SPECULATION ET SEMAINE DES QUATRE JEUDIS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il ressort de l’allocution ce matin du Président français que des mesures seront proposées par la France dans le cadre du G20 pour tenter de juguler la spéculation sur les marchés des matières premières. Ce que seront ces mesures doit être deviné à partir des réponses qui ont été faites à certaines questions des journalistes. D’abord, pénalisation de ceux qui alternent les positions acheteuses et vendeuses sur les marché à terme des matières premières – comportement auquel on reconnaît les spéculateurs – par une taxe sur les opérations. Ensuite, « garanties financières » (marges substantielles ?) exigées des intervenants pour décourager ceux qui n’ont rien à y faire (d’autre que pousser les prix à la hausse ou à la baisse en vue de leur gain personnel).

On est encore loin bien sûr d’une authentique interdiction des paris sur les fluctuations de prix mais si les mesures mentionnées peuvent être imposées, ce sera déjà beaucoup mieux que rien du tout.

D’où viendra l’opposition ? De ceux qui financent des études tendant à prouver que la spéculation sur les marchés à terme des matières premières est une excellente chose, à l’aide des arguments de bonimenteurs de foire habituels : « elle apporte de la liquidité » (tout intervenant apporte de la liquidité : pas besoin d’être spéculateur), « elle ramène le prix vers son fondamental » (non : elle l’en éloigne en développant des tendances), « elle n’a aucune influence sur le prix… puisqu’il faut bien un acheteur et un vendeur » (de qui se moque-t-on ?). Un des journalistes a d’ailleurs évoqué une « étude menée à Bruxelles prouvant que la spéculation est sans effet ». Le Président français lui a répondu qu’elle avait sans doute été publiée un 1er avril. C’est en effet sur ce ton-là qu’il faut répondre aux défenseurs de la spéculation (comme de l’accaparement d’ailleurs, auquel il a aussi été fait allusion) : son innocence dans la prédation sur l’économie (pompant le sang du consommateur quand elle pousse les prix à la hausse et celui du producteur quand elle les pousse à la baisse) et dans la création de risque systémique (du fait que dans un pari, il y a toujours un perdant), sera établie une fois pour toutes durant la semaine des quatre jeudis.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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76 réflexions sur « SPECULATION ET SEMAINE DES QUATRE JEUDIS »

  1. Bonjour,
    Je comprends bien votre position visant à rendre impossibles les dérives de la spéculation. Pourtant, il me semble qu’il soit bien difficile de différencier ces dérives dont on comprend qu’elle n’ont plus rien à voir avec une régulation naturelle de l’offre et de la demande . La spéculation consiste (en théorie) à proposer une contrepartie à un offreur ou à un acheteur de marchandise c’est-à-dire à lui permettre (à lui qui est intéressé par la marchandise elle-même) de limiter ou de supprimer le risque qu’il prend sur les variations ultérieures des cours.
    Cette prise de risque est alors transférée au « spéculateur » qui en échange en attend une rémunération.
    Je continue à trouver extrêmement utile ce type de mécanisme comme celui-ci, mis en oeuvre récemment en Ethiopie pour le café et les céréales. Je me demande comment éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.
    Bonne soirée.

    1. Monsieur chambaretaud,
      J’ai l’impression que vous êtes nettement moins éclairé que moi sur la notion de spéculation. C’est impressionnant.
      Si votre « spéculateur » repart avec le blé, le café ou autre chose et le vend à des consommateurs, il a fait un marché à terme. C’est une protection contre la volatilité des prix. Au sens où je comprends le terme spéculation, cette opération est positive.
      Le spéculateur est celui qui achète un produit en pariant sur la hausse ou la baisse de son prix et qui cherche à empocher la différence sas s’inquiéter de fournir ce produit à un consommateur.
      Aucune valeur n’est ajoutée au produit. Quand il s’agit de blé, de riz ou un analogue, nous entrons dans des questions de vie ou de mort. Un spéculateur se met à tuer à travers les émeutes de la faim qu’il provoque. Un spéculateur ne cherche pas du tout à fournir un service. Il se sert.
      J’ignore qui vous a expliqué ce qu’est un spéculateur. Cette personne vous a enfumé le cerveau.

      L’opération que vous défendez est tout à fait décente. S’il y a fourniture du produit à un consommateur, ce n’est pas de la spéculation. La spéculation a déjà fait des morts et ce n’est pas terminé. Cette dernière est indécente pour le moins.

      Bonne soirée.

    2. Il me souvient avoir proposé à un certain Jorion de créer dans le glossaire des rubriques sur :
      L’achat à terme.
      L’achat spéculatif avec assurance.
      L’achat à nu pur, soit achat de la partie assurance sans le moindre contact avec l’objet de la transaction.

      En programmation informatique, on retrouve le même phénomène en base de données.
      Un premier traitement sera juste un tri sélectif.
      Le deuxième sera un traitement par modification des données.
      Le troisième sera la mise en forme des résultats pour une utilisation maximale.
      Ce que j’ai toujours appelé le troisième étage de la fusée. Vieux rêve de gosse…

    3. Yvan,

      La grande distribution a réinventé le mot « se sucrer ». Elle a quand même un énorme avantage sur les spéculateurs. Elle fournit des produits. Ce n’est pas un service gratuit et se fait lourdement payer pour cela. Le spéculateur se fait lourdement payer pour un service qu’il ne fournit pas.

      Mais je suis d’accord que la marge que la grande distribution se donne est indécente et je suis poli.

    4. Yvan et autres,

      J’ajoute que je ne me sens pas du tout expert en spéculation. Si quelqu’un de plus compétent que moi veut prendre la peine d’expliquer à Monsieur chambaretaud ce que c’est ou que ce quelqu’un peut m’apprendre ce que c’est, je suis d’accord.

      J’ai juste été fort surpris de trouver plus ignare que moi dans ce domaine.

    5. Bonjour Didier,

      Un spéculateur ne prend jamais livraison, son rôle n’est pas là. Reportez-vous par exemple ici pour que nous parlions bien de la même chose. C’est suffisant à ce stade. Un spéculateur est techniquement la contrepartie de l’opérateur qui recherche une couverture. Le spéculateur se rémunère donc en échange d’une assurance !

      Je renvoyais à mon exemple éthiopien parce qu’il nous ramène à la réalité de l’utilité des marchés (spéculation comprise), les mécanismes financiers occidentaux se cachant derrière une complexité qui autorise de réelles dérives. P. Jorion n’a pas la naïveté qui serait de proposer de décréter l’arrêt de la spéculation, il s’intéresse (selon mon interprétation) à distinguer la spéculation-couverture aux dérives autorisées par les marchés actuels (déconnexion totale du sous-jacent). Simplement, je ne vois guère comment.

      Ma question est d’ordre pratique, comment séparer le bon grain de l’ivraie ?

      Votre compréhension seulement péjorative de ce mécanisme de contrepartie est naïve ou dogmatique et ne m’intéresse indirectement que parce qu’en effet, il y a encore des choses à expliquer au grand public pour éviter des contresens tels que celui que vous semblez faire.

