Un abominable malentendu !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Extrait d’un article du Wall Street Journal en ligne d’aujourd’hui : EU Call for Unity on Short-Selling Ban Angers France

The euro came under new pressure amid a market perception that an EU-wide crackdown on short-selling could make the common currency the main way for investors to express bearish views on the region’s debt crisis.

Je traduis : « L’euro à nouveau soumis à des pressions en raison d’une perception du marché qu’une répression de la vente à découvert à l’échelle de l’Union Européenne pourrait transformer la monnaie commune en principal moyen pour les investisseurs d’exprimer leur opinion négative sur la crise de la dette dans la région ».

Soyons donc reconnaissants aux journalistes du « Journal », Matthew Dalton et Terence Roth, de nous avoir ainsi ouvert les yeux. Nous avions en effet le sentiment qu’il s’agissait pour des spéculateurs de précipiter la chute de pays en difficulté financière pour tenter d’en tirer autant d’argent que possible, alors qu’il ne s’agissait en réalité que d’investisseurs soucieux d’exprimer une opinion ! Le malentendu était donc total.

Mais le mal est réparé. Gageons qu’en apprenant cela, Mme Merkel se rendra compte qu’elle a succombé à son tempérament soupe-au-lait et reviendra sur sa décision précipitée.

Et quant à moi : « Mea culpa ! », ou en américain : « Sorry guys ! No hard feelings ! » (Mes plus plates excuses les poteaux ! Sans rancune !)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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162 réflexions sur « Un abominable malentendu ! »

  1. Le silence de notre président est assourdissant, incompréhensible.
    Et dire qu’il y a quelques temps il était supposé être le leader européen de la lutte contre la spéculation …

  2. La France peut devenir le leader des pays du club med+afrique+moyen orient(sauf israel)….l’amérique latine suivra car Espagne et Portugal y seront….
    Mieux vaut gagner  »l’Europa league » que de chaque fois perdre en demi finale de la «  »Champions league » »….

  3. CA Y EST LES GARS !!! Je viens de retrouver la vraie Merkel celle que je connaissais jusqu’ici et non cette pseudo Jeanne d’Arc que certains croient voir ici.

    Il suffit de lire la presse allemande pour rétablir la VERITE !

    « Changement de cap en 48 heures, la coalition gouvernementale est favorable depuis mardi à l’instauration d’une « taxe sur les transactions financières ».
    Les groupes parlementaires démocrates chrétiens et libéraux (FDP) se sont accordés sur ce point après de longues hésitations souligne le Frankfurter Rundschau. Ce nouvel impôt est évoqué maintenant dans le cadre de la fiscalisation des marchés financiers, sur le même plan que la taxe sur les les activités financières, l’impôt bancaire, prélevé sur les bénéfices, les salaires et les bonis des banques, un projet qui a déjà été examiné par le gouvernement.
    L’union européenne a décidé quant à elle de « prendre en laisse les fonds spéculatifs », constate le Rundschau. Leurs managers devraient dorénavant s’enregistrer et exposer leurs stratégies d’investissements et les risques encourrus. Les ministres de finances se sont accordés sur ce point à Bruxelles mardi.
    Le FDP refusait jusqu’ici l’idée d’une taxation des transactions financières, la chancelière s’y opposait aussi jusqu’à dimanche. Elle soulignait devant le congrès de la confédération des syndicats (DGB) qu’elle était rejetée par le FMI et ne serait pas acceptée internationalement.
    Le chef du groupe parlementaire démocrate chrétien, Volker Kauder, militait lui fermement pour son instauration.
    La chancelière tient là au moins une petite victoire emportée contre la Grande-Bretagne,souligne le Süddeutsche Zeitung. Mais que les ministres des finances du groupe euro se soient prononcés en faveur d’une taxe sur les transactions financières lui plait beaucoup moins. La chancelière a été dupée par Bruxelles.
    Après qu’une majorité des ministres des finances de l’euro se soit prononcés en sa faveur, le gouvernement berlinois a découvert l’art de l’accélération en se prononçant lui aussi en faveur d’une taxe financière internationale. Qu’il s’agisse d’une taxe sur les transactions comme le souhaitent la CSU bavaroise ou Jean-Claude Juncker, président de l’euro-groupe, ou bien d’un impôt sur les activités financières et bancaires qui a la préférence de Merkel et de Schäuble.
    En saura-t-on plus vendredi avec le projet de loi qui devra être voté pour l’adoption du plan de stabilisation de l’euro?
    La résolution adoptée mardi par les groupes parlementaires démocrates chrétiens et libéraux demande seulement pour l’instant au gouvernement d’intervenir au niveau européen comme sur le plan international pour l’instauration d’une taxe efficace sur les marchés financiers, souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
    La question de savoir s’il s’agit d’une taxe sur les transactions ou sur les activités financières reste ouverte. L’une ou l’autre sont évoquées dans le texte adopté. La nouvelle taxe sur les transactions pourrait consister en un prélèvement global de 001, à 0,5% sur chaque transactions.
    « La zone euro et la coalition font pression sur la chancelière Angela Merkel et le ministre des finances Wolfgang Schäuble afin qu’ils s’engagent rapidement en faveur de la régulation des marchés financiers estime le Financial Times Deutschland. » Mais tandis qu’Angela Merkel a cédé aux revendications des groupes parlementaires de la coalition en faveur d’une taxation des transactions, Wolfgang Schaüble freine lui toute précipitation. Il ne croit pas à l’efficacité d’une initiative qui resterait limitée à l’Europe, à l’inverse du chef de l’Euro-groupe, Jean-Claude Juncker. La réunion du G 20 en juin à Toronto sera le rendez-vous décisif pour la régulation des marchés financiers, en Europe y compris, estime Schäuble. »

    http://www.michel-verrier.com/revue-presse-allemagne/index.php/2010/05/19/626-la-taxe-financiere

    ————————

    Voila, nous serons fixés vendredi prochain sur l’avenir de cette TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIERES que Merkel refuse. Là, c’est du hard et non la petite mesurette bidon qui fait les chous gras ici depuis hier.
    Et si ça échoue, on saura à qui imputer cet échec.

    1. Vous concluez : « … cette TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIERES que Merkel refuse ». Mais le long article que vous citez affirme le contraire.

