SOMMES-NOUS VRAIMENT PROCHES D’UNE NOUVELLE REVOLUTION FRANCAISE ?, par Cédric Mas

Billet invité

La période actuelle se révèle riche de dangers et de perspectives inquiétantes. Entre le nécessaire effondrement écologique et énergétique inhérent à la finitude de notre monde et l’abîme économique et social auquel nous destinent nos élites aveuglées, les temps ne sont guère à l’optimisme, en tout cas pour les citoyens éclairés et avertis qui consultent ce blog.

Il est difficile de contester le lent effondrement d’un système, qui est en train d’imploser sous nos yeux impuissants. Le seul problème, c’est que bien que spectateurs de cette autodestruction, nous faisons corps avec elle, et nous nous retrouvons au cœur des conséquences dramatiques que cet effondrement ne manquera pas de causer. En effet, nous vivons (ou survivons) grâce à ce système auquel nous avons abandonné toutes nos capacités d’autosubsistance, en nous soumettant volontairement à une répartition hyperspécialisée des tâches.

Malgré cela, l’examen attentif des faits, et surtout de leurs enchaînements et de leur dynamique propre est passionnant, et les billets réguliers des principaux intervenants de ce blog fournissent une matière extraordinaire à la réflexion de chacun, que l’on ne s’étonne plus de voir suivie et reprise jusque dans les médias « mainstream » (malheureusement encore trop souvent en « off », avec ce qu’il faut de distanciation critique dans la voix ou le sourire, que l’on aimerait voire appliquée aux actions ou déclarations de nos décideurs économiques et financiers, et de leurs alter ego qui nous servent de ministres ou d’élus).

A ce stade, les lecteurs assidus de ce blog auront noté à quel point la référence à 1788 occupe une place prééminente dans les pensées de Mr Jorion.

Il apparaît intéressant de questionner cette référence, d’abord pour voir ce qu’elle sous-tend en termes d’analyse de la situation, mais aussi pour apprécier sa pertinence.

Précisons tout d’abord que la référence à 1788 n’a d’intérêt dans notre propos que parce que ce fut l’année qui précéda 1789 (jusqu’ici même les plus extrémistes des monétaristes auront du mal à ne pas adhérer à notre propos – gageons que cette adhésion risque de s’arrêter peu après cette phrase…), c’est-à-dire l’année qui vit l’explosion à la face du monde de la Révolution française, dont les effets se font encore sentir aujourd’hui, même s’ils se réduisent aux réminiscences des espoirs nés à cette époque, et déçus depuis (déception commencée avec Thermidor et qui s’est terminée en 1983, avec une étape importante en 1885).

La question mérite donc d’être posée : sommes-nous réellement dans une configuration comparable à celle de la société française prérévolutionnaire ?

Plusieurs des caractéristiques de notre société permettent de le penser. Sans entrer dans les détails, bien qu’ils soient passionnants, relevons donc trois séries de « concordances » entre la France d’aujourd’hui et celle de 1788 :

  • Une société socialement bloquée : les perspectives d’ascension sociale sont grippées par la multiplication des rigidités structurelles Les origines de ces blocages sont avant tout sociales, mais aussi ethniques (et oui même en France depuis peu). Ce blocage s’accompagne bien évidemment de la multiplication des situations de rentes illégitimes, renforçant les inégalités dans la répartition des revenus et du patrimoine, et à terme le sentiment d’inégalité (qui est plus dévastateur que la réalité des inégalités) ;
  • Une société politiquement à bout de souffle : comme en 1788, les politiques, qui se limitent à une caste endogame, n’ont plus de solution à offrir et ne déploient leurs compétences que pour la conservation d’un pouvoir dont ils ne savent plus rien faire d’acceptable au regard de l’intérêt général. Ajoutons à cela la mise en place progressive au cours du dévoiement de la Vème République, d’un régime à nouveau absolu, que nous pouvons appeler l’état absolu, servi par une Cour et auquel s’opposent épisodiquement des contre-pouvoirs provinciaux (comme au temps des luttes entre Versailles et les Parlements). Comme en 1788, notre système politique (à l’image de l’ensemble de la société) n’est plus en état de permettre un renouvellement des hommes, ce qui reste le meilleur moyen d’assurer sa propre survie face à des épreuves nouvelles. Que l’on songe par comparaison à la si décriée IIIème République qui sut à plusieurs reprises renouveler l’ensemble de la classe politique (avant de se bloquer et de s’effondrer avec l’aide active de l’Allemagne nazie – et encore il s’en est fallu de pas grand-chose). Le non renouvellement des hommes est intimement lié aux non-renouvellement des idées politiques, la plupart de celles proposées aux suffrages en 2012 n’étant que la continuation de programmes conçus avant 1985 (y compris aux extrêmes), et menés par des hommes (et des femmes) qui ont terminé leurs études entre 1975 et 1985 (les plus  « jeunes » ont terminé avant 1990), ce qui explique leur incapacité à offrir autre chose que des solutions « sans options » (reproduisant le célèbre « TINA » de Thatcher) ;
  • Enfin, une société en régression. C’est surtout ce sentiment perçu dans l’ensemble de la population qui s’avère l’élément clé des évènements de 1789 : la Révolution française correspond à une période de difficultés économiques qui succèdent à une période faste, ou perçue comme telle.

Est-ce à dire que pouvant constater la conjonction de ces différents symptômes communs, nous nous approchons inéluctablement d’une nouvelle révolution ?

Rien n’est moins sûr, car il a existé dans notre histoire riche d’épreuves et de catastrophes, des périodes où malgré la réunion de ces symptômes, voire d’autres plus graves encore, cela ne débouchait pas nécessairement sur une révolution.

En d’autres termes, la référence à la période prérévolutionnaire est avant tout un formidable aveu d’optimisme et d’espoir (certes sur le long terme car sur le court terme, une révolution n’a rien de réjouissant). Pourtant, le lien entre ce que nous vivons aujourd’hui et ce que vécurent nos aïeuls en 1789 n’est malheureusement ni automatique, ni inéluctable.

La réalité offre en effet des perspectives encore moins réjouissantes.

A quelle autre période pourrions-nous comparer notre situation actuelle ?

Nous pourrions tenter la comparaison avec la chute de l’Empire romain, mais dans ce cas, la démarche risque de trouver rapidement ses limites. En effet, la chute de cette formidable construction humaine fut lente et surtout soumise à d’autres causes, les symptômes n’étant pas les mêmes (la pression de l’extérieur, appelé improprement mondes barbares, était bien plus vive qu’aujourd’hui).

Il existe une autre époque qui paraît plus propice à la comparaison avec le monde actuel : il s’agit de la grande crise médiévale des XIVème et XVème siècles, qui fut l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de l’Occident. Elle marqua à l’époque durablement les survivants, au point de rejaillir sur la perception de l’ensemble du Moyen Âge, injustement méconnu et condamné.

Nous découvrons ainsi une crise d’origine financière (déjà), liée à la libéralisation des échanges et à la monétarisation des économies (tiens, tiens…) assortie de contraintes exceptionnelles environnementales (brutal refroidissement du climat, engendrant de très mauvaises récoltes et famines) et épidémiologiques (c’est l’époque de la peste noire).

Or, malgré la vacuité des élites (Roi fou, nobles vendus aux Anglais…) et l’existence d’inégalités dramatiques au sein de la société, aucune révolution n’intervint, même si de nombreuses « jacqueries » furent réprimées dans le sang.

Bien au contraire, au prix d’un effort formidable, la monarchie en sortit renforcée au point de déboucher sur l’absolutisme royal, qui commença à être théorisé à la fin de cette époque.

On conviendra qu’une telle perspective n’a rien de réjouissant, puisque nous y voyons les victimes de la crise disparaître physiquement (entre les guerres, les épidémies, et surtout les famines terribles avec les derniers cas avérés de cannibalisme en France), à hauteur d’une réduction de presque la moitié de la population en l’espace d’un siècle !

Nous y voyons aussi les méthodes de production agricole et industrielle se modifier en profondeur, au prix de sacrifices sociaux (fin des Laboureurs, remplacés par les pâturages qui nécessitent beaucoup moins de main d’œuvre), et de modifications des structures (avènement des corporations…).

Et enfin, nous aboutissons au résultat inverse de celui entrevu après 1789 : le renforcement des puissants dans la violence et l’asservissement idéologique (regain du fanatisme religieux, des persécutions des minorités…) des plus faibles, quand ils parviennent à survivre à la disparition brutale des ressources et des équilibres leur assurant leur subsistance.

Notre propos n’est pas ici de « peindre le diable sur la muraille », mais de réfléchir à la possibilité d’une telle évolution, fondée notamment sur l’absence de réaction de la majorité, victime des désordres actuels causés par ceux à qui ils profitent. Il n’est en effet pas certain que la crise actuelle débouche inéluctablement sur une nouvelle séquence « révolutionnaire », par référence à celle qui se déroula entre 1789 et 1799.

En effet, il n’est pas sûr que les évènements actuels mènent à une « sortie par le haut », qui permettrait d’envisager une amélioration durable de la société, comme ce fut le cas notamment en 1789 ou en 1945.

Relevons notamment, que contrairement à 1788 ou 1929, la crise de notre système politique et social peut dans un avenir proche se conjuguer avec des contraintes extérieures exceptionnelles, liées à l’épuisement des ressources et aux dégradations climatiques. Son effondrement n’entraînera pas inéluctablement la remise en cause des élites qui en sont à l’origine. Il a existé des époques, pas si lointaines, où au contraire, l’occurence de graves crises a abouti, à l’issue d’immenses souffrances, au renforcement des pouvoirs de ceux-là même qui avaient le plus profité du système failli, et dont la responsabilité était la plus grande.

Il s’agit d’un élément de réflexion important qu’il ne faut pas perdre de vue dans la préparation du « monde d’après ».

En effet, les échéances approchant, l’existence même d’une telle éventualité pourra nous motiver dans nos réflexions, mais aussi nous alerter sur les points d’inflexion importants qui vont survenir, afin de nous aider dans les choix que chacun devra faire. Il s’agit donc de lutter contre le risque que notre avenir collectif ne bascule d’une perspective d’espoir vers un horizon bien plus sombre.

