L’actualité de la crise: une taxation des banques pour solde de tout compte, par François Leclerc

Billet invité.

UNE TAXATION DES BANQUES POUR SOLDE DE TOUT COMPTE

Faut-il y voir une illustration de la crise de la dette publique qui monte et du besoin qu’ont les Etats de réunir des fonds, ou bien l’expression de la nécessité dans laquelle les gouvernements occidentaux sont de répondre au moins symboliquement aux attentes de leur opinion publique ? Le dossier de la taxation des banques est quoiqu’il en soit en passe de revenir en force dans l’actualité.

Le coup d’envoi de la saison va être donné mercredi par le gouvernement allemand, qui va dévoiler son propre projet en conseil des ministres, en présence très médiatisée de Christine Lagarde.

On se rappelle que le FMI avait reçu mandat du G20 de fournir un rapport à ce sujet en avril. Nous y sommes presque, et le FMI vient de prévenir qu’il va ramasser les copies, afin de s’atteler à la rédaction de la motion de synthèse. Car tous ou presque s’y sont mis : les Américains, les Britanniques, les Allemands, même les Suisses… Les Français étant à la traîne.

Chacun vient avec son projet, généralement encore très flou, augurant d’une belle cacophonie que le FMI va avoir pour tâche de réduire. Alors que l’enterrement d’une taxe sur les transactions financières, dans la lignée de la taxe Tobin, est désormais acquis, au profit d’une taxe sur les établissements financiers. Ce qui est loin de simplifier le problème, tout au contraire, comme on va le voir !

Dans son rôle, après avoir mis les dernières pelletées de terre sur la taxe sur les transactions financières, Dominique Strauss-Kahn vient tout juste de plaider pour une « solution globale », tout en reconnaissant que les propositions recensées sont « sinon totalement, du moins partiellement incompatibles entre elles ».

Il y a donc foule de questions et autant de réponses, quand on essaye de mettre à plat le dossier. Elles portent d’abord sur l’identification de ceux qui vont y être assujettis. Les Américains envisagent de ne taxer que leurs 50 plus grandes banques, les Allemands voulant exclure au moins partiellement les caisses d’épargne et les mutuelles, les autres ne disant rien à ce propos.

La question se complique quand on évoque le montant de la taxe. Les Américains voulaient, avant que la moulinette du Congrès n’intervienne, qu’elle soit modulée suivant les prises de risque des établissements et qu’elle permette à l’Etat de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars, montant maximal des pertes sur le plan de sauvetage du système financier selon le Trésor. Les Allemands prévoient pour leur part qu’elle rapporte un milliard d’euros par an, afin de réunir de 1 à 2% du PIB, soit de 25 à 50 milliards d’euros, et envisagent aussi de la moduler, cette fois-ci en fonction du rôle et du poids de chaque banque dans l’économie.

La tentation de l’inscrire dans une logique assurantielle est forte chez certains, repoussée par les Britanniques et les Français qui y voient un renforcement de l’aléa moral. Ces deux derniers ont l’intention de verser le produit de la taxe au budget général de l’Etat. Avec quelle affectation ? Les Français évoquent sans plus de précision la lutte contre le changement climatique ou le financement du développement. Les conservateurs britanniques annoncent que s’ils sont élus la taxe permettra de « rembourser les contribuables de l’aide qu’ils ont apportée et de les protéger à l’avenir ». Les Allemands prévoient la création d’un fonds spécial qui servira à financer des coûts de restructuration en cas de nouvelle crise.

La montagne, suivant l’expression consacrée, risque d’accoucher d’une souris. Car si l’on voulait éviter tout renforcement de l’aléa moral, comme chacun va l’annoncer avec force, il suffirait d’affecter le produit de la taxe à la réparation des dégâts qui ont été causés, comme une contribution à la réduction du déficit public crée par le sauvetage des banques privées.

Au lieu de cela, il est prévisible que le produit de la taxe va prétendre s’inscrire dans un dispositif préventif, au caractère plus symbolique qu’autre chose. Les dispositifs les plus sophistiqués ne vont pas manquer d’apparaître, afin de combattre l’aléa moral, dont l’application risque de poser plus de problèmes qu’ils n’en résoudront.

Celui qui est en bonne place pour remporter le prix du plus loufoque a déjà été formulé et consisterait à tenir rigoureusement secrète la liste des établissements financiers qui pourraient bénéficier des fonds recueillis, afin qu’aucun ne soit incité à fauter ! On voit par avance Goldman Sachs, JP Morgan, HSBC, Deutsche Bank et BNP Paribas s’interroger gravement pour savoir s’ils figurent ou non sur la liste avant de se lancer dans une opération financière plus risquée que d’habitude… Bref, on cherche en vain le caractère dissuasif de la taxe envisagée et l’on ne peut y trouver qu’un renforcement de l’aléa moral, même modeste, qu’elle va prétendre combattre.

On compare ensuite les sommes qui pourraient être réunies avec celles qui ont été déjà consacrées, non seulement au renflouement proprement dit des établissements financiers en détresse, mais aussi avec les montants des crédits qu’il a été nécessaire d’allouer à la réparation des dommages collatéraux que leurs errements ont causés dans l’économie. On additionne ainsi les coûts directs et indirects. Et l’on se pose la question : les gouvernements occidentaux vont-ils essayer de faire croire que les quelques dizaines de milliards d’euros ou de dollars qui auront été amassés plus ou moins rapidement seront à la hauteur de la tâche ? Et, question subsidiaire, qu’ils seront réunis à temps ?

Un consensus risque en effet vite de s’établir entre eux autour de l’idée qu’il ne faut pas entraver par un prélèvement trop important la capacité des banques ; on devine que la taxe risque d’être assez symbolique au regard des chiffres d’affaires et bénéfices des mégabanques.

L’impression qui prévaut est que le projet de taxation des banques est avant tout une opération de communication de même nature que l’a été celle des paradis fiscaux, qui va occuper les dirigeants mondiaux le temps de la photo. Et nous, par médias interposés, nettement plus de temps.

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127 réflexions sur « L’actualité de la crise: une taxation des banques pour solde de tout compte, par François Leclerc »

  1. Si un million de déposants retirent mille euros, ca leur fait quoi ?
    Comment leur faire sentir la vitesse du vent ?

    1. C’est déjà ce qui se passe ! Il n’y a cas voir l’augmentation du M1 et les appels rassurants des politiques pour comprendre que c’est déjà ce qui se passe a grande échelle.
      S’ils se démènent tant pour nous faire croire qu’ils vont sécuriser le tout, c’est bien pour endiguer cette hémorragie.
      La question est : voulez vous vous même leur mettre la pression ?

  2. Tout à fait d’accord avec François Leclerc sur sa dernière remarque c’est à dire la même opération médiatique que pour celle des paradis fiscaux « Le temps de la photo ». Et principalement l’agitation que va fournir notre Président Français qui va pouvoir profiter de ces « tréteaux internationaux » pour nous faire croire encore une fois que c’est grace à lui que le capitalisme va être refondé et surtout « moralisé »!!!! Pendant ce temps on aura 400.000 nouveaux chômeurs en fin de droit qui vont se retrouver dans la rue. Mais comme ils seront « rayés des statistiques » le chômage, comme l’avait prédit notre « fûté Président » va automatiquement baissé. Citoyens, écoutez toujours et encore ce que nous dit Sarkozy.

    1. @Michel P
      Encore un qui nous fait de l’anti-sarkozisme primaire…
      Décidément il est bien difficile à réformer ce pays.
      Vous n’avez pas confiance en notre Président ?
      Pourtant il était si sincère il n’y a pas si longtemps.

      Regardez cette vidéo, elle est dantesque :
      http://www.liberation.fr/brut-de-net/06011792-la-taxe-carbone-si-on-le-fait-pas-on-n-est-pas-honnete

      Quel volontarisme, nul doute que notre pays gardera ce cette présidence un souvenir  »fumant ».
      Il paraît même que Nicolas Hulot, Mme Lepage et Mme Juano en ont de brutales bouffées de chaleur.
      Un comble pour des personnes désirant lutter contre le réchauffement climatique.

    2. @michel P.
      vous dites « Pendant ce temps on aura 400.000 nouveaux chômeurs en fin de droit qui vont se retrouver dans la rue ».

      vous voulez dire quoi ? 400 000 chomeurs qui vont se retrouver dans la rue ou DESCENDRE dans le rue ?

    3. Celui qui va en avoir besoin est le chef de l´Etat francais, qui risque bien de rester a Washington…

      Le déficit public de la France a atteint 7,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, à 144,8 milliards d’euros, un record historique même s’il est moins élevé que prévu, selon les premiers résultats publiés mercredi 31 mars par l’Insee. De son côté, la dette publique s’élevait fin 2009 à 1.489 milliards d’euros, soit 77,6% du produit intérieur brut (PIB), contre 67,5% du PIB en 2008. Ces niveaux restent bien supérieurs aux limites autorisées par les traités européens: 3% du PIB pour le déficit public et 60% du PIB pour la dette.

      http://www.nouvelobs.com/actualite/economie/20100331.OBS1672/deficit-historique-a-7-5-du-pib-dette-a-77-6-du-pib.html

    4. A propos de l’anti-sarkozysme primaire.

      Je fais partie de ceux qui pensaient que Sarkozy ne pouvait pas être élu en 2007 : ses convictions néolibérales, atlantistes et communautaristes me semblaient par trop incompatibles avec la tradition social-libérale, souverainiste et laïque de la droite française (et d’une partie du pays, pensais-je) – de la tradition gaulliste en somme.

      En fait, bien sûr, j’avais tort : Sarkozy a été élu et il faut bien en tirer toutes les conséquences. Il n’est pas une parenthèse: au contraire, c’est le gaullisme des années 60 qui était une parenthèse – que Sarkozy a renfermée, donc, en renouant avec la bonne vieille droite d’avant-guerre, une droite très à l’aise avec l’extrême droite et la haute-finance.

      D’où, d’un côté, burka, identité nationale, immigration à volonté, etc., etc. (en comparaison, le délire anti-grec des Allemands semble puéril), et de l’autre un capitalisme à la papa des plus crasses et des plus réactionnaires (en comparaison, la City relookée en est presque sympathique).

      On est très loin d’en avoir fini avec le sarkozysme.

  3. Le néologisme aléa moral, ou « hasard » moral désigne une situation de risque dans une relation entre deux parties contractantes.

    L’aléa moral serait totalement lié au phénomène d’asymétrie informationnelle.

    En économie, on parle d’asymétrie d’information lors d’un échange quand certains des participants disposent d’informations pertinentes que d’autres n’ont pas.
    Nous sommes tous à savoir, comme moi depuis cinq minutes, qu’Akerlof partageât le prix Nobel d’économie en 2001 avec Joseph Stiglitz, pour cette étude de l’asymétrie d’information.

    L’asymétrie d’information provoque un problème de sélection adverse. La sélection adverse ou antisélection est un phénomène statistique et économique qui joue un rôle important notamment dans les domaines de l’assurance et de la gestion du risque, par lequel une offre faite sur un marché aboutit à des résultats inverses de ceux souhaités, à cause d’asymétries d’information. Nous sommes là au coeur du système assuranciel et du système politique.

