DU PEU D’IMPORTANCE DES FAITS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Hier dans la soirée pour nous, les autorités japonaises ont haussé la gravité de la catastrophe de Fukushima au niveau 7, le niveau le plus élevé sur l’échelle du malheur nucléaire civil.

Où sont tous ceux qui, du 14 mars, quand la catastrophe nous fut d’abord connue, à hier, avant l’annonce, ont clamé haut et fort qu’elle n’atteindrait jamais – vous m’entendez bien : « jamais » – le degré de gravité de Tchernobyl en 1986 ? Au premier jour, c’était simple : ils ne disposaient d’aucun élément pour le dire, tandis que depuis plusieurs semaines, tous les éléments d’information disponibles les contredisaient. Ils sont passés insensiblement au fil des jours, de l’intoxication éhontée à la désinformation systématique. Pas véritablement un progrès. Aujourd’hui, ils mangent leur chapeau.

Et après ? Et après, car souvenez-vous d’une époque pas si ancienne, où un ministre ayant commis une faute grave, pris sur le fait parfois d’un unique mensonge, un chef d’entreprise ayant pris une décision calamiteuse, démissionnaient. Pourquoi ? Parce qu’aux yeux de tous, ces dirigeants avaient une responsabilité dont le champ dépassait celui de leur petite personne : leurs décisions, pensait-on, ne concernaient pas qu’eux : ils étaient en charge d’une tâche que l’on qualifiait de « collective » – pour employer un mot devenu aujourd’hui un gros mot.

Les choses ont changé : le dirigeant pris la main dans le sac, nie. Et pas même de manière convaincante. Tous les arguments sont bons, comme dans l’histoire du seau troué racontée par Freud : « D’abord, je te l’ai rendu en bon état… et d’ailleurs, le trou s’y trouvait déjà… et de plus : ce n’est pas même ton seau ! ». Parce qu’il ne s’agit pas de convaincre : si j’ai été nommé à la tête de l’État, il est désormais ma chose. Le chef d’entreprise peut raisonner de la même manière, comme l’a montré l’affaire récente des bonus extravagants que les dirigeants d’entreprises soutenues à bout de bras par la communauté, s’attribuent généreusement les uns aux autres : « La caisse est là, donc j’y puise. Qu‘importe la manière dont l’argent y est venu ! »

Les décideurs du nucléaire civil appartiennent-ils à l’ancienne famille des serviteurs du bien public ou à la nouvelle, des potentats marchands de soupe ? La question mérite au moins d’être posée, même si on craint la réponse.

J’ai repris à notre commentateur Lisztfr, son mot d’ordre : « Big Brother mangera son chapeau ! ». Mais qu’on y prenne garde : du train où vont les choses, une fois son chapeau mangé, il nous fera au visage un rot sonore, puis retournera vaquer à ses affaires, de la manière dont cela se fait aujourd’hui : sans se soucier de nous davantage.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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387 réflexions sur « DU PEU D’IMPORTANCE DES FAITS »

  1. Mercredi 13 avril 2011 :

    L’état précaire des banques européennes est la principale menace à la stabilité du système financier mondial, et va imposer de leur trouver des capitaux neufs, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international.
    Dans son « Rapport sur la stabilité financière dans le monde », le FMI fait l’état des lieux des tensions en Europe, entre des Etats qui luttent pour redresser leurs finances publiques et un secteur bancaire gravement endommagé par la crise financière mondiale.
    « Beaucoup d’institutions financières, en particulier les banques européennes les plus faibles, sont prises dans un tourbillon de pressions liées les unes aux autres qui intensifient les risques pour le système dans son ensemble », a-t-il constaté.
    Avec la crise financière, « les banques ont cherché à élever à la fois la qualité et la quantité de leurs fonds propres, mais les progrès ont été inégaux, les banques européennes étant généralement en retard sur les américaines », a rappelé le Fonds.
    « Les faiblesses et vulnérabilités structurelles subsistant dans la zone euro constituent toujours des risques importants s’ils ne sont pas résolus de manière globale », a-t-il poursuivi.
    Selon lui, « dans les quelques mois à venir, le défi le plus urgent est le financement des banques et des Etats, en particulier dans certains pays vulnérables de la zone euro ».
    L’Europe n’échappera pas, d’après les experts du FMI, à une restructuration des banques qui ne sont pas viables, et une recapitalisation de celles qui le sont.
    Or « il est probable qu’il faudra qu’une partie de ce capital vienne de sources publiques », ont-ils avancé.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7e83a88b0faa5bcfe6b813f6e6e4a522

    En clair : CONtribuables européens, préparez-vous à payer.