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315 réflexions sur « SOMMES-NOUS VRAIMENT PROCHES D’UNE NOUVELLE REVOLUTION FRANCAISE ?, par Cédric Mas »

  1. Ce billet serait à mettre en relation avec le qualificatif de décadence dont parle PJ dans son temps qu’il fait du 10/12.
    Nous ne pouvons certes pas imaginer le monde à venir, quant bien méme aurions nous des pistes et naturellement éssayons, avons tendance à vouloir sauver les meubles de celui que nous connaissons, car l’inconnu fait toujours peur. L’espoir de corriger les érreurs passées , d’en tirer les leçons rassure les esprits de quelque bord qu’ils soient.

    Je suis de ceux qui pensent que les socialistes Français payent un non choix de socièté, dont l’électeur moyen n’est pas dupe, car il a intuitivement conscience d’une absence de réponse à l’état du monde .

    J ‘observe d’autre part l’évolution du discours de Paul Jorion, qui il y a un an pensait encore l’organisation financière réparable , c’est à dire amendable par la  » Régulation » laquelle supposait non seulement un fort courage politique, mais aussi une vision d’ordre moral qui dépasse les organisations humaines, sociétales dont la sémantique idéologiste en « isme » nous a un peu habitués au pire. Y aurait t’il eu plus de confiscation des richesses dans les pays communistes que d’incapacité à les produire, en comparaison du paradigme qu’était censé représenter les sociétes dites libérales? Si la comparaison Est/Ouest n’est plus d’actualité, ce que nous vivons aujourd’hui relève clairement d’un nom partage boulimique.
    Les péssimistes pensaient que le capitalisme avait désormais fait son temps, condamné par l’histoire et les propres dégats qu’il suscite sous nos yeux dont le cynisme n’a d’égal que son irresponsabilité; mais la finance ultra libérale a encore les lois pour elles, et ce n’est peu dépenser pour elle que d’utiliser des réseaux d’avocats d’affaire bien « carrotés » quant elle franchit la ligne.

    Quant est t’il donc de l’esprit des lois, quant des sociétes en sont réduites à ne pouvoir en appliquer que la lettre ?

    Le bloc soviétique est tombé comme un chateau de cartes, avec le mur de Berlin, jounée joyeuse pour l’Europe, l’ultra libéralisme n’a lui hélas pas de mur à abattre car il est infiltré partout et pire, peut étre, dans les esprits les mieux intentionnés, car pour mettre à sa juste valeur la valeur de l’argent, il faut avoir d’autres valeurs; cette absence la s’appelle la « Décadence »; au sens que Paul lui donne, si je ne m’abuse.

    En feuilletant  » Le dessous des cartes » du passionnant Jean Christophe Victor on peut alimenter le concept de mondialisation d’un regard enrichi sur les problèmes qu’ont a affronter les térriens et qui transcendent sans les ignorer les cultures, les frontières et les religions.

    – Nombre de térriens/ scolarisation
    – Energie/ Ressouces en eau/ Nutrition
    – Matieres premiéres

    Alors pouvons nous encore parler d’une révolution Française ou n’est t’elle pas déja planétaire ?

  2. Relevons notamment, que contrairement à 1788 ou 1929, la crise de notre système politique et social peut dans un avenir proche se conjuguer avec des contraintes extérieures exceptionnelles, liées à l’épuisement des ressources et aux dégradations climatiques. Son effondrement n’entraînera pas inéluctablement la remise en cause des élites qui en sont à l’origine. Il a existé des époques, pas si lointaines, où au contraire, l’occurence de graves crises a abouti, à l’issue d’immenses souffrances, au renforcement des pouvoirs de ceux-là même qui avaient le plus profité du système failli, et dont la responsabilité était la plus grande.

    Il s’agit d’un élément de réflexion important qu’il ne faut pas perdre de vue dans la préparation du « monde d’après ».

    En 1789, nos aïeuls devraient construire l’ère industrielle emmenée par la bourgeoiserie, ce qui s’est passé à travers une révolution.
    Le même scénario s’est passé quelque peu différamment aux USA par la guerre de sécession et en Russie par la révolution de 1917.
    Ces révolutions sont le passage de l’ère moyennageuse à l’ère industrielle, de l’ère agraire à l’ére industrielle, et in fine de la mondialisation, ce proccessus est en train de se terminer.
    A mes yeux, l’élément le plus important qui va déterminer ce que nous devons entreprendre est évidemment, comme vous le dites, l’épuisement des ressources, mais je ne pense pas que ce fait va renforcer le pouvoir en place, au contraire.
    Le système dont nous profitons tous, les élites aussi, dépend d’une accessibilité à des ressources illimitées, ce qui est évidemment impossible.
    Nous sommes en révolution depuis le rapport Meadows 1970, mais c’est comme une vague qui vient de très loin et qui supplante la précédente, il faut du temps.
    Cette révolution n’est pas matérielle, c’est une révolution de l’esprit. nous n’avons pas le choix, on doit faire mieux avec moins de ressources, et je fais l’agréable constat que beaucoup de commentaires de ce blog vont dans ce sens.

    1. Une epidemie avec 3 milliards de morts resolverait les problemes . La croissance étant liée au pétrole qui atteint son pic de production et le capitalisme ne fonctinnant que dans la croissance, apres une épidemie, la demande en energie des survivants etant moindre, la croissance pourrait reprendre sur le meme shema capitaliste.

  3. Une révolution, Mais nous sommes bien trop dans le confort pour çà! Télé, chauffage, ipod, ipad, HI-FI, medecine et j’en passe …. Encore trop gâtés que nous sommes, Il faut vraiment crever de faim pour prendre les armes.

    1. Vous négligez la puissance du refoulé.
      L’idée de révolution est ce qui est refoulé en premier.
      Méfiez vous, ce rêve n’est pas refoulé pour tous !

  4. bien que je ne suis pas historienne, je ne suis pas d’accord avec votre interprétation de la sortie du Moyen Âge au XIV et XV siècles: il y eut un changement profond dans l’organisation de la société et des élites et une redistribution de la richesse et du pouvoir. Ce que devait ensuite devenir « l’absolutisme monarchique » était au début une forme de révolution, qui détruisait le pouvoir des seigneurs locaux (la structure féodale) qui grippait l’évolution sociale. Ce fut l’époque de l’affirmation de l’idée de la liberté politique, commencée avec la Magna Carte en Angleterre à l’XI siècle et achevée avec la tête coupé d’un roi (anglais). Les villes libres se développent, le commerce reprend, la culture se répand, tout cela parce que les seigneurs locaux (les élites transformées en castes) avaient perdu leurs pouvoirs au profit d’un roi loin et puissant.Il y eu, AMHA, une révolution, sur une longue période, certes, mais la société s’ouvrit à l’humanisme et à la modernité. il est difficile de comparer notre situation actuelle: les changements sociaux ne sont jamais prévisibles, et je crois que la réalité va plus vite que les idées: personne ne théorisait une révolution en 1788, pourtant elle advint. Que nous sommes à la veille d’une révolution, je n’en doute pas, que les élites actuelles seront balayées aussi. Où allons nous, c’est la question. Pas de boule de cristal, mais beaucoup de bonnes intentions, qu’on espère réalisées, avec le moins de dégâts possible et le plus vite possible. Je crois que c’est l’utilité de ce blog et d’internet en général.

  5. Très intéressant billet, mais comme la plupart des commentateurs j’étais très dubitatif sur la comparaison avec le moyen-âge. Trop de différences avec notre époque pour être pertinente:

    Pas de réelle classe moyenne à l’époque, pas d’idée de nation, pas de pouvoir central fort, que ce soit côté anglais ou français. Songeons qu’il n’y avait pas alors d’impôt permanent au profit d’un état centralisé, mais des levées sporadiques en fonction des besoins, la plupart du temps pour la guerre. Pas d’impôt permanent donc pas d’armée ni de services publiques permanents non plus.

    Bref, à cette époque une révolution est totalement in-envisageable car il n’y avait pas de pouvoir à renverser! Pour l’essentiel du peuple, le pouvoir politique est essentiellement un seigneur local dont l’allégeance est elle-même fluctuante selon ses ambitions et le sens du vent. L’archétype romancé par Maurice Druon de Robert d’Artois en est un exemple un peu outré (bien que le personnage ait réellement existé) mais qui en donne une bonne idée. Localement on peut donc avoir des jacqueries qui se rebellent contre tel ou tel seigneur, mais des réformes contre le système féodal? Non, mille fois non! Cromwell et Robespierre sont encore loin… Notons au passage que ces deux personnages sont des « enragés », tellement habités par leur idéal que tous les moyens sont bons pour les établir. Où sont – ils à notre époque, ces régicides modernes? Et quel idéal portent-ils?

    Et voilà que je me rends compte qu’il y a là un parallèle déjà plus intéressant avec notre problème actuel. Car en effet faire une révolution, on en parle, mais contre quoi? Un système? Ca ne marche pas ça! On renverse un gouvernement, on se révolte contre une classe bien identifiée, contre des individus spécifiques, mais comment coller une balle dans la tête d’un système? Beaucoup de gens profitent de la situation actuelle, mais personne ici ne sombre dans la théorie du complot en croyant qu’une société secrète prend des décisions conscientes et actives pour la pérenniser. C’est un mélange bien plus dangereux d’incompétences, de petits arrangement entre amis, d’intérêts égoïstes, de la certitude qu’on est dans la classe dominante parce qu’on le « mérite » qui bloque la situation. Bref, tout à fait ce qui était le cas au XIVème siècle et le sera quelques siècles encore.

    Et c’est là où je vois une erreur dans le billet: l’auteur part du principe qu’il n’y a pas eu de révolution. Et pourtant si! C’est de là que date la fin du système féodal pour aboutir au système monarchique, tout de même! Fini le servage et réduite la puissance des nobles de second rang, même si cela prendra encore du temps à se réaliser partout.

    Attention toutefois car d’autres facteurs importants sont intervenus qui ne sont pas (encore!) présents aujourd’hui, comme la disparition de 30 à 50% de la population en raison de la peste noire, ce qui a contribué à raréfier la main d’oeuvre jusqu’alors pléthorique et donc à renverser partiellement le rapport de force entre puissants et force de travail.

    Bref, au final, je trouve cette comparaison plutôt pertinente, même si il faut prendre cela avec des pincettes car les situations présentent pas mal de différences, comme en particulier l’accélération des échanges d’idées, via internet par exemple.

    1. « On renverse un gouvernement, on se révolte contre une classe bien identifiée, contre des individus spécifiques, mais comment coller une balle dans la tête d’un système? Beaucoup de gens profitent de la situation actuelle, mais personne ici ne sombre dans la théorie du complot en croyant qu’une société secrète prend des décisions conscientes et actives pour la pérenniser. C’est un mélange bien plus dangereux d’incompétences, de petits arrangement entre amis, d’intérêts égoïstes, de la certitude qu’on est dans la classe dominante parce qu’on le « mérite » qui bloque la situation. »

      tchita, il y a une classe à combattre ou il n’y en a pas, mais les deux ensemble, c’est impossible. Comment conciliez-vous ces décisions prises avec la certitude d’appartenir à la classe dominante et le fait qu’il n’y ait pas de classe dominante vis-à-vis de laquelle se révolter?

      Je crois remarquer (je peux me tromper) une peur d’admettre qu’il y a des individus bien réels contre lesquels se révolter. Ce n’est pas parce que leur pouvoir est diffus et leurs méthodes de coercition subtiles (parfois eux-mêmes n’ont pas conscience de la coercition qu’ils exercent) qu’ils n’existent pas. Il est certes plus facile de se comprendre que l’on est opprimé par un père tyrannique que par une mère castratrice.

    2. J’y vois pourtant encore d’autres parallèles…

      – l’avenement d’une énergie non humaine ou animale ( les moulins vs notre pétrole)
      en conséquence :
      – le développement d’une société de loisirs (de chômage ?) avec également la naissance des corporations (syndicats ?) et la ruée vers les villes
      – le développement d’une société de commerce (produire plus de biens que nécessaire à l’entretien de la maisonnée élargie, donc disponibles à la vente)

      – l’apparition de l’imprimerie, révolution au moins aussi importante pour la diffusion des idées que notre internet

      Quant à l’analphabétisme et aux superstitions d’alors, je crains que les méthodes adoptées depuis 40 ans pour l’appentissage de la lecture et le « temps de cerveau disponible » ne nous aient ramenés au même niveau. Sous un vernis plus politiquement correct bien entendu…

      J’aurais également envie de noter que c’est de la pensée humaniste qu’est sortie la flamèche qui allait devenir Lumières quelques siècles plus tard… L’Humanisme perdu en cours de route malheureusement.

    3. @Moi
      Quelques explications s’imposent, en effet, merci de le souligner.
      Il y a une classe dominante et consciente de l’être. Pire, elle pense le mériter, le mérite jouant le rôle aujourd’hui du droit divin d’hier. Du coup il n’y a pas de remise en question et même une illusion qu’il serait possible par son mérite d’accéder à cette classe dominante. Illusion d’ailleurs pendant longtemps partagée par les autres classes.

      Mais faut il pour autant prêter à cette classe une volonté consciente de maintenir le système tel qu’il est? C’est à mon avis lui faire un mauvais procès. Tout d’abord même au sein de cette classe la compréhension des mécanismes qui amènent à leur domination est totalement faussée, en partie parce qu’il est bien plus pratique et confortable de croire qu’on domine car on le mérite plutôt que parce qu’on s’est trouvé au bon endroit et au bon moment. Toute la difficulté de l’exercice de décryptage réside en ce qu’il faut combiner intelligence certaine et proximité du système pour avoir et traiter des informations pertinentes dessus, tout en en étant suffisamment éloigné pour ne pas tomber dans cette illusion de la méritocratie aux vertus lénifiantes pour l’esprit critique.

      Je reste persuadé que la plupart des membres de la classe dominante n’ont pas conscience:
      1. Des raisons et mécanismes qui font qu’ils appartiennent à cette classe.
      2. De la réalité de la détresse des classes moins favorisées qui reste pour eux une donnée très abstraite.

      La plupart de ces personnes se définiraient sans doute comme de braves gens…

      Je ne les dédouane pas pour autant car je suis également persuadé que sans chercher consciemment à écraser les autres classes, ils s’efforcent tous avec acharnement de tirer la couverture à eux. Or avec les moyens dont ils disposent, ils captent à eux tous une part toujours plus importante des richesses, conduisant ainsi sans que cela soit leur but à l’aliénation des autres classes. Ce n’est pas leur objectif ni en tant qu’individu, ni en tant que classe, mais un effet collatéral redoutable.

      Sont ils donc la classe à abattre? Oui et non. Oui car sans eux il y aurait sans doute moins de problèmes. Toutefois, sans parler du problème de leur identification (un riche, c’est combien d’euros déjà?), ils m’apparaissent plus comme une composante d’un effroyable mécanisme à broyer de l’humain que de la tête d’un monstre pensant conscient de sa puissance et désireux de la conserver. La valeur d’exemple du châtiment de quelques uns de ces gens me semble faible car ils n’ont pas conscience d’être aliénant.

      Par ailleurs il ne s’agit pas de remplacer quelques individus, mais bien de supprimer la possibilité qu’une catégorie de personnes en écrase une autre. Croyez vous sincèrement que cela soit seulement une question de quelques moutons noirs? Combien de temps faudra t il pour reproduire exactement les mêmes schémas avec d’autres personnes? Ce n’est pas la qualité des individus de la classe dominante qui est en cause, c’est l’existence de cette classe elle même!

    4. à Moi,

      Un jour il faudra que chacun choississe son camp.
      Il faut prendre Troie ou la défendre.
      Il y a une classe à combattre et il faut savoir quels sont nos complices et quels sont nos ennemis.
      Dès que la tension se fait voir, la chose devra être aisée.

    5. @Marlowe

      Le jour venu, certains risquent bien d’être surpris de ne pas être du « bon » côté, ou au moins côté duquel ils croyaient être.
      Vu d’ailleurs, il me semble que nos carnets d’épargne, assurances diverses et autres placements pension, sans compter les voyages ou l’équipement domestique doivent drôlement ressembler à une richesse exorbitante et totalement injustifiable.

      La décroissance volontaire dès aujourd’hui pourrait bien devenir la seule forme de repentir recevable.

    6. @tchita: « Mais faut il pour autant prêter à cette classe une volonté consciente de maintenir le système tel qu’il est? C’est à mon avis lui faire un mauvais procès. »

      Consciente ou inconsciente, cela change quoi?

      @Marlowe: les choix sont déjà faits. Reste la conscience de ceux-ci et effectivement cela va sans doute s’éclaircir.

    7. @Moi:

      @tchita: « Mais faut il pour autant prêter à cette classe une volonté consciente de maintenir le système tel qu’il est? C’est à mon avis lui faire un mauvais procès. »

      Consciente ou inconsciente, cela change quoi?

      Cela change la relation de causalité. Si c’est une volonté consciente, on a affaire à un groupe d’individus déterminés à asseoir leur pouvoir sur le reste de l’humanité et effectivement, la révolution, un bandeau et quelques balles devraient régler le problème.

      Dans le cas contraire, vous n’aurez supprimé qu’un symptôme du dysfonctionnement, pas la cause. Dans le meilleur des cas cela ira mieux pendant quelques décennies, le temps qu’on oublie pourquoi on en est arrivé là. Bref, un coup d’épée dans l’eau…

      Faudra-t-il s’en prendre à la classe dirigeante? Peut-être, mais je ne suis pas certain qu’en faisant cela on ne se trompe pas de cible. C’est un beau fusible que la personnification des défauts d’un système. Ca permet de se débarrasser de quelques individus, peut-être effectivement coupables, mais ça permet surtout de détourner l’attention du fond du problème et de laisser les choses telles quelles…

    8. @tchita: votre argument est convaincant. Quel est le fond du problème alors? Comment change-t-on les choses pour de bon? Attention, si je ne suis pas convaincu aussi par votre réponse sur ce point, je préfère une solution provisoire (et qui soulagerait mon ressentiment) que pas de solution du tout. 🙂

    9. Le fond du problème?

      Vaste question! 😀
      J’imagine qu’on peut le résumer ainsi: Le système dans lequel nous vivons conduit par nature à une concentration exponentielle des richesses dans les mains de quelque uns, laissant les autres dans la misère et même en tirant plus de richesse encore.
      Tant que ce phénomène de transfert massif sera possible, peu importe les mains dans lesquelles se concentrent les richesses, elles seront toujours mauvaises.

      Il faut donc :
      1. Analyser ce mécanisme de transfert. En ceci Paul Jorion et son blog sont de précieux atouts, mais heureusement pas les seuls.
      2. Comprendre comment par un changement le moins douloureux et le moins violent possible on peut corriger ce problème. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix en est un exemple, même si personnellement je n’en comprends pas toutes les implications au sens où Paul les entend et que j’attends toujours un développement de ce que ce la signifie concrètement.
      3. Diffuser le plus largement possible cette idée, par tous les moyens à notre disposition.

      Après cela n’est plus du ressort d’un groupe de réflexion comme le nôtre, mais de la société dans son ensemble qui doit s’approprier cette idée. Elle ne peut le faire sans le travail de fond en amont, mais nous ne pouvons pas non plus le faire à sa place…

    10. @Tchita: vous avez raison, je ne pense pas autre chose. Mais les points 2 et 3 laissent la porte ouverte à la castagne. Parce que quand on veut changer les règles d’un jeu, ceux qui gagnaient, en général ils apprécient pas trop.

