. Or, j’ai l’impression que l’énoncé « Top – down » d’un principe de relativité informationnelle, qui prendrait acte, en termes physiques, du fait que « malin » ou « idiot », « pénétrant » ou « borné », etc…, sont des adjectifs relatifs, tout comme « rapide / lent », ou « grand / petit », pourrait suffire à générer un paradigme informationnel pour la physique. L’idée serait de renouveler les termes de la distinction sujet / objet, ou observateur / observé, en introduisant cette relativité informationnelle. En tant que logicien, comment appelleriez-vous l’opération consistant à scinder une relation ontologiquement première, en un sujet, et un objet?

        Je vous remercie de vos indications de théories à mettre en relation (!) avec mes préoccupations. Je vais commencer par lire plus sérieusement Thom, car votre prosélytisme a fait mouche. Par ailleurs, j’avais perçu l’intérêt de la théorie des graphes, et j’ai eu l’occasion de programmer en lisp des analyses de graphes, pour modéliser des réseaux d’égouts dans un système AutoCAD. (les hasards de la vie, comme Paul Jorion)… Qui sait par quel chemin obscur se forment nos idées?

      3. les théoriciens semble[nt] privilégier une approche « bottom-up »,
        J’ai l’impression que l’énoncé « Top – down[…] »

        Demandes d’éclaircissement.

        Je crois me souvenir que « top » signifie sommet et « down » , bas.
        Dans ce cas vos phrases deviendraient
        les théoriciens semble[nt] privilégier une approche du bas vers le haut,
        J’ai l’impression que l’énoncé du haut vers le bas […]

        Auriez-vous l’amabilité me dire si le sens de ces 2 phrases ainsi modifiées
        respectent le sens que vous vouliez leur donner ?

        Bien entendu, la transcription ne serait vraie que si « bottom » et « up » appartiennent bien au Latin moderne. Je n’en suis pas sûr. Pensez seulement au « no », multilangue en apparence, mais
        ressortissant préférentiellement de l’espagnol… par respect à Don quichotte.

        Si oui, – les 2 phrases entièrement en français respectent bien le sens que vous vouliez leur donner-, pourquoi employer un entrelardage français-latin de cuisine ?
        Enfumage? Préciosité?

      4. @ Marc Peltier

        « En tant que logicien, comment appelleriez-vous l’opération consistant à scinder une relation ontologiquement première, en un sujet, et un objet? »

        J’ai été effectivement dans ma jeunesse un logicien publiquement subventionné. Mais je crois (en fait je suis quasi sûr) que ça n’est d’aucune utilité pour le problème que vous posez.

        A la suite de Thom (et de PJ) je suis convaincu qu’il y a un immense fossé entre le « bon sens » et cette logique mathématisée, artificielle, qui a pris naissance avec Boole et s’est prolongée avec Tarski et Gödel (logique « élémentaire » qu’il ne faut ama pas jeter pour autant). Au point où j’en suis je pense qu’il n’est pas possible se scinder une relation en sujet et objet; je pense que c’est du trois en un… sinon ce n’est rien. Au pif je sens ça comme le noeud borroméen de Lacan, comme la sainte trinité du catholicisme, comme le « aufheben » de Hegel, des « trucs » comme ça: si on essaye de scinder tout se casse la figure (Lacan a, je crois, choisi le noeud borroméen pour cette raison).
        Je crois que ce qui rend le mieux ce triplet sujet/relation/objet c’est la catastrophe de fronce de Thom car elle a l’avantage de mettre en image le problème et surtout d’en donner un modèle dynamique qui « rend » bien l’idée dynamique sous-jacente à la notion de relation.

        Bien que je n’aie aucunement la fibre physicienne je pense qu’il n’est pas possible de scinder (cad de penser séparément) onde et corpuscule; ce sont deux aspects d’une même « réalité », ama indissolublement liés (peut-être par une relation) comme il n’est pas possible de scinder sujet et objet, car indissolublement liés par un verbe.

        En tant que matheux je vois le « verbe » qui relie onde et corpuscule comme étant la transformation de Fourier. Le moyen terme entre onde et corpuscule, le centre organisateur, le « truc » à la fois onde et corpuscule, est alors à chercher parmi les fonctions qui sont égales à leur transformée de Fourier. Il y a la fonction en cloche de Gauss, ama sans intéret (bien que -et parce que- mise à toutes les sauces?). Il y en a d’autres… peut-être plus intéressantes.

        A vous lire.
        Cordialement, BR.

