Le Monde / L’Écho – Le revenu universel de base, fausse bonne idée ? le mardi 24 janvier 2017

Le revenu universel de base, une fausse bonne idée ?

Sur le site de L’Écho

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Il est beaucoup question d’un revenu universel de base, une somme allouée mensuellement à l’ensemble des adultes d’une nation. Chacun, quelle que soit sa fortune, en bénéficierait. Cette somme couvrant les besoins élémentaires d’un individu, elle rendrait inutiles des allocations existant aujourd’hui pour pallier des difficultés dues aux manques de ressources (aide sociale), ou à la perte d’un emploi (allocations de chômage).

Le revenu universel de base (RU) constituerait une réponse au chômage structurel dû à la disparition accélérée de l’emploi en raison de l’automation (le remplacement de l’humain par un robot) et de l’informatisation (son remplacement par un logiciel). La question serait réglée de facto en raison de l’indifférence désormais de tout individu quant au fait qu’il ait ou non un emploi, ses besoins élémentaires étant couverts.

Les bénéficiaires actuels de l’aide sociale et des allocations de chômage accueillent en général positivement la proposition d’un RU : ils y lisent le moyen de lever le stigma attaché au bénéfice de ces allocations ainsi que l’humiliation du soupçon bureaucratique a priori d’une tentative de fraude.

L’adoption du revenu universel de base est bien entendu très loin d’être déjà acquise mais sa mise en application éventuelle soulève de multiples questions qui devraient trouver réponse préalablement.

Quel coût représente, par exemple, l’attribution de sommes non négligeables à des personnes qui n’en ont nul besoin ? Question plus fondamentale : le RU constitue-t-il une solution à la disparition globale du travail ou bien est-il sa simple mise entre parenthèses, la question véritable mais non traitée demeurant celle d’une répartition équitable de la richesse économique créée ? Autre question de fond : éthiquement et moralement, une problématique qui va bien au-delà d’aspects économiques, comme le travail ou l’emploi, ne peut se « solder » par une simple solution monétaire – que ce soit le RU ou l’assurance-chômage. Le travail, l’emploi ont aussi une dimension autre que financière, ils concernent également le lien social, l’équilibre personnel.

Autre question enfin méritant réponse mais que ne soulèvent ni partisans ni adversaires du RU : comment prévenir la prédation en tout ou en partie de la finance sur lui ? On se souvient ainsi des hausses de loyer qui accompagnaient main dans la main les hausses de salaire. On pense aussi à l’allocation de 4.000 $ attribuée en 2009 aux États-Unis aux nouveaux accédants à la propriété, qui fit bondir aussitôt le prix de l’habitat du même montant.

Un exemple plus ancien est lui aussi instructif. Les pêcheurs artisans avaient exprimé leur frustration devant le fait que leurs efforts débouchaient quelquefois sur un revenu nul : aucune demande à la criée pour leurs captures, avec pour résultat, le retour à la maison les poches vides. Ils revendiquèrent l’instauration d’un « prix de retrait » ou « prix-plancher » et ils l’obtinrent : le montant serait minime mais au moins l’on ne rentrerait jamais chez soi absolument bredouille. On sait – ou l’on devine aisément – ce qui arriva : le prix-plancher devint la norme, rares furent désormais les jours où le prix décolla de ce niveau. Les pêcheurs y perdirent gros. On imagine de la même manière dans un cadre de RU, le salaire mensuel de nombreux emplois s’alignant sur 1 €. Cet euro symbolique offrirait la fierté d’un travail rémunéré en sus de la sécurité d’un RU ! L’enfer aurait été une fois de plus pavé de bonnes intentions.

N’y a-t-il pas de meilleure façon de répondre aux soucis des bénéficiaires d’allocations ? Si, bien sûr : en allouant les sommes que l’on pourrait réunir pour un RU à assurer la gratuité de tout ce qui relève de l’indispensable (alimentation, logement, transport, connectivité), mesure qui, à l’inverse d’un RU, ne serait pas consumériste dans sa logique et respecterait du coup l’environnement. La gratuité répondrait aussi à la critique malveillante que l’on adresse par avance au RU, que ses bénéficiaires iront « boire leur paie » : ni les drogues, ni le recours à la prostitution, ni les paris ou loteries, ne font en effet partie de l’indispensable.

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163 réflexions au sujet de « Le Monde / L’Écho – Le revenu universel de base, fausse bonne idée ? le mardi 24 janvier 2017 »

  1. J’avais fait les mêmes objections au vieux RMI de Rocard… puis au jeune RSA.. Pas un droit humain à une vie digne..mais une charité d’État calculée au plus juste pour désamorcer une possible ( probable ? ) révolte.
    Et en plus , ça ne nous sort pas du système capitaliste , au contraire. Les exemples donnés ( les loyers, les prix plancher du poisson et on pourrait en trouver d’autres ) sont très éclairants.
    Cette idée de gratuité des biens indispensables à la vie est-elle défendue par un candidat ? un parti ?

    1. @Labellebleue

      « Cette idée de gratuité des biens indispensables à la vie est-elle défendue par un candidat ? un parti ? »

      Oui, par un candidat malheureux. Un certain … Maximilien Robespierre !

      1. Les 216 ans d’expérience politique et sociale qui nous séparent de Robespierre permettent de penser le revenu universel à partir de la gratuité. Ce que le RU doit rendre gratuit, c’est la dignité d’exister individuellement et collectivement par le travail de socialité. Le travail doit être information réciproque de l’existence de l’individu par la société, donc un processus d’intégration politique où le citoyen et la société s’engendrent réciproquement au bénéfice de tous hors de l’économie monétaire du capital. Autrement dit le capital n’est plus que du travail passé accumulé donc amorti du point de vue de l’existence ; et la monnaie n’est plus que l’anticipation du travail à venir, entre autre sous la forme du RU, donc du capital vivant en financement de l’existence à venir.

        En pratique :
        1) le RU versé à chaque personne doit être intégré dans le revenu imposable ce qui implique que les riches qui n’en ont pas besoin le reversent intégralement à la société ;
        2) le RU est un capital d’intégration dans le marché du travail qui n’est plus un processus abstrait et arbitraire de calcul du prix de la force de travail humaine mécanique mais un marché de l’information de l’offre et de la demande des biens et services nécessaires et économiquement productibles pour la vie sociale, singulière, civilisée de chaque citoyen ;
        3) le RU est l’étalon de la valeur ajoutée sociale donc le collatéral réel de l’émission monétaire et du prix extérieur de la valeur ajoutée domestique exportable ou importable ; financièrement l’unité de RU est le nominal d’option dont chaque signe monétaire est la prime à l’intérieur d’un même Etat de droit souverain ;
        4) le RU est un prix d’existence économique individuelle minimale versé en numéraire ou en nature : le versement monétaire liquide doit être le solde non effectivement livré des biens et services de base garantis pour une existence sociale décente.

        Le RU est donc sur le plan économique le socle du marché de tous les biens et services dont la finalité est véritablement commune donc ajustée au travail de chaque citoyen. Un prix n’est plus alors déterminé par la contrainte de rentabilité exclusive pour le propriétaire du capital mais par l’équilibre social de satisfaction et de peine qu’exige l’existence collective commune reconnue à chaque citoyen. Le prix du travail est socialement individualisé pour que l’existence de chaque citoyen soit capital gratuit de la société qui se donne de subvenir à tous ses besoins par elle-même.

      2. Est-ce que la gratuité gérée par une nation ne pourrait pas s’apparenter à l’image d’un magasin d’état avec tickets de rationnement (car on connaît l’avidité de certains, hélas). On y trouverait rapidement plus souvent du navet et des pommes (si-si, c’est bon) qu’une aubergine et un ananas. Triste monde que celui – là…
        Perso, je ne vois pas comment on fera hors ce RU.
        Il y a 15 ans, je gagnais 3500€. Aujourd’hui, un mi-temps m’occupe pour 650€ et je n’ai pas trop d’espoir de faire mieux avant la retraite (dans 15ans?). Alors ce complément, pour moi c’est vital, malheureusement (c’est le cas de le dire!).

      3. au risque de déclencher l’habituelle hystérie anti-mélenchon irrationnelle, infondée et mésinformée :
        P61 du programme de la FI « l’avenir en commun »:
        *instaurer la gratuité de l’accès et des quantités d’eau, électricité et gaz indispensable à une vie digne …

      4. Et combien de têtes ce Monsieur Robespierre a -t’il fait tomber? Beaucoup, beaucoup trop ! Et ce n’était pas des actes gratuits!
        En tout cas, à la fin, et heureusement, il en a payé le gros prix!

        Benoit

      5. Quoi, vous avez le culot de critiquer Robespierre, le saint-patron des Petites et Moyennes Entreprises ? Ça ne se fait pas, Monsieur, vous devriez le savoir : les PME c’est de l’ordre du sacré !

      6. On apprend que François Fillon vient d’inventer l’assistanat et le Revenu Universel à 5000€ nets/mensuels.
        Benoit Hamon peut aller se rhabiller et Jean-Luc Mélenchon est vert de rage de ne pas y avoir penser plus tôt !
        Moi, je ne dirai qu’un mot, bravo Mr Fillon, on voit que vous êtes un vrai catholique. Le sens du péché et le goût du partage !

  2. Toutes les questions listées ci-dessus sont discutées à charge et à décharge ici:
    https://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/etes/documents/2_7071_4526_2.pdf

    Un problème global avec la gratuité est visible pour l’éducation par exemple. Si vous êtes branché pédagogie alternative au niveau primaire et secondaire en Belgique, vous n’avez pas de bonne solution: seule l’éducation traditionnelle est subsidiée, et les écoles à pédagogie alternative sont souvent privées et horriblement chères (je suis de près un projet de création d’une telle école secondaire près de chez moi, et la réponse de l’administration c’est: il y a déjà assez de places dans la zone, pas de subside. La question du type de pédagogie n’est même pas un sujet valable de discussion).

    Cet exemple soulève le problème suivant: un gros risque du système de gratuité est l’uniformisation du service offert, avec très peu de place à la créativité, les essais de nouvelles voies, etc…Cette remarque est également valable pour l’alimentation et les transports.

    Un des gros avantages de l’allocation universelle est que chacun est libre de l’utiliser à ce qui lui semble important (dans quel type de logement habiter, quelle type d’éducation, quelle type d’alimentation, quel type de transport).

    (Pour la santé, il y a une dimension assurentielle qui plaide pour un système de gratuité.)

      1. La santé constitue un précédent pour les besoins fondamentaux que sont une alimentation saine et un logement salubre. Mais elle en est aussi une conséquence.

      2. Ouais, mais s’offrir une assurance complémentaire pour se garantir un accès à la santé aujourd’hui me semble au moins aussi indispensable que la connectivité, non ?
        Je n’ai rien contre cette aumône universelle mais je me demande si elle ne sert pas un peu trop de fumée pour éviter de parler du problème de l’indigence des bas salaires par rapport au coût de la vie en France (en gros tout ce qui au dessous de 1800€ nets/mensuels)

      3. @ Andrew : l’assurance complémentaire est un exemple type des nouveaux avantages en nature et autre niches salariales offertes aux salariés des secteurs plus florissants. Elle est devenue « universelle » en France (par l’obligation d’en avoir une), elle reste en Belgique un « désavantage » de beaucoup de boulots moins bien payés en plus et se perd avec la prise de retraite…

      4. @Chabian
        Si vous parlez de la France vous avez tout faux.
        Les cotisations complémentaires payées par l’employeur sont imposables sur le revenu de l’employé, et c’est Hollande (on s’en souviendra !) qui a introduit cette imposition.
        Quant aux avantages en nature et « niches », ce serait bien de préciser à quoi vous faites allusion.

    1. @ Mathieu Van Vyve

      « Un des gros avantages de l’allocation universelle est que chacun est libre de l’utiliser à ce qui lui semble important »

      Oui, c’est le gros argument des libertariens : la liberté pour tous…. dans un monde où le patrimoine de 8 individus libres (à leur manière) égale celui de 3,6 milliards libres (à leur autre manière).

      1. Bonsoir Paul,
        Un petit message car il se peut que l’information transmise par Oxfam ne soit pas exacte même si sur le fond, les inégalités sont considérables.
        L’article des Echos donne une autre approche et mérite une lecture critique.
        http://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0211708281352-les-8-hommes-les-plus-riches-du-monde-possedent-ils-autant-que-la-moitie-de-lhumanite-comme-le-dit-oxfam-2058505.php

        En Janvier 2016, sur son propre site, Oxfam disait que 62 personnes possédaient autant que la moitié de la population. Ils ne seraient plus que 8 aujourd’hui …
        https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2016-01-18/62-personnes-possedent-autant-que-la-moitie-de-la-population

        Néanmoins, quel que soit le mode de calcul, il y a des chiffres qui donnent le tournis et feraient vomir tant c’est abject.
        http://www.inegalites.fr/spip.php?article346
        Oxfam : oui mais à affiner.

        Quant aux 1.5 milliards d’euros de revenus gagnés en 2015 par des gestionnaires de fonds d’investissement …, j’en reste sans voix.
        Comment est-ce possible ? Surtout sans réaction sociétale ?

      2. avec ce genre d’argument, on ne peut pas critiquer l’euro sans être taxé de collusion avec le FN…

        Sur le fond, vous confondez liberté réelle et liberté formelle. La liberté formelle est la liberté de faire ce que vous voulez dans un cadre légal. C’est évidemment la liberté dont parle les libertariens: être libre sans ressources, cela vous fait une belle jambe!
        La liberté réelle, c’est votre capacité réelle à faire ce que vous désirez, donc y compris bénéficier des ressources qui vous permettent de réaliser ce que vous êtes libres de faire.

        Conçue de cette manière-là, augmenter la liberté de ceux qui en ont le moins est toujours bénéfique pour eux. C’est évidemment dans ce sens-là que j’utilisais le concept de liberté.

        Pour une profonde discussion sur ces concepts de liberté réelle/formelle et son utilisation contre les libertariens, voir:
        http://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1988_num_86_69_6486

      3. Mais oui, mais on pense aux économistes marginalistes de la fin du XIXè siècle : « l’économie c’est l’allocation rationnelle de ses ressources selon l’utilité subjective », dans un monde où seul le 1% de bourgeois assis sur son tas d’or se posait ce genre de questions, les autres 99% utilisant toutes leurs ressources disponibles pour manger et avoir un abri la nuit, sans jamais devoir se poser la question d’ « allocation rationnelle de ses ressources ».

        Se poser la question de savoir si l’on est « libre » ou non dans ce genre de contexte, c’est un luxe que la plupart ne peuvent même pas s’offrir.

      4. Les expériences de RU faites montrent que les allocataires ne les dépensent pas en litrons de vodka. Est ce être libertaire que de penser que les gens, même pauvres, leur attribuer un minimum de confiance, sont suffisamment réfléchis pour ne pas avoir à leur imposer ce que seront leurs dépenses ?

