362 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 19 NOVEMBRE 2010 »

  1. En vous écoutant attentivement Paul, il me semble que le seul homme qui illustre le mieux la position recherchée, c’est à dire “le premier Européen de l’histoire selon mon goût”, comme se plaisait à l’écrire Frédéric Nietzsche ou encore comme l’écrivait M. Schipa “la puissance créatrice qui, chez la plupart des hommes illustres, ne brille que par des fissures, se répand chez lui au-dehors comme par une brèche de la nature…Durant les siècles qui s’écoulèrent entre Charlemagne et Napoléon, il n’a pas son égal.” Reste indéniablement Frédéric de Hohenstaufen.
    A revisiter : Le rêve le plus long de l’Histoire IV. Benoist-Méchin. Frédéric de Hohenstaufen ou le rêve excommunié, (1194-1250). Edition Perrin

    1. Sur Frédéric de Hohenstaufen il y a la biographie de Kantorowicz dans ses “Oeuvres” (Coll. Quarto. Gallimard, 1368 pages)

      Pour ceux qui ne le connaissent pas:

      “Ernst H. Kantorowicz (1895-1968), l’un des plus grands historiens du XXe siècle, publie en 1927 la biographie de Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250). Il y renouvelle le genre dans une tentative aboutie d’histoire ” totale ” qui associe aussi bien les apports de l’économie, de la culture, que de l’interprétation sociale et psychologique. Frédéric, héros hors du commun, se prête à l’exercice : aussi habile en politique qu’à la chasse, précurseur des princes de la Renaissance, il crée une cour où se rencontrent les plus grands lettrés de la culture chrétienne, juive et musulmane. Passionné par l’astrologie et la divination, architecte à ses heures, il écrit lui-même un traité de fauconnerie. Avec L’Empereur Frédéric II, Kantorowicz ouvre des perspectives complètement nouvelles. Il s’intéresse autant aux ” réalités ” événementielles qu’à la construction de la symbolique et de l’imaginaire politiques et met en lumière les conditions de formation, dès l’époque médiévale, de l’Etat moderne, séculier, en lutte contre la papauté. Trente ans plus tard (1957), Kantorowicz donne un second chef-d’œuvre : Les Deux Corps du Roi. Il y poursuit son enquête sur la généalogie de l’Etat moderne en tirant, avec une éblouissante érudition, le fil des mutations de la doctrine médiévale de la royauté bicorporelle, et la prolonge par une analyse sur les origines des ” religions politiques modernes “. Victime des lois de Nuremberg en Allemagne, puis opposant au maccarthysme aux Etats-Unis, Kantorowicz s’emploie à éclairer la genèse des pathologies politiques du XXe siècle.”

      http://www.amazon.fr/Oeuvres-Kantorowicz/dp/2070758583/ref=sr_1_4?ie=UTF8&qid=1290249772&sr=1-4

    2. ce roi soutenu de ” 2 corps “, l’un biologique et l’autre immatériel (ni vu ni touché), P. Michon dans ” Corps du roi” l’a débusqué dans la figure du littéraire ou brille la couronne de la matière textuelle qui transcende en l’enlevant le tâcheron qui s’y use.
      “Le roi, on le sait, a deux corps : un corps éternel, dynastique, que le texte intronise et sacre, et qu’on appelle arbitrairement Shakespeare, Joyce, Beckett, ou Bruno, Dante, Vico, Joyce, Beckett, mais qui est le même corps immortel vêtu de défroques provisoires ; et il a un autre corps mortel, fonctionnel, relatif, la défroque, qui va à la charogne, qui s’appelle et s’appelle seulement Dante et porte un petit bonnet sur un nez camus, seulement Joyce et alors il a des bagues et l’oeil myope, ahuri, seulement Shakespeare et c’est un bon gros rentier à fraise élisabéthaine” p. 13-14
      (…) et, réponse à son envers, sans mot sans pierre de fondation car ” Toute chose est muable et proche de l’incertain”:
      “Je restai allongé où j’étais. J’étais bien. Le ciel au-dessus de Paris n’était pas vide, il était plein d’étoiles. Je me dis : tu es Booz, tu es couché, tu dors. Tu en as le droit. Tu as tout le jour travaillé en ton aire. J’avais rejoint le vieux. On m’avait sagement couché à ma place ordinaire, près du vieil homme endormi avec qui j’ai partie liée. […] Je voyais les étoiles que porte l’air. Nous aussi, nous sommes comme cela en l’air. Le ciel nous porte. Le ciel est un très grand homme. Il est père et roi à notre place, il fait cela bien mieux que nous” p.101-102.

  2. Jean-Luc dit :
    20 novembre 2010 à 12:57

    Evidemment, sans complices, le tyranneau ne peut rien ….

    Le pragmatisme est une chose atroce, qui permet les pires horreurs …la réalpolitik a couvert de nombreux crimes …

    Les intellectuels “de cour” ont failli …ou ont-ils été complices …that is the question ….je pencherais pour la deuxième solution …( sont-ils seulement des intellectuels : j’ai un doute ?!)
    Quant au livre de Badiou( qui n’est pas “de cour”) j’ai juste vu des articles, et vu ce livre, un pamphlet, bien dans la tradition du Pays, comme une alerte pour réveiller …mais ce n’était pas un livre qui avait un autre sens à mon avis : l’oeuvre intellectuelle d’Alain Badiou – voir ses cours en ligne – étant beaucoup trop complexe pour mon petit cerveau…

    De nombreux intellectuels, que l’on ne voit pas dans les medias, écrivent des livres, qui permettent des débats ( hors medias), et je pense, pour la part que nous avons besoin d’eux : en effet, ceux-là ne se sont jamais prostitués [ pardon pour les prostitué(e)s, qui ne méritent pas cet opprobre ]

    1. Bien sûr que les intellectuels de cour sont des traîtres: ils se vautrent dans le culte de la personnalité depuis une vingtaine d’années sans aucune honte. La maladie s’est même répandue dans la sphère universitaire, là on où l’attendait le moins, vu notre bonne habitude française de la critique excessive !

