BFM Radio, lundi 21 juin 2010 à 10h46 – Kerviel: la question que personne ne pose

Kerviel : la question que personne ne pose

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Le procès de Jérôme Kerviel entre dans sa troisième semaine, qu’a-t-on appris jusqu’ici sur les grandes questions qu’on se pose ? Sa hiérarchie, par exemple, était-elle davantage au courant qu’elle ne le prétend sur les opérations qu’il passait ? Autre question dont on aimerait connaître la réponse : le fait d’entrer des opérations fictives dans le système de reporting pour masquer ses positions est-il – comme Kerviel le prétend – une pratique courante dans le monde des traders ? Et ce n’est là encore qu’un minuscule échantillon du genre de questions que l’on continue de se poser sur cette ténébreuse affaire. Connaîtrons-nous un jour la réponse ou bien sommes-nous condamnés à deviner, à nous faire une opinion à partir d’éléments disparates et fragmentaires ?

Est-ce parce que j’ai eu l’occasion d’être moi-même trader sur les marchés à terme que la réponse à ces questions me laisse en réalité indifférent ? je ne sais pas. Ce qui m’intrigue par contre c’est pourquoi au cours de deux premières semaines d’audience, personne n’a posé la seule qui me semble cruciale, une question que j’appellerais « à la Lord Adair Turner », du nom du président de la FSA, la Financial Services Authority, le régulateur des marchés britanniques, qui se demandait il y a quelques temps – avec beaucoup de candeur d’ailleurs – si tout dans le système financier que nous connaissons, est utile d’un point de vue social.

Ma question, qui n’intéresse apparemment personne sauf moi, c’est celle-ci : « Ce que Kerviel faisait pour sa banque – que ce soit de la manière dont elle voulait que cela se fasse, ou de la manière dont lui le faisait – à quoi cela sert-il ? » Parce qu’enfin, se mettre comme cela, en position « longue », en espérant que le prix monte, ou « courte », en espérant que le prix baisse et sur des sommes « importantes » – parce que de notre point de vue à nous, particuliers, que ce soient des milliards qui sont en jeu, ou simplement des millions, ce sont quand même de grosses sommes – à quoi cela sert-il ?

Prenons un exemple très simple. Kerviel a fait un pari qui peut rapporter – soyons modestes – un million d’euros. Il le fait au nom de la Société Générale. Et disons, toujours pour faire simple, que sa contrepartie – celle qui a fait le pari en sens inverse – ce soit BNP Paribas. Ce cas de figure n’est pas impossible. Disons que, cette fois-ci, c’est lui qui a gagné : la Société Générale a gagné un million et la BNP a elle perdu un million. La fois prochaine ce sera l’inverse : la Société Générale perd et la BNP gagne. Est-ce que cela sert à quelque chose ? Oui, cela fait augmenter les dividendes et les bonus dans la banque qui a gagné et cela les fait baisser dans celle qui a perdu. Les actionnaires, les dirigeants et les traders de celle qui a gagné sont contents, et ceux de celle qui a perdu sont au contraire tristes.

Et nous, dans cette affaire ? Tout ça nous est indifférent. Sauf… sauf si l’une des deux banques gagne systématiquement et l’autre perd systématiquement, alors nous – en tant que contribuables, nous irons sauver avec nos propres deniers la banque qui a perdu et qui est bien sûr « trop grosse pour tomber » – Too big to fail. Autrement dit, ce que tous les petits Kerviel du monde font, et les banques qui les emploient, ça ne sert qu’à une seule chose : à créer du risque systémique, le risque que tout le système s’écroule un beau jour. Alors, tout cela est-il bien « socialement utile » ? Je crains malheureusement que la question ne soit beaucoup trop sérieuse pour que je m’engage à y répondre – comme ça, de but en blanc – un lundi matin.

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154 réflexions sur « BFM Radio, lundi 21 juin 2010 à 10h46 – Kerviel: la question que personne ne pose »

  1. C’est une « stratégie du choc » mais par séries de petits coups que vous nous racontez là.

    Les gains sur notre dos se font dans les plus grosses étapes (« Vols de Lévy ») , le renfluoement des « TBTF » dans votre exemple.

    Si l’on prend une métaphore biologique, vous trouvez les pucerons qui sont là au calme sur la plante, organisation ordinaire d’une chaine de nourriture, mais vous trouvez aussi les plantes carnivores qui attendent que la mouche fasse un écart suffisant, par l’odeur alléchée, pour ….chcrounch miam.

    Renards un peu fractals dans un poulailler devenu mondial.

  2. Enfin Mr Jorion ! Vous savez bien que tout cela a pour objet d’apporter des liquidités aux marchés afin d’optimiser le fonctionnement de l’économie ! Non ?

  3. Monsieur Jorion,

    Vous posez la question du bien commun. Vous demandez si une activité profite à tout le monde. C’est une remise en cause de l’individualisme sur lequel est bâti toute notre société.

    Je suis partisan de cette remise en cause.

    1. Monsieur (?) Igor Milhit,

      J’ai lu le texte de Durkheim auquel le lien que vous donnez renvoie. Il distingue selon moi un individualisme dit commercialisme et un individualisme moral. Je pense que le premier se porte comme un charme au XXIème siècle et le second est en très piteux état.

      L’individualisme, dit commercialisme par Durkheim, est la règle. Molinari a son think tank sous la forme d’un institut (http://www.institutmolinari.org/) C’est loin d’une disparition de son influence. Cet individualisme est dominant. Il est loin de mourir avec la théorie des agents indépendants, soucieux de leurs intérêts et parfaitement rationnels. La théorie du marché efficient qui sert à justifier les opérations boursières pose cet individualisme comme hypothèse de base. Toutes les libéralisations servent à promouvoir et défendre cet individualisme. Il triomphe.

      De l’autre individualisme, dit moral par Durkhein, je retiens la notion de la religion dont l’homme à la fois le fidèle et le Dieu. Etant Dieu, l’individu est protégé. Pour éviter l’égoïsme moral induit par cette divinité, Durkheim espère que chaque homme verra ces qualités « divines » chez chaque homme et donc reconnaître à chaque homme cette valeur « divine ». Il pose cela comme un idéal impersonnel et anonyme pouvant rallier tous les hommes.

      Une grande objection à cette idée est que tous les hommes sont libres et qu’ils élaborent leur vision de l’homme séparément. Ils ne pourront donc pas s’entendre. La réponse de Durkheim est qu’admettre son incompétence sur un point n’altère en rien sa liberté. Admettre la compétence, prouvée de façon rationnelle, d’un autre, fait que son avis sera accepté sans vérification. Le jugement commun semble rester la force dominante des relations humaines. Je suppose donc que Durkheim voit les avis se réguler par l’expertise et le sens commun.

      Cette religion où l’homme est le Dieu et le fidèle assure aussi l’unité morale du pays. Chaque conscience humaine étant de nature divine, elle devient intouchable, protégée. Un glissement de sens très facile a été fait ici. Durkheim supposait que ce caractère serait reconnu dans toutes les relations humaines par toutes les parties de la relation. Cela fonde l’unité morale du pays ou d’autre chose.

      Cette religion prône la liberté et ne sait pas qu’en faire.

      J’en tire, en vrac, quelques conclusions. La notion de religion dont l’homme est à la fois le fidèle et le Dieu mélange sérieusement les genres. Chaque humain peut se prendre pour Dieu sur cette base. Les perspectives ouvertes ici sont gigantesques et pas du tout réjouissantes. C’est un idéal impersonnel et anonyme s’il est pris correctement. Chacun doit donc se débrouiller pour le personnaliser et l’attribuer à des personnes. Comment le formuler ainsi ? Comment le faire passer d’un sentiment à un acte précis ? La grande objection citée par Durkheim devient ici très violente. L’appliquer à des actes implique le discours sur la docilité ou la soumission à la compétence plus grande. Toutes les méthodes de gestion entrent dans cette idée. Mettre de l’expertise dans tous les domaines de la vie, c’est demander à tous de se soumettre et d’être dociles dans tous les domaines. Le jugement commun en est évacué de la vie commune. Toutes les publicités sont des appels à la soumission à une plus grande expertise que la sienne propre. L’individu n’a plus besoin d’exercer sa liberté. Il y a toujours un expert au coin de la rue qui sait mieux que lui. La politique se fait aussi sur cette base d’expertise. Devenir un expert devient une opération de divinisation de soi. La concurrence entre les individus permet de déterminer qui est le plus compétent ou divin. Ces experts tombent dans ce que Durkheim nommait égoïsme moral. Les autres deviennent des êtres dociles et soumis. La société se retrouve divisée en élite agissante et masse aussi soumise qu’impuissante. Cela me rappelle quelque chose de très actuel.

      L’individualisme moral de Durkheim est en très mauvais état. Il peut être remis en cause.

      Je suis conscient que je touche là le coeur de la construction morale de notre civilisation. Je rejoins ici Durkheim dans son analyse. Si ce truc saute, la crise financière ressemblera à un aimable pique-nique entre gens du monde. Je pense qu’il a sauté et que nos élites tentent frénétiquement de sauver cette construction pour ne pas se retrouver face au néant dont ce monsieur parle. Le TINA de Madame Thatcher résonne, pour moi, aujourd’hui comme ce néant que Durkheim décrit dans son texte.

      Je vous remercie de m’avoir transmis ce lien. Ce texte est très instructif et le modèle de base du libéralisme est, selon moi, très fatigué, voire vide.

