Le protectionnisme

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Comme vous avez pu le voir, on me somme de me prononcer plus clairement sur le protectionnisme. Certains ont cessé de se satisfaire de mon laconique « je ne suis pas pour » et voudraient bien que j’en dise davantage. D’autant que pratiquement tous ceux qui défendent des positions proches des miennes, Gréau, Lordon, Todd, se prononcent pour une certaine forme de protectionnisme.

Mon manque d’enthousiasme pour le protectionnisme est de la même nature que mon manque d’enthousiasme pour la fiscalité progressive : ce sont des mesures correctrices post hoc. Comme on n’a pas pu empêcher qu’un problème sérieux se pose, on arrive après la bataille et on s’efforce alors de minimiser ses conséquences négatives. C’est, de manière très typique, ce que j’appellerais « traiter les problèmes en aval ».

Pourquoi est-ce que vous ne m’avez jamais vu émettre la moindre opinion sur la taxe Tobin ou sur toute taxe sur les opérations financières ? Parce ce qu’il s’agit là aussi d’une mesure en aval et que dans ce cas-ci, j’ai proposé une mesure « en amont », l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui règle les problèmes avant même qu’ils ne se posent : avec cette interdiction, les produits financiers qu’une taxe de type Tobin vise à décourager n’existent plus et ceux qui existent toujours sont bénéfiques et il n’y a aucune raison de les décourager, bien au contraire.

Oui, je sais, il y en aura toujours un pour dire « interdiction = Staline », j’ai lu ça ici parmi vos commentaires, et je suis sûr que quand Moïse est descendu du Mont tenant les tables d’airain, il y en a eu au moins un parmi la foule des adorateurs du Veau d’Or pour s’écrier : « Staline ! » ou l’équivalent de l’époque. Tout système moral contient des interdits et à ceux qui défendent l’idée que la finance, voire l’économie en général, sont « amorales » et n’ont que faire de la morale, j’ai déjà eu l’occasion de répondre que cette extraterritorialité par rapport à la morale n’a que beaucoup trop duré et que l’homo oeconomicus est un dangereux sociopathe qu’il convient de mettre hors d’état de nuire sans tarder.

Je ne sais pas quelle mesure en amont préviendrait les effets que le protectionnisme s’efforce de corriger après la bataille, et je demande au cerveau collectif de se pencher sur la question ; je le lui demande poliment : je ne le « somme » pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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194 réflexions sur « Le protectionnisme »

  1. Le problème avec les mots est qu’il peuvent avoir beaucoup de fifnification et beaucoup d’utilisation. Lorque le libéralisme, ou libre échange est arrivé, tout le monde y voyait la possibilité de patager le travail est de permettre aux pays sous develloper de se develloper économiquement. La problème est qu’ont en est arrivé a des extrèmes ou la délocalisation ne sert que le capital et pas vraiment le consommateur. Je veux dire par là que produire moins chére aileurs pour vendre aussi cher ici, en occident, il n’y a aucun bénéfice pour le consommateurs ni pour les entreprise local qui doivent faire face a un dumping sur les prix de la main d’oeuvres. Donc dans ces conditions il y a obligatoirement un mommnt ou le protectionnisme reviens au gout du jour, acheter se qui est produits dans son pays plutot que se qui est produit ailleurs c’est deja du protectionnisme. S’accaperer les ressources naturelles c’est aussi du protectionnisme. Comment peut ont encore croit que le mouvement libéral de libre échange est été autre chose que du protectionnisme, cela n’as été qu’un énorme pillage organisé, et se pillage n’avait pas d’autre enjeux que de se proteger du piller d’as coté. Les pays riche se sont battu les uns les autres afin de piller chacun d son coté mais avec l’accord de tous. Maintenant que le pillage et terminé il me semble évident que la protection de la recette soit mise en place. Et d’ailleurs toute cette crise n’est’elle pas en fait qu’un coup de baton trés fort sur la tête des économies les plus faibles. Le protectionnisme nouveau ne servira qu’as mettre a genoux les pays en voie de devellopement, méthode qui devrait survir a sauver pour quelques temps l’occident. D’ailleurs le libéralisme a toujours été a l’origine des grandes crises, crise ou seul les mieux armé survivent.

  2. un peu de protectionnisme avec les dates…autant faire mieux que les médias médiocres sur ce point et après avoir « bugger » le siècle et le millénaire au 01/01/2000, ne pas recommencer déjà avec la décennie 2001-2010 et penser à prendre donc les 12 prochains mois tranquille pour penser à la prochaine décennie…
    merci à M Jorion et à tous les intervenants de ce blog sur lequel une heureuse année attend les fidèles lecteurs, à n’en point douter

  3. Qu’est ce que le commerce en fait, un échange de richesse, les déficits, un appauvrissement…

    Donc un commerce déséquilibré est un appauvrissement de la richesse…. le protectionnisme n’est il pas in fine une frontière au commerce évitant l’appauvrissement…

    Ce qui m’échappe, on parle de déficits sans réellement en donner le sens, s’endetter c’est comme perdre une partie de ses revenus futurs sous forme d’intérêts…

    Avec la Chine c’est un appauvrissement accéléré des pays ex-riches qui est en cours, quelles solutions, ou comme pour les courses de chevaux, mettre un handicap aux chevaux chinois, taxes par exemple ou protectionnisme ou laisser les chevaux chinois conquérir la planète….car sans handicap voir même avec handicap négatif, clause de la nation défavorisée et financement de la vente à perte institutionnalisé par la chine en dévaluant volontairement sa monnaie…

    Nous sommes dans une guerre mondiale pour détenir ce qu’il reste encore de richesse sur notre planète, nous étions 1 milliard à consommer ce gâteau, 2 autres le veulent aussi et comme personne ne veut partager, voir Copenhague, le partage se fera aux forceps…..

    Pour l’instant les chevaux chinois ramènent les usines en chine, quelques dollars sont investis pour y parvenir, dans peu de temps 2 à 3 ans peut-être , le partage sera décidé par la Chine, partage à sens unique …. acheter du Yuan est une bonne chose à moyen terme…

    Seuls les financiers US pour l’instant tentent d’empêcher ce déroulement probable de l’histoire, nous faire croire qu’une autre issue est possible….

    Ce me semble la question n’est pas réellement de savoir par quoi remplacer le système actuel mais plutôt comment éviter que les chinois s’accaparent de ce qu’il reste comme richesse sur notre planète et en particulier celle qui nous a fait vivre cette révolution industrielle qu’est l’or PETROLE…

    Ce me semble le protectionnisme c’est maintenant ou rien et donc cette année ou rien, que cette guerre silencieuse pour la conquête du pétrole saute enfin aux yeux de tous, crise financière oui et non, avant tout un gâteau qui ne peut que se réduire pour des consommateurs dont le nombre potentiel vient de tripler, l’économie ne sait pas faire, la guerre économique oui…

  4. On pourrait inclure la taxe carbone au prix de vente final payé par le consommateur.
    Cette taxe pourrait prendre en compte l’impact écologique, être proportionnelle aux distances parcourues.
    La tracabilité des produits pourrait favoriser les productions locales et permettre au consommateur d’agir socialement.
    Ce n’est plus du protectionnisme.
    Mais de l’écologie…
    Nuance

    1. Vous croyez donc que la taxe carbone ne sera pas incluse dans le prix final payé par le consommateur?!?

      C’est bien le défaut de cette taxe: au lieu d’être un facteur d’équilibre si elle était appliquée à nos frontières pour annuler l’effet bénéfique (sur le prix) de la destruction écologique dans les pays où la production est peu respectueuse de l’environnement, elle pénalise nos produits dont les prix seront surenchéris pour conserver la marge du producteur.
      La solution made in Sarkoland à ce paradoxe consiste à la faire directement payer le consommateur et d’en exonérer les entreprises. Bref, elle n’a plus de taxe carbone que le nom..

