Pouvoir et corruption, par Tchita

Billet invité.

Nos démocraties modernes sont filles des Lumières, dit-on souvent avec raison. La raison, justement, était invoquée avec ferveur par les penseurs de l’époque comme la panacée face à l’obscurantisme. Nos structures sociales modernes sont toutes peu ou prou subordonnées à cette idée simple : les individus et les peuples, à condition d’être convenablement éduqués, sont tous accessibles à la raison, sensibles à ses arguments, susceptibles d’en tirer l’amour pour ce système qui les élève et les responsabilise, finalement à même d’en devenir les plus ardents défenseurs.

Naturellement, nos Diderot, Montesquieu et autres grands penseurs n’étaient pas naïfs. Ils savaient que l’homme étant ce qu’il est, certaines conditions étaient nécessaires pour maintenir un système démocratique. Montesquieu érigeait la vertu en véritable socle de la république. Elle était pour lui synonyme d’amour de la république, de l’égalité, de la frugalité enfin. Développant son propos, il arrive au principe fondateur de la séparation des pouvoirs, aujourd’hui si mis à mal. Le subtil équilibre nécessaire à la prospérité de la démocratie est ainsi tissé, décrit, analysé. Nos institutions actuelles en sont la traduction plus ou moins fidèle.

Pourtant, quelque chose a mal tourné. L’équilibre aujourd’hui est rompu, l’égalité foulée aux pieds, la frugalité ignorée, l’amour de la république ânonnée ad nauseam pour mieux être vidée de son sens. Nous assistons sur ce blog à une chronique de ce délitement, jour après jour. Paul Jorion et François Leclerc en décortiquent les différentes phases. On peut cependant se demander ce qui a rendu les mécanismes de défense de nos sociétés inopérants, la cause première qui fit dérailler la belle mécanique de nos ancêtres. Où l’appel à la raison a-t-il failli ?

Dans un billet récent, Paul Jorion nous a régalés d’un panorama non exhaustif de sa carrière, expliquant comment on devient « l’anthropologue de la crise ». L’un des passages les plus commentés concernait ses expériences à la lisière du club très fermé des « décideurs » dans les différentes entreprises où il a pu travailler :

Les décideurs aiment caractériser le critère d’appartenance à leur club en termes de compétence, mon expérience de dix-huit ans m’a cependant convaincu que ce critère était en réalité d’un autre ordre : la tolérance personnelle à la fraude.

S’ensuit une description saisissante de diverses fraudes et malversations découvertes par Paul et qui toutes entraînèrent son licenciement. Les gens au pouvoir n’aiment pas les empêcheurs de trafiquer en rond et ont les moyens de les écarter… Au-delà du simple constat de la corruption généralisée qui règne chez les « décideurs », il pose de façon intéressante la question de l’accession à cette nomenklatura. D’après son expérience les impétrants sont ainsi « testés », leur capacité à supporter, puis à participer à la fraude devenant condition sine qua non à leur ascension.

Ce renversement de perspective m’a particulièrement frappé. Au lieu de considérer la capacité de corruption du pouvoir, il indique plutôt qu’il faut pour y accéder déjà présenter une prédisposition à la corruption, voire aux comportements sociopathes.

En effet, posé en termes d’avantage compétitif, le comportement sociopathe est incontestablement un atout majeur. L’indifférence (mais pas l’incompréhension) vis-à-vis des émotions et des droits des autres, l’absence de culpabilité, sont de puissants moteurs pour s’imposer ! Lorsqu’elles se trouvent mêlées à une certaine intelligence, ces caractéristiques font d’un tel individu quelqu’un de redoutablement bien armé pour grimper dans la hiérarchie.

Il est donc logique de trouver en haut de la pyramide sociale une proportion non négligeable d’individus présentant ces travers. Nul besoin de faire appel à quelque délirante théorie du complot pour cela. Il suffit d’observer que ces individus sont les mieux adaptés à la conquête du pouvoir ! Ils ne forment pas pour autant un ensemble cohérent, une société poursuivant un but commun, mais présentent une homogénéité de caractère, individualistes forcenés, prêts à tout pour accroître leur domination.

Que se passe-t-il lorsqu’une concentration suffisante de tels déviants accède aux commandes ? C’est là qu’intervient le mécanisme décrit par Paul. Etant en position de choisir leurs pairs, les déviants vont naturellement incliner soit vers des individus « normaux » mais qu’ils pourront contrôler ou corrompre, soit à défaut vers des individus de leur espèce. Dans ce dernier cas, ils introduisent certes un concurrent, mais au moins jouent-ils au même jeu : s’accaparer les ressources, les honneurs et le pouvoir. Un individu conscient de leur nature et qui chercherait le bien commun serait autrement plus dangereux pour eux ! La disparition des profils « normaux »des postes de pouvoir consistera donc un objectif commun naturel, sans même qu’il existe une concertation de leur part.

Quid de l’exercice du pouvoir à proprement parler ? Les qualités nécessaires au bon exercice du pouvoir étant distinctes et même radicalement opposées à celles leur ayant permis d’y parvenir, ils détournent à leur profit les outils dévolus normalement au bien commun. La recherche du bien commun est une notion sans intérêt pour eux et ne servira que de couverture à l’accaparement des richesses de ce monde. On observe donc un transfert de plus en plus rapide des biens sociaux vers une minorité d’individus.

C’est une constante dans toutes les sociétés (et pas uniquement les démocraties) car liée à la nature de l’homme plus qu’à celle des sociétés en question. Elles courent ainsi quasi-inéluctablement vers leur effondrement. Après la catastrophe on incrimine telle ou telle idéologie, telle ou telle tendance politique, mais au final, n’est-ce pas un comportement humain qui est à la base de tout ? Par exemple, l’incapacité des systèmes communistes à empêcher la formation de telles « élites » perverties n’a-t-elle pas joué un rôle dans leur chute ? Le gâchis des luttes intestines, le détournement à des fins personnelles des instruments de l’État n’y sont ils pour rien ? Certes, on peut trouver de nombreuses autres failles dans les sociétés basées sur le communisme, mais oublier l’existence de la perversion de certains humains ne représente-t-il pas une erreur fondamentale ?

L’effondrement d’un système est un phénomène complexe, qu’on ne peut faire remonter à une seule cause initiale. Toutefois, ne tenons-nous pas là une paille dans la belle construction de nos ancêtres ? La raison et l’humanisme n’ayant pas prise sur les individus qui forment nos élites, un système qui prend ces valeurs pour fondements ne peut perdurer. Il me semble donc qu’il nous faut nous prémunir contre ce risque, sans quoi toute construction sociale que nous pourrions inventer connaîtra le même funeste sort.

Ne devrions-nous pas travailler là dessus en préalable à tout projet de société ?

Comment éviter que les sociopathes soient les mieux adaptés aux postes de pouvoir?

Comment immuniser nos systèmes politiques, économiques et sociaux à ce cancer redoutable ?

Envisager le problème sous cet angle a une conséquence des plus heureuses : si le pouvoir corrompt tout le monde, il n’y a pas de solution, aucun système n’est à l’épreuve de ce vice de fabrication. Si en revanche il attire de façon privilégiée les individus corrompus, mais qu’un individu normal peut conserver le sens du bien commun en exerçant ce pouvoir, alors il nous sera peut-être possible de séparer le bon grain de l’ivraie en amont et garder un espoir pour l’avenir !

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144 réflexions sur « Pouvoir et corruption, par Tchita »

  1. Lettre à Paul Jorion, 1/1/10

    « Comprendre ce qui se passe n’est pas facile, et quand on manque de données il est toujours plus facile de croire que quelqu’un nous les cache plutôt qu’on est soi-même incapable de les trouver.

    Il ne faut pas chercher des complots, quelque-chose d’organisé, la ou une explication plus basique couvre mieux tout le spectre des phénomènes qui se manifestent. Le capitalisme n’est pas un système cohérent organisé, mais une concurrence ouverte entre méthodes d’optimisation qui se perfectionnent sur le tas. Des méthodes conçues pour maximiser la performance, en sacrifiant la logique et l’éthique s’il le faut… et du moment qu’un s’y met… on ne reste compétitif qu’en suivant.

    Les complots qu’on croit voir ne sont qu’imaginaires, car l’intention n’est pas dans les causes mais dans les effets. Du point de vue d’un observateur logique et éthique, la ou il n’y à qu’optimisation de méthodes et concentration libre sur celles qui s’avèrent les plus performantes, l’observateur ne conçoit pas d’autre mécanisme qu’un développement de celles-ci par le bias d’une concertation complice… et donc d’un complot organisé contre les citoyens logiques et éthiques.

    Dans tous les analyses dont j’ai pu prendre connaissance jusqu’à maintenant, les vôtres [ceux de Paul Jorion] inclus, il manque un élément… la motivation ultime et basique qui pousse les personnes à agir comme ils le font et pas autrement. Une personne toute seule peut faire ce qu’elle veut, librement. Une personne dans un certain contexte, avec d’autres personnes, ne peut pas faire moins que le minimum nécessaire pour survivre. Si tricher est plus rentable qu’être honnête, et la logique nous dit que statistiquement il est impossible que tous les autres s’en privent, alors on doit tricher, et en plus mentir si les résultats en dépendent. Une fois engagé dans cette course, on ne peut plus faire
    marche arrière. D’abord, parce-que si on abandonne la course on est sur de ne pas la gagner. En suite… parce-qu’ils ont commis tant de trahisons dans le sens logique et éthique le temps que cette course folle dure déjà, qu’ils ne peuvent échapper à la guillotine s’ils laissent entrevoir aux spectateurs qui n’y comprennent toujours rien quelle est la nature de la course et quels abus ils ont commis pour rester dedans et compétitifs jusqu’ici.

    Connaissant les contraintes… on peut anticiper leur comportement. La course qui fonce droit dans le mur en accélérant est sacrée tant que la guillotine sera moins loin dans l’avenir que le mur.

    La seule solution… arrêter la course de l’extérieur, en se rendant compte de sa nature et en appliquant des atténuants (maladies mentales transitoires, contraintes logiques insurmontables, c’est à dire… ils ne sont pas volontairement criminels, mais logiquement malades) pour éviter les guillotines. Il faut les convaincre qu’on peut s’arrêter
    avant la guillotine et avant le mur, et sans que aucun franchise la ligne d’arrivée, donc sans perdants par manque de vainqueur.

