L’actualité de la crise: une ornière qui mène dans le décor, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ORNIERE QUI MENE DANS LE DECOR

Au petit jeu des citations, il n’y a ce lundi que l’embarras du choix pour établir le palmarès des propos les moins conséquents.

Sans nul doute, le premier prix doit revenir à Christine Lagarde, une habituée de la compétition, qui a déclaré à propos du risque de contagion de la crise grecque en Europe : « je ne veux même pas y penser ». Elle se voulait catégorique et, soyons honnête, c’était vendredi dernier. « Je crois que le plan qui se met en marche, la procédure qui est engagée, c’est de nature à re-stabiliser une monnaie qui en a besoin » a-t-elle poursuivi pour élargir son propos.

A propos de la politique suivie par le gouvernement allemand, elle s’est contentée de faire preuve de sa transparence habituelle et de constater : « C’est un formalisme auquel les Allemands sont attachés, ils ont raison ».

Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, n’a pas été en reste et est monté sur la deuxième marche, depuis l’université de Kobe où il s’exprimait devant les étudiants japonais : « Mon impression est que, malgré le fait que nos problèmes soient loin d’être terminés, je suis convaincu que nous maintiendrons la stabilité de la zone euro ».

Mais si tous les regards sont naturellement tournés vers la Grèce et l’Europe, on aurait tort d’oublier le reste du monde occidental. Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI, a mis en garde le Japon : « Même si les problèmes du Japon ne doivent pas être mis sur le même plan que la crise de la dette en Grèce, sa vulnérabilité budgétaire est en train de croître à des niveaux vraiment élevés ». Les agences de notation multiplient ces derniers temps les avertissements à propos de cette dette la plus importante du monde, que les commentateurs affectent encore de tenir pour négligeable au prétexte qu’elle est détenue à 95 % en interne. Ce qui n’affecte en rien le rythme rapide de sa détérioration et le besoin que commence à exprimer le gouvernement de se tourner vers les marchés extérieurs pour se financer.

A la sortie du G20 Finances de Washington, vendredi dernier, Timothy Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor des Etats-Unis, déclarait être convaincu d’une reprise pour 2011, tirée par la demande privée, afin que le pays puisse commencer à réduire son déficit. Il se montrait toutefois plus optimiste que Ben Bernanke, président de la Fed, qui avait déclaré mi-avril devant le Congrès « la hausse de la demande finale [sera] suffisante pour assurer une reprise économique modérée dans les trimestres à venir », sans pronostiquer une date, estimant en réalité que la hausse du PIB serait lente et qu’en conséquence des choix difficiles devraient être faits pour réduire le déficit. Une toute autre hypothèse que celle qui est lancée par Tim Geithner, qui comme l’ont fait au début de la crise de la dette les Européens, pense financer sa réduction par la croissance plus que par des coupes budgétaires. L’histoire a tranché.

En Europe, sans surprise, les taux grecs à 10 ans atteignaient 9,385% à midi ce lundi, tandis que les taux portugais (5,141%), irlandais (4,872%) et espagnol (4,033%) se tendaient. Ce palmarès est en permanence mis à jour et prend de plus en plus l’allure d’une catastrophe annoncée. Elle préfigurera, si elle intervient, ce qui va également ne pas manquer de se passer au Japon et aux Etats-Unis, et va forcer les gouvernements à tenter de sortir de l’ornière dans laquelle ils se trouvent. A produire autre chose que des déclarations du type de celle qu’ils ont adopté dans le cadre de l’Assemblée générale du FMI, samedi dernier, où la plus ferme des résolutions a été adoptée en faveur de la réduction des déficits publics, qui apparaissent de plus en plus comme l’expression d’une situation sans issue.

La crise de la dette publique va dominer tout le reste et imposer de tenter de trouver des solutions inédites, car elle est trop importante pour que les anciennes recettes fonctionnent.

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113 réflexions sur « L’actualité de la crise: une ornière qui mène dans le décor, par François Leclerc »

  1. S’il n’y avait pas de risque de contagion, ne vaudrait-il pas mieux que la Grèce sorte de l’euro ? Rester dans l’€ va se faire au prix d’une déflation qui va les plomber pendant longtemps ( comme le Japon).
    S’ils sortent, la drachme sera dévaluée et le poids de la dette sera très important en raison de cette dévaluation. Mais avec une forte inflation pendant quelques années, le poids de la dette dans le PIB et le budget de l’Etat sera réduit.

    1. Oui, sauf que leur dette est libellée en euros… Après ils peuvent unilatéralement déclarer la convertibilité au ratio de 1 euro pour un drachme pendant 2 jours, le temps de passer à une dette en drachmes, mais ça ne va pas plaire! M’enfin, quitte à déplaire, autant que ce soit à leur avantage.
      Mais s’ils restent dans l’euro, l’avantage c’est que quand les autres bombes de dette public exploseront, on pourra dévaluer l’euro et relancer les exportations allemandes… 😉

  2. Vive les marches, vive les speculateurs et les CDS, CDO etc…..

    Septique il y a deux ans , une ouverture s’annonce pour l’or vers les sommets.

    J’avais dit adieu aux assurances vie gavaient de dette d’etats

  3. Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement avec la pratique qui voudrait que l’on ne décide des travaux sérieux sur un croisement dangereux, que lorsque le nombre de morts dépasse un seuil jugé comme insupportable. Combiens de pays vont devoir plonger, avant que l’on se décide à réformer sérieusement et sans doute de fond en comble le système financier international ???