    Ces asymétries d’informations rendent possible des comportements opportunistes :
    * les individus ne disent pas toujours ce qu’ils savent
    * les individus ne tiennent pas forcément leurs promesses

    Il y a deux types principaux de comportements opportunistes :
    * opportunisme post-contractuel
    * opportunisme pré-contractuel

    Le problème principal du comportement opportuniste pré-contractuel est la sélection adverse qui apparaît à chaque fois qu’un acteur possède une information que l’autre n’a pas à la signature du contrat.
    L’anti-sélection est la résultante de l’information imparfaite. L’une des deux parties contractante n’a pas la possibilité de connaître toutes les caractéristiques du produit, ce qui la conduit parfois à sélectionner des produits de mauvaise qualité. La sélection adverse ou antisélection se manifeste par la difficulté pour le citoyen d’appréhender :

    * Le niveau de compétence et d’expérience de l’oligarchie
    * L’adéquation du produit ou des compétences de l’oligarque à ses besoins
    * Le contenu et la qualité du produit ou du service

    « Il s’agit en fait de la défiance généralisée qui naît dès lors qu’il n’existe pas un catalogue connu de TOUS et spécifiant les caractéristiques de tous les biens échangés ou susceptibles de l’être, et la constitution régissant leur économie.

    De plus les acheteurs ont parfois tendance à acheter, parmi un ensemble de biens parfaitement subtituables, des biens qui ont un prix supérieur au prix moyen en croyant que celui qu’ils achètent est de meilleure qualité. Le nom du phénomène, Devinez? … L’effet d’Akerlof » ou « effet de marque » ou « effet Fouquet’s ».
    L’état spectacle, et ces hommes remarquables traitent cette masse de triche pour les masses tristes…. Viva Lisbonne!
    Viva Barroso! Viva el référendum! Viva la muerté!

    Aller à « aléa moral » sur Wiki, et découvrir tout ça de fils en aiguille….. Merci François Leclerc.
    Les bases nobellisées quoi!
    Je ne les avais pas…..

    1. L’asymétrie me semble une théorie foireuse pour s’excuser de mal avoir fait son boulot (d’actuaire en l’occurrence)!!
      Par définition dans un contrat chacun minimise les infos « favorables » pour mieux négocier…

    2. Non, Quid34, pas tout à fait.

      Il suffit de regarder les différences entre un contrat industriel et un contrat de « grande distribution » (commerce).
      Dans le premier, l’équilibre existe (si la pérennité est visée, bien sûr). Dans l’autre cas, l’assymétrie de pouvoir entraîne à terme la mort d’une des deux parties. Devinez laquelle…

      Dans notre situation globale actuelle, l’assymétrie n’est plus criante, elle est hurlante.

    3. @yvan

      Je crois que vous confondez asymétrie d’information avec rapport de force déséquilibré.

      Les spécificités des contrats grandes surfaces sont connues à l’avance et effectivement piégeurs si cela représente votre débouché majoritaire et si le contrat ne garantie pas une couverture dans la durée pour amortir les investissements imposés. Pas plus de 10% de CA par GS est une bonne base de diversification des débouchés. Il faut savoir dire non effectivement.

  4. Ce qui est marrant dans ce genre de débat, c’est que les japonnais en sont toujours curieusement absents. Qu’en pensent-ils, eux, le second PIB du monde ?

    1. Ken Avo @

      A croire qu’avec une monnaie, on a la solution ! Quand la France avait le franc, plus de problème ?
      Le Japon n’a aucune des ressources naturelles qui font la richesse d’une nation. L’endettement public est un chef d’oeuvre d’économie politique. Les scandales politico-financiers sont monnaie courrante.
      Mais le japon a une richesse incomparable:sa cohésion sociale et culturelle, le sens de la valeur du travail, la notion shintoïste ou bouddhiste de responsabilité individuelle du destin, etc….tous biens incorporels incompatibles avec une politique d’immigration qui a ses avantages démographiques mais ses inconvénients sociaux…..
      Regarder du coté de la Suisse done un début de compréhension du Japon

  5. Une taxation spécifique des banques n’est -à mon sens- que la contrepartie de l’immense privilège qui consiste pour les banques privées à être les seuls fournisseurs autorisés des fonds pour les Etats.

    Sans ce privilège exorbitant nous aurions tous moins de problèmes avec le risque de faillite des Etats qui
    pourraient se financer au même taux que les banques privées (1%) auprès des banques centrales.
    Actuellement même l »Allemagne qui est présentée comme la championne des taux bas, doit se financer
    à plus de 3%

    1. Pas si idiot que cela, mais il faut continuer l’idée. Si vous parler de « Sans ce privilège exorbitant « , il faut rappeler qu’il fut un temps ou un certain peuple en a eu assez des privilèges exorbitants, et que ceux qui en bénéficiaient sont passés par la case guillotine.

      Un jour, le peuple pourrait avoir des idées similaires avec les nouveaux privilèges exorbitants.

    2. C’est faux : les bonds a court terme ne coûte pas 3% par ans aux états les mieux cotés (pour les US c’est même plutôt 0,9 %). C’est même pour cela que les états raccourcissent le délai moyen de leurs emprunts pour profiter d’un taux très bas sur les courtes maturités. Cependant le moment de refinancer revient de plus en plus vite et forme un MUR DE DETTE (213 TY pour le japon cette année avec T pour tera).

  6.  » Avec quelle affectation ?  »

    Pour le politicien moderne c’est tellement plus important de faire d’abord et avant tout de la communication sur tout et sur rien et croyez moi je modère mes mots et n’épargne personne.

    Ils ne pourront pas toujours ses conduite de la sorte sans en être tôt ou tard sévèrement sanctionnés et rejetés par l’histoire, rira bien qui rira le dernier vous les grands dévoyés de ce monde.

    Ce n’est que le début pourront-ils toujours bien sourire à l’antenne faire les malins ?

    Ça ne je crois pas surtout pas sous le regard des premiers touchés par la crise …

  7. « Les Américains voulaient, avant que la moulinette du Congrès n’intervienne, qu’elle soit modulée suivant les prises de risque des établissements et qu’elle permette à l’Etat de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars, montant maximal des pertes sur le plan de sauvetage du système financier selon le Trésor. »

    C’est manifestement sans compter AIG (182 milliards de $) ni Fanny Mae ni Freddy Mac dont les comptes ne sont toujours pas bouclés et que le trésor continue à alimenter. En limitant arbitrairement le périmètre des pertes « bancaires » le Trésor disait n’importe quoi. Il semble que le congrès ait remis les choses d’aplomb.

  8. Tout l’art de ces professionnels de la politique n’est-il pas d’appliquer l’adage : « Hâtons nous lentement ! » La pauvreté peut attendre… (les pauvres n’ont pas de moyens de pression).

  9. pourquoi si ?
    retirer son argent de la banque
    en laissant le minimum, c’ est déja fait.
    pourquoi prendre des risques pour trois fois rien ?

  10. Pendant les travaux, la vente continue  !

    Un nouveau marché spéculatif est en train de prendre son essor et concerne le minerai de fer, qui va rejoindre le pétrole, l’aluminium et le charbon. Les transactions ne vont plus désormais y être effectuées selon des contrats annuels, mais sur un nouveau marché spot (au comptant).

    Il va inévitablement être accompagné de ses produits dérivés dits de couverture, qui vont représenter un nouveau terrain pour les jeux spéculatifs et dont il est attendu une fulgurante croissance. Aboutissant à la création, comme disent les Américains quand ils sont de bonne humeur, d’un « huge market » (un gigantesque marché).

    Les grands noms de la finance, déjà impliqué sur les autres marchés des commodities (matières premières) et de la production de minerai de fer se préparent à y entrer. Des voix s’élèvent pour s’inquiéter de la hausse des prix du minerai qui va résulter de ces nouvelles dispositions de marché. Le coup est lancé.

    1. A ce sujet, il serait juste d´évoquer l´énorme scandale juste dévoilé sur le marché du COMEX concernant les manipulations de cours, notamment sur le marché de l´argent, mettant en jeu de nouveau JP Morgan, JP Morgan ou Mme Blythe Masters prépare activement ses prochains synthétiques et dérivés sur la taxe carbone..Ceci alors que la titrisation repart aux Etats Unis, chez Citi et les candidats intéressés dans les actifs saisis par la FDIC de banques défaillantes, CDOs et
      MBS qui seront repackagés AAA avec garantie de l´Etat américain pour faciliter leur placement.
      Les ventes et la fraude continuent….

    2. Attendons que monsieur Gauvin se manifeste à ce sujet. Nous comprendrons mieux alors les tenants et aboutissants de ce futur marché spot. 🙂

    3. @ François Leclerc:

      Je m’étais inquiété de ce problème lors de la mise en ligne (par PJ) des décrets attribuant le rôle de fournisseurs attitrés de gaz à la France à de « grands spécialistes » comme JP Morgan Chase et Goldman Sachs. Là aussi, il y a un spot market, comme pour le pétrole à Rotterdam, ou suis-je dans l’erreur? A quoi servent les contrats de fourniture passés avec la Russie et l’Algérie dans ce cas?

    4. Ceci prouvant que :
      1) les financiers n’ont non seulement aucune notion de mettre la planète en danger par un nouveau choc quelconque (financier, politique voire social) tant qu’ils engrangent le maximum…
      2) les politiques ne peuvent ou ne veulent pas ou plus faire quoique ce soit pour calmer un système dont le plus gros scandale est devenu de gagner moins que l’autre.

      Il faut accélérer le mouvement pour que le système tombe plus vite.

    5. Et bien,

      De mieux en mieux, on n’arrête pas le progrès dans la formation des bulles spéculatives…
      L’occident est décidément bien dépourvu de richesses réelles pour en arriver là. Qui est en train de mettre en place ce beau processus de déflagration massive continue ? Les américains peut-être, ou la commission européenne, ou un tiers (qui), ou les deux premiers ensemble, ou qui encore ?

      Cordialement,

    6. J’ai également vu par-ci par-là la même chose pour l’uranium, et d’autres matériaux aussi rares que stratégiques dont on nous vante le potentiel « spéculatigène ».

    7. L’action UBS a grimpé hier à la bourse suisse , soutenue par des rumeurs faisant état de gains exceptionnels dans une division de sa banque d’affaire , le secteur FICC ( revenu fixe ,monnaies et matières premières ) , qui aurait généré un bénéfice de 2,3 milliards de dollars au premier trimsetre ( dont un milliard sur le seul négoce de crédit).

  11. Je suis frappé de la complicité et de la volonté des médias de faire oublier la crise…. à les lire ou à les écouter, la crise semble pratiquement terminée …

    1. Comme dirait un acteur politique très médiatique ces derniers temps « il faut mouliner du papier qui se vend », et les mauvaises nouvelles, de plus trop « techniques », ne font pas vendre.

