Presse à sensations et géopolitique

Ci-dessous le billet qu’un grand quotidien français m’avait commandité le 27 mars. À ma connaissance il n’a jamais été publié. Je le publie ici parce que j’y fais allusion dans la vidéo que je publierai tout à l’heure. Ouvert aux commentaires.

Presse à sensations, dit-on en français, « gutter press », soit presse de caniveau ou « gossip press », presse à cancans, dit-on plus volontiers en anglais.

« Sensations » renvoie à l’affect, qu’il s’agit de secouer avec de l’inouï, voire de l’incroyable, « caniveau » renvoie au caractère sordide de la motivation : sexe ou argent ou, souvent, les deux à la fois, « cancans », à la pipolisation qui veut que ce ne soient pas les grandes forces sociales ou politiques qui meuvent l’histoire, mais des personnalités ou, en s’élevant d’un cran, des sociétés secrètes, des groupes ethniques tout entiers ou les fidèles d’une religion particulière.

Caractéristique marquante de cette presse bien entendu : les explications sont simples, « simplistes », diront ceux qui la critiquent, qui aimeront souligner les erreurs de fait commises, les incohérences du raisonnement, et le caractère seulement partiel des explications sensationnelles, la bouffée d’affect étant censée remplir les blancs.

La presse à sensations ne date pas d’aujourd’hui : elle constitue le double de la presse d’information depuis plusieurs siècles : son double « lowbrow » comme disent les Anglo-saxons. Le sourcil bas, par opposition au sourcil haut du lecteur de la presse d’information.

Si le phénomène est de toujours, pourquoi en parler aujourd’hui ? Parce que dans le climat actuel, le contraste « presse d’information » / « presse à sensations » vient redoubler un autre couple d’opposés traditionnel lui aussi : celui entre « parti de gouvernement » et « parti populiste ». Un parallèle que nous observons en temps réel avec la venue à la tête d’une grande nation, d’un politicien populiste, dont les justifications « sourcil bas » ont conduit à évoquer un troisième type de faits entre les faits avérés et les faits inexistants : les faits « alternatifs », et une époque qui serait désormais la nôtre : celle de la « post-vérité ».

Ainsi, dans un entretien accordé le 23 mars au magazine Time 1, le Président Trump tient des propos qui incitent le journaliste Michael Scherer à faire les remarques suivantes : « Vous dites maintenant que vous rapportiez quelque chose qui arriva le lendemain » : erreurs de fait, incohérences du voyage dans le temps, et : « Le fait que vos assertions soient mises en doute en rendent le message plus percutant, il se diffuse plus loin » : erreurs de fait, sensationnalisme.

Qu’importe ! Être riche comme l’est M. Trump assure automatiquement à vos propos une dimension « performative » : la réalisation de vos désirs en est facilitée puisque le monde tend à devenir par anticipation ce que vous en avez dit, dimension performative que le fait d’être Président démultiplie encore. Et si l’on devait n’être Président que pour la seule raison d’être riche, le risque est grand d’apparaître « sourcil bas » : partisan de faits alternatifs à une époque devenue du coup celle de la post-vérité.

Tout cela coule de source mais on aurait tort d’en rester là car il existe un troisième couple d’opposés parallèle à « presse d’information » / « presse à sensations » et « parti de gouvernement » / « parti populiste », un peu inattendu sans doute, mais qui ne devrait pas surprendre une fois révélé, même s’il requiert un détour historique.

Le 1er décembre 1940, alors que Londres peinait sous les bombes, John Maynard Keynes rédigeait un mémorandum où il écrivait ceci :

« … j’ai indiqué que sous de nouveaux auspices, l’Allemagne sera autorisée à renouer avec cette part de leadership économique en Europe centrale qui découle naturellement de ses qualifications et de sa position géographique. J’imagine mal comment le reste de l’Europe pourrait espérer une reconstruction économique effective si l’Allemagne en est exclue et demeure une masse purulente en son sein ; une Allemagne reconstruite renouera nécessairement avec son leadership. Une telle conclusion est inévitable, à moins que nous n’ayons l’intention de confier la tâche à la Russie ». 2

Telle était la conclusion inévitable selon Keynes alors que la Seconde guerre mondiale n’en était encore qu’à ses premiers mois : une Europe d’après-guerre sous le férule soit de Berlin, soit de Moscou.