    2. Intéressante dynamique dans ces pas de deux réciproques de Schäuble, Merkel, Juncker, Trichet et , soyons sympa, Jouyet.
      Van Rompuy et Barroso inaudibles, ca va mieux en le disant.
      pas de Liquidité de ce côté là, du beau grain de sable bien rigide.

      Dans les moments historiques, ce sont ceux qui fédèrent le désordre des contre-offensives que l’histoire a souvent retenu. Pas sûr que ce rôle soit celui d’Angela Merkel, mais ça commence à y ressembler.

      A suivre donc.

    1. @Reveil,

      L’unilatéralisme de Merkel divise sans arrêt l’Europe, il est impossible de travailler sérieusement dans ces conditions. Elle oblige continuellement tout le monde à se positionner soit contre elle (et passer pour un anti-européen voire un égocentrique et un salaud), soit avec elle (et donc jouer son intérêt, SON intérêt uniquement). C’est une attitude de dictateur en herbe !
      C’est cela, l’Europe que vous souhaitez ?

  4. Non Paul Jorion, l’erreur vient de la revue de presse qui par excès de résumé peut prêter à confusion.
    Les articles originaux dans les journaux allemands lèvent toute ambiguïté.
    Merkel et Schaüble sont contre la taxe sur les transactions financières (tout comme Barnier, Lagarde et Sarkozy d’ailleurs) et lui préfèrent une taxe sur les banques.

    Merkel ne cesse de montrer deux visages selon qu’elle s’adresse aux Allemands ou prétend se faire porte-parole de l’UE (court-circuitant ainsi toutes les instances communautaires by the way et quelle sa légitimité ?? Gardienne de l’Euro ?? Gardinne des dogmes ordolibéraux Allemands qu’elle veut imposer et conserver à tout prix ?).
    N’oublions pas non plus les 4 mois de tergiversation pour aboutir finalement à un prêt honteux à la Grèce comme vous savez à 5% et un coût exorbitant de l’opération au final.

    Quant à cette mesure d’interdiction des CDS nus sur les oblig, c’est le SPD qui le lui a imposé. Ce n’est pas Merkel qui en est la source, elle se l’est vue IMPOSER par l’opposition SPD sous peine d’être mise en échec au Bundesrat.

    Merkel n’est ni une héroïne anticapitaliste, ni une européenne. ce qui est impardonnable !

    J’en ai plus qu’assez de cette triste comédie consistant à la prendre quasimment pour une héroïne ce qu’elle n’est vraiment pas !
    Tout autant que de ce discours ambiant tendant à faire passer l’Allemagne pour un modèle de vertu économique par nos déclinistes français et relayé naïvement par les autres. Merkel n’est pas Kohl et l’Allemagne post réunification n’est plus européenne.
    Il faut être lucide, la situation est gravissime.

    1. « Merkel héroïne malgré elle ».

      Le héros malgré lui est l’un des grands thèmes de la littérature – magistralement traité par Borges en particulier – et du cinéma bien entendu – « The Front » de Martin Ritt (1976), avec Woody Allen dans le rôle du héros malgré lui.

      Le héros malgré lui est médiocre dans sa vie, dans son système de valeur. Un jour, un concours de circonstances le place dans une situation inédite où il y a deux choix possibles : celui de la médiocrité qui lui est coutumière, et l’autre.

      Il n’y a pas de héros malgré lui bien entendu : seulement des petits miracles.

    2. Oui, Merkel pense sans doute la même chose qu’une Lagarde (c’est-à-dire rien). En fait, les politiques, ils ne faut jamais les juger sur ce qu’ils disent mais sur les actes. Et là l’Allemagne prend des décisions qui vont dans le bon sens. C’est ce qui compte. Peu importe pour moi que cela vienne du SPD et non du gouvernement. La France, elle, ne bouge pas.

    3. Merci pour votre opinion dissidente que je partage complètement. On critique à longueur de journée la politique politicienne pourquoi dans ce cas ci serait elle vertueuse.
      Je voit comme vous que l’Allemagne se comporte de manière totalement non coopérative, blocage sur la Grèce, mise au banc des pays « mangeurs d’olive ». Cette façon de faire, me rappelle celle de Busch, vous êtes avec nous ou contre nous.
      Je suis ce blog depuis quelques années déjà, même si je n’en suis pas un praticien régulier, je suis très souvent séduit par les analyses qui y sont développés, mais aujourd’hui je ressent un certain malaise devant ce qui s’y passe et l’unanimisme qui s’y développe à propos de l’Allemagne.
      L’interdiction des pratiques des ventes à découvert qui est en quelque sorte le cheval de bataille de ce blog, ne doit pas faire oublier le reste. Pour le coup c’est plus l’émotion, compréhensible, qui l’emporte sur l’analyse, c’est mon humble avis.

    4. Le même débat, amorcé par Ken Avo, (je mets le lien « pour les générations futures » 🙂 ), se continuant ici à-peu-près dans les mêmes termes, je me permets d’y insinuer mon grain de sel pour donner raison à Ken Avo sur tout sauf ce qu’il dit qu’on pense de Mme Merkel. Il ne me semble pas qu’on l’encense, on se félicite seulement de sa décision. Cependant, Paul le dit lui-même à la fin de Vers un « mark reconstitué » ?, cette décision est porteuse de division. On aura un « euro vitaminé » sauce ordolibérale, et un « euro croupion », à la traîne. S’il semble évident que la France devrait rejoindre l’Allemagne pour museler la spéculation, la suite n’est pas du tout évidente. Il n’y a pas que la spéculation dans la vie…

  5. hors sujet, à force de suivre l’insoutenable. ce qui fait battre le cœur, les mille et une vie passées présentes futures qui appellent toute la lumière… ça vient d’Islande, notre âme volcanique
    Hildur Guðnadóttir – Erupting Light , d’Islande, vidéo tournée cathédrale St. Vitus’s,
    http://www.youtube.com/watch?v=mFWSRxImPCI
    bonne journée à tous, spectateurs à la fenêtre du gros endormi qu’on appelle l’histoire qui se réveille d’une gueule de bois. Scénario de nouvelles alliances, et quoi? on est à la fenêtre pris de cours: un éclatement qu’on dira manœuvres d’un empire… on ne le sait que trop, l’histoire, les tours que ça nous joue, elle patine dur, se relève ou se casse la gueule, à force de tourner en rond difficile d’y voir tant que ça continue…
    d’être dans nos tribus incapables de voir notre territoire planétaire, incapable de travailler à un gouvernement mondial, pour avoir missionné des experts et leur mythe de l’urgence, multiplié et rangé les sujets en catégories asservies à des opérations verticales… la musique nous en raconte un bout…

  6. Ecoutons donc d’abord Mme Lagarde penser à notre place,

    « L’Allemagne a annoncé mardi qu’elle interdisait la vente à découvert à nu des dettes souveraines. »
    france info

    « C’est une décision qui, dans ses modalités, est effectivement discutable parce qu’il n’y a pas eu de concertation préalable », a dit Christine Lagarde.

