Pour une initiative citoyenne dans le domaine financier, par Corinne Lepage

Billet invité.

Le hold-up que les banques et les traders pratiquent sur les contribuables est absolument hallucinant. Non seulement, les bonus faramineux, obscènes pour reprendre l’expression d’Obama, se sont faits sur la spéculation à partir du renflouement des banques par les États, mais encore ils se sont faits au détriment du financement de l’économie réelle pour lequel le sauvetage était prétendument intervenu. Certes, aux États-Unis, le Président Obama parle, mais jusqu’à présent rien n’a été fait et Citigroup qui a de fait été nationalisée, verse 1md de dollars de bonus.

Dans notre beau pays de France, c’est encore pire ! En premier lieu, les banquiers qui ont en réalité concocté pour Bercy le plan de sauvetage qui leur convenait, ont obtenu que l’État n’entre pas au capital. Dès lors, les remboursements qui sont intervenus ont privé le contribuable du bénéfice lié à la hausse des actions bancaires). En deuxième lieu, aucune rémunération n’ a été versée pour la garantie de l’État en dehors des prêts et avances. En troisième lieu, les banques ont fait exactement le contraire de la prétendue feuille de route qui leur avait été officiellement donnée : peu de crédits aux entreprises, suppression de nombreux comptes sans aucune raison autre que leur propre rentabilité, augmentation de toute les prestations sans justification : suppression des lignes de crédit etc. Les rodomontades de Mme Lagarde et les efforts de M. Ricol sont restés sans effets réels.

Quant à la taxe sur les bonus, c’est une fumisterie. D’abord de nombreux traders des banques françaises ne sont pas en France ; ensuite, une taxe pour une seule année permet de mettre en place une organisation temporaire d’augmentation des rémunérations. Enfin et surtout, cette taxe est payée par les banques et non par les traders et sert à mettre en place un fonds de garantie qui était d’ores et déjà prévu. Elle ne change donc rien à l’effet pervers des bonus qui conduit à faire prendre le plus de risques possible par la spéculation et donc à encourager des bulles qui vont exploser à nouveau, sans que les États ne disposent plus de filet de sécurité.

A mon sens , c’est aux citoyens d’agir comme le fait en Californie le mouvement « Move your Money » qui offre aux clients des banques le moyen de les quitter avec toute une panoplie de services ; je pense que nous devrions, avec le secteur social et solidaire, regarder comment mettre en place un mouvement comparable pour disposer d’une force consumériste en face des banques puisque l’État ne défend pas les citoyens.

En second lieu, et sur un plan plus politique, je pense que nous devrions suivre de très près ce qui se passe en Islande où les contribuables doivent décider s’ils acceptent de payer pour les banques ou plutôt pour indemniser les spéculateurs qui ont cru dans les banques islandaises. C’est une première et je suis très étonnée que le débat ne naisse pas en France sur ce thème. Je propose de le lancer sur ce blog et de continuer plus largement si le thème vous intéresse.

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157 réflexions sur « Pour une initiative citoyenne dans le domaine financier, par Corinne Lepage »

  1. Madame Lepage , pour amorcer l’initiative citoyenne vous même , « you can move your money  » de votre banque à celle de Paul Jorion ( en haut à droite , de 2 à 1000 euros par paypal ).

    J’ignore si sa banque est solidaire , belge ou bretonne , mais ça fera toujours ça de moins à verser pour nous .

    C’était ma pensée consumériste auvergnate du jour .

  2. Marie nous montre la voie . Apparemment, l’initiative collective de retirer tout son argent d’une de ces fameuses banques-escrocs « trop grosses pour faire faillite » qui mêlent les activités honnêtes et utiles des banques de détail et , hélas, les activités toxiques d’un repaire pour des gangs de traders, simples joueurs professionnels auxquels on fait des ponts d’or pour nuire à la collectivité, aurait une grande influence sur le système, surtout si l’on ouvre à la place un compte dans une petite banque honnête axée sur l’activité de banque de détail .
    Voir l’article de GlobalResearch.ca intitulé
    « Moving Your Money Can Have a Real Effect on Big Banks
    by Washington’s Blog  »

    http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=17007

  3. Mme Lepage, pourquoi une initiative populaire parviendrait-elle à influer là où le politique a échoué ou plutôt a refusé de réformer en profondeur le monde financier.
    Vous dénoncer à juste titre les excès du capitalisme financier et la nécessité de le réformer.
    En tant que politique, vous avez des moyens d’action.
    Censurer par exemple un gouvernement qui est complice de ce monde que vous dénoncez.
    Pourquoi ne proposeriez vous pas une motion de censure ? Qu’en pense votre parti ?
    Pourquoi ne voteriez vous pas une motion de censure proposée par d’autres éventuellement ?