    2. @ M,

      J’ai failli vous rater ; je vous attendais là-haut .
      Sur ce sujet, connaissez-vous les écrits de l’américain Christopher Lasch ? Ce grand intellectuel anticonformiste à ausculté, de livre en livre, les raisons et les travers de l’individu libéral-libertaire fabriqué par le capitalisme avancé, et il a détaillé le système intellectuel et médiatique (cette “ingénierie sociale à grande échelle”) qui le fabrique. Un individu qui doit continuer à se croire à la marge pour mieux être tenu dans la norme (raison pour laquelle ce spécimen libéral-libertaire, enfant chéri du capitalisme actuel, se trouve plus souvent à gauche qu’à droite). C’est passionnant.
      Je crois que c’est Anne, sur le blog de Paul Jorion, qui a déjà cité plusieurs fois Christopher Lash, et notamment son livre “La révolte des élites” (Champs-essais. 2007). Le cas Alain Badiou semble bien y être traité, dans le chapitre “Le pseudo-radicalisme universitaire”.

      1. « … ce spécimen libéral-libertaire, enfant chéri du capitalisme actuel, se trouve plus souvent à gauche qu’à droite ». Ce n’est ni la gauche, ni la droite : c’est l’extrême-droite. Halte au confusionnisme, Jean-Luc !

    3. Pour certains, qui ne se considéraient pas, ou ne se considèrent, pas comme “intellectuels” mais qui ont participé, ou participent à la critique radicale de notre univers technique et marchand, apparaître dans les médias était, ou est, une tare indiscutable.
      Le débat est toujours ouvert, mais il ne peut pas l’être dans l’univers médiatique.

      marlowe@orange.fr

    4. @ Paul Jorion,

      Bien sûr que l’extrême droite est libérale-libertaire, sous le masque populiste d’une morale d’airain. C’est pour ça que ceux qui, à gauche, se disent libéraux-libertaires (il existe je crois un édito de Serge July qui définissait ainsi l’esprit du journal Libération ; je ne l’ai pas retrouvé) sont à surveiller comme le lait sur le feu, car leur confusionnisme est inquiétant. Peut-être n’aurais-je pas dû écrire que ce spécimen se trouvait “plus souvent” à gauche qu’à droite ; disons qu’il y est “tout autant”. Il me semble que de dire cela, aide au contraire à lever les confusions.

    5. Bertrand Delanoë : “Oui, je suis libéral ET socialiste” (dans un livre écrit par joffrin, autre illustration possible du libéral-libertaire)…

  3. Qui s’est juré d’anéantir les acquis du Conseil national de la Résistance? Qui a entrepris de le faire de façon méthodique depuis juin 2007? Nicolas Sarkozy.

  4. paul, j’ai vu votre intervention hier soir. je trouve que vous partez de loin pour finalement finir pas très véhément au regard des thèmes. l’histoire comme vous le notifiez a démontré maintes fois que la présence d’un tyran, ou d’une clique au pouvoir, n’est pas acceptable. ce qui me gène c’est que vous précisez ‘sur le long terme’.

    1. Le Maréchal comme Sarkozy a fait un quinquennat, Pinochet dix-sept ans, et combien de tyrans sont morts dans leur lit ?
      A l’échelle historique, Paul trouve peut-être se “court terme” acceptable…..

      1. Pierre, toujours perspicace, est le seul (parmi 245 intervenants !) à avoir noté que je ne dénonce pas la tyrannie mais que j’en fais au contraire l’éloge. Bravo Pierre 😉

    2. Sur le long terme, l’idiot du village se retrouve parfois fou du roi si toutes fois ce dernier ne l’a pas opportunément donné par “procuration” comme diversion en pâture à la tyrannie de la populace.
      Sur le court terme, la méthode est qualifié par ce dernier ci-dessus de pirouette.
      Nous sommes donc 2/245 à nous questionner sur le sens du rajout “sur le long terme” à l’inacceptabilité de la tyrannie. C’est peu, et remarquable, je vous l’accorde……
      Avec moi aussi un triste petit sourire en coin, car, un peu bête et inadapté, je ne sais pas rajouter ces petits pictogrammes, pour vous transmettre mes états d’âme.

    3. @jorion
      ce que vous dites là, met fin à 3 jours d’interrogations de ma part sur le véritable sens à donner à cette vidéo.

    4. @Pierre

      Réfléchis un peu, nom d’une pipe !
      Je n’ai pas eu du tout ta lecture passablement contre-intuitive. Pour moi, Paul ne parle de tyrannie dans son acception usuelle du tyran-dictateur, du despote totalitaire, de l’omnipotent sanguinaire, du souverain absolutiste, du potentat hyperbolique et “supposé non éclairé” (la liste est longue…Pinochet, Hitler, Staline, Salazar, Franco, Ceausescu, Mobutu, Kim Jong il, Pétain…). Là, la dénonciation est facile, d’évidence et inutile.
      Il élargit. Il dénonce la solution de l’homme providentiel, toujours envisagée dans nos vieilles démocraties comme ailleurs- mythe toujours alimenté par les nouveaux tyrans et la déification des anciens (cf, toujours, le grand Charles..), celle de s’en remettre au charisme, au mérite, à l’intégrité, à la légitimité de commandement supposée incontestable d’un seul être (“le (la) meilleur(e) de nous tous”), légitimité acquise “par-dessus” les institutions démocratiques existantes, et donc par-dessus les principes universels qui les fondaient. Paul dit que cette solution qui peut s’avérer positive dans un moment t avec la “bonne” personne x qui va rencontrer les peurs consensuelles, les doutes et les sentiments d’impuissance d’une population pour s’arroger la légitimité du pouvoir de façon plébiscitaire (unanimisme), quelles que soient les manœuvres plus ou moins honnêtes, sincères ou obscures qui permettent cette cristallisation autour de ce “right man at the right place at the right moment” ne peut être qu’illusoire et limitée dans le temps. Les problèmes et les débats dont le peuple s’est dessaisi pour s’en remettre à son tyran sont rangés à la cave ou au grenier, mais ressurgiront inéluctablement, quelles que puissent être les qualités “supérieures” du despote éclairé.
      Si l’urgence semble avoir été résolue, repoussée, momentanément par cet abandon volontaire de souveraineté, elle reviendra frapper à la porte tôt ou tard. Et si le tyran laissera, au mieux, des institutions rénovées et “musclées” (la Vème de de Gaulle), elles souffriront du double handicap né de l’opposition résolue au monarque qui sera fatalement apparue et du fait d’avoir été fabriquées et en tout cas permises et légitimées par lui, et seulement lui, par sa présence tutélaire, par lui qui ne sera plus.