      5. Cet argument du déséquilibre scandaleux de répartition du patrimoine n’est-il pas un leurre ? 95 % des gens sont riches essentiellement de salaires. Et d’un petit logement pour une bonne partie d’entre eux. Le patrimoine, signe de l’accumulation durable de revenus importants du capital (et de revenus mixtes) ne sera jamais détenu par un pourcentage important (Piketty parle des hauts revenus, percentile 95 à 99 %). La concentration accrue du capital ne lèse que 2% des gens par 0,01 % ou même 0,0001 des super-riches.

      6. Y’a beaucoup de gain en capital sur leurs parts dans leurs HF Renaissance et Citadel dans les 1,7 milliard de Simons ou Griffin en 2015. On est bien au-delà à ce titre avec les 12, 10 et 7 milliards récoltés en 2016, respectivement, par Buffet, Gates et Arnault.

      7. @vigneron
        Mais Arnault c’est le boss de « madame » Hamon et ça il aime pas trop qu’on en parle. Alors changeons de sujet svp.

      8. Mon cher Paul,
        mais c’est bien le but d’une allocation universelle: celle d’augmenter la liberté *réelle* de ceux qui en ont peu pour le moment.
        Votre argument, si je lis bien, c’est que comme peu de personnes bénéficient réellement d’une liberté réelle actuellement, et bien on ne peut pas vouloir améliorer la situation. C’est absurde.

        NB: je ne pense pas qu’il faille nécessairement opposer gratuité et allocation universelle: on doit évidemment faire les deux à la fois. Certains secteurs, comme les soins de santé, se prêtent bien mieux au système de la gratuité. D’autres, comme les vêtements, se prêtent bien mieux au système de l’allocation universelle. Pour les transports, un mix semble raisonnable (entre autres parce que les besoins en transport sont très très différents d’une personne à l’autre, et que l’on a, via l’endroit où on décide d’habiter une influence sur ses besoins). Je pense que la question doit être résolue de manière empirique.

    2. Merci Mathieu, je ne savais pas que livre de Philippe VP et Yannick V était en ligne. Super, peut-être que certains esprits ouverts comprendront mieux les enjeux grâce à cette lecture.

  3. « N’y a-t-il pas de meilleure façon de répondre aux soucis des bénéficiaires d’allocations ? Si, bien sûr : en allouant les sommes que l’on pourrait réunir pour un RU à assurer la gratuité de tout ce qui relève de l’indispensable (alimentation, logement, transport, connectivité) ».

    Tout-à-fait. Je pense qu’il faudrait en plus mettre en place – et sans doute inscrire dans la constitution – un service public gratuit qui couvrirait au minimum les champs suivants: éducation, santé, transports, finance. Les fonctions régaliennes de police et défense allant d’elles-mêmes. Le financement pourrait commencer par une véritable réforme fiscale incluant des taux élevés pour les hauts revenus et confiscatoires pour les revenus indécents ainsi que des mesures coercitives pour les exilés fiscaux (genre vous revenez dans les 3 mois ou vous êtes interdits de séjour à vie sur le territoire). Cette réforme pourrait inclure la taxation vexatoire des bénéfices non alloués à l’investissement dans l’entreprise. On pourrait imaginer de rendre cette fiscalité plus douce pour les entreprises qui augmentent leur masse salariale. Je crois aussi que tous les revenus doivent être imposés, même les plus faibles pour un montant forfaitaire symbolique. La justice n’y perdra pas grand-chose, mais la dignité y gagnera beaucoup.

  4. Dans cet esprit je me souviens que mes parents, dans les années 50, donnaient volontiers de la nourriture aux mendiants de passage, mais jamais d’argent pour qu’ils n’aillent pas  » le boire » en sortant.
    Personnellement je ne crois pas que le RU soit une bonne idée s’il est distribué en argent. En même temps je ne peux qu’être d’accord sur la notion de strict minimum vital assuré pour tous (là encore à préciser), toute la question étant de définir ce « strict minimum » et le moyen de le distribuer.
    Peut-être un RU en monnaie spécifique ? Cette monnaie serait utilisable uniquement pour de la nourriture hors boissons alcoolisées, chacun étant libre d’acheter beaucoup de riz ou peu de viande…
    Et comment contrôler l’utilisation de cette monnaie spécifique ? Peut-être par la création de magasins spécifiques contrôlés par l’état à l’image des bureaux de tabac (mais alors il en faudrait partout y compris dans les campagnes reculées) ?

    Pas simple non plus pour le logement et le chauffage dont le loyer risque en effet de suivre au plus près le montant du RU, sans parler des variations entre villes et campagne et par régions.

    En tout cas sans doute une idée à creuser ce RU mais beaucoup de questions.

    1. @PierreDevaux : Tout ces discours paternalistes me confirment que c’est l’argent qui fait le démocrate: celui qui a les moyens décide pour les autres, en bon paternel, comme Bill Gates avec les OGM , par exemple. … et votre papa, monsieur Devaux, lui aussi (il decide comment depenser ses aides: par la panse!). Après tout, c’est lui qui payait le repas, certes.
      Mais Définitivement : NON!!!
      Il faut sortir de cette mentalité et aborder les solutions d’un monde sans travail pour tous, autrement que par le regard de celui qui a les moyens de vivre et considère que c’est lui qui régale et comment S’il peut bien vivre, c’est qu’il a pris la chaise musicale par hasard, au détriment d’un autre. Mais la musique reprend et le jeu continue ( Vivarte…)
      C’est un vrai débat pour un vrai problème: il n’y a plus de travail pour tous.

      1. Du travail , il y en a pour tous (voir qu’on est même pas assez nombreux pour le réaliser), le problème est qu’on ne peut pas le transformer en emploi.
        D’où ce débat sur la gratuité et le revenu de base, les deux allant de paire.

      2. Et donc on peut très bien concevoir un revenu universel égalitaire pour tous, à +/- 2000 euros (quel est le salaire moyen d’aujourd’hui ?). Et des bons de gratuité du superflu offerts en fonction du travail produit et pour le récompenser (voyages, voitures de luxe à louer, vêtements alcools de prix et autres produits « fondants », rien de capitalisable ni de spéculatif). Bref, l’ouvrier méritant du socialisme soviétique.
        C’est à cette réponse idéale que s’oppose la détention de l’argent qui fait de nous des « démocrates paternalistes » dont parle @Loïc. Oui, le prix de la course à l’argent est le délitement social. Et toutes les rustines sont des « fausses bonnes idées » ?

    2. la bonne idée ,
      peut-etre,
      pour le revenu universel
      , serait de le dédier exclusivement à des achats « bio », des investissements benefiques individuelement et socialement…faire en sorte que ce revenu ne soit depensable ou investisable que de maniere à creer des spirales vertueuses…et non pas à foncer encore plus vite dans le mur des limites ecologiques , economiques, politiques…
      si cette suggestion altere trop l’idée de » liberté universelle » du revenu elle n’en aurait pas moins le mérite d’initier un debat sur la normativité de ce que l’on pourrait decider collectivement de considerer comme vertueux, ou positif…
      ce qui concourerait à » deségoïstiser » l’imaginaire …

      le revenu universel c’est pas demain la veille , sans doute , mais c’est une idée qui gagnerait à s’enrichir des critiques nombreuses et souvent justifiées qui lui sont opposées…

      peut-etre que cette idée » passera »quand on dira que c’est la seule solution pour sauver notre societé capitaliste… puisque seul le capitalisme apparait comme etant possible ou realiste…
      sauvons le capitalisme ! vive le revenu universel !

  5. Si on installe la gratuité, avec deux générations biberonnées à la société de consommation, je ne pense pas qu’on va pas obtenir une sobriété pour la consommation des ressources planétaires.
    Sans connaître le prix des choses en matière d’activités, ces choses ne valent rien.
    D’autre part, vous avez raison de souligner les problèmes conséquents à l’instauration du revenu universel, il y a de fortes chances que ce revenu soit pillé par la finance.
    Pour débuter sur cette vaste question, il me semble qu’on pourrait commencer à octroyer un revenu de base pour ceux (ils sont plus nombreux qu’on croit) qui ont des idées à développer en toute autonomie, seul ou en groupe. Idées qui vont dans le sens de l’amélioration du bien-être avec moins de ressources planétaires

    1. Michel,
      Relisez l’article. Il s’agit bien de sortir de la société de consommation. La gratuité c’est pas « le château de Versailles pour tous », c’est la gratuité des biens et services indispensables, l’indispensable étant bien entendu à redéfinir ensemble. La gratuité s’inscrit donc dans un nouveau cadre, avec ses nouvelles normes de consommation comme aurait dit feu Michel Leïs. Sauf que ces nouvelles normes ce ne serait plus les entreprises qui les définiraient, mais la communauté politique.

      1. Je poursuis : en toute rigueur plutôt que de dire « consommation », ce qui fait encore référence à un monde où les choses ont un prix marchand, il faudrait dire jouissance et usage de biens et services répondant à la nouvelle norme définie collectivement de l’indispensable.

      2. @ Pierre-Yves

        Et vous pensez que les gens vont accepter ces normes de consommation édictées par la communauté politique?

        Ceci dit je ne suis pas contre la gratuité, mais il n’y aura pas de gratuité sans responsabilité et c’est celle-ci qu’il faut engendrer.
        Je pense à un revenu de participation active qui pourra déboucher par la suite sur une certaine gratuité.
        Que ce soit la gratuité ou le revenu de base, ou le revenu de participation ou tout autre chose, cela ne se mettra pas en place du jour au lendemain et je pense même que le débat ne fait que commencer.
        Il faut laisser ses aprioris, ses idées reçues, ses clichés sur l’étagère et en discuter sobrement.

  6. Un anthropologue comme vous ne connaîtrait-il pas de sociétés humaines, même passées, ayant fonctionné avec ce principe d’un revenu universel inconditionnel?

  7. revenu universel : tant que l’argent sera le maître étalont des échanges de biens et services, il y a peu d’espoir.
    Dans un monde où le travail est vu comme une fin en soit à quoi tout doit être subordonné il y a peu d’espoir.
    Et comme le travail disparait, il n’y a finalement aucun espoir.

    On peut imaginer comme Jack Marseille l’avait fait un revenu universel et la suppression de toutes les allocations :chomage, retraite.
    Probléme comment transiter ?

  8. Allouer 400 euros à tout le monde, c’est oublier qu’ici bas un homme riche de 50 ans voit aussitôt ses cheveux repousser. Que les riches avec ressources financières et agendas s’enrichiront toujours plus vite que les pauvres sans le sous avec 4 numéros de téléphone en poche, et qu’à la fin la richesse n’est évaluée qu’en calculant la différence d’accumulation d’objets, de services, dont nous sommes propriétaires. Alors avec Hamon, 400 = 0, il est vraiment sociétaliste.

  9. Pourquoi je prône le RU (+- 500 €:mois à partir de 18 ans):
    Avantages:
    1) Le citoyen est valorisé en tant que tel et non comme travailleur (ou chômeur soumis à multiples vexations) . Autrement dit la valeur travail (en voie de diminution inexorable) n’est plus la seule intégrante dans la société.
    2) Le RU favorise l’entraide, la colocation, l’amitié, la famille (au sens large): en effet si un isolé ne peut vivre avec 500 €, un couple peut survivre, un groupe de 4 peut vivre.
    3) Les jeunes deviennent plus indépendants et responsables.
    4) Le RU supprime les pièges à l’emploi: tout emploi est bon à prendre puisque ne menant pas à suppression d’avantage.
    5) La suppression judiciaire du RU devient une peine alternative pour certains délits.
    6) C’est SIMPLE !!!

    Calcul:
    500 €/mois = le budget de l’état pour les pensions, le chômage, les allocations pour étudiants. Dons SANS hausse du budget de l’état !

    Comment:
    Un RU NE PEUT PAS s’instaurer brutalement (impossible de remplacer les retraites actuelles et droits acquis).
    Il se mettra en place progressivement au profit de tous les citoyens qui atteignent leur 18 ans. Les plus âgés conserveront leurs droits.

    Objections:
    1) Inflation: pas si l’ instauration est progressive;
    2) Lien social: pas si le RU reste faible, en outre il favorise le bénévolat.
    3) Concurrence entre jeunes (avec RU) et vieux(sans RU) pour l’emploi. Objection retenue. Il faudra moduler les actuelles aides à l’emploi et la fiscalité sur le travail.
    4) On ne peut survivre avec 500€/mois: les cas graves pourront recevoir après examen une aide NON monétaire.

    1.  » La suppression judiciaire du RU devient une peine alternative pour certains délits.  »
      Et voilà un revenu universel qui n’est plus universel !!!
      Quels délits ? choisis comment et par qui ? Gifler un ex- premier ministre, héberger et nourrir des migrants , assassiner sa belle-mère ( je plaisante ..) ???

  10. « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
    Confucius
    Le revenu universel de base est une fausse bonne idée. Favoriser l’autonomie des gens me semble préférable à les maintenir dans l’assistanat. Maintenant dans l’urgence, il n’est pas interdit de donner quelques poissons pour aider à passer un mauvais cap.

    1. Avez vous lu ceci:
      http://livres.download/livre/291583072X-construire-lautonomie-se-reapproprier-le-travail-le-commerce-la-ruralite

      Une suite d’articles d’auteurs différents, cela va de:
      Travailler dans quel sens? Cedric Biagini et Patrick Marcolini
      à:
      Une législation qui renforce la précarité: Igor et Baraka
      En passant par:
      Z’avez pas été foutus d’rester à la terre: Luce Turquier

      Les quelques poissons (revenu de participation) sont en réalité un investissement humain dans un développement qui tiendra compte de la réalité de la finitude de la planète et son incontournable deuxième principe de la thermodynamique.

    2. @Macarel : Oui, tant qu’il reste du poisson à pêcher.
      Chômeur de longue durée, je me lève à 5h le matin pour faire chauffeur scolaire à mi-temps et retour d’écoles vers 15h. Salaire : autour de 600€/mois et pas moyen de coupler avec un autre job (horaires des courses taxi annoncés la veille…)
      Je vous assure qu’en 2017, on se sent insulté quand on lit le mot « assistanat » et « autonomie », comme si la situation du chomage était profitable et choisie, ou due à l’individu qui ne saurait pas travailler.
      Avec un RU, ce job est à peu près viable. Sans ce complément financier, je suis contraint de chercher autre chose. Et c’est pas un accès gratuit aux restos du coeur que je recherche.
      Le débat ne peut pas (ou plus) se situer en ces termes.
      Xavier Bertrand, parti conquérir les terres du nord avec cette même vision du chômeur a aussi déchanté (mais ca ne l’empêche pas de se representer – avec augmentation ? ) :
      http://www.lavoixdunord.fr/node/53891
      Il s’attribue 50000 reprises d’activité. Pourtant, l’article suivant donne sur le Nord-Pas-de-Calais que 7300 créations demploi de juin 2015
      à juin 2016… dont 74% en interim. Cherchez l’erreur.
      Bande d’assistés qui ne savent même pas pêcher ces ch’tis, ou changement de paradigme nié par nos dirigeants ?

