Changer de paradigme, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

« La faiblesse séculaire de la croissance dans la Zone Euro est-elle enracinée dans le paradigme fondateur de la politique économique de l’Union européenne », comme l’écrivent Kazimierz Laski et Leon Podkaminer dans la dernière livraison des prévisions économiques pour l’Europe du Centre, de l’Est et du Sud-Est émanant de l’Institut d’Etudes Economiques Internationales de Vienne (1) ? Telle est bien la question que l’on peut et doit se poser aujourd’hui.

La quasi-faillite du système financier occidental avait obligé les autorités des pays occidentaux à déverser des tombereaux de liquidités afin de sauver les banques entravées par leurs « placements pourris » et paralysées par leurs méfiances réciproques. On a donc vu les banques centrales des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de la Zone Euro ouvrir leurs vannes et les gouvernements financer des plans de relance pour sauver l’économie, au mépris de tous les pactes de stabilité et autres règles budgétaires en vigueur.

D’un seul coup, Keynes, enterré par l’école monétariste libérale, revenait à la mode et la « grande récession » fut, après une année 2009 difficile, (provisoirement) enrayée. L’on aurait pu penser que le paradigme fondé sur la confiance des marchés autorégulateurs était abandonné. Les évènements qui ont suivi montrent qu’il n’en était rien.

Les libéralités auxquelles se sont livrés les gouvernements avaient creusé les déficits des Etats et fait franchir tous les seuils en vigueur. C’est comme si l’endettement fou et suicidaire des secteurs privés à la recherche de profits toujours accrus et d’effets de levier mirifiques avait été épongé par les secteurs publics, par un processus transférant les déficits des uns aux autres, selon le principe bien connu de la « socialisation des pertes », renvoyant aux contribuables le soin de régler l’addition. C’est bien ce qui se passe aujourd’hui avec la multiplication des « programmes d’austérité » (ou de rigueur selon ce que l’on voudra). L’imposture est d’autant plus criante que, par « programme d’austérité », on entend manifestement « réduction des dépenses publiques » plutôt qu’« augmentation des impôts », préférant faire payer les plus pauvres par prélèvement sur leur essentiel que les plus riches par prélèvement sur leur superflu. Et, en Europe, certains hiérarques osent proclamer sans pudeur qu’il ne faut pas hésiter à « tailler dans l’Europe sociale », sous le prétexte fallacieux de faire participer tout le monde à l’effort.

Sans qu’il soit nécessaire de puiser dans les programmes mis en œuvre dans l’Europe du Sud, les mesures décidées ou envisagées récemment en Europe de l’Est démontrent l’existence d’une telle dérive. C’est ainsi que les autorités roumaines ont préféré couper, en accord avec le milieu des affaires, dans les salaires des fonctionnaires, les retraites et les allocations pour les chômeurs, plutôt que d’augmenter les impôts et ponctionner le secteur privé. Et il aura fallu le veto de la Cour Constitutionnelle pour les obliger à revenir sur ce choix et élever les impôts, et encore pas n’importe quel impôt : la TVA qui touche tout le monde par le biais de la consommation et non les seuls privilégiés. Par ailleurs, la nouvelle coalition de centre droit de la République Tchèque a fait de la réforme des systèmes sociaux son cheval de bataille (le nouveau Premier Ministre veut entreprendre « les plus profondes réformes des systèmes sociaux, de santé et de retraites depuis la chute du communisme » (2). Passe encore pour le relèvement de l’âge de la retraite auquel sont contraints, les uns après les autres, les pays de l’Europe en raison du vieillissement des populations, mais les coupes envisagées dans les salaires dans la fonction publique, les avantages dont bénéficient les salariés et les budgets sociaux, ne paraissent pas s’imposer, pas plus que l’instauration en son temps de la « flat tax » sur les revenus, dans un pays dont les dirigeants avaient longtemps eu la sagesse de combiner assez heureusement la recherche de la compétitivité avec le maintien du bien-être social.

Le vieux paradigme a donc la vie dure. Une fois l’alerte passée, les affaires reprennent, comme avant (« business as usual ») et, comme on pouvait le craindre, sans tenir compte de l’avertissement. L’essentiel est de « retrouver la confiance des marchés » et, pour ce faire, rien de mieux que de « tailler dans les secteurs publics et leurs dépendances sociales » et de s’en remettre aux bienfaits des secteurs privés. Mais cela a toutes chances de ne pas marcher. Le cumul des programmes d’austérité et des coupes dans les dépenses publiques présente une forte probabilité de faire passer l’Occident de la « grande récession » à la dépression et de faire advenir le redouté « double dip ». Il n’y a pas besoin d’être étiqueté « keynésien » pour comprendre cela. Et Jean-Claude Trichet, dans une interview pourtant équilibrée parue dans Libération (3), semble faire preuve d’une confiance excessive quand il affirme que les politiques de rigueur, en crédibilisant les politiques budgétaires, suffiront à relancer la croissance et la création d’emplois. En outre, dans la mesure où elle s’attaquera à l’Europe sociale, cette politique fera perdre au capitalisme ce qu’il lui restait d’humain sur notre continent.

Le texte de l’Institut d’Etudes Economiques Internationales de Vienne montre clairement comment les principes qui guident actuellement les autorités de la Zone Euro ressortent de l’idéologie plutôt que d’une analyse sérieuse du fonctionnement de l’économie. En particulier, préoccupés par les conséquences qui pourraient en résulter concernant l’activité économique des pays de l’Europe centrale et orientale, ses auteurs démontrent le caractère économiquement absurde et nuisible de l’objectif à moyen terme selon lequel tous les pays du Pacte de Stabilité devraient viser un budget proche de l’équilibre ou en surplus. Ils dénoncent toute coordination au niveau européen qui viserait un tel objectif, soulignant que la vision sous-jacente n’est pas compatible avec la réalité économique et qu’une telle politique serait condamnée à échouer, surtout si la propension à épargner du secteur privé est supérieure à sa propension à investir dans l’économie réelle. Un déficit prolongé des finances publiques dans certains pays peut-être une nécessité, non seulement dans l’intérêt de ces pays, mais dans celui de la zone tout entière. Il y a donc des formulations de politiques économiques auxquelles il faut réfléchir.

Il convient de changer de paradigme et de redonner aux « politiques » et aux Etats les rôles qu’ils n’auraient jamais dû abandonner, pour contrôler et réguler l’économie, bâtir une société juste et respectueuse de son environnement, au lieu de lâcher la bride aux « marchés » et à la « concurrence », au bénéfice de quelques privilégiés et de la spoliation du plus grand nombre et de notre planète.

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(1) In Will Exports prevail over Austerity? Current Analyses and Forecasts 6, July 2010, The Vienna Institute for International Economic Studies.

(2) Cité in Le Monde, Mercredi 14 juillet.

(3) Libération du mardi 13 juillet 2010.

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95 réflexions sur « Changer de paradigme, par Jean-Pierre Pagé »

  1. Un vocabulaire très policé pour ne pas dire  » politiciennement  » mou et pleins de bonnes intentions.

     » Il convient de changer de paradigme et de redonner aux « politiques » et aux Etats les rôles qu’ils n’auraient jamais dû abandonner, pour contrôler et réguler l’économie, bâtir une société juste et respectueuse de son environnement, au lieu de lâcher la bride aux « marchés » et à la « concurrence », au bénéfice de quelques privilégiés et de la spoliation du plus grand nombre et de notre planète.  »

    Pourquoi redonner aux  » politiques  » quelque chose dont ils ne veulent pas puisqu’ils l’ont délibéremment abandonné et que dans aucun de leurs discours ils ne prétendent avoir la volonté de le reprendre ?

    Définition de paragdime :  » Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). C’est en quelque sorte un rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec un autre paradigme.  »

    Je ne vois dans votre texte malheureusement aucune piste de changement de paradigme, mais bien au contraire une volonté de consolidation du paradigme actuel en réutilisant les anciennes pratiques afin d’attenuer les décisions suicidaires actuellement prises, celles-là même qui pourraient justement contribuer à faire tomber ce paradigme….

    1. D’accord avec Michael Saratonga, ce texte est pétri de bonnes intentions,
      mais ne propose aucune alternative au capitalisme,
      donc aucune solution à la crise économique et écologique.

      La logique de plus de justice sans renverser le capitalisme est mortifère.
      Elle commence avec la reprise des reculs du PS,
      qui a participé dans le passé à détruire les acquis sociaux, et est toujours prêt à le faire,
      si il faut donner encore un peu de mou au capital.
      Sur les retraites notamment :

      Passe encore pour le relèvement de l’âge de la retraite auquel sont contraints, les uns après les autres, les pays de l’Europe en raison du vieillissement des populations

      Sur ce point, les intentions du gouvernement sont claires : s’appuyer sur les réformistes les yeux rivés vers les œufs de l’umps de 2012, et leurs deuxièmes couteaux les bureaucrates syndicaux, pour infliger une défaite au mouvement social, puis passer en force toutes les mesures indispensables pour sauver la compétitivité du capital de l’hexagone face au déchainement de la concurrence dans la Grande Crise qui commence.

      Les arguments contre l’allongement de l’âge de la retraite ne manquent pourtant pas :

      Porter l’âge légal de départ en retraite à 62 ans en 2018, à raison de quatre mois par an, augmenter de la même façon le nombre d’annuités nécessaires pour toucher une pension complète jusqu’à 41, 5 ans, voire plus comme le réclament déjà certains députés de l’UMP, c’est vouloir faire travailler plus pour gagner moins des millions de salariés, c’est vouloir les contraindre à souscrire des assurances privées, pour le plus grand profit des sociétés de finance et des fonds de pension. De la même façon que l’augmentation des cotisations des fonctionnaires de près de 3 % pour les aligner sur celle du privé n’a rien à voir avec une quelconque « équité », l’ensemble de cette réforme qui voudrait obliger les salariés âgés à s’épuiser au travail alors qu’il y a cinq millions de chômeurs dans le pays, n’a rien à voir avec le prétendu intérêt général dont Sarkozy et Woerth ont le culot de se revendiquer alors que tout, dans l’affaire Bettencourt, les désigne comme gouvernement des riches pour les riches.
      Source : http://www.npa2009.org/content/retraites-non-la-reforme-des-woerth-bettencourt%E2%80%89

    2. je crois que nous sommes de plus en plus nombreux à le comprendre: changer de paradigme c’est d’abord changer de dialectique.

      je n’accorde plus de crédit à ceux qui chaque matin semblent redécouvrir l’ampleur de l’arnaque. nous sommes tous d’accord sur le constat, nos gouvernants sont à présent illégitimes et leurs politiques le sont depuis le NON au référundum de 2005. à savoir ce que chacun à voté, évidemment, avec ou sans regret.

      j’apprécie cependant la conclusion pleine de bon sens.

