BFM Radio, lundi 21 juin 2010 à 10h46 – Kerviel: la question que personne ne pose

Kerviel : la question que personne ne pose

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Le procès de Jérôme Kerviel entre dans sa troisième semaine, qu’a-t-on appris jusqu’ici sur les grandes questions qu’on se pose ? Sa hiérarchie, par exemple, était-elle davantage au courant qu’elle ne le prétend sur les opérations qu’il passait ? Autre question dont on aimerait connaître la réponse : le fait d’entrer des opérations fictives dans le système de reporting pour masquer ses positions est-il – comme Kerviel le prétend – une pratique courante dans le monde des traders ? Et ce n’est là encore qu’un minuscule échantillon du genre de questions que l’on continue de se poser sur cette ténébreuse affaire. Connaîtrons-nous un jour la réponse ou bien sommes-nous condamnés à deviner, à nous faire une opinion à partir d’éléments disparates et fragmentaires ?

Est-ce parce que j’ai eu l’occasion d’être moi-même trader sur les marchés à terme que la réponse à ces questions me laisse en réalité indifférent ? je ne sais pas. Ce qui m’intrigue par contre c’est pourquoi au cours de deux premières semaines d’audience, personne n’a posé la seule qui me semble cruciale, une question que j’appellerais « à la Lord Adair Turner », du nom du président de la FSA, la Financial Services Authority, le régulateur des marchés britanniques, qui se demandait il y a quelques temps – avec beaucoup de candeur d’ailleurs – si tout dans le système financier que nous connaissons, est utile d’un point de vue social.

Ma question, qui n’intéresse apparemment personne sauf moi, c’est celle-ci : « Ce que Kerviel faisait pour sa banque – que ce soit de la manière dont elle voulait que cela se fasse, ou de la manière dont lui le faisait – à quoi cela sert-il ? » Parce qu’enfin, se mettre comme cela, en position « longue », en espérant que le prix monte, ou « courte », en espérant que le prix baisse et sur des sommes « importantes » – parce que de notre point de vue à nous, particuliers, que ce soient des milliards qui sont en jeu, ou simplement des millions, ce sont quand même de grosses sommes – à quoi cela sert-il ?

Prenons un exemple très simple. Kerviel a fait un pari qui peut rapporter – soyons modestes – un million d’euros. Il le fait au nom de la Société Générale. Et disons, toujours pour faire simple, que sa contrepartie – celle qui a fait le pari en sens inverse – ce soit BNP Paribas. Ce cas de figure n’est pas impossible. Disons que, cette fois-ci, c’est lui qui a gagné : la Société Générale a gagné un million et la BNP a elle perdu un million. La fois prochaine ce sera l’inverse : la Société Générale perd et la BNP gagne. Est-ce que cela sert à quelque chose ? Oui, cela fait augmenter les dividendes et les bonus dans la banque qui a gagné et cela les fait baisser dans celle qui a perdu. Les actionnaires, les dirigeants et les traders de celle qui a gagné sont contents, et ceux de celle qui a perdu sont au contraire tristes.

Et nous, dans cette affaire ? Tout ça nous est indifférent. Sauf… sauf si l’une des deux banques gagne systématiquement et l’autre perd systématiquement, alors nous – en tant que contribuables, nous irons sauver avec nos propres deniers la banque qui a perdu et qui est bien sûr « trop grosse pour tomber » – Too big to fail. Autrement dit, ce que tous les petits Kerviel du monde font, et les banques qui les emploient, ça ne sert qu’à une seule chose : à créer du risque systémique, le risque que tout le système s’écroule un beau jour. Alors, tout cela est-il bien « socialement utile » ? Je crains malheureusement que la question ne soit beaucoup trop sérieuse pour que je m’engage à y répondre – comme ça, de but en blanc – un lundi matin.

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154 réflexions sur « BFM Radio, lundi 21 juin 2010 à 10h46 – Kerviel: la question que personne ne pose »

  1. L’éternel problème est connu: on nationalise les pertes au lieu de nationaliser les banques pour mettre fin à leurs agissements pervers.
    Quel président responsable peut-il le faire? Aucun, sous couvert de libéralisme…alors ils prononcent des anathèmes et nous sommes tous rassurés… jusqu’à la prochaine crise.

    1. Nationaliser les banques.

      Pour que les banques continuent à gagner sur le dos de leurs clients ?

      Il faut penser à fermer les banques.

    2. il faut bien admettre que les banques payent leurs bureaux (leur local) et leurs bureaucrates (les gens qui tiennent nos comptes, font des contrats de prêts…) et leur machines ( pour les cartes et les distributeurs de billets) ….
      et que c’est vrai la rémunération de l’actionnaire, …
      et même du tradrer ….
      franchement, je me demande variment un peu à quoi ça sert …

      PS nos banques et assurances ont quelques beaux châteaux (j’exagère avec « château » mais c’est vraiment pas mal, à Marseille sur le Prado plage, je suppose qu’à Lyon , à Paris, …. , c’est pareil) j’ai un peu de mal à croire commme ça à première vue qu’elles soient dans le besoin ….

