24 réflexions sur « MÉTÉO DES TAUX – MAI 2011, par Olivier Berruyer »

  1. Entre un taux d’emprunt élevé et un taux d’inflation élevé, quelle est la différence ?

    On dirait que c’est en train de craquer. Ça craque ? Hein, ça craque bien là ?
    Montez un peu le son svp, je voudrais bien entendre ce son tout à fait nouveau dans mon registre.

    Ça me fait penser à Hybernatus au moment où ils sont déguisés en moines et que l’un des complices dit « je sens que je vais craquer, je le sens, ça y est je craque ». Et puis, soulagé et triste à la fois : « j’ai craqué ».

  2. Je vois pourquoi l’Espagne est considérée comme menacée.

    Est-ce que toutes les discussions sur la crise des dettes souveraines seraient résumées dans ce graphique ?

    Dans quelle mesure un tel graphique est auto-prédictif ?

    1. A ce propos, l’auteur de « les-crises » écrit, en proposant entre autres le tableau « Evolution du tx de change et PPA 1950-2011 », « en estimant la parité qu’aurait eu l’euro s’il avait existé avant 1999 (via un panier des anciennes monnaies pondéré chaque année par le PIB), et en le comparant aux PPA… »
      Ca me paraît hautement spéculatif comme pondération…

  3. On ne saurait mieux montrer que la zone euro est devenue une fiction financière complètement déconnectée des réalités politiques et économiques. Les taux d’intérêt astronomiques auxquels investisseurs et épargnants échangent les dettes publiques des États européens qui sont propriétaires du capital de la BCE donne une idée des pertes abyssales que la BCE accumule. La BCE prête des euros quasiment gratuitement sur un collatéral dont la valeur nominale est très au-dessus de la valeur réelle.

    La BCE n’a donc plus de capital mais continue néanmoins à refinancer les banques. Celles-ci n’ont pas d’autre solution pour compenser les pertes qu’elles accumulent sur leur portefeuille de titres publics et de crédits à l’économie réelle européenne que d’acheter à terme des actifs réels à l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro. Le système bancaire européen produit des déficits de paiements courants à l’extérieur de la zone, de l’inflation à l’intérieur de la zone. L’économie réelle se désintègre dans la zone euro par la déflation salariale et fiscale sauf en Allemagne et aux Pays-Bas qui sont restés dans les limites du gérable.

    L’Europe centrale est seule en mesure de renflouer la BCE ce que les contribuables allemands et néerlandais n’accepteront pas. L’euro est mort : il est temps de construire une alternative. Comme le dollar, la livre et le yen sont aussi morts, il est temps de convoquer un nouveau Bretton Woods pour solder les comptes de la guerre financière engagée depuis les années 60. Pour reparler du bancor bien sûr.

    1. BCE : 80 milliards de titres des États grecs,irlandais et portugais qui valent à tout casser 20 milliards sur le marché secondaire mais surtout 500 milliards d’actif sur des banques vérolées grave, dont 330 milliards pour des banques porcines (source Betbèze)…

  4. Ce n’est pas un billet invité ça, c’est un graphique invité.
    Merci à Olivier Brumaire pour le lien de la source.

    1. C’est lui la source . C’est même écrit sous le graphique…
      Les taux du marché secondaire, historique compris , vous les trouvez partout.

  5. Pour un peu, nous pourrions émettre l’idée folle qu’il serait susceptible qu’il y ait une crise économique…
    Ceci écrit, lorsque je vois la mention : « le temps de la confiance dans l’Euro » sur le graphique, cela me rappelle sans ambigüité, dans la période des deux années écoulées, TOUS les faits constatables de regroupements de plus de la moitié des pays sur terre afin de fuir le dollar…
    Ou tout du moins, prévoir sa chute. Ce qui ne s’est pas encore trop passé, les US ayant des arguments massue pour obliger à les « soutenir ».