    Dans quelques semaines le gouvernement va relancer le débat sur les retraites.
    http://www.slate.fr/story/15515/crise-economie-attali-minc-croissance-chomage-banques
    Alain Minc n’y va pas par quatre chemin, la réforme aura aussi pour objectif de satisfaire les marchés financiers.
    Quelle sera votre position lors des discussions ? Serez vous à côté des salariés en lutte ?
    Marchez-vous à leurs côtés ? Proposerez vous un référendum ou accepterez-vous que la durée d’activité soit repoussée jusqu’à 65-67 ans au nom de  »l’harmonisation sociale européenne » voulue dans le traité de Maastricht ?

  4. Comme d’autre commentateurs, c’est avec enthousiasme que j’ai lu le billet de Mme Lepage. Mes espoirs sont très vite retombés au fur et à mesure des commentaires qui ont démontrés que l’objectif de Mme Lepage n’est pas désintéressé.
    En tant que simple citoyen, je ressens le mécontentement grandissant de mes compatriotes en vers la classe politique et la finance. Aujourd’hui, Il y a même des célébrités Française qui parlent de révolte ou de révolution. Tous le monde n’a pas la chance que j’ai de pouvoir suivre et comprendre les débats du blog de Paul. Aussi, il serait temps que les politiques incarnent des projets ambitieux, pour éviter un drame humain.

    http://www.dailymotion.com/video/xb5r4g_patrick-sebastien-pour-un-rassemble_news
    http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/cantona-si-ca-continue-il-faudra-24765
    http://www.dailymotion.com/video/x7lzca_patrick-sebastien-interview_music

    1. N.Auspitz, vous dites:
      « Comme d’autre commentateurs, c’est avec enthousiasme que j’ai lu le billet de Mme Lepage. Mes espoirs sont très vite retombés au fur et à mesure des commentaires qui ont démontrés que l’objectif de Mme Lepage n’est pas désintéressé. »
      Qu’entendez-vous par là? Vous portez une accusation bien vague, la moindre des choses serait de donner des faits. Je ne vois pas en quoi CLepage a pu vous décevoir? Peut-être n’avez-vous pas lu tous les commentaires et en particulier ses réponses qui clarifient son désengagement du CA de la NEF?

  5. Oui mais non!

    Tout les faits scandaleux que nous reprochons aux banquiers et à leurs prébendiers politiques sont la conséquence d’actes absolument « légaux ».
    Y compris les délocalisations, les paradis fiscaux et les hyperboni.
    Ce qui n’est pas légal c’est la dissimulation de bénéfices.
    Or la publication des bilans « sincères et véritables » est obligatoire et entraine l’exposition aux foules furieuses de magnifiques boni qui prouvent l’excellente santé de leur banque d’affaires aux actionnaires.
    Nous ne pouvons rien faire contre le statu quo et les lois en vigueur si des députés « indépendants » ne nous votent rien de rassérénant.
    Sauf la révolution, mais hors Besancenot-Mélenchon-Bayrou (lol) çà manque de fédérateurs mondiaux pour l’instant…

    L’idée consistant à « retirer son argent » me rappelle les courants du web incitant les automobilistes à faire une grève des stations services de 24h.
    Faire un retrait en espèces ,si la banque accepte, et en fonction de la somme autorisée par contrat, vous expose à une perte sèche en cas de changement de monnaie, suite par exemple à un euroclash.
    Cette solution est peut-être réaliste pour les « petits comptes »…
    Transformer ses liquidités en or non saisissable peut sembler plus sur .mais en cas d’évènements graves les transactions en or sont en principe proscrites…avec sanctions pénales aggravées.
    Nos pauvres actifs liquides sont donc enfermés dans les disques durs et les différents back-ups supersécurisés des banques.
    C’est à dire que nos « bas de laine » sont des électrons , voire des photons ou même de simples champs magnétiques.

  6. Madame Lepage

    360 millions d’euros de taxes sur les bonus pour rembourser le cout de la crise?De qui se moque t’on?