      Enfin, les mots techniques tels que « spéculation » étant porteurs de sens chargés émotionnellement, je vous renvoie à son étymologie. Le speculum latin est un petit miroir. Peut être nous renvoie-t-il de nous une image de lucre et d’égoïsme peu flatteuse pour les esprits généreux comme le vôtre. Si vous aimez spéculer intellectuellement, je vous propose ce sujet … de mon côté, je m’intéresse aux solutions pratiques dans l’ordre de l’économique car des enjeux humains immédiats y sont associés.

    6. Les mots évoluent. Ils ont une histoire et un sens variable selon les personnes et les époques. Actuellement, le mot spéculateur est connoté négativement. Il désigne le genre de personnes qui effectuent les opérations que je décris. Cela explique ce que vous nommez la « charge émotionnelle ». Vous battre pour redonner un sens positif à ce mot m’échappe. Si vous avez été trompé ou vous vous êtes trompé, ce n’est pas catastrophique. Le fait que je puisse vous écrire prouve que l’on survit à ce genre d’épreuves.

      En plus, le mot spéculateur a disparu de toutes les publications défendant le libéralisme économique. Il ne s’y trouve plus que des investisseurs. Dans le cas sain et normal, c’est la situation que vous défendez. Votre spéculateur est mon investisseur. Parlez d’investisseur, ce dernier livrera un produit (c’est son projet depuis le départ) et nos deux langues se rejoindront.

      Les définitions disponibles sont claires, simples et évidentes. Pourquoi voulez-vous absolument introduire cette confusion ? Vous achèveriez la confusion actuelle sur le terme investisseur en réussissant dans votre opération.

      Si vous y arrivez, je me lance dans la défense du mot spéculateur au sens actuel de philosophe. Un spéculateur pourrait remplacer ce mot. Il y a aussi les rêveurs, les utopistes, les ingénieurs qui pourraient devenirs des spéculateurs par l’opération que vous défendez. Il suffit qu’un type crée une image pour le nommer spéculateur. C’est défendable dans tous les cas.

    7. Libre à vous de choisir vos mots. La poésie a aussi ses charmes.

      Spéculateur est un terme au sens précis. Pour ne pas être « ignare » il convient de le connaître. Pas d’effet de mode ici.

      Bonnes lectures

  2. On peut aussi espèrer que  » Bonjour on est vendredi » rendra la semaine des quatre jeudis encore plus incertaine .

    Il y en aura besoin pour détricoter les oppositions officielles ou moins visiblement fondées .

  3. Ah la semaine des 4 jeudis, la période des culottes de courte, la guerre des boutons et petit Gibus  » si j’avais su j’serai pas devenu président. L’espoir fait vivre, bon diou espérons.

  4. Une question : les droits de mutation dans l’immobilier, couramment appelés « droits de notaire », ressemblent à s’y méprendre à une taxe sur les transactions immobilières. Correction : C’EST une taxe sur les transactions immobilières.

    De plus, acheter et revendre un bien immobilier est une opération coûteuse. Beaucoup plus coûteuse qu’un ordre électronique sur un marché financier.

    Voilà donc un marché, le marché immobilier, où les allers-retours spéculatifs sont naturellement difficiles, et de plus découragés par une taxe. Or, il y a une bulle immobilière.

    Quelle leçon peut-on en tirer ? Que la « spéculation », si elle était responsable de la hausse intempestive des prix, ne serait pas le seul facteur. Peut-être n’est-elle pas un facteur important du tout. En effet, la spéculation a libre cours dans la finance, et ne peut pas s’exercer dans l’immobilier. Pourtant, les deux ont connu une bulle similaire.

    Si l’on veut s’intéresser sérieusement aux facteurs de crise, il faut arrêter de chasser des sorcières.

    Cdt,
    GSF

    1. Les « frais de notaire » ,qui intègrent assez largement effectivement les prélèvements pour l’Etat et pour lequel le notaire se comporte comme un percepteur , ne dissuadent pas la spéculation immobilière parce que la spéculation porte en fait sur le foncier et la  » bonne situation » géographico-sociale du bien ,dont la valeur intrinsèque est très minoritaire dans le  » prix » demandé .

      Et cette spéculation là est suffisamment grasse pour laisser encore aujourd’hui un bonus très intéressant .Pour gagner à ce jeu il suffit d’avoir beaucoup d’argent et de jouer en  » nomade » non résident . Comme à la bourse .

      On assiste aussi ces mois ci de façon visible à des placements  » à tout prix  » dans l’immobilier tout bonnement pour garer du fric , pour ceux qui en ont , sur une  » valeur » concrète de type matières premières . Ce qui explique en grande partie pourquoi il y a tant d’immeubles ou appartements inoccupés .

      Dans certaines villes je connais des quartiers où un bonne moitié des stores de fenêtres ne sont pas ouverts plus de 15 jours par ans . Je ne suis pas sur du tout qu’il y ait un propriétaire distinct derrière chaque logement .

      Mais si on fouille un peu on verra souvent dans la liste des proprio SCI untel .

      Il n’y a même plus besoin de faire appel aux fameux « dessous de table » qui faisaient la joie des anecdotes de repas de notaires .

    2. @ juan nessy, Didier F

      Oui, c’est bien là où je veux en venir. Les « allers-retours » spéculatifs dont parlent Jorion et Sarkozy semblent être un facteur d’envolée des prix. Ces spéculateurs qui achètent pour revendre immédiatement, sans intention d’être jamais livrés (ou qui vendent à découvert). Et pourtant l’immobilier où ces allers-retours ne sont pas possible est tout aussi « bullaire » que les matières premières et la bourse. « L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix » vise donc un symptôme et n’aurait aucun effet significatif. Elle n’atteindrait pas son objectif. C’est de plus une bonne manière de détourner l’attention des vrais problèmes en brûlant quelques sorcières.

    3. Si l’on veut s’intéresser sérieusement aux facteurs de crise, il faut arrêter de chasser des sorcières…

      ….

      … et se remettre sérieusement à la chasse… aux bonnes affaires.

    4. P.S. Un autre argument parfois avancé contre la spéculation est qu’elle provoquerait des chutes irrationnelles, infondées, des prix – notamment sur la dette publique. On dit que les « spéculateurs attaquent la Grèce » etc. Mais là encore, dans l’immobilier, où la spéculation n’est pas possible, les prix peuvent s’envoler ou s’effondrer de 40% comme on vient de le voir aux US. En ce qui concerne les dettes publiques,

      quand vous lui laissez un cours libre, le moment où la crainte que vous ne puissiez pas remplir vos engagements fait qu’on répugne à le recevoir vous montre le moment où effectivement vous commencez à prendre des engagements au-dessus de vos forces, c’est-à-dire à abuser. Quand vous lui donnez un cours forcé, c’est que vous ne voulez pas être averti de ce moment et que vous êtes déterminé à passer outre, c’est-à-dire à prendre des engagements que vous ne pouvez remplir. En un mot, quand votre papier est bon, il est inutile d’obliger à le recevoir ; quand il est mauvais, il est inique et absurde de forcer à le prendre pour bon. On ne répondra jamais rien de solide à ce dilemme. Mirabeau a donc eu grande raison de dire cette phrase célèbre qu’il a trop oubliée : Tout papier-monnaie est une orgie du despotisme en délire.

      Destutt de Tracy, Traité d’économie politique (1823).

    5. @ GSF,

      Et si la spéculation financière, et surtout ses conséquences (perte de confiance généralisée envers le « marché » qu’elle a généré) était en grande partie à l’origine de la spéculation immobilière actuelle ?
      Je pense que l’envolée des prix de l’immobilier peut, d’une façon générale, avoir des causes variées mais, en l’occurence, elle a, semble-t-il, fort à voir avec la perte de confiance des gens détenant quelques liquidités (sic) dans le marché désincarné des valeurs mobilières.

      Bonne journée,

    6. vous oubliez le marchand de biens, ou l’agent immobilier qui pour une affaire juteuse, prend le statut de marchand de bien, lequel ne paie la T.V.A qu’après un délai de cinq ans, de sorte qu’il a le temps de faire un acheté/vendu grâce à ce délai, et il encaisse la différence.
      opération spéculative s’il en est !

    7. Bonjour Valérie,

      Ma question est relative la proposition de Jorion, ou au discours de Sarkozy. L’idée est que certaines pratiques de marché sont nuisibles. Il s’agit de choses comme les ventes à découvert, l’achat de CDS sans avoir le sous-jacent (« pari sur les fluctuations de prix »), les allers-retours rapides, etc. Ces pratiques seraient un facteur de volatilité, d’enrichissement malhonnête, « la spéculation cause les famines » (dixit Sarkozy) etc.

      Or AUCUNE de ces pratiques n’est possible dans l’immobilier. La spéculation que l’on accuse de tous les maux sur les matières premières et le reste ne peut pas être responsable de quoi que ce soit dans l’immobilier, parce qu’elle n’existe pas ! Personne n’achète et revend un immeuble mille fois en une seconde, personne ne vend des immeubles à découvert, personne n’assure des immeubles qu’il ne possède pas, et pourtant…

      Si ce n’est pas cette spéculation, c’est donc autre chose : zoning et monnaie, vous vous souvenez de nos précédents échanges ?

      Cdt,
      GSF

      P.S. Au fait, avez-vous regardé les lectures que je vous avais recommandées ?

    8. Gu SiFang

      Vous dites :

      L’immobilier fait des bulles
      La finance fait des bulles
      Or l’immobilier ne spécule pas.
      La spéculation n’est donc pas une cause essentielle des bulles financières.

      Votre raisonnement n’est pas sérieux. Cela relève du raisonnement inductif et non pas du syllogisme déductif. (voir la logique d’Aristote expliquée par Jorion dans Comment la vérité et la réalité furent inventées.) Vous inférez la cause d’un effet dans un domaine en arguant de l’absence de cette cause pour un effet similaire dans un domaine différent. Ce faisant vous ne réfutez rien.

      D’autre part, la crise de l’immobilier américain a prouvé c’est la spéculation financière (faire des paris sur la fluctuations des prix) qui a alimenté la hausse des prix dans l’immobilier résidentiel en créant l’illusion que les prix pouvaient monter indéfiniment.
      Sans la lucrative spéculation sur les titres adossés aux crédits hypothécaires sur le marché secondaire, les prêteurs n’auraient point alimenté le marché dans les proportions que l’on a vues, avec les conséquences systémiques que l’on a vues.

      Gu SiFang, va falloir nous avancer des arguments plus sérieux.

    9. @Pierre-Yves D.

      Gu Si Fang n’avance pas des arguments, il fait la chasse aux chasseurs de sorcières.

      Que l’immobilier soit devenue une bulle parce que le crédit était facile ; que le crédit ait été facile parce que les salaires baissaient et qu’il fallait tout de même tirer la consommation par le pauvre endetté ; que les salaires aient baissé parce que les actionnaires tiraient eux la couverture ; que les actionnaires aient pu tirer la couverture parce que la spéculation était légitimée par une théorie foireuse sur l’équilibre ô combien magique des marchés ; que la bulle immobilière ne dégonfle toujours pas parce qu’à présent les épargnants craignent que l’assurance-vie et la croissance ne stagnent tandis que le chômage, les dettes souveraines et l’inflation augmentent ; que la nature et l’ordre de grandeur du marché boursier soit incomparable avec celui du marché immobilier ; tout cela le chasseur de chasseurs de sorcières n’en a cure. Et vous savez pourquoi ? Parce que ce qu’il aime par-dessus tout c’est remplir son filet.

    10. Oubliez Gus tous. Son papier tue-mouche ne trompe plus que des mouches à colombins ici de toutes façons, aucun risque, il est sans danger. Son discours s’épuise, son argumentaire s’effiloche, commence déjà à se prendre pour une sorcière aux abois, à l’hallali, sa santé mentale commencerait même presque à m’inquiéter.Laissez la momie attrape-couillons croupir et blablater dans son coin. Le débat est clos sur le sujet de la spéculation. Vous laissez pas divertir par ces escarmouches d’arrière-garde.
      Laissez le à sa place, avec les bandits de grands chemins, à l’arrière-garde, dans les caves de l’histoire, aux oubliettes. Bientôt la saison du cochon. Penser à faire aiguiser les lames.

    11. @ Pierre-Yves D

      Cela relève du raisonnement inductif et non pas du syllogisme déductif

      Vous avez tout à fait raison, évidemment. Je donne là un argument basé sur une observation empirique, et il est donc moins fort qu’un argument a priori, c’est-à-dire déduit logiquement à partir de vérités universelles.. Je suis assez surpris que vous m’opposiez un tel argument, car je ne pense pas que vos propres commentaires passeraient un tel critère, ni d’ailleurs 99,99% de ce qui est écrit sur ce blog. Mais vous avez néanmoins raison. Votre critique porte en effet sur la méthode, et pour être cohérent vous devez rejeter en bloc la méthode empirique et positiviste si vous pensez qu’elle ne démontre rien. Soyez-en conscient !

      Maintenant pouvez-vous citer un économiste qui a réfléchi à fond à cette question épistémologique, et qui en conséquence a bâti sa théorie entièrement sur un système déductif a priori, en excluant toute empirisme positiviste ? J’ai une réponse, mais la connaissez-vous ?

    12. @ GSF,

      Voudriez-vous me faire un récapitulatif des lectures que vous estimez intéressantes, j’avoue ne pas avoir lu vos nombreuses suggestions (un peu trop nombreuses).

      Cdt.,

    13. Gu Sifang

      IL ne s’agit pas d’opposer empirisme et système déductif a priori, seulement d’avoir une approche scientifique. Le sylllogisme déductif n’implique nullement un apriorisme généralisé selon la conception même qu’Aristote se fait de la logique. En sciences, il repose sur des propositions universelles établies comme vraies, or le critère de vérité se réfère à une réalité observable, donc du domaine de l’expérience. Comme dans le cas de la crise des subprimes analysée par Jorion selon une approche systémique, que vous ne parvenez pas à réfuter. Vous ne faites que prendre des points isolés et de là vous extrapolez sans considérer la spéculation d’un point de vue systémique notamment en tenant compte de sa dimension sociale.

