Repenser le travail : Réponse aux commentateurs de mon billet du 4 juillet, par Bernard Friot

Billet invité.

Je remercie chaleureusement les personnes qui ont commenté mon billet du 4 juillet (La pension comme salaire continué, solution aux impasses dans lesquelles sont aujourd’hui le travail et l’investissement) et je souhaite faire écho à leurs questions et objections en quatre points.

    1. Système utopique ou changements révolutionnaires ?

Mon propos est d’observer des contradictions porteuses de changements révolutionnaires en matière d’investissement et de travail, ce qui est le contraire de la construction d’un système utopique. A l’opposé d’une démarche utopique qui construit un système imaginaire symétrique d’une réalité lue d’une manière péjorative et univoque, opérer un changement révolutionnaire c’est savoir discerner dans le présent le déjà-là révolutionnaire et le porter plus loin. Ainsi, j’observe une contradiction entre l’emploi et le salaire à vie que je pose au cœur de l’enjeu des retraites. Construite au 20ème siècle comme un salaire continué, la pension de retraite subvertit le marché des capitaux par l’extraordinaire réussite d’un engagement massif et de long terme assumé sans aucune accumulation financière qui montre que celle-ci est inutile pour l’investissement. Elle subvertit aussi le marché du travail par l’expérience massive du bonheur au travail dès lors qu’est attachée à la personne une qualification qui était jusqu’alors l’attribut de ses emplois. Les changements révolutionnaires à notre portée consistent donc

– à transposer à l’investissement la cotisation sociale et à abolir le droit de propriété lucrative [1] tout en asséchant le profit,

– et à attribuer à tous à partir de 18 ans le salaire à la qualification des retraités en supprimant ainsi le marché du travail négateur de notre qualité de créateurs du monde commun.

L’obstacle à surmonter pour engager de tels changements révolutionnaires est notre vision désespérée d’un « système » tout puissant qui ne change que pour maintenir le pouvoir des dominants. Ce désespoir fonde notre conviction que le présent n’est pas porteur d’un autre avenir collectif, ce qui conduit soit à la fuite utopique, soit au cynisme, soit à d’interminables rationalisations de notre défaitisme [2]. En appeler à la résistance ne suffit pas : nécessaire, elle est porteuse de redoutables perversions si elle s’en tient à dire non, comme on le voit dans le devenir de tant de mouvements de libération. Les révolutionnaires sont portés par un oui : ils se libèrent de l’utopie, du cynisme et du défaitisme dans la générosité d’être que nourrit l’amour des personnes et donc une vision dialectique du réel, toujours à l’affût de la vie qui sourd des institutions les plus mortifères. Que ceux qui pensent que les pistes que j’ouvre sont trop belles et trop faciles pour être bonnes interrogent l’étrange conviction qui veut que demain sera pire qu’aujourd’hui ; qu’ils mesurent leur détermination à affronter des obstacles considérables pour dépasser le marché du travail et l’accumulation privée du capital, dépassements qui pourtant sont aujourd’hui à portée de mains.

    2. La cotisation économique et le salaire à la qualification à vie sont l’étape aujourd’hui possible de l’émancipation du travail et de la production

Je partage bien sûr les interrogations de mes interlocuteurs sur la part d’inconnu qu’ouvre la sortie du marché du travail et du marché des capitaux. Se libérer d’une partie de ses chaînes crée le trouble dans les routines et dans les quelques sécurités acquises en échange de la soumission. L’essentiel est dans la solidité des institutions déjà-là de la qualification et de la cotisation sociale que nous pouvons aujourd’hui porter à un niveau supérieur en remplacement d’institutions centrales du capitalisme.