      Ici l’article de l’excellente revue économique « La Voix du Nord » (ce n’est pas ma région): http://www.lavoixdunord.fr/53894/article/2016-10-03/7-300-emplois-crees-en-nord-pas-de-calais-en-2016-mais-en-interim

  11. Est-ce que c’est trop tôt, et/ou ça fait peur à ceux et celles ayant oublié la promesse de grande réforme fiscale de M. Piketty, de parler de création de nouveaux services publics : de l’alimentation, etc… ?

    Est-ce que c’est encore trop radicale de mettre sur la table des débats constructifs… au lieu de la testostérone et sa « compétitivité », et des invectives (entre Valls et Hamon par exemple) : de comment financer ces services publics réinvestis dans le logement social (pour casser la dynamique mortifère des arbnb, etc, et les magouilles frauduleuses d’évitement de l’impôt, de « subventions publiques à la pierre », et au secteur du BTP – l’un des plus corrompu et e relation avec le clientélisme, carriérisme, les conflits d’intérêts des politiques et partis – et leurs emprises sur la hausse au mieux, ou empêcher la baisse au pire, des loyers monopolisant l’espace empêchant la constructions de logements sociaux en centre urbain par exemple), le transport en commun (et le fiasco des « bus de Macron », la financiarisation opaque de la RATP, la SNCF, etc) et éventuellement individuel (au sens de « l’économie collaborative » du genre de partage d’un véhicule et trajet à plusieurs comme cela est « centralisé » dans les Landes – à l’inverse de « blablacar »), et dans celui service public de la « connectivité » et des communications (indépendance de la presse etc)… ?

    1. Le consentement à l’impôt est à la base du contrat social. Or des années d’idéologie néolibérale ont mis à mal ce consentement, soit par le haut avec l’évasion fiscale, soit par le bas avec le travail au noir.
      Il n’est pas possible d’offrir aux citoyens des services publics « gratuits » et un accès égal à ces services sans ce consentement.
      L’exemple venant du haut, les « grands artistes » de l’évasion fiscale non repentants devraient faire l’objet d’une déchéance de nationalité s’ils sont nationaux, et de mesures de rétorsion économique s’ils sont non nationaux.
      Car ne pas consentir à l’impôt à hauteur de ses moyens, revient purement et simplement à s’exclure de la communauté nationale, ou à se comporter comme un corsaire pillant les cargaisons de la marine marchande.

      1. @ Macarel

        N’est-ce pas réducteur de dénoncer les fraudes fiscales du haut, des « grands artistes », même si elles ne démontrent pas plus l’exemplarité que ce que l’optimisation (la lâcheté fiscale que vous appelez « évasion ») et celles fraudes des « poujadistes » (artisans, commerçants, etc, fraudes aux cotisations sociales patronales, à la TVA, etc) et autres d’entreprises grandes ou petites, sont à l’intermédiaire de ce que vous semblez vouloir opposer à l’autre bout du spectre… les fraudes du bas, du « travail au noir »…?

        Certes les people, les stars du sport (foot leaks, panama papers, etc) n’ont pas plus d’auréole à porter à leur boutonnière, pour s’enorgueillir d’un quelconque modèle de savoir vivre ensemble, à transmettre en donneurs-euses de « leçons de morale » à nos enfants… Pas plus que leur respect des services publics les ayant éduqués, soignés, etc, comme tout-e un-e chacun-e… dont les patrons, et actionnaires, « poujadistes », « du ras le bol fiscal », « dégrisés », et/ou impunis profitent aussi avec largesse lorsqu’ils fraudent (chantage à l’emploi, etc) en pleurant sans cesse pour baisser les « charges », pour diminuer les déficits, pour plus d’austérité, et « réformes structurelles », pour des services publics mal rendus… pas plus que leurs des services publics est bafoué lorsqu’ils choisissent l’exile prétextant que « trop d’impôt tue l’impôt »… Ces poeples, stars du sport, et patrons actionnaires, etc portent aussi leur part de responsabilité, dans la dégradation des services publics, des déficits publics cumulés, des dettes publiques explosées, mais en rejettent comme vous semblez le faire trop vite et facilement la coulpe, sur les pauvres, et autres démunis-es « présumés-es » préférer le travail non déclaré (à un titre de séjour en règle peut-être… ?. Ou encore ils-elles préfèrent le travail détaché en France au lieu d’un boulot bien payé avec des meilleurs droits et protections sociales chez eux-elles…?), à l’amélioration (voire leur rétablissement dans les déserts ruraux) des dits services publics…

      2. « L’exemple venant du haut, les « grands artistes » de l’évasion fiscale non repentants devraient faire l’objet d’une déchéance de nationalité s’ils sont nationaux, et de mesures de rétorsion économique s’ils sont non nationaux. »
        Le problème est que ce sont eux qui sont aux manettes.
        On peut néanmoins cisailler les commandes sous leurs manettes après le premier point de pivot, juste pour qu’ils ne s’en aperçoivent pas.

      3. Non, ne mélangeons pas pommes et poires. Les vedettes sont des nouveaux riches, qui doivent confirmer et gonfler leur patrimoine durant deux ou trois générations. Il y a une fiscalité progressive qui vise avant tout les super-riches. Elle ralentit la constitution de grosses fortunes. Mais les plafonnements ‘bouclier’ et autres niches fiscales la détricotent (pour les riches et pour les hauts revenus). Le fait est que des grosses fortunes auront mis 60 ans à se reconstituer comme à la belle époque (avant 1914) et davantage aux USA qu’en Europe.
        PAr ailleurs il y a une fiscalité d’en bas, qui touche les trois quarts des citoyens avec l’impôt foncier et l’impôt de consommation (TVA, Accises) et l’impôt local et les premiers échelons de l’IPP (en Belgique plus qu’en France). Et qui est en forte croissance. En France, les impôts locaux doivent compenser la perte de la taxe professionnelle (qui est devenue une Taxe forfaitaire d’entreprise qui frappe bien plus les TPE et qui reste à l’Etat). On en parle bien trop peu (cette fiscalité d’en bas est hors statistiques).
        La fraude est un élément de la fiscalité. L’ingénierie fiscale en est un autre et révèle le retard d’une ONU fiscale (et la compétition des états) sur la mondialisation. La fraude sociale est une lutte contre la misère, dans la plupart des cas.

      4. Chabian. Tout libertarien qui se respecte, qu’il soit capitaliste ou anticapitaliste, vous dirait que les fortunes colossales du classement Forbes sont pour la plupart le fait de situations de monopoles ou quasi-monopoles, au demeurant soutenues par des États.

      5. Quand les prélèvements obligatoires s’approchent de la moitié du PIB (45 % contre moins d’un tiers en 1960) les discours sur le consentement à l’impôt tendent à devenir à demi inaudibles quoique totalement visibles dans la cote de popularité des discoureurs ou dans le nombre de bonnets roses sur nos magnifiques 4 voies bretonnes gratuites.

  12. Une communauté humaine est à la fois diverse et doit cultiver une unité.
    La vie individuelle pour se maintenir doit satisfaire des besoins primaires, boire, manger, s’abriter des aléas climatiques, se soigner en cas de maladie ou d’accident…
    La vie collective a aussi ses besoins, entretenir les réseaux, gérer les déchets, s’occuper des malades et des plus fragiles…
    Je propose d’associer à des droits élémentaires gratuits, des devoirs élémentaires obligatoires à assurer quelque soit sa condition sociale.
    Ainsi le millionnaire devrait aller ramasser les poubelles, trier les déchets, s’occuper des plus pauvres….
    Ainsi le député devrait passer quelque temps aux urgences d’un hôpital, dans une ferme ou une PME….
    Ainsi chacun aurait une idée de la conditions de l’autre.

    1. « Ainsi le millionnaire devrait aller ramasser les poubelles, trier les déchets, s’occuper des plus pauvres…. »
      Faites gaffe, il y a de l’or dans les poubelles.
      Ils pourraient encore devenir plus riche.

      « Je propose d’associer à des droits élémentaires gratuits, des devoirs élémentaires obligatoires à assurer quelque soit sa condition sociale. »
      Je n’aime pas trop cette idée de devoir obligatoire mais je ne sais par quoi la remplacer et vous avez raison, chacun doit avoir une idée de la condition de l’autre.

      1.  » vous avez raison, chacun doit avoir une idée de la condition de l’autre.  » j’aimerais tant avoir une pratique de la condition de millionnaire.. ou de députée… ( Les conditions des urgences à l’hôpital je connais déjà ! )

  13. C’est le moment d’explorer d’autres pistes. Il y a de vrais avantages d’un RU mais les milliards nécessaires peuvent être directement alloués aux prestations utiles concernées. Pensez-vous qu’il y aura encore des gens motivés pour travailler si le nécessaire pour vivre est donné? RU ou gratuité, il faudra certainement rendre des comptes pour en bénéficier (vaccins…), la liberté semble menacée.
    Il s’agit d’un Revenu de base, qu’en sera t-il des revenus complémentaires et l’accès à l’emploi (tous les débats de baisse des charge et du code du travail resteront d’actualité)? Pour le logement aucun plafond n’existe pour pour les loyers alors que si c’était le cas même un rsa pourrait presque suffire. On va vers une paupérisation à un point que je n’aurais imaginé il y a 10 ans, le prix de l’électricité va grimper jusqu’à 5 fois d’ici peu et plus encore, les logements ne sont pas adaptés, qui va payer? Gratuité ou RU d’où viendra l’argent, machines et licences sont délocalisables.
    On peut se connecter dans les médiathèques ou autres espaces publics, inutile que chacun possède la fibre chez soi vu tout le matériel informatique qu’il faut avec. Il faut aussi légaliser la marijuana et en assurer la production et la distribution, sans dépendre des mafias du net ou ailleurs.
    RU et gratuité me semblent assez proches sur le principe et le fonctionnement, le RU garantit peut-être plus d’autonomie, la gratuité une meilleur efficacité, de toute façon cela ne remet pas en cause les inégalités.

  14. Le nombre d’emplois ayant tendance à diminuer, il faut trouver une ou des solutions pour que les personnes qui en sont privées ne se retrouvent pas, comme c’est le cas actuellement pour beaucoup, dans une détresse financière qui entraîne une misère sociale avec toutes ses fâcheuses conséquences que les observateurs de la société connaissent.
    C’est toute notre façon de vivre en société qui est à revoir. C’est ça la politique. C’est différent de la soupe que nous serve les médias.
    il y a du pain sur la planche!!!!!

  15. Vain débat, même si le sujet est intéressant, car on sera tous morts d’ici peu… Soit par extinction de l’espèce (thème de Paul Jorion), soit par l’une des nombreuses catastrophes qui nous pendent au nez. C’est à laquelle se déclenchera la première et entraînera par réaction en chaine toutes les autres.

    Pour paraphraser Jacques Chirac: « Notre maison brûle et nous, nous regarderons à côté ». J’ai envie de dire « nous sommes en train d’essayer de nous mettre d’accord sur la couleur et le motif du papier peint pour le salon.

    1. Un papier peint peut en cacher un autre, plus affreux,
      Bison, la colle super-puissante !

      Un revenu universel : voilà toute la valeur de base qu’ils accordent à nos vies !
      Deux petites pièces distribuées à chaque individu, jusqu’à rendre l’âme.
      N’est-ce pas, d’une autre manière, vouloir cacher la misère grandissante d’une population vivant sous le seuil de pauvreté, à une autre qui ne l’est pas encore ?
      Cacher cette misère sociale qu’on ne saurait voir, sous le tapis ! Tapis — non, sire ; c’est un « filet de sécurité » !
      Sécurité nécessaire, mais pour qui au juste ?
      On se le demande.
      Quel sera le « juste prix » de ce « moins-disant social »,
      de ce « juste assez bien pour eux » universel ?

      Sommes-nous devenus si peu de choses à nos yeux satisfaits, pour en si peu de temps, nous rétribuer aussi médiocrement en contrepartie d’une taxe sur les machines, à qui on laisse la part ingrate du travail. Mais après-demain… qui se fera la part belle ?

      1. « Un papier peint peut en cacher un autre, plus affreux,
        Bison, la colle super-puissante ! »

        Excellent ! 😉

    2. Un très vieux « Haiku » japonais (dont j’ai oublié le nom de l’auteur) disait :
      « Nous marchons sur le toit de l’Enfer…
      Et regardons les fleurs »

      1. Pas très vieux, au contraire même, ce vers de Kobayashi Issa.
        Mais n’entendant pas le Japonais je préfère une version originale française, celle de Cioran :

        Nous sommes tous au fond d’un enfer dont chaque instant est un miracle.

  16. Mettre le projecteur sur le revenu universel, bonne ou mauvaise solution, c’est réduire les êtres humains à la dimension de consommateur et, ce faisant, rester une fois encore dans le cadre.
    Bien entendu, cette ultime ressource revêt un caractère extrêmement important, puisqu’elle concerne la capacité de vivre à sa faim, dignement, avec un toit et un accès à l’hygiène, bref, ce qui devrait être le strict minimum strict pour chaque humain .
    Cependant, se focaliser sur ce revenu universel, c’est ne pas parler de toutes les autres composantes qui constituent un individu en général et un peuple en particulier, dont une qui me paraît aujourd’hui essentielle ; celle d’influer sur son destin, c’est à dire de participer aux décisions, de choisir, même en ce qui concerne le revenu universel.
    Car enfin, les seuls choix qui lui sont autorisés sur sa vie ne concernent essentiellement que l’endroit où habiter, les personnes qu’il fréquente, la consommation et les activités sur son temps libre. Ah, si ! J’oubliais ! Il peut régulièrement choisir des dirigeants qui lui imposeront le destin commun qu’ils auront décidé sans lui demander son avis et sans qu’il puisse influer sur ces choix primordiaux.
    A aucun moment, il ne peut participer personnellement aux choix qui, pourtant, conditionnent sa vie au quotidien et ont une influence dessus; choix énergétiques (nucléaire, énergies renouvelables…), choix des politiques mises en œuvre dans tous les domaines (santé, éducation, travail, finance…), choix des lois, choix des institutions. Pas touche au cadre ! On décide pour vous ! On décide aussi de notre salaire ! On décide de la durée et du montant de nos retraites ! On décide des lois dans notre intérêt et celui de nos amis dirigeants économiques ! On est parfois mis en examen, parfois condamné mais jamais vraiment pénalisé et surtout, jamais de prison !