    14. @ Valérie

      Trois lectures courtes et qui couvrent à peu près tout :

      1) Sur l’économie en général, « L’économie politique en une leçon » de Henry Hazlitt. C’est un texte de 1946 qui m’avait frappé par son actualité lorsque je l’ai lu il y a 3 ou 4 ans. J’ai été encore plus estomaqué lorsque j’ai réalisé qu’il s’était inspiré d’un auteur de 1848, et que ce dont nous débattons en 2010 était rigoureusement identique. L’unique leçon qu’il décline sous toutes ses formes est celle du coût d’opportunité et ses conséquences : probablement la notion la plus importante à apprendre en économie.
      http://tinyurl.com/4czfope

      2) Sur la monnaie en particulier : Etat, qu’as-tu fait de notre monnaie ? de Murray Rothbard. Résumé et texte complet ici :
      http://www.institutcoppet.org/2011/01/21/murray-rothbard-etat-quas-tu-fait-de-notre-monnaie/

      3) Tout spécialement pour vous, La Loi, de Frédéric Bastiat. Son dernier texte, très fort, voire poignant puisque Bastiat était malade et ne pouvait plus parler :
      http://www.institutcoppet.org/2011/01/19/bastiat-la-loi-1850/

      @ Pierre-Yves

      Nous sommes 100% en phase : j’essaie d’être aussi rationnel, argumentatif, et donc scientifique que possible. Si nous cherchons à démontrer quelque chose par la méthode que vous indiquez, nous devons 1) établir une loi générale – ou universelle – par l’observation empirique, et 2) en déduire des conséquences par l’usage de la seule logique. Je ne critiquerai pas la logique : j’aime beaucoup cela, et j’en ai fait pas mal ; Aristote a raison de dire que le défaut le plus fatal d’un argument est de contenir une contradiction logique. Je précise aussi que le syllogisme dont nous parlons peut s’exprimer en français, sans faire appel au langage mathématique.

      Ma critique porte sur 1). Je pense que vous ne pouvez pas établir une loi générale en sciences sociales par induction à partir d’observations. Comment pourriez-vous dire quelque chose avec une certitude tout scientifique concernant le comportement d’un ou plusieurs êtres humains dans le futur, à partir de l’observation de leur comportement passé ? Pourriez-vous donner un exemple ? Quels sont les vérités universelles dont part Jorion – puisqu’il applique cette méthode, d’après vous ?

      P.S. L’économiste en question est Ludwig von Mises. Il a écrit quatre livres où il parle beaucoup d’épistémologie, et tout chercheur en sciences sociales devrait au moins connaître ses arguments (Epistemological problems of economics, Human action, Theory and history, The ultimate foundations of economic science).

      Cdt,
      GSF

    15. Gu Sifang

      Ma critique porte sur 1). Je pense que vous ne pouvez pas établir une loi générale en sciences sociales par induction à partir d’observations. Comment pourriez-vous dire quelque chose avec une certitude tout scientifique concernant le comportement d’un ou plusieurs êtres humains dans le futur, à partir de l’observation de leur comportement passé ?

      Pourquoi faudrait-il établir une loi générale seulement à partir des observations ?
      La méthode scientifique est hypothético-déductive. Elle comporte donc une part théorique, tout aussi bien qu’une part empirique.

      Proposition universelle ne veut pas dire ici vérité qui vaut pour tous les temps, tous les univers et tous les hommes.
      Si Paul désigne le capitalisme c’est qu’il en a préalablement fait un objet d’étude, c’est à dire circonscrit un domaine de définition auxquels se rapportent les éléments explicatifs d’un modèle. Les propositions universelles sont dites universelles pour tous les cas relevant de la théorie à l’exclusion des autres domaines, d’où d’ailleurs la possibilité de les réfuter le cas échéant quand le modèle ne semble plus pouvoir s’appliquer. De plus, l’objet ne prend sa signification que rapporté au temps historique humain et donc à une praxis. C’est ainsi qu’il faut toujours avoir à l’esprit que les variables corrélées pour un système donné en sciences sociales ne peuvent se comprendre que si elles se rapportent à des actions humaines, et donc aux finalités que l’humain intègre dans les objets sociaux qu’il produit. Les objets sociaux, il faut le souligner, ne sont pourtant pas des vues de l’esprit, mais des institutions, des habitus, des systèmes éthiques, techniques, d’éducation et scientifique, ainsi que tous les éléments proprement matériels permettant la production et la reproduction des conditions d’existence sociale.

      Le capitalisme n’est donc pas une loi de la nature mais une construction sociale, une formation historique, raison pour laquelle il est d’ailleurs possible et même nécessaire d’en faire la critique, y compris sous l’angle politique.
      Il ne s’agit donc pas de prédire tous les comportements humains futurs, mais ceux qui se rapportent au modèle tant que celui-ci est à même de rendre compte de la réalité observable et d’avoir une signification en termes de finalité.

      Quels sont les vérités universelles dont part Jorion – puisqu’il applique cette méthode, d’après vous ?

      Outre la réponse que je vous fais ci-dessus, et qui bien entendu vaut ce qu’elle vaut et n’engage que moi, le mieux est encore que vous alliez directement à la source en lisant le livre de philosophie des sciences (ou épistémologie) de Paul Jorion intitulé de « Comment la réalité et la vérité furent inventées« . AInsi vous pourrez juger sur pièces.

    16. @ Pierre-Yves D.

      Pourquoi faudrait-il établir une loi générale seulement à partir des observations ? La méthode scientifique est hypothético-déductive. Elle comporte donc une part théorique, tout aussi bien qu’une part empirique.

      Reprenons : vous avez critiqué plus haut mon usage du « raisonnement inductif » demandant que la démonstration s’appuie sur un « syllogisme déductif » : A EST VRAI (mineure), or SI A ALORS B (majeure), donc B EST VRAI. D’où la question de savoir pourquoi A est vrai.

      On peut bien sûr démontrer A par syllogisme, qui aura alors une nouvelle mineure ; mais il faudra alors démontrer cette mineure, comment ? Si on la démontre à son tour par syllogisme, on aura à prouver une troisième mineure, etc. ad infinitum. La logique ne peut pas être le seul moyen de preuve dans une démonstration. Par exemple, en mathématiques, il faut se donner des axiomes qui sont le point de départ de toute démonstration. Comment sait-on que les axiomes sont vrais ? On ne le sait pas. On sait seulement que « SI l’axiome est vrai ALORS etc. ».

      Comment arrêter la chaîne de syllogismes ? Quel point de départ peut-on se donner ? Vous répondez :

      le critère de vérité se réfère à une réalité observable, donc du domaine de l’expérience

      C’est tout à fait cohérent : A est vrai (je l’ai vu), et SI A ALORS B (?), donc B. Le problème devient maintenant de prouver (?) : dans le cas qui nous intéresse, comment tirer une loi générale à partir du comportement observé d’un être humain, sachant que son esprit m’est impénétrable ?