      Maintenant effectivement, niveler par une taxe à l’importation la qualité des produits consommés chez nous serait une belle forme de protection de l’écologie et de notre économie, je vous l’accorde.
      Sur ce principe on pourrait envisager une « taxe esclavage » pour surenchérir le prix des denrées produites à bas coût sur le dos des populations à faible revenus, d’ailleurs.

  5. Le protectionnisme prend généralement la forme de mesures de rétorsion prises unilatéralement par le pays qui s’estime lésé, un repli sur soi égoïste. Il y a aussi les subventions (à l’export ou non) qui sont en principe déja interdites (Quelle hypocrisie!)

    J’avais déjà posté un message sur un mode humoristico-démagogique (mais pas tant que ça)
    [ MODE DÉMAGO ON ]
    Référendum d’initiative populaire:
    – Etes-vous pour les baisses de salaires, la destruction des protections sociales, la précarisation, les délocalisations… ?

    Jugement du Tribunal Populaire:
    Attendu que l’Union Européenne et l’OMC portent dans leurs gènes le dogme de la « concurrence libre et non faussée ».
    Attendu que la « concurrence libre et non faussée » est du protectionnisme de fait, un alignement sur les moins-disants salariaux, sociaux, environnementaux, fiscaux, monétaires.
    Attendu que la « concurrence libre et non faussée » est destructice de la société et de l’environnement.
    Nous, Peuple Souverain, condamnons l’Union Européenne et l’OMC à abondonner le dogme de la « concurrence libre et non faussée » et à garantir un juste équilibre contre toute forme de distortions qu’elles soient salariales, sociales, environnementales, fiscales, monétaires ou commerciales.
    [ MODE DÉMAGO OFF ]

    Pour briser la logique unilatérale du protectionnisme, un juste équilibre pourrait partager entre les deux pays le produit des distortions, et une partie pourrait servir à subventionner de l’aide aux pays démunis.

    Et aussi dans l’esprit de l’ECCE:
    Les circuits économiques (et monétaires) courts, au niveau local consolident le lien social et protègent l’environnement.
    Les acteurs économiques sont tenus d’être à échelle humaine maitrisable.
    Les économies d’échelle des acteurs économiques ne peuvent l’être au détriment de l’équilibre social et environnemental.

    @François Leclerc
    Les frontières n’ont pas été abolies et ne le seront sans doute jamais. Les cultures, modèles sociaux, économies… sont divers et variés. Je considère cette diversité comme une richesse au même titre qu’on dit qu’un écosystème diversifié est riche.

    1. Ne confondez pas la diversité, qui est effectivement une richesse, avec les portes, les murs et les grilles qui font obstacle aux rencontres, aux échanges et aux mélanges. Je ne connais pas d’autre souveraineté que celle de l’espèce humaine, dans sa totalité.

  6. Bonjour !

    Quelques réflexions en écho , à chaud , et dont j’avoue ( sans trop me torturer quand même) qu’elles ne font pas système me permettant de conclure définitivement à ce jour :

    1 – j’avais bien repéré le caractère  » amont  » de la mesure « phare » proposée par Paul Jorion . Comme je suis adepte du retour aux sources ou plutôt à l’éthymologie , chaque fois que ça se complique et obscurcit , je m’en réjouis. Je retrouve là le souci universitaire d’aller « au fond des choses » ,si tant est qu’un fond puisse être une source . Etienne Chouard en poussant jusqu’au bout sa recherche de la virginité souhaitable d’une constitution participe de la même attitude .

    2 – cette remontée aux sources lui a suggéré une solution qui pour être prise en compte me semble nécessiter deux conditions ( au moins !) :

    – caractère mondial,

    – caractère instantané ( car « révolutionnaire »).

    C’est pas rien .

    3 – Protectionnisme est un terme à multiples lectures . Il n’a jamais été absent dans les relations internationales même les plus libre-échangistes . Il se met en oeuvre en positif ou négatif , par les règles de l’OMC ( dont beaucoip souhaitent – dont moi – qu’elle soit ramenée à l’état de département du BIT ) , par des règles douanières ou non des états de façon plus ou moins tordue , par des rapports de forces politiques voire militaires ( du genre je te tiens – tu me tiens par la barbichette / je te donne – tu me donnes ) que les gouvernants connaissent bien , le problème étant que cette dernière solution de régulation est de moins en moins puissante .

    4- Qui parle d’économie ( toujours  » la maison » ) parle de territoire . Les anarchistes ( les vrais ) avaient tenté , je crois sans succès , de règler l’imbrication des regroupements sociaux par « les communautés de base » , autogestion , fédéralisme, confédération des Etats unis d’Europe, internationalisme .Le tout avec liberté d’union ou de sécession. Ybabel semble s’y retrouver .
    De quel territoire parle-t-on quand on imagine la mise en oeuvre de l’interdiction de parier sur les fluctuations de prix ? Est ce bien du monde dont il s’agit ?

    5- Tant que nous ne souhaitons pas nous reconnaître comme chinois ou états uniens d’amérique , nous semblons revendiquer une aotonomie de penséee , d’agir , de crééer , de partager et de progresser qui nous soit propre .

    Qui est  » Nous » ? J’ai longtemps souhaité et souhaite encore que ce soit l’Europe ( cf le billet d’Attali opportunément cité ).

    Si cela est avéré , je ne connais pas d’entité humaine vivante formant  » corps » qui n’ait pas son territoire ( donc des formes de frontières ) , ses outils de communications , ses propres règles de gestion , ses « valeurs » unificatrices , qui la « distiguent » des  » autres » . Ses frontières donc ses protections .

    6 – On ne peut donc selon moi se dispenser de  » protectionnisme  » ( dont il me semble que pour le moment aucun état au monde ne se dispense vraiment ) que dans le schéma d’un  » gouvernement mondial » .

    Dont la constitution aurait éét écrite selon la méthode d’Etienne Chouard et dont une règle fondamentale serait qu’il n’y a pas de pari possible sur les fluctuations de prix , méthode Paul Jorion .

    Est-ce une utopie ?

    7 – En bon auvergnat reconverti savoyard , à ce moment de mes cogitations , je privilègie un territoire et un « corps fédérant  » européen avec autant que possible des alliances sud-américaines ,car je ne supporte ni le modèle ( s’il est encore vivant) américain , ni le modèle chinois , qui s’appuient soit dit en passant tous les deux sur des états continents ( tiens revoilà les territoires) .

    A ce moment de l’histoire je redoute qu’un gouvernement mondial ne soit en fait qu’un nouveau Yalta au bénèfice du G2 , avec la caution captive d’une ONU sous tutelle .

