L’actualité de la crise: des paradoxes qui prennent tout leur sens, par François Leclerc

Billet invité.

DES PARADOXES QUI PRENNENT TOUT LEUR SENS

Une nouvelle tenant d’un fort paradoxe attire aujourd’hui particulièrement l’attention, dont l’agence de notation Moody’s est à l’origine.

Elle s’était tout dernièrement fait remarquer en annonçant que les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni se « rapprochaient du moment » où elles allaient perdre leur note AAA, en raison de leurs difficultés budgétaires. Osant remettre en cause ce qui était jusqu’alors un tabou, que la baisse de la notation des dettes espagnole, portugaise, grecque et irlandaise – toutes déjà intervenues – n’avait pas encore brisé. L’amenant à être accusée de jeter de l’huile sur le feu.

Dans son étude semestrielle sur l’Europe, elle vient de préciser ce qu’elle entendait dire en tenant de tels propos hétérodoxes. « Compte tenu de la nécessité de s’en tenir à des mesures d’économies strictes pour plusieurs années, Moody’s estime que les craintes sur la croissance économique constituent un risque pour la notation des Etats. Ceci est particulièrement vrai en Europe, où la croissance devrait être moins élevée que dans le reste du monde”

En conclusion de son document, l’agence annonce qu’elle va attentivement surveiller « les voies choisies par les gouvernements et leur potentiel à générer de la croissance”. Une analyse qui peut plonger les analystes dans une certaine perplexité. Car les mesures de rigueur qui sont prises en Europe ont eu pour justification de répondre à l’attente des marchés, afin précisément d’éviter que ceux-ci enchérissent le coût de la dette obligataire. Or ce sont ces mêmes mesures qui sont dorénavant estimées pouvoir y aboutir, conséquence inévitable d’une dégradation de la notation de la dette souveraine si elle devait intervenir. Impliquant de faire en même temps une chose et son contraire, si l’on s’inscrit dans cette logique.

Dans la situation actuelle, les paradoxes s’additionnent, exprimant mieux que tout discours, l’indécision et l’expectative généralisée qui prédomine.

Le reflux massif des capitaux du marché des actions vers le marché obligataire en est un autre. La dette publique, présentée il y a encore peu comme représentant un risque financier majeur – qu’il fallait réduire séance tenante – est devenue en l’espace d’un matin un refuge recherché. Aboutissant à une baisse spectaculaire des taux pour les pays considérés comme les moins risqués, ceux-là même que Moody’s annonce être sur la corde raide. Allant même, dans le cas du Royaume Uni, à accepter des taux obligataires en dessous de l’inflation, ce qui représente un rendement net négatif.

Il n’y a pas grand mystère à ce nouveau paradoxe : la recherche du moindre risque fait préférer aux investisseurs la détention d’obligations, dans le contexte alarmiste actuel du possible retour de la récession aux Etats-Unis et de la poursuite d’une faible et très fragile croissance en Europe et au Japon (le cas marginal de l’Allemagne mis à part). Il est en effet craint une nouvelle chute des marchés boursiers, au vu des perspectives économiques récessives qui se présentent.

Le temps n’est plus où fusaient les injonctions aux banques centrales de stopper leurs programmes d’injections de liquidités dans les systèmes bancaires, ainsi que leurs mesures d’acquisition de valeurs. Le tout au nom d’une inflation dont le retour incessant et menaçant était pronostiqué s’il n’y était pas procédé. A nouveau sans crier gare, le danger a changé de nature : au revoir l’inflation, bonjour la déflation ! Amenant les banques centrales à se préparer à changer leur fusil d’épaule et relancer ces programmes après avoir commencé à les stopper.

A ce sujet, ce ne sont sans doute pas les débats et les divergences exhibés au grand jour au sein de la Fed qui illustrent le mieux l’impressionnant état de confusion qui semble régner dans les plus hautes sphères de la finance. La récente déclaration d’Alex Weber, prétendant allemand à la succession de Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE, a davantage de quoi surprendre.

Porte-parole jusque là d’une orthodoxie monétaire l’amenant à fermement préconiser – au nom du danger de l’inflation – le retour de la BCE à de plus saines pratiques, devant se désengager progressivement, pour les stopper, de ses programmes lancés en toute hâte au début de la crise, il vient d’affirmer tout le contraire. En proposant la poursuite au-delà de la fin de l’année des programmes de prêts illimités à bas taux de capitaux aux établissement financiers, anticipant la décision du prochain conseil des gouverneurs, qui aura lieu le 2 septembre prochain, brûlant la politesse à Jean-Claude Trichet.

Les uns pensent qu’il est en campagne électorale et cherche à gommer l’image d’un trop grand alignement sur les positions du gouvernement allemand, les autres estiment que sa volte-face reflète l’état du système bancaire allemand, qui ne pourrait se passer de ce filet de protection.

La Fed, pour y revenir, n’est pas en reste. Soumise aux Etats-Unis à des critiques contradictoires qui se répercutent dans ses virulents débats internes et se traduisent par la poursuite de ses tergiversations. Que faut-il combattre, l’inflation toujours présentée par certains comme étant la principale menace, ou bien la déflation dont d’autres disent qu’elle pourrait être aux portes et bien plus dangereuse, car plus difficile à combattre ? D’autres encore faisant remarquer que la situation de l’emploi continue de se dégrader, bien que celle-ci soit dans les missions de la Fed, qui faillit donc en ne s’y opposant pas.

Rapportant une rencontre organisée par le Trésor entre Tim Geithner et les principaux blogueurs financiers, l’un de ceux-ci rapportait ensuite que s’il y avait été constaté que la Fed était en mesure de faire des choses spectaculaires, il y était également apparu que la théorie en la matière était incertaine et demandait à être vérifiée….

Si l’on tente de résumer au mieux la situation, à la lumière de ce petit tour d’horizon, on constate que les investisseurs cherchent refuge dans une dette obligataire dont ils dénonçaient hier les dangers, que les banques centrales sont coincées entre deux stratégies antagoniques et que les Etats sont dans l’obligation contradictoire de restreindre leurs déficits et de favoriser la croissance.

Que représente la multiplication de tous ces paradoxes, si ce n’est la poursuite d’une crise qu’aucun des principaux acteurs qu’elle y entraîne se confirme être en mesure de la maîtriser ?

Pour une fois, les banques ne défrayent pas la chronique, toutes occupées à leurs affaires, et notamment à obtenir l’assouplissement des contraintes réglementaires. Elles en peignent en noir l’impact, en défense de ce qu’elles présentent comme pouvant être leur contribution future à la relance de l’économie, une affirmation dont la crédibilité ne convainc que les irréductibles dévots.

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165 réflexions sur « L’actualité de la crise: des paradoxes qui prennent tout leur sens, par François Leclerc »

  1. Pour échapper aux paradoxes il reste une solution, la chasse aux boucs émissaires. C’est celle choisie par notre Président… C’est une vieille recette éculée, mais qui a toujours porté ses fruits (empoisonnés…)

  2. Très bien ! Chronique impeccable, claire, concise, lisible et compréhensible pour le plus grand monde.

    A quoi bon partir alors dans de grands débats sur le “Bancor” ? Encore et encore du papier. Sur les vieilles lunes de l’autogestion et du fédéralisme ? De la part de néo-jacobins, cela ne manque pas de sel !