    Il est très probable qu’il en sera, encore une fois, de même pour le revenu universel. Nous pouvons en discuter des heures, même nous mettre tous d’accord, une fois élus, les dirigeants, quels qu’ils soient, feront ce qu’ils voudront, quand ils le voudront, sans nous demander notre avis, qu’ils aient été pour ou contre, ainsi que pour les autres sujets.
    En ce qui me concerne, cette question du revenu universel est aussi un os à ronger qui amène à ne pas remettre le cadre en cause : on vous donne de quoi consommer et, en contrepartie, on continue à décider de tout le reste, en conservant nos privilèges ! Et surtout, il n’y a aucune raison de remettre en cause le système car, enfin, voyez comme on pense à vous !
    Alors c’est reparti pour un tour, la grande comédie quinquennale reprend ses droits. On a remplacé la finance ennemie par le revenu universel et surtout, qu’il ne vienne pas en tête aux gens du peuple, ces populistes, d’imaginer qu’ils puissent agir sur leur destin commun par eux-mêmes ! Soyons sérieux, on est en train de choisir un chef pour ça, même s’il y a un tel manque de légitimité qu’il faut parfois s’arranger avec les chiffres qu’on donne en pâture.
    Il faut que tout change pour que rien de ce qui concerne le cadre ne change !
    Jusque quand ?

  17. Qu’est-ce qu’un revenu ? Nous sommes tellement habitués au salariat que nous pensons le revenu comme découlant d’un type de travail. Or, le revenu est une part de la richesse de la collectivité. Par exemple une part du silo de grains détenu par le chef de tribu ou le grand homme. Cette richesse est produite par les pratiques collective de cueillette de la ressource naturelle et celles de travail de culture et transformation. Bref la communauté organise des travaux pour produire la richesse commune. Et distribue à chacun une part de revenu. Cette part est variable selon la richesse annuelle et socialement inégalitaire, on peut se demander pourquoi. Si on ne part pas de cela, on pose d’office des biais dans le débat.
    Penser le RU comme un ersatz des allocations sociales est erroné, car cela le situe hors champ du salaire et représentatif d’un non-travail et débouche sur la question : que vaut encore le travail ? qui est le champ de la compétition entre travailleurs sur la valeur inégale des salaires. Compétition ‘ridicule’, comme l’a montré Piketty (1998) : les salaires sont restés avec des écarts identiques, malgré leur multiplication par cinq durant les 30 glorieuses ; et cela concerne quasiment 95 à 99 % des gens. (Et peu de revendications sociales visent une réduction de ces inégalités salariales). Et les salaires restent relativement stables durant les crises et les guerres. C’est le patrimoine (qui concerne 10 % des gens) qui permet les principales inégalités et les plus criantes. Nous sommes jaloux de faibles différences salariales alors que les vraies richesses sont hors d’atteinte (et nous fascinent). Ces richesses s’effondrent par les crises et les guerres (et l’inflation liée) ; mais c’est une autre question.
    Le RU énerve l’enjeu de cette compétition salariale ‘minable’.
    Car l’enrichissement est un élément puissant (parmi d’autres) de la motivation à donner le meilleur de soi dans le travail. Les accusations de paresse, d’ivrognerie, de farniente (Valls) etc. sont une réponse à cet énervement. (Des tas d’avantage en nature et autres niches fiscales pour salariés devraient énerver aussi le débat, mais elles sont mieux cachées — c’est aussi un autre débat).
    La collectivité doit une part de richesse suffisante à chacun de ses membres. Elle doit en attendre une part de travail également. (Vaste débat de l’obligation de travail, socialement imposée par la pénurie de revenus ; rappelons aussi que les allocations de chômage ont été amputées en Belgique, du droit individuel à 60 % du salaire brut dans les années 70 à une misère du ménage en 90 et après). Aujourd’hui notre organisation sociale refuse le droit au travail à 15 % de ses membres, et refuse un revenu décent à ce 15 %, mais ce revenu indécent est encore trop pour ceux qui gagnent à peine plus. Nous tolérons un revenu plancher mais nous revendiquons d’être plusieurs marches au dessus du palier pour travailler. Tout en convenant qu’il faut aussi récompenser la volonté d’entreprendre.
    Cette compétition dans l’escalier social est aussi une composante de l’affirmation virile (Johm Stoltenberg). Nous ne nous en libérerons hélas ! pas facilement…
    Enfin les « gratuités » de la santé et de l’enseignement ne sont pas tombées du ciel, ce ne sont pas des « besoins de base » mais des choix politiques. Elles résultent de la solidarité (des protestants puis des démocrates pour l’école, des ouvriers coalisés pour la santé) et sont progressivement devenues universelles (programme de la résistance). Ce sont des acquis, imposés.
    Je ne suis pas sur que partir d’un concept de « gratuités de base » soit plus éclairant.

    1. les salaires sont restés avec des écarts identiques, malgré leur multiplication par cinq durant les 30 glorieuses

      Pas en France. C’est après 70 seulement que le salaire minimum, avec le Smic remplaçant le Smig, a cessé d’augmenter moins vite que le salaire moyen ou les hauts salaires.

      1. J’ai lu et Piketty lui-même te confirmerait qu’il a fallu attendre 68 puis le Smic pour que le salaire minimum augmente autant que le salaire moyen (et ne parlons pas du Smag des salariés agricoles…). De même il te dirait que le niveau de vie relatif des smigards et petits retraités ne s’est vraiment amélioré qu’à la sortie des glorioleuses.

  18. Etrange: plusieurs critiques du RIE (revenu inconditionnel d’existence = RU) vont dans le sens de « Il ne résoudrait pas tous les problèmes ». Exact, mais aucune mesure n’a ce pouvoir de panacée. Le RIE n’est finalement qu’une simplification radicale des couches multiples et progressivement incompréhensibles (et consommatrices d’énergie humaine) que sont les mesures sociales destinées à garantir une vie digne (RSA en France, RMI (revenu minimal d’insertion) en Belgique) conditionnées par des contrôles mesquins et une obligation de chercher un boulot qui n’existe quasi plus. Les autres bénéficaires du RIE verraient ce revenu s’ajouter à celui préexistant, le verraient soustrait par son addition à leur imposition. Mais l’immense avantage du RIE est de libérer de la peur du lendemain, de l’obligation du salariat et autres héritages d’un passé qui nous contraint toujours. Il permet aussi à certains (certes minoritaires de se lancer dans des activités créatrices mais risquées).
    Mais il est évident que la révolution que serait le RIE ne peut se faire qu’accompagnée d’une modification profonde (et brutale) de la fiscalité (qui redeviendrait progressive, avec RMA (Revenu maximal admissible) et maintien des protections sociales existantes (chômage, sécu pour les soins, etc.) que la droite verrait bien disparaître).
    La prudence conseille donc de passer par l’étape plus progressive des DIA (dotations inconditionnelles d’autonomie), c’est-à-dire la gratuité ou quasi-gratuité pour les biens de première nécessité (eau, énergie, logement, santé, éducation, culture, alimentation de base…). Cela a l’avantage de pouvoir se mettre en place progressivement et d’aider à faire entrer dans la mentalité collective que, non, il ne faut pas « gagner son pain à la sueur de son front » et autres héritages de siècles de dolorisme, de travaillisme et de productivisme.
    Lourde tache rendue plus difficile encore par la mobilisation des forces de l’argent qui sont bien conscientes que le RIE serait le début de la fin de leur domination sans partage.

  19. Il y a une quinzaine d’années, en Belgique, le parti « Vivant » avait proposé le RU. Grande campagne d’affichage durant les élections. Grosse rigolade des politiques, incrédulité et incompréhension du principe chez la plupart des gens. Aujourd’hui, c’est devenu une formule bateau et comme le disait M. Jorion, l’auberge espagnole. Pourquoi cette soudaine notoriété de l’idée ?

    Le hasard fait que je termine le nouveau livre de Natacha Polony « Bienvenue dans le pire des mondes » . Voici ce que j’y lit…

    H.P. Martin et H. Schumann décrivent dans leur livre « Le piège de la mondialisation » (1) une réunion à l’hôtel Fairmont en 1995, de Gorbatchev, G. Bush, Thatcher, V. Havel, Gates, Ted Turner et d’autres. Ils sont arrivés à une conclusion pragmatique: la société des 80/20.

    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept: -Deux dixièmes- et -tittytainment-. Dans le siècle à venir, deux dixième de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. » C’est Brzezinski qui a inventé l’expression tittytainment, combinaison de tits (qu’il utilise dans le sens allaitement) et entertainment : soit un cocktail de divertissement et d’alimentation suffisante qui permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète et d’empêcher sa révolte.»

    Vingt ans plus tard, devant la colère qui monte, apparait le concept de RU qui garanti au chômeur-consommateur un pouvoir d’achat minimal garanti…

    (1) Le piège de la mondialisation (Solin Actes Sud 1997)

  20. Bonjour,

    je m’étonne à chaque fois (et encore plus ici) que personne n’évoque en ces occasions les travaux de Bernard Friot (qu’on soit d’accord avec lui ou non).

    Le « salaire à vie » qu’il propose n’est qu’une partie du travail qu’il organise autour de cette notion, et si ses positions sont radicales, elles ont le mérite de répondre presque complètement aux questions qui se posent ici.

    http://calebirri.unblog.fr/2014/09/08/le-salaire-a-vie-contre-le-revenu-de-base/

    1. La difficulté de la proposition Friot, c’est que c’est l’ancien système soviétique. J’imagine que tout le monde a peur que si l’on acquiesce à cette partie du système, tout le reste revienne avec (bureaucratie, rigidité, surveillance de chacun par tous les autres, etc.).

      1. C’est bien pour cela que je milite en faveur d’une nouvelle Constitution plus démocratique, destinée à faire barrage aux dangereuses tentations d’un tel système.

      2. D’accord avec Paul.
        Bernard Friot, en bon économiste Marxiste, considère le prix comme reflétant la valeur: valeur économique d’une part et valeur d’usage d’autre part.. Dans ce cadre, le travail possède une valeur objective que capte le capital pour ne rendre que la valeur économique et empocher la différence.
        Ainsi, propose Friot, il nous suffirait d’étendre la cotisation sociale à 100% de la Valeur ajoutée (valeur objective selon lui) et de la redistribuer entre nous (salaire à vie + salaire indirect (maladie) + part de l’investissement).

        C’est méconnaître les travaux de Paul Jorion qui a juste titre nous rappelle que le prix n’est nullement le reflet d’une valeur quelconque, mais celui d’un rapport de force.
        Par exemple, si les salaires stagnent de nos jours, c’est avant tout parce que les gains de productivité mettent en défaveur des travailleurs face au capital.

        Ainsi, si nous accaparons 100% de la valeur ajoutée et faisons ainsi disparaître le capital, quelle institution devra émerger pour faire exister un rapport de force (sans quoi, les prix n’auraient aucune réalité) ? A part un système bureaucratique qui aura l’autorité de fixer les prix, je ne vois pas.

  21. Il faut sans doute souligner que tous les cadeaux fiscaux aux entreprises pour créer de l’emploi ont été inefficaces, tandis que le RU pourrait soutenir l’économie locale par des flux entièrement dépensés. Le Ru peut donc être financé par ce biais, récupéré sur les cadeaux fiscaux. Ceux-ci sont justifiés par la « compétitivité », qui n’est que la comparaison d’un moins-disant fiscal entre Etats et une spirale inefficace vers le bas.

    1. Selon les estimations, le RU coûterait 10 ou 20 fois plus que les avantages fiscaux dont vous parlez. Même en supprimant toutes les niches fiscales (dont beaucoup sont utiles sur le terrain) on est encore dans un rapport de 10..
      Quand quelque chose est gratuit, c’est que quelqu’un paie pour vous (argent directement ou par sa force de travail non rémunérée.. et vous entrez dans le paradoxe du travailleur non payé qui rémunère un inactif..). Si vous souhaitez rester en démocratie, le choix de ce quelqu’un ne peut pas être arbitraire, tout porte à croire que si vous avez 2 mains pour taper sur un clavier vous avez le strict nécessaire pour aller bosser gratis au nom de la collectivité.

      1. Mais nous travaillons si nombreux pour être payés sous la moyenne des salaires et bien plus sous la moyenne des revenus (salaires, revenus mixtes, revenus du patrimoine). Donc nous payons déjà les ‘gratuités’. La spéculation et tout le reste tire les marrons de notre feu ! Le RU va payer quelques inactifs ? Qui refuse d’organiser du travail parce que ‘pas rentable’ ? Les vrais inactifs sont ceux dont le patrimoine travaille pour eux à voler la collectivité (pardon, à la capitaliser en banques exotiques).

  22. Paul a raison, le RU est un « dérivatif récupérable » comme l’explique ici Michel Husson: http://wp.me/p5oNrG-vXR
    et l’alternative, c’est le développement de la gratuité, mais aussi le salaire à vie.
    Concernant la critique du RU, que certains appellent aussi le revenu de base (RB), j’ai reçu hier, suite à la « victoire » de Hamon, deux recherches très riches d’articles critiques:
    REVENU DE BASE:
    http://www.anti-k.org/?s=Revenu+de+base
    REVENU UNIVERSEL:
    http://www.anti-k.org/?s=revenu+universel

  23. Droit opposable ?
    -A la santé
    -A l’alimentation ( sans intrants ni pesticides !)
    -Au logement
    Et cela gratuit ?
    C’est un début de paradis. ça va coûter une blinde !
    Comment on ponctionne les 8 plus riches du monde?

    1. Les huit suivants sont encore très riches aussi. Mais pensez-y : si Robin des Bois se contente de voler les 8 plus riches, on double déjà ce que reçoivent les 3,6 milliards les moins riches. Ça mérite qu’il y réfléchisse non ?

      1. Non, avec l’équivalent liquide des capitaux fictifs des 8 zigs de Forbes, Robin se contenterait d’ajouter un peu plus de 0,5 $ par jour pendant un an au compte de chacun des 2,3 milliards d’adultes les plus pauvres ou les plus endettés d’Oxfam.
        S’il se contentait de redistribuer aux mêmes les 5 % supposés de rendement du patrimoine des 1800 milliardaires de Forbes, c’est 0,4 $ qui s’ajouterait à leur pain/gain quotidien.

  24. Je rapporte ici la conclusion d’un débat sur la Rtbf ce 08/01/17 par Philippe Van Parijs qui travaille sur le RU de puis le début des années 80. A la question du journaliste qui lui demandait à quelle échéance il estimait la possibilité d’instaler le RU il a répondu : « J’espère de mon vivant (il a 65 ans) mais une prévision est impossible. Il faudra pour cela une coalition de 3 éléments au bon moment
    1- des botteurs de cul qui en on marre des conservatismes et du système actuel bloqué par les visions bornées des gens qui nous dirigent.
    2- des visionnaires qui ne se contentent pas de rêver mais qui réfléchissent à la faisabilité économique du nouveau système.
    3- des bricoleurs pour l’insérer en douce dans le système existant.