    8 – Reste à cataloguer, pour les désserrer, les freins aux Etats unis d’Europe : Une fois qu’on aura coupé la tête à la reine d’Angleterre , on devrait y voir plus clair . Mais on peut aussi utilement analyser tout ce qui dans la traduction locale du tryptique capitalisme / économie de marché / libéralisme peut créer des tensions entre  » nous » européens .
    On n’a pas vraiment tiré les conclusions du sens du NON français , hollandais et Irlandais ( pour ceux qu’on a bien voulu consulter ! quelle honte !) au TCE .

    9 -A quand une réécriture du traité de Lisbonne à la lueur de la perle de la constellation de Jorion ?

    1. Les États-Unis d’Europe? Mais avec qui voulez vous faire ça? Ça fait trente ans que tous les partis (y compris le FN et les cocos) nous parlent d’une autre Europe. Mais avec qui bon dieu? La quasi totalité de l’Europe a 27 est pro atlantiste et pro américaine. La France à été sommée de se coucher et elle l’a fait ces deux dernières années.
      L’illusion européenne cache en fait le glacis géostratégique américain, et cette soit disant Europe ou personne n’est d’accord sur rien (et pour cause, chaque pays ayant légitimement des intérêts divergents) se range en fait régulièrement aux positions du syndic, à savoir les USA.
      Il ne reste plus maintenant qu’une technocratie totalement coupée des peuples et une volonté clairement affichée de destruction des états nations au profit d’un « régionalisme » fumeux.

      Ne voyez vous pas que la petite coquille qu’on appelle France continue malgré tout de nous protéger, malgré tous les abandons? Faudra t-il que notre pays à la si vieille histoire disparaisse à nouveau pour que les Français en ressent le manque? Tout cela est désespérant, cet éternel renoncement, cette fascination pour la destruction de ce qui nous constitue, cet abandon des élites et des classes soit disant instruites, cette dilution dans de fausses questions au détriment de l’essentiel, à savoir notre liberté et notre indépendance.

    2. Après l’identité françoise , la chanson de Roland .

      Je perçois la logique de votre raisonnement . Cependant il me semble s’appuyer sur des données fausses . Dans un monde où les habitants de la coquille ne sont plus les maîtres du monde ( on en a en principe fini avec le colonialisme ) , la coquille n’a que vocation à se faire écraser par le reste du monde . Je ne suis pas vraiment sur que EADS ou Total soient français .

      Si par contre vous appelez coquille ( protection ?) le contour d’une entité qui abrite des gens partageant le même projet , va pour la coquille .

      J’avais juste émis l’opinion que dans la guerre en cours , le niveau européen me semblait plus efficace que le niveau franco-français . Et je crois encore qu’il peut m’être aussi sympathique .

      Comme je reste pratique , j’espère toujours qu’une convergence franco-allemende et plus si affinité peut me faire échapper au choix entre USA et Chine .

      A moins qu’un miracle ne m’offre une coquille mondiale . Certains vont dire que le miracle peut venir de la raréfaction des énergies …ou du LHC .

      Mais là l’utopie peut rejoindre l’incantation .

      Dans cet océan d’incertitudes , je ne partagerai avec vous que la nécessité , au cas où , de garder une force nucléaire autonome française , pur jus . J’aimerais être sur que la récente réintroduction dans l’Otan ne nous ait pas privés de ce dernier recours pour rester nous mêmes .

  7. @ F. Leclerc

    Le « protectionnisme » renvoie avant tout à « protection », ce qui est plus laudatif que « repli ». Par ailleurs le repli n’est pas une chose intrinsèquement mauvaise. Pourquoi l’escouade devrait-elle être entièrement décimée, sous prétexte que la bataille est perdue?

    Vous avez raison, ceci pose le problème des limites de la communauté. Je ferais quand même deux précisions:

    La première c’est que la communauté « politique » n’est pas une communauté comme les autres (dans ce sens strict il n’y a de communauté politique qu’en démocratie, selon une ligne argumentative qu’on trouve à la fois chez Rousseau et chez Rawls), et que tout n’est pas à mettre sur le même plan. Une association sportive, une communauté de croyants ne sont pas des « communautés politiques », le seul moyen de quitter une communauté politique étant d’émigrer, ce qui a des implications matérielles et psychologiques sans communes mesures et justifie un traitement séparé. Donc il n’y a pas cette tendance infinie à la division que vous mettez en avant. Du reste la protection du business des uns et des autres, à l’intérieur de la communauté politique, fait toujours l’objet de lutte d’influences pour la définition des normes qui le régissent (des AOC aux ongleries chinoises de Belleville en passant par le statut des notaires/avocats ou le compagnonnage…) Bref rien ne change à ce niveau là.

    La seconde c’est que la partition n’est plus seulement une question de frontières entre communautés puisqu’elle les traverse aussi en un sens précis: celui qui favorise pour son bénéfice personnel ses propres intérêts au détriment de ceux de la communauté qui l’a éduqué/ nourrit/ et qui lui a permis de développer ses talents ne serait-ce qu’en fournissant les infrastructures est logiquement, dans un tel contexte exclu, de la communauté (ca va de l’industriel qui délocalise au banquier qui parie contre les intérêts de ses concitoyens en tant que salariés). A quoi servirait-il d’imposer des contraintes aux non-membres de la communauté qui veulent commercer si les membres de la communauté pouvaient chacun pour eux-même ruiner tout l’édifice? C’est ainsi que s’explique et ce justifie parfaitement le traitement réservé par V. Poutine à certains oligarques russes. Ce n’est pas là qu’une question de lutte de clan. Aucun citoyen russe n’est habilité à brader les intérêts de son peuple.

    Ce qui gène, c’est que le « protectionnisme » s’oppose tant au libéralisme (liberté des flux de marchandises et de capitaux, comme si ces derniers, eux aussi, étaient a-moraux) qu’à toute l’idéologie construite sur les « droits de l’homme » (un vrai catéchisme) et la « dignité de la personne ». C’est évidemment cette deuxième partie qui gène. En ce qui me concerne, et à la suite de Rawls, j’estime que l’idée de « dignité de la personne » appliquée aux problème de justice sociale est une régression complète dans un Etat démocratique, puisqu’on peut montrer qu’elle accorde toujours MOINS que ce à quoi ont droit les citoyens en vertu de leur simple statut de citoyen, qu’ils travaillent ou non (pour faire le pont avec la discussion consacrée à l’idée « mérite »).

    Derrière la question de la communauté à protéger se cache surtout le souci de préserver l’amitié entre les peuples. Faut-il jouer l’Europe ou la France? Et pourquoi s’arrêter à l’Europe? Pourquoi ne pas jouer l' »Ouest » (si ca veut dire quelque chose) ou carrément « le Monde »? Le problème c’est qu’il faut pour jouer au niveau Monde que tout le monde joue avec les mêmes règles (brevets, etc), et qu’il suffit que certains ne le fassent pas, et que vous ne puissiez les contraindre à le faire (de quelque manière que ce soit), pour que vous soyez condamnés à revoir vos ambitions à la baisse. Et cette question N EST PAS une question d’économie. Elle ne le sera que le jour ou toutes les ressources seront des « Commons » dans un Etat Mondial (si on ajoute l’abondance on n’est pas loin de bêtise marxiste). Il n’y a pas d’autre échappatoire au nivellement vers le bas: je vous assure qu’il y a de nombreux industriels que ca ne gène absolument pas de dire que « demain les revenus/conditions de travail des européens s’équilibreront à la baisse avec ceux des pays asiatiques ». Et à moins d’un « repli » comme vous dites, qui est en fait rien d’autre qu’une réappropriation par le politique de ce qui a été laissé à l’aveuglement des marchés, nous n’y échapperont effectivement pas.