    285700 euros de bonus moyen et annuel par golden boy?Pourquoi?surement pour résulats de crise!

    Une nouvelle bulle se prépare et cela sans aucune couverture financière de l’état.Madame Lagarde ne sait pas?

    Bien à vous.

  7. Bonsoir à tous.

    Monsieur Jorion, que pensez-vous des banques du genre de Triodos – ne dépendant pas du marché des capitaux – et finançant des projets à vocation sociale reconnue, des entrepreneurs « durables », etc.

    N’est-ce pas une façon d’orienter l’économie vers un peu plus de justice ?

    Tant que j’y suis, je me permets de reposer cette question au sujet d’une sorte de « revenu universel ».

    N’est-ce pas une façon de permettre à ceux qui sont dans la pauvreté (minimexés, chômeurs, petits agriculteurs pensionnés survivant à peine, etc) de vivre un peu plus décemment ?

    N’est-il pas possible d’imaginer un système où chacun pourrait effectuer un travail pour acquérir le niveau de vie qu’il juge nécessaire à son épanouissement, tout en étant assuré du minimum vital en cas de pépin ou tout simplement si ce minimum lui convient ?

  8. Les commentaires étant fermés sur le billet de sortie de Madame Lepage , je placerai ici mon salut pour relever sa participation et son exposition à la critique citoyenne qui est restée courtoise ( enfin je n’ai pas lu les commentaires « modérés »…).

    J’en retiens le désarroi de la classe politique ( au moins celle qu’elle incarne) devant l’ampleur des enjeux et la puissance du marché .

    Je crois aussi que les actions citoyennes de tous types deviennet nécessaires , mais je n’exonère pas pour autant les députés et les politiques tous niveaux confondus de leur raison d’exister ( et d’être rémunérés si on s’en tient à cet aspect trivial ) :

    C’est à eux de faire vivre la démocratie qui offre à tous une chance de vivre leur temps humain de façon supportable ( survivre) et épanouissante ( vivre) .

    C’est à eux de repérer et anticiper les dangers d’un marché triomphant qui n’a plus besoin de la démocratie , et qui magnifie pour ses profits l’égoïsme et les outrances de la liberté individuelle au détriment de la liberté collective .

    C’est à eux de s’inspirer des utopies proposées par des esprits non partisans .

    C’est à eux de les mettre en forme sur la base des concepts nouveaux, et toujours à eux de proposer leurs copies à l’arbitrage du vote , un vote où chacun puisse se reconnaître comme homme ou femme et non pas comme une catégorie socio-professionnelle .Personne d’autre n’est légitime et ne doit l’être pour le faire à leur place .

    Le temps n’est plus ( et là c’est une critique pour Madame Lepage ) à attendre comme toujours en bonne tactique politicienne de savoir comment le vent tourne pour savoir où aller . Le temps n’est plus à attendre de voir ce que ces braves Islandais vont devenir . Le temps n’est plus au pilotage par l’aval , il est au pilotage par l’amont .

    Le temps est à la créativité pour opposer au marché une force démocratique qui reprenne l’avantage pour nous préserver de l’horreur .

    Le temps est à la prise de risques inspirée par des analyses visionnaires .

    J’en connais au moins une , si rien ne germe entre temps ici .

    Madame Lepage nous doit aussi ( à part sa cotisation ) de repasser un de ces jours pour indiquer où elle en est .

    Merci aussi à Paul Jorion d’avoir ouvert la porte à un(e) politique , et de la laisser ouverte pour d’autres.

  9. même chose que juan, mais à la suite des explications de Paul;
    jusqu’à maintenant, je croyais avoir compris; mais cette fois-ci, je crains que quelqu’un n’ait savonné la planche;
    je pense qu’on marche vers la fin d’une aventure; en tout cas, je suis heureux d’y avoir participé;

  10. Les fougerets dit :
    17 janvier 2010 à 15:26

    –> Témoignage qui devrait être répercuté partout!