    2. Il ne faut pas oublier que « la crise » n’est pas seulement « financière ».

      La crise que subissent les Européens ne fait que commencer. Le mondialisme, qui crée des conditions de concurrence ouverte avec les continents où les revenus sont 10 fois moins élevés qu’en Europe, fait de plus en plus reposer la consommation occidentale sur le crédit et la précarité des Européens devient endémique. Si on observe comment se propage la déflagration de « la crise » on constate que cette dégradation de la situation économique à cause du mondialisme est l’explosif et les montages financiers plus que hasardeux sont le détonateur. Le détonateur a été activé à partir de 2007 avec l’effondrement des produits financiers reposants sur les crédits immobiliers américains. La crise a démarré dans le domaine financier américain mais elle n’aurait pas eu d’impact en Europe s’il n’y avait eu le contexte mondialiste.

      L’article montre que la taxation des banques est une mesure de type « écran de fumée » qui n’apportera ni des réparations suite aux dégâts subis à cause des excès de « l’industrie financière », ni des moyens d’empêcher de futurs dégâts.

      Cette taxation des banques va pérenniser le système et ses défauts.

      La seule taxation efficiente aurait été une taxation générale de tous les transferts financiers – une taxe donc de type Tobin.

      Par ailleurs – et cela a été abondamment expliqué sur ce blog – il aurait fallu revoir ce principe, qui est immoral et qui a des effets négatifs sur l’économie en général, qui veut que la création monétaire passe obligatoirement par des intermédiaires que sont les banques privées.

      Le crédit alloué aux particuliers, aux entreprises et aux États est une activité créatrice de la masse monétaire. C’est un service du même ordre que celui de la gestion de l’ordre et de la sécurité (police et justice) et devrait être assuré par des États souverains. Cette activité ne devrait donc pas être confiée aux structures dont l’objectif est de réaliser des bénéfices financiers. L’octroi du crédit non adossé entièrement aux dépôts des épargnants ne devrait pas être permis aux banques privées.

      Ceci en ce qui concerne les aspects financiers de la crise économique.

      Car il y a deux aspect : les activités de la finance et les activités de l’économie réelle.

      En ce qui concerne les autres aspects, ceux de la destruction du tissus économique européen que l’on constate par les délocalisations des emplois vers les autres continents, par le chômage qui augmente, par les conditions de travail qui se dégradent (salaires, sécurité sociale, retraite, horaires…). La cause est dans la concurrence des pays émergents qui s’épanouit dans le contexte du mondialisme imposé par les « élites » politiques et intellectuelles.

      Le mondialisme est une idéologie et la mondialisation est le processus de la mise en place du système voulu par cette idéologie. Le mondialisme est une idéologie qui veut que les frontières de l’Europe soient ouvertes (pas de droits de douane, import des salariés prêts à accepter des conditions de plus en plus dégradées…) et tant qu’on accepte les règles imposées par le mondialisme on ne pourra être concurrentiel avec les Chinois ou les Indiens ou les Marocains etc. qu’en acceptant de s’aligner avec leurs salaires (très bas), leurs sécurités sociales (très faibles), leurs retraites (très basses) …

      Donc en ce qui concerne l’activité de l’économie réelle, il faut instaurer le protectionnisme européen, cohérent, englobant toutes les branches de l’économie, unissant sous les mêmes règles toutes les régions d’Europe. Pour protéger les salariés Européens, il faut déjà commencer par taxer les importation en Europe de tous les produits qu’on est capable de produire en Europe.

    3. Dans le monde merveilleux de la télévision, des médias et des porteurs de masques que préférons nous d’abord monter et informer aux gens à travers notre conduite si exemplaire ? Le monde de la télé en quoi est-il donc si ressemblant du reste de la société si peu photogénique ? Tout devient si superficiel et préfabriqué de nos jours même l’information en période de crise hélas.

    4. Jérémie,
      C’est le neveu de Freud qui, juste après la guerre, a utilisé le boulot de son oncle pour créer la première société de marketing utilisant la manipulation de foule initiée par les nazis.
      Le premier coup de génie fut de faire admettre que les femmes fument en public et, déjà en ce temps-là, le mot « liberté » a été exploité.

      Pauvres mots, maux, (barrer la mention inutile)

    5. @ Yvan
      Entretien avec Normand Baillargeon autour du livre « Propaganda »d’Edward Bernays.
      Qui était Edward Bernays ? Vous-avez dit « berner »?…
      Neveu de Freud, Bernays est considéré comme le père des relations publiques. Il a inventé cette technique moderne qui consiste à plier nos esprits aux projets de certains, technique que l’on nomme communément « propagande ».
      Pour Bernays, la démocratie doit être pilotée par la minorité intelligente, c’est à dire, par l’élite…
      On dit merci qui? On dit merci le service publique qui lui peut encore, parfois, éclairer notre lanterne.
      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1300&var_recherche=propagande

  12. Paul Volcker, conseiller économique du président américain Barack Obama, a affirmé mardi que les banques du pays devaient s’attendre à pouvoir être démantelées de force en cas de problème.

    […]

    AFP

    1. Tiens ben alors voilà une chouette solution aux problémes financier de notre monde actuel :

      multiplier de force les entités « banques », limiter leurs taille de maniére drastique, supprimer les mégas banques, le risque étant ainsi compartimenté, si il y en a une qui fait un faux pas, immédiatement ce sera la faillite, … de quoi peut être responsabiliser les dirigeants et limiter leurs pouvoir de nuisance.

      cordialement

  13. François
    J’avoue ne pas avoir suivi la raison pour laquelle le FMI et DSK ont enterré une taxe sur les transactions financières… Cela était pourtant un bon moyen pour freiner les spéculations alors qu’une taxe bancaire (sur quelle assiette?) peut frapper les saints comme les méchants…
    Pouvez-vous nous dire le prétexte invoqué pour refuser une taxe style Tobin ou Spahn? Merci.

    1. L’argument jamais publiquement explicité par Dominique Strauss Kahn est que la taxe pourra être facilement contournée par le biais de l’utilisation de produits financiers complexes.

    2. Merci François,

      Je pense pour ma part que si l’on avait décidé de ne pas adopter les règles qui peuvent être contournées par les tricheurs, jamais aucune loi n’aurait été édictée…

    3. L’argument selon lequel une règle peut toujours être contournée, c’est un truc de forum et de blogs, c’est-à-dire de gens qui n’y connaissent rien et ne sont responsables de rien. La retrouver dans la bouche du président du FMI a de quoi faire sourire. Ca prouve en tout cas que les grands de ce monde, quand ils veulent écouter les modestes, en sont tout à fait capables.

    4. @ François Leclerc

      La meilleure technique de vente pour un représentant du commerce, du marché, de la politique plus je t’embrouille l’esprit plus je te raconte des salades et plus j’en arrive à te faire croire que je suis plus rassurant à voir qu’un autre en bourse ou à l’antenne.

      Combien de banquiers, de politiciens, de beaux parleurs depuis que le monde existe ? Ah si seulement il était toujours possible de raconter les mêmes histoires à dormir debout qui se rappelle encore de mes belles promesses d’hier !

    5. Depuis la découverte grâce à denis Robert de l’existence et du fonctionnement des chambres de compensation, à travers « l’affaire Clear-Stream », la vraie, il était pourtant apparu beaucoup plus simple de mettre en place une taxe sur les flux financiers, de type « Tobin ».
      Mais DSK contourne le problème…..

  14. Mais c’est du n’importe quoi !!!!
    Tout le monde sait très bien (enfin, nous, quoi, les quidams de base) qu’à la moindre éventuelle esquisse d’une ébauche de taxation des banques, ces dernières vont augmenter les frais ponctionnés sur les comptes de leurs clients (nous), ce qu’elles font déjà.
    9 € de découvert non autorisé et, boum ! 80 € de frais !!
    Les banques et l’Etat, main dans la main nous ont fait avaler un boa en nous encourageant et en nous forçant à mettre tous nos sous dans ces établissements.
    Résultat il faut payer et de plus en plus cher pour le récupérer et l’utiliser.
    Tout est minutieusement organisé pour que l’argent entre dans les banques et n’en ressorte qu’au compte goutte.

    C’est comme si nous vivions sous perfusion, sauf que c’est à nous d’alimenter la poche de perfusion mais les infirmières diminuent le débit régulièrement!

    La poche explosera-t-elle avant que nous soyons morts de déshydratation ???

    Faut-il l’espérer ou sombrer dans le coma ?

    1. Vous avez tout à fait raison, Louise.
      Mais ce n’est pas le « plus » beau…
      L’inflation arrive. Et pas seulement sur les achats en supermarché…

      Gaz, assurances, impôts, services en tout genre, soins médicaux, loyers…
      Car il faut bien quand-même gagner et c’est moins facile sur le dos des chômeurs..

      La nationalisation des pertes sur le dos des comptes d’états n’était qu’un premier pas.

    2. L’inflation ça fait des années qu’elle est là vous avez oublié les prix d’avant l’euro ???
      Aujourd’hui 15000 euros ce n’est pas grand chose avant c’était 100 000 francs.
      Et les salaires étaient pratiquement les mêmes qu’aujourd’hui.
      La déflation sur les salaires c’est une autre forme d’inflation sur les prix, moins apparente mais toute aussi présente.

  15. Donc en gros, rien ne se passera tant que la situation n’aura pas vraiment empiré, au risque que cette fois « ils » n’aient plus les moyen d’agir …

  16. « L’argument jamais publiquement explicité par Dominique Strauss Kahn est que la taxe pourra être facilement contournée par le biais de l’utilisation de produits financiers complexes. »

    Je crains que DSK ait raison (si tel fut son propos).

    « Un consensus risque en effet vite de s’établir entre eux autour de l’idée qu’il ne faut pas entraver par un prélèvement trop important la capacité des banques ; on devine que la taxe risque d’être assez symbolique au regard des chiffres d’affaires et bénéfices des mégabanques. »

    Je pense que la taxe n’entravera rien du tout. Non seulement pour la raison qui aurait été évoquée par DSK, mais aussi parce que, au bout du compte, c’est la Veuve de Carpendtras qui en supportera le coût.

    Bien cordialement,

    1. M. Gauvin

      Parlons-nous de la même chose ? Ma question à François Leclercq et sa réponse concernaient une taxation des transaction du type Tobin. Contourner la loi est toujours possible, connaissant l’ingéniosité des ingénieurs financiers au service des marchés. Mais comment pouvez-vous dire que la veuve de Carpentras serait la victime indirecte, elle qui place son bas de laine une bonne fois pour 30 ans ? Ceux qui vendent, achètent, vendent, achètent, plusieurs fois par jour ne sont pas des veuves, de Carpentras ou d’ailleurs, mais des boursicoteurs professionnels, ceux qui prélèvent leur lourde dîme sur l’économie réelle.

    2. Amusant. Lorsqu’il s’agit du copyright, le piratage n’empêche pas de faire passer des lois et d’intensifier la répression. Par contre dans ce cas-ci, il faut laisser tomber direct. Comme quoi un même argument appliqué à des situations très comparables peut avoir deux poids différents.

    3. « au bout du compte, c’est la Veuve de Carpendtras qui en supportera le coût. » : oui, selon le leitmotiv des libéraux pour lesquels taxes et règlementations sont des freins à l’économie. Rien de nouveau sous le soleil de Carpentras.