  2. « Il convient de changer de paradigme et de redonner aux « politiques » et aux Etats les rôles qu’ils n’auraient jamais dû abandonner, pour contrôler et réguler l’économie, bâtir une société juste et respectueuse de son environnement, au lieu de lâcher la bride aux « marchés » et à la « concurrence », au bénéfice de quelques privilégiés et de la spoliation du plus grand nombre et de notre planète. »

    Au risque de me répèter, je ne serais pas le seul, il me semble qu’on sait déjà tout ça, que c’est évident, gros comme cet énorme pinopif sur le visage de NS. Est-ce que quelqu’un pense que les bénéficiaires de l’ancien « paradigme » vont brusquement s’éveiller de leur enchantement idéologique et, se frappant poitrine ,crier avec des sanglots dans la voix: On s’est trompés! On l’a pas fait exprès! pardonnez-nous, tenez voilà votre argent, on vous le rend, voilà notre pouvoir, faites pour le mieux…? Aucune chance!

  3. « Passe encore pour le relèvement de l’âge de la retraite auquel sont contraints, les uns après les autres, les pays de l’Europe en raison du vieillissement des populations »

    Je n’aime pas du tout cette phrase, le fatalisme ambiant ne doit pas être de rigueur, nos parents et grands parents… doivent avoir froid dans le dos. Parler oui, mais défendre des droits et de nouveaux droits demande un peu d’action organisée. Garder une population âgée au travail et laisser les jeunes sur la touche, en espérant que beaucoup d’entre-nous ne toucheront pas leur retraite pour cause de décès. Excusez-moi j’oublie volontairement les stat sur l’espérance de vie.

    Non à l’augmentation de l’âge du départ à la retraite !

    Et en septembre j’espère vous voir tous & toutes dans la rue pour bloquer l’économie par tous les moyens possibles, sur une grève reconductible cette fois-ci, je l’espère… normalement c’est déjà dans les tuyaux des syndicats (mais méfions-nous quand même tout le monde défend ses intérêts…)

    @+

    1. Désolé de vous décevoir mais, à priori, la journée du 07 Septembre serait une grève non reconductible.
      Quant à une grève générale, les syndicats ne sont pas d’accord entre eux, beaucoup y sont opposés.

      Bref, il va falloir mettre 10 millions de personnes dans la rue … ce 07 septembre et il n’y aura pas de session de rattrappage.
      Les chômeurs, les papis et mamies … ne vont pas manquer de défiler en masse.
      Utopie !!

    2. C’est exactement ce que j’entendais en 68:
      – Une grève générale, parce qu’il y a des « troubles étudiants », vous rêvez
      – Et puis même le PC et la CGT sont contre, alors qui va l’organiser? Comme aujourd’hui…

      Et bien, ceux qui la préparaient depuis longtemps étaient très peu nombreux,
      mais les travailleurs ont considéré que le moment était venu de solder les comptes
      (indépendamment d’ailleurs du sort des étudiants…).

      Je n’y croyais pas moi-même en 68.
      Heureusement, j’ai appris que les luttes sociales ne se commandent pas ,
      qu’elles ne sont pas crecendo non plus forcément,
      mais il y a un vécu d’injustice et d’impasse aujourd’hui qui dépasse de très loin 1968.
      Cela ne veut rien dire, mais qui ne tente rien est battu d’avance.

  4. C’est très bien écrit, et ça se lit avec plaisir, mais le texte contient pour l’essentiel un résumé de la situation que l’on connaît bien. Changer de paradigme, oui, mais pour lequel ?

    1. « Changer de paradigme, oui, mais pour lequel ? »

      Le précédent par exemple. Vous savez, celui juste avant Friedman-Hayek-Reagan-Thatcher. Ce serait déjà un moindre mal. C’est pas les paradigmes qui manquent, que cela soit en économie ou en politique…
      La question est plutôt: comment forcer un changement de paradigme face à la résistance des bénéficiaires de celui qui est d’actualité? (c’est la question que ce sont posés Friedman et Hayek tout le long des 30 glorieuses)

    2. @Moi

      Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de revenir en arrière? Si le paradigme monétariste a pu s’imposer, c’est justement parce que les solutions ‘keynesiennes’ habituelles ne fonctionnaient plus (stagflation). C’est cette situation de ‘blocage’ qui a permis aux tenants du monétarisme de sortir de l’ombre dans laquelle il étaient confinés en disant: »nous, nous avons la solution ». ‘Solution’ que nous subissons depuis une trentaine d’années.
      Le paradigme monétariste semble a bout de souffle. Mais l’équivalent du travail de ‘guerilla’ idéologique qui fut celui de Friedman ou Hayek (comme vous le signalez) est-il réellement fait par ceux qui veulent en sortir? Vous dites que les paradigmes ne manquent pas. N’est-ce pas justement une bonne partie du problème? Pour ma part, j’ai plutôt l’impression qu’on nage en pleine confusion (je m’inclus dans la noyade) et je ne vois pas émerger de paradigme crédible et suffisamment cohérent pour supplanter l’actuel.

    3. @Souvarine: « Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de revenir en arrière?  »

      Euh, c’est quoi le néo-libéralisme si ce n’est un retour en arrière, avant 1929?

    4. @moi

      Vous ne répondez pas véritablement à mes questions. Il existe évidemment de nombreuses similitudes entre les périodes d’avant 29 celle qui a conduit à la crise actuelle. Et aussi des différences.
      Deux moments historiques distincts ne sont jamais absolument superposables. Mais peu importe.

      Ce que je veux dire, c’est que le paradigme monétariste a pu émerger et devenir l’idéologie économique dominante en ‘réponse’ aux dysfonctionnements apparus dans le modèle d’accumulation fordiste (voir théorie de la Régulation). Donc parce qu’on était arrivé ‘au bout’ d’un certain système d’organisation économique, qui était par lui-même incapable de surmonter ses propres contradictions. La restauration pure et simple que vous proposez me paraît donc être une impasse.

      cordialement

    5. @Souvarine: « Vous ne répondez pas véritablement à mes questions. Il existe évidemment de nombreuses similitudes entre les périodes d’avant 29 celle qui a conduit à la crise actuelle. Et aussi des différences. »

      Nous ne parlons pas des périodes historiques, qui ne reviennent jamais à l’identique, c’est une évidence. Nous discutons de paradigmes. Et le néo-libéralisme, c’est du libéralisme du XIXè avec un nouvel emballage. D’où le préfixe « néo-« .

      « Ce que je veux dire, c’est que le paradigme monétariste a pu émerger et devenir l’idéologie économique dominante en ‘réponse’ aux dysfonctionnements apparus dans le modèle d’accumulation fordiste (voir théorie de la Régulation). »

      Non, ce n’est pas ainsi que cela s’est passé. Le paradigme monétariste existait avant les supposés dysfonctionnements du modèle fordiste. Friedman publie son livre le plus important dans les années 60 et Hayek le faisait déjà fin des années 40. Et ce paradigme n’est pas essentiellement différent du paradigme libéral classique de, par exemple, Carl Menger au XIXè. Le paradigme existait donc déjà depuis longtemps lors du premier choc pétrolier.
      La question était stratégique et politique, pas théorique. Tout l’apport des Hayek, Friedman et autres boys de Chicago, tient à la manière de réimposer ce paradigme qui durant plus de 30 ans s’était fait ringardiser par le keynésianisme. Et en analysant un peu l’affaire, vous y verriez aisément qu’il n’y avait dans les années 70 aucune fin de course d’un système, nécessitant un changement de paradigme. Je vous conseille sur ce sujet la lecture de Naomi Klein par exemple.
      En réalité, s’il y a bien un système en fin de course c’est le capitalisme, qui était mort en 1929 et qui a été péniblement réanimé ces dernières décennies mais sans succès au final (il est à nouveau cliniquement mort).

      « La restauration pure et simple que vous proposez me paraît donc être une impasse. »

      Vous me faites penser à quelqu’un qui dirait en 1830 que la restauration des valeurs de la révolution française est une impasse.

  5. Non ! Ça ne passe pas : « Passe encore pour le relèvement de l’âge de la retraite auquel sont contraints, les uns après les autres, les pays de l’Europe en raison du vieillissement des populations,  »

    Sauf à considérer que la perte de la part des salaires dans la valeur-ajoutée est désormais acquise.
    Le « vieillissement » de la société est un argument absurde devant le chômage des jeunes diplômés ou non et devant celui des seniors qualifiés.

    Parlons plutôt de cela et nous serons plus proches d’une vraie réduction des inégalités.

    1. Avez vous des statistiques précises sur la baisse de la part des salaires dans la VA?

      Parce que sur le site de L’Insee, elle a plutôt l’air de se maintenir, non?

    2. La baisse des salaires dans la valeur ajoutée est admise par tous les économistes, même certains MEDEF.
      Lisez même le conseiller de Sarko, Attali…
      Dessous quelques référence parmi des dizaines que j’ai lu et qui ont été citées sur ce blog, en commençant par l’aveu d’une banque, Natixis…

      Une lecture marxiste de la crise
      par P. Artus, économiste en chef Natixis
      http://gesd.free.fr/flas0002.pdf

      Le partage de la valeur ajoutée en Europe
      Par Michel Husson
      http://hussonet.free.fr/psalires.pdf

      Une des conclusions de l’étude :
      « La baisse de la part des salaires apparaît rétrospectivement comme l’un des déséquilibres majeurs qui a conduit à la crise actuelle : c’est elle en effet qui a alimenté les bulles financières en gonflant les profits non investis et en incitant à un surendettement destiné à compenser le recul salarial.»

      Ou va la crise
      par APEX
      http://gesd.free.fr/apexph2.pdf

      Crise de suraccumulation mondiale ouvrant sur une crise de civilisation
      par François Chesnais
      http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=859

      La question des retraites : un algorithme
      Michel Husson
      http://hussonet.free.fr/algor.pdf

  6. Il me semble que l’issue de la bataille sociale dépendra de la capacité des forces progressistes à mettre à la disposition d’ un maximum de citoyens des informations sérieuses et pertinentes sur les réalités économiques et sociales. Un réseau de blogs labellisés HQI ( à Haute Qualité Informative ) pourrait y contribuer. Le blog de Paul Jorion en ferait à l’évidence partie.

    C’est aussi le but que nous nous sommes fixé en créant il y a 4 mois le site http://www.retraites-enjeux-debats.org/ … un site pour se clarifier les idées sur les retraites, le chômage de masse et le temps de travail

    andré martin

    co fondateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/

    1. Bon travail, lucide sur l’importance de l’enjeu de rien céder sur les retraites: arrêter le détricotage des acquis. Affirmer la logique des besoins et de l’émancipation de chacun sur celle du profit et de la domination de tous.

  7. Bonjour,

    Oui, redonner aux Etats le rôle politique qu’ils n’auraient jamais dû perdre ne doit pas oublier de passer par la case « démocratie » ; j’entends par là remettre le peuple au centre des préoccupations politiques, sociales et morales des gouvernements, quelle que sera leur future forme. Il conviendra donc de ne pas oublier :
    1) l’existence de contrepouvoirs institutionnels dignes de ce nom et efficients ;
    2) un pouvoir politique élu et responsable mais qui a le temps de l’action : 10 ans est un minimum pour pouvoir se projeter dans l’avenir et envisager du moyen ou long terme au lieu et place du court terme.