Berlin ou Moscou ? Tel est bien le troisième couple d’opposés, géopolitique lui, venant redoubler aujourd’hui « presse d’information » / « presse à sensations » et « parti de gouvernement » / « parti populiste » : la presse d’information et les partis de gouvernement sont, nous le savons, en faveur de Berlin, alors que la presse à sensations et les partis populistes, roulent eux pour Moscou.

Y a-t-il pour autant quelque chose de « naturel » dans le fait que la respectabilité soit aujourd’hui du côté d’un Berlin abusant de son pouvoir, condescendant, empêchant à la fois l’accomplissement d’une Europe unifiée et son détricotage éventuel, et le « sourcil bas » du côté de Moscou, aux tendances autoritaires, agressif, et aux attitudes de hooligan ?

C’est en désespoir de cause et pour nulle autre raison, que les peuples écœurés par un Berlin riche et arrogant de sa bonne fortune, se tournent vers un Moscou jugé plus secourable – plus que probablement à tort hélas.

Tant d’aveuglement ! Alors que les questions qui motivent la montée du populisme et du mensonge généralisé sont celles de l’insatisfaction des peuples à l’égard de la classe politique ignorant superbement les véritables problèmes d’aujourd’hui : la concentration des richesses grippant l’économie, la spéculation saignant celle-ci à blanc, le délabrement de l’État-providence subordonné à une croissance devenue insaisissable, la disparition du travail et à sa suite, de l’emploi, la dégradation irréversible de l’environnement.

Quand nos politiques se décideront-ils, dépassant la multitude des faux-semblants, à prendre enfin le taureau par les cornes ? 

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« Read President Trump’s Interview With TIME on Truth and Falsehoods », Time magazine, le 23 mars 2017

2 John Maynard Keynes, Proposals to counter the German « New Order », mémorandum adressé au ministère britannique de l’Information.

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30 réflexions au sujet de « Presse à sensations et géopolitique »

  1. Un très gros oubli ici, pas forcément mal intentionné mais il est indispensable dans un tel article de préciser que le Moscou de Keynes n’est pas le Moscou d’aujourd’hui.

    NB: Cotisation obligatoire à la quête médiatique pour ne pas être tancé de poutiniste : Le fait de distinguer poutine de Staline n’implique pas qu’il soit meilleur.

      1. Etant donné qu’une grosse partie de l’argumentaire repose, s’appuie et met en valeur la « prémonition de Keynes ». Que la dicotomie qu’il établie est clairement à son époque : capitalisme VS communisme soviétique. Que celle à laquelle on se réfère aujourd’hui est neoliberalisme désétatisé VS capitalisme d’état. C’est à mon avis indispensable et surtout loin d’être futile. Pour ce qui est de l’insipidité c’est le plus souvent à la forme qu’au fond qu’il faut la reprocher.

      2. Dup
        Suggestion :
        Plutôt que la formule :
        – Que la dichotomie
        – Que celle à laquelle

        Usez élégamment de celle que le raisonnement juridique offre :
        Attendu que
        Attendu que
        Attendu que
        Pis au final de façon irréprochable prononcez la condamnation ou l’acquittement.

  2. J’aimerais éclairer une autre opposition : raison / utopie.  » Raison d’état » , « raison économique  »  » sérieux  » etc… versus  » balivernes « ,  » extravagance  » « immaturité  » etc…
    Ainsi, ce que je crois raisonnable c’est à dire que nous sommes confrontés à une série de crises qui vont converger pour produire des effets extrêmement destructeurs. Crise de la vie, crise écologique, crise du climat, crise des ressources, crise sociale, crise démographique, crise démocratique, etc… auxquelles il faut ajouter une crise spirituelle et culturelle… c’est à dire aussi que l’organisation capitaliste de nos sociétés est la cause première des inégalités entre les hommes et la destruction de notre planète me font passer non pas pour un être raisonnable ce que je continue de croire mais pour un  »songe creux ».
    Expliquer pourquoi ne serait-il pas faire un pas en avant dans la compréhension.