    CONtribuables européens, vous allez encore devoir payer pour sauver les banques de la faillite.

    1. C’est bien connu, en Amérique les banques sont bien gérées
      ah ah arrrgh!

      Le FMI est surement une banque bien gérée aussi. (hi hi hi)

      Si vous avez un problème d’argent, empruntez le.

      Le problème deviendra celui de vos créanciers.

      Qui passeront le bébé à votre gouvernement. (stop c’est justement là l’erreur)
      etc…

      Il n’y pas de fatalité à laisser gérer les problèmes des banques par des banquiers failli.

      Marchons dans les pas des islandais…

    2. Et les banques nippones, elles n’étaient déjà fières mais là avec FUKU c’est hara kiri,
      toujours à côté de la plaque ce FMI

    3. Ou faites comme moi, ne contribuez plus tant que les contribuables n’auront pas le contrôle des dépenses publiques…

    4. Nous ne voulons point de ce FMI
      Aux ordres des zétatszunis

      Failli FMI
      Malappris FMI

      FMI
      Tu es une maladie
      Maladie Financièrement Transmissible

    5. BA et sa sauce américaine…
      Les dernières cartouches des anglo-saxons, tirées sur la zone euro, le sont par le FMI, quoi de plus prévisible !
      Avec des déficits record sur record, carrément 11% cette année, il faut bien que les États-Unis continuent à faire diversion ou plutôt illusion. Car ils sont bien en train de perdre la guerre.
      Il y a bien longtemps que les alliés de l’euro ne se trouvent ni à Londres, ni à Washington.
      Les gérants de fonds fuient le dollar comme la peste, les monarchies du Golfe ont un goût très amer dans la bouche, les US perdent progressivement leurs soutiens d’approvisionnement en pétrole bon marché, le Japon va devoir taper fortement dans ses réserves et jouer de fait contre son ancien maitre, QE2 va bientôt s’épuiser et laisser un grand vide, la FED va nous raconter sous peu l’histoire de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf, les Premary dealers pilotés par le département d’état américain dégueulent de partout de bons du trésor US, les états fédérés, les administrations et les services sociaux sont en faillite déclarée… et les républicains vont obliger Obama à rentrer dans une période d’austérité inédite depuis que le dollar a été décorrélé du gold.
      Et pendant que ce drame se joue devant nos yeux, le FMI se joint à des agences de notation sous influence totale, en osant faire des mises en garde à l’Europe sur la qualité des fonds propres de nos banques, banques dont les bilans ont été plombés par des centaines de milliards d’euros de subprimes que les US nous ont gentiment revendu.

      Heureusement, ils font de moins en moins illusion.

      1. Les Etats-Unis sont en faillite. Tout le monde le sait. Ce qui est intéressant, c’est de voir quel bloc va s’effondrer le premier.

        1- Les Etats-Unis : l’Etat fédéral va se déclarer en défaut de paiement en 2011 ? Ou en 2012 ?

        2- L’Union Européenne : les Etats européens vont se déclarer en défaut de paiement, ce qui entraînera la faillite des banques européennes, en 2011 ? Ou en 2012 ?

        3- Le Japon : le Japon va se déclarer en défaut de paiement en 2011 ? Ou en 2012 ?

        Mon pronostic : les Etats européens s’effondreront les premiers.

        Mon quinté + : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, … Belgique, France, casaque bleu-blanc-rouge, montée par le petit jockey Nicolas. Photo à l’arrivée.