      Le gouvernement tyrannique, aussi vertueux puisse-t-il être, ne peut défendre un principe universel, juste un principe contingent, relatif. C’est une ambition personnelle qui supplée une ambition universelle. C’est un peuple qui recule, qui s’abandonne, qui se ravale, qui en rabat.

    5. @Pierre

      Pour 😉 , tu tapes espace point-virgule parenthèse) espace

      Pour 🙂 , tu tapes espace deux-points parenthèse) espace

      🙁

    6. @Vigneron
      Cher Maître votre brillante plaidoirie tendrait à me faire envisager la relaxe de votre client, malgré ses pirouettes et provocations face au “jurys populaire”. ..)

    7. @ Pierre,

      Mais si ça va rire ! essayez encore …
      Lorsque vigneron dit “deux points”, il s’agit des deux points à la verticale : et non pas de deux points en ligne ..

    8. @jean luc

      La coopération fait des miracles, c’est bien connu. Mais faut être patient et modeste…

      @ Pierre : point-virgule parenthèse de fin

    9. @ juan nessy,
      Avec moi, les enfants apprendraient que zéro + zéro égale la tête à Toto (O+O)
      (^.^)

      @ vigneron,
      La coopération c’est… (@v@) …chouette !

    10. merci vigneron pour ces eclaircissement, c’est qu’une petite phrase expirée comme ça, entre deux virgules, peut semer le trouble. cette tentation est bien palpable et pas qu’en france. paul discoure par évocation, une fois son décor planté, il fait des comparaisons et passe d’une idée à l’autre. mais de fait il demande pas mal de bonne volonté à son ‘interlocuteur’. je ne vois d’ailleurs pas en quoi l’homme providentiel, un banal populiste en somme, pourrait apparaitre la bonne solution à un instant et moment donnés.

      enfin si. les institution de la 5ème république montrant leur limites quand à la pérénnisation de la classe au pouvoir il serait urgent pour elle de monter un autre cadre légal, comme l’on monte des produits financiers, défendant au mieux ces nouveaux intérêts dans la globalisation. au passage l’on pourrait faire disparaitre quelques affaires et dispositions légales gênantes, en rajouter des commodes, passer des décrets arbitraires, le tout compter en multiple de ‘cent jours’. bref une bonne remise à plat qui aura l’avantage de rompre avec les pratiques courantes et d’opposer aux classes moyennes un nouveau rempart juridique. faut bien les mettre au pied du mur les boeufs, et comme c’est difficile d’expliquer à des c…

      il y a tout de même une petite différence à faire parmis les dictateurs cités, différent de l’homme providentiel qui soit s’encombrer d’une légitimité universelle. en regardant leurs fins. il y a ceux dont la fin de règne est violente (ex-pays de l’est) et ceux où le pays bascule l’air de rien dans une démocratie (espagne). évidemment mieux valait s’entendre avec la bourgeoisie libérale pour négocier une retraite dorée.

    11. Pas de guide ….
      mais aussi, élimination des courtisans : car, ils sont le plus gros problème ( la période que nous venons de vivre, et que nous vivons, donne la nausée).
      Mais, l’abrutissement mediatico-televisuel, mis en place depuis longtemps, et en accélération constante, depuis qu’il faut “vendre du temps de cerveau disponible”, que le bizness prime tout, qu’arnaquer l’autre est institutionnalisé …a fait s’effondrer toute possibilité démocratique …
      La population s’est remise en état de marche, trés nettement en 2005, avec le résultat qu’on sait …
      stigmatisation des “nonistes”, par les politiciens et les mediacrates …ça tombait comme à Gravelotte ! …puis passage en force.
      Que les institutions actuelles ne soient pas adaptées pour un autre que de Gaulle : c’est de plus en plus clair …le costard est trop grand, et n’est guère portable par un autre [em>toutefois, attention, nous ne sommes plus du tout sous la V° république depuis que le tyranneau est là : ce n’est donc pas elle qui est en cause !]
      Mais, sans arrêt de la propagande dans les medias, de faux débats empêchant l’autre de s’exprimer, sans liberté de la presse, sauf exception, sans contre-pouvoir Parlementaire fort ( sous le “monarque”, il est devenu inexistant ), tant qu’il y aura un haut niveau de corruption au sommet de l’état et des multinationales,et conflits d’intérêts divers, rien ne garantit que la prochaine République serait plus démocratique : on a vu ce que donnait les systèmes parlementaires anglais et US, par exemple au moment de la guerre d’Irack =) soumission de la Presse, par le biais de manipulations, perte de tout esprit critique, démission du Congrès états-uniens qui n’y a vu que du feu ….[ là, vive la France, ne vous déplaise !] On le voit tous les jours avec la main-mise des gros banquiers et financiers sur les politiciens américains, qui même s’ils le souhaitaient, ne pourraient pas agir …: donc, là n’est pas l’exemple à suivre aveuglément !
      Bref, un “truand”, car il faut appeler un chat un chat, se servira des institutions, n’importe lesquelles, et faussera tout débat démocratique représentatif de la Société dans son ensemble .
      Il y a conjointement à mener, au moins, une quadruple révolution :
      -cesser avec le consumérisme abrutissant à tous les étages : passer à la* trappe les gourous-coatch-marketeurs de tout poil , ainsi que lélobbies : c’est bel et bien là qu’ils sont les gourous! (* je ne parle pas de la machine à raccourcir : ça ferait trop de monde ! ….),
      – laisser les citoyens, mouvements associatifs, s’emparer du débat public, et le faire remonter [ états généraux ],
      – avoir des Parlementaires représentants du Peuple, donc non soumis aux éminences grises et lobbies divers – soit économiques, soit politiques …
      – avoir une Presse libre, càd indépendantes des patrons de multinationales et autre marchands d’armes
      à partir du moment où les ficelles sont tirées de l’extérieur, pour le bien d’une ploutocratie, ici même, et d’une oligarchie, les meilleures institutions imaginables sont biaisées …( l’exemple anglo-saxon est d’une limpidité totale : il n’est pas un exemple justement !)

