« GARDAREM LA TERRE ET LA MER » à Nant et sur le Larzac du 14 au 17 juillet 2011

Non, ce n’est pas la vidéo du vendredi : c’est un « hors-série », une édition spéciale. Je ne serai pas à Nant dans le Larzac pour le 40e anniversaire (ça ne nous rajeunit pas, mon bon Monsieur !) de la marche contre l’extension du camp militaire en 1971, et pour exiger le retrait de l’autorisation d’exploration en vue d’exploiter le gaz de schiste, mais je serai là par Skype interposé. Le programme des Rencontres « Gardarem la terre et la mer » se trouve ici.

Pierre Vuarin, de la Fondation Charles Léopold Mayer, m’a demandé d’expliquer à l’intention des participants mon projet d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. C’est ce que je fais ici, comme je l’ai fait il y a quelques semaines en anglais au Sommet de Zermatt.

Spéculation – Exception de jeu – Matières premières – Émeutes de la faim – Pascal Canfin à Bruxelles

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30 réflexions sur « « GARDAREM LA TERRE ET LA MER » à Nant et sur le Larzac du 14 au 17 juillet 2011 »

    1. @pierrot

      Merci du lien

      Bien côté en bourse, Chesapeake est ainsi identifié pour sa « comptabilité agressive », comme le relève une note de la société d’investissement Argus dans une de ses analyses. Pour se procurer du cash, la compagnie a ainsi recours à des « volumetric production payments », sorte de bons par lesquels elle commercialise sa future production gazière contre paiement immédiat. Or, au lieu de marquer le gaz déjà vendu par ce procédé en dette dans ses bilans comptables, Chesapeake gonfle artificiellement sa production en le signalant comme stock. Un gaz dont certains doutent seulement qu’il soit jamais produit…

      très fort , très très fort…

  1. Bonjour,

    Je lis ce blog depuis longtemps mais c’est ma première intervention. Je suis aussi « intuitivement » contre la spéculation. Lors d’une discussion avec un ami, nous avons abordé le sujet du « le prix est soit trop haut et c’est mauvais pour le consommateur, soit trop bas et c’est mauvais pour le producteur ».

    En échange, je reçois comme argument : « oui mais le consommateur bénéficie aussi des prix devenu trop bas, tout comme le producteur bénéficie des prix devenus trop haut. La spéculation rend les prix plus volatiles et les prévisions plus compliquées mais ne diminue pas la richesse car le gain d’un jour compense la perte de l’autre. C’est une question de gestion des risques, pas de vol de ressources ».

    J’aimerais trouver un argument choc contre cela, pour défendre mon « intuition ». J’ai qques idées mais J’aimerais votre opinion…

    Merci, A+

    1. En marketing, il y a la notion de prix psychologique: rien à voir avec le prix de revient industriel, amortissement de l’usine compris…

      Pas une question de vol des ressources? Le spéculateur est là pour se rémunérer « sur la bête », et est un intermédiaire de plus à financer par le consommateur final.

      Reste à savoir si ce qu’il a « créé » par son action est bien une « richesse », et est ainsi légitimé.

      Pas si sûr. On peut considérer que son existence sur le marché a permis d’augmenter et de légitimer dans l’esprit d’une large majorité de gens, le niveau du prix psychologique des produits concernés…

    2. Comme beaucoup d’ animaux l’homme a une mémoire du futur avec laquelle il construit des paris sur l’avenir. Ces paris sont risqués et peuvent difficilement faire l’objet d’une réglementation purement rationnelle. L’interdiction de tuer n’a supprimé ni le meurtre ni la guerre. Peut-être peut-on comme l’Allemagne tenter une interdiction sur les positions nues sur certains produits ou plus efficacement affecter certaines positions spéculatives nuisibles de conditions qui les rendent irréalisables concrètement. Mais le renard ou la pieuvre ont toujours une ruse d’avance sur la poule ou la crevette.

      Il suffira, comme en 29, à un spéculateur actif sur un marché de fédérer des spéculateurs pour mener une spéculation faussement couverte. Exactemnt comme J.P.Morgan spéculait à découvert sur des comptes canadiens au nom de ses filles contre sa propre banque. Cela ne l’empêchait pas d’être adulé par le marché.

      Enfin Napoléon n’aimait pas les spéculateurs parce-qu’il était fondamentalement un prévaricateur.
      Il s’accomodait cependant de Fouché même si il ne l’aimait pas.