    4. Pour DSK l’application de la taxe Tobin posait des problèmes d’application « technique » suivant ce que je l’ai entendu dire durant une interview, il y a trois ou quatre ans.
      Que pensez vous du rôle et des capacités des chambres de compensation, maître Gauvin?
      Et de l’acharnement judiciaire auquel denis Robert a généralement ‘victorieusement » fait face jusqu’à présent?

    5. La veuve de Carpentras verra juste le TEG de son assurance-vie baisser de qq points…jusqu’à ce que la simple préservation de son petit capital apparaisse in fine comme un extraordinaire cadeau.
      C’est à dire qu’en période inflationnelle il faudra remercier les assureurs de ne perdre que 10%/an de son capital.
      Bon ce sera pire pour l’immobilier..alors hein, faudra pas se plaindre.

  17. « Chacun vient avec son projet, généralement encore très flou, augurant d’une belle cacophonie que le FMI va avoir pour tâche de réduire. »

    renvoi à un article, un peu difficile à lire pour moi mais très intéressant:
    http://www.dedefensa.org/article-dialogues-ii_la_these_defendue_dans_le_paradoxe_du_sapiens_31_03_2010.html

    Attention, cette lecture est à déconseiller à certaines sensibilités dépassant un certain seuil de tolérance à gauche…

    1. @EOLE: Je ne sais pas quel était l’objectif du texte de Dedefensa (site que j’apprécie par ailleurs), je le relirai plus tard quand j’aurai plus de temps, parce que là je me suis arrêté à la lecture de ce passage: « Par ailleurs, un système anthropotechnique ne peut prendre en compte que ses seuls intérêts, définis par les informations que ses capteurs lui donnent du monde relativement à ses états internes et aux relations entre ces états et ce qu’il perçoit du monde. Autrement dit, il est fondamentalement “égoïste” ou “auto-centré”. »

      Ce sont là des affirmations non-scientifiques (malgré les apparences). Les études démontrent au contraire une étonnante capacité des organismes à coopérer.
      On voit bien quel est le biais lorsque l’on affirme que l’individu est forcément égoïste: l’individualisme méthodologique. C’est vite oublier que d’un point de vue biologique, l’espèce est prépondérante, d’où cet instinct coopératif qui contredit les affirmations de certains philosophes.
      Une espèce composée en majorité d’égoïstes disparaît très vite. Sélection naturelle.

    2. Rébarbatif. Au 1er coup d’oeil on y découvre le néologisme « anthropotechnique » qui ne me dit rien qui vaille. Je préfère le site Pièces et Main d’oeuvre qui sépare l’anthropo et le technique aussi nettement que le paradis et l’enfer dans l’autre monde, et pour nous rappeler que l’un se fait bouffer par l’autre.

    3. Cher Moi,

      Vous citez de Defensa: « Par ailleurs, un système anthropotechnique ne peut prendre en compte que ses seuls intérêts, … », et vous répliquez: « Ce sont là des affirmations non-scientifiques (malgré les apparences). Les études démontrent au contraire une étonnante capacité des organismes à coopérer. » Nul ne conteste « l’étonnante capacité des organismes à coopérer », mais qui vous fait dire que, pour de Defensa, « un système anthropotechnique » est un « organisme » ? (Condition sine qua non pour que votre critique ait un sens.) Et même si c’est le cas, pensez-vous que poursuivre « ses seuls intérêts » est nécessairement antagoniste à la « coopération » ? De manière générale, on est en situation de concurrence avec certains, et en état de collaboration avec d’autres.

    4. @ Crapaud Rouge

      J’ai juste renvoyé à un lien qui m’a paru intéressant par rapport à plusieurs interventions récentes sur ce blog.

      @Moi (enfin, toi..)

      J’ai noté un « avertissement » pour prévenir les « sensibilités ».
      « On voit bien quel est le biais lorsque l’on affirme que l’individu est forcément égoïste: l’individualisme méthodologique. C’est vite oublier que d’un point de vue biologique, l’espèce est prépondérante » : votre thèse ne parait pas plus « scientifique » que celle de l’auteur vers lequel renvoie le lien pour le béotien que je suis.

    5. D’après Baquiast un état ou une société seraient des modèles de « systèmes » anthropotechniques.
      Composés de cerveaux humains collaborants en interne dans chaque système.
      C’est oublier que les humains font partie à un instant T de plusieurs systèmes non collaborants.
      Je suis un homme de plus de 50 ans profession libérale.
      Je fais partie des mâles ni vieux ni jeunes et pas fonctionnaire…je suis en compétition avec les féministes jeunes fonctionnaires et les vieilles libérales non féministes et les vieux hommes fonctionnaires et etc…
      Le modèle dit « anthropotechnique » est difficile à mettre en équation.
      Le pouvoir , la puissance, la dominance…le pied.
      En fait, gouverner c’est prévoir.
      Ce qui permet de gérer c’est la connaissance de l’avenir.
      Refusant de subir l’aléa du futur les humains les plus forts s’efforcent « façonner » la conduite et les circonstances de vie de leurs contemporains à leur avantage.
      La vie en société permet cela et c’est bien vieux; dans la société animale il y a déjà, de tous temps, un mâle dominant.

    6. @Crapaud: « qui vous fait dire que, pour de Defensa, « un système anthropotechnique » est un « organisme » ? »

      Je cite Dedefensa dans le même article: « Pour nous, les agents moteurs dans cette évolution sont des entités jamais encore identifiées en tant que telles, que nous avons nommées les systèmes anthropotechniques. Il s’agit de superorganismes associant de façon intime les processus évolutionnaires biologiques »

      « Nul ne conteste « l’étonnante capacité des organismes à coopérer » »

      Justement, si.

      « pensez-vous que poursuivre « ses seuls intérêts » est nécessairement antagoniste à la « coopération » ? »

      Non, pas nécessairement. Mais souvent oui. Il n’y a qu’un seul cas où la poursuite de ses seuls intérêts n’est jamais antagoniste avec la coopération: l’harmonie préétablie (la main invisible), théorie philosophique fumeuse.
      Donc, cela signifie qu’une espèce, si elle veut survivre et défendre ses intérêts, doit restreindre les intérêts individuels lui portant préjudice (et par intérêt individuels, on entend peut-être une société entière, tout comme dans l’article Dedefensa lorsqu’il parle de système anthropotechnique). Il n’est pas possible qu’un système survive s’il est composé d’éléments luttant contre lui (de fait, tous les systèmes sont dans ce cas, donc périssables) et sa durée de vie dépend de sa capacité à faire système (c’est-à-dire faire tenir ses éléments dans un mode coopératif).

      @EOLE: je ne comprends pas ce que vous me dites. Je vous ai dit que Dedefensa est un site que j’apprécie. D’ailleurs, j’ai eu maintenant le temps de lire l’article jusqu’au bout et il ne dit pas autre chose que ce que je disais (leur portant critique à tort, vu le manque de temps pour lire attentivement): « Les biologistes évolutionnaires rappellent en effet que Charles Darwin lui-même avait noté que la compétition entre espèces n’excluait pas la coopération et parfois la symbiose. La sélection pouvait alors s’exercer entre espèces non-coopérantes et espèces coopérantes. Si ces dernières l’emportaient en terme de compétitivité globale, la coopération se trouvait ainsi encouragée.  »
      L’article dit que soit l’espèce humaine fait système (ses éléments, les systèmes anthropotechniques, coopérent), soit sa durée de vie risque d’être considérablement raccourcie. Je ne pense pas autre chose et les scientifiques non plus.

    7. Le texte de Dedefensa, les textes de PMO et des textes antérieurs plutot mieux :

      – PMO : c’est très bien écrit, c’est un merveilleux amplificateur de malaise (un peu comme le Diplo avant qu’on en épuise la martingale, hélas trop peu commentée dans les blogs, étonnant pour un journal assez tiré d’ailleurs), mais si en réaction à quelques exagérations grenobloises et aux dérives managériales du CEA on doit faire retourner Rhones-Aples à un étant prétechnologique, hum, bon, restons mesurés…
      – De defensa / Baquiast : c’est un morceau plutot pauvre de tout ce qui a émergé sur les systèmes complexes depuis deux trois décennies (réseau de neurones, fractales, compréhension des algo génétiques, déclinaisons de la complexité, de l’instabilité, de la néguentropie, et qui a donné les bouqins comme le Cygne Noir de Taleb, plus facile à lire, en bout de chaine). Des contributions comme celle de Gell Mann ont fait un petit tour la dessus il y a … 15 ans.

      Sur le constat que c’est inquiétant qu’on ne sache rien gérer des grands problèmes (pauvreté maladie pollution culture…) de facon volontariste, c’est vrai que c’est une raison relative de s’attaquer aux misères directes plutot qu’au réchauffement : on ne sait rien faire à grandes échelles, les misères sont identifiables à échelle petite et moyenne, commencons par la, comme Yunus etc.

      Je trouve personnellement que ces approches du « grand tout complexe » laisse un gout d’inachevé et je ne refuse pas le zeste d »élévation de l’esprit (de valeur, de non misère symbolique) d’un Bernard Stiegler, sous-tendu par l’analyse de mythe grecs (Epiméthée et Prométhée, les notions de « dike » et « d’aidos » (justice, honte) qui s’appliquent si bien au destin du prince Jean à l’EPAD, debut des vrais ennuis moraux de notre NS de président, comme quoi …).

      On peut aussi préférer à ces philosophies qui ne sortent pas facilement d’une orniere ou d’une autre , ou bien encore qui sont difficiles d’accès (Deleuze/Simondon/Stiegler) des sociologues ayant eu le courage de reconstruire, un peu comme Jorion, les choses sans gros a priori, et je voudrais citer les livres assez merveilleux (suivant traduction) de Richard SENNETT, qui d’ailleurs rappelle lui aussi que les grecs avait mis les artisans dans la case « demiurgos » sous le patronage de Hephaistos, à relire en pensant au lien entre main et esprit, « anthropotechnique » dejà bien rodée…
      Enfin, on trouvera dans les siècles passés bien des moments où les hommes se dirent qu’ils avaient corrompus le monde au-dela d’un point de non retour, moral ou physique.
      Ne sur-estimons pas notre capacité à nous gouverner, mais nous pouvons souhaiter être bien éclairé, c’est délicat et comme le dit Jorion, on ne sait pas par quel bout ça commence. Le poids et la betise des médias sont impressionnants, mais ils cèdent d’un peu partout, sous l’internet ici (songez à 1994, « avant »), sous des fondamentaux de justice quand meme (Prince Jean bouté hors de la présidence de l’EPAD), ils doivent encore trouver une conversion en décision. On peut tout imaginer : si par exemple le pétrole devient très cher, le covoiturage informatisé avec des puces RFIDs pour ne pas embarquer n’importe qui mais seulement des « abonnés » pourra être une solution. Si cela s’organise et qu’un peu de conscience du bien commun s’y forge, vous avez là l’ébauche d’un syndicat/parti ancré dans un bout de réalité important pour les gens (aller et venir, en voiture ), ce qui peut faire boule de neige (j’applique la martingale du transport à la gestion des déchets, des équipements urbains,des équipes à contour flous se mettent en place, mais savent maintenir un niveau critique d’entretien de leur équipement, la responsabilité et le bien commun reprennent le dessus, et on peut revenir à terme vers les questions les plus larges (immigration, production, consumérisme)… MO sans P ièces, quoi.