  4. La situation de la Grèce s’aggrave sur les marchés financiers.

    En dépit des promesses d’aide du week-end, les marchés financiers ont encore fait monter d’un cran la pression sur la Grèce lundi, le coût du crédit réclamé à Athènes par des investisseurs de plus en plus méfiants s’emballant à nouveau.

    L’écart entre les bons allemands à dix ans, considérés comme une référence, et les bons grecs, ont battu un nouveau record lundi, à 6,32 %. Ce qui signifie que si les autorités grecques cherchent à se financer sur les marchés, elles auraient besoin pour obtenir des prêts d’offrir un taux d’intérêt avoisinant les 10 %. Soit trois fois plus que ce qui est actuellement réclamé à l’Allemagne.

    Et les valeurs grecques ont plongé, l’indice de référence de la bourse d’Athènes perdant 3 % à 1.802,44 points à la mi-journée.

    Le ministre des Finances grec George Papaconstantinou devait rendre compte lundi au parlement du résultat de ses consultations du week-end à Washington avec les dirigeants du FMI et de l’Union européenne sur l’aide réclamée par Athènes pays de la zone euro et au Fonds Monétaire International.

    En Grèce, les syndicats en lutte contre le plan de sauvetage et furieux des nouvelles mesures d’austérité qu’il devrait entraîner, multipliaient les mouvements de grève : lundi, les ferries étaient à quai au Pirée, bloqués par une grève des marins.

    Mardi 27 avril, les salariés des transports publics devaient cesser le travail pour six heures, alors que le principal syndicat de fonctionnaires prévoyait une grande manifestation dans la soirée.

    Tempsreel.nouvelobs

  5. Pas de commentaire immédiat à cet article fort intéressant, juste un grand merci pour ce blog vraiment indispensable que j’ai découvert récemment 😉
    Bonne continuation.

  6. Angela Merkel a cherché à couper court au débat qui enfle en Europe et en Allemagne en exprimant lundi sa confiance dans la capacité de la Grèce a mettre au point pour début mai un programme crédible d’économies, condition à ce que l’Allemagne accepte le plan de sauvetage européen. Elle a aussi affirmé que la sortie de la Grèce « n’était pas une option ».

    1. CE QUI VEUT DIRE ???? …. hitchcock n’aurait pas été mieux inspiré pour un drame à suspens !!

    2. Ce qui signifie qu’il faut gagner du temps jusqu’à l’election du 9 mai en Allemagne.
      Après tout ira mieux….

    3. Ce qui veut dire qu’il y a deux discours :
      Celui d’avant les élections et celui d’après.

      Comme l’attitude d’un service commercial :
      Avant d’avoir touché le chèque et après….

      Conclusion, nos édiles ne sont toujours pas en DEFCON 1 malgré le cyclone en cours.

  7. J’espère que vous aurez le temps-avant qu’il ne prenne la porte-d’inclure L.Summers dans votre
    hit-parade des inconséquents-irresponsables

    Par ailleurs l’analyse de W.Münchau ce matin ( qui fera plaisir à PJ ):

    ‘La Grèce est la crise des sub-primes européennes’ par W.Münchau / FT

    « Ceci va etre la semaine la plus importante dans les 11 ans d’histoire de l’union monétaire européenne. A sa fin, nous allons savoir si la crise fiscale grecque peut etre contenue ou si elle se métastasera à d’autres parties de l’eurozone.

    Vendredi,le FMI et le gouvernemment grec devraient etre parvenus à un accord. Il faut surveiller trois éléments: premièrement, et le plus important, la Grèce devra présenter un programme de transition expliquant clairement comment un important déficit de ses finances publiques peut se convertir en un excédent sans provoquer une récession économique (..). Ce qu’il m’a été donné d’entendre de la part d’économistes grecs est profondément décourageant.La plupart des propositions sont des vieilles ficelles de comptabilité, comme essayer d’ajouter les estimations de l’économie souterraine au chiffre officiel du P.I.B nominal. Ce que nous devrions espérer est un programme sur trois ans qui détaille les réductions de dépenses et les réformes structurelles.

    Deuxièment, le total du package de prets doit etre revu à la hausse, des 45 milliards annoncés jusqu’ici ( 30 milliards en provenance de l’UE, le reste via le FMI ).La contribution de l’UE se limite à une durée de douze mois, et je vois peu de chances que l’UE soit capable de l’accroitre maintenant ou dans un an. Axel Weber, le président de la Bundesbank, a, lui, estimé que la Grèce aura besoin d’environ 80 milliards pour traverser la période d’ajustement. Ce qui est à peu près correct.Ce qui nous avons besoin d’entendre est un engagement crédible et bien ciblé qui dépasse les 45 milliards d’euros. La Grèce aura besoin d’aide pendant au moins deux ans-pendant lesquels toutes les mesures de la politique de rigueur devront etre décidées, et mises en place.