    3. @Cécile

      « nos banques et assurances ont quelques beaux châteaux (j’exagère avec « château » mais c’est vraiment pas mal, à Marseille sur le Prado plage, je suppose qu’à Lyon , à Paris, …. , c’est pareil) j’ai un peu de mal à croire commme ça à première vue qu’elles soient dans le besoin …. »

      Tout simplement parce que leur « magnifique » patrimoine, détenu directement ou indirectement (je peux en témoigner par ex avec les vignobles possédés ainsi par AXA, Crédit Agricole ou autres en bordelais et ailleurs), c’est peanut’s en face de leurs dettes ou de leurs actifs surévalués!

  2. Une question qu’un juge pose au « responsable »direct de Kerviel (tient encore un K!) en personne:
    « 10H30 – Dans l’ignorance – Le président interroge Eric Cordelle sur le contrôle des opérations des traders. Réponse édifiante: « Je n’avais ni les moyens ni la connaissance pour le faire. Je se savais pas utiliser Eliot (la base de données des traders). J’ai eu une formation de deux heures, je savais rentrer mon identifiant et puis voilà.  »
    No comments.
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=4870cf36230cb30f1360c0a86b960e02

    1. akors qu’est-ce qu’il controlait, pourqui, pourquoi ce contrôle …?????
      (les shadocks pompaient, pompaient ….

    2. Rappelons nous la ligne de défense de Arnaud Lagardère :
      « Soit je suis coupable ,soit je suis incompétent. Je choisi la deuxième option. »
      Je cite de mémoire.
      Et ça a marché……

  3. Le fait est que le trading n’est pas une activité socialement inutile, elle est tout simplement socialement destructrice : à ce petit jeu là, ce sont les citoyens qui perdent tout le temps puisqu’ils doivent renflouer les banques. En y pensant, chaque fois que je vois une pub de la LCL, je me dis qu’ils doivent leur survie aux résidents en France (20 milliards d’euros le sauvetage du Crédit Lyonnais ! soit à l’époque presque 1,5% du PIB français).

    1. je n’aime pas ces mots de « tradre », « trading » ….
      (je ne vois pas de nécessité absolu au trading, il me semble que l’on pourrait allégremment s’en passer, peut-être on retrouverait un autre mot d’une fonction qui existait avant …
      par contre les traders, soit je ne les apprécie pas non plus, mais ils ne sont pas non plus tombés du ciel
      (ils seraient plus comme les fusibles dans un porte-fusible, lui-m^me dans un tableau électrique relié à un disjoncteur ….

  4. Monsieur Jorion, ne tenteriez-vous pas de noyer le poisson en cherchant une responsabilité générale à notre société ‘généreuse »?
    Le procés Kerviel a pour objet la recherche de responsabilités individuelles. Voilà pourquoi personne ne se pose votre question, au demeurant fort juste.
    Mais ce procès n’est en l’espèce ni le moment ni le lieu où l’on se doit de la poser.
    Le peuple demande des têtes….. Je constate qu’il n’y en a juridiquement et matériellement qu’une dans le box des accusés.
    Faut-il « sauver le soldat Kerviel »? Voilà la bonne question.

    1. Oui il FAUT le sauver, d’abord parce qu’il est juste un fantassin zélé et borderline d’une armée menée par des officiers délinquants aux mains propres, aux ordres de commanditaires mafieux cartélisés en conseils d’administration, comités de surveillance, lobbys, think-tanks et, pour la beauté du geste, gouvernements officieux!

      Et ensuite parce qu’il faut en finir avec cette icône puante du trader tout puissant, du substantifique cynique triomphant, porscherisé, ferrarisé, armanisé, cartierisé et à jusqu’à la moelle cocaïnisé!

      Et les ravaler à leur vraie place: celle de pantins pathétiques, petites mains vendues aux pires escrocs que cette terre ait portés!
      A l’image des footballeurs enrichis et croqués par les salauds qu’ils font vivre. En pire bien sur puisque le joueur de foot donne ce qu’il a d’unique, son talent, à l’endroit où il est utile.

      Le trader galvaude ses synapses et neurones au pire endroit. POUR RIEN!

      Condamner Kerviel serait juste rajouter du prestige à sa dérisoire activité!

    2. OK Vigneron, on lui paye une cure de désintoxication et, Hop! Ils se bat pour nous!
      Les nouveaux convertis sont toujours les plus virulents.
      Mais on le garde au chaud en attendant qu’il coince ses commanditaires qui ne maitrisent même pas ses logiciels de trading. Cette ligne de défense adoptée cette après-midi :
      « Je se savais pas utiliser Eliot (la base de données des traders). J’ai eu une formation de deux heures, je savais rentrer mon identifiant et puis voilà. »
      C’est bien, celui là est bien identifié. Au suivant.