    Beaucoup d’autres idées à mettre en oeuvre pour retrouver un Etat digne de ce nom, et en premier lieu repenser les équilibres institutionnels.

    Cordialement,

  8.  » L’essentiel est de « retrouver la confiance des marchés » et, pour ce faire, rien de mieux que de « tailler dans les secteurs publics et leurs dépendances sociales » et de s’en remettre aux bienfaits des secteurs privés. Mais cela a toutes chances de ne pas marcher. »

    L’univers entier ne repose pas fort heureusement et uniquement sur la seule confiance des gens
    du marché, car si cela devait en devenir le seul moteur à deux temps du monde et du politique mondial, alors je ne donne pas chère de la peau et de l’Ame de l’humanité, comme de tout à chacun, tout devient si conformiste et professionnel de nos jours, tout devient si concurrentiel, sélectif, élitiste, conditionnel, voire même de plus en plus impossible à suivre pour un grand nombre d’estropiés des industries de croissance que cela coûte forcément de plus en plus cher pour réparer les dégats …

    C’est ce que les gens de pouvoir ne semblent pas toujours mieux comprendre les premiers,
    comme c’est fort dommage pour les gens du libéralisme ou du capitalisme à l’image. Les excès dans la rigueur de plus n’entraîneront hélas alors qu’un plus grand retour de manivelle et de baton à l’égard des idées du capitalisme, enfin ils ne pourront pas dire de ne pas avoir été prévenus.

    Comme quoi les premiers défenseurs de la liberté des marchés ou du commerce, ne sont pas non plus forcément et automatiquement les meilleurs am(i)es des bêtes ou des hommes en société.

    Ils ne font en fait que conduire davantage les peuples vers l’empressement de plus, la peur de tout perdre en fait vers l’enfer de plus sur terre voilà tout.

    1. Jérémie : « C’est ce que les gens de pouvoir ne semblent pas toujours mieux comprendre les premiers, »

      Si si. Les US, la Chine et la Russie ont largement renforcé leur sécurité intérieure depuis début 2009. Et bien d’autres pays l’ont fait de façon.. discrète.
      Ils savent. Ils ont les chiffres et l’étendue à peu près prévisible des dégats potentiels futurs.

      Tu auras aussi remarqué le fossé de plus en plus grand entre les dirigeants et le peuple, partout dans le monde. Hé bien.. conséquence logique. Et ce n’est qu’un début.

    2. @ yvan

      « Si si. Les US, la Chine et la Russie ont largement renforcé leur sécurité intérieure depuis début 2009. Et bien d’autres pays l’ont fait de façon.. discrète. »

      Oui Yvan ce n’est plus du tout dans les êtres qu’ils investissent le plus de nos jours pour maintenir la paix sociale voir également l’actualité militaire des dernières technologies mises au point sur novosti :

      http://fr.rian.ru/video/20100708/187032210.html
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Char_M1_Abrams
      ( Le prix unitaire d’un char M1A1 a été évalué à plusieurs millions de dollars multiplié par 9000 ? )

    3. Révélé par le Washington Post hier et aujourd’hui, l’industrie du renseignement aux US utilise (paye) 850 000 personnes ayant accès à des infos top-secret. Soit pas loin d’un américain sur 300 au service d’une des 1500 agences officielles ou des 2000 officines privées connues pour plus de 50 000 rapports complets annuels!

      J’avais lu par ailleurs que le chiffre total des agents et supplétifs cumulés dans le monde et travaillant pour le cœur du réseau « anti-terroriste » de l’OTAN (USA, GB, Canada, Israel etc..) était de 2 millions.

      Également, le Site internet Salon rapporte que 2 milliards d’emails, conversations téléphoniques ou messages sont interceptés et conservés chaque jour.

    4. @Vigneron

      Croyez-vous qu’ils interceptent et qu’ils analysent tous vos posts sur ce blog?
      Moi, je n’en serais qu’à moitié étonné.:)

    5. @Souva

      Vus tous les tags pourris qu’on trouve dans mon post ci-dessus ( Washington Post, renseignement, US, top-secret, réseau, anti-terroriste, OTAN, Site internet Salon, interceptés), celui là c’est sur et celui ci aussi! SMILE pour la photo!

  9. Les technocrates de Bruxelles, et d’ailleurs en Europe ne sont que des effarants hégéliens, tellement imbibés de la croyance en la fin de l’histoire et confits dans leur sentiment de toute puissance gestionnaire qu’ils se bousculeraient en montant sur l’échafaud révolutionnaire, chantant gaiement l’hymne à la joie! Pensez donc! La marche funèbre des marchés est tellement bien menée, si bien dirigée, si impeccablement cadencée! Quelle mécanique rutilante et parfaite! Le Philharmonique de Berlin! Ne manque que Fürtvangler…

    En deux temps trois mouvements on phagocyte toute l’Europe de l’Est, on passe un traité au forceps non aseptisé, on humilie derechef la Turquie, on se soumet totalement au diktat US, on achève la PAC, on àplatventrise la Grèce, l’Espagne et le Portugal, on repaupérise la mittel-Europa et on est toujours les champions du libéralisme… Comme des cons en haut de l’arbre à épine et sans fruits, avec les US et la GB qui ont piqué l’échelle!

    Et tout va bien! Il ne peut plus rien nous arriver! Fermez le ban! On ne doit plus entendre que le son de la guillotine. Ou celui des canons.

    Kojève! Reviens! Tes créatures t’ont cru!

  10. Un état fort…
    Dangereux comme idée. Lorsque l’on repense à l’épisode 1936-1945.
    Et c’est ainsi que nous sommes pris entre deux feux des plus agréables : continuer à se faire gruger plus ou moins consciemment, ou… se laisser pièger par les extrèmes qui ne rèvent que de profiter de la situation.
    L’étude de la géo-politique va devenir de plus en plus important et crucial dans le déroulement du léger retournement d’argent facile.

    1. Cet épisode 36-45 a légitimé la situation actuelle. À l’expérience, elle est aussi fausse que ce qui a motivé Hayek et Friedmann pour leur croisade. Notre monde est celui pour lequel ils ont combattu.

    2. Ne pas omettre s’il vous plait que le grand capital et les patronnats occidentaux de l’époque se sont au minimum très largement accomodés de la situation et pour la plupart ont encouragé l’avènement de gouvernements totalitaires liberticides,paternalistes et anti sociaux.L’Angleterre a joué la carte franquiste contre les républicains dès le début de la guerre d’Espagne,les grands groupes allemands étaient très heureux de fournir les nazis,les capitaux transversaux de toutes origines européennes et américaines répondaient aux commandes des nouvelles dictatures qui réarmaient avec enthousiasme et soulagement;la crise est finie beuglait on à la corbeille et ces bataillons d’innocents qui se mettent en rang en uniforme nous laissent plein d’espoir pour les affaires futures.Ne jamais oublier que les « justes » qui ont remporté la victoire en 1945 étaient considéré comme une poignée d’illuminés rétrogrades,des emmerdeurs en 1940 et qu’il s’en est fallu au cours de cette période d’un cheveu à plusieurs reprises pour qu’ils lachent prise face à l’accumulation des revers et du nombre de leurs adversaires.Notre liberté et notre aisance de l’après guerre repose sur ce fil et sur le sacrifice inoui de ces individus au courage et à la ténacité exemplaire et aujourd’hui nous laissons galvauder cet héritage tel un fils indigne égoiste et querelleur,crétin et vénal.Nous retournons vers le fascisme et la misère comme un troupeau abruti et content de l’etre incapable de réaction,lénifié et inconscient.Ceux qui tirent les manettes n’ont aucune inquiétude à avoir du plus grand nombre qui sont incapables de démasquer leur imposture mais quelques individus leur donneront du fil à retordre c’est certain.

  11. Bonjour,

    Je vous propose Maximilien, en billet invité.

    Propositions d’articles additionnels à la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen
    Maximilien de Robespierre
    le 24 avril 1793

    J’ai demandé la parole, dans la dernière séance, pour proposer quelques articles additionnels importants qui tiennent à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Je vous proposerai d’abord quelques articles nécessaires pour compléter votre théorie sur la propriété; que ce mot n’alarme personne. Âmes de boue! qui n’estimez que l’or, je ne veux point toucher à vos trésors, quelque impure qu’en soit la source. Vous devez savoir que cette loi agraire, dont vous avez tant parlé, n’est qu’un fantôme créé par les fripons pour épouvanter les imbéciles; il ne fallait pas une révolution sans doute pour apprendre à l’univers que l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes, mais nous n’en sommes pas moins convaincus que l’égalité des biens est une chimère. Pour moi, je la crois moins nécessaire encore au bonheur privé qu’à la félicité publique. Il s’agit bien plus de rendre la pauvreté honorable que de proscrire l’opulence. (…)

    Posons donc de bonne foi les principes du droit de propriété : il le faut d’autant plus, qu’il n’en est point que les préjugés et les vices des hommes aient cherché à envelopper de nuages plus épais.

    Demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété : il vous dira, en vous montrant cette longue bière, qu’il appelle un navire, où il a encaissé et ferré des hommes qui paraissent vivants : Voilà mes propriétés, je les ai achetées tant par tête. Interrogez ce gentilhomme, qui a des terres et des vassaux, ou qui croit l’univers bouleversé depuis qu’il n’en a plus; il vous donnera de la propriété des idées à peu près semblables.

    Interrogez les augustes membres de la dynastie capétienne; ils vous diront que la plus sacrée de toutes les propriétés est, sans contredit, le droit héréditaire, dont ils ont joui de toute antiquité, d’opprimer, d’avilir et de pressurer légalement et monarchiquement les 25 millions d’hommes qui habitaient le territoire de la France sous leur bon plaisir.(-)

    Aux yeux de tous ces gens-là, la propriété ne porte aucun principe de morale. Pourquoi votre Déclaration des Droits semble-t-elle présenter la même erreur? En définissant la liberté, le premier des biens de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, vous avez dit avec raison qu’elle avait pour borne les droits d’autrui; Pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce principe à la propriété, qui est une institution sociale; comme si les lois éternelles de la nature étaient moins inviolables que les conventions des hommes? Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété, et vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer le caractère légitime; de manière que votre Déclaration parait faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs et pour les tyrans. Je vous propose de réformer ces vices en consacrant les vérités suivantes :

    « Art. 1er. La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion des biens qui lui est garantie par la loi.

    « Art. 2. Le droit de propriété est borné, comme tous les autres, par l’obligation de respecter les droits d’autrui.

    « Art. 3. Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables.

    « Art. 4. Toute possession, tout trafic qui viole ce principe est illicite et immoral.