    Troisièmement, nous devons observer la situation en Allemagne. Initialement, le gouvernement tenta d’inclurer l’amendement sur la Grèce dans le cadre d’un autre projet de loi, mais ceci rencontra des oppositions. Il y aura maintenant un processus législatif distinct.Certains parlementaires membres de la coalition de Mme Merkel ont déjà émis des doutes sur leur appui, y compris le chef de la délégation parlementaire de la CSU de Bavière, le parti frère de la CDU de Mme Merkel. Ils font valoir que la meilleure solution serait que la Grèce quitte l’Eurozone temporairement. D’un autre coté, ils ont le soutien d’une grande partie de l’establishment du pays.
    Leur argument est plein d’hypocrisie légaliste.Ceux qui l’argumentent prétendent etre particulièrement concernés par la clause de ‘no bail-out’ du Traité de Maastricht. Tout en ne voyant aucun problème à se faire les avocats d’une infraction aux lois européennes en proposant une sortie de la Grèce de l’Eurozone. De fait,la Grèce ne peut quitter l’Eurozone, sans quitter simultanément l’UE.

    Quelle que soit l’issue, est-il plus intéressant pour la Grèce de déclarer son insolvabilité à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Eurozone ? La Grèce se déclarera simplement en cessation de paiements, et ceci mettra plusieurs banques allemandes et françaises en danger, celles qui possèdent une grande partie de la dette souveraine et de la dette privée grecques.

    De ces trois points, nous aurons toute clarté sur les deux premiers à la fin de la semaine. Sur le troisième, la discussion continuera à trainer, Mme Merkel déterminée à différer la décision après le 9 Mai, la date des élections sénatoriales partielles dans le Land du Nordrhein-Westfalen.

    Je me suis souvent demandé pendant cette crise ce que cela demanderait pour que les leaders politiques européens se projettent au delà de l’issue du problème grec.Il y a tant de problèmes de coordination et de personnes convaincues de leur importance qui doivent etre consultées, la plupart
    sans une compréhension réelle des enjeux et ont de ce fait un faux sens des priorités. Dans un tel environnement, des accidents peuvent survenir. Jusqu’ici la politique de l’UE a contribué à l’aggravation de la crise. Nous aimerions pouvoir entendre un discours au moins à la hauteur de nos expectatives. Sinon la Grèce ira vers la cessation de paiements et la crise se propagera au Portugal et ailleurs
    De meme que les familles malheureuses sont malheureuses de façon distincte, le Portugal est différent de la Grèce.Le problème du Portugal n’est pas le secteur public.La dette du secteur public portugais est estimée atteindre selon l’UE 85 % de son P.I.B à la fin de l’année, ce qui est élevé, mais pas de façon exceptionnelle. Selon mes calculs, selon des chiffres de la Banque Mondiale,le ratio dette-PIB du Portugal, incluant la dette publique et la dette privée, atteint 233%, 74 % pour la dette publique et 159 % pour le secteur privé. La position nette en termes d’investissements internationaux est négative pour un montant qui atteint 100 % du montant du PIB, le montant représentant les actifs portugais à l’étranger comparé aux investissements étrangers au Portugal.

    Le déficit des finances publiques devrait rester juste en dessous de 10% du PIB.Il y a une crise sévère du secteur privé. Et, comme la Grèce ou l’Espagne, le Portugal a perdu entre 15 et 25 % de sa compétitivité pendant la première décennie de l’eurozone.

    Ce à quoi nous assistons ici en Europe est l’équivalent de la crise américaine des sub-primes. A moins que nous ne recevions des bonnes nouvelles d’Athènes d’ici vendredi, elle éclatera bientot.”

    1. « La Grèce devra présenter un programme de transition expliquant clairement comment un important déficit de ses finances publiques peut se convertir en un excédent sans provoquer une récession économique »

      Je pense que tous les économistes du monde seront intéressés par un tel; programme. D’ailleurs, si la Grèce produisait un tel document personne ne la croirait.

      De plus le « problème fiscal » grec (l’équilibre de ses comptes publics) n’est pas la question principale. Pour rembourser sa dette extérieure, ou simplement en payer les intérêts, la Grèce doit dégager un surplus considérable dans ses échanges commerciaux et de services. Or elle n’y est jamais arrivée.

      Dans l’attitude des économistes qui se penchent sur son cas il y a un présupposé : si la demande intérieure fléchie l’économie se tournera vers l’export. Pour un allemand c’est une évidence. Mais la Grèce n’exporte que des olives et des raisins de Corinthe, et vit du tourisme. Comment peut-on imaginer que la demande pour ses produits explose au point d’augmenter de plusieurs dizaines de milliards le solde des échanges extérieurs grecs ?

      Il reste les avoirs des grecs riches logés à l’étranger et les trésors de ses armateurs. En les rapatriant ils sauveraient leur pays. On peut rêver….

  8. « Ils » finiront bien par comprendre, tous, que la seule solution qui ne lèsera personne est la prise en charge des intérêts des dettes publiques par la BCE et l’émission annuelle de monnaie centrale correspondante à un pourcentage de remboursement du capital de la dette.

    1. NON ça lèsera l’ensemble les citoyens européens en dévaluant leur monnaie. L’impact, par contre ne serait pas uniforme. Quant aux bénéficiaires, qui vous assure que cela ne sera pas les heureux bénéficiaires d’une nouvelle série de défiscalisation compétitive (crédit d’impôt recherche) ou autre (loi Scellier…)?

  9. Il n’y a tout simplement plus assez d’argent et le système économique mondial ne peut plus qu’imploser sous le poids des dettes. Affirmer cela il y a 2 ans provoquait des ricanements.