        Mon apéro : un verre de rouge au bar du Titanic. Tous au bar du Titanic ! On va s’en jeter un dernier avant le naufrage ! En plus, il y a Gillou avec son petit accordéon !

      2. En Amérique, Dominique Strauss-Kahn tape sur les doigts de Barack Obama.

        Jean-Marc Vittori : En Amérique, Dominique Strauss-Kahn tape sur les doigts de Barack Obama. Son message est simple : les Etats-Unis vont dans le mur. Alors évidemment, ce n’est pas dit comme ça, on est dans la diplomatie politico-financière, avec une épaisse langue de bois. Mais le FMI, que dirige DSK, dit dans deux études publiées hier que ça ne peut pas durer : les Etats-Unis est le seul grand pays avancé où le déficit budgétaire augmente cette année. Et en 2011, les emprunts pour financer à la fois le déficit public et le remboursement des dettes publiques qui viennent à échéance cette année, vont atteindre 29% du PIB, deux fois plus que les pays européens à problème.

        France Inter : Où est le problème ?

        Jean-Marc Vittori : Les Américains ont fait un choix opposé au nôtre. En Europe, deux ans après la crise, nous avons décidé de diminuer les déficits budgétaires, de faire rentrer les flots de dépenses dans le lit du fleuve. Aux Etats-Unis, c’est l’inverse : l’argent public continue d’inonder le pays, comme le Nil submergeait antan ses rives d’Egypte. Le déficit va ainsi dépasser 10% des richesses produites dans le pays pour la troisième année consécutive. C’est un trou deux fois plus profond que dans la zone euro. Avec cette injection massive d’argent public, l’Amérique roule plus vite que l’Europe. Mais comme son carburant, c’est de la dette publique, il risque de se passer la même chose qu’avec son carburant précédent, qui était de la dette privée : à un moment, ça casse.

        France Inter : Les Américains sont-ils conscients du problème ?

        Jean-Marc Vittori : Ils ont un fantastique atout : ils impriment le dollar, qui est la monnaie du monde. Et leurs obligations du Trésor constituent le placement jugé aujourd’hui le plus sûr au monde. Mais cet atout est aujourd’hui menacé. Les investisseurs s’inquiètent. Et ça, Washington en est tout à fait conscient. Le débat fait donc rage dans la capitale, d’autant plus que le congrès va devoir voter d’ici le 15 mai le relèvement du plafond de la dette publique – sinon, l’Etat risque d’être en défaut de paiement. Hier, le président Barack Obama a proposé de fixer un objectif de réduction cumulée du déficit de 4.000 milliards de dollars sur les douze prochaines années. Un chiffre énorme pour impressionner, ça fait la moitié du déficit prévu. Mais ça risque d’être difficile. Au congrès, les Démocrates refusent toute baisse de dépenses. Et les Républicains ne veulent pas entendre parler de hausse fiscale. Ils veulent même réduire le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu de 35 à 25%, alors qu’il dépasse 40% dans la plupart des pays d’Europe.

        France Inter : Ces folies américaines nous concernent-elles ?

        Jean-Marc Vittori : Oui, deux fois oui. D’abord, l’Amérique imprime la monnaie du monde, et elle en imprime trop pour financer son maxidéficit. Ca risque donc de déclencher un jour une grosse vague d’inflation qui nous tombera sur la figure. Ensuite, ses obligations publiques constituent la clé de voûte du système financier mondial. Si, un jour, cette clé est pourrie parce que l’Etat américain ne peut plus rembourser, c’est alors tout le système financier mondial qui risque de s’effondrer sans le moindre repère. Comparée à ce scénario, la faillite de Lehman Brothers est une petite histoire de rien du tout.

        http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/leditoeco/index.php?id=103705

  2. Jeudi 14 avril 2011 :

    Les investisseurs internationaux ont compris que la Grèce allait se déclarer en défaut de paiement : les obligations de l’Etat grec sont en train de pulvériser leurs records.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 17,844 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 15,367 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB5YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 13,263 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

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