      5. @Basic :
        Poser les interactions comme objets d’étude et l’ individu comme second et dépendant des interactions ( introduction de Goffman) , me semble la démarche nécessaire pour éviter une subjectivité de xeme ordre . vous abordez le sujet ici :
        //// Or c’est, je crois, ce que vous cherchez justement à faire, renverser la perspective en considérant les relations ontologiquement premières (et les objets seconds). ////
        En sociologie, cette approche permet de mettre en lumiere des constantes comportementales chez certaines espèces et des constantes comportementales entre differentes especes …..
        De plus l’examen des comportements comparés des variations comportementales entre especes solitaires et especes sociales sont des informations déterminentes ( nottament sur le sujet de l’agressivité) .
        Le fait que chez ttes les especes sociales , le comportement DANS le groupe (interactions) est l’ objet d’une rigidité quasi immuable ( au regard de la souplesse des comportements hors du groupe) , devrait nous interroger sur notre choix somme toute récent , de bousculer les structures du groupe et cette rigidité.

      6. @ Marc Peltier et Basic Rabbit
        Dans la vidéo proposée plus haut par rahane (femme de Rahan ?) :
        http://www.youtube.com/watch?v=yVkdfJ9PkRQ&feature=player_embedded

        on est frappé par la multiplicité des figures engendrées par le mouvement simple du pendule.
        Ainsi, un observateur qui aurait un regard « analytique » pourrait saucissonner le mouvement et être très content de l’ équation qui le décrit complètement (vitesse angulaire , pulsation, phase, amortissement..) dans la tranche.
        Mais la ou cela se corse, c est lors de l intégration de toutes les tranches.
        La loi d intégration ne prend pas en compte l essentiel : le phénomène en tant que perception de l observateur.
        L’ intégration se fait sans tenir compte de ce « percevant » indissociable du phénomène que l on veut étudier .
        Ce percevant aura une certaine rémanence de l image formée sur sa rétine et une certaine résolution permettant de détecter les infimes variations angulaires.
        Une très forte résolution dans l’ appareil visuel de l’ observateur aurait peut-être permis de détecter une aussi grande variété des courbes , mais dans une vision perpendiculaire du phénomène (celle du saucissoneur), sans passer par la vision axiale qui est celle de la video et qui permet de le voir avec une résolution moindre dans notre appareil visuel d observateur lambda.
        « Une autre résolution de notre appareil visuel », c est une façon de dire: un autre observateur.
        Un phénomène inexistant pour l’ un (variété des courbes observees) devient existant pour l’ autre.
        Un percevant qui serait solidaire d’ un des pendules et dans un vision axiale (celle de la video) ne verrait pas le même phénomène , non pas parce qu’ il y a eu un changement de repere, mais parce que ce n’ est pas le même phénomène qui se produit.

        Ce qu’ il faut modéliser c’ est cette relation là : qu’ est ce que « voir un pendule osciller  »
        Et non pas celle là qui ne fait pas intervenir l’ observateur réel et donc corrompt le phénomène dans sa réalité de phénomène perceptif :  » qu’ est ce que l oscillation d un pendule »

        Donc avant de saucissonner un phénomène, il faut avoir à l esprit ce qu’ on va saucissonner , il faut déjà avoir à l esprit la synthèse de ce qui va ensuite être analysé.
        Il est vain d’ aller plus loin dans le saucissonnage, car en faisant l’ économie de l observateur réel et donc du phénomène réel , on tirera des conclusions sur autre chose que ce qu’ on observe ( on tire des conclusions sur des chimères et on les attribue ensuite au réel en prétendant que cela ne change qu’ un petit Delta soit-disant « négligeable » où , en realité est concentré l’ incommensurable-au-seul-nombre, le réel donc , c est ce qui nous arrive avec la modélisation de la valeur et la crise de civilisation actuelle)

        PS: pour Marc Peltier , j espère que vous n accordez aucun crédit au commentaire de Ruyant, sinon vous ne seriez pas en train de parler de physique sur un blog d anthropologue, il y a quand même des salons plus adaptés pour approfondir « ensemble-parcequ’ on le vaut bien » , le même cul de sac conceptuel.
        Dans ces salons ils n auraient pas accepté ma contribution, ni celle du poète et scientifique Goethe :
        http://asterion.revues.org/413#tocfrom1n4