  18. Encore un effet d’annonce…
    La crise de confiance risque quand à elle de s’aggraver, tout simplement.

    Les états montrent en cela qu’ils continuent comme avant… rien de changé dans le meilleur des mondes possibles. Les sommes prises aux banques seront de toute façon symboliques, pour éviter que la population se révolte, et c’est tout.

    Et quand je vois les arnaqueurs à l’énergie solaire profiter de l’économie des petits vieux, je me dit que les écolos ne sont pas plus nets par les temps qui courent. Ils feraient mieux de se proclamer anti-capitaliste directement, sinon, ils n’auront pas plus de chance que les autres.

    Tant que les gens qui gouvernent ne diront pas haut et fort: »On change de système parce que ça ne fonctionne pas ou mal »…on aura ce chaos. Pour cela au moins, il n’y a aucun doute.

    En un sens, c’est rassurant d’avoir quelques certitudes. Moi qui passe mon temps à me poser des questions… à chercher la petite bête. Là, au moins il n’y a même plus de questions à se poser: ils vont dans le mur!

  19. A quoi bon se prendre la tête ? Il n’y a pas de réchauffement climatique ( Le climat se refroidit, en tout cas si réchauffement il y a, l’homme n’y est pas pour grand chose, cf Allègre, Cabrol etc … ), il n’y a pas de crise économique ( ou en tout cas la reprise de la croissance est en vue, on en sent déjà les frémissements), nous sommes immortels (si ce n’est ici bas, ce sera dans l’au delà), les ressources naturelles sont inépuisables et nous voulons tous le bien de notre prochain. Alors à quoi bon s’en faire. Quand la réalité ne nous convient pas, rien de tel que le déni de cette réalité pour se sentir mieux. Le bon docteur Coué l’avait déjà compris il y a longtemps. Positivons en chantant tous en coeur: « Tout va très bien madame la marquise … »

    1. Concernant le déni de réalité voici ce que dit la psychologie:

      Dans la psychose, il y a déni de la réalité, laquelle est remplacée par le délire. Le psychotique abandonnerait donc sa perception de la réalité, inconciliable avec les exigences pulsionnelles.
      Le désir amène donc à ne plus s’avouer ce qui est et à le remplacer par des représentations plus supportables.

      Cependant, dans toute psychose le malade garde pourtant un contact avec le réel, ce qui amène Sigmund Freud à penser la psychose comme séparation entre deux parties de la personnalité, l’une percevant la réalité et l’autre la déniant.

      La particularité du clivage réside dans l’absence de communication entre les deux personnalités clivées. Ces deux personnalités ne s’influencent plus ; il n’y a donc pas de compromis.

    2. @Joan: « la psychose comme séparation entre deux parties de la personnalité, l’une percevant la réalité et l’autre la déniant. » : je n’y connais rien mais je doute que le « déni » existe objectivement. A mon sens, le verbe dénier implique prise de conscience et négation, ce qui peut être très inconfortable à vivre. En pratique, le « déni » ressemble probablement à l’ignorance, par « non prise en compte » de la réalité. Dans le métro, il m’arrive fréquemment de ne pas entendre les annonces quand je suis plongé dans ma lecture. Ca n’a rien à voir, certes, c’est juste pour suggérer qu’il peut y avoir « déni » sans « déni »…

    3. Joan: Voilà un excellent sujet d’article pour notre ami avocat-journaliste: Dominique Strauss-Kahn,
      psychotique ? En effet, la girouette Dominique Strauss-Kahn a plaidé mardi pour une « solution globale » en matière de taxe sur les banques, alors que plusieurs pays dont les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France ont avancé des propositions.
      Le chef du FMI plaide pour une solution globale

  20. Le conseil des ministres allemand a adopté une déclaration d’intention à propos de la taxation des banques, en vue de l’adoption d’une loi cet été. L’idée est semble-t-il d’attendre que la concertation internationale ait eu lieu.

    A noter que l’objectif de remboursement des sommes engagés au cours de la crise actuelle a disparu, au seul profit de la création d’un fonds destiné à faire face à une future crise.

    La déclaration d’intention ne fournit aucun élément d’appréciation concernant la fin de la crise actuelle, mais elle envisage une crise dans le futur. Est-ce que cela doit être considéré comme une bonne nouvelle ?

    1. A en être rendu à s’avouer vaincu face la crise actuelle, tout en prévoyant la prochaine comme inévitable …. Mon dieu ! … est-ce si grave docteur ?

  21. Privatisation des structures financières, des profits, puis socialisation des pertes engendrées par la crème des compétents madoviens… la boucle est bouclée avec cette taxe « annonceure ».
    Le spectacle démocratique, s’il ne veut pas que ses spectateurs se crèvent les yeux avant son terme, impose toutefois une taxation infinitésimale de la quantité dantesque de jetons récemment prêtés. Ainsi nos junkies des salles de marché ne débandent pas, pour le plus grand bonheur de leur partenaires politiques. Ils s’amusent, obscènes, prisonniers de leur casino en flammes. Tant mieux.
    Nous n’avons jamais été aussi proches du chaos.
    Encore un peu de patience. L’immobilier commercial. La bulle verte. La monnaie. Pop Pop Pop
    Tant mieux.

  22. Je ne sais pas si je suis vraiment dans le sujet ,car il n’est rappelè nul part dans le billet de François Leclerc ce que chacun entend par taxation des banques .

    Je livre donc sans doute hors de propos , cet écho repéré dans la tribune de Genève du jour ( Interview de Claude Messulam , PDG du groupe Banque privée Edmond de Rothschild Sa , lors de la présentation des comptes 2009 , apparemment excellents merci ) :

     » Croyez vous en Rubik (projet d’impôt libératoire sur les revenus de l’intérêt, les gains en capitaux et les dividendes , promu par l’Association suisse des banquiers et le gouvernement helvétique ) : >>> Rubik me paraît une solution intelligente . Elle permet de prélever des impôts à la source, tout en préservant la sphère privée des clients. Rubik n’est en plus pas complètement irréaliste . Dix neuf des vingt sept Etats memebres de l’Union européenne appliquent déjà une retenue à la source sur les revenus de l’épargne .Malheureusement le projet arrive à un moment où la Suisse se trouve en position de faiblesse . »

     » L’amnistie fiscale italienne et les menaces de sanction française vous ont-elles fait perdre des clients ? : >>>> Dans notre banque les transalpins ont retiré de leur compte environs 800 millions de frans suisses , soit seulement 30 % des clients ayant opté pour l’amnistie fiscale italienne . Il s’agissait surtout de petites fortunes , appartenant à des personnes assez âgées . Le  » Scudo fiscale » s’est cependant révélé une mesure idéale qui n’a pas affaibli la Suisse. Des contribuables ont déclaré des avoirs à hauteur de 100 milliards de francs suisses et cela a rapporté 5 milliards au fisc italien .Ce mode de taxation anonyme des contribuables régularisés est une mesure intelligente . Elle nous permet de continuer à gérer les fortunes de nos clients. La cellule de régularisation française s’est en revanche révélée être un véritable fisco . »

    On attend la réponse de Bercy .

    Mais tant que la sphère privée ( qui apparemment est plus facile à définir que la  » sphère » publique CF débat d’actualité sur le port du voile , car elle semble se limiter à l’intérieur des murs d’une banque ) est respectéé et que dans cette sphère Rothschild peut continuer à gérer la fortune de ses clients , tout va bien et la Suisse ne retourne pas à l’état primaire de verts pâturages .

  23. J’ai trouvé mon info . Vu par le couple franco-allemand , il s’agirait de taxer le trading- book .

    Qu’est ce que ça signifie ? Quel enjeu ? Quel poids ? Quel impact réel à terme sur les comportements ? Quel rendement ? A côté de quoi passe-ton éventuellement ?

  24. Petite idée : faire dépendre le taux de la taxe du taux du financement consenti par les banques privées aux
    Etats.

    1. oui et aussi des particuliers, plus une taxe progressive sur les frais bancaires, plus ils augmentent, plus la banque paie !

  25. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/macro-economie/201003/31/01-4266100-la-creation-demplois-se-fait-toujours-attendre-aux-e-u.php

    augmentation du chômage aux USA..dans le secteur privé..par contre recrutement massif en mars pour le ‘recensement de la population’ quelle aubaine pour les démocrates pour faire artificiellement et temporairement (jusqu’à fin septembre)baisser le chômage juste avant les élections ‘midterms’ de novembre..une fois l’élection passée…bonjour la rechute…n’oublions pas non plus les chomeurs qui ont épuisé leurs droits qui ne sont plus comptés dans les stats..et les 2 millions de prisonniers sans compter les découragés,sdf etc etc ou ceux qui ont un emploi précaire à temps partiel et en souhaitent un plein temps.Et nos 18 pct de ‘working poors’..total général:38 pct d’américains sous le seuil de pauvreté selon zero edge…c’est la  »reprise »

  26. la taxation est une forme de régulation, on pourrait donc se féliciter de ce retour à la sagesse et au retournement de tendance envers les abus du libéralisme dans le domaine de la finance à haute voltige, et ses conséquences.
    mais si c’est encore le sempiternel baratin à visée narcotique, je me demande bien si cela vaut même le coup d’en parler…

  27. Dans toutes les situations difficiles, ou difficiles à apréhender, il est bien connu que la dispute se fait autour de ce qui sépare les intervenants et non de ce qui les réunit.

    Les dirigeants des différents pays d’Europe, et d’ailleurs, se disputent sur des détails et sont bien en accord sur le fond : la création de la valeur qui distribue les bénéfices aux propriétaires, et à leurs alliés « managers » et qui appauvrit ceux qui travaillent et ceux qui aimeraient travailler.
    Tout cela profitant à ceux qui ont le monopole de la détention et de la distribution de l’argent.

    Les jours de ce système sont comptés.

    Tous le savent et tous en ont peur.

  28. Si ça ressemble un peu à ce qui se passe ici au Kbec,(les banques et les institutions financières voient la taxe compensatoire à laquelle elles sont assujetties augmenter de 471 millions en 4 ans)pour ensuite être annulée.

    Pendant ce temps,il y a augmentation de la taxe à la consommation de 1% en 2011 et d’un autre 1% en 2012 plus Hausse de la taxe sur l’essence, introduction d’une taxe directe sur la santé, hausse des tarifs d’électricité (Hydro-Québec),le CONtribuable va trinquer.

    Les augmentations de taxes foncières sont aussi de la partie, les travailleurs vont savoir pour quoi ou pour qui ils travaillent.

  29. http://www.independent.ie/business/irish/worst-nightmare-appalling-scale-of-bank-crisis-unveiled-2118115.html

    THE scale of the country’s crippling debt mountain can be laid bare today — and it leaves taxpayers footing the bill for a multi-billion-euro bailout of the banks, developers and Ireland’s second largest insurance company.

    Finance Minister Brian Lenihan outlined the extent of the challenges ahead as the State took control of almost the entire banking sector.

    Every man, woman and child in the State will have to pay an average of €2,000 every year just to service interest payments on borrowings to pay for the bank bailout, estimated to cost €40bn.