    3. La spéculation rend les prix plus volatiles et les prévisions plus compliquées mais ne diminue pas la richesse car le gain d’un jour compense la perte de l’autre. C’est une question de gestion des risques, pas de vol de ressources ».

      La spécu (en bourse, sur les futures ou les actions) ne diminue pas la richesse de l’ensemble spéculateur + consommateur, mais la richesse va souvent au spéculateur, qui la réintroduit pour l’essentiel dans la finance au lieu de consommer, et manque au travailleur consommateur qui du coup doit faire ceinture.
      Bien sûr que si c’est un vol de ressources, par la force (celle de la loi) sous couvert de respect de la propriété privée.
      S’il s’agit de spéculation de choses réelles c’est de l’accaparement, y a des lois la-dessus.
      Une des premières règles pour spéculer est de ne pas se servir d’argent dont on pourrait avoir besoin (parce qu’on risque de le perdre), ça dit tout : c’est de l’argent « de trop », utile pour personne.

    4. Je dirai à ton ami que je suis tout à fait d’accord avec lui. Le spéculateur crée un risque qui n’existerait pas si la spéculation n’existait pas. Autrement dit, le transfert de richesse, qui en temps normal a toujours lieu entre le consommateur et le producteur, s’accompagne d’une propriété nouvelle, à savoir le risque spéculatif.
      La question est donc de savoir ce que ce risque créé de toute pièce apporte aux protagonistes. Puisque sans lui, l’échange serait tout autant profitable aux vendeur et à l’acheteur, il n’apporte donc rien. Son utilité devient apparente lorsque le jeu devient faussé, c’est à dire lorsque le risque est majoritairement porté par un des deux termes de l’échange. Mais alors dans ce cas il n’y a plus vraiment de risque…

  2. Vers le démantèlement des agences de notation ?

    AFP
    Les américaines Moody’s et Standard and Poor’s, et l’anglo-américaine Fitch dominent le marché de la nootation de la solvabilité des entreprises et des Etats.
    La commissaire européenne à la justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding, menace les trois plus grandes agences de notation du monde de démantèlement, selon des propos rapportés lundi par le quotidien allemand ‘Die Welt’.

    http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/672518/vers-le-demantelement-des-agences-de-notation.html

    1. Merci pour le lien Dissy…Toujours au top de l’info…Mais alors, nos rêves vont enfin se réaliser…Virez cette maudit « Moody agency », qui nuit à tous et donc à chacun…Lentement, mais sûrement, souhaitons-nous d’y parvenir, avant qu’il ne soit trop tard.

    2. extrait:
      … » »Je vois deux possibilités. Ou les Etats du G20 (les Etats les plus riches du monde) décident de démanteler les trois agences ; les Etats-Unis seraient alors obligés de transformer les trois agences en six sociétés. Ou des concurrents européens et asiatiques sont créés », a dit Mme Reding. … »

      Elle en a cette Madame Reding ! oh pardon …

  3. La présidence polonaise de l’UE appelle à une solution rapide sur la Grèce.

    L’option de voir la Grèce être déclarée en défaut de paiement partiel gagne du terrain tandis que les craintes d’une contagion de la crise à l’Italie augmentent. Les responsables économiques européens se rencontrent dans la journée.

    http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-07-11/la-presidence-polonaise-de-l-ue-appelle-a-une-solution-rapide-sur-la-grece-850245.php

  4. Super, très simple et très convaincant, j’aime bien vos hésitations oratoires et vos reprises, ainsi que votre niveau d’excitation « juvénile ».
    On dirait que vous avec pris des amphétamines,… ou plus probablement, que parler du Larzac vous ramène à des jours heureux.

  5. Hello Paul…Superbe, vous êtes superbe…Je sais, vous dire et vous redire, que le polo noir et la chemise bleu délavée, vous vont comme un gant, et que votre sourire matinal n’a d’égal, que la beauté d’un rayon soleil au levé du jour… Vous semble désuet…Mais, je vous le fait savoir, juste pour dire que le matin tôt, vous va bien…Un grand merci à l’équipe du Larzac, qui de nouveau accomplit sa mission…Pour ce qui est de votre plaidoirie en faveur de l’interdiction des paris sur les fluctuations des produits financiers et des marchandises…C’est très clair vous menez un combat noble, et je sais déjà, que vous l’emporterez, aussi, je vous suis très attaché d’ailleurs, je ne vous quitte plus, vous êtes la boussole des pèlerins égarés et et pour cela je vous dis merci…(*!*)

  6. Merci Paul d’avoir répondu indirectement via cette vidéo à la question que je posais à la communauté de ce blog sur un autre post.