        Enfin, la modélisation des relations entre des individus est un P-graphe pour Paul où les concepts sont représentés par les points et les « liens » sont les individus.
        Ceci est contre intuitif par rapport à une représentation où les individus seraient les points du graphe et les liens seraient les concepts .
        La transformation mathematique faisant passer le graphe de la  » conception intuitive », à la conception de Paul (« centrée partout » sur le concept) equivaut a la Dualité en geometrie projective.
        Le graphe est appelé Pgraphe.
        http://cogprints.org/480/
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Dualité_(géométrie_projective)

      7. @ kercoz
        Merci. Je crois que je commence à capter ce message que vous ressassez inlassablement sur ce blog. C’est pour moi cohérent avec la vision de PJ sur la formation des prix: la véritable loi n’est pas celle de l’offre et de la demande mais celle selon laquelle chacun essaye de préserver son statut social (réel dans une « vraie » société, fantasmé dans le merdier actuel).
        Reste la question de l’agressivité. Je ne vous suis toujours pas dans cette voie. Je pense (comme vous?) que prédateurs, proies, partenaires sexuels sont au centre de l’organisation sociale et sources de conflits qui peuvent être violents. N’y a-t-il pas moyen, grâce à l’éducation, de s’organiser pour minimiser leur impact? « La colombe assassinée » de Laborit me pousse à l’optimisme à ce sujet. De même que la position lamarckienne de Thom qui donne à l’acquis (par rapport à l’inné) un beaucoup plus grand que rôle que ne le permet la position néo-darwinienne.

      8. @ Marc Peltier
        Je viens de relire votre commentaire du 25/07 20:50. Que cherchez-vous ? Est-ce seulement la MQ qui vous titille?

        Thom a classifié les grands modes d’explication du réel selon que le moyen d’étude est local ou global et le sujet d’étude est lui aussi local ou global.

        La physique fondamentale est du ressort du global/global. La biologie moléculaire est du ressort du local/local. Votre passion pour l’observation est du ressort du local/global (étude du monde à la petite cuiller). Le global/local est le mode d’explication choisi par Thom.

        Dans quelle cour avez-vous envie de jouer?

        Cordialement, BR.

      9. @ Tigue
        Dans ce genre de phénomène tout dépend effectivement, je crois, de la place de l’observateur (ce qui pose l’intéressante question de savoir ce qu’est un phénomène).
        « Mettez-vous dans un ascenseur en chute libre », disait Einstein.

        Je suis très intéressé par la fin de votre commentaire (que j’ai déjà vu sous votre plume). PJ utilise les P-graphes (P pour Parenté?) ET les treillis galoisiens pour modéliser les interactions entre entités (individus, mots, …). Quel est pour vous leur rôle respectif (je n’ai pas d’idée bien précise, le P-graphe lié à l’ordre? le treillis galoisien lié à l’équivalence?). Pourquoi ces graphes et treillis? Il y en a une tripotée d’autres sur le marché.
        En tant que matheux je ne vois pas ce que la dualité en géométrie projective vient faire là-dedans. Il y a dualité entre points et droites. Ok. Et après? Le plan projectif est l’un des dadas de Lacan. Est-ce par là que vous voulez aller?

      10. @ Basic Rabbit

        Tout ceci est très intuitif et je ne veux rien asséner !

        Le point est un lieu particulier.
        Il est à la fois :  » ce qui n a pas de parties  » selon les elements Euclide. Il est donc Un.
        Et il est aussi un ensemble : le lieu de croisement de toutes les droites qui passent par ce point. Il est donc multiple, s’ il est à la fois élément et ensemble.
        Il faut avoir cette dualité à l esprit en permanence , elle est irréductible.
        Que l on centre le modèle représentant les relations sur le point-individu ou le point-concept, il faut prendre en compte dès la conception du modèle l’ existence irréductible de la dualité qui transforme le point en ensemble, lieu de manifestation etoilée de quelque règle .
        Ceci interdit probablement certains saucissonages infinitésimaux, ou en modifie la portée quand il faut confronter le résultat au réel.

      11. @ Tigue
        « Il faut avoir cette dualité à l esprit en permanence , elle est irréductible »

        Ama pas « cette dualité ». Mais la dualité en général je suis d’accord. Je crois que des gens comme Hegel (restreint à Wiki pour moi!) ne fonctionnent quasiment que comme ça.
        Voyez-vous une dualité entre les P-graphes et les treillis galoisiens?

      12. @BasicRabbit

        Scinder les relations en sujet et objet : illégitime, nous sommes d’accord. C’est le mystère de la sainte trinité! 😉 Il n’empèche que le sujet et l’objet sont des concepts bien formés depuis longtemps. Vous proposez d’utiliser la catastrophe de fronce. Je vais tâcher de me faire une idée plus précise en lisant Thom.

