« La Survie de L’Espèce », par Grégory Maklès et Paul Jorion

Déjà tout petit, j’aimais la bande dessinée. Je dévorais tout : Spirou et Tintin bien sûr mais aussi Cap’taine Sabord, Wrill, Story, tout y passait. Qui se souvient aujourd’hui de L’île de Mytilène ?…

Hum… bon, je recommence. Cachant soigneusement son identité sous le pseudo « Grégory », Grégory Maklès est un commentateur de longue date du blog. Allant voir ce qu’il faisait en matière de bandes dessinées, je lui dis un jour : « Grégory, mon vieux, la fantaisie héroïque, c’est bien, mais c’est beaucoup trop classique – Guy l’Éclair est d’ailleurs inégalable ! – l’avenir de la BD, c’est la BD financière ! ».

C’est mieux comme ça, mais à part le fait qu’il soit un commentateur de longue date du blog, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées. La vérité historique, c’est que c’est lui qui m’a proposé qu’on fasse une BD ensemble (une planche somptueuse en préparation – le maniement de l’airbrush par Grégory y est époustouflant ! – reconstituera cette scène initiale). Comme j’étais un peu désoeuvré à l’époque (il ne se passait pas grand-chose, à part l’effondrement de l’euro), j’ai dit oui.

Notre première collaboration (c’est moi qui écrivis le dialogue) est cette caricature qui vous est déjà familière. De notre seconde, intitulée « La Survie de L’Espèce » – une saga qui se terminera, comme vous le savez, en 2012 – vous trouverez les deux premières planches ci-dessous.



À suivre…

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103 réflexions sur « « La Survie de L’Espèce », par Grégory Maklès et Paul Jorion »

  1. Eh bien, voilà qui nous change un peu… 🙂 J’attends la suite avec impatience ! Mais comme vous n’avez pas beaucoup de périodes de désœuvrement…

  2. Ahhhh, quel merveilleux zhomme – soupirs …- je ne parle pas du banquier d’affaires évidemment !…
    Et, c’était du boulot tout ça ! On attend la suite de la BD avec impatience !

    Un livre délectable sur le progrès, ses bienfaits, ses conséquences, et jusqu’où il ne faudrait peut-être pas aller :
    « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis.

  3. Excellent.
    Je réitère l’argument de Marlowe, concernant l’auto-édition : ça fonctionne. Alors ?

    1. Il reste à organiser une large diffusion sous des formes à définir ; numérique OU papier, numérique ET papier, en accès gratuit OU payant pour la forme numérique, par les libraires ou non, etc.
      La diffusion d’un ouvrage est sans aucun doute de nos jours le point le plus délicat alors que l’auto édition est devenue très accessible plus particulièrement sous la forme numérique, mais quand même aussi sous la forme papier.

    2. Vu nos passifs respectifs, le choix naturel pour Paul et moi même reste un éditeur classique. Je ne suis pas connaisseur de l’auto édition, mais en magasin j’ai le sentiment que la pression de la grande distribution est étouffante pour les plus petits, et que sur le net le coût de revient rend le tout prohibitif pour les lecteurs. Je ne veux pas pêcher par excès d’optimisme mais si nous faisons cette bande dessinée, c’est parce que nous pensons qu’elle peut intéresser le public ; partant, il n’y a pas de raison de ne pas trouver un éditeur chevronné qui partagerait notre conviction 😉

    3. à Grégory,

      Je voulais parler de l’édition en général et pas de votre livre.
      Je suis un fervent partisan du livre papier qui plus est quand il s’agit de bande dessinée.

    1. La « Grosse Bertha » a formè une génération en 14 et dans les années 70…..
      C’est qui qu’a bu le chti’canon mon canard enchainé?
      Un dessin c’est plus de trois milles mots.
      Dessine moi un ton mou!

  4. Pourquoi toi dès origine de humanité vouloir introduire perversion langagière par contamination de boboïtude-branchitude-analphabétitude?

    Airbrush se dire aérographe dans pure langue des tribus d’Eden.

    1. Une chinoise mongole, une Han de Mongolie intérieure pour éviter une éventuelle confuciusion, expliquait moi hier que pas avoir conjugaison des verbes en chinois…..

      La conjugaison peut-être être le chromosome 21 d’un occident chrétien « nostalgique de l’avenir »?

      Et puis, je apprendre, comme dans « le fou du roi », ce matin sur France-inter que la « culture » être intimement liée à la coca….
      Plus qu’au cola, au soda ou aux bulles de savants.
      Ce que confirmer derechef moi l’anthropologue Paul Jorion dans son introduction.
      Bref, mon pack de Krokro être interpelé par le discourt coco du proprio du bourg…..

      A Wall street commencer avec une paille, et finir avec une poutre dans l’œil de Caïn le nomade, frère de moi, Krokro le prolo du bourg.
      Krokro acro coco deal, ça terrifiant imaginer !!!!!
      Si j’aurions su.
      Tient! Je viens d’inventer un truc…!;?.

  5. Chouette une BD. Un tableau peut en dire autant en moins d’images, mais c’est chiant. Sinon, il y a l’aphorisme. La BD est un alléchant mélange des deux.

    « l’extrême disproportion des fortunes est la source de bien des maux et de bien des crimes. » (ici

    C’est vrai. Mais d’où vient-elle ? L’interdire suffira-t-il à supprimer sa ou ses cause(s) ? De même, si l’on pose le salariat – descendant de l’esclavage en ligne directe : sa nécessaire adaptation – comme une de ces causes : d’où vient-il ?

    « quelle va bien pouvoir être la suite de cette histoire qui est la nôtre ? » (

    Question centrale qu’il faut poser et se poser sans relâche.

    La disparition du capitalisme équivaut à la disparition du salariat, le meilleur moyen que notre société ait trouvé pour répondre à nos peurs. Aussi l’homme, pour grandir, doit-il aujourd’hui les affronter plutôt que de les balayer une nouvelle fois sous le tapis qu’est le salariat. Tapis qui s’effrite peu à peu…

    « Oui je suis mortel*. Oui ma seule richesse est la propriété de ma vie. Ainsi la quête d’un quotidien plus agréable ne peut se faire qu’au travers de ma propre appréciation (et non selon des critères posés par le groupe), et ne peut donc se faire au détriment de mon temps (de cerveau) disponible à apprécier mon existence. Sur ces bases je ne peux accepter l’idée-même de salariat. Ma participation à une activité non-directement liée à ma survie est donc totalement consciente et volontaire. J’ai ainsi conscience que je peux mettre une part choisie par moi de mon temps disponible au service d’un tiers, au titre d’un échange, ou d’un don. J’ai donc conscience de ma liberté d’être. J’ai conscience également que cette prise de conscience, présente chez tous mais enfouie sous les peurs, remonte actuellement à la surface, mais que son émersion est menacée par le manque de dialogue : chacun étant persuadé qu’elle est seulement l’expression de son propre mal-être et qu’en la laissant émerger il s’exposera à la solitude. Et je me dis que l’égalité et la fraternité ne devraient être que de simples formalités découlant de ma prise de conscience nouvelle. »

    Plus pragmatiquement : des milliards d’êtres humains suivent le processus initié et imposé par le groupe. Leur vie n’est pas entre leurs mains mais dans celles du groupe. C’est une honte. Un signe évident d’immaturité. Alors quand « pour aborder le domaine politique », on imagine que « l’objectif serait de privilégier les principes d’auto-organisation en faisant obstacle à la professionnalisation de toute démocratie représentative » (ibid.), on se retrouve face à la même problématique : ceci ne peut être possible que si chacun d’entre-nous a pris conscience (voir plus haut !), sinon le mécanisme social peur/protection se remettra en place.

    * « Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ? » Alphonse Allais.

  6. Excellentissime, de très beaux dessins accompagné de textes très explicite 🙂
    Je pense qu’une forme visuelle est une approche complémentaire de la forme écrite pour expliquer le monde qui nous entoure 😉
    Si une version papier est prévue une fois l’épilogue parvenue,je pense qu’elle à de grandes chances de se vendre convenablement …
    En tout cas je ferai un plaisir de l’offrir en cadeaux !
    merci pour ce billet

    1. Parfois !?

      « Même subalternes, tous les arts et les places sont respectables. Mais à trop vouloir y chercher, on s’y enferme. L’honnête homme n’aura pas de métier. » (Fucius)

      « Ce grand ressort méconnu de tant de conduites humaines, le désœuvrement ». Henry de Montherlant

      « Le désoeuvrement et la stérilité sont à une activité sociale véritable ce qu’est en art la critique à la création ». Marcel Proust

      « Un homme ne laisse derrière lui que l’oeuvre de son désœuvrement. » Frédéric Dard

      « Le travail est l’opium du peuple et je ne veux pas mourir drogué. » Boris Vian

      « L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions. » Albert Jacquard

      « L’oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi. » Alain

      « L’oisiveté est le commencement de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus. » Franz Kafka

      « L’oisiveté est la mère de tous les vices, mais le vice est le père de tous les arts. » Alfred Capus

      « Le confort est partout. L’oisiveté n’est plus nulle part. » Emmanuel Todd

      « L’oisiveté est la mère de la philosophie. » Thomas Hobbes

      « Il ne manque à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s’appelât travailler. » Jean de La Bruyère

      La faute à qui tout ça ? Je vous le donne en mille :

      « Celui qui laboure la terre sera rassasié de pain, mais celui qui aime l’oisiveté sera dans une profonde indigence. » La Bible.

      « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas » !

  7. Alors là, chapeau, c’est très drôle, Ranran gaulé comme une chaise pliante c’est tordant, il en faut plus, beaucoup plus, on veut l’histoire toute entière ! Y’a toute une BD à faire là-dessus ! Et en plus, quel excellent moyen que l’humour, cette bonne vieille arme de subversion massive, pour diffuser un tel propos ! En tout cas, c’est très amusant, vivement la suite et merci à l’auteur.

  8. exceller dans un domaine est une chose (relativement facile si on se laisse aller à la monomanie),
    briller dans des domaines assez différents, là, c’est autre chose, et je crois qu’on a tiré le GROS LOT avec notre hôte dont l’Art est d’user de transversalité dans le vaste champ de ses connaissances.
    simplement MERCI Paul.

  9. Génial !

    Il faut absolument faire la suite. C’est le meilleur article de « propagande » que j’aie vu sur ce site.
    Je l’envoie tout de suite à plusieurs amis.
    Y’a moyen de le traduire en espéranto ? (je veux bien m’occuper de la traduction et de la publicité mais il me faut de l’aide pour l’édition).

  10. Tout est bon, l’idée, le sujet, le dessein.
    Question au commencement
    Et Ranran, aurait-il déjà plié sa femme au fond de sa grotte qu’elle n’apparaît pas dans cette première planche? Juste une silhouette, un signe de contre pouvoir, la séparation, la domination de l’homme sur la femme?
    Peut-être hors sujet en ce cas, mille excuses.

  11. @Valer
    Moi je veux bien me prêter au jeu de l’esperanto. J’ai fait en sorte qu’on puisse relativement facilement faire des traductions (texte dans un calque séparé, police faite main) – encore que je ne suis pas absolument sûr des caractères nécessaires à l’Esperanto (j’ai fait un peu de rab mais bon…). Tu peux me contacter via mon site : http://www.worldofmakles.com

    @Plouf!
    Je me suis effectivement posé la question, sur ce sujet de la domination, d’évoquer un minimum la notion de domination masculine. J’ai finalement renoncé (au moins sur ces planches) parce que pfiou, c’est une question très complexe qui mériterait un traitement à part entière (surtout si on part des sociétés primitives) et que je ne me sens pas « au taquet » là dessus. Et puis surtout on part toujours de billets ou de paragraphes de Paul et dans l’état de mes connaissances en « Jorionologie », je n’avais rien à piocher. Mais peut être me corrigera-t-il ? (d’importance!)

  12. Yesssss ! Ce rendez-vous du Lundi va faire chauffer le serveur du blog, c’est sûr.

    L’humour traitant des rapports à l’argent sous la forme BD est susceptible d’attirer beaucoup de ceux qui répètent :  » trop compliqué…affaire de spécialistes…ect. »

    Potentiel subversif très intéressant. BRAVO !

  13. @ Yvan : Lu. Je me dis que quelque part, c’est toujours une problématique de fort contre faible avec un bon coup de tartuffe là dessus. Le tartuffe et l’écologie sont évidemment au programme, mais le programme est très chargé 😉

  14. dans le genre « retour à la Terre » de Larcenet est vraiment extra -du moins les deux premeirs tomes !

    prendre à contre pied le laïus hippie la décroissance bobo et le confort capitaloconsumèriste par des saynètes emplies de « suprême vacuité , va cuiter !! » comme dit le sage au larcenet désemparé par la rudesse de la vie campagnarde ,est un régal !!

  15. Gaulé comme une chaise pliante Ah Ah Ah Ah!!!!
    Pliée!!

    Excellent! Dans mon panthéon je retrouve un peu l’humour Rubrique-à-brac…
    Mélange de virilité, d’immaturité masculine, d’autodérision, de science, de retours historiques, de modernité ménagère…

    Même question que plus haut: où sont les femmes, avec leurs geestes plein de chaaarmes? Dans la chaise?

    Je comprends que le sujet ne soit pas évident à traiter. Du point de vue du jorionisme probablement, je suis dans l’ignorance aussi de ce côté là.

    Mais aussi du point de vue des codes de la BD. Les femmes dans les BD d’hommes, sont bien souvent la femme telle qu’elle est vue par l’homme, avec tous les fantasmes qui en découlent et qui en signifient beaucoup sur l’auteur, sur les hommes, voir dans leur époque, occultant les autres dimensions, celles d’un regard féminin, ou féminin homosexuel, masculin homosexuel.
    Comment lire ce genre de BD si je suis une femme, si je porte un regard homosexuel, d’homme ou de femme?