  5. Personnellement, je ne mettrai pas en cause le capitalisme.
    Je trouve que ce n’est pas non plus une question philosophique.
    On est bien dans le réel, le technique ! La preuve, c’est qu’il y avait une loi qui interdisait de jouer l’argent des déposants et qu’elle a été abrogée. On est donc bien dans le technique et non dans la question de la pertinence du capitalisme. On est dans les règles du jeu, dans les règles du commerce ! Il ne faut pas tout mélanger, voire tout supprimer. Il est normal qu’il y ait une Bourse des valeurs et que celles-ci montent ou descendent selon leur valeur réelle. Le problème vient de la tricherie, des stocks options, des conflits d’intérêts, des délits d’initiés, des paris sur la perte qu’on provoque soi-même aux dépens du client de la banque (!!), etc. Les valeurs doivent être en rapport avec des usines, des entreprises et non uniquement des structures financières ! Quand les seules entreprises cotées ne sont plus que des banques, on ne sait plus dans quelle pièce on joue !
    C’est, d’ailleurs, pour cela qu’il y a une surveillance (théorique).
    Pour une fois, je pense que la technique est en cause et non la philosophie. On ne peut pas, évidemment, supprimer la concupiscence chez l’homme, ni la cupidité, ni la malhonnêteté, etc. C’est pour cela qu’il ne sert à rien de tuer la poule parce que l’oeuf a été mal cuit. Chaque système a ses brebis galeuses. Ce qu’il faut, c’est un système de contrôle efficace et performant sur une structure qui soit contrôlable. Si le contrôle est impossible, inutile de faire semblant de contrôler. C’est à ce niveau que l’honnêteté et la gestion gouvernementale doivent être capables d’intervenir. Si les financiers se transforment en comédiens et qu’ils demandent aux politiciens de faire de même en allant jusqu’à leur donner leur feuille de route et leur pourboire, alors évidemment plus rien n’est possible que de se laisser berner jusqu’à plus soif !

    1. Senec,
      « Humain trop humain « pour faire défaut, ce n’est pas de la philosophie?
      C’est la votre, et elle annonce la fin du capitalisme tel que nous le connaissions.

  6. Monsieur Jorion, vous m’aviez fort justement repris à ce sujet il y a quelques temps :

    « « trop grosse pour tomber » – Too big to fail ? »

    Non, to fail , faillite, n’est pas to fall, tomber.
    Et la nuance est de taille quand on sait que ce système ne mérite que la mise en place d’une faillite « organisée » plutôt que d’envisager sa chute dans un chaos généralisé.
    Je trouve ce lapsus très révélateur, surtout dans votre bouche.

    1. Oui julien, les Banques tombent peut-être en saintes aussi? A moins que ce ne soit amoureuses.
      Ca tombe mal dans le cas de figure, non?
      On ne tombe pas en faillite, on y est mis et c’est une énorme différence.

    2. @Piotr
      Monsieur G.L.L.O.Q., n’ayez crainte, il n’y aura plus personne à tondre à la « libération ».
      L’épilation chez les esthéticiens a rapporté 6 millions d’euros l’année dernière en France……
      Et les marchand de peignes se sont déjà reconverti dans le gant de toilette.

    3. Hhmm.. langage.
      Tant que déposer le bilan n’a pas de sens scatologique pour l’un de nous, c’est déjà ça de sauvé.

      Par contre, Pierre, une faillite « organisée »… je vous sens sacrément optimiste, là…
      Et on dit quoi aux pays « émergents »…? (comme pour la taxe carbone, éventuellement..???)

      J’ai liquidé mes positions depuis longtemps, mais si je ne fais que considérer les sommes qu’ont placé certains amis, là, les gars, et malgré mes avertissements en leur parlant de la réalité et de la dangeorisité de la situation, ils pètent un câble. Sûr.
      Je ne vais pas aller jusqu’à dire que j’ai des amis dangereux, mais… en rêgle générale, ils ont bossé dur et l’annulation d’une partie de ce capital pourrait les facher « légèrement ».
      La réaction serait à la mesure de ce qu’ils ont bossé…

      Et, chose amusante, que ce soit une faillite « organisée » ou un effondrement brutal, le résultat serait le même…

    4. @Yvan
      Combien de banques et de fond de pensions en faillites à travers le monde ces dernières années?
      Combien de retraités ruinés non virtuels sur le trottoir?
      Heureusement que la gestion de la colère est organisée, non?

    5. « Heureusement que la gestion de la colère est organisée, non? »

      Vous faites partie de l’ordolibéralisme ou vous venez de l’inventer par peur de l’avenir…?? Dites-moi.

      Sinon, pour le reste, il y a mastercard ou le fascisme, au choix.

    6. Yvan, J’ai bien peur que nous ne soyons pas assez organisé pour nous éviter ce genre de catastrophe…..
      Seule la colère froide s’organise, et nos G.O. sont dotés d’un cerveau reptilien qui se nourrit depuis toujours de nos émotions et de nos agitations de petits rats de laboratoire.
      Chaud devant!!!!!
      Ces énergies sont en passe de fonctionner en réseaux au service d’un cyber-pouvoir.
      Dommage que cette dimension de l’évolution technologique ne soit pas plus souvent abordée sur le blog de Paul Jorion qui en est pourtant reconnu comme un des éminents spécialistes.
      Allez! L’important c’est de participer. TINA.