    C’est très clair et cette solution paraissant être la clef de sortie de la crise devrait si ce n’est pas déjà le cas être illustré d’une vidéo courte , attrayante , animée et compréhensible sans avoir de réelles compétences économiques afin de propager l’idée aussi bien dans le bas que dans le haut de la société. Un peu comme la vidéo sur l’argent dette , celle-ci pouvant être facilement traduite dans toutes les langues du monde.

    Je dispose de compétences en audiovisuel / after effect ( animation ) et ce chalenge me plairait énormément mais , je manque de temps (libre à partir d’octobre) et malheureusement, le temps presse.

  7. @paul jorion,

    pourquoi dites vous que la spéculation était interdite en France?

    Non, la spéculation n’était pas interdite en France.

    Ce qui était interdit en France jusqu’en 1885, c’était la vente à découvert des titres émis par l’état:

    art.421 « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 ».
    art. 422 « Sera réputé pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison »

    effets publics : biens publics, billets et titres émis par l’état

    Donc loin d’interdire la spéculation sur toutes les valeurs mobilières, ces articles ne visaient qu’un type bien précis de spéculation, la vente à découvert des titres émis par l’état.

    1. Lisez les pages 194-224 de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), j’y dissèque « exception de jeu », « vente à découvert », « règlement des différences », etc. leurs interconnexions et les confusions faites au XIXe siècle entre ces différentes facettes des marchés à terme. Si vous ne voulez pas lire le livre, toute la discussion qui a eu lieu ici à ce propos est toujours disponible (octobre – novembre 2010). S’il vous reste des objections, lecture faite, revenez-nous.

      1. @Paul Jorion,

        j’avais bien lu les billets correspondants, notamment le II et le V qui traitent tout particulièrement des articles 421 et 422.

        Mais vous y faites un raccourci surprenant pour arriver à cette conclusion particulièrement hasardeuse comme quoi les paris sur les fluctuations de prix, la spéculation, était interdite en France avant 1885:

        1. d’une part vous faites référence à une définition du terme « pari’ donnée par Polthier alors que le terme « pari » auquel l’article 421 fait référence est clairement stipulé dans l’article 422, c’est à dire les ventes à découvert à nu
        2. d’autre part vous englobez dans « effets publics » toutes les valeurs mobilières en tronquant la définition qui en est donnée par Maréchal (1901,8):
        « les fonds d’État, inscriptions de rentes, bons du Trésor, actions et obligations de certains canaux, chemins de fer et compagnies garanties par l’Etat, titres émis par les villes, les établissements publics et les sociétés anonymes autorisées antérieurement à la loi du 24 Juillet 1867»

        Art 76 du code commerce : les agents de change constitués de la manière prescrite par la loi ont seuls le droit de faire les négociations des effets publics et autres susceptibles d’être côtés.

        Il est parfaitement clair que l’interdiction visée par 421+422 ne portait pas d’une part sur ces autres valeurs susceptibles d’être cotées et d’autre part ne visait la spéculation sur les effets publics qu’en ce qui concerne la vente à découvert à nu, autrement dit, la spéculation à la baisse.

        C’est d’ailleurs très justement ce que remarque la commission chargée d’analyser ces textes dans son rapport au garde des sceaux (p.12) :

        … on remarque qu’ils [les articles 421 et 422] frappent les opérations sur les effets publics et non celles qui ont pour objet les autres valeurs de bourse devenues si nombreuses. Du reste, l’art.422 n’a trait qu’aux spéculateurs à la baisse. Il y a là un reflet évident d’idées anciennes; on croyait autrefois indispensable au crédit de l’Etat de mettre obstacle à la baisse des fonds publics; Napoléon allait même jusqu’à considérer comme des ennemis du gouvernement ceux qui s’y livraient.

        Que croyez vous que sont ces « valeurs de bourse devenues si nombreuses »? Et bien, justement, celles des sociétés commerciales à capital variable introduites suite à la loi du 24 Juillet 1867.