    2. DidierF, merci pour votre commentaire,

      Content que vous ayez profité ainsi de ce texte de Durkheim. Je suis d’accord avec vous pour dire que le premier des individualismes n’a pas disparu, bien au contraire et qu’on manque cruellement du second. Quant à cette étrange religion, il me semble qu’un petit peu de Nietzsche ne ferait pas de mal. Dieu est mort, c’est entendu, mais l’Homme aussi [l’Homme comme Dieu sur terre, parfaitement conscient et rationnel]. Ou alors un peu de Michel Foucault qui reprend cette idée…
      Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce texte de Durkheim, c’est que justement il permet de voir qu’on ne peut pas trop simplifier la question de l’individualisme. Je n’ai pas de réponse ni d’avis sur le sujet. Mais j’avoue que je suis attaché à une part d’individualisme. Les mêmes qui défendent à tout prix les fictions de l’autorégulation et de la méritologie, sont aussi ceux qui dénoncent abus et profits des exclus, les mêmes qui enferment la plupart dans une absence de choix (UMP ou PS, boulot déprimant et mal payé ou exclusion, etc…).
      Autant je suis partant pour démonter les mensonges de la domination, autant j’ai un réflexe méfiant quand je sens qu’on attaque l’individualisme, j’ai toujours le sentiment qu’on voudrait faire de l’homme une fourmi ou une abeille [et je ne pense pas que ce soit votre cas].
      Peut-être est-ce là une de mes inconséquence, incohérence…

      ps : pour le « Monsieur » et son ?, s’il s’agit de préciser mon sexe, c’est correct, sinon « iGor milhit » suffira bien 😉

    3. Je comprends, dès lors, mieux ce pilonnage incessant effectué par une publicité qui parait étrangement idiote ! En fait, cela parait idiot, mais le but est caché : la soumission par un martèlement constant qui doit tuer la résistance venant de notre bon sens personnel. En tout cas, c’est pour moi une véritable agression que la publicité. Et, je comprends maintenant qu’il en est bien ainsi ! Une sorte d’abrutissement, de lavage de cerveau programmé. Que la lessive soit propre n’a aucune importance dans la motivation. On est à la fois dans la recherche du profit et dans la recherche de la soumission ! Punaise, comme dirait l’autre !

    4. Monsieur Igor Milhit,

      Mon éducation m’incite fortement à utiliser cette forme de politesse avec des gens que je découvre. Votre sentiment que l’on veut faire de l’homme une fourmi est justifié. Je le vois parfaitement intégré à l’individualisme qui défend l’autorégulation. Je le regrette du fond de mon coeur.

      Je vous rejoins sur votre idée qu’une part d’individualisme est saine. Je ne suis ni une fourmi, ni un rouage d’une machine. Me demander de me soumettre totalement corps et âme à une mécanique me révulse. Ne pas me soumettre passe effectivement par une part d’individualisme.

      Durkheim a raison quand il dit qu’il faut un idéal, quelque chose qui nous relie les uns les autres. C’est ce lien qui nous permet de sortir des absences de choix, des TINA. Ce lien est à nous. Cela signifie que nous devons le construire. Dire que ce n’est pas facile est un fort aimable euphémisme. Quant à sa nature, je suis dans le désarroi. Je n’ai qu’une idée inapplicable. Je ne vois pas du tout comment la mettre en oeuvre dans notre monde.

      Monsieur (?) Senec,

      J’ai pour la publicité le respect que j’ai pour un serpent venimeux. S’il me mord, je suis mal. Je me sens toujours ahuri par la puissance de cette dernière. Pour moi, l’archétype des réussites publicitaires est l’invasion de l’Irak par les EtatsUniens. Ce qui a suivi le fameux 11 septembre 2001 est pour moi une campagne publicitaire basée sur le choc de cet évènement. Le choc a été transformé en peur. Cette peur a été orientée contre Saddam Hussein et les Talibans. Maintenant, nous sommes devant deux défaites très probables, voire inévitables. La raison, le jugement personnel, l’opinion réfléchie des populations n’a joué aucun rôle dans cette histoire. Il fallait suivre. C’était obligatoire. Chirac et Villepin ont refusé cette folie avec courage. Sarkozy l’a acceptée et a intégré ce dispositif désastreux. La publicité a gagné. L’Occident est uni. TINA.

      Je me sens triste.

  4. A tous salut,

    L’instinct de prédation quand il est ancré aussi profondément qu’il l’est désormais au sein de la finance (pour en rester à ce seul niveau) est au delà de toute raison et trouve, me semble-t-il, en lui même la justification suffisante à ses yeux pour penser n’avoir pas à se justifier devant quiconque.

  5. Ce jeu de « casino » ou de « loterie » ne devrait il pas être interdit ? ..

    N’est ce pas une de ces fameuses « bulles » ?

    1. Le casino (jeux d’argent) ne doit pas être interdit. Il doit seulement faire l’objet d’une information sur les risques d’addiction, comme sur toutes les autres « drogues ». L’interdiction n’est que promotion. L’information est prévention.

      Par contre, la liberté de chaque individu requiert un système financier au service de tous, pas de l’accumulation privée. Epargner en sécurité et mettre cette épargne au service des investissements décidés démocratiquement, et pas en fonction de l’accumulation de quelques profiteurs est possible.

      Cela impose la socialisation de tout le secteur financier, bien entendu sous un gouvernement démocratique, ce qui n’existera jamais tant que ces mêmes profiteurs feront et défairont partis politiques, médias, élections, lois et réglement. Et même les traités constitutionnels, comme celui de l’Europe, dont ils ont tué la symbolique de liberté, de paix et de progrès.

      Autrement dit, en deça d’une révolution qui abatte la dictature du capital, pas de solution.

    2. @ Charles A.

      L’articulation entre vos deux propositions me pose problème.
      Dans la première vous dites qu’il ne faut pas interdire les jeux d’argent car ce serait en faire la promotion.
      Dans la seconde vous préconisez la socialisation de la finance après une révolution.

      Or votre seconde proposition aboutirait de facto à la fermeture du casino et de ses jeux dangereux et donc à une interdiction.
      Pourquoi alors conditionner exclusivement cette interdiction à une hypothétique révolution ?

      La révolution ne doit-elle pas d’abord être conceptuelle — le changement de paradigme — comme celle que propose Paul Jorion avec sa constitution pour l’économie, laquelle d’ailleurs ne présuppose ni n’exclue a priori l’idée de révolution au sens traditionnel du terme.

      La promotion de l’idée de constitution pour l’économie me paraît préférable à celle de socialisation de la finance car cette dernière désigne un fait accompli et non pas une visée ainsi qu’une idée régulatrice. Une constitution par définition renvoie à une souveraineté populaire. Une constitution pour l’économie souligne également la nécessité d’une domestication de l’économie. L’idée de socialisation de l’économie par contre ne dit rien de cette nécessité et peut laisser supposer qu’une solution relative à la seule question de l’appropriation des moyens de production serait suffisante. Bref avec l’optique révolutionnaire le problème est supposé déjà résolu comme si il suffisait de figer un nouveau rapport de force. Le problème qui nous occupe est évidemment relatif au rapport de forces, en l’occurrence favorable aux investisseurs. Mais résoudre le problème dans les termes du problème n’aide pas à le résoudre de façon convaincante.

      il faut donc passer à un niveau d’analyse supérieur, ce que propose de faire le nouveau pacte social en quoi consiste une constitution pour l’économie par laquelle c’est le rapport de force en tant que tel qui serait envisagé de nouvelle façon. Il s’agit en particulier d’énoncer les nouvelles règles du jeu devant réguler l’activité économique. Les rapports de force ne disparaissent pas, mais ils sont cette fois sérieusement atténués parce que précisément on les a pris au sérieux ce que ne fait pas la perspective révolutionnaire — révolutionnariste — qui se propose seulement de les éliminer purement et simplement avec le risque d’entériner un rapport de force particulier, avec toutes les dérives autoritaires que cela peut comporter.

      Peut-être faudra-t-il passer par une révolution mais en attendant une révolution cela se prépare et d’abord dans les esprits.
      Il faut donc dire pourquoi on ne veut plus de la finance-casino. Or si on ne pose pas comme préalable qu’il faut l’interdire, on se prive du meilleur moyen précisément pour souligner la nocivité dudit casino.

      D’autre part, toute société comporte des interdits, lesquels, sauf exceptions, sont suivis d’effet.
      Je ne vois pas pourquoi l’interdiction des jeux dangereux du casino de la finance y échapperait.

      L’approche paradigmatique me semble beaucoup plus porteuse que l’approche révolutionnaire au sens révolutionnariste, la première pouvant conduire à la seconde. La seconde par contre ne conduisant pas nécessairement au changement de paradigme, loin s’en faut. Avec l’approche paradigmatique, on se ménage aussi un espace pour une transition, le temps que les idées murissent, pour que si révolution il y a celle-ci tombe comme un fruit mûr.

  6. Voici une comparaison : je transfère un liquide d’un récipient à un autre, inventant une sorte de mouvement perpétuel, dont on ne connaît pas la raison d’être.
    A chaque opération une partie du liquide se perd et il faut donc le remplacer.
    Ce liquide perdu, c’est le soi disant bénéfice de la banque qui gagne et qui disparaît à chaque opération quel que soit le gagnant.
    Ce liquide qui disparaît, c’est nous qui le remplaçons.

    Et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps, du moins tant que nous n’aurons pas fermé les bourses.

    1. Monsieur Marlowe,

      Je crois avoir lu quelque part sur ce blog qu’une classe de produits financiers très importante s’échangeait entre 5 banques à la hauteur de 60 % du total de ces papiers. Si mon souvenir est exact, ces gens se vendent mutuellement les mêmes papiers à un prix croissant et l’argent vient des plans de sauvetage des états. Votre mouvement perpétuel est en action.

      Tout cela, bien sûr, à condition que mon souvenir est correct.

  7. Si l’on part du principe que les bénéfices comme les pertes de Kerviel étaient en proportion de l’ampleur des sommes qu’il engageait, je n’arrive pas à comprendre qu’il n’ait jamais attiré l’attention sur lui. Vraiment, je ne comprends pas comment c’est possible qu’il échappait à la surveillance de ses supérieurs, de la compta, etc…
    A moins de considérer que ses bénéfices (comme ses pertes) étaient faibles relativement aux sommes qu’il engageait. Autrement dit, il était un très mauvais trader finalement !!! S’il n’arrivait à dégager des bénéfices ou des pertes en proportion minuscules par rapport aux milliards qu’il engageait quand ses collègues étaient bridés à quelques 100 de milliers d’euro, d’après ce que j’ai compris.

    Je ne suis pas sûr d’être clair dans ce que j’essaye de dire.
    Admettons que sur 100 que j’engage, on s’attend normalement à ce que je gagne ou que je perde 1000 au grand maximum.
    Or si je suis sensé jouer 100 et que je gagne (ou que je perds) 10000, il y a là une anomalie qui ne peut pas passer inaperçue ! Admettons que je sois un trader génial, il y a quand même des limites au génie, non !?

    Je n’y connais rien mais décidément je n’arrive pas à croire que personne n’était au courant de ce qu’il faisait, au sein de la hiérarchie de la banque.

    Je suis convaincu qu’on se moque du monde.