    La banque de détail est un entreprise très organisée de pillages des faibles revenus. Je fais partie exactement de cette « classe basse moyenne » écrabouillée comme décrit ci-dessus: et par les banques, et par l’État. Surtout banques de détails, car les gains sont gonflés par la loi du nombre. Quant à l’État, il montre toute sa lâcheté et ses forfaitures. La lâcheté de s’attaquer à ceux qui ont des revenus très moyens par le traavil (revenus même moins que moyens) ce sont-là des « revenus »(?) hyper contrôlés de A à Z. C’est à dire le risque d’être saisi par le fisc non pas parce que vous ne voulez pas payer le fisc, mais que vous ne le pouvez pas, ou trop tard, donc pénalités à la clé, etc., etc.,. Si le fisc bloque votre misérable compte, la banque (cette voleuse dont j’espère partir dès que possible) vous prend, elle, 104 euros! L’État et les banques vous tirent dessus ensemble. Les « pratiques » décritent ici par les-fougerets sont rigoureusement vraies. J’ai d’assez nombreux recoupements qui le confirment en – tous – points.

    Parmis les objectifs des réflexions se développant actuellement ici et là dont ce blog, il y a cette question bancaire, dite de détail, donc la question primordiale de la prédation, des malversasions, et des déluges de frais qui, au final, correspondent à l’usure. Cela revient à de l’usure. La cas de la banque de détail devrait être cité, fouillé, analysé et prohibé tout comme les intérêts bancaires. Voyez comme notre civilisation, même au quotidien, est minable.

  11. Juste pour ‘participer’ à l’identification des banques dites ‘alternatives’, il existe aussi une banque coopérative très intéressante, entre autres pour les enseignants et les personnels du monde culturel ou éducatif : la CASDEN.
    Existe depuis 1947 et représente plus d’1 million de sociétaires (où selon les principes coopératif, 1 homme = 1 voix).
    Si un partenariat existe bien avec Natexis-BP, cette banque est autonome.
    Elle fait plus de 10 milliards de bilan et a un pourcentage, ce qui est intéressant à savoir, de plus de 10% de fonds propres (15,1% en fait), bien plus que la plupart des banques et ce qui est habituellement recommandé (8%) :
    http://www.casden.fr/casden/chiffre.html?rbqe=1
    La note de Moody’s est même indiquée …
    Sans compter que les dépôts ‘Solidarité’ ne donnent que de faibles intérêts (de l’ordre d’1%), afin de rémunérer des fonds d’actions ‘solidaires’ (actions humanitaires, sociales, culturelles). En retour, les sociétaires acquièrent des points, qui leur permettent d’accéder à des taux préférentiels, voir proche de … 0% !!
    J’en suis sociétaire et fort content. Je précise par ailleurs que les remboursements anticipés de prêt à la consommation ne m’ont pas été facturé. Une banque au service de ses ‘clients’ donc, vraiment.
    Evidemment, tout le monde ne peut pas y accéder mais qu’est-ce qui empêche de reproduire le ‘modèle’ ?
    Un ‘modèle’ qui existe donc depuis plus de 60 ans. Comme quoi, les solutions existent déjà.
    Cordialement.

  12. Tant que vous laisserez le pourvoir de monétiser des créances aux banques commerciales, et de spéculer toute votre agitation sera inutile.
    Il faut en revenir aux proposition d’Allais

  13. C’est une belle initiative, Madame Lepage. Il y a comme un grondement souterrain citoyen qu’il s’agirait de canaliser en offrant des réponses politiques originales. Ce que vous faites. Et même si cela ne permet pas de répondre à tous les maux de la crise que nous connaissons (et que nous allons connaître), elle a le mérite d’offrir un début de réflexion, une réaction, de l’espoir. Il serait intéressant que cette initiative soit pensée dès le départ dans une vision européenne, comme l’est l’appel « nous sommes tous des Islandais ».
    Les quelques réactions sur une prétendue collusion entre la NEF et vous-même sont anecdotiques (et scandaleuses). Mais rassurez-vous, vous avez l’image d’une femme politique européenne intègre, quelque que soit le bord politique de ceux qui l’émettent. Je ne vous regarde pas, pour ma part comme une responsable du MODEM, mais comme une femme de conviction qui défend ses idées.

  14. Une information, comme un écho aux préoccupations du billet de madame lepage, et qui à peut-être échapper à certains :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/18/face-a-la-penurie-de-credit-des-entreprises-veulent-creer-leur-propre-banque_1293176_3234.html#ens_id=1258130

    Evidemment, on est assez loin de l’émancipation des sans-grades, mais enfin les membres de l’élites économiques sont, eux aussi, des citoyens.

    Cela vient aussi nous rappeler pourquoi des réformes ou du moins des réactions peuvent malgré tout avoir lieu : pas parce que les banquiers sont cupides ou immoraux, mais bien parce qu’ils ont failli d’un point de vue économique, et que les autres agents économiques ne vont pas l’oublier de si tôt.

  15. Bon, je découvre le billet, et n’ai pas le temps de tout lire, donc peut-être que quelqu’un en a déjà parlé, mais…et si on mettait en place des banques communales, liées au conseil municipal ? Celà présenterait plusieurs avantages : on aide la commune, donc relocalisation de l’économie, on est à même de peser sur les choix de la banque, on en discute, ça permet de réinventer la démocratie, ça permet de créer des emplois locaux, ça permet à tout le monde de comprendre les circuits, le tout dans la transparence la plus totale.

  16. Excellente proposition de Corinne Lepage, mais il ne suffit pas de le dire, il faut le faire, créer par exemple, un site pour expliquer et aider les citoyens à quitter les grandes banques pour des banques coopératives et éthiques. Sinon ce sont des paroles verbales. Cela nécessite probablement la création d’une association avec des salariés qui répondent aux questions des citoyens… Je suis d’autant plus d’accord avec la proposition de Corinne Lepage que j’en avais parlé sur mon blog à Médiapart… et que certains des abonnés avaient donné des bonnes réponses comme ici. Mais comme le raconte la pub pour une banque en ligne, c’est difficile d’arrêter de se faire tondre, au bout de tant d’années… N’en parlons pas faisons-le ! je connais pour ma part de charmants jeunes gens qui pourraient assurer la logistique et monter des sites, il faut le faire.

  17. Pour ceux qui auraient encore des illusions sur La Banque Postale : ma fille, tout juste 18 ans, titulaire d’un compte courant spécial jeunes dans cette banque, sur lequel elle a versé le chèque reçu en cadeau de Noël de ses grands-parents soit 100 € ce qui fait un solde de 108 €, vient de recevoir, ce jour, devinez quoi ?
    UNE AUTORISATION DE DECOUVERT DE 100 € !!!!!!!
    Tous des requins je vous dis!

    1. Je ne sais si cela est légitime mais cela est normal ; dès l’âge de 18 ans – c’est automatique -, le titulaire d’un compte courant à la Banque Postale obtient une autorisation de découvert de 100 €. Les agios suivront donc. J’ai une dizaine d’années de plus que votre fille et ai toujours ce même découvert… « La réussite dans l’existence se situe dans le montant de votre découvert » pourrait dire Séguéla. Plus sérieusement, la Banque Postale a plus besoin de votre fille que l’inverse. A votre fille maintenant de trouver la médiation qui lui convient – il n’est pas certain qu’elle ait envie de demander à sa maman si elle peut avoir dix euros…

    2. @ louise 18 janvier 2010 à 21:01
      Ma mère, 95 ans, qui a fait son éducation sur le tas en tant que servante de ferme à 13 ans…(vous connaissez la suite) enseignait à ses enfants dans les années 40/50, qu’il ne fallait jamais s’engager dans le crédit. Ceux qui prenaient leur pain à crédit chez le boulanger devaient avoir honte de ne pas avoir été capables de le gagner en travaillant davantage disait-elle. Est-ce bien admissible de rapporter cela de nos jours ?
      Les temps ont beaucoup changés. Il y a une quinzaine d’années, ma voisine, femme de ménage à temps partiel, a dû aider financièrement sa fille qui, aussitôt son bac pro en poche et son premier emploi obtenu, avait contracté un emprunt important pour s’offrir une intervention de chirurgie mammaire. J’ai lu dans la presse hier, qu’il y a 930 chirurgiens plasticiens qui exercent en France. A quoi a donc servi l’enseignement délivré jusqu’au bac pour les uns et jusqu’à bac plus 7 pour d’autres et même plus ?
      Comment pouvez-vous commenter ces infos avec votre fille ? Quels coupables vont être désignés ?