        Donc je persiste : la spéculation sur les valeurs autres que les effets publics n’était pas interdite avant 1885, et seules les ventes à découvert à nu sur les effets publics n’étaient visées par cette interdiction.

  8. C’est marrant, la révolution en 1789 n’avait pas non plus demandé son avis à la communauté internationale lors de la proclamation de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen… On y serait effectivement encore si l’on avait pris le problème dans un sens du type « oui mais on sera les seuls a le faire ».

    Hum hum hum?

  9. « On trouvera certainement le moyen de transformer ( cet argent) en quelque chose qui sera utile à tout le monde »

    Exton – n’as-tu pas remarqué ce qu’a dit le Roi ?
    « N’ai-je pas un ami … «

    Richard II

    Le grand mécanisme est enclenché, Bolingbroke appelle à l’aide ; Exton assassine Richard II et Bolingbroke lui succède sous le nom de Henry IV : la volonté du Roi n’y est pour rien, Exton sera exilé .

    L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est sur les rails ; les éleveurs de poulets étêtés n’ont, en effet, d’autre solution raisonnable. L’argent sorti du casino prendra donc le circuit de l’investissement citoyen, disons sincèrement écologique » ( car, autrement , qu’en faire ? ). Mais alors, d’où viendrait le changement de paradigme : l’augmentation des salaires efface les traces du dérapage tout comme la moralité de son blanchiment renforce l’apport des capitalistes ! Les règnes se succèdent, et pourquoi pas L’économie Sociale et Solidaire, laquelle s’annonce comme une réponse aux subprimes ( mais au service de quelle société ?) – c’est une question – . Autant, peut-être, se préparer au tournant.

  10. Mais qu’est-ce qu’il y avait dans l’café
    Pour qu’il vous fasse autant d’effet !

    Quel jus !

    Bravo !

    Il faut commencer par un bout de la pelote …suivre le fil d’Ariane …installer le métier …
    poser la trame …patience …

    1. Ouais patience, mais ça s´accélère pas mal en ce moment, je trouve, et d´ailleurs, Paul est en forme olympique en ce moment. Il est clair, percutant, direct, on sent que la synthèse se fait dans le raisonnement, et la bonne nouvelle est qu´il semble ne pas être le seul. Alors, oui, soyons tout de même optimistes pour l´avenir et la capacité des Peuples à reprendre ses affaires en main. Avec patience et humilité, toujours, bien sûr.

  11. L’écharpe rouge – Paul Jorion :

    Il y a un peu plus de trente ans, je suis allé interviewer les Provos d’Amsterdam pour écrire un mémoire de sociologie. J’en suis revenu avec une grande tendresse pour le penseur de Provo, Roel van Duyn, et une grande admiration pour l’un de ses soutiens les plus précieux, le poète Simon Vinkenoog. J’ai beaucoup aimé aussi les grandes écharpes de deux mètres que les étudiants hollandais portaient repliées en deux pour former une sorte de nœud coulant et qui remplaçaient un manteau en hiver. De retour, j’ai demandé à ma mère de m’en tricoter une semblable.

    Provo – Wikipédia :

    Le mouvement Provo est un groupe contestataire ayant « animé » la vie politico-sociale des Pays-Bas dans les années 1965-1970 : se revendiquant écologique, ses actions sont souvent humoristiques.

      1. Roel van Duyn découvre aujourd’hui à quel point sa vie a été influencée par l’attention que lui portaient les services secrets. Qui sait, j’aurai peut-être un jour la même surprise : des changements de cap aussi inattendus, et contraires à ma nature, que mon entrée dans la finance, trouveront alors leur explication ! 😉

        (Avis aux nombreux gouvernements qui projettent de me décorer comme lui : ce que j’ai dit hier dans ma vidéo à propos des anciens combattants de la guerre de 14-18 à qui leurs nombreuses décorations donnaient un petit air comique, c’était juste pour rigoler.)

  12. Monsieur Jorion , très bien cette vidéo . J’aime quand vous etes direct , il temps d’etre net et précis il faut arreter la spéculation qu’elle quelle soit .
    Messieurs les Spéculateurs allez au Casino faire mumuse avec votre monnaie de singe .

  13. Paul,
    Je n’arrive pas à saisir le nom que vous citez, comme auteur de cette phrase: « Pourquoi faut-il que, dans nos pays, l’activité économique soit l’activité subsidiaire d’un grand casino? »
    Merci de nous le donner.

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