Fannie & Freddie

On a donc apporté des sandwichs, de quoi nourrir les négociateurs jusqu’à dimanche soir, heure d’ouverture du marché de Tokyo.

On n’en sait pas plus. Les journalistes supputent. J’attends personnellement d’en savoir davantage – ayant déjà abondamment supputé dans le passé !

J’affiche ces quelques phrases, ayant constaté que l’un d’entre vous – un récidiviste ! – piaffe d’impatience d’entamer le débat alors que je me repose du sommeil du juste (il est ici 2:23 h).

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4 réflexions sur « Fannie & Freddie »

  1. USA/Crédit: Le Trésor va renflouer Fannie Mae et Freddie Mac
    Le Trésor américain est en train de mettre la dernière main à un plan de soutien aux géants du refinancement de crédits immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac. Cette information a été rapportée par le Wall Street Journal vendredi.
    Citant des sources proches du dossier, le quotidien explique que le plan devrait conduire le Trésor à recourir à l’extension de son autorité qui lui a été accordée fin juillet et qui lui permet d’injecter des capitaux frais dans les deux groupes s’il le juge nécessaire.
    Le journal ajoute que le plan, qui pourrait être dévoilé dès ce week-end, conduire à d’importants remaniements au sein de la direction de chacun des deux groupes.
    La porte-parole du Trésor Brookly McLaughlin s’est refusée à tout commentaire sur ces informations, tout comme Fannie Mae et Freddie Mac.
    Fin juillet, un texte approuvé en urgence par le Congrès a accordé au Trésor la possibilité d’accorder des crédits aux deux groupes ou de prendre une participation à leur capital en cas de besoin.
    Les deux entreprises, qui détiennent ou garantissent près de la moitié des quelque 12.000 milliards de dollars de crédits immobiliers en cours aux Etats-Unis, ont un statut unique : leur capital est aux mains d’investisseurs privés et ils sont cotés à la Bourse de New York mais ils restent soumis à l’autorité de Washington.
    Avant les informations du WSJ, McLaughlin avait déclaré à Reuters que le Trésor progressait sur ce dossier, en collaboration avec la Réserve fédérale, Morgan Stanley et la Federal Housing Finance Agency, l’autorité de tutelle de Fannie et Freddie.
    (ats / 05 septembre 2008 23:58)

  2. LOIC ABADIE ecrit :

    Samedi 6 septembre 2008
    Le sauvetage de Fannie et Freddie, épisode 2.
    Le sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac est sans doute le sujet qui va faire la une de l’actualité économique des jours à venir, même si il ne mérite sans doute pas que l’on s’y attarde autant :

    Quelques remarques pour commencer :

    – Ce plan est un non-évènement (en tout cas à moyen-long terme) pour deux raisons :

    1) La garantie de l’état avait déjà été annoncée implicitement en juillet 2008 avec la décision des autorités US d’accorder des facilités de crédit illimitées aux deux géants du refinancement hypothécaire US).

    2) Ceux qui pensent que le fait de sauver ces institutions modifiera significativement la situation économique n’ont à mon avis pas compris la nature de la crise : Ce n’est pas une crise provoquée par des pertes financières et bancaires, c’est une crise provoquée par la fin d’un cycle d’expansion du crédit, l’aspect « bancaire » n’étant qu’un élément parmi d’autres.

    Même si il existait un « Père-Noël » généreux capable d’effacer d’un coup de baguette magique toutes les pertes potentielles de Freddie et Fannie, cela ne changerait pas grand chose, vu qu’il n’y a aujourd’hui plus d’emprunteurs désireux de s’endetter au delà du raisonnable pour acheter de l’immobilier en pleine déconfiture, et qu’il n’y a plus d’investisseurs désireux d’acheter des obligations hypothécaires à risque : L’expansion du crédit qui avait nourri la croissance de ces dernières années est terminée, c’est cela qui provoque la crise actuelle, et la santé de Fannie et Freddie n’est qu’un petit détail à coté de ce problème.

    – Sur le plan de soutien à venir maintenant.