    1. Monsieur Ken Avo,

      J’ai le souvenir d’une accusation contre la SocGen. Elle était accusée d’avoir fait passer ses pertes sur le dos de Kerviel. Je ne sais pas ce que cela vaut mais vous allez dans le même sens que cette accusation.

    2. Il me semblait qu’il avait à un moment donné fait gagner bp d’argent à la SG. Ce serait la raison de la mansuétude de ses chefs…Les traders disent d’ailleurs que la limite d’engagement est (très) négociable. Pour aller de 100 millions à plusieurs milliards, il faudrait peut-être la rencontre d’un trader très bien noté et d’une situation délicate de la Banque.

      Mais ce n’est qu’une hypothèse. Je ne connais pas le dossier, ni les techniques.

      Ce dont je peux témoigner par contre, c’est l’importance des infos d’initié, et des rumeurs (y compris fausses). J’ai vu tout cela de près grâce au besoin de payer mes études, en travaillant comme documentaliste pour un grand cabinet de gestion et conseil financier. En laissant trainer mes oreilles, à 21 ans, j’ai gagné un concours boursier, avec de quoi me payer de belles vacances… et un diplôme de la main de Giscard, alors aux Finances…

  8. Voila une excellente question.
    En effet, un marché financier, à moins de croire au Père Noël, n’a jamais créé de richesses sui generis. C’est uniquemement de l’argent qui passe d’une poche dans l’autre avec une certaine « perte en ligne » correspondant aux commissions et autre bonus des intermédiaires
    Ce qui ne veut pas dire évidemment que les marchés financiers soient inutiles, mais c’est un tout autre sujet.

    1. il se créait des commissions pour les banques avec toutes les opérations que font les millions de petits boursicoteurs dans le monde plus les frais de conservation des titres ect…

  9. Bonjour Paul, tous,

    vous avez toujours le chic de poser les questions d’une façon qui parait tant naturelle qu’on demande pourquoi personne ne l’a fait avant.

    bravo, comme d’habitude,

    bonne journée

    PS : mise à part capter de la richesse au profit de d’une classe (aïe, terme mal choisi, quoi que…) je ne vois pas 😉

    1. @Yvan

      je ne vois pas le moins du monde ce qui diable peut vous faire penser à la moindre filiation. Que je sache, Ker n’a rien à voir avec Gros.
      Laissez, c’est encore moins grave.
      C’est nerveux, je viens de lire le dernier opus de Monsieur Paul et je ne suis pas tout à fait remis. Je crains de sérieuses séquelles neuro-affectives.

  10. Cette question est fondamentale. J’espère que quelqu’un trouvera une utilité à cette activité sinon cela voudrait dire que nous sommes depuis longtemps les victimes d’un simple système prédateur fou ! J’ai déjà souvent émis l’idée que nous devions cesser d’être dépendants de joueurs invétérés. Le jeu est bien le vice le plus ruineux qui puisse atteindre un particulier. Au niveau d’une institution, est-ce que cela peut être une activité saine et recommandable ou s’agit-il d’un mal nécessaire ? J’ai envie de douter de l’utilité de cette activité de malades ! Il est bien connu que les personnes qui présentent une addiction au jeu sont une calamité pour eux-mêmes, pour leur famille, pour leurs amis et la société en général puisqu’ils sont finalement insolvables et que l’argent a disparu dans des circuits malsains. Alors, le trading voit-il aussi son argent disparaître de manière malsaine ?

    1. Nous, respectables citoyens d’une Démocratie, nous serions victimes d’une arnaque !
      Vous n’y pensez pas !

    2. La loi sur les paris en ligne adoptée. Après les Sénateurs, les Députés ont voté à la majorité la libéralisation du marché des jeux sur internet qui entre en vigueur juste à temps pour la Coupe du de football. « Une loi majeure pour l’avenir du football français » s’est félicité le Président de la Ligue .
      Notez également que le grand gagnant est déjà connu : l’Etat qui touchera l’équivalent de 80% des mises. Merci pour lui .

  11. Et je reste sur ma position (longue) initiale : Kerviel est un salarié.
    C’est donc seulement un Tribunal des Prudhommes qui aurait dû être saisi.

    1. Je suis 100% ok avec votre conclusion.

      Malheureusement ils avaient besoin d’un coupable pour jeter au bas peuple (nous), donc ils ont pris le premier qui passait par là et qui était trop en dehors de leurs règles.

    2. Non.
      En droit social et compte tenu des accusations portées contre lui, c’est Prud’Hommes (pour le licenciement pour faute) + correctionnelle (fraude et détournement, vol aggravé).

  12. Si ça sert à quelque chose : ça sert à donner envie à des millions de « pigeons » dans le monde de jouer en bourse : le trader est à la banque ce que la star du foot est à ce jeu, un mythe un rêve, la richesse, le sexe et le bling bling , c’est creux et vide.
    Comment drainer les foules sans ces mythes ??? Combien de sommes perdues à ce casino ???
    Combien de commissions encaissées par les banques pour le droit de se rêver à être un trader ???
    Vous souvenez vous de du film Wall Street ?
    C’est comme ça qu’on construit des mythes à partir de rien.

    1. Exact. La déviance qu’est la finance est, du point de vue du capitalisme, socialement utile : le capitalisme ne fonctionnant que grâce aux inégalités qu’il crée, et la ponction opérée par la finance permet de les entretenir.
      On peut et on doit alors se poser la question de savoir si le capitalisme est socialement utile ! De son point de vue oui, nécessairement, puisqu’il est le seul…qu’il envisage. Mais pratiquement non, sauf bien évidemment d’un point de vue égoïste pour certaines minorités, allant de la personne à une nation : cela dépend de l’échelle que l’on considère. C’est donc bien la question de la relation de l’individu à l’autre et aux groupes qui est à mettre en avant : « Ce n’est pas une crise économique, c’est beaucoup plus : la façon de vivre les uns avec les autres est remise en question. », Albert Jacquard.

    2. Exacte, d’ailleurs n’y a-t-il pas une affaire en cours concernant des miliers de clients de la banque postale… ? D. Mermet en avait fait le sujet d’une émission.

      On cache toujours les risques aux particuliers.

  13. Le fleuve Bétis coule dans un pays fertile et sous un ciel doux, qui est toujours
    serein. Le pays a pris le nom du fleuve, qui se jette dans le grand Océan, assez près
    des Colonnes d’Hercule1 et de cet endroit où la mer furieuse, rompant ses digues,
    sépara autrefois la terre de Tharsis2 d’avec la grande Afrique. Ce pays semble avoir
    conservé les délices de l’âge d’or. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux 5 aquilons3
    n’y soufflent jamais. L’ardeur de l’été y est toujours tempérée par des zéphyrs4
    rafraîchissants, qui viennent adoucir l’air vers le milieu du jour. Ainsi toute l’année
    n’est qu’un heureux hymen du printemps et de l’automne, qui semblent se donner la
    main. La terre, dans les vallons et dans les campagnes unies, y porte chaque année
    une double moisson. Les chemins y sont bordés de lauriers, de grenadiers, de
    jasmins et d’autres arbres toujours verts et toujours fleuris. Les montagnes sont
    couvertes de troupeaux, qui fournissent des laines fines recherchées de toutes les
    nations connues. Il y a plusieurs mines d’or et d’argent dans ce beau pays ; mais les
    habitants, simples et heureux dans leur simplicité, ne daignent pas seulement
    compter l’or et l’argent parmi leurs richesses : ils n’estiment que ce qui sert
    véritablement aux besoins de l’homme. Quand nous avons commencé à faire notre
    commerce chez ces peuples, nous avons trouvé l’or et l’argent parmi eux employés
    aux mêmes usages que le fer, par exemple, pour des socs de charrue. Comme ils ne
    faisaient aucun commerce au-dehors, ils n’avaient besoin d’aucune monnaie. Ils sont
    presque tous bergers ou laboureurs. On voit en ce pays peu d’artisans : car ils ne
    veulent souffrir que les arts qui servent aux véritables nécessités des hommes ;
    encore même la plupart des hommes en ce pays, étant adonnés à l’agriculture ou à
    conduire des troupeaux, ne laissent pas d’exercer les arts nécessaires pour leur vie
    simple et frugale. […]
    Quand on leur parle des peuples qui ont l’art de faire des bâtiments superbes, des
    meubles d’or et d’argent, des étoffes ornées de broderies et de pierres précieuses,
    des parfums exquis, des mets délicieux, des instruments dont l’harmonie charme, ils
    répondent en ces termes : « Ces peuples sont bien malheureux d’avoir employé tant
    de travail et d’industrie à se corrompre eux-mêmes ! Ce superflu amollit, enivre,
    tourmente ceux qui le possèdent : il tente ceux qui en sont privés de vouloir l’acquérir
    par l’injustice et par la violence. Peut-on nommer bien un superflu qui ne sert qu’à
    rendre les hommes mauvais ? Les hommes de ces pays sont-ils plus sains et
    plus robustes que nous ? Vivent-ils plus longtemps ? Sont-ils plus unis entre eux ?
    Mènent-ils une vie plus libre, plus tranquille, plus gaie ? Au contraire, ils doivent être
    jaloux les uns des autres, rongés par une lâche et noire envie, toujours agités par
    l’ambition, par la crainte, par l’avarice, incapables des plaisirs purs et simples,
    puisqu’ils sont esclaves de tant de fausses nécessités dont ils font dépendre tout leur
    bonheur.