  7. Paul Jorion dit :
    22 janvier 2010 à 15:16

    « Too big to FAIL » : trop grosses pour faire défaut.
    *
    Piotr dit :
    22 janvier 2010 à 16:03

    Sans commentaire.
    *
    Pierre dit :
    22 janvier 2010 à 16:20

    Oups, pardon, là c’est ma tête qui faisait défaut…. Sory!

    1. Là où je me trompe peut-être encore, c’est si « faire défaut » signifie « faire faillite » en droit français ou anglo-saxon?
      Le droit n’est-il pas, si je ne me trompe, l’art de couper les poils de la tête en quatre?

    2. « To fall » : traduction littérale, « tomber »

      « To fail » : traduction littérale, « échouer », « faire défaut » ;
      – – – – – – – traduction figurée : « tomber ».

    3. Le droit…
      Tout dépend de ce que vous entendez dans le mot Justice…

      Il y a eu, ici, un excellent article d’une juriste sur la foultitude de multiplication de croissance (OUI : ENFIN UNE QUELQUE PART, PREVENEZ LAGARDE ;-)d’articles de lois qui ne profitent qu’à la caste de ceux qui ont les moyens de payer des analystes juridiques de haut vol.
      Il y a environ 37 jours et 3 heures.

    4. Hé oui, Monsieur Jorion.
      Je vous ai déjà parler des anglissismes et de ces mots qui ont aucun rapport avec la dimension qu’on leur donne, mais plutôt avec la dimension que l’on veut leur FAIRE porter.
      Intelligent :
      – français, version latine, mettre en commun
      – anglo-saxon : exploiter.
      Free :
      – français : libre
      – anglais : gratuit…

      Et les exemples se multiplient à l’infini…

    5. Quand passe-t-on juridiquement aux états unis de « to fail » à « to go bankrupt »?
      Un juriste dans la salle?

    6. Pour finir, ou en rajouter une couche c’est selon, je propose:

      Too big to fail=trop grosse pour choir.

      J’sais , j’trouve qu’ça fait plus vieille France, genre années folles… Stavisky, tout ça…

      Et puis c’est plus joli, ça rime avec mouchoir et puis grand SOIR !

    7. @pierre

      Juridiquement, on s’en fout un peu, comme toujours, le droit c’est pour quand ça va bien. Quand ça va mal, vous appelez pas Badinter, vous appelez pasqua!

      Par contre le passage de to fail à to bankrupt, je crois qu’il se fait surtout en courant! Par l’étape Bankrun!

    8. Pour finir, ou en rajouter une couche c’est selon, je propose:

      Too big to fail=trop grosse pour choir.

      J’sais pas, j’trouve qu’ça fait plus vieille France, genre années folles… Stavisky, tout ça…

      Et puis c’est plus joli, ça rime avec mouchoir et puis grand SOIR !

    9. @vigneron
      « Quand ça va mal, vous appelez pas Badinter, vous appelez pasqua! »

      Vigneron, je vous envoie avec Kerviel en désintoxication. Vous êtes dangereux pour vous et pour les autres.
      Allons! Reprenez vous! Confondre Ducros-Ricard-Barbouze et Saint Just……!!!!!
      Badinter comme mon père connaissait Saint just par cœur dans le texte, et ils ont, après trente ans d’efforts « juridiquement » aboli la peine de mort en 1981.
      Simplement « juridiquement » et « civilement, » je vous l’accorde….. La société civil s’évite de commettre en mon nom l’erreur fatale de tuer froidement et mécaniquement un innocent.
      Quand aux sbires de Charles, ils m’ont laissé sur le carreau à quinze ans et ont tué deux autres innocents dans la semaine qui a suivi. Voilà pourquoi je préfère calmer vos ardeurs.

  8. J’ai la vague intuition qu’à la fin de ce procès, on n’en saura pas plus sur le rôle de la SG que sur l’administration du Château. Kerviel, c’est K. échappé du roman, parce que la SG fera tout pour noyer le poisson. Petit extrait :

    – Mais comment cela est-il possible ! s’écria K., je n’ai tout de même pas fait cet interminable voyage pour être encore renvoyé !

    – C’est une autre question, dit le maire, ce n’est pas à moi de la trancher ; je puis cependant vous expliquer comment la méprise a pu se produire. Dans une administration aussi vaste que l’administration comtale, il peut arriver par hasard qu’un bureau décide ceci, l’autre cela ; ils s’ignorent entre eux, le contrôle supérieur est bien des plus précis mais, de par sa nature, il arrive trop tard et c’est ainsi que peut naître parfois une légère confusion. Il ne s’agit jamais évidemment que de bagatelles comme votre cas. Pour les grandes choses je n’ai jamais eu connaissance d’une seule erreur, mais il suffit des bagatelles : elles sont souvent assez ennuyeuses elles aussi. En ce qui concerne votre cas je vais vous dire franchement sans faire de secret d’État – je ne suis pas assez fonctionnaire pour cela, je suis un paysan et je m’en tiens à ce titre – je vais vous dire franchement ce qui s’est passé. Il y a longtemps, – à cette époque je n’étais maire que depuis quelques mois, – un décret vint, je ne sais plus de quel bureau, dans lequel on nous informait, de la façon catégorique qui est de règle, chez ces messieurs, que nous devions engager un arpenteur et que la commune avait à préparer tous les plans et dessins nécessaires à ses travaux. Ce décret ne peut naturellement pas vous avoir concerné, car la chose date déjà de bon nombre d’années et je ne m’en serais même pas souvenu si je n’étais pas malade en ce moment et si je n’avais que trop de loisirs dans ce lit, pour réfléchir aux choses les plus ridicules…