    Le cas des multinationales est plus compliqué et pose un problème difficile cependant: la majorité des actionnaires de Total est anglo-saxonne je crois et nous considérons encore cette firme comme française; il se peut que nous ne défendions pas nos intérêts quand nous défendons ceux de Total (je garde pour moi ce que je pense de cette firme). En revanche on peut critiquer les délocalisations/ sous-traitances de X ou Y, mais ces dernières préservent peut-être davantage d’emplois locaux in fine. Bref un des problèmes du protectionnisme est que, même dans l’hypothèse ou la communauté politique est bien identifiée, nous ne savons pas toujours avec assurance dans quel cas nous nous protégeons effectivement et dans quel cas nous ne le faisons pas.

  8. Bonjour,
    Je bosse dans l’industrie.
    Pensez vous vraiment qu’on soit sur le même pied d’égalité que les Chinois (lois sociales, contraintes environnementales, taxes). Je veux bien qu’un pays moins développé puisse avoir certains avantages mais quand même!
    Une société comme HP fait un jumping social incroyable.
    Exemple: les services financiers et commerciaux localisés sur Grenoble, passent progressivement d’un pays de l’est à l’autre (sauf les tops managers dont les primes-salaires explosent). D’abord la république Tchèque, puis apres la Pologne les tchèques étant trop chers (et encore on reste dans l’Union, tant quon peut trouver « moins cher »).

    A terme il ne nous restera qu’à elever des chèvres et manger des pissenlits à tous les repas.

    Désolé pour cette contribution qui n’enrichit pas la discussion.
    Mais au bout d’un moment il faut bien jouer avec ses « faibles » armes non? Pourquoi une taxation spécifique sur certains produits importés serait elle à proscrire pour la simple raison que c’est une solution « intellectuellement » inélégante?

    Merci de vos eclairages , je retourne à mes machines.

    PS: ma contribution confirme effectivement l’intuition de Paul qui commentait la fréquentation de décembre.

  9. @AntoineY

    « A part un Etat Mondial avec une fiscalité mise « au pas » et/ou un interventionnisme militaire hardcore partout ou sévissent des régimes politiques incompatibles avec une distribution plus « homogène » des richesses, ce qui est impossible, je ne vois pas d’échappatoire à la guerre économique, dans laquelle le protectionnisme n’est qu’une arme parmi d’autres.
    Mais j’espère me tromper. »

    Et si le changement de paradigme consistait « tout simplement » dans la maitrise d’une énergie renouvelable, abondante et accessible à tous ? Un système capitaliste profondément enraciné dans la production d’énergie fossile et donc par nature inéquitable dans la répartition des richesses qu’il produit, peut-il survivre à une énergie libre, gratuite, et abondante ? Est-ce que le protectionnisme ne s’abolit pas de lui-même dans le cas du partage de cette énergie à toute l’humanité ? Le problème viendra aussi de la compréhension des lois de la nature et de ce que démocratiquement nous voulons en faire, soit nous protéger par une politique protectionniste pour laisser libre court aux lobbys en place, soit abandonner la production capitaliste par l’adoption d’une nouvelle forme d’énergie, sans doute parce que capitalisme et protectionnisme sont les deux faces de la même pièce de monnaie.

  10. Oui on y court,…on y est à plein dans ce protectionnisme. Et pourtant ,pour quoi ???
    Pour mesurer au plus juste l’abîme qui nous sépare de La seule réalité ,lisons la déclaration ce jour d’Hubert Reeves :il nous donne 30 ans maximum pour que l’Espéce Humaine ne périsse pas .

  11. On est bien noyés là, avec ce sujet bateau.

    Petit rappel: le monde est composé d’états, n’en déplaise aux tenants de la supranationalité diluante. Ces états, comme vous et moi ont un voisinage, proche ou lointain.
    Certains voisin peuvent être hostiles, d’autres amicaux. Des liens ou des solidarités spécifiques peuvent exister.

    Comme vous le faites chaque jour avec vos congénères, les états gèrent leurs relations avec les autres états dans un rapport fait d’intérêt et de force. (désolé les bisounours, un état n’est pas forcément gentil, il défend les intérêts de son peuple)

    De ce fait des conflits d’intérêt surviennent périodiquement à cause d’empietements des affaires des uns sur les affaires des autres.

    De temps à autres, un état se sent plus assuré ou plus puissant que ses voisins et il tente de les dominer ou de les asservir. Cela s’appelle un empire.

    Naturellement, les pays agressés tentent eux mêmes de se défendre contre l’agression. C’est ce que vous appellez le protectionnisme.

    Alors quoi, personne n’a t-il plus de bon sens? Ou tout le monde à t-il fait sienne la devise du Christ: Si on te frappe, tends l’autre joue?

    Bien entendu, il s’agit tout simplement de la défense des intérêts nationaux, et comme d’habitude, le lobby de l’étranger crie « protectionisme ». Nos intérêts ne sont pas ceux des anglo-saxons.

    Si un individu se défend lors d’une agression, appelle t-on celà du protectionnisme? Non, cela s’appelle de la légitime défense. Quand comprendrez vous donc que nous sommes en guerre, qu’on veut nous bouffer et qu’il faut nous défendre?

    L’empire, lui, n’a pas ces états d’âme. Il dévore tout ce qui est sur son chemin. Allez parler de protectionnisme aux américains… Ils imposent sans vergogne leur position au monde entier et malheur à qui s’y oppose.

    Et vous voulez lutter contre ça en disant: Allez-y messieurs, installez vous dans le salon, si vous voulez mettre les pieds sur la table, enlevez au moins vos chaussures.

    Il faut évidemment se défendre, pied à pied, et maintenant l’alternative est claire: Lutter sans merci ou disparaitre avec l’empire agonisant. Choisissez votre camp.

    1. C’est une vision guerrière et pour l’heure nous ne sommes pas dans cet état d’esprit.On croyait ,il n’y a pas si longtemps que la mondialisation des échanges allait dans le sens d’une pacification.Que globalement tous les acteurs y gagnaient.Faut il revoir ses croyances, et donc générer des tensions?

    2. Mon pauvre Piotr, c’est les bisounours…

      Bien sur que nous sommes en guerre, bien sur que nous ne sommes pas entourés de puissances bienveillantes.
      C’est ça la grande réussite de la com. Nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Relisez les confidences de Mitterrand au journaliste Benamou à l’extrême fin de sa vie… Relisez le testament d’un atlantiste de toujours qui parle des USA… Relisez les mémoires d’espoir de De Gaulle… Ce n’est pas parce qu’on tente de se persuader que tout va bien que c’est le cas. Quant aux tensions, elles existent et nous les subissons tous les jours, que vous y croyez ou pas.