    Ceci n’est donc pas ma « Théorie du Complot », juste ce qui devait être par la force des choses quand on n’anticipe pas les dommages collatéraux futurs des stratégies de survie qu’on met en marche, ou quand, même en anticipant on ne peut se priver des avantages immédiats sans rester derrière dans la course parce-que on anticipe aussi que d’autres peuvent trouver la même stratégie et ne pas se priver, eux.

    Seuls ceux qui ne savent pas qu’arrêter la course folle est impossible, peuvent essayer et éventuellement réussir.

    Dans la toile d’araignée que je tisse moi-même comme modèle de notre civilisation, tous les événements connus trouvent logiquement leur place, sans besoin de relire la moitié de la bibliothèque pour essayer de comprendre. Je n’ai même pas lu un seul de vos livres (manque d’argent, mais aussi de temps pour lire tout ce qui pourrait être
    intéressant).

    Libre à vous de croire qu’Étienne est plutôt un caillou dans votre soulier. Il essaie de comprendre et cela lui prends trop de temps parce-que il s’égare par manque de critères objectifs sur lesquels se concentrer dans ces analyses. Il ne comprends pas, tout comme vous, pourquoi quelques-uns se manifestent sur son blog et forum en opposition
    acharnée aux critères et faits qu’il à accepté lui comme inamovibles.

    Et vous, qu’est-ce que vous savez qui vous éloigne des complots? »

    C’était donc ma lettre à Paul il y à un mois.

    Basiquement, ce que je dis c’est que depuis que l’homme s’est développé une intelligence et un savoir anticiper ces nécessités il à développé aussi deux stratégies distinctes de survie… a) créer des communautés autosiffisantes surplace ou tout le monde s’entraide pour incrémenter les ressources disponibles, et b) partir comme explorateur dans l’espoir de trouver quelquepart des concentrations de ressources plus abondantes. Ces deux alternatives semblaient également équitables et honnêtes au départ… parce-que les décisions furent prises à un moment dans notre histoire ou il y avait plein d’espace vierge ou s’aventurer, mais l’existence de la seconde alternative s’est avéré être un piège logique duquel on ne sait plus s’en sortir.

    En effet, différents explorateurs trouvèrent des ressources abondantes… et bâtirent des empires. Mais vint le moment ou l’espace libre d’expansion se termina, et ces empires glissèrent « naturellement » vers un nouveau paradigme existentiel. Si dans un premier temps les besoins à couvrir étaient linéaires et limités… couvrir les besoins de logement et manutention des individus, à un certain point on se rendit compte que le pire ennemi de cela n’était plus la nature… mais un autre empire qui cherchait à obtenir le même but pour ces individus, et on passa sans trop s’en apercevoir d’une logique de besoins linéaires à une logique de besoins relative. Relative, parce-que il ne s’agit plus d’avoir un toit et de quoi manger tous les jours, ce qui demande une quantité de ressources finite, mais d’avoir assez pour défendre les acquis d’un groupe et même de les accroitre, contre les intentions d’un autre groupe (existant ou imaginaire) qui ferait de même. On cesse donc d’avoir besoin de la certitude d’avoir assez à manger… et on passe psychologiquement à l’incertitude la plus absolue et permanente sur le fait d’avoir assez pour résister à l’assaut d’un autre groupe (existant ou imaginaire) cherchant à accroitre ces ressources.

    C’est la qu’on devient paranoïde… une fois qu’on est dans le piège d’une telle logique (et il n’y à point besoin de l’existence d’une conspiration pour arriver logiquement à ce point de non-retour), si l’on se procure 5 têtes nucléaires… on s’imagine que l’opposant en fabriquera tôt ou tard 10… et on prévoit déjà le besoin d’en avoir 50 (pour le moment, après on verra). A ce moment la, ce n’est pas encore une conspiration, tout est développement logique.

    Mais arrive le moment ou ceux qui prennent les rennes dans la défense de leurs peuples doivent faire des choix difficiles… on peut construire plus de têtes nucléaires, et ainsi mieux se préparer pour défendre le peuple… en détournant des ressources de la satisfaction des besoins ordinaires des peuples eux-mêmes. C’est une décision qu’il faut mieux prendre entre initiées (aux besoins de défense) sans demander au peuple son consentement. La, on développe une caste d’initiées et au même temps de traitres qui ne trouvent cependant aucune échappatoire à leur logique implacable… il le faut, parce-que si on envisage la possibilité… c’est que « des autres » doivent l’envisager aussi, et que ne pas prendre la décision la plus garantiste (comme l’autre peut décider de le faire on ne reste compétitifs qu’en le faisant apriori).

    C’est une fois prises ces décisions implacables que le peuple ne peut pas comprendre… qu’on devient une caste avec des intérêts communs… pris entre le mur d’une logique suicidaire et la guillotine de la colère des peuples… ils ne peuvent décider de risquer la guillotine sure aujourd’hui, ils aiment leurs vies tout autant que nous et ils préfèrent le mur à un date prochaine mais incertaine.

    Ils n’en dorment plus, et ils doivent se consoler en s’attribuant des ressources pour bien vivre une vie matérielle car autrement dépourvue de profondeur psychologique.

    Si vous voulez explorer ce scénario existentiel avec plus d’amplitude, il vous faut lire « Emphyrio » de Jack Vance (de la science fiction, autrement nommé en français de l’anticipation).

    1. Si je comprends votre idée, les autorités d’un groupe humain se retrouvent avec un problème de concurrence. Il s’agit d’assurer la survie du groupe dont ils ont la charge. Ce groupe est automatiquement menacé par les autres groupes. D’autre part, les ressources disponibles ne suffisent pas à satisfaire les besoins de la population et la sécurité (militaire) de cette même population. Le second problème est une question de survie et justifie donc des sacrifices pour affronter le premier problème. C’est une recette pour le désastre. Votre idée revient à dire que les groupes en concurrence ne peuvent que s’affronter et tout le monde s’anéantira à cause de cette concurrence.

      Si je vous ai bien compris, alors vous avez là une excellente idée. Elle résume la problématique affrontée par nos autorités. Elles ne peuvent pas négliger la sécurité et doivent également gérer leurs demandes de sacrifices à la population pour préserver un statut quo. Vous avez découvert, à mon avis, un aspect important des relations de concurrence.

      Dans cette logique, un pervers est à l’aise. Si je comprends ce qu’est un pervers, alors il sait demander des sacrifices aux autres. Il sait mener une attaque contre un adversaire plus ou moins réel. Il sait réagir à une attaque sans s’embarrasser de morale. Il sait s’assurer d’une position dominante. Il a en lui des qualités essentielles à la survie de son groupe. Si en plus, il identifie ses intérêts à celui de groupe, son engagement sera total et je retrouve la théorie ubuesque des « vices privés, vertus publiques ».

      En prime, vous me donnez une issue à cette condamnation « L’homme est un loup pour l’homme ».

      Remarquable. L’idée de départ est l’existence d’une quantité limitée de ressources pour des besoins illimités. Vous en tirez des conclusions, que je peux appliquer au monde qui m’entoure, sans voir en l’être humain un monstre à dénoncer, juste un humain avec un problème délirant.

      En passant, et cela me plaît, vous mettez à terre l’idée de concurrence et son efficacité supposée indépassable.

      Mes félicitations.

    2. simplesanstête,

      Pour moi, le Dr Folamour est le personnage central d’un film de Kubrick interprétée magistralement par Peter Seller. Ce personnage assure la sécurité des USA avec quelques autres huluberlus de très haut vol. J’aime aussi beaucoup le général et le pilote du bombardier qui fait du rodéo sur sa bombe atomique. Ils se retrouvent dans une situation insensée parce que le général se met à délirer et qu’il déclenche une guerre nucléaire.
      Si votre remarque revient à considérer les membres de cette « élite » comme des analogues du personnage de Peter Sellers, je suis d’accord. Ils ont un problème tout à fait analogue.
      Cela revient presque à dire que la course aux armements est une autre façon de pratiquer la concurrence au niveau mondial. C’était une autre forme de mondialisation. Elle a cessé par fusion-acquisition, ou faillite, de l’un des acteurs de ce mouvement.

  2. Bonjour à tous

    La seule façon de gérer un pervers c’est impérativement de ne pas rentrer dans son jeu: celà implique jusqu’au refus de tout contact avec lui.
    Sur le long terme la seule solution c’est de le soigner avec son consentement.

    Tout ce que je lis içi comme mesures à appliquer est certes judicieux mais se heurte à la réalité: les pervers sont au pouvoir: ceci implique que ce sont eux qui sont en mesure de modifier les régles à leur gré et de les imposer soit par la force soit par la propagande longuement appliquée par les média et autres courroies de transmission modernes.
    User de la force alors? Vous retombez dans la genèse de la dictature et recommencez le cycle!
    Toute solution du type: LES empêcher de… implique les questions suivantes:

    Seule la transformation intérieure de chacun – celà prend au minimum 20 ans de cheminement ardu- à partir des grands textes de l’espérance – présents dans toutes les grandes civilisations- peut apporter une solution perenne : il s’agit tout bonnement de passer de l’anthropoïde à l’humain: les dinosaures ont été présents et dominants pendant 80 millions d’années; l’homme est extrêmement récent il nous faut du temps: encore quelques milliers de générations appliquées au chemin!
    Bonne nouvelle: l’internet est un bon accélérateur de prise de conscience.

    1. « La seule façon de gérer un pervers c’est impérativement de ne pas rentrer dans son jeu: celà implique jusqu’au refus de tout contact avec lui. »
      Oui, je suis d’accord avec cela.

      « Sur le long terme la seule solution c’est de le soigner avec son consentement.  »
      Et là, pas d’accord du tout ! Ils sont impossibles à soigner en thérapie.
      Demandez l’avis des psy, un pervers ne se soigne pas. Il fera peut-être semblant de jouer le jeu, mais ce sera pour en tirer des avantages.

      Attention à ne pas tomber dans ce piège !

  3. Merci pour ce billet important, Tchita, nous entrons au coeur du problème.

    D’un côté, la majorité des votants a désigné un homme pour lequel la gratification suprême est de faire briller une rolex sur le pont du yacht de monsieur Bolloré tout en ajoutant une loi inapplicable à la suite de chaque fait divers. Pour la majorité actuelle, l’accession à ce mode de vie (si on peut appeler cela vivre) ressemble à l’accession au bonheur terrestre.