    Bientôt, il n’y aura plus que des débiteurs (Etats, collectivités locales, banques, entreprises, particuliers,…) et, pour la plupart, insolvables.
    La France va, de surcroît, être écrasée par la facture sociale directe (indemnisations, subsides) et indirecte (baisse des recettes fiscales) de la crise dans un pays qui tire, en outre, 6,5 % de son PIB du tourisme (avec les effets induits sur les professionnels concernés).

    Nos pathétiques marionnettes gouvernantes sont, elles, coincées entre leur fidélité au « mur de l’argent » et leur désir de pérenniser leur caste de privilégiés. Il ne faut pas demander à des marionnettes de se transformer en acteurs, alors n’attendez pas de solutions de leur part.

    Tout ce chemin en 2 ans « ça fait frémir, faudrait pouvoir dire stop » pour paraphraser Bashung. Mais c’est trop tard.

  10. Excluant qu’un défaut de la Grèce puisse être organisé, Christine Lagarde a martelé que « La restructuration (de la dette) est hors de question », tout en reconnaissant devant un public américain que « c’était un peu chaotique ». Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso se sont de leur côté efforcés de calmer le jeu.

    Les élections allemandes sont le 9 mai, la date d’échéance du refinancement grec le 19 du même mois. Ce créneau de tir pourra-t-il être attendu ? Les chefs d’Etat risquent fort de devoir se réunir sans l’attendre.

    1. Commençant à appréhender le vocabulaire lagardien, je pencherais plutôt pour une expression de type « c’était un peu acrobatique ».
      Pour rester dans le domaine du cirque … 🙂

    2. Dans ces conditions et si les taux continuent à grimper d’ici le mois prochain, est-il envisageable pour la Grèce d’en arriver à être obligée de sortir de l’Euro contre toute attente ?

      D’autant plus qu’on commence à entendre des voix au sein de l’UE, telles les sirènes tentant d’attirer Ulysse dans les abysses, qui clament aux autorités grecques que cela n’aurait rien de « honteux » à sortir momentanément de l’Euro.
      N’y a t-il pas une certaine hypocrisie de la part de certains dirigeants des pays de l’Eurozone qui semblent pousser gentiment la Grèce vers la porte tout en lui disant qu’ils ne souhaitent pas la voir sortir ?

    3. Plus les autorités nous rassurent que tel évènement ne va pas se produire, plus on peut tenir pour certain qu’il va se produire. Ce n’est pas qu’elles soient dans le déni, le mensonge ou l’hypocrisie, c’est simplement que c’est leur devoir de maintenir le navire à flot aussi longtemps que possible, même si on voit bien que les courants le conduisent tout droit sur les récifs.

  11. Bonjour,

    On peut lancer les paris :

    Qui l’emportera ? Les intérêts électoraux d’Angela Merkel qui lui dictent de dire non à l’aide de la Grèce ou les intérêts européens de cohésion, d’aide à la Grèce et de soutient de l’euro ?

    Je crois qu’on est à 50/50 et que le feuilleton n’est pas terminé 🙂

    De toute façon j’ai le sentiment que le bateau prends l’eau de toutes parts, demain c’est Goldman Sachs qui devra rendre des comptes… ça bouge dans le monde financier, on va forcément vers des changements importants car la dette de la Grèce n’est qu’un épisode du feuilleton dont j’imagine que Paul Jorion a déjà le script en main 🙂

    Amicalement

  12. « Quand c’est pas gai, faut pagayer » proverbe terrien 2010

    Vu de ma planète, les problèmes financiers actuels ressemblent aux courants d’un fleuve agité, sur lequel tenterait de flotter une embarcation chargée d’homo- fricus-fricus .

    Crise de la Grèce = baisse de la valeur euro
    Baisse de la valeur euro = hausse potentielle des exportations européennes
    Mais…
    Euro fragilisé = dollar toujours monnaie de référence unique
    Dollar toujours monnaie de référence unique = déficit américain financé

    Mais…
    Euro sur-fragilisé = effet domino
    Effet domino = ?

    http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/l-euro-et-d-autres-devises-menaces-par-les-craintes-sur-la-grece-246349.php

    http://blogs.lexpress.fr/attali/2010/04/le-deshonneur-et-la-guerre.php

  13. Deux nouveaux proverbes à l’usage du jour : Quand le batiment va, la bulle va. Nous sommes tous des grecs qui s’ignorent.

  14. Lundi 26 avril 2010 :

    Les taux grecs à 10 ans ont atteint un nouveau record lundi en dépassant le seuil de 9 %, entraînant dans leur sillage les rendements des autres pays fragiles de la zone euro, le Portugal en tête.

    A 18H00, les taux longs grecs étaient à 9,388 %, contre 8,680 % vendredi soir, après avoir atteint leur plus haut niveau depuis l’entrée du pays dans la zone euro, à 9,401 %.

    Le différentiel avec le Bund allemand à 10 ans qui sert de référence sur le marché s’élevait à 634 points de base, contre 561 vendredi soir.

    Les taux grecs à 2 ans, de leur côté, s’établissaient à 12,96 %, contre 10 % vendredi, signe d’une forte défiance à court terme sur la solvabilité du pays et sa capacité à réduire drastiquement ses déficits.

    Autre signe de défiance : les CDS grecs sont montés au-dessus des 700 points, un niveau record, ce qui fait de la Grèce un pays considéré comme aussi risqué que l’Argentine ou le Venezuela.