      La France a toujours suscité des oppositions, et nous avons des ennemis comme tous les autres pays du monde. Et que fait on? On le nie, ce qui fait que, non avertis du danger, les Français se couchent. Ouvrez les yeux, je le répète, tout ceci est désespérant, et il n’est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Cela se vérifie tous les jours ici et ailleurs…

    3. L’idée biscornue est de croire que le village gaulois a la moindre chance de s’en tirer (ou plutôt de se re-tirer sur son Aventin… qu’il n’a pas) dans un monde globalisé, que cela plaise ou non. Mais je me rappelle que votre idéal démocratique n’est pas un projet, mais un état d’être « local », comme dans la ville de 20.000 habitants qui vous paraissait naguère le seul modèle acceptable.
      Où se trouve la chimère, je me le demande? Le projet non chimérique consiste à interdire que des empires (selon votre acception) se forment, et si possible d’aider ceux qui existent à se muer en autre chose, comme jadis l’empire romain, parce qu’il existait des intérêts communs. Je suis parfaitement conscient des dangers qui nous guettent si nous n’y réussissons pas, rassurez-vous!

    4. L’avenir parlera, Jaycib, tout à été dit. Vous caricaturez mes propos comme le font tous les tenants du parti de l’étranger (étranger variable selon les époques). De tous temps, vos frères nous ont dit: « comment? La France? ca existe encore ce machin là? couchez vous vite avant qu’on se fâche. »

      Et bien ne vous en déplaise, la France existe depuis bien plus longtemps que vous, ainsi que toutes les autres nations d’ailleurs. Et aucune ne désire in fine se fondre dans quelque chose ou elles perdraient leur cohésion et leur âme. Car les nations ont une âme, qui est le désir de vivre ensemble d’une communauté humaine. De toute façon, aucun peuple digne de ce nom ne l’accepterait.

      Alors continuez à vous bercer d’illusions en méprisant toute l’histoire de vos congénères. Votre réveil sera particulièrement douloureux.

  12. Je trouve que le protectionnisme ressemble aux mesures de vaccinations qui ont été décrétées pour lutter contre la pandémie de grippe H1N1: une sorte de grand jeu de « rôles » dans lequel l’état fait fonctionner ses différents rouages.
    Si je comprends bien les analyses faites dans ce blog, le système qui caractérise notre époque et dans lequel nous vivons pourrait fonctionner correctement si les surplus produits par l’économie et devant être redistribués étaient bien réels. Le problème arrive quand, pour des raisons diverses et grâce à l’endettement généralisé, on en arrive à distribuer des surplus qui n’ont pas encore été produits ou pire, qui ne le seront jamais. La proposition de Paul Jorion ne vise t elle pas à traiter ce dernier point ? Pour moi c’est une mesure de bon sens et je n’y vois rien de Stalinien !

  13. Petite différence entre nous sur ce point, cher Paul.

    Je considère comme vous que les interventions pseudo-correctrices postées en aval des problèmes ne font qu’entériner ces problèmes en faits accomplis (cf. le paragraphe sur le « gendarme fiscal » dans le premier volet de mon petit programme).

    Par contre, je situe la protection de « l’exception sociale » (ou culturelle, ou économique) d’un pays, non en aval, mais en amont du problème (cf. le paragraphe sur le respect du principe de « l’exception sociale » dans le volet 6 de mon « programme »).

    Pardon de me citer : « Lorsqu’une entreprise française ou européenne délocalise ses activités dans une contrée dite émergente, ce n’est évidemment pas pour écouler sa production ou ses services dans son nouveau pays d’accueil, mais juste pour s’affranchir des droits de protections sociales qu’elle devait acquitter dans son pays d’origine.

    Sa production, elle, c’est bien toujours sur le territoire nationale ou dans les autres pays riches du clan occidental qu’elle compte l’écouler. »

    Le principe du protectionnisme social (ou économique ou financier) ne consiste pas en une vulgaire taxe censée corriger ou dissuader d’un détournement des règles. Mais d’établir des mesures, en amont, pour que les règles en vigueur dans notre pays ne soient pas détournées par une mondialisation qui n’ose dire son nom : l’établissement de la loi du plus fort.

    On remarquera que dans tous les Gx de ces derniers temps (Copenhague, par ex.), les dirigeant des grands pays se sont empressés de placer la solution des problèmes à traiter sur le plan d’un consensus international pour éviter d’avoir à les traiter eux-mêmes nationalement.

    A Copenhague, le président français aurait gagné en crédibilité si, au lieu de hurler à la nécessité d’un accord international dont il était facile de deviner qu’il ne viendrait pas, ce même président avait lui-même pris unilatéralement les décisions qu’il réclamait aux autres…

    … quitte à établir « un protectionnisme écologique » 😉 sur notre territoire (limitation, puis interdiction totale des véhicules dépassant les normes d’émission de CO2, par ex.)

  14. @ Paul Jorion

    J’aime bien cette idée de remonter à la source des problèmes, au lieu de courir après les conséquences à réparer.
    C’est ce qui s’appelle une position radicale. Nous le sommes rarement suffisamment !

    « Voici, les deux aspects de la caractéristique immanente du système de crédit :
    d’une part, développer le moteur de la production capitaliste, c’est-à-dire l’enrichissement par l’exploitation du travail d’autrui pour en faire le système le plus pur et le plus monstrueux de spéculation et de jeu, et pour limiter de plus en plus le petit nombre de ceux qui exploitent le richesses sociales ;
    mais, d’autre part, constituer la forme de transition vers un nouveau mode de production,
    – c’est ce double aspect qui donne aux principaux défenseurs du crédit, de Law jusqu’à Isaac Péreire [ici mettre les noms contemporains], leur caractère agréablement mitigé d’escrocs et de prophètes. »
    (Celui dont on ne doit pas écrire le nom, sous peine de n’être pas lu, L III, ch. 27)

  15. « Et si le changement de paradigme consistait « tout simplement » dans la maitrise d’une énergie renouvelable, abondante et accessible à tous ? Un système capitaliste profondément enraciné dans la production d’énergie fossile et donc par nature inéquitable dans la répartition des richesses qu’il produit, peut-il survivre à une énergie libre, gratuite, et abondante ? Est-ce que le protectionnisme ne s’abolit pas de lui-même dans le cas du partage de cette énergie à toute l’humanité ? Le problème viendra aussi de la compréhension des lois de la nature et de ce que démocratiquement nous voulons en faire, soit nous protéger par une politique protectionniste pour laisser libre court aux lobbys en place, soit abandonner la production capitaliste par l’adoption d’une nouvelle forme d’énergie, sans doute parce que capitalisme et protectionnisme sont les deux faces de la même pièce de monnaie. »

    Il n’y a pas que l’énergie, il y a aussi toutes les matières premières (les matériaux, les terres, l’eau). Donc l’énergie ne résout rien même si évidemment une énergie gratuite ou prohibitive pacifierait les choses (j’opte pour la deuxième position).
    Non ca ne dépend pas d’une décision démocratique malheureusement: il faudrait que tous les peuples décident de la même façon. Et ca n’arrivera pas, parce que les peuples sont les uns pour les autres des bêtes sauvages (surtout quand les ressources se raréfient), et ce depuis les débuts de l’humanité. A moins d’un miracle spirituel, et il n’arrivera pas, ça ne changera pas.