    Personne n’a voté pour Diogène ou Socrate, d’ailleurs ils ne sont pas pas présentés à cette fonction.

    Il faudrait donc élire ceux qui ont en horreur de diriger les autres et ceux qui doutent d’avoir des solutions toutes faites. Je suis pour, mais ça va prendre un certain temps.

    Par deux fois au cours de mon existence, on m’a proposé un pouvoir de direction, et j’ai refusé. J’avais bien trop peur de prendre goût à user et abuser de ce pouvoir. Je sentais qu’une fois lancé dans cette compétition, il m’en faudrait de plus en plus, et ce jusqu’à épuisement. Et j’ai préféré le repos à l’agitation.

    Il est évident que les sociopathes sont attirés par la dominance, mais il est tout aussi vrai que le pouvoir transforme les mieux avertis…

    Tentons de remplacer les échelles de dominance – pyramidales/verticales – par des structures horizontales (à inventer). Augmentons les prises de décisions collégiales. Expliquons aux enfants la façon dont leur cerveau fonctionne, développons leur néo-cortex par l’apprentissage des arts, sciences, philosophies, etc. N’encourageons plus la compétition, les instincts primaires, mais le plaisir de la découverte, de l’imagination, la créativité. Glorifions et rémunérons davantage les gens en fonction de la paix qu’ils procurent à ceux qu’ils rencontrent, …

    Henri Laborit: « Ce n’est pas l’utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance. »

    Il s’agit d’inventer un système qui réduise le pouvoir qu’est tenté d’exercer sur les autres chacun d’entre nous.

    1.  » Par deux fois au cours de mon existence, on m’a proposé un pouvoir de direction, et j’ai refusé. J’avais bien trop peur de prendre goût à user et abuser de ce pouvoir.  »

      Je vous tire mon chapeau, si seulement nos élites pouvaient prendre davantage exemple sur vous. Il s’agit surtout de mettre aux hommes des enfants un peu moins gâtés et déformés par les seules valeurs actuelles.

    2. « …Par deux fois au cours de mon existence, on m’a proposé un pouvoir de direction, et j’ai refusé…. »
      moi , aussi …
      il s’agissait d’un poste de chef de service (secteur santé hospitalier)
      plus grave , je « croyais » à l’époque en la réforme proposée par Jack Ralite…qui proposait un fonctionnement collégial des services hospitaliers..donc suppression des « chefferies »…

      les mandarins ont repris rapidement le pouvoir dans « leurs services » avec la victoire de Chirac en 86 et la première « cohabitation »

      il semble que notre société eut de bonnes idées qui n’ont pas résisté aux « Robert Macaire »

    3. « prendre conscience de sa propre capacité de nuisance…. » certes mais pour ce qui concerne les sociopathes, les pervers c’est justement la connaissance de leurs capacités à nuire, à faire le mal, à nier les droits de(s) autre(s) qui est le moteur de leur vie, je dirai même l’essence de leur vie, leur jouissance suprême ! Ce sont de grands malades mais aussi souvent des êtres particulièrement intelligents, alors ne comptez pas sur un changement de leur part, ils ne peuvent pas changer, leur structure mentale est ainsi faite et pour eux le « pouvoir » sur autrui est le but …… Le seul moyen de les empêcher de nuire c’est de leur enlever leurs pouvoirs, les ignorer, les oublier et là ils s’effondreront.

    4. @ Brigitte

      Je parlais de la conscience de ma propre capacité potentielle de nuisance: je refuse obstinément le pouvoir, de peur de m’en servir…

      Etant persuadé que je fonctionne (à peu près) comme la plupart (certains nuiront peu, d’autres seront de véritables tyrans au contact du pouvoir), une piste de réflexion se situe, me semble-t-il, du côté de la répartition/équilibre du pouvoir/contre-pouvoir, de l’instauration de décisions collectives, etc…

      Je remarque que vous êtes optimiste quant au traitement des sociopathes! 😉

      Bien cordialement

  4. Bonjour à tous

    La seule façon de gérer un pervers c’est impérativement de ne pas rentrer dans son jeu: celà implique jusqu’au refus de tout contact avec lui:
    au niveau politique : implique 100% d’abstentions aux élections, désobéissance civile totale, refus de participer à toute action empreinte de corruption
    au niveau économique: démissionner immédiatement de toute entreprise au comportement pervers! refus de chacun de toute compromission à quelque niveau que ce soit

    Combien d’entre nous ont appris à se libérer de leurs peurs afin de pouvoir agir ainsi sans faiblir?

    Sur le long terme la seule solution pour ne pas subir un pervers c’est qu’il se soigne! avec l’aide de tous!

    Tout ce que je lis içi comme mesures à appliquer est certes judicieux mais se heurte à la réalité suivante: les pervers sont au pouvoir; ceci implique que ce sont EUX qui sont en mesure de modifier les régles à leur gré et de les imposer soit par la force soit par la propagande longuement et minutieusement appliquée par les média et autres courroies de transmission modernes. ( A propos: Combien d’entre vous ont lu le  » Petit traité d’autodéfense intellectuel » de Norman Baillargeon; qui sait qui fut E. Berneys ?)

    User de la force alors? Vous retombez dans la genèse de la dictature et recommencez le cycle!
    Toute solution du type: Ya Ka LES empêcher de… implique les questions suivantes:
    QUI nomme QUI, de quel droit, de quel LIEU, pour décider QUOI avec quels moyens et en vertu de quels principes moraux par définition caduques ? Qui décide qui sont les LEs à empêcher absolument?
    Seule la transformation intérieure de chacun – celà prend au minimum 20 ans de cheminement ardu- à partir des grands textes de l’espérance – présents dans toutes les grandes civilisations- peut apporter une solution perenne : il s’agit tout bonnement de passer de l’anthropoïde à l’humain: les dinosaures ont été présents et dominants pendant 80 millions d’années; l’homme est extrêmement récent il nous faut du temps: encore quelques milliers de générations appliquées au chemin!
    Bonne nouvelle: l’internet est un bon accélérateur de prise de conscience.
    Cordialement.

    1. » Petit traité d’autodéfense intellectuel » : très bon bouquin, que je conseille à tous…

      – comment faire : la seule voie acceptable est l’introduction de ces mesures dans un programme politique, donc cela peut effectivement prendre du temps. Ceci dit, les bonnes idées vont vite, surtout dans une période où tout le monde sent bien qu’il y a un très grave problème. Je pense que si l’un des partis politiques actuels s’en mêle, les autres devront suivre.

  5. Si les sociopathes, les pervers, les cupides, les déviants sont les maffieux qui nous gouvernent et organisent la société, c’est sûr, ça marchera beaucoup moins bien. Et de fait ça marche pas si bien que ça.
    Alors que faire? Le camp de rééducation pour tous ceux auxquels on pense? Amusant de voir défiler les » impétrants » en tenue rayée, boulet au pied à l’heure de la distribution du pain sec et du quart d’eau croupie. Tiens ! Il me semble reconnaitre là le petit arrogant et derrière lui le grand argentier. La tenue leur va bien, je trouve. C’est drôle comme une barbe de quelques jours et un bob à rayures peut transformer un visage. Ah! Les apparences. Elles sont trompeuses! Oubliés les limousines de fonction, les gyrophares et les portes qui claquent, tapis rouge, haies d’honneur et crépitement de flashs. Faudrait pouvoir instaurer les bagnes de la République à l’intention de ceux qui nous gouvernent, une trappe pour les pères Ubu en quelque sorte. Allez ! On vote ?

  6. Il semble effectivement que nous soyons entrés dans une nouvelle ère anthropolgique avec l’apparition de » l’homme nouveau ». Finis le juge intègre, l’instituteur dévoué, le médecin humaniste et l’honnête artisan plombier, place au mafieux. Je ne peux que rejoindre Helios faisant allusion à l’homo sovieticus finement décrit par Alexandre Zinoviev. Je voudrais rappeler que dans la pratique militante « communiste » du « centralisme démocratique » il était de règle de faire appliquer une décision prise par le « comité central » par celui qui s’y était le plus opposé dans le cours de la délibération. D’autre part dans le système mafieux il faut, bien sur, s’assurer de « l’indéfectible fidélité » du soldat de base en lui faisant exécuter un crime « gratuit » qui , non seulement signera son intégration dans la « famille » mais le tiendra aussi à vie… C’est cela aujourd’hui qui est à l’oeuvre pour faire partie du « club » des décideurs. Seuls ceux qui ont victorieusement passé ce rite de passage prendront part au banquet, les autres pourront disparaître ou retourner à une condition d’Esclave Postmoderne. Nous avons assisté à une autre « Grande Transformation »
    Pour reprendre l’assertion de Paul sur la »tolérance à la fraude », mon expérience professionnelle, dans le milieu publicitaire, m’autorise à confirmer la place massive voire incontournable de cette « tolérance » dans la pratique de base de cette activité. La « simple » rétrocession commerciale est une pratique largement dépassée… Il ne s’agit plus de corruption d’individus, « brebis égarées », « dysfonctionnement local du système », au contraire la fraude en est littéralement constitutive. Il s’agit de l’organiser institutionnellement, « l’optimisation fiscale », la sur ou sous-facturation délibérée (il est bien connu qu’au royaume du talent ou du mérite on ne compte pas…) la double comptabilité à tiroir de filiales toujours installées offshore…. La mondialisation est particulièrement bénéfique…
    Imaginons une multinationale (un peu nord-américaine sur les bords) qui passe un contrat (quelques centaines de millions d’euros) pour sa communication publicitaire mondiale avec une agence elle aussi mondiale (mais plutôt germanique sur les bords). Il est très important (bien plus que la compétence réelle) dans le choix du partenaire qu’il n’y ait pas connexion directe entre les institutions de contrôle (juridiques, fiscales, normes comptables, etc…) des sociétés en question. C’est là que réside la nécessité de conserver un minimum de « souveraineté nationale ». Le contrat en question portera sur l’ensemble des marchés où les produits de la multinationale sont vendus (Amérique, Europe, Asie et bien sur et surtout les marchés « émergents », Russie et Chine). Et là miracle des services juridico-financiers des deux firmes, la majeure partie des transactions effectuées le seront pour l’Europe par la filiale russe (en fait détenue par une holding de juridiction lituanienne, donc hors zone euro (y a bon l’Union Européenne) ayant ses comptes aux Iles caïman), la partie congrue, je veux dire propre… suivra un canal normal. Les mêmes activités sur le marché asiatique (surtout chinois ) devront, bien sur, passer par le Sultanat de Brunei… (Toute ressemblance avec la réalité ne saurait être que fortuite)
    Merveille de l’ingénierie financière…

    Après nous pourrons reparler du déficit, ou plutôt, du besoin de financement de la sécurité sociale, et de « l’allocation optimale des ressources ».