    Parallèlement, les rendements des pays périphériques (les moins sûrs de la zone euro) se sont fortement tendus, faisant craindre une contagion de la crise à d’autres pays de la zone euro.

    Or, plus le coût de la dette de ces pays se renchérit, plus cela freine le rétablissement de leurs finances publiques.

    Les taux à 10 ans du Portugal – la deuxième cible du marché après la Grèce – ont dépassé les 5 %, pour s’établir à 5,197 %, contre 4,958 % vendredi soir. Les taux à 2 ans ont atteint eux 3,639 %, contre 2,937 % vendredi soir.

    En Espagne, les taux à 10 ans étaient à 4,057 %, contre 3,890 % vendredi, et ceux à 2 ans à 1,872 %, contre 1,696 % vendredi soir.

    Enfin, concernant l’Irlande, les taux à 10 ans ont grimpé à 4,907 %, contre 4,777 % vendredi, et les taux courts à 2,994 %, contre 2,344 %.

    Romandie

  15. Des news de NBG :
    http://marches.lefigaro.fr/stocks/valeurs.html?ID_NOTATION=1959658

    Doooooooohhh !!!

    -30,56% en un mois.

    Si l’aide tarde encore de deux semaines, la cotation de NBG va prendre -30% pendant ce temps si ça continue (et je ne vois pas en quoi cela cesserait, vu le bor..l ambiant).
    La côte de l’action est passée sous la barre des 11€, avant de se rétablir in fine juste au-dessus, flirtant avec les plus bas de la cotation de l’action depuis fin 2008.

    Question 1 : à la fin de la semaine, à quelle côte sera l’action qui représente 35% des valeurs bancaires et 12,73% de l’ensemble des cotations de l’Athex ?
    Question 2 : combien de temps peut résister NBG à cette ‘pression’ ? Une semaine ? Un mois ?
    Question 3 : combien de temps Lehman Brothers a résisté avant la faillite ?

  16. La crise de la dette publique va dominer tout le reste et imposer de tenter de trouver des solutions inédites, car elle est trop importante pour que les anciennes recettes fonctionnent.

    Après avoir réussi l’exploit de faire exploser la dette , et dans le droit fil des politiques dites d’austérité , les gouvernements peuvent (on en est plus à ça près) stopper net la machine des services publics, céder les parts dans les entreprises ainsi que le patrimoine des Etats.
    Il y a foule au portillon pour l’ouverture des soldes 🙂

    1. Et là, tu verras qu’il y en aura du cash. Comme par magie.
      Sinon, pourquoi tu ne post plus chez JF?

  17. Une hypothèse à ne pas négliger serait la volonté de l’Allemagne de délibérément laisser la crise grecque enflée jusque un certain point. Point qui n’aurait pas grand chose à voir avec les prochaines élections allemandes. Mais plutôt à une parité Euro/Dollar satisfaisante pour l’Allemagne.

    Il faut noter que l’affaire grecque commence à sérieusement inquiéter les américains. Et ce ne sont ni Lagarde, ni Merkel qui ne cherchent vraiment à calmer les marchés.

    1. Si tel est le cas cela prouvera une chose : c’est que même dans ce domaine l’UE ne sert à rien.
      Chacun joue sa partie pour les intérêts investis dans son pays.
      En espérant en récupérer d’autres au détriment des voisins.
      La Grèce n’est que le début.
      La masse ne devrait pas s’y tromper elle n’est là que pour jouer la variable d’ajustement.

  18. Au chapitre des inconséquents, vous lirez avec grand plaisir les conclusions de la réunion de printemps FMI-Banque Mondiale:

    « une démarche cohérente pour réformer le secteur financier » Bulletin du FMI en ligne 24 avril 2010

    ï‚· Il convient de s’attaquer ensemble aux problèmes qui subsistent

    ï‚· Il faut encore renforcer la réglementation et le contrôle du secteur financier

    ï‚· Le chômage, la hausse de l’endettement public et les flux de capitaux demeurent des
    risques

    Le comité directeur du FMI préconise une démarche concertée et cohérente pour
    réformer le système financier international et ainsi soutenir la reprise de l’économie
    mondiale. »

    La réforme, pour ainsi dire, aux calendes grecques, lol

    http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/survey/so/2010/pol042410bf.pdf

  19. Je n’imaginais pas que la communauté « financière » internationale nous mènerait si rapidement au pied du précipice. Nous y sommes, et les politiques ne comprennent toujours pas quels dangers menacent les nations. C’est affligeant !
    La bonne nouvelle est que le petit jeu de faire croire que tout va bien et est sous contrôle tire à sa fin. De vraies décisions vont devoir êtres prises. Inflation ? Déflation ? ou faillite globale (i.e. éfondrement) ?…

  20. Les dettes publiques de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne dont on parle ne sont qu’un feu de paille.

    Le véritable seisme viendra viendra probablement à partir du 6 mai ou cet été, lorsqu’on parlera de la dette de l’Angleterre et des USA

    C’est à ce moment que les choses sérieuses commenceront. La deuxième partie de l’année 2010 risque d’être mouvementée et en 2011 le cataclysme ? :

    http://www.europe2020.org/spip.php?article637&lang=fr

  21.  » […] et va forcer les gouvernements à tenter de sortir de l’ornière dans laquelle ils se trouvent ».