  6. En ce temps là beaucoup préchèrent de plus en plus la révolte,

    Faut pas trop tarder et se demander non plus pourquoi au regard de tout et cela, mais moi
    je me demandais encore mais comment pourrais-je vraiment révolutionner l’esprit de mon prochain alors que je ne peux déjà même pas révolutionner le dixième de mon quotidien,
    de mon esprit, de mon corps, de mes habitudes comportementales et autres, de mon subconcient, etc … Le monde en était-il bien tous conscient à la fois malgré la plus grande crise universelle du moment ?

    Puis passant du coq à l’Ane et revenant de je ne sais où, je me demandais mais qui pourrait encore réellement changer les choses de nos jours, dans notre siècle, les premiers gens
    du siècle peut-être, et puis soudainement je vis juste devant moi, un petit grand père auquel d’ailleurs plus grand monde n’accordait d’importance en le croisant dans la rue, mais qui se donnait encore bien de la peine de casser les autres petites plaques de plus pouvant encore se trouver sur le trottoir.

    C’était je pense le meilleur acte révolutionnaire que j’avais pu voir ce matin là, un pauvre petit grand père avec sa canne et qui prenait bien encore souci de la santé de son prochain malgré son grand age, mais qui pense encore à lui lorsqu’on fait trop révolution bêtement avec la foule.

    1. En ce temps là beaucoup préchèrent de plus en plus la révolte

      N’était-ce pas le rôle des prophètes? Jérémie soutenait Josias, non?

      « Déverse ta fureur sur les nations qui ne te connaissent pas, et sur les familles qui n’invoquent pas ton nom. Car elles ont dévoré Jacob, elles l’ont dévoré et achevé, elles ont dévasté son domaine. » (Jr 10:25)

    2. Oh vous savez les prophètes de notre temps ne sont plus trop comme les prophètes d’antan, fait trop froid en ce moment pour sortir dehors, peut-être pas encore non plus le bon moment pour invoquer d’autres prières de prospérité de plus. Je sais c’est pas trop la classe moi même je dois prochainement recevoir un notable, que voulez-vous tout le monde se laisse un peu acheter et corrompre de nos jours, faut bien vivre et manger, savoir mieux apprendre à gouter aux bons conforts des choses faut pas croire non plus tous les Jérémies, si ça se trouve je pourrais même être un troll à la solde des grandes puissances lumineuses et absolutistes de ce monde, nos lumières. Qui donc de nos jours n’a jamais vendu un frère, une soeur, une belle mère pour mieux encore en récupérer un intérêt avantageux en retour, amen.

  7. Que l’on soit dans un période charnière quant à l’organisation sociale ne fait aucun doute.

    Utiliser le terme « révolution », évoquer la raison de l’obscurantisme du moyen âge pour conclure à une possibilié d’ascension sociale ou de soumission sociale, autant résumer la chose à deux mots: peut être que ce sera mieux, peut être que ce sera pire.

    Sinon à part éprouver un certain plaisir à lire un érudit, je vois pas ce que ça apporte ce genre de réflexion.

  8. Je pense qu’une révolution peut voir le jour en effet, mais à la seule et unique condition que le confort de chacun se dégrade fortement. Je vois, de manière simplifiée, trois fondamentaux dans nos sociétés occidentales:

    – Pouvoir se nourrir, l’alimentation (La base pour vivre)
    – Pouvoir se loger, l’immobilier (propriété, location)
    – Pouvoir se distraire, les loisirs (consommation diverse, média)

    Pour qu’il y ait révolution, faut il que l’ensemble de ces trois fondamentaux ne soit plus accessible ?
    Un seul de ces fondamentaux inaccessible suffirait il à déclencher une révolution ?
    Et enfin, est il envisageable, même dans la conjoncture économique actuelle, même avec une gouvernance aveuglée par la finance, de voir un de ces fondamentaux inaccessible ? Les gouvernements le permettraient ils ?

    Pour l’instant, ces trois fondamentaux sont, encore avec une bonne marge, accessibles. Malgré quelques signaux d’alarme, je pense aux antivols sur les denrées alimentaires dans certain pays par exemple.

    Mais maintenant, quand je pense au « tiers monde », je suis mal à l’aise. Quelque chose me gêne dans ce genre de raisonnement, comme si j’étais atteint d’une certaine cécité.

    1. le but de cette organisation capitaliste folle est de tiers-mondiser l’ensemble de la planète …
      si vous habitiez dans une grande ville, dans les quartiers encore un peu populaires, vous verriez la vraie misère monter ….
      il faut commencer par un bout de la question, par un pays, par un regroupement de pays si possible …
      il n’est pas question, ici même, pour de plus en plus, de vouloir consommer n’importe quoi, mais des besoins fondamentaux …vivre en squat, pour être ensemble, en famille, et ne pas être dehors, croyez-vous que cela soit l’eden ! or, il y a de plus en plus de squats …
      observez autour de vous …la misère n’est pas plus ou moins belle ici qu’ailleurs …nous n’en sommes qu’au début …
      J’espère que vous ne croyez pas que cette organisation financière délétère est là pour aider les pays pauvres ! elle est là pour aider une oligarchie !
      cela me rappelle le coup des OGM, pour que plus personne n’ait jamais faim ! ah, la belle pub! les paysans d’Afrique sont contents de devoir réacheter tous les ans au prix fort à Monsanto des graines, stériles au bout d’un an ! Quelle blague !
      Les Haitiens, dans leur misère, n’en ont pas voulu ( des graines Monsanto, que la dite société leur donnait gracieusement ! = cadeau empoisonné, s’il en fût )

    2. Habitant un cartier populaire d’une grande ville, je vois la misère monter (misère.. rien à voir avec l’ambiance des favelas non plus, tout est relatif), mais cela suffira t il à déclencher une révolution ? Dans les grands pays néo-libéraux, il y a des bidons villes, de la misère.. Il y a t-il eu de vrai révolution ? La question est de savoir quand vous et moi, le peuple atteindront le seuil d’une décision révolutionnaire suffisante pour avoir un véritable effet. Pas de savoir si il y à de la misère. Je souhaite un changement, ne vous y trompez pas, mais je ne suis pas optimiste sur la capacité et l’envie réelles du peuple à ce révolter.

  9. une révolution en France ne changerait rien

    nous ne sommes plus en 1789, même si on changerait de dirigeants
    les problèmes resteront ne seraient pas résolus.

    les problèmes sont en chine, aux états unis, en Grèce, en Irlande, chez les anglais etc…
    il ne faut plus réfléchir en tant que pays mais en tant que planète

    les problèmes sont mondiaux et on a besoin de tout les pays pour les résoudre
    et la difficulté est là

    il y a les usa qui sont en déconfiture et les anciens maitres du mondes (l’Europe) qui sont complètement dépassés mais refusent de perdre leurs places de leader du monde.

    mais ils font quoi, des tours de passes passes, des magouilles pour tenir le plus longtemps possibles.

    leurs déchéances est certaine c’est ce a quoi on assiste en ce moment.
    de nouveaux venus sont appelé a prendre leurs places.

    1. Oui, je suis d’accord. Il faudrait, à l’image de la mondialisation, une révolution européenne. Et/ou espérer un effet « boule de neige »

  10. ce n’est plus possible qu’il y ai de nouveau une révolution…..
    CAR contre qui la ferions-nous?
    Ils sont trop nombreux, trop influents, trop dispersés, leurs rôles mal connus…..
    Ils faudraient se battre contre
    -le gouvernement
    -les banquiers, les financiers
    -les Ultra-riches

    tout ce que l’on peut faire se de se soulager en dénonçant ce qui nous semble inadmissible….
    Mais bon, notre voix porte à plusieurs mètres et eux sont à des centaines de milliers de kilomètres « au dessus » de nous…. alors ils s’en moquent
    de plus nos moyens d’actions sont limités

    -Les élections ne servent à rien…. (même si les personnes changent, les idées sont les mêmes)
    -Retirer ses sous…. ça a fait un flop.
    -Pour les ultra riches… On est sans armes.

    Bill Gates et consoeur (et leurs soi-disant dons de xx% de leurs fortunes ) Tout cela est bien sympathique… Pourtant ce sont eux qui impriment leur vision du monde…. Pourtant personne ne les ont jamais elus. Alors de quel droit jouent-ils à « Dieu »

    1. @ Marlowe

      « La révolution doit se faire avant tout contre ceux qui la prétendent impossible.. »

      C’est vrai: il ne faut pas la faire contre les politiques corrompus, les banksters, les mafias de la finance, les rentiers, les patrons qui exploitent la misère du monde…. Non, pas du tout. La révolution doit se faire AVANT TOUT (sic) contre les pauvres vieux qui ont peur de la violence et ne croient pas en l’honnêteté des hommes de pouvoir, contre les femmes qui pensent que les choses peuvent s’arranger par le dialogue, contre les religieux qui prônent l’amour comme remède à tout, contre les intéllos qui réfléchissent à des solutions concrètes pour sortir de la crise ou pour imaginer un autre système économique plus juste (genre P.Jorion ou F.Leclerc), contre les penseurs sceptiques qui ne croient pas à la bonté de l’homme (genre Schopenhauer ou Cioran), contre les anarchistes lucides qui pensent que toute personne qui accède au pouvoir devient automatiquement corrompu et qui préfèrent une démocratie minable à une nouvelle dictature de révolutionnaires arrangeurs du monde, etc, etc…

      Si une révolution à la 1789 éclatait en France demain j’en connais dans ce blog qui postuleraient au poste de nouveau Fouquier-Tinville.