    12. Dans la cinquième République française, n’a-t-on pas, par définition, toujours affaire à l’homme providentiel ? Aussi bien pour des raisons institutionnelles qu’à cause des représentations qui sont attachées à la fonction présidentielle le président se voit conférer des pouvoirs bien peu démocratiques. Est élu l’homme qu’on pense capable de diriger le pays, plus pour des qualités personnelles supposées (prédateur politique de préférence, à l’ENA on dit un “tueur”) que pour la consistance des idées.

      La France a un réel problème avec la monarchie. Louis XVI fut raccourci, mais on en a pas fini avec l’homme providentiel. Au nord de l’Europe la monarchie n’a pas été aboli, mais le pouvoir exécutif s’incarne effectivement dans un seul corps. Le chef de l’exécutif ne cherche pas à se distinguer du citoyen lambda. Chez nous, d’une certaine façon, le président endosse toujours les “deux corps du roi”. Et lorsque ce n’est plus le cas, comme avec Sarkozy, la haine que suscite celui qui a beaucoup déçu son électorat est à la mesure des folles espérances qu’il avait suscitées en portant l’attention sur sa seule personne. Comme si Sarkozy ce n’était pas aussi l’UMP, une idéologie, le “produit” de 30 années de néo-libéralisme.

    13. Pierre-Yves D. dit :
      23 novembre 2010 à 11:42

      Néanmoins, j’insiste sur le fait que les institutions de la V° République ont été dévoyées, à un point inoui par joe dalton, mais qu’il aurait dévoyé aussi bien n’importe quelle institution ……
      Tiens, voyons des exemples à côté : Blair …une merveille cet homme là non ! ….

      Les systèmes anglo-saxon et US, dont on prônait le Parlementarisme et la démocratie, n’ont pas fait mieux , et même pire sur la politique extérieure ;…de démocratie : point : ce n’est qu’une coquille vide ….

      Il faudrait donc commencer par les points que je citais plus haut ….
      Sinon tout changement institutionnel ne sera qu’un leurre de plus !
      Et, non faciliter lobbies financiers et autre malfaisants, en adoptant, sans réfléxion le choix anglo-saxon ….

    14. @ M

      Concernant Sarkozy il ne faut pas se raconter d’histoires. Sarkozy use jusqu’à la corde
      toutes les prérogatives que lui donnent la cinquième République. Il pousse seulement un peu plus loin le bouchon et ce qui était relativement supportable lorsque la crise n’était pas encore là, l’est désormais beaucoup moins. Un seul exemple : l’absence d’indépendance des parquets et donc des procureurs qui y sont nommés, cela existait depuis des lustres. Je ne vais pas vous faire la liste de toutes les affaires d’Etat jamais élucidées depuis le début de la cinquième République.

      La présidence “monarchique” caractéristique de la cinquième république est un facteur aggravant car le débat sur les hommes passe avant le débat sur les institutions. Ou plus retord encore, les débats sur les institutions servent de prétexte aux hommes politiques pour servir des ambitions personnelles.

      Je parle de la France parce que c’est le pays que je connais le mieux, mais il n’est en effet pas douteux que chaque pays a ses failles, failles dans lesquelles, vous avez raison, s’engouffrent le pouvoir économique et financier pour prendre les commandes des Etats par gouvernants élus interposés.

      Si aujourd’hui les démocraties ne font pas le poids ce n’est pas seulement parce que nos gouvernants sont imprégnés d’idéologie néo-libérale, c’est aussi parce que les institutions qui les sous-tendent n’ont jamais connu un tel déchaînement des forces brutes du capital, car désormais est en péril l’ensemble de ce qu’on appelle désormais “le système”, ce terme révélateur qui atteste d’une économie désormais à la fois globalisée et segmentée, à grand renfort de technologie. Elles n’étaient donc pas préparées. Alors les démocraties improvisent, en attendant, dans le meilleur des cas, de se mettre d’accord sur la meilleure façon de pacifier l’économie.
      Mais le diagnostic est fait, des solutions proposées. Paul et d’autres tirent depuis des mois la sonnette d’alarme. A ce jour ils n’ont pas été entendus s’ils le sont jamais. Mais au moins auront-ils fait entendre leur petite musique, comme une ritournelle, de celle qu’on oublie pas, et qui pourrait rappeler aux décideurs lorsqu’ils se trouveront au bord du gouffre qu’il y a d’autres issues que la guerre de tous contre tous.

      Mais le corps social n’est pas inerte. Ailleurs les “lignes” bougent. Des intellectuels, certes pas encore assez nombreux, prennent nettement parti, non plus pour tel ou tel parti, mais pour dire que les politiques appliquées aujourd’hui sont nocives et qu’il serait temps de passer à autre chose. De proche en proche ce sont les lignes idéologiques qui traversent les différents partis institués qui finissent par bouger.

    15. Si aujourd’hui les démocraties ne font pas le poids

      Elles ne faisaient pas le poids non plus avant. Avant les 30 glorieuses, peut-on parler de démocratie? Et même pendant les 30 glorieuses?
      Le capital, c’est-à-dire le pouvoir, devait se montrer plus conciliant avec le peuple au vu de la menace communiste. Cela ne signifie pas que le peuple était au pouvoir.

    16. moi,

      C’est vrai, elles ne font pas plus le poids qu’hier.

      Ce qui est nouveau néanmoins c’est que cette fois la nécessité d’une réelle transformation des institutions vers plus de démocratie, aux niveaux mondial et local, devient tout à fait vitale. La concentration des richesses est indissociable de l’absence ou du moins de l’insuffisance des institutions qui portent la démocratie.

      Roosvelt avait pu sortir de la Grande dépression sans grande transformation des institutions politiques. Les démocraties libérales purent ainsi faire l’économie de grandes transformations telles que celles qui furent opérées par les totalitarismes nazi et soviétique. L’état providence ne fut en effet qu’un aménagement, un accompagnement — certes de grande ampleur — du développement du capitalisme.
      Après la seconde guerre mondiale furent crées les organisations internationales mais ces instances ne permirent guère de renforcer la démocratie, certaines d’entre elles comme le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, l’Union européenne, allant même au contraire dans le sens d’un recul de la démocratie en laissant libre cours au pouvoir déstructurant des forces du marché.

      Aujourd’hui les démocraties dites libérales n’ont plus d’autre choix que de refonder l’économie. Je dis bien de l’économie pour signifier qu’il s’agit de faire émerger une économie nouvelle à l’horizon d’un monde post-capitaliste, qu’il faut donc dépasser l’étroite perspective des avantages comparés des divers avatars du capitalisme. 😉
      Les politiques de simple relance de l’économie ne peuvent tenir lieu de solution durable et désirable pour nos sociétés.