    A ce stade, il n’y a guère de solution. Du reste, personne dans l’appareil politique n’est capable d’en proposer au-delà du Yakafaukon. Le défaut sur la dette n’est pas un problème en soi, c’est même plutôt le début d’une solution puisqu’il marque la fin d’une illusion et donc l’ouverture à davantage de réalisme. Le seuil de douleur, au-delà duquel une remise en question devient une nécessité vitale, n’est pas encore atteint. Le problème prendra une véritable nouvelle dimension quand il faudra transférer la charge de la dette publique dans les patrimoines privés.

  22. Le dilemme d’Angela Merkel est le suivant : soit je demande à mon pays de débourser les quelques milliards d’Euros pour la Grèce et je perds les élections régionales du 9 mai , soit je dit niet et les grecs n’ont qu’à se faire …..Et dans les deux cas elle perd. Car si elle paye ,elle sait que les autres pays du club med et d’ailleurs vont aussi avoir besoin des Marks ,pardon des Euros allemands, et là ça risque de coincer très fort soit elle ne paye pas et certaines banques allemandes vont en payer le prix fort. ça commence à sentir le pâté.

  23. décidément bien paumé ce monde de décideur, je me demande s’ils arrivent à émerger parfois de leur nuit sous somnifère, je me demandais depuis un moment c’est quoi ce jeu, qui arrive à des situation que la règle ne prévoit pas, il y avait entre deux de quoi penser à des cartes cachées, mais quand elles s’abattront, insignifiantes, le butin ira fructifier à Lisbonne, aux Bermudes, aux île Maurice, Caïman, Chypre, Luxembourg, Rome… sans doute Michael Bloomberg maire de New York pourrait nous dire, ce type qui posa avec les pompiers, et dont la fondation détient 400 millions de dollars dans des paradis fiscaux offshores… lui même qui mettait il y a peu Obama en garde contre une réforme de la finance…
    ajoutons à cela la désertification, le grondement et le panache de Katla (« les trois éruptions de l’Eyjafjöll ont toujours été suivies par celle de Katla, la mitraille contre une mosquée à Istres, etc etc… j’ai bien peur que le fil rouge que j’effiloche conduise une flamme sur une trainée de poudre…

  24. Je commence à trouver désagréable les accusations proférées contre l’Allemagne.

    Je ne veux pas défendre le gouvernement allemand, mais je voudrais rappeler que l’Allemagne est elle-aussi surendettée.

    D’après le FMI, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB en 2014.

    Alors arrêtons de faire croire que l’Allemagne roule sur l’or, et qu’elle est égoïste en ne voulant pas prêter à la Grèce.

    Mettons-nous à la place des Allemands : il faudrait que l’Allemagne se surendette encore plus, pour prêter à la Grèce 8,4 milliards d’euros à fonds perdus.

    L’Allemagne ne VEUT pas prêter à la Grèce.

    Et même si l’Allemagne voulait, l’Allemagne ne POURRAIT pas prêter à la Grèce.

    Non seulement l’Allemagne est surendettée, mais en plus les communes allemandes elles-mêmes sont surendettées.

    L’Allemagne a le plus grand mal à régler ses propres problèmes économiques et financiers, alors comment voulez-vous qu’elle prête 8,4 milliards d’euros à la Grèce (qui est bien incapable de rembourser quoi que ce soit) ?

    Lisez cet article daté du 2 février 2010 :

    Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine.

    Les communes allemandes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur leur situation financière désespérée mardi, et prévenu qu’un certain nombre d’entre elles étaient « au bord de la ruine ».

    La fédération allemande des communes table sur un déficit cumulé de 12 milliards d’euros cette année, le plus élevé de l’après-guerre.

    La crise économique et financière a sérieusement amputé leurs revenus, dont la taxe professionnelle, proportionnelle aux bénéfices des entreprises, représente le plus gros. Les recettes fiscales de la taxe professionnelle ont chuté de plus de 18 % sur un an en 2009.

    En parallèle les dépenses des communes, auxquelles incombe notamment une partie de l’indemnisation des chômeurs, ont augmenté.

    Et cette tendance devrait nettement s’aggraver cette année alors que le marché du travail allemand, pour le moment relativement épargné par la crise, va se dégrader.

    « Nous allons devoir faire face à la deuxième vague de la crise », a prévenu Petra Roth, présidente de la fédération et maire de la capitale financière du pays, Francfort (ouest), lors d’une conférence de presse.

    Les Echos

    1. La question de savoir si les Etats étaient trop endettés (et ils l’était déjà selon les critères de Maastricht) ne s’est pas posé quand il a fallu sortir des sommes bien supérieures pour renflouer les banques ou financer les conséquences de la crise. Le refus de l’Allemagne est malsain car il est électoraliste et idéologique. De plus, il favorise clairement le rôle des marchés financiers alors qu’une aide franche leur aurait coupé l’herbe sous le pied…

    2. J’aurais dû citer l’origine de mon post, un article de François intitulé L’actualité de la crise: l’austérité comme unique stratégie.

      En l’occurrence, c’est la BCE qui l’a prise, en laissant à penser que les obligations de l’Etat grec ne seraient prochainement plus prises en pension (en raison de leur note dégradée et de l’arrêt de certaines mesures d’assouplissement provisoires). Une décision beaucoup plus politique que financière a donc été prise, qui avait pour objectif de donner la main aux marchés, afin qu’ils fassent ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’eux (si l’on peut dire). Qu’ils engagent une spéculation amenant le gouvernement grec à capituler et à prendre à son compte une politique d’austérité. En vue de non seulement rétablir les comptes grecs, mais surtout de montrer l’exemple à toute l’Europe. Ce coup de billard avait pour objectif de susciter une pression imparable, si la zone euro tardait à intervenir (ce qu’elle a fait), et à faire jouer un mécanisme pour s’appuyer dessus comme d’un levier.