    Vous parlez aussi de l’impôt pour établir le principe incontestable qu’il ne peut émaner que de la volonté du peuple ou de ses représentants; mais vous oubliez une disposition que l’intérêt de l’humanité réclame. Vous oubliez de consacrer la base de l’impôt progressif.. Or, en matière de contributions publiques, est-il un principe plus évidemment puisé dans la nature des choses et dans l’éternelle justice que celui qui impose aux citoyens l’obligation de contribuer aux dépenses publiques progressivement selon l’étendue de leur fortune, c’est-à-dire selon les avantages qu’ils retirent de la société. Je vous propose de le consigner dans un article conçu en ces termes :

    « Les citoyens dont les revenus n’excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance doivent être dispensés de contribuer aux dépenses publiques; les autres doivent le supporter progressivement, selon l’étendue de leur fortune.

  12. L’expression « changer de paradigme » fait peut-être un peu « savant ». Je l’ai reprise car elle découlait directement du texte qui a motivé le mien. C’est la manière policée de dire qu’il faut changer complètement le mode de fonctionnement de notre société et les bases sur lesquelles elle repose. Cela n’ira pas de soi et l’on ne voit pas effectivement selon quelle impulsion cela pourrait se produire. Marcel Gauchet explique l’atonie ambiante par l’absence de projet révolutionnaire crédible. Gauche comme droite se contentent trop bien de la situation existante. Mais il est intéressant que des économistes considérés comme sérieux et bien établis come ceux de l’Institut de Vienne soulèvent haut et fort le problème. Cela montre que les esprits commencent à évoluer et que, sous la torpeur, les propos se durcissent.
    Quant à l’âge de la retraite, je n’ai fait que constater une évidence. La durée de l’existence de nos concitoyens s’allonge considérablement et cela ne peut qu’avoir une incidence sur le moment où l’on « prend sa retraite ». C’est pourquoi, l’on voit dans des pays de plus en plus en plus nombreux ce moment se décaler. Cela ne siginifie nullement approbation sur les modalités, notamment financières, de ce report de l’âge de laretraite.

    1. « La durée de l’existence de nos concitoyens s’allonge considérablement et cela ne peut qu’avoir une incidence sur le moment où l’on « prend sa retraite ».  »

      Cela me rappelle le discours des patrons qui au début du siècle précédent disaient que si l’on diminuait la durée du temps de travail des ouvriers et employés, il fallait soit diminuer leurs salaires, soit ils couraient à la ruine.
      Fadaises tout cela. De l’argent y’en a, plein, trop, qui ne sert plus qu’à la spéculation financière. Suffit d’aller le prendre là où il ne sert qu’à nuire et le remettre à la bonne place. (« on veut ma mort », crie Harpagon).

    2. Je crois que vous vous méprenez en considérant les reculs de l’âge de la retraite en Europe comme un épiphénomène d’un paradigme préexistant.
      Je pense qu’ils constituent une des clés de voûte finale dans l’accomplissement du changement paradigmique en cours qui n’est pas bien sûr celui que vous appelez de vos voeux.
      Ils officialisent dans le système et dans la vie et les esprits de chacun la régression du fait social et du progrès des conditions d’existence des peuples à un rang subalterne, voire inexistant à terme.
      Et si votre souhait de redistribution des cartes pour un nouveau jeu paraît difficile aujourd’hui, tant les structures semblent rigides et appuyées sur des socles profonds, la gageure risque bien de devenir illusoire une fois acté ce renforcement décisif, selon moi, tant des structures que des représentations de chacun

    3. « Je pense qu’ils constituent une des clés de voûte finale dans l’accomplissement du changement paradigmique en cours »

      J’aurai dit: la cerise sur le gâteau néolibéral.

    4. « Quant à l’âge de la retraite, je n’ai fait que constater une évidence. La durée de l’existence de nos concitoyens s’allonge considérablement… »

      Non, et ce n’est pas ça qui raccourcira la mort dirait Horace. Laissez les vivre, sans travail; merci.

    5. Si la réalisation aberrante du projet néolibéral est plus avancée dans les autres pays d’Europe, devons-nous aussi y céder ??? C’est comme cela que nous changerons de paradigme !?!?

      Quant à cette phrase « ’absence de projet révolutionnaire crédible », elle est aussi la marque d’une absence totale de perception de la réalité sociale actuelle. Exactement comme Vianson-Ponté qui énonçait en mars 68 qu’il ne se passait rien et que la France s’ennuyait !

      Enoncer un paradoxe (il faut changer parce que cela ne peut plus durer, on ne peut changer parce qu’il n’y a pas de projet) n’a jamais fait que contribuer à la résignation puisque personne n’est capable de faire un projet, révolutionnaire qui plus est, sans qu’aussitôt se lève une armée dénonçant lesidéologies (ce n’est pas une coquille, c’est la marque graphique de la fausse abstraction, il faut lutter contre lesidéologies, lesidéologies sont mortes).

      Ai-je besoin d’un projet (crédible, il va de soi) afin de lutter pour davantage de démocratie et donc contre la destruction des échelons intermédiaires de notre représentation politique, contre la destruction des services publics, et pour la réduction des inégalités et le rétablissement d’un impôt progressif sur les revenus ?????

    6. @ Jean Nîmes (14h48),

      merci pour ce commentaire qui remet à sa place le simple BON SENS.
      Marre du verbiage qui inhibe et ‘excuse’ l’absence d’actions simples. SIMPLES.

  13. Sans rapport évident avec le sujet, un ingénieur se rebiffe :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100720.OBS7396/fabrice-tourre-met-en-cause-goldman-sachs.html
    « Le cadre français de Goldman Sachs assure que la banque est responsable dans la fraude à la vente qui lui est reprochée par la SEC devant la justice américaine. »
    Il essaie de sauver sa peau, me direz-vous…

    Si le gars a une puissance d’analyse suffisante, ça devrait être intéressant et relayable auprès de ceux qui tiennent encore le Ponzi à bout de bras.
    C’est de ce genre de personnes que le rideau tombera de plus en plus et que nous saurons tous ce qui se passe réellement derrière le rideau tendu devant nos yeux.
    D’ici qu’il soit « tenu au secret » ou décribilisé, bien sûr, vous devez deviner qu’il peut lui arriver un accident.

    1. La toupie Ponzi…
      Ca me ramène encore à Coriolis, ce principe.

      Un jour, je vous ferai un article sur l’information, pardon, l’informatique et la finance. Ca me démange de plus en plus.

    2. Yvan : « ça me démange » soignez vous par l’écriture Cher Ami !

      Par ailleurs, pourquoi GS n’a t-il pas appliqué la solution traditionnelle pour son employé, à savoir le couvrir d’argent pour qu’il la ferme ?

  14. La durée d’existence de nos concitoyens s’allonge considérablement ? Vraiment ? Le terme « considérablement » laisse entendre par exemple que le nombre de centenaires faisant du jogging et capables pourquoi pas de travailler, dépasse l’entendement !
    C’est la propagande qui dépasse l’entendement à mon avis, alors que des pathologies comme le cancer ou le diabète explosent littéralement et que le cap des 80 ans est toujours aussi difficile .

    1. Toujours ce problème de l’âge de la retraite. Simplement, ce que je dis, c’est que cela n’aurait aucun sens de conserver indéfiniment le même âge légal de départ à la retraite. Il n’y a aucune raison que cet âge soit le même quand l’espérance de vie est de 60 ans, 70 ans, 80 ans, ou encore 90 ans (ce qui est envisageable si les progrès en matière de soins continuent). Reculer l’âge de la retraite peut d’ailleurs correspondre à une aspiration d’un certain nombre de personnes encore dans la force de l’âge ! Le problème est autre. Il s’agit de savoir comment on finance les retraites, de façon juste, en tenant compte de la pénibilité de certains emplois qui justifie un départ avancé et bien d’autres considérations. Mais il n’y a pas lieu de s’indigner si certains pays reculent l’âge légal de la retraite, à condition que cela se fasse de façon digne et équitable.

    2. Tout à fait d’accord ! Ce sont les générations d’avant-guerre qui vivent le plus vieux actuellement. Les baby boomers ont été nourris aux pesticides et engrais chimiques recyclés de la guerre et ça m’étonnerait que nous vivions aussi vieux. A cela, il faut rajouter l’augmentation des cadences, stress, pression au travail. Entre mes années d’apprentissage et maintenant, y’a pas photo. Alors que j’aimais revenir de congé en tant qu’apprenti, maintenant j’ai envie de repartir en courant.
      Alors dire « La durée d’existence de nos concitoyens s’allonge considérablement » désolé, ça m’énerve et c’est effectivement de la propagande, surtout que statistiquement on vit en bonne santé jusqu’à 62-63 ans !

    3. D’ailleurs certaines personnes agées, en maison de retraite, entendent bien profiter de leur statut de retraités jusqu’au bout, en rechigant, même si ils en sont capables, à faire leur toilette seuls sous le prétexte que : « Je vous paye pour çà ! »

    4. Confirmation de l’incompréhension de la part des militants réformistes des objectifs de la contre-réforme Sarko:
      – économique : faire reculer encore la part du salaire (immédiat et différé) dans la valeur ajouté
      – offrir lemarché de centaines de milliards € de l’assurance aux bêtes en cour
      – infliger une défaite au camp du travail qui permette de l’attaquer sur la gratuité de l’éducation, de la santé, etc…

    5. @ louise dit : 20 juillet 2010 à 19:35

      Non Louise, je pense que vous allez trop loin.

      Ci certaines personnes en étaient à penser cela et même allaient jusqu’à le dire, c’est qu’elles ne se sentiraient pas très aimées de ceux qui leur prodiguent les soins. Or, dans votre domaine d’activité il me semble que cela frise la faute professionnelle que de s’exprimer ainsi. Cela ne vous apporte rien si ce n’est de faire état de votre mal être dans une activité où l’on se doit comme partout, mais encore plus qu’ailleurs, faire les gestes de son travail avec amour. S’agissant de personnes âgées, atteintes physiquement ou psychologiquement une part de compassion semble en plus nécessaire. Sans quoi peut-on parler de soins, de care pour faire moderne ?
      Pour être heureux dans son travail il est bon de l’aimer. Quand on fait le premier pas, il vous le rend bien en général et c’est encore plus vrai avec les personnes. Savez-vous que ma mère vient de franchir ses 96 ans entourée des bons soins et de l’affection de vos collègues. Allez Louise, ressaisissez-vous ! Vous êtes certainement une bonne personne pour faire ce que vous faites.

    6. M. Pagé, il faudrait nous expliquer avec arguments sérieux cette phrase : « Il n’y a aucune raison que cet âge soit le même quand l’espérance de vie est de 60 ans, 70 ans, 80 ans, ou encore 90 ans ».

      Pour vous provoquer un peu, je dirais pour vous paraphraser : il n’y a aucune raison sérieuse pour que l’age de la majorité (18 ans aujourd’hui) soit le même quand l’espérance de vie est de 60 ans, 70 ans, ….

    7. @jducac

      -c’est du VECU ! et ce n’est pas aussi rare que l’on voudrait bien le penser

      -qu’est-ce qui vous fait croire que je n’aime pas mon métier ?