    Une question:pourquoi les Irlandais jouent’ils le ‘coup’ honnêtement sans cacher comme les Américains leurs bad loans et toxic assets en créant une bad bank?Quand une telle divulgation aura t’elle enfin lieu aux USA…préalable à toute vraie reprise?
    Bravo aux Irishs pour leur fair play car les agences de notations ne vont sans doute pas les rater….
    Un véritable désastre….la prospérité du tigre celtique n’était donc en fait qu’un mirage sous une montagne de dettes?Pas un banquier en prison est ce bien normal?

  30. A propos des banques grecques :

    A un climat déjà dégradé, est venu s’ajouter mercredi l’abaissement de la note des cinq principales banques grecques par l’agence Moody’s qui a donné lieu à un net mouvement de « fuite vers la qualité », a indiqué Jérôme Broustra, responsable de la gestion taux chez Axa IM.

    Romandie

    Lundi 29 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,289 %.
    Mardi 30 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,434 %.
    Mercredi 31 mars : l’obligation grecque à 10 ans était à 6,522 %.

    L’Etat grec ne pourra pas emprunter à des taux aussi élevés.

    La Grèce fonce vers le défaut de paiement.

    1. Un peu plus de précisions sur les 5 banques concernées
      ICI .

      Ce qui est intéressant à noter, c’est qu’Emporiki s’est prise une rétrogradation de deux niveaux (pour un seul pour les 4 autres), de A2 à Baa1. Encore un peu, et Emporiki arrivera à la limite acceptée par la BCE pour se refinancer (BBB-). Après, c’est le saut dans l’inconnu …
      Ce qui est important aussi de savoir c’est qu’Emporiki est détenue à 72% par CASA (Groupe Crédit Agricole), qui a déjà mis plusieurs milliards pour renflouer sa filiale.

      Si Emporiki dépose le bilan par absence de possibilité de refinancement ou par un renchérissement prohibitif de celui-ci par des taux énormes, CASA risque quelques milliards de pertes et surtout … une grosse dévissée du titre en cotation. Sachant que Société Générale mais aussi Deutsche Bank ont aussi des ‘petits’ en Grèce, certains doivent serrer les fesses en ce moment …

      Cordialement.

      PS : le titre a connu une ‘falaise’ aujourd’hui, à l’annonce de la dégradation de la note d’Emporiki par Moody’s d’environ -2,5%, avant que d’être retracé.

  31. Crise : une bombe à retardement pour l’emploi et les revenus (Alternatives Economiques)
    mercredi 31 mars

    La crise est une bombe à retardement qui n’a pas encore montré tous ses effets sur l’emploi et le niveau de vie des ménages.

    […]

    Sources Alternatives Economiques

  32. On dirait qu’ils le font exprès pour casser toute ‘reprise’ fusse t’elle fictive…

    Le pétrole au plus haut depuis un an et demi

    mercredi 31 mars 2010, 21:46
    Le prix du baril de pétrole s’est approché de son plus haut niveau depuis un an et demi ce mercredi à New York, dopé par l’affaiblissement du dollar malgré la progression des réserves pétrolières américaines. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en mai a terminé à 83,76 dollars, en hausse de 1,39 dollar par rapport à la veille. Il est monté pendant les échanges à 83,85 dollars, frôlant son plus haut niveau de l’année (83,95 dollars), atteint en janvier, qui était alors un sommet depuis octobre 2008.

  33. Plus d’ un million de citoyens américains vont trouver un job part time temporaire grâce au ‘census 2010’…c’est énorme…

    However, the March number will in part be affected by the current US census – with more than 1m people being hired on a temporary basis to conduct the 10-yearly national survey.

    Pour quelques mois seulement…les données à venir du chômage US seront donc à prendre au conditionnel….il est probable que les médias ‘mainstream’ ne parleront même pas de ce paramète et y verront une fantastique ‘recovery’ ……

    Au RU cela ne va pas mieux…
    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/7540409/UK-consumer-confidence-slips-fears-grow-over-personal-finances.html

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financetopics/recession/5121019/UK-workers-job-fears-jumped-in-March-says-Nationwide.html

  34. @ Tartar

    « La vie en société permet cela et c’est bien vieux; dans la société animale il y a déjà, de tous temps, un mâle dominant. »

    Chez les hyménoptères sociaux (fourmis, abeilles, guèpes, etc.) ce sont plutôt les reines qui dominent.

  35. Réponse à Crapaud Rouge (31 mars 2010 à 14:10 ).

    « « au bout du compte, c’est la Veuve de Carpendtras qui en supportera le coût. » : oui, selon le leitmotiv des libéraux pour lesquels taxes et règlementations sont des freins à l’économie. Rien de nouveau sous le soleil de Carpentras. »

    Je ne disais pas cela pour éviter l’application d’une taxe aux banques. Je dis que, au bout du compte, c’est le client qui paie. C’est le même problème lorsqu’on exige des banques qu’elles immobilisent plus de capitaux au titre de leurs ratios prudentiels. Pourquoi pas? Simplement, le service bancaire s’en trouvera renchéri. Je n’avance pas cela comme un argument contre la taxe, mais comme un fait. Et si vous avez une solution pour anéantir cette conséquence, je suis intéressé.

    1. Alain Gauvin,

      et vos solutions, quelles sont-elles ?

      Si on ne peut rien coté ratios, car en effet dans l’immédiat si on les augmente on ne résout pas le fond du problème qui est l’insolvabilité de couches de consommateurs toujours plus grandes, peut-être pourrait-on songer d’abord à rendre moins anxiogène l’horizon économique et financier actuel. Aujourd’hui les décideurs semblent tous tétanisés, agissent à la petite semaine, et sont donc les proies faciles d’un monde financier qui n’a pour unique horizon que celui des marchés, leurs marchés à eux.

      Ainsi pourrait-on commencer par diminuer les risques systémiques déjà existants, et plus encore ceux à venir que l’on aperçoit déjà à l’horizon. En interdisant les CDS nus, entre autres, c’est bien le minimum qu’on puisse faire. Car le risque systémique c’est une bombe atomique, une arme de dissuasion massive dans les mains de ceux qui peuvent le provoquer, comme nous le voyons aujourd’hui trop bien avec la crise grecque qui menace les économies, les sociétés humaines de notre vieille Europe et peut-être même les démocraties, si d’aventure des solutions qui entérinent les inégalités devaient être prises.
      Vous avez récemment reconnu vous-même que le risque systémique existait, ajoutant même pour aggraver la situation qu’il existait d’autres facteurs de risque qu’un certain usage des CDS. Limiter au maximum le risque systémique doit donc être l’urgence.

      Une fois que l’on aurait paré au plus urgent, on pourrait alors passer à la seconde étape, cette fois en légiférant sur le partage des revenus du capital et du travail, ce qui permettrait de solvabiliser une demande atone, ou en chute, si bien que le recours au crédit deviendrait une question moins pressante, le rapport de forces se faisant moins favorable aux banquiers et autres financiers dont l’unique but est de maintenir leurs profits. (vous le dites vous-même, en élevant les ratios les banquiers vont renchérir le coût de leurs prestations. )
      On pourrait aussi faire en sorte que les banquiers fassent moins la pluie et le beau temps en rendant à la BCE le pouvoir d’accorder des prêts aux Etats à des taux acceptables. Bref en faisant tomber le verrou des traités.

    2. M. Gauvin vous en appeliez à l’autorité des spécialistes dans un précédant post. le truc gênant avec les spécialistes (ici en l’occurrence ceux de l’ingénierie politico-sociale etc.), qui plus est quand la jouissance de leur savoir s’augmentent à l’expérimenter pour bien évidemment notre bien à tous, c’est que c’est toujours ce vieux cerveau reptilien et limbique qui les gouvernent, et notre adhésion ou réception passive comme main d’œuvre de bonne volonté… forcée. Et de fait leurs solutions se soutiennent de leurs efforts à voir se réaliser ce qu’ils projettent (et sans reconnaissance de la radicalité de la crise ce n’est que mesquinerie à l’œuvre) ils n’intensifient que les divisions et conflits, amers à nier que ça ne marche pas, on devra donc payer. vous penserez bien sûr que c’est simpliste: la crise est grave, très grave, elle nous oblige à nier tout ce qu’on croyait être, évaluations, justifications, condamnations et défenses sont même des empêchements. M. Gauvin, l’esprit studieux, appliqué, qui prête l’oreille superbe à gauche à droite, ne suffit plus, le temps manque à ce jeu, la solution est collective, son texte n’est pas écrit.

    3. N’y a-t-il pas aussi une possibilité pour que cette taxe vienne au moins en partie rogner les profits ? Elle ne serait dans ce cas pas entièrement payée par le client.

    4. Entre l’entreprise et les salariés, il y a les actionnaires. Entre la banque et les clients, il y a les actionnaires. Et l’on a vu chez France Telecom verser plus d’argent en dividendes aux actionnaires qu’il n’y avait de bénéfices !
      Les actionnaires prioritaires, quoi qu’il arrive. C’est la seule morale du capitalisme dans beaucoup d’entreprises de grande taille.

      Et pour compléter, une info intéressante sur la niche fiscale « Copé » qui rapporte le plus aux très grandes entreprises :
      http://www.lesechos.fr/info/france/afp_00241816-fiscalite-supprimer-la-niche-cope-l-une-des-plus-couteuses-annonce-cahuzac.htm
      Ce n’est plus le client qui paie le cadeau aux actionnaires, mais le contribuable.

      Qui est de bonne foi, Monsieur Gauvin ?

  36. « Pour conserver sa valeur, l’argent est rendu rare, ce qui signifie que certains ne doivent pas en recevoir suffisamment, ce qui le rend désirable. »

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3018

    Le premier article qui reprend pratiquement mot pour mot ce que je raconte ici et ailleurs. Ca méritait d’être signalé…

    « Ainsi, la pauvreté relative est au cœur de l’économie monétaire néo-classique. Être riche exige que d’autres soient maintenus dans une pauvreté relative, ce qui signifie que certains doivent avoir moins d’argent. Si on célèbre la richesse comme un luxe prisé, alors la majorité doit être maintenue dans une pauvreté relative. »

    « L’économie néo-classique telle que pratiquée dans une économie de marché est un système intrinsèquement antidémocratique qui rejette l’égalité économique et la liberté face à la rareté. »

    1. Cette mécanique est vérifiée, mais elle n’est pas de la volonté d’un microcosme mal attentionné, c’est un mode de » transmission » du système qui est inévitable et malheureusement inégalitaire.

  37. « Je ne disais pas cela pour éviter l’application d’une taxe aux banques. Je dis que, au bout du compte, c’est le client qui paie. C’est le même problème lorsqu’on exige des banques qu’elles immobilisent plus de capitaux au titre de leurs ratios prudentiels. Pourquoi pas? Simplement, le service bancaire s’en trouvera renchéri. Je n’avance pas cela comme un argument contre la taxe, mais comme un fait. Et si vous avez une solution pour anéantir cette conséquence, je suis intéressé. »

    C’est à ce niveau là que la discussion commence, effectivement. Il s’agit de se montrer créatif: Comment éviter que celui qui est en bout de chaîne supporte le cout final (ca vaut aussi pour le traitement des eaux usées, etc…)? Quel business model ferait le job tout en étant efficient du point de vue de l’allocation du capital?
    Ca vaut le coup d’y réfléchir (enfin si on accepte l’idée qu’il est impossible d’empêcher la catastrophe en amont via des mesures diverses et variées, présentées par ailleurs par Paul comme par le clown blanc…).

