L’actualité de la crise : LEUR LOGIQUE ET LA NÔTRE, par François Leclerc

Billet invité

Plus la dette nous submerge, moins l’on sait quoi faire d’elle ! Ce qui devrait inciter à se poser deux questions toutes simples et liées entre elles : pourquoi a-t-elle pris cette ampleur et comment peut-on s’en débarrasser, puisque l’on ne parvient pas à la rembourser ?

Une remarque préliminaire s’impose : dette publique et dette privée sont tellement enchevêtrées qu’elles devraient être prises en compte sans les distinguer. Montrer du doigt la première et escamoter la seconde, c’est désigner une victime sacrificielle, afin de présenter comme inévitable une rigueur budgétaire destinée à restreindre prioritairement les prestations de l’Etat providence et ses domaines d’intervention, ainsi que de pratiquer des réformes structurelles.

Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? Une fois pris en compte l’impact important sur les dépenses que les plans de relance engagés depuis le début de la crise ont représentés, on peut estimer celui des mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. Doit également être ajoutée à la dette sa charge financière, qui croît au fil de son refinancement. Tout ceci soustrait, la vision que l’on peut avoir de la dette en sort changée. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.

Si le montant de la dette est connu, le coût de son remboursement ne l’est pas. Il ne se mesure pas uniquement en termes financiers mais aussi en coût social, une grandeur que l’on n’a pas l’habitude d’intégrer dans le calcul économique. Les plans de rigueur budgétaire qui se multiplient ont en commun de plonger progressivement dans la précarité des pans entiers de la société et d’accentuer sa polarisation. Ils induisent aussi un ralentissement de l’activité économique, qui diminue encore les recettes fiscales de l’Etat. Créant une spirale descendante qui annonce de longues années de récession et d’austérité.

Cette politique peut-elle aboutir ? Rien n’est moins sûr, si l’on considère la profondeur du trou qu’il faut combler et la nécessité de prêter assistance à des Etats qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes, même en multipliant les mesures de rigueur budgétaire. Car leurs besoins financiers cumulés potentiels sont tels que l’Europe ne dispose pas des moyens d’assurer son propre sauvetage. Ce qui la conduit, comme on vient de le constater, à rechercher d’autres soutiens financiers.

Les mécanismes qui sont à l’étude ont un objectif en commun : soustraire des griffes du marché les Etats qui sont tombés dans le trou ainsi que ceux qui pourraient prochainement les y rejoindre. Leur accorder des taux préférentiels pour refinancer leur dette et étaler son remboursement afin d’éviter des défauts atteignant le système financier. Et ne pas renouveler de restructuration de dette. Sans en avoir les moyens, les Etats cherchent à jouer le rôle de prêteurs en dernier ressort, puisque celui-ci n’est plus dévolu que marginalement à leur banque centrale commune. Ne pouvant assumer leur propre risque, vu son ampleur, ils cherchent donc à le faire assumer par d’autres.

A ce sujet, José Manuel Barroso et Herman van Rompuy viennent de faire un appel du pied discret aux membres du G20 en leur adressant une lettre commune. « Nous allons mettre en oeuvre ces mesures de manière rigoureuse et en temps utile, et nous sommes certains qu’elles contribueront à une résolution rapide de la crise. Cependant, le fait que nous, Européens, remplissions notre rôle ne suffira pas à assurer une reprise mondiale et une croissance équilibrée. Il demeure nécessaire que l’ensemble des partenaires du G20 agissent de façon conjointe dans un esprit de responsabilité commune et en poursuivant un objectif commun ».

En effet, il s’agit de réunir quelque mille milliards d’euros pour abonder le principal fonds de sauvetage européen, si ce n’est plus, et les premiers contacts pris avec les dirigeants chinois montrent que cela ne va pas être une mince affaire. Tout le monde est donc sollicité pour mettre au pot, FMI compris, ce qui implique l’accord des Américains.

La vérité est triste à dire, et encore plus à admettre, mais la restructuration de la dette grecque, pour laquelle il a fallu s’y reprendre à deux fois, pourrait faire école. Le Portugal est un client sérieux pour en bénéficier et, l’élan pris, pourquoi s’arrêter là ? José Manuel Barroso vient de déclarer que la seconde décote grecque est « unique et exceptionnelle », mais Charles Dallara l’avait déjà affirmé lors de la négociation de la précédente ! Après tout, pourquoi certains pays bénéficieraient-ils d’une remise de peine et d’autres en seraient exclus ?

Il existe donc une autre logique que celle du refinancement hasardeux de la dette, qui a longtemps été niée avant d’être reconnue du bout des doigts. Certes, elle implique de reconstituer les fonds propres des banques au fur et à mesure qu’elle est engagée. Dans le cas de la nouvelle décote grecque, des fonds publics vont déjà devoir être mobilisés pour remettre à flot certaines banques, mais leur emploi va être limité car il pose immédiatement le délicat problème des conditions qui devraient les accompagner. Les banques ne veulent pas en entendre parler et les Etats ne peuvent plus en écarter le principe.

En poursuivant cette logique et en la généralisant, à quoi aboutirait-on ? A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse…

L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire.

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282 réponses à “L’actualité de la crise : LEUR LOGIQUE ET LA NÔTRE, par François Leclerc”

  1. Avatar de Bruno

    Pour essayer de comprendre le phénomène auquel on assiste, j’ai l’impression qu’il vaut mieux avoir une vision dynamique (comme la finance) plutôt que statique (comme la comptabilité), des choses…

    On n’est pas sorti de l’auberge!

    1. Avatar de Bourdon

      Bruno : pas trop compris ?

      Le déficit budgétaire, d’abord se dire que 3% du PIB, c’est quasi 4 fois plus en pourcentage par rapport au budget de la France, en d’autres termes lorsque l’on parle de budget équilibré, lorsque l’on sait qu’actuellement le déficit français représente pas loin du 1/3 du budget français, on peut se dire que revenir à l’équilibre ne sera pas commode … en tous cas tant que l’intérêt de la dette devra être payé, tout et autant que les taux n’augmentent pas …. sacré Triple A

      Ensuite globalement depuis les années 73 où la dette est devenue pour les gouvernant français comme un dogme, on peut dire que la France aura quasi payé l’équivalent du déficit cumulé actuel en intérêt de la dette…

      On pourrait aussi dire, je sais que M Jorion et Leclerc n’aiment pas, que le déficit de la France correspond bon an mal an à la croissance de la France, in fine, la croissance aurait été financée depuis près de 40 ans par le déficit ….ce que l’on retrouve lorsque les économistes du FMI et autres disent que les efforts de réduction des coûts budgétaires sont les ennemis de la croissance .

      Je pourrai encore donner qqes éléments de réponse à qu’est ce que le déficit, mais sans vouloir chercher à être tendancieux, selon ce que je viens d’écrire, où pour clore le sujet de la dette, il faudra où annuler la dette et l’intérêt de la dette, est ce que cet électro choc ne sera pas trop explosif !, ou il faudra conserver le montant de la dette sans la rembourser et sans l’augmenter mais en acceptant d’en payer l’intérêt, 3ème solution, ne plus payer d’intérêt mais rembourser la dette avec le montant économisé de l’intérêt de la dette…

      Toutes les autres solutions et en tous cas pour l’Europe sont illusoires, pour notre malheur, nos économies ne sont pas égalitaires et très sincèrement compte tenu de la compétitivité allemande, des efforts que font tous les autres pays de l’UE, et que ne fait toujours pas la France !, tout concoure pour l’explosion de la zone Euro à plus ou moins brève échéance, la crise de l’Euro n’étant que la traduction des déséquilibres économiques insupportables au sein de la Zone Euro.

      Reste un élément fondamental, au delà de la crise éventuelle du capitalisme et des excès de prélèvements fait par les plus riches, un budget ce sont des dépenses et des recettes, fondamentalement ce sont les recettes qui se sont écroulées, il me semble qu’il faut revenir à la notion de société, en d’autres termes nous avons tous des droits mais aussi des devoirs, le droit c’est ce qu’apporte l’état par les dépenses du budget, le devoir est que chacun doit contribuer selon ses moyens au dépenses et donc participer aux recettes…

      Par les règles fiscales, déductions, exonération, règime fiscal des Sociétés internationales, on est allé contre le devoir de contribution aux dépenses de l’état, la règle d’or doit s’articuler autour de la participation obligatoire de tous selon ses moyens aux dépenses, en d’autres termes il faut trouver une règle simple pour que tous ceux qui interviennent dans le calcul du PIB concoure à 100% de la dépense…

      Bref actuellement notre société évolue vers l’individualisme et le chacun pour soi, je dirai que la crise actuelle est la conséquence de l’absurdité de cette quête de l’individu, la société ne peut fonctionner que par le collectif, le respect du bien commun, ne prendre que ce qui l’arrange, c’est pour simplifier ce qui se passe actuellement, ne peut conduire qu’à la fin de la société…

      Belle parole sans doute, non, traduisons ce  » ce qui l’arrange » en  » ce qui arrange la société et le bien commun  » et aussitôt tout s’éclaire, toute décision contraire au bien commun n’est pas une solution, ce qui se décide au niveau européen est pour l’instant contraire au bien commun, qui est pour l’instant la vie de centaines de millions d’européens et non l’intérêt de quelques dizaines de banquiers…

      1. Avatar de Bruno

        Votre réflexion me donne l’occasion de m’expliquer.

        3% de déficit autorisé par Maastricht, seul – vision comptable -, ne veut rien dire. Comparé – vision financière – au taux de croissance, cela signifie quelque chose: si la croissance est de 3% (je sais, actuellement, ce chiffre fait rêver…), cela indique que l’endettement global n’augmente pas en proportion du PIB.

        De plus un déficit peut ne pas être grave, tout de dépend de ce qu’il en a été fait. S’il a été utilisé à des investissements, où est le problème? Si c’est pour payer des salaires, il y a un problème (paiement à moyen ou long terme terme de charges courantes, dont il ne reste rien l’année suivante, sauf des dettes). Vision financière.

        Sinon, concernant cette loi de 73, je m’interroge moi aussi sur son degré de pertinence…

        Cela n’empêche pas qu’il s’agit d’un élément parmi d’autres: elle n’explique pas tous nos malheurs.

        Cordialement

      2. Avatar de Ando

        La flamboyante compétitivité de l’Allemagne repose également sur l’exploitation de marchés captifs, ceux du club de la zone euro. André GRJEBINE de l’IEP Paris citait sur Libé ce jour une étude du centre de recherche de l’UBS portant sur les conséquences pour l’Allemagne d’une sortie de la zone euro: une baisse du PIB de 20 à 25 % la première année soit entre 6000 et 8000 € par Allemand.

      3. Avatar de Bruno

        J’oubliais: on peut être un « affreux » individualiste, et avoir le sens de l’intérêt commun… Collectiviser les responsabilités individuelles ne me paraît pas sain.

      4. Avatar de Bourdon

        @ Bruno :

        Si les déficits ont commencé en 73, sous Gisard, c’était lié au 1er choc pétrolier, une crise brutale et que bcp considéraient comme provisoire, de 73 nous reste le nucléaire, l’isolation des maisons, le tout électrique, les limitations de vitesse et … le slogan : En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées…

        C’est sous Mitterand que le ministre des finances de l’époque a demandé à ses experts un truc pour présenter aux français le déficit du budget, cette notion de 3% paraissait un langage sérieux et économique, de la même manière on a finit par vous faire accroire qu’il y a comme pour le cholestérol, un bon et un mauvais déficit, un déficit reste un déficit quoique l’on pense, par contre la bonne gestion est de dire lorsque l’on a un bonni on le met de côté pour les mauvaises années, seulement dans l’administration française, les excédents doivent être clos chaque année, c’est comme dans une entreprise…, ou une administration, il faut faire attendre le client et faire mine de travailler, c’est pour montrer qu’on est utile et indispensable, bref tout cela, 3%, 60% du pib pour les dettes, bon et mauvais investissements, c’est de la poudre aux yeux et apparemment cela marche puisque vous y croyez…

        Par contre, dans une entreprise cela peut se concevoir, en effet, provisions et amortissements donnent des marges de manoeuvre de trésorerie, par contre dans le public, le budget ne reflète que la gestion de la trésorerie de l’état, c’est totalement différent.