    17. @Pierre-Yves D.: oui, il faudra une transformation, c’est obligatoire tout comme dans les années 30. C’est le point positif de la situation. Mais cette transformation ira-t-elle vers plus de démocratie? On sait comment cela a tourné dans les années 30. Gardons espoir.

    18. à M

      j’insiste sur le fait que les institutions de la V° République ont été dévoyées, à un point inoui par joe dalton, mais qu’il aurait dévoyé aussi bien n’importe quelle institution ……
      Tiens, voyons des exemples à côté : Blair …une merveille cet homme là non ! ….

      Les systèmes anglo-saxon et US, dont on prônait le Parlementarisme et la démocratie, n’ont pas fait mieux

      mais n’était-ce pas là la mission de nicolas? je trouve que c’est un moindre mal. pour aller vers une démocratie plus directe, comment ne pas casser l’inconscient monarchique des européens? ce frein à la diversité, à la liberté d’expression, à l’initiative, à la création d’une société planétaire. cette idée qui dit en substance que certaines affaires ne regardent que les puissants. et en allant plus loin, que la terre et le travail d’autrui peuvent être accaparée…

      c’est se mettre au gout du jour. l’europe a crée le nouveau monde et l’a colonisé. aux états-unis le seul palais royal est à… hawaï (j’ai pu le voir ce n’est pas vraiment versailles). donc nous avons crée un monde ou l’idée démocratique est l’inconscient de 600 millions d’américains, descendants de ceux qui ne pouvaient rester dignement en europe… libres dans les grandes plaines, autonomes. voilà un hiatus culturel qui marquera probablement une scission avec l’europe si nous n’arrivons pas à nous défaire de cette idée que nos initiatives doivent être soumises à la puissance publique et divine. après comment s’étonner que les américain lâchent un tel boulet en pleine crise? honnêtement plus jeune j’ai pu penser parfois que mitterrand devait sûrement savoir marcher sur l’eau.

      en amérique (les deux) nait sous nos yeux une société beaucoup plus égalitaire avec tous les ratés que comporte le risque de créer une citoyenneté nouvelle et ambitieuse, ces ratés dont nous nous moquons: violence malnutrition acculturation néo-christianisme hypertrophie juridique ect… les disparités extrêmes actuelles ne sont, amha, qu’un symptôme qui sera vite résorbé quand les consciences connectées sous l’effet des technologies numériques s’éveilleront. c’est l’avantage d’avoir un ‘bagage’ historique récent, l’appétence pour le nouveau, un peu à l’instar d’une france qui se trimballe un paris figé devenu muséum géant pour touriste et d’un berlin post-moderne s’annonçant grandiose et vivant…

    19. c’est encore cette idée monarchique*, cet atavisme devrions nous dire, ce reliquat qui nous menace à la moindre régression, qui empêche la france de soutenir les indépendantistes québécois dans leur/notre lutte, quand bien même il en va de la survie du pays de sa langue et de sa civilisation. au nom de traités du 18ème siècle! quand des traités datant de cette époque ou bien plus récents sont partout revisités, quand le kosovo a pu obtenir l’indépendance…

      (* cette idée monarchie donc, et une classe de politique et haut-fonctionnaires constituée de dégonflés conformistes et sans vision)

  5. Le prochain grand personnage du nouvel ordre mondial dira :
    Adorez et glorifiez moi seul, je suis la lumière du monde, car le tout social économique est sorti de moi, le tout sécuritaire peut même y sortir davantage, mais pour cela j’aurai encore besoin de votre adoration, de votre soutien, que vous acceptiez encore ceci et cela sur vous,

    Adorez moi c’est moi la lumière du monde, c’est bien simple plus les gens m’écoutent
    et pensent continuellement à moi en période de crise, et plus le monde s’en porte déjà mieux en esprit et en vérité, acheter ou vender encore ceci et cela et vous verrez vous ne serez vraiment pas décus,

    Je serais toujours là, je suis la lumière du monde, de l’histoire, c’est bien simple faites donc encore ceci et cela en mémoire de moi et la crise ne sera pour vous qu’un autre mauvais jour de plus à passer, penser surtout d’abord à mon bon confort de vie terrestre,

    Je suis la lumière du monde, c’est moi même le premier bienfaiteur de l’humanité selon encore les bonnes valeurs actuelles, big brother dispensant continuellement aux êtres la bonne parole de conduite à suivre en priorité,

    Dans ces moments-là nous éprouvons bien alors de plus grands moments de plénitude,
    la pauvreté, la souffrance, l’oubli n’est plus vu alors pour l’homme qu’un plus lourd fardeau
    à porter, mais présence continuelle d’une nouvelle idole moderne de plus à l’image.

    C’est important de savoir mieux jouer un rôle de vendeur, pour mieux garder plus longtemps nos illusions de changement, qui aurait peur du grand froid si la crise perdure plusieurs années ? Cherchons et suivons bien alors le meilleur personnage habillé sur terre,

    Et si vous avez encore de l’argent prêtez-le davantage aussi avec intérêt et usure, car moi seul je suis la lumière du monde voire même beaucoup moins pire à voir en période de crise.

    1. ah oui tiens qu’est ce qu’il dirait nôtre nouveaux guide, en liturgique énomico-socialisante?

      et à quelle occasion prendrait-il les rennes de la diligence française poursuivie par les apaches chasseur de scalp budgétaire de la finance?