    Pour conclure, très provisoirement, il me semble que l’opération « Mains Propres » nécessaire pour tenter de faire surgir un monde débarrassé de cette « pieuvre » a besoin, pour avoir un début de commencement, d’un engagement personnel, au sens fort, du même ordre et avec peut-être les mêmes conséquences « vitales » ou mortelles », c’est selon, que celui qui a fait se lever les parisiens qui ont pris la Bastille ou les étudiants allemands de la « Rose blanche » morts décapités.
    En sommes-nous proches?

  7. L’homme est ce qu’il est et il faut faire avec.

    C’est donc le système qu’il faut améliorer.
    Pour améliorer notre démocratie = + de transparence et surtout + de contre-pouvoir (y compris en interne, pourquoi ne pas avoir des observateurs de l’opposition dans tout organe décisionnel : gouvernement, conseil régional, etc. avec un accès direct aux dossiers).
    Cela limiterait déjà fortement les abus, arrangements et dérives.

  8. Pour le mandat unique et non cumulable strict : Cincinnatus.

    Lucius Quinctius Cincinnatus

    Selon la tradition, Cincinnatus se consacre à la culture de ses terres quand les sénateurs viennent le supplier d’accepter le commandement suprême. Il sait que son départ risquait d’appauvrir sa famille, déjà ruiné à la suite du procès de son fils, si en son absence les récoltes n’étaient pas assurées. Néanmoins, il accepte et en seize jours, il libère le consul assiégé, bat les Èques à la bataille du mont Algide, célébre un triomphe, condamne Marcus Volscius Fictor et abdique. Sa restitution du pouvoir absolu dès la fin de la crise devint un exemple de bon commandement, de dévouement au bien public et de vertu de modestie.

  9. Une action qui pourrait prendre serait d’organiser une grande marche blanche sur le modèle de celle qui a eu lieu en Belgique…
    une « Action pour l’Interêt Général » (non AIG, déjà pris…)
    ou un « Pique-Nique Anti-Corruption » (pas glop non plus…)
    « Evinçons les Valets des Oligarchies » (…?)
    non, sans slogan, finalement.

  10. Hasard des circonstances ou prédestination, il y a sans doute des deux, j’ai été amené à côtoyer de près la nomenklatura des décideurs, et même à en faire modestement parti pendant quelques années. Cela a été l’occasion d’effectuer une passionnante exploration de ce territoire, où l’on ne pénètre pas sans montrer patte blanche, non sans être parrainé et avoir été adoubé.

    Elle m’a permis de connaître et de pratiquer les singuliers codes et règles qui en régissent le fonctionnement. Je m’y suis appliqué à passer inaperçu, calquant mon comportement sur celui des autres, ayant saisi que les déviances n’étaient admises dans ce monde que si l’on était pourvu d’un solide pedigree, ou que l’on bénéficiait d’une protection clanique à toute épreuve. Celle-là même qui permettait, d’échecs en échecs, de construire une brillante carrière.

    Ceux-ci me faisant défaut, étant atypique, après avoir fait mon métier du mieux que je pouvais, j’ai quitté ce monde comme j’y suis rentré : sur la pointe des pieds. Mon bagage professionnel mieux garni, ma carrière interrompue sans regrets sur sa lancée prometteuse. Ne voulant pas m’accrocher, ayant déjà beaucoup appris, j’ai préféré prendre le large où je suis depuis.

    J’en ai conservé des clés qui me servent souvent lorsque je cherche à décrypter l’actualité, en y décelant des logiques de pouvoir et de carrière, en y repérant des ressorts inavoués. N’ayant pas oublié que le principal savoir faire de ce monde fermé est la conquête du pouvoir. Chacun s’y essayant, sous le parapluie d’un clan d’abord vénéré, ensuite respecté et enfin protégé. Qu’il se prolongeait d’un autre, acquis au cours de l’apprentissage intensif qui suivait l’accession au pouvoir: celui de son exercice. Le carnet d’adresses étant le plus important des viatiques.

    Et que, pour le reste, c’est à dire la manière dont les décideurs prenaient les décisions essentielles, ainsi que les raisons véritables qui les animaient, ou bien les critères qu’ils utilisaient, il y avait souvent de quoi être atterré, mais il était conseillé de le masquer !

    Pour en avoir partagé l’intimité, je sais que la compétence et le mérite sont des vertus peu partagées dans la nomenklatura.

    1. « Pour réussir, il faut mettre de l’eau dans son vin jusqu’à-ce qu’il n’y ait plus de vin ». (Jules Renard)

    2. Avez vous vu passer le livre de G. Soros « Mes solutions pour la crise » (Je cite le titre de mémoire) ?

      Dans ce que vous dites, il y a un écho de ce que Soros dit. C’est quelque chose comme « Un homme politique cherche à garder le pouvoir ». Il ne cherche pas du tout la vérité. Cela rend l’analyse de type scientifique (cf Popper) inadéquate aux relations politiques. Cela crée, selon ma compréhension, un monde où les « opinions sont des faits » ou des réalités. Une interaction entre humains devient incertaine. Les opinions peuvent changer. Ce monde va donc changer et la décision rationnelle devient un délire.

    3. Ce n’est pas tous les jours que vous vous confiez, mais quand vous le faites c’est comme lorsque vous écrivez des billets sur la crise, cela m’interpelle,

      Vous semblez nous dire que cela touche la plupart des membres de la nomenkatura c’est bien cela, mais encore que voulez-vous dire à certains passages de votre commentaire :

       » Elle m’a permis de connaître et de pratiquer les singuliers codes et règles qui en régissent le fonctionnement.  »

      Faites vous allusion à des signes particuliers et secrets de reconnaissance entre-eux, comme par exemple avec les gens de la FM ou de manière générale à une certaine manière d’être que l’on vous suggère plutôt de suivre car de toutes façons il en sera toujours ainsi porter des masques.

      Décidément tout cela sent de plus en plus mauvais je trouve …

    4. Monsieur Leclerc,

      Je ne sais pas à quelle nomenklatura des décideurs vous faites allusion ni à quels codes et règles vous faites référence, mais à mon humble niveau quelques étages en dessous, je vis encore actuellement la même chose mais en pire. Parfois j’ai l’impression désagréable d’être un chien dans une meute, parmi d’autres meutes. Il faut plaire, montrer les dents, opérer des alliances, trahir, aider, flatter, bref construire son tissu de relations pour protéger son arrière train ou étendre sa propre emprise ridicule. Faire son métier du mieux qu’on peut passe malheureusement pour moi par l’acceptation de ce cirque grotesque. S’en écarter c’est impitoyablement finir par être mordu, blessé et dévoré.

      Les hommes politiques du niveau dans dessous dont la trombine s’étale depuis des années sur les murs et les poteaux ErdF, des villes et campagnes sont tout aussi veules, lâches et occupés à leur propres intérêts que ceux d’en dessus. La moindre parcelle de pouvoir dans n’importe quel bureau de n’importe quel service public ou privé est un cloaque puant coulant d’abus et de fraudes.

      Purée des courbettes et des salamaleks j’en ai fait et j’en fait encore, tellement que je n’ai même plus mal à l’orifice c’est vous dire ! Pourtant ce n’était pas tous des « grands » décideurs, ou de « grands » politiques, non juste dans mon expérience d’un homme ordinaire, d’une vie ordinaire avec des gens ordinaires.

      Des chiens monsieur Leclerc, et tous ça pour une gamelle, une place dans la niche, une femelle en chaleur, des chiens qui me refilent leurs tiques que je finis par gratter avec mes pattes.

      Je vous laisse on me siffle.

    5. @François Leclerc: des fois je me demande comment des gens comme vous, que je juge admirables, sont possibles. La nomenklatura que vous décrivez est celle de tous les temps et tous les lieux. En somme, elle est normale. Tout comme Vincent, je sais que les choses ne sont souvent pas bien différentes aux échelons du dessous. Donc, comment se fait-il que des gens refusent ce qui n’est finalement que le fonctionnement normal de la machinerie sociale? Je dois vous dire que je suis moi-même ainsi, ayant sacrifié une éventuelle carrière à des valeurs que je considérais prioritaires, mais parfois je me demande d’où me vient ce refus intérieur de ce que sont réellement les conventions sociales. Une haute conception de la morale? (anormale?) L’influence d’une idéologie? (laquelle?) Autre chose de moins avouable? Y avez-vous déjà réfléchi?

    6. Les dissidents, hier en URSS et dans les pays de l’Est et aujourd’hui en Chine, se sont-ils jamais posé la question  ?

      J’ai eu le privilège de connaître certains d’entre eux, et ils m’ont toujours beaucoup impressionné par leur force de caractère et de conviction. Quant on a serré la main d’Elena Bonner, la veuve d’Andreï Sakharov, on a compris qu’il y a des gens dont il vaut mieux ne pas être leur ennemi : devant l’inacceptable, ils ne cèdent pas. Une génération de gens indomptables enfantés par le système qu’ils rejetaient.

      Avez-vous lu « Les hauteurs béantes » d’Alexandre Zinoviev  ?

    7. @François Leclerc : Pendant leur combat, je doute effectivement qu’ils se soient posés des questions, sans quoi ils n’auraient pas combattu beaucoup. Mais en lisant ce qui est dit sur Zinoviev dans wikipedia, je crois comprendre que cela n’est pas impossible après-coup: « Dans les années suivant la disparition de l’URSS, Alexandre Zinoviev a dénoncé le totalitarisme qu’engendreraient, selon lui, l’Occident et la mondialisation libérale. Il a développé une violente critique du monde postsoviétique, allant jusqu’à déclarer que, s’il ne reniait pas ses critiques envers le régime précédent, il les aurait cependant tues s’il avait pu prévoir ce qu’il adviendrait après sa chute. »

      Je vais de ce pas me procurer ce bouquin de Zinoviev, qui m’a l’air d’être quelqu’un d’exceptionnellement lucide et intègre.