    Parce que je n’ai pas d’abord été consulté le premier ou la première sur cette décision, je vais donc dire et penser que ce n’est pas du tout une bonne décision pour le pays.

    « La ministre de l’Economie a aussi souligné que la France interdisait déjà la vente à découvert sur certaines valeurs. » france info

    Donc quand ça vient d’abord de l’autre ce n’est pas bien, mais quand ça vient d’abord de nous c’est mieux aussi à voir et à entendre sur certaines valeurs, lesquelles par exemple ?

    « Sur les dettes souveraines, nous ne l’avons pas fait et nous ne le ferons pas. C’est une mesure qui doit être prise en concertation », a-t-elle ajouté une nouvelle fois sorti du coiffeur Paris 16ème.

    Ha si seulement en France la plupart des mesures étaient aussi bien prises en concertation avec tout le monde, mais non on préfère bien encore laisser les peuples à l’écart de tout cela.

    1. Il est évident de tout cela que Mme Lagarde est la meilleure ministre des finances du monde et la meilleure que la France ait jamais eu à son service.

  7. Encore une variation sur le thème du « malentendu » , variation proposée par le FMI et Christian Chavagneux
    « Le FMI a publié le 14 mai un rapport sur les perspectives des dettes publiques qui montrent que si celles-ci sont en nette progression, elles restent tout à fait gérables à moyen terme. Seule une forte hausse des taux d’intérêt pourrait mettre en péril la situation budgétaire des pays avancés. Mais, hors mouvements spéculatifs des marchés -sans fondement – celle-ci n’a pas lieu d’être.  »
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux

  8. N’est pas le pouvoir des banquiers sur les politiques qui est mis à nu par la décision de madame Merkel ?

    Lors des dernières négociations européennes, Monsieur Sarkozy était « cornaqué » par François Pérol, qui lui a passé la brosse reluire en retour, disant de « son poulain » qu’il l’avait trouvé « toujours aussi fringuant  » (entendu sur BFM).

    Quel banquier et/ou assureur accompagnait madame Merkel ?

  9. Voici les liens pour une sacré émission…où l’on apprend qu’il ne faut pas effrayer les gentils prêteurs, vous et moi, que l’on vit au dessus de nos moyens et que les prolos doivent se serrer la ceinture pour rembourser la dette ,qu’il y a la bonne dette et la mauvaise,qu’il ne faut pas décourager les patrons d’entreprise , seuls créateurs de richesse, etc, etc…Si après cela vous n’êtes pas convaincus…

    J.Atali L.Fabius , Plihon,une chef d’entreprise (proche medef)et notre ineffable « toujours plus » F.De Closet ,qui commence à être un peu dur de la feuille..

    Après cela, on peut dormir sur nos deux oreilles…

    http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1064

    1. J’ai regardé cinq minutes et puis j’ai zappé sur Lost.
      Au moins dans la série les protagonistes sont lucides : ils savent qu’ils pataugent.

    2. De Closet, je ne sais pas pourquoi, il me tape sur les nerfs. Je le vois bien faire des conférences dans les maisons de retraite, les p’tits vieux et les p’tites vieilles seraient aux anges !

    3. Pour en illustrer l’endroit (celui de l’envers qui n’est pas l’envers mais bien l’endroit) des risques pris des bénéfices encourus, cet article : « Sexe, mensonges et les déversements d’hydrocarbures 5 mai 2010 »
      http://www.huffingtonpost.com/robert-f-kennedy-jr/sex-lies-and-oil-spills_b_564163.html

      PS l’article est en anglais, je ne sais donc pas très bien ce qu’il faut ou qu’il faudrait en retenir mais que disent les spéculateurs et autres experts financiers cette fuite de pétrole de la plate-forme BP qui se déverse et se déverse …?

  10. L’Allemagne a sans doute decidé de faire cavalier seul car elle est entourée de grands timides qui tiennent un double langage des moins subtils: La Commission Européenne et la France. Ces grands champions qui se surnomment « les tueurs de spéculateurs » affirment ne pas avoir ete consultés et ne comptent pas suivre pour le moment! L’Angleterre de son coté a depuis longtemps decidé de protéger les services financiers de la City qui pèsent 15% du PIB du pays.

    Malheureusement l’initiative allemande restera symbolique si elle n’est pas suivie par tout le monde. C’est l’une des joies de l’intergouvernementalisme en Europe quand il y a avis de tempête. Un début de solution peut vite se transformer en début de division. En tout cas, cet évènement permet d’être un tout petit peu moins pessimiste que d’habitude.

    1. « Malheureusement l’initiative allemande restera symbolique si elle n’est pas suivie par tout le monde. »

      Non, ce n’est pas parce qu’un pays seul prend ce genre d’initiative que ça reste symbolique. L’effet est limité mais il y a effet réel.
      Je ne cesse de le répéter, les « il faut que tout le monde le fasse sinon ça sert à rien » sont des slogans lancés par ceux qui espèrent noyer toute initiative contre la spéculation. Or c’est faux, même si un seul pays le fait, aussi petit soit-il, cela sert à quelque chose. D’ailleurs, même une petite législation dans un petit pays est toujours férocement combattue par les lobbies financiers.

  11. La psychologie allemande post-réunification n’est pas compliquée à saisir: c’est soit tu joues l’interêt de l’Allemagne, soit tu dégages !
    Et c’est tellement énorme que ça passe !
    C’est ça l’Europe ? C’est ça la démocratie ? C’est ça la liberté et le respect des autres ? C’est ça le compromis à l’allemande ?