        Sur les approches local/global, si vous me demandez de choisir, je prends la matrice toute entière, avec toutes les permutations.

      13. @ Marc Peltier

         » le sujet et l’objet sont des concepts bien formés depuis longtemps. »
        Je vous réponds en « de base » car je ne suis pas linguiste. Pour moi ils ne sont sujet et objet que relativement au verbe qui les relie (ils s’échangent aisément -formes active et passive).

        « Sur les approches local/global, si vous me demandez de choisir, je prends la matrice toute entière, avec toutes les permutations. »

        Assoiffé à ce point? 🙂

      14. @ Basic Rabbit

        Désolé je n’ ai pas les compétences pour répondre à votre question, j arrive malheureusement aux limites de ce que je peux comprendre.
        Bonnes vacances pour ceux qui peuvent en avoir, et bonne chance à tous

    2. @Marc Peltier :
      J’ ai rien relu du tout mais :
      ///// Le problème, c’est qu’il faudrait imaginer avec la même lucidité les conséquences de l’inaction, ou du rafistolage du statu quo, ////
      Ne me semble pas suffisant car ce serait faire un bilan « moyen » …qui pourrait cacher des disparités sur les gagnants ou perdants de chacun des modèles .

  7. @PJ
    Votre solution est la bonne car elle permet en un seul coup coordonné de faire ce qui autrement sera nécessaire et inéluctable au coup par coup sur une période de quelques mois à plusieurs années selon les réactions des créanciers et surtout des spéculateurs.

    Elle a aussi le mérite de mettre tout le monde de l’Euro dans le même panier (de monnaies) ce qui constituerait un pas sérieux vers un fédéralisme européen plus important et mieux reconnu des peuples, offrant une véritable relance, pas seulement économique, de l’Europe. Il faut bien comprendre que dans un processus de désagrégation lente, les pays plus forts verraient progressivement leur cote baisser, leurs surplus d’exportation se tarir et leur crédibilité s’éroder comme le montre la réaction de Moody’s touchant la RFA.

    L’autre mérite est celui d’éviter que quiconque perde la face, en tout cas pas plus que les autres, ce qui là aussi induit une meilleure reconnaissance des peuples.

  8. Je ne suis pas ingénieur financier, même pas « expert ».
    C’est sûrrement pour cela que je ne vois pas trop la différence entre « eurodette » et l’euro.
    Pourquoi l’eurodette du lundi aurait-elle une parité différente de celle de l’euro du vendredi ?
    Et si oui laquelle ?

    1. L’euro est une devise, c’est une monnaie, l’eurodette, c’est un ensemble de reconnaissances de dette. Si vous me dites, « c’est la même chose », je vous réponds, « non c’est exactement le contraire » et je vous renvoie à L’argent, mode d’emploi (2009) au cas où cela ne vous semblerait pas évident.

  9. Petite question vraiment innocente (sans ironie donc) … Qui détient la dette souveraine des 17 pays qui organiseraient ainsi leur défaut raisonné ? Qui d’autre, en fait, que les européens eux-mêmes, très majoritairement ?
    Cette solution ne reviendrait-elle pas, de fait, à se tirer une balle dans le pied ?
    Pour le reste, je rejoins Daniel et quelques autres dans cette discussion pour considérer que seul un ensemble de mesures coordonnées (représentant une somme de sauts qualitatifs conjugués parfaitement improbable) serait de nature à redresser la barre.
    Or, le courage n’étant pas exactement la vertu la mieux partagée de nos technopolitiques, je crains fort que nous ne puissions que regarder notre économie décrocher !
    Comme certains le soulignent ici très souvent, il ne fait guère de doute que la solution ne soit pas technique, mais bien politique (au sens large). Elle n’adviendra donc que lorsqu’une grosse majorité, pour l’heure abreuvée d’idées reçues, cessera d’avoir peur de perdre pour enfin oser repenser son futur et gagner notre avenir collectif.

    1. J’ai écrit « technopolitiques », mais technolitiques me semble un bien meilleur néologisme avec son petit coté ère révolue !

  10. L’euro je sais pas mais pour le dollar, on peut pas se tromper, c’est marqué dessus.

    « This note is legal tender for all debts, public and private »

  11. J’ai du mal à saisir une faisabilité éventuelle de la solution proposée.
    On doit prendre en considération le fait que la zone euro ne forment pas un état fédéral. Il s’agit plutôt d’une association monétaire de quelques pays. Une telle association n’a pas le même poids ni la même possibilité de manoeuvre qu’un état fédéral. Il ne faut pas sousestimer le rôle de la politique. En clair: le tout risque de pas être pris au sérieux.