      Mis à part cela, dois-je comprendre que votre réponse à ma question sur la motivation à cette résistance au fonctionnement « normal » de la société est: la foi (en certaines valeurs)? (vous parlez de conviction, mais c’est idem)

    8. Sans vouloir esquiver, est si cela allait tout simplement de soi, comme une certitude, l’une des rares que l’on puisse avoir, à laquelle on tient tout particulièrement ?

  11. @Cécile @ arkao

    « si les peuples votaient les budgets ? »

    Une brésilienne m’a dit qu’au Brésil aussi la population a voté pour des choix budgétaires d’un plan d’austérité. C’est d’une hypocrisie sans nom, car l’austérité était présentée comme base indiscutable et la population est ainsi obligée de participer à son propre apauvrissement, la politicaille ayant beau jeu de dire qu’elle n’est pas responsable puisque c’était un choix de la population.

    Peut être que François Leclerc pourrait nous en dire plus ?

  12. Fatalitas dit :
    1 février 2010 à 09:42

    « Bonjour,

    Pour moi, tous ceux qui recherchent toujours plus de pouvoir ou d’argent sont des gens immatures et resteront des arriérés mentaux dont le développement intellectuel est incomplet.
    Avec le peu de temps qui nous est imparti sur cette planète, il y a certainement beaucoup mieux à faire.

    Cordialement. »

    1. Dans l’histoire de France ou d’autres pays les gens n’ont pas toujours étaient dirigés de la sorte, il y a certainement des gens plus intelligents, plus sages, plus différents de nos jours dans nos sociétés.

    1. Que recherche-t-il à prouver celui qui recherche continuellement plus de pouvoir sur autrui ?

      Que cela amène davantage le bien au monde à une société ?

  13. Tchita,

    Vous expliquez remarquablement bien comment la nomenklatura se reproduit. Paul Jorion donne un puissant motif de fermeture de cette oligarchie sur elle même : la fraude.

    Une façon de comprendre pourquoi notre société est sans défense face à cette nomenklatura est donnée par Michea dans « L’empire du moindre mal » et ses autres livres. Il ramène, selon ma compréhension de ses idées, ce problème aux Lumières. À ce moment, l’idée est que les hommes ne peuvent pas vivre ensemble sur la base des religions. Il faut donc un mode de vie en commun indépendant de toute morale, de tout dogmatisme, de toute religion, etc…. Ce mode de vie est basé sur une liberté des individus aussi totale que possible.
    Comme il y a des interactions, il faut les réguler en évitant tout ce qui ressemble de près ou de loin à une morale commune. Pour cela, il y a l’économie et la politique. En théorie, avec un peu d’efforts et de bonne volonté, il devient possible de rendre ces deux branches des relations humaines scientifiques. Il y a donc des sciences économiques et des sciences politiques. Je crois que Hobbs est considéré comme l’ancêtre et le fondateur de la science politique. Après, cela a donné tous les systèmes plus ou moins bien formés devant créer des hommes nouveaux ou des méthodes pour forcer les humains à se comporter décemment. En pratique, cela exclut toute référence à un bien commun, à la bienséance, au respect de l’autre, à la volonté de partage etc.. Ce seraient tous des dogmes inadmissibles. Seules les relations rationnelles deviennent admissibles.

    L’économie avec l’argent permet de fournir un cadre rationnel à tous les échanges. La politique ne s’occupe que de maximiser la liberté de chacun en fonction des relations de pouvoir. Le plus puissant a le plus de liberté. En théorie, il faut renégocier sans cesse tous les rapports contractuels. Comme le respect de la vérité ne fait pas partie de la relation, le manipulateur a un énorme avantage. Comme la liberté est un absolu, il est interdit d’interdire au menteur de parler. Les mensonges sont plus rapides, plus adaptables, d’une productivité plus grande que la vérité. Le sociopathe est libre.

    C’est une idée pour comprendre comment les sociopathes peuvent monter en grade. C’est une idée pour comprendre ce qui nous désarme face à ces gens. Je trouve cette idée encore floue, mais je pense être sur le chemin.

    Michea parle de ces gens. Il les a vus à l’oeuvre partout. Il les nomme les « Robert Macaire ».

    1. Les lumières ont-elles vraiment bien apportées la lumière à l’homme ? Pourquoi tant d’aveuglement de nos jours ?

    2. A vous lire, il semblerait donc que l’abandon de l’idée de religion a eu plus de désavantages que d’avantages… Certes, les obscurantismes, dogmatismes, et autres soumissions à « l’ordre établi » ne sont certainement pas à regretter, toutefois, les idées des « Lumières » ont leur éclat désormais terriblement terni ! Le ver était-il à l’origine dans le fruit ? Toute société a besoin de liens (avec les autres, la nature, le cosmos…) de respect mutuel et de considération : l’autre doit être autant « sacré » que soi-même. Sacraliser aujourd’hui à ce point la seule « liberté individuelle » est à mon sens une forme très illusoire de croyance qui nous amène collectivement au gouffre. Une authentique liberté s’acquiert par l’observation de notre propre fonctionnement, qui nous permet de nous détacher peu à peu de nos peurs, attachements, culte de l’égo… Comprendre et sentir que tout est interdépendant, que nous sommes tous reliés… Autrement, nous croyons être « libres », fièrement et farouchement « indépendants » mais nous sommes dans l’illusion : nous ne sommes que le jouet de nos désirs, envies, sans recul d’aucune sorte. Ce qui ne résout pas le problème : comment nous libérer en même temps et rapidement des contraintes économiques, écologiques et autres urgences imposées par l’inconscience et l’avidité de pas mal de ceux qui nous gouvernent ? Une observation juste de ce qui se passe permettra-t-elle de mettre clairement à jour une certaine forme de folie (la norme actuelle de la course au profit, de l’exploitation des hommes et des ressources…) ? Est-ce que le fait de voir collectivement cela n’enlève pas de facto une grand part de ce pouvoir ? N’est-ce pas notre propre aveuglement qui donne pour l’instant encore du pouvoir à ce système moribond ?

    3. D’après ce que je vois autour de moi et dans les informations. Je doute des Lumières. Pour laisser la liberté maximale aux individus, Elles ont éliminé les devoirs réciproques de l’histoire. Il ne reste que des relations d’argent, de pouvoir et de tribunaux (C’est un mot de Michea que je cite ici de mémoire et que je crois pertinent). C’est la méthode actuelle de renégociation des rapports entre humains. Il manque cruellement un critère de qualité pour savoir ce qui est mieux. L’argent fournit une méthode de mesure. Ce qui rapporte est bon. Ce qui coûte et mal. L’argent permet également et très facilement de comparer deux bonnes ou mauvaises méthodes. La force est aussi une méthode de mesure. Le plus fort gagne. C’est une réalité expérimentale. Le monde de la concurrence permet de laisser ce critère de « qualité » s’exprimer. Je parie avec n’importe qui que je perd un combat de boxe contre le champion du monde. Quand il y a un point de procédure ou un contrat à régler, le tribunal permet de trancher. Le meilleur avocat décide du jugement. J’aime aussi beaucoup les « lobbyistes » et les « think tanks ». Ces gens manipulent les élus pour qu’ils produisent les lois désirées par leurs clients. Ces gens font écrire les lois régissant les tribunaux. Le péquin de mon acabit, dans cette situation, représente au mieux un paquet de viande chaude ou un porte-monnaie pas trop rempli. Bref, un pas grand-chose ou un moins que rien.
      Le paysan de l’Ancien Régime ne valait rien. Je crois que nous y retournons à très grands pas. Les Lumières s’éteignent.
      Il manque un critère de qualité hors argent, force et texte légal. Il manque une règle de vie en commun hors des règles. Il manque un critère de qualité permettant de dire à son voisin « Après Vous! »

    4. @ Didier,
      Oui, il fait souvent défaut ce critère de « très belle qualité » qui devrait passer avant tout les autres. Il est difficile à nommer, à décrire, il conduit à des comportements vertueux, mais pas de manière contrainte. Il amène de la moralité mais n’est pas moralisant. Dans l’idéal, il est naturel, il va de soi… Il ne peut pas se mesurer, se comparer, c’est pourquoi les esprits étriqués, compétitifs, enfermés dans leurs croyances aux chimères « rationnelles » chiffrées peinent tant à s’en imprégner. Vous mettez l’accent sur une chose fondamentale en notant que l’argent, la force, tout facteur mesurable et chiffrable devient le seul critère de valeur, de reconnaissance, d’évolution. Se faisant, en acceptant de s’engluer dans ces limites chiffrées et comparées, l’homme perd une part énorme de sa liberté fondamentale, de sa créativité, de son aptitude au bonheur et au partage.
      Je doute avec vous du résultat actuel de l’esprit des Lumières, mais je crois que la lumière est toujours à l’oeuvre 🙂 Elle est manifeste par exemple dans la qualité des personnes et des textes et commentaires qui s’expriment sur ce blog.

  14. Je crois que Jean-Claude Michéa avait bien cerné ce type de phénomène dans son livre « L’Empire du moindre mal ».. Ce sont ces quelques pourcents de « Robert Macaire » qui pourrissent inévitablement tout système dans lequel il se trouvent.

  15. À partir du moment où l’on a envoyé ballader à peu près toute référence transcendante extérieure à soi-même, Dieu et une quelconque représentation de Celui-ci, ce qui est le résultat des philosophies dites des lumières qui placèrent l’ « Homme » au centre de l’univers comme « cause » de lui- même, il apparaît à présent que cette « situation » est impossible à assumer. Sauf à risquer un genre de suicide collectif non dit mais qui peut devenir réel… L’ « Homme » (qui aurait pu respecter leS autreS hommeS) s’estima donc cause de lui-même et n’avait plus besoin de ces références obsolètes et paralysantes à commencer historiquement par le Trône et l’Autel à renverser en priorité, ce qui fut fait. Mammon n’en pouvait plus d’impatience de monter sur son trône à lui et qu’on lui dresse ses autels à lui. Désormais, en résumé, on peut dire que la proposition principale aura été celle qu’on peut résumer ainsi, en particulier celle des anglo-saxons s’adressant dans leur agressivité commerciale bien connue au « reste du monde »: « notre business sera votre développement ». Donc c’est à prendre ou à laisser, avec nous les « compétiteurs », vous êtes de toutes façons coincés…
    Plus de convivialité possible. Convivialité qui était induites par les instances intermédiaires traditionnelles et presque disparues aujourd’hui: Enseignement, Armée, Église, agriculture régionale, les corporations, les apprentissages traditionnels, etc.