  18. Merci Mme Lepage de lancer ce débat.
    Concernant le scandale des stocks options, n’y aurait-il pas une amicale des traders qui pourrait venir en aide à l’ONU qui cherche 562 millions de dollars pour l’aide d’urgence en Haïti ?
    562 petits millions de dollars à comparer au 900 millions d’euros que les traders de la place parisienne vont sans doute se partager (voir Le Monde du 16/01) ou du Md de bonus de Citigroup dont vous parlez (ce ne sont là que 2 exemples)

  19. Ayant lu tous ces comantaires, je pense que simplement les gents sont devenus individualistes !
    Pour pouvoir agir il faut être regroupé , soudé autour d’un projet commun et revenir à un contact plus humain , chercher ensemble des solutions.
    Il est triste de voir cette crise si facilement mise sur le dos de boucs émissaires et de voir naître des débats n’ayant pas de vrai intéret en ce moment sinon d’éviter de parler des choses facheuses.
    De nos jours la politique et l’économie, interessent peu et nous nous laissons guider par nos politiques sans chercher à comprendre les mesures prises.
    Si nous cherchions à comprendre un peu plus comment fonctionne l’ économie je pense que les choses changeraient.
    Mais qui irait faire quelques KM pour payer moins son essence ,refuser d’acheter une maison car les prix sont devenus dénués de sens , chercher ces provisions chez des petits producteurs, réparer ou faire réparer sont matériels ou recoudre ces vétements, changer de banques, comprendre la notion de capitalisme , libéralisme, socialisme, …. QUI ?
    Je généralise certe !
    Par notre façon de consommer, notre vote et ainsi que notre participation (débats ,association,…) nous pouvons faire bouger les choses ; encore faut il le vouloir.
    N’oublions pas que sans nous l’économie n’a plus de sens , un peu comme johnny hallyday sans son public !!!!
    Réveillon le citoyen qui sommeil en nous !

  20. APPEL POUR L’OUVERTURE D’UNE COMMISSION D’ENQUETE

    Aux citoyens, républicains dans l’âme, qui refusent de voir la France revivre un « Nouvel âge des ténèbres », comme notre patrie l’a déjà vécu à travers sa grande Histoire, nous nous devons de demander aux élus de l’Assemblée Nationale, censés représenter l’ensemble des citoyens, l’ouverture d’une commission d’enquête sur la solvabilité réelle de nos banques, et que cette enquête soit diligentée par la Cour des Comptes.

    Même, si ces dernières sont des sociétés privées, l’engagement pris par le Chef de l’Etat et le gouvernement de leurs apporter une aide de plus de vingt milliards pour favoriser leur trésorerie, ainsi que l’apport d’une caution de plus de 300 milliards pour garantir les flux financiers, nous autorise, pour ne pas dire nous oblige à connaître l’étendue des risques que ces engagements, pris en notre nom, font peser sur l’avenir de notre pays.

    Nous prenons, pour exemple, que la BNP dans la publication de ses états financiers consolidés au 31 décembre 2008, présente un total de dettes de 2016 milliards d’euros pour seulement 59 milliards de fonds propres soit une garantie de 2,92 % de ses dettes.
    Cela se poursuit par l’état de la Société Générale, qui présente un total de dettes de 1 099 milliards d’euros pour seulement 30,5 milliards d’euros de fonds propres, soit une garantie de 2,79 % de ses dettes.

    Si déjà, pour ces deux banques nous cumulons une dette de plus de 3000 milliards, qu’en sera-t-il lorsque nous connaîtrons les états financiers de l’ensemble des banques françaises ?

    Nous, citoyens républicains, n’avons pas l’intention de nous laisser « endormir », par les résultats bénéficiaires annoncés à grands renforts médiatiques de ces « Titanic » de la finance, le bénéfice d’un exercice n’effaçant en aucun cas les dettes accumulées.

    Si nos représentants n’entendent pas répondre à cet appel, alors nous en tirerons les conséquences et nous ferons saisir le Conseil Constitutionnel, afin que nos droits citoyens soient respectés.

    Cet Appel est une insurrection de conscience collective, afin que notre pays ne sombre dans un désastre économique, et qu’il ne voit pas, de jour en jour, ses fondements s’ébranler.

    Par cet Appel Républicain, nous ne faisons que conforter la souveraineté du Peuple de France.

    1. @ enoch 20 janvier 2010 à 09:18
      Votre proposition est intéressante mais mérite probablement d’être cautionnée par plusieurs des personnes compétentes qui fréquentent ce blog. En fait à mon avis, elle impose au minimum de s’assurer au préalable :
      – que les valeurs de 2,92 et 2,79% sont bien en désaccord avec la réglementation en vigueur en France et dans la zone €
      – si ça n’est pas le cas, pourquoi il n’a rien été entrepris pour y remédier, et qui est responsable d’un tel laisser-faire
      – si ces valeurs tout en étant conformes aux normes imposables se trouvent être parmi les plus faibles des grandes banques nationales, qui est responsable d’avoir laissé se fragiliser notre système bancaire ?