    Poursuivez M. françois Leclerc. Vous avez entrepris doucement, poursuivez chaudement.

    Alimentez-nous chaque jour de vos excellents billets. Vous remplissez le coeur et la tête de milliers de vos lecteurs actuellement. Fixez-vous pour objectif de le faire pour des millions. Il faudra être beaucoup pour traquer la bête et la mettre hors d’état de nuire, hors la loi.

  3. Bonjour à tous,

    Je suis néophyte, mais, pour revenir aux propos de François Leclerc (que je lis couramment et que je remercie au passage). Je me pose la question suivante :

    Les USA demandaient à l’Europe de ne pas emprunter la voie de la rigueur mais plutôt de les suivre sur la voie de la relance par la dette. Or, nous avons entendu à maintes reprises à quel point les gouvernements européens étaient attachés à leur triple A. Par conséquent, en menaçant les européens de descendre leur AAA, Moody’s ne joue t-il pas le jeu de Washington, afin de faire entrer de nouveau les européens dans le cercle vicieux de la dette?

    C’est là mon sentiment : une manipulation de Washington et de Wall Street

    1. Sans aller jusqu’à parler de “manipulation”, on peut raisonnablement rappeler que Moody’s n’est en effet pas une entreprise européenne, et que la majeure partie de ses intérêts coïncident avec la bonne marche de l’économie américaine.

    2. Les Etats-Unis n’ont pas choisi la voie de la relance, en tout cas pas encore, mais ils craignaient par contre les effets d’une récession européenne. Aujourd’hui, ce seraient plutôt les effets de la baisse de la parité de l’euro par rapport au dollar, qui favorise les exportations européennes.

      Les uns et les autres sont pris par des impératifs contradictoires. Moody’s, quels que soient ses calculs, ne fait que l’exprimer. Les rivalités américano-européennes existent certes, mais la crise les plonge tous dans une problématique identique dont ils ne savent pas se dépêtrer. Les agences ne font dans une large mesure que de le constater, toujours suspectes pour avoir tant faillies.

    3. Monsieur Leclerc. Comme ça, en passant…

      Les agences ont-elles vraiment failli…???
      Leur rôle étant de porter la bonne parole contre vents et marées, elles ne pouvaient prévoir que le système qu’elles cautionnent fonctionnerait trop bien. Elles comme tout le monde. (sauf un certain Jorion, je reconnais…)
      Cela reviendrait à considérer une seule et unique religion sur terre. Ou une entreprise monopolistique totale. Sans contrepouvoir.

      Je délire peut-être. Excusez-moi.

  4. De mon point de vue, nous sommes en même temps dans l’inflation et la déflation. Une économie n’est pas un bloc monolithique dont tous les composants vont dans le même sens.
    C’est le désavantage d’un taux d’intérêt unique pour “accélérer” ou “freiner”, alors que certaines composantes demande actions inverses.
    Bref, comme le dit Paul : impasse.
    Je conseille vivement de jetter un oeil ici : http://www.zerohedge.com/article/guest-post-preserve-and-protect-mapping-tipping-points
    Il y a des graphisme assez géniaux pour expliquer la crise et prévoir la suite.

  5. (…) cette maison de fous qu’on appelle, à Paris, la Bourse ? C’est, à la fois, un paradoxe et un symbole. À l’heure où la meute des hommes d’argent encombre cette espèce de temple, chacun y fait assez de bruit pour que l’on n’entende plus personne.
    Georges Duhamel, Scènes de la vie future, 1930.

    La grande bulle obligataire américaine

    Jeremy Siegel, surnommé « Le magicien de Wharton », est un professeur de finance et économiste qui a étudié tous les gros mouvements boursiers depuis 1801, il répète souvent que dans 75% des cas, les rebonds de marchés ne trouvent pas d’explication rationnelle. Tentez de prédire le bon moment pour revenir n’est que temps perdu !

    Dans la vidéo et l’article ci-dessous, il nous dit que les investisseurs qui entrent maintenant sur les obligations font la même erreur que ceux qui entraient sur les valeurs technologiques et internet à la fin 2000, selon lui, nous assistons bel et bien à une bulle sur l’obligataire. Les investisseurs ont une aversion au risque du même acabit qu’a l’époque de la faillite de Lehman Brothers alors que la situation actuelle n’est probablement pas aussi mauvaise qu’à l’époque.

    Entre un hypothétique “présage d’Hindenburg” sur les actions et une bulle sur les obligations, les paradoxes prennent en effet tous leurs sens !!!

    http://plus.cnbc.com/rssvideosearch/action/player/id/1569245203/code/cnbcplayershare

    The Great American Bond Bubble By Jeremy Siegel and Jeremy Schwartz (The Wall Street Journal – 18 août 2010)

    If 10-year interest rates, which are now 2.8%, rise to 4% as they did last spring, bondholders will suffer a capital loss more than three times the current yield.

    Ten years ago we experienced the biggest bubble in U.S. stock market history–the Internet and technology mania that saw high-flying tech stocks selling at an excess of 100 times earnings. The aftermath was predictable: Most of these highfliers declined 80% or more, and the Nasdaq today sells at less than half the peak it reached a decade ago.

    A similar bubble is expanding today that may have far more serious consequences for investors. It is in bonds, particularly U.S. Treasury bonds. Investors, disenchanted with the stock market, have been pouring money into bond funds, and Treasury bonds have been among their favorites. The Investment Company Institute reports that from January 2008 through June 2010, outflows from equity funds totaled $232 billion while bond funds have seen a massive $559 billion of inflows.

    We believe what is happening today is the flip side of what happened in 2000. Just as investors were too enthusiastic then about the growth prospects in the economy, many investors today are far too pessimistic.

    The rush into bonds has been so strong that last week the yield on 10-year Treasury Inflation-Protected Securities (TIPS) fell below 1%, where it remains today. This means that this bond, like its tech counterparts a decade ago, is currently selling at more than 100 times its projected payout.

    http://si.wsj.net/public/resources/images/ED-AM062_siegel_G_20100817181623.jpg

    Shorter-term Treasury bonds are yielding even less. The interest rate on standard noninflation-adjusted Treasury bonds due in four years has fallen to 1%, or 100 times its payout. Inflation-adjusted bonds for the next four years have a negative real yield. This means that the purchasing power of this investment will fall, even if all coupons paid on the bond are reinvested. To boot, investors must pay taxes at the highest marginal tax rate every year on the inflationary increase in the principal on inflation-protected bonds–even though that increase is not received as cash and will not be paid until the bond reaches maturity.

    Today the purveyors of pessimism speak of the fierce headwinds against any economic recovery, particularly the slow deleveraging of the household sector. But the leveraging data they use is the face value of the debt, particularly the mortgage debt, while the market has already devalued much of that debt to pennies on the dollar.