  3. Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas disait Cioran. C’est un autre dualisme, il peut y avoir antinomie, mais il ne s’agit pas toujours de duplicité ou de double pensée. La presse financière peut être inclue dans le sensationnalisme, des faits de caniveau peuvent apparaître en filigrane dans les coulisses du pouvoir (DSK). Ce dualisme pose des frontières entre le bien et le mal, information/rumeur se complètent et le vrai/faux diffère du bien/mal. L’argent et le pouvoir peuvent fomenter et diffuser des conceptions du monde pour façonner des règles et des représentations. De quoi parle t-on quand nous parlons de Moscou ou Berlin, quelle différence pour le peuple, si ce n’est son instrumentalisation comme ce fut le cas à chaque fois pour mener les guerres? D’ou vient le fait de commettre tant de manquements, pourquoi la politique tend à droite, c’est là sa raison autojustificatrice; la politique c’est la guerre non déclarée, le maintien de l’ordre par ceux qui profitent du désordre.
    Les grands capitalistes font des efforts pour que les médias abrutissent toujours plus, réalisant une synthèse qui échoue ou réussit parfois entre le sensationnalisme et l’information. Le soliton pourrait être classé information sensationnaliste, les faits ne pouvant encore être réellement constatés de manière irréfutable tant que les trains sont à l’heure.
    Si prendre le taureau par les cornes c’est changer le cadre, les politiques sont le problème et non la solution.

  4. Désolé…
    Mais si la blonde représentante du FN semblait faire sienne la domination d’un Moscou capitaliste et libéral, la FI ne s’est accolé en aucune manière à Poutine/Moscou ou à Berlin/Merkel. Dire que les extrêmes se rapprochent de Moscou et le « centre » de Berlin est soit une erreur soit une volonté d’amalgamer le FN et la FI.
    Aussi, vais-je répéter – mais serais-je entendu ? – ce que les insoumis par la voix de JLM disent quant aux relations à entretenir avec l’un et l’autre :
    1° Berlin : dans le cadre de l’Europe et afin de préserver un ensemble d’acquis dont le fond est humaniste, discutons et remettons en cause le verrouillage assuré par Berlin, qui certes agit dans ses intérêts, quitte à laminer ( tel le peuple grec)  les autres peuple européens. Faut-il se positionner en suivant les contours d’une remise en cause de l’Eurozone ? Certainement, mais « sortie de l’euro » n’est pas égale à sortie de l’UE. Pour l’instant seul le Royaume uni est sorti de l’UE n’ayant jamais adhéré à l’eurozone. Et ce n’était pas le seul pays, non ?
    2° Moscou : Le problème n’est pas l’adhésion au système Poutine qu’on voudrait nous(la FI) faire endosser mais bien l’existence en Europe(en dehors de l’UE) au sens géographique et géopolitique d’un pays nommé Russie. Les relations entre la France et la Russie – 1914, ça vous rappelle quelque chose, non ? – existent depuis fort longtemps et bien qu’historiquement pas toujours au beau-fixe. Non, nous, gens de la FI, n’apprécions pas le régime actuel en Russie, mais ne voyons pas comment il serait possible de ne pas tenir compte de la Russie.
    Reconnaître l’existence d’un voisin, certes encombrant, mais bien existant, n’est pas lui prêter allégeance.
    Ensuite, nous ne nous reconnaissons pas à l’extrême gauche du paysage politique et le programme économique que nous proposions à l’élection présidentielle était – écologie en plus – est largement inspiré de l’orientation économique de Keynes. Quant à l’extrême gauche – NPA/LO – il faut être particulièrement hors course pour les prétendre pro Poutine.
    Quant aux relations FN/Poutine…poser la question a FN !

    1. Tout ça ils le savent très bien ici. Il nous est reproché de jouer avec, d’entretenir la confusion pour récupérer des électeurs FN derrière un banal programme ecolo-socialiste, loin d’être suffisamment radical pour être une véritable sortie du cadre, et porté par un opportuniste mégalomane, autoritaire, « égolâtre » et nostalgique de l’union soviétique. S’ils ont raisons sur tous les points on est des crétins manipulables et JLM est bon à interner 😉

      1. @ Dup

        Je n’ai jamais entendu JLM, lorsqu’il était mitterrandiste, dire qu’il était un nostalgique de l’URSS.