    Si l’on ne veut pas que le sang coule, cette analyse me paraît la plus réaliste que ce soit pour le RU ou la gratuité. Le fait qu’on en parle de plus en plus, que des expériences soient posées comme en Finlande, que le seul qui en parle gagne la primaire même dévaluée de la gauche montre que le débat s’ouvre et permettra peut-être une solution qui reportera la disparition de l’espèce…

  25. Revenu de Base ou gratuité, n’y aurait-il pas une troisième voie ?
    Je pense que si et je me permets de vous la soumettre.

    Tout d’abord, regardons où nous voulons aller.
    Il s’agit d’engager la décroissance dans une société vivable (la décroissance viendra d’elle même, c’est à nous de choisir si nous préférons la subir (société de type Mad Max) ou bien l’organiser équitablement).

    Paul Jorion a déjà attiré notre attention sur le fait que la décroissance n’est pas pensable dans une société capitaliste pour la simple raison que le capitalisme nécessite la croissance.
    Prenons comme définition du capitalisme la capacité qu’a l’argent de gagner de l’argent.
    De fait, je remarque que dans notre société, il est indispensable de d’abord posséder de l’argent avant de pouvoir en gagner. C’est vrai pour le capital bien sûr, mais aussi pour les travailleurs: ainsi un salarié doit d’abord dépenser dans sa formation, sa recherche d’emploi, se payer un véhicule, etc… avant de pouvoir espérer trouver un travail. Personnellement, je travaille dans un secteur tellement concurrentiel que les jeunes payent pour travailler, espérant ainsi acquérir de l’expérience !
    Quel paradoxe que ceux qui n’ont pas d’argent sont interdits d’en gagner alors que ceux qui en ont penvent en gagner d’avantage !

    Je propose d’inverser cet état de fait en posant le principe suivant: il est interdit à toute personne possédant de l’argent d’en gagner.
    Cela implique bien sûr d’interdire la spéculation (proposition maintes fois répétée par PJ) mais aussi les dividendes et même la part profit du taux d’intérêt.
    Concernant le travail, on interdirait à tout employeur d’embaucher toute personne disposant d’un capital au moins supérieur à an de salaire, par exemple.

    Je prétends que ce système serait équitable, non confiscatoire et insciterait à la décroissance:
    – les riches conserveraient leur richesse et seraient libres de la consommer comme ils l’entendent. Après épuisement de leur capital, il leur faudrait se présenter sur le marché du travail
    – cette société, bien qu’étant non capitaliste, resterait une économie de marché: le marché des biens existerait toujours ainsi que le marché du travail, avec de hauts et bas salaires
    – les gens seraient incités à consommer moins: en effet, plus vite vous consommez votre capital, plus vite vous dervrez retourner au turbin pour reconstituer votre petit capital. Les économes seront récompensés.
    – le profit est la part de surplus produite. C’est donc une part inutile car prise en trop sur la nature et qu’il faudrait supprimer. De nos jours, nous sommes encouragés à produire plus (« travailler plus pour gagner plus »), générant plus de profit que nous sommes ensuite encouragés à consommer pour permettre à d’autres de faire du profit. Ainsi nos sociétés aboutissent à cette idiotie où nous ne produisons plus pour répondre à des besoins mais uniquement pour faire des profits. Je pense que mon principe abolirait le profit.

    Reste le problème de l’investissement, toujours indispensable et qui serait ici empêché.
    De nos jours, la décision d’investissement est uniquement analysée sous l’angle du profit. Même si un investissement est utile à la société, il ne sera pas engagé tant que l’assurance de profit n’est pas assurée. A l’inverse, tout investissement jugé rentable sera effectué même s’il est délétère.
    Les travaux de Bernard Friot me paraissent une bonne piste pour orienter plus efficacement l’investissement que ne le propose le système capitaliste (captation d’une partie de la valeur ajoutée réservée à l’investissement puis redirigée après décision d’un conseil des acteurs concernés en fonction de l’échelle)..

    Que pensez-vous de ma proposition ?

    1. Prenons comme définition du capitalisme la capacité qu’a l’argent de gagner de l’argent.

      Voui, commençons par imposer une définition « alternative » (quoique trumpo-incompatible), si possible absolument détachée de tout sens commun un chouïa éclairé, si possible compatible avec une définition d’un Aristote ou des religions du Livre comme résolument et expressément anticapitalistes…

      1. « Prenons comme définition du capitalisme la capacité qu’a l’argent de gagner de l’argent. »

        Mais c’est bien ça le capitalisme ! C’est quoi d’autre, vigneron ? J’aimerais bien t’entendre.

      2. @Vigneron – Certes, le prêt à intérêt a existé avant la domination capitaliste mais il était très minoritaire et condamné par quasi toutes les morales. Il y avait aussi des mécanismes de destruction des dettes accumulées. Aujourd’hui, l’inflation n’étant plus là, la querre semble la seule manière de supprimer les dettes accumulées.
        Depuis 200 ans le capitalisme s’est imposé comme norme. Avant il y avait une société AVEC marché. Maintenant il y a une société DE marché car celui-ci est la condition nécessaire à l’avènement du capital.
        La concentration du patrimoine s’accélère et ce n’est plus par le travail salarié que l’on peut entrer dans la cour des grands. J’ai bricolé un graphique de la répartition du patrimoine en Belgique, pays très égalitaire par raport à d’autres. C’est une courbe exponentielle où me limitant au percentile 100 (les « 1% ») je ne savait même plus comment ne pas sortir de la feuille par le haut si je voulais que l’on voie encore les 2 ou 3 premiers déciles. L’indécence morale n’indignant plus assez, ce sera donc l’impasse économique qui mettra fin au scandale (si l’extinction de la lumire n’arrive pas avant…).

  26. Que le revenu universel de base puisse faire disparaître l’humiliation ressentie par les bénéficiaires de l’aide sociale, je n’y crois pas. Qu’ils gueulent, qu’ils se terrent, quand ils n’osent plus, quand ils rêvent éveillés, ils luttent contre cette stigmatisation qui n’est pas qu’un effet subjectif de l’exclusion du lien social; ou plutôt, ils sont autant stigmatisés mais de façon plus douce mais aussi pernicieuse que ceux qui « bénéficiaient » du placement ouvrier au XIX Siècle. Et aussi contrôlés: l’Etat sait où ils sont. Le placement et l’intermédiation qui leur est proposés actuellement devrait aussi s’atteler à travailler sur les effets de cette stigmatisation subjective et/ou organisée pour chaque cas. Pour cela il faut (ceux qui œuvrent du côté du placement) vouloir s’affranchir du mouvement actuel qui fait de l’homme une machine à reproduire des procédures de travail avec un besoin de nourriture et de télévision. Et aller plus loin qu’un jugement porté (ils boivent, ils sont feignants, ils trichent…) quand ce modèle ne fonctionne pas.: entendre l’autre sur ce qui ne tient plus chez lui.
    Que ce revenu universel soit ou ne soit pas mis en place ne changera pas grand chose dans le quotidien de ceux pour qui il serait susceptible de faire du bien.

  27. J’avais écris ce texte dans la foulée du référendum sur le RBI en Suisse en 2016
    RBI = CPI
    Lors de la campagne du référendum, le débat sur le Revenu de Base Inconditionnel est resté en deçà des enjeux. A droite, on a projeté avec facilité la caricature du roi fainéant, le glandeur assisté par essence, à gauche, à l’exception de quelques-uns, on a voulu s’accrocher au mythe que le plein emploi peut et doit résulter d’une décision politique qui pourrait faire fi des contraintes économiques.
    RBI = Contribution Publique Individualisée. L’enjeu du RBI est de donner de la valeur à une multitude d’actions citoyennes qui sont trop fragmentées pour être monétisables et qui pourtant ajoutent de la valeur à la société. Le soin des enfants, qui incombent encore trop souvent aux femmes, le bénévolat dans des associations et toutes ces actions généreuses que la très grande majorité des citoyens à plaisir à faire mais qui n’ont pas de visibilité comptable car victime du syndrome du bean counting accountant (le comptable compteur de haricots) qui ramène tous les échanges à une stricte métrique monétaire non-négociable.
    Parallèlement, le travail se fragmente et les entreprises, qu’elles soient avec ou sans but lucratif, évoluent vers des modèles d’affaires qui ne sont pas toujours en mesure de garantir un plein temps. Songez aux emplois précaires dans les services. Et croire qu’il suffirait d’une injonction politique pour forcer l’entreprise à assurer un salaire minimum est une illusion. Si l’entreprise, évoluant dans une économie de marché, ne parvient pas à couvrir ses charges opérationnelles de manière structurelle, elle n’exercera tout simplement plus cette activité et l’employé restera quand même sur le carreau.
    Le RBI apporte un fluidifiant qui permet à des personnes morales (entreprises, associations) de mettre en œuvre des modèles d’affaires pérennes. Enfin, l’assurance de pouvoir compter sur un RBI, diminuerait sans aucun doute l’angoisse de se retrouver sans domicile fixe et permettrait à chacun à mieux se projeter dans l’avenir.
    La question du financement, aussi, a été mal posée. En considérant le RBI comme un montant fixe, tel un salaire qui serait dû, ses promoteurs ont révélés qu’ils n’avaient toujours pas intégré la notion d’économie de marché et se sont retrouvés piégés. Les ressources financières allouées au RBI doivent être une fonction du Produit Intérieur Brut dont le taux serait déterminé par le parlement. Ce taux resterait fixe le temps de la législature afin de donner de la visibilité aux citoyens et aux acteurs économiques privés.
    En fluctuant en fonction de l’activité économique, ce mode de financement permettrait de créer un équilibre homéostatique où, si le nombre de personnes réduisant leur temps de travail rémunéré augmentait, les ressources disponibles pour le RBI diminueraient incitant les gens à retrouver un travail ce qui rétablirait l’équilibre.
    Le financement du RBI proviendrait de la consolidation de toutes les aides sociales actuelles et le solde d’une commission (flat tax) sur les transactions financières. Cette ponction est d’autant plus justifiée que le système financier fonctionne de plus en plus hors sol, que les banques appliquent des taux d’intérêt négatif, que la BCE, après avoir cédé au quantitative easing (la planche à billet) commence à racheter les dettes des entreprises et envisage même de procéder à des injections de cash directement au niveaux des ménages (helicopter money). Collecter une taxe sur les transactions financières permettrait tout simplement de réinjecter du cash dans l’économie réelle.
    Le système capitaliste est un prodigieux système de production de richesse mais a aussi la fâcheuse tendance à concentrer le capital dans un nombre de plus en plus réduit de mains ce qui contribue à l’atrophie actuelle de l’économie.
    La monnaie est ce qui rend possible les échanges et, par extension, permet de matérialiser la société. La place du marché, où les citoyens jadis, pouvaient se rencontrer, est devenue virtuelle. Il est donc impératif de la matérialiser. Le RBI, en permettant aux citoyens de participer à des activités par forcement rémunérables comme tels, contribuera, sans aucun doute, à cet objectif.
    L’initiative, largement refusée, marque toutefois le baptême d’une réflexion nouvelle. Cela prendra du temps, il faudra convaincre, tester, ajuster mais la question du RBI restera à l’ordre du jour.

      1. Est-ce le problème le plus urgent ? Pour eux c’est une paille,un fétu, d’autant qu’on prendra l’argent sur leurs entreprises et donc leurs dividendes. Nous leur offrons un système de santé et d’enseignement et c’est aussi immoral. Non, c’est leur capacité à s’en passer qui est immorale. Aujourd’hui le R de remplacement est conditionné et c’est qui qui est soupçonné et qui ne le demande pas ?

      2. La présentation du RBI par François Rossier correspond exactement au principe de la compensation keynésienne inter-étatique où chaque État de droit souverain régule sa masse monétaire propre par le prix de sa fonction sociale assurantielle de l’existence de chaque citoyen. Le RBI est macro-économiquement défini comme quote-part minimale due à chaque citoyen sur l’ensemble de la valeur ajoutée produite. La valeur ajoutée subit une double monétisation par le système financier sur la base des transactions inter-individuelles et par l’État providence sur l’équilibre besoin-ressources à l’échelle de la souveraineté nationale.

        Il y a donc avec le RBI démembrement de l’étalonnage réel de la monnaie entre transactions privées inter-individuelles et transaction politique publique monétaire de l’équilibre sociétal judiciaire national emplois-ressources. La transaction politique de l’équilibre monétaire de souveraineté judiciaire réintègre en monnaie nominale dans le calcul économique national toutes les productions non marchandes de valeur ajoutée reconnues contributives par la loi au bien-être des citoyens. La monétisation de la valeur ajoutée non marchande en liquidité numéraire de règlement marchand se fait par la fiscalité.

        Chaque transaction de valeur marchande est taxée en fonction du capital, de la plus-value, de la situation individuelle des transacteurs, et du revenu minimal personnel garanti. La compensation financière générale de toutes les transactions marchandes et non-marchandes a alors pour but d’appliquer les droits sociaux individualisés ; de rémunérer le travail marchand en monnaie liquide et non marchand en numéraire social ; et de financer le numéraire social par la fiscalisation du capital et de la valeur ajoutée marchands.

        Le RBI est un système d’intégration de l’économie non marchande de la gratuité dans le calcul des prix et de l’équilibre emploi-ressource sociétal. Le médiateur d’intégration est l’État de droit démocratique par l’instrument financier de la fiscalité calculable en nature par rapport au droit réel individualisé de chaque citoyen. Le système d’information matérielle d’une telle économie est la chambre de compensation centrale publique assurée par une association d’États souverains dans une zone monétaire commune. Dans cette compensation, chaque État est une banque de dépôt des droits individuels, des métiers, des revenus personnalisés et des étalons monétaires fiscaux.

      3. Nous leur offrons un système de santé et d’enseignement et c’est aussi immoral. Non, c’est leur capacité à s’en passer qui est immorale.

        Hé hé, c’est quasi ce que disait Minc il y a quelques années en parlant des dépenses de santé de son père cancéreux si je me souviens bien…

      4. Ouais, c’est à peu près ça :

        La collectivité française a dépensé 100 000 Euros pour un homme de 102 ans, c’est un luxe immense, extraordinaire, pour lui donner quelques mois ou je l’espère quelques années de vie.
        Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants-droit ont des moyens, que l’Etat m’ait fait ce cadeau à l’œil, et donc je pense qu’il va falloir s’interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux, en mettant à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un, ou le patrimoine de leurs ayants droit.

        Le libéral préfèrera toujours l’équité à l’égalité.
        http://www.agevillage.com/actualite-4861-1-cinquieme-risque-alain-minc-recuperation-patrimoine-personne-agee-financement-dependance-autonomie-.html

      5. Mais parce que Vuitton n’en a rien à f… aire, que sur ce revenu là au moins il paiera un impôt et surtout, surtout, parce que l’inconditionnalité permet de libérer des millions d’individus des contrôles mesquins et obligations irréalistes pour quelques nababs qui ne verront pas arriver la goutte d’eau du RU dans leur océan de bien mal acquis.

  28. Le pouvoir de l’argent organise nos sociétés. La fascination limbique de la propriété de l’objet garantie sa circulation. Bannir partiellement sont utilisation est totalement exclu du point de vue du grand Moloch.
    Aux US, les « food stamps » sont distribué à 43 millions de personnes, un RU V0.0.2 qui mérite le coup d’oeil : http://www.trivisonno.com/food-stamps-charts.
    Peut-être le troc augmenté (internet), c’est plus local ?

      1. Conférence au MIT, Beck…

        Liberals and democrats think that everybody is stupid and therefore they need somebody from one of the school within two or three miles of here to tell them how to behave themselves. Republicans don’t think that everybody is stupid but that everybody is lazzy, therefore they require their police forces and corporates laws to make them up and go to work.
        If there is anything that horrifies a republican is seeing somebody with an illicit smile, because somebody going around with this illicit smile, you know, what they are up to ? but one thing you know is : he isn’t working hard.

        https://youtu.be/gmKI7psLnd4?t=13m6s

  29. @ Macarel

    Pardon mais il me semble avoir mal compris votre propos quand je relis ceci « ….L’exemple venant du haut, les « grands artistes » de l’évasion fiscale non repentants devraient faire l’objet d’une déchéance de nationalité … ». J’y ai entendu deux choses et vous ai prêté des intentions que vous n’avez peut être pas. Dans les mots « artistes » et « exemple » j’y ai projeté mon interprétation de sens, et ai mal entendu que vous parliez donc de « pros » de « l’évasion fiscale ». Ce que je rajoute à votre propos est mon interprétation de spécialistes de la lâcheté fiscale déguisée en victime pour justifier qu’elle n’avait pas à se repentir. Votre proposition de « déchéance » m’a quelque peu dérouté et mis en position de défense, tant je connais un sens trop péjoratif et négatif de ce terme, et qui a eu plaisir à l’instrumentaliser en premier dans des débats « sociétaux »…

    Peut-être réagissez vous en réaction opposer et par provocation à ce que ce mot de « déchéance » porte encore comme sens lourd de connotation négative, indigne… mais je peux comprendre aussi qu’il devienne urgent de ne pas laissé dans des « mains invisibles », d’anonymes quelconque, de comptes aux nom de « personnes morales », de trusts et autres fondations, etc, un quelconque pouvoir d’influence d’opinion publique (médias de masse, etc) et de décisions démocratiques (lobbying contre une audition indépendante des dettes publiques illégitimes, illégales, odieuses… par exemple, , etc)… voire un « droit de vote anonymisé » (un suffrage censitaire quoi)… Je vous rejoins donc sur le reste de vos propositions y voyant certaines similitudes avec ce que qu’explique très bien M. Pierre Sarton du Jonchay dans certains de ses billets.

    @ Michel Lambotte

    Espérant avoir rétablie quelque peu de clarté dans le dialogue et ma réaction faussée des le départ que j’ai eu avec @ Macarel, rendant mon commentaire inapproprié à répondre à ses propos, me mettant hors sujet quoi… je vous rejoint sur votre propos tout en ignorant de quel « point de pivot » il s’agirait de sectionner pour empêcher de nuire ceux qui sont « aux manettes ».

    @ Chabian

    Il pourrait être remercié ce que cette formule laisse penser de ce que la misère induit comme comportement de « masse », si elle n’allait pas dans le sens que le fhaine aime à instrumentaliser « …La fraude sociale est une lutte contre la misère, dans la plupart des cas … ».

    A ma connaissance c’est ce parti qui parle le plus de « fraude sociale », même s’il n’en a pas encore renversé son sens comme vous le faites. Mais comme l’élection de Trump nous l’a démontré : rien n’est plus… comme il est prévu qu’il soit… comme certaine certitude voulait l’y placer… en apparence tout du moins. Jusqu’à présent il, ce parti de fascisme en col bleu, s’est contenté d’en attribuer la « source », l’origine, la « nature », de la « fraude sociale » estimée selon lui à 70 milliards d’euros (rien que ça…?) aux aides sociales (entre autre CMU, aides aux logements, cumuler un « travail au noir » et des prestations chômage, le RSA, etc) distribuées aux « étrangers-ères », qui pour ces derniers-ères tricheraient pour en avoir plus ou s’en accaparer des droits (comme le mythe des « étrangers-ères » réfugiés-es venant nous piquer notre travail) qu’ils-elles ne « mériteraient pas »…

    Parler ainsi de la « fraude d’en bas », en affublant à un bouc émissaire taiseux, « qu’on » (le refus du droit de vote des « étrangers-ères », et d’accueil… et sa continuité exacerbée dans la volonté de « déchoir » plus vite que son ombre… est une réalité de fait des alternances droite/gauche et centre compris) souhaite sans « représentativité » réelle, institutionnelle, politique, est-ce honnête… ? En affublant à ce bouc émissaire le rôle du mythique méchant, du bourreau en cagoule, de celui ou celle qui est présumé vous mettre un pistolet sur la tempe pour vous forcer à le faire travailler non déclaré (et à rester sans papier donc) dans votre entreprise, ou pour un particulier, à faire votre ménage, à récurer vos chiottes, sans que personne ne le sache, relève plus de la démagogie, de « l’immoralité » et de l’absence d’éthique que l’on retrouve dans les mécanisme de l’optimisation, loin d’être « exemplaire », ou bien des « externalités négatives » permettent à ce que l’exonération d’impôt, la lâcheté fiscale paraisse se justifier par rapport à ce que la « mondialisation » et « compétitivité » ont comme défaut « naturelles »… Des sortes de fatalités contre lesquelles ni la Politique ni le politique ne devraient rien faire parce qu’ils seraient censés ne rien pouvoir y faire (Macron dit au sujet des NON RECOURS par exemple que ce sont des « inégalités de destin », pour définir son ambition « progressiste »).

    D’un autre coté vous avez raison de rappeler ce que les collectivités locales…. ayant en « charge » entre autre… de redistribuer les aides sociales, ont vu leurs prérogatives s’élargir, leur besoin financier se multiplier (puisqu’elles sont, paraît -il encore « solvables », peuvent « s’endetter » à défaut de faire augmenter les impôts locaux… que ceux et celles votant ne veulent pas trop redistribuer… Et a défaut aussi de pouvoir se constituer ensemble contre la socialisation des dettes publiques illégales comme la « résolution » du scandale de Dexia, etc, l’ont démontré) en même temps que leurs subsides de l’Etat ont été diminué…

      1.  Aurais-je du préciser qu’elles conservent une capacité d’investissement (qui avec la corruption en fait des envieux d’appels d’offres aussi truqués que la passation de « marchés publics », etc) que même si l’Etat n’a plus (avec l’austérité, etc et son grand amour avec le verrou de Bercy, les « secrets d’affaires », la « raison d’Etat ») elle reste plus que convoitée par combien de banques systémiques, et autres finances obscures…?

      2. Euh, quand le remboursement du principal des crédits est budgétisé, ça va pas voir loin la capacité d’investissements, puisque ça s’appelle alors grosso merdo la capacité à lever des impôts.

    1. La taxe d’habitation et la taxe foncière ont augmenté de 15 % et de 35 % dans mon patelin en 6 ans. Soit un total passé de 2000 euros à 2600 euros à peu près. Pour quelqu’un qui n’atteint pas le revenu où un IPP s’applique. Voilà pourquoi je parle des taxes locales.

      1. Mais je suppose que nous sommes des millions dans ce cas. Quel est le constat chez vous ? Et je n’imagine pas des millions de françaises et français se réfugier ailleurs : quel campement me conseillez-vous ?

  30. Attention la longueur de la phrase veut tenter d’expliquer la complexité du court des événements, et surtout des incertitudes sur les effets et causes les ayant déclenché…

    Alors que les « réformes structurelles » menées sur les territoires, concernant leurs institutions (« doublons », etc) qui entre autres distribuent le RSA, etc… et de manière arbitraire gèrent les NON RECOURS, les discriminations à l’accès aux logements sociaux, et droits, etc… dans la honte de la continuité d’un silence politique des alternances, d’un silence coupable… en plus de celles « réformes » que les 49.3 ayant pondu des « lois scélérates » ont imposé à l’absence de débat parlementaire (qui ne peut ^réver » d’arbitrer comme d’habitude le clientélisme carriérisme, les conflits d’intérêts, que les aides publiques aux entreprises lui ont permis jusqu’à présent…?), voire au mépris du dialogue sociale qui proteste aussi sur le CICE, pacte de responsabilité, ses cadeaux faits sans contreparties aux patrons et actionnaires, censés compenser la baisse des cotisations sociales patronales, etc, par la hausse de « l’impôt injuste », restant néanmoins un assistanat d’une « politique de l’offre » inefficace pour lutter contre les inégalités, la précarité et pauvreté, par la création d’emploi (du travail de plus en plus ubérisé, de l’ordinisation)…, alors qu’elles ont ces premières « réformes » « légitimé » et la prétention « anti-système » du fhaine, rentrant dans un jeu de triangulation politicarde… et lui ont permis de conquérir au fhaine de nouvelles « féodalités » ou le dialogue sociale s’est délité à tel point que la victoire du fhaine est due qu’à la progression de l’abstention (comme aux élections européennes)… les trahisons, les reniements, les abandons d’engagements (à lutter contre la finance, « l’ennemi sans visage » ( ?) et notre dépendance à celui ci – dettes publiques explosées après la socialisation des pertes et dettes privées pourries, Dexia, Libor, Subprime, etc), venant en second plan pour les contribuables directs, patrons, etc, voyant d’un œil intéressé l’impunité, le fait de « dégriser » des fraudes aux cotisations sociales patronales, à la TVA, etc à égale considération que les lois destinées à lutter contre l’immoralité de l’optimisation ont échoué à être amendé, voté, et appliqué donc, pourquoi ne voit on pas se placer la focale du débat au sein des primaires du ps, du débat politique, civil, philosophique, sur la nécessité de mettre en place un « revenu universel … » et/ou la gratuité, dans le contexte actuel ou les prérogatives des aides sociales sont désormais attribuées de manière arbitraire aux « féodalités » territoriales ou dans certaines il est des « intentions » (de l’extrême droite à la droite extrême…) de supprimer la gratuité des cantines scolaires, de la garderie, pour les enfants de chômeurs-euses et « étrangners-ères », d’imposer le « bénévolat contraint » aux pauvres bénéficiaires du RSA sur la simple suspicion malveillante, de leur fainéantise, et de « coûtait trop chers-ères »… ?

    1. Plus que les primaires du ps, les présidentielles ou sa présence est de plus en plus incertaine, les législatives ou les « baronnies locales » vont se disputer « l’ordre » (de ré-écrire la constitution…?) de ce qui sera à redéfinir comme vivre ensemble d’un pays, ne sont-elles le cadre qui serait en premier concerné par ce que cette prérogative de distribution des aides sociales lui donne comme ascendance sur les pauvres, SDF (exclus des grands centre urbains par exemple) des précaires très bas salaire, galérant dans avec des « marchands de sommeils’, logements sociaux manquants, comme réfugiés-es refoulés-es… ?

      1. @ Julien Alexandre

        Parlez vous d’aligner ma performance que vous réduisez à « illisible » malgré tant de mots, caractères, à la votre qui « performer » pour ne rien avoir exprimé au sujet mis en discutions…? Un concoure déloyale de performance au « moins disant… » ou au « moins audible »… ?

  31. Bonjour,

    Je trouve salutaire que Paul Jorion ramène le débat sur la question de la « répartition équitable de la richesse économique créée ».

    Nous avons, à maints reprises mis cette question sous le tapis. La dernière fois (est-ce bien la dernière ?), l’on nous a fait croire que la querelle de la répartition est superflue puisque que nous ferons toujours de la croissance. Soit une autre façon de dire à ceux qui ont la capacité d’être libres qu’ils peuvent gruger comme bon leur semble mais qu’ils voudront bien négligemment et sans trop se faire violence abandonner quelques miettes, moyen en quoi, il pourra toujours être clamé que la multitude est devenue plus riche qu’auparavant (ne voyez-vous pas comment que nos serfs sont devenus des ouvriers gras qui vivent de plus en plus vieux – et vous osez leur refuser le bonheur d’être employés par de si généreux patrons jusqu’à 75 ans) ?! Inutile de revenir une nouvelle fois sur le mal que cette idée que le gâteau peut être toujours plus grand a fait à notre maison commune…

    Maintenant nous disons entre autres, qu’il faut assurer un ‘salaire’ de base à tous les citoyens pour permettre aux entreprises et aux associations de les embaucher (à défaut de préférer des robots) dans des conditions économiques ‘concurrentielles’. Soit encore une fois « allez-y grugez et accaparez tous ce que vous pourrez. Vous penserez tout de même, siouplé à délester votre finance de quelques poussières d’un montant variable, c’est-à-dire juste suffisant pour maintenir le cheptel en vie voire pour lui assurer le contentement d’être utile à temps fragmenté » !

    Il me semble plutôt opportun de continuer à poser la question de la juste répartition de la richesse économique crée jusqu’à sa résolution complète et acceptable ! Quand-bien même l’indispensable serait devenu gratuit, si les 99% sont réduits à se contenter principalement de cela (et l’on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), notre monde sera loin du paradis que l’on imagine…

    Que l’on n’y voit pas, je l’espère, une radicalité immodérée : la collectivité aura plus de sens si elle s’emploie à éviter que la plus petite d’entre nous ne se fasse gruger long comme un bras. L’idée que l’Etat doive absolument s’immiscer dans le lien économique entre les citoyens et les personnes morales pour garantir une « répartition équitable de la richesse économique » est à notre portée. Ce serait une erreur de regarder ailleurs…

    En vous souhaitant une bonne journée,

    1. L’idée que l’Etat doive absolument s’immiscer dans le lien économique entre les citoyens et les personnes morales pour garantir une « répartition équitable de la richesse économique » est à notre portée.

      On préfèrerait de beaucoup qu’Il rende aux syndicats le pouvoir de rejouer leur rôle.

  32. Dans le cadre économique actuel le RU ne règlera pas le grave problème de l’épuisement des ressources et/ou des changements climatiques tous dû à la surconsommation, au contraire il sera une pression supplémentaire sur l’ensemble des ressources par l’inflation entre autre.
    Nos problèmes économico-social sont en lien direct, cause à effet, avec le système économique en place qui lui est soumis, totalement imbriqué, à la biosphère (environnement) qui de fait est l’unique pourvoyeur de l’espèce humaine, il faut le réaliser.
    L’état de la biosphère est en continuel dégradation, tous souffrent du smog, même chose pour l’eau qui doit être traité partout avant consommation, mais personne ne fait (ou ne veut faire) le lien avec le trop grand volume des activités humaines, cependant si vous finissez par comprendre, seule la diminution (simple et/ou trop logique) du total de ces activités demeure la solution qui est la seule et unique mince marge de manœuvre qui nous reste pour éviter que le dernier qui s’en va est à éteindre la lumière…..

    Le RU sera efficace que dans un changement de paradigme économique qui fera en sorte qu’il faudra moins travailler, autre logique, si l’on veut diminuer l’ensemble des activités humaines, de toute évidence cette diminution devra commencer par l’arrêt de tout ce qui est inutile, une promulgation obligée de l’obsolescence programmé cette fois à long terme dans tous les domaines jugés essentiels.
    Les emplois reliés à l’inutile disparaissent et les travailleurs sont redirigé vers les secteurs essentiels ou l’on se partage les emplois restants.
    En vrac.
    Dans un nouveau cadre il devra y avoir un contrat social explicite de partage des ressources et du travail responsable et essentiel relié à la nourriture, au logement, au vêtement et services comme l’éducation et la santé basé sur l’égalité entre les humains.
    Le concept de liberté devrait toujours être accompagné de celui de la responsabilité, il faudrait trouver un mot qui rendent ces concepts indissociables.
    Revenu universelle, salaire minimum et maximum, avec dans la transition des mesures de limitations sévères (taxes et impôts) tant qu’à l’accès aux ressources pour les secteurs de l’économie non essentiel et qui pourraient résister.
    Établir une économie de proximité, modèle applicable à l’échelle de la planète, avec le moins d’échange possible entre continent avec comme principe qu’un territoire est en mesure de nourrir sa population aucun animal, sauf l’Homme, n’importe de nourriture d’un autre continent.
    Le contrôle/émission de la monnaie uniquement par l’État fera en sorte que dans le cadre du contrat social le RU sera émis par l’État et non financé comme prévu dans le système actuel, même chose pour l’opération des entreprises dans les secteurs jugés essentiels.
    Dans ce nouveau cadre le système financier et bancaire actuel, oh surprise, disparaît totalement.
    Le but ou la motivation de base dans ce contrat sociale : préservez le fonctionnement de la biosphère via ses écosystèmes pour assurer la pérennité des ressources…..
    Pour bâtir ce nouveau paradigme économique il ne faudra surtout pas se fier aux économistes du siècle dernier pour lesquels le concept de biosphère, unique fournisseur de la vie, était totalement inexistant.
    Le travail de ces économistes consistant surtout à maintenir un système pyramidal plus que moins favorable au capitalisme, ceux qui ont critiqué le système n’en n’ont pas moins trouvé de solution en lien avec le fournisseur « biosphère ».
    C’est pourquoi ici les concepts politiques de gauche ou de droite devient obsolète, totalement dépassé, la problématique étant à un niveau bien au-delà supérieur.
    Les écosystèmes ne tolèrent ni ne subissent ce que nous faisons ils s’adaptent chimiquement aux ingrédients en place exemple : le smog en permanence modifie graduellement la qualité de l’air si bien qu’un jour ça ne sera plus de l’air et ainsi de suite pour l’eau et les terres arables……
    Il faut ici une mise en garde qui s’apparente au syndrome du vainqueur d’une guerre qui après réécrit l’Histoire à son avantage…… certains font des propositions sur la base des mêmes paramètres ou repères du paradigme existant, qui leurs sont encore ou ont été avantageux pour eux, il faut agir sur de nouvelles bases reliés à la biosphère qui ont toujours été présente et dont nous n’avions pas conscience c’est donc un virage à 180 degrés qui s’impose.

  33. Un entre deux serait de le distribuer en monnaies locales, pour créer de la richesse localement (et pas en Chine avec leurs produits à bas prix). Et prendre en compte les disparités de coût de la vie.

      1. Ce qui est produit localement…. c’est peanuts
        Ce qui pourrait être produit…. cela pourrait être titanesque.
        Aujourd’hui vouloir faire des prévisions relève d’un jeu de Colin- maillard. Il vaut mieux avoir des intentions et essayer de les réaliser quitte à changer de direction.

      2. Disons plutôt que cela augmenterait la valeur ajoutée qui resterait au niveau local.
        Si le film Demain dit vrai sur l’effet de levier sur la richesse locale que génerent les monnaies locales.

        Ils disent dans le film Demain que 1€ dépensé dans des villes utilisant les monnaies locales doublent ou triplent la richesse qui reste locale (evite le passage par les paradis fiscaux par exemple).

        L’Etat pourrait aussi créer une plateforme avec des produits labellisés locaux et/ou bio/eco et socialement responsable pour aider l’ESS.

        Au risque de se rapprocher d’un fonctionnement type URSS.

        Je pose mes questionnements ici, je ne suis qu un français moyen.

      3. Le problème de l’approche de type Demain, c’est qu’à part les légumes, il n’y a (pratiquement) plus rien en France qui soit produit localement. Le mirage est sympathique mais il a été démystifié par le documentaire Made in France (2014), le journaliste Benjamin Carle tente (pratiquement) vainement pendant 90 minutes de notre temps d’acheter quoi que ce soit qui soit produit localement, voire même, plus simplement, produit en France.

      4. Le problème de l’approche de type Demain, c’est qu’à part les légumes, il n’y a (pratiquement) plus rien en France qui soit produit localement.

        D’où l’intérêt stratégique de la « sortie de la protéine carnée » de Monsieur Jean Luc Mélenchon !

      5. Merci pour votre réponse, je vais regarder ce documentaire.
        Vous ne croyez donc pas à de quelconques bienfaits avec les monnaies locales?

    1. De quoi j’me mêle ? Et si moi je ne veux acheter qu’exotique et en ligne ? Je monte un bureau de change clandestin pour échanger des bons roros exotiques contre la monnaie de ploucs ?

      1. On parle de grosses masses de richesse et d impact social et ecologique, vous faites ce que vous voulez.
        Et je ne fais que m interroger sans pudeur, publiquement. Mes propos ne sont pas absolus.

    1. Pour les non-abonnés au Monde :

      « Pour un collectif d’économistes, le revenu universel « pose des questions sérieuses qui méritent que l’on y apporte des réponses solides ».

      L’ambition des candidats aux primaires citoyennes de la gauche aujourd’hui – dont le vainqueur sera candidat à la présidence de la République demain – doit être jugée sur la pertinence de leurs propositions, leur impact sur la reprise de l’activité et l’emploi en France, leur effet sur la cohésion sociale du pays.

      La politique économique et fiscale adoptée lors du quinquennat de François Hollande a empêché la France de s’inscrire dans la dynamique d’une reprise économique forte et durable. Le choix fait en 2012 d’augmenter les impôts et de réduire les déficits à marche forcée en période de récession a tué tout espoir de croissance. Les multiples alertes lancées à ce sujet sont restées sans écho. Ceux qui portent la responsabilité de cette funeste politique et qui prétendent s’en exonérer doivent aujourd’hui rendre des comptes.

      Dans les débats actuels des primaires citoyennes, les discussions se cristallisent autour d’un nouvel objet : le revenu universel d’existence (parfois appelé « revenu de base »). Benoît Hamon fait face, parce qu’il porte cette proposition, à un procès en incompétence gouvernementale. L’introduction d’un revenu universel d’existence condamnerait selon ses détracteurs la France à la faillite. L’accusation est facile mais trop rapide. Economiquement et socialement, le revenu universel d’existence peut être pertinent et innovant. A l’inverse des options fiscales et budgétaires retenues depuis 2012, et en particulier de cette inefficace usine à gaz qu’est le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Sans parler de l’exonération des heures supplémentaires, que même la droite a abandonnée et que Manuel Valls voudrait recycler aujourd’hui. Correctement conçu et précisé, le revenu universel d’existence peut constituer un élément structurant de la refondation de notre modèle social.

      Jeunes et bas salaires

      Certains voudraient évacuer le débat en évoquant un coût pharaonique de 300 ou 400 milliards d’euros. Mais ce chiffrage fantaisiste n’a absolument aucun sens. Benoît Hamon n’a jamais dit qu’il allait verser 600 euros par mois à 50 millions d’adultes. Au contraire : il a explicitement évoqué le fait que le nouveau système pourrait être sous conditions de ressources et concernerait uniquement les salaires inférieurs à 2 000 euros, avec des montants qui ne seraient évidemment pas les mêmes pour tous (Libération, 5 janvier). De fait, cela n’aurait guère de sens de verser 600 euros par mois à des personnes gagnant 2 000 euros ou 5 000 euros de salaire mensuel, pour ensuite leur reprendre immédiatement la même somme en augmentant d’autant leurs impôts. Il est temps que cela soit définitivement clarifié, pour que le débat se focalise enfin sur les bonnes questions.

      Concrètement, la question du revenu universel se pose avant tout pour les jeunes et pour les bas salaires. Cela pose des questions sérieuses qui méritent que l’on y apporte des réponses solides. Mais ces réponses existent. Et un revenu universel d’existence doit être construit par étapes.

      Son instauration dès le début du prochain quinquennat pour les 18-25 ans est susceptible de redonner de l’autonomie à notre jeunesse et de constituer une réponse à ce que sont aujourd’hui les conditions d’obtention d’une qualification supérieure et d’entrée dans la vie professionnelle. Les modalités pratiques restent à définir, en particulier concernant l’âge à partir duquel on cesse de prendre en compte les revenus parentaux, et bien sûr les contreparties en termes d’études et de projet d’insertion. On pourrait par exemple s’inspirer du système en place au Danemark, où chacun bénéficie dès l’âge de 18 ans de soixante mois d’un revenu universel qu’il peut utiliser librement pour financer sa formation initiale ou continue. Au lieu de dénigrer a priori cette question d’avenir, les conservateurs de gauche comme de droite seraient bien inspirés de regarder ce qui se passe ailleurs.

      Lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale
      Pour ce qui concerne les travailleurs à bas salaire, le véritable enjeu est de lier la question du revenu universel à celle de la réforme fiscale et du salaire juste. Actuellement, un salarié au smic à plein temps touche un salaire net de 1 150 euros par mois, après déduction de 310 euros de CSG et cotisations de son salaire brut de 1 460 euros. S’il en fait la demande, il peut plusieurs mois plus tard toucher l’équivalent de 130 euros par mois de prime d’activité (environ 1 550 euros sur l’année pour une personne seule).

      Ce système est absurde : il serait infiniment préférable, pour un même coût budgétaire, de prélever 130 euros de moins à la source et d’augmenter d’autant le salaire net. C’est selon nous de cette façon que doit fonctionner le revenu universel d’existence. Pour toutes les personnes disposant d’un emploi stable, le complément de revenu doit être versé de la façon la plus automatique et universelle qui soit, c’est-à-dire directement sur le bulletin de salaire, de la même façon que les cotisations sociales, la CSG et l’impôt sur le revenu prélevé à la source. De cette façon, le smic net passerait immédiatement de 1 150 euros net à 1 280 euros net, et pourrait atteindre 1 400 euros net d’ici à la fin du quinquennat. Voici la véritable revalorisation du travail dont nous avons besoin.

      Réfléchissons ensemble aux conditions concrètes de sa mise en œuvre plutôt que de rejeter a priori le projet d’un revenu universel d’existence. Un tel projet peut être économiquement crédible et socialement audacieux. Et, contrairement aux allégations de ceux qui confondent solidarité et farniente, il peut être instauré au profit de la revalorisation du travail et des bas salaires, qui profiteront au travers de ce revenu d’un véritable droit à la formation et d’une augmentation automatique de leur salaire net.

      Par Antoine Bozio (Ecole d’économie de Paris et IPP), Thomas Breda (chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris), Julia Cagé (Institut d’études politiques de Paris), Lucas Chancel (chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)), Elise Huillery (université Paris-Dauphine), Camille Landais (London School of Economics), Dominique Méda (professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine) , Thomas Piketty (directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris), Emmanuel Saez (université de Californie, Berkeley) et Tancrède Voituriez (économiste).

  34. Euh… Il n’y a personne qui s’interroge sur la question des flux migratoires? Parce que si un pays instaure le RU, il va rapidement devenir le plus peuplé au monde, à moins de fermer ses services d’immigrations et de déployer son armée tout au long de ses frontières.

      1. @Julien: C’est ce que je me dis. Marine verrait sans doute là une puissante stratégie de conquête du pouvoir.

    1. Parce que si un pays instaure le RU, il va rapidement devenir le plus peuplé au monde

      Inversement, comment se fait-il que si peu de réfugiés soient tentés par le merveilleux système social à la Française ?

    2. @Germain – Depuis longtemps (1976) l’Alaska a un RU pour attirer les gens à venir dans ses glaces. Indexé sur les bénefs du pétrole extrait là-bas il varie ces derniers temps entre 900 et 2.000$ par mois selon le cours. Il n’y a toujours que 650.00 Alaskiens.

  35. C’est, LE sujet quasi incontournable. Du web jusqu’à la commission européenne.

    « La commission européenne vient même d’accepter le lancement de la collecte de signatures pour demander aux institutions d’étudier l’option d’un revenu de base européen »
    https://blogs.mediapart.fr/edition/revenu-universel-de-base

    Autre temps, autres moeurs. Ainsi ce cher Jean de La Fontaine, qui nous a bien expliqué que, même si le corbeau voulait savourer en toute quiétude, son fromage moulé-à-la-louche-dans-l’usine-lactalis-mouaaaa-président, finalement , c’est le renard qui l’a mangé. Le Fromage. Arrête de loucher dessus, c’est du plâtre. Moralité, même, quand on veut simplement pouvoir manger son calendos tranquillou, sur sa branchounette, prévoir un lance-pierre pour dégager le renard baratineur ou envoyer un sms géolocaliseur au chasseur qui est dans le secteur. Soit dit en passant, les 2 ne sont pas incompatibles.

  36. le revenu universel inconditionnel implique une maitrise des couts des denrées de base , des dépenses sociales et médicales ce qui est incompatible avec la spéculation et le fait qu’un capital doit « forcement  » etre rentable .
    Doit on distinguer un revenu universel d’une allocation handicapé ?
    des food stamp pour tout le monde sans hierarchisation des difficultés ?
    un revenu universel risque d’avoir un effet APL : les proprios partent du principe que les locataires peuvent payer plein pot dans la mesure où ils sont aidés ..
    le revenu universel tel qu’il sera mis en pratique par l’ultralibéralisme actuel est le suivant :
    les possedants vont faire cracher les « sans dents » integralement à hauteur ,au minimum, de ce revenu .
    un revenu universel de base implique beaucoup trop de choses infaisables par ce que nos politiques ne veulent pas se brider , et pourtant avec leurs emplois fictifs ils l’appliquent ce revenu universel !!!!

    1. C’est vrai que Fillon et son épouse viennent de faire une sacrée pub au revenu universel. Le RU est sans doute une fausse bonne idée, mais l’idée que le nécessaire tout le monde devrait y avoir droit, sans condition, est désormais lancée. Merci en passant à M. Hamon d’avoir excellemment fait le job hier soir, pour les couleurs de la gauche.