  21. Corinne Lepage,

    Le thème nous intéresse, alors au boulot 🙂 !

    Ne vous laissez pas distraire par des comportements de « vieux » pour qui la réflexion est la seule activité : l’action les effraie uniquement parce qu’ils ont peur de perdre leur occupation principale. Et les attaques dont vous avez fait l’objet ne doivent pas vous toucher : vous intervenez sur ce blog comme n’importe quel autre blogueur, chacun est suffisamment responsable pour faire son propre choix politique plus tard, une fois que le débat d’idées aura eu lieu !

    Cela dit, vous parlez d’initiative citoyenne dans le domaine financier, mais vous n’évoquez pas l’avenir des citoyens. Imaginons : une initiative citoyenne permet de nous réapproprier la richesse produite par l’économie réelle sans qu’elle soit ponctionnée par la finance, et nous nous réapproprions le système bancaire. Fort bien. Mais quelles sont vos prévisions et vos propositions pour la suite ?

    L’économie réelle, ses différents acteurs, devrait s’enrichir : le salarié, et l’entreprise également qui d’autre part n’aura plus (autant) recours au crédit pour développer son activité. Comment alors s’assurer que cette nouvelle richesse ne débouche sur une surproduction/surconsommation « anti-écologiques » : biens de consommation « jetables », multiplication des déplacements (du fait de l’augmentation de la richesse de chacun et du nombre de ceux qui y auront dorénavant accès), déforestation, exploitation des ressources de pays qui ne peuvent s’y opposer tant qu’on leur impose notre mode de vie consumériste, augmentation (si encore possible) de la production de viande dans des conditions qui prouvent notre déshumanisation croissante, notre manque chronique d’intérêt pour le vivant en général, etc. ? (Déshumanisation : LE MAL dont nous ne nous préoccupons pas : nous cherchons à régler des problèmes de logistique annexes sans traiter le mal à la racine, mais ceci est une autre histoire…j’espère seulement que si le sujet vous intéresse, vous saurez le mettre en avant !!! De mon côté j’ai jeté l’éponge : ce n’est probablement pas un sujet assez technique, assez économique pour intéresser l’intelligentsia…alors que ça serait si simple, et beaucoup moins dictatorial !)

    Autre chose : dans le système actuel le crédit est un élément primordial pour la stabilité de la société, aussi horrible que cela puisse paraître. Il implique, avec le chômage également, une course perpétuelle pour combler ce manque d’argent, d’une grande partie de la population. Si cette course s’interrompt, tant par la (quasi) disparition du recours au crédit que par la (quasi) disparition du chômage, quelle va être la motivation de la population ? La question semble cruelle, dénuée d’humanité (à qui la faute 🙂 ), mais il faut se la poser…avant !!! Un peuple qui s’ennuie est presque aussi imprévisible qu’un peuple qui a le ventre vide.

    En espérant vous voir développer ici le thème cette initiative citoyenne,

    Bien à vous.

  22. Citoyenne Lepage, j’aimerais connaitre votre reflexion a ce jour au sujet du MoDem. En effet votre silence militant m’interpelle, surtout quelques semaines avant le prochain combat politique, décisif, des élections régionales…

    Enfin comment dois je interpretrer, aujourdhui à froid, votre abscence au Congrès fondateur du New MoDem d’Arras ?

    Pourtant il me plait à penser que vous vous reconnaissiez encore dans cette belle alliance démocrate, née de la volonté commune d’unir des écologistes historiques, eux même issus de la plateforme Verts-GE de 1993 et des centristes progressistes, en profond désacord avec le NC et ses Nouveaux Conservateurs inféodés à l’UMP !

    D’avance merci de votre réponse, car dans les camps conservateurs d’en face, par expérience, vous le savez bien…, les couteaux s’aiguisent déjà pour dépecer notre si belle utopie de pouvoir unir enfin l’ecologie et le social, sans les vieux préjugés socialistes et/ou capitalistes.

    Seule l’Alliance Démocrate pourra l’emporter, il est temps d’agir en ce sens Citoyennne et gageons que l’instinct politique du gentil bandit vert et de son alter de frère, les persuadera du bien fondé d’une telle stratégie d’union, pour peu bien sur que nous les militants démocrates de notre Peuple en grande souffrance sociale, arrivions enfin à faire entendre raison aux dirigeants du Modem et d’Europe Ecologie.