    Nous voilà tout d’un coup ramenés moins au rang du lecteur auquel s’adresse par identification référentielle le dessinateur, qu’à celui d’un fantasme dans lequel on se trouve assez à l’étroit pour trouver que cette BD ne constituera pas le voyage existentiel espéré. Comme si on se retrouvait embarqué dans l’histoire en passager clandestin. Le seul avantage, c’est que ça donne un certain recul et que cette sorte de contrariété peut être source de sens.

    Adolescente, j’ai adoré les BD de Bourgeon, « Les passagers du vent ».
    http://bulles-et-onomatopees.blogspot.com/2009/04/les-passagers-du-vent-une-aventure.html

    Même si on y retrouve une vision masculine, ne serait-ce que dans les plans érotiques, il y a dans cette BD quelque chose d’un véritable universalisme, enfin disons que j’ai pu m’identifier à ce personnage qui confronté à la condition féminine telle que déterminée par une époque, n’est pas réduit à cette image, car figure de révolte face à cette condition. Donc autre chose que ce à quoi elle est ramenée puisqu’elle dit non. Et comme son histoire est associée à la condition et à la révolte des esclaves, elle devient moins figure de femme qui se révolte, qu’image de liberté, telle une Marianne (je m’emballe), figure de l’esclave universel en nous qui lâchons nos chaînes parce que nous désirons vivre, vivre vivre en êtres, en peuples émancipés.
    Émancipés des conditions d’aliénation individuelle ou collective, sexuelles, sociale, politique, humaine? Emancipés aussi de notre passé? De nos amours passées, de notre enfance?
    Et surtout réconciliés avec nous-mêmes et avec les autres?

    Sinon bon courage car la tâche me semble ardue! Et du point de vue intime, et du point de vue philosophique.

    J’attends la suite avec impatience.

    1. Oui, Miss…

      Mais le principe naturel du « sexe fort » démarre avec ça.
      Pour preuve, gaulé comme une chaise pliante vous a fait rire.

      Je suis un mec (et qui connait quelques couples homosexuels), mais je suis (à fond) dans la complémentarité homme-femme. Intellectuel, je parle. Pas seulement physique.

      Et, vous aurez pu remarquer, comme pas mal de gens, que la différence homme-femme ne sert que ceux qui veulent s’en servir…
      Raison de plus pour ne pas en tenir compte.

    2. Pour information, il y a eu une suite (et fin) en deux tomes, parus en 2009 et début 2010 sous le titre « La Petite Fille Bois-Caïman »

    3. – « Mais le principe naturel du « sexe fort » démarre avec ça. »

      Qu’entends-tu par « ça » ?

      – « Pour preuve, gaulé comme une chaise pliante vous a fait rire. »

      Oui c’est vrai, j’aime d’autant plus l’image qu’elle est complètement décalée vu le contexte matériel de ces hommes des cavernes. Mais je ne suis pas certaine d’y investir exactement les mêmes émotions, la même identification que vous, enfin toi, vous (j’ai du mal à te vouvoyer). Par exemple ai-je du mal à sentir l’enjeu que représente ce rapport de force physique, surtout pas comme si c’était la condition de mon infériorité. Enfin, peut-être que toi aussi. Mais, mon petit doigt me dit qu’il en reste toujours un petit quelque chose chez les garçons, vague souvenir de cour d’école où se battre est une activité qui a encore une actualité. Peut-être parce qu’il a fallu commencer par exprimer comme ça ce que l’éducation apprend à exprimer autrement tout au long de l’enfance, à savoir se différencier, faire respecter son intégrité, pour pouvoir partager des lieux, des moments et des projets communs (ou autre ?), peut-être aussi parce que les injonctions culturelles déterminent nos comportements pour que les filles soient sages, pendant que les garçons font les casses-coup.
      De plus, il m’apparaît que ces deux hommes ne sont pas seulement un plus fort, physiquement, et un plus faible, mais aussi, me semble-t-il, un plus jeune et un plus âgé, ou alors est-ce le volume musculaire qui donne cette impression, ou sont-ce mes projections associées à l’image de collaboration entre Gregory Maklès et Paul Jorion, imaginant (tiens pourquoi ?) l’un plus jeune que l’autre. Et là, je perçois quelque chose d’autre, et j’ai un peu de mal à m’identifier, un peu comme si ça se passait entre père et fils. Voilà de quelles natures sont mes réserves. A la réflexion, ça me donne aussi l’idée que le personnage jeune de l’histoire est jeune car il représente l’avenir, l’avenir réservée à cette loi du plus fort, à savoir qu’elle sera contestée par un mouvement d’émancipation, et dépassée pour trouver un autre équilibre ?

      En fait nous sommes de grands immatures…

      Cela dit il est tout à fait certain que je suis moi-même déterminée par des stéréotypes.

      Mais je ne suis pas partisane d’un différentialisme sexuel, cloisonnant hommes et femmes dans de tels stéréotypes, car j’observe que l’identité est tricotée (aïe un vieux stéréotype de derrière les fagots -le tricot !) de différences qui en débordent sans cesse le cadre. La culture, la complexité des vécus, des appréciations personnelles, des subjectivités (par exemple peut-on être dans le corps d’un homme et se sentir complètement femme dans la tête), et que si différences il y a, elle ne doit pas empêcher l’égalité en droits, du pont de vue de ce qui nous rassemble, notre humanité. En fait ce qui me semble difficile à gérer c’est comment respecter la différence – y compris la sienne propre, sans pour autant s’enfermer dans un stéréotype ou une condition associée. Nous sommes mouvants, émouvants, non ? Et comment également assumer sa propre différence aussi en ne cherchant pas nécessairement à ressembler à des clones.

      Pour ce qui est de la complémentarité homme-femme, c’est bizarre mais en disant ça tu te contredis (j’arrive pas à te vouvoyer), en disant « je suis un mec », et derrière « complémentarité », c’est que tu fais une différence ?

      Je dirais pour en revenir à la BD qu’il y a du féminin et du masculin en nous, et chez Bourgeon, créer un personnage féminin, ça a dû lui demander d’y mettre un peu une part de son féminin à lui, et de son masculin aussi peut-être. Pure spéculation de ma part.

      Je trouve d’ailleurs qu’il y a dans le dessin de Grégory Maklès quelque chose de doux, d’aérien qui montre une sensibilité particulière, presque féminine. Mais bon, encore sûrement un stéréotype, alors quoi, la douceur serait féminine ?

      En tout cas, pas très aéré mon style, j’en fais des tartines, ça manque de concision tout ça !

      @ Marlowe
      Oui, j’ai vu, je les ai feuilletés déjà chez le libraire !

    4. @Yvan

      « Je suis un mec (et qui connait quelques couples homosexuels), mais je suis (à fond) dans la complémentarité homme-femme. »

      Vous en avez encore beaucoup des comme ça ?
      Des phrases aussi cucul la praline, je veux dire.