    Personne ne semble s’être rendu compte à travers la « Révolution » libératrice (?) du joug des anciennes tutelles devenue « insupportables », de la lente, puis rapide et inexorable descente, ou redescente vers les déterminismes biologiques et socio-culturels les plus abrupts et régréssifs, récupérant l’intelligence pour les buts anciens les plus connus: concurrence, compétition, dominance, etc. Autant d’ « instances humaines » implacables, mais surtout régréssives, que des siècles laborieux, soumis, mais tout de même collectivement créateurs, avaient très lentement canalisés, par des rites, des principes, des étiquettes, qui, on s’en aperçoit maintenant, permettaient, malgré l’injustice figée, d’identifier au moins – tous – les acteurs sociaux. Un sens achevé de la Vie existait ainsi (1). Tel fut l’emprise du christianisme, au moins en Occident. Christianisme aujourd’hui partout renié ouvertement (enfin presque partout), tel une apostasie déferlante, matérialiste et dominatrice comme s’il s’agissait d’un « progrès ». Progrès matériel oui, mais distribué dans l’injustice la plus criante: pas de démocratie économique; rien n’est moins démocratique que l’argent. C’est là comme un traumatisme interne à une civilisation qui a coupé les ponts derrière elle et qui découvre avec effroi qu’elle est prisonnière dans des impasses généralisée: énergie non durable, finances entièrement frelatées, destruction environnementale (mais des cycles naturels faisant synergie avec les déprédations dues aux activités humaines sont tout à fait possibles aussi), l’écosytème étant mis lui aussi en grave danger. C’est une crise de civilisation, une crise eschatologique. Cette civilisation est, au final, celle du docteur Faust pris à son propre piège!

    En effet, cette « liberté » acquise grâce à la puissance industrielle qui fait l’homme se donner le sentiment de toute puissance aux prétentions « démiurgique », doublée de la satisfaction artificielle de la « liberté chérie » acquise « définitivement » (dans le monde pour 1 homme sur 4, et encore avec quelles hypothèques!!), masquait en réalité la sujétion à la nature, par l’accumulation encore jamais atteinte de moyens techniques se surpassant constamment et de plus en plus rapidement. Telle est, entre autres, la sujétion de l’Homme prétendant dominer en se croyant « séparé » de la nature avec laquelle il est pourtant marié avec en un contrat non écrit indissoluble.

    L’ « Homme », toujours lui, ayant chassé Dieu, cherche fatalement à chasser l’homme… « Il s’est conçu libre, dans ce mode déterminé, dont il découvrait pas à pas l’implacable rigueur et l’organisation cosmique, et puisqu’il était capable de le comprendre, il devait être aussi capable de le diriger. C’est alors qu’il s’est aperçu qu’une chose cependant lui échappait, à savoir l’organisation de l’espace immédiatement compris entre les hommes, en d’autres termes l’organisation de l’espace social, celui au sein duquel s’établissent les rapports inter-humains. Sa science toute fraîche, toute pleine du principe simple de causalité, lui fit croire qu’en changeant cet espace social, cela suffirait à restituer à l’individu la qualité première, cette « donnée immédiate de la conscience », sa liberté. Ayant appris à commander à la nature, il devait parachever son œuvre en apprenant à ordonner son espace social, dernier repaire de son aliénation.
    Or, il s’aperçoit au bout de cette longue histoire de conquêtes que la conquête la plus difficile, alors qu’elle paraît être la plus simple, puisqu’elle est en lui, c’est la connaissance de ce qu’il est. Les regards toujours tournés vers l’extérieur il a jusqu’ici ignoré son intérieur, ou du moins, considérant que cet intérieur était d’une autre nature que l’extérieur, il a voulu le traiter différemment ».

    Je viens de citer ce passage de Henri Laborit au tout début de son livre: « L’Agressivité détournée », pour, enfin faire un saut dans la contingence répandue aujourd’hui comme hier dans le monde, peut-être plus qu’hier, et qui marque tellement le monde dit « moderne ». D’autant plus qu’on prétend la maîtriser, alors que la contingence se développe toujours plus de façon implacable malgré les progrès tehniques en constante progression pour résoudre quantités de contingence justement car la – PRODUCTION du progrès – ne se reflète pas dans la – DISTRIBUTION – du progrès. En tout premier lieu à cause du système financier qu’on a mis sur pieds qui dépouille tout le monde au lieu que le monde puisse s’enrichir par son propre travail. Et ceci, en particulier, toujours comme l’écrit Henri Laborit qui fait le lien entre la neuro-physio-biologie moderne éclairant les notions de conscience, de justice sociale, d’agressivité, de vieillissement et de mort car les vagues profondes de l’ère secondaire et tertiaire déferlent encore sur l’activité inconsciente du sytème nerveux de l’ « Homme moderne ». Enfin cette citation qui n’est pas de moi, mais d’un autre auteur qui n’est pas Henri Labori et sur lequel, selon les possibilités, je reviendrai, un auteur à la lucidité exceptionnelle et native en économie politique:

    «  » La nation, économiquement parlant, est le surplus, ou la différence entre le crédit qu’un peuple possède comme ensemble, et la somme des petits crédits que possèdent ses membres. C’est actuellement une différence énorme. C’est sur ce surplus que les gouvernements jouent. C’est là que se trouve leur pouvoir. Et c’est précisément là qu’ils deviennent de plus en plus irresponsables, deviennent de plus en plus des financiers. Et c’est avec ce surplus que les financiers nous exploitent.
    La féodalité, elle, reconnaissait qu’un homme était une valeur pour son seigneur; mais les gouvernements modernes ne reconnaissent pas cela. On doit vraiment payer l’homme pour être citoyen; être citoyen romain était un privilège, être citoyen moderne est une calamité.
    « L’État doit prêter, non pas emprunter; à cet égard comme aux autres, les capitalistes ont usurpé les fonctions de l’État. » «  »

    Le billet de Tchita est révélateur de la question des rapports et des relations inter-humaines, qui, sur le devant de la scène, et sans jamais d’entr’act, est une approche (non dite) de la recherche ravageuse de la dominance, cultivée par le monde financier, phagocytant les gouvernements trop biens récompensés pour se laisser confortablement faire pour cela (tant qu’ils servent!), et réduisant progressivement et ineluctablement, sans être obligé de le dire, les hommes en esclavage. L’actualité mondiale, en particulier celle des pays pauvres, assassinés par les dettes, remboursant sans fin, par USURE, non seulement les intérêts composés sans fin, mais plusieurs fois, donc, le capital, et ceci par des dettes dans lesquelles on les a poussé littéralement pour leur perte.

    (1) avant l’arrivée des machines, c’est à dire du temps où il n’y avait que la traction animale et humaine et, ici et là, un peu de force hydraulique et éolienne là où on pouvait la capter avec les moyens de l’époque

    1. Bien des gens de nos jours veulent changer de monde, de politique, de régime, de dictat, pour une place, un salaire, une position, une revanche, un parti, mais denrée rare que la personne capable de réelles pensées d’amour, de fraternité, de noblesse d’esprit et de bien envers l’autre.

  16. Fance2 a passé hier soir un film biographie de John Nash.
    C’est un matheux prix Nobel d’économie 1994.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Forbes_Nash
    « John Forbes Nash Jr (né le 13 juin 1928) est un économiste et un mathématicien américain qui a travaillé sur la théorie des jeux, la géométrie différentielle, et les équations aux dérivées partielles. Il a partagé le prix Nobel d’économie en 1994 avec Reinhard Selten et John Harsanyi pour leurs travaux en théorie des jeux. »

    Les sociopathes qui nous gouvernent obéissent entre eux aux mêmes règles qui les ont portés au pouvoir dans la société des moins pervers qu’eux.
    Ils deviennent puissants et ont tendance à traiter entre pairs.
    A Davos, Bilderberg ou Trilatérale et autres goupes diabolisés comme le CFR…etc.
    Il me semble que le pouvoir est pyramidal.
    Il y a sans doute des chefs qui acceptent d’être sous la coupe d’autres chefs , par exemple les chefs nationaux acceptent la dominance de chefs d’influence internationale.
    Les militaires et les sociétés transnationales connaissent cette pyramide.
    Les politiques aussi, or nous voyons bien qu’ils sont mis en place par des lobbies de moins en moins discrets, vu que l’eau dans le bocal de la grenouille monte en température.

    Je reconnais que ce schéma est complotiste.
    Mais comment faire autrement?

  17. Je vous conseille de lire René Guénon, notamment « La crise du monde moderne » écrit il y a près d’un siècle. Cela permettrait d’éclairer des questions qui sont récurrentes et sans vrai intérêt. On remarquera aussi que la population mondiale a été x par 5 en un siècle; phénomène aberrant qui conduit sans cesse au massacre des autres espèces et de la nature, phénomène totalement occulté par les discours économiques, alors que le facteur démographique est le plus décisif. Lorsque l’on lit dans la Bible le « croissez et multipliez », on comprend que cet « ouvrage » a été écrit par un être humain et non par le créateur, s’il existe : cette assertion est grotesque, elle a été évidemment ensuite appropriée par certains peuples à des fins disons suicidaires.

    1. Il y a plusieurs manières de croître et de multipliez en société, la première celle de vouloir tous vivre comme la norme pour ces vaines valeurs actuelles, pour nos élites pleines de contradictions et d’intérêts, pour la seule croissance matérielle des choses, la seconde d’essayer de croître réellement et non superficiellement en humanité et de multipliez un autre mode de vie différent, moins dangereux, plus sain, pas évident je dois reconnaitre, car les plus  » ok  » de ce monde ne laisseront jamais faire cela, ils sont aux commandes du train fou le monde leur appartient.