        Quant à la croissance, là aussi on peut jouer et les gouvernements ne s’en privent pas, que vaut au niveau du PIB, le changement d’une règle imposant par exemple de changer tous les compteurs électriques EDF, cela va créer 10.000 emplois dit-on, par contre plus de relevés de compteur et donc éco de personnel, cela apparaitra en croissance dans le PIB, bravo, oui sauf qu’à l’arrivée on aura tjs le même nombre de compteur électrique en France, en d’autres termes on n’aura pas augmenter la richesse du pays, mais le PIB l’aura été un petit peu…..

        L’augmentation du PIB doit refléter la croissance de la richesse d’un pays et ce me semble le compte n’y est pas depuis pas mal de temps ….

        Quant à l’Allemagne, je dirai seulement que la France est désormais le 3ème exportateur européen de produits agricoles, derrière les Pays Bas et l’Allemagne, je ne sais dans quel ordre, les éleveurs bretons de porc, les producteurs laitiers en savent quelques choses, depuis aout de cette année les voitures françaises ne représentent plus la majorité des voitures vendues en France, suffit de regarder les marques du groupe VW omniprésentent .

        Je déplore la situation actuelle, juste que désormais la main d’oeuvre française coûte plus cher que celle de l’Allemagne, que nous ne pouvons dévaluer pour rétablir la compétitivité de nos entreprises, bref que si tout reste en l’état nous continuerons chaque année à acheter de plus en plus allemand et Chinois, au delà de la crise actuelle financière se situe l’autre partie de l’enjeu actuel, même si une solution est trouvée, je crains que cela soit un marché de dupe pour nous, les allemands n’accepteront jamais de redonner leur excédent commercial pour absorber les pertes qui apparaitront sur la dette obligataire des autres pays liés à l’Euro..

        Quant à la Grèce, ce sont les banques grecques qui seront les plus touchées avec la BCE qui a mangé des obligations à 80% de leur valeur alors qu’elles n’en valent plus que 50%.

        C’est donc la grèce qui devra reprendre ses banques en quasi faillite, ce faisant l’argent qu’ils n’auront plus à rembourser sur leur dette, ils devront le mettre pour recapitaliser leurs banques, bref quoiqu’on dise la Grèce ce n’est pas terminé…

        A quand notre tour, c’est juste l’inconnu du moment…

      5. Avatar de fnur

        « En se focalisant exclusivement sur l’inflation moyenne dans la zone euro, la banque centrale a laissé se multiplier les déséquilibres de balances des paiements et les divergences entre les pays européens. »

        http://www.liberation.fr/politiques/01012368802-et-si-l-union-monetaire-europeenne-n-etait-pas-une-si-bonne-idee

      6. Avatar de Bruno

        @Bourdon

        Merci pour votre argumentation.

        Au sujet du PIB, cela fait plus d’une fois que je dis qu’il y a valeur ajoutée et valeur ajoutée: est-il normale par exemple que la masse salariale des fonctionnaires en fasse partie, alors que – pour l’essentiel, le reste étant le déficit payé à crédit… -, elle a déjà été comptée (dans la somme des valeurs ajoutées), sous la forme des impôts et taxes payés pour la financer?

        Quant au déficit: évidemment qu’il est préférable dans l’absolue qu’il n’y en ait pas, mais je dis simplement que c’est comme le cholestérol: il y a un bon (acceptable: s’il aide à la création de vraie valeur ajoutée, sous forme d’investissement – ponts, routes … je ne parle pas de l’inflation de ronds-points dont l’utilité est bien souvent « discutable »! -, quand c’est de toute évidence de la responsabilité de l’Etat) déficit, et un mauvais déficit: celui qui sert à simplement payer les fins de mois difficiles…

        Certes, l’individualisme n’est pas un absolu: mais le collectivisme noyant les responsabilités individuelles des uns ou des autres dans la gestion du bien commun, ne devrait pas l’être non plus.

        Certes, la question existe quant à la répartition des richesses. Mais celle consistant à optimiser le cadre en vue d’aider à la CREATION de richesse (de la vraie valeur ajoutée), aussi. Jusqu’à nouvel ordre, l’Allemagne l’a compris. Et c’est de la pleine responsabilité de l’Etat.

      7. Avatar de Boson

        Exact: le choc pétrolier réponse à la guerre du Kippour (et les pertes immenses de territoire ) où même l’Arabie saoudite faisait partie de la coalition .

      8. Avatar de Bruno

        J’oubliais: que l’Etat optimise « le terreau », dans lequel oeuvrent les entreprises, en vue d’une prospérité générale, me paraît une bonne chose. A condition qu’il n’y ait pas « trahison » du côté de ces dernières (caricature: 15% de rentabilité nette, transferts systèmatiques « aux îles Caïman », pots de vins aux politiques, économie parallèle…).

        Si ces méthodes se généralisent: pas de pitié.

        Comme vous voyez: la nuit porte conseil!

      9. Avatar de VALEREI

        Merci de lancer le sujet de ce fameux « 73 »…on lit tellement de choses…en même temps c’est une date tabou.
        Je suis citoyenne, ayant profité du système d’éducation, mais avec du recul, je me rends bien compte qu’aucune notion d’économie et donc de socio économie ne nous est inculquée. Et pourtant, je vis dans une société dessinée par l’économie !
        Alors, je me suis mise à en étudier les rouages de qui est abordé sur ce blog.
        Et voilà mes questions :
        En 73, il se dit sur le net, que nous « battions monnaie » et que Pompidou a décidé qu’il donnerait ce droit à des banquiers privés…et la dette commença.
        S’agit-il à cette époque d’un « complot » visant à mettre en place un système dirigé par les banquiers ? Si nous ne dépendions pas de banques privées aujourd’hui, que serait-il arrivé ? Aurions nous une dette ? Les mêmes problèmes ?
        Et si le problème vient en partie de ce qui serait une arnaque, ne suffirait-il pas de « nationnaliser les banques ? Cela laisserait un poignée d’hommes appauvris (les banquiers), mais les peuples plus libres ? Il faudrait que cela soit géré par des institutions honnêtes, mais ça, c’est une autre histoire…
        Donc la première solution est la bonne ? On annule les dettes et on repart sur un système plus equitable ?

        1. Avatar de Julien Alexandre

          Valerei, zéro complot et les banques privées ne « battent » pas monnaie.

      10. Avatar de Moi

        @VALEREI: il y a bien complot (affirmation gratuite moi aussi) et c’est la banque centrale qui crée la monnaie. Ce qui a été décidé en 73, c’est que l’Etat ne pourrait plus se fournir auprès de la banque centrale, c’est-à-dire perdrait son droit régalien de battre monnaie. Par conséquent, il doit depuis payer des intérêts aux banques privées pour se financer. Ces dernières par contre elles peuvent avoir l’argent « gratuitement » ou presque auprès de la banque centrale, c’est-à-dire qu’elles obtiennent l’argent contre du papier qui vaut en ce moment pas grand chose (des reconnaissances de dettes insolvables).

        Et oui, la seule solution à laquelle on arrivera tôt ou tard d’une manière ou d’une autre est le défaut des dettes. Tout le monde le sait, mais plus c’est tard et mieux c’est pour les créanciers (au risque de casser la machine).

      11. Avatar de fujisan

        @ Bruno

        Au sujet du PIB, cela fait plus d’une fois que je dis qu’il y a valeur ajoutée et valeur ajoutée: est-il normale par exemple que la masse salariale des fonctionnaires en fasse partie, alors que – pour l’essentiel, le reste étant le déficit payé à crédit… -, elle a déjà été comptée (dans la somme des valeurs ajoutées), sous la forme des impôts et taxes payés pour la financer?

        La critique du PIB n’est pas récente et plus que jamais d’actualité. Mais, vouloir exclure certaines activités comme vous le faites est un choix hautement arbitraire, idéologique. Pour votre gouverne, la comptabilité nationale a été modifiée en 1976 pour adjoindre au PIB les services rendus par les administrations publiques. Auparavant, on les considérait arbitrairement comme improductives (sous entendu «parasitaires»). Si vous remontez dans l’histoire de la pensée économique, des économistes considéraient arbitrairement que tous les services étaient improductifs (parasitaires), que toute la richesse était issue de la production de marchandises produites en vue d’être vendues sur les marchés. Les physiocrates, eux, considéraient arbitrairement que la richesse était uniquement issue de la terre, toutes les autres activités étant considérées comme improductives (parasitaires). Les mots importants ci dessus : « arbitraire », « idéologique »

        la CREATION de richesse (de la vraie valeur ajoutée)

        C’est quoi la richesse ? la « vraie » valeur ajoutée ?

        Pour y répondre, je peux conseiller cette interview de Dominique Méda (et surtout les livres renseignés). Mais à vous lire, je doute que vous soyez ouvert à vous poser des questions sur le PIB, la richesse, la pauvreté…

        Pour ma part, je réfute la vision étroite, arbitraire des économistes, qui pour «sauver» leur «science» considèrent que la richesse n’a d’existence que pour autant qu’elle soit marchande, ou même «quantifiable». Arbitraire, arbitraire, est-ce que j’ai une tête d’arbitraire ? 😉

      12. Avatar de vigneron

        Allons bon ! Après la banque Rotschild, v’là t’y pas la banque Lazard maint’nant… Faut vite prévenir Matthieu Pigasse, Blond Bear ! On comprend mieux pourquoi notre « banquier punk » de gauche a arrangé le rachat de Libé par Rotschild, huh ? Et pourquoi il aide Rue 89 et Mediapart, ou vient de noyauter le Monde avec Niel et Bergé ! Pour garder le secret de la banque Lazard au frais, bon sang mais c’est bien sûr ! Et pi sa danseuse, les Inrocks, ben c’est juste pour arranger la façade, Pardine ! L’inrock de la banque d’affaire ! Tu parles d’une affaire !
        MERCI ! BLOND BEAR ! Grâce à vous la vérité éclate au grand jour ! Halleluïa !

        Ah, au fait, y’a pas qu’les banquiers qui se sont enrichis depuis 1973…
        Patrimoine moyen d’un ménage français 1972 : 12 500 euros (76 000 Francs)…
        Patrimoine moyen des mêmes en 2011 : 350 000 euros soit 2,3 millions de FF (la moitié des ménages au-dessous du patrimoine médian de 100 000 euros, la moitié au-dessus, plus de 10 000 milliards au total).
        Dans,le même temps, la dette des APU est passée de quelques dizaines de milliards d’euros à 1600 milliards et de 25 % du pib à plus de 80 %…
        Cherchez l’erreur…

      13. Avatar de Ours Blond

        @vigneron
        Ça c’est de l’argumentation en béton ! Au delà de l’ironie (un peu lourdingue), voyons donc vos contre-arguments.
        Je n’ai aucun goût pour les batailles de chiffres, mais d’après Jacques Marseille (« L’argent des Français : les chiffres et les mythes »), le patrimoine MOYEN est plutôt de 147 000€.
        Ce qui, compte tenu de l’inflation d’environ 536% depuis 1972 (12500€ de 1972 donnent 80000€ en 2011; chercher « calculateur d’inflation ») donne à peine un doublement MOYEN du patrimoine.
        Dans le même temps, le PIB, en euros constants, est passé de 250 milliards d’euros à 2000 milliards.
        N’étant pas un spécialiste (j’insiste !), je laisse à votre sagacité ironique les conclusions.
        De toute manière, le problème n’est pas le patrimoine des ménages. Fort heureusement, contrairement à leur état, les Français épargnent, eux. Ils savent bien qu’on ne peut dépenser plus que ce que l’on gagne.
        Mais l’état-cigale ayant chanté à crédit pendant les quarante dernières années, il va falloir faire passer les fourmis à la caisse.
        Tout rapport avec la frénésie de taxes actuelle n’est évidemment pas fortuite.