    2. @ Idle

      Pas possible aujourd’hui, je pars plutôt pêcher des truites et du thon rouge au groeland, il n’y a d’ailleurs plus qu’au milieu des phoques que je me sente bien,

      En plus la dernière fois que j’ai entendu la messe je ne vous raconte pas, c’était pas triste
      non plus à voir et à entendre ce jour là peut-être pour la prochaine fois en matière de morale,

      J’avais pourtant bien besoin de désaltérer mon Ame ce jour là, enfin que voulez-vous c’est
      la vie, c’est la crise, si ça se trouve même dieu on ne le laisse plus beaucoup rentrer dans l’esprit bien institutionnalisé d’une église,

      Les choses sérieuses aux gens sérieux, faut bien parfois savoir respecter un peu plus scrupuleusement l’esprit de la lettre un peu partout,

      De toutes façons il y a encore trop d’oisifs peu productifs qui prient dans ce monde, il est vrai qu’une plus grande somme d’usuriers sur les marchés ce n’est pas tant génant pour mieux faire accepter la valeur travail et effort aux êtres,

      On se demande parfois pourquoi les plus grands usuriers de l’ame humaine sur terre se montrent-ils si juges et donneurs de leçons de morale,

      C’est dommage d’ailleurs que les premiers bon travailleurs de ce monde à l’antenne, en politique ou en religion ne se montrent pas toujours moins juges des autres en société,

      Comme si la seule religion du travail, de l’argent, de l’intérêt, du pouvoir, de l’usure, comme du seul développement personnel de l’être humain en société n’apportait pas mieux en retour un meilleur esprit de non jugement,

      Si ça se trouve l’excès de travail des gens du marché ou en matière de religion en conduit beaucoup plus à l’inactivité forcé que les premiers oisifs de ce monde,

      J’éprouve parfois bien plus de sympathie à parler avec un oisif au bord de la plage, qu’avec
      le premier entrepreneur pseudo-chrétien bien peu grâcieux de ce monde en faillite morale.

      Vous verrez si demain c’est la grande faillite générale on en fera encore porter le chapeau
      au premier oisif de couleur de la cité, encore plus si Mr l’évèque nous donne l’absolution,

      Il y a des gens qui excellent tellement dans ce monde politico-religieux marchand, qu’ils ne
      font plus guère aimer le gout de l’effort et du réel dépassement des êtres en société,

      Tu te rends compte Timothé ? nous avons encore beaucoup de fainéants de l’esprit alors qu’eux-même ne sont peut-être pas non plus les meilleurs ouvriers de l’évangile, faut voir parfois comme ils préfèrent bien plus vivre dans le bon confort douillet de plus,

      L’oisif que je préfère bien plus juger de vaurien en premier dans une cité, à défaut peut-être
      de vouloir mieux l’embaucher le premier chez moi dans les beaux quartiers.

      Regarde mon Dieu comme je travaille beaucoup plus vite qu’un autre, c’est sur comme je mérite bien plus le droit d’aller en première pompe au ciel,

      Dans ce monde plus vous grimpez très haut dans l’échelle sociale de quelque part et plus vous vous devenez blanc comme neige ,

      Un homme ne devrait jamais rechercher les premières places et les honneurs dans une messe, une église là ou le vin de la messe est beaucoup moins amer et dur à boire,

      Par contre si par malheur vous deviez vous retrouver tout en bas, je ne vous raconte pas alors ce que vous aurez à endurer et à entendre de plus au sujet de votre compte,

      C’est bien connu Mr l’évèque plus ils recherchent à vivre comme des vauriens, et plus ils désirent vivre dans l’oisiveté la plus totale dans les cités, donc moins de si riches donateurs comme moi

      Pour moi ce n’est pas tant l’oisif qui me préoccupe le plus, c’est bien plus les grands de ce monde qui en poussent tant les êtres a être dégouter de la valeur travail,

      Dieu répondit de quoi te plains-tu encore Jérémie sur Rome où Jérusalem, cela fait bien longtemps qu’ils ne me laissent plus guère rentrer dans le saint des saints.

      Celui qui laboure, détruit plus grandement la terre comme mieux encore juger son prochain dans le travail, ne sera pas toujours mieux rassasié de pain frais en retour,

      On ne peut bien sur prêcher plus longtemps plusieurs choses à la fois, car à un moment donné il faut bien choisir,

      Alors sans façon pour moi la messe ce soir car les marchands sont encore dans le temple,

    3. mais enfin, notre Sauveur, c’est Paul, et la grande messe se fait sur ce blog, nous sommes des disciples, notre rôle est de parcourir les réseaux pour diffuser la parole du Maître.
      Ô mes frères, ne sentez-vous pas venir l’aube du Grand Soir, ne sommes-nous pas les croisés de notre Sainte Crise, celle qui brisa l’histoire et le plus noir dessein. Les chars de François, le tambour de Julien, et notre humble plombier partent sur les chemins.
      “c’est la lutte primale…”

    4. jérémie a écrit
      L’oisif que je préfère bien plus juger de vaurien en premier dans une cité, à défaut peut-être
      de vouloir mieux l’embaucher le premier chez moi dans les beaux quartiers.

      les vrais riches, eux, ne se formalisent pas de l’oisiveté ou occasionnellement pour la galerie, ils se savent hors d’atteinte et ne se font plus d’illusion sur la rareté du travail et la berezina démographique de ces 50 dernières années.

      finalement lorsque l’on dénigre c’est que l’on se sent menacé dans ses intérêts sinon c’est l’indifférence qui trône. combien de petits esclavagistes modernes qui ne disent pas leur nom, des couples de la petite bourgeoisie pas si bohème sous prétexte que ‘là-bas’ c’est ‘comme-ça-que-ça-se-passe’… cette petit bourgeoisie d’ingénieur et autre supermanager c’est elle qui se coltine les mois de février mars avril mai à faire grimper avec la france d’en bas le pib national (de moins de 2% d’ailleurs), c’est elle qui se sent menacé par les clochards qui dorment dans la rue. pas les ultra-riches. ne doutons pas un instant que tous ceux qui passent régulièrement des séjours à dubaï où je ne sais quelle paradis pour riches et belles poulettes crée par les ultra-riches, ne sourcilleront pas une seconde quand il faudra choisir entre les valeurs de la république et le confort des émirats, des yacht de luxe et des iles.

      bienvenue à gattaca

  6. Boites globalisée contre PME…
    Plus subtile que ça. Il ya une une grosse difference entre la production, l’usinier, le fabriquant d’avec le négociant, le commerçant . Déja au XIXieme siècle.
    Les uns essaient de creer une classe moyenne, qui consomme.
    Les autres ce qui les interessent, c’est la spéculation, les marges…
    Cela existe jusque dans les PME de petit village. L’idéologie est trés differente.
    Favoriser les PME dans le commerce, serait donc totalement inutile.
    Jadis, comme demain.

