LA METHODE N’EST PAS LA BONNE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ils étaient seize dans la zone euro. Avec un peu d’aide du Fonds Monétaire International, ils se sont mis ensemble pour aider l’un d’entre eux, la Grèce. Ils sont restés quinze aveugles à soutenir un paralytique.

Ils étaient quinze pays encore debout dans la zone euro. Avec un peu d’aide du Fonds Monétaire International, du Royaume-Uni et de la Suède, ils se sont mis ensemble pour aider l’un d’entre eux, l’Irlande. Ils sont restés quatorze aveugles à soutenir deux paralytiques.

Ils sont quatorze encore debout. Et il est facile d’imaginer la suite. Il est facile de l’imaginer en novembre puisqu’on l’entrevoyait déjà en février. J’écrivais le 25 février dans Feu en la demeure : « Vous ne sauverez pas la Grèce en lui enjoignant de baisser le salaire de ses fonctionnaires. Vous ne sauverez pas la Grèce en l’encourageant à combattre la fraude fiscale. Vous ne la sauverez pas non plus en créant une… cagnotte (on tombe ici dans le dérisoire !) ». Et j’ajoutais, reprenant mes propos dans l’émission « The Debate » sur France 24, le 3 février : « Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne ».

Ils sont quatorze encore debout. Et le Portugal et l’Espagne sont très pâles depuis déjà février. La méthode n’est pas la bonne. Est-ce vraiment si difficile à comprendre ?

THIS METHOD IS INADEQUATE

They were sixteen in the euro zone. With a little help from the International Monetary Fund, they put their strength together to help Greece out. There they were: fifteen blind supporting one lame.

They were fifteen countries still standing in the euro zone. With a little help from the International Monetary Fund, the UK and Sweden, they put their strength together to help Ireland out. There they were: fourteen blind supporting two lame.

They’re fourteen now, still standing. What happens next is easy to envision. It’s easy to envision since it was already obvious back in February. I wrote on February 25 in The House is on Fire : « You will not save Greece by intimating her to lower her civil servants’ wages. You will not save Greece by encouraging her to fight fiscal fraud. You will not save her either by setting up a… kitty (how pathetic can one be?)”. I added, quoting my own words on « The Debate » (France 24), on February 3: « This time around, it won’t be 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, it will be 1) Greece, 2) Portugal, 3) Spain ».

They’re fourteen, still standing. Portugal and Spain have been in a poor shape since February. The method is inadequate. Is this really so hard to grasp?

NO ES EL BUEN METODO

Eran dieciséis en la zona euro. Con un poco de ayuda del Fondo Monetario Internacional, se unieron para ayudar a uno de ellos, Grecia. Hubo así quince ciegos sosteniendo a un paralítico.

Eran quince países en pie aún en la zona euro. Con un poco de ayuda del Fondo Monetario Internacional, más Inglaterra y Suecia, se unieron para ayudar a uno de ellos, Irlanda. Hubo así catorce ciegos sosteniendo a dos paralíticos.

Son catorce en pie aún. Y es fácil imaginar la continuación. Es fácil imaginarla en noviembre, puesto que se vislumbraba ya en febrero. El 25 de febrero escribía yo en “Peligro inminente”: “No se salvará a Grecia animándola a combatir el fraude fiscal. No se la salvará tampoco creando un… bote común (cosa irrisoria)”. Y añadía, repitiendo lo que había dicho en la emisión « The Debate » de la cadena de TV France 24, el 3 de febrero: “Esta vez no se trata de 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch sino de 1) Grecia, 2) Portugal, 3) España ».

Son catorce en pie aún. Y Portugal y España están muy pálidas desde el mes de febrero. No es el buen método. ¿Tan difícil es comprenderlo?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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134 réflexions sur « LA METHODE N’EST PAS LA BONNE »

  1. Le 25 février votre tiercé dans l’ordre c’était : “1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne »
    Il y avait donc un outsider chez les PGS?
    Ah! ça IRA! ça IRA! ça IRA! Après le Sirtaki, la Gigue est arrivée avant le Fado et le Flamenco!
    Un oranger, dans un jardin Irlandais, ça on ne le verra jamais…..
    La République, bien que “sauvé” par les Orangistes, ce fera Tintin pour les Oranges bleues à Noël !
    Retour à la case départ, reste la pêche et la patate.