Depuis 1945, la classe dirigeante mène campagne contre la cotisation sociale : elle n’a pas été en mesure d’empêcher sa considérable progression, de 32 à 65% du salaire brut. Sa régression qu’elle organise aujourd’hui au nom de la réforme (remplacement partiel par la CSG, gel des taux, changement de sens de la cotisation comme financement du salaire continué en prévoyance d’un revenu différé) nous place devant l’alternative : combattons-nous en défense (au prix de défaites répétées) ou sommes-nous assez confiants dans la solidité et le caractère émancipateur de la cotisation pour nous battre pour son extension au financement de l’investissement qui portera un coup fatal au droit de propriété lucrative ? N’avons-nous pas prouvé que faire de 30% de la valeur ajoutée un bien commun en la ponctionnant pour l’affecter au salaire sous forme de cotisations sociales [3] a été favorable à l’accès à la santé ou aux pensions de retraite, et que nous avons su gérer ces institutions non étatiques du salaire socialisé avant que la classe dirigeante s’emploie à les étatiser pour tenter de reprendre la main sur elles ? Sur ce modèle et forts de cette expérience, nous pouvons à la fois reconquérir le pouvoir sur les caisses de sécurité sociale et affecter 25 autres % de la valeur ajoutée, qui vont aujourd’hui au profit et nourrissent des portefeuilles financiers prédateurs et sous-investisseurs, à une cotisation économique finançant l’investissement productif sans taux d’intérêt. Nous saurons gérer les caisses d’investissement, qui seront non étatiques elles aussi puisque nées de la mutualisation salariale de la valeur ajoutée, car nous avons déjà l’expérience de l’examen de projets d’investissement. L’arbitrage entre les projets sera conflictuel, et on ne peut que s’en réjouir pour la démocratie … et inventer au fur et à mesure les institutions et les règles de ces arbitrages.

De la même façon, les conventions collectives ont classé les postes de travail dans une grille de qualifications correspondant à une grille de salaires que les employeurs ont dû respecter, grâce à la mobilisation syndicale face au patronat de branche. Cette sécurité du salaire était tolérée par les employeurs parce qu’elle était liée à l’emploi, dont ils ont seuls la maîtrise, et on pouvait penser possible un marché du travail assurant une certaine sécurité de carrière. Mais les droits salariaux liés aux emplois sont devenus incompatibles avec la « production de valeur pour l’actionnaire », qui suppose une grande liquidité des investissements et donc une grande flexibilité du marché du travail. La mise en cause de la sécurité de l’emploi au nom de  « l’employabilité » nous place donc là aussi devant une alternative : ou une action défensive pour introduire un peu de sécurité dans la flexibilité (l’illusoire flexicurité préconisée par les réformateurs) et ainsi tenter de limiter la casse, ou la revendication offensive de la fin des emplois et du marché du travail par l’attribution à tous, sur le modèle réussi des retraités, d’une qualification personnelle et donc d’un salaire à vie, évidemment toujours évolutif au fur et à mesure des épreuves de qualification, mais irrévocable.

Ainsi, la cotisation économique et la qualification personnelle ne naissent pas de l’imagination du chercheur, elles sont l’urgent prolongement d’un déjà-là que la classe dirigeante tente de supprimer et qui ne pourra être maintenu que par son affirmation décisive contre les fondements du pouvoir du capital que sont le marché du travail et le droit de propriété lucrative. Que leur remplacement pose des questions nouvelles est évident : il ne s’agira pas de la fin de l’histoire ! Démocratiser l’investissement ne nous prémunira pas contre Bhopal. Comment allons-nous transposer à la qualification des personnes notre expérience collective de la qualification des emplois ? L’appariement des projets individuels et des besoins des entreprises continuera à se faire par voie de contrat, mais la signature du contrat ne reposera plus sur le salaire offert (il faudra donc d’autres arguments pour attirer les collègues, comme la qualité du travail), pas plus que sa rupture ne signifiera perte de la qualification et du salaire pour les intéressés. Le salaire direct ne sera plus payé par l’entreprise, mais par des caisses (à compétence de branche, territoriale, nationale ou autre) alimentées par une cotisation « salaire direct », comme il y a déjà une « cotisation sociale », financée par la valeur ajoutée : nous mutualisons déjà près de la moitié du salaire, qui se trouve ainsi fort heureusement dissocié de l’emploi (il est heureux que ce ne soit pas mon employeur qui paye ma contraception ou mon opération du cœur), il s’agit de prolonger cette situation en mutualisant tout le salaire. Les contraintes, la hiérarchie, le pouvoir de décision inhérents à tout collectif de travail seront assumées sans la subordination capitaliste et en absence d’employeurs et d’actionnaires : c’est une situation déjà vécue à grande échelle dans la fonction publique, dans les coopératives, dans de nombreuses entreprises à but non lucratif ou des cabinets de professions libérales. Les inquiétudes des commentaires sur la motivation au travail de titulaires de salaires à vie oublient que le malheur au travail (qui justifie selon eux la pression du chantage à l’emploi et de la subordination) est précisément le résultat de l’emploi [4]. Et s’il reste des tâches dégradantes non mécanisables dans une production débarrassée de la valeur travail [5], il faudra nous les partager.