      Vous écrivez que Paul Jorion a étudié le capitalisme, qu’il l’a observé. S’il veut raisonner par syllogisme à partir de là, je dis qu’il ne peut pas établir des lois générales comme (?) :

      Je pense que vous ne pouvez pas établir une loi générale en sciences sociales par induction à partir d’observations.

      Ce n’est pas parce que vous avez observé une ou plusieurs bulles que vous pouvez en tirer une loi générale concernant les bulles, comme : toutes les bulles ont telle ou telle caractéristique. Même si j’ai observé et étudié à fond toutes les bulles qui se sont jamais produites dans le passé, je ne peux pas garantir que les gens se comporteront de la même manière dans le futur. C’est un problème spécifique aux sciences sociales : une boule de billard se comporte toujours de la même manière, pas un individu.

      C’est le défaut de l’économie néoclassique, que Paul Jorion critique à juste titre sur ce point. Postuler une relation mathématique entre des grandeurs sociales observables, et vérifier que cette relation mathématique était satisfaite dans le passé, ne permet pas d’inférer qu’elle sera vraie dans le futur.

      Résumons donc :
      – si nous faisons un syllogisme, nous devons dire comment nous démontrons sa mineure, et cela ne peut pas toujours être par syllogisme sous peine de régression à l’infini ;
      – si nous partons d’une observation empirique, nous ne pouvons plus faire de syllogisme…. aïe!

      D’où ma question :

      Quels sont les vérités universelles dont part Jorion – puisqu’il applique cette méthode, d’après vous ?

      Et là vous me renvoyez à mes chères lectures, ce qui est une façon de dire « J’en sais rien, t’as qu’à lire ça ». Accessoirement, j’ai lu Comment la vérité etc. et la réponse ne s’y trouve pas. Cf. mon commentaire ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13542#comment-109799

      En relisant notre échange pour vous répondre, je suis revenu à votre remarque initiale, et je me rends compte que je ne la comprends plus. Vous écrivez :

      Vous dites :

      L’immobilier fait des bulles
      La finance fait des bulles
      Or l’immobilier ne spécule pas.
      La spéculation n’est donc pas une cause essentielle des bulles financières.

      Votre raisonnement n’est pas sérieux.

      Je ne vois pas pourquoi. Que signifierait « la spéculation est une cause nécessaire des bulles » (si c’était vrai) ? Que SI il y a une bulle, ALORS c’est qu’il y a eu spéculation : pas de spéculation, pas de bulle. L’exemple de l’immobilier suffirait donc à réfuter que « la spéculation est une cause nécessaire des bulles ».

      Je m’arrête là, dans l’attente de vous lire !

      Cdt,
      GSF

    17. @ GSF,

      Bonjour, sans avoir terminé les lectures précitées, j’ai dores et déjà certaines remarques à faire, qui devraient prendre la forme d’un dialogue. Si vous le souhaitez, contactez moi (Julien Alexandre pourrait vous donner mon adresse mail pour cette occasion).

      Cdt.,

    18. comment tirer une loi générale à partir du comportement observé d’un être humain, sachant que son esprit m’est impénétrable ?

      Votre remarque est révélatrice de l’idée que vous vous faites de l’économie, à savoir une économie dont l’axiome est l’homo oeconomicus, la société comme simple agrégat d’individus avec leur esprit.

      Selon l’approche sociale de l’économie il en va autrement puisque que les mécanismes observés sont le résultat des relations sociales qui par définition valent par les effets de structure qui les génèrent. Les « lois » ne se rapportent donc pas aux individus mais aux interactions qui font les individus. Ainsi par exemple, Paul, dans La crise du capitalisme américain, explique que la survenue de la crise des subprimes a été conditionné par un facteur psycho-social qui est celui de l’importance pour les américains de l’accession à la propriété, une propriété qui se doit d’être spacieuse, en écho à leurs origines européennes rurales. C’est sur cette base sociale que l’exploitation de la crédulité trouva son terreau fertile. La spéculation quant à elle procède du social au delà des mécanismes en apparences circonscrits à la sphère financière. AU premier chef elle implique l’existence d’un ordre juridique qui rend possible l’accès illimité à la propriété privée. Elle repose aussi sur un éthos d’origine religieux qui veut qu’il est licite de faire de l’argent avec de l’argent et que c’est même un gage de réussite ( influence du calvinisme) individuelle que de s’adonner à ce genre de pratique, la réussite matérielle accomplissant sur terre l’oeuvre de Dieu.

      La spéculation en tant que paris sur la fluctuations des prix n’est pas une transaction donnant lieu à l’échange d’un produit physique. A ce titre elle donne lieu à une ponction sur l’économie réelle, affectant de ce fait le niveau des prix, prix au nombre desquels figurent les salaires, et c’est ici que l’on retrouve le phénomène de l’insolvabilité des acquéreurs de résidences moyennant les fameux crédits hypothécaire, lequel phénomène en se couplant au facteur psycho-social décrit plus haut produit in fine une crise systémique. Je ne détaille pas, je vous renvoie aux analyses de Paul relatives à la spéculation et au capitalisme en général et la situation américaine en particulier.

      Peu importe à ce niveau d’analyse que l’esprit humain soit impénétrable. Les phénomènes économiques ne valent que pour des êtres essentiellement définis par leurs relations sociales.
      Ce qui importe ce sont les interactions récurrentes observées dans une société donnée, dans un domaine donné et appréhendées par un modèle d’explication donnée. Soit dit en passant pour répondre à une de vos questions, le syllogisme n’est qu’un outil, la logique, et donc le syllogisme, n’est qu’un outil du raisonnement scientifique, elle n’est pas la science qui se fait concrètement. La science en tant que telle c’est la définition d’un domaine d’étude dans lequel on cherche à expliquer les phénomènes observés.

      Si j’ai pointé la faiblesse de votre raisonnement quant à la spéculation c’était seulement pour dire que votre argument était faible du point de vue logique. J’avais d’ailleurs ajouté que dans les faits, votre assertion ne se vérifiait pas, qu’il ne s’agissait donc pas simplement d’une affaire de logique pure.

      Bien entendu cela n’implique par pour autant que l’esprit humain n’existe pas et n’a aucun pouvoir, ce qui serait absurde. Seulement cette action intervient au niveau du modèle d’explication qui procède au départ d’une invention en tant que cette dernière opère une certaine découpe dans le réel participant de ce fait à la constitution même de la réalité sociale, ce qui lui vaut précisément sa qualité de modèle.

    19. Bonjour Pierre-Yves,

      Votre remarque est révélatrice de l’idée que vous vous faites de l’économie, à savoir une économie dont l’axiome est l’homo oeconomicus

      Votre remarque est révélatrice de de l’idée que vous vous faites etc. 😉 Non, sérieusement, c’est parce que j’ai écrit « un » être humain que vous croyez que je pense ça ? Mais mettez « des » êtres humains et gardez tout le reste. Je suis persuadé que l’hypothèse de l’homo oeconomicus Max-U est fausse, si vous voulez tout savoir. Ne me l’attribuez pas pour la réfuter ensuite.