    This suggests that if the household sector owes what the market believes that debt is worth, then effective debt ratios are much lower. On the other hand, if households do repay most of that debt, then the financial sector will be able to write-up hundreds of billions of dollars in loans and mortgages that were marked down, resulting in extraordinary returns. In either scenario, we believe U.S. economic growth is likely to accelerate.

    Furthermore, economists generally agree that the most important determinant for long-term economic growth is productivity, not consumer demand. Despite the subpar productivity growth reported for the last quarter, the latest year-over-year productivity growth of 3.9% is almost twice the long-term average. For the first two quarters of this year productivity growth, at over 6%, was the highest since the 1960s.

    From our perspective, the safest bet for investors looking for income and inflation protection may not be bonds. Rather, stocks, particularly stocks paying high dividends, may offer investors a more attractive income and inflation protection than bonds over the coming decade.

    Yes, we can hear the catcalls now. Stock returns calculated off the broad-based indexes have been horrendous over the last decade. In 2009, the percentage decline in aggregate dividends was the largest since the Great Depression. But remember the last decade began at the peak of the technology bubble.

    Those who bought “value” stocks during the tech bubble–stocks with good dividend yields and low price-to-earnings ratios–have done much better. From December 1999 through July 2010, the Russell 3000 Value Index returned 35% cumulatively while the Russell 3000 Index of all stocks still showed a loss.

    Today, the 10 largest dividend payers in the U.S. are AT&T, Exxon Mobil, Chevron, Procter & Gamble, Johnson & Johnson, Verizon Communications, Phillip Morris International, Pfizer, General Electric and Merck. They sport an average dividend yield of 4%, approximately three percentage points above the current yield on 10-year TIPS and over one percentage point ahead of the yield on standard 10-year Treasury bonds. Their average price-earnings ratio, based on 2010 estimated earnings, is 11.7, versus 13 for the S&P 500 Index. Furthermore, their earnings this year (a year that hardly could be considered booming economically) are projected to cover their dividend by more than 2 to 1.

    Due to economic growth the dividends from stocks, in contrast with coupons from bonds, historically have increased more than the rate of inflation. The average dividend income from a portfolio of S&P 500 Index stocks grew at a rate of 5% per year since the index’s inception in 1957, fully one percentage point ahead of inflation over the period. That growth rate includes the disastrous dividend reductions that occurred in 2009, the worst year for dividend cuts by far since the Great Depression.

    Those who are now crowding into bonds and bond funds are courting disaster. The last time interest rates on Treasury bonds were as low as they are today was in 1955. The subsequent 10-year annual return to bonds was 1.9%, or just slightly above inflation, and the 30-year annual return was 4.6% per year, less than the rate of inflation.

    Furthermore, the possibility of substantial capital losses on bonds looms large. If over the next year, 10-year interest rates, which are now 2.8%, rise to 3.15%, bondholders will suffer a capital loss equal to the current yield. If rates rise to 4% as they did last spring, the capital loss will be more than three times the current yield. Is there any doubt that interest rates will rise over the next two decades as the baby boomers retire and the enormous government entitlement programs kick into gear?

    With future government finances so precarious, private asset accumulation and dividend income must become the major sources of retirement funding. At current interest rates, government bonds will not be the answer. One hundred times earnings was the tipping point for the tech market a decade ago. We believe that the same is now true for government bonds.

    Mr. Siegel is a professor of finance at the University of Pennsylvania’s Wharton School and a senior adviser to WisdomTree Inc.
    Mr. Schwartz is the director of research at WisdomTree Inc

  6. J’ai des voisins qui ont habité sans problème dans une impasse, pendant longtemps. Ils avaient la plus belle villa du coin et n’ont cessé de l’enjoliver.

    Pendant ce temps ld’autres habitants aux alentours voyaient leur maison se décrépir.

    Un jour, à la stupeur générale ces fameux voisins sont sortis de leur impasse et ont acheté la plus grosse boite de la région. Les autres sont partis vivre en hlm ou sous les ponts

    C’était une métaphore bien sûr mais elle correspond bien à ce que crois : l’impasse ça sera pas pour tout le monde et encore moins pour le système

    1. Le petit souci de votre métaphore est que l’humanité entière habite l’impasse.
      Car, au cas où vous n’auriez pas remarqué, seule la Corée du nord n’est pas complètement en système capitaleux. Ce qui lui vaut des ennuis assez importants.

      Comme disent les anglosaxons : “open your mind”, pendant qu’ils font tout pour que vous ne réfléchissiez pas. American dream oblige, freedom is good for us, but not for you.

  7. La Californie quasi en faillite…ou presque

    The insolvent state of California which, just like the country of the USA, is operating without a budget (and who needs a budget when the Fed-PD complex will buy the bulk of anything and everything needed to fund ongoing daily operations), has once again ended up on the verge of bankruptcy. As a result, it has just passed a measure which for the second time in as many years (going all the way back to the Great Depression), will allow it to use IOUs in lieu of payment on everything from supplies to contracted services and health-care costs, so it can actually preserve cash to make payments to its generous debtors

    http://www.zerohedge.com/article/iou-part-two-california-issue-ious-second-year-row

    http://www.bloomberg.com/news/2010-08-23/california-measure-would-force-state-agencies-to-take-ious-for-payments.html

    1. Ce sont des bons émis par un Etat, porteurs d’intérêt et remboursables à une échéance donnée. On dit aussi registered warrants.

      Pour plus de détails voir ici.

      La Californie, ainsi que d’autres Etats qui connaissent une crise budgétaire aiguë, utilisent ce moyen de payement par défaut.

    2. est-ce qu’il existe une date effective de paiement de ces i owe you ( je te dois …), est-ce que les banques échange du cash contre les iou’s ?

      Si c’est pas le cas, est-ce que l’on peut considérer cela comme du simple papier sans valeur réelle ?

      Sinon, juste pour le fun, je lis le blog en écoutant BFM et c’est franchement surréaliste…

      Ce matin vers 10h00, le CAC est en légère baisse un trader de global equities intervient en disant que le chiffre de la vente de logement au states pour juillet n’impactera la tendance que s’il dépasse les 20%, ce qui a son avis est improbable…donc pas trop de crainte à avoir…

      16h00, le chiffre tombe, -27% ! là, le big boss de global equities Mossieur (abonné des plateaux télés et radio) Touati nous explique que le marché a tort, qu’il se focalise sur les mauvaises nouvelles et qu’il n’y aura pas de déflation et encore moins W…Nan, tout va bien, le taux de chômage U.S va baisser à l’automne et début 2011 c’est la reprise aux states, solide !

      attention prévient-il , il va y avoir de grosses surprises, c’est le moment d’acheter !

      incompétence ? mauvaise foi ?

      faudrait juste qu’il m’explique…

      avec un tel taux de chômage sachant que la consommation constitue le moteur de la croissance US, et que la machine à faire du crédit est cassée, elle va reposer sur quoi la solide reprise de M
      . Touati ?