    Donc décret « catégorique » pour un arpenteur, mais qui « ne peut naturellement pas vous avoir concerné ». Du grand Kafka…

    1. Le K Kerviel est Kafkaïen.
      Pardon, je ressort ……..
      avec madame Woerst, nous allons ensemble chez le capilliculteur de la maison « parce-que je le vaux bien »

    2. Un autre K…. Pro de chez pro.
      « Eberlué – Maxime Kahn, le trader qui a opéré le débouclage des positions prises par Jérôme Kerviel, a expliqué ce matin au tribunal que cette tâche lui avait été présentée comme « une opération client ». « J’ai vite compris que ce n’était pas ça, a-t-il raconté. Mais jamais je n’ai pu envisager qu’il s’agissait de positions prises de façon frauduleuse pour des montants astronomiques – 25.000 fois le risque moyen que prend un trader!-. J’ai découvert ça, éberlué, en même temps que la presse, le jeudi matin ». Maxime Kahn est décrit par Jérôme Kerviel dans son ouvrage comme « le trader star de la banque, un pro de chez pro ». »

  9. Bonjour Paul,
    une seule remarque si vous le permettez: le jeu n’est effectivement pas à somme nulle, puisque d’une part comme vous en faites état, les cygnes noirs ne sortent pas couverts puisqu’un jeu à somme nulle suppose que l’enjeu total ne peut dépasser la somme des mises; d’autre part vous omettez au delà de la ponction des intermédiaires, celle de la fiscalité qui est loin d’être négligeable et s’appuie notamment sur l’ensemble des ordres et non seulement sur le resultat (outcome) qui serait nul dans un jeu à somme fixe. L’assiette est donc en nette progression dès lors que le nombre d’opérations augmente comme il l’a fait au cours des 10 dernières années quasi exponentiellement.
    Amicalement.

    1. Boudi! V’là t’y pas que c’est les spéculateurs qui payent mes impôts maintenant!
      M’en vais de ce pas leur bruler un cierge chez la Bernadette, à Lourdes!

    2. @vigneron
      L’idée n’était pas de polémiquer mais de relever une des conséquences de cette économie financière fondée sur l’utilisation des leviers et qui est trop peu prise en compte à mon avis.
      Si le capital initial bénéficie d’un effet de levier important et qu’il « tourne » à une fréquence très élevée (cf. les opérations de trading automatique à haute fréquence qui peuvent représenter jusqu’à 70% du volume des échanges), l’imposition marginale des flux s’appuie donc sur une assiette très supérieure à celle qu’un système sans effet de levier permet. Cet écrémage du capital par les opérateurs, intermédiaires et la fiscalité est un des facteurs expliquant le développement de cette économie hors l’économie.

  10. Bien que hors sujet avec votre conclusion, je trouve la presentation qui suit tres pertinente.
    Quelques experiences de comportement, dans quelle condition l’on triche plus…avec l’exemple de la bourse en arriere plan.

    http://www.ted.com/talks/dan_ariely_on_our_buggy_moral_code.html

    Et de maniere plus generale, a quel points nos intuitions (economiques ou pas) meritent d’etre experimente…avec ce que j’ai lu des travaux d’Esther Duflo egalement, je trouve cette approche experimentale de l’economie tres prometteuse.

    http://www.ted.com/talks/esther_duflo_social_experiments_to_fight_poverty.html

  11. La vie dans son individuallité ne comporte-t-elle pas, dés son origine un ‘risque systémique »?
    Notre sentiment d’éternité nous pousse à jouer avec notre santé, avec nos sentiments, nos responsabilités, nos vies.
    Ne répétons nous pas le même principe dans la création de structures plus complexes?
    Malgré « la fin de l’histoire » nos créations sont toujours mortelles

    1. C’est JK qui provoque des poussées systémystiques chez vous, Pierre?

      Aaaah la les voies de la finance sont impénétrables!
      Et sa puissance est infinie!
      Que sa volonté soit faite.
      Amen.

      …euuuh, svp, donnez nous quand même notre pain de ce jour, si c’est pas trop demander bien sur…

    2. Vigneron, l’évocation de la mort du mouton vous pousse visiblement plus au mysticisme que Brigitte Bardot.
      Moi aussi comme beaucoup je me protège en ricanant devant la mort.
      Un des risques des systèmes est justement qu’ils sont bien souvent systé-mystique en se proclamant éternels jusqu’à la fin. C’est comme ça qu’on meurt à quinze ans pour le troisième Reich en 1945.