    5. Je suis surpris (mais pas en mal 🙂 de l’insistance de plusieurs commentaires sur le rôle de la femme dans ces métaphores. J’avoue que quand je travaille sur ces pages, pour moi les hommes ne sont pas vraiment sexués (même si de fait, ils le sont). Le pitch vient d’un article de Paul qui rappelle le remplacement progressif de la violence par l’argent comme vecteur de dominance. Alors quand je dois montrer la violence, j’évite de méler une femme à la scène : ca va immédiatement la connoter (quelle que soit la situation de la femme : dominante, dominée, les deux) et dire d’autres choses que ce dont il était question initialement. Pourtant la notion de la situation des femmes dans les sociétés patriarcales est bien présente à mon esprit (j’ai mon Howard Zinn en tête) et l’envie de rendre compte de cette violence tue d’un sexe sur l’autre est bien présente. Mais de fait, ce qui vient est bien une critique d’une société d’homme, conçue et dirigée par les hommes et à ce titre, ils risquent quand même d’être largement majoritaires niveau représentativité… au stand de tir des tomates pourries 😉

    6. à Grégory,

      Je n’avais pas souhaité intervenir sur cette question, mais vous venez de lever un voile en disant que vos dessins d’homme ne sont pas sexués. En effet, j’avais l’impression que le personnage de « Ranran, fils de Krokro » (rien que ça, ça me fait déjà rire. Désolé mais je suis bon public de nature) avait une allure un peu « féminine » ou des traits de visage légèrement « féminins ». D’une certaine façon, n’est-il pas porteur d’une certaine ambivalence qui ne nécessite pas obligatoirement la présence d’une femme?

      Cordialement et bravo pour vos talents de dessinateur.

    7. @ Gregory

      D’accord, je comprends mieux ce qui me donne
      le sentiment de jeunesse que j’ai de Ranran.

      Pour ce qui est de connoter la scène par la présence d’une femme, si le propos est de montrer la violence d’une société d’hommes, la présence d’une femme dominée devient complètement pertinente et peut être même tout aussi cocasse (bien que l’humour par là puisse être plus difficile à manier probablement). Mais il est vrai que ça déplace le problème de la violence dans le rapport entre les sexes, ce qui n’est pas le sujet.

      Enfin, ça continue de m’interroger malgré tout. Au-delà de la BD bien sûr.
      Quelle est la place des femmes dans ce rapport de force à l’argent, symboliquement parlant? On remarque aujourd’hui que les femmes sont globalement moins bien rémunérées que les hommes. Qu’est-ce qui, dans l’imaginaire masculin, pousse les hommes à déconsidérer ainsi les femmes?
      D’où vient cette violence là? Se peut-il que le rapport de force entre hommes ait quelque chose à voir avec les femmes précisément? Que cette dimension est évacuée précisément parce que c’est bien là que les choses se jouent?

      Pardonnez ma fausse-vraie naïveté teintée de vraie ignorance relative. Bref, je manque d’appuis intellectuels, comme d’hab’. Enfin, ça vaut toujours le coup de se reposer ces questions, non?

      Howard Zin? Encore une bonne raison pour moi de le découvrir…

      Bon, en attendant, je veille au pourrissement des tomates.

  16. Initiative et ambition pédagogique fort intéressante. Mais je me demande si l’enjeu c’est la bouffe (je fais allusion à « tu vas aller me chercher à bouffer »).

    Je comprends bien la nécessité de simplifier mais l’enjeu ‘bouffer’ permettra-t-il de rendre vraisemblable toute la sournoiserie que l’homme a pu déployer pour fabriquer du consentement ? Pourrez-vous explorer tous les méandres de cette fabrique du consentement avec le (seul) motif trivial de la ‘bouffe’?

    Par ailleurs, quand on observe un troupeau de singe ou de lion la domination des plus forts ne semble pas s’exercer de la façon la plus dramatique lorsqu’il s’agit de s’accaparer la bouffe mais pour d’autres choses qui engagent, me semble-t-il, plus directement la survie de l’espèce (comme l’annonce votre titre). Mais j’imagine que vous avez prévus ces autres choses…

    Dans tous les cas bon courage et que l’inspiration soit avec vous !

  17. Miaou,

    Pardon de m’immiscer dans ce déluge de bravo (que je partage) mais, question BD qui explique l’argent et le capital, peut-on citer « Le Schtroumpf financier » ?

    1. On peut, Ar c’hazh du, on peut.
      ( regardez l’étonnant enchaînement qui me vient à l’esprit : Ar c’hazh … Le chat … Bande dessinée … Arzach … Moebius … Les yeux du chat )
      Et on peut ajouter « Obélix et Compagnie » (Ed. Dargaud. 1976) :
      —————

      CESAR : Approche Caius Saugrenus. Comment ferais-tu pour affaiblir ces gaulois doués de force magique ?
      C. SAUGRENUS : C’est simple, ô César : l’appât du gain, l’or… …voilà qui les affaiblira et les occupera. Nous allons en faire des décadents.

      (Plus tard, Caius Saugrenus a réussi à convaincre Obélix de fabriquer des menhirs « contre des sesterces ». Il veut le faire produire plus pour gagner plus) :
      C. SAUGRENUS : Si tu ne peux pas augmenter la production, l’offre ne pouvant satisfaire la demande, ça risque de faire chuter les cours.
      OBELIX : Eeeeh ?
      C. SAUGRENUS : Si toi pas pouvoir faire plus de menhirs, moi y en a donner moins de sesterces. Toi y en a compris ?

      (Peu après, Obélix croise Astérix) :
      OBELIX : Astérix ! Tu ne veux pas m’aider à faire des menhirs ?
      ASTERIX : ?
      OBELIX : Ben oui. Si la demande offrée de la production satisfaite j’en fais pas assez, alors ça va faire chuter les sesterces dans la cour.
      ASTERIX : Eh ?
      OBELIX : Toi y en a compris ?

      —————
      Grâce à Goscinny, moi y en avoir tout compris à l’économie.
      Grâce à Goscinny, moi y en a prêt à lire chaque lundi sur le blog de Paul Jorion (Mâtin, quel blog !) la bande dessinée de Paul Jorion et Gregory Maklès …HOP !

  18. Génial !
    Cependant , je ne suis pas sur que l’on ait pu , dans l’ancien temps, inventer quoique ce soit sous la contrainte …
    Le pain , c’est une histoire de bonne femme qui oublie de la pâte dans un coin .

    Et puis, franchement , à bien y réfléchir , faut être débile pour frotter durant des heures deux pierres l’une contre l’autre . Le feu , c’est le fruit du hasard ou peut être d’un gogol désoeuvré au fond d’une caverne .

    1. « Cependant , je ne suis pas sur que l’on ait pu , dans l’ancien temps, inventer quoique ce soit sous la contrainte … »

      Bon… Il se peut que dans un soucis de rapidité nous opérions parfois quelques raccourcis culottés, je l’avoue 🙂

  19. Merveilleux !
    çà tombe à pic, en plus, j’ai un peu de boulot en ce moment et une bronchite en prime.
    Alors les articles de M. Sarton du Jonchay, c’est trop dur pour mon pauvre cerveau fatigué.
    Donc maintenant, le lundi, c’est ravioli ET BD !!
    Chouette !!