    2. Un passage délicieux sur le tout aussi Fouquier-Tinville, la « hache humaine » (pris dans le très, très long et passionnant article de Wiki sur la guillotine :

      Aucun acteur révolutionnaire n’aura autant symbolisé, voire incarné la guillotine que Fouquier-Tinville. Sous la monarchie, sa passion du jeu avait fait péricliter ses affaires mais, en bon opportuniste, Fouquier – il signait de ce seul nom – va prendre sous la Terreur, une fois mué en accusateur public, une belle revanche de parvenu. Il griffonne à la hâte des noms à peine lisibles, passe outre les confusions de noms, abrège les plaidoyers et, sans cesse, il arrête, accuse, emprisonne et fait monter sur la charrette des individus dont il ne connaît rien la plupart du temps mais dont on lui a dit assez de mal. Coupables et innocents avaient à ses yeux la même tête. Louis Blanc dit de lui : « Sa voix rude passait soudain de l’aigu au grave : elle avait pour les accusés le son de la hache sur le billot ». Les auteurs, notamment les « réactionnaires », ne l’ont pas épargné mais il était difficile de lui trouver un aspect qui fût présentable : « […] au début, magistrat laborieux et instruit, point trop rigoureux, tant qu’une modération relative demeura à l’ordre du jour. C’est la bassesse d’âme et la servilité de son zèle professionnel qui, dans la suite, le rendirent implacable et cruel ».
      Fouquier-Tinville, guillotiné le 18 floréal an III. « Je n’ai été que la hache de la Convention : punit-on la hache ? »

      L’accusateur officia comme si c’était « leurs têtes ou la sienne ». Pas plus qu’on a pu formellement l’accuser de s’être enrichi, on n’a pu l’accuser d’une franche perversité ; mais on a relevé des faits troublants. Fouquier dénombrait par avance les condamnés avant même le début de leur procès, et s’en tenait à ce chiffre. Il n’hésitait pas non plus à faire rappeler une femme qui s’était déclarée enceinte pour « faire le nombre » sur la charrette, aussi simplement que ce fils de paysan aurait ajouté une botte de paille pour caler un chargement. Cabanès et Nass ont tenté de sonder son psychisme inquiétant : « […] il aimait le spectacle des guillotinades, surtout lorsque c’était le tour des belles et jeunes femmes. […] C’était une âpre volupté pour l’homme rouge de voir tomber dans le panier ces têtes charmantes et leur sang vermeil ruisseler sous le hideux couperet ». De fait, il conduisit à la guillotine la majorité des viragos, des vestales et des égéries de la Terreur. Quand vint le temps où l’on pensa à suspendre le bras de celui qui ne pensait qu’à faire « raccourcir », l’accusateur public, constamment sûr de sa bonne conscience et de son efficacité au service de la nation, a pu très bien avoir déclaré devant le tribunal ces paroles qui lui sont attribuées et qui le résument si bien :« Je n’étais que la hache dont on se servait, on ne peut pas faire de procès à la hache ! ».

      Fouquier fut un être véritablement envoûté par la guillotine et vécu entre deux mondes qu’on aurait cru inconciliables : son office public glacial et impitoyable où il trouve son contentement quand, selon sa propre expression, « les têtes tombent comme des ardoises par un grand vent », et son foyer familial chaleureux et discret. On soupçonne facilement qu’il appartienne à ce type de bourreau sanguinaire qui revient paisiblement auprès des siens, la conscience satisfaite d’avoir rempli exactement sa mission et même un peu plus. Le 7 mai 1795, il monta sur la charrette avec tristesse et morgue pour aller à son tour « éternuer dans le sac » ; il n’avait plus que des ennemis et pas un remords. On pourra s’interroger longtemps pour déterminer si c’est le ton qui sollicitait l’excuse ou qui exhalait la lassitude, avec lequel on l’entendit lancer un jour à la serveuse de la buvette de l’Assemblée où il avait ses habitudes : « J’aimerais mieux être laboureur ! »

      L’extrait de la dernière lettre écrite en adieu à sa femme par ce veuf remarié qui fit huit enfants (cinq survécurent) laisse incrédule, s’il n’était sa signature, tant elle semble insolite sous la plume d’un homme qui détruisit sans sourciller des familles entières et qui conservait, mais seulement pour lui-même et son clan, la sensiblerie de son époque : « Je mourrai donc pour avoir servi mon pays avec trop de zèle et d’activité […] Mais ma bonne amie , que vas-tu devenir, toi et mes pauvres enfants ? […] J’étais donc né pour le malheur ! […] Oublie les petits différents que nous pouvons avoir eus ; ils ont été l’effet de ma vivacité ; mon cœur n’y est pour rien et il n’a jamais cessé de t’être attaché […] Les larmes aux yeux et le cœur serré, je te dis adieu, à ta tante et à nos pauvres enfants. Je vous embrasse tous, je t’embrasse mille fois. Hélas ! Quelle douce satisfaction n’éprouverais-je pas de pouvoir te revoir et te presser dans mes bras ! […] Embrasse bien nos enfants et ta tante pour moi ; sers de mère à mes enfants [ceux du premier lit] que j’exhorte à la sagesse et à t’écouter. Adieu, adieu, ton fidèle mari jusqu’au dernier sIoupir »[

      Signé : « La hache personnifiée entre deux veuves »

  11. … dans la préparation du « monde d’après ».

    Décroissance… naturellement ? Nous allons tous nous serrez la ceinture et chacun, d’autant de cran selon son rang. La création de bio-fermes-ateliers-communaux résoudra la question de la sécurité alimentaire de chômeurs, mais comment concevoir la montée en puissance de l’encadrement de ces neo-saisonniers-maraichers : sur les terres de qui et avec quelle rente de situation ?

    « Le monde qui vient » est déjà là.

    A. Modification du groupe-cible des chômeurs

    L’exercice des activités ALE-horticulture est maintenant applicable à un groupe-cible plus élargi de chômeurs. Ces activités peuvent dorénavant être effectuées par des chômeurs complets indemnisés qui:

    – sont bénéficiaires des allocations d’attente depuis au moins 1 an;

    – sont bénéficiaires des allocations de chômage depuis au moins 2 ans.

    Ces personnes peuvent s’inscrire volontairement à l’ALE (aussi longtemps qu’ils ne remplissent pas les conditions pour être inscrits d’office).

    Dans le cadre des nouvelles dispositions légales (A.R. 25.06.1997), les conditions de durée réduite de chômage pour les chômeurs candidats volontaires aux activités horticoles ont été supprimées.

    Par mesure transitoire, le chômeur qui a été occupé en ALE avant le 1er juillet 1997 conformément à cette ancienne disposition pourra continuer à prester en ALE jusqu’au 30 juin 1998.

    Le chômeur appartenant au groupe-cible peut recevoir du bureau du chômage, un formulaire C63 ALE avec lequel il peut s’inscrire à l’ALE.

    B. Simplification de la procédure dans le chef de l’horticulteur ou de l’agriculteur

    L’utilisation du régime ALE n’est plus liée au respect des formalités applicables au travail saisonnier. Les activités ALE ne doivent plus être indiquées comme des jours d’intense activité dans le registre spécial et sur la carte cueillette. L’exercice des activités ALE horticulture n’est donc plus limité à 65 jours par an. A l’heure actuelle, le chômeur doit uniquement être en possession d’un « formulaire de prestations » valable sur lequel il mentionne les heures d’activité et d’une carte de contrôle.

    L’horticulteur doit uniquement:

    – respecter les formalités ALE (faire valider un « formulaire d’utilisateur »);

    – inscrire les chômeurs ALE dans le registre de présence.

    Dans un souci de rencontrer les besoins du secteur de l’agiculture et de l’horticulture en ce qui concerne les activités saisonnières et occasionnelles, la réglementation ALE a été adaptée et modifiée afin de permettre aux travailleurs ALE qui le souhaitent de prester davantage d’heures dans ce secteur.

    Désormais, les travailleurs ALE peuvent effectuer des activités dans le secteur de l’agriculture et de l’horticulture au maximum 150 heures par mois calendrier, dont au maximum 45 heures en dehors du secteur agricole et horticole, et ce pour autant que la limite annuelle de 630 heures soit respectée.

    C. Montant des chèques ALE

    Le montant de l’indemnité horaire pour les activités au profit du secteur de l’agriculture et de l’horticulture est fixé à 7,06 euros

    D. Eclaircissement relatif aux utilisateurs

    Le régime ALE-horticulture ne peut être utilisé que pour des activités exercées dans la Commission paritaire pour le secteur de l’horticulture, exception faite pour les champignonnières et la plantation et l’entretien des parcs et jardins. L’utilisateur lui-même ne doit donc cependant pas ressortir à cette commission paritaire.

    Un utilisateur qui ne ressortit pas à une commission paritaire (étant donné qu’il n’a pas de travailleurs) ou qui ressortit à la Commission paritaire de l’agriculture étant donné que l’agriculture est son activité la plus importante peut donc appliquer le régime ALE pour l’exercice des activités horticoles.

    Les activités horticoles admises au régime ALE sont les suivantes:

    – la culture maraîchère, y compris les cultures spéciales telles que celles du Witloof;
    – la fruiticulture y compris les cultures spéciales telles que la viticulture, la culture de pêches et de fraises;
    – la floriculture et la culture des plantes ornementales, y compris toutes les spécialités;
    – les pépinières, y compris la culture des rosiers et des arbustes d’ornement;
    – la culture de semences horticoles.

    Agences Locales pour l’Emploi (ALE)

    ET Charles qui nous refait le coup de -vesica pisces – Harmony, p.106, Odile Jacob.

  12. Je ne pense pas qu’une révolution soit en gestation, du moins une révolution comparable à 1789,
    pourquoi ?
    A la mort de Jean Jacques Rousseau le monde s’ébranla pour tourner en réalisation les rêves de Jean Jaques Rousseau, ce fut la noblesse du XVIII siècle qui avait commencé déjà sous la régence, on s’encanaillait alors alors avec le peuple par plaisir, les grands de cette époque et donc l’élite, la cour, s’amusait à parler le jargon des halles et par conséquent se rapprochait du peuple.
    Pour certains grands du temps et une grande partie de la population pré-révolutionnaire il y avait un projet commun, projet porté surtout par une élite.
    Or aujourd’hui on ne voit pas l’élite financière et l’élite tout court être porteuse d’un projet et se rapprocher du peuple, bien au contraire elle élève des murs et des barrières pour s’en protéger.
    La révolution du moins pour l’instant à moins peut être d’un effondrement complet du système, mais même alors c’est assez difficile à pronostiquer, une chose est claire, l’élite d’aujourd’hui n’a pas de projet ni d’idée claire sur ce basculement dont on sait aujourd’hui qu’il sera plus ou moins inéluctable, pour de multiples raisons et surtout à cause du système qui qu’on le veuille ou non sur-détermine ceux qui y sont assujetti et comme le note fort à propos Monsieur Paul Jorion, tout ce qu’a trouvé l’élite en réponse , c’est mettre à l’eau les canots de sauvetage, alors que le Titanic sombre, probablement il en résultera une totale anarchie.