    3. @ Jean François

      I O U = I Owe You = je vous dois
      Forme spécifique aux administrations publiques américaines de reconnaissances de dettes (juridiquement sans valeur par rapport à l’équivalent en droit français).

    4. Ghost Dog, bien évidemment, il faut essayer de relancer le business…

      Vos commentaires me font repenser au principe de la dette. Et si quelqu’un de plus calé que moi en expression pouvait rebondir afin de créer un article, je propose le fond.
      Ce principe avait été évoqué par un intervenant ici (sous forme de vol du futur), mais je pensais bêtement que tout le monde avait déjà réalisé.

      L’allongement de la durée de remboursement d’une dette a non pas un mais DEUX effets pervers.
      Premièrement, en allongeant la durée de remboursement, le vol.. l’usu…prêteur vous affiche un taux d’intérêt réduit et baisse la mensualité perçue.
      Ainsi, vous rembourserez non pas le double de la somme empruntée, mais le triple ou le quadruple.

      Hors, quand vous mourez, votre cercueil est rarement rempli d’or ou il faut être complètement abruti. Quoique vu le nombre d’abrutis ambiant, mon jugement est tout relatif. Passons. Mais je pose bien et toujours le fait que l’abrutissement par la propagande est celui dont je parle et réclame, toujours encore et pour longtemps, un esprit CRITIQUE.

      Un vaut.. rapa.. financier normalement constitué sait qu’il ne peut faire supporter une durée trop longue à un individu mortel… manque de bol.
      Hors, il sait que depuis que les invasions ont légèrement diminué dans le monde, un état meure rarement. En fait, il y en a peu et seulement ceux qui intéressent les US.
      Il est donc très intéressant de faire payer un max à un état quitte même à lui allonger au maximum sa période de remboursement, les enfants du peuple seront toujours obligés de payer.

      C’est pas beau, la vie des zinvestisseurs..??? Même pas besoin de retraite, il ne bossent pas. Les autres s’en chargent.

    5. Bon dieu.. à un individu ou à une ENTREPRISE mortels…
      Il semblerait que mon raisonnement minimicroéconique s’applique aussi à la microéconomie tout court…

    6. Merci pour vos réponses. IOU “I owe you”, j’aurais pu y penser…

      @ ghost dog
      Le lien donné par François Leclerc est très intéressant. Ces reconnaissances de dette, de fait obligatoires, ont en plus une maturité “flexible”. Si à la date initialement prévue de remboursement, les finances de l’état ne le permettent pas, eh bien ce sera… plus tard. Simple, non ?
      Dans les FAQ, à la question (à peu près) “ma banque est-elle obligée d’accepter mes IOUs ?”, le réponse est (à peu près)”si refus, changez de banque”.
      C’est hallucinant.

    7. Touati a montré à de nombreuses reprises qu’il ne comprenait rien à ce qui se passait…c’est l’un des nombreux incompétents qui officient dans des officines financières (ceci dit on en a une au gouvernement qui n’est pas mal non plus, indice elle a dit “la crise est derrière nous” en octobre 2008!), et qui est hélas l’invité des médias car il est consensuel (et en même temps les médias ne se cassent pas la tête ils ont leurs invités habituels, style cohen aussi)

      Ceci étant dit les marchés financiers n’évoluent pas forcément comme l’économie et encore moins en ce moment (avec manipulations) et encore encore moins avec le peu de volumes constatés pendant l’été…Observez aussi que lorsque tout le monde crie à la catastrophe (style mars 2009) c’est là qu’il faut acheter (le fameux bruit du canon). Je ne suis pas pour ma part ni pessimiste sur l’évolution des marchés (le Dow Jones va aller à 10900 désormais) ni pessimiste sur le système…par contre la démocratie et la richesse des citoyens va foutre le camp, c’est navrant mais vu que les citoyens sont couchés C’EST COMME CA !

  8. Et ainsi, les banques peuvent demander des rémunérations plus élevées (taux d’emprunts) aux états qui les renflouent avec l’argent qu’elles leur prêtent.

  9. Réflexion faite, je ne vois aucun paradoxe dans tout çà, seulement des contradictions inhérentes aux systèmes complexes. Après avoir sacrifié la croissance sur l’autel de la dette, n’est-ce pas logique que les investisseurs, enfin rassurés, achètent de la dette et délaissent les actions ? Il me semble que tout découle du choix de la “rigueur” qui entraîne des “’injections de liquidités” pour compenser les revenus économiques sacrifiés. (Mais bon, peut-être bien que j’ai tout faux.)

    1. J’aurais une version un peu différente, Batracien.
      La “croisance” fut obtenue grâce à une énorme dette privée imprimée sur format A4 dont la valeur tenait à la croyance populaire de l’american dream.
      Les “zinvestisseurs” se rabattent sur la dette publique jugée plus sûre…
      Hors, coté états, TOUT est fait pour qu’aucun ne s’écroule. (voir la Grèce et mon pari de choucroute)
      Le paradoxe sera que les libéraux, voulant tuer l’état, veulent l’étrangler juste suffisament mais qu’il ne meure surtout pas.
      (cette pratique se retrouve dans d’autres domaines que financier, d’après ce dont j’ai entendu parler et procurerait un certain plaisir à la victime… je n’ai toujours pas compris l’astuce, mais bon, globallement, je m’en fous)(les trucs étranges, vaut mieux pas creuser et laisser ça aux psychologues, ça leur rapporte du fric)

      Hors, jusqu’il y a 2 semaines, les zinvestisseurs étaient à peu près à part égale à se disputer la couverture entre la dette d’état et la croissance.
      S’ils ont choisi leur camps, cela signifie une certaine perspective d’avenir POUR EUX, ainsi qu’un nouveau changement de situation révélateur.

      Mais… la décroissance n’a jamais entrainé une absence d’hyperinflation. Voir Allemagne année 30.
      Dans ces cas-là, un gouvernement normalement constitué a 2 choix :
      – soit il reste sous domination capitaliste avec une “reprise sans emploi”. (mais ça dure pas longtemps 🙂 )
      – soit il entre en économie de guerre en lançant des chantiers les plus idiots possibles pour occuper la populace. Et s’il trouve un pays comme bouc émissaire pour lancer une vraie guerre, c’est du velours…

  10. Sans aucun rapport…
    Quelqu’un a-t’il vu Tartar, ces temps-ci..???
    Avait-il évoqué un possible séjour sur l’Himalaya pour skier une dernière fois avant qu’il n’y ait plus de neige..???
    A moins d’un séjour à Las Végas avant qu’ils ne ferment..???

    Ami haché, si tu me lis, fais trembler l’écran 2 fois pour non et 3 fois pour oui.

    Dans… la même veine. Auriez-vous vu passer un parieur de choucroute partisan de l’effondrement de l’Europe…???
    Parce que ma caste de partisan-parieur de non-effondrement est en train de gagner, dirait notre bon buffet-génial-rouleur-des-peuples.

    Je fais appel à vous avant de lancer des affiches wanted sur le blog. Merci de me donner de leurs nouvelles.

  11. Bonjour,

    “on constate que les investisseurs cherchent refuge dans une dette obligataire dont ils dénonçaient hier les dangers”

    Dangers? Je ne comprends pas bien. Le principal danger des obligations est que le taux d’intérêt monte, rendant l’obligation moins chère. Il y a, peut-être aussi, si l’obligation est libellé dans une autre monnaie qui pourrait subir une érosion monétaire. Il y a évidemment le risque de faillite de l’émetteur.
    Bien sûr les agences de notations ont eu quelques “difficultés” pour donner des ratings.
    Les AAA, c’est plutôt du passé.
    Moins d’émissions actuellement. Les fusions de sociétés reprennent, elles vont devoir repomper pour assumer.

  12. “Impliquant de faire en même temps une chose et son contraire, si l’on s’inscrit dans cette logique.”
    Ne dit-on pas souvent que les plus grandes vérités restent voilées dans leurs contraires?
    Exemple : si je serre une boule de neige au creux de ma main pendant quelque secondes, obtiendrais-je un effet de chaleur ou son contraire?

    1. Un équilibre, Idle… Un équilibre.

      Depuis le temps que je tanne le cuir de tout le monde ici en répétant gateusement malgré mon jeune âge que tout extrême se paye un jour, je finis par déprimer et enrager proportionnellement.

  13. Autre exemple : lorsqu’une force est opposée à un autre force et produit un équilibre statique, l’équilibre préexistant est affecté et un nouveau mouvement est généré, mouvement qui est l’équivalent de celui qui se trouve mis en échec.
    La physique s’adapte-t-elle à l’économie?

    1. c’est une plaisanterie?Je me demande s’il croit sincèrement une seule seconde à ce qu’il dit ?

  14. Martin Weale (BoE) évoque un risque de récession en Grande-Bretagne (Reuters – mardi 24 août 2010 09h27)

    La Grande-Bretagne court le risque de tomber à nouveau dans la récession et les prévisions de croissance de la banque centrale pourraient se révéler trop optimistes, estime un membre de la Banque d’Angleterre dans une interview publiée mardi.

    “Je pense qu’il serait imprudent de dire que ce risque n’existe pas”, déclare Martin Weale, membre du comité de politique monétaire de la banque centrale britannique, dans un entretien au Times.

    Selon des cambistes, ses déclarations ont pesé sur la livre sterling GBP= qui affiche un recul de 0,6% en début de matinée face au dollar.

    Martin Weale évoque notamment le risque d’une remontée du chômage, d’une baisse des prix de l’immobilier et d’une nouvelle crise dans le secteur bancaire.

    “Il pourrait y avoir une crise de la dette souveraine ou il pourrait s’agir d’une nouvelle crise de liquidités dans le secteur privé”, explique-t-il.

    “La leçon globale de la dernière crise mais aussi des précédentes, c’est qu’il y a des périodes de calme et ensuite de nouvelles bulles qui se reforment”, dit-il.

    Martin Weale estime que les prévisions de la BoE, qui table sur 2,8% de croissance en 2011 et 3,2% en 2012, pourraient se révéler trop optimistes.

    Il déclare également que la hausse des prix à la consommation devrait repasser d’ici deux ans sous l’objectif de 2,0% que s’est fixé la banque centrale car certains facteurs saisonniers tels que la hausse des prix de l’énergie pourraient montrer des signes d’accalmie.

    “Il est pour moi plus aisé d’anticiper pourquoi la croissance devrait être légèrement inférieure (aux attentes) plutôt que d’imaginer les raisons pour lesquelles l’inflation pourrait être supérieure aux projections”, dit-il.

    La dette britannique : l’histoire indicible par Sean O’Grady, rédacteur en chef “économie” (The Independent, 14 juillet 2010)

    La véritable dimension de l’endettement national britannique a été mise à nu hier par le Bureau de la Statistique Nationale (ONS) : près de 4000 milliards de livres [env. 4800 milliards d’euros], près de 4 fois ce qui avait été précédemment reconnu.

    Cela mesure le fardeau que devront porter les générations futures et c’est la première tentative de l’ONS d’extraire les dettes « hors bilan » qui ont été accumulées par l’Etat. Ces chiffres impliquent un énorme « transfert intergénérationnel » – largement en faveur de la génération actuelle des « baby boomers » aux dépens des jeunes et des générations futures.

    Cette dette consiste pour l’essentiel au coût du secteur public et des pensions d’Etat, ainsi qu’au paiements promis aux contractants privés en vertu des initiatives financières privées [1]. Elle excède de loin tous les chiffres publiés jusqu’à maintenant pour la dette nationale, dont l’estimation la plus large est actuellement de 903 milliards de livres [env. 970 milliards d’euros]. Et il est prévu que celle-ci atteindra 1.300 milliards de livres [env. 1565 milliards d’euros] d’ici 2015.

    Si la génération actuelle de contribuables voulait supprimer les plus grosses factures à venir pour ses enfants et petits-enfants, elle devrait payer dès à présent environ 30% d’impôt en plus.

    Les données de l’ONS apportent des arguments au gouvernement dans sa tentative de réduire des dépenses de l’Etat.

    L’ONS a détaillé les principales dettes du secteur public :

    * Les paiements futurs pour les pensions vieillesse de l’Etat : 1100 milliards à 1400 milliards de livres.
    * Les retraites non financées du secteur public pour les enseignants, le personnel de l’assurance maladie et les fonctionnaires : 770 milliards à 1200 milliards de livres.
    * Les paiements en vertu des contrats d’initiative financière privée : 200 milliards de livres.
    * Les dettes imprévues (par exemple les garanties des dépôts bancaires) : 500 milliards de livres.
    * Le démantèlement des centrales nucléaires : 45 milliards de livres.
    * L’impact des interventions sur le secteur financier : 1000 à 1500 milliards de livres.

    Mettant de côté la possibilité d’une autre crise financière qui laisserait au contribuable les dettes d’une partie importante du système bancaire, ces chiffres suggèrent que la dette totale réaliste du secteur public pourrait atteindre jusqu’à 3800 milliards de livres [plus de 4500 milliards d’euros].

    Selon l’ONS, s’il reste beaucoup de travail à faire pour construire un “bilan” complet du secteur public comprenant l’actif et le passif, il est clair que le chiffre actuel habituellement cité – « la dette nette du secteur public », familièrement appelée « la dette nationale » – est « tendancieuse » et incomplète.

    Dans une recherche publiée en même temps que les données de l’ONS, l’Institut National de la Recherche Economique et Sociale (NIESR) a dit que les contribuables actuels devraient payer environ 30% de plus d’impôt pour soulager les générations futures de ce fardeau « injuste ». Cela prend aussi en compte les besoins additionnels des baby boomers en matière de santé, alors qu’ils atteignent leurs années automnales.