    3. Le refus de l’Allemagne n’est pas malsain : il est dicté par la réalité.

      La réalité de l’Allemagne aujourd’hui :

      – la dette publique explose ; l’Etat allemand aura en 2014 une dette de 91,4 % du PIB,

      – un grand nombre de communes allemandes sont ruinées,

      – les dépenses publiques vont exploser dans les années qui viennent en Allemagne : vieillissement de la population, augmentation des dépenses de santé, augmentation du prix du pétrole et du gaz naturel, fin de l’énergie abondante et pas chère, etc.

      – l’Etat a décidé de payer les deux tiers du salaire des Allemands qui doivent rester chez eux en chômage partiel : cela permet à l’Etat de faire baisser artificiellement les chiffres du chômage, mais ça coûte une fortune,

      – etc.

      La conclusion pour l’Allemagne s’impose : essayons déjà d’éviter les émeutes en Allemagne, et essayons déjà de régler les problèmes gigantesques en Allemagne.

      L’Allemagne est elle-même surendettée, l’Allemagne est elle-même dans une situation de crise dévastatrice, donc l’Allemagne ne peut pas prêter 8,4 milliards d’euros à la Grèce.

      D’autant plus qu’elle sait que la Grèce ne pourra jamais les lui rembourser.

    4. @ Crapaud Rouge :
      Punaise !! Les batraciens ont une mémoire d’éléphant !!
      🙂

      Salutaire rappel. Les ‘chiens’ ont été lâchés. Trichet est responsable (‘mais pas coupable’).
      Ceci dit, cela n’aurait pas pu continuer très longtemps comme ça non plus …

    5. Je confirme. J’habite près de la frontière allemande. Pendant deux décennies (1990/2000), les Allemands ont fait littéralement la razzia sur toutes les ventes immobilières qui se faisaient dans ma commune et dans toutes celles limitrophes de la frontière. Il en a résulté une explosion du prix de l’immobilier. Aujourd’hui, quantité de biens ne trouvent plus d’acquéreurs. Il semblerait que même pour les Allemands, il soit devenu difficile de vivre « wie Gott in Frankreich ».

    6. La critique principale qui est faite à l’Allemagne c’est sa politique macro-économique basée sur la modération salariale et la relance/croissance/? par l’exportation. C’est une stratégie qui ne peut marcher que *contre* les autres. C’est donc fondamentalement anti-européen.

      Pour ce qui est de l’aide à la Grèce, ben, l’Allemagne est dans la même situation que tous les autres pays européens, sans doute en un peu moins pire. C’est une décision politique à prendre, qui est compliquée en Allemagne par les élections prochaines. Je ne pense pas qu’il y ait grand-chose de plus à dire.

    7. @BA: « Le refus de l’Allemagne n’est pas malsain : il est dicté par la réalité » : sauf que l’Allemagne oublie qu’exiger de la Grèce qu’elle se plie à une « saine » politique d’austérité au lieu de faire comme les autres, (s’endetter davantage), c’est l’envoyer au casse-pipe. Dans un système qui marche depuis 30 ans sur l’endettement, une politique « saine » revient à nier « la réalité ». Le mot « sain » ne veut plus rien dire ! Etait-il « sain » de déréguler les marchés, de soumettre les finances publiques à leurs lois, de permettre aux capitaux de déguerpir pour aller se poser où bon leur semble, de les laisser se planquer dans des « paradis », d’échapper systématiquement au fisc ? Et c’est quoi, in fine, ces quelques milliards d’euros eu égard aux montagnes de dettes qui se dressent partout ? L’Allemagne a créé un point faible dans la coque du bateau, une fissure ridicule, mais la pression va se charger de l’agrandir. C’est d’autant plus regrettable de sa part que personne ne l’avait contrainte à accepter la Grèce dans l’euro.

    8. @Nicks

      …alors qu’une aide franche leur aurait coupé l’herbe sous le pied…

      Si seulement cela pouvait être vrai! La totalité des états qui financeront la Grèce au prorata de leur participation à la BCE est en déficit. Pour leur dette la situation est encore pire. Où croyez vous qu’ils vont donc trouver les sommes nécessaires pour aider la Grèce puis les autres pays? Sur les marchés financiers bien entendu.

      Ces derniers ne manqueront pas de dégrader à terme la notation de ces pays. Ce processus est déjà amorcé alors même qu’aucune aide n’a été versée à la Grèce, sur la seule base de leur endettement propre. Toutes les agences de notation ont déjà averti les pays concernés que le maintient de leur endettement conduira à terme à une dégradation de leur note. Or de toute évidence, on va vers un accroissement de cette dette et non une diminution (sans tenir compte de la Grèce et des autres pays).

      Comme je l’ai déjà indiqué dans des posts précédents, le problème dépasse de très loin celui de la seule Grèce et même des pays de la liste PIGS. Nous sommes entrés dans une spirale infernale. Les effets de cette spirale se feront sentir à long terme pour des pays comme la France et l’Allemagne, à court terme pour les pays de la liste PIGS et à très court terme pour la Grèce.