  37. Bonjour,
    Mise à jour de l’article 25 de la D. U. D. H. :
    Chaque être humain doit avoir droit, de sa naissance à sa mort, à un revenu, suffisant pour assurer sa santé, bien être et le confort minimum.
    Le travail étant de plus en plus obsolète, grâce aux robots.

  38. « Splendeur, liesse et abondance. » 😉

    Pendant que le potus, s’agite, fait du « bruit », s’enferre et se fossilise dans un déni stérile égotiste et régresse lamentablement…

    En Chine, un brillant avocat des droits de l’homme, Gao Zhisheng, assigné à résidence dans son pays, accomplit une oeuvre d’intérêt général progressiste et constructive. Puissent les politiques s’inspirer de cette démarche intelligente et profondément respectueuse des droits de l’être humain, de l’environnement et de sa LIBERTE.
    http://www.epochtimes.fr/constitution-chine-libre-lavocat-gao-zhisheng-publie-ebauche-epoch-times-23957.html

  39. Bonjour,

    Les innovations technologiques et les gains de productivité ne datent pas d’hier.
    On confond ici magistralement problème et symptômes.

    Le problème initial, c’est le décalage temporel entre les innovations technologiques dans les modes de production de richesse (lesquelles sont en outre définies de manière archaïque et un peu trop comptable voire simplement marchande) et les adaptations conséquentes du « marché » (doit-il fonctionner strictement comme un « marché » ?) de l’emploi.
    Ne devrait-on pas commencer par redéfinir l’emploi hors du marché (sans sombrer naïvement dans le dualisme idéologique borné de la guerre froide et ses truismes stériles) ?

    Le rôle d’une politique étatique responsable, dans le registre de l’économie, consiste surtout à pallier (en amont des problèmes sociaux) à cette distorsion temporelle structurelle entre la fuite en avant des innovations technologiques et une réponse sociale marquée par l’inertie de l’économie globale dans la récupération de ces « progrès » par une souhaitable synergie sociale (économique marchande ou non, voire non économique).

    Cette notion de « progrès » reste aussi à prouver lorsque le rythme de ceux-ci s’emballe pour ne plus servir que les intérêts d’une minorité. On oublie trop souvent les externalités humaines négatives de ces innovations et on les vernit un peu rapidement de leurs reluisantes avancées en termes de bénéfices strictement financiers. Freiner ces innovations localement reste aussi délicat dans un contexte de concurrence globale.
    Une réorganisation des modes de production s’impose pour que ces nouvelles technologies soient mises au service de tous, dans le cadre de la production de richesse, et non seulement comme outil de rentabilité financière des investisseurs.
    Ces technologies ont aussi un rôle à jouer dans la répartition de ces richesses (marchandes ou non) et pas seulement dans leur production.

    Le problème à régler ici par un projet politique pertinent, c’est d’abord la distance croissante entre les bœufs du progrès technologique et la charrette de la vie citoyenne.

    Ne pas répondre à ce problème en amont témoigne surtout d’une monstrueuse incompétence politique généralisée.
    Lorsque le prince fait ensuite appel à son trésorier pour étouffer en aval, par une démagogie sidérante, les symptômes du problème non géré par une distribution (aussi généreuse que suicidaire) des deniers de l’Etat et pour poser un pansement d’urgence sur les résultats flagrants de son incompétence, ceci marque le début de la fin et ne présente en rien une lueur d’espoir.

    Un revenu universel ne deviendra jamais la solution magique à cette distorsion sociale mais le signe d’un monde politique dépassé par l’explosion technologique.

    Une politique responsable investira plutôt dans la recherche de progrès (techniques, sociaux, politiques, …) qui associent le développement des modes de production aux considérations humaines, en y intégrant la participation citoyenne plutôt que d’abandonner ces innovations à l’emprise du capital au détriment de la cohésion sociale.

    S’imaginer qu’un revenu universel, aveu flagrant d’incompétence politique, participerait à un tel projet d’envergure sombre dans le grotesque absolu.

    Militer pour la mise en place d’une pseudo-solution aussi inepte que peu inspirée reste évidemment à la portée du dernier idiot de service …
    Imaginer des projets politiques innovants, en intégrant dans une synergie globale les innovations des modes de production et une vie citoyenne inclusive, voilà le vrai défi.

    Palabrer des heures sur des bricolages comptables radicalement stériles en termes de créativité sociale témoigne d’une absence magistrale d’imagination mais surtout d’une inquiétante dérive narcissique d’égos ne voulant pas avouer (déjà à eux-mêmes) leur propre inaptitude à penser intelligemment l’avenir … voire à le penser tout court.

    On peut remarquer sur les divers blogs que plus un citoyen manque d’imagination dans son discours, plus il défend ardemment et dogmatiquement (lapalissade) le revenu universel.

    Un détail révélateur : un simple « revenu de remplacement inconditionnel » (qui ne s’ajouterait plus intégralement au salaire en cas d’emploi, à la source et non par des bricolages fiscaux aléatoires) constituerait un pansement tout aussi efficace (et non stigmatisant) qu’un revenu de base mais constituerait surtout une option budgétaire au moins réaliste pour les finances publiques.
    Cette simple option constitue déjà un défi conceptuel trop important pour cette idéologie creuse et terne en faveur du revenu universel. Elle reste globalement absente du discours formaté en la matière. Symptomatique d’un électroencéphalogramme plat.

    Un tel fatalisme comptable, véritable néant de la créativité politique, témoigne également d’une orientation culturelle monomaniaque d’une pensée unique envahissante, laquelle cherche à poser que la vie humaine se résumerait à une articulation réductrice « technologie/comptabilité ».
    C’est probablement ce que l’on enseigne de plus en plus dans les universités, surtout dans les facultés d’économie …
    S’aligner intellectuellement sur cette lobotomie ? Consternant !

    Le revenu universel constitue le « zéro de l’imagination politique ».
    Combien de zéros à son montant ? 🙂

    Répondre à une crise de civilisation par des chiffres ?
    Voici résumé tout le problème.
    Imagination zéro.

    Cordialement,
    pascal

  40. Croire naïvement qu’un instrument monétaire aussi simpliste va régler d’un coup de baguette tous les problèmes de complexité croissante de la société actuelle relève de la pensée magique dans sa forme la plus pitoyable.
    Les avantages démagogiques de la réminiscence de cette pensée magique pour l’opportunisme électoral peuvent attirer certains candidats … mais ces pièges à gogos d’idéologie de bazar ne fonctionnent pas bien longtemps.
    L’électeur grattera tôt ou tard le vernis de ce discours de publicité pour poudre à lessiver et finira par déceler la supercherie du message creux masquant l’absence de projet politique réel.
    Benoît Hamon a pris son électorat pour des pigeons et en a vite fait les frais, entraînant dans sa chute prévisible le PS. Son irresponsabilité et son carriérisme affirmé vont jusqu’à tenter d’abandonner maintenant ce PS qu’il a participé activement (voici sa seule « activité » notable, hors palabres racoleurs) à détruire.
    Beau courage intellectuel et politique ! Révélateur des adeptes du revenu universel : tout demander, ne rien donner.

    Pas sûr pourtant que le bonhomme en ait tiré les leçons car il persiste à s’enfoncer dans de nouveaux projets « citoyens » (c’est la propagande qui le dit) aussi ambitieux dans le discours que vides de tout contenu. Ce gloubi-boulga fait évidemment recette sur les réseaux sociaux pour neuneus et dans les manifestations de rue de bobos omniscients mais ne résiste pas à la confrontation aux urnes.
    Ce genre de politicards d’opérette se contente probablement de telles flatteries superficielles du narcissisme primaire.

    Cette démission politique de la gauche française bobo, inapte à prendre acte que les utopies naïves de mai ’68 ont un demi-siècle de décalage, fait perdre un temps précieux aux citoyens face à la nécessité d’un appel urgent au sens des responsabilités historiques.
    Le temps n’est plus aux rêves d’une génération dorée profitant égoïstement et indéfiniment des miettes capitalistes (allocations monétaires diverses, revenus de base et autres chimères) d’un colonialisme français de plus en plus obsolète.

    Laissons la pensée magique à la démagogie des réseaux sociaux bobos.
    L’avenir est ailleurs.

    Cordialement,
    pascal

  41. Pour tenter de sortir des pièges idéologiques récurrents dans le discours économique et plus globalement en politique …
    Quelques commentaires (« gillardin pascal ») à décortiquer pour qui en aurait la patience et le temps, à la vidéo suivante.

    Les idéologies sont-elles vraiment dépassées ? – Politikon #8

    https://www.youtube.com/watch?v=0yWuNy-383A

    Cordialement,
    pascal

  42. Bonjour,

    L’OCDE remet (à contretemps) sur le tapis le débat sur le revenu universel (après les cuisants échecs des campagnes suisses et françaises), comme une stratégie marketing (parlez-en en bien ou en mal mais parlez-en). On s’attend déjà, après cette critique trop lisible de formes caricaturales de RU, que l’OCDE revienne après trois pirouettes sur des versions remodelées, présentées alors comme panacées.
    Même sans cela, cette médiatisation récurrente réalimente les réactions des propagandistes locaux qui se feront un devoir de présenter « leur vraie version du RU », face ici à cette contrefaçon grossière de l’OCDE.

    L’aspect le plus pernicieux de ce discours tient à un matraquage continu de l’inconscient collectif pour y implanter sournoisement l’idéologie selon laquelle la pauvreté ne constituerait pas une problématique sociétale structurelle globale (relevant dès lors de la sociologie et non de la comptabilité néolibérale), issue fondamentalement du capitalisme lui-même, lequel devrait alors logiquement être remis en question. Le capitalisme n’est pas la solution à la pauvreté mais sa cause première. Cette idéologie du RU brouille les pistes de réflexion et nuit à la lisibilité critique de la problématique, laquelle inviterait à cibler la monnaie comme source principale du problème des inégalités croissantes, dont cette pauvreté endémique constitue un symptôme. Ce problème structurel gravissime doit être réglé en amont et non étouffé en aval, par des artifices financiers qui ne solutionneraient rien en profondeur.

    Le discours global, mettant notamment en concurrence les diverses versions de RU, présente abusivement la pauvreté comme une problématique strictement individuelle et monétaire, pouvant ainsi être réglée par un instrument monétaire individuel lui aussi : un revenu mensuel « individuel orwellien » (l’idéologie générale, de droite comme de gauche, du RU reste magistralement individualiste … sous vernis libertarien grossier d’autonomie et de « liberté » … la bonne blague). Simplisme sidérant.

    Le danger de ces débats perpétuels sur les « vraies fausses » versions du RU tient à ce que cela focalise, par un tourbillon discursif (comme un trou noir), l’analyse même de la problématique de la pauvreté (symptôme patent de dysfonctionnements sociétaux plus fondamentaux) sur des approches monétaires réductrices, alors que cette problématique relève prioritairement de la sociologie et de la psychologie … ou plus simplement des relations « humaines ». Une forme de « gangstérisme idéologique ».
    Il s’agit ici d’une crise de civilisation et non d’une naïve question de comptabilité.

    La notion de « pauvreté » est déjà ici quasi unanimement (monstruosité philosophique, partagée par des idéologues libéraux, comme Van Parijs), préalablement à tout débat, définie abusivement en termes strictement « individualistes et monétaires » (un niveau de revenu individuel comparé à un niveau moyen, comme si le vécu de la pauvreté pouvait se résumer à des chiffres !!!) et non « collectifs et humains ».
    Ce biais épistémologique flagrant exclut à la base toute considération autre et enlise inévitablement les diverses études dans ce réductionnisme néolibéral : l’individualisme et la monnaie comme fondements de la vie sociale.

    Désolé d’encombrer ici encore l’espace de parole.
    Un texte un peu plus explicite en commentaire (le dernier par ordre chronologique, le 18 avril) à un billet de Jean-Marie Harribey.
    http://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2017/03/09/nouveautes-sur-le-revenu-dexistence-universel

    Cordialement,
    pascal

      1. Merci pour la référence.
        J’ai la version papier d’une réflexion intéressante sur l’amalgame usuel entre « pauvreté » (laquelle peut être volontaire, dans certaines traditions souvent religieuses par exemeple, et porteuse de richesse humaine non matérielle … et ainsi non mesurable en monnaie ; qu’entend-on par « pauvreté ») et « misère », cette dernière n’étant porteuse de rien sinon de souffrance subie et dénuée de sens.
        Si je trouve la version numérique, je vous transmets le lien.
        Bonne journée.
        pascal

  43. Bonjour,
    Un exemple de « finesse sociologique analytique » des théories en faveur du RU …

    1. Hypothèse : tout citoyen crée de la richesse hors du marché de l’emploi.
    Conclusion gratuite : tout citoyen doit recevoir un « revenu de base inconditionnel » ( RBI ), non conditionné au marché de l’emploi rémunéré.

    On zappera ici la question de la pertinence philosophique de cet a priori idéologique grossier, héritage religieux archaïque des traditions abrahamiques, « tout travail mérite salaire ».
    Si ces amateurs de pseudoscience pouvaient commencer par tenter de démontrer ce genre d’inepties dogmatiques, cela dégagerait l’espace public et offrirait un peu d’air à des réflexions sociétales un tantinet moins populistes et superficielles.
    On réclame un salaire surtout quand on estime que son œuvre ne porte pas son sens en elle-même et que par ailleurs l’esclavage est devenu obsolète. Ce dualisme simpliste « esclavage/salariat » (et les nuances intermédiaires) n’interpelle que le citoyen dénué de toute aspiration créatrice (généreuse), dans quelque domaine.

    2. Pour répondre au point 1. Tout citoyen « consomme » gratuitement, directement ou indirectement, de la richesse collective (marchande ou non) hors du marché.
    Conclusion : tout citoyen doit payer une « taxe de base inconditionnelle » ( TBI ), non conditionnée au marché (de la consommation ou de l’emploi).

    3. Bilan « comptable non marchand » du citoyen : RBI – TBI = ?
    Positif ou négatif ?
    Les éléments entrant dans ces considérations ne permettent pas toujours une évaluation chiffrée (ces richesses sont souvent qualitatives et subjectives donc difficilement interprétables quantitativement).
    Un tel bilan se voit ainsi condamné à relever indéfiniment de l’arbitraire absolu.

    Si un RBI venait à voir le jour, il ne faudrait pas attendre longtemps pour que lui réponde une idéologie de la TBI.
    On n’arrête pas le progrès. 🙂

    Conclusion : la défense dogmatique du RU relève de l’idéologie au sens péjoratif.
    Vouloir lui apporter des étais philosophiques, voire scientifiques, tient de la farce.
    Il existe des problématiques contemporaines un peu plus sérieuses, me semble-t-il …

    Cordialement,
    pascal

  44. Le citoyen qui n’est plus apte à créer de la richesse collective sans en réclamer une compensation financière n’est pas pauvre … c’est un pauvre type.
    L’aide sociale ciblée, oui. Le revenu universel, non.
    😉

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