    La question de la monnaie avait pour objet l' »intérêt » à travers le « crédit » et la « spéculation ». La question du protectionnisme s’attaque à un autre pilier: la concurrence. Quelques pistes.

    Le « Gesell » de la concurrence, c’est l’industriel des rasoirs Gilette je crois.
    Le Graal introuvable en sciences de gestion (management stratégique essentiellement), pour éviter la concurrence c’est… la coopétition.
    Une autre pierre philosophale (plus prometteuse à mon avis) c’est l’approche des « commons » (gestion collective des biens communs, par opposition au marché/appropriation prvée, à une gestion centralisé (étatique), ou à « l’open access » (Tragédie des Commons en Mongolie) par la dernière prix Nobel d’économie Ostrom.
    Au niveau local (ou mondial pour d’éventuels bien communs informationnels pourquoi pas), mais pour le reste ca me paraît un doux rêve quand même. Enfin pourquoi pas il faut y réfléchir.

  16. Bonjour,
    Vos réflexions m »intéressent mais je pense que l’amont de l’amont c’est l’abolition de la propriété privée (au minimum) des moyens de production, accompagnée d’une véritable démocratie économique, politique, sociale. Sinon vous restez dans l’économie de marché qui est bien malgré tout le moyen d’accumulation du capital à l’origine des monopoles, de la finance et des subprimes et tout le reste. Le marché suppose la propriété privée hors au temps du capitalisme monopoliste et financier celle-ci n’est ni plus ni moins que la liberté des possédants d’opprimer tous les autres (Rousseau) ainsi que d’échapper à la loi commune en élaborant des dérivatifs, dérivés et autres que le commun des mortels ne comprennent pas mais qui ne sont pourtant pas scientifiques. Ce sont des séductions qui font croire aux simples que d’autres s’occupent de tout et qui les convainquent qu’ils ne sont pas en mesure de comprendre de quoi il retourne au plan moral et philosophique (c’est à dire au plan fondamental). L’action politique est l’action fondamentale désaliénée, démocratique, etc. Mais pour être vraiment désaliénée, l’action politique doit être permanente et pouvoir s’appliquer à tous les objets sociaux en temps et en heure. Hors la propriété met ces objets hors d’atteinte de l’action politique, sociale, rationnelle, désaliénée. Je me doute bien que vous vous en doutez, mais ce qui m’étonne est que vous n’avanciez que cette seule mesure d’interdiction de paris sur les prix, ce qui suppose le maintient de tout le reste, ça me semble un peu peu, même si je vois où vous voulez en venir. Mais poser une règle comme celle que vous proposez sans abolir la propriété, c’est laisser le temps et l’heure, donc un pouvoir discrétionnaire, aux possédants. La réflexion est nécessaire. Merci.

  17. Bonjour,

    une mesure en amont en interdisant la spéculation je vous suit bien sur, mais une mesure en amont pour pouvoir appliquer au monde mondialisé cette mesure d’interdiction, et bien il me semble que c’est uniquement le protectionnisme.
    Comment pourrait ont obliger autrement des opérateurs off-shore de faire leurs magouille tranquille avant de refourger la camelotte aux riches occidentaux.

    Bien sur, cette arme est valable tant que la Chine reste interessé par les marchés occidentaux, nous considére solvable, ou bien comme une source de technologie.

    Cordialement.

  18. Toute noble intention de faire le bien ne fait pas toujours systématiquement le bien ! C’est aussi valable je pense en matière de globalisation ou de protectionnisme bancaire ou pas.

    Et parce que les gens de la finance refusent de se laisser corriger ils incitent donc peu à peu le monde à vouloir réclamer toujours plus de sécurité et de contrôle en retour … Bref à l’avènement d’un plus grand ordre moral sécuritaire …

    Quel grand piège tendu à l’humanité. Lao tseu disait les gens de bonne volonté qui veulent souvent faire le bien ne font pas toujours le bien et si le bien ne pouvait jamais réellement être décrit à l’avance et à appartenir à personne …

  19. Protectionisme est un mot vide de sens:
    Dans les années 1930, les USA étaient réputées libéraux
    en matière de commerce international. La France était
    protectioniste. Les tarifs de douane étaient
    plus élevés aux USA.
    A la même époque, les Britt, grands libéraux, ont rétablis une forme
    de protectionisme avec les accords de Wesminster.

    Ce mot a pour seul effet direct de faire bondir les doctrinaires
    et idéologues du « Marché ». Et ils en profitent pour nous
    faire avaler leur salade pas fraîche…

    Je propose l’abandon du mot et la distinction aval/amont.
    Il s’agit rester flexible :les mesures sont circonstancielles
    et opportunistes.

    Je propose la recherche de l’ équité dans le formation
    des prix et des conditions sociales et écologiques.
    En Europe cela passe par des régimes de prélèvements
    ( impôts et protection sociale) tendant vers l’uniformité
    par le haut… Par rapport à la Chine : compensation des
    faibles salaires et autres distorsions concurencielles.
    Un absolu : les Etats ont le droit de définir des secteurs
    stratégiques libres des « dérèglementations » internationales.
    L’ action de l’ OMC doit être circonscrite.

    On notera que les transports subventionnés faussent le commerce.
    Les transports astreints au juste prix ou règlementés feraient cesser les
    absurdités actuelles.

  20. Pour complèter et recentrer le propos sur le protectionnisme, je crois que le seul vrai protectionnisme qui protégerait comme je viens de lire que s’en serait l’argument principal serait la nationalisation totale (internationale) de la finance par exemple, commençons par là avant de tout nationaliser et socialiser comme des marxistes bêtes. Je crois que pareille mesure (comme le propose Fréderic Lordon) peut seule optimiser l’effet recherché par l’interdiction du paris sur les prix, à savoir brider les spéculateurs sociopathes. Mais le plus intéressant est ce que ces mesures rendent possibles par la suite sur le plan de la vie, des changements de société nécessaires grace à l’effet d’élimination de la concurrence, de coordination possible des politiques au niveau mondial là où il faut que ça le soit. Il va sans dire que je pense que la classe dirgeante et possédante actuelle doit être arasée au plan moral, symbolique, tout ce qu’on veut. La finance au service du travail autogéré et autres choses plaisantes aux opprimés et aux autres espèces.

  21. Bonsoir à tous,

    Dans un avenir proche, le problème du protectionnisme sera réglé par le coût de l’énergie donc du transport. Pas la peine de se fracasser la tête avec ça, sur la moralité, la nation, la concurrence déloyale et tutti quanti. C’est physique, et donc mécaniquement inévitable. Faudra produire localement pour consommer localement. Et pis voilà ! Question de temps, 5 ans, 10 ans, 20 ans, pas facile à estimer. La « nature » fera à notre place ce que nous ne savons pas faire, c’est à dire nous entendre et nous limiter.