    1. Et la revendre à qui ?

      Il faut arrêter avec cette stigmatisation du spatial ! Même si l’ISS est coûteuse et peu utile, les retombées technologiques et fondamentales, la coopération internationale (je ne crois pas qu’il y est des masses de projets communs à l’échelle de dizaine de pays à l’heure actuelle), les emplois créer et l’appel d’air techno-industriel justifient déjà selon moi ces sommes (de plus elles ont été étalées dans le temps, on a pas déboursé comme ça du jour au lendemain 115 milliards). La recherche n’est pas un gouffre à euros, et il me semble qu’il serait plus intéressant de zieuter du coté des budgets défense et surtout ne pas oubliez que c’est la sphère financière la première responsable de la situation !

      Quant à dire que “l’espace n’est pas la porte de sortie de l’humanité”, à très long terme, c’est sûrement la seule, à part si vous êtes adeptes des théories de Chardin.

      ps, revendre l’Irlande à la chine…. il y a matière à faire un dessin d’actualité là !

    2. @fatso

      Je pensais à E.T. car je ne vois pas qui d’autre. Sinon je voulais juste mettre en perspective la somme de 100 milliards de dollars payée par le communauté internationnale pour le beau projet qu’est l’ISS.

      Quand ils étaient encore les premiers exporateurs de pétrole, les USA ont à eux seuls déboursé 170 milliards de dollars pour le programme Apollo. Je ne crois pas qu’ils aient encore un jour les moyens énergétiques et financiers que pour reproduire cette aventure. Ils ont eu leur chance.

      Après avoir rêvé de conquête spatiale pendant fort longtemps, j’en suis arrivé au stade où je n’y crois plus. Je trouve même que cela prend une tournure malsaine quand cela sous-entend que l’on peut se permettre de détruire notre matrice écologique parce que l’espace nous attendrait.

      Je pense qu’il n’y a pas assez de ressources en terme énergétique que pour relancer la conquête spatiale sauf à développer la fusion bien plus rapidement que prévu (elle est annoncée dans 40 ans), mais là aussi j’ai des doutes. Vous allez me dire que je ne suis vraiment pas jojo …

    3. Non, je suis plutôt d’accord avec vous, mais je pense qu’il faut regarder plus loin.

      Si l’on passe certains cap (fin des énergies fossiles notamment) , si l’on devient une espèce mature (quoique cela puise vouloir dire), si l’on y trouve quelque intérêt et si l’on s’affranchit de la gravité, pourquoi pas ? De toute façon, on ne le verra pas de notre vivant, et je n’ai que 26 ans. Gamin, je pensais vraiment voir un homme marcher sur Mars, aujourd’hui, sauf miracle….

      De toute façon à très long terme (10 000 ans, 100 000 ans) je ne vois pas trop quel est notre avenir en tant qu’espèce. J’espère juste que nos descendants ne vivront pas comme l’on vivait en l’an mil en Europe…

      Votre pseudo me laisse penser que vous avez fréquenté le forum oléocène, me tromperais-je ?

    4. @ Fasto

      Non, on peut demander de la lucidité, et souhaiter arrêter l’ISS et ITER, qui deviennent des “too big to fail” avec une gouvernance assez opaque . Je pense à la partie CEA de ITER et MegaJoule en France.

      De plus les engagements internationaux incompressibles font que les coups de bélier budgétaires sont retransmis en amplifié à la recherche publique.

      On peut rêver que 100 milliards injecté dans un tissu de PME cruellement manquant en France aurait permis de fabriquer en Europe 1 million d’emplois très sympathiquement productif (avec une “subvention” de 100 kE par emploi, on peut faire du bon taf), il aurait certes fallu s’assurer que les grands groupes ne mettent pas la main dessus,
      et que la bêtise systémique ne soit pas trop basse de plafond
      (p.ex le dernier rapport de l’Affset sur les LEDs estimées dangereuses pour les yeux (dans des conditions invraisemblables par rapport à la réalité )et son press kit alarmiste risquent de saper assez fortement une des rares chances indiscutables d’économie d’énergie, même un avocat américain en mal de scandale artificiel s’en rendra compte)
      (Je crois aussi qu’avec REACH en version actuelle, on intedirait sans coup férir l’eau de Javel)
      (bref, on ne sait pas fabriquer une population éclairée sur le risque, ça vaudrait bien 10 milliards d’euros de sortir de l’état de bêtise qui règne dans l’usage mal compris des stats et le principe de précaution tout aussi mal compris…)

    5. Faut il rappeler que les sous entendus de la conquête spatiale , hier comme aujourd’hui ( cf guerre des étoiles et satellites tueurs ) et peut être demain , sont militaires et relèvent de la recherche de suprématie .

      La logique étant toujours aussi primaire qu’efficace : être plus haut que l’ennemi pour lui verser de l’huile bouillante sur la tête .

    6. @Timiota.

      C’est un point de vue que je ne partage pas. Il est inévitable que des projets aussi complexes et impliquant tant nation aient leur part d’obscurité. En attendant ITER est une des principales voie qui nous permettra peut-être d’éviter de tous nous écharper quand l’énergie bon marché ne sera qu’un souvenir.
      On peut aussi estimer que les 5000 milliards de la guerre d’Irak et que les centaines de milliards engloutis dans la crise financière auraient été utile de bien des façons… ce ne sont pas le 50 milliards d’ITER (sur je ne sais combien d’années) qui sont responsables de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, non ? Au contraire, ces projets, envisagés sur le long terme, sont une des premières tentatives de l’humanité de voir plus loin que le bout de son nez.

      Pour le reste, le principe de précaution, tant qu’il ne tue pas toute innovation est un bien moindre mal que celui qui ronge les gens qui travaillaient dans l’amiante, par exemple. (ou des PCB, apparemment du bisphénol, des produits phytosanitaires etc etc)

    7. @Juan Nessy

      Non, si le militaire à son importance dans le domaine, c’est surtout le commercial qui prime, avec les télécoms notamment. Le scientifique aussi (satellites météos, sondes astronomiques, télescopes orbitaux et terrestres).
      L’espace est par définition démilitarisé : on y trouve des satellites espions, mais avant qu’une nation ne se décide à envoyer en orbite des satellites capables de lancer des ogives nucléaires ou des “impacteurs cinétiques” (ça a été pensé comme arme de précision), la troisième guerre mondiale sera passé par là 🙂

    8. @Fatso :

      Je n’ignore pas les utilisations civles très fécondes des objets spatiaux ( pas trop lointains ) .

      Je soulignais simplement que ce qui a décidé ( et décide encore ) les états à se saigner aux qutre veines pour investir dans ce domaine , c’est le souci d’être ” au dessus ” militairement .

      Pour les impacteurs cinétiques , l’expérimental a déjà été tenté .

      Paradoxalement c’est peut être le fait de la “pollution” stratosphérique par trop de sattellites ou détritus volants , qui a conduit les américains , les russes et les chinois a faire preuve de prudence sur la guerre des étoiles ( risque de déclencher le feu depuis un satellite sur la base d’une information fausse pour cause de collision aléatoire avec un déchet non ennemi ) . Sans parler du fait qu’en visant Shangaï ou Téhéran , on n’avait pas la certitude absolu de ne pas raser Tokyo ou New-Dehli.

      Les drones sont aussi une bonne illustration de la “motivation primaire” militaire qui trouve a posteriori des applications civiles .

      Regardez chez EADS ( mais pas que ) la nature des différents ” départements” et ceux dont les programmes sont le plus ” assurés ” .

    9. Bien sur, d’ailleurs les lanceurs modernes dérives des célèbres V2 de Von Braun, mais paradoxalement, il n’existe aucune arme en orbite autour de la planète…. mais bien des traités pour l’empêcher (la militarisation de l’orbite) : SALT II toujours en vigueur je crois (wiki fait des siennes, je ne peux pas vérifier) et le traité concernant l’espace extra atmosphérique. Les militaires fantasment sur ces armes mais finalement ils ne jouent qu’un rôle d’appel d’air pour le développement de technologies civiles (si l’on écarte la recherche sur les missiles et les intercepteurs de missiles).

      Je n’ai pas trouvé d’infos concernant les programmes militaire de eads (pour l’exemple), de ce que j’en sais, à part l’A400 M et les ravitailleurs du pentagone, ainsi que des hélico de combats, il n’y a pas de programme de développement d’armes orbitales.

      En ce qui concerne les drônes, ça n’a pas vraiment de rapport avec l’espace, mais je vois ce que vous voulez dire.

    10. Non, Fatso, pas d’ac.

      Il y a un effet de saturation logarithmique ou exponentiel à votre guise, comme l’étang aux nénuphars qui doublent toutes les semaines.
      Le premier spatial a apporté son lot de bienfait (Teflon, etc.), puis les satellites ont l’impact que l’on sait (mais déjà pas simple : les paraboles à la Courneuve, ou symétriquement CNN au fin fond de nulle part).
      Mais ca sature et les rendement décroissent beaucoup pour les innovations suivantes, c’est comme la biodiversité : Quand vous avez bouffé 50% des forêts pour en faire des terres cultivables, tout va bien, à 80% vous avez perdu 20% de biodiversité, à 95%, vous en perdez les 3/4, car les 5% de friches restantes ne suffisent plus, etc. à 99% vous passez sous le seuil de la plupart des espèces.

      Aujourd’hui ITER est bien un gouffre et le même effort s’il était investi à former des bons ingénieurs & chercheurs nucléaires capables de viser des solutions astucieuses serait plus précieux pour l’humanité de 2100 à 2200. Car on en est pour le nucléaire à peu près à l’âge du début du Diesel en comparaison. Le turbo HD “assez propre” (version nucléaire) est pour dans 40 50 ans si on ne s’aveugle pas trop sur les tenants et aboutissants. Ca n’est pas très glorieux, mais il faut des fois en rabattre. Et motiver les jeunes là-dessus alors que bosser dans le nucléaire semble ringard et vilain.
      Ca l’est en partie à cause de l’opacité de l’organisation, il faut s’en abstraire pour voir la technologie elle-même. Un “avantage” de la radioactivité dans le monde d’aujourd’hui est qu’elle se détecte de façon très peu ambigue et immédiate, on ne peut pas en dire autant côté chimie, rejets atmosphérique, bisphénol, et résistance bactérienne.
      Mais c’est là que c’est triste, c’est qu’aujourd’hui, pour des raisons idéologiques, l’après Tchernobyl rend impossible l’idée qu’on puisse faire des réacteurs “raisonnables”, dont la façon de casser reste dans des bornes à peu près prévisibles.
      Toute technologie est dangereuse à un degré donné, le plus gros accident énergétique récent a été à une grosse turbine hydroélectrique en Russie (16 ou 60 morts de mémoire, je ne sais plus).
      Une connaissance “écologique” interne de la technique dans ses aspects intégrés permettrait d’y voir plus clair, mais cela demande des grands efforts pédagogiques et seule une fiable minorité d’étudiants, et pas les meilleurs, pourrait être attirée dans l’état d’esprit actuel.
      Défendre ITER, c’est croire que le machin “plus grosse que celle du voisin” va marcher. Si vous suivez l’évolution des lasers, les gros machins ont été abandonnés (la guerre des étoiles), les progrès sont “bottom up”, on perfectionne les lasers qui faisaient 1W, puis 10w, puis 100W, et ce n’est plus qu’à moitié une blague quand Bill Gates soutien un projet de flingueur de moustique à laser pour les pays souffrant de malaria etc. C’est un peu folklorique je vous l’accorde.
      mais il faut surtout croire à l’échelle de l’homme. Fermi a pu faire marché un réacteur pas trop gros, avec une équipe de quoi ? 30 personnes ? Aujourd’hui, une centrale reste encore accessible à l’entendement. Mais si vous regardez les facteurs d’ensemble (économique, sociologie de l’entreprise, connaissance des bétons en très grande construction, encore assez faible pour les bétons récents), l’investissement judicieux n’a rien de sexy, du nucléaire le mieux qui existe, ou des versions nouvelles générations mais à réacteur plutôt bridé (voir ieeespectrum sur le sujet “energy” ).
      J’ai grillé mes chances d’adhérer aux Verts, mais si on accepte le poison de la technique, c’est aussi pour savoir s’en servir avec le bon dosage.

    11. D’emblez Timiota, je dirais que vous omettez un fait important : les réserves d’uranium sont très loin d’être suffisante à long terme ! Et si l’on multiplie les réacteurs, ils faudra aussi les approvisionner : on se retrouvera dans la même situation qu’avec le pétrole.
      Il existe bien la filière Thorium, mais on est à des années lumière de la maitriser, et cela ne ferait que repousser le problème une fois de plus. ITER n’est pas le seul projet en route concernant la fusion (qui est bien plus “propre” même si ce n’est pas parfait, que le nucléaire), et je peux vous citer de mémoire d’autre pistes; comme le confinement inertielle par laser ou Z-pinch notamment.
      Ce que promet la fusion, à long terme (s’entend), c’est de l’énergie bon marché (une fois les filières maitrisées) et en quantité. De plus, les retombées seront internationales : aucun pays ne pourra confisquer cette technologie.