  12. Je trouve votre proposition excellente mais elle ne résoudrait pas durablement à elle seule le problème de la crise de l’Euro, même si elle était acceptée.
    L’Euro est enlisé dans sa situation de monnaie surévaluée par rapport aux monnaies des BRICS (et d’autres) et, simultanément, dans l’inconsistance et l’impuissance de son support politique. Il est présentement impliqué en première ligne dans une crise mondiale résultant de l’abus tous azimuts du crédit dans l’économie dite réelle, celle de la chaîne de production/consommation des richesses consommées. A cause et grâce à cette débauche rémunératrice de crédits, la prolifération des liquidités a embarqué l’économie financière dans un tourbillon d’activités spéculatives et l’a désaccordée de l’économie réelle, en désorientant et obérant celle-ci.
    Etouffés, les pays de l’Euroland ont besoin de respirer et un défaut partiel, avec restructuration de la dette, est indispensable. Ils ont besoin aussi d’une dévaluation compétitive, mais il faut que celle-ci soit contrôlée et progressive. Tout cela n’est pas facile à gérer, le seul moyen d’y arriver sans un effondrement auto-accéléré et catastrophique est de le faire en un bloc cohérent et puissant, donc dans le cadre de l’Euroland. Si l’union éclatait, chaque pays partirait en chute libre, plus ou moins bas mais sans parachute, et probablement chacun se retrouveraient bien en dessous du supportable.

    Mais si l’Euro peut être ainsi sauvegardé, et c’est la moins mauvaise solution, il resterait deux problèmes majeurs à traiter. Il faudrait le faire simultanément. S’ils sont négligés, la crise mondiale continuera et toute la manœuvre n’aura servi à rien ou à pas grand-chose.
    Il faut une réforme des instances de l’Euroland pour lui donner une cohérence politico-économique en rapport avec son poids économique.
    Il faut une réforme très profonde de l’industrie financière pour arrêter le recours systémique au crédit et pour réguler la spéculation, à défaut de pouvoir l’expurger. Je n’imagine pas que ce puisse être fait sans revoir la théorie monétaire mais je manque peut-être d’imagination car je ne suis pas ingénieur économiste.

    Quant à savoir qui paierait les pots cassés d’un défaut partiel, comme d’ailleurs d’une dévaluation, ce ne serait qu’un sous-ensemble des victimes d’une faillite complète.
    La restructuration d’une dette est un exercice pour experts, payés à sauvegarder les intérêts des puissants. Il faudra veiller, le cas échéant, à ce que toutes les cartes soient sur la table et les blogs auraient un rôle à jouer à cet égard. Merci d’avance Monsieur Jorion.

  13. C’est intéressant, mais pourquoi l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Slovénie, Chypre, la Slovaquie, l’Estonie … et éventuellement même l’Italie auraient-ils envie de faire défaut, au risque de ne jamais plus trouver de créancier alors qu’ils n’ont pas mal géré leur budget ?
    Et cette idée qu’on efface tout et qu’ensuite on recommence, est-elle vraiment bonne ?
    Evidemment techniquement c’est facile de faire défaut… ce qui est difficile c’est de bien gérer son budget. Ca chacun d’entre nous le sait bien, car les individus, eux, n’ont pas le loisir de faire autrement.
    Seuls les états l’ont oublié.

    1. « Le paiement de réparations représentait une lourde charge pour la République de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle se révèla vite incapable d’y faire face. Les alliés demandèrent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l’Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.
      Sous la direction américaine, le plan Dawes sera alors élaboré. Il facilitera les conditions de remboursement pour l’Allemagne. Toutefois, la charge apparaîtra encore trop lourde ce qui conduira à l’élaboration d’un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes seront diminuées et rééchelonnées de manière considérable.
      Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s’échelonner jusqu’à 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931, Conférence de Lausanne en 1932).
      L’Allemagne a traîné sa dette jusqu’au 3 octobre 2010, date à laquelle elle la solde définitivement, près d’un siècle après le début du conflit »
      (wikipedia: Traitté de Versailles, les réparations)

      Donc dans un passé pas si éloigné (même si tous le monde préfère l’oublier) la Belgique et la France ont été jusqu’à envahir militairement l’Allemagne qui malgré de nombreuses « restructurations » de sa dette (et malgré des prêts accordés par Etats-Unis) ne pouvait et/ou ne voulait pas payer. Ça n’a pas empêché par la suite les Allemands de trouver des créanciers!