    1. il m’est possible de percevoir comme un certain « anti-germanisme primaire » ….. un amour de jeunesse déçu ? un défaut d’une machine type miele ou audi ?? …. peut-être pire … ils nous en ont tellement fait voir, ces bougres de teutons !! nous aussi d’ailleurs on leur a montré de quoi on est capable … bon, enfin …. bonne journée à vous.

    2. J’ai du mal à comprendre votre position. D’abord vous avez critiqué la décision allemande. Ensuite vous nous dites qu’en fait ce n’est pas la décision de Merkel mais qu’elle lui a été imposée. Et maintenant vous nous dites que l’Allemagne cherche à imposer ses vues. Tout cela me semble très confus mis à part que quelque chose vous gêne dans la décision allemande de s’opposer aux spéculateurs. Peut-on savoir ce que vous reprochez à cette décision? Je veux dire, mis à part le fait que cela soit fait sans concertation (qui est une critique du genre « il ne faut pas se prémunir contre les voleurs si on ne s’est pas d’abord concerté avec ses voisins »).

    3. L’intérêt de l’Allemagne Yvan, c’est préserver et consolider le traité de Maastricht à tout prix sans RIEN concéder. C’est à dire SA vision exclusive et unilatérale de la politique économique et monétaire. Quant à la gouvernance européenne, elle serait limitée au baton et au fouet, sans aucune autre recherche de rééquilibrage (des salaires allemands vers le haut notamment) ni d’harmonisation fiscale et sociale. RIEN ! Le néant, c’est à dire l’intérêt du plus puissant: l’Allemagne.
      La Grèce et l’Espagne sont les premières à avoir taté du fouet, il faut espérer que ça leur plait ?

      Cela dit, vous êtes peut-être d’accord avec les préceptes ordolibéraux, ce qui est votre droit. Moi je ne m’y retrouve pas. Mais quel que soit votre point de vue sur cette politique économique, les méthodes allemanded pour l’imposer sont au minimum intolérables !

      Quant à la « vertu » allemande, elle est expliquée et démontée méthodiquement par Monsieur Flassbeck (ancien vice-ministre des finances allemand et directeur de la division sur la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations Unies surle commerce et le développement à Genève)

      http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/05/avis-de-tempete-sur-l-union-monetaire-europeenne-par-heiner-flassbeck_1314796_3232.html

    4. @Moi,

      La meilleure façon de torpiller une mesure (l’interdiction des CDS nus sur les obligs) dont Merkel ne voulait pas et qu’elle s’est vue imposée par son oposition, c’était peut-être exactement d’agir comme elle l’a fait ? Sans la moindre concertation en coulisse avec les autres dirigeants pour montrer un front commun !

      Je pense qu’elle avait pourtant toute possibilité de le faire et aboutir un résultat au niveau européen que nous souhaitons tous ici.

      Quant à mon supposé anti-germaniste, oui oui c’est ça je connais la chanson. Merci, ne vous fatiguez pas.

      A titre d’exemple de l’état d’esprit des autres pays rapportés par Quatremer (un anti-européen convaincu comme vous savez, n’est-ce pas ?) quelques propos récents (avant cette dernière initative) de dirigeants européens à propos de Merkel:

      « Les partenaires de Berlin commencent à perdre patience face à ce forcing qui menace de déstabiliser la zone euro. Dimanche, Yves Leterme, le Premier ministre belge (démissionnaire), a ouvert le feu : «On a conclu des accords pour défendre l’euro. On ne peut pas, comme madame Merkel, mettre en doute leur faisabilité.» Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois et président de l’eurogroupe, en a rajouté une couche, hier à l’ouverture de la réunion des ministres des Finances de la zone euro : «Certains feraient mieux de réfléchir avant de parler.» »

      La Belgique et le Luxembourg ! L’aire d’influence la plus directe de l’Allemagne, ça ne vous dit vraiment rien ?
      Il n’y aura bientôt plus que l’Autriche et les Pays-Bas pour la soutenir encore !

      Qu’est-ce qu’il va rester de l’Union Européenne après la catastrophe Merkel ???

    5. OK, Ken Avo. Je vous rejoins sur ce point par mon commentaire plus bas.

      Ceci dit, je hais l’ordolibéralisme qui refuse toute démocratie.
      A l’inverse, je hais le désordre.

      Exigeant, quoi…

    6. « La meilleure façon de torpiller une mesure (l’interdiction des CDS nus sur les obligs) dont Merkel ne voulait pas et qu’elle s’est vue imposée par son oposition, c’était peut-être exactement d’agir comme elle l’a fait ? »

      La meilleure façon de torpiller une mesure de régulation est d’attendre qu’on se mette d’accord sur le plan international. Même lorsqu’il s’agit de mesures néo-libérales, elles mettent des décennies à voir le jour sur le plan international (voir les accords de l’OMC, etc).
      Votre argument me semble totalement inepte. Si je vous ai compris, ce qui vous gêne, c’est l’initiative allemande, pas le fond de la question. Et cette initiative allemande ne vous gêne pas pour des raisons stratégiques en vue de faire prendre des mesures de régulation, car comme je l’ai dit ce serait inepte, mais pour des raisons qui m’échappent totalement.

  12. L’histoire bégaye ? Après le « laisser faire » si cher à nos amis anglo-saxons, voici
    venu le moment de la mise au pas ( de l’oie), si cher à nos cousins germains.
    Et la France dans tout cela ? A l’image de Madame Lagarde, elle chante « tout va très
    bien madame la Marquise ! ». Waterloo morne plaine …

    1. Là, tout le monde est content. Pas besoin de concertation, elle est implicite. L’Italie va dans le bon sens, celui des capitalistes.

    2. C’est la conséquence inévitable de la décision de l’Allemagne, tous les autres sont piégés sur le marché obligataire. L’Allemagne en décidant de s’isoler de la solidarité Européenne fait peser le poids des dettes publiques sur tous les autres et laisse seule la France en caution de la zone Euro sur le marché obligataire. Mais c’est vrai, nous lâches français nous devrions faire comme Merkel, un peu de courage nous déciderait enfin à laisser les PIGS sombrer, nous devons ravaler notre fierté mal placée comme je l’ai lu, avec consternation.
      ps: Merkel a aussi prévu la mise en faillite des PIGS, puis administration par la C.E., vous avez dit démocratie, coopération?