  13. Pourquoi « les Américains » ,qui nous ont culturellement imposés tout et le reste, nous ont laissé « notre » révolution de 1789 comme symbole plutôt que « leur » révolution de 1776 ??????
    Ils n’en sont pas fiers de leur « statut de la liberté » ?
    Parfois les premiers ont « historiquement » tort., bien que leurs débats soient fondateurs……..
    Remontons à la racine des événements.
    1788 n’est qu’ un problème Franco-Français, c’est pourquoi vous auriez dût à mon sens employer les guillemets à Révolution « Française » dans votre titre.

    1. @Pierre : d’abord, je crois savoir, (mais je peux me tromper, faute de savoir jouer les « passe-frontières » avec le brio sans pareil d’EOLE, voir ci-dessus), je crois donc savoir que les Américains ont « leur révolution » et qu’ils n’en sont pas peu fiers. Ensuite, 1788 n’est pas qu’un « problème Franco-Français » mais un archétype de situation pré-révolutionnaire à ce que j’ai pu en juger. (Mais attention, là-encore je peux me planter, mon intelligence obtuse, incapable de s’affranchir des frontières que dresse mon incurable inculture, cf. ci-dessus, peut me jouer de sales tours.)

    2. Ils en sont tellement fiers que c’est de qui inspire le Tea Party,
      qui n’est pas la célébration du tea time anglais…
      mais celle de la destruction des marchandises fourguées à la colonie à haut prix!

      Ce mouvement très à droite donnera naissance à un parti néo-fasiciste, là-bas comme ici,
      si le bon sens d’une révolution contre la dictature du capitalisme sénile ne s’impose pas.

    3. En ce moment cette conscience révolutionnaire historique ou ce qu’il en reste, est plutôt le fait des « Tea-Party » se référant aux « Pères fondateurs » des états unis d’Amérique…… Vous avez dit « archétype » ?
      Pour notre conscience Franco-Française, sachons qu’un Russe moyen est plus fasciné par la révolution perdu de « La Commune » que par « la gagne de la Bastille »……
      En 1880, la Troisième République dote la France d’une fête nationale, le 14 juillet, pour nous faire oublier le 4 Août……

    4. pierre, bonjour.
      je me permet de préciser^^
      1/ pour les usa cela s’appelle plutôt « indépendance »…the independance day (4 juillet) étant leur fête nationale.
      2/ c’était contre les taxes anglaises (les anglais la chambre des nobles j’imagine) n’acceptaient plus la monnaie américaine comme paiement : de l’or je crois était exigé.
      d’où par ex la très célèbre boston tea party. ou le slogan « pas de taxes sans représentation » qui ne concernait que ceux qui en payaient : les propriétaires terriens.
      3/ si vous voulez parlez des premiers, avant même les usa, en admettant l’étiquette « révolutionnaire » à ceux ci, il y a la révolution anglaise du 17ème, et avant celle des provinces unies, et la plus ancienne européenne encore vivante tant bien que mal, celle suisse (1291…720 ans en 2011).
      4/ jorion, notre référent commun est bien en france, non? vous auriez donc du demander à préciser « révolution française « à l’américaine » » ^^.
      5/ révolution cubaine, mexicaine (et d’autres là bas…), révolution indienne (islamiste maoiste^^)
      la république d’haiti…et celle qui n’ont pas abouties (mau mau…boxers…huguenots sous louisxiv la liste est encore plus longue). vous devez adorer les states pour ne retenir que l’indépendance américaine (un bout des amériques en fait) comme type révolutionnaire^^. c’est vrai qu’ils savent être sympathiques, mais ce ne sont pas les seuls, quand même?!
      6/ réduire à un débat franco français en adoptant une posture identique… pourtant le contenu de la constitution américaine et les discussions qui l’ont amenée est intéressant en soi. vous pourriez le développer?

      7/ en plus, la connivence entre les élites us (venus visiter la france à propos) et celles françaises (soutien contre les anglais) est qd même patent. à ce sujet la statue en question est un cadeau de la france pour le centenaire de leur indépendance.

      à crapaud : non, non^^, la révolution française est bien un genre d’archétype : bcp s’en sont réclamée et le font encore indirectement en rappelant celle de 1917 ; elle est un changement de principe de régime radical (avec l’absolutisme, on ne peut faire autrement^^) ; non seulement elle a réussi chez elle, mais s’est répandue…c’est vrai qu’une vraie république démocratique, c’est tentant^^ en plus cette référence étant du coin (^^) elle n’en est que plus pertinente pour nous.

      bien à vous

    5. Vous ignorez les bâtisseurs ?
      Paris et Washinhton ont bien chacun leur Obélisque non?
      Les lumières vous aveuglent à ce point que vous y soyez si sensible ?

    6. à pierre :
      question 1 : non
      question 2 : certes. ailleurs aussi… j’aime bien leurs coupoles aussi (la cathédrale de périgueux est un joli chef d’oeuvre : une réplique adaptée de ste Sophie à istanbul.)
      les bâtisseurs, leurs obélisques sont déjà taillés en pointe, qu’ils s’assoient sur leurs principes^^
      si ces formes sexuelles suffisent à leur bonheur, qu’ils s’égarent donc… tao ko tao.

      il y a qd même un paquet de grouillot béats et inoffensifs chez eux, non? même parmi les célébrités…. que l’arrière boutique soit plus sujette à caution, c’est évident. serments, secret, laboratoires d’idées, lieu de recrutement et de commerces en tout genre, c’est trop tentant pour ne pas s’en servir. ceci dit, nul n’est besoin d’aller en 1776 en amérique pour les observer et jouer avec… bruxelles comme l’hexagone est sous la protection de st michel^^. ici effectivement cela concerne directement le citoyen… tenez, c’est du belge^^ : http://www.dailymotion.com/video/x6zwm3_questions-a-la-une-la-franc-maconne_news le dernier (n°3) épisode se termine sur un plan des toits de la mairie de bruxelles où le présentateur salue son public^^ for happy few disait déjà Stendhal…

      question 3 : ?! . je ne saisis pas votre pique sur la lumière, pourtant je pressens une perche. la flamme inerte de la statue de la raison?^^ je ne crois pas… well…^^ pensez vous que la lumière soit un obstacle? cette question est absurde, mais dans le noir, on tâtonne… ah oui… : « « les Américains » ,qui nous ont culturellement imposés tout et le reste, nous ont laissé « notre » révolution de 1789 comme symbole plutôt que « leur » révolution de 1776 ?????? » çà fait bcp de guillemets^^
      (personnellement je préfère les suisses (ou l’antiquité : par ex on devrait faire un billet sur la ligue de delos et les 150 ans d’impérialisme athénien qui ont suivi cette alliance.) même si c’est pas alpage ^^…) vous soupçonnez cette magnanimité du seigneur à son vassal d’être une duplicité, aux usa comme ici, chacun la sienne? la tour et cette statue tendraient à vous donner raison…mais il me semble que « leurs » idées, comme celle ci sont à double tranchant!,,,
      mais comme je vous l’ai dit les pierres ne sont pas dangereuses en elles même (les grouillots par ex), seul l’édifice pose réellement problème.
      (sinon, se passer d’eux, c’est limite impossible^^ ne serait que pour les reconnaître…(ce sont parmi les premiers groupes politisés et actifs de notre histoire, et d’énormes think thank historiques, sans compter leur présence choisie dans les appareillages de pouvoir. leurs points faibles sont dans le désordre : la Vérité, leur secret, leur orgueil démesuré, le troupeau de petits initiés qui est très volatile (genre basse cour^^), il se laisse facilement impressionné… en plus, à part une métaphysique mal digérée et donc dévoyée et utilisée hors de son champs d’applicabilité, la plupart sont parfaitement « normaux », emportés par le grand fleuve du progrès qu’ils vénèrent. au propre comme au figuré…
      je suis d’ailleurs tjrs étonné de redécouvrir leurs marques et leurs « philosophies » (une ou deux en fait) un peu partout dans les ouvrages sérieux enseignés par ex par l’éducation nationale, même hors champs de pertinence (la littérature par ex ou l’histoire. la philo bien sûr). déjà qu’en architecture, au cinéma, à la télé et sur internet, çà devient lourdingue leur discours et leurs symboles…même si avec la finance, et l’énergie, ce sont leurs domaine réservé : un physicien qui pense au lieu d’expérimenter, c’est svt comique sur le coup, régulièrement tragique par la suite)). et puis je trouve que cette approche sans un bagage philosophique (métaphysique en fait) conséquent, c’est vite se contraindre à des positions ad hominem ou paranoïaque ou « au mieux » au flou artistique de castoriadis à la suite de Foucault : « çà conspire » avec impossibilité épistémologique d’en dire plus : « suspendez votre jugement », dit il comme tout bon sceptique. enfin bon, casto est un peu parti pris : volontaire ou non, conscient ou non, sa philosophie est très compatible d’avec la leur… une métaphysique de boucher à mon sens.
      çà répond à cette question sur les lumières, ou je m’enfonce dans les abysses ténébreuses? vous êtes assez elliptique je dois dire… « et sur cette pierre… »^^

      d’autres dates sont possibles que celle de cette période de trouble et d’imbroglio politique, ce n’est pas très important, les valeurs que l’ont y adjoint un peu plus… et le rappel de l’Histoire dans ses détails aussi…

      le 4 août est à mon sens une muleta : les nobles ont renoncé à leurs privilèges sous la peur de la colère du peuple que certains du tiers état (déjà^^ avec cette proposition bien appropriée du club breton on dirait du schumann-monnet) entretenaient chez eux cette fameuse nuit. n’ayant rien signé (juste une promesse solennelle que bcp ont renié, contredisant leurs propres valeurs), cela était de peu de valeur. une « bonne » date serait plutôt le 5 octobre à mon avis, date où le roi contraint par la situation et l’assemblée, adopte les décrets rédigés le 5 août. (j’emploie le terme de « muleta » sans malice vraiment (cela me paraît un leurre mais le terme est aussi trop fort…), car comme symbole, le 4 août ce sont les nobles qui renoncent (sous la peur mais volontairement, comme une offre gracieuse, d’ici à ce qui faille les remercier^^), tandis que le 5 octobre, c’est l’assemblée qui contraint politiquement le roi, c’est donc la première émanation de la souveraineté « populaire » (vote censitaire assez élevé), ainsi que le passage de témoin d’une ère à l’autre, chez nous.
      ou en avril 45, le premier vote au vrai suffrage universel (sauf les militaires de carrrière, qu’ils me pardonnent^^), tout les signes de la souveraineté émanant du peuple par le peuple, assemblée représentative, et volonté d’un monde meilleur… (qq « purges », malheureusement surtout pour les petits…)