  20. Bravo, excellent support pour vulgariser efficacement des notions de base.
    J’imaginais il y a quelques jours, face à l’avalanche de rhétoriques dispensées par les nouveaux « prêtres » de la com, qeu l’on pourrait user de scénettes de théâtre pour caricaturer le théâtre actuel qui nous est offert chaque jour sur la grande scène politicienne.
    Rien qu’à en imaginer la distribution, j’en souriais. Un peu dans l’esprit de Molière.
    Peut être à bientôt dans ma région au festival Bédéciné 2010 ou 2011.
    http://www.espace110.org/bedecine/

  21. Après le détournement situationniste de la bande dessinée dans les années 60, et la mise ne bande dessinée de romans, et particulièrement de polars (chez Rivages/Casterman par exemple) la BD financière critique.
    Encore un effort pour faire venir les jeunes lecteurs se confronter à nos critiques : il faut faire maintenant des mangas, et ainsi gagner des lecteurs au Japon et dans d’autres pays asiatiques, car le genre s’il semble bien être d’origine japonaise, a essaimé dans d’autres pays asiatiques.
    La BD peut être notre cheval de Troie pour pénétrer des terres qui ne nous connaissent pas.
    J’ai même eu la possibilité de feuilleter il y a quelques années l’ouvrage de Georges Orwell, la Ferme des animaux, mise en bande dessinée dans une lointaine colonie française.
    Jorionistes, à vos plumes.

  22. Changement de support, changement de ton et de style…..
    « L’humour est la politesse du désespoir. »
    François Cavanna est pour moi un maître dans ce style « déjanté » de fresques historiques, je ne peux que conseiller sa lecture à ceux qui ne connaissent pas.
    Bravo au graphiste et à l’aérographe qu’il emploiera pour la version anglaise à venir…..!
    Je verrais bien une versions chinoise aussi….. Arabe aussi…..
    Cunéiforme aussi, cyrillique, hiéroglyphique, hébraïque ou braille….
    Gravée pour la postérité dans le « marbre » numérique quoi!
    Ainsi vos fan n’auront pas fini d’imprimer et de distribuer des fanzines….
    « Alertons les bébés!  »
    Et rendez-vous à Angoulême!

    1. @ Pierre

      Bonsoir,

      « Seule la virulence de mon hétérosexualité m’a empêché à ce jour de demander Cavanna en mariage. » (Pierre Desproges)

      Histoire de la crise des subprimes en BD, dessins bof mais explication limpide (rue 89)

      http://www.rue89.com/files/subprimesRue89.pdf

      L’intégrale du discours de JL Mélanchon d’hier,

      http://www.jean-luc-melenchon.com/theme/videos/

      « Humour » du panier:
      http://zetrader.fr/?article316/psychologie-en-bourse-naissance-des-rumeurs-en-bourse
      http://zetrader.fr/?article333/psychologie-bourse-trading-graphique-dow-jones-1929-a-1932

  23. Ok. Donc pour résumer Carl Sagan, on peut dire que l’espèce humaine est un organisme et que, un organisme en guerre contre lui-même est condamné à son autodestruction.

  24. Ce qui change en tout cas c’est le nombre hallucinant de personnages féminins dans cette première planche !
    Certes « fils de Krakra » aurait fait légèrement moins… classe. J’en conviens.
    Il n’empêche ! cela aurait eu un côté tout aussi réaliste.
    Puisque c’est comme ça, je retourne à mes bandes-dessinées fantastiques.
    Na.

    1. et @ gueule d’atmosphère 31 août 2010 à 10:54 :
      « enfin, ça vaut toujours le coup de se reposer ces questions, non?  »

      Je suggère cette piste, extrait de ‘Cabo San Lucas’ par Holly Rennick
      dit par Jeanie, la vraie actrice, en arrière-plan, de ce conte immoral :

      « Les garçons sont si faciles à diriger quand tu leur fait croire qu’ils sont les chefs. »

  25. Je crois que personne ne l’a encore fait, je voudrais donc profiter de ce fil qui parle d’art pour saluer la mémoire d’Alain Corneau, l’auteur entre autres de « Nocturne indien ». Ce film m’avait bouleversé et fait découvrir Schubert. Je ne pouvais manquer de lui rendre hommage.

  26. La quatrième vie du canard du Père Duchesne, façon BD espèce « tu perds des chaînes » en 2012 ?

  27. @ Paul Jorion,

    Il y a quelques années, j’avais feuilleté en librairie un manga surprenant :
    « Les secrets de l’économie japonaise » de Shotaro Ishimori

    Je me souviens que cette bande dessinée japonaise m’était tombé des mains ; trop technique, trop économico-économique pour moi. Je pense qu’aujourd’hui je prendrais un certain plaisir à lire cette BD détaillant pour le japonais lambda l’économie globalisée ( où, bien sûr, le Japon gagne à la fin ).
    Par curiosité, vous pouvez regarder la recension très documentée qu’en fait ce blog :
    http://japon.canalblog.com/archives/2009/06/09/14023800.html

    L’histoire :
    Kudo et Tsugawa sont deux cadres, employés d’une grande entreprise agissant dans de nombreux secteurs du commerce. Le premier est soucieux de l’intérêt général, le second du seul intérêt de la boîte. La trame de la BD est bâtie sur la rivalité des deux jeunes cadres.

    Je lis la préface très volontariste de Christian Sautter (présenté comme « directeur d’études à l’Ecole des Hautes-Etudes en Sciences Sociales », et qui sera ensuite nommé Secrétaire d’Etat au budget, puis Ministre de l’Economie et des Finances en remplacement de DSK démissionnaire). Nous sommes en 1989 à l’époque ou le pilote de la France fait amorcer au pays un virage économique sur l’aile, direction Maastricht (1992° / Ouest-Ouest). Il n’est alors pas étonnant de lire sous la plume de l’actuel adjoint au maire de Paris (chargé du Développement économique et de l’Attractivité internationale – si si !), en conclusion de ce dithyrambe de la réussite japonaise, ces mots vibrants :  » Européens, à bon entendeur, salut ! L’an prochain à Angoulême ! il serait temps de faire des BD sur le formidable défi que lance la dynamique japonaise à l’Europe de 1992. »
    Depuis l’édition de ce manga propagandiste, l’économie japonaise a semble-t-il cessé d’être le modèle à suivre. Est-ce la raison pour laquelle dans la fiche Wikipédia de Christian Sautter ne figure pas cette préface, ni son livre « Les dents du géant ; le japon à la conquête du monde » (Olivier Orban, 1987) …ni son passage à l’EHESS (mais c’est une autre histoire !).

    Je lis les vingt premières pages que reproduit le blog : Après une introduction en fanfare par David Ricardo en personne (« Cette course au profit personnel est merveilleusement liée à la bonne marche d’un ensemble ») on est précipité directement dans l’action, les sentiments, le pragmatisme froid de trader-yakuza, l’humanisme tempéré, et les conflits inter-continentaux !
    Bref, de quoi passer un bon moment !
    Je me demande si ce manga, paru chez Albin Michel en 1989 est encore disponible quelque part.