    Fénelon, Les Aventures de Télémaque

    Bac de Français 2010 – séries S-ES – Commentaire de texte

    1. Oui oui, mon fils vient de le passer ce matin et cet innocent a pris le commentaire alors qu’un sujet « libre » tiré du texte de Fénelon, demandait de produire un discours où le candidat, déçu par cette société où il avait immigré, faisait ses adieux à ceux qui l’avaient accueilli.
      Je lui demande pourquoi il n’avait pas choisi le sujet et il me répond:
      -« Binn j’avais rien à lui reprocher moi à cette société! et puis c’est pas vraiment libre comme sujet! »!!!
      -« Ok » lui dis-je, »mais là on te demande d’imaginer que t’aurais pt’êt du mal à t’adapter! Tu t’es pas posé la question? »
      – « Binnn non, voilà quoi! »
      La vie est belle! « On est pas sérieux quant on a dix-sept ans! » Suis surement qu’un vieux grincheux…

    2. @vigneron
      J’ai 50 ans pas 17 ans, et j’aurais pu faire la même réponse que votre fils, sauf que j’aurais été capable d’avoir les mots pour argumenter !
      Le sujet libre ne l’était pas puisqu’il avait pré-supposé que cette société ne pouvait être que « décevante » … un sujet libre aurait permis d’être peut-être déçu mais également heureux ou mitigé par la vie dans cette société … n’est-ce pas ?
      Ceci dit en dehors de l’image symbolique de soc de charrue en or, d’un climat idyllique, etc.. sur l’esprit de fond exprimé dans ce texte que je viens de découvrir, non seulement je n’ai rien à reprocher à cette société, mais je n’aurais aucun problème d’adaptation, mon vécu et ma perception des choses relèvent d’un esprit similaire.
      Mais à 17 ans, comme votre fils, je ne me serais pas posé la question de l’adaptation surtout le jour de l’épreuve de bac de français, vous n’avez pas vraiment le temps 🙂 … et j’aurais peut-être répondu de la même manière à votre question … ce qui ne signifie pas pour autant qu’on est pas sérieux à 17 ans ! ça dépend des jeunes et tout dépend ce que l’on entend par « sérieux » …
      Mais je ne connais pas votre fils, et vous n’êtes peut-être pas le vieux grincheux que vous dites …
      Ceci dit la société dans laquelle nous vivons m’a révulsée à l’adolescence et l’âge ne l’a pas rendue plus supportable, mais la société n’est que ce que les gens qui la composent veulent bien qu’elle soit … c’est l’aspect le plus déprimant !

  14. La bource est un jeu. L’actionnariat est un jeu. On joue pour gagner ou perdre. Ce risque est libre et compréhensible en soi, sauf que la perversité est aussi de mise à plus d’un titre dans ce casino, car les dés sont pipés. Le système n’est pas conçu pour faire faillite, il est fort rare qu’un particulier remporte la mise et fasse tomber le casino. C’est surtout le contraire qui est licitement prévu.
    Il en va de même pour les banques qui cumulent les avantages bien au-delà du fait de l’avantage comparatif de la monnaie par rapport à toute autre valeur. Le loyer de l’argent ensuite, bénéficie aux banques. Les taux d’emprunt leurs sont favorables. Pour les Etats l’endettement est plus haut et d’autant plus sérieux que les agences de notations font la régulation au profit des créanciers que sont les banques et le système bancaire.
    Le déséquilibre s’aggrave encore avec la mise en place d’une notion du risque très spécieuse dans laquelle la hiérarchisation est judicieusement étudiée et organisée de manière à faire systématiquement retomber le boulet toujours plus bas. On peut observer ce mécano dans de nombreuses affaires où les petits joueurs en ont fait les frais comme on dit.
    Plus fort encore, les banques peuvent se permettrent de jouer avec l’argent des autres, mettant en pratique le diton : pile, je gagne et face, tu perds.
    Les banques aiment votre argent d’un amour très vache.

  15. Et quand le risque systémique est activé et que les Etats viennent sauver les banques … l’argent virtuel qui manque est créé et devient réel … La finance n’est pas un jeu à somme nulle et c’est finalement ceux qui n’y jouent pas qui y perdent le plus.

    1. Et pourquoi faudrait-il si prestement couler les retraites par répartition (soit dit en passant que cela rassurerait les marchés..) ???

  16. Somme toute et en fin de compte, il faudra toujours
    un maximum de payeurs pour remplir les poches
    de tout un tas de gagneurs qui grossissent des
    fortunes déjà constituées.
    …sacré coup dur.

  17. Voila qui s’appelle profiter avec « Virtu » machiavélique de la « Fortuna » Kerviel!

    Ou dit autrement, tirer opportunément la couverture à soi, pour en faire profiter plutôt ceux qui ont froid!

  18. « Autrement dit, ce que tous les petits Kerviel du monde font, et les banques qui les emploient, ça ne sert qu’à une seule chose : à créer du risque systémique, le risque que tout le système s’écroule un beau jour. Alors, tout cela est-il bien « socialement utile » ? »

    Le capitalisme est-il socialement utile ? Euh, pour les riches, sûrement !
    Une remarque ne passant : je ne pense pas que tous les petits Kerviel du monde créent du risque systémique, mais plutôt les dirigeants des banques quand il créé volontairement et en masse des produits toxiques et les vendent à des banques pigeons (ou des institutions financières publiques).
    On sait tous maintenant que les subprimes étaient une vaste arnaque orchestrée d’en haut pour se débarasser de crédits risqués à la veille d’un crach immobilier que certains avaient prévu, et d’autres non, quid de la responsabilité des traders dans cette histoire ? faible à mon humble avis !

    1. Qui, de la poule ou de l’oeuf, est responsable de la température de cuisson…???

      Nous en revenons à un débat de fond : Est-ce celui qui UTILISE l’autre qui est coupable…??? Ou… celui qui accepte de se faire utiliser…???

    1. J’ai déclaré le mot « acheter » comme un gros mot à éviter de prononcer (on se venge comme on peut …)

  19. Paul,

    Vos billets sur BFM, toujours très pertinents dans une forme souvent ironique voire caustique, sont comme du poil à gratter dans cette information propagande que nous subissons en permanence.

    Avez vous des retours de la part de BFM sur leur impact sur leurs auditeurs ?

    D’autre part, dans le mercato d’été des stations de radio, avez-vous été approché par Elkabbach pour chroniquer sur Europe1 à la rentrée ? 🙂

  20. puisque paul reflechit,la bourse ne sert à rien socialement,pire,elle entraine de la destruction de valeur sur le long terme de l’entreprise en general (experience vécue)

  21. La figure du Trader est socialement utile pour le capitalisme financier.

    Elle permet de donner à réver des profits faciles à moindre effort, elle porte l’ideal du capitalisme financier : gagner un max de pognon en un minimum de temps. C’est une figure d’exemple, elle démontre la réussite du système et apprend comment réussir dans le système, dans la société Capitaliste d’aujourd’hui.

    Et si vous n’etes pas capable de faire cela vous avez raté votre vie. Kerviel est un ange déchu et il ne fait pas bon d’être perdant dans cette société.

    La question que nous devons nous poser et que de plus en plus se posent, c’est : Est ce cela la société que nous voulons ? Et dans la sociéte que nous voulons qu’est ce que la réussite ?

  22. Lorsqu’une banque A perd de l’argent joué de brasser du vent, pour brasser du vent, contre une banque B, qui elle gagne, la banque B qui a beaucoup gagné n’est aucunement contrainte par aucun règlement, aucune loi de transférer immédiatement ces gains à la puissance publique ?
    A priori, il n’est pas de la fonction des banques de jouer de l’argent pour le plaisir du jeu, les jeux d’argent ne sont pas donnés dans leurs attributions, ….

  23. C’est une p…. de bonne question.
    Mais comment se fait il que c’est vous, M. Jorion, qui posiez cette question, vous n’êtes pas un brillant journaliste me semble t’il.
    Et qui détient la réponse ? la marquise, alain minc ou même finkelkrut ?

    Ces experts incontestés ont réponse à tout comme à cette question simple pas encore posée :
    que pensent les irlandais des soucis de notre équipe bleue ?
    Discipline, silence dans les rangs, vos gueules les mouettes.
    Je suis triste et révolté pour tous les gamins qui aiment le foot original, pratiqué sur la place du quartier, dans la rue et qui découvrent ces manchettes agressives & vulgaires dans la presse, reproduites sur tous les écrans de télé.
    Que font les modérateurs ? Qui a autorisé cette publication ? Quel est le but (le but, étrange) ?
    Gloire au fric, aux jeux, aux paris, au superflu, à la victoire du chef, vive la pub, le futile pas l’utile ni l’essentiel , vendre, vendre ,vendre ……… pourquoi ?

    1. La question du bon usage de l’argent n’est pas neuve,
      elle est inscrite depuis les siècles dans l’histoire de l’Art , -la naissance de Venus de Botticelli, (la coquille St Jacques est le symbole de la monnaie) -les ambassadeurs d’ Holbein (l’anamorphose sous la table est celle d’une tête de mort) ….
      c’est une question essentielle, qui se pose du particulier jusqu’à l’universel de notre humanité..
      je remercie Paul de la poser, peut-être si les politiques voulaient bien y réfléchir ….

  24. De l’utilité de l’activité bousicotière ou quel est les sexe des anges? Un questionnement sur le long terme.

    « Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l’entrepreneur schumpéterien – combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d’organiser une entreprise, d’explorer, de pénétrer, de créer des marchés – est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s’escrimer pour produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la Bourse de New York ou d’ailleurs peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollars ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque semaine sont de l’ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un drainage des éléments les plus « entreprenants » vers ce type d’activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même.

    Si l’on met ensemble tous ces facteurs, et qu’on tienne, en outre, compte de la destruction irréversible de l’environnement terrestre qu’entraîne nécessairement l’ « expansion » capitaliste (elle-même condition nécessaire de la « paix sociale »), on peut et l’on doit se demander combien de temps encore le système pourra fonctionner. »
    CORNELIUS CASTORIADIS, La monté de l’insignifiance, IV, Seuil, p.92-93

    1. Si en plus des robots calculateurs pensent pour nous, eux même programmés pour être aussi calculateurs que le Gros Monsieur Rouge décrit dans le Petit Prince de St Exupéry, je ne vois pas à quoi cela pourrait bien rimer sinon de dérailler, cela n’a pas de sens, et le décalage est vraiment trop grand avec la vérité de la vraie vie à vivre …
      nous faudra-t-il en arriver jusqu’au au non sens…
      (shématiquement, s’il y a un sens, c’est parce que du non-sens)
      pour oser, savoir , pouvoir, penser »politiquement » , réfléchir humainement,.. l’avenir
      (il a déjà fallu deux guerres, il faudrait encore recommencer …
      soit la répétition est l’âme de la pédagogie, mais aujourd’hui, moi je dis, le monde n’a pas les moyens de se payer une guerre, il n’en survivra pas …

  25. Si la BNP vends trop ou pas assez cher et se fait arbitrer par le SG, la BNP perd, la SG gagne un peu, le client aussi car le prix baisse. La question c’est plutôt l’utilité du produit en question (à savoir turbo warrant), la limite désactivante = pari à la hausse ou à la baisse.