    3. La qualification personnelle s’oppose au revenu inconditionnel d’existence

Beaucoup de commentaires voient dans mon billet une argumentation en faveur du revenu inconditionnel d’existence. C’est un contresens. Le salaire universel (pour tous, à travers la qualification personnelle, et pour tout, avec la salarisation de l’investissement par la cotisation économique) est contradictoire au revenu universel. J’ai débattu à ce propos avec Guy Standing [6]. Brièvement : un revenu est ce que l’on tire d’un patrimoine, ce qui conforte l’idéologie de la propriété lucrative, alors que le salaire la subvertit ; au maximum égal au Smic, le revenu universel appelle un « second chèque » que l’on tire d’un emploi, ce qui conforte la logique du marché du travail que le salaire abolit ; revenu d’existence, il nous pose comme des êtres de besoins, comme le fait le capital, alors que le salaire nous pose comme participants à la production du bien commun au titre de notre qualification. Bref, comme toute utopie, le revenu d’existence est symétrique, et non pas contraire, aux institutions du capital.

    4. La lutte de classes et la problématique réactionnaire des générations

Je conclus ce billet en évoquant les commentaires qui renvoient à la problématique des générations, qu’il s’agisse de la guerre des générations ou de la solidarité intergénérationnelle. L’invocation des « âges de la vie » comme celle des « générations » ou du « vieillissement » n’a de sens fécond que pour les biographies individuelles. Transposées à l’échelle de la société, ces notions sont particulièrement réactionnaires. Une société ne vieillit pas : pour montrer l’absurdité du propos, on pourrait dire, en considérant qu’aujourd’hui on est à 70 ans dans la situation de santé de ceux qui en 1850 avaient 40 ans et que la part des plus de 70 ans est inférieure à celle des plus de 40 ans à l’époque, que nos sociétés sont aujourd’hui plus jeunes qu’au 19ème siècle. De même le statut de salarié abstrait les personnes de leurs caractéristiques biographiques d’âge, de genre, de nationalité. Ce qui différencie un retraité d’un actif, ce n’est pas la génération, c’est le support du salaire : la personne pour le premier, l’emploi pour le second. Savoir lire cette différence, c’est pointer une subversion du capitalisme par le salaire à vie et la possible suppression des employeurs et des actionnaires, alors que la lire comme différence de générations, c’est pratiquer une naturalisation des âges qui désigne comme adversaires d’autres salariés. Affirmer, comme le font les opposants à la réforme, que les générations ne sont pas adversaires, que la solidarité intergénérationnelle est au cœur du lien social, ne change rien à l’affaire. Dans la production, le lien social ne met pas en présence des générations mais des employeurs et des actionnaires confrontés à des salariés. Quand les réformateurs tentent d’opposer les âges comme ils opposent les nationalités ou les genres, c’est pour éviter l’affirmation de salariés et d’institutions du salaire susceptibles d’en finir avec les employeurs et les actionnaires. Exactement comme la problématique de la guerre des générations, celle de la solidarité intergénérationnelle fait des retraités des anciens salariés, certes aux activités utiles mais qui ne travaillent plus et ne peuvent vivre que d’une ponction sur la valeur créée par les actifs. C’est là s’interdire toute alternative au capitalisme. Je reprends ce que je disais dans mon précédent billet : « travailler, est-ce tenir un emploi (qualification du poste) ou avoir un salaire à vie (qualification de la personne) ? Le salaire à la qualification à vie des retraités transforme leur activité en travail. Le salaire à vie est très supérieur à l’emploi pour assumer notre aspiration à contribuer au bien commun, car ce qu’il définit comme travail s’en rapproche davantage que ce que l’emploi désigne comme travail. »