    1. « Les dents du géant ; le japon à la conquête du monde » (Olivier Orban, 1987)

      Y’en a, c’est des visionnaires à l’envers. Si on le sait, c’est tout aussi utile que les vrais visionnaires. 🙂

    2. Tiens, j’y pense, c’est pas lui qui aurait aussi conseillé au maire de Paris sa célèbre phrase sur la gauche qui doit se décomplexer et devenir libérale (de mémoire), dite quelques jours avant le krach de 2008? Fortiche le gaillard.

    3. Si vous voyez un manque dans wikipedia, n’hésitez pas à le corriger. Pour un article comme celui là, c’est à peine plus compliqué que de poster un commentaire…

    1. Aaah, Gotlib… Son ombre planne bien sûr sur ce projet. C’est sympathique d’avoir retrouvé cette planche effectivement d’un sujet proche.

      Ce qui me fait penser, puisqu’on en est à faire des recherches en antériorité, que Greg (pas moi, hein!) avait aussi fait un Achille Talon sur le sujet : L’Archipel de Sanzunron (une commande initiale du Credit Lyonnais, m’apprend wikipedia, ce qui explique bien des choses). Dans mon souvenir le dessin était un peu faible par rapport à son habituel ; par contre je ne sais absolument pas ce que je penserai aujourd’hui de l’histoire.

      Il y a quelqu’un qui en parle longuement ici :
      http://libertariens.chez-alice.fr/sanzunron.htm

      Hmm, il y a des phrases qu’on croirait sortie de l’Argent, Mode d’Emploi :

       » l’absence de monnaie n’empêche pas les à-valoir, les primes, l’intérêt ni les traites et les échéances, de plus un client motivé par une nécessité prioritaire n’hésite pas à faire monter les enchères, or , la satisfaction des deux parties reste entière. Donc me souvenir à mon réveil : le système existe forcément depuis la nuit des temps !  »

      Tiens, je vais essayer de le relire, celui là…

  28. La sociologie est souvent définie comme « L’étude de la société; l’interaction sociale de l’Homme ».

    Ce domaine prend en compte les structures sociales, à la fois cognitives et matérielles. Un exemple de structure sociale cognitive est l’institution établie de la religion et comment son fonctionnement affecte la conscience collective. Par exemple, les chrétiens Provie partagent le point de vue que la « vie » humaine est un élément séparé de la nature et que tuer un foetus non-né est mauvais. Concurremment, le système monétaire basé sur la compétition a des promoteurs qui mettent en avant des idées telles que la compétition est l’état social le plus productif dans lequel les humains peuvent s’engager.

    Les structures sociales matérielles, de l’autre côté, sont très évidentes et existent sous la forme d’entreprises et de gouvernements, chacun ayant une forte influence sur la société. Bien sur, toutes les structures sociales matérielles sont créées à partir du domaine cognitif, car elles ont toujours une idéologie derrière elles.

    Actuellement, une issue sociologique commune a à composer avec la « Nature Humaine » et ses effets dans un sens collectif. Par exemple, la plupart des personnes ont été formées à croire que les êtres humains sont par nature compétitifs, de même que la stratification (division) sociale ou la hiérarchie sont aussi une « tendance humaine naturelle ».

    C’est un sophisme (erreur).

    Si vous observez, disons, un groupe de lions, vous verrez une hiérarchie sociale et une violente compétition pour la nourriture dans la plupart des cas. Cette comparaison est ce qui amène les gens à penser qu’il s’agit aussi d’un phénomène naturel dans la société humaine (guerre, avidité, l’égo etc). Ce qui est cependant négligé, ce sont les conditions environnementales présentes dans chaque cas. Le groupe de lions existe dans un monde de rareté. Ils n’ont pas la capacité de créer des pièges pour la nourriture, de même la nourriture n’est pas accessible à la demande. Ils doivent chasser et se battre entre eux. Ceci crée naturellement de la compétition, car pour survivre, les lions DOIVENT être agressifs les uns avec les autres. À son tour, la hiérarchie se développe car le plus fort de ces lions gagne le plus, et à son tour exerce sa dominance de façon stratifiée.

    Dans la société humaine actuelle, la même chose est en train de se passer. Les humains ont vécu dans le même contexte de rareté depuis la nuit des temps. Cependant, le temps passant, nous sommes devenus de plus en plus « civilisés » grâce à notre capacité à créer. Contrairement aux Lions, les humains sont capables de créer des outils et de mettre sur pied des procédés qui libérent l’être humain d’une corvée ou d’un problème, réduisant la raréfaction.

    Compte tenu de cet aperçu nous nous apercevons donc que sur un plan fondamental si la rareté pouvait être éradiquée, le comportement humain serait soumis à un changement radical, l’éloignant de la compétition, la domination et la stratification.

    De même, les idéologies qui ne sont pas à l’épreuve du temps, tels que la religion théiste, composent ce mythe disant que les humains et la société sont construits d’une certaine façon. Par exemple, l’idéologie catholique affirme que l’Homme est « né avec le péché ».

    C’est absurde, arriéré et basé sur une compréhension primitive du comportement humain. Il n’y a aucune différence entre un bébé Gandhi et un bébé Hitler… c’est l’environnement qui façonne la personne et par conséquent la société (et vice versa).

    Par conséquent, le véritable changement sociologique apparaîtra en supprimant les conditions qui causent des modes de comportement aberrants qui polluent notre société. La prison, la police et les lois sont de simples patchworks et, en réalité, ont tendance à rendre les choses de pire en pire au fil du temps.

    En fin de compte, pour le bien de tous une refonte de notre culture sera nécessaire pour changer le comportement humain.

  29. Ah ben tiens… l’union d’un de mes dessinateurs favori avec un des mes blogueurs économistes préféré.

    ça va ptet même me faire acheter les Aventures de Kalahane!

  30. Hyper, Hyper, Hyper, Hyper, Gééééniaaaal !

    Bon, ben que pourrais-je dire d’autre sur ce blog?
    Ah, si: ça pourrait peut-être nuire au classement des « blogs de l’économie »…

    Je suis quand même un peu interloqué par mes faibles capacités de mauvaise (et de bonne) foi…

  31. Je ne partage pas l’enthousiasme des commentateurs pour cette première planche. Non qu’elle ne soit pas très réussie, elle est parfaite en son genre, mais parce qu’elle inculque une idée fausse : l’exploitation de l’homme par l’homme aurait toujours existé, elle serait pour ainsi dire, (et comme le suggère la première case), inscrite dans nos gènes. La sociabilité est effectivement inscrite dans nos gènes, (les singes sont d’ailleurs nos semblables sur ce plan), et elle implique une hiérarchie, donc une domination des uns sur les autres au sein d’un groupe. Mais de là à l’exploitation de l’homme par l’homme, (« il y a toujours quelqu’un quelque part qui peut faire quelque chose à notre place« ), c’est une autre paire de manches ! Cette domination-là résulte d’une organisation sociale sophistiquée qui n’a pu apparaître qu’après l’invention d’un langage lui-même très sophistiqué : donc elle ne doit rien à la biologie, contrairement à ce qui est raconté.