    1. Pourriez-vous préciser le fond de votre pensée pour les non-initiés dont je suis ?
      Je pense que même notre ami Paul Jorion ne comprendrait pas le sens de votre commentaire.
      « Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » (Boileau, de mémoire).
      Je me permets de vous renvoyer à mon commentaire assez basique de 11 h 28, lequel a au moins le mérite d’être compréhensible, du moins je l’espère …

    2. Je pense que PJ comprends très bien (arbitrage => marchés efficients, c’est dans wikipedia, dsl je ne vais recopier un cours de base sur les marchés). Son angle d’attaque me parait biaisé, Kerviel c’est une fraude à la base (et a priori il était seul, uo presque), ce n’est pas Goldman ou Magnetar.

    3. Vous êtes sans doute un des derniers à croire que les marchés financiers sont efficients. Même Alan Greenspan a fait son mea culpa le 23 octobre 2008 devant la Chambre des Représentants.
      Je n’ose pas vous renvoyer à un article circonstancié que j’ai publié dans la Revue Banque en 1981 …

    4. je constate que la BNP déraille, mais ce n’est pas si récent, depuis quelques mois, je pensais qu’elle jouait sur l’euros …

  26. Dans le sillage de votre question philosophique, je poserais une question sur la sécurité de ce qui peut amener des conséquences irréversibles, car enfin que cela soit Kerviel qui ait dissimulé ou qui a pu dissimulé à l’insu de sa hiérarchie ou que ce soit sa hiérarchie qui ait encouragé les paris ou a manqué de contrôle sur ces opérations, l’issue et les conséquences restent les mêmes. Des dizaines de milliards de paris engagés sur des bases totalement dépendantes de l’intuition ou de calculateurs dont rien ne prouvent que leurs logiciels soient bons. Depuis quelques mois, l’inverse est plutôt constaté. C’est à dire que le sort du monde financier et malheureusement depuis trente ans, aussi économique est lié à l’état d’esprit de gens dont l’humeur matinale sera déterminante. Le Tribunal décidera des responsabilités, mais ne condamnera en aucun cas ce jeu de massacre.

    1. Les traders sont dressées comme des chiens, qui vont à la chasse au fric, pour le bonheur d’un chasseur de fric, soit par exemple une banque, et parmi ces banques la société générale.
      Comme tous les chiens, ces chiens marchent à la reconnaissance du ventre …
      Nos banques ne seraient seulement pas à critiquer ???

  27. D’après les gens qui connaissent bien le trading, les échanges boursiers dont vous parlez servent l’Economie car, au-delà des purs spéculateurs, les banques mettent ainsi en présence les besoins de couverture du monde des affaires. Couverture d’un risque de change pour un exportateur, d’un risque d’approvisionnement de telle ou telle matière première, d’un risque financier dans la gestion d’une trésorerie, etc..

    Qu’est-ce qui est majoriotaire en volume dans cette affaire, le bébé ou l’eau du bain ? Je ne sais pas mais il est cerain qu’il est utopique de tout vouloir jeter.

    1. Quand on échange 20 barils de pétrole fictifs sur les marchés financiers pour 1 baril réel (c’est à peut près le ratio qu’on constate), j’ai du mal à concevoir l’utilité économique dans le cadre de la couverture d’un risque. Quand j’assure ma voiture, quel intérêt économique pourrais-je avoir à m’assurer pour 20 fois la valeur de ma voiture. Dans votre exemple, il y a manifestement 19 barils qui ne servent à rien.

    2. Croyez-vous que le développement économique, quel que soit le continent, quelle que soit l’époque ait eu lieu grâce uniquement à l’économie financière ? La financiarisation de l’économie avait du bon pour une seule chose principalement : fluidifier le commerce international. Mais cette crise remet en cause la mondialisation ! Pensez que le trader qui spécule sur le cour du blé est un mercenaire d’un nouveau genre : derrière son ordinateur, il peut contribuer à faire plonger un pays dans une guerre civile. Bien évidemment, la finance peut avoir du bon, car elle peut permettre de se prémunir contre certains risques. Mais ce qui s’est passé ces dernières années, c’est que les sociétés financières ont crée du risque pour faire fructifier leurs activités !

    3. Il n’y a ni eau ni bébé. Seulement l’économie de marché putréfiée par la concentration du capital, et les crocodiles qui bouffent les derniers poissons, avant de crever eux-mêmes.
      Il faut s’arracher du monde capitaliste, laisser les crocos dans leur bain fétide, changer de civilisation.

    4. Je sais pas vous, mais moi je suis partisan de jeter aussi la baignoire, par précaution, au cas où ça donnerait des idées à un BB JK.

    5. Il faut ajouter les retraites par capitalisation, les assurances vie et maladies par capitalisation, …..
      (qui serait beaucoup mieux selon ma logique à moi, d’être gérée par répartition, mais ce qui n’est pas pour autant une raison de les occulter, car ce sont des budget énormes …)

  28. Une des réponses à la question de Paul , en sachant que souvent les états sont actionnaires (parfois majoritaire comme chez BNP) c’est une autre forme de guerre…..où il y a des états qui perdent et d’autres qui gagnent….

    1. la France serait actionnaire et pas qu’un peu d’une banque qui pédale pareillement
      (je dirais la France peut vendre, je ne suis pas spécialiste, je comprends pas trop le comportement de la BNP, mais mon sentiment est qu’elle joue sur l’euro, alors … )
      après finalement la BNP a d’autres ressources, d’autres pays d’adoption au moins en Afrique francophone (elle pourra se reconvertir …)

  29. L’éternel problème est connu: on nationalise les pertes au lieu de nationaliser les banques pour mettre fin à leurs agissements pervers.
    Quel président responsable peut-il le faire? Aucun, sous couvert de libéralisme…alors ils prononcent des anathèmes et nous sommes tous rassurés… jusqu’à la prochaine crise.

    1. Nationaliser les banques.

      Pour que les banques continuent à gagner sur le dos de leurs clients ?

      Il faut penser à fermer les banques.

    2. il faut bien admettre que les banques payent leurs bureaux (leur local) et leurs bureaucrates (les gens qui tiennent nos comptes, font des contrats de prêts…) et leur machines ( pour les cartes et les distributeurs de billets) ….
      et que c’est vrai la rémunération de l’actionnaire, …
      et même du tradrer ….
      franchement, je me demande variment un peu à quoi ça sert …

      PS nos banques et assurances ont quelques beaux châteaux (j’exagère avec « château » mais c’est vraiment pas mal, à Marseille sur le Prado plage, je suppose qu’à Lyon , à Paris, …. , c’est pareil) j’ai un peu de mal à croire commme ça à première vue qu’elles soient dans le besoin ….

    3. @Cécile

      « nos banques et assurances ont quelques beaux châteaux (j’exagère avec « château » mais c’est vraiment pas mal, à Marseille sur le Prado plage, je suppose qu’à Lyon , à Paris, …. , c’est pareil) j’ai un peu de mal à croire commme ça à première vue qu’elles soient dans le besoin …. »

      Tout simplement parce que leur « magnifique » patrimoine, détenu directement ou indirectement (je peux en témoigner par ex avec les vignobles possédés ainsi par AXA, Crédit Agricole ou autres en bordelais et ailleurs), c’est peanut’s en face de leurs dettes ou de leurs actifs surévalués!

  30. Une question qu’un juge pose au « responsable »direct de Kerviel (tient encore un K!) en personne:
    « 10H30 – Dans l’ignorance – Le président interroge Eric Cordelle sur le contrôle des opérations des traders. Réponse édifiante: « Je n’avais ni les moyens ni la connaissance pour le faire. Je se savais pas utiliser Eliot (la base de données des traders). J’ai eu une formation de deux heures, je savais rentrer mon identifiant et puis voilà.  »
    No comments.
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=4870cf36230cb30f1360c0a86b960e02

    1. akors qu’est-ce qu’il controlait, pourqui, pourquoi ce contrôle …?????
      (les shadocks pompaient, pompaient ….

    2. Rappelons nous la ligne de défense de Arnaud Lagardère :
      « Soit je suis coupable ,soit je suis incompétent. Je choisi la deuxième option. »
      Je cite de mémoire.
      Et ça a marché……

  31. Le fait est que le trading n’est pas une activité socialement inutile, elle est tout simplement socialement destructrice : à ce petit jeu là, ce sont les citoyens qui perdent tout le temps puisqu’ils doivent renflouer les banques. En y pensant, chaque fois que je vois une pub de la LCL, je me dis qu’ils doivent leur survie aux résidents en France (20 milliards d’euros le sauvetage du Crédit Lyonnais ! soit à l’époque presque 1,5% du PIB français).

    1. je n’aime pas ces mots de « tradre », « trading » ….
      (je ne vois pas de nécessité absolu au trading, il me semble que l’on pourrait allégremment s’en passer, peut-être on retrouverait un autre mot d’une fonction qui existait avant …
      par contre les traders, soit je ne les apprécie pas non plus, mais ils ne sont pas non plus tombés du ciel
      (ils seraient plus comme les fusibles dans un porte-fusible, lui-m^me dans un tableau électrique relié à un disjoncteur ….

  32. Monsieur Jorion, ne tenteriez-vous pas de noyer le poisson en cherchant une responsabilité générale à notre société ‘généreuse »?
    Le procés Kerviel a pour objet la recherche de responsabilités individuelles. Voilà pourquoi personne ne se pose votre question, au demeurant fort juste.
    Mais ce procès n’est en l’espèce ni le moment ni le lieu où l’on se doit de la poser.
    Le peuple demande des têtes….. Je constate qu’il n’y en a juridiquement et matériellement qu’une dans le box des accusés.
    Faut-il « sauver le soldat Kerviel »? Voilà la bonne question.

    1. Oui il FAUT le sauver, d’abord parce qu’il est juste un fantassin zélé et borderline d’une armée menée par des officiers délinquants aux mains propres, aux ordres de commanditaires mafieux cartélisés en conseils d’administration, comités de surveillance, lobbys, think-tanks et, pour la beauté du geste, gouvernements officieux!

      Et ensuite parce qu’il faut en finir avec cette icône puante du trader tout puissant, du substantifique cynique triomphant, porscherisé, ferrarisé, armanisé, cartierisé et à jusqu’à la moelle cocaïnisé!

      Et les ravaler à leur vraie place: celle de pantins pathétiques, petites mains vendues aux pires escrocs que cette terre ait portés!
      A l’image des footballeurs enrichis et croqués par les salauds qu’ils font vivre. En pire bien sur puisque le joueur de foot donne ce qu’il a d’unique, son talent, à l’endroit où il est utile.