      Cette fois-ci c’est une guerre économique que les Grecs, les Espagnols, etc, ont perdu. C’est la même question qui se pose: soit ils ne veulent pas se serrer suffisamment la ceinture, soit ça ne suffit pas pour arriver à payer.

  14. Sauver l’euro certes, mais pour quoi faire ?

    L’euro n’est pas le problème, l’euro est le révélateur des égoïsmes nationaux c’est tout, ou tout simplement d’intérêts divergents.

    On est bien d’accord: sur le papier, techniquement sauver l’euro semble à portée de la main.

    Mais sans volonté commune, sans un projet commun, il est quasi certain que les problèmes ressurgiront ailleurs et, plus tard.

    Le problème européen est fondamentalement politique: 17 pays avec des cultures différentes, des langues différentes, des traditions différentes, souvent des intérêts différents, et en commun des siècles de conflits meurtriers, veulent-ils oui ou non franchir le pas qui les amènerait à vivre – encore plus étroitement – dans une maison commune ?
    Je ne dis pas à former une nation commune, car vu leur diversité cela relève de la pure utopie.

    Si la réponse est oui, comment va être élaboré le règlement intérieur afin qu’il soit acceptable par tous.

    Si ce sont un ou deux gros Etats, qui comme maintenant ont la prétention d’établir ce règlement pour tous, il est bien évident que cela ne marchera jamais.

    Pour les anglais la réponse a au moins le mérite d’être claire: ils ne veulent pas vivre dans une maison commune, ils l’ont exprimé en gardant la livre sterling. Cela ne les empêche pas de pratiquer dans leur cottage des politiques néo-libérales comme leurs petits copains englués dans la mélasse de l’euro et, de pâtir souvent de maux semblables.

    Les bonnes questions sont:

    – A-t-on encore envie de partager le même toit et, même plus: de renforcer la cohabitation ?
    – Si oui, pour faire quoi ?
    – Les cohabitants sont-ils prêts à accepter une réelle solidarité entre eux ?
    – Et comment se doter d’un règlement intérieur acceptable par tous ?

    Sinon chacun n’a qu’à retourner faire sa petite popote libérale, chacun dans sa propre maison, comme les sujets de sa Très Gracieuse Majesté.

    Les Marchés se fichent de ces questions et des réponses qui pourraient leur être apportées, sauf si par impensable, elles ne leur laissaient plus de failles à exploiter pour faire du pognon sur le dos des peuples.

    1. Hors-sujet Macarel. Il etait bien dit pourtant que ce n’était pas l’endroit pour ce genre d’interrogations.
      En outre faudra sortir un de ces quatre de la litanie des marchés qui n’on rien à foutre des décisions politiques ou qui les détermineraient systématiquement. C’est absolument le contraire.

      1. Je crois avoir respecté la consigne:

        commentateurs éventuels prônant qu’il ne faut PAS sauver l’euro, soyez gentils d’aller mettre vos commentaires ailleurs, ce n’est ni du « pour » ni du « contre » que je parle ici.

        Si l’on n’a le droit que de poster des « messages de technique économique », je crois que c’est au modérateur de le dire.
        Pour le reste « j’admire » votre disposition incontestable a avoir de fortes certitudes, et à faire des réponses à l’emporte pièce.

    2. La crise de l’euro ne peut se résoudre techniquement. Les ingénieurs financiers ne peuvent que la calmer temporairement mais pas guérir la maladie.

      La crise de l’euro ne peut se résoudre que sur le plan politique, comme le pense J. SAPIR dans son billet paru sur le blog aujourd’hui. Macarel, vous posez, me semble-t-il, les vraies questions, celles qui touchent à la volonté de vivre dans une « maison commune » avec une monnaie qui ne soit pas unique mais bien commune. L’euro n’est pas une monnaie commune, c’est la monnaie attachée à l’économie d’un seul pays, l’Allemagne. La structure économique des autres pays au sein de la zone euro, le déséquilibre fondamental de leur balance commerciale et la perte de confiance dans leur solvabilité ne permettent plus l’utilisation de cette monnaie-là.

      Force est de constater ces derniers jours que la volonté de vivre dans une maison commune n’existe pas aujourd’hui au sein des pays européens. C’est la politique du chacun selon ses intérêts. La spéculation a devant elle un champ libre. Les Allemands n’accepteront jamais de soutenir à bout de bras les autres pays. Ils devraient oser comme ils l’ont fait avec l’Allemagne de l’Est. Leur élite est fatiguée.