    3. Quand un malade a trop de fièvre, on change la graduation du thermomètre.
      Belle régulation !

    4. Galien. Je ne suis pas financier, mais un foutu bon gestionnaire. (c’est mon job)

      Si je décide de mettre mes forces financières en commun avec une monnaie commune (ou un change FIXE avec les pépètes du voisin), il faut le faire jusqu’au bout.
      Soit, avoir la même politique que lui.
      Qu’elle soit bonne ou plus au moins mauvaise pour l’un ET l’autre.

      C’est exactement pareil dans un couple, il faut faire des concessions.
      Maintenant, il ne s’agit pas d’être des copies d’Allemagne. Ou des Landers.
      MAIS d’être cohérents.

    5. Oui, enfin.. je parlais de couple, mais là, ce serait plutôt une équipe de foot entrainée par un gigolo du PSG, notez.

    6. Demander aux Allemands une harmonisation fiscale, demandez leur d’équilibrer les balances commerciales intra-communautaires, demandez leur des coopérations renforcés.
      En bon gestionnaires de leur SEULS intêrets ils vous répondrons tout simplement:
      Si vous voulez qu’on face quelque chose ensemble faites comme moi!

  13. Après le ‘ni-ni’, le ‘nie-nie’ de Mme Lagarde :
    http://www.liberation.fr/economie/0101636622-pour-christine-lagarde-l-euro-n-est-pas-en-danger

    Une pratique trèèèèèèèèès difficile à maîtriser (qu’elle seule d’ailleurs maîtrise, parfaitement) : nier ce que l’on vient de nier le jour précédent.

    « Interrogée sur une «possible distance» se creusant entre les deux pays après la décision allemande, Lagarde a répondu: «Pas du tout! On est en train de construire les pièces qui manquaient à la maison euro et cette construction nécessite un consensus, des confrontations. »

    Elle aurait aussi ajouté, alors que son micro aurait subitement pour une raison inconnu été coupé :
    « Le couple Franco-allemand habite toujours la même maison et ne souhaite absolument pas divorcer ».
    Suite à cette déclaration, les différentes bourses en Europe ont perdu -10% et l’euro est passé sous la barre de 1,10 dollar pour 1 euro, ‘les marchés’ estimant que l’Union Européenne était en train de mettre fin à un processus d’unification de plus de 50 ans, enterrant de facto l’euro.

    Vendredi 21 mai :
    Mme Lagarde nie avoir nié la veille …

    1. Et attends, Zébu, j’ai encore mieux :
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/20/en-interdisant-les-ventes-a-decouvert-d-emprunts-d-etat-berlin-destabilise-les-marches-et-agace-ses-partenaires_1360301_3234.html

      « Selon une étude réalisée par l’institut de recherche Edhec Risk, l’interdiction des ventes à découvert appliquée en 2008, au plus fort de la tempête boursière, a in fine augmenté la volatilitédes cours, sans endiguer leur chute. « Cette mesure n’est le fruit que de la démagogie, elle ne repose sur aucune étude sérieuse », s’agace Noël Amenc, directeur de l’Edhec Risk. »

      AUCUNE ETUDE SERIEUSE…

      CA, c’est de l’argument !!!!!!
      On le prend aux mots..???

      TOUTE TRANSACTION FINANCIERE DEVRA ETRE DECLAREE AUX SERVICES FISCAUX DU PAYS D’ORIGINE DE L’AUTEUR DE CELLE-CI.
      Avec peine de prison minimale de 6 mois incomprésible en cas d’omission constatée.

    2. @ Yvan :
      ça devrait calmer, effectivement !!
      Si on y ajoute la confiscation des sommes qui ont transité, ça devrait pouvoir le faire, comme on dit.

      Je lis l’article et je vois des mots comme ‘image’, ‘trouble’, nerveux’, ‘fièvre’, ‘irrité’, ‘pilule’ …
      C’est quoi ce film ?
      « Marchés au bord de la crise de nerfs » ?

  14. Je ne peux pas m’empêcher de penser que cette décision unilatérale allemande, malgré une avancée dans la bonne direction, témoigne d’une intention très inquiétante de jouer en solo. L’effet d’entrainement pourrait être réel mais le souci est que par ailleurs Merkel continue d’aligner les poncifs ordo-libéraux sur un ton mauvais, donc continue de croire à une idéologie toxique et de plus fait savoir que ce sera ça ou rien. A la limite, affirmer des idées est plutôt sain dans le contexte d’immobilité du au consensus mou européen, mais sans réponse ferme et intelligente de l’autre côté, nous pouvons assister à la montée des tensions, voire à une explosion. Voilà pourquoi, une profonde intuition me dite que la décision de Merlek, bien qu’annoncée depuis quelques temps, n’est pas réjouissante…

    1. @Nicks,

      Pour répondre à une question dont vous vous souvenez peut-être que vous m’aviez posée ici, la réponse est oui ! 🙂

  15. FINANCES – Une réunion se tenait ce jeudi à l’Elysée…
    Nicolas Sarkozy veut réformer la Constitution pour modifier la gouvernance des finances publiques, a-t-il annoncé lors d’une réunion à l’Elysée sur la réduction des déficits ce jeudi.

    Le chef de l’Etat veut notamment imposer au gouvernement de s’engager pour cinq ans «sur une trajectoire de déficit». «Le redressement des finances publiques ne doit pas être l’engagement d’un gouvernement mais de la Nation. Il doit s’inscrire dans la durée et, pour cela, la gouvernance de nos finances publiques doit être modifiée. C’est pourquoi je souhaite la mise en oeuvre d’une réforme constitutionnelle», a-t-il déclaré en concluant la 2e session de la conférence sur les déficits.

    Selon Nicolas Sarkozy, cette réforme permettrait également «de confier à la loi de finances la compétence exclusive sur les dispositions fiscales» et de permettre au Parlement de «voter sur les engagements en matière de finances publiques que nous prenons vis-à-vis de nos partenaires européens».
    Les collectivités locales mises au régime

    «Je souhaitais que la France se dote d’une règle pour l’ensemble de ses administrations publiques, je vous le confirme aujourd’hui», a-t-il poursuivi.
    Le président de la République a par ailleurs indiqué le «gel en valeur» des dotations de l’Etat aux collectivités locales. C’est à dire que celles-ci n’augmenteront donc pas malgré l’inflation.