      Le trader galvaude ses synapses et neurones au pire endroit. POUR RIEN!

      Condamner Kerviel serait juste rajouter du prestige à sa dérisoire activité!

    2. OK Vigneron, on lui paye une cure de désintoxication et, Hop! Ils se bat pour nous!
      Les nouveaux convertis sont toujours les plus virulents.
      Mais on le garde au chaud en attendant qu’il coince ses commanditaires qui ne maitrisent même pas ses logiciels de trading. Cette ligne de défense adoptée cette après-midi :
      « Je se savais pas utiliser Eliot (la base de données des traders). J’ai eu une formation de deux heures, je savais rentrer mon identifiant et puis voilà. »
      C’est bien, celui là est bien identifié. Au suivant.

  33. Personnellement, je ne mettrai pas en cause le capitalisme.
    Je trouve que ce n’est pas non plus une question philosophique.
    On est bien dans le réel, le technique ! La preuve, c’est qu’il y avait une loi qui interdisait de jouer l’argent des déposants et qu’elle a été abrogée. On est donc bien dans le technique et non dans la question de la pertinence du capitalisme. On est dans les règles du jeu, dans les règles du commerce ! Il ne faut pas tout mélanger, voire tout supprimer. Il est normal qu’il y ait une Bourse des valeurs et que celles-ci montent ou descendent selon leur valeur réelle. Le problème vient de la tricherie, des stocks options, des conflits d’intérêts, des délits d’initiés, des paris sur la perte qu’on provoque soi-même aux dépens du client de la banque (!!), etc. Les valeurs doivent être en rapport avec des usines, des entreprises et non uniquement des structures financières ! Quand les seules entreprises cotées ne sont plus que des banques, on ne sait plus dans quelle pièce on joue !
    C’est, d’ailleurs, pour cela qu’il y a une surveillance (théorique).
    Pour une fois, je pense que la technique est en cause et non la philosophie. On ne peut pas, évidemment, supprimer la concupiscence chez l’homme, ni la cupidité, ni la malhonnêteté, etc. C’est pour cela qu’il ne sert à rien de tuer la poule parce que l’oeuf a été mal cuit. Chaque système a ses brebis galeuses. Ce qu’il faut, c’est un système de contrôle efficace et performant sur une structure qui soit contrôlable. Si le contrôle est impossible, inutile de faire semblant de contrôler. C’est à ce niveau que l’honnêteté et la gestion gouvernementale doivent être capables d’intervenir. Si les financiers se transforment en comédiens et qu’ils demandent aux politiciens de faire de même en allant jusqu’à leur donner leur feuille de route et leur pourboire, alors évidemment plus rien n’est possible que de se laisser berner jusqu’à plus soif !

    1. Senec,
      « Humain trop humain « pour faire défaut, ce n’est pas de la philosophie?
      C’est la votre, et elle annonce la fin du capitalisme tel que nous le connaissions.

  34. Monsieur Jorion, vous m’aviez fort justement repris à ce sujet il y a quelques temps :

    « « trop grosse pour tomber » – Too big to fail ? »

    Non, to fail , faillite, n’est pas to fall, tomber.
    Et la nuance est de taille quand on sait que ce système ne mérite que la mise en place d’une faillite « organisée » plutôt que d’envisager sa chute dans un chaos généralisé.
    Je trouve ce lapsus très révélateur, surtout dans votre bouche.

    1. Capillotractation Pierre : on « tombe en faillite ». Un raccourci de langage, rien de plus.

    2. Je serai tenté de mettre deux L à capilo-tractation…
      Dans le genre,trichotillomanie,n’est pas mal.

    3. Oui julien, les Banques tombent peut-être en saintes aussi? A moins que ce ne soit amoureuses.
      Ca tombe mal dans le cas de figure, non?
      On ne tombe pas en faillite, on y est mis et c’est une énorme différence.

    4. @Piotr
      Monsieur G.L.L.O.Q., n’ayez crainte, il n’y aura plus personne à tondre à la « libération ».
      L’épilation chez les esthéticiens a rapporté 6 millions d’euros l’année dernière en France……
      Et les marchand de peignes se sont déjà reconverti dans le gant de toilette.

    5. Hhmm.. langage.
      Tant que déposer le bilan n’a pas de sens scatologique pour l’un de nous, c’est déjà ça de sauvé.

      Par contre, Pierre, une faillite « organisée »… je vous sens sacrément optimiste, là…
      Et on dit quoi aux pays « émergents »…? (comme pour la taxe carbone, éventuellement..???)

      J’ai liquidé mes positions depuis longtemps, mais si je ne fais que considérer les sommes qu’ont placé certains amis, là, les gars, et malgré mes avertissements en leur parlant de la réalité et de la dangeorisité de la situation, ils pètent un câble. Sûr.
      Je ne vais pas aller jusqu’à dire que j’ai des amis dangereux, mais… en rêgle générale, ils ont bossé dur et l’annulation d’une partie de ce capital pourrait les facher « légèrement ».
      La réaction serait à la mesure de ce qu’ils ont bossé…

      Et, chose amusante, que ce soit une faillite « organisée » ou un effondrement brutal, le résultat serait le même…

    6. @Yvan
      Combien de banques et de fond de pensions en faillites à travers le monde ces dernières années?
      Combien de retraités ruinés non virtuels sur le trottoir?
      Heureusement que la gestion de la colère est organisée, non?

    7. « Heureusement que la gestion de la colère est organisée, non? »

      Vous faites partie de l’ordolibéralisme ou vous venez de l’inventer par peur de l’avenir…?? Dites-moi.

      Sinon, pour le reste, il y a mastercard ou le fascisme, au choix.

    8. Yvan, J’ai bien peur que nous ne soyons pas assez organisé pour nous éviter ce genre de catastrophe…..
      Seule la colère froide s’organise, et nos G.O. sont dotés d’un cerveau reptilien qui se nourrit depuis toujours de nos émotions et de nos agitations de petits rats de laboratoire.
      Chaud devant!!!!!
      Ces énergies sont en passe de fonctionner en réseaux au service d’un cyber-pouvoir.
      Dommage que cette dimension de l’évolution technologique ne soit pas plus souvent abordée sur le blog de Paul Jorion qui en est pourtant reconnu comme un des éminents spécialistes.
      Allez! L’important c’est de participer. TINA.

  35. Paul Jorion dit :
    22 janvier 2010 à 15:16

    « Too big to FAIL » : trop grosses pour faire défaut.
    *
    Piotr dit :
    22 janvier 2010 à 16:03

    Sans commentaire.
    *
    Pierre dit :
    22 janvier 2010 à 16:20

    Oups, pardon, là c’est ma tête qui faisait défaut…. Sory!

    1. Là où je me trompe peut-être encore, c’est si « faire défaut » signifie « faire faillite » en droit français ou anglo-saxon?
      Le droit n’est-il pas, si je ne me trompe, l’art de couper les poils de la tête en quatre?

    2. « To fall » : traduction littérale, « tomber »

      « To fail » : traduction littérale, « échouer », « faire défaut » ;
      – – – – – – – traduction figurée : « tomber ».

    3. Le droit…
      Tout dépend de ce que vous entendez dans le mot Justice…

      Il y a eu, ici, un excellent article d’une juriste sur la foultitude de multiplication de croissance (OUI : ENFIN UNE QUELQUE PART, PREVENEZ LAGARDE ;-)d’articles de lois qui ne profitent qu’à la caste de ceux qui ont les moyens de payer des analystes juridiques de haut vol.
      Il y a environ 37 jours et 3 heures.

    4. Hé oui, Monsieur Jorion.
      Je vous ai déjà parler des anglissismes et de ces mots qui ont aucun rapport avec la dimension qu’on leur donne, mais plutôt avec la dimension que l’on veut leur FAIRE porter.
      Intelligent :
      – français, version latine, mettre en commun
      – anglo-saxon : exploiter.
      Free :
      – français : libre
      – anglais : gratuit…

      Et les exemples se multiplient à l’infini…

    5. Quand passe-t-on juridiquement aux états unis de « to fail » à « to go bankrupt »?
      Un juriste dans la salle?

    6. Pour finir, ou en rajouter une couche c’est selon, je propose:

      Too big to fail=trop grosse pour choir.

      J’sais , j’trouve qu’ça fait plus vieille France, genre années folles… Stavisky, tout ça…

      Et puis c’est plus joli, ça rime avec mouchoir et puis grand SOIR !

    7. @pierre

      Juridiquement, on s’en fout un peu, comme toujours, le droit c’est pour quand ça va bien. Quand ça va mal, vous appelez pas Badinter, vous appelez pasqua!

      Par contre le passage de to fail à to bankrupt, je crois qu’il se fait surtout en courant! Par l’étape Bankrun!

    8. Pour finir, ou en rajouter une couche c’est selon, je propose:

      Too big to fail=trop grosse pour choir.

      J’sais pas, j’trouve qu’ça fait plus vieille France, genre années folles… Stavisky, tout ça…

      Et puis c’est plus joli, ça rime avec mouchoir et puis grand SOIR !

    9. @vigneron
      « Quand ça va mal, vous appelez pas Badinter, vous appelez pasqua! »

      Vigneron, je vous envoie avec Kerviel en désintoxication. Vous êtes dangereux pour vous et pour les autres.
      Allons! Reprenez vous! Confondre Ducros-Ricard-Barbouze et Saint Just……!!!!!
      Badinter comme mon père connaissait Saint just par cœur dans le texte, et ils ont, après trente ans d’efforts « juridiquement » aboli la peine de mort en 1981.
      Simplement « juridiquement » et « civilement, » je vous l’accorde….. La société civil s’évite de commettre en mon nom l’erreur fatale de tuer froidement et mécaniquement un innocent.
      Quand aux sbires de Charles, ils m’ont laissé sur le carreau à quinze ans et ont tué deux autres innocents dans la semaine qui a suivi. Voilà pourquoi je préfère calmer vos ardeurs.

  36. J’ai la vague intuition qu’à la fin de ce procès, on n’en saura pas plus sur le rôle de la SG que sur l’administration du Château. Kerviel, c’est K. échappé du roman, parce que la SG fera tout pour noyer le poisson. Petit extrait :

    – Mais comment cela est-il possible ! s’écria K., je n’ai tout de même pas fait cet interminable voyage pour être encore renvoyé !