    3. La fin de l’histoire dans l’Art, c’est qu’il nous faut réfléchir une autre histoire :
      les hommes ont cru en Dieu, ils ont essayé de croire en eux, il y eut des haut et des bas et la deuxiième guerre mondiale, ce fut catastrophique, depuis petit à petit ils ont abandoné d’oser croire pour se réfugier de croire au Fric
      croire au Fric, ce devait être Tina, la fin de l’histoire …
      comme s’il n’existait pas une autre histoire à anticiper, imaginer, pour avancer sur le chemin de notre humanité …

    4. Si les pulsions ne sont pas « liées », elle devient grégaire, nie les indvidualités, et conduit au « risque systémique »

  12. @ Paul Jorion,

    Ma réponse à votre question : » A quoi cela sert-il ? »:

    A rien !

    Ma réponse à votre seconde question : « Alors, tout cela est-il bien « socialement utile » ?

    C’est socialement inutile, puisque cela ne profite pas aux personnes les plus concernées et qui ont besoin de financer leurs activités : principalement, les particuliers, les entreprises et les états…

    L’utilité sociale et sociétale de ce système financier semble bien avoir disparu par les actions des grands dirigeants de la finance internationale et des traders… qui « jouent en bourse » l’argent qui ne leur appartient pas.

    Et si on arrêtait de jouer ?

    Et si les citoyens du monde entier se mettaient en marche pour créer un véritable système économique et financier, qui soit respectueux des intérêts légitimes de tous ?

    Excusez-moi, Cher Paul Jorion, Chères lectrices et lecteurs de ce blog, si ma réponse vous paraît utopique ou d’être pris pour un fou, un iréaliste.

    Mais la question de fond est celle-ci :

    Jusqu’à quand les citoyens éveillés, les peuples de la terre vont continuer à « banquer » sans rien dire ?

    Croyez-vous que le système va encore durer « 3 semaines » d’ici le 24 juin 2010 comme vous le dites, Monsieur Jorion ou va tenir « 3 mois », jusqu’au 3 septembre ?

    Les financiers doivent revenir à leur place et ne pas vouloir diriger la vie des gens et de leur gouvernement.

    Les politiques, présidents et gouvernements de chaque pays, devraient être inspirés pour dire aux financiers : Vous êtes au service de la société et de l’économie et non celle-ci et la société à votre service.

    Bill Gates aurait dit : Nous avons besoin des banques pas des banquiers.

    Les citoyens de tous les pays devront-il créer leur banque, pour que soit respecter leurs intérêts et l’avenir de leurs enfants, comme des futures générations ?

  13. N’ayons peur de rien.
    Moi je réponds comme d’autres, non et c’est même du parasitisme.
    Un jour viendra où malheureusement ces petites frappes seront lynchées pour l’exemple, donnés en fusible à la société de spectacle qui est la notre.
    Le jour où, et le pouvoir y travaille, ils ne pourront pus contenir les foules les traders deviendront les gladiateurs de temps modernes, ceux qui ont le droit au pouce levé ou au pouce baissé.
    Ainsi va la société toute envahie par le spectacle incessant de comment défier les lois du loto.
    A paul, je ne vous apprends rien je suppose !!!!

  14. D’un pur point de vue intellectuel, mois je veux bien qu’on pense en premier à condamner ceux qui vont s’enrichir ainsi, mais puisqu’il ne faut légiférer que d’une main trembante, on peut se poser la question simple :

    Comment cela a-t-il commencé ?

    Car si on ne peut établir de limite nette (vers le passé pour mieux me faire comprendre, mais la même question va se retrouver dans l’espae juridique me dira VB), comment trancher et interdire ?

    Or il y a bien eu des précédents progressifs, et des marchés spéculatifs « justifiés ». Uderzo et Goscinny, grands historiens, parlèrent de Keynes et les menhirs ou quasiment.

    Mon neurone anthropologue (n’en ai qu’un de ceux là, moi, m’sieur) me dit qu’il y a eu représentation, que le premier qui a spéculé sur des titres immatériels manipulait symboliquement une forme de pouvoir. Dans l’analogie Braudélienne où la finance est la « haute tension » du système, le transformateur n’est pas un pur objet qui recyclerait les moyennes tensions et ne ferait que biaiser leur compensation pour alimenter la « haute », la HT. Cette haute tension s’élève aussi en vertu du regard social porté sur elle. Le facteur temps est crucial dans ce déplacement, c’est bien sûr d’abord le moteur puisqu’il s’agit toujours de dettes ou d ‘options venant à maturation à tel ou tel moment, et qu’on va s’échanger. Est-ce que la volonté initiale est réductible à la pratique de jeux d’écriture fournissant un apparent gain, ou bien est-ce que le fait d’être capable de se projeter dans le temps (jusqu’qu moment déexercice de son débit ou de son crédit) n’est pas aussi une manière de superiorité, une façon de croire qu’on existera à la date T+ tant ?

    Pas assez clair avec un seul neurone. Je vais aller louer un deuxième…

  15. desolé pour les fautes, il est 2h35 du matin est la soiré a été bien arosé.

    Concernant le reporting, le reporting intervient en fin de journé et n’st que le résultat de la fin de journé de trading? Il me semble impossible de pouvoir y ajouter des transactions qui n’ont pas eu lieu. Ci cela est possible c’est qu’il y a de trés gros bug dans le système.

    Ensuite il est fort possible qu’un tradeur puisse jouer contre la socièté pour laquel il travail tout en lui faisant gagner de l’argent, soit il est au courant des positions des autres traders, soit il agit sur le options, mais cela lui impose d’avoir des positions sur les sous jacents. il est facilement possible de prendre des positions a la baisse sur des options si ont a sufisement de positions sur les sou jacent pour faire chuter les index. (je ne parle que des options sur index (cac,ftse,dax exct…)

    Se que l’ont demande a un tradeur comme a tout autre employer est de faire du chiffre, un piont c’est tout. Que Kerviel est pris des positions invere des positions BNP ne me surprendrait pas du tout.

    Perso je connais des personnes qui joue sur les équilibrage de currencie, est il sont prés a acheter des actions US en sachant que le dollar va monter. Une fois qu’il est en haut, il n’hésiterons pas a vendre leur actions pour récuperer une grosse somme d’euro. M’enfin ceci est valable dans les deux sens.

    C’est là ou je suis d’accord avec le fait que la spéculation ne reste qu’un jeux a somme nul, c’est a dire que le gain des uns n’est que la pertes des autres. Les problèmes est que toutes cette activité spéculative n’as pour objectif que de pomper les ignorant et de raporter un max de commitions au professionel.

    Certains considére que l’interet et générateur de plus value et d’augmentation de la masse monnaitaire. Je leur dirait qu’as l’époque du services, le services financier n’et rien d’autre qu’un interet sur le service financier visant a investir sur les marchés. Vous pasez un ordres dont le service est payant.

    M’enfin je ne rentre pas dans : « pourquoi se service a été mis en place et accecible est mouton de panurge »

  16. Et l’informatique, est-elle socialement utile ? On peut en douter puisque avant l’apparition du premier ordinateur, (l’Le Colossus), personne n’en avait besoin. La spéculation n’est jamais que le sommet d’une pyramide qui produit et distribue du superflu. Un surplus strictement nécessaire, ça se stocke pour les périodes de disette, ce n’est pas fait pour être consommé ou réinvesti pour faire plus de profits, en tout cas pas totalement. Je veux dire que même l’activité industrieuse est désormais « spéculative », ce que dénotent les taux de rendements exigés.

    1. « Et l’informatique, est-elle socialement utile ? On peut en douter puisque avant l’apparition du premier ordinateur, personne n’en avait besoin. »

      Les mathématiciens (appliqués) et physiciens avaient besoin de calculateurs, fonction initiale des ordinateurs. Les ordinateurs ont ensuite servi à conserver, organiser et distribuer des données, notamment pour les scientifiques.

      Est-ce que la science est socialement utile ? S’il y a des épistémologues dans la salle…

  17. Puisque de fraude il est question, je signale une forte intéressante interview de William K. Black sur Article II. (version originale) Citation :

    La fraude est la malhonnêteté. Et l’essence même de la fraude se résume en : « Je crée de la confiance, puis je trahis cette confiance en échange de quelque chose ayant de la valeur. » Il n’y a pas d’acide plus corrosif pour la confiance que la fraude, en particulier celle des élites. Et c’est justement ce qui s’est produit.

  18. Il est répondu à ma question et soudain… tout s’éclaire !

    Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

    15h06 Les activités de marché ont-elles une utilité sociale ?

    Le témoin suivant est Bertrand Jacquillat, professeur à Sciences-Po Paris (économie financière).

    […]

    Me Veil interroge ensuite le témoin sur « un sujet qui n’a pas beaucoup été traité pendant l’audience » : « Les activités de marché ont-elles une utilité sociale ?

    – J’ai un cours de 2h qui parle de ça, je vous l’épargnerai.
    – Le tribunal a confiance dans votre esprit de synthèse, glisse le président
    – C’est un vieux débat qui a commencé dans les années 30 entre deux économistes [rires dans l’assistance]… En somme, une keynésienne disait que la finance ne faisait que huiler les rouages de l’économie, tandis que Schumpeter affirmait qu’elle a au contraire une influence.

    Il évoque ensuite un article publié il y a bien longtemps « par le quotidien Le Monde, et écrit par Erik Izraelewicz, qui est aujourd’hui à la tête de la rédaction des Echos [Raté, il s’agit en fait de « La Tribune », Ndlr] sur le thème de l’économie malade de la finance ».

    1. On a observé l’éclair dans les années trente, on attend toujours le son du coup de tonnerre…..
      De là à en entendre « les Echos » à « La Tribune » des prétoires, c’était pas gagné d’avance !
      Bravo Paul pour cette prémonition de plus.
      « Met de l’huile, petit homme » Standard oil y pourvoira.