      P.S.: Sade encourageait depuis sa cellule de la bastille les insurgés. sa sortie fut courte : retour à la case prison… vérité en delà, erreur en deçà dit on, mais certaines vérités chatouilles les deux cotés^^ dans « allons français encore un effort pour être (vraiment) républicain », il ne prend pas le nouveau régime dans le sens du poil. car comme pour Rabelais avec ses ogres et ses détails foisonnants de données scientifiques, l’esprit du temps n’aime pas être montré nu. une de ses « techniques » est de se montrer aussi par bout, nous mettant dans la position des trois aveugles face à un éléphant : chacun « voit » ce qu’il a à sa portée, mais l’éléphant n’est pas là, très efficace avec l’amalgame et le réductionnisme…(et le manque patent et entretenu de conscience historique, pourtant les moyens ne manquent pas…)

    7. @Sylla
      Merci pour votre éclairante réponse.
      La légende est à l’origine de l’expression tomber de Charybde en Scylla, qui signifie « aller de mal en pis ». Plus précisément Charybde symbolise le « tout ou rien », la mort pour tous ou la vie pour tous, selon un jeu de probabilité. Et Scylla incarne la mort certaine pour une partie de l’équipage, mais la vie pour les autres. Il s’agit d’un choix entre le sacrifice calculé ou l’avenir aléatoire de la vie de tous.
      Hermes, messager et porteur de la lumière des dieux, que l’on trouve entre autre au sommet de la colonne de la place de la république à Paris, est aussi le dieu des voleurs. 🙂

    8. à pierre :
      je suis au régime : j’ai arrêté les bâtisseries^^

      Hermes comme Homère se sont bien fait revisiter : à croire que certains se promènent dans le temps^^ c’est peut être inhérent à l’Histoire même…l’on retravaille sans cesse le palimpseste.

      la symbolique que vous citez est tirée (je crois^^) de « la dialectique de la raison » d’horkheimer et adorno, qui après avoir fuit l’allemagne pour les usa se prennent d’envie de faire d’Ulysse le premier homme moderne, archétypal, uniquement guidé par la raison. cet exemple est un genre d’anticipation rationnelle.
      le pivot tourne autour d’athéna : pour Homère, la déesse inspire son protégé, pour eux (et nous maintenant) c’est une métaphore : Odysseus réfléchit et raisonne. la transcendance est écartée, l’immanence de l’homme mise à la place.
      de loin, car ce n’est plus un homme vraiment, c’est un calculateur. mauvais à la limite parce qu’il choisit un sacrifice partiel (la moitié qd même) plutôt que de mieux réfléchir. notons aussi qu’il était obsédé par le retour vers ses propriétés (sacrifice) et super pressé : un petit détour, au point où il en était, çà aurait pas casser trois pattes à un canard. vision un peu moderne aussi puisque chez les grecs, le destin, c’est le destin, mais cela répond à une autre vision moderne. et puis cela la complète très bien au vu de l’actualité^^

      sans mystère pour sylla : c’est aussi un haut fonctionnaire romain (et un patriote français : felix sylla je crois)… et les premières lettres de mes nom et prénom^^…mais j’avais bien une petite arrière pensée 😉

    1. Merci pour cette interprétation « érudite » qui n’est pas développée dans le texte..
      C’est Bérégovoy qui a fait cette coquille insupportable. Il a dû s’en rendre compte. 🙁

    2. Bonjour,

      je faisais référence, dans l’histoire française à la double rupture de 1983 (mars 83 pour être exact), trop souvent ignorée. En dix jours, les socialistes et Mitterrand font le choix de sacrifier la relance économique au maintien dans le SME (le célèbre serpent monétaire). D’où le virage de la rigueur, et ce qui va avec (la libéralisation de Bérégovoy n’est qu’une conséquence de ce ralliement, de cet « hommage » au Marché).

      double rupture :
      – rupture des socialistes avec le socialisme ;
      – rupture des gouvernants avec le programme pour lequel ils avaient été élus. Cette rupture fut suivie de bien d’autres, mais c’est en 83 que la légitimité démocratique reconnue comme la seule « loi naturelle » indépassable fut reniée au profit d’une technocratie qui commence alors à s’installer ouvertement.

      Désolé de ne pas avoir développé, mais ce n’était pas l’objet.

      Cordialement,

      CM

      PS : Chevènement et Jobert quittèrent le gouvernement (le premier pour y revenir un peu trop vite).

  14. Marx démontre dans les manuscrits de 1844 que le capitalisme s’épananouie dans le système démocratique; la démocratie à pour fonction de concilier des contraires et son existence est liée à l’éxistence des classes sociales et laissera la place à une communauté humaine quand les catégories marchandes (salariat, capital, rente foncière, etc..) auront été supprimés.
    « C’est donc la nécessité naturelle, ce sont les propriétés essentielles de l’homme, toutes étrangères qu’elles puissent sembler, c’est l’intérêt, qui tiennent unis les hommes de la société bourgeoise dont le lien réel est donc constitué par la vie bourgeoise et non par la vie politique. » (Marx – La Sainte Famille)
    « Mais l’esclavage de la société bourgeoise est, en apparence, la plus grande liberté, parce que c’est, en apparence, l’indépendance achevée de l’individu pour qui le mouvement effréné, libéré des entraves générales et des limitations imposées à l’homme, des éléments vitaux dont on l’a dépouillé, la propriété par exemple, l’industrie, la religion, etc. est la manifestation de sa propre liberté, alors que ce n’est en réalité que l’expression de son asservissement absolu et de la perte de son caractère humain. Ici, le privilège a été remplacé par le droit. » (Marx – La Sainte Famille)

    1. le capitalisme s’épananouie dans le système démocratique;

      d’ailleurs, y’a qu’à voir la Chine,
      et l’argent coule à flot virtuel et banqueroute aussi bien dans certaines theocraties …
      paraitrait même que les moines du Mont Athos sont des traders fous ? !…..

  15. Bon. Je n’ai eu le temps de tout lire, j’ai un paquet d’occupations par ailleurs. MAIS.

    Excellents arguments et excellente analyse.
    J’aurais aussi bien vu la Grande Dépression de 1870 au tableau. Qui ne donna à priori pas de guerre, à vérifier.

    Là, mes petits gars et petites consoeurs, d’après ce que je vois dans le tarot géopolitique actuel est que les US sont en régression comme pas possible et que la Chine est en progression toute aussi folle.
    Pour la Chine, des pourcentages de progression de 25 %, c’est du n’importe quoi. Vraiment. Et ils vont dans le mur pour raisons diamétralement opposées à celles des US, MAIS dont le résultat sera identique.
    Le peuple ne va plus croire en ce qu’on lui raconte.

    Donc, à première vue, ce n’est même pas la peine qu’on se demande quoi faire pour déclencher le souk : d’autres vont commencer avant nous.
    Pour une fois qu’on doit pas prendre l’initiative, c’est quelque part reposant.
    Bonne fin de semaine de bonne crise.

  16. Je ne pense pas qu’il soit pertinent de comparer notre temps avec l’an 1788.
    Tout d’abord, comme ç’a été dit maintes fois, en 1789 la population était majoritairement paysanne et avait la vie rude. Aujourd’hui plus de la moitié de la population français vit dans le confort matériel (maison avec jardin, voiture, ordinateur, écran plat).
    Notre société est Ultra-molle. Et j’insiste bien sur ce point. La multiplication des écrans (télé, ordinateur, téléphones portables ), le société de consommation, l’individualisation sont d’énormes freins à une réaction radicale. Depuis la crise de 2008, la droite a gagné toutes les élections européennes !
    Peut-être que la déplétion de la production de pétrole fera l’effet d’un électrochoc mais je ne suis pas sûr…

    Les solutions existent. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’il n’existe pas de projet alternatif. Le socialisme, l’alter-mondialisme, l’écologie, tout est déjà là.
    Mais ces idées induisent une perte de biens matériels… Depuis 1789, le progrès général s’accompagnait d’un progrès matériel. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    Je pronostique donc un effondrement mais sans révolte. Il n’y aura pas de mise en place d’un nouveau système en un jour, ni en un an, ni en 10 ans d’ailleurs. L’humanité sera repartie en lutte pour des décennies. Les conséquences risquent d’être désastreuses. Imaginez une dictature du 21ème siècle ! Avec les nanotechnologies, on jettera comme de la poudre des caméras et des micros tellement petits qu’ils seront invisibles !

    J’ajouterai que la mondialisation politique et économique n’a pas d’avenir. D’abord à cause de contraintes écologique mais aussi car ça va à l’encontre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’encontre du mouvement général du 20ème siècle : faire coïncider frontières et nation.
    Un gouvernement mondial serait un véritable danger pour la démocratie. Il ne faut pas gouverner mondial car l’économie est mondiale mais ramener l’économie à l’échelon nationale pour gouverner au niveau national.

    1. A propos de notre société ultra molle.
      Hommo consommatus dépossédé de sa position de citoyen par le système qui sur-détermine sa subjectivités, nous sommes tous les trolls du système quelque part.
      Le citoyen se caractérise essentiellement dans l’action politique, au sens politikos.
      Avec l’expansion du rapport marchand, les hommes abandonnent leur position de sujets, parce que contraints de se comporter par rapport à la vie sociale en observateurs distanciés.
      Lukács
      C’est la quête du gain qui codifie le comportement.