    – C’est une autre question, dit le maire, ce n’est pas à moi de la trancher ; je puis cependant vous expliquer comment la méprise a pu se produire. Dans une administration aussi vaste que l’administration comtale, il peut arriver par hasard qu’un bureau décide ceci, l’autre cela ; ils s’ignorent entre eux, le contrôle supérieur est bien des plus précis mais, de par sa nature, il arrive trop tard et c’est ainsi que peut naître parfois une légère confusion. Il ne s’agit jamais évidemment que de bagatelles comme votre cas. Pour les grandes choses je n’ai jamais eu connaissance d’une seule erreur, mais il suffit des bagatelles : elles sont souvent assez ennuyeuses elles aussi. En ce qui concerne votre cas je vais vous dire franchement sans faire de secret d’État – je ne suis pas assez fonctionnaire pour cela, je suis un paysan et je m’en tiens à ce titre – je vais vous dire franchement ce qui s’est passé. Il y a longtemps, – à cette époque je n’étais maire que depuis quelques mois, – un décret vint, je ne sais plus de quel bureau, dans lequel on nous informait, de la façon catégorique qui est de règle, chez ces messieurs, que nous devions engager un arpenteur et que la commune avait à préparer tous les plans et dessins nécessaires à ses travaux. Ce décret ne peut naturellement pas vous avoir concerné, car la chose date déjà de bon nombre d’années et je ne m’en serais même pas souvenu si je n’étais pas malade en ce moment et si je n’avais que trop de loisirs dans ce lit, pour réfléchir aux choses les plus ridicules…

    Donc décret « catégorique » pour un arpenteur, mais qui « ne peut naturellement pas vous avoir concerné ». Du grand Kafka…

    1. Le K Kerviel est Kafkaïen.
      Pardon, je ressort ……..
      avec madame Woerst, nous allons ensemble chez le capilliculteur de la maison « parce-que je le vaux bien »

    2. Un autre K…. Pro de chez pro.
      « Eberlué – Maxime Kahn, le trader qui a opéré le débouclage des positions prises par Jérôme Kerviel, a expliqué ce matin au tribunal que cette tâche lui avait été présentée comme « une opération client ». « J’ai vite compris que ce n’était pas ça, a-t-il raconté. Mais jamais je n’ai pu envisager qu’il s’agissait de positions prises de façon frauduleuse pour des montants astronomiques – 25.000 fois le risque moyen que prend un trader!-. J’ai découvert ça, éberlué, en même temps que la presse, le jeudi matin ». Maxime Kahn est décrit par Jérôme Kerviel dans son ouvrage comme « le trader star de la banque, un pro de chez pro ». »

  37. Bonjour Paul,
    une seule remarque si vous le permettez: le jeu n’est effectivement pas à somme nulle, puisque d’une part comme vous en faites état, les cygnes noirs ne sortent pas couverts puisqu’un jeu à somme nulle suppose que l’enjeu total ne peut dépasser la somme des mises; d’autre part vous omettez au delà de la ponction des intermédiaires, celle de la fiscalité qui est loin d’être négligeable et s’appuie notamment sur l’ensemble des ordres et non seulement sur le resultat (outcome) qui serait nul dans un jeu à somme fixe. L’assiette est donc en nette progression dès lors que le nombre d’opérations augmente comme il l’a fait au cours des 10 dernières années quasi exponentiellement.
    Amicalement.

    1. Boudi! V’là t’y pas que c’est les spéculateurs qui payent mes impôts maintenant!
      M’en vais de ce pas leur bruler un cierge chez la Bernadette, à Lourdes!

    2. @vigneron
      L’idée n’était pas de polémiquer mais de relever une des conséquences de cette économie financière fondée sur l’utilisation des leviers et qui est trop peu prise en compte à mon avis.
      Si le capital initial bénéficie d’un effet de levier important et qu’il « tourne » à une fréquence très élevée (cf. les opérations de trading automatique à haute fréquence qui peuvent représenter jusqu’à 70% du volume des échanges), l’imposition marginale des flux s’appuie donc sur une assiette très supérieure à celle qu’un système sans effet de levier permet. Cet écrémage du capital par les opérateurs, intermédiaires et la fiscalité est un des facteurs expliquant le développement de cette économie hors l’économie.

  38. Bien que hors sujet avec votre conclusion, je trouve la presentation qui suit tres pertinente.
    Quelques experiences de comportement, dans quelle condition l’on triche plus…avec l’exemple de la bourse en arriere plan.

    http://www.ted.com/talks/dan_ariely_on_our_buggy_moral_code.html

    Et de maniere plus generale, a quel points nos intuitions (economiques ou pas) meritent d’etre experimente…avec ce que j’ai lu des travaux d’Esther Duflo egalement, je trouve cette approche experimentale de l’economie tres prometteuse.

    http://www.ted.com/talks/esther_duflo_social_experiments_to_fight_poverty.html

  39. La vie dans son individuallité ne comporte-t-elle pas, dés son origine un ‘risque systémique »?
    Notre sentiment d’éternité nous pousse à jouer avec notre santé, avec nos sentiments, nos responsabilités, nos vies.
    Ne répétons nous pas le même principe dans la création de structures plus complexes?
    Malgré « la fin de l’histoire » nos créations sont toujours mortelles

    1. C’est JK qui provoque des poussées systémystiques chez vous, Pierre?

      Aaaah la les voies de la finance sont impénétrables!
      Et sa puissance est infinie!
      Que sa volonté soit faite.
      Amen.

      …euuuh, svp, donnez nous quand même notre pain de ce jour, si c’est pas trop demander bien sur…

    2. Vigneron, l’évocation de la mort du mouton vous pousse visiblement plus au mysticisme que Brigitte Bardot.
      Moi aussi comme beaucoup je me protège en ricanant devant la mort.
      Un des risques des systèmes est justement qu’ils sont bien souvent systé-mystique en se proclamant éternels jusqu’à la fin. C’est comme ça qu’on meurt à quinze ans pour le troisième Reich en 1945.

    3. La fin de l’histoire dans l’Art, c’est qu’il nous faut réfléchir une autre histoire :
      les hommes ont cru en Dieu, ils ont essayé de croire en eux, il y eut des haut et des bas et la deuxiième guerre mondiale, ce fut catastrophique, depuis petit à petit ils ont abandoné d’oser croire pour se réfugier de croire au Fric
      croire au Fric, ce devait être Tina, la fin de l’histoire …
      comme s’il n’existait pas une autre histoire à anticiper, imaginer, pour avancer sur le chemin de notre humanité …

    4. Si les pulsions ne sont pas « liées », elle devient grégaire, nie les indvidualités, et conduit au « risque systémique »

  40. @ Paul Jorion,

    Ma réponse à votre question : » A quoi cela sert-il ? »:

    A rien !

    Ma réponse à votre seconde question : « Alors, tout cela est-il bien « socialement utile » ?

    C’est socialement inutile, puisque cela ne profite pas aux personnes les plus concernées et qui ont besoin de financer leurs activités : principalement, les particuliers, les entreprises et les états…

    L’utilité sociale et sociétale de ce système financier semble bien avoir disparu par les actions des grands dirigeants de la finance internationale et des traders… qui « jouent en bourse » l’argent qui ne leur appartient pas.

    Et si on arrêtait de jouer ?

    Et si les citoyens du monde entier se mettaient en marche pour créer un véritable système économique et financier, qui soit respectueux des intérêts légitimes de tous ?

    Excusez-moi, Cher Paul Jorion, Chères lectrices et lecteurs de ce blog, si ma réponse vous paraît utopique ou d’être pris pour un fou, un iréaliste.

    Mais la question de fond est celle-ci :

    Jusqu’à quand les citoyens éveillés, les peuples de la terre vont continuer à « banquer » sans rien dire ?

    Croyez-vous que le système va encore durer « 3 semaines » d’ici le 24 juin 2010 comme vous le dites, Monsieur Jorion ou va tenir « 3 mois », jusqu’au 3 septembre ?

    Les financiers doivent revenir à leur place et ne pas vouloir diriger la vie des gens et de leur gouvernement.

    Les politiques, présidents et gouvernements de chaque pays, devraient être inspirés pour dire aux financiers : Vous êtes au service de la société et de l’économie et non celle-ci et la société à votre service.

    Bill Gates aurait dit : Nous avons besoin des banques pas des banquiers.

    Les citoyens de tous les pays devront-il créer leur banque, pour que soit respecter leurs intérêts et l’avenir de leurs enfants, comme des futures générations ?

  41. N’ayons peur de rien.
    Moi je réponds comme d’autres, non et c’est même du parasitisme.
    Un jour viendra où malheureusement ces petites frappes seront lynchées pour l’exemple, donnés en fusible à la société de spectacle qui est la notre.
    Le jour où, et le pouvoir y travaille, ils ne pourront pus contenir les foules les traders deviendront les gladiateurs de temps modernes, ceux qui ont le droit au pouce levé ou au pouce baissé.
    Ainsi va la société toute envahie par le spectacle incessant de comment défier les lois du loto.
    A paul, je ne vous apprends rien je suppose !!!!

  42. D’un pur point de vue intellectuel, mois je veux bien qu’on pense en premier à condamner ceux qui vont s’enrichir ainsi, mais puisqu’il ne faut légiférer que d’une main trembante, on peut se poser la question simple :

    Comment cela a-t-il commencé ?

    Car si on ne peut établir de limite nette (vers le passé pour mieux me faire comprendre, mais la même question va se retrouver dans l’espae juridique me dira VB), comment trancher et interdire ?

    Or il y a bien eu des précédents progressifs, et des marchés spéculatifs « justifiés ». Uderzo et Goscinny, grands historiens, parlèrent de Keynes et les menhirs ou quasiment.

    Mon neurone anthropologue (n’en ai qu’un de ceux là, moi, m’sieur) me dit qu’il y a eu représentation, que le premier qui a spéculé sur des titres immatériels manipulait symboliquement une forme de pouvoir. Dans l’analogie Braudélienne où la finance est la « haute tension » du système, le transformateur n’est pas un pur objet qui recyclerait les moyennes tensions et ne ferait que biaiser leur compensation pour alimenter la « haute », la HT. Cette haute tension s’élève aussi en vertu du regard social porté sur elle. Le facteur temps est crucial dans ce déplacement, c’est bien sûr d’abord le moteur puisqu’il s’agit toujours de dettes ou d ‘options venant à maturation à tel ou tel moment, et qu’on va s’échanger. Est-ce que la volonté initiale est réductible à la pratique de jeux d’écriture fournissant un apparent gain, ou bien est-ce que le fait d’être capable de se projeter dans le temps (jusqu’qu moment déexercice de son débit ou de son crédit) n’est pas aussi une manière de superiorité, une façon de croire qu’on existera à la date T+ tant ?