        Sans doute dans sa jeunesse en tant que trotskyste:

        « …La personnalité la plus en vue du Parti socialiste aux funérailles de Lambert était Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne depuis 1986. Mélenchon rejoignit l’OCI en 1968 et joua un rôle important dans son organisation étudiante (…)
        Mélenchon, qui arborait le symbole du Parti socialiste, une rose rouge, a dit au quotidien Libération qu’il n’avait aucun regret concernant son apprentissage dans l’OCI: « Moi, je n’ai pas honte de ces trois ans de ma vie ! Et puis nous, les trotskistes, on a quand même lutté contre le stalinisme, le maoïsme et toutes ces horreurs. Et nous, on n’a assassiné personne ! » (Wold socialist web site, 2 février 2008)

        Mais après il a toujours exprimé un rejet total du communisme, stalinien comme trotskyste, et de l’URSS.

        Social-démocrate en rupture avec son appareil bureaucratique du PS, il n’a fait que dériver toujours plus à droite. A présent il ne se revendique même plus socialiste ou social-démocrate, même de gauche d’ailleurs. Il est dans une dynamique politique très inquiétante.

        A mon avis la seule manière de tirer le meilleur parti du phénomène France insoumise, c’est de forcer Mélenchon et sa petite équipe, à transformer ce mouvement informel (et aussi démocratique que le mouvement En Marche), en un parti politique structuré de bas en haut, avec comme principes démocratiques ce qui se faisait à l’époque de la Commune de Paris.

        Mais il y a une contradiction explosive dans la France insoumise. Car à fur et à mesure que la base va toujours aller plus à gauche, la tête elle va aller à droite. je ne crois pas que Mélenchon puisse faire vivre longtemps, abuser, ce mouvement plein d’ouvriers, les meilleurs et les plus courageux.

        « Vous êtes la mort et le néant » écrit aujourd’hui l’insoumis, en parlant du PCF, mais de manière plus général du socialisme et du communisme !

        Nous verrons bien la valeur historique de cette prédiction sur le long terme. Qui du populisme ou du communisme apportera au prolétariat la sagesse et le savoir pour aller vers son émancipation.

        Santerre réveille toi, Méluche est devenu fou !

      2. La dépression post électorale je suppose 🙂 Merci pour les conseils, on sait au moins ce qu’il ne nous faudra surtout pas faire.

    1. D’ou la nécessité de mettre le doigt sur le problème car cela ouvre un débat de fond important (on pourrait même aller jusqu’à poser la question pourquoi Moscou et pas Pékin?) . De même, le Berlin d’aujourd’hui est il celui de la RFA (si je peux me risquer à en faire le Berlin de Keynes) ??? Je suis bien d’accord qu’une tribune au monde soit trop limitée pour entrer dans le détail du sujet (julien à raison sur ce point là) mais une ouverture sur la question m’a semblé faire cruellement défaut dans cet article. J’ai insisté dés le départ sur le fait que son absence n’était pas mal intentionnée, ma critique se voulait constructive cette fois 😉

      PS : le poster ici et l’ouvrir au commentaire résout déjà une grande partie du problème.

    2. Paul Jorion 18 mai 2017 à 13 h 34 min
      Affligeante question : En 1940, existait l’URSS dont une partie était la Russie, l’Urss avait a sa tête un géorgien. On voit le chemin parcouru depuis. L’Argumentum ad nauseam en dit plus sur votre façon de mettre vos pas dans ceux de Keynes, que ce qui a pu produire chez Keynes en 1940 une telle vison des choses. Alors hypothèses : Keynes évoque de « nouveaux auspices », c’est effectivement en décembre 1940 à Londres ce à quoi il ne pouvait qu’être réduit, lire dans le marc de café.
      L’anticommunisme de Keynes qui réduisait son champ politique à un binaire Libéraux/totalitaire (http://www.pauljorion.com/blog/2015/02/26/la-politique-du-pire-par-franck-richez/#comment-555379) ne pouvait que malicieusement provoquer son adresse au public en ce temps là avec une telle offre en 1940 : Berlin ou Moscou.
      Keynes était certainement au parfum des nego secrètes contre les Nazis entre Français anglais et soviétiques, passées à la trappe. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Litvinov et savait quel choix avait été fait par les gouvernements d’époque. Les soviétiques avaient eux le souvenir de l’union sacré des capitalistes pour faire échouer leur révolution d’octobre, pas celle de février. Quand même une petite guerre de quelques années entre blancs/occidentaux et rouges.
      L’empathie qui consiste à tenter de se mettre à la place de l’autre, puisqu’on n’y sera jamais, aide à débrouiller la lutte à mort à quoi les rapports de forces peuvent mener, et permet de mieux repérer pourquoi l’autre pense autrement. Quand au binarisme de Keynes et dominant encore aujourd’hui, renforcé par l’usage de l’informatique, il est clair que l’état de la concentration planétaire indique que le « tout privé » is the winner sur le « tout public ». Mieux vaudrait moduler le noir et blanc en arc en ciel comme les LGBT et eux savent de quoi il retourne.