    L’échec à faire des économies maintenant ou à augmenter les impôts – et la population montre peu de signes qu’elle est disposée à rendre la vie plus facile pour ceux qui ne sont pas encore nés – fera porter aux futurs contribuables un fardeau supplémentaire de 200.000 livres [env. 240.000 euros] chacun, qu’il devront payer au cours de leur vie pour les services publics dont la génération actuelle et la génération précédente ont bénéficié. Même avec le plan actuel de réduction du déficit, la facture fiscale sera tout de même d’au moins 150.000 livres [env. 180.000 euros] au cours de la vie d’un Britannique qui naîtra en 2011.

    Martin Wale, le directeur du NIESR a déclaré : « Car des dépenses qui auraient tout simplement continué au même rythme depuis le budget 2008 aurait conduit à faire porter un très lourd fardeau sur les générations futures ou aurait nécessité une très forte augmentation des impôts. »

    Les baby boomers et leurs parents ont également bénéficié du phénomène dont les futures générations ne bénéficieront probablement pas, incluant : une éducation universitaire gratuite, y compris les bourses ; une réduction d’impôt au taux marginal le plus élevé sur les intérêts des emprunts immobiliers ; les bulles immobilières qui ont vu un transfert massif de richesse depuis les jeunes vers les vieux ; des soins à long terme gratuits pour les personnes âgées ; le produit des privatisations des actifs de l’Etat ; ainsi que la démutualisation et la distribution des réserves des anciennes sociétés d’investissement et de crédit immobilier [building societies] et des institutions d’assurance vie.

    La facture potentielle des retraites non financées du secteur public, comme celles du personnel de l’assurance maladie, a fortement augmenté, passant de 450 milliards de livres en 2004 à 770 milliards de livres en 2008. L’ONS dit que le gouvernement serait également responsable des déficits dans d’autres programmes d’Etat qui sont financés soit par les salariés, soit par les employeurs, comme ceux qui couvrent les employés des collectivités territoriales. Ce déficit est actuellement de 27 milliards de livres.

    La facture annuelle des retraites des employés de la santé, de l’enseignement et des services publics était de 60,7 milliards de livres en 2008, environ le double du budget scolaire. Le paiement des retraites s’élevait à 35,4 milliards de livres en 1998. Cette augmentation est liée à l’amélioration des salaires dans le secteur public par rapport au secteur privé et à l’augmentation du nombre d’employés dans le secteur public.

    Cependant, selon l’ONS, le secteur public est toujours solvable, avec un montant de 317 milliards de livres en 2008, ce qui représente la différence entre ses dettes et ses actifs, allant de ses réserves de change aux nouveaux hôpitaux flambant neufs.

    Joe Grice, chef économiste à l’ONS, a dit que la valeur nette du secteur public a chuté en 2008 pour la première fois depuis 1999 et que le chiffre pour 2009 serait probablement encore plus faible, étant donné l’ampleur des emprunts publics. Il a ajouté que « l’ensemble de la comptabilité du gouvernement », un bilan du secteur public qui n’a jamais été essayé auparavant, serait publié cette année, analogue au bilan d’une entreprise. Ces chiffres seraient préparés selon les critères comptables internationaux.

    [1] L’initiative financière privée (IFP) est une façon de créer des « partenariats publics-privés » en finançant des projets d’infrastructures publiques avec du capital privé. Développée initialement par les gouvernements australien et britannique, l’IFP et ses variantes sont désormais adoptées dans de nombreux pays comme partie du programme néolibéral de privatisation et de financiarisation, mené par les grandes entreprises privées, les gouvernements nationaux et les organismes internationaux comme l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale.

    1. si on prend ces chiffres de l’ONS (2nd article) … 500 + 200 + (1000 a 1500) = 1700 a 2200 milliards de dettes dues uniquement au renflouage du systeme bancaire/financier.
      Les contribuables anglais ont paye le prix cher, et aimeraient que les islandais fassent de meme.

  15. Je trouve que des chiffres pareils sont difficiles à appréhender.
    On accepte de plus en plus vite le terme virtuel qui est de plus en plus employé à tort et à travers.
    À partir d’un certain niveau de pertes, on ne compte plus, dirait-on !
    Les gens s’habituent à tout jusqu’au moment où ces chiffres vont se traduire en impôts et en taxes.

  16. Prenez la dette que l’état annonce fin 09 de 1485 Md qui sera de 2046 Md fin 2012 , remboursez là par un crédit amortissable sur 20 ans à 4% , le dû sera de 4484 Md , en 20 ans un travailleur fait 3600 heures , le salaire moyen étant de 2200 € soit 15,71 € heure, divisez 4484 Md par 3600 heure , vous obtenez 8,28 € , donc une heure pour rembourser la dette et une heure pour acheter du pain sec , voila ce qui vous attend si vous ne mettez pas l’état en liquidation de biens.

    1. François Fillon?

      Je ne voudrais pas vous effrayer, mais on peut aussi :
      – répudier la dette partiellement ou en totalité ;
      – décider de ne rembourser que le capital et pas les intérêts ;
      – échelonner sur 50 ans plutôt que 20 ;
      – bénéficier d’une croissance soutenue par le biais d’investissements publics ;
      – faire du “quantitative easing” ou assouplissement quantitatif pour résorber ;
      – pour finir, changer de système.

      Mais mon petit doigt me dit que vous n’êtes pas vraiment là pour trouver une alternative à votre sombre prédiction, et que l’idée d’un taux confiscatoire de taxation à 100% confinant l’Etat à sa propre “mise en liquidation” (qui est une procédure qui n’existe pas) vous sied parfaitement.

    2. @ Julien Alexandre……on peut aussi,

      souvent je laisse la porte entrouverte par un: il me semble que, mais sur ce coup là je deviens dogmatique:

      RE….PU….DIONS en totalité, un autre point l’age légal de la retraite à 60 ans et tient jamais deux sans trois en prime dans ma bonté absolue l’allocation universelle ou son équivalent.

      Et bon défilé à tous le 7 septembre, le peuple souverain décidera en dernier ressort.

    3. Ha mais pardonnez moi mon bon Bertrand! Honteuséconfus que je suis! C’est pas du premier degré que vous vous exprimez! C’est de la cave, que dis-je de la cave!, du deuxième sous-sol que vous vous égosillez! Brave petit comptable des obscures profondeurs de la dette.
      Un conseil, pensez à prendre l’air et faire un peu d’exercice entre les divisions, soustractions, multiplications, addictions, afflictions, manipulations, approximations….

  17. Et l’inoxydable Ollie Rehn, toujours pointu sur le ‘toboggan’, une spécialité de son pays:

    “Un ralentissement de la croissance en Chine, en Inde ou les autres économies asiatiques aurait un ‘impact négatif sérieux’ sur la croissance européenne”

  18. @ Julien Alexandre,

    Les préconisations ressemblent trait pour trait au contenu du dernier livre d’Attali, “tous ruinés dans dix ans?”, n’est-il pas?

    Présentation trouvée sur le net de son ouvrage de 2003 “l’homme nomade”:

    “Dans cette vaste fresque historique et prospective, Jacques Attali retrace l’histoire de l’humanité comme jamais on ne l’a fait jusqu’à présent. Pour lui, l’homme est nomade depuis ses origines, et il est en train de redevenir, par la mondialisation, un nomade d’un genre nouveau. Loin d’avoir été des barbares venus détruire des civilisations existantes, les hommes du voyage furent les véritables forces d’innovation et de création à la source de tous les empires, de la Chine à Rome, de l’Égypte à l’empire américain d’aujourd’hui. Quand elles se ferment aux nomades, aux itinérants, aux étrangers, aux mouvements de toutes sortes, les sociétés déclinent et périclitent. Aujourd’hui s’ouvrent avec les nouvelles technologies du voyage, réel et/ou virtuel, des perspectives radicalement neuves pour l’humanité; l’hégémonie du dernier empire sédentaire, les États-Unis, s’achève et commence une formidable lutte entre les trois forces nomades qui aspirent à le remplacer : le marché, la démocratie, la foi ; cet affrontement bouleverse les enjeux éthiques, culturels, militaires et politiques de notre temps”.

    Extrait dudit livre trouvé sur le net, non-lu:

    « Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.’

    ‘On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché.’

    ‘Je crois que dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir.’

    ‘L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.’

    l’humour est parfois incompréhensible, la foi également, l’un peut suppléer au manque de l’autre et réciproquement, question d’esprit sans doute…interpellant tout de même!

    Bonne nuit!

  19. Tempête en vue demain sur les ‘marchés’

    S&P abaisse la note de l’Irlande d’un cran

    mardi 24 août 2010, 23:32
    L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s a abaissé mardi d’un cran la note de dette de l’Irlande, à « AA – « contre « AA » auparavant, invoquant la hausse du coût du soutien au système financier pour l’État.

  20. Petites vagues sur l’écume des bourses :
    http://www.liberation.fr/economie/0101653772-le-cac-40-decroche-deprime-par-l-immobilier-americain
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/08/24/la-bourse-de-paris-decroche_1402334_3234.html#mf_sid=219333501
    On en avait parlé sur ce blog, je ne sais plus où, récemment, lorsque le gouvernement américain avait annoncé la fin des avantages fiscaux.
    On n’avait guère relevé, à l’époque (1 ou 2 mois je crois), dans les médias.
    Mais aujourd’hui, on s’en inquiète : c’est que les bourses chutent, comprenez …

    Et il me semble que l’on devrait encore plus s’en inquiéter, pour deux raisons, données cette fois dans Le Monde :
    1/ “Après la publication jeudi d’un chiffre hebdomadaire des nouvelles inscriptions au chômage au plus haut depuis neuf mois, la NAR estime “imaginable que le taux de chômage puisse atteindre 10 % dans quelques mois”, contre 9,5 % aujourd’hui.”
    Si même le chômage officiel commence à augmenter dès le mois d’août, où va-t-on, je vous le demande ?
    2/ “Ce coup de pouce disparu, le marché est retourné à des profondeurs qu’il n’avait plus connues depuis 1995. Le mois d’août a l’air encore plus mal parti.”
    Depuis … 1995.
    Alors même que les taux sont au taquet :
    “According to Freddie Mac, the national average commitment rate for a 30-year, conventional, fixed-rate mortgage fell to a record low 4.56 percent in July from 4.74 percent in June; the rate was 5.22 percent in July 2009. Last week, Freddie Mac reported the 30-year fixed was down to 4.42 percent.”
    http://www.realtor.org/press_room/news_releases/2010/08/ehs_fall

    Or, si, comme l’annonce la NAR, les mois suivants suivront cette tendance, il y a GROS à craindre, malgré la toujours présente sempiternelle péroraison sur les ‘taux très bas’ et les ‘meilleures condition pour acheter maintenant’.

    En premier lieu, justement, pour Freddie Mac, déjà tenu à bout de bras par l’Etat Fédéral, qui pourrait alors voir le marché hypothécaire privé s’effondrer et lui avec.
    Car en l’absence d’acheteurs, ce sont les particuliers qui risquent soit une forte érosion de leur ‘patrimoine’ (dont l’immobilier est une bonne partie) pour ceux qui peuvent vendre à moindre prix et ‘encaisser’ les pertes, soit une mise en faillite personnelle (qui a tendance à augmenter en parallèle de la baisse des ventes immobilières).
    Or, si le taux de mise en faillite augmente, ce sont autant d’actifs ‘pourris’ (invendables) que Freddie Mac se récupère.
    Et en dernier lieu, l’Etat Fédéral.
    Qui n’aura alors pas d’autres portes de sortie que de faire tourner la planche à billet de la Fed, entrainant ainsi la dévalorisation du dollar.
    Ce qui aura pour effets collatéraux :
    1/ d’augmenter le ‘prix’ à payer pour des obligations US = augmentation de la dette publique
    2/ d’augmenter l’euro comparativement = mise en tension extrême des pays qui ont (tout) misé en UE sur l’exportation, notamment l’Allemagne. Les tensions sur les marchés d’investissement se réveilleront alors et on reparlerait sans doute de spreads de taux, de faillibilité bancaire, etc.

    Je ne suis pas certain que M. Jorion ne soit pas dans le ‘bon timing’, même un peu en avance si les prochains chiffres US tombent mi-septembre et si d’autres facteurs internes à l’UE se font jour …

    Car c’est à l’automne que les raisins de la colère se vendangent.

    1. Vous allez voir qu’on va pas tarder à reparler de Krugman à la FED!
      Lui que d’aucuns vouaient aux gémonies, au pilori et au bûcher monétariste il y à seulement trois mois…
      Il pourrait nous inventer des taux directeurs négatifs et des taux pour l’immobilier à vingt ans de 0,5 %!
      Scénario japonais à l’américaine puissance Krugman!
      Et pour le sens du tragique et marquer la rupture, on déterre le Milton et on l’expose sur les marches du Capitole. En guise de gémonies révisitées. 🙂

  21. Tout est possible dans la gestion de la dette , toutes les formules , je voulais simplement faire voir que si nous ne décidons pas maintenant….et maintenant c’est maintenant.pas on verra bien…… la répartition eh bien nous restons en esclavage , une heure pour le pain sec et une heure pour ceux qui prêtent à cet état.

    1. Tout faux. Tant qu’il y a des cons sur le marché pour nous prêter du pognon à 3%, on continue à emprunter à bloc en nous contentant de rembourser les intérêts avec de nouveaux emprunts. Et c’est après, et seulement après, qu’on se fout en faillite.
      Il me semble que c’est le b a ba de l’entrepreneur responsable.
      Plus on aura piqué de fric aux rentiers, plus l’euthanasie sera efficace et rapide.
      Continuez vos invocations, ça les rassure ces buses!
      Moi je ferais mieux de me taire.

    2. c’est en effet un mode d’action que celui de vigneron et que l’on voit le plus souvent dans les sociétés , si les bénéfices sont taxés pas les dettes , sauf qu’il se tue lui aussi car la responsabilité existe , moi je préfère la saine gestion et non la destruction des ressources.