      Seule solution envisageable : vider l’euro de son existence, ce que les Allemands sont en train d’opérer jour après jour en laissant aux autres pays la charge d’en supporter toutes les conséquences. Cela ne peut plus durer car de plus en plus de gens souffrent dans leur vie de tous les jours des conséquences de la crise de l’euro et de la méfiance que cette monnaie suscite de plus en plus. La souffrance des gens, n’est-ce pas ce qui devrait préoccuper avant tout les représentants politiques, ce qui donne du sens à leur travail ?

  15. Je pense qu’un moratoire sur le payement des dettes serait plus facile a appliquer et pourrait donner du temps pour l’audit des dettes de manière a pouvoir séparer celles des petits porteurs de celles des rapaces, en toute transparence,les noms des créditeurs étant publiés, et si possible avec la participation des peuples européens concernés via référendums.
    Durant le moratoire,les bourses seraient fermées,ce qui permettrait de voir si elles sont utiles a l’économie.
    On pourrait aussi changer les accords européens et ajuster l’euro comme toutes les monnaies mondiales.

    1. ça c’est de la bonne idée démocratique…
      il le où le héros le Batman le Jaurès le Sauveur qui réaliserait ce plan là?

      pendant ce temps tous ceux qui fonctionnent au bit lumière sur leurs écran ils se tiennent tranquille de la souris?
      mais ils sont pas habitués …! ça va les rendre malade la mise au repos technique!
      et si c’est pas malade c’est fous furieux
      qui dit que les petits porteurs par leur masse pleine d’inertie d’une passivité redoutable ne sont pas des rapaces? en sus d’être des dindons( de la farce)

      1. le héros le Batman le Jaurès le Sauveur qui réaliserait ce plan là?

        C’est toi rahane, toi et tous ceux qui veulent changer le système qui nous mène dans le mur.

  16. Personne ne veut acter le fait que les actifs sans risques sont un mythe auto-entretenu par le besoin de ces produits mythiques croissant proportionnellement au rythme de leur anéantissement.
    Les dettes souveraines, dorénavant ex AAA, en sont une magnifique illustration puisqu’elles sont en bonne voie de totale annihilation après avoir été le coeur de cette mythologie alors qu’elles constituent par définition des actifs soumis de facto au risque de défaut puisqu’immanquablement un État préfère le défaut direct ou indirect dès que son coût, lié à l’expulsion du marché, est inférieur politiquement et/ou économiquement au coût du service de la dette (par exemple tous les états d’Am-Sud ont fait au moins une fois défaut directement depuis 1975, aucun pays occidental à l’exception récente de la Grèce depuis 1950, on a pris de mauvaises habitudes…). Et ce sans aucun recours juridique réel pour les créanciers contrairement aux procédures applicables aux débiteurs privés. Et ne parlons pas du risque de taux ou du risque monétaire…
    Donc retour à la réalité : les titres souverains dits sans risque sont aujourd’hui peanuts dans le stock de $ 45 mille milliards du marché. Plus d’huile dans le moteur financier.
    La raréfaction des actifs « sans risque » est encore plus patente sur les titres privés, il n’est que de voir leur stock aux USA, passés de 2007 à 2010 de 3 000 milliards à 750. Mais les mythologies se foutent des chiffres et les vendeurs continuent de vendre des produits financiers à K garanti à des acheteurs toujours plus avides de risque zéro…

    1. Bien, maintenant le gogo âgé voulant placer l’épargne
      de toute une vie dans un produit financier sûr le sait:
      la sécurité n’existe plus.
      On peut espérer de cette façon que les menus complices
      mécaniques du libéralisme financier deviendront plus rares.
      Et se rabattront sur une épargne à gain modéré,
      débarassée de tous les avantages fiscaux ou autre indûs.
      Reste les gestionnaires, la transition sera probablement un choc.
      Des nuits de froids cauchemars les attendent:
      Adieu aux avantages exorbitants.
      Ils se feront vite à cette idée formidable:
      la finance est ennuyeuse et ne réclame pas
      des qualités transcendantes. Là aussi, retour sur Terre.
      ( finance ennuyeuse: théorie du « 2,3,5 » : emprunter à long terme
      à 2%, prêter à court terme à 3%. Golf ou tennis à 5heure.)