  17. Quand la majorité des êtres sur terre se décideront enfin à faire leur véritable révolution spirituelle en société, dans l’histoire, au travail ou sans travail, la nature l’aura déjà faite dans un plus grand enfantement de douleur, en entrant même davantage en révolte contre le meilleur des mondes, et des hommes de notre temps, celui de notre si précieux temps à vouloir faire principalement ceci ou cela, mais rassurez-vous petits enfants de ce monde un accord a minima sauve in extremis la conférence de Cancun sur le climat. Qui sont surtout
    les gens dans notre temps qui veulent volontairement ou involontairement retarder le plus longtemps possible l’évolution spirituelle du genre humain vers d’autres valeurs de vie ? Jour terrible ou jour de joie lorsque tout patatrac ? Nous verrons surtout mieux à ce moment là sur quoi nous avons principalement tout ce grand monde marchand en vitesse ! Le monde réel,
    la véritable révolution humaine n’est-ce pas surtout lorsque tout ce que nous avons principalement batis s’écroule sbitement ? Alors dans ces moments là on fait déjà beaucoup moins les malins, de tous bords confondus d’ailleurs. C’est juste une question de temps !

  18. Jeux de mots.

    Chose certaine, ça nous prend du neuf.
    La preuve par neuf : 1789, 1929, 1939, 1989…
    Y aura-t-il un 2019 ?
    Un oeuf primordial ?

    1. 1789 : espoir pour le plus grand nombre – changement de Société

      1929 : krach et misère ….à terme , 2° guerre mondiale (même s’il y a eu 1936 entre temps)
      1939 : prémices et déclaration 2° guerre mondiale

      Non, pas de preuve par neuf !

  19. En 1898, Jaurès demande aux députés de la III République bourgeoise :

    « le génie de la révolution française est-il donc épuisé ? Est-il possible que vous ne puissiez trouver dans les idées de la Révolution une réponse à toutes les questions qui se posent actuellement, à tous les problèmes qui se dressent devant nous ? La Révolution n’a-t-elle pas conservé sa vertu immortelle, ne peut-elle pas donner une réponse à toutes les difficultés sans cesse renouvelées parmi lesquelles nous passons notre chemin ? ».

    Et si nous nous remettions à lire Jaures ? Et si dans sa magistrale « histoire socialiste de la révolution française » (messidor. editions sociales.1989), il n’y avait pas cette somme de connaissances politiques qui nous manquent tant aujourd’hui ?

    Je passe aux mains de nos amis le flambeau dont tant de vents et d’orage ont déjà agité la flamme, et qui s’est à demi dévoré lui-même en éclairant le monde tragiquement. Flamme tourmentée, mais immortelle, que despotisme et contre-révolution, s’acharneront à éteindre, et qui, toujours ranimée, s’élargira en une ardente espérance socialiste. (dernières lignes de l’oeuvre. tome VI page 454)

    1. Et si nous nous remettions à lire Jaures ?

      D’accord mais après les propos de Jérémie,

      Et si les meilleurs écrits révolutionnaires de Jaures et tant d’autres n’avaient pas réellement apporter ni d’ailleurs transmis un meilleur flambeau spirituel aux êtres, afin de pouvoir mieux traverser les diverses épreuves de la vie et de l’histoire sans trop de dégats moraux comme pour les générations suivantes, par exemple contre davantage de vents et d’orages, ça pourrait être une idée à creuser, pardonne-moi Jaures, mais même les meilleurs écrits du socialisme révolutionnaire ne m’emballent plus trop l’esprit.

      J’aime surtout pas qu’on se serve davantage des pauvres gens avec toujours de beaux propos de circonstances à la bouche, car ensuite est-ce qu’ils vous invitent dans les plus beaux restaurants de la capitale, une fois le bon confort obtenu au dessus des êtres, mon oeil oui, vous vous crevez toujours autant la dalle, tant d’ailleurs au niveau de l’estomac que d’autre chose.

      J’aime pas qu’on se serve du pauvre, ni d’ailleurs des pauvres gens partageant la même condition de vie, électoralement ou pas comme de tous bords confondus, oulala mais qu’est-ce qu’il est difficile à contenter et à satisfaire le Jérémie, même le socialisme et le capitalisme tous deux à la fois il n’y croit plus beaucoup mais alors que faire et où aller et quoi penser.

  20. La fin du pétrole, l’argent : liquidité ou sublimation?

    Le pétrole est une réalité. C’est le résultat de la dégradation des cadavres d’organismes vivants, les algues en particulier par un processus lent d’enfouissement géologique.
    Ces algues se développent en particulier dans les chennaux de marée des mangroves. On pourrait donc cultiver les plus riches en hydrocarbure de ces algues et les raffiner pour récupérer et stocker annuellement l’énergie solaire qu’elles accumulent.
    Nous manquerons sans doute de pétrole mais probablement pas d’hydrocarbures. Notre avenir énergétique est encore dans la vie.

    L’argent est un concept qui n’existe que dans le cerveau humain et qui du coup est affecté par tous les méandres affectifs et magiques qui l’habitent. Pour satisfaire rêves et névroses, il est prêt à inventer des vérités telles que la clairvoyance des instruits au sein des marchés pour enfumer et ruiner la vie réelle de ses congénéres.

    Le diagnostic me semble bien porté par M Jorion et quelques autres. Mais le remède est délicat à administrer car les cerveaux malades de cette peste adictive semblent comme envoutés et luttent avec vigeur contre les remèdes. Le problème est politique. Comment leur reprendre le pouvoir que nous leur avons laissé prendre?

  21. La révolution de 1789 était l’oeuvre d’une couche moyenne ambitieuse qui se sentait objectivement freinée, inhibée par des castes qui n’avaient plus d’utilité collective. Leur but consistait, en somme, à instaurer une économie libre du marché. La faiblesse du roi, ses anachronismes dèséspérants ont mis le feu au poudre. Le peuple ne faisait plus aucune confiance à un roi qui n’était plus un représentant de Dieu sur terre; la preuve: il ne faisait rien contre la famine.
    Idem en Russie. Le déclencheur de la grande révolution était la défaite à Tannenberg, un petit lieu in Prusse Orientale. Les cadavres de soldats russes s’entassaient, empêchant les allemands d’avoir une vue dégagée pour tirer. Ce fut une véritable catastrophe pour l’armée russe, suivie d’un traité, le fameux traité de Brest-Litovsk. Aux yeux des russes, le tsar était responsable, ne bénéficiant de plus aucune autorité ni sympathie……
    A part de quelques constantes, les choses sont différents aujourd’hui, n’ont plus beaucoup avoir avec les causes qui ont conduit aux révolutions précédantes.
    La seule révolution que je vois: remettre en question le système politique et sociétal en France, qui n’est plus adapté à notre temps. La difficulté: il y a une foule de gens, de profiteurs qui ne voyent aucun intérêt à ce que les choses changent – ce sont des acteurs qui forment, entre autres, la couche sociale qui mettait en oeuvre la révolution de 1789.

    1. ce sont des acteurs qui forment, entre autres, la couche sociale qui mettait en oeuvre la révolution de 1789.

      non, c’est plutôt une sorte d’aristocratie courtisane amollie et dégénérée, décrochée du réel, vivant pour des prébendes, donc non pensante ..
      .rien à voir avec les penseurs du XVIII° siècle ….

    1. En 1930, les campements de fortune pour tous les SDF qui travaillaient ou non et pour toutes les familles expulsées de leur logement n’ont jamais été soumis à une loi imposant leur dénonciation et leur destruction, comme s’apprête à le faire un article de la loi LOPPSI 2 qui devrait être votée ce 14 décembre.
      Exclue à la fois d’un logement décent et d’un logement de fortune, l’armée des gueux mal logés ou pas logés du tout, sans aucune autre issue que cette alternative, choisira-t-elle le suicide collectif ou le soulèvement ?

  22. Messieurs , il vous faudra faire la révolution seuls , privés de la moitié de l’humanité .

    Cete file de commentaires vaut presque un referendum .

  23. LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

    Un mal qui répand la terreur,
    Mal que le Ciel en sa fureur
    Inventa pour punir les crimes de la terre,
    La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
    Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
    Faisait aux animaux la guerre.
    Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
    On n’en voyait point d’occupés
    A chercher le soutien d’une mourante vie ;
    Nul mets n’excitait leur envie ;
    Ni Loups ni Renards n’épiaient
    La douce et l’innocente proie.
    Les Tourterelles se fuyaient :
    Plus d’amour, partant plus de joie.
    Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
    Je crois que le Ciel a permis
    Pour nos péchés cette infortune ;
    Que le plus coupable de nous
    Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
    Peut-être il obtiendra la guérison commune.
    L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
    On fait de pareils dévouements :
    Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
    L’état de notre conscience.
    Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
    J’ai dévoré force moutons.
    Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
    Même il m’est arrivé quelquefois de manger
    Le Berger.
    Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
    Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
    Car on doit souhaiter selon toute justice
    Que le plus coupable périsse.
    – Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
    Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
    Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
    Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
    En les croquant beaucoup d’honneur.
    Et quant au Berger l’on peut dire
    Qu’il était digne de tous maux,
    Etant de ces gens-là qui sur les animaux
    Se font un chimérique empire.
    Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
    On n’osa trop approfondir
    Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
    Les moins pardonnables offenses.
    Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
    Au dire de chacun, étaient de petits saints.
    L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
    Qu’en un pré de Moines passant,
    La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
    Quelque diable aussi me poussant,
    Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
    Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
    A ces mots on cria haro sur le baudet.
    Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
    Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
    Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
    Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
    Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
    Rien que la mort n’était capable
    D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
    Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

  24. « Toute révolution est commencée par des idéalistes, poursuivie par des démolisseurs et achevée par un tyran. » (Louis Latzarus)

    1. Si la gloire apporte l’argent, j’attends la gloire ; si la gloire n’apporte pas l’argent, j’attends l’argent.
      [Jack London]

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