    3. Mais mon pauvre bertrand, avec vos principes de Sainte saine gestion, c’est plus bertrand qu’on va vous appeler, mais Blandine et c’est dans la fosse aux lions que vous finirez, le regard tourné vers Saint Raymond (Barre!).
      Sans compter que si vous considérez que les bénéfices sont trop taxés et les dettes pas assez (??!! hormis le cas limite des LBO),comment expliquez vous cette masse de capitaux accumulée et cherchant désespérément des placements sûrs et rentables, face à des acteurs, investisseurs, ménages ou Etats,en nécessité vitale d’emprunter et pourtant incapables d’assumer les coûts de la taxation effective constituée par des taux réels toujours usuraires compte tenu de la politique monétaire et des taux d’inflation depuis vingt ans?
      Si vous détaxez encore plus les bénéfices, et que vous “taxez” en sus les dettes en supprimant la déduction fiscale sur les intérêts, vous ne faites que gonfler la masse des capitaux captifs pour la finance et diminuer encore la capacité d’emprunt des des acteurs en manque de ressource monétaire.
      La monnaie est une ressource vitale. En tant que telle, elle devrait être répartie entre tous les acteurs équitablement et suivant un équilibre permettant une allocation efficiente selon les besoins de chacun comme des fins de l’ensemble , sans recours à des crédits usuraires uniquement légitimés par un régime idéologique capitaliste, qu’il soit traditionnel de production ou purement financier comme aujourd’hui, menant inéluctablement à l’accaparement puis à la ruine.
      Si vous n’agréez pas cette proposition, inutile de répondre.

  22. ah! je ne crois pas être en accord avec vous……monnaie ressource vitale=non,non.
    L’argent ne sert à rien , ne produit rien , est volatil plus que l’essence , lorsqu’il est obtenu ne peut qu’être perdu , j’ai toujours créé des activités sans argent , uniquement du travail et du commerce , il n’y à aucun besoin d’argent pour produire en théorie.
    Masse de capitaux ? ou la voyez vous dans les banques françaises qui doivent 40 fois leurs fonds propres , dans les entreprises qui sont payées à 90 jours , dans le M1 de la BCE qui est à 4400 Md alors qu’il était à 1400 Md de frs en 99?
    Necessité vitale d’emprunter ? on ne peut emprunter que sur un projet rentable.
    Pour libérer le travail dans les entreprises il faut interdire les délais de paiement qui obligent à avoir recours au banquier lequel va gagner le double du bénéfice de l’entrepreneur.
    Pour ma part je taxerais les dettes faites au même niveau que les bénéfices , vous ne verriez plus de dettes qui coutent tellement dans les faillites.
    Et j’installerais un juge de la déspéculation en cascade.
    Allez bisous.

    1. L’argent ne sert à rien , ne produit rien , est volatil plus que l’essence , lorsqu’il est obtenu ne peut qu’être perdu , j’ai toujours créé des activités sans argent , uniquement du travail et du commerce , il n’y à aucun besoin d’argent pour produire en théorie.

      “L’argent ne sert à rien” : si, à échanger d’abord.

      “ne produit rien” : si, de l’échange facilité et universalisé par sa liquidité, théoriquement absolue.

      “Est plus volatil que l’essence” : vous permet de thésauriser, si vous êtes assez bête, et d’acquérir par exemple de l’or, un chouïa moins volatile, ou de l’essence pour votre tondeuse à gazon.

      “lorsqu’il est obtenu ne peut qu’être perdu” : ou échangé, investi, multiplié, offert, transmis…

      “j’ai toujours créé des activités sans argent” : sans argent peut-être, même si j’en doute, mais bien pour! Et pour les activités réellement productrices de biens, agriculture et industrie par ex, bon courage…

      “uniquement du travail et du commerce” : c’est à dire dans nos sociétés une production de valeur monnayable, dans votre cas, un service, par l’échange contre monnaie, argent, pépettes, pognon, flouze, blé, caillasse, contrepartie sonnante et trébuchante ou bien simplement visible sur votre compte à vue ou la masse monétaire M1 de la BCE…

      “il n’y à aucun besoin d’argent pour produire en théorie”. : ouais mais ça fait un petit moment (2700 ans en gros…), qu’en pratique, on fait avec. Doit y avoir une raison autre que la pensée magique ou les méchants banquiers.

      “Nécessite vitale d’emprunter ? on ne peut emprunter que sur un projet rentable.” : Pour beaucoup, c’est juste pour arriver à vivre, voire survivre. Simplement parce qu’il leur manque quelque chose de … vital. Quant à moi, j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup emprunté, toujours remboursé, et rarement rentabilisé. C’était effectivement rentable pour ma banque…

      “Masse de capitaux ? ou la voyez vous dans les banques françaises qui doivent 40 fois leurs fonds propres?” : D’abord le ratio est plutôt autour de 3% contre 4 avant 2007 et 6 dans les années 90, donc c’est autour de 33 fois. Mais surtout les banques ne sont surement pas destinées à détenir des capitaux (en propre) mais bien au contraire à les faire circuler. Et qu’elles les doivent prouve bien qu’ils existent, au moins virtuellement, et en tout cas ont existé.

      “dans les entreprises qui sont payées à 90 jours” : vous confondez stock et flux, capitaux et trésorerie, compte d’exploitation et bilan. Sans rapport aucun en l’espèce.

      “dans le M1 de la BCE qui est à 4400 Md alors qu’il était à 1400 Md de frs en 99?” : La masse M1 de la zone euro était de 1800 Mds d’euros au 1er janvier 1999 et de 4700 au 30 juin 2010. La masse M1 ne représente que la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue (comptes courants), rien à voir avec la masse de capitaux accumulés dans nos économies. Si tout le monde voulait monétiser ses biens, il en manquerait sacrément de la monnaie… Et même avec la masse M3, 9300 Mds soit 28 500 euros par habitant de la zone euro, on est très loin du compte (entre le quart et le tiers du patrimoine d’un habitant français…). Si vous ajoutez le patrimoine des entreprises et des États, je vous dis pas!

      Bon désolé, mais j’arrête là l’étude de texte. Tissu d’incohérences. Mieux à faire, et surtout à lire…

    2. Dans les temps bénis (pour ceux qui aiment tout ce qui est béni et les dieux qui vont avec) où le capitalisme semblait encore avoir un bel avenir, l’argent, quand il était investi dans la production rapportait plus d’argent : c’est le secret de la plus value (A.M.A+)
      Quand l’argent était investi dans la distribution (terme moderne qui désigne le doux commerce) il rapportait aussi ; il suffisait d’acheter beaucoup de marchandises pauvres et de les revendre avec une marge bénéficiaire “confortable” (A.M.A+) et pour augmenter les bénéfices il fallait aussi éliminer la concurrence des petits commerçants et piéger les conssomateurs en les conduisant dans des parkings adhoc.

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