      1. Tu abuse rosebud, la question est loin d’être affligeante et mérite que l’on s’y arrête. A mon avis Keynes était loin d’être binaire. La question reste cependant à compléter : fait il cette remarque avant ou après la rupture du pacte germano-soviétique? Pour ce qui est du caractère prémonitoire de sa réflexion, je sais pas pourquoi, ça m’a fait immédiatement penser à Rodier et à sa thermodyna-politique, les lois naturelles la plupart du temps on les anticipe par simple intuition/réflexe….

      2. Dup 18 mai 2017 à 15 h 02 min
        « A mon avis Keynes »
        Beaucoup trop d’avis sur ce blog, je préfère les démonstrations avec des sources – sourire !

      3. Bah l’économie privée de politique c’est comme la comptabilité domestique privée de vie de famille.

    3. Non, c’est en quelque sorte pire … pour les russophobes, conscients ou inconscients (que Dostoievski et Tioutchiev leur pardonnent), vu que la Russie actuelle, désencombrée des illusions qu’elle pouvait encore nourrir à l’égard de l’Occident et de l’idéologie libérale, mène une politique conforme à ses intérêts. Jusque là elle n’avait fait que servir le camp occidental : éponger en 17 le « spectre qui hante l’Europe », puis servir, en 90, de cobaye aux thérapies de choc de l’école de Chicago tout en étant réduit à un grand Congo arctique. Désormais la Russie n’en fait plus qu’à sa tête…Ujasno !

  5. Que les politiques prennent le taureau par les cornes pour régler un problème?
    C’est montrer ne pas avoir l’expérience de ce qu’est un taureau, même de manière métaphorique.Un problème ne sera jamais résolu de cette manière….Traiter un problème de force par la force, c’est utiliser le même langage que le dominant.
    Si vous prenez le taureau par les cornes, l’animal fougueux en question va vous envoyer dans le décor!
    (Associé aux travaux bucoliques de la ferme de mes parents j’ai pu apprendre quelques rudiments dans la gestion d’un troupeau).
    Par contre , diriger l ‘auguste animal en lui tenant les naseaux percés par un anneau est efficace .C’est une tradition séculaire qui a été tardivement adoptée par les adeptes humains du piercing…
    Il y a une cohérence entre le comportement animalier de certains humains et le comportement civique que l’on pourrait tristement noter ainsi:Pour qui « veauter »?
    Nos politiciens choisi en partie pour leurs qualités télégéniques sont des beaux vidés. Le vide de leurs idéaux moraux est matérialisé par de la phraséologie .
    Dans ce cas , pourquoi ne pas se choisir des dirigeants muets?
    Le cinéma muet par exemple,est d’une richesse éducative admirable.
    Le lien social s’est distendu à la suite de l’avalanche de messages, trop souvent mensongers.
    Le concept de « noble mensonge » est défendu par Platon , selon qui un mensonge peut être proféré par les puissants, si c’est au bénéfice de la Cité.In le volume III de la République(dictature) de Platon.
    Certains politiciens sont ainsi d’admirables platoniciens…
    Culture du mensonge:
    En fait c’est tragique et cruel quand un attentat sous faux drapeau est organisé d’une part, lorsque d’autre part les informations de l’évènement sont orientées pour déterminer un comportement pré-requis.Par exemple l’incendie du Reichstag en 1933.D’autres exemples sont historiquement plus proches de nous, toutefois préciser leurs auteurs actuellement en vie(et leurs réseaux opérationnels) est un sport dangereux…

    Si ça continue, ça ne pourra pas durer….
    L’humour vaincra la sophistique!