    1. @ Izarn,

      Il y a en effet une grande différence entre le producteur, celui qui produit de la richesse (pas au sens financier évidemment), et celui qui ne fait que faciliter la circulation des marchandises déjà produites par autrui (le négociant). Les deux derniers siècles ont favorisés l’activité de négociant au profit de celle de producteur parce que produire était devenu “facile” et que négocier s’était enrichi de possibilités nouvelles grâce notamment au développement des moyens de transports internationaux.
      Une contrainte matérielle supérieure sur l’activité de production et de transport (pénurie d’énergie) pourrait voir un inversement du système et le retour des producteurs sur le terrain des valeurs.
      De toute façon, produire, c’est-à-dire créer quelque chose restera toujours la tâche première, celle sans laquelle rien d’autre n’est possible, la véritable création de richesse.

      Cdt.,

  7. Docteur Jorion,
    j’ai une question très importante à te poser. Est-il possible d’être un bon anthropologue si on n’a rien compris au célèbre tableau de ton compatriote Magritte intitulé: “ceci n’est pas une pipe”?

    1. « Ceci n’est pas une question ? »

      Bien sûr que non, voyez la place que j’ai accordée à la logique (et à la linguistique) scolastique dans Principes des systèmes intelligents (1990).

    2. Merci, Docteur Jorion. Je me suis permis de te tutoyer, encouragé par un léger excès de dive bouteille, en guise de clin d’oeil au tutoiement wallon, façon de te dire bienvenue sur la terre de mes ancètres et je suis content que tu ne l’aies pas mal pris. Bon, tu m’as renvoyé un vous un peu distant, mais c’est bien normal, notre connaissance n’est pas symétrique. Moi, je te lis tous les jours et je t’écoutes tous les vendredis et du coup, tu m’es devenu familier.

      En ce qui concerne la pipe de Magritte, comme je n’ai pas encore la collection complète de tes oeuvres, je ne sais pas bien si on s’est compris. Ce que j’y vois est très subversif. Magritte nous démontre que la représentation est incluse dans le réel et non l’inverse. Plus la pipe est ressemblante et plus le message de Magritte est puissant. Pour être anthropologue, il faut pouvoir s’extraire de sa propre culture, de sa propre cosmologie qui est vécue comme si elle était la vérité, c’est à dire comme si le modèle, la représentation incluait le réel et non l’inverse. Est-ce que c’est bien ça?

  8. Bonjour,

    Vous déplorez fortement que les médias parlent des personnes plutôt que des institutions en rapportant que tel ou tel directeur de la FED (ou de BCE) s’est exprimé.
    Cette pratique n’est pas nouvelle, ainsi quand Martine Aubry a été élue à la tête du PS face à Mme Royal et à Mr Hamont, les médias ont rapporté la “bataille” entre les différents clans, sans entrer dans les nuances de qui défendait quoi au niveau des idées, ils ont laissés les citoyens dans une position de spectateur, alors qu’il aurait été simple de dire que Mme Royale représente l’aile droite du PS (proche de Mr Bayerou ou de l’aile gauche de l’UMP), que Mr Hamont en représente l’aile gauche de ce même PS (plus proche du PC ou de Chevènement) et que Mme Aubry (il me semble) est plutôt entre les deux positions politiques, ainsi ce qui a été présenté par les médias comme des luttes de personnes était en réalité une lutte plus philosophique afin de savoir le projet de société qu’aller proposer le PS.
    Ce petit détour dans les détails qui intéresseront pas forcément grand monde illustre la rétention d’information faite par les médias, n’est on pas ici dans un cas similaire où les médias ne fond pas leur travail afin de mettre les gens dans la position de spectateur devant ce qui apparait comme des querelles de personnes entre les grands de ce monde ?

    1. Il ne s’agit pas de cela, il s’agit du fait qu’au lieu d’entendre parler M. Bernanke au nom de la Fed, on entend différentes voix divergentes au sein de la Fed, au lieu d’entendre parler M. Trichet au nom de la BCE, on entend différentes voix divergentes au sein de la BCE, au lieu d’entendre parler Mme Merkel au nom du gouvernement allemand, on entend différentes voix divergentes au sein du gouvernement allemand, etc.

    2. Runn et Paul :

      Vous avez raison tous les deux, dans la mesure où dans les deux cas, l’institution a ipso facto perdu la légitimité qui était la sienne. Sinon, l’idée de pouvoir ou devoir exprimer deux sons de cloche ne viendrait pas à ses membres. Voir la fin pour une analogie en rapport avec Turing & les plantes
      (Un excellent test de l’affectio societatis est de poser les mêmes questions aux membres individuels d’une société (ses fondateurs p ex) entre 4 zyeux l’un après l’autre et de voir si ils répondent de façon concordante, sinon identique. C’est un test des venture capitalists pour évaluer la cohésion d’une équipe, …du temps que lesdits capitalistes investissaient dans autre chose que la finance pour la finance.)

      Dans le cas du PS, il ne sait pas où est sa boussole, ce qui le prive d’une légitimité (d’une légitimité évidente, allait-je écrire, mais c’est un pléonasme dans le message que je veux faire passer, la légitimité est ce qui s’impose d’évident, quand le niveau transindividuel de référence est bien le même (p.ex. la nation pour un général qui veut emmener ses troupes à la guerre, brrr, mais on peut trouver des exemples plus heureux)).

      Donc chacun s’exprime à sa façon dans ce cas, quand la légitimité prend l’eau de toute part. Qu’on ne me dise pas que le PS sait ce qu’il veut sur des sujets comme la mondialisation ou la sécurité.A sa décharge, il y a un côté congénital à la gauche, suivant Généreux, de recherche de coopération par opposition à la loi du plus fort qu’elle rejette. N’arrivons nous pas là à la césure compromis/consensus discutée il y a peu ici ?

      Enfin, j’en viens à mon analogie à la Turing : je pense à la morphogénèse des plantes, où Turing passa après les frères Bravais et avant le duo Douady Couderc récemment en France : la génération des nouvelles pousses en bout de tiges, les méristèmes, suit une logique très simple, mais néanmoins susceptibles de beaucoup d’états. Le méristème s’autonomise si la concentration en un certain produit devient forte, les méristèmes voisins déjà commencés se chargeant toutefois d’inhiber la croissance dans leur environnement. Il faut attendre que la pointe (qui pousse “collectivement” , ida est indifférenciée) s’éloigne vers le haut ou gonfle assez pour que le nouveau méristème arrive au seuil d’existence, en échappant à la répression des déjà-là.