    Ce n’est a priori pas infaisable cependant:
    On se trouve juste à la limite entre design organisationnel (management stratégique et T.O.: un modèle de gestion du risque est évalué à la manière dont il est susceptible de s’intégrer à des business model dotés ou non d’un avantage concurrentiel; par exemple le mécanisme assuranciel est monétisable, la prévention/précaution en amont ne l’est pas, ou beaucoup moins facilement) et design institutionnel (philosophie politique: un modèle de gestion du risque est évalué à la lumière de sa signification politique, c’est à dire à la lumière de l’idéal des rapports entre membres d’une même communauté qu’il sous-tend, étant entendu que les membres de l’organisation « établissements de crédit », quel que soit leur niveau, sont également et avant tout des citoyens au même titre que leurs clients).

    Bien sur il y a d’autres paramètres à prendre en compte mais c’est juste une question de créativité. Je ne doute pas que les membres de ce blog, et Mr Gauvin y compris, ne parviennent tous ensemble à trouver quelque chose de bien.

    Bonne route.

  38. Lisztfr,

    C’est tellement simple qu’il est pour beaucoup plus rassurant de complexifier. Et en plus ça occupe.

    Hier matin j’avais relevé quatre messages et me suis dit qu’au plus tard ce matin ils auraient fait « des petits ». Que nenni !

    Les voici, musique : http://www.youtube.com/watch?v=3VRGANguGQE

    Oui, un monde meilleur est possible. Il faut profiter de la crise de civilisation actuelle pour lui permettre d’émerger. La conscience collective étant intimement liée à la somme des consciences individuelles, c’est à nous –et maintenant- de susciter chez l’autre la curiosité qui précède l’éveil :  » pourquoi les ménages ont-ils tant besoin de souscrire des crédits ? », comment en sommes-nous arrivés à être si apathiques alors qu’il s’agit de notre vie, de celle de nos frères, de celle de nos enfants et qu’elle est si brève ?

    Get up stand up, stand up for your life !

    Merci.

    There’s (should be) a natural mystic
    Blowing through the air

  39. Quelque soit soit la décision prise pour la taxe des banques, elles se rembourseront sur le dos de qui ? Devinez !
    Quant à la guillotine pour les privilégiés, hé, bé, on en est loin, très loin même. S’il devait arriver quelque chose, et bien, ce sera vous et moi, qui serviront de chair à canon, pas eux.

    Que n’ai-je entendu lors du début de la crise (annoncée 1 an 1/2 avant qu’elle ne soit officielle). Il faut en profiter pour moraliser etc…

    Que des discours… Rien n’est fait, et rien ne sera fait.

    Et SI, il est fait quelque chose, faut pas rêver. Ce sera contre nous !!!!!

  40. Et si vous avez une solution pour anéantir cette conséquence, je suis intéressé. »
    Hé bé, c’est simple. Très simple même.
    Pas de taxes (qui seront payées par nous, et vous en êtes d’accord). Qu’elles remboursent ce qu’elles doivent aux Etats, y compris le surcout de la dette dû à leur avidité. Avec les bénéfices qu’elles font, et qu’elles ont fait depuis 1 an, il ne doit pas y avoir de problème, sauf leur mauvaise volonté.
    Puis séparer les banques de dépôts des banques commerciales. Et basta. Qu’elles fassent faillite ou pas, on s’en moque. D’autres entreprises font faillites. Seulement, ce serait trop simple, trop juste. On abandonnera pas cette castre d’avides de fric. Trop puissant.
    Le cancer est dans l’organisme, avec des métastases. On a 4-5 ans pour savoir si l’on va s’en sortir (je le pense vraiment). Pour l’instant, il me semble que vous avez l’air de chercher de nouveaux médicaments qui n’ont pas fait leurs preuves, alors qu’il en existe un. C’est vrai, je suis vieux, avec de vieux remèdes.
    Aujourd’hui c’est place à l’innovation, n’importe laquelle. Place aux changements, n’importent lesquels. Place à l’ouverture, n’importe comment. etc…Mais je ne vous en veux pas, vous êtes sûrement un intello, pleins de bons sentiments et de bonne volonté, je n’en doute pas un seul instant, mais cela ne suffira pas.
    Amicalement

    1. Merci pour votre réponse. Je me serais bien passer de votre dernière phrase. Je suis d’accord avec vous que les banques doivent rembourser – elles l’ont déjà fait pour certaines – et au juste prix. Je ne suis pas sûr que les banques soient des entreprises comme les autres. J’espère que vous ne penserez pas pour autant que je suis un défenseur des banques, cen’est pas le sujet. Je pense que, pour que les banques soient des entreprises comme les autres, il faudrait que l’argent soit remplaçable par n’importe quel bien ou service. Je ne suis pas économiste, mais si les banques ont la place que vous leur reprochez, c’est parce qu’avec l’argent, on achète tout (merci de me lire sans arrière pensée): c’est un « bien universel » en ce qu’il permet les échanges et les investissements. Quand vous achetez votre baguette, c’est en échange d’argent, pas de melons, de bicyclettes, etc. Si demain, vous décidez que les cerises remplacent l’argent, alors ce sont les producteurs de cerises desquels il faudra prendre soin, pas pour leur faire plaisir, mais pour sauvegarder le système tout entier. Pour vous suivre, il faudrait donc changer le système. Pourquoi pas. Bien cordialement,

  41. Réponse à Pierre-Yves D. (1 avril 2010 à 01:36)

    « Alain Gauvin, et vos solutions, quelles sont-elles ? »

    Je n’en ai pas d’autres que celle que j’ai suggérée et succinctement présenté: une réorganisation réglementaire des métiers financiers et une réglementation téléologique, c’est-à-dire qui s’attache à l’OBJECTIF (ou l’EFFET) poursuivi par les opérateurs, et non une réglementation par catégorie qui s’appuie sur la NATURE des opérations puisque, comme je vous le disais, aujourd’hui, un titre de NATURE obligataire peut-être utilisé pour servir un OBJECTIF assuranciel, un TRS comme un produit d’épargne, un dépôt bancaire sans recours, comme un CDS, etc.

    Donc, on voit bien qu’à s’en tenir à la nature des choses, on se trompe.

    Mais j’avoue que je n’ai pas grand-chose d’autre à proposer. Ce qui ne m’empêche pas d’y réfléchir et de lire ce qui s’écrit sur ce blog.

    « Vous avez récemment reconnu vous-même que le risque systémique existait, ajoutant même pour aggraver la situation qu’il existait d’autres facteurs de risque qu’un certain usage des CDS. Limiter au maximum le risque systémique doit donc être l’urgence. »

    Absolument. Mais ce sur quoi nous divergeons, vous et moi, c’est sur la solution. Pour moi supprimer les CDS, nus ou pas, n’est pas la solution: supprimez les, je trouverai un autre instrument à l’EFFET identique qui permettra de réaliser un OBJECTIF identique. Encore une fois, aujourd’hui, si j’étais banquier et si un client me demandais comment se couvrir contre un risque de crédit, je pourrais lui proposer, sans être trop créatif: un CDS, une assurance-crédit, une garantie à 1ère demande, un titre (CLN, titrisation, CDO, etc), un dépôt/prêt structuré (avec recours limité), etc. Et, moi, je ne suis pas un ingénieur financier! C’est dire.

    Je pense que la réduction du risque systémique ne passe pas par l’interdiction des produits, mais par une information de toutes les parties prenantes et, surtout, des autorités de tutelle, ainsi que par une documentation appropriée des opérations qui ne laisse aucune place au doute d’interprétation en cas de problème.

    Bien cordialement,

    1. Bonjour Monsieur,

      Je commence à mieux comprendre votre point de vue, qui certes ne manque pas d’amener à une réflexion plus pertinente.
      Je vous suis bien en ce qui concerne une réorganisation des produits financiers remplissant le rôle des produits dérivés qui prendrait en compte l’objectif (ce qui peut être différent de l’effet) du produit au lieu et place de sa nature (encore faudrait-il s’entendre sur la nature dont on parle : s’agit-il de sa nature juridique ou économique ?). Ne pourrait-on pas, par exemple, parler de nature économique pour désigner l’objectif du produit en question ?
      Ne connaissant rien à ce domaine (qui est le votre), peut-être qu’un petit effort de qualification juridique serait de nature à éclairer le débat, en tout cas, je pense que ça m’éclairerait moi.
      Par ailleurs, je conserve une petite difficulté avec la notion de « documentation », qui est utilisée dans d’autres domaine juridique, et que je soupçonne toujours un peu de cacher un certain manque de précisions quant aux « objets » auxquels ils s’appliquent (en l’occurence il s’agirait des CDS ou de tout autre « titre » remplissant le même rôle si je comprends bien).
      Est-ce qu’une clarification des tenants et des aboutissants juridiques et économiques des « produits » en question ne serait pas de nature à faire disparaître la nécessité d’une « documentation » qui ne serait, si je comprends bien, pas accessible à tout le monde ? on arrive ici à un débat tournant autour de la hiérarchie des normes.

      Bien cordialement,

    2. Alain Gauvin

      Si c’est seulement une question d’effet identique, pourquoi ne pas reprendre à votre compte l’excellente définition de la spéculation donnée par Paul Jorion, elle tombe tout juste dans votre case « objectif ». Je la rappelle pour les lecteurs qui ne la connaîtraient pas encore. Spéculation = paris sur les fluctuations de prix.

      Deuxième question :

      Dans le cadre de vos activités professionnelles, exigez-vous de vos clients auxquels vous apportez votre aide juridique qu’ils documentent sérieusement les produits qu’ils mettent en vente ou autorisent. Je veux dire par là une documentation sans ambiguïté sur les objectifs, concise, compréhensible et annonçant de manière explicite les risques systémiques éventuellement encourus par ceux qui auraient à les utiliser les produits financiers ? Un peu comme cela existe déjà pour certains produits de consommation, par exemple les cigarettes ou les produits inflammables, où il existe des mentions obligatoires informant la consommateur de la dangerosité du produit.

    3. Tout à fait d’accord pour la « réglementation téléologique », mais ne pensez-vous pas que ce serait difficile à mettre en œuvre ? Tout d’abord, comment distinguer la fin des moyens ? Vous connaissez l’histoire de la mouche, de la vitre et du marteau… Pourriez-vous nous donner un exemple d’effet/objectif qui pourrait être interdit ou réglementer ? Enfin, dernière question, dans un système « téléologique », pourrait-on considérer les paris comme une fin en soi, donc susceptibles d’être interdits ?