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[1] La propriété lucrative est la possession d’un patrimoine que l’on ne consomme pas afin d’en tirer un revenu, à l’opposé de la propriété d’usage. C’est la propriété lucrative qui empêche la propriété d’usage (exemple du report des titres sur le marché du logement, source d’une hausse des prix qui interdit à beaucoup l’achat d’un logement). La défense de la propriété d’usage suppose l’abolition de la propriété lucrative.

[2] Dont une des plus récurrentes (et les commentaires n’y dérogent pas) est l’invocation de la mondialisation pour dire que nous ne pouvons rien changer à l’échelle nationale ou européenne. Comme si l’essentiel de nos échanges commerciaux n’étaient pas intra-européens, et comme si nous n’attirions pas plus de capitaux que nous n’en exportons.

[3] Attention à la confusion de nombreux commentaires : les prestations sociales ne sont évidemment pas financées sur le salaire, mais sur la valeur ajoutée ; elles sont une ponction sur le profit opérée par des cotisations sociales calculées en pourcentage du salaire pour bien affirmer qu’elles sont du salaire et qui, comme tout le salaire, sont une part de la valeur ajoutée. Qu’elles s’ajoutent en France à des salaires directs plus bas que dans des pays où elles ont un poids plus faible montre l’importance que nous attachons à affecter la valeur ajoutée à des formes non marchandes de production de biens et services. A contrario,  l’état catastrophique du marché de l’immobilier montre combien nous aurions gagné à faire du logement une branche de la sécurité sociale à côté de la santé ou de la retraite.

[4] Contre une série de commentaires, j’insiste sur le fait que nous sommes plus proches quantitativement et qualitativement du plein emploi que pendant les trente glorieuses : le taux d’emploi des 20-60 ans est nettement supérieur, et la qualité de l’emploi aussi. La possibilité de recenser et d’indemniser les demandeurs d’emploi offerte par l’Unedic en 1958 et l’ANPE en 1967 a révélé leur existence, tout comme l’invention du CDI au début des années 1970 a imposé de donner un cadre juridique aux petits boulots, et les a ainsi révélés. Mais ces thermomètres n’ont pas créé la fièvre. Et qu’un taux d’emploi supérieur avec des emplois de meilleure qualité juridique suscite plus de souffrance au travail ne surprendra que ceux qui ne veulent pas voir que l’emploi, c’est-à-dire la réduction des personnes à des forces de travail sur un marché, ne peut qu’engendrer la négation des travailleurs comme uniques producteurs, qu’elle se manifeste dans le chômage (il n’y a de chômage que parce qu’il y a de l’emploi, c’est-à-dire une qualification des postes et non pas des personnes) ou dans l’impossibilité pour ceux qui ont un emploi de « bien travailler ». L’emploi est aujourd’hui, avec le sous-investissement, le principal obstacle au travail.

[5] Sur ce point très important que je n’ai pas la place de développer, comme d’ailleurs sur le reste de mon argumentaire, je renvoie à L’enjeu des retraites que j’ai publié en mars dernier à La Dispute (et à L’enjeu du salaire que je publie en 2011 chez le même éditeur).

[6] Pour un salaire universel, réponse à Guy Standing, les Mondes du Travail, n° 5, janvier 2008, pp. 107-116.

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187 réflexions sur « Repenser le travail : Réponse aux commentateurs de mon billet du 4 juillet, par Bernard Friot »

  1. je n’ai pas lu tous les commentaires, dès lors peut être mes questions auront été posées: est ce que votre idée peut se penser avec la question de la réduction du temps de travail? et également avec celle de la gratuité, et, entre autre du bénévolat? je pense aux travaux de Stiegler notamment, mais aussi des maussiens.Merci