      -si personne n’exprime son mal être dans son travail comment voulez-vous faire changer les choses ?

      Si personne ne dit rien je vous assure que, aussi bon que soit l’établissement dans lequel se trouve votre maman, la qualité des soins se dégradera tellement que vous vous poserez la question de l’y laisser !
      Et ne me dites pas non !
      Bien que mon expérience soit courte (2 ans) j’ai travaillé dans une dizaine d’établissements différents et un seul trouve grace à mes yeux.
      La solution idéale c’est le domicile, difficile à mettre en oeuvre, certes, mais autrement plus agréable à la fois pour la personne que pour le soignant.
      Quand nous soignants, infirmières ou aides soignantes, disons qu’il faut 1 heure pour s’occuper de telle personne, c’est qu’il faut 1 heure, point barre !
      Et vous pouvez mettre tout le « care » que vous voudrez, si vous ne mettez que 30 mn, c’est que quelque part vous avez mal fait quelque chose !
      Entendre dans la bouche d’une « attachée de direction » : « Vous avez 17 mn 34 s par toilette, c’est largement suffisant » comme je l’ai entendu, vous donne envie de faire des choses que je ne peux exprimer sur le blog.
      Je tiens à préciser que 17 mn 34 s comprend :
      -la toilette
      -l’habillage
      -le lever et installation au fauteuil
      -la réfection du lit
      -le rangement de la chambre
      -plus souvent autres soins annexes : lunettes, dentiers, poches à urines…………liste non exhaustive
      Essayez un jour de faire toutes ces choses pour vous-même en 17 mn.
      Quant aux personnes agées qui après avoir travaillé toute leur vie, refusent de faire le minimum pour leur entretien personnel, elles existent bel et bien, et je n’ai jamais dit que nous ne les comprenions pas, ni que nous ne faisions rien pour leur démontrer, avec gentillesse et dévouement, que cette attitude ne pouvait que leur être préjudiciable ( détérioration rapide de toutes leurs facultés).
      Je vous le répète, si personne, quelque soit son travail, n’exprime pas son mal être, cela se traduit par une augmentation des contraintes, puisqu’elles semblent être bien supportées !!
      Et de contraintes en contraintes, nous arrivons à des épidémies de suicides, comme c’est le cas actuellement.

    8. Cela ne vous apporte rien si ce n’est de faire état de votre mal être dans une activité où l’on se doit comme partout, mais encore plus qu’ailleurs, faire les gestes de son travail avec amour.

      Fort bien « old timer »! C’est donc par Amour (de la patrie..) que le militaire bombarde des civils et par Amour (de l’ordre..) que des CRS Robocops ont tabassé à la tonfa et à terre une mienne copine militante auprès des sans-papier…
      faudra que j’aille expliquerça à ma mienne copine… Je vous l’adresse si elle veut pas m’écouter? Je vous préviens, je suis un bichon maltais à coté d’elle au niveau tchatche offenssante!

    9. @ vigneron dit : 21 juillet 2010 à 14:53

      Où voulez-vous en venir ? Vous n’êtes même pas capable de tenir parole.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13967#comment-97113

      Je le comprendrais si c’était pour vous racheter et pour apporter une contribution positive aux échanges qui, sur ce blog, sont en général de bonne tenue.

      Bien que je n’y sois pas incité par le ton de vos adresses, je vais néanmoins avoir une attitude empathique au cas où cela vous en donnerait le goût.
      Pour l’enseignement moral, c’est à ma mère et mon instituteur que je le dois. Pour l’amour du métier quel qu’il soit, c’est à mon père et à mon instituteur que je le dois et je les remercie chaleureusement d’avoir su faire en sorte que je sois heureux et fier d’exercer les divers métiers qui ont été les miens.

      C’était une autre époque ne vous en déplaise, mais à cette époque là on savait inculquer au jeunes le goût et les raisons de vivre dignement quel que soit sa profession même la plus modeste. On savait rendre les gens heureux dans l’exercice de leur profession alors que les conditions matérielles n’étaient pas meilleures que celles d’aujourd’hui.
      Pour vivre heureux il vaut mieux aimer son métier, y trouver un sens, une raison d’être. Même et surtout quand il s’agit de métiers qui, tel celui de militaire ou de CRS, n’attirent pas les foules et qui pourtant doivent être exercés dans l’intérêt de la collectivité. Même pour ces métiers là, je prétends qu’il y a au moins une partie des tâches qui pour être bien faites appelle une part d’amour, une forme de dévouement pour les autres. Ces personnes risquent leur vie non pour le plaisir mais pour l’idée qu’elles se font de leur rôle dans la société. Elles le font au profit de gens qu’elles ne connaissent pas et qui bien que bénéficiaires de leur action, les dénigres souvent, comme elles dénigrent tout et tous, sauf elles-mêmes qu’elles ont en très haute considération.
      Il est vrai que les instituteurs qui depuis ont été élevés au rang de professeurs, ne peuvent plus enseigner la morale qui fait tant défaut aujourd’hui. Pensez donc, ils se sont pour certains entraînés, souvent de manière inconsciente à crier « CRS SS » ou « il est interdit d’interdire » de sorte que maintenant il n’est plus interdit de braquer un casino ou de foncer sur un barrage routier. C’est le début de la déliquescence de la société.
      Où est le bon vieux temps où les braves gens pouvaient vivre en paix ?

    10. @l’apologue de l’inégalité nécessaire

      Très cher vieil enfant méritant de la République,

      D’abord je n’ai pas fait serment de ne plus vous lire, mais seulement une boutade. Nuance. Et je n’ai pas à me racheter, n’ayant rien vendu de moi, et surtout pas à vous qui ne le paierait pas son prix. Que voulez-vous, je suis saisi subitement d’un tropisme Jducacien, que nulle raison ne peut réprimer, pas même vous, objet incongru de ma soudaine lubie.

      Je n’avais pas cru devoir répondre à votre post tellement émouvant, et surtout si édifiant à mes yeux de jeune barbare post-soixantehuitard. J’avais cru que la sagacité et la formidable vivacité d’esprit dont vos multiples posts témoignent si bien vous indiqueraient que la courte mais sublime réponse de Martine Mounier s’accordait suffisamment à celle que vous auriez pu m’imaginer vous faire (formulation lourdingue, désolé, vous arrivez à suivre?). J’avais cru bon et charitable de ne pas rajouter l’outrage, dont apparemment vous me croyez seulement capable, à l’humiliation. Hélas il n’en est rien et vous semblez de ceux dont le comprenoir ne s’ouvre qu’au pied de biche, pour le palpitant, je n’ose imaginer…

      Donc, pour l’inégalité de fait, vous conviendrez j’imagine, que malgré la modestie de votre extraction, dont vous vous vantez à juste raison, votre sort n’était pas des plus défavorables puisque vous bénéficiâtes des vertus éducatives et du dévouement sans borne d’une admirable maman. Et, comme vous le laissez entendre peu charitablement par ailleurs, tel n’est pas hélas le cas de tous les petits d’homme en ce bas monde. Vous étiez donc du coté des favorisés de fait par la grâce d’une naissance au sein d’une famille exemplaire.

      Pour l’Égalité de Droit, vous évoquez aussi, la larme à l’œil, le souvenir des maîtres d’école qui ont su compléter la solitude armature morale édifiée par vos parents par les vertus du mérite récompensé et l’accession au rêve de vos géniteurs: la promotion sociale par l’instruction et l’accès à la culture. Or, arrêtez moi si je me trompe, mais c’est bien l’école de la République, laïque, gratuite ,et obligatoire, j’ajouterais ÉGALITARISTE, au moins dans le principe, qui vous a offert cette chance, ce privilège inouï dont vos parents eux même n’ont pu profiter! Et cela au nom d’un principe, d’un SEUL: L’ÉGALITÉ républicaine.

      En fait de déliquescence, c’est de la déliquescence du système égalitaire, certes imparfait, que vous devriez vous indigner. Car c’est cette Égalité de Droit, conçue pour atténuer les inégalités de fait, qui vous a permis d’aujourd’hui vous exprimer ici. Vous vous contentez de pérorer de toute la force de votre ridicule les poncifs éculés et éternels de l’avachissement moral des jeunes générations et de la société décadente, aveuglé que vous êtes par votre roman personnel de l’enfant méritant de parents méritants franchissant courageusement les obstacles vers la consécration de ses mérites personnels et de sa valeur morale. Vous déniez la chance et les facilités qui vous ont été offertes par une République alors avide de bras et de compétences, ce qu’elle n’est plus.

      Alors pensez donc! Comment pourriez vous accepter de voir la profonde injustice faite aux plus faibles aujourd’hui! Comment ne pourriez vous pas y voir une preuve supplémentaire de leur dégénérescence morale et une confirmation de votre inestimable valeur? Alors qu’un jeune ne bénéficie plus des avantages de fait que vous connûtes, ni de la même Égalité de droit, ni des mêmes conditions économiques paradisiaques des années 50, où n’importe quel demeuré avait un CDI assuré!

      Vous êtes un mauvais fils ingrat de la république, vous l’avez trahie et continuez. Vous n’avez aucune compassion ou pardon pour quiconque n’a pas vos « mérites », et trouvez probablement les pires vices à qui fait mieux que vous. Votre intelligence est strictement bornée par vos préjugés gravés dans le marbre de votre myopie nombriliste d’enfant gâté.

      Pour votre réponse du jour, nous passerons l’éponge, cela vaudra mieux pour tout le monde.

      Il pleut en Normandie j’espère? On vous voit plus sur Pro-AT? N’avez-vous pas réussi à devenir un boursicoteur autonome?

    11. @ vigneron dit : 21 juillet 2010 à 23:12

      Il n’y a pas de doute, c’est bien a moi que vous vous adressez lorsque vous écrivez « @l’apologue de l’inégalité nécessaire » dans votre désir de vous en prendre à la personne plutôt qu’aux idées émises.

      Je vous mets au défi de trouver dans ce que j’ai écrit, ici ou ailleurs, le moindre propos qui justifierait de me désigner comme « apologue de l’inégalité nécessaire ».

      Vous faites probablement erreur d’interlocuteur (Loïc peut-être qui a effleuré le sujet) et donnez ainsi l’impression de ne plus vous maîtriser, parce ce que vous êtes sous l’emprise de votre hargne. Ce n’est certainement pas ce que vous avez de meilleur à nous offrir. Pour rejoindre ce qu’évoque Martine Mounier le 20 juillet 2010 à 19:52 ; la vie est effectivement un combat. Le plus loyal, le plus utile, celui qui permet d’accéder aux plus nobles victoires sans porter le moindre tort aux autres, c’est le combat que l’on mène contre soi-même pour faire en sorte d’être meilleur.

      Vigneron, mon frère, revenez à de meilleurs sentiments et tout le monde s’en portera mieux.

  15. J’entends toujours dire que la dette vient du sauvetage du système financier. Hum. Permettez-moi d’être septique…

    Quel pourcentage de la dette ce sauvetage a-t-il vraiment contribué, je ne connais pas les chiffres, mais je pense qu’on le surestime. Le gros de la dette était la bien avant, et évidement en temps de crise il y a moins de revenus et comme on la compare au PIB elle devient soudainement problématique.

    Avant la crise les détenteurs de bons du trésor étaient très heureux de voir la dette des pays augmenter car elle leur permettait d’avoir un placement peu risqué, et qui plus est, rémunéré (par l’impôt). Nos dirigeants, complaisants, ont donc laissé filer ce niveau d’endettement, qui satisfaisaient aussi bien les électeurs (non-voyants) en continuant d’assurer les services d’un état digne de ce nom que les obligataires qui avaient à chaque adjudication des opportunités de placement intéressantes. Jusqu’au moment ou l’impôt ne suffit à payer la rente des obligataires.

    Il est notable qu’en ce début de crise de dettes des états, nos dirigeants prônent des mesures d’austérité au niveau des dépenses, mais personne n’ose regarder la plus grosse des dépenses des états qui est le service de la dette. Pourtant si l’on réduisait cette dépense là, nos états pourraient bien plus aisément réduire leurs déficits. Par exemple, s’ils fixaient le taux des coupons indexé sur le livret A par exemple (taux d’épargne du bon peuple), nous parlerions beaucoup moins du problème des déficits publics, les risques de défaut diminueraient et par-dessus tout les états pourraient continuer à assurer leur rôle au service du contribuable.

    Si l’on faisait un référendum pour rigoler, la question serait, plan d’austérité ou réduction du service de la dette.

    1. @Dad El Carbo: les chiffres de la dette, année par année, sont disponibles. Voyez les courbes et vous verrez clairement le plan de sauvetage.
      Je vous résume pour les USA: la dette augmente à partir de Reagan (résultat normal dû aux privatisations, baisses d’impôts, etc) et à partir de 2008, la courbe est franchement exponentielle.
      En fait, la plupart des dettes publiques des Etats ont doublé au cours de ces deux dernières années.

    2. Question en gros:
      – La France doit répudier la dette publique
      vis à vis de tout investisseur institutionnel ou créancier payant l’ISF ?

      Comme le oui est garanti à 90 %, il n’y aura pas de référendum.

      Mais surtout, quand la classe dirigeante rédige une question sur le TCE qu’elle est sûre de gagner,
      mais perd grâce à la mobilisation citoyenne
      (comme celle en cours pour refuser l’ignominie de l’allongement de l’âge de la retraite),
      alors elle viole sa légalité et la démocratie.

      Alors, surtout pas de référendum sous les fourches de ce système.
      Reston sur les choses de bon sens: la grève générale jusqu’à la fin de la dictature du capital.

  16. On ressasse ,on ressasse ,mais comme dans le désert des tartares (d’une certaine manière) rien ne se passe et aucune équation salvatrice ne se précise pour l’instant ,et ,son (ou ses) inventeur ne se distingue pas à l’horizon. Ceci en dépit de l’impecable diagnostic de ce blog. Il apparait donc,une singularité d’espace temps ,qui plus j’y pense plus elle me semble relever de l’événement. Évènement qui nous invite au discernement à la patience et à la créativité;c’est le moins que l’on puisse dire. C’est facile de le dire.

    1. Effectivement, rien ne se passe.
      La chaleur sans doute….
      Le vieillissement du corps électoral peut-être.
      La trève aoutienne aussi.
      A propos d’espérance de vie, à la vitesse où la qualité des soins diminue je ne donne pas cher du soi-disant rallongement de la vie.
      Parions que la courbe d’espérance s’est déjà retournée en croissance négative

    2. @tartar

      je connais pas la moyenne d’âge de l’électeur votant en France, mais je sais que l’âge moyen dans notre pays est de 44 ans, contre 47 en Allemagne. A la louche, en enlevant le quart 0-18 ans, on doit tourner autour des 50 ans mini… Mûr mûr, limite surmûri l’électeur gaulois…

    3. @didier et rien de rien ne nous garantira un jour que ça se fasse un jour, y’en eut-il un nombre infini

      Qu’on parte de n’importe quel point.
      Tous sont égaux.
      Tous mènent à un point de départ.
      Antonio Porchia, In « Voix »

  17. Il vrai que M. J.C. Trichet semble très optimiste dans ses propos recueillies par « Libération ». L’avenir nous le dira,.
    Souhaitons lui, le bénéfice du doute, autant pour ces affirmations, et le blanchiment total d’un patronyme si difficile à porter, pour un tel poste de « consécration trésorial », et ainsi que l’affirmation d’une volonté auto-induite et auto-déterminée d’une politique européenne fédérale, comment dit-il « achevée ».

  18. Un historien avance une hypothèse concernant la fin de l’Empire Romain. Ce dernier devait financer de plus en plus de guerre, simplement pour défendre le limes contre les « barbares ». L’argent venait à manquer. Une solution fut trouvée : céder des terres aux « barbares » afin qu’il reste tranquille. La paix fut maintenue un temps. Seulement, cette politique diminua les recettes de l’impot, lié à la terre. Et la pression aux frontières restait élevée. Pas grave, ne levons pas de Légions couteuses, cédons encore un peu de terres… Le piège systémique était enclenché.
    Toute ressemblance avec une situation comtemporaine serait fortuite.

    1. @ Tartar

      Les « émeutes » du quartier de la Villeneuve à Grenoble sont inquiétantes car ce quartier est très loin d’être délabré, bien au contraire. Certains appartement en duplex sont magnifiques, tout comme le parc et les équipements culturels. Ce qui m’inquiète le plus est la facilité avec laquelle des armes de guerre ont été utilisées, impensable il y a quinze ou vingt ans.

    2. Maître Dong

      Un de ces quatre matins ils ressortiront leur saloperie de chars et pas pour le défilé du 14 : toujours plus lourd en somme. MAIS

      LA POÉSIE EST UNE ARME CHARGÉE DE FUTUR
      Gabriel Celaya

    3. Étonnant comme un quartier grenoblois cité partout en exemple sous Jospin il y a moins de 10 ans arrive à faire dégager un préfet de la République en moins de deux aujourd’hui…

      Il a du se passer quelque chose entre les deux. Quelque chose de grave dans la conduite du royaume de France et des affaires de sécurité.

      Mais QUOI, Grand Dieu? QUOI? Qu’arrive-t-il à notre Pays chéri?

  19. Des voeux pieux!
    Votre analyse me semble impeccable, nous sommes dans une phase où les déficits sont censés passer du public au privé. Mais cela ne durera pas longtemps, car la crise systémique est toujours là.
    Tant que nous avons la monnaie actuelle, il n’y a aucune chance que les choses s’équilibrent!
    Privées ou publiques, les dettes impliquent symétriquement autant de créances.
    Ces créances exigent invariablement un intérêt, la rente du capital, et ceux-ci sont payés par les débiteurs.
    Seule une monnaie nouvelle, le « signe monétaire marqué par le temps » (le SMT) est susceptible de ramener l’équilibre, rapidement et d’une façon paisible et peu douloureuse.,
    C’est seulement quand les créanciers ne pourront plus obtenir, par aucun moyen, la rente du capital, que les dettes pourront reculer sur un large front, en ramenant aussi les fortunes monétaires peu à peu à des montants plus acceptables pour les autres.
    Sans une telle mesure technique, il n’y aura aucune issue paisible et démocratique du dilemme actuel.

  20. Pourquoi s’en faire pour nos enfants, pourquoi tant de mauvaises langues sur le meilleur des mondes, sur les nouveaux jouets technologiques faites donc comme Steve Jobs :

    « D’autres produits étonnants vont être lancés d’ici la fin de l’année »

    Au cours du trimestre, la société a vendu 8,4 millions d’iPhone, ce qui représente 61 % de croissance en volume par rapport au même trimestre de l’exercice précédent. Au cours du trimestre, Apple a vendu 9,41 millions d’iPod en diminution de 8 % en volume par rapport au même trimestre de l’exercice précédent. Au cours du trimestre, la Société a commencé à commercialiser les iPad dont elle a vendu au total 3,27 millions d’exemplaires.

    Steve Jobs, CEO d’Apple a déclaré « L’iPad a connu un démarrage exceptionnel, jamais autant de personnes n’avaient acheté un Mac et d’autres produits étonnants vont être lancés d’ici la fin de l’année. »

    Alors pourquoi s’en faire j’attends également les nouveaux produits financiers étonnants ou détonants, ha si seulement le marché pouvait toujours rassurer, secourir, soigner, amuser, divertir, informer, éduquer, guider, éclairer, maintenir la paix sociale entre les êtres.

  21.  » Changer de paradigme  »

    Oui mais avec ou sans professionnalisme ?

    Le professionnalisme, pour moi, c’est l’éradication des erreurs. [Dennis Conner]

    Pour certains le professionnalisme, c’est l’éradication totale des erreurs de l’homme au travail
    ou dans le monde, pour moi ce n’est plus vrai, leur professionalisme n’est qu’une grande mascarade mondiale partout présente sur les visages, la grande marque visible de ce monde, à croire que certains en obtiennent davantage les attitudes et les compétences professionnelles de mieux conduire tout droit le monde à une plus désolation visible de plus.

    Le professionnalisme est une maladie qui vient aux gens par leur métier, par la maîtrise qu’ils en ont, qui les asservit. [Christian Bobin]

    Le professionnalisme de ce monde implique un certain niveau d’instruction c’est d’ailleurs bien
    évidemment à ça que servent les premiers de ce monde à l’image comme sur les marchés.

    Comment l’amateurisme d’un pauvre comme d’une parole pourrait d’ailleurs leur enseigner quoi que ce soit de moins professionnel, concurrentiel, destructeur, aliénant.

    Le professionnalisme de ce monde ne coûte en fait que beaucoup plus cher à notre environnement, à l’humanité, pour tout à chacun se sentant partout obligé de devenir un autre professionnel de plus sous peine de ne plus pouvoir faire parti correctement de la société des « fourmis », méfiez-vous, méfiez-vous des gens s’affichant comme les plus professionnels de ce monde.

    Leur professionnalisme ne leur permettra pas mieux de sauver leur Ame comme les marchés de la banqueroute prochaine …

  22. Monsieur Pagé,

    J’aime le mot paradigme. Il signifie pour moi « façon d’aborder le monde ». Votre paradigme s’arrête au monde économique. Je pense qu’il ne va pas assez loin.

    Comme argument dans ce sens, j’ai le désarroi des états et des gouvernants. Ils me semblent bien atones, bien passifs et bien dépassés par le monde financier. Alors demander un état fort pour nous protéger des abus de la finance me semble utopique. D’autres arguments comme l’appel à l’action mais sans avoir la moindre idée de ce qu’elle pourrait signifier vont dans le même sens. Nous ne savons pas que faire pour affronter la situation actuelle. C’est exactement le sens que je connais du mot désarroi.

    Quand un problème me laisse dans cet état, je considère qu’il est temps de réexaminer ce que je considère comme acquis ou évident. Je mets en doute ce qui me semble naturel. J’en suis à me demander très sérieusement si l’option prise par les Lumières n’était pas une erreur majeure. Les Lumières représentent pour moi le triomphe de la raison. Je la prend comme cette capacité humaine remarquable de s’installer dans un coin tranquille et de reconstruire la réalité des faits observés en un ensemble harmonieux permettant d’agir efficacement. Cette faculté extraordinaire a donné des résultats comme la conquête de la lune ou la maîtrise de l’atome. Elle nous a également donné l’internet.

    Cette faculté merveilleuse a ses limites. L’une d’elles peut s’observer facilement sur le net. Imaginez n’importe quelle connerie ou même un mensonge gros comme une maison. Je pense que vous pourrez trouver sur le net un site ou un personnage défendant cette idiotie ou ce mensonge. Ce n’est pas du tout contradictoire avec ce que je considère être la raison humaine.

    Je peux faire un modèle mathématique ou autre de n’importe quoi. Descartes a inventé le truc avec sa méthode et c’est ce qu’il a fait. Il a aussi fait des théories reconnues comme fausses actuellement. J’ai une réminiscence de tourbillons devant expliquer un phénomène naturel que j’ai oublié. Je peux donc me tromper en faisant usage de ma raison.

    Je peux aussi complexifier mon modèle. Je peux augmenter sa sophistication. Je peux aller si loin que les gens capables de le comprendre se raréfieront. Si je commets une erreur dans ce modèle, j’ai peu de chances d’être corriger. Mon modèle est trop complexe. Mon erreur est trop souvent invisible.

    Une autre source d’erreurs est donnée par les hypothèses du modèle. Pour moi, cela devrait être des affirmations évidentes pour tous et donc acceptables à ce titre. Ce n’est, de très loin, pas toujours possible. Je prends la science qui a mis en évidence des phénomènes comme la tectonique des plaques. Ce n’est pas une évidence. Si je m’intéresse à un problème géologique, je vais mettre la tectonique des plaques dans les hypothèses de mon modèle. Que se passe-t-il si je fais la même chose avec l’idée de l’efficience des marchés ? Est ce que cette idée est une évidence ? Je pense que non et j’ai des souvenirs où cette idée est posée comme telle. Démontrer la fausseté d’idées de ce calibre impliquerait reprendre toute la recherche antérieure et la détruire. Je n’ai pas envie de décrire les obstacles imaginables à cette entreprise. Mais je suis certain que grimper l’Everest sera une partie de plaisir à côté. Je pense que l’idée de l’efficience des marchés est fausse et qu’elle sert d’hypothèse à énormément de recherches et d’actions de gens très actifs. Je ne vois pas du tout comment est ce que je peux abattre cette idée.

    Ce dernier point implique, à mon avis, que les hypothèses qui nous servent de base de l’action dépendent de nos penchants personnels. Ce fait, cette réalité que j’observe me dit que la raison n’est qu’une partie de la nature humaine (si elle existe). Cela fait que les Lumières ont donné ce qu’elles ont pu. Nous atteignons aujourd’hui les limites de leurs capacités. J’ai donné ci-dessus quelques arguments pour soutenir cette idée.

    Les Lumières sont fatiguées. Leur paradigme, l’usage de la raison humaine pour tout faire, est fatigué. Il faut en changer.

    Je pense aller très loin avec mon affirmation. Je n’en imagine pas toutes les conséquences. Mais à cette condition, les gouvernements auront les moyens d’affronter les financiers. Les citoyens auront des idées pour agir et surtout la motivation pour bouger sous des formes surprenant les financiers et les gouvernants. Je suis conscient qu’un changement de paradigme nous embarquerait dans une aventure. Mais celle des Lumières s’achève. Plus nous attendrons et plus sa fin sera atroce pour nous.

    1. Ce ne sont pas les lumières ou les lampadaires qui sont à jeter , c’est la perception ( visuelle et au delà ) de celles et ceux qui sont censés voir mais qui occultent la réalité du monde par leurs vérités préétablies , qui doit s’élargir et s’enrichir .

      La lumière n’a de sens et de valeur que par ce qu’elle éclaire .

      Il ne fait défaut aux lumières du XVII ème et XVIII ème siècles ( assez largement préparées par les millénaires précédents ) qu’un d’un oubli : le grand récit humain n’est pas qu’affaire d’homme . La terre et le réel inter-agissent avec nous .

    2. Votre commentaire de haute tenue me donne l’occasion d’une mise au point.
      Ce qu’il faut entendre ici par changement de paradigme au sens où l’ont employé les économistes de l’Istitut de Vienne, c’est la nécessité d’un changement par rapport aux principes économiques qui inspirent la Commission européenne et les gouvernements de la zone euro. L’emploi de cette expression ici a donc une portée limitée et ne règle pas le problème de la conduite de notre société, d’où la déception d’un certain nombre d’intervenants alléchés par l’intitulé. Je les comprends d’autant mieux que je milite moi-même en faveur d’un changement de plus grande ampleur et ai écrit un livre « Penser l’après-crise. Tout est à reconstruire ? », publié aux Editions Autrement, pour le dire.
      Mais, la portée de ce changement de praradigme étant ainsi limitée, je considère que ce serait déjà beaucoup si c’était fait. Les principes directeurs actuels de nos dirigeants quand ils bâtissent et multiplient les « programmes de rigueur » sont les suivants : il faut apurer nos déficits publics pour « redonner confiance aux marchés ». Après quoi, la croissance repartira, financée par les marchés. C’est un peu ce qu’a dit J.C.Trichet.
      Cela me paraît révéler deux incompréhensions majeures:
      – Tout d’abord, c’est croire que le système financier occidental qui abreuve en liquidités « les marchés » a surmonté sa crise alors qu’il n’en est rien.
      – C’est croire que, tous ensemble, les pays de la zone euro pourront viser le quasi-équilibre ou le surplus de leurs finances publiques et ainsi repartir sur des bases saines, alors que c’est une vue de l’esprit qui ne tient pas compte des relations économiques entre les pays.
      Reconnaitre cela est déjà faire un pas dans la bonne direction et c’est de cela qu’il faut créditer les économistes de Vienne : de l’écrire avec toute leur autorité et leur sagacité qui sont grandes. Cela ne résout pas le problème et ne dis pas ce qu’il faut faire, mais ce qu’il ne faut pas faire et que nos gouvernants sont en train de commencer à faire. François Leclerc a fort bien décrit les limites de la stratégie menée par le Japon qui a multiplié les plans de relance pendant des années sans parvenir à faire repartir la croissance et en faisant gonfler, de façon faramineuse, une dette financée par l’épargne intérieure. Il reste donc à trouver les moyens d’un rééquilibrage progressif de nos finances publiques qui ne tient pas majoritairement au caractère impécunieux de notre gestion antérieure, comme certains se plaisent à le dire, mais, pour une grande part, aux sommes déversées pour sortir le système financier du marasme, avec la bénédiction du FMI, faut-il le rappeler ! Ceci, tout en s’efforçant de faire repartir la machine économique.
      Reste la question du changement de paradigme au sens noble du terme telle que vous la soulevez. J’ai essayé d’ouvrir quelques pistes, très brièvement, trop brièvement, à la fin de mon « billet ».
      Vous avez raison : il faut reconstruire et changer de paradigme. Ce que j’énoncerai en disant qu’il faut abandonner l’ancien paradigme fondé sur la recherche individuelle du profit dans un univers de concurrence censée conduire à l’optimum collectif pour définir un autre paradigme fondé sur la recherche d’une optimisation et d’une répartition des richesse plus juste et respectueuse des contraintes de notre environnement (notamment en reprenant l’idée d’une « abondance frugale » chère à Jean-Baptiste de Foucauld).

    3. A. Tabucchi: In « Il se fait tard, de plus en plus tard »
      « […] Parlons plutôt du fil barbelé mental qui a conduit au fil barbelé dont je parle : il fait partie de mon esprit, et il fait partie de ton esprit, ô ma chère Amie. Je sais pourquoi je le sais. Et si je le sais, c’est que, arrivé en l’an 2000 et au modeste âge du calendrier que j’ai atteint, ce fil barbelé m’a piqué au point de me tirer cette goutte de sang dans laquelle se trouve mon âme tout entière, et la tienne – même si tu ne le veux pas. […] »

  23. Je suis tout à fait en accord avec les premiers commentateurs , qui s’attendaient à la proposition d’un nouveau paradigme et n’ont rien trouvé d’inattendu dans ce texte. Mais peu-être que le changement de paradigme nous ne sommes capables de le ressentir seulement après l’avoir vécu, après les coups reçus.
    J’ai le sentiment en fin de vie d’avoir vécu sous l’emprise de trois paradigmes selon la définition de Saratoga
    (« Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée).
    C’est en quelque sorte un rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec un autre paradigme. »
    Le village rural de mon enfance , vie frugale mais harmonieuse malgré l’état de guerre avec pour 1000 habitants une dominante de familles de paysans, de commerçants, d’artisans, que j’ai retrouvé, 50 ans plus tard, devenu plutôt village dortoir de 3000 habitants devant pour avoir du travail se délocaliser.
    Puis celui de mes études et de ma vie active sous l’égide des nouveaux paradigmes proposés par le CNR, avec ma pleine adhésion au mythe du Progrés.
    Enfin, trés tardivement et par chance ( des amis adhérents à Attac) accés à la conscience d’un complot des dominants pour imposer le mythe néo-libéral contre les acquis de la période antérieure. Conscience aussi des externalités négatives d’un partage des richesses dont j’ai moi-même vécu! ( connaissance du paradigme « écologie »
    Le nouveau paradigme c’est seulement pour aujourd’hui, qu’il apparait nécessaire d’inventer de nouveaux rails en matière de civilisation.
    Tout ce que je peux apporter au débat c’est l’exemple de l’invention technique du rail. Pour sortir du problème de l’ornière que produisaient les wagonnets, un ingénieur ingénieux eut l’idée d’installer le creux sur les roues du wagonnet et d’établir
    le négatif des traces creusées par les wagonnets jusqu’ici passés : un relief métallique. Beau retournement dialectique, au sens concret! Faut-il en retenir que cet ingénieux cerveau n’a pas anticipé le rail , mais a trouvé une solution à un problème concret.?.

  24. On nous avait dit paix, sécurité et prospérité pour tous,

    On nous avait dit mettez donc davantage de buches et de sueur dans la machine, dans la bouche du moloch, comme ça le train du monde nous emmenera tous automatiquement au paradis du tout commerce sur terre

    Hélas la destination du monde ne semble plus guère correspondre à notre propre ticket de transport en 1ère ou seconde classe à ce qu’ils nous avaient pourtant bien dits dans leur raison, depuis d’ailleurs le grand siècle des lumières, celle qui nous éclairent toujours bien évidemment automatiquement une fois la tête bien pleine de choses et de distinctions pompeuses de plus.