      En clair, l’aide à la Grèce dans les conditions proposées ne règle rien sur le fond. La dette de la Grèce augmentera suite à cette aide. Elle permet juste de donner un temps de répit aux grecs et par voie de conséquence aux autres.

      Les politiques n’en demandent pas plus… Repousser les échéances et diluer les problèmes dans le temps voilà les maîtres mots, ou devrais-je dire les maîtres maux. Ce pattern managérial classique, cela fait 40 ans qu’on nous le sert à tout bout de champs en France! Aucun problème n’est jamais réglé. Combien de temps cela pourra tenir? Je dois avouer que je n’en sais rien… En tout cas je ne vois pas comment cela peut tenir…

  25. Une idée de billet à venir ?

    « Ce que nous n’avions pas prévu… »

    (juste parce que je suis retourné voir ce qui se disait ici voici 1an…1an et demi…)

  26. Newsmanagers 14/11/2005, AXA IM déroule le scénario d’un éclatement de l’euro.
    Et si la zone euro implosait ?
    Après les résultats négatifs du référendum, les faibles taux de croissance que connaissent nombre de pays de la zone, l’absence de politique commune budgétaire et fiscale, la question ne peut être éludée. « Personne n’ose y croire mais c’est un risque que personne ne peut écarter.

    L’euro est un outil qui, aujourd’hui, n’a pas les éléments pour fonctionner.
    Nous considérons aujourd’hui que l’anticipation de l’éclatement de l’euro est faible. Ce n’est pas dans les cours », avance Christian Rabeau, directeur de la gestion d’AXA IM. Mais en bon gestionnaire des risques, AXA IM déroule son scénario comme si …

    Et la liste des conséquences recensées par AXA IM n’est pas mince : fragilisation accrue des pays fortement endettés (Italie, Grèce, Portugal ), émergence d’un marché actions à deux vitesses, augmentation des primes de risques pour tenir compte de la fragilité des monnaies « dissidentes », nécessaire refonte des indices, instabilité du change pour les entreprises, élargissement des spreads pour les portefeuilles d’instruments de taux…
    Une chose est sûre : ce sont les marchés obligataires qui seraient les premiers touchés.

    Pour le moment, ce sont essentiellement les clients asiatiques et du Moyen Orient qui s’inquiètent de cette éventualité. « La question pour les gérants sera d’identifier un changement de politique monétaire, estime Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président et directeur de la stratégie d’Axa Investment Managers.

    1. Parmi les conséquences d’un éclatement de l’euro, vous oubliez qu’un nouveau terrain de jeu serait ouvert à nos amis financiers, de quoi se faire des c… en or pour beaucoup de traders et assimilés.

    2. Scénario effectivement possible. Cependant, son déroulement politique pourrait difficilement être aussi rapide que les acteurs de marché. La crise grecque montre ce différentiel de réactivité entre le monde politique fait de réunions interminables et celui de la finance régit par l’impatience.

      L’ Allemagne et la France ne tombent pas dans le piège de la précipitation et laissent la main aux marchés. Leur réaction est naturelle car le sort de la Grèce ne concerne pas seulement l’Europe mais peut ébranler le système financier tout entier. Les acteurs de marché n’auront d’autres choix que de chercher à stopper par eux même la machine qu’ils ont lancé. Comprendre qu’ils ne chercheront pas à particulièrement sauver les états mais éviteront une contamination aux banques européennes.

      Jusqu’où ira cette crise? Pour moi, seul le système en décidera. Les dirigeants n’ont d’autres choix que de se cacher en attendant que l’orage passe. Ce système réagit un peu comme un prédateur, l’agitation et la peur éprouvée par sa proie le renforce. Il n’y a pas d’autres choix que de s’immobiliser avec l’espoir qu’il se lasse et en repère une autre.

  27. la grande catastrophe va venir : en plus de l’indomptable montée des taux grecs, ceux du Portugal commencent à devenir inquiétants et risquent bientôt de dépasser les 6%…l’indécision condamne l’Europe…quant à Christine Lagarde ex-championne de natation synchronisée, elle devrait se mettre à l’apnée…
    C’est le moment de vérité : c’est un combat pour la vie entre banques et nations…je commence à croire que cette crise financière doit aboutir soit à l’effondrement des nations (et là je ne donne pas cher du futur de la démocratie) soit à l’effondrement des banques (retour des banques nationalisés, très fort étatisme sous diverse forme).

    1. « soit à l’effondrement des nations (et là je ne donne pas cher du futur de la démocratie)  »

      Sans nations, je ne donne pas cher de la peau des capitalistes non plus. Le destin de la bourgeoisie est lié à celui des Etats-Nations.

  28. Mais qui sont les créanciers de toutes ces montagnes de dettes dont on parle partout.
    Plus d’argent dans les entreprises, plus d’argent dans les banques, plus d’argent dans les pays.
    Tout le monde est sur-endetté.
    Auprès de qui bon sang ???
    Qui fait mumuse avec des milliers de milliards ???

    1. Ca fait longtemps que je me pose la même question. Ah, le rêve d’un cadastre mondial des fortunes…
      La réponse est certainement à rechercher du côté des très riches particuliers. Le récent classement des 1000 plus grandes fortunes aux UK ont montré un hausse de 30% sur 2009. Généralisé au monde entier, cela laisse pensif…

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