  6. Ceci est un commentaire aussi à la vidéo « le temps qu’il fait ».
    Drôle de sentiment (et triste) depuis quelque temps d’une démonétisation de la parole de PJ. Mais que diable est-il donc allé faire en cette galère géopolitique ? Que n’est-il resté dans son domaine pourtant déjà si vaste (économie, philosophie, écologie, modernité, psychanalyse, futur de l’humanité…) ? Si l’on comprend bien : les centristes (fascistes en col blanc) ont gagné en France c’est donc la dictature de Berlin qui s’exercera et on a failli (3 chances sur 5) d’avoir celle de Moscou. Une fois de plus on n’entendra pas (et JAMAIS dans toutes ces dernières semaines) : « certes le programme de la FI est le plus proche des idées défendues dans ce blog mais comme nous savons par nos réseaux et nos experts (CM…) que JLM est un dirigeant inacceptable car inféodé à Moscou, Caracas, La Havane… ». Alors allons-y pour les centristes fascistes et attendons la suite…. Et espérons qu’ils virent Trump rapido car c’est tout de même compliqué de rester pro-américain quand l’Amérique est pro-russe…

      1. J’avais écrit un truc jadis « Droit à l’oubli et devoir de mémoire », j’avais oublié, ça me revient en mémoire.

      2. Merci beaucoup pour cette discussion qui m’avait échappé et aussi à PJ d’avoir alors relayé cette vidéo magnifique de F. Lordon à « Là-bas si j’y suis ».
        PJ écrivait donc : « Le programme de M. Mélenchon est excellent, des commentateurs par dizaines vous expliqueront à quel point il est semblable aux idées que je défends depuis des années. Ce qui me chipote c’est mon sentiment que je crois bien davantage à son programme que lui-même. Voir ceci pour vous convaincre que Frédéric Lordon qui appelle pourtant à voter Mélenchon, est convaincu – comme moi – que parvenu au pouvoir, il jettera son programme aux orties. »
        C’était donc ça ! PJ ne votait pas JLM car il était convaincu qu’il n’appliquerait pas son programme. Petit problème : la phrase de soupçon sur JLM n’était pas du tout significative de l’ensemble de l’intervention de Lordon qui était bien plus positif et ç’avait d’ailleurs été relevé dans le fil des discussions…

  7. Mouais …

    C’est peut être bien des analogies pour en arriver aux cornes du taureau ( ce qui me rappelle toujours une antique céramique crétoise ) .

    Entre Russes et Américains , je crois surtout que ce sont deux géants dont l’empire est mort ou est en train de mourir .Tous deux sont « sur la défensive » .

    L’ennui c’est qu’ils disposent de la majorité de l’arsenal nucléaire et d’une place au conseil de sécurité .

  8. La Russie tente d’élargir son influence en Europe – tous les moyes sont bons pour y parvenir, y compris la manipulation de l’information. La Russie est assez isolée sur l’échequier mondial, elle n’a pratiquement pas d’alliés, elle ne fait même pas peur à l’OTAN car elle serait trop faible, militairement et économiquement, pour agresser un pays membre de ladite organisation. Mais l’Europe a besoin de la Russie pour de multiples raisons, voilà le problème.

  9. « Quand nos politiques se décideront-ils, dépassant la multitude des faux-semblants, à prendre enfin le taureau par les cornes ?  »

    Peut-être le jour où on arrêtera de donner des blanc-seings à n’importe quelle chèvre libérale, sous prétexte de lutter contre le « populisme » et pour la « République »? Peut-être le jour où on mettra dans sa poche son horreur du « clivage » et qu’on reconnaîtra – à la suite de Lordon, entre autres – la conflictualité comme l’essence même du politique?

  10. L’opposition « parti de gouvernement-parti populiste » me parait un peu aplatir la situation réelle. Dès la fin de la primaire, au sein du PS se crée un clivage – où Hamon est-il selon vous un « populiste » ? Une politique avec un idéal, une utopie ne peut-elle se combiner avec un réalisme ? Le libéralisme se résume-t-il à une réalpolitik ? Ou a une fuite en avant, une chute sans fin ? Il me semble que Macron est le Trump correspondant à la société française et à la situation française. Une société qui se nourrit de clivages. Votre clivage ne s’appliquerait pas vraiment à la société belge : Bart de Wever, le voyez vous en Macron ou en Trump ?

  11. Pourquoi Berlin ou Moscou?

    Je suis belge, mais la question qui m’est venue à l’esprit immédiatement c’est: mais pourquoi pas Paris?
    La France dominait l’Europe continentale au 18ème et en partie au 19ème. Il n’y a donc pas d’impossibilité historique.
    La France a un très bon positionnement géographique avec un accès à l’Atlantique et à la Méditerranée, la population est très bien éduquée, etc…
    Je dois avouer être assez perplexe…

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