      Le reste de votre commentaire porte sur l’opposition entre individualisme et holisme méthodologique (IM). L’IM part du constat que si nous pouvons dire quelque chose sur la façon de se comporter d’un individu, alors nous pouvons dire quelque chose sur un groupe d’individu. Autrement dit, de postulats sur les individus on peut déduire des proposition sur les groupes (toujours pour rester dans le cadre du syllogisme aristotélicien). D’où l’idée d’étudier les phénomènes sociaux à partir des préférences et des choix individuels. Cette méthode donne entre autre une théorie de la monnaie, du langage et autres conventions sociales.

      Le holisme part du constat que lorsque nous connaissons le groupe, nous pouvons dire quelque chose sur le comportement de ses membres. C’est la causalité inverse. Mais il ne faut pas la pousser trop loin, sinon on tombe dans le déterminisme radical. Ecrire comme vous le faites que nous sommes

      des êtres essentiellement définis par leurs relations sociales

      est un cran trop loin. C’est de plus une façon de poser le problème en termes métaphysiques : qu’EST réellemment un individu ? au lieu de le poser en termes épistémologiques : que puis-je SAVOIR d’un individu ?

      Personne ne nie qu’il existe des groupes, des entités collectives (la société, l’Etat, le marché) et que l’on peut (parfois) en donner une définition et constater qu’ils influencent les individus. A la limite, je pourrais même imaginer une situation de déterminisme métaphysique, où mon comportement serait entièrement déterminé par l’influence de mon environnement. Mais ces mécanismes nous échappent, et que nous ne savons pas établir des lois générales dans ce domaine. Nous sommes épistémologiquement limités pour leur étude. Nous pouvons observer le passé, le mesurer, en tirer des statistiques ; mais pour affirmer quelque chose concernant le futur il faudrait que l’individu se comporte comme une boule de billard, ce qui n’est pas le cas. Ce thème donne souvent lieu à des dialogues de sourds, du style « La société n’existe pas ! » – « Non, l’individu n’existe pas ! » etc.

      Je recommande l’excellent petit Que Sais-Je d’Alain Laurent (disponible en ligne), et la conférence ci-dessous pour avoir un aperçu de ce qu’ont écrit Ockham, Weber, Durkheim, Popper, Mises, Hayek, Rothbard, Boudon, Elster, Dupuy sur le sujet :
      http://www.institutcoppet.org/2011/01/12/alain-laurent-l%e2%80%99individualisme-methodologique-1994/
      http://tinyurl.com/4dxau6h

      Cdt,
      GSF

      P.S.

      n’est pas une transaction donnant lieu à l’échange d’un produit physique. A ce titre elle donne lieu à une ponction sur l’économie réelle

      Là, c’est moi qui suis hors-sujet, mais je m’insurge au passage contre ce lieu commun totalement faux. Voir mon commentaire ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=15700#comment-107518

  5. Il est intéressant de noter que notre Code général des impôts a créé une « taxe Tobin », frappant les transactions financières, depuis le… 31 mars 2002 (art. 235 ter ZD), avec quelques cas d’exonération portant notamment sur les importations et exportations effectives.
    Cet article prévoit qu’un décret en Conseil d’Etat doit fixer le montant de la taxe, dans la limite de 0.1% du montant des transactions visées (ce qui n’est pas trop méchant : Tobin préconisait « au maximum 1% »).
    L’article se termine ainsi :
    « IV. – Le décret mentionné ci-dessus prend effet à la date à laquelle les Etats membres de la Communauté européenne auront dû achever l’intégration dans leur droit interne des mesures arrêtées par le Conseil prévoyant l’instauration, dans l’ensemble des Etats membres, d’une taxe sur les transactions sur devises, et au plus tôt le 1er janvier 2003. »
    Seulement voilà : l’intégration dans le droit interne doit traîner, car le Conseil d’Etat n’a toujours pas pondu son décret…

  6. Combien pariez-vous que tout ça en restera au stage de la gesticulation stérile ?
    Voulez vous de vieilles paroles étonnamment actuelles ?

    Le chant des Partisans
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
    Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

    C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
    Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh…
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
    Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

    C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

    Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
    Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh…

  7. puisse cette semaine contenir moins (ou plus ?) de jeudi que celle annoncée par notre bien aimé grand président lors de son discours de Davos, ainsi que lors de la disparition des « paradis fiscaux »

  8. Je me demande ce qui peut bien pousser un « président des riches » a proposer des mesures de ce genre. Il n’y a pas de spéculateurs / accapareurs dans son fameux club du Fouquet’s?

    1. L’effet d’annonce. C’est purement politique et populiste.

      Aucun G20 n’a été suivi de faits concrets. Ce n’est pas maintenant que ça va changer….

    2. Le fait qu’il sent lentement mais sûrement la fronde se lever. Le fait que le Français moyen voit le prix de son carburant flirter allègrement avec l’euro cinquante. Le fait que si, en 2008, on pouvait encore faire croire au peuple que, voyez-vous, le problème c’est qu’y a pas assez de pétrole pour tout le monde, surtout depuis que ces chinois se sont mis en tête de virer leurs bicyclettes pour les remplacer par des chignoles, mais que ce qui s’est passé en 2009 montre que le lien de cause à effet n’est pas établi et que, j’dis ça, j’dis rien, ce serait ptêt bien la spéculation sur les marchés de commodities qui causerait tout ce bordel…

  9. « mais si les mesures mentionnées peuvent être imposées, ce sera déjà beaucoup mieux que rien »
    Est-ce une simple figure de style, de la naîveté absolue, l’aveuglement du mécréant qui voudrait retrouver la foi ou bien alors de duplicité que d’écrire ou de sembler croire que ces « mesures » puissent jamais être prises ?
    Qu’il puisse y avoir un semblant de début de vérité à ces propos serait effectivement un coup de tonnerre dans le ciel limpide de la « gouvernance internationale » …
    Comme le disait si bien notre célèbre sénateur « socialiste » Michel Charasse, « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient… »

  10. Vous avez raison M. Jorion de critiquer ces « arguments de foire » en y opposqnt des arguments du café du commerce. Le débat progresse !

    1. Paul, tu avais oublié la variante de l’argumentation technique : la décrédibilisation de l’interlocuteur.

      Allons Julien, vous fréquentez le site depuis trop longtemps pour savoir qu’il y a de solides argumentations qui plaident pour des mesures d’interdiction des participants aux marchés qui ne sont en mesure ni de transformer, ni de prendre livraison d’une quelconque marchandise.

    2. Et Alexandre sait de quoi il parle quand il parle à Julien !

       » Il y a autant de cons dans les bistrots qu’à la Sorbonne.
      Mais leur conversation est souvent plus divertissante.
      Et , parfois , plus instructive . »

    3. Il ne faut pas sous-estimer les bistrots.
      Une bonne partie du travail des « secrétaires » de Coluche consistait à fréquenter ces établissements pour y ramasser les brèves et tout ce qui était bon à prendre pour un spectacle. De vraies mines d’or!

    4. Julien, tant qu’à choisir entre deux arguments minables, je préfère de loin celui qui vient du bistro que de l’expert « main stream ». J’ai horreur de me faire enfler, pas vous ?

  11. Je trouve ce billet un peu trop optimiste, car il laisse entendre que Sarko « a une réelle volonté de » !

    Lorsque l’on sait que ce dernier fait systématiquement le contraire de ce qu’il dit (voir l’article de Marianne, les analyses du canard,, celles de Siné, etc…), on peut avoir la certitude que même si la façade (un peu comme pour le discours de Toulon) est sans reproches, réalité sera exactement à l’opposé.
    Dans le meilleur des cas il ne fera rien et ses habiles rhétoriciens arriveront à concocter un commentaire final de grande victoire obtenue sur la méchante finance…

    Ce qui est rassurant c’est que même s’ils ont mis le temps, les français ont enfin compris qui il est…

    1. « les français ont enfin compris qui il est… »
      Oui enfin, c’est heureux au bout de 3 ans, mais ses communicants ont compris qu’on a compris, donc, patte blanche jusqu’à la prochaine. Mais parfois cette attitude est délicate.Tout ça reste du théâtre en grande partie.

  12. Au nombre de ceux qui défendent la spéculation disant qu' »elle évite les aléas » (sic), on compte de grands professeurs d’économie comme Philippe Chalmin de Dauphine. Voilà, voilà.

    1. Philippe Chalmin… Ma Pomme Dauphine.

      « Ma pomme,
      C’est moi…
      J’suis plus heureux qu’un roi
      Je n’me fais jamais d’mousse.
      Sans s’cousse,
      Je m’pousse.
      Les hommes
      Je l’crois,
      S’font du souci, pourquoi ?
      Car pour être heureux comme,
      Ma pomme,
      Ma pomme,
      Il suffit d’être en somme
      Aussi peinard que moi.
      « 

  13. Faut espérer que Notre Président Adoré sera aussi bon commercial que M’adame L’Hagarde.

    En attendant, je parie une choucroute que le meilleur article de presse sur le G20 sera, comme pour celui de Séoul, un compte-rendu du consensus absolu sur une chose importante : le repas.

    On parie..???

    Mr Jorion : mettez un deuxième bouton style paypal pour les paris. Faut se mettre à la mode de la ligne.

  14. Bonsoir,

    un argument POUR la spéculation : cela va permettre aux banques de se renflouer c’est pas bon ça pour l’économie ?

    Cordialement

  15. Et la dette, et la dette… (Alouette) Je te plumerai…

    Euh… c’est quoi ce festival de boutons pour les réseaux sociaux ? Un pour Facebook et un pour Twitter ça suffirait p’t-être, non…? Remarque, celui avec les antennes (ici Paul Jorion de la planète Terre, est-ce que quelqu’un dans l’Univers aurait l’infinie gentillesse de nous envoyer trois jeudi supplémentaires pour la semaine prochaine… Je répète : trois jeudi pour la Terre… ), je le trouve assez rigolo…

  16. Le gros problème actuel est que les cours des matières premières sont cotés en continu, et avec très peu d’écart entre prix d’achat et prix de vente. Vous pouvez spéculer sur du très court terme, et faire plein d’allé retour dans la journée pour grappiller quelques pouillemes de %, ce qui au final peut être rentable.
    Une manière de limiter ca: taxer cette prise de risque, ce qui ne la rend rentable que sur le long terme, et transformer donc ca en investissement ou en taxe utile a l’etat. C’est surement la piste la plus facile a l’heure actuelle.
    Connaissant tres peu tout ça, je proposait comme idée une taxe a payer (de quelques %) lors de l’achat d’un titre de matiere première, remboursé en fonction du temps de garde (on pourrait dire 100% au bout d’un an) ou en cas de livraison physique. Cela découragerai je pense une partie non négligeable des spéculateurs court termes actuel, même si la liquidité des marchés va en souffrir.

  17. Je trouve votre « ce sera déjà beaucoup mieux que rien du tout » très amusant. Sarkozy est spécialiste des déclarations ou intentions fallacieuses (vous rappelez-vous la très innovante taxe carbone ?). Il n’est donc pas nécessaire de faire preuve d’optimisme : nous n’aurons rien ! Vous ne pensiez tout de même pas qu’après le formidable discours de Toulon, notre pseudo pourfendeur national du capitalisme débridé allait se priver de grandes déclarations.

  18. Je n’ai pas encore ouï la conf. car je me devais d’écouter Eva après la prestation de Jean-Luc chez Morandi.
    Eva Joly, qui êtes vous ? était le thème de l’excellente interview de I-Télé.
    Toujours fidèle à son style, elle ne marche pas ses mots, pas de langue de bois.
    Nous sommes dans le monde réel.
    http://www.itele.fr/emissions/magazine/dimanche-soir-politique/video/4941

    . pour un vrai contrat social
    . seuil de revenus : 1 million d’euros, au delà forte taxe (les pauvres paient + que les riches à ce jour)
    . taxer les transactions financières
    . politique du fait divers : STOP
    . pour une justice efficace
    . chasse aux conflits d’intérêts, transparence totale, pas de porosité (Médiator oh là là …….) Intérêt général avant tout, que de vérités, où était le courage, la responsabilité
    . Chirac et la justice : progrès démocratique mais……
    . Tunisie : geler les avoirs de Ben & Leîla, action dans les banques, Tracfin mdr, l’exécutif à coté de la plaque, MAM aussi blablabla
    . Que faire : respecter les règles de l’OIT, liberté syndicale, avoir du courage, sens de la justice, ne pas se coucher, défier la Chine
    . Sacrifice du photo-voltaïque : pas terrible, incohérent, courte vue
    . abandon du nucléaire, il ne résout rien, et nos enfants ?
    et le meilleur pour la fin :
    . Sarko et les G. c’est déjà du passé, reste à faire les photos sauf si ….. (pour le reste nada), …….

    N’oublions pas Jean-Luc, toujours aussi percutant, un langage de vérité, en tous cas plus que le coutumier :
    http://www.france5.fr/c-politique/index.php?page=article&numsite=4097&id_article=12215&id_rubrique=4100

    Merci Jean-Luc pour mes proches & tous mes amis « d’origine » et vous autres journalistes écoutez ses paroles fortes pour les relayer.

  19. Sans blague ? Sarkozy a dit ça ? Et ben, on n’a pas le cul sorti des ronces.

    M. Jorion, vous y croyez vraiment ou c’est du second degré ? Attention à ce que vous allez répondre, votre crédibilité est en jeu.
    Rappelez-vous un peu : déjà en 2002, tout juste nommé ministre de l’intérieur : l’insécurité en France, c’est fini ; à partir de 2007 : augmentation du pouvoir d’achat pour tous les français garantie, rubis sur l’ongle ; EDF jamais, au grand jamais, privatisée ; taxe carbone : ça va chier pour les pollueurs ; l’environnement : une priorité (jusqu’au salon de l’agriculture 2010) ; la France des propriétaires ; l’âge de départ à la retraite, je n’y toucherai jamais ; les paradis fiscaux : demain y’en a plus (+ ?) je m’y attaque ; le chômage va baisser dans les prochains mois (face à M. Poujadas en juillet 2010), etc., etc.

    Bref, la crise c’est fini, demain on rase gratis et à partir de bientôt le président en personne viendra tous les soirs vous border dans votre lit.

    Bonne nuit. Faites de beaux rêves.

  20. Mes chers amis,

    Vous n’auriez tout de même pas oublié que le petit est en « campagne ». Et qu’est-ce que l’on fait quant on est en « campagne »? On se donne une stature qu’on aimerai avoir mais qu’on a pas. On fait comment si…, notamment devant des gens qui ne vous pratiquent pas au quotidien et qui parlerons de vous la bas, très loin, là où l’on sait pas comment le petit agit au jour le jour.

    Et pour ceux qui sont ici, il faut donner l’idée, l’impression, l’image, comme quoi il est bien lucide des véritables enjeux et périls qui nous assaillant. Car il est conscient des injustices qui nous frappent venues d’ailleurs et pour lesquelles il est temps d’agir. Et comme lui il est dans « l’action », donc il agit.

    Mais ce qu’il ne dit pas ce que ça ne dépend pas de lui, au moins directement, donc quant ailleurs il y aura une fin de non recevoir, il pourra toujours dire que ce n’est pas sa faute et qui, pourtant, il a fait tout ce qui était dans son pouvoir pour y parvenir.

    Enfin, dénoncer des évidences que l’on sait pertinemment ne pas avoir la possibilité de les réaliser, ça fait toujours de la pub car en fait, c’est un coup d’épais dans l’eau.

    Vous avez vu, je l’avais pourtant dit.

    1. Le petit fait comme bien des présidents , il dit ce que son auditoire veut entendre .
      Politiquement , il parait que c’est un bon moyen d’augmenter le capital sympathie .
      Intellectuellement, c’est une façon comme une autre de ne pas régler les problèmes de fond .

      C’est que le petit nous raconte une histoire différente à chaque fois ….C’est son côté conte des milles et une nuits.Comme pour Shéhérazade , cela retarde l’échéance du couperet .

      Vous avez aimé le » président du pouvoir d’achat » ?
      Vous aller adorer « le président de la régulation économique » ….
      :-))

  21. On me dit de me calmer parce que j’envoie mes commentaires trop rapidement.
    J »ai de beaux restes mais je ne travaille quand même pas à la nano seconde!

    1. Piotr, si vous ne travaillez pas à la nano seconde, nous voici donc rassurés, vous n’êtes ainsi pas l’avatar d’un vague algorythme HFT en proie à des doutes existentiels sur le fait de spéculer, ou non.

      Hum, bon ben, je vais aller me coucher…

  22. La semaine des quatre jeudis, plus le jour du seigneur, plus les jours fériés, sans oublier la fête du travail, ça prend forme, ça bouge. Pour ceux qui veulent.

    La réflexion sur l’Économie que demande Eric Verhaeghe passe notamment par la remise en cause du salariat. L’interdiction des paris sur les fluctuations des prix est un des éléments de la réflexion, en ce qu’elle perturberait profondément, mécaniquement, le fonctionnement du salariat… et réciproquement.

    Les ponctions démarrent en des espace-temps propices, suivant les régimes politiques bien sûr. Plus elles durent, plus leur utilité sociale est importante : elles favorisent la servitude volontaire, elles correspondent à la demande de servitude volontaire, suivant les régimes politiques… Les régimes politiques correspondent donc au niveau de refoulement des peurs des hommes. Si l’IPFP est suivie ce sera le signe d’un changement de civilisation : l’éducation, l’écologie, la politique, …, bref l’Économie, le vivre-ensemble sera en cours de changement.

    La réticence des politiques, c’est la nôtre. Envisager un monde sans salariat, ou avec un salariat à ce point modifié que l’on ne voudra plus utiliser ce terme, leur est difficile. À nous aussi ça fait peur.

    Une société qui ne produit pas son propre éclairage n’est pas une démocratie.

    À jeudi

    1. La semaine des quatre jeudis, c’est sérieux. La question est de savoir quand cela arrivera, et accessoirement s’il est possible d’accélérer le mouvement.

      La spéculation est une ponction de la finance sur l’économie réelle. Ça c’est la partie émergée observable. La spéculation est en fait une résultante de notre économie, de notre Économie comme organisation du vivre ensemble. Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons pas cherché à explorer d’autres territoires. Mais ça bouge. Doucement nous nous rendons compte que le système – que nous avons construit et auquel nous nous sommes habitués au point de ne pas penser à le mettre en question- n’est peut-être pas la seule organisation sociale possible. L’éducation est remise en cause, la politique, l’économie, l’écologie, les transports, … tout est remis en cause, mais il semble que nous ne voulions pas considérer – c’est dommage, ça aide- que c’est l’Économie qui est mise en cause.

      Et c’est dangereux, l’histoire nous l’a suffisamment montré : à vouloir changer un des aspects de notre Économie sans que ce soit la volonté consciente de tous détourne simplement dans le meilleur des cas le problème, le dysfonctionnement. Précisément : une ponction sur l’économie réelle contraint les hommes à travailler davantage, ou au moins à travailler autant. Si nous supprimons cette ponction, que peut-il se passer ? Soit nous décidons de moins travailler – contre salaire- et à nous la semaine des quatre jeudis, soit nous décidons de travailler autant et il nous faut alors consommer davantage : la politique, l’éducation, l’écologie… risquent de ne pas vivre ce changement : si on n’a pas le temps de s’occuper de sa politique, de son économie, de son éducation… et que l’on confie le boulot à des représentants pour s’en débarrasser, il faut vraiment avoir été hyper bien formaté pour s’étonner que ça ne tourne pas comme on l’entend !

      On rentre en servitude du salariat et après on s’étonne qu’il fasse tout pour asservir !

      Question : que feriez-vous de vos journées, de votre temps, de votre vie, si vous n’étiez pas contraints au salariat (si nous cessions de nous contraindre au salariat) ?

      Bonne soirée

  23. les connaissances de Sarko en économie étant très limitées, il me semble un peu rapide et cavalier de donner du crédit à ces déclarartions (surtout quand elles « nous » arrangent).

    Et c’est toujours dangereux de mépriser les idées de ses « adversaires », voir de mépriser les adversaires sur l’air du « moi je sais ».

  24. Il est navrant d’entendre les journalistes français se réjouir de l’Etude de la commission qui met Sarkozy en porte à faux. Alors que pour ce coup ci notre cher président à raison.

  25. Contre la spéculation sur le blé, il existait un mécanisme simple qui s’appelait l’intervention et qui garantissait un prix (trés) minimum pour les producteurs par l’achat à partir d’un certain seuil de prix puis le stockage de blé dans le but de le revendre en cas de pénurie.

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