    Pas assez clair avec un seul neurone. Je vais aller louer un deuxième…

  43. desolé pour les fautes, il est 2h35 du matin est la soiré a été bien arosé.

    Concernant le reporting, le reporting intervient en fin de journé et n’st que le résultat de la fin de journé de trading? Il me semble impossible de pouvoir y ajouter des transactions qui n’ont pas eu lieu. Ci cela est possible c’est qu’il y a de trés gros bug dans le système.

    Ensuite il est fort possible qu’un tradeur puisse jouer contre la socièté pour laquel il travail tout en lui faisant gagner de l’argent, soit il est au courant des positions des autres traders, soit il agit sur le options, mais cela lui impose d’avoir des positions sur les sous jacents. il est facilement possible de prendre des positions a la baisse sur des options si ont a sufisement de positions sur les sou jacent pour faire chuter les index. (je ne parle que des options sur index (cac,ftse,dax exct…)

    Se que l’ont demande a un tradeur comme a tout autre employer est de faire du chiffre, un piont c’est tout. Que Kerviel est pris des positions invere des positions BNP ne me surprendrait pas du tout.

    Perso je connais des personnes qui joue sur les équilibrage de currencie, est il sont prés a acheter des actions US en sachant que le dollar va monter. Une fois qu’il est en haut, il n’hésiterons pas a vendre leur actions pour récuperer une grosse somme d’euro. M’enfin ceci est valable dans les deux sens.

    C’est là ou je suis d’accord avec le fait que la spéculation ne reste qu’un jeux a somme nul, c’est a dire que le gain des uns n’est que la pertes des autres. Les problèmes est que toutes cette activité spéculative n’as pour objectif que de pomper les ignorant et de raporter un max de commitions au professionel.

    Certains considére que l’interet et générateur de plus value et d’augmentation de la masse monnaitaire. Je leur dirait qu’as l’époque du services, le services financier n’et rien d’autre qu’un interet sur le service financier visant a investir sur les marchés. Vous pasez un ordres dont le service est payant.

    M’enfin je ne rentre pas dans : « pourquoi se service a été mis en place et accecible est mouton de panurge »

  44. Et l’informatique, est-elle socialement utile ? On peut en douter puisque avant l’apparition du premier ordinateur, (l’Le Colossus), personne n’en avait besoin. La spéculation n’est jamais que le sommet d’une pyramide qui produit et distribue du superflu. Un surplus strictement nécessaire, ça se stocke pour les périodes de disette, ce n’est pas fait pour être consommé ou réinvesti pour faire plus de profits, en tout cas pas totalement. Je veux dire que même l’activité industrieuse est désormais « spéculative », ce que dénotent les taux de rendements exigés.

    1. « Et l’informatique, est-elle socialement utile ? On peut en douter puisque avant l’apparition du premier ordinateur, personne n’en avait besoin. »

      Les mathématiciens (appliqués) et physiciens avaient besoin de calculateurs, fonction initiale des ordinateurs. Les ordinateurs ont ensuite servi à conserver, organiser et distribuer des données, notamment pour les scientifiques.

      Est-ce que la science est socialement utile ? S’il y a des épistémologues dans la salle…

  45. Puisque de fraude il est question, je signale une forte intéressante interview de William K. Black sur Article II. (version originale) Citation :

    La fraude est la malhonnêteté. Et l’essence même de la fraude se résume en : « Je crée de la confiance, puis je trahis cette confiance en échange de quelque chose ayant de la valeur. » Il n’y a pas d’acide plus corrosif pour la confiance que la fraude, en particulier celle des élites. Et c’est justement ce qui s’est produit.

  46. Il est répondu à ma question et soudain… tout s’éclaire !

    Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

    15h06 Les activités de marché ont-elles une utilité sociale ?

    Le témoin suivant est Bertrand Jacquillat, professeur à Sciences-Po Paris (économie financière).

    […]

    Me Veil interroge ensuite le témoin sur « un sujet qui n’a pas beaucoup été traité pendant l’audience » : « Les activités de marché ont-elles une utilité sociale ?

    – J’ai un cours de 2h qui parle de ça, je vous l’épargnerai.
    – Le tribunal a confiance dans votre esprit de synthèse, glisse le président
    – C’est un vieux débat qui a commencé dans les années 30 entre deux économistes [rires dans l’assistance]… En somme, une keynésienne disait que la finance ne faisait que huiler les rouages de l’économie, tandis que Schumpeter affirmait qu’elle a au contraire une influence.

    Il évoque ensuite un article publié il y a bien longtemps « par le quotidien Le Monde, et écrit par Erik Izraelewicz, qui est aujourd’hui à la tête de la rédaction des Echos [Raté, il s’agit en fait de « La Tribune », Ndlr] sur le thème de l’économie malade de la finance ».

    1. On a observé l’éclair dans les années trente, on attend toujours le son du coup de tonnerre…..
      De là à en entendre « les Echos » à « La Tribune » des prétoires, c’était pas gagné d’avance !
      Bravo Paul pour cette prémonition de plus.
      « Met de l’huile, petit homme » Standard oil y pourvoira.

    2. Erik Izraelewicz! Ancien rédac chef du Monde, ancien directeur de la rédaction des Échos, ancien de l’Expansion, ancien d’Europe 1, actuel directeur de rédaction de la Tribune et … un peu collègue de Paul, puisque chroniqueur économique attitré de RMC et BFM TV , entités de NextRadioTV, le groupe d’Alain Weill.

      Le monde des experts officiels est tout petit et Paul les chatouille…

    3. A propos de Bertrand Jacquillat, il serait intéressant de savoir si l’éminent Professeura changé d’avis depuis l’époque (1974 ) où il se faisait le promoteur enthousiaste de l’efficience du marché des actions, théorie magique selon laquelle les cours des actions reflèteraient (sic) instantanément l’ensemble des informations disponibles sur les valeurs mobilières, le marché, l’économie, etc.
      Pour lever toute ambiguïté sur ce curieux phénomène de reflet, Bertrand Jacquillat précisait que, sur un marché efficient, le cours d’une valeur mobilière fournissait à tout instant une bonne estimation de la valeur réelle (sic) d’une entreprise. Revenant plus tard sur cette question (1980), il confirmait à nouveau que le marché boursier était l’un des plus efficients qui soient et, compte tenu de l’absence « d’illusions financières », il enjoignait ardemment ses lecteurs de « faire confiance aux prix de marché », s’ils existaient, pour apprécier la valeur d’une entreprise.
      Que pense notre ami Paul Jorion de cette théorie incompatible avec l’existence des bulles (par exemple la bulle Internet qui a explosée en pleine figure des petits épargants crédules)?

    4. Sur un marché où on autorise les spéculateurs, tous les prix sont spéculatifs : ils se situent à une distance impossible a préciser par rapport aux fondamentaux (en gros, le coût « additif » de l’ensemble des composants).

  47. Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

    Dénégation : « … dans une phrase telle que « Ce n’est pas ma mère » prononcée par un sujet à propos d’un rêve, le refoulé est reconnu de manière négative, sans être accepté » (Roudinesco et Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard 1997).

    Daniel Bouton, Président-directeur général de la Société Générale de novembre 1997 à mai 2008 : « Il ne faut pas se raconter d’histoires, nous ne sommes pas dans un drame de Zola… ».

    1. Une chose est sûre avec vous, Paul, c’est que le jour où l’on vous verra dénigrer la psychanalyse, ce ne sera sûrement pas de la dénégation, mais de la mauvaise foi ou un suicide intellectuel. 🙂

    2. Je viens de comprendre pourquoi Roudinesco me filait des Boutons.
      …… à compter dans mes rêves d’assommoir pour les gères minables.

    3. Ah! Je viens d’entendre Roselyne Bachelot à l’Assemblée nationale.

      « Jamais le gouvernement n’aurait dû avoir à s’occuper de la coupe du monde de football. Car c’est la responsabilité de la FFF. Je ne peux que constater comme vous le désastre avec une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés. Un coach désemparé et sans autorité. Une fédération française de football aux abois. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de prendre toutes ses responsabilités. » 23.06.2010

      Faut-il attendre du foot qu’il règle nos problèmes…
      Aïe!

      Y a-t-il dans la psychanalyse un concept qui caractériserait un peu dans cet esprit de dénégation un phénomène où pour ne pas affronter certaines réalités, on les transposerait sur une autre scène?

      Ca ferait quelque chose comme ça :
      « Jamais des responsables politiques vendus au règne de l’Argent n’aurait dû avoir à s’occuper de notre bien commun. Car nous nous heurtons là à un conflit d’intérêt majeur et regrettable.
      Je ne peux que constater comme vous le désastre avec une équipe gouvernementale et un chef d’Etat immatures commandant à des citoyens désemparés auprès desquels il a perdu toute autorité, tout crédit. C’est la raison pour laquelle…  »

      …pour laquelle nous prendrons le chemin d’une politique autoritaire?
      …nous en tirons toutes les conséquences pour que le rapport de force soit à l’avantage de l’intérêt général et non des porte-monnaie de quelques intérêts privés?

      C’est sans doute à nous d’écrire la suite.

      Ma crainte, irrationnelle je l’espère, que ce genre d’événements ne soit le déclencheur de mouvements tenant non pas de la contestation et de la revendication organisées de droits et de règles justes, mais du défoulement des frustrations. Lesquelles appelleraient des politiques répressives et pour le coup, autoritaires… Comme souvent quand plus rien ne fait autorité.

  48. N.B. : Excellente performance, soit dit en passant, de Daniel Bouton. Sa familiarité avec la pensée Mao-ZeDong, à laquelle il fait allusion de manière discrète (« Marcher sur ses deux jambes ») n’est sans doute pas pour rien dans l’admiration qu’il suscite dans le public.

    1. « nous ne sommes pas dans un drame de Zola » Bouton/Bontoux et Société Générale/Union Générale ça dirait alors l’histoire qu’il se raconte ?

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