    En outre, l’objectif de progression des dépenses d’assurance maladie va «s’infléchir» et «sera fixé à 2,9% en 2011 et 2,8% en 2012», a-t-il annoncé jeudi.

    Que dit Sarkozy à Angela, merci!
    Je croyais que seule l’union soviétique inscrivait la politique économique dans la loi.

    1. Oui, Galien.
      C’est : faites ce que je dis, mais pas ce que je fais..

      Et en temps de crise financière, cela se réduit à : « comme ça, je serais certain de privatiser le reste de secteur public et le social encore plus vite. »

      Faire un budget sans connaître les changements de situation et évènements extérieurs à venir…
      On entre dans des raisonnements que je ne peux qualifier que par des grossièretés.

    2. Hhmm.. pour les libéraux qui seraient encore présents ici…

      Je vous signale que dans certains hôpitaux américains, la brosse à dents est facturée 250 dollars…

      Pensez aussi aux services tels les pompiers ou la police…
      C’est de plus en plus payant…

  16. @nicks

    Jouer un solo n’a jamais empêché l’orchestre de s’exprimer , de là à ce que le ton soit « mauvais »
    c’est aller bien vite . Vous craignez une explosion , mais pour l’instant cette bonne chimiste ( elle a écrit entre autres le »Calcul des constantes de vitesse en haute pression dans les réactions de séparation et de recombinaison des radicaux et des molécules simples d’hydrocarbures »), très soucieuse de l’environnement , a plutôt fait preuve de beaucoup de patience et diplomatie jusqu’à maintenant ,tant en politique interne qu’en politique extérieure ou européenne .
    Les français eux n’ont plus cette formation « mécanicienne » ou « physicienne' » comme celle des physiocrates de naguère , qui vous donne l’assurance de lancer un processus .
    En revanche , le français devrait bien comprendre que dans la partie de rugby qui se joue contre les spéculateurs , ce drop allemand est bienvenu . Bon , je sais , Lagarde en vélo , à la rigueur mais en short contre les triksters banksters , là je parie qu’on peut attendre encore .

    1. @dags
      Je vote pour votre version, mais j’ai une excuse, je suis aussi ingénieur, tout en étant très méditerannéephile. C’est compliqué l’Europe, mais j’aimerais bien qu’on reste ensemble.

    2. Ce qui m’inquiète c’est que ce drop intervient alors que tout le reste de l’équipe allemande (gouvernementale au moins) joue contre son camp en adoptant une stratégie ordo-libérale complètement toxique. Ne serait-ce pas un subterfuge ?

  17. Abominable malentendu ? Ben, à première vue peut-être, mais en y regardant de plus prêts, les personnes visées se font moins de soucis. Elles estiment même que la mesure annoncée prête à confusion, voire est totalement inefficace ! L’argument-massue : la mesure ne concerne que l’Allemagne et les activités qui en émanent, pas les autres places financières. Il suffira donc d’agir en dehors de l’Allemagne.

    De plus, la mesure n’incorpore pas le marché des futures (contrats à terme). On pourra donc toujours s’en donner à coeur joie par ce biais. Enfin, la mesure accepterait des positions à découvert en CDS à partir d’autres titres, du moment que ces derniers soient considérés équivalents.

    Cela fait tellement d’exceptions et restrictions qu’on peut s’interroger sur l’efficacité de l’affaire. De nouvelles précisions devraient être publiées aujourd’hui par les autorités allemandes, surtout par la Bafin. Affiare à suivre, donc.

  18. Encore rapportée par Jean Quatremer sur son blog,

    Une intéressante explication de vote d’une députée SPD, Angelica Schwann-Düren, chargée des questions européennes, ça se passe de commentaires ? A chacun de juger si Merkel est oui ou non telle que certains la voient ici:

    « Du fait de son comportement irresponsable, de ses hésitations, de ses louvoiements
    et de son manque de lucidité sur l’urgente nécessité de notre aide à la Grèce, le
    gouvernement allemand a conduit à un isolement de notre pays à l’échelle
    internationale et européenne et à un attisement des spéculations sur les marchés
    financiers.
    Je considère comme totalement insuffisante la position de la coalition du
    gouvernement allemand, qui s’obstine à refuser de prendre les mesures cruciales
    pour éviter une future crise du système financier international, ainsi que les crises de
    l’économie réelle et des budgets publics qui en découleraient.
    L’importance de la crise du budget public grec va au-delà de la seule économie
    grecque. Au-delà des causes internes d’un endettement insoutenable, des retards
    pris dans les projets de modernisation et d’un taux d’inflation surévalué, la Grèce a
    été victime ces derniers mois d’attaques spéculatives de la part des acteurs
    financiers internationaux. Si la crise et les spéculations ne sont pas endiguées,
    l’incendie risque de se propager, d’autres pays tombant dans la ligne de mire des
    fonds spéculatifs, avec pour conséquence une déstabilisation de l’Union Monétaire
    dans son ensemble.
    Toutes les tentatives des pays de la zone Euro ou de la Commission de stopper les
    spéculateurs par le biais d’aides explicites à la Grèce ont été torpillées par le
    gouvernement allemand. La litanie sempiternelle des affirmations selon lesquelles la
    Grèce devait d’abord faire ses devoirs et présenter un plan de rigueur ont jeté le
    doute sur les aides et invité par là les spéculateurs à continuer à parier sur une
    banqueroute publique.
    Au lieu d’exposer les faits à la population allemande et d’informer sur la nécessité de
    l’aide, le gouvernement et les partis qui le composent n’ont perdu aucune occasion
    de servir et de renforcer les ressentiments les plus gratuits, les préjugés, les
    mensonges et les calomnies, publiés pendant des semaines dans quelques medias
    allemands dans le cadre d’une campagne de dénigrement sans précédent. Leur
    seule motivation : ils croyaient par là gagner des points pour les élections régionales
    dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie.
    Cette tactique d’atermoiement du gouvernement allemand a conduit non seulement à
    ce que les emprunts publics grecs émis récemment soient payés à des taux d’intérêt
    surélevés par les spéculations, mais aussi à ce qu’un mécanisme d’aide soit
    nécessaire, avec des garanties bancaires nettement plus élevées qu’elle ne
    l’auraient été à l’origine.
    2
    Jusqu’à très récemment, le gouvernement allemand a donné l’impression que le plan
    de sauvegarde consistait en des aides directes issues du budget fédéral et non en
    une garantie pour des crédits, qui pourraient rapporter à la banque publique KfW
    (Banque de crédit pour la reconstruction – équivalent de la Caisse des Dépôts
    française), et par là même aux contribuables allemands. Il a en outre donné
    l’impression que le gouvernement et le parlement grecs n’avaient adopté des
    mesures de grande ampleur que parce qu’ils avaient été poussés par la menace du
    refus allemand.
    Le gouvernement « noir et jaune » (conservateur et libéral) n’a tiré aucun
    enseignement de la crise financière et économique. Pour des raisons idéologiques, il
    se refuse à faire participer les responsables et profiteurs de la crise aux frais qui en
    découlent. Il refuse de réguler les marchés financiers, de manière à endiguer les
    spéculations et à supprimer à l’avenir les dangers présentés par le secteur financier
    pour l’économie réelle ou les espaces monétaires dans leur ensemble. Il est
    inacceptable que ceux qui ont causé la crise financière et économique profitent à
    nouveau des mesures d’aide d’une crise dans laquelle ils ont plongé la zone euro.
    Il est grand temps que le gouvernement allemand s’attelle activement à une
    régulation des marchés financiers, à une participation des acteurs financiers aux frais
    occasionnés par la crise, et à l’introduction d’une coordination des politiques
    économiques au sein de l’Union Européenne, afin d’endiguer durablement les
    déséquilibres des balances de paiements courants (voir les exigences formulées
    dans le texte d’amendement du SPD). Ceci est tant dans l’intérêt de l’Union toute
    entière que dans l’intérêt de l’Allemagne.
    Je reste intimement persuadée que les Etats-membres de l’Union Monétaire dont
    l’Allemagne ont le devoir d’assister le gouvernement grec par le biais du plan de
    sauvegarde qui a été décidé. Le gouvernement allemand a, selon moi, par ses
    hésitations et ses contradictions des dernières semaines dictées par la campagne
    électorale, mis gravement en danger le plan de rigueur massif déjà décidé par le
    gouvernement grec. Il a participé à la mise sous pression de l’euro, mettant en
    danger la prospérité de l’Union Monétaire dans son ensemble, et par là même de
    l’Allemagne. Les dégradations récentes par les agences de notations des notes de
    crédit de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne montrent le caractère dramatique de
    la situation. Une aide est nécessaire pour freiner ces évolutions.
    Le gouvernement social-démocrate dirigé par Georgios Papandreou à Athènes a
    hérité des conservateurs en octobre dernier un endettement public inédit. En publiant
    le réel déficit du budget grec, Papandreou a endossé la responsabilité politique pour
    les abus des dernières décennies. Le pays se trouve depuis dans une course contre
    le temps et contre les spéculations. Le gouvernement grec a adopté dans un temps
    record une longue série de lois dotées de mesures drastiques pour réduire le déficit
    public.
    Ces réformes vont avoir des conséquences profondes pour la population grecque. La
    Grèce nécessite de toute urgence le soutien des Etats européens.
    Je souhaite par mon approbation de la loi exprimer ma solidarité pour le peuple grec. »

    1. La mesure a donc été prise en raison des pressions du SDP. Merkel aurait mieux fait selon vous de résister à ces pressions ? Pour rester dans le cadre de la mauvaise opinion que vous avez d’elle ?

    2. Si le SPD pour des raisons électoralistes pousse à des décision qui vont apporter malheur au peuple grec OUI. Je ne considère pas le SPD, tout comme le PS français, vertueux par nature, je dirais même que leurs traitrises en font les pires.

    3. @ Ken Avo :
      On peut effectivement ‘douter’ des motivations ‘réelles’ de Mme Merkel : parce que l’on ne les connaît pas. Pour autant, prendre au pied de la lettre une intervention elle-même ‘partisane’ politiquement pour décrier une position ‘politicienne’ de la même Mme Merkel, n’est-ce pas un peu … ‘politicien’ ?
      Car le SPD est aussi un parti, qui utilise aussi tout ce qui ‘bouge’ actuellement pour faire remonter sa côte, qui n’est pas bien fameuse en Allemagne (élections obligent).

      Ce qui n’empêche pas de se poser des questions (ce que je fais) sur les raisons ‘réelles’ qui ont motivé Mme Merkel à prendre cette décision.
      Il y a d’autres faits, plus importants, qui interpellent (Hypo Real Estate par exemple).

      Enfin, que ce soit le gouvernement français (Sarkozy a eu le ‘bon goût’ de fermer sa grande bouche, pour une fois) qui ose critiquer l’absence de respect des formes, lui qui prédisait quasiment à Toulon en 2008 la fin d’un certain capitalisme (Anne, ma soeur Anne, as-tu vu venir quelque chose ?), ou que ce soit le SPD qui sous Schröder n’a jamais autant privatisé et libéralisé le système financier allemand, je pose la question : qui parle ?
      Je ne vise pas la députée allemande elle-même, bien évidemment.

      Cordialement.

    4. Paul,

      J’essaye de résumer:

      1/ Merkel poursuit des objectifs précis que j’hésite à peine à qualifier de nationalistes: Maastricht, le fouet et rien d’autre.

      2/ Merkel ne cesse de mutiplier les contradictions tant internes (usant de populisme voire même de racisme !) qu’externes. Ce qui conduit au plus grand désordre et ridiculise tout le monde. Quand on pense européen, il est impossible d’adhérer à cette… disons méthode.

      3/ Sur cette question précise des CDS nus qui n’est pas de son fait, je soupçonne fortement et j’ai de bonnes raisons de le penser qu’elle aurait voulu saboter cette mesure, elle ne s’y serait pas prise autrement. Cela dit si ça marche et que les autres la suivent, c’est tout bénéf pour elle en terme d’image ? Et tant pis pour les autres, n’est-ce pas ? Et on pourra alors l’élire meilleure femme politique et européenne de l’année ?