  2. J’avais écrit le texte suivant en 1979, alors que je venais à peine d’entrer dans la vie active, c’était sans doute plein d’utopie, d’illusions et de naïveté, comme on sait l’être lorsque l’on est jeune. Mais au vu de l’état de la planète et de nos sociétés aujourd’hui, ne ferait-on pas mieux de mettre
    l’utopie au pouvoir ? Quand on voit que 31 ans après on a un président qui a été élu sur le slogan « travailler plus pour gagner plus », avec comme corollaire polluez-plus la planète et que au final le chômage continue de croître (là il y a de la croissance!). Un pouvoir qui bafoue la démocratie en s’asseyant sur le résultat d’un référendum qui ne refusait pas l’Europe, mais un certain type d’Europe au service de la finance, un pouvoir qui s’apprête à faire passer en force une réforme des retraites inique, qui va obliger de plus en plus de gens à travailler jusqu’à
    62ans, voire 67ans (âge auquel ils seront trop souvent usé jusqu’à la corde), ou plus vraisemblablement à quitter le monde du travail avec une retraite de plus en plus riquiqui. Quand on voit cela, on peut légitimement se demander s’il y a le moindre espoir que l’être humain change, individuellement, mais surtout collectivement. Et on se demande à quoi peut servir la politique, si au delà d’un cirque électoral récurrent et de fallacieux slogans sur le changement, elle
    ne vise en fait qu’à reconduire l’ordre existant, à amplifier ses travers et à conforter la domination
    de ceux qui profitent au plus haut niveau de la pyramide du système. Voici donc ce texte:

    Il faut reconnaître que la société industrielle capitaliste a résolu le problème des famines dans les pays impérialistes (en France), et dans une certaine mesure de l’acquisition des biens matériels de base par le citoyen moyen. Il n’en reste pas moins qu’une telle société connaît des inégalités énormes, et la liberté de l’individu dépend beaucoup de la classe à laquelle il appartient.
    Dans le cas de la société française actuelle, nous en sommes à une situation où l’inégalité règne aussi bien sur le plan de la possession des biens matériels, que sur celui de la liberté.
    Une caractéristique de notre société est qu’elle est bloquée, chose accentuée par le centralisme du pouvoir. Le problème actuel est dû à deux facteurs essentiels: l’un extérieur, l’autre intérieur.
    Le problème intérieur est dû principalement au développement des techniques et plus particulièrement de l’informatique, qui supprime de nombreux postes de travail, le second problème est dû au développement des pays jusque là pauvres et qui veulent accéder à la richesse, en devenant industrialisés; ainsi qu’à la concurrence avec les autres pays industrialisés qui sont plus compétitifs que nous: le résultat pratique est que de plus en plus de gens se retrouvent au chômage.
    Une solution à ce grave problème doit passer par une révision complète de certaines idées que nous nous faisons sur l’organisation de notre société et du monde. Il faudrait ne plus considérer le travail comme il a été considéré jusque là: c’est à dire comme étant l’élément essentiel de la vie et comme producteur de profit. Si la mécanisation, l’informatisation permettent de faire fonctionner l’industrie et continuer la croissance économique avec un nombre restreint de personnes participant à ce travail, il faudra réduire la durée du temps que chaque individu passe dans sa vie à ce travail uniquement productif et basé sur la recherche de production de richesses matérielles. Chaque individu devra passer un temps relativement court de sa vie à effectuer un tel travail dans le secteur qui lui conviendra le mieux. Lorsque l’individu sortira de l’ensemble de ces travailleurs, il ne sera pas chômeur, mais fera partie de l’autre ensemble de la population, qui s’adonnera à un travail non lucratif, uniquement dû à la motivation et aux goûts personnels: qui sera potier, qui fera de la musique, qui fera de la menuiserie ou s’intéressera à telle discipline. Chacun pouvant contribuer à l’enrichissement de son voisin. Les produits de ces activités ne pouvant en aucun cas être monnayables, mais échangeables. La notion de retraite disparaîtra. Cette partie de la collectivité recevra sa richesse matérielle de l’autre partie. Il importe que la richesse produite par le premier groupe soit équitablement répartie entre tous les membres de la société. L’enrichissement matériel devant se faire de façon homogène et de pair avec l’enrichissement culturel de la population. Il faut réviser l’idée que nous nous faisons du travail.

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