    Si je puis me permettre : cette domination est un acquis de la civilisation, non un fait inhérent à la nature de l’espèce humaine, au demeurant elle n’est pas apparu dans toutes les sociétés primitives. Je pense que c’est très regrettable de laisser croire le contraire : sous couvert d’énoncer une vérité profonde, vraie de toute éternité, on ne fait que justifier la résignation.

    1. @ Crapaud Rouge,

      Votre raisonnement se tient parfaitement (comme d’hab’ !).
      Peut-être faut-il prendre la chose comme une sorte de licence poétique en faveur de la démonstration finale. Un peu comme Shakespeare ou Victor Hugo s’arrangeant à leur aise avec l’histoire et la mythologie.
      Comme on dit souvent : le conteur à le droit de violer la vérité et la réalité …si c’est pour lui faire un bel enfant.

      (Encore quatre jours d’attente avant la deuxième livraison… c’est looooong !)

    2. Tout à fait d’accord avec vous Crapaud Rouge. Ce point m’avait aussi un peu titillé et me rappellait un peu trop le slogan « le capitalisme existe depuis toujours » à la jducac. Mais je vois pas comment commencer à faire fin et nuancé et puis en même temps faire autant rigoler que cette planche.

    3. @jean-luc : « le conteur à le droit de violer la vérité et la réalité …si c’est pour lui faire un bel enfant » : très belle citation avec laquelle je suis d’accord. Reste à savoir ce que va enfanter le duo Jorion-Maklès. Va-t-il condamner la civilisation, (représentée dès la première vignette par l’homme au costard-cravate), ou simplement dénoncer ses excès ? Je penche pour la seconde hypothèse puisque Paul estime qu’il faudrait faire entrer l’économie dans la civilisation. Pourtant, il reste ça et là des indigènes qui s’efforcent de maintenir leurs traditions héritées de l’époque où ils ne connaissaient que la sagaie : n’est-ce pas le signe que ce que nous appelons « civilisation » est un contre-sens, qu’il s’agit en fait de barbarie organisée ? (A grands coups de massue.)

    4. Rien ne nous dit que l’exploitation « originelle » présentée dans cette (excellente..) BD était générale ou généralisée. On peut très bien l’identifier comme une déviation « pervertie » d’un « état naturel » et non comme un « état naturel » en soi, ou une évolution « naturelle ». Même avec Darwin, je précise…

      La « licence poétique » est rattrapable!

      Par contre, je voudrais pas jouer les rabats-joie ou les pisse-vinaigre, mais pisse-froid, c’est invariable!

      Étymologie
      De pisser et de froid.

      Nom commun
      pisse-froid /pis.fʁwa/ masculin et féminin identiques invariable

      1. (Familier) Personne morose, revêche, sans chaleur humaine, sans humour.
      * Difficile de leur arracher un sourire à ces pisse-froid !
      Wiktionnaire

      Reste la variante orthographique « pissefroid », qu’on doit pouvoir mettre au pluriel, à la limite… 🙂

    5. @vigneron : ok, je suis pisse-froid, mais à mon âge on ne se refait pas.

      @Moi : plutôt d’accord si le but était de faire rire, mais pourquoi faire rire au début si ce n’est pas le but de toute la BD ? Un ouvrage didactique, une critique sérieuse, ne doivent faire rire qu’accessoirement.

    6. Il me semble au contraire que la planche situe précisément l’exploitation de l’homme par l’homme au même niveau que le feu ou les rites funéraires : une découverte humaine significative quand à son développement…

      D’ailleurs je pensais comme vous, que cette exploitation capitaliste de l’homme par l’homme (alors que le communisme, c’est l’inverse…) était une construction de l’acqui. Mais en en parlant avec madame, qui est docteur en psychologie du développement, j’ai appris qu’en fait, l’exploitation du rat par le rat est une réalité ancienne et très documentée experimentalement. Voir en particulier ceci :

      http://hal.inria.fr/docs/00/19/35/39/PDF/033-044_Desor.pdf

      Comme c’est un peu long et technique, un bon résumé ici :
      http://www.lesmotsontunsens.com/sciences-homme-est-rat-homme-3185

      « Etonnant non ? »
      On peut donc supposer que contrairement à ces deux pages, ce type de comportement « exploitant » préexistait au reste chez l’homo. Mince, je viens d’auto fusiller ma bédé ! Heureusement qu’elle n’est pas destinée à une publication scientifique 😉

      1. Intéressant.
        La prédation serait orienté par un sentiment de peur!
        Il est vraie que la bd  » la survie de l’espèce » montre à un moment, le fils et le père qui ont peur de la misère! Ce qui légitimise ensuite l’action de prédation.

    7. @Gregory

      De tout façon, on s’en fout de ce qui préexiste ou pas, de « naturellement » bon comme de mauvais, chez l’homme puisque ce qui fait son humanité c’est précisément sa capacité à pouvoir se transformer, s’amender, progresser de façon autonome et collective au delà des déterminismes supposés ou réels. Par la simple magie alchimique de la socialisation, de la complexification fertile issue de la prise en compte toujours plus complexe de la figure d’autrui.
      Je crois intimement que nos représentations importent plus que tous les » réels » supposés.
      Quant à l’approche étiologique de l’humanité, je m’en méfie comme la peste. J’ai bien peur qu’elle nous en désapprenne ou « mésapprenne » plus sur l’Homme qu’elle ne nous en apprenne. Ne serait ce que par les représentations déviantes ou les interprétations abusives et non-innocentes qu’elle induit systématiquement.

      Ce concentrer sur l’inné est au mieux une impasse, au pire une régression, une négation de l’essence humaine. Une version pseudo-scientiste de du mensonge religieux.

    8. @vigneron
      Je suis tout à fait de votre point de vue, et d’ailleurs ça vaut mieux, parce que si on ne croit que ce qui caractérise l’humanité c’est justement de transcender les instincts par des comportements inventés à la force des neurones, ça n’a pas grand sens de faire une bédé comme « La Survie De L’Espèce » avec Paul. Comme il le dit, il y a un bien une cause derrière tout ça !

    9. Cette expérience sur les rats ne correspond pas à l’exploitation de l’homme par l’homme. Les rats transporteurs ne perdent rien en réalité parce que la nourriture est abondante et facile pour eux à aller chercher.
      Elle s’apparente plutôt à ce que nous avons tous connus à l’école lors des examens. Il y a un groupe d’écoliers qui connaissent les réponses aux questions et il y a un autre groupe qui sont des cancres. Parmi ceux qui connaissent les réponses, la plupart laissent bon gré mal gré les cancres copier sur eux et certains, plus rares, cachent leur feuille. Il va de soi que les plus stressés dans l’affaire sont les cancres (et c’est le cas aussi chez les rats exploiteurs, ce qui se comprend car ils crèvent si on supprime leurs transporteurs, tout comme les cancres échouent lamentablement à l’examen s’ils ne peuvent copier).
      Tout ceci est donc me semble-t-il une forme de coopération et non d’exploitation. Preuve en est qu’il y a aussi parmi les écoliers le correspondant du rat souffre-douleurs: le cancre exclus, que personne ne veut aider et/ou qui n’ose pas copier sur les autres.