      ————————

      C’est une diplomatie que vous qualifieriez d’intelligente ? Avec de bonnes chances de succès ? Et sans risque à terme pour l’europe du point de vue des opinions publiques ?

      Certainement pas, ça s’appelle une imposture et un braquage caractérisé.

      Quant au point de vue des allemands eux-mêmes, à l’heure où le SPD entame une lourde et courageuse remise en cause de la politique désatreuse de Schröder (agenda 2010) et réalise un travail de pédagogie véritable quant à une gouvernance économique européenne réelle et progressiste, madame Merkel ne fait plus guère illusion qu’à l’étranger et chez les déclinistes français. Je me demande pourquoi elle leur plait tant d’ailleurs ?!

    5. @Zebu et Galien,

      Oui j’ai bien conscience de ce que vous dites. mais comme je le réponds à Paul Jorion, le SPD semble évoluer sur l’économie européenne, l’ordolibéralisme et la remise en cause de l’héritage de Schröder.
      Ces questions débordent aussi du SPD et les Allemands débattent et commencent à comprendre que la politique économique menée en Allemagne depuis 10 ans est une impasse y compris pour l’Allemagne elle-même.

      Merkel, Schaüble, la CDU/CSU/FDP ne sont pas l’Allemagne, heureusement, ce que démontre cette explication de la députée SPD et redonne un peu d’espoir.

      En attendant, ces irresponsables font des dégats considérables ! Désastreux.

    6. Les gauches de gouvernement en Europe on abandonnés toute idée de réelle tranformation du système économique pour le rendre intrinsèquement plus juste et moins violent.
      Tout au plus ils proposent une trousse à pharmacie pour soigner les bobos (sans jeu de mots) que le système contribue à engendrer, c’est ce que le PS nous a servi avec son ‘care’, qui est une d’un concept blairiste.

    7. Monsieur Jorion. Si je ne m’abuse, ce Jean Quatremer est un économiste bien individualiste qui surfe sur la vague de la crise comme d’autres surfent sur la vague de la planète qui va mourrir.

      Ken Avo.
      Si vous êtes Breton comme moi, vous devez forcément savoir que la défense de ses propres intérêts passent aussi par la défense des intérêts des autres.

      Hors, vous vous montrez de plus en plus individualiste.
      Cherchez-vous à construire..??

    8. Si vous êtes Breton comme moi, vous devez forcément savoir que la défense de ses propres intérêts passent aussi par la défense des intérêts des autres.

      Sauf si bien entendu l’intérêt des autres que vous défendez est par essence contraire au votre.

      Et c’est bien le cas quand on considère que c’est concurrence absolue qui a régit toutes les politiques économiques de ces dernières années au sein de l’Union, ou bien c’est considérer la concurrence comme solidaire, ce qui serait bien étrange.
      Que les Allemands fassent leur introspection et leur auto critique, tant mieux, et qu’il nous y amène aussi très bien, ce serait ainsi rentrer dans l’ère de la coopération.
      Le geste d’un ministère commun allait dans ce sens, mais il a été catégoriquement rejeté. Notre responsabilité est aussi de dénoncer l’égoïsme géopolitique de l’Allemagne.

    9. @Yvan « Hors, vous vous montrez de plus en plus individualiste.
      Cherchez-vous à construire..?? »

      –> Je ne comprends pas votre remarque. ?!

    10. @ Ken Avo :
      « Je me demande pourquoi elle leur plait tant d’ailleurs ?! ».
      Question de comparaison sans doute …
      Plus l’étalon est petit, plus Mme Merkel est grande :))

    11. @zébu,

      Je ne peux que déplorer que le PS français brille par son absence totale de vision européenne. Ca fait combien de temps maintenant que la France a totalement abdiqué en politique européenne, abandonnant le leadership et le débat d’idée tantôt au RU tantôt à l’Allemagne ? 30 ans ? 40 ?

  19. Voici une dépêche qui n’a rien à voir avec le sujet mais, en tirant très fort par les cheveux, on peut y voir un rapport avec son titre, « Un abominable malentendu ! » Il paraît qu’en Afghanistan, les soldats US meurent plus par suicide que dans des combats. Je recopie toute la dépêche :

    WASHINGTON. – Depuis octobre 2001 jusqu’à l’été (boréal) dernier, 761 soldats de l’US Army sont morts au combat en Afghanistan, et 817 suicides ont été recensés. Autrement dit, depuis l’occupation de ce pays il y a eu plus de soldats morts par suicide que dans l’action.

    Plus de soldats US morts par suicide qu’au combat ! C’est ce qu’indique un article paru dans la revue Time sous le titre: L’armée US perd la guerre par suicide.

    Le phénomène des suicides chez les GI’s, en constante hausse ces cinq dernières années, est devenu le problème majeur pour le Haut commandement des Forces armées des Etats-Unis. Les chiffres prouvent qu’aucune solution n’a encore été trouvée, malgré les millions de dollars investis et le recours à des centaines de spécialistes en santé mentale, psychologues et psychiatres.

    Selon la revue Time, au-delà des efforts sur le plan médical, le problème serait lié à l’engagement des soldats dans les combats. De nouvelles recherches révèlent une relation très étroite entre le nombre de missions accomplies par un même soldat et le nombre de suicides. (ANSA) •

  20. independement de qui et pourquoi l’allemagne a pris la décision de stopper net sous 12 heures la possibilité de spéculer sur les CDS « nu ». Cette décision a été appliqué dans les plus brefs delai et surement pour le bien de tous, tout ceux qui n’en gagne pas leur vie.

    D’ailleurs les seuls personnes qui ont critiqués cette manoeuvre sont se qui vivent de ses paris.

    les politiciens ont juste été surpris de ne pas avoir été consulté, mais pourquoi consulter des avocats lorsque les affaires sont financières ?

    En tout cas c’est le premier bras d’honneur aux marché et surement pas le derniers. M’enfin toute stratégie a besion de se faire étape par étape, tout faire d’un coup aurait risquerait de donner aux banquiers l’occasion de déclarer la geurre financière, alors que nous sommes deja dans une guerre économique.

    En tout cas le LA as été donner, il ne reste qu’as accorder le reste du groupe.

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