    Il semblerait selon cet article du NY Times que l’on s’oriente vers des « demi-mesures » : un contrôle gouvernemental sans nationalisation « officielle », associé à des injections de capital au « coup par coup » pour maintenir à flot Fannie Mae et Freddie Mac.

    Le plan de Nouriel Roubini aurait été plus pragmatique et plus clair : une nationalisation officielle, associée à une mise à contribution des détenteurs d’obligations de Fannie et Freddie (ils accepteraient une réduction de 5% de la valeur de leurs créances en contrepartie de la garantie de l’état, ce qui aurait apporté mécaniquement 250 milliards de capitaux frais aux organismes hypothécaires)… Nous attendrons de connaître les détails du plan du gouvernement US pour nous faire un avis.

    Les conséquences sur le dollar et l’inflation.

    Qu’elle soit officieuse ou officielle n’a pas une grande importance, il y a bien de fait une nationalisation et garantie de l’état sur 5000 milliards de dettes hypothécaire, ce qui revient à faire passer la dette publique US d’un peu plus de 9000 milliards à plus de 14000 milliards de $.

    A première vue, cela peut sembler « spectaculaire », et de nature à provoquer un effondrement du dollar (voire même de toutes les monnaies papier pour les plus extrémistes). L’argument ne manquera pas d’être répété abondamment par les partisans de la thèse inflationniste et de l’or (dont je ne fais pas partie, défendant le scénario de la déflation au moins dans un premier temps).

    Mais si on analyse les choses un peu moins superficiellement, on s’apercevra vite que la réalité est différente : les 5000 milliards de dette supplémentaire pris en charge par l’état ne sont pas du tout de même nature que de la dette publique classique : habituellement, cette dette est entièrement à la charge du contribuable : des dépenses sociales, des infrastructures publiques, des dépenses militaires… etc.

    Pour les 5000 milliards dont il est question, ce n’est pas le cas : si on admet que l’état est propriétaire de cette dette, alors on admet aussi qu’il devient propriétaire de la contrepartie associée, à savoir tous les biens immobiliers qui constituent la garantie de la dette. Même dans le pire des scénarios, ces biens ne vont pas valoir « 0 », et le contribuable n’aura jamais à payer 5000 milliards à cause de cette nouvelle dette.

    Les crédits de Fannie et Freddie ne sont pas des « subprimes » ou des prêts « exotiques ». Ce sont en majorité des crédits de catégorie « prime », faits à des emprunteurs ayant un niveau de risque faible ou modéré. Il y aura évidemment des défaillances (il y en a déjà), même sur cette catégorie « prime », mais pas une « destruction totale ». Roubini, qui est un pessimiste pourtant réputé estime le taux de pertes à 5% (250 milliards).

    Même en doublant ce chiffre (10% de pertes finales, soit environ 30% de défauts d’emprunteurs, ce qui est sans doute nettement exagéré vu la nature du portefeuille de Fannie et Freddie), nous arrivons à 500 milliards de pertes.

    Dans ce cas de figure ultra-pessimiste sur le portefeuille de Fannie et Freddie, c’est cela que l’état (et le contribuable) aura à supporter au final en nationalisant Fannie et Freddie. Sur 5 ans, cela représente 100 milliards par an, soit 0,6% de déficit public en plus. A mon avis, il n’y a pas ici de quoi provoquer un effondrement du $… Celui-ci ne s’est d’ailleurs pas effondré (au contraire) après l’annonce du plan de soutien à Fannie et Freddie en juillet 2008, qui revenait déjà à reconnaître une garantie implicite illimité de l’état US.

    Les menaces déflationnistes que je développe dans ce blog, associées au durcissement considérable des conditions de crédit, à la chute de la consommation et au retournement de la conjoncture mondiale restent par contre plus que jamais d’actualité.

    ( BLOG de Loic Abadie : tropicalbear.over-blog.com )

  3. La rencontre internationale d’Ambrosetti à Cernobbio en Italie ou Davos en septembre pour rassurer la rentrée des marchés :

    The Ambrosetti Forum is an annual conference a miniature, late-summer version of the World Economic Forum that meets each winter in Davos, Switzerland that aims to bring together world leaders, royalty, financiers and business executives to discuss « intelligence on the world, Europe and Italy. »

    Dick Cheney en Italie pour cinq jours

    05/09/2008 | Mise à jour : 19:36 |
    .
    Le vice-président américain Dick Cheney est arrivé ce soir à Milan pour une visite de cinq jours en Italie, en provenance d’Ukraine et après ses visites en Géorgie et en Azerbaïdjan, a constaté une journaliste de l’AFP.

    M. Cheney participera samedi au forum économique international d’Ambrosetti, une réunion d’études et de concertations à laquelle sont conviées des personnalités du monde politique, diplomatique et économique à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme (nord de l’Italie).

    Trichet voit l’économie de la zone euro repartir en 2009

    sam. sept. 6, 2008 1:51 CEST

    CERNOBBIO (Italie) (Reuters) – L’économie de la zone euro devrait commencer à se redresser l’an prochain, a estimé samedi Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne.

    « On aura touché le fond aux deuxième et troisième trimestres », a-t-il pronostiqué lors d’une interview donnée à la Rai, la télévision publique italienne. « Pour 2009, nous prévoyons une reprise progressive ».

    L’interview, traduite en italien, a été donnée en marge d’une conférence près de Cernobbio, au bord du Lac de Côme en Italie.

    Le produit intérieur brut de la zone euro s’est contracté de 0,2% au deuxième trimestre, sa première baisse depuis la création de la monnaie unique il y a 10 ans. Mercredi, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, avait parlé d’un sévère ralentissement économique mais cela n’a pas empêché la BCE de maintenir son taux directeur inchangé à 4,25% le lendemain.

    Gilles Castonguay, version française Véronique Tison

    http://today.reuters.fr/news/newsArticle.aspx?type=businessNews&storyID=2008-09-06T125148Z_01_RIV646151_RTRIDST_0_OFRBS-ZONE-EURO-BCE-TRICHET-20080906.XML

  4. En lisant, ci-dessus, A-J holbecq, Benoit, Vladimir, et bien sûr, au fil des jours, Paul Jorion, je pense à cette réflexion faite par Jean-Paul Fitoussi, l’un des plus éminents économistes français, véritable « pontif maximus » de l’économie (et je le dis sérieusement), sommité reconnue (tendance keynèsienne), en terminant un entretien à la radio, à peu près en février passé, après avoir parlé notamment des fonds souverains, il disait ceci sur le ton de la certitude : « De toutes les façons, les banques américaines ne peuvent qu’attirer les investisseurs car leur rentabilité est de 20% minimum »… Il s’est quelque peu trompé… Il est vrai que ce devait être en février 2008, mais enfin, tout le monde ne s’appelle pas Jean-Paul Fitoussi. Ceci signifie et confirme la profondeur à laquelle s’est étendue la « vérole » du système financier (au delà des « flairs » des Fitoussi et Cie!).

    Par ailleurs, toujours en lisant ce qui précède plus haut, ce qui me frappe, ce sont justement les demi-mesures. Les tenants de ce système vont sans doute tout faire pour retrouver, voire créer les conditions pour que l’élaboration de ce trop bon miel revienne dans un système « fortifié », bardé de sécurités. Une nouvelle usine à gaz quoi. Et jouïr à nouveau, et indéfiniment de cette « chrématistique » plus que succulente. L’État (ici américain) tenant à bout de bras, sans le déclarer, les institutions financiéres privées (à 100%?), afin de sauver les casinos, les maison de jeux d’argent, etc, où les dés sont pipés… Il vont continuer à émettre indéfinoment de la monnaie dans un environnement de stagflation, sans que ceux qui en ont le plus besoin profitent d’une amélioration relle et durable en rapport avec le progrès technique de la PRODUCTION des biens et des services qui n’a, je le répète sans cesse, aucun reflet, aucune correspondance avec un MÊME progrès dans la DISTRIBUTION des MÊMES biens et services. Bref une situation à la japonaise, sans doute étendue à la planète. C’est à dire langueur et stagnation, sinon lente et inoxérable descente. À moins que, par exemple, ne se produise une étincelle fatate entre le Sinaï et le Caucase et le Cachemire ?…

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