      Pour ce qui est des laser, faites une petite recherche sur les laser Térawatt et les impulsions ultra rapide (attoseconde pour certains). Les lasers ne seront cependant surement jamais des armes d’attaques.

    1. et y a pas que le Portugal

      Lundi a été la pire journée pour les obligations municipales américaines (“muni-bonds”) depuis la Panique de 2008, le taux de dettes AAA à 10 ans bondissant de 2,75% à 2,93%.

      Nous prévoyons que le marché des munis-bonds devra faire face à un double coup dur, aux deux dates suivantes :

      Le 31 décembre 2010 : Le financement des Build America Bonds tourne court. Ces obligations faisaient partie du plan de relance économique adopté début 2009, subventionnant les coûts des municipalités par des projets de travaux publics atteignant la coquette somme de 150 milliards de dollars.
      Cette année, environ un quart de toutes les émissions de muni-bonds ont été des Build America Bonds. A moins que le Congrès, contrôlé par les démocrates “en sursis”, ne réagisse rapidement, cet argent fera ses adieux dans six semaines.

      Le 30 juin 2011 : Encore plus d’aides fédérales expirent à cette date — certaines d’entre elles autorisées par le plan de relance, et d’autres par le plan d’aide à l’emploi adopté l’été dernier, totalisant 150 milliards de dollars supplémentaires à ce jour. Sans cet argent, les états américains auraient déjà annulé un grand nombre de programmes, y compris l’assurance chômage et Medicaid.
      La probabilité que la nouvelle Chambre, à présent sous le contrôle des républicains, élargira cette aide va de mince à aucune. Nous avons rencontré “Mince” ce matin à la gare, il quittait la ville.
      Addison Wiggin http://www.la-chronique-agora.com/articles/20101122-3201.html

  2. Pour ma part, je pense qu’une large partie de nos dirigeants comprennent bien la situation toutefois, la seule issue possible leur fait peur (parce que risquée et incertaine dans sa finalité) et du coup, ils n’ont pas de “solution” rationelle à disposition.

    C’est la résistance au changement qui opère ici, et bien sûr la peur d’emprunter un chemin qui ne serait pas balisé par les spécialistes qui opèrent à tous les niveaux (agences de notations, marchés, économistes, politologues, instituts de sondages…) et qui ont tous en commun d’avoir un intérêt à défendre le système tel qu’il est.

  3. Je souhaite faire partager ce texte de Stefan Zweig, issu du MONDE D’HIER, écrit peu avant qu’il se donne la mort en 42, désespéré par l’auto-destruction de son Europe bien aimée. J’en recommande la lecture entière bien entendu. J’ai été frappé par le même aveuglement de toute une génération pendant les année 80-90-2000 et la croyance dans le progrès.

    “Le XIXe siècle, dans son idéalisme libéral, était sincèrement convaincu qu’il se trouvait sur la route rectiligne et infaillible du “meilleur des mondes possibles”. On considérait avec dédain les époques révolues, avec leurs guerres, leurs famines et leurs révoltes, comme une ère où l’humanité était encore mineure et insuffisamment éclairée. Mais à présent, il ne s’en fallait plus que de quelques décennies pour que les dernières survivances du mal et de la violence fussent définitivement dépassées, et cette foi en un “Progrès” ininterrompu et irrésistible avait véritablement, en ce temps-là, toute la force d’une religion. On croyait déjà plus en ce “Progrès” qu’en la Bible, et cet évangile semblait irréfutablement démontré chaque jour par les nouveaux miracles de la science et de la technique. Et en effet, à la fin de ce siècle de paix, une ascension générale se faisait toujours plus visible, toujours plus rapide, toujours plus diverse. Dans les rues, la nuit, au lieu des pâles luminaires, brillaient des lampes électriques ; les grands magasins portaient des artères principales jusque dans les faubourgs leur nouvelle splendeur tentatrice ; déjà, grâce au téléphone, les hommes pouvaient converser à distance, déjà ils volaient avec une vélocité nouvelle dans des voitures sans chevaux, déjà ils s’élançaient dans les airs, accomplissant le rêve d’Icare. Le confort des demeures aristocratiques se répandait dans les maisons bourgeoises, on n’avait plus à sortir chercher l’eau à la fontaine ou dans le couloir, à allumer péniblement le feu du fourneau ; l’hygiène progressait partout, la crasse disparaissait. Les hommes devenaient plus beaux, plus robustes, plus sains depuis que le sport trempait leur corps comme de l’acier ; on rencontrait de plus en plus rarement dans les rues des infirmes, des goitreux, des mutilés, et tous ces miracles, c’était l’oeuvre de la science, cet archange du progrès ; d’année en année, on donnait de nouveaux droits à l’individu, la justice se faisait plus douce et plus humaine, et même le problème des problèmes, la pauvreté des grandes masses, ne semblait plus insoluble. Avec le droit de vote, on accordait à des classes de plus en plus étendues la possibilité de défendre leurs intérêts par des voies légales, sociologues et professeurs rivalisaient de zèle pour rendre plus saine et même plus heureuse la vie des prolétaires – quoi d’étonnant, dès lors, si ce siècle se chauffait complaisamment au soleil de ses réussites et ne considérait la fin d’une décennie que comme le prélude à une autre, meilleure encore ? On croyait aussi peu à des rechutes vers la barbarie, telles que des guerres entre les peuples d’Europe, qu’aux spectres ou aux sorciers ; nos pères étaient tout pénétrés de leur confiance opiniâtre dans le pouvoir infaillible de ces forces de liaison qu’étaient la tolérance et l’esprit de conciliation. Ils pensaient sincèrement que les frontières des divergences entre nations et confessions se fondraient peu à peu dans une humanité commune et qu’ainsi la paix et la sécurité, les plus précieux des biens, seraient imparties à tout le genre humain.”

    1. Ha désolé, j’ai cru que c’était un chapitre dispo en ligne…. J’avais entendu parler de cet homme évoqué dans l’excellent documentaire sur la 2de guerre mondiale de france télé, mais je ne connaissais absolument pas son œuvre. Vous m’avez intrigué, je crois que je vais le commander.

  4. Quatorze aveugles et eux parlytiques .

    De quels handicaps Le FMI ,le Royaume uni et la suède sont-ils à créditer ?

    On sait que les choses se décantent à partir de treize .

    Qui sera Judas ? Qui sera Jésus Christ ?

    Il ne serait pas inutile pour les lecteurs ( trices) de passage , de marteler constamment ,en trois lignes explicites, les remèdes de l’ordonnance Jorion .

  5. Cette évolution était prévisible. Il suffisait, par exemple,d’étudier et d’analyser l’histoire récente de la Grèce (avant et après la dictature militaire) pour arriver à des conclusions quant aux structures poltiques, sociologiques et donc économiques du pays. Idem en ce qui concerne l’Irlande et sa bulle immobilière, un produit de magouilles entre des constructeurs, les banques et le gouvernement.
    Un géologue avait prédit, il y a quleques années, le tremblement de terre qui a dévasté récemment Haiti. Le gouvernement n’a pas voulu prêter de l’attention à ses propos……

  6. Je lis ce blog tous les jours et je remercie ses auteurs pour ce qu’ils m’apportent dans la compréhension de ce monde obscur et clos qu’est la finance.

    Néanmoins, nous savons tous que rien ne changera, que tant que les dirigeants peuvent amasser des sous et berner leur monde, ils le feront, jusqu’à ce que le château de cartes s’écroule et que la guerre commence, car seule la guerre effacera les dettes et permettra au monde de redémarrer sur de la “croissance” – alors pourquoi ne pas proposer des alternatives, des pistes concrètes pour une sortie au présent, quotidienne, du système ?

    Que prôneriez-vous pour que l’on puisse se sauver le plus vite possible, avant le Grand Soir ?

    En vous remerciant infiniment.

    AncestraL

  7. Si la méthode n’est pas la bonne c’est parce qu’on ne pousse pas assez suffisamment les êtres à se sentir mal, ah si le monde pouvait posséder un aussi grand esprit d’usure que le mien, comme je me sentirais bien plus à l’aise dans mes affaires,

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