      PS: j’ai regardé l’expérience sur un petit film disponible sur le web et les rats transporteurs ne défendent pas beaucoup leur nourriture. La plupart s’en foutent, ils savent qu’ils peuvent aller rechercher facilement de la nourriture, sauf l’égoïste (ou goinfre) rat autonome. De manière amusante, c’est celui-là que Didier Desor qualifie de plus débrouillard. Tout ceci rejoint ce que dit vigneron sur les interprétations trop souvent non-innocentes de l’éthologie.

    10. @Grégory : ok, si même les rats sont capables d’exploiter leurs congénères, alors il y a du biologique là-dessous. Mais il n’empêche, je maintiens ma critique : « remonter » à des explications trop « profondes », à des lois très générales puisqu’elles sont vraies même pour les rats, ne peut avoir pour effet que la résignation. Comment pourrait-on « transcender les instincts » s’il est avéré qu’ils sont aussi incontournables que la gravitation ? Pour se libérer de l’emprise des instincts, il me semble nécessaire de croire a priori qu’on en est libre. Cela dit, je conçois fort bien qu’on puisse affirmer les causes lointaines et incontournables de la domination pour mieux montrer, ensuite, qu’il est possible de s’en libérer.

    11. @Moi : « Cette expérience sur les rats ne correspond pas à l’exploitation de l’homme par l’homme. Les rats transporteurs ne perdent rien en réalité parce que la nourriture est abondante et facile pour eux à aller chercher. : je crois que vous n’avez pas bien lu les textes donnés par Grégory. Le second, (qui a le mérite d’être un court résumé des expériences), montre bien qu’il y a apparition d’une structure hiérarchique sous l’emprise du stress, et dans la mesure où ce stress s’exerce sur le groupe dans son ensemble, ce qui est le cas des groupes d’être humains. Ce stress ne dépend pas de l’abondance de la nourriture : il vient du fait que les rats doivent nager en apnée pour l’atteindre, de sorte qu’ils pressentent qu’ils risquent de mourir noyés car ils ne connaissent pas la longueur du tunnel.

      Et quand on voit que la domination des uns sur les autres va jusqu’à la mort des récalcitrants, on songe irrésistiblement aux révoltes populaires matées dans le sang. On songe aussi au fait, depuis longtemps constaté, que le propre du pouvoir politique est de décider de ce qui représente, ou non, une menace collective. A l’heure actuelle, par exemple, ce sont les islamistes et les marchés : les premiers pour toutes sortes de prétextes fallacieux, les seconds parce qu’ils sont capables de prendre des mesures de rétorsion. Quoiqu’il en soit, le bon peuple est instamment prié d’en avoir peur : on lui refuse le droit d’avoir peur d’autres choses, par exemple du démantèlement de l’éducation nationale…

    12. @Crapaud: « Ce stress ne dépend pas de l’abondance de la nourriture : il vient du fait que les rats doivent nager en apnée pour l’atteindre, de sorte qu’ils pressentent qu’ils risquent de mourir noyés car ils ne connaissent pas la longueur du tunnel. »

      Je vous retourne le compliment, je pense que c’est vous qui n’avez pas pas bien lu les liens. 🙂 (je l’ai fait et j’en ai feuilleté bien d’autres sur le sujet, que je trouvais intéressant)
      Les rats stressés sont les supposés exploiteurs!!! Pas ceux qui nagent, qui eux se portent comme un charme. De plus, ils connaissent la longueur du tunnel (en fait, il y a un petit tunnel transparent et la nourriture est visible de leur point de départ et ils connaissaient la boite avant qu’on ne l’ait remplie d’eau).

      « Et quand on voit que la domination des uns sur les autres va jusqu’à la mort des récalcitrants, on songe irrésistiblement aux révoltes populaires matées dans le sang.  »

      Où avez-vous vu que les récalcitrants étaient mis à mort? Il y a eu 3 morts lorsque l’on a mis 200 rats dans la cage mais l’expérience ne dit rien des circonstances, ni s’ils étaient exploiteurs ou pas. La seule chose qui est dite et vérifiée c’est qu’il y a l’un ou l’autre rat qui se laisse crever de faim car il a peur de l’eau et n’est pas capable d’en piquer aux nageurs.

      Tout ceci est clairement une forme de coopération et non d’exploitation. D’autres expériences du même type comme la boite de Skinner vont dans le même sens: on met un distributeur de nourriture à un bout et une pédale à l’autre, le rat qui appuie sur la pédale doit laisser manger les autres avant d’aller bouffer lui-même. On y constate que les rats changent de rôle et se relayent à la pédale. (dans l’expérience de la boite remplie d’eau, on constate aussi que lorsqu’on regroupe les exploiteurs, le même nombre se « sacrifie » pour aller chercher la nourriture car on peut supposer que ce sont ceux qui ont le moins peur de l’eau parmi ceux qui ont peur)

      1. Ben oui, quoi, pour aller chercher les dernières cerises en haut du cerisier vaut mieux y envoyer le(la) plus léger(e) et qui n’a pas le vertige !

  32. Au passage, je rappelle que le début de 2001, c’est précisément un singe qui découvre la notion d’arme à des fins de dominations sur l’inspiration d’un radiateur/lit/cafetière Philippe Stark qui trainaît dans le coin. Tout ce qu’on peut reprocher à ces planches doit être en premier lieu reproché à la vache sacrée Stanley Kubrick, nous sommes donc chat-bite intouchables.

    1. 2001, un des chefs-d’œuvre de Kubrick ok. Mais pour le message philosophique, bon, on va dire Hollywood, par pure charité…

  33. @ Vigneron,

    Heureusement, le privilège de la libre parole et libre pensée nous est laissé, comme un os relatif, avec la niche qui l’accompagne. Ouaf!

    Voir l’émission d’hier de Giesbert, Minc et Mélenchon faisant assaut d’intellect en compagnie de Mr d’Ormesson…très drôle semaine mythomane du fils bedos juste après.

    1. Ca veut dire quoi le Mr (anglicisme incorrect au demeurant, « M » mieux…) juste pour l’immortel d’Ormesson?

    2. Au demeurant toujours, votre créativité rhétorique, littéraire, stylistique et poétique ne lasse pas de me laisser, positivement, sur le cul.

    3. @ Vigneron,

      Bonnet-toile flagorne Magellan?

      Connexion parfois tranquille, écriture toujours immédiate, hachée comme le temps disparate, un fil se tresse, temps-détresse en ciel, une péripatéticienne donne, leçon d’humanité

      Mr pour un incompréhensible clin d’oeil à la grand-mère qu’a su incarner Jean d’Ormesson en l’instant sus-cité, l’intelligence artificielle qui nous accompagne ici mérite quelques fils à détordre dans « l’essence » du langage, tout comme vos raisins s’aggrippent à d’essentielles colères aux policés indécentes..l’autre miroir à lame brillante, désincarne les poires, qui dort?

      Siècle de journalistes, tous des journalistes, à lune pleurer, où sont les à coeurs humains?

      Léo est partout ce soir, alors encore un verre de Léo? Faites-vous du clairet?

      http://www.youtube.com/watch?v=7V2ie90nlHU&NR=1

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