    Tout ce que l’on peut déduire des taux est que les marchés jouent sur les différences. Mais c’est pas neuf, car c’est ça qui les fait vivre.
    Aussi bien en verticale (différences de richesse) qu’en horizontal (concurrence entre pays, entreprises, personnes physiques)
    Si l’expression « diviser pour mieux régner » n’existait pas, ils l’auraient certainement inventée.

    1. « Ce qui ne s’est pas encore trop passé, les US ayant des arguments massue pour obliger à les soutenir ».

      Je me permets de corriger légèrement : « Ce qui ne s’est pas encore trop passé, les US ayant des (…) massues pour obliger à les soutenir ». C’est plus parlant, je trouve.

    2. « Le temps de la confiance dans l’Euro »…. Serait-il possible de construire un graphique identique avec le U$ ? en utilisant certains Etats de l’Union (Californie, Michigan, Caroline du Nord, etc…) à la place de pays de la CEE ? Juste pour voir.

      1. Je ne suis pas sûre, moi non plus que pour les états des USA, ce soit tellement mieux avec les dollars que des états européens avec l’euro, mais peut-être, je ne sais pas

  6. On se rend compte que le taux moyen à l’été 2008 sur ces titres 5 ans européens, homogènes aux alentours de 4,5 / 5 %, n’a sans doute guère évolué, ramené au taux moyen payé sur la totalité des dettes à 5ans émises par tous les états de la zone euro. Si l’on tient compte évidemment de la part dominante des gros emprunteurs en nominal que sont l’Allemagne, la France, l’Italie, dont les taux ont nettement baissé depuis 2008 (de 4,5 / 5% à 2,5 / 3% sur les cinq ans).
    Conclusion 1) : les pauvres, les PIGS, payent la rente due aux créanciers pour les riches, nous, français, allemand, italiens, etc. Il faut bien que quelqu’un paye non ? Quand vous voyez que le rendement des assurances-vie sont tombées de 5,6% à 3,3% entre 2001 et 2010 ! Faut pas pousser kâmême ! Non ?
    Conclusion 2) : si le taux moyen (la somme totale des intérêts payés par les Etats européens, soit, à travers le taux, le risque global affecté par les marchés à la zone euro) n’a pas réellement augmenté depuis 2008, alors il aurait simplement suffi de mutualiser le risque de la dette européenne – faire preuve de solidarité à très faible cout pour les plus riches et grand bénéfice pour les plus pauvres comme pour l’UE – pour nous éviter cette tragi-comédie de « l’épouvantable dette publique européenne ».

    Mais non. Point.

      1. Une forte dépression se forme actuellement sur la Grèce, chassant l’anticyclone de Francfort.

        Se forme ainsi un vent du Sud, renforcé par la dépression de Porto.

        La tempête se renforce donc, et se dirige lentement vers l’Espagne et la France, la première devrait être statistiquement touchée dans 6 mois.

        Toutefois, une brusque déviation vers Londres reste parfaitement possible…

        À suivre au prochain bulletin de Métaux France… 🙂

      2. @ Olivier Brumaire

        Merci de cette douce poésie.

        A propos, M Frédéric Lordon vient de publier une pièce de théâtre en alexandrins sur la crise. L’œuvre s’appelle « Un retournement à l’autre« . 4 actes.

        A lire pour la bonne soif en écoutant gentiment la météo.
        Je vais le commander de ce pas.

  7. la grèce.17%, dis donc ils empruntent à qui?……. à cofidis ou finaref ou quoi !!!
    c’est sur que ça fait peur .

  8. Attention, en nous affolons pas non plus.

    CES ETATS N’EMPRUNTENT PAS, ou très peu.

    Ce sont des taux du marché secondaire (la revente des emprunts passés), et des courbes actuarielles.

    Elles montrent bien le taux qu’ils devraient payer en théorie s’ils allaient sur le marché.

    En fait, la Grèce n’y va pas, et emprunte en gros aux autres grands pays, qui empruntent sur les marchés.

    C’est très inquiétant, mais pas très grave tant que cela ne concerne pas un grand pays, qui emprunte beaucoup (la France empruntera 200 Md€ cette année !). Une défiance envers eux, et personne ne pourra leur prêter d’argent, d’où défaut…

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