    En revanche, il serait judicieux de mettre la gomme sur le développement des systèmes économes en énergie et de réfléchir à un autre type d’agriculture afin de maintenir une alimentation correcte aux populations ainsi qu’un cadre de vie si ce n’est agréable tout au moins confortable. Et y préparer la jeunesse seule source d’espérance dans tout ce mic mac absurde. Le reste c’est billevesée et salmigondis.

    Aucune solution du côté du protectionnisme, des interdictions en tout genre, désolé pour le pari sur les prix, mais c’est une constante lorsqu’il y a trop de joueurs, on ne peut plus jouer et faire de vraies régles. Reste le/les projet(s) pour emporter les adhésions et faire boule de neige. Sinon, ben comme moi non plus je ne suis pas du tout un adepte de la nation, ça finira comme d’hab. Et pis voilà !

    1. Je suis bien d’accord aussi. Mais je pense que de toute manière la pensée et l’action collective s’imposent si on veut réussir un temps soit peu, si c’est possible. Cela suppose la mise en commun de moyens matériels existants, non pas pour réaliser un idéal idéaliste mais simplement mettre en place des moyens et méthodes susceptibles d’assurer la survie de l’espèce (si il faut). On est pris par le temps bien sûr. Je sais bien que ces propos supposent un contenu positiviste qui apparaît dépassé. Ce contenu positiviste contient l’idée apparement dépassée de révolution sociale et politique. La révolution est un mythe, mais c’est le seul qui soit capable de regénérer la société et la pensée. L’action sociale ne demande que l’énergie et l’intelligence des individus, c’est économe en énergie fossile et perfectible grâce à la solidarité et la coopération, cela peut être très rapide et redoutablement efficace. Il suffit de se passer le mot et d’y croire. Il faut à mon sens imposer le changement à la classe dirigeante en perdant le moins de temps possible pour rendre vivable l’autodestruction du système financier et capitaliste, et aller directement vers une nouvelle agriculture, des énergies renouvellables et un mode relocalisé d’organisation sociale. Des mesures comme celles d’interdictions des paris sur les prix peuvent être intéressantes dans la mesure où elles peuvent retarder l’effondrement du système, un effondrement qui serait alors totalement cahotique c’est à dire invivables, inconcevables, mortelles.

    2. Bonjour,

      Je suis tout à fait d’accord avec ton commentaire. La mondialisation est un processus qui n’existe que grâce au pétrole abondant et peu cher. L’utilisation des énergies fossiles a permis la révolution industrielle et la globalisation économique en gommant l’opacité de l’espace. Aujourd’hui, les couts de transport représentent environ 2% du prix d’une marchandise, soit quasiment rien. Et c’est pour cela que l’on retrouve également des produits à faible valeur ajoutée sur nos marchés. J’ai vu cet été des melons du Chili sur mon marché local : sans pétrole pas cher, il n’y aurait aucun intérêt à importer ce type de produits.

      Je pense que le problème qui se pose actuellement, c’est le problème des externalités des entreprises privées. C’est à dire qu’une entreprise peut produire un bien sans se soucier de l’impact écologique ou social de sa production sur la société. L’entreprise X extrait du cuivre d’une mine chilienne grâce à un accord (souvent très avantageux pour celle ci) avec le gouvernement. Mais cette extraction entraîne une pollution du cours d’eau passant à proximité. Qui va payer les dégâts? : les citoyens. Idem pour les entreprises qui exploitent des personnes dans les plus viles conditions, faisant fi de toutes règles élémentaires de sécurité : qui paye pour les handicaps, maladies et autres séquelles de ce travail forcé. Et en plus de ces externalités, nos états font des cadeaux fiscaux ou installent des zones franches afin que ces mêmes entreprises, qui coutent déjà si cher à la collectivité, paient moins d’impôts. Donc, en attendant un changement de systèmes, il serait peut-être opportun d’intégrer ces externalités dans le prix d’un produit.

      La question reste comment? On pourrait imaginer un organisme type OMC mais qui serait chargé non pas de l’abolition des barrières douanières mais de la régulation des prix en prenant en compte les externalités. Peut-être cela permettrait-il de rééquilibrer les disparités et conduirait à du « mieux disant social ».

      Par contre, je suis farouchement opposé à une idée de gouvernement mondial. Comment espérer un fonctionnement démocratique d’une telle institution? Le futur du politique est, comme pour l’économie, un retour au local, à la proximité. Un pouvoir qui va de bas en haut et non l’inverse. Des représentants entièrement soumis à leurs électeurs pouvant être révoqué à tout moment s’ils agissent contre les directives votées en assemblées. Et pourquoi pas un système type fédéraliste à la Proudhon pour la cohésion entre les différentes assemblées.

      Bref, juste quelques réflexions au passage. Ce débat est passionnant et prometteur. Et je compte sur vous tous pour continuer à faire mouliner mes petits neurones.

      PS : bonne année 2010 à Paul, François et tous les lecteurs 😉

  22. Certes le « protectionisme » est une mesure « en aval ». Comme toutes les mesures qui exigent une intervention organisée de la communauté politique pour modifier l’ordre spontané qui résulte du laissez-faire absolu. Dans un monde idéal où les prix s’ajusteraient spontanément sur les différents marchés, où les règles sociales et fiscales seraient partout les mêmes, où les mouvements spéculatifs auraient été universellement abolis… dans un tel monde le protectionnisme serait peut-être inutile… Mais comme ce n’est pas le cas, toute tentative de réforme économique devra se mettre à l’abri des mouvements de capitaux, du dumping, de la guerre économique, etc. Si l’on veut mettre hors d’état de nuire les sociopathes, il faut commencer par contrôler leur mouvement !
    Ces protections représentent évidemment un coût, que pourrait réduire des accords politiques avec des pays pratiquant la même règle du jeu. Mais de tels accords ne seront possibles que si l’Etat-Nation a au préalable repris la main sur les féodalités économiques. La bonne démarche serait en fait l’inverse de celle qui a présidé à la désastreuse « construction européenne » : la convergence dans la réglementation économique, les institutions de protection sociale, la fiscalité, etc; devraient PRÉCÉDER l’ouverture des marchés.
    En d’autres termes : le libre échange sans règles interdit toute politique alternative, l’impasse de ce capitalisme dérégulé mènent à des crises non seulement financières, mais sociales et politiques, qui ouvriront la voie à un protectionnisme autrement plus radical et moins raisonné que celui que je propose…

  23. Lorsqu’on protége son environnement, ses libertés on loue et on fait preuve de protectionnisme. Copenhague se veut protectionniste.
    Les Etats-Nations se sont dotées de tout un attirail de mesures pour protéger leurs intérêts, leurs ressortissants et organiser le commerce et leur économie. ( Droits des Etats, droits douaniers, monnaies etc)
    Le libéralisme n’a eu de cesse de torpiller ces institutions étatiques pour promettre l’avènement d’une mondialisation heureuse. On découvre aujourd’hui qu’il y a comme un défaut et que l’on ne peut pas revenir en arrière comme dans un film en lecture sur un magnétoscope.
    La constitution de l’Europe a participé à cette vague libérale de la mondialisation. La mise en concurrence fut profitable aux initiateurs et dommageable aux autres.
    Le dérèglement de la finance en est l’aboutissement.
    Le retour au protectionnisme, du seul fait qu’il soit un retour à d’anciens mécanismes n’est pas la solution. Il faudra trouver autre chose. Mais le temps presse me semble-t-il. Je ne vois pas comment on pourra stopper l’hémorragie sans utiliser en urgence de vieilles recettes et prendre ces mesures protectionnistes. C’est un problème de politique européenne en ce qui nous concerne.
    L’explication est enfantine mais au sein de l’Europe et de ses institutions le sujet est tabou. L’idéologie de nos dirigeants s’y refusera encore longtemps jusqu’à… jusqu’à ce que les européens délocalisent leurs élites.

  24. De fait, le protectionnisme est pratiqué sans dire son nom et a été pratiqué. Alors faut il plus ou moins de protectionnisme ?

    Est ce qu’une norme sur un produit pour raisons de sécurité ou écologique est du protectionnisme ?

    Les nations existent et c’est par leur biais que s’appliquent les règles. Supprimer les nations, très bien, pour un gouvernement mondial ?

    Le dumping social et écologique ça existe, on voit pas bien comment ça serait supprimé par les propositions de P Jorion…

  25. @Paul Jorion

    Je ne pense pas que le protectionnisme vienne « en aval ». Au contraire, historiquement, il vient en fait « en amont », quand des états différents gèrent différemment l’activité économique, ont des systèmes sociaux différents à l’intérieur de leurs frontières et régulent donc logiquement les échanges à leur interface avec l’extérieur.

    Ouvrir les frontières économiques n’a aucun sens si les systèmes sociaux des pays sont tellement différents. Le libre échange entre la Chine et l’Europe est simplement aberrant.

    Pourquoi ouvrir les frontières aux marchandises et les fermer aux hommes ? C’est offrir un plus large champ aux multinationales et mettre en concurrence des travailleurs dans des conditions totalement inégales par ailleurs.

    Le problème dont le protectionnisme est la solution « ad hoc » c’est un fait historique qu’on ne changera pas en quelques années, qui est l’existence d’états et de systèmes sociaux différents, donc s’il fallait vraiment une solution « en amont », ce serait l’émergence d’un état mondial, mais cette solution reste à construire…

    1. D’après moi le protectionnisme n’est pas une solution ‘en aval », parce que ce n’est pas une solution du tout, il n’a pour but de corriger aucun mal : c’est au contraire la suppression du protectionnisme qui a été présenté comme une solution.

    2. Je pense que le protectionnisme découle naturellement de la disparité des systèmes sociaux et fiscaux. Il n’aura plus de sens que quand les états auront fusionné.

  26. Meilleurs voeux à tous et toutes pour  » LA CHAUDE » !!!

    Je n ‘ai pas pris connaissance de tous les commentaires, par manque de temps !
    Néammoins, je trouve le billet de Mr PJ, très intéressant !
    A la lecture de tout cela, et comme évoqué par certains, sur ce que pourrait être le « autre chose à (re)trouver !!!
    Or, l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix comme mesure amont, pour circoncrire la problématique financière , de même que la bannière du protectionnisme ont un point commun :
    Limiter le pouvoir de NUISANCE !
    A la seule différence près que l’un est positif, dans le sens démultiplicateur dans ses effets en chaîne, et dans la durée … Et l’autre plutôt négatif, restrictif et temporaire.
    En revanche , repenser la société et l’économie par le biais de  » CE QUI ME NUIT » m’apparait une piste… mieux le point de départ !
    Bien entendu, le « CE » est terrestre! Les notions d’états ne sont que secondaires… mais indispensables !

  27. Le problème de fond apparait avec l’horizon de Leclerc se situant au dessus des nations, des frontières assimilées à des murs de Berlin. Ça me parait caricatural et relever de l’époque de l’internationale socialiste des pires moments.

    Il y a des frontières partout, syndicats, partis politiques, entreprises défendant leur marché, justiciable défendant ses droits, organisme vivant se protégeant… En quoi est ce modifiable et remplaçable par une sorte de monde idéal sans nations ni frontières où tout le monde s’entendrait sans négociation et dialectique, sans rapports de force en tous genres ?

    Une frontière ne me parait pas être un mur mais une zone de négociation, le mur se forme quand la négociation a échoué.
    A ce moment là il n’y a plus d’échange, plus de frontière, c’était Berlin.

    1. J’étais à Berlin Est, en séjour linguistique, en ce mois d’août 1961 pendant lequel débuta la construction du Mur de Berlin. Je jouais au foot, dans la rue du quartier des ambassades où résidait ma famille d’accueil, avec les Vopos, la police de la RDA. Je suivais le Tour de France à la télévision et j’allais au Tiergarten ou au Staatlische Museum. Il faisait très chaud et nous ne comprenions pas ce qui était en train de se passer.

      Mais si vous croyez que la construction du Mur a été la conséquence de l’échec de quelconques négociations, c’est que votre vision de l’histoire repose sur une étrange perception des faits.

      Demandez donc aux Mexicains, au habitants de Gaza et à tant d’autres, s’ils pensent que les murs devant lesquels ils se trouvent sont des « zones de négociation »…

    2. Il à parlé de frontière, pas de mur. Il à aussi précisé que quand il y avait un mur, c’est suite à l’échec des négociations.

  28. ps : De même , la mesure concernant l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix m’apparait comme égalisatrice !
    En revanche, le protectionnisme est inégalitaire, n’inhibe pas cet aspect dominateur … et ne résout absolument rien … à terme ( quelquesoit la durée du terme, par ailleurs!!!).

  29. Les consommateurs sont pour le libre échange; les « travailleurs » sont pour le protectionnisme; Tous les jours on me téléphone pour me proposer des produits de toutes sortes à des prix très bas, sans doute fabriqués en Chine, mais jamais personne ne m’a proposé un travail. Or , nous sommes tous consommateurs et travailleurs! tous ? non les retraités sont uniquement consommateurs; leurs pensions sont « garanties ». La mondialisation heureuse commence précisément quand le poids des retraités se met à augmenter dans les populations occidentales au début des années 80.

  30. L’idée que l’on s’interdise une mesure car son effet ne peut jouer qu’en aval, et que par conséquent, elle ne résout rien sur le fond du problème à résoudre, est risquée. Erigée en principe, elle est source de difficultés car il n’existe rien qui ne soit un élément d’une continuité amont-aval. Je m’interdis toute fiscalité sur les revenus, et la redistribution qui en est l’heureuse conséquence sociale, car ce ne serait là qu’une mesure prise en aval ne résolvant en rien la source du problème : certains sont riches et certains sont pauvres. Je m’interdis toute répression policière car il ne s’agit-là que d’une mesure prise en aval ne résolvant en rien le problème de la régulation sociale.

    Toute mesure corrective est forcément une mesure prise en aval. Qui prendrait le risque de renoncer à une mesure corrective (pragmatisme?) parce qu’il n’a pas (encore) trouvé le principe ultimement résolvant, si je puis écrire ?

    L’idée est de remonter toujours plus vers l’amont le curseur de l’interdiction. Pourquoi pas ? Un autre équilibre apparaîtra, certes, mais caractérisé par de nouvelles difficultés dont on ne soupçonnait pas l’existence dans l’état précédent. D’où de nouvelles mesures correctrices, puis des interdictions, un nouvel équilibre, etc…. C’est sans fin.

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