      Je crois que le même mécanisme est à l’oeuvre dans le PS, toute option laissée suffisamment large entre deux ténors verra un deuxième couteau pointer le bout du nez pour l’occuper. La logique globale de la “plante PS” est d’avoir des “rameaux” en nombre. Ca ne lui donne pas la force de traction de plantes qui privilégient la force de la tige (lierre) , la vivacité (liseron), l’inhibition des prédateurs (la ronce). Vous aurez reconnu ces plantes à pucerons toujours capricieuses si elles ne sont pas en pleine terre.
      Je laisse aux amateurs de Chouchen ou de Chimay de plus amples développements.

    3. @Paul Jorion :

      Ok, vous nous parlez de la faillite de la dédibilité de ces institutions aux yeux mêmes des gens qui en sont à la tête, ils troquent alors la légitimité de l’intitution contre leur légitimité propre en tant “qu’expert” ou de “grand gourou”, avec une plus grande opacité encore pour savoir qui tire les ficelles derrière les pantins qu’il y a dedans parmis les gens valables (car je pense qu’il y en a, là comme ailleurs)

    4. « Ce que la vie de Lacan nous apprend, à la différence de ses écrits fabuleux, est que « prestige » ne devrait pas être le nom du jeu. La leçon du maître est ce à quoi il conviendrait de ne plus tendre l’oreille. Mais l’expérience n’est pas didactique, écrivait Lacan » (Adam Phillips,) “Promesses de la littérature et de la psychanalyse, éditions de l’Olivier, 2010” ).

  9. @Methode
    Bonsoir,
    Vous avez écrit un peu plus haut :
    ”où sont passé les transporteurs routiers?
    -pourquoi la sncf ne s’est-elle pas mise en grève?”

    Les chauffeurs routiers sont des salariés. Ils peuvent faire grève en laissant les camions au dépôt mais ils ne peuvent utiliser les véhicules appartenant à l’entreprise pour revendiquer.
    Lorsque le pays fut bloqué par les routiers il y a quelques années, cela fut le fait du patronat routier qui a pris le pays en otage pour obtenir satisfaction à ses revendications.

    La SNCF et autres services publics de transport (RATP …) :
    La grève a eu lieu durant plusieurs jours (9-10 jours environ) mais avec la mise en place du service minimum, son impact fut limité.
    Le remake de 1995 n’a pas eu lieu et n’aura plus jamais lieu.

    Par ailleurs, vu le faible nombre de grèves interprofessionnelles, le faible nombre de manifestants compte tenu des enjeux … vous connaissez la suite, les français voulant à tout prix partir en congés à la Toussaint.
    La grève par procuration n’existe pas, s’ils sont mécontents les français devront se remuer le popotin et ne pas compter sur d’autres qui furent muselés en 2007 conformément à leurs souhaits.

    1. à jpm,

      Le remake de 1995 n’a pas eu lieu et n’aura plus jamais lieu.

      voilà qui est catégorique. j’en avais déduit la même chose des propos de pierre-yves, que je me plais à voir comme une sorte de désir non-assumé, bref le message est tout à fait clair: aucun espoir, roubini semble l’avoir confirmé, point ne sert de trop se débattre.

      vous avez coupé la fin de mon post, mais comme de toute façon vous parlez de prise d’otage une question: les français n’ont-ils pas refusé le traité constitutionnel européen? n’étaient-ils pas opposés à la réforme? où sont les otages? les manifestatnts étaient nombreux compte tenu des enjeux, de la désinformation générale, de l’autisme de l’élysée. je vois poindre le démon minimisateur, l’esprit reducteur, pour écarter le réel et mieux s’envoler vers la macro-économie roubinienne, pépère et gratifiante.

      voyons si les choses tiennent jusqu’en 2012, ce ‘défilée’ des retraite apparaitra alors comme un comptage des troupes, l’ouverture ayant définitivement enterrinée le fait que beaucoup de gens de gauche sont des coquets (y compris à la base)… et ce tour de chauffe fut européen.

      l’histoire n’est pas écrite jpm et pyd, ce serait pratiquer une pensée figée, séquelle des vues totalisantes de la guerre froide et longtemps considérées comme in-dé-pa-ssa-bles ayant influencé plusieurs génération de penseurs: les esprits et les psychologies épuisées ont développé ces thèses d’urgence comme un aveux de faiblesse à imaginer un autre monde des possibles. la nature a horreur du vide. le monde n’est plus aux intellectuels lénifiants à l’européenne, mais il est à réinventer, à faire, au delà des mots, les esprits ne peuvent s’absoudre de Sens, les mots oui… mais tout cela nicolas l’a bien compris.

  10. Bonjour Paul,

    Vous qui semblez vous être beaucoup documenté sur la Revolution française, pourriez-vous m’indiquer un bon livre sur cette période ?

    Si quelqu’un sur ce blog peut également m’aider, toute suggestion est la bienvenue (pour l’instant je ne trouve pas grand-chose sur le net, à part la version Gallo 🙁 )

    1. Bonjour,

      Il faut lire des livres traitant de sujets variés si vous voulez vous faire une idée personnelle de ce que fût la Révolution Française : des livres concernant les personnalités indiquées (Robespierre, Saint-Just, Danton, Marat ; sans oublier Napoléon, Joséphine, et leurs familles, Louis XVI, Marie Antoinette et leurs enfants…) mais aussi des livres traitant des guerres, civile (guerres de Vendée) dont l’épisode de la Terreur et des guerres extérieures (en dernier lieu les guerres napoléoniennes). Vous pouvez aussi lire des livres sur Charlotte Corday. Vous pouvez lire des discours publics de l’époque. Vous pouvez également lire des livres concernant la situation des différents Ordres à la fin du XVIIIème siècle : vous y découvririez notamment que la noblesse de province était souvent désargentée et plus proche des préoccupations des paysans que de celles des petits commerçants. Vous pourriez lire des essais sur l’état des villes et le développement du commerce (prémices de l’industrie déjà là) à la même époque.
      C’est à peu près le seul moyen, un peu long j’en conviens, de vous faire une idée pas trop éloignée de la réalité et sans trop de parti pris, de ce que fût cette période de l’histoire.
      Vous pouvez aussi lire les auteurs Russes comme TolstoÏ (Guerre et Paix) : magnifiques pages d’histoire.

      Cdt.,

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