STALKER FOR GAMERS, par Grégory Maklès

Billet invité.

De Tarkovski je n’ai vu qu’Andrei Roublev et L’Enfance d’Ivan. Si le premier était saboté par une édition aux sous-titres illisibles, le second reste un moment chéri de cinéphilie. Les deux m’ont solidement convaincu que Tarkovski est le maître absolu des images – je ne lui vois pas d’égal tant en terme de force que d’esthétique. Et Stalker, j’espère bien le voir un jour, mais pas la version pixelisée dégueux qu’on trouve sur google video.

Par contre, impossible pour moi devant ce film de ne pas évoquer le souvenir d’un autre chef d’œuvre que j’ai pratiqué en long, en large et en travers : le jeu vidéo ukrainien – ou plutôt la série de jeu vidéo STALKER. Il s’agit, tout comme le film de Tarkovski d’une adaptation du roman d’Arcadi et Boris Strougatski. Ce qui nous rapproche de Fukushima, comme un montage le montre dans une commentaire ci-dessus, c’est que les Ukrainiens à l’origine de jeu l’ont ancré dans ce qui, pour eux, est devenu une sorte de trésor national : la zone autour de Tchernobyl. On retrouve les anomalies, la pierre qui accorde les souhaits, des mutants et bien sûr les stalkers, qui ici se promènent, jeux vidéo oblige, avec des AK-47 et avec certains desquels le jeu nous amène plus souvent qu’à notre tour à échanger quelques amabilités (on se tire dessus, quoi).

J’emploie le terme chef d’œuvre à dessein car la trilogie est « culte » pour beaucoup de joueurs – dans un ensemble de sortie saturé de culture commerciale US très normée, le projet de GSC sonnait comme un suicide marketing : décors lugubres, oppressants, et – petite révolution ! – basée sur une documentation maniaque plutôt que des considérations techniques ou de gameplay (ce qui passe bien dans le moteur 3D, ce qui est confortable à jouer). Or, c’est peu de dire que pour beaucoup de joueurs qui aujourd’hui révèrent ce jeu (on aura compris que j’en suis), la mayonnaise a pris, et ce en partie pour des raisons qui ont tout à voir avec les émotions ressenties en regardant la vidéo des journalistes à Fukushima : le sentiment de s’avancer toujours plus profondément dans une zone d’où l’homme a été chassé par lui même, en étant frappé du spectacle particulièrement saisissant de la décrépitude des installations à l’abandon – contraste saisissant entre les voies de la nature et des édifices parfois stupéfiants par leur démesure – car il s’agit là des constructions de l’ex URSS, à la fois massives, conceptuelles, et écrasantes. Quelques images en parlent mieux qu’un long discours :





Et une vidéo pour sentir une peu l’ambiance du premier jeu :

J’ai arpenté les trois jeux en long, en large, en travers. Aujourd’hui, quand je vois un documentaire sur Tchernobyl, je reconnais souvent une ferme, un parc pour enfant de Pyrpiat, un relais électrique ou tel incroyable échafaudage métallique dont l’utilité exacte reste en général mystérieuse quand on le visite, de nuit, sous la pluie, à la lampe torche et poursuivi par des mutants télékinésistes.

A part ça, aujourd’hui, dans la véritable Zone : pas de mutant, mais une biodiversité restaurée à ce qu’elle était il y a un siècle ou deux. La radioactivité n’est pas forcément l’ennemie de la faune et de la flore : elle en chasse l’agent le plus intrusif.

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36 réflexions sur « STALKER FOR GAMERS, par Grégory Maklès »

  1. « La radioactivité n’est pas forcément l’ennemie de la faune et de la flore : elle en chasse l’agent le plus intrusif. »…Bigre !…

    Merci pour ces photos très inspirantes sur les nouvelles formes esthétiques de l’homme contemporain.

    1. Je n’avais pas détaillé ce point dans ce que je ne pensais être initialement qu’un commentaire mais je vais devoir expliciter : ce constat m’est inspiré par un très stimulant documentaire qu’Arte a diffusé il y a quelques années : « Tchernobyl, une histoire naturelle ». Et vous avez de la chance, je viens de me rendre compte qu’il est actuellement disponible sur Youtube alors qu’il y a quelques semaines il n’était question que de l’introduction, la version intégrale étant disponible à prix d’or sur la VOD d’Arte.

      http://www.youtube.com/watch?v=Xe1lEmj9P5M

      Ce documentaire montre comment la nature s’est adaptée et à prospéré des suites de la catastrophe, et les pratiques étonnantes dévelopées par les minuscules équipes de recherches qui sont sur place à étudier l’impact de la catastrophe sur la durée.

      Je sais ce que je vais (re)regarder ce soir, moi 😉

      1. Euhm ce documentaire est comment dire très dérangeant…
        Magnificence de la nature qui a repris ces droits malgré les retombées radioactives.. Le raccourci dangereux insinue que la radioactivité se dissipe gentiment sans laisser de traces, or rien n’est plus faux. Des scientifiques ont montré que les plantes sont contaminées malgré les apparences trompeuses. L’estimation des 3,5 millions de personnes contaminées c’est l’Ukraine elle-meme qui la donne.
        D’autres journalistes ont aussi contesté cette version des faits. Arte diffuse de bons docs mais sur certains sujets est loin d’être honnête.

      2. Merci Grégory pour le lien…C’est passionnant et presque rassurant. Je suis étonnée par la capacité de survie des espèces.

  2. Je plussoie le billet.

    J’ai fini le dernier volet Call of Pripyat. A classer dans le top 5 des jeux PC de ces cinq dernières années; un des seuls jeux à faire l’unanimité chez les gamers.

    Le jeux est exceptionnellement réalisé et possède un environnement sublime (ce qui est rare dans cette industrie en ces temps, vu la logique américaine du « jeu rentable dans la journée » et du jeux propagande, tout ça à coup de publucités monstres). L’atmosphère y est criante de vérité. Par certains passages , une peur presque terrifiante gagne le joueur.
    Le tout inspiré de faits réels…

  3. Ok, bon…. niveau mise en scène c’est bien ficelé mais le gameplay et l’I.A. aurait pu être travaillé un peu plus. Le problème étant que mis à part les quêtes annexes que l’on peut faire à loisir mais qui n’ont que peu d’intérêt le jeu reste très dirigiste tant au niveau de l’architecture des niveaux que dans la manière de les abordées(gameplay). Il est quasiment impossible de jouer l’infiltration à cause de l’I.A. programmée au couteau et on se retrouve à dézinguer à tout va. L’ambiance n’est pas mauvaise mais on a vu mieux, beaucoup mieux, dans un style très proche: Metro 2033 qui pour le coups surclasse le titre à bien des égards bien qu’étant plus court et moins ouvert.
    Cela fait bizarre de penser que les décors copient la réalité en particulier les villes ou la centrale et ces alentours.

    1. D’accord avec vous concernant le gameplay, encore que… c’est un bon début.

      Important est de préciser que dans bon nombre de jeux vidéos ou de film (entre autres films de Cameron qui bosse pour une très grosse instance de recherche américaine), certains thèmes comme les décors, ou autres principes scientifiques ésotériques ne sont pas de purs inventions d’auteurs, mais bien des formes romancées d’éléments existants.

      Un exemple, c’est « Red alerte » qui m’a dirigé vers Tesla.

    2. Je trouve paradoxal de préférer Metro 2033 tout en critiquant le dirigisme des S.T.A.L.K.E.R, celui ci étant et de loin le moins dirigiste des deux. En fait, mis à part Boiling Point et jeux de la même équipe, j’ai du mal à voir quel jeu serait moins dirigiste que S.T.A.L.K.E.R. – en tous cas dans ce genre de jeux.

      Il y a bien une trame, cependant, et celle-ci, en particulier dans le premier titre, ne manque pas de profondeur. Quelque chose qui se retrouve aussi dans Metro 2033, d’ailleurs…

      Pour ma part je préfère nettement le gameplay et l’IA de STALKER. Il y avait une très bonne interview d’un des développeurs sur ce qui constituait une bonne IA pour un jeu vidéo, en particulier un jeu à l’espace « ouvert » comme Stalker, par opposition au gros des autres jeux qui se résument plutôt à des couloirs. Il faisait remarquer que la bonne IA ne devait pas être réellement efficace, parce que sinon il était clair que le joueur ne pourrait jamais aller bien loin. Pour que le joueur puisse, régulièrement, expérimenter les phases profondément satisfaisantes de victoire sur l’opposition, il faut bien que celle-ci fasse des choses stupides… La difficulté étant de faire en sorte que le joueur ne « voit » pas que l’IA a fait quelque chose de stupide. Evidemment, si on cherche à prouver qu’une IA est stupide dans un jeu de ce genre, on y arrive toujours (je suis sûr que vous auriez du mal à citer un jeu du même genre où l’IA semble « intelligente »). Il faut y mettre un peu du sien !

      D’autant que je trouve pour ma part que STALKER (en particulier le dernier) s’en sort plutôt bien. Les ennemis fonctionnent en groupe, sont capable de passer en déplacement silencieux, battre en retraite, faire des contournements et ce non pas dans des décors pré décrits à l’IA par un développeur, mais de façon dynamique. Si vous avez des notions de développement, vous pouvez peut être vous rendre compte que c’est un gros morceau auquel bien peu de développeurs se risquent. Ce n’est à mon avis pas un hasard si seul GSC et Crytek se sont lancés dans des FPS aux environnements aussi ouverts.

  4. Je suis surpris de la conclusion de cet article. Avez-vous lu ceci (signé Michel Fernex il semblerait) :

    « VERS L’EXTINCTION DES ESPECES ANIMALES À TCHERNOBYL

    Le rôle de la radiophobie et le film d’Arte
    INTRODUCTION

    Pour que le nucléaire prenne un nouvel essor, il faut effacer Tchernobyl. Déjà en 1958, un groupe d’étude de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS Série Rapport Technique 151) prônait l’ignorance pour permettre à l’industrie nucléaire de proliférer sans rencontrer d’opposition dans la population. Pourtant, cette démarche était fond
    amentalement contraire à la Constitution de l’OMS, qui impose à cette organisation » d’aider à former, parmi les peuples, une opinion publique éclairée » (Documents Fondamentaux OMS Genève).

    En 1956, les cinq puissances nucléaires installaient l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) au sommet de la hiérarchie de l’ONU, sous leur surveillance directe. En 1959, l’OMS signait l’Accord (WHA 12/40) qui la soumettait dans le domaine du nucléaire à l’AIEA dont le premier objectif statutaire est « d’accélérer et d’accroître la contribution de l’énergie nucléaire à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier ».

    Après l’explosion du réacteur, les isotopes radioactifs ont été propulsés en hauteur par la chaleur de l’incendie. Les vents les ont dispersés sous forme de poussières ou nanoparticules dans les fumées ou de gaz pouvant s’élever très haut. Certains nuages ont fait le tour de l’hémisphère Nord de notre planète en guère plus d’une semaine, laissant sur les pays des empreintes radioactives. La majorité des retombées ont atteint l’URSS, l’Europe centrale et la Turquie; 50% restent sur les trois nouvelles républiques voisines du réacteur: le sud-ouest de la Fédération de Russie, l’Ukraine et le Belarus, qui est le plus contaminé.

    Contrairement au Bélarus et à la Fédération de Russie qui ignorent ou minimisent les dommages sanitaires engendrés par l’explosion du réacteur, l’Ukraine informe périodiquement la presse sur l’état de santé de ses populations. Son ambassade à Paris a fourni le 26 avril 2005 les chiffres suivants: 3,5 millions d’Ukrainiens ont été fortement irradiés, parmi eux, 1,3 millions d’enfants. 160.999 citoyens ont été évacués; et on compte dans leurs rangs 84,7% de malades. Le gouvernement indique qu’il y a 89,85% de malades dans les familles qui demeurent dans les zones contaminées. Le suivi médical de ces populations, montre que chaque année la proportion de malades s’accroît (1).

    LA « RADIOPHOBIE »

    La « radiophobie » est le terme réinventé il y a dix ans, pour tenter de supprimer de la mémoire des peuples toute les anomalies ou pathologies qu’entraîne Tchernobyl. Chacun devrait faire pénétrer dans son cerveau que ces maux sont le fruit de la peur des rayonnements et du stress causé par les informations alarmantes propagées par les médias. Tous doivent s’efforcer de croire que les invalides qui coûtent si cher à l’Ukraine sont dus à la « radiophobie ». La « radiophobie » causerait le vieillissement précoce, les cancers et les leucémies, les décompensations cardiaques chez les hommes jeunes, les maladies neuropsychiques, endocriniennes, ophtalmologiques, infectieuses ou autoimmunes comme le diabète grave du petit enfant et la maladie de Hashimoto, de même que l’augmentation des malformations congénitales et de la mortalité prénatale que les médecins sur le terrain attribuent aux radionucléides artificiels du réacteur de Tchernobyl. C’est ce que tente de nous enseigner l’AIEA.

    Comme il est peu vraisemblable que la « radiophobie » soit transmissible aux animaux sauvages, il semble judicieux de profiter des recherches scientifiques entreprises autour de Tchernobyl pour mesurer l’impact des radiations sur la faune. En effet, ces animaux sauvages dans un rayon d 30 km autour de Tchernobyl souffrent moins du stress qu’ailleurs, du fait de l’interdiction totale de la chasse depuis 25 ans dans cet espace. Les médias n’ont pas de prise sur les espèces sauvages et les humains ont déserté les 2 044 km carrés entourant le réacteur détruit. Dans ce vaste espace protégé, les animaux sont à l’abri des hommes et ne risquent pas de succomber à des accidents de la circulation. Ils ont rapidement appris que la chasse n’y était jamais pratiquée.

    Cette zone d’exclusion fait l’objet d’études dont on parle peu. Ce silence permet à l’AIEA et l’UNSCEAR de rassurer les Nations Unie, suite au Forum 2006, en rapportant des anecdotes et négligeant ces travaux scientifiques réalisés sur place. Ainsi les gouvernements réunis par l’ONU apprennent que cet espace est devenu un paradis naturel pour les bêtes qui s’y reproduisent allègrement. Les gouvernements semblent ignorer les publications en anglais que les chercheurs sur le terrain à Tchernobyl publient régulièrement dans de bonnes revues anglo-saxonnes. Les pays représentés à New York envisagent de créer une zone touristique qui deviendrait un Parc National sur le territoire qui entoure le réacteur. Au centre de ce Parc d’Attraction, on construira un monument géant, comparable aux pyramides d’Egypte. Beaucoup d’experts considèrent ce deuxième sarcophage comme totalement inutile, mais il coûtera 700 millions de dollars et le duo Bouygues-Vinci bénéficiera de cette somme payée par les nations.

    Pour défendre l’idée de l’exploitation commerciale de ces paysages idylliques, de ce « paradis onusien pour les bêtes sauvages autour de Tchernobyl », un film a été diffusé par la chaine binationale ARTE :

    « TCHERNOBYL, UNE HISTOIRE NATURELLE? »

    Le titre contient une interrogation qui devrait inciter les spectateurs à élucider l’énigme que ce reportage pourrait révéler. Cependant les images de divers animaux filmés près de Tchernobyl permettent momentanément d’oublier les quelques 9 millions de victimes humaines des retombées radioactives qu’évoquait en 2001 Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies. Il prévoyait que ce chiffre pourrait augmenter (2).

    Ce documentaire sur la faune sauvage de Tchernobyl aurait permis d’illustrer les problèmes de survie des espèces animales, car les travaux résumés ci-dessous montrent que toutes souffrent, au même titre que les centaines de milliers d’humains qui habitent encore sur de vastes territoires contaminés. En effet, les familles des communautés rurales demeurent en permanence soumises à des faibles doses de rayonnements ionisants, surtout internes, suite à la consommation d’aliments contaminés. Les habitants des villages sont les principales victimes car ils récoltent les petits fruits et les champignons très abondants, partout gratuitement disponibles dans la nature. Ils produisent eux-mêmes leurs légumes et leur lait produit au village. Ces aliments sont encore chargés de radionucléides artificiels comme le radiocésium (Cs-137), le strontium (Sr-90) ou des dérivés de l’uranium.

    Fallait-il que ce documentaire occulte en grande partie les difficultés que rencontrent depuis 25 ans les animaux chroniquement irradiés pour se reproduire? Le film a montré certains obstacles que rencontrent les hirondelles, oiseaux qui ne passent guère plus de la moitié de l’années à Tchernobyl, le reste de leur temps étant consacré aux migrations et à l’hivernage en Afrique. Cette séquence a donné l’impression aux spectateurs que les hirondelles constituent une exception pour la faune et non la règle sur ce territoire.

    Le film a été encore plus superficiel, quand il a été question des petits rongeurs forestiers. En effet, l’image s’attarde à plusieurs reprise sur un homme qui piège des campagnols et des mulots et prétend que ces animaux abondent et se portent bien dans ce milieu fortement contaminé. Puis cet homme se vautre pour sa sieste sur un sol forestier dont on nous laisse entendre qu’il est très radioactif. Cette provocation est complétée par l’image d’un vieux monsieur, le seul sujet qui vive illégalement dans cette zone particulièrement contaminée, en train de consommer des produits de son potager. Il aurait été instructif de rappeler aux spectateurs que cinq cent milles enfants sont encore contraints de consommer des aliments contaminés par les radionucléides de Tchernobyl, et que 80% d’entre eux sont malades.

    Dans ce contexte, des images de chevaux des steppes de Mongolie lâchés à Tchernobyl, contribuent à la désinformation.

    Revenons aux rongeurs des forêts de cette région que des chercheurs russes et biélorusses ont étudiés dès 1986. Exposés aux radiation des premiers jours après l’explosion, une partie des rongeurs sont morts des suites du choc radiologique initial. On parle de choc d’iode, du fait de la très haute proportion d’iode-132 les premiers jours, suivi par l’iode-131 qui reste dominant pendant quelques semaines, accompagné dès le début par cent autres radionucléides. Irina Pelevina note que les rongeurs survivants sont devenus hypersensibles aux rayonnements artificiels, même à très faibles doses. Pelevina montre que c’est aussi le cas aussi pour les enfants. Elle trouve chez les rongeurs, comme chez les enfants un faible pourcentage de sujets résistants (3). Dans la nature, la mort des sujets les plus sensibles, peut faire émerger des lignées de rongeurs résistants. L’administration soviétique sélectionnait pour le travail dans l’industrie nucléaire, un personnel relativement résistant aux rayonnements ionisants.

    L’arrêt du financement des recherches a obligé d’interrompre ces études à Tchernobyl car ce sujet ne convenaient ni aux autorités ni à l’AIEA, la principale source de financement dans ce domaine au Belarus. Bien des publications ont été censurées, même les actes de la conférence sur les accidents nucléaires, conviée à Genève par l’OMS, du 24 au 27 novembre 1995. Ce congrès avait réuni trois ministres de la Santé et 700 médecins et experts. Les participants ont été surpris que les actes qui rassemblaient plus de cent travaux, promis pour mars 1996, ne leur parviennent jamais. Le Dr Hiroshi Nakajima, ancien Directeur Général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui avait organisé cette conférence, explique en direct à la Télévision Suisse Italienne, en 2001, que la non-publication des actes est due aux textes juridiques qui lient l’OMS à l’AIEA (4).

    Les équipes du laboratoire de génétique du Prof. Rose Goncharova ont suivi les rongeurs de Tchernobyl sur 22 générations, soit de 1986 à 1996. Pour mettre en évidence une augmentation des mutations chez les foetus il faut disséquer les femelles, et comparer leur génome avec celui des foetus. C’est ainsi que l’augmentation de la fragilité du génome, de génération en génération, a été démontrée. Les animaux et leurs descendants sont ainsi génétiquement fragilisés (5). Ce n’est qu’au bout de 20 générations, qu’une sélection naturelle des lignées de campagnols plus résistants au stress oxydatif induit par les rayonnements, débouche sur un certain équilibre dans cette population de campagnols. Cependant après 10 à 15 générations, les généticiens constatent de plus en plus de foetus morts dans l’utérus maternel. Cette augmentation est statistiquement hautement significative (6). Parler de la bonne santé de ces rongeurs, après en avoir saisi un avec deux doigts, comme cela a été montré dans le film, n’apporte au spectateur qu’une information inexacte : sans autopsies des rongeurs, cette forte mortalité passe inaperçue.

    Goncharova montre que les zones les plus contaminées par Tchernobyl, ne sont pas les seules qui constituent un danger pour la faune. Jusqu’à 330 km du réacteur, les campagnols présentent encore, mais plus progressivement pendant les dix années d’étude, une augmentation des mutations de génération en génération. Cette augmentation est due à l’instabilité génomique probablement initiée par le choc d’iode, puis entretenue et aggravée par une très faible irradiation persistante. Transposé chez les humains, 20 générations correspondent à 3 ou 4 siècles.

    À 200km de Tchernobyl, dans une zone où les retombées radioactives ont rapidement baissé à la surface des sols, Goncharova avec Sloukvine, un biologiste spécialisé dans l’élevage industriel des carpes, étudient la reproduction de ces poissons dans des étangs alimentés par une eau impeccable. On retrouvait une activité spécifique de Cs-137 d’à peine un curie par km carré, uniquement dans la vase du fond des étangs. Pourtant 70% des oeufs fécondés des carpes donnaient naissance à des larves informes, dont les cellules présentaient beaucoup d’anomalies et le développement cessait. Chez les alevins qui ont survécu, Sloukvine trouve en automne de multiples malformations de la bouche, des nageoires, du squelette ; les opercules peuvent manquer. Il faut aller à 400 km de Tchernobyl pour trouver des jeunes poissons normaux dans les élevages (7).

    BON SUJET POUR UN REPORTAGE CINEMATOGRAPHIQUE

    Grâce à la présence de A.P. Møller, du CNRS à l’Université Paris Sud et de T.A. Mousseau de l’Université de South Carolina, Columbia, USA, qui travaillent autour de Tchernobyl depuis plus de dix ans, un réalisateur indépendant aurait eu la possibilité de choisir des sujets à filmer sur la base des travaux réalisés ou en cours. Ces travaux concernent les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les batraciens, ainsi que des invertébrés, comme les insectes et les araignées.

    Dans leur réponse à des critiques de personnes sans expérience propre dans ces domaines, l’équipe de Møller et Mousseau est amenée à les éclairer en leur expliquant la portée de leurs travaux. Ils expriment leur surprise que d’autres recensements de la faune avec un suivi de quelques années manquent partout ailleurs. Ils notent que cette carence touche aussi le suivi des populations humaines (8).

    Pour les trois pays voisins de Tchernobyl, l’Ukraine constitue dans une certaine mesure une exception en ce qui concerne le suivi médical des populations. Pour des cohortes de victimes des bombes atomiques au Japon, le suivi avait débuté peu après le départ des Américains, et a duré plus de 60 ans. Il est enfin question de commencer ce type de suivi à Tchernobyl, avec un retard de 25 ans…

    Déclin de la faune sauvage.

    Avec des collaborateurs venus de nombreux pays, Møller et Mousseau réalisent des inventaires quantitatifs pour des vertébrés et pour des arthropodes, insectes pollinisateurs, papillons et bourdons, végétariens, sauterelles, et prédateurs, taons et araignées. Sur la base de protocoles clairs, ils répètent les comptages pendant quelques années consécutives, pour valider les résultats. En outre des spécialistes étudient les mécanismes qui réduisent la survie des animaux irradiés et multiplient les échecs lors de la reproduction. Ils montrent en particulier que les bêta carotènes, la vitamines A et E sont des antioxydants protecteurs, mais que les radicaux libres ou peroxydes que génèrent les rayonnements épuisent la capacité des bêta carotènes de prévenir ou rapidement réparer les dommages dans les cellules. La perte des bêta carotènes passe aussi par la mue annuelle du plumage dont la couleur vive repose sur ces caroténoïdes. À cette perte s’ajoute celle consécutive à l’effort et au stress qu’impose la migration. En outre, les femelles enrichissent leurs oeufs en bêta carotènes (9).

    Les recensements des équipes de Møller et Mousseau ont lieu prioritairement sur les 2 044 km carrés évacués par les humains en 1986, mais ouverts sur l’extérieur pour toute la faune. Cet espace constitue leur laboratoire de recherche. Au début, H. Ellegren venu de Suède, avait déjà défini une zone de contrôle sur un territoire demeuré relativement peu touché par les retombées radioactives de 1986, situé à Kanev au centre de l’Ukraine (10). Kanev fournit la possibilité de comparer statistiquement les données collectées dans la zone d’exclusion dont les sols sont très variablement mais parfois très fortement contaminés avec cette zone de contrôle remarquablement épargnée. Ces comparaisons renforcent la valeur scientifique des recherches.

    Pour collecter sur le terrain des données exploitables, il faut connaître la biologie des espèces étudiées. Par exemple, pour les araignées on compte, par unité de surface, les toiles qui sont renouvelées la nuit. Tôt le matin, les fils sont mis en évidence par les gouttelettes de rosée. Pour tous les arthropodes l’augmentation de la radioactivité des sols entraine une réduction significative des populations (11). Pour les mammifères, on compte les traces dans la neige qui couvre cette région trois mois par an. Pour dénombrer les passereaux, il faut savoir reconnaître avec certitude une centaine d’espèces à leurs cris et surtout à leurs chants.

    Indépendamment des recensements réalisées par les biologistes, des techniciens mesurent sur le sol les rayonnements artificiels alpha, bêta et gamma, là où les décomptes ont lieu. Les biologistes n’ont pas connaissance des mesures de la radioactivité artificielle. Ultérieurement, des statisticiens confronteront les inventaires et l’activité spécifique des radionucléides. Ces dernières mesures sont comparées à celles d’experts gouvernementaux ; elles coïncident.

    L’absence d’autres inventaires est surprenante et explique le fait que les diplomates réunis à New York considèrent le périmètre du réacteur comme un paradis pour la faune. On raconte, à titre de preuve, l’arrivée dans ce site de l’élan, de l’ours et du loup qui n’étaient pas présents avant l’explosion. Le film montre ces espèces de grande taille (très peu d’images de loups, mis à part des passages flous pris la nuit avec l’éclairage infra-rouge), qui ont trouvé un refuge dans ces 2 044 km carrés abandonnés par les humains. Il n’y a pas de véhicules qui circulent, pas de chiens ni autres animaux domestiques et avant tout pas de chasse sur ce territoire. Se réfugier dans un tel espace protégé est un comportement qu’on observe dans toutes les réserves intégrales.

    Pour les oiseaux, les chiffres fournis par les ornithologues comportent deux dimensions : d’abord le nombre d’espèces (biodiversité), puis pour chaque espèce le nombre d’individus ou de mâles chanteurs, dans des milieux donnés. Pour la corrélation statistique la radioactivité du milieu est exprimée en logarithme des µgray/h (12, 13). Pour toutes les espèces, l’augmentation de la radioactivité au sol va de pair avec une fonte des l’effectifs. Les différences entre les relevés réalisés à Tchernobyl et ceux réalisés à Kanev sont hautement significs différentes : l’hirondelle de cheminée, le rougequeue noir, le moineau domestique ; la première espèce hiverne au sud de l’équateur, la seconde autour de la Méditerranées et le moineau est sédentaire (16).

    Des résultats ont été diffusés par la BBC par Matt Walker sous le titre de « Les oiseaux de Tchernobyl ont un petit cerveau », il est question de « harmful legacy » : l’héritage, c’est un volume crânien réduit chez 550 oiseaux répartis sur 48 espèces, qui sont nés l’année précédente à Tchernobyl dans un environnement hautement radioactif. Ces oiseaux nés dans un milieu hautement contaminé ont un cerveau d’un volume de 5% plus petit que ce le cerveau des adultes. Ces handicapés cérébraux courent le risque de ne pas surmonter des difficultés, d’avoir des difficultés d’adaptation dans un environnement hostile, ou des problèmes d’orientation pendant les migrations. La différence est statistiquement significative (http//dx.plos.org/10-1371/journal.pone.0016882).

    La raréfaction des prédateurs (17).

    Pour mesurer quantitativement la population des oiseaux prédateurs, on utilise selon l’espèce, des méthodes différentes. Par exemple, pour estimer le nombre des prédateurs d’hirondelles comme les faucon hobereaux et les éperviers, on compte les attaques de ces deux rapaces le matin où l’on réalise le baguage de la colonie d’hirondelles. Le dérangement des couples chargés du nourrissage des petits, fait tourbillonner et crier toutes les hirondelles au dessus de la colonie. La fréquence des attaques des rapaces dans différentes colonies est comparée. On constate qu’il y a moins d’attaques de prédateurs au dessus des colonies implantées sur des terres hautement contaminées, qu’autour de colonies d’importance égale, mais dans un environnement avec moins de radionucléides sur le sol. Le territoire contrôle de Kanev fournit des chiffres normaux pour des colonies dans un milieu radiologiquement propre. On peut interpréter ces résultats, comme étant la conséquence de la stérilité des rapaces qui consomment des proies radioactives et n’ont donc pas de progéniture à nourrir au printemps.

    Pour les prédateurs des petits rongeurs, on parcourt à plusieurs reprises des trajets routiers déterminés en comptant les rapaces proches de ces axes ou les franchissant dans un sens. Les secteurs fortement radioactifs ne retiennent guère les buses variables et les faucons crécerelles, alors que les effectifs augmentent dans les régions peu contaminées. Ces différences, liées à la radioactivité des milieux, sont statistiquement significatives. Tant que les proies, campagnols et mulots n’ont pas été comptés, on serait tenté de rapporter la rareté des prédateurs à un nombre réduit de proies, ce qui est la règle en biologie. Cependant, à Tchernobyl une autre explication reste possible : les proies excessivement radioactives sont devenues toxiques pour les prédateurs qui n’ont, en conséquence, pas de progéniture à nourrir, comme ce fut le cas dans les années 60 avec le DDT qui fit presque disparaître le faucon pellerin d’Europe.

    En 2011, Møller et Mousseau rassemblent les données qu’ils ont accumulées durant 15 ans sur l’ensemble du territoire étudié, et cela pour tous les taxons. Il s’avère que des mammifères aux insectes on retrouve sans exception que plus la radioactivité artificielle du sol est élevée, moins l’espèce est représentée (18). Dans un milieu naturel ouvert, l’arrivée d’animaux venant des territoires voisins évite l’extinction définitive des espèces.

    CONCLUSION ET COMMENTAIRE SUR LE FILM.

    L’histoire naturelle de Tchernobyl aurait dû être ce qui se déroule dans la nature dans la zone d’exclusion de 30 km de rayon autour du réacteur atomique détruit en 1986. Des chercheurs encore sur place ont consacré des années à l’étude de la faune et au suivi de différentes espèces. En réalisant un bon documentaire, un cinéaste indépendant aurait pu faire profiter les spectateurs de découvertes importantes faites dans ce laboratoire à ciel ouvert. Il pouvait faire appel au naturaliste du CNRS de Paris Sud, qui travaille sur le terrain depuis plus de dix ans. Avec la collaboration de spécialistes de nombreux pays, Møller & Mousseau décrivent l’impact des rayonnements ionisants sur l’ensemble de la faune. S’en tenir à deux rongeurs médiocrement étudiés sur le terrain et présenter de façon assez confuse ce qui se passe chez les hirondelles, comme si cette espèce était l’exception et non la règle, c’est insuffisant. Volontairement insuffisant.

    Pour le monde végétal, le film nous apprend que les pins sont vulnérables, et les bouleaux moins, ce qui permet à cette espèce pionnière d’envahir de nombreux espaces, y compris la ville abandonnée de Prypiat. Les fourrés de bouleaux sont d’une grande pauvreté à côté des forêts qui accompagnent les rivières et les fleuves du Bélarus et de l’Ukraine. Il faudra des siècles pour qu’une forêt digne de ce nom renaisse autour de Tchernobyl.

    Les spectateurs auront résolu l’énigme proposée par le titre du film. Ils auront découvert la cause de la médiocrité de l’information livrée. À quoi sert cette permanente accumulation de mensonges par omission dont est composé le scénario? À qui rapporte le crime? Certes, le réalisateur n’est pas le premier bénéficiaire.

    Retenons que le principal objectif statutaire de la puissante agence de l’ONU, l’AIEA, c’est « l’accélération de l’augmentation de la contribution de l’énergie atomique pour la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier ». De toute évidence, ses membre comme tous ceux qui touchent indemnités ou salaires de cette institution ne peuvent être que juge et parti face aux problèmes que soulèvent les victimes des accidents nucléaires, principalement quand il s’agit d’humains. Mais l’AIEA est à nouveau contrainte par ses statuts d’étendre la propagande pro-nucléaire dont elle a la charge, en masquant la souffrance de la faune et en inventant des slogans comme « les animaux se sont rapidement remis du choc radiologique qui a suivi l’explosion de 1986. Ils prospèrent magnifiquement ». L’AIEA ne peut plus se servir de la « radiophobie » dont elle a déjà tellement abusé. Les biologistes constatent que de vastes espaces demeurent impropres à la survie de nombreuses espèces; seule la permanente recolonisation par des animaux venant de l’extérieur, comme chaque printemps les oiseaux migrateurs ou erratiques, permettent le maintien d’une vie maladive dans ce milieu contaminé.

    L’AIEA, l’agence la plus haut placée dans la hiérarchie de l’ONU, dépendant directement du Conseil de Sécurité, soutient le lobby de l’atome qui pour accélérer son accroissement, doit à tout prix nier la vérité sur les conséquences de Tchernobyl pour la santé de la faune comme pour celle des humains.

    REFERENCES

    1) L’Ambassade d’Ukraine à Paris fournit le 26 avril 2005 aux autorités et à la presse les chiffres suivants; L’accident de Tchernobyl a sévèrement irradié 3,5 millions d’habitants dont 1,3 millions d’enfants. 169.999 Ukrainiens ont été évacués et 89,85% d’entre eux sont malades. Chez ceux qui vivent encore dans les zones contaminées, 84,7% sont malades. Le suivi médical montre que la proportion des malades augmente, année après année. En 2004, 94,2% des liquidateurs étaient malades. L’Ukraine considère que 2.646.106 citoyens ukrainiens sont des victimes de l’accident.
    2) Kofi Annan, Secretary General of the United Nations, Foreword of Chernobyl a Continuous catastrophe. The OCHA report to the United Nations, 2000. Zupka D. OCHA-representative at the international Conference co-organized by the WHO, in Kiev, 14, 08, 2001.
    3) Pelevina Irina & Titov L. Témoignage et rapport illustré, in Tribunal Permanent des Peuples; TCHERNOBYL, Conséquences sur l’environnement, la santé et les droits de la personne. Vienne, 12-15 avril 1996. Tribunal Permanent des Peuples. Paris Ecodif, ISBN 3-00-001534-5, 1996
    4) Hiroshi Nakajima en direct à la Télévision Suisse Italienne, déclare que la non-publication des actes des Conférences Internationales de l’OMS en novembre 1995, est due aux liens juridiques qui lient l’OMS à l’AIEA, Film de Tchertkoff W. & Andreoli E. : Mensonges nucléaires. 2001
    5) Goncharova R.I et al. Transgenerational accumulation of radiation dammage in small mammals chronically exposed in Chernobyl fallout. Radiat Environ Biophys 45: 167-177, 2006 / Ryabokon N.I. & Goncharova R.I. Transgenerational accumulation of radiation damage in small mammals chronically exposed to Chernobyl fallout Genetic processes in chronically irradiated populations of small mammals. Environmental Management and Health. no5,11: 443-446 , 2000
    6) Ryabokon N.I., Smolich I.I., Kudryakov V.P. & Goncharova R.I. Long-term development of the radionuclide exposure of murine population in Belarus after the Chernobyl accident. Radiat Environ Biophys 44: 169-181, 2005
    7) Goncharova R.I. & Sloukvine A.M. Study on mutations and modification variability in young fishes of Cyprinus carpio from regions contaminated by the Chernobyl radioactive fallout. In Russian-Norwegian Satellite Symposium on Nuclear accidents, Radioecology and Health , Abstract p. 27-28 October, 1994
    Møller A.P., Mousseau T.A. & de Koe F. Anecdotal and empirical research in Chernobyl Invited Reply Biology Letters do:10.1098/rsbl.2007.0528 p 1-2.
    9) Møller A.P., Karada T.A. & Mousseau A. Antioxydants in eggs of great tit, Parus major, of Chernobyl and hatching success. Journal of Comparative Physiology B178, p735-743, 2008
    10) Ellegren H., Lindgren G., Primmer C.R. & Møller A.P. Fitness loss and germeline mutations in barn swallows breeding in Chernobyl. NATURE Vol. 389: 593-595. 9. October, 1997
    11) Møller A.P., Mousseau T.A. Reduced abundance of insects and spiders linked to radiation at Chernobyl 20 years after the accident Biol. Lett. of Royal Society 5(3): 356-359 , 18 March 2009 12) Møller A.P., Mousseau T.A. Species richness and abundance of forest birds in relation to radiation at Chernobyl. J Ornithol 130:239-246 , 2009
    13) Møller A.P. & Mousseau T.A. Determinant interspecific variation in population declines of birds after exposure to radiation at Chernobyl. Journal of Applied Ecology 44:909-919, 2007
    14) Møller A.P., Mousseau R.E., Milinevsky G., Peklo A., Pysanets E. & Szép T. Condition, reproduction and survival of barn swallows from Chernobyl. Journal of Animal Ecology 74 : 1102-1111, 2005
    15) Møller A.P., Mousseau R.E., Lynnm C., Ostermille S., Rudolfsen G. Impaired swimming behavior and morphology of sperm from barn-swallows, Hirundo rustica, in Chernobyl. Medicine Research 650: 210-216, 2008
    16) Møller A.P. & Mousseau T.A. Biological consequences of Chernobyl: 20 years on. Réf. Trends in Ecology and Evolution, 2008
    17) Møller A.P. & Mousseau T.A. Reduced abundance of raptors in radioactively contaminated areas near Tchernobyl. J. of Ornithology, 150: 245-239, 2009
    18) Møller A.P. & Mousseau A. Efficiency of bio-indicators for low-level radiation under field conditions. Ecological Indications 11: 424-430, 2011 »

    1. Beau travail, merci.

      Une bizarrerie tout de même : pour quoi ARTE, farouchement antinucléaire, a-t-elle diffusée ce film ? Simple incompétence ?

    2. merci ! Michel Fernex (Wikipedia) est professeur émérite de la Faculté de Médecine de l’Université de Bâle. Il est membre des Physiciens pour une responsabilité sociale et de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire. Il était membre du comité directeur sur les maladies tropicales au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé. Il est aussi président de l’organisation « Les enfants de Tchernobyl Belarus »

      1. un article sur la représentation linéaire de l’évolution, recommandé en particulier à Crapaud Rouge. Comment les poissons amphibies ont évolué
        http://owni.fr/2011/04/10/comment-les-poissons-amphibies-ont-evolue/
        je ne sais plus d’où je tiens ça, que la nature est prodigue à souhait et n’a que peu soucis de calcul ou d’économie. elle essaie tout. ce qui confirme encore la puissance du conatus ou du principe d’ homéostasie
        Antonio Damasio : « L’esprit est modelé par le corps »
        http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=4528

    3. Je n’avais pas lu cet article. De façon général je ne suis certes pas connaisseur du sujet !.. Et je me suis moi aussi énervé très souvent contre Arte qui a une tradition de documentaire « évangéliste » – dès qu’on connait un peu le sujet, on mange son chapeau.

      Toutefois dans ce cas j’ai le sentiment d’être mal compris. Je parle d’un jeu dans lequel la Zone est peuplée, outre les « Stalkers », de monstruosités mutantes – et tout personne ayant joué au jeu dans le noir avec un casque audio peut vous dire qu’au rayon « flippant » certaines se posent là. Le fait est que ces mutations monstrueuses ne se retrouvent pas sur le terrain – et quoi qu’on puisse par ailleurs penser des biais de ce documentaire, je me rappelle quand même assez bien qu’à l’époque où Tchernobyl a eu lieu, ce constat d’une faune très active n’était pas vraiment celui auquel on s’attendait à T+20ans. Aujourd’hui encore, si je fais un sondage autour de moi, je ne doute pas que cette situation en étonnera plus d’un(e). Une justification à faire ce documentaire suffisante, en dehors de tout projet propagandiste, vous en conviendrez..

      Il ne me semble pas par ailleurs que le reportage mente ou minimise les effets sur l’homme. J’ai vu donc pire (et souvent) sur cette chaine et sur d’autres en matière de désinformation.

      Ceci dit je vous rejoint sur l’absence criante d’information sur les conséquences réelles de Tchernobyl. Ca c’est vu récemment chez Taddéï ou entre une militante écologiste et un mandarin confit de l’ordre établi (ne me demandez pas son poste actuel, je l’ai oublié), le fossé est apparu gigantesque sur l’appréciation de la catastrophe : petit accident historique pour l’un, catastrophe monstrueuse pour l’autre. Selon l’appréciation, le nucléaire était beaucoup moins ou beaucoup plus dangereux que le charbon.

      M’éduquer sur ces questions est dans ma pile de chose à faire, et votre article est une contribution qui m’est utile – encore qu’il s’agit d’une synthèse donc non dénuée d’interprétations personnelles à l’auteur : il me faudra vérifier les chiffres et ce qu’ils recouvrent réellement.

    1. Quand j’entends parler d’accidents nucléaires, je pense directement à Fallout (même si le monde présenté dans Fallout n’est pas dû à un accident mais à une guerre), qui est aussi une série post-apocalyptique très immersive (visiter les anciens bâtiments abandonnés soudainement par leurs anciens occupants, se frayer un chemin dans les anciennes voies de métro, etc.).

      Même si il est vrai que S.T.A.L.K.E.R est beaucoup plus en rapport avec les évènements de Tchernobyl, évidemment.

  5. « La radioactivité n’est pas forcément l’ennemie de la faune et de la flore »
    Je pense que les animaux – et les plantes encore moins- se sont pas vraiment conscients que leur risque de cancer est accru ou que leurs petits risquent d’être mal formés… cela doit être le cadet de leurs soucis. Et dans quelques générations la sélection naturelle aura fait son oeuvre et on aura des races plus résistantes aux radiations.
    Ce serait pareils pour les humains…

    1. hum oui dans 3 ou 4 siècles
      Ca va plus loin que l’eugénisme : tuer des enfants sur 20 générations pour donner place a une nouvelle race d’hommes plus résistants aux radiations
      il reste donc de l’espoir

    2. En fait c’est déjà le cas pour les mulots, si vous regardez le documentaire dont j’ai mis le lien en commentaire. Ce n’est d’ailleurs pas génétique : sur les mulots, une exposition continue à un niveau de rédaction élevé mais encore bas semble prédisposer les cellules à mieux résister à un « flash » de radiations élevées.

  6. Il y a pire que les jeux video, par exemple la Belgique. C’est aussi irréel qu’un vrai jeux et pourtant c’est réel… Le pays devient très plat vers la mer, sans aucune pitié… Pas la moindre petite déclivité, de dépression à l’entrée d’un village, c’est rigoureusement plat, droit, comme sur un plan, pas de relâchement dans la tension. On peut poser un niveau partout, c’est plat.

  7. On trouvera ci-dessous l’article découpé du Monde du jeudi 19 novembre 1981 page 19 péniblement scanné
    Les films soviétiques passaient au Cosmos rue de Rennes. Comme c’était soviétique, peu de gens allaient voir ça. Tarkovski était un mystique, ses films sont des labyrinthes où la traduction fait peut-être perdre beaucoup mais les images sont comme des icônes très travaillées.
    Lars Von Trier paradoxalement avec un titre pareil « Antichrist » offre un superbe hommage à Tarkowski.

    Le Stalker », un film d’Andréï Tarkovski

    Entre le néant et l’espoir

    DANS un cinéma soviétique où les bonnes surprises se font rares, où le contrôle idéologique pèse toujours assez lourdement sur les créateurs, où, surtout, il ne faut rien insinuer qui semble critiquer la morale ambiante, l’œuvre d’Andreï Tarkovski prend des allures de défi. C’est bien comme telle, en tout cas, qu’elle est reçue en Occident. Faut-iI pour autant vouloir y discerner à tout prix une sorte de dissidence Intérieure, un équivalent de ces récits, romans, poèmes, rendus familiers par le samizdat et la diffusion clandestine hors des frontières? A l’évidence, non. D’abord le cinéma. et particulièrement celui de Tarkovski, avec les moyens matériels et techniques qu’il suppose , exclut ce genre d’hypothèse. Et puis le cinéaste lui -même, sans rien sacrifier de ses ambitions, sans taire le moindre compromis, n’a, t-il pas réussi à se faire accepter, dans une certaine mesure, comme l’opposition de Sa Majesté? On serait même tenté de voir dans ce statut tacite une des originalités du travail de Tarkovski : Jusqu’où peut-il aller tout en restant toléré par le pouvoir, comment son message au sens noble, non hitchcockien, passe-t-il la rampe? Stalker , achevé en 1979, s’inscrit dans la continuité des trois films qui l’ont précédé, Andrei Roublev (1966), Solaris (1972) et surtout le Miroir (1974), tous inconcevables dans la production occidentale par leur ampleur, leur foisonnement, leur caractère visionnaire (1). Stalker , avec son titre anglais , son personnage central innocent et messianique, le no man’s land qu’iI a choisi d’explorer, comme entre chien et loup , porte l’ambiguïté à son comble : film moderne par excellence, Il trouve chez nous, peut-être son public idéal, déchire le rideau de bienséance où nous nous complaisons pour allumer le feu rouge, crier : attention danger, notre civilisation capote !
    Un médium
    Le Stalker (du verbe to stalk s’approcher furtivement, à tâtons ), c’est le guide, le médiateur, le médium presque, qui, à travers les ruines, nous fait pénétrer avec deux compagnons, l’écrivain et le professeur, dans cette « zone » où nous allons errer les deux tiers du film. Au cœur de la zone une maison, au cœur de cette maison une chambre des désirs, dont les visiteurs n’oseront franchir le seuil par crainte de l’inconnu, A travers l’action physique, le décor de déréliction où ils évoluent, les trois voyageurs se découvrent, se révèlent. Le Stalker, le poète, l’inspiré – rôle admirablement tenu par Alexandre Kaldonovski, – possède le secret de la vraie vie, traverse les apparences. L’écrivain veut fuir le mensonge social, une mise en scène qui l’a pris au piège. Le professeur, le savant est-iI précisé, est prêt à tout faire sauter pour rejoindre la perfection de ses manuels. Le film commence et s’achève dans la civilisation, dans ce qui reste de civilisation, anti-chambre, antichambre de la zone où la famille du Stalker, sa femme, leur fillette infirme, l’entourent. André Tarkovski a adapté très librement avec les auteurs, Arkady et Boris Strougatski, un récit de science-fiction dont il a supprimé la quincaillerie, les trucs . Nous savons simplement qu’un météorite, « calme bloc ici bas chu d’une désastre obscur », a engendré cette zone inconnue où les hommes espèrent se ressourcer. Plus clairement, la zone, c’est notre planète à la veille de l’explosion atomique, un continent perdu, pas tellement dans le temps et l’espace que dans son Âme. Le Stalker, prêche dans le désert, fébrile, fou, conscient que le monde va à sa ruine, Le fiIm s’achève sur une parabole trop belle, trop éclatante, pour n’avoir pas malgré tout séduit les éternels censeurs soviétiques. L’enfant du Stalker s’éveille au futur, à la vie, le visage de la fillette, soudain illuminé, rayonne une grâce hors du mal et des théories. Le monde repart, avec d’autres pouvoirs, Des objets tremblent et se déplacent sur une table comme mus par un fluide magique. La pureté peut soulever les montagnes. Tarkovski ne creuse pas la contradiction, elle deviendrait directement politique : comment tant d’espoirs ont-ils pu être déçus, comment les enfants d’aujourd’hui deviendront- ils les durs adultes de demain? Où la société trahit-elle sa mission? La question nous est aussi posée, à nous Occidentaux. La réponse, elle est transparente. le Stalker montre une première issue, vit intensément, perpétuellement sa quête d’absolu. Il a la foi. Mais il n’indique aucun chemin tracé à l’avance, Au mieux, il initie . Sa foi n’a rien de religieux, au sens littéral, elle ne défend aucun credo, aucun canon. Elle invite les hommes à réapprendre à voir et à entendre. Elle n’a que faire de la politique au premier degré. Si elle nous atteint dans nos certitudes les mieux établies, elle n’en prend pas moins tout son sens dans ce pays où le rêve fou, où la révolution, ont conduit, à la limite, à la dépossession de « l’homme par lui-même.
    LOUIS MARCORELLES,
    Projeté en alternance au Cosmos.

    1. Au Tourski, le théâtre de Richard Martin, chaque anné, un festival russe, evec des films russes, du théâtre russe, …..
      (que personnellement je vous conseille,
      mais qui peut-être n’était pas du goût de notre gouvernement, Richard Martin en a fait une grève de la faim ….

    2. C’est gentil merci, mais si je ne suis plus parisien, je ne serais jamais marseillais. J’ai lu ce que j’ai trouvé sur Michel Martin. La misère des agitateurs de culture comme d’autres formes de misère me fait remonter cette colère sourde qui me rappelle un autre genre d’inventeur qui s’appelait aussi Andreï et dont l’invention meurtrière connue sous le nom de AK 47 n’a pas compté pour rien dans l’accès à la liberté des colonisés. En ce temps là, la vidéo était réelle et on jouait avec sa peau pour des idéaux qui ont déçu.

  8. Depuis quelques temps me revient sans cesse cette vieille chanson du groupe Castelhemis, les centrales, sortie avec l’album “N’importe Quelle Sorte d’Amour” en 1982. C’est une pièce de choix à faire figurer dans la catégorie des arts du dimanche, dans laquelle tout y est :
    * le culte de la technologie
    * l’aveuglement asséné par les média
    * l’issue fatale qui ne peut en résulter

    Les centrales, par Castelhemis, 1982
    http://mornelune.free.fr/castelhemis/audio/centrales.rm

    Un train ça peut dérailler
    Par accident
    Un tunnel peut s’effondrer
    Par accident
    Un avion ça peut tomber
    Par accident
    Une fusée ça peut foirer
    Ça peut arriver

    Oui mais les centrales
    C’est la technologie idéale
    C’est la sécurité optimale
    C’est l’infaillibilité totale
    Puisqu’on te le dit…
    Toute la journée
    C’est ce qu’on se tue à te répéter
    A la radio, à la télé, dans les journaux
    Puisqu’on te le dit
    Un câble ça peut casser
    Par accident
    Une voiture peut déraper
    Par accident
    Un incendie se déclarer
    Par accident
    Un tuyau ça peut crever
    Ça peut arriver

    Mais pas aux centrales
    C’est la technologie idéale
    C’est la sécurité optimale
    C’est l’infaillibilité totale
    Puisqu’on te le dit…
    Toute la journée
    C’est ce qu’on se tue à te répéter
    A la radio, à la télé, dans les journaux
    Puisqu’on te le dit
    Un tunnel peut s’effondrer
    Une piste peut s’écrouler
    Un ingénieur mal calculer

    Un pétrolier peut s’échouer
    Une plate-forme polluer
    Et goudronner un océan

    Le Titanique a coulé
    Le Tupolev est tombé
    Et le Zeppelin a brûlé
    Oui mais les centrales
    C’est la technologie idéale
    C’est la sécurité optimale
    C’est l’infaillibilité totale
    Puisqu’on te le dit…
    Toute la journée
    C’est ce qu’on se tue à te répéter
    A la radio, à la télé, dans les journaux
    Puisqu’on te le dit

    1. La chute me choque, elle fait un amalgame inadmissible entre le tsunami et le nucléaire : « fantasmes débités par quelques écologistes parisiens pour vendre leurs salades sur le dos des 30.000 morts Japonais« .

      1. Mais l’amalgame est flagrant ! Depuis un mois, on nage dans l’apocalypse !

        Edito du catastrophiste en chef du Monde, hier:

        http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/09/fukushima-un-accident-de-civilisation_1505311_3232.html

        Au milieu de l’introduction, une phrase:

        « Certains rappellent quelques vérités de bon sens. D’abord, le nombre de décès directement imputables au dégagement de particules radioactives est, jusqu’à présent, nul. »

        Et à la suite de ce (sage) constat, un texte qui part en vrille, comme s’il le Japon avait été effacé de la carte !

      2. Moi aussi je le trouve choquant cet article, de toute façon il faut attendre pour voir l’évolution des transformations, peut-être rirons -t-il plus ou moins jaune plus tard.

      3. CP, vous n’avez pas compris, me semble-t-il. L’amalgame n’est pas le fait des « catastrophistes », mais de l’auteur du 1er article cité, et qui l’attribue aux écolos ! Idem avec l’article du Monde : il ne part pas en vrille comme vous le dites, il estime l’ampleur des dégâts de l’accident nucléaire selon des critères qui ne sont pas le nombre de morts immédiats.

        A Fukushima 1, que voit-on ? La matérialisation de toutes ces craintes, la preuve tangible qu’elles sont fondées : les événements échappent non seulement à la perception de tout un chacun, mais aussi au contrôle des élites techno-scientifiques. Dans le nord du Japon se compose le sidérant tableau d’une technologie qui menace l’intégrité de vastes régions par le biais de particules infimes et incontrôlables, émettrices de rayonnements toxiques et invisibles, dispersées au gré des masses d’air et des courants marins. Une technologie qui supplante son créateur jusqu’à lui interdire de venir l’observer. C’est un constat inouï : les maîtres de l’atome ignorent ce qui se déroule précisément dans les lieux-clés de la centrale – les réacteurs – puisque nul ne peut s’en approcher sans périr aussitôt.

        Ils viendront plus tard, les morts, par milliers comme avec le tsunami, mais étalés sur des décennies. Ne pas oublier que l’éruption de radioactivité ne fait que commencer et que l’on arrivera sûrement pas à la stopper.

    2. Chacun privilégie les croyances qui lui sont nécessaires. Quelqu’un qui reste sur place, parce qu’il le décide ou n’a pas le choix, est évidemment susceptible de s’aveugler pour justifier son sort. On a déjà vu ça. A l’inverse, tout ce que le monde compte d’anti nucléaire est violemment tenter d’y voir la validation de ses choix d’opinions, parfois anciens et couteux, et se rue dessus. In extenso, les pessimistes chroniques (et peut être bien que ça peut concerner les lecteurs de ce blog, effectivement…) y voient également une validation de leur vue globale de l’état de l’humanité, en particulier sur sa gestion du risque, la compétence et l’honnêteté des élites, les limites du tout-rentable, etc.

      Le fait que la réalité n’a rien à foutre de toutes ces croyances. Elle est ce qu’elle est, et pour savoir ce qu’elle est, il faut l’étudier à tête froide. De ce point de vue on peut rendre justice à ce blog de faire un réel effort d’accumulation et d’évaluation des informations. On peut même dire que des précautions oratoires sont régulièrement prises sur la gravité de ce qui se passe.

      Pour ma part, je suis assez convaincu que ceux qui gèrent ont du mal. La simple accumulation de communiqué sur le mode « il y a tel problème mais on va le résoudre en faisant ceci » « euh par contre on le fera demain » « enfin au plus tard ce week end » « ah on a un problème de guano radioactif qui nous empêche de faire notre truc mais on a envoyé un ingénieur sur un bras articulé qui a abattu le pigeon au paintball en attendant » « bon finalement on a fait le truc mais en fait c’est pas sûr que ça serve parce que bon ». etc.

      Les gens comme l’auteur de cet article interprètent peut être mal notre inquiétude. Oui on a bien compris que la région de Fukushima n’est pas un enfer irradié au points que le parcourir soit immédiatement dangereux pour la santé ou que Tokyo soit au bord du châtiment divin. Néanmoins la situation n’a pas besoin de ce genre de fantasme pour être préoccupante. Je vous recommande tout de même de vous intéresser en détail aux efforts de bilans sur Tchernobyl (voir le long article dans les commentaires ci dessus) pour comprendre que dans ces affaires, la mort vient doucement, massivement, et dans un temps que les médias ne savent pas traiter.

  9. Je suis pleinement d’accord avec vous, Tarkovsky,est le maitre absolu de l’mage et de l’èsthètique. Et comme dis Bergman ce n’est plus du cinéma mais de la pure poésie. Son pére, Arseny Tarkovsky, est un des grands poétes russes (voir « Le Miroir » , son film plus personnel).
    Si vous aimez Tarkovsky je ne peus que vous conseiller son dernier film-testament  » Le Sacrifice – Le Don ». Il a réalisé ce film se sachant condamné par la maladie, raison pour laquelle il l’a dédier à son fils ( et à nous tous).

    Le « Sacrifice » semble avoir èté produit pour ces temps de crise (globale inévitable) dans lesquels nous nous trouvons aujourdh’ui. Je ne veus pas dévoiler les dètails du film mais le personnage principal  » sacrifie – donne  » ce qu’il à de plus précieux pour que son fils (et le reste de l’Humanitè) puisse survivre à un holocauste global et programmé.

  10. J’avais répondu un peu vite sur le billet précédent avant de voir votre article. Effectivement j’avais pensé également à STALKER en voyant la vidéo. Le compteur Geiger qui matérialise le danger invisible de la radioactivité. L’ambiance et la dévastation qui règnent dans le jeu n’ont malheureusement (rien à envier à la réalité).

    Concernant les conséquences réelles par contre il y a eu pas mal de mensonges et ce dès le début. On n’oubliera le nuage radioactif qui épargne la France. On est en train de nous refaire le même coup avec la pollution de la mer à Fukushima.
    Les médias sont quand même dans une culture de l’information en temps réel. Il est donc difficile de faire un suivi, on passe d’une information à une autre. Mais qu’en retient-on finalement. Heureusement avec Internet on peut approfondir le sujet : dossier sur Tchernobyl.

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