      Reste aussi que cette épargne ne semble pas se diriger
      vers l’investissement. D’où les taux négatifs d’emprunts
      en faveur des Etats jugés sûrs.
      L’aversion au risque leur fait préférer une perte sûre:
      frilosité des Capitalistes en peau de lapin.
      C’est aussi un indicateur probant que cette masse énorme
      de capitaux à placer à toute force est inutile et illégitime:
      elle correspond trop bien aux déficits des Etats.

  17. L’argent est devenu une marchandise. Nous définissons les agrégats en fonction des propriétés. C’est une erreur de limiter son analyse et son angle d’approche de cette manière. La liquidité et la notion de risque sont seulement une indication. Peut-être qu’il existe un angle d’analyse différent mais il n’est pas suffisamment utilisé ou mal connu. Les caractéristiques sont une chose mais l’usage en est une autre. Ainsi, une définition des agrégats en fonction de l’usage (l’objectif) serait déjà une avancée. Ainsi, l’utilité de l’instrument monétaire peut-être approché de façon plus profitable à l’ensemble de la collectivité. L’objectif d’un discernement entre les produits monétaires qui sont nécessaires au financement de l’économie réelle permettrait sans doute d’orienter l’instrument plus efficacement. Pour anticiper l’avenir, la définition des agrégats doit abandonner la vision M0 à M3 mais proposer une vision plus précise. C’est trouver une solution à la substituabilité des capitaux. L’instrument monétaire est malheureusement extensible à l’infini. Donc la dérégulation permet les manipulations. C’est pourquoi un cadre institutionnel pratique doit prendre la notion d’usage en premier lieu. La fonctionnalité ne suffit pas systématiquement à améliorer l’usage. On pourrait empêcher des transferts entre agrégats parce que l’usage de chacun des agrégats prime sur le reste par exemple. C’est un agrégat pour une destination ! Des sacrifices vont être apparents alors commençons par définir les outils monétaires en fonction de leurs objectifs avec un cadre institutionnel spécifique. Empêcher la contamination entre les instruments monétaires et financiers relève du bon sens…
    La mobilité et la substituabilité des capitaux doivent être encadrées !

  18. SUPER MARIO versus P JORIOON…
    on voit lequel a les super pouvoirs… un sous-entendu foireux accompagné d’un clin d’œil complice et l’Euro est sauvé à 12H12!
    il est prêt à tout, il sort du même moule que King et Bernanke, il sort d’une séance de Batman: cet homme est un dangereux capitaliste forcené donc..

  19. Alors je viens d’avoir moi aussi une idée pour sauver l’Euro. Il m’étonnerai que des responsables politiques la trouvent en 341e commentaire de ce billet, mais j’y vais.

    Résumé de ce qu’on entend partout: les problèmes de dettes des états du sud de l’Europe viennent d’un manque de compétitivité. Avant ils auraient pu dévaluer, mais avec l’Euro ils ne le peuvent plus. La seule solution _serait_: la baisse des salaires jusqu’à récupérer la compétitivité perdue. C’est ce qui est tenté en ce moment, ce qui rassure les pays du nord, un peu comme dans la Cigale et la Fourmi dans laquelle la fautive est punie à la fin ( » – Vous chantiez ? j’en suis fort aise. Eh bien! dansez maintenant. »). Mais avec au moins deux problèmes non résolus: troubles sociaux (et dégats humains, mais c’est secondaire) et récession qui commence par augmenter encore la dette.

    Mon idée: rétablir des barrières douanières intra-européennes à l’import dans les pays du sud. Le produit de ces taxes servirait surtout à rembourser la dette et un peu à aider l’investissement productif (machines). Avantages: du point de vue des foumis, les cigales seraient toujours punies (prix en hausse, comme avec la dévaluation), mais du point de vue des cigales, elles resteraient libres de s’organiser (p. ex. choix d’acheter soit des médicaments/vivres soit des bagnoles allemandes/iphones). Et puis derrière ces barrières douanières les cigales auraient la possbilité de devenir un peu fourmi. C’est contre les traités Européens? Et alors? Pour sauver l’Euro il faudra de toute façon les violer, ces traités, alors…

    Qu’en pensent les rares lecteurs qui pourraient encore passer ici? Y aurait-il une impossibilité autre qu’idéologique?

      1. Moi, car la survie de l’euro ne sera durable que dans le cadre d’une eurozone budgétaire et fiscalement solidaire qui la placerait en position de pouvoir peser sur le processus à venir, qui apparaît inéluctable, de réforme du système monétaire international. Sinon, c’est le chacun chez soi à cuisiner sa popote libérale, comme le disait déjà un commentateur ( il me semble que c’était vous, d’ailleurs ).

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