    4. Monsieur Gauvin,

      Un des arguments employés pour refuser toute règlementation sur ces produits financiers est qu’ils sont trop variés pour pouvoir être tous pris en considération par n’importe quel règlement. Votre réponse de rechercher le même effet avec d’autres moyens pour réaliser le même objectif va dans ce sens.
      Cette même réponse rend, à mon avis, illusoire votre théorie de l’information complète. Il est impossible d’expliquer tous les tenants et tous les aboutissants d’un produit financier à un client. Vous pourrez lui démontrer que tel objectif sera atteint. Vous ne lui épargnerez pas les surprises. La crise actuelle n’était pas prévisible selon une catégorie de commentateurs. Les bulles ne sont visible qu’après leur éclatement selon d’autres commentateurs. Vous ne pouvez pas voir arriver un résultat de comportement de groupe.
      Je ne vous imagine pas en train de faire des prédictions sur l’évolution des groupes influents et de les identifier. J’imagine que le client veut un résultat pour lui. Si vous le lui donnez, il est content. Je doute qu’il s’intéresse à l’évolution de la société en général et qu’il s’adressera à vous pour cela. C’est beaucoup trop loin de votre problème. C’est une bonne raison de vous imaginer aveugle aux conséquences de votre comportement sur la société.
      J’ajoute qu’il n’y a aucune animosité dans ce constat. C’est votre approche de la réalité. Elle exclut tout ce qui est social au profit de tout ce qui est individuel, au sens de l’homo economicus. La copine de Roger Rabbit disait qu’elle n’était pas mauvaise. Elle était juste dessinée comme ça. Vous n’êtes pas mauvais. Vous êtes juste comme ça.
      Elle s’appelait Jessica Rabbit. Elle était superbe et fatale. Elle était follement amoureuse de son lapin. J’ai énormément aimé ce film.

    5. Comment espèrer la vérité sur les buts , alors que les mêmes se sont acharnés à camoufler la vérité sur les résultats , et la camouflent encore ?

    6. Frédéric Lordon avez proposé dans le Monde diplomatique un moyen astucieux pour taxer les multinationales : le SLAM (http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/LORDON/14458)

      En résumé, le gouvernement peut dire qu’une action ne peur rapporter plus de 6% donc pour une action de 100€ tout dividende supérieur à 6€ serait reversé au Trésor public. Ainsi les actionnaires n’auraient plus aucun intérêt à pressuriser les salariés et faire reporter le coût de cet impôt sur les clients serait inefficace puisque toute augmentation des bénéfices redistribuée en action serait confisquée par cet impôt.

      Il faudrait peut-être élargir ce principe au stocks options, bonus et autres parachutes dorés, c’est à dire que l’on se dirige vers l’idée d’un revenu maximum admissible.

  42. Mais oui c’est une bonne idée rien de tel qu’une nouvelle taxe

    pour régler un problème

    la csg pour boucher le trou de la sécu
    le rds pour rembourser la dette du dit trou

    la taxe carbone pour refroidir le climat

    l’isf pour rendre les riches partageurs

    une taxe pour profiter de l’escroquerie du siècle
    on aurait du y penser plus tôt n’est ce pas ?

    1. Vu que c’est une taxe, elle est mal partie. Il sera donc possible de la réduire à néant pour éviter de porter atteinte à la compétitivité de la City et de Wall Street.
      Vu que c’est une taxe, elle est mal partie. Elle ne résoudra pas le problème. Ce fait, cette réalité, va pouvoir être soulignée jusqu’à ce qu’elle entre dans les têtes et que nous abandonnions cette idée de taxe.
      J’admire l’opération de relations publiques exécutée ici. La solution est présentée sous la forme d’une taxe. Le problème posé était de l’ordre de la « moralisation du capitalisme ». La solution est une misérable taxe qui ne résoudra rien. La conclusion évidente et qui s’imposera est qu’il faut abandonner la taxe. L’opération de « damage control » sera terminée.
      Les financiers auront eu quelques soucis. Tout est reparti comme avant. Ils ne doivent rien payer et n’auront subi qu’une baisse très relative de leurs revenus pendant un instant. Même les rares mesurettes pour corriger ce qui a mené à la catastrophe ont été vidées de toute valeur. Pire, ces gens sont encore plus puissants qu’auparavant. Maintenant, ils décident des politiques sociales à l’intérieur des pays. Ils ont pris le pouvoir. La pression qu’a subi la Grèce nous a montré dans quel sens souffle le vent. Seules les « solutions » financières sont acceptées. Toute volonté populaire, toute idée d’alternative a été vidée, étripée de toute force par Bruxelles, le FMI, l’Allemagne, l’OCDE, la City, Londres, Wall Street, etc… Nous avons perdu. La stratégie de choc de Naomi Klein va pouvoir fonctionner à un niveau que ces gens n’espéraient pas.
      Nous sommes dans le monde 1 Euro = 1 Vote.

      Zebulon, je vous donne gagnant dans cette histoire.

  43. Réponse à Alain Gauvin,
    Désolé pour ma dernière phrase, elle n’avait rien de péjorative.
    Vous dites : Je pense que, pour que les banques soient des entreprises comme les autres, il faudrait que l’argent soit remplaçable par n’importe quel bien ou service.
    Je ne comprends pas cet argument. Vous ne pouvez pas échanger dans les autres entreprises une baguette de pain (en reprenant vos arguments plus haut) contre des melons. C’est totalement contradictoire.
    D’autre part, si les banques occupent une telle place, c’est parcequ’on le veut bien. C’est comme le pouvoir.
    Elles devraient être aux services des entreprises, des particuliers etc… hors depuis quelques années, les rôles se sont inversés.
    Il aurait suffit d’un peu de volonté des politiques pour remettre les choses à leur place.
    Mais bon, comme dirait Marie Antoinette, si le peuple n’a pas de pain, qu’il mange de la brioche. On connait la suite. S’il faut en arriver là pour arrêter tout çà ! Allons y. Pourquoi pas.

    1. Mascarade,

      Pouvez vous énoncer des propositions pour me faire comprendre en quoi consisterait « un peu de volonté politique » ?

      Cela m’aiderait à changer d’avis sur l’absence d’alternative à ce système qui met les banques au centre de tout. Je serais absolument ravi de pouvoir changer d’avis.

  44. Bonjour,

    Dans son message du 31 à 23:42 Lisztfr nous présente une approche simple de la richesse relative. Il semblerait que cette approche soit trop simple, trop simpliste, pour intéresser. C’est vraiment dommage.

    Un extrait du lien proposé par Lisztfr : « La compétition pour la richesse est la force motrice de l’économie de marché, et à son tour de la civilisation humaine dans le système capitaliste. La crainte de la pauvreté maintient la population au travail et l’existence d’une pauvreté généralisée entretient les privilèges des riches. »

    Le ciment de notre société est l’aliénation au travail : c’est l’aliénation de l’individu à la société. Une meilleure répartition des richesses entraînerait la dissolution de ce ciment. Telle est la place de l’individu dans notre société. Il ne sert donc strictement à rien de chercher à modifier les règles de l’organisation actuelle : cela la détruira et nous n’en avons pas d’autre à proposer en remplacement.

  45. Top Earning Fund Managers

    1.David Tepper, Appaloosa Management
    Est. 2009 personal earnings: $4 billion

    2. George Soros, Soros Fund Management
    Est. 2009 personal earnings: $3.3 billion

    3. James Simons, Renaissance Technologies
    Est. 2009 personal earnings: $2.5 billion

    4: John Paulson, Paulson & Company
    Est. 2009 personal earnings: $2.3 billion

    5: Steve Cohen, SAC Capital Advisors
    Est. 2009 personal earnings: $1.4 billion

    6. (tie): Carl Icahn, Icahn Capital
    Est. 2009 personal earnings: $1.3 billion

    6. (tie): Edward Lampert, ESL Investments
    Est. 2009 personal earnings: $1.3 billion

    8. (tie): Kenneth Griffin, Citadel Investment Group
    Est. 2009 personal earnings: $900 million

    8. (tie): John Arnold, Centaurus Advisors
    Est. 2009 personal earnings: $900 million

    10. Philip Falcone, Harbinger Capital Partners
    Est. 2009 personal earnings: $825 million
    All data, NYT, Absolute Return + Alpha.com

    Source:

    Pay of Hedge Fund Managers Roared Back Last Year
    NELSON D. SCHWARTZ and LOUISE STORY
    NYT, April 1, 2010
    http://www.nytimes.com/2010/04/01/business/01hedge.html

    1. Un tel message n’est certainement pas de nature à engendrer un débat serein. Il est sûr que chacun peut « s’exaspérer » de tels revenus. Surtout, je cherche l’utilité d’une telle information non accompagnée de commentaires. Bien cordialement,

    2. ALAIN GAUVIN,

      Je suis sûr qu’en cherchant un peu on finirait par déboucher tout de même sur un débat serein. Par exemple tenez, j’avais entamé ce débat avant même que Paul ne publie son message. Juste avant, juste au-dessus. Il ne tient qu’à vous, ou à d’autres, de le prolonger sereinement.

      Sincèrement.

    3. Réponse à « Moi ». Je ne vous cache pas que votre message m’a fait sourire, non pas d’un sourire ironique, mais de sympathie. Bien cordialement,

    4. @ Alain GAUVIN
      selon vous, quels sont les messages « utiles » pour engendrer un débat serein ?
      les revenus signalés, de même que les revenus de bon nombre de grands dirigeants, ne vous paraissent pas « exaspérants » au point de ne pas être « utile » d’en parler ?
      quels sont VOS propres commentaires sur ce sujet ?

  46. ALAIN GAUVIN, si vous pensez que les idées, l’intelligence des gens se limite à la longeur de leurs phrases, c’est grave.
    J’ai mes idées « à moi », faites d’expériences de la vie, et elles valent sans aucun doute possible les votres. Pas besoin de citer tels ou tels pour m’exprimer. Pas besoin d’aligner les mots pour en faire quelque chose d’incomphensible et de contradictoire.
    On ne fait pas d’homme aisé sans casser des gueux n’est-ce pas. Et puis, il reste encore tant de misère sur cette planète. Comptez sur notre division « tous les arguments sont bons » pour nous culpabiliser et nous rappeler qu’il subsiste dans d’autres continents des gens humbles et travailleurs qui, eux, ne rechignent pas à l’effort. Non mais sans blague ! Votre priorité, c’est l’élite. Sans une misère crasse largement répandue point d’élite digne de ce nom.
    Bien cordialement

  47. @ ALAIN GAUVIN au sujet du message de Paul
    à 2 avril 2010 à 12:14

    Ces salaires et revenus sont amplement mérités.
    Ils témoignent d’une compétence – notez: compétence-
    hors du commun.
    Et ceux qui les engranges se sont battus comme des chiens
    pour y parvenir. Le caractère, le fighint-spirit, qui nous
    manquent tant dans nos pays étriqués, doit être célébré et rémunéré
    – notez: juste rémunération- comme qualité précieuse.
    Ces chiffres témoignent aussi de l’ érosion du dollar.
    Il est bien normal que les happies-fews prennent
    des précautions contre la baisse du pouvoir d’ achat.
    Cette qualité de prévision, toute générale, est la preuve de leur
    aptitude.
    Avec de tels dirigeants, haussés au niveau gouvernemental,
    – une démocratie reconnaissante ne va tarder à le leur offrir,
    sinon c’est à désespérer de la clairvoyance du monde
    politique- l’ économie générale sera entre de bonnes mains.

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