    Gare à toute forme d’autisme politique, de la part de tel ou tel de nos dirigeant(e)s, ce dont vous vous reclamé,
    car de telles telles attitudes, égoistes, pourraient briser l’espoir engendré aussi bien par la première dynamique du MoDem puis par celle plus récente d’Europe Ecologie. Et finalement cela engendrerait le risque de transformer, la trop fameuse fracture , jamais réduite à ce jour, en un Chao social des plus meutrier, pour l’Homme, pour la France, pour l’Europe et pour notre Planête !

    Walter LOopinG , Portez vous bien, nos enfants y veilleront …

  23. Oui oui oui !!!!! Les banques comptent sur notre passivité, mais je crois que tout mouvement de citoyen les inquietera très vite ! Nous ne pouvons pas laisser le système financier mettre à bas notre démocratie. Les banques pillent l’économie réelle, le système financier à coups de « bélier de la rentabilité » détruit nos entreprises. STOP !!!! Ne les laissons pas faire ce travail de destruction de nos démocraties !!!!!!!!! Formons un groupe de pression citoyen !

  24. Il faut positiver, AGIR aussi, c’est à dire espérer que les autorités, financiers, économistes « et médias mainstream » arrêtent de raconter des salades et traitent enfin le fond du problème, à savoir comment sortir de cette bulle mondiale de surendettement à tous niveaux et donc nous prévenir de qui va payer les pots cassés? Positiver, c’est espérer que ce ne soit pas sur le dos de la classe moyenne, comme toujours … et comme dénoncer par « Elizabeth Warren » voir le billet http://osezserfix.spaces.live.com/blog/cns!7FA965A71314E16!3931.entry . Mais, vu la dette publique qui explose, c’est très mal parti pour les futurs contribuables. On a encore rien vu de sérieux en Europe, les amortisseurs automatiques jouent encore leur rôle, mais pour combien de temps encore? Suivre la Grèce, en prélude à la Belgique, la France… Et puis l’immobilier commercial, les Options-ARM qui doivent encore se fracasser dans les banques, probablemant en 2011-et 2012. Impossible à prédire précisément, quand on change les règles comptables … et en innondant le trous d’argent public.

  25. « Banques qui pillent « , plaidoyer pour une banque publique – La Libre

    « Dans son livre “Banques qui pillent, banques qui pleurent”, Van Hees charge le capitalisme financier. Ce texte haut en couleurs énervera moult décideurs.

    Non, ce n’est pas un livre de plus sur la crise financière. « Banques qui pillent, banques qui pleurent », dont nous publions ci-après les bonnes feuilles, est une analyse sans concession de l’évolution – « la dérive », dirait l’auteur, Marco Van Hees – du secteur financier belge. Ce bouquin n’épargne personne. Patrons, politiciens, économistes, journalistes: tous ont droit à la critique acide de ce spécialiste de la fiscalité belge, journaliste à ses heures. Certes, son œuvre débouche sur une thèse, à savoir la nécessité de (re)créer une banque publique en Belgique – mais elle a le mérite de poser de bonnes questions, d’insister sur des anomalies et de pointer des incohérences dans la gestion non seulement de la crise financière mais aussi du monde financier belge.

    Syndicaliste, Marco Van Hees est aussi un redoutable fiscaliste, ce qui lui permet de produire une analyse pointue de divers mécanismes fiscaux dont les banques profitent ou ont profité. QFIE (quotité forfaitaire d’impôt étranger), fraudes fiscales, secret bancaire, intérêts notionnels: il dénonce des pratiques qui ont pour seul but, dit-il, de satisfaire l’appétit des actionnaires. Un calcul rapide mais instructif permet à l’auteur de révéler que les quatre plus grandes banques belges ont subi, en 2006, un taux d’imposition moyen de 6,87 % sur un bénéfice de 7,1 milliards d’euros. « Voici le quarté dans l’ordre: Fortis Banque (3,02 %), Dexia Banque Belgique (4,96 %), ING Belgique (7,28 %), KBC Bank (15,78 %). Pour l’ensemble du secteur bancaire belge, le taux d’imposition moyen est de 15,96 % en 2006 et de 10,39 % en 2007. »

    Pour info, le taux normal d’imposition des sociétés en Belgique est de 34 %.

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