    Ohé Prométhé, Ohé le premier cheminot de ce monde mais où nous conduit tous ainsi à toute vitesse, serais-tu aussi payé à la tache et au nombre de gens que tu pousseras dans l’abime au prochain virage à angle droit ou gauche, à qui le tour au prochain wagonnet qui renversera son contenu.

    On prépare jamais assez le monde à la fin du voyage c’est pourtant de l’ordre du possible,

    Plus on voyage au loin, pour du commerce, pour la croissance, pour la politique, pour la liberté, pour son parti pri, pour la réussite de ses idées, moins on se connaît en société.

    Tout circule si rapidement, d’un bout à l’autre de la planète. [Benoît Duteurtre]

    Le crime paie. On ne fait pas beaucoup d’heures et on voyage beaucoup.[Woody Allen]

    Si vous voyagez vers l’au-delà, apprenez le latin, c’est une langue morte.[Michel Cazenave]

    Lorsqu’on emploie trop de temps à voyager, on devient étranger en son pays. [René Descartes]

    Vous pensez échapper à vos problèmes en partant en voyage – et ils partiront derrière vous.
    [Stanislaw Ignacy Witkiewicz]

    On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose et on rentre chez soi pour le trouver.
    [George Moore]

    Ce qui importe, ce n’est pas le voyage, c’est celui avec lequel on voyage. [Jean-Luc Gendry]

    C’est parfois difficile à supporter le prestige d’un homme habillé.[Louis-Ferdinand Céline]

    On voyagera tellement vite qu’il vaudra mieux rester chez soi. [Bohumil Hrabal]

    Ce que j’aime dans les voyages, c’est l’étonnement du retour. [Stendhal]

    Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête. [André Gide]

    Quitte à cracher sur la société, fais de la politique. [Jean Basile]

    Rien n’arrête un vent qui souffle, un esprit. [Jean-Louis Aubert]

    Toute la vie n’est qu’un voyage vers la mort. [Sénèque]

  25. A Didier 21 juillet 9h34
    Je m’explique : il n’y a aucune raison de mettre sur le même plan l’âge de la retraite et l’âge de la majorité. Le temps nécessaire pour passer de l’état d’enfance à celui de l’adolescence, puis à celui de l’état d’adulte justifiant l’appellation, de majorité n’a pas très sensiblement évolué que je sache, alors que la durée de la vie (en termes savants, l’espérance de vie) a considérablement évolué avec les progrès dans le traitement des maladies et dans l’hygiène. Il n’y a aucune raison de prendre sa retraite aujourd’hui au même âge que, disons, à l’issue de la seconde guerre mondiale.
    Pour beaucoup de personnes (pas pour tous), la rupture de leur activité économique et sociale, alors qu’elles sont en pleine santé et au maximum de leurs capacités, est une véritable régression, pour ne pas dire une catastrophe. Dans le même temps, cela ne représente pas le même coût de prévoir le paiement de retraites pendant plusieurs dizaines d’années que pendant, en moyenne, dix à quinze ans auparavant. Tout cela mérite réflexion.

    1. @ Monsieur Pagé,

      le mieux serait sans doute, au sein d’un pocessus démocratique, de poser la
      questions aux intéressés eux-mêmes plutôt que de parler en leur lieu et place.

      De plus, inutile de mettre sans cesse en avant l’aspect financier des choses, puisque chacun sait qu’une meilleure répartition des richesses permettrait à chacun de vivre dignement (expression du type ‘en bon père de famille’ : on peut ergoter des heures mais chacun sent bien ce que cela signifie profondément) à chaque étape de la vie.

    2. Hésiter à combattre la contre-réforme des retraites, comme le font les « socialistes » et autres réformistes, c’est accepter la logique de rigueur pour augmenter encore le taux de profit, lequel ne sert même plus à l’investissement, mais à la spéculation financière (après toutefois dépenses bling bling croissantes…
      Céder sur les retraites, c’est entrer dans la logique de régression voulue par le capital et tous ses serviteurs étatiques, de droite comme de gôche oeuf de l’umps.

  26. @moi

    Merci pour vos réponses, je comprends mieux ce que vous vouliez dire.

    Je reste néanmoins sur ma position. Le mode de régulation fordiste résultait d’un compromis social entre gains de productivité et hausse constante du salaire réel. Il a donc pour nécessaire corollaire une croissance soutenue et un mode de vie consumériste. Ce qui me semble incompatible avec le problème écologique.
    Je ne pense donc pas que le paradigme ‘keynesien’ des trente glorieuses soit à même de produire le compromis social capable de s’imposer face à la dictature contemporaine du capital. Y revenir ce serait quoi? Inverser le rapport de force et récupérer la part salariale que s’est approprié le capital depuis les années 80? Et après? Si c’est pour bousiller encore un peu plus la planète…
    Il supposerait d’ailleurs de revenir à une certaine forme de protectionnisme (à quelle échelle?). Mais c’est à une question posée au niveau mondial que nous devons répondre.
    De toute façon, le capitalisme est en train de s’autodétruire. Sans qu’on ai besoin de faire grand chose pour l’y aider ou l’y contraindre. C’est obligatoirement quelque chose de nouveau (ou de très ancien?) qui en résultera. Pour le meilleur ou pour le pire.
    Tant pis si je me trompe.

    ps: j’essaierai de lire N.Klein dès que possible. En espérant que ça apportera un peu de lumière à ma lanterne.

    1. Je suis d’accord avec ce que vous dites. Soyons encore plus clair, je ne suis pas keynésien et je ne prône pas un retour à la croissance des 30 glorieuses (je crois d’ailleurs avoir dit quelque part que cela serait un moindre mal). Mon objectif était juste de dire qu’en politique et en Histoire, tout est possible. Un retour en arrière comme un bond en avant. Et je voulais le démontrer avec l’exemple du néo-libéralisme, qui est un retour à la situation politico-idéologique d’avant 1929 alors même que la grande dépression aurait dû définitivement nous en vacciner (un peu comme si la Russie redevenait bolchévique dans 40 ans).

    2. Les recettes keynésiennes sont désormais inadaptée, pour les raisons indiquées par Souvarine, et quelques autres. A ce propos, ce texte passionnant examine l’apport et les limites du keynésianisme dans la crise en cours, qui n’est pas une répétition:

      Keynes, et après ? par Daniel Bensaid
      http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14757

      Une des pépites de ce texte:

      Les forces politiques, comme la social-démocratie, qui ont prétendu, depuis la seconde guerre mondiale, le cultiver et l’embellir semblent, elles aussi, à bout de souffle. Ce qu’écrivait jadis Keynes à propos du libéralisme historique s’applique aujourd’hui, mot pour mot, à ces socialistes de marché : « Les enjeux politiques qui mobilisaient les partis au 19e siècle [remplaçons par 20e siècle] sont aussi morts que le mouton servi la semaine dernière, alors que surgissent les questions de l’avenir, celles-ci n’ont pas encore trouvé place dans les programmes des partis dont elles chevauchent les vieux programmes […] Les raisons positives d’être libéral [remplaçons par : « social-démocrate »] sont bien minces aujourd’hui. Ce n’est souvent rien de plus que le hasard des tempéraments ou des souvenirs historiques, et non une divergence politique ou un idéal propre qui sépare aujourd’hui un jeune conservateur progressiste du libéral [du socialiste] moyen. Les vieux cris de guerre ont été mis en sourdine ou réduits au silence. » [4] La preuve par Kouchner, Besson, Jouyet, Rocard, en attendant la suite.

    3. Je rebondis sur la question du keynésianisme. Un journaliste que je connais qui avait lu l’un de mes textes m’a dit : « Vous êtes keynésianiste ! » Je lui ai répondu : « Je ne cherche pas à être keynésianiste ou autre chose. Et cet étiquetage ne me convient pas. Je cherche simplement à faire marcher mon cerveau face aux problèmes qui nous sont posés. »
      Je pense que, dans la situation présente, il nous faut inventer d’autres règles du jeu pour notre société (d’où le changement de paradigme). Si Keynes peut nous aider, prenons un peu de ce qu’il propose. Mais nous ne sommes plus à l’époque des « Trente Glorieuses ». Effectivement, si nous recherchons le retour de la croissance pour la croissance avec tous les inconvénients qui en sont résultés, notamment pour la planète, nous passerons de Charybde à Scylla. En attendant le grand changement qui pourrait résulter de l’implosion du capitalisme que Immanuel Wallerstein et quelques autres pronostiquent, il nous faut essayer de trouver d’autres règles de conduite qui améliorent la tenue de route. Surtout pas céder au découragement total.

  27. En ce temps là,

    Mes camarades et moi nous nous trouvions mieux situés que d’autres afin de pouvoir mieux assister en direct à la grande représentation tragique dans l’une des deux grandes tours de ce monde, d’un coté les bons et de l’autre coté les méchants.

    Voyez, voyez vous autres comme les fissures gagnent de plus en plus du terrain et d’autres étages de plus sur l’autre tour, à ce moment là bien évidemment notre propos ne se cantonnait principalement qu’à ne regarder que les seules lézardes de plus se manifestant à tout vitesse sur l’autre tour celle du capitalisme moderne c’était tellement fascinant.

    Mais nous dans notre propre tour, nous ne voyons pas mieux et avec recul les fissures qui gagnaient aussi du terrain, c’était comment dire, comme une certaine manière de voir et de discuter des choses qui font mal en société, venant sans doute de notre si belle bureaucratie moderne alors que nous pouvions encore trouver le temps de quitter au plus tôt les valeurs de Babylone, mais non on préférait encore la même eau du robinet, parler continuellement des mêmes modalités d’usage et de conventions en vigueur, avec c’est vrai quelques variantes de vocable à la bouche pour ne pas trop ressembler intellectuellement aux autres quand même.

    Mais le prophète lui se trouvait déjà sur l’un des versants d’une grande montagne, le sac à dos en main, couverture de survis, barre énergétique, couteau suisse, boites de conserves etc avec aussi une petite bible de poche pour ne pas trop déplaire à son monde en cas de coup dur, voire le livre d’éli en ce temps là bien sur les gens pensaient encore qu’ils pourraient sauver courageusement les vaines valeurs de ce monde en faillite, mais Jérémie voyait déjà venir au loin quelqu’un de plus grand que lui.

    Dans le monde d’après, dans le monde à venir qui approche, dans le monde qui ne ressemblera plus guère à celui là, le prophète élie prendre bientôt la suite de Jérémie le petit ne cherchera bien sur aucune noise avec personne mais si on le cherche alors on le trouvera, une autre jérémiade pour les coeurs en peine et en mal de reconnaissance socialiste pour ceci ou cela.

    Changer au plus tôt de paradigme, de rythme de vie et de valeurs dans les esprits et puis chercher peu à peu à l’informer dans les corps et les êtres les plus ouverts au nom même d’un plus grand devoir de survie, de vie et non de mort spirituelle pour l’humanité en détresse et à toute vitesse.

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18945612&cfilm=128955.html

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