    2. Erik Izraelewicz! Ancien rédac chef du Monde, ancien directeur de la rédaction des Échos, ancien de l’Expansion, ancien d’Europe 1, actuel directeur de rédaction de la Tribune et … un peu collègue de Paul, puisque chroniqueur économique attitré de RMC et BFM TV , entités de NextRadioTV, le groupe d’Alain Weill.

      Le monde des experts officiels est tout petit et Paul les chatouille…

    3. A propos de Bertrand Jacquillat, il serait intéressant de savoir si l’éminent Professeura changé d’avis depuis l’époque (1974 ) où il se faisait le promoteur enthousiaste de l’efficience du marché des actions, théorie magique selon laquelle les cours des actions reflèteraient (sic) instantanément l’ensemble des informations disponibles sur les valeurs mobilières, le marché, l’économie, etc.
      Pour lever toute ambiguïté sur ce curieux phénomène de reflet, Bertrand Jacquillat précisait que, sur un marché efficient, le cours d’une valeur mobilière fournissait à tout instant une bonne estimation de la valeur réelle (sic) d’une entreprise. Revenant plus tard sur cette question (1980), il confirmait à nouveau que le marché boursier était l’un des plus efficients qui soient et, compte tenu de l’absence « d’illusions financières », il enjoignait ardemment ses lecteurs de « faire confiance aux prix de marché », s’ils existaient, pour apprécier la valeur d’une entreprise.
      Que pense notre ami Paul Jorion de cette théorie incompatible avec l’existence des bulles (par exemple la bulle Internet qui a explosée en pleine figure des petits épargants crédules)?

    4. Sur un marché où on autorise les spéculateurs, tous les prix sont spéculatifs : ils se situent à une distance impossible a préciser par rapport aux fondamentaux (en gros, le coût « additif » de l’ensemble des composants).

  19. Jérôme Kerviel contre la Société Générale : suivez le procès minute par minute

    Dénégation : « … dans une phrase telle que « Ce n’est pas ma mère » prononcée par un sujet à propos d’un rêve, le refoulé est reconnu de manière négative, sans être accepté » (Roudinesco et Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard 1997).

    Daniel Bouton, Président-directeur général de la Société Générale de novembre 1997 à mai 2008 : « Il ne faut pas se raconter d’histoires, nous ne sommes pas dans un drame de Zola… ».

    1. Une chose est sûre avec vous, Paul, c’est que le jour où l’on vous verra dénigrer la psychanalyse, ce ne sera sûrement pas de la dénégation, mais de la mauvaise foi ou un suicide intellectuel. 🙂

    2. Je viens de comprendre pourquoi Roudinesco me filait des Boutons.
      …… à compter dans mes rêves d’assommoir pour les gères minables.

    3. Ah! Je viens d’entendre Roselyne Bachelot à l’Assemblée nationale.

      « Jamais le gouvernement n’aurait dû avoir à s’occuper de la coupe du monde de football. Car c’est la responsabilité de la FFF. Je ne peux que constater comme vous le désastre avec une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés. Un coach désemparé et sans autorité. Une fédération française de football aux abois. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de prendre toutes ses responsabilités. » 23.06.2010

      Faut-il attendre du foot qu’il règle nos problèmes…
      Aïe!

      Y a-t-il dans la psychanalyse un concept qui caractériserait un peu dans cet esprit de dénégation un phénomène où pour ne pas affronter certaines réalités, on les transposerait sur une autre scène?

      Ca ferait quelque chose comme ça :
      « Jamais des responsables politiques vendus au règne de l’Argent n’aurait dû avoir à s’occuper de notre bien commun. Car nous nous heurtons là à un conflit d’intérêt majeur et regrettable.
      Je ne peux que constater comme vous le désastre avec une équipe gouvernementale et un chef d’Etat immatures commandant à des citoyens désemparés auprès desquels il a perdu toute autorité, tout crédit. C’est la raison pour laquelle…  »

      …pour laquelle nous prendrons le chemin d’une politique autoritaire?
      …nous en tirons toutes les conséquences pour que le rapport de force soit à l’avantage de l’intérêt général et non des porte-monnaie de quelques intérêts privés?

      C’est sans doute à nous d’écrire la suite.

      Ma crainte, irrationnelle je l’espère, que ce genre d’événements ne soit le déclencheur de mouvements tenant non pas de la contestation et de la revendication organisées de droits et de règles justes, mais du défoulement des frustrations. Lesquelles appelleraient des politiques répressives et pour le coup, autoritaires… Comme souvent quand plus rien ne fait autorité.

  20. N.B. : Excellente performance, soit dit en passant, de Daniel Bouton. Sa familiarité avec la pensée Mao-ZeDong, à laquelle il fait allusion de manière discrète (« Marcher sur ses deux jambes ») n’est sans doute pas pour rien dans l’admiration qu’il suscite dans le public.

    1. « nous ne sommes pas dans un drame de Zola » Bouton/Bontoux et Société Générale/Union Générale ça dirait alors l’histoire qu’il se raconte ?

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