  18. A propos de Nash, le dilemme du prisonnier en dehors de l’utilisation financière qu’il en était fait, démontre aussi qu’il est facile d’identifier ce qui ne va pas mais combien plus ardu de fédérer les peuples pour que cela change.

  19. bonsoir,
    En France, 100 personnes environ ont la totalités des sièges aux conseils d’administration des plus grandes entreprises. Ils sont issus de 2 branches: Les grandes écoles (mais avec co optation s’il vous plaît), et les héritiers. Ce n’est donc pas (seulement) un problème de profil psychologique, mais aussi simplement de « consanguinité ». Nous libérer de ces gens là, nationaliser les structure de bien public, n’est pas si difficile que ça; c’est notre volonté d’envisager cette solution radicale et de la mettre en oeuvre qui est le vrai souci.

    1. Ne seraient-ils pas immédiatement remplacés par cent clones ? A mon humble avis, la solution passe par un changement du système qui permet cet état de fait, pas par un changement d’hommes.

  20. « Ils ne forment pas pour autant un ensemble cohérent… »
    Bien au contraire :Ils sont une fraction de l’ensemble cohérent -qui ne signifie pas dépourvu d’intérêt conflictuel- de la classe des détenteurs de capitaux, acheteurs de la force de travail, propriétaire des moyens de la production, de la circulation et du marché global. Ce sont les exploiteurs, et se sont aussi les éleveurs, tout à la fois les bergers de ce parc humain, de la classe qu’il doivent exploiter, pour se maintenir, en tant que classe exploitante.
    Toute société dans la quelle règnent l’exploitation et la domination d’une classe sur l’autre se présente comme élevage et parc humain : le but de tout élevage, de toute exploitation, de toute domination, de toute construction genrée (rôle sociaux des êtres humains, division sociale, construite) est sa propre reproduction.
    Ainsi le mode de production capitaliste n’est pas un système mais un rapport social, son but est lui-même. Ce rapport social a une histoire, cette histoire une fin.
    Qui surveillera le surveillant ?
    disait Marx

    1. Je n’ai jamais beaucoup aimé lire Karl Marx, à vrai dire il n’est pas du tout ma tasse de thé, mais il y a bien une chose que je dois reconnaître, c’est que nos rapports humains en société n’ont guère mieux progressés depuis que le monde n’a jamais été aussi marchand et mercantil sur terre, comme quoi je me demande qu’est-ce qu’on échange vraiment de plus de nos jours ? La liberté ou le chantage de plus dans son rapport à l’autre ?

  21. Beaux échanges, que je découvre sur ce blog… J’ai tenté de montrer à ma façon, dans « L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! », que l’homme est un animal territorial et hiérarchique comme les autres, dont les pulsions sont exaltées par une intelligence et une conscience hypertrophiées. D’où un perpétuel renforcement du désir d’appropriation, et une exacerbation de l’égoïsme destructeur, qui mènent à cette réalité calamiteuse : aujourd’hui, les 500 personnes les plus riches du monde possèdent la même fortune que les 500 000 000 les plus pauvres. Un super-nanti égale 1 million de miséreux. Jamais, dans l’Histoire humaine, y compris aux pires années de l’aristocratie, les inégalités n’ont été aussi prononcées… Cette béance sociale me semble une plaie mortelle pour l’Homo sapiens. http://www.yves-paccalet.fr

    1. M. Paccalet, vous allez un peu vite en besogne : la plaie mortelle n’est pas pour l’homo sapiens sapiens, mais pour cette civilisation.

      Quoi qu’il se passe, il y aura des survivants, avec des souvenirs, donc avec l’espoir que quelque chose soit retenu de cet épisode et qu’on fasse moins mal la prochaine fois, avec une avancée vers plus d’Humanité digne de ce nom.

      La biosphère a besoin d’une espèce capable de haute technologie pour la protéger de certains évènements désagréables : astéroïdes, glaciations…. et in fine, dans quelques centaines de millions d’années « seulement », d’un excès de rayonnement solaire qui fera disparaître toute vie en l’absence d’un « parasol » (l’activité du Soleil croît très lentement mais régulièrement de 1% tous les 100 à 200 millions d’années – rien à voir avec le cycle de 11 ans).

      Autant que ce soit nos descendants qui s’en chargent, ça éviterait de repartir de zéro avec une autre espèce.

    2. Bonjour Yves, et merci de votre passage…

      Quand Jung écrit « La faute, tragique, est de ne pas être conscient », ne pensez-vous pas que cette conscience-là peut nous éclairer précisément sur la façon dont nous agissons et par conséquent d’être ensuite capables de nous imposer à nous-mêmes, par l’éthique, la morale, d’autres comportements ?

      Henri Laborit proposait d’informer, d’éduquer l’homme sur le fonctionnement de son cerveau, de tenter d’éclairer les motivations qui nous poussent de façon inconsciente, d’une certaine manière d’approfondir la portion consciente de nos actes.

      Ensuite bien évidemment, de créer une société d’hommes qui ne serait plus basée exclusivement sur la compétition, étant « consciente » que le sort de l’humanité dépend notamment de l’abandon de cette « exacerbation de l’égoïsme destructeur » ?

      Il me semble malgré tout que de plus en plus de gens se rendent compte que nous sommes dans une impasse et qu’il faudra, bon gré mal gré, réfréner nos instincts les plus primaires, et empêcher les plus voraces de continuer à se goinfrer.

      Après tout, une certaine forme de frugalité, une fois « enseignée, goûtée » apporte plus de plaisir que l’amoncellement d’objets divers.

      Certes, l’évolution est lente et le temps presse…

    3. @ Herrmis

      Vous êtes très amusant … ou scientiste : c’est plus grave.
      C’est tout juste si votre commentaire ne dit pas que l’Homme a créé la Terre.
      Ne vous arrêtez pas en si bon chemin : Pourquoi pas l’Univers tant que vous y êtes.

      Jamais dans l’Histoire géologique une espèce n’a été aussi fragilisée que ne l’ai Homo sapiens aujourd’hui. Cela d’autant plus que nous détruisons systématiquement notre environnement.
      Personnellement, je ne voudrais pas être un de vos « survivant ».
      Mais j’aimerais bien savoir ce que pensera le dernier Humain.

      Un géologue

  22. @pseudo-Tchita qui a écrit :
    « S’ensuit une description saisissante de diverses fraudes et malversations découvertes par Paul et qui toutes entraînèrent son licenciement. Les gens au pouvoir n’aiment pas les empêcheurs de trafiquer en rond et ont les moyens de les écarter… Au-delà du simple constat de la corruption généralisée qui règne chez les « décideurs », il pose de façon intéressante la question de l’accession à cette nomenklatura. D’après son expérience les impétrants sont ainsi « testés », leur capacité à supporter, puis à participer à la fraude devenant condition sine qua non à leur ascension. »

    Au-delà du – très intéressant – constat appliqué à des structures dont on résumera la fonction par « bourgeoise » au sens où leur raison d’être s’inscrit tellement dans la perduration du système capitaliste qu’elles peuvent être décrites comme partie prenante de cette perduration, il est possible de faire le constat que le « modèle stalinien » est d’hors et déjà à l’oeuvre à l’Ouest.
    Jusqu’à l’année 1999, je considérais, comme tout un chacun, Albert Einstein comme le « Génie » par excellence.
    Sa biographie par Banesh Hoffmann était l’un de mes livres de chevet.
    C’est donc à l’âge de 45 que je devins un hérétique.
    Et je vis ma « capacité à supporter, puis à participer à la fraude devenant condition sine qua non à »mon droit à l’expression libre au sein des « mouvements progressistes » .
    Je perdis ce droit et du subir toutes sortes de crachats de la part des « matérialistes einsteinistes ».
    J’avais, pour mon malheur (mon bonheur) fini par comprendre que la Relativité – restreinte et générale – était intellectuellement incompatible avec les thèses du Lénine philosophe de « Matérialisme et empiriocriticisme ».
    Crachats sur les forums de Usenet physique et astrophysique.
    Crachats de la part des « matérialistes » « militants » du forum LCR (puis NPA) revolution celeonet.
    Il ne fallait pas mettre sous la lumière l’escroquerie de Eddington en 1919 (les fausses preuves de la Relativité Générale). Malgré l’aveu de Stephen J hawkins.
    Il ne fallait pas dire que Newton et ses vitesses absolues étaient la science, étaient l’héritage matérialiste du 18° siècle que les imposteurs avaient jeté à la poubelle.

    1. Je vous invite à lire « La science du disque monde » où la plupart des découvertes et théories scientifiques y sont démystifiés.
      (Quoi, comment ça je vous soule avec terry pratchett :D)

    2. @David
      Je cherche sur Wikipédia et lis ceci :
      « Il s’agit de sa série la plus connue. Les Annales du Disque-monde présentent un univers de fantasy burlesque et parodique où l’action se déroule sur un monde en forme de disque, supporté par quatre éléphants reposant eux-mêmes sur le dos de la tortue géante A’Tuin qui voyage sans fin à travers le cosmos. Comme on peut s’en douter en voyant la description du disque-monde, la série est assez profondément délirante, avec un humour typiquement anglais, un certain « nonsense » : Ce monde étant quelque peu irréel, la Mort (et son apprenti Mortimer), globalement plus réels que les murs présents sur le monde, peuvent traverser lesdits murs… Il arrive à la Mort de prendre des vacances, générant un certain nombre de non-vivants mais pas encore morts (banshees, zombies, croque-mitaines…). »
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Terry_Pratchett
      Je vois assez mal le lien entre le retour au matérialisme de Newton, à sa critique des « vitesses relatives » de René Descartes, le lien entre le fait que cette critique du jeune Newton était précurseur d’une critique radicale de la Relativité qu’elle soit restreinte ou générale…. et le dos de la tortue géante.
      Vous seriez aimable d’indiquer ici – ou sur mon blog – les citations complètes qui indiqueraient que Terry Pratchett serait partisan d’un retour à Democritos, à Epicuros, à Titus Lucretius, à Isaac Newton, à Friedrich Engels et/ou à VI Lénine.
      Merci d’avance

  23. Ne devrions-nous pas travailler là dessus en préalable à tout projet de société ?

    Comment éviter que les sociopathes soient les mieux adaptés aux postes de pouvoir?

    Comment immuniser nos systèmes politiques, économiques et sociaux à ce cancer redoutable ?

    La réponse : le site d’Étienne Chouard

    1. @Candide
      bonjour
      Le lien est 404
      http://etienne.chouard.free.fr/Europe/
      Celui-ci fonctionne.

      Sur le fond du débat, il me semble qu’il est fondamental que les membres de la formoisie acceptent – pour son avant-garde éclairée – de considérer que son train de vie est basé sur le pillage et l’oppression néo-coloniale de plusieurs millards d’humains.
      La lucidité des classes exploiteuses opprimées par la classes exploiteuse bourgeoise (dans ses composantes industrielles, financères et « colonoises ») doit passer par ce terrible constat : Les Trente Glorieuses furent construites sur la trahison des syndicats du Sud, des syndicats de Chine.
      Les obligations étasuniennes sont le résultat direct de l’inorganisation politique et syndicale des Min Gong de Chine, le résultat de leur oppression.
      Qu’une force politique émerge parmi donnant une lumière, un éclairage sur leur statut et … le mouvement révolisationnaire qui émergera soudainement privera – ipso facto – le gouvernement chinois des milliards de dollars qu’ils s’autorisent à « investir » aux Etats-Unis.

      La lucidité doit toujours passer par le fait de balayer devant sa porte.

      Le « cancer » qui ronge la société est principalement le manque de lucidité des membres des classes formoises et innovoises.

  24. « séparer le bon grain de etc…et reblabla bling bling!

    Sarko veut détecter dès le berceau « l’enfant potentiellement voyou »…

    … »on m’empêchera pas de penser que c’est dans les gènes » a-t-on entendu !

    Non, les « bonnes élites » n’existent pas, car la notion même d’élite est une insulte au genre humain.

    Il y a une humanité qui tente de traverser les murs qui s’interposent entre son meilleur devenir possible et sa condition présente. les « avancées » sont certes dues à des figures de l’humanité dont on peut penser « à postériori » qu’elles constituent dans la collection des histoires individuelles « les plus chers trésors »…

    Seuls les actes accomplis prouvent les valeurs humaines.

    Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux : il s’agit pour une société se voulant « humaine dans le plein sens du terme », de battre suffisamment les cartes des « pouvoirs que les humains veulent exercer sur leur destin commun »:

    Le jeu de la « république universelle » peut se jouer différemment « selon les époques », mais ce qui pose réellement problème aujourd’hui, ce n’est pas l’accumulation d’injustices et d’imperfections, c’est qu’on ne joue plus du tout ce jeu:

    « la récréation démocratique est finie », et il n’y a même plus « émergence d’élites plus roublardes que par le passé », il y a régression barbare brutale , recul de civilisation, voire grande revanche des réels perdants de Stalingrad:

    cette fois, le ventre est mou et « on » peut y croquer sans craindre « un peuple soviétique quelconque »!

    Le meileur signe (meilleur si l’on peut dire) de cela, c’est l’aveu de Tony BLAIR:

    il s’agit d’un acte historique: « même sans mon mensonge, j’aurais choisi de violer la charte de l’ONU » ! Cette phrase est la marque de notre « nouvelle ère ».

  25. Théorie.
    Pour tout responsable (politique, entreprise, association) plus élevée est sa responsabilité plus les qualités qui sont fondamentales et incontournables : intégrité, probité, sincérité, équité, sens de la justice et de l’intérêt de tout un chacun se doivent d’être prépondérantes.

    Tout manquement flagrant et intentionnel, calculé, doit être relevé et dénoncé publiquement.
    En général les qualités requises et les défauts prohibés sont connus pas les pairs.
    Il faut que les sanctions soient sévères si les faits sont patents. Attention tout de même : l’erreur est humaine.
    Peut on concilier ambition et pouvoir avec intégrité, honnêteté ?

    J’ai toujours observé que les hommes remarquables cultivaient plutôt la modestie et n’étaient pas avides de pouvoir, ce dernier étant plus l’apanage des hommes ambitieux et dominants.

    Je rejoins tout à fait « Moi dit » sur la réduction de la durée des mandats, il me semble que cela se pratique à différents niveaux de responsabilité dans la fonction publique (préfets, police, armée), en politique et aussi dans les grandes entreprises à des postes d’encadrement, dans les directions lors des conseils d’administration. Mesure simple et efficace.
    En fait nul ne doit être investi d’un pouvoir suprême et toujours être sous le contrôle de la base.

    Autres règles essentielles :
    transparence, séparation des pouvoirs
    secret défense partagé par les grandes tendances politiques sous réserve de discrétion
    éviter les mégas structures (banques, CAC40)
    ne pas mettre trop de manettes dans une seule main
    pour les fonctions les plus sensibles prévoir une collégialité basée sur les faits que nul n’est irremplaçable et que chacun est mortel.

    Je rejoins ainsi l’excellente proposition de « Jean Emmanuel ==> disposer d’observateurs de l’opposition dans tout organe décisionnel ». Plus facile à dire qu’à mettre en oeuvre, mais qui veut, peut.
    Il m’est arrivé de suivre à la TV une partie des travaux en commissions où les problèmes et solutions sont traités en binôme ou trinôme. Encore faut il s’appuyer sur les résultats de ces travaux.

  26. Je relis les « métalogues », de Gregory Bateson :

    Un métalogue est une conversation sur des matières problématiques ; La structure doit être relevante pour le fond…

    Pourquoi les choses ont-elles des contours ?

    La fille : Papa, pourquoi les choses ont-elles des contours ?
    Le père : En ont-elles ? je n’en suis pas si sûr. Et puis, de quelles choses parles-tu ?
    la fille : Je veux dire, quand je dessine des choses : pourquoi ont-elles des contours ?
    le père : Ah bon, c’est ça, et de quelles autres choses encore ? Un troupeau de moutons ou une conversation ? Est-ce que ça a des contours ?
    la fille : Ne sois pas stupide. Je ne peux pas dessiner une conversation. Je parle de /choses/. (italique)
    le père : D’accord. J’essaie juste de voir ce que tu entends par là. Est-ce que tu veux dire que nous donnons des contours aux choses lorsque nous les dessinons, ou bien que les choses mêmes ont des contours, que nous les dessinions ou pas ?

    la fille : Je n’en sait rien. Dis-le moi, toi.
    le père : Je ne sais pas non plus, ma chérie. Il y avait une fois un artiste courroucé, qui gribouillait toutes sortes de choses; quand, après sa mort on a examiné ses papiers, on a trouvé écrit quelque part: « Les sages voient des contours et, par conséquent, ils les dessinent. » Mais, à un autre endroit, il avait écrit : » Les fous voient des contours et ils les dessinent. »
    la fille : Mais, laquelle de ces propositions était vraie pour lui ? je ne comprends pas.
    le père : Eh bien, William Blake – car c’est de lui que je parle – était à la fois un grand artiste et un homme fort courroucé. Parfois, il notait ses idées sur des bouts de papier, et il en faisait des boulettes qu’il lançait sur les gens.
    la fille : Mais qu’est-ce qui le rendait si fou ?
    le père : Qu’est-ce qui le rendait si fou ? Tu veux dire « courroucé », fou de rage ? Si nous voulons parler de Blake, il ne faudra pas confondre les deux sens du mot « fou »; beaucoup de gens pensaient que Blake était fou, vraiment fou : malade. Et ça, c’est justement une des chose qui le rendait fou de rage. Ca, et puis certains artistes qui peignaient comme si les choses n’avaient pas de contours. Il les appelait « l’école des baveux. »
    la fille : il n’était pas très tolérant n’est-ce pas ?
    le père : Tolérant ? … je vois. C’est ce qu’on vous tambourine à l’école ! Eh bien, non, Blake n’était pas très tolérant et il ne pensait même pas que la tolérance soit quelque chose de bien ; pour lui, la tolérance rend les choses baveuses. Elle estompe les contours et embrouille tout; autrement dit elle rend tous les chats gris et, à cause d’elle, plus personne ne peut voir clairement et distinctement.
    la fille : Oui papa…
    le père : Ah non ! Ca n’est pas une réponse, « oui, papa ». Ca prouve tout juste que tu n’as pas d’opinion, que tu te fous éperdument de ce que je dis ou de ce que disait Blake, et que l’école t’a tellement enfumé la tête, avec ses discours de la tolérance, que tu n’es même pas capable de voir la différence entre deux choses.
    la fille :(pleurs).
    le père : je suis navré, j’étais en rogne. Pas tellement contre toi; plutôt contre le cafouillage de ceux qui prêchent la confusion et appellent ça la tolérance.
    la fille : Mais, papa…
    le père : Quoi ?
    la fille: Je ne sais pas. je n’arrive pas à bien penser. Tout s’embrouille.
    le père : excuses-moi, je n’aurais pas du me mettre en colère.

    la fille : Pourquoi y avait-il dans tout ça de quoi se mettre en colère ?
    le père : c’est-à dire ?
    la fille : A propos des contours des choses. Tu disais que ça mettait William Blake en colère; et puis toi aussi, tu t’es mis en colère. Alors, pourquoi ?
    le père : En effet, je crois que, d’une certaine façon, il y a là de quoi se mettre en colère. Je crois que ça a de l’importance; peut-être même en un certain sens, c’est /la/ chose importante. Et les autres choses ne comptent que parce qu’elles en font partie.
    la fille : Tu veux dire ?
    le père : Je veux dire…, revenons à la tolérance. Lorsque les Gentils maltraitent les Juifs parce qu’ils ont tués le Christ, ça me rend intolérant. Je crois que les Gentils se trompent et qu’ils brouillent tous les contours; parce que ce ne sont pas les Juifs qui ont tué le Christ, mais ce sont les Italiens !
    le fille : Ah !
    le père : Oui, sauf qu’aujourd’hui on appelle ceux de ce temps là les Romains et que nous désignons de cet autre nom (italiens) leurs descendants. Comme tu vois, il y a là deux embrouilles; et la seconde, je l’ai mise en évidence expressément pour que tu puisses la saisir. La première consiste à fausser l’histoire et à dire que ce sont les Juifs qui ont tués le Christ; la seconde, à rendre les descendants responsables de ce que leurs ancêtres n’ont jamais fait. Bel embrouillamini !
    la fill : Ca oui, papa.

    (suite une autre fois. ce n’était pas le passage que je cherchais…)

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