      14. Avatar de vigneron

        Effectivement, Teddy Bear, les chiffres ne semblent pas être votre truc… En tout cas pour arriver à écrire ça :

        Dans le même temps, le PIB, en euros constants, est passé de 250 milliards d’euros à 2000 milliards.

        … là, chapeau ! Ces chiffres de Pib sont des chiffres en valeur nominale, des PIB en volume et non en valeur réelle corrigés de l’inflation entre 72 et 2010, en euros courants donc. De plus les 250 milliards d’euros de 72 ne correspondent à rien, le PIB était cette année là de 154 milliards d’euros, qui correspondraient en euros constant valeur 2010 à 913 milliards, avec votre calculteur d’inflation de decembre 72 à décembre 2010 pour une inflation totale sur la période de 497 %.
        Bref la croissance réelle a été de l’ordre de 120 % sur les 38 années.
        Sur le patrimoine moyen des ménages, désolé pour feu Marseille, mais il était de 76 000 francs soit 12 500 euros en 1972, soit un patrimoine total de 12 500 × 17 millions de ménages = 212 milliards d’euros valeur 1972″ soit en euros constants 2010, calculé avec votre calculateur d’inflation = 1257 milliards d’euros. Idem pour le patrimoine (brut) par ménage de 1972 en euros constants 2010 = 74 000 euros par ménages. Rappelons que les ménages de 1972 comptaient en moyenne 3 membres contre seulement 2,4 en 2010…
        Et donc fin 2010 le patrimoine brut de ces ménages français comptant en moyenne 2,4 membres et d’un nombre total de 27 millions est selon toutes les sources autorisées de près de 11 000 milliards d’euros, dont un tiers de valeurs financières et deux tiers de valeurs immobilières.
        11 000 milliards : 27 millions de ménages = 407 000 euros.
        Je résume :
        1972 : 74 000 euros par ménages en euros constants valeur 2010, soit moins de 25 000 euros par tête de pipe en bois.
        2010 : 407 000 euros par ménage, soit près de 170 000 euros par tête de pipe en écume de mer.
        C’est par un facteur 5,5 que la richesse patrimoniale moyenne nette de l’inflation des ménages a été multipliée en moins de quarante ans, à peine plus d’une génération… Et ne me parlez pas de l’endettement corrélé, vous enlevez tout au plus 10 % sur le brut et c’est marre… Et si cette multiplication digne des noces de Cana avait été équitablement, solidairement et très chrétiennement répartie, bon, allez, soit, mais bon….
        Et l’endettement de l’État pendant ce même temps ? 25 % du PIB en 1972, soit 38 milliards d’euros courants, 225 en euros constants 2010; contre 80 % du PIB en 2010, soit 1600 milliards. Plus de sept fois plus.
        Et Monsieur Nounours blond n’y voit nulle malice, juste un État taxateur, dépensier et inconséquent face à des ménages accablés d’impôts mais courageux et prévoyants…
        Je vous confirme qu’on va prochainement y plonger les pognes dans ces poches là, la crise dût-elle les amaigrir de moitié ou des trois-quarts, il en restera assez, dans les vôtres entre autres…

      15. Avatar de Ours Blond

        Effectivement, Teddy Bear, les chiffres ne semblent pas être votre truc…

        J’ai mis Euros constants alors que j’aurais du mettre Euros courants. Mea culpa..
        Essayez ici: http://france-inflation.com/evolution_pib_france.php
        Le petit graphique appelé « évolution du PIB en Euros courants »…
        Avec les valeurs, les variations, et tout plein de chiffres comme vous les aimez…..

        11 000 milliards…27 millions de ménages…407 000 euros…74 000 euros …25 000 euros… etc…

        Bataille de chiffres. Au moins , je cite mes sources (Jacques Marseille + tableau ci-dessus). On peut discuter si vous voulez de la crédibilité des sources. Mais nous risquons l’argumentum ad auditores

        J’ai quand même une question: Quel est le but de comparer le déficit de l’état (indiscutable) et un enrichissement des ménages (dont je maintiens que l’ampleur exacte reste à discuter, sans parler de la répartition, de la distinction entre épargne mobilisable et patrimoine immobilier,etc…) ?
        Le fait que, selon vous, certains ménages puissent épargner est-il une excuse pour l’Etat pour s’endetter auprès de banques privées ?

    2. Avatar de Ours Blond

      Je ne suis pas un spécialiste, mais j’aimerais défendre une vision « comptable » du budget:
      Le mot clé dans cette affaire est DEFICIT.
      * Quelque soit les éléments du calcul (amortissements, etc..), aucune entreprise ne peut garder durablement un budget déficitaire sans spolier ses actionnaires.
      * Aucun bateau mal calfaté ne peut naviguer longtemps s’il embarque plus d’eau qu’il n’en évacue.
      etc,etc….
      Pourquoi diable depuis 1973 l’état s’obstine t-il à présenter des budgets en déficit ?
      Bourdon parle du choc pétrolier, mais j’ai une autre explication, plus logique: c’est parce que, en 1973, le déficit de la France est devenu une source de PROFIT pour les banque PRIVEES.
      Or, bizarrement, la personne à l’origine de cette loi est un ancien fondé de pouvoir de la Banque Lazare.
      Comme on dit dans les romans policiers: vous avez le mobile et les moyens.
      Si vous cherchez un peu, vous verrez que nombre de politiques sont d’anciens employés des grandes banques. Rien qu’aujourd’hui,j’ai lu que le président du courtier MF global (en failitte) est un ancien gouverneur du New-Jersey et ancien dirigeant de Goldman-Sach.

      1. Avatar de Tigue

        @ Ours Blond

        Pourquoi cette banque là ?
        Il y en a plein d’ autres.
        Paul a montré la collusion sur les bancs de l’ école liberale d’ une oligarchie fidèle à une fausse science économique inspirée par des théoriciens tels que Friedman et Von hayek.
        C’ est cette fausse science qu’ il faut déconstruire de façon ordonnée pour notre bien à tous.
        Les banquiers ont une grande responsabilité, tous. Mais comme indiqué plus haut, les ménages, nous, avons la notre.
        Que voulez vous dire ?

      2. Avatar de Ours Blond

        Désolé, c’était une erreur de ma part. Pompidou était employé chez Rothschild, pas chez Lazard…
        Et je maintiens que, contrairement à leur état, les ménages Français épargnent.
        Le problème est, comme dans toute fraude pyramidale, que le moment pour l’état de payer la facture arrive, et que, vu que les poches des Français ne sont pas vides, cela risque de mal se passer.
        Personnellement, je ne sens absolument pas solidaire ou responsable de la situation actuelle; j’ai été chef d’entreprise, j’ai signé des chèques de salaires, payés mes impôts et taxes plein pot, et je n’ai jamais voté pour les marionnettes au pouvoir.

  2. Avatar de kertugal

    Paragraphe 8 => José Manuel Durão Barroso au lieu de José Luis Barroso

    1. Avatar de Julien Alexandre

      Voyez, à la force de son charisme et de son omni-absence, il a même réussi à faire oublier son nom.

      1. Avatar de Bulbab

        Il semble que ce soit bien José Manuel Durão Barroso selon http://pt.wikipedia.org/wiki/Dur%C3%A3o_Barroso

        1. Avatar de François Leclerc

          C’est effectivement son nom, mais en arrivant à Bruxelles il a fait grâce de Durão aux journalistes ! Il y a depuis collectionné les surnoms. Au Portugal, c’était cherne (la perche, le poisson), pour son aptitude à ouvrir la bouche pour ne rien dire…

  3. Avatar de Perco

    Quelques chiffres en complément, de l’excellent blog d’Olivier Berruyer (juillet 2011): http://www.les-crises.fr/peur/

    1. Avatar de Another One Bites The Dust

      Dans le domaine de la peur :
      http://www.bloomberg.com/news/2011-10-31/mf-global-finance-files-for-bankruptcy-protection-in-new-york.html
      Avec le SIPC que je ne connaissait pas (il assure certains actifs jusque 500 000 $ soit beaucoup mieux que les économies du quidam).

  4. Avatar de avec

    Un monde infini qui a des ressources limité.

    Fascisme vs revolution, je choisi le deuxieme dans le calme et la responsabiliter.

    1. Avatar de jpm

      -r+é
      quitte à construire le monde de demain autant le faire en écrivant correctement. Navré c’est sur vous que ça tombe mais il y a des jours où ça me sort par les yeux….

      1. Avatar de avec qwerty

        +s +s +è

        voyait au moins toutes les fautes.

      2. Avatar de Deuki Smoktils

        Puttin, vou pourié fer les for d’équerir an françé !

      3. Avatar de xas

        Navré, navrée, navrés, navrées, méfiance avec les limites de la supériorité par le langage, navré par le fascisme où par la révolution, that’s the question.
        Dialectique n’est pas raison.

      4. Avatar de béber le cancre

        Pinailleurs du monde entier , unissez vous , ici et maintenant !
        Parce que dans le monde de demain, vu la tendance , nul besoin d’écrire …

        http://www.francaisfacile.com/cours_francais/ca-ou-cela

    2. Avatar de Alphonse

      Le monde n’est pas infini, il est fini (sans jeu de mots).

      Le monde est fini, mais ses limites nous semble infini à notre échelle, or génération après génération on le grignote petit à petit. Il faut juste en prendre conscience, c’est peut être ce qui arrive….

      1. Avatar de de rien

        Personnifiez-vous dans le costume d’un opérateur de marché ( de votre choix ), un monde infini et le b.a.-ba .

    3. Avatar de Charles A.

      Justement, l’Etat des résistances en cours,
      à la veille du Gvain de Nice, avec zoom sur Espagne, Italie, Grèce:
      http://www.npa2009.org/content/%C3%A0-nice-face-au-g20%E2%80%89

      1. Avatar de Marc Agone

        Sur la question de la dette, à noter (et signer!) cet appel pour un audit citoyen : http://www.audit-citoyen.org/

        Bien à tous,
        MA

  5. Avatar de yoananda

    D’ou vient le déséquilibre budgétaire ?
    le pic pétrolier onshore.
    Le reste étant la conséquence : effet de ruissellement qui disparaît, mauvaise répartition des gains de productivité, plus de pouvoir au capital (puisque le travail perds de sa valeur face aux capital « robotique »).
    Les niches fiscales pour retrouver une pseudo croissance (a crédit) et donc l’explosion des dettes in fine, qui s’accélère depuis le pic pétrolier offshore conventionnel.
    Reste plus que le pic pétrolier non conventionnel pour que finalement « on » finisse par enfin comprendre ce qui se passe depuis plus de 30 ans ????

    1. Avatar de vigneron

      le pic pétrolier onshore

      Eh oui bien sûr; quoique, y’a aussi l’hypothèse du pic épeiche, sans oublier la menace du pic à glace et moins encore le danger lancinant et ricanant du pic vert..

    2. Avatar de daniel

      Pétrole ?
      NON ! trop simple. Retournez la lorgnette : le champ de vision est vaste ; le pic pétrolier y est toujours avec bien d’autres causes. Zoomez sur Chicago , par exemple.

    3. Avatar de baric

      Bonjour Yoananda,
      Certains aussi sur le blog du Monde oilman prétendent que la crise financière commencée en 2007 est uniquement due au prix élevé du pétrole et que tout ce « baratin » financier n’est qu’un enrobage. Je ne partage pas cette opinion. Comme le dit François, la dette s’explique aussi sans pétrole:

      – fonds dépensés par les états pour amortir la la chute de l’économie en 2008
      – charge financière du service de la dette en hausse
      – allégement fiscaux aux plus riches qui ont séchés les finances de l’Etat; en France ceci a commencé en 2002, et on parle de 70 milliards par an de dépense* fiscale supplémentaires depuis cette époque
      – une grosse partie de la dette est a mettre en relation avec les actifs de l’état; beaucoup d’investissement de l’Etat sont utiles.

      Que l’économie souffre avec une croissance en berne, cela a surement rapport avec le prix élevé du pétrole, mais la dette de l’état n’est pas une variable inversement proportionnelle à la santé de l’économie, enfin je pense.

      *je ne suis pas fiscaliste, mais certaines niches fiscales, par un petit tour de magie comptable, ne sont plus considérée comme des niches, mais passent dans la catégorie dépense fiscale

      1. Avatar de Kercoz

        Que l ‘ outil économique pete le premier parce qu’il est fragile et defectueux …bien sur ,mais faut il , pour autant accuser un fusible et le remplacer par un calibre superieur , qd il y a un court circuit ?

      2. Avatar de hakim

        Ben le principe des dettes c’est quand même aussi de penser que l’on va pouvoir les rembourser, et pour cela ça finit par reposer sur produits et services ayant besoin d’énergie …
        L’endettement actuel est le reflet du mythe de la croissance indéfinie, mythe qui s’arrête en grande partie aujourd’hui du fait du pic actuel de production de pétrole. Donc oui déplacer les dettes ne changera pas grand chose dans tous les cas.

      3. Avatar de baric

        Je ne dis pas que la problématique énergétique n’existe pas; c’est je pense le plus grand défi à relever. Il nous faut impérativement décarboner et dénucléariser nos économies, passer au tout renouvelable et aux économies d’énergies. Mais le point sur lequel je souhaitais insister est que la cause première de l’augmentation de nos dettes publiques a tout à voir avec un changement des processus de redistribution/répartition des richesses. Le peakoil, c’est 2007, la croissance immodérée de la dette, les années 80.

      4. Avatar de kercoz

        @Baric .
        Le P.O. ce n’est pas « 2007 » , c’est de 3 à 6% /an de baisse de production énergétique depuis 2007 …ce qui change tout .

      5. Avatar de baric

        Kercoz,

        Le P.O. ce n’est pas « 2007” , c’est de 3 à 6% /an de baisse de production énergétique depuis 2007

        Pourriez vous, s’il vous plait, donner un lien montrant la baisse de production de pétrole; cette baisse, si elle existe, est-elle liée à une baisse de la demande ou à une incapacité de produire plus?
        Par ailleurs, quand on parle de pic pétrolier, il convient de bien différencier pétrole conventionnel ou pas. Intégrez-vous ces différences? Vous parlez aussi de « production énergétique » ce qui est nettement différent de production de pétrole.

      6. Avatar de hakim

        @baric, en fait ne pas oublier que le pic US c’est 70/71, et avec Reagan après c’est justement là qu’à démarré la fuite en avant des dettes publiques aux US (qui étaient auparavant le premier producteur).
        Le problème étant qu’à ce que je sache, on n’a pas vraiment d’idée sur la manière dont un système financier (et social et politique) pourrait fonctionner dans un environnement en décroissance, c’est aussi ça la vraie question.
        Note : il ne s’agit pas non plus de tout ramener au pétrole, mais clairement beaucoup plus important, et le pic de sa production en particulier, que la place infime que cela occupe dans les médias par rapport à cette « crise ».
        De fait on est même plus capable d’appeler un chat un chat.

    4. Avatar de jducac

      @ yoananda 30 octobre 2011 à 22:54

      Reste plus que le pic pétrolier non conventionnel pour que finalement « on » finisse par enfin comprendre ce qui se passe depuis plus de 30 ans ????

      Bonjour et bravo !

      Vous avez tout compris. Là où les gens ne voient que par la consommation pour alimenter la croissance il faut au contraire s’engager dans une période de jeûne énergétique pour investir d’urgence dans des moyens nouveaux de production d’énergies nouvelles. Si toutefois ça n’est pas un peu tard.

      Mais il vaut mieux tard que jamais, ne serait-ce que pour vivre le crash dans la dignité.

      1. Avatar de El JEm

        tiens, pour une fois, je suis d’accord avec vous !
        🙂

      2. Avatar de J.Gorban

        tout à fait jducac

        salauds de pauvres, arrêtez de consommer du pétrole pour que la jet-set continue à cramer le kérosène dans ses jets privés par exemple

        je suis pour la décroissance dans l ‘ EGALITE ; la décroissance version féodalité, ça sera sans moi.

        que les possédants et leurs larbins de journaleus, politicards et économistes commencent par réduire considérablement leur consommation énergétique ; que les larbins de politicards ne m’obligent pas à choisir entre bosser à 1 heure de route ou le chomage

        bref que les possédants et leurs larbins montrent l’exemple :après on en rediscute.

    5. Avatar de Ludowan

      Pour les causes de la crise depuis 40 ans, je vois aussi, de mon côté:
      1) Prix du pétrole
      2) Fin des colonies et de leur exploitation à cout zéro.
      –> Maintenant on exploite encore mais on doit quand même payer un peu.
      –> On doit gérer la surpopulation que nous avons crée dans nos anciennes colonies.
      –> Coût des réfugiés, de l’immigration.
      –> Dépenses militaires…
      3) Changement radical de mentalité dans nos jeunes populations (comparer les conditions de travail d’un jeune diplômé d’aujourd’hui et celles de son grand-père).
      –> Ils veulent tout, tout de suite et sans rien faire (ou presque).
      4) Effondrement du mythe communiste et du formidable contrepoids qu’il imposait à nos dirigeants.
      –> Les Bleus ont gagné, les Rouges n’ont plus qu’à s’aligner.
      –> Les Rouges de nos contrées occidentales se sont lentement laissés aller à une décoloration massive virant vers le rose, le violet puis finalement le bleu encore plus bleu que les vrais Bleus.
      5) Enfin, et c’est peut-être la clé de tout: la fin des idéaux. Sentiment généralisé de lassitude parmi la population (« On n’y croit plus… »), hommes et femmes politiques de plus en plus impuissants et décrédibilisés. On sait tous que ça ne va comme cela devrait mais on fait avec, on en a marre. On suit le mouvement mais on n’agit plus. Quelques idéalistes gauches-caviar tentent encore quelques coups d’éclat (les fameux Indignés…) mais, comme je l’ai déjà dit, les assiettes sont toujours pleines, le GSM et Internet fonctionnent encore et la nouvelle TV à écran ultra-plat permet tous les soirs de mettre ses capacités cognitives en mode stand-by. En attendant qu’un jour, peut-être, quelqu’un ferme le robinet et pousse les gens à se réveiller…

      1. Avatar de Marlowe

        à Ludowan,

        Si je comprends bien, ce que vous voulez dire c’est que l’humain commence à se fatiguer de la marchandise au moment ou la valeur d’échange dirige l’usage, ou pour le dire autrement quand le prix – à payer – ne correspond plus qu’à des usages et des plaisirs falsifiés.

      2. Avatar de vigneron

        a nouvelle TV à écran ultra-plat permet tous les soirs de mettre ses capacités cognitives en mode stand-by.

        Félicitations, inspecteur Ludo. Voilà peut-être la seule de « vos » hypothèses desquelles il semblerait que vous nous prouviez superbement la pertinence; preuve par l’exemple seulement certes, mais un exemple qui pèse lourd, lourd du poids de la foultitude d’autres qu’il synthétise et illustre : le vôtre.

      3. Avatar de baric

        Ludowan,
        Vous écrivez:

        –> On doit gérer la surpopulation que nous avons crée dans nos anciennes colonies.
        –> Coût des réfugiés, de l’immigration.

        Pas d’accord. Vous passez sous silence le bénéfice que nos entreprises font d’une main d’œuvre bon marché et quasiment corvéable à merci. Sur les chantiers de construction par exemple…
        Quant à une gestion de la surpopulation, mais à quels coûts vous référez-vous?
        Ce serait plutôt le contraire, savez-vous comment se fait l’extraction de l’uranium par Areva au Niger? C’est absolument honteux. On assassine des hommes.

      4. Avatar de xas

        Il y a aussi des espagnols qui préfèrent le travail au noir plutôt que le chômage, le travail au noir est moins dégradant économiquement pour les pays du fier monde.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucio_Urtubia

      5. Avatar de toutouadi

        @Ludowan

        C’est surtout la fin de la reconstruction européenne qui permettait aux capitaux de s’épanouir.
        C’est à dire que les moyens de production ont égalé ou dépassé les besoins et nous ont fait
        entrer dans une économie où c’est l’offre qui fait la demande (société de consommation et théorie Ricardienne)

        Et là !!!! aie !! aie !!! bonne mère…. tous les bienfaits de la réalité capitaliste…

  6. Avatar de Anatine Shan

    La finance c’est juste une comptabilité dont la balance n’est jamais équilibrée. Quand on fait une erreur comptable on la corrige, Dans la finance, on change les règles comptables…

  7. Avatar de Coma81

    Pour la socialisation du secteur bancaire !

    Un signe de plus que la pensée unique est morte, (et que Taddéi en profite comme un petit fou), Frédéric n’a pas refusé pour une fois une invitation à venir débattre sur une chaine de télévision grand public. Ses propos anticapitalistes qui auraient été inaudibles il y peu, semblent aujourd’hui, la pédagogie de la crise aidant, la pure expression dui bon sens. Sur la défensive, l’économiste othodoxe Catherine Lubochinsky avale des couleuvres : décidément, il devient de plus en plus difficile de vouloir confier le secteur bancaire à des intérets privés. Alain Madelin, lui, persiste mais les évidences sont contre lui. Le charme de l’idéologie néolibérale est rompu et elle apparait pour ce qu’elle est : un dogme déconnecté des réalités. Emmanuel Todd, qui traine dans les parages, ne peut s’empêcher de saisir l’occasion pour se payer la tête de notre ancien ministre.

    voir la video : http://tinyurl.com/5scgjjs

    1. Avatar de Marc Peltier

      Merci pour ce lien.
      Le Frédéric dont vous parlez, c’est Frédéric Lordon, ici tout particulièrement impressionnant de clarté. En effet, tous sont contraints de s’inscrire dans sa conceptualisation très convaincante.

      1. Avatar de Coma81

        oups, j’ai oublié de mettre son nom. J’ai raté mon effet. Merci pour la correction

    2. Avatar de toutouadi

      OUAIP!!! Frédéric (Lordon) il déchire un max!!!

      Mais pourquoi, que la socialisation du secteur bancaire? soyons fou!!!!
      Exigeons la sociabilisation de l’économie!!!

  8. Avatar de Vivanco

    7 milliards d’humains sur la planète avec des ressources limitées, de quoi produire une crise déjà avant tout autre problème de dette non ?

    1. Avatar de Klaki

      Bonjour,

      d’qprès la FAO (organisme de l’ONU), les ressources de la terre permettraient de nourrir 12 milliards d’humains.

      Ecoutez cette émission de radio avec Jean Ziegler :

      (Il est le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation (des populations) du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à mars 2008. Depuis 2009, il est vice-président du Comité des droits de l’Homme des Nations unies.)

      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2282

      Cordialement

      1. Avatar de Deuki Smoktils

        « d’qprès la FAO (organisme de l’ONU), les ressources de la terre permettraient de nourrir 12 milliards d’humains »

        Ouais, mais si c’est dans les mêmes conditions que les poules dans les pondoirs industriels, ça fait pas trop envie quand-même !

      2. Avatar de Amsterdamois

        Et avec 12 milliards de criquets humains, y a-t-il encore de la place pour les hippopotames, lions, elephants, les batraciens, les forets tropicales et la biodiversite?

        Reponse : NON!

    2. Avatar de J.Gorban

      propagande des élites qui ne veulent pas partager : Malthusianisme, néo-malthusianisme, ……..
      je vous conseille un article d’un géographe P. Pelletier dans la revue anarchiste Réfraction n° 26

      Malthus , déjà au XIX ème siècle; disait la même chose; en tordant la réalité pour qu’elle rentre dans sa « théorie » ( le fait qu’il était aussi député réactionnaire n’est que pur hasard …………. )

      1. Avatar de Amsterdamois

        Et la Sixieme Grande Extinction de Masse, celle causee par l’homme, vous en faites quoi?
        Les ecosystemes, quantite negligeable?

  9. Avatar de johannes finckh

    tout cela devient bien monotone!
    Le problème est mondial, car lié à la monnaie telle qu’elle est.
    Non, trois fois non, sans restructurations ou même abandon des dettes (et donc d’autant de créances), la dette ne peut que croître, soit privée, soit publique soit les deux à la fois!
    Et sans réforme en faveur d’un SMT, cela continuera selon les même mécanisme aussitôt et sans répit, notamment en ce qui concerne les crises sociales

    1. Avatar de Amsterdamois

      Geachtete herr Finck
      Je comprend votre frustration, et je pense que l’instauration d’une monnaie non-thesaurisable serait chose bonne. Mais il faudra prendre votre mal en patience, car le systeme est sourd, la crevure ne veut pas crever, et l’humanite devra boire le calice jusqu’a la lie. Il faudra malheureusement que tout s’effondre, avant que d’autres modes d’organisation des societes ne voient le jour.

      C’est de l’apocalypse, malheureusement, que naitra la prise de conscience globale. Et sinon? Eh bien, l’humanite, en causant la destruction totale de son biotope, disparaitra.

      D’ailleurs, ἀποκάλυψις signifie revelation…

  10. Avatar de Pablo75

    « Budget 2012: un pas de plus vers l’impasse financière.

    Terra Nova propose trois principes qui devraient gouverner la politique de finances publiques entre 2012 et 2017. »

    http://www.slate.fr/tribune/45707/budget-2012-un-pas-de-plus-vers-l%E2%80%99impasse-financiere

  11. Avatar de Garorock

    @F.Leclerc
    Et vous diriez qu’elle a combien de chance(s) sur dix d’advenir « cette logique »?

    1. Avatar de François Leclerc

      Ce n’est pas ma partie. Pour cela voyez ma copine Rosita Iguana (en Portugais).

      1. Avatar de rositaiguana

        Hélas, il faudra attendre le 10 Decembre pour en savoir plus et le 26 Decembre pourque les recapitalisations commencent à bouger. L´agenda astral de l´Euro pour Novembre ( en français avec Google translation) est déjà on line- http://rositaiguana.wordpress.com/2011/10/27/os-astros-em-novembro-na-crise-do-euro/
        Et si la science-fiction est une des catégorie de ce blog, pourquoi pas en ajouter l ´astrologie?

      2. Avatar de Garorock

        Cela me rassure. Je m’étais dit, peut être qu’a parler sans cesse de sommes astronomiques…

      3. Avatar de ERIX le Belge

        HAHAHAHA ! M’a bien fait rire !!…

      4. Avatar de ERIX le Belge

        Et qu’en penserait de tout cela l’ISDA, l’organe qui gère (de manière obscure) les CDS et décide si une décote acceptée « volontairement » par les banques est un défaut de paiement ou non ??…
        Ils n’ont rien dit sur la Grèce, petite mise finalement. Mais quid si on leur fait le coup à chaque fois et sur des montants autrement conséquents ??? Ils laissent passer, où ils montrent les dents ??

  12. Avatar de Nemo3637

    Le raisonnement de François Leclerc suppose une « logique vertueuse » qui aurait finalement gagnée certains « décideurs ». Il y a beaucoup de « si » dans une démarche qui conduirait le système à sortir de l’ornière. En fait il y en a tellement, qu’en essayant de la concevoir, on en arrive à imaginer un monde à la « Alice aux pays des merveilles »…. qui fait sans doute encore rêver ceux qui ont la « foi du charbonnier » mais qui reste peu réaliste. Un monde, qui, si on ose ouvrir les yeux, a adopté la logique mortifère d’une grosse boule d’acier irrésistible.
    Vous avez vu Alice ?
    Moi j’avais cru distinguer Dracula et le Dr Jekill….

    1. Avatar de François Leclerc

      Décrire des alternatives, c’est aussi ne pas abdiquer !

      1. Avatar de Jean-Luce Morlie

        Et s’il s’agissait pour la classe dominante de jouer et la crise et l’hypocrisie, d’assumer les deux mouvements du scénario, de mettre les Etats à la botte tout en permettant de faire croire qu’ils sont toujours debout et que la légitimité symbolique de la domination capitaliste en demeure assurée. Par une application mesurée de votre second scénario, un bon équilibre ne pourrait-il être trouvé ?

        J’entendais, cet après-midi, sur France culture que le volume annuel de transaction du shadow banking est de 16 000 Milliards de dollars : soit, un ordre de grandeur de ¼ du PIB mondial.

        Cette confortable « masse de manœuvre virtuelle » me renforce dans l’idée que, peut-être , le capitalisme a les moyens de se – séparer en bon ordre – de la « finance glamour » et de se centrer sur un « capitalisme de propriétaire ». Même en période de décroissance, il doit y avoir moyen de prélever des intérêts, des fermages (ce que l’on voudra , pour ne pas devoir travailler soi-même, là, très haut, ils ne sont pas très nombreux à nourrir ). Bien entendu, ce mécanisme « d’automutilation » n’est pas planifié à un niveau supérieur, il est seulement organisé « sur le tas », pas seulement parce que le vent casse la branche morte, mais parce qu’à chaque fois qu’une branche apparaît condamnée de par sa position dans l’ensemble, le système cherche à s’en séparer tout naturellement en l’isolant. À terme, Il ne restera que quelques banques financières et des propriétaires de titres de propriété sur des terres … des usines, des ressources minières, des brevets ; les plus malins ayant converti, à temps, leur reconnaissance de dettes en bel et bon argent, le temps d’arrondir leur pelote de titres de propriété.

        Si ce scénario se réalisait, il demanderait à être conforté par une formidable mise en spectacle ; le capitalisme n’ayant plus d’ennemi, l’intrigue demanderait que la déviance capitaliste assume elle-même le rôle de l’hypocrisis « voyez comme nous luttons contre la part déviante de nous-mêmes ». Avec déjà trente ans de new-âge derrière nous, nous allons nous faire masser de convivialité et de proximité RSA retrouvée. Sérieusement, la capacité des Soviétiques à encaisser la fin de l’URSS et à supporter la misère fut pour moi, lecteur de Zinoviev – éclairante, je ne vois pas comment nous ferions mieux, vraiment; si je suis aveugle ou un peu borné tant mieux !

        Par contre, si dans quelques mois, l’effondrement tire en longueur et s’annonce pour dix ans, alors je pense qu’il faudra agir sur l’organisation légale du travail et l’organisation des réseaux économiques déviants pour tenter de casser leur symbiose en tant que lignes complémentaires de commandement et de protection des citoyens .

      2. Avatar de Marlowe

        à Jean-luce,

        Ton hypothèse est séduisante.

        D’ailleurs qui mieux que celui qui nous a vendu une machine dont il a calculé lui-même la nécessaire obsolescence, peut nous en revendre une autre, bien évidemment plus révolutionnaire ?

      3. Avatar de Jean-Luce Morlie

        Précisément non, l’obsolescence globale du système capitaliste n’est pas calculée, il n’y a que des ajustements locaux sans vue d’ensemble, Marlowe.

        C’est comme la chute des feuilles en automne, chaque feuille se prépare à tomber par une scissure à la base du pétiole. Avec la diminution de la photosynthèse, il y a davantage d’éthylène dans les feuilles, ce qui fait grossir les cellules des feuilles. Ce gonflement des cellules bloque les canaux par laquelle la sève circule ; s’en suit toute une chaine de réaction physicochimique complexe qui fragilisent la structure mécanique du tissu cellulaire et précisément davantage à la base du pétiole par l’effet du point d’application des forces. Cette première fragilisation mécanique renforce l’impact des réactions enzymatique sur la zone fragilisée ; comme il y déjà mois de sève dans l’arbre ce qui reste dans la feuille y est aspirée. Un petit coup de vent et la feuille tombe. L’arbre ne calcule nulle part son hivernage par la mise en place des scissures de déhiscence.

        De même pour le capitalisme ; nul ne dit quelque part « préparons-nous à leur refourguer une nouvelle bécane » lorsque la nôtre aura a un pneu crevé ! Par contre, de l’autre côté; les nomenclatures sociales libérales constatent le pneu crevé, « en voici un de rechange messieurs », et s’il vous plait, veuillez passer davantage dans notre garage nous vous ferons des prix de clients fidèles.

        Tu écrivais ailleurs « Certains masques ne tomberont jamais tout simplement parce que ces masques sont des personnages créés de toute pièce, des rôles » ; c’est précisément le sens de la phrase de Godard « aujourd’hui les salauds sont sincères », Le spectacle classique était à taille humaine, il montrait l’acteur sous le masque, le jeu de la personae- le nom même du masque- y était apparent , la division entre l’action de la pièce la crisis et – l’hypocrisis – la pièce qui se joue sous la pièce est claire et perçue par tous. Depuis, la symbiose des mises en scène Hollywoodiennes diffuse de l’american way of life et des mises en scène centralisée nazies, bolchéviques , maoistes, nous a fait perdre le sens de la mesure dans la nécessaire part de triche que constitue la vie sociale (idéalement limitée à un sixième- l’onaa ( Atlan).

        Selon J-LGodard, Michelet racontait que les membres du comité de salut public, après avoir décidé des têtes à couper, sombraient, à chaque fois, dans un horrible désespoir, se jetaient dans les bras l’un de l’autre en pleurant horriblement ; ce temps est fini, nous sommes entiers et décidés, cette fois.

      4. Avatar de Kercoz

        @Jean luce morlie.
        //// comme il y déjà mois de sève dans l’arbre ce qui reste dans la feuille y est aspirée. Un petit coup de vent et la feuille tombe. ////
        Superbe démo ….les feuilles ne tombent pas c’est l’arbre qui les larguent (Comme les radicelles d’ailleurs ). C’est pourquoi , qd on voit un arbre au loin qui a une seule branche feuillue , on peut affirmer qu’ellea été brisée l’été …..C’est pourquoi aussi je dis ds les jardins de BRF (ou je me permettrai de recopier votre texte) qu’il faut broyer les feuilles l’été car les nutriments y sont encore et qu’on perd les brindilles terminales a vouloir les éliminer .
        Pour l’ obsolescence non pas du capitalisme , mais de la civilisation , je pense qu’elle est déterminée par le fait d ‘annuler le facteur temps ds les communications ….L’ Ubiquité ne figure pas en option dans nos systèmes !
        Pour le cas d’un effondrement lent …tout a fait d’accord …effet de collage sur le modèle ancien et du kaki partout.

      5. Avatar de Marlowe

        à Jean-Luce,

        Oui, c’est simple.

        Qui pour le faire ?

        Par ailleurs, le capitalisme n’est pas une machine, mais un ensemble de machines médiatisé par des images.

      6. Avatar de Nemo3637

        En réponse à F L.
        C’est vrai. Mais, pour ma part, je conçois l’Alternative comme quelque chose de plus radical et non des rustines. Mais je ne crois pas non plus que vous cherchiez à mettre des emplatres sur des jambes de bois. J’apprécie beaucoup tout ce que vous écrivez même si l’on finit toujours par se trouver des désaccords….

    2. Avatar de roma

      Autre alternative, par Anselm Jappe, Théoricien de la valeur et spécialiste de l’oeuvre de Guy Debord, qui a notamment écrit Les Aventures de la marchandise (Denoël, 2003)
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/31/l-argent-est-il-devenu-obsolete_1596430_3232.html#xtor=RSS-3208

      Zik;
      Andy Stott – Dark Details [Modern Love]
      http://www.youtube.com/watch?v=4r2AXalsphY&feature=BFa&list=PL61FF52C62D9E36E3&lf=results_video&index=13

      1. Avatar de Marlowe

        Dans une lettre de Guy Debord à Jaime Semprun, datée du 4 mai 1986, à propos des sept péchés capitaux :

         » l’avarice n’a plus aucune base, puisque la propriété tend à se consacrer dans l’Etat, qui dilapide par principe. La véritable propriété individuelle, accessible à si peu de gens, est fort rongée par le contrôle tatillon et le droit d’intervention de mille autorités collectives ou corporatistes. Le salarié ne peut même plus thésauriser un peu de pauvre monnaie, à valeur toujours changeante, fictive, fluide comme l’eau. Cette monnaie même s’éloigne dans une abstraction toujours plus reculée, simple monétique, jeu de comptabilités qui se feront sans lui. Et s’il pense accumuler quelques objets plus précieux que ce qu’offre quotidienneemnt le marché, le voleur les emporte. »

        Commentaires fermés.

      2. Avatar de kertugal

        @roma

        Merci pour la piste de lecture. « Crédit à Mort » du même Anselm Jappe est également digne d’intérêt.

  13. Avatar de Homere

    « En effet, il s’agit de réunir quelque mille milliards d’euros pour abonder le principal fonds de sauvetage européen »
    Mais enfin, l’info à ce propos n’est vraiment pas claire : s’agit-il d’un fonds de dépôt ou d’un fond de garanti ?
    Jusqu’à présent ont parlait du « mécanisme de stabilisation financière européen » qui disposait d’un fond de GARANTI permettant de lever quelques 400 milliards.

    Un article faisant le point la-dessus serait le bienvenu… parce que là on ne sait plus de quoi on parle…

      1. Avatar de Homere

        non, sans blague, quelques explications seraient bienvenues, parce qu’entre poser sur la table 1000 milliards et se porter caution d’un emprunt de mille milliards, c’est pas pareil. Et à quelques mois des élections, ça n’a pas la même portée politique…
        en tout cas, je réitère ma demande, un billet explicatif serait judicieux 🙂

    1. Avatar de rodj

      faut pas s’inquiéter, c’est cadeau ( si c’est bien ça que vous évoquez )

      http://fr.news.yahoo.com/le-soutien-chinois-%C3%A0-leurope-est-sans-contrepartie-075635644.html

  14. Avatar de la taupe rouge 04

    Y a-t-il une fin à une agonie ?
    La période conduit inéluctablement à la radicalisation des alternatives, rester dans le cadre du capitalisme ou sortir de ce cadre. Il apparaît de plus en plus évident qu’il n’y a pas de solution intermédiaire.
    Nous avons évité d’extrême justesse, le collapsus total du système financier international, aux conséquences effrayantes. Nous avons constaté l’incapacité des Etats à mettre en place la plus modeste décision de nature à limiter même de façon mineure le pouvoir absolu de la finance pour éviter la prochaine catastrophe.
    Face à ces constats, il faut la foi du charbonnier pour croire encore, à ce stade de dégénérescence du capitalisme totalitaire, qu’il existe une place pour un Etat en charge du « bien commun ».
    Nous subissons plutôt un pouvoir absolu des « banquiers » formant avec le personnel politique à son service une ploutocratie, une oligarchie.
    Aussi, imaginer qu’un de ces Etats national ruine une méga banque internationale est une pure chimère.
    La puissance de nuisance de cette oligarchie est établie. Aucun parti institutionnel candidat au pouvoir en Europe ne propose de sortir du cadre de ce système. L’effort qu’il s’agira de mettre en œuvre pour la contraindre ne pourra que s’appuyer sur une mobilisation populaire de grande ampleur, entraînant dans sa construction les meilleurs pans et la majorité de la société, détruisant les formes de consentement au système, déjouant tous ses pièges. Parler de cette construction c’est devoir parler des formes d’organisations, comités coordonnés, mouvement, réseau, c’est finalement une forme « parti » qui surgit …
    Cela ne dit encore rien du degré de violence que cette oligarchie peut opposer à la remise en cause de ces privilèges. L’histoire nous l’a assez montré.
    On peut tourner autour du pot, faire preuve d’imagination créative conceptuelle, mais on nomme ce type d’insurrection contre un désordre établi une révolution.
    Car quand on ne peut pas re-financer la dette des capitalistes, il ne reste plus qu’à l’annuler, et en gérer les conséquences, elles sont bien sûr antinomiques au capitalisme. Donc « dégager » les capitalistes » !
    La dette accumulée est trop importante pour être résorbée dans le cadre de leur économie réelle, encore moins avec leur « croissance » forcément en panne, le capitalisme n’ «enrichit» pas miraculeusement éternellement !
    Le moment est venu de constater que le système capitaliste tout entier est sans doute arrivé au bout de sa logique, avec des banques sans capitaux, sans réserves, de la monnaie imaginaire, sans valeur, des prêts sans garanties, des investissements sans épargne, des emprunteurs insolvables, conséquence de l’aboutissement d’un siècle de financiarisation inflationniste du système économique tout entier pour le plus grand profit exclusif de quelques banquiers fortunés, avec le soutien indéfectible de toute la « social »- démocratie » internationale et de ses fidèles alliés.

    Sortir du cadre mis en place par les capitalistes avec les social-démocraties et de leurs alliés !
    Rien n’est possible sans s’attaquer aux contraintes structurelles qui forment le cadre de ce capitalisme là, cette forme finale de dégénérescence du capitalisme dans sa phase historique de néo-libéralisme intégriste. Le véritable clivage entre la droite et la gauche se mesure à cette volonté claire de sortir de ce « cadre », ce cadre possède trois côtés, ce sont ses axes fondamentaux qui conditionnent son fonctionnement. Ils « font système », aucun ne doit échapper à une remise en cause radicale. L’objectif vital de la vraie gauche est de briser ce cadre :

    – Le régime dérégulée du commerce international tel qu’il est conduit par le TCE, l’OMC, le FMI, la banque mondiale et toutes les institutions supra-nationales dédiées à cet usage : Permettre la liberté des échanges inégaux, la liberté totale d’investissement direct, la liberté de circulation des capitaux, le pillage des ressources naturelles et les délocalisations.
    – La dérégulation financière, le pouvoir absolu des institutions financières supra-nationales pour gérer l’économie et le pouvoir absolu de l’actionnariat dans la gestion des entreprises qui aboutissent à une concentration indécente du capital au détriment des revenus du travail. Ces conditions sont indispensables pour retrouver un état de souveraineté économique, base de tout réel changement durable.
    – Le modèle politique qui a permis et organisé la domination absolue des politiques économiques nationales, à la merci des « investisseurs », des agences de notation et des « marché » financiers à grand coup de « règles d’or » au service de la « ploutocratie ». Ces conditions sont indispensables pour retrouver avec d’autres peuples un état de souveraineté économique et politique.
    Nous pouvons appeler et résumer cette politique avec Lordon : Démondialisation, c’est ce concept qui met en mouvement les peuples du monde entier, indignés ou révoltés.
    L’accord implicite et inavouable de la « fausse gauche » social-démocrate, c’est de rester dans ce cadre avec des courants centristes aussi bien à l’intérieur des « PS » Européens qu’à l’extérieur.
    Fort de ce positionnement de gestion raisonnable de la crise, il leur suffira de proposer des accords électoraux, débouchant sur des postes et des financements politiques pour convaincre ceux qui sont avec eux dans le « cadre » et aussi ceux qui sont au bord du cadre d’y rentrer avec eux pour un « gouvernement d’union quelque chose », pour sauver la nation, la France, l’Euro, l’Europe, et le capitalisme.

    Nos propositions, nos tâches, que faire ?
    Quelques mots, simplement car un autre texte serait nécessaire
    La réalité de la crise systémique du capitalisme impose des mesures adaptées.
    – Pour commencer, saisir les banques en état de faillite virtuelle, sans indemnités ni rachat en auditant leurs dettes. Faire rembourser leur passif en remontant les transferts d’argent illégitimes et abusifs jusque dans le patrimoine des actionnaires.
    – Contrôler le « crédit en mettant en place un système bancaire décentralisé, un crédit socialisé, largement autonome, vraiment mutualisé, établi comme un bien commun au service des entités publics ou privés sous contrôle populaire s’appuyant sur des spécialistes de la banque.
    – Imposer aux sociétés demandant un accès aux financements publics une transformation radicale du rapport salarial aux profits des salariés, une gestion des entreprises conçues comme des collectifs de production démocratiques remettant en cause, avec les salariés et les consommateurs la direction de type féodale des entreprises par les représentants des actionnaires-rentiers. C’est ainsi que la production des biens et des services s’effectuera au bénéfice des populations, en respectant les contraintes environnementales en posant le problème du contenu de la « croissance », en se dégageant des contraintes financières.

    1. Avatar de bern ike

      tres beau texte !!en résumé c est le programme partagé du front de gauche : « l’humain d’abord  » que vous decrivez !!!!

    2. Avatar de Marlowe

      Je ne sais pas s’il faudra un mouvement de grande ampleur, mais il faudra que ce mouvement soit radical.

    3. Avatar de Jean-Luce Morlie

      Bon,

      1 prendre le pouvoir
      2 puis, prendre les banques
      3 puis, se servir des banques pour prendre le pouvoir sur les entreprises
      4 puis, transformer les entreprises en collectifs de productions autogérés.

      Au fond, c’est simple.

      1. Avatar de gruau

        Aargh voilà qui me rappelle le gauchisme infantile des pré-soixante-huitards…

      2. Avatar de J.Gorban

        1 prendre le pouvoir ……………

        aie ça commence mal

      3. Avatar de Marlowe

        à Jean-Luce,

        1. Détruire tout pouvoir séparé.
        2. Fermer définitivement les banques et mettre fin à toutes les formes d’accumulation.
        3. Définir les besoins non falsifiés.
        4. Produire pour satisfaire ces besoins non falsifiés selon le double principe :
        – à chacun selon ses besoins
        – de chacun selon ses talents.

      4. Avatar de Jean-Luce Morlie

        @Grau, @Gorban @Marlowe

        Mon intention était de prendre « taupe rouge 04 » à contre-pied, de faire la synthèse de ses propositions , lesquelles effectivement, commençaient par une « phraséologie sur gramophone »

        La réalité de la crise systémique du capitalisme impose des mesures adaptées.

        Par la suite, j’ai repris les glissements successifs du pouvoir selon la taupe.

        Marlowe, tu t’étonnes qu’il n’y ait personne pour le faire, alors que tu ne sais même pas reconnaître « tes ennemis ». Si tu veux participer au changement avec les indignés, il faudra, je crois bien,changer de disque, très cordialement, Jean-Luce.

      5. Avatar de RV

        simple comme un bulletin de vote.

        exemple « historique » récent : le « non » au traité constitutionnel.

        donné perdant par tous les commentateurs « autorisés »

        rdv aux présidentielles . . .

  15. Avatar de Homere

    autre chose: puisque les états empruntent aux banques privées à des taux supérieurs a ceux que la BCE offre à ces mêmes banques privées, une directive européenne exceptionnelle ne pourrait-elles pas obliger démocratiquement à une révision de ces contrats en ramenant ces taux d’intérêts à ceux de la BCE pour une période de 5 ou 10 ans ? Ce qui changerait la donne dans les remboursements de principal / service de la dette et en réduirait considérablement le montant global… Vu la situation présente, ça me semblerait être une mesure de salubrité publique.

    1. Avatar de Philippev

      L’idée c’est que les banques ajoutent au taux de la BCE un suplément pour se couvrir du risque de défault des état et aussi pour couvrir leurs frais de fonctionnement plus leurs profits ( dividendes et Bonus). Malheureusement soit ces % suplémentaires ont été mal calculée (trop faibles par rapport au risque) soit mal aloué : en bonus et bénéfice a la place de réserve ( recapitalisation).
      Le fait est qu’une fois distribués, les salaires bonus et dividendes sont aquis à leur bénéficiaires qui paient par ailleurs normalement un précompte sur ces revenus.
      Les banques devraient en fait servir de fusible pour la banque centrale . Si la BCE imprime de l’argent et le donne au gouvernements a faible taux, en cas de défaillance, c’est la BCE saute donc l’euro qui dévisse.
      Le probléme du capitalisme est simple. Pour permettre de payer des intérets sans devoir vendre une partie de ce que le capital emprunté permis d’acheter ou construire, il faut de la croissance. Il faut que ce quelque chose crée de la richesse permetant de justifier une augmentation de la masse monétaire qui permet de payer les intérets.
      Si on n’a pas de création de richesse (reele ou bulle spéculative) on ne peut pas créer de la monnaie sans la dévaluer et le seul moyen de servir la dette est de vendre pour obtenir de la monnaie.
      Le probléme que l’on rencontre aussi c’est la lutte pour l’epargne disponible, les USA continuent de devoir financer leurs énorme déficit. Les capitaux disponibles recherchent surtout la sécurité et une zone avec risques de défault ou inflation c’est risqué. Le fond européen c’est rassurer les investisseurs, leur dire que tout les travailleurs de la zome euro sueront sang et eau pour pouvoir payer les impôts nécéssaires au remboursement.
      Ce qui est ammusant c’est que les investisseurs via les fonds de pensions sont aussi les parents de ceux qui sueront pour payer . Je pense qu’un des éléments déstabilisateurs vient de la dénatalité. Le capital est au mains de la génération sortante via les pensions par capitalisation et pour que celà fonctionne il faut que la génération momtante moins nombreuse travaille plus dur et paye un maximum pour leurs ainnés.
      L’argent ne représente rien de réel ce n’est qu’un vecteur de puissance.
      Le probléme est identique pour les pensions par répartitions, si le nombre de pensionnés augmente par rapport au nombre d’actifs, il faut augmenter les cotisations des actifs.
      En gros la jeune génération paira un max d’impôts pour un minimum de service afin de payer les retraites par capitalisation et un max de charge sociales pour payer les retraites par répartition.
      En plus la démocracie dans une poppulation viellisante cautionnera ce fonctionnement, les électeurs votent en général selon leurs intérêts.
      Si on voit les choses sous cet aspect pyramide des ages on se dit qu’une mondialisation à du bon car mondialement la pyramide des ages reste plus stable. Mais il faudrait une fiscalité mondiale et une sécu mondiale….

    2. Avatar de wildleech

      Cet interventionnisme est contraire à l’esprit libéral qui a présidé à la naissance de l’ue et anime toujours son aristocratie.

    3. Avatar de RV

      autant autoriser la BCE à prêter aux Etats et interdire le terrain de jeux au marché, ce serait plus radical, non ?

  16. Avatar de Noviant

    François,
    Vous observez avec justesse que les déficits budgétaires sont la règle générale et que le privé est autant endetté que les états. On pourrait ajouter qu’il n’y a que trois manières de traiter ces dettes:
    1. Payer, payer, payer… Mais nous sommes au bout de cette solution.
    2. Imprimer, et l’histoire est remplie d’exemple de réduction de la dette par l’inflation rendue, par nature incontrôlable.
    3 Répudier ou faire défaut sur toutes ces dettes. Forcément un défaut global, puisque notre monde est globalisé.

    Et puis quoi… Et puis on repart comme à chaque fin cycle de dette, pour un autre, comme si l’humanité de 21 siècle n’était pas capable de trouver une alternative à son système monétaire structurellement inadapté. Un système centralisé qui favorise la concentration des capitaux, et la concentration des pouvoirs. L’affaiblissement des démocraties n’est qu’un symptôme, comme la radicalisation du capitalisme. Ce dernier serait en fait l’ombre de ce système monétaire et son allié, prêt à Tout pour le défendre et le maintenir en l’état.

    Le Bancor n’y fera rien, ni toute autre solution maintenant le système monétaire tel quel.

    Je pense depuis longtemps que ce que nous croyons être le fond du problème n’est en fait qu’un symptôme. Les dettes, l’affaiblissement des politiques et de la démocratie, la destruction de notre planète, la globalisation, les paradis fiscaux, la croissance à tout prix, et tous les autres maux ne sont que les conséquences des défauts de notre système monétaire universel.

    Il est troublant d’observer qu’il n’a pas changé fondamentalement depuis depuis sa création, qu’il est global, et que seul des initiatives hyper locales font l’exemple d’alternatives.

    Quelles sont les caractéristiques principales de ce système:
    – Centralisé (sous le contrôle d’une minorité)
    – Instable – N’existe qu’avec une croissance ayant une dérivée première et seconde positive (croissant et exponentiel)

    En technologie, biologie, ou informatique, un tel système n’est pas viable, et pourtant il s’est imposé à nous et nous nous y accrochons !

    Pourquoi ?

    Il n’y aura pas de solution sans trouver d’alternative à ce système. Et il est possible d’imaginer ce que seraient les caractéristiques d’un tel système :

    – Décentralisé
    – Stable

    Qu’en pensez-vous ?

    Bien à Vous,
    Noviant

    1. Avatar de François Leclerc

      Le déséquilibre principal est à trouver dans les inégalités de répartition de la richesse, la dette permettant d’y suppléer relativement jusqu’au jour où…

      1. Avatar de Noviant

        Justement, s’il y a déséquilibre c’est que la monnaie est créée centralement, puis distribuée selon une longue chaine. Les plus proches du centre sont largement avantagés et rapidement, accumulent et captent les richesses qui vont manquer au plus grand nombre.

        Un système monétaire ou la monnaie est distribué d’abord dans la poche du peuple avant d’arriver dans les comptes des banques et dans le coffre du Trésor, serait stable et plus juste. Simplifierait la distribution de la monnaie, là ou elle manque aujourd’hui, et protègerait le plus grand nombre des effets de la concentration monétaire et de ses effets sur le pouvoir et la politique.

        Les banques ne gèreraient que des dépôts (avec 100% de réserve) et des placements qui seuls pourraient être prêtés. Les États prélèveraient par un impôt proportionnel le moyen de leurs politiques. La concentration de richesse, les phases de croissance et contraction de la masse monétaire ne seraient plus que de l’histoire, et l’inflation ne menacerait plus les travailleurs/citoyens. L’endettement de tous, tout le temps, ne serait plus nécessaire.

        Cette distribution (tel le crédit social) serait géré par un organisme publique indépendant. Une forme de coopérative nationale (ou Européenne) ou chaque citoyen aurait une voix. Le manque de monnaie pour les citoyens ou les états serait adressé par l’augmentation de ce crédit distribué, comme l’inflation (devenue indolore) serait adressé par la réduction globale de ce crédit.

        Les effets d’un tel système serait bien plus important que l’on peut l’imaginer. Plus besoin de croissance infinie, plus de concentration de richesse (bien plus difficile à réaliser) et bien moins de concentration de pouvoir. Une monnaie qui rendrait les gens libres, responsables et concernés. Bref, une monnaie pour une société coopérative libre.

        Les déséquilibre actuels ne sont pas du fait d’abus, mais du fait du système centralisé qui favorise et crée les abus en même temps qu’il concentre la richesse et le pouvoir.

        Ne cherchons-nous pas des solutions ?

      2. Avatar de rodj

        la dette permettant d’y suppléer relativement jusqu’au jour où…

        [mode pinailleur]
        la dette permettant l’illusion d’avoir de l’argent pour ceux qui n’en on pas tout en renforçant le déséquilibre.
        [/mode pinailleur]

  17. Avatar de idle

    « Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse… »
    Bigre quelle jonglerie!
    Un vrai cirque!…Chers petits soyez heureux le spectacle commence et on ne rit pas jaune SVP.

  18. Avatar de Eomenos

    Les punitions collectives sont toujours injustes pour ne pas dire iniques.

    Exiger des sacrifices de toutes les populations européennes à l’exception des financiers c’est la fausse solution que les banquiers aidés de leurs obligés politiques tentent d’imposer/

    La solution pour résoudre une crise de crédit est TOUJOURS la même, cela consiste à plonger la main dans la poche la plus profonde, généralement la plus garnie.

    La plupart des pays d’Europe sont en situation de faillite, les dénégations des politiques et des financiers bailleurs de fonds ne changerons rien à l’affaire.

    Dans une faillite classique, le curateur non seulement fait des propositions de répartition de l’actif
    mais surtout met tout en oeuvre pour récupérer un maximum de fonds. C’est ainsi notamment que les créanciers qui ont au-délà du raisonnable permis au failli de continuer à présenter un
    (faux) semblant de crédit sont pénalisés; non seulement ils ne récupèrent pas leur créance mais de plus ils sont invités à indemniser ceux qu’ils ont par leur attitude amenés à traiter avec le failli.

    La solution à la crise est très simple, seule manque cruellement une volonté politique.

    Gageons qu’il faudra comme jadis en passer par le « la bourse ou la vie » pour faire rendre gorge aux profiteurs. A noter que historiquement une solution plus radicale encore fut déjà mise en oeuvre : La bourse et la vie.

    Reste que cela ne résoud pas durablement le problème de la confiscation concentrationnaire des richesses. Comme le fait judicieusement observer Paul JORION, il conviendra de changer de paradigme , à défaut le cycle des confiscation-crise-expropriation risque de se perpétuer, à l’infini…

  19. Avatar de JJJ

    « Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse… L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire. » Pas exactement : l’argent disparaîtrait bien de l’endroit où il est supposé superflu (les gros actionnaires). Mais aussi de là où il est utile : le pékin moyen, dont les petites économies comportent une large part de créances (souveraines et autres), qu’il en soit ou non conscient. C’est bien là le gros écueil de la (nécessaire) liquidation de la dette : un gros brasier de richesses qui n’épargne personne. Et frappe donc plus durement les moins opulents. Quand viendra la liquidation, il n’y aura pas de « juste transfert »…

    1. Avatar de bahut02

      Je ne vois pas bien en quoi l’épargne en obligations souveraines grecques (qu’elle soit du « pékin moyen » ou de Mme Bettencourt) est utile en quoi que ce soit. Personne n’oblige personne à investir son épargne dans la grande pyramide de Ponzi des dettes souveraines. Et je n’ai aucun problème moral à spolier les épargnants, même les moins gros, si ça peut éviter de ponctionner ceux qui ont encore moins (diminution des transferts sociaux, augmentation de la TVA…) pour les rembourser coûte que coûte!

      1. Avatar de jducac

        @ bahut02 31 octobre 2011 à 09:17

        Personne n’oblige personne à investir son épargne dans la grande pyramide de Ponzi des dettes souveraines.

        A mon avis, ceux qui ont épargné ne sont pas à condamner, bien au contraire, surtout qu’avec des emprunts de leur Etat ou d’un de ceux de la communauté européenne, ils avaient le sentiment d’aider leurs communautés. Ils auraient pu dépenser leurs ressources au fur et à mesure en s’offrant une belle vie. Par exemple, en voyages lointains ce qui aurait appauvri leur pays bien plus vite et le placerait dans une situation bien plus critique.

        Heureusement que ces gens là, qui ne sont pas tous de grands capitalistes, ont eu le réflexe capitaliste qui, d’une manière générale, prévoit de constituer des réserves avec deux objectifs principaux :
        -la couverture de risques inconnus mais toujours possibles, que les jeunes générations, trop longtemps protégées, ont perdu de vue (chômage, mauvaises récoltes, maladies, guerres, etc…)
        – l’investissement, en prévision des besoins futurs. Pratiquement, il n’y a pas eu en France de grands programmes de lancés depuis ceux qui avaient été préparés ou initiés par De Gaulle.

        Depuis 30 à 40 ans les gouvernements se sont contentés de se laisser vivre en reportant à plus tard les efforts à fournir pour prendre le relais. Parce qu’ils craignaient de ne pas être élus ou réélus.
        Cette fois, nous allons pouvoir faire un choix qui devrait éliminer les plus démagogues et favoriser les plus courageux.

        1. Avatar de Julien Alexandre

          @ jducac

          A mon avis, ceux qui ont épargné ne sont pas à condamner, bien au contraire, surtout qu’avec des emprunts de leur Etat ou d’un de ceux de la communauté européenne, ils avaient le sentiment d’aider leurs communautés.

          Dans le petit monde enchanté peut-être… Dans la vraie vie, ce qui financent les emprunts d’Etat le font parce que ça leur rapporte du pognon, point barre. Et de l’autre côté, ils demandent des baisses d’impôts pour être sûrs que l’Etat sera toujours obligé d’emprunter, l’appauvrissant de fait. Beau « sentiment d’aider leurs communautés ». Mais vous parliez peut-être uniquement de la communauté des « capitalistes » ? CQFD

          Ils auraient pu dépenser leurs ressources au fur et à mesure en s’offrant une belle vie. Par exemple, en voyages lointains ce qui aurait appauvri leur pays bien plus vite et le placerait dans une situation bien plus critique.

          Bis repetita : dans le petit monde enchanté, peut-être… Ils sont partis en voyages lointains (d’ailleurs pour la France, 66 % des créanciers sont déjà en voyage lointain puisqu’ils sont étrangers). Vous avez peut-être entendu parler du versement d’intérêt en contrepartie du financement de la dette ? Et vous croyez qu’ils font quoi avec ces intérêts, qu’ils rachètent de la dette illico presto pour « aider leur communauté » et ne surtout pas représenter un coût supplémentaire qui appauvrit l’Etat ?

          D’accord sur le reste, mais on bute toujours sur l’essentiel, votre incapacité à appréhender la prédation du capitalisme.

      2. Avatar de Moi

        @Jducac: « surtout qu’avec des emprunts de leur Etat ou d’un de ceux de la communauté européenne, ils avaient le sentiment d’aider leurs communautés »

        Vos réponses ont toujours un sens exquis de l’ironie mais là votre art atteint des sommets inégalables.

      3. Avatar de jducac

        @ Julien Alexandre 31 octobre 2011 à 11:46

        votre incapacité à appréhender la prédation du capitalisme.

        Bonjour Cher Julien Alexandre,

        Vous êtes persuadé que je suis incapable de comprendre ce que vous, vous avez compris. Et bien, je pourrais en dire autant, et nous serions en opposition stérile jusqu’à la fin des temps.

        Nos échanges n’auraient contribué qu’à consommer inutilement de l’énergie sur le réseau du net, et plus prosaïquement sur chacune de nos alimentations en argent, (nos comptes en banque) puisqu’avec elles nous nous procurons pratiquement tout ce dont nous avons besoin pour vivre.

        Mais, pour tenter de faire cesser ce gaspillage, je vais essayer de nous faire dépasser conjointement le point de blocage sur lequel nous achoppons et qui nous empêche de nous comprendre. Je pars de ce que je crois être votre raisonnement.

        Quand, avec mon esprit précautionneux, j’ai eu le souci du futur, je me suis appliqué à ne pas consommer l’intégralité de mon revenu, j’ai épargné (évité) une consommation, j’ai donc à mon niveau, évité d’épuiser la planète. Je pense que c’est indéniable. Si vous n’êtes pas d’accord à ce stade, il vous appartient de me démontrer mon erreur.

        Quand, pour éviter de voir se déprécier cette épargne (que je n’ai pas volée et qui n’est qu’un jeûne volontaire de consommation) je la mets à disposition de ceux qui en ont besoin dans un emprunt d’Etat, moyennant un intérêt très faible (2% au dessus de l’inflation), c’est là qu’on me dit: vous allez vous enrichir en faisant payer des intérêts à la collectivité nationale, ça n’est pas moral.

        Alors je m’interroge. Je me dis que si mon pays ne vit pas au-dessus de ses moyens et qu’il est géré par des politiques responsables assistés de fonctionnaires spécialisés, tout aussi responsables, c’est-à-dire soucieux du destin de la communauté nationale, qui leur a confié son destin, s’il emprunte, c’est pour investir et s’il investit rationnellement, c’est normal, que j’aie une petite part des revenus de cet investissement judicieux. Ne faut-il pas récompenser ceux qui font un effort aujourd’hui pour mieux assurer les jours futurs de la communauté demain ?

        Quand vous me dites qu’il s’agit d’une prédation capitaliste que je suis incapable d’appréhender, je m’interroge. Je finis par voir que ce que j’ai fait n’est rien d’autre que ce que font des centaines de millions de personnes, qui y consacrent en moyenne 50% de leurs revenus, dans la République Populaire de Chine, placée sous le contrôle continu depuis 60 ans, d’un parti communiste. Ces personnes ont pourtant un niveau de vie nettement inférieur au nôtre.

        Je me dis alors, que ça n’est pas plus une « prédation du capitalisme » que du communisme, puisque les chinois communistes font de même, à titre individuel et collectif.

        Je crois tout simplement que le processus consistant à économiser les ressources pour les capitaliser, et mieux affronter le futur, est un processus naturel.

        Je le dis depuis longtemps et malheureusement, beaucoup refusent de le voir. Ce processus, est le prix à payer dans le présent par tous les hommes désireux de vivre en harmonie avec leur conscience. Cela impose, pour vivre heureux et responsable, de comprendre l’impérative nécessité de commencer à se remettre en cause personnellement en faisant un effort sur soi, avant d’imputer ses malheurs aux autres.

        Bien cordialement.

      4. Avatar de jducac

        @ Moi 31 octobre 2011 à 11:50

        Vos réponses ont toujours un sens exquis de l’ironie mais là votre art atteint des sommets inégalables.

        Bonjour Moi ! Il y a longtemps que nous n’avions pas échangé.

        Méfiez-vous avec l’ironie de haut niveau. Ça peut aller jusqu’à faire rire très fortement, jusqu’à déclencher un rire jaune, un rire au goût amer. Quand il arrive, c’est en général trop tard pour corriger le tir.

        Bien cordialement.

    2. Avatar de François Leclerc

      Il est possible de protéger les détenteurs d’assurance-vie, par exemple, en procédant à des échanges de titres préférentiels les prémunissant de toute décote.

      1. Avatar de bahut02

        Si ces titres sont in fine garantis sur des fonds publics, ça continue de me gêner. Quand les pertes seront effectivement facturées à des personnes physiques – et elles le seront -, choisir d’indemniser certains épargnants au détriment des autres reviendra à lever l’équivalent en impôt. Soit en prélevant d’autant ceux qui auront été indemnisés, ce qui reviendra à ne pas les indemniser, soit en prélevant ceux qui ne l’auront pas été (qui perdraient donc deux fois?). On peut aussi socialiser une fois de plus les pertes en prélevant tout le monde, au détriment cette fois de ceux qui n’ont pas d’épargne et qui seront les grands perdants.
        Comprenez moi bien, je n’aurais aucun plaisir à annoncer à mes parents que leurs économies ont disparu mais je ne vois pas comment on pourrait y échapper dans le cadre actuel.

  20. Avatar de bertrand

    Dette US 10000 milliards de $ , dette des 17 pays sous € = 25000 milliards d’€.
    Un FESF à 400 Milliards d’€ est une vaste plaisanterie.
    Quant aux chinois avec leurs 3000 milliards c’est une goute d’eau en rapport de leur population.
    Soyez bien certains que la contagion comme ils disent va se répandre , elle n’a même pas besoin de se répandre , elle existe , le virus est là il suffit de le dire.

    1. Avatar de jducac

      @ bertrand 31 octobre 2011 à 07:56
      Où avez-vous trouvé ces 25000€ ? Etes-vous payé par les US ?
      Regardez plutôt à cette adresse :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_des_%C3%89tats_de_la_zone_euro

    2. Avatar de rototo

      non seulement vos 25000 millairds sont bidons, mais la dette US consultable par tous n’est pas de 10000 milliards mais est sur le point de dépasser les 15000 milliards.
      http://www.usdebtclock.org/

  21. Avatar de Bruno

    Entendu sur France-C « Une Europe stable est dans l’intérêt du Japon. », concernant intervention du Japon pour faire baisser le Yen.

  22. Avatar de Cyberpipas

    M Leclerc merci, il est toujours bon de rappeler et de dénoncer la lecture orientée qu’ont nos hiérarques de la situation de la dette, c’est à dire du pouvoir temporel de l’argent, c’est à dire de leur volonté inavouable de permettre la conservation du pouvoir et des mécanismes d’appropriation par les primo-possédants.

    D’autre part, la propriété a pris au cours du dernier siècle, des tournants dont il devient urgent d’évaluer les conséquences sur la justice, sur les libertés, sur la transparence, etc. A-t-on droit à une propriété « anonyme », telle qu’elle existe au travers du secret bancaire et des paradis fiscaux ? Les conséquences sur la dette, sur l’atrophie des services sociaux étatiques sont elles aussi trop nombreuses. Propriété ou vol, légitimée ou pas, l’appropriation a tendance à se sophistiquer pour éviter un rapport de force trop frontal avec les dépossédés. Ainsi la responsabilité devant la dette des usuriers et des primo-possédants se dilue-t-elle dans l’anonymat des chiffres de comptes en Suisse ou autres paradis fiscaux, et notre incapacité stratégique à retourner le rapport de force en notre faveur, à rebondir sur une victoire majeure comme celle de Denis Robert, par exemple, encourage définitivement nos hiérarques à pousser la manoeuvre de la rigueur et de la réforme structurelle encore plus loin, c’est à dire à maintenir leur feuille de route, ce bon vieux consensus de Washington qui les ferait conclure comme vous L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire; le hic portant sur le terme nécessaire.

  23. Avatar de Ando

    « Si le montant de la dette est connu, le coût de son remboursement ne l’est pas. Il ne se mesure pas uniquement en termes financiers mais aussi en coût social, une grandeur que l’on n’a pas l’habitude d’intégrer dans le calcul économique ». Le déficit des Etats concernés a certes pour origine une politique fiscale biaisée. Mais elle a aussi pour cause un accord tacite de la collectivité afin de financer par de la dette (comme autrefois l’inflation dans les années 70) le maintien d’un certain niveau de vie dans un contexte de concurrence mondiale marqué par la surenchère au moins disant social. Le coût social a bien été intégré dés l’origine dans la détermination du besoin (merci à la démocratie de ce point de vue là). Qu’il y ait eu, au moins depuis les années 90, un transfert massif de richesse via la fiscalité (effet transversal) en faveur des plus riches ne veut pas dire que le gâteau de la richesse nationale,l’assiette, n’ait pas diminué de manière relative (Sapir avait a peu près chiffré cet aspect-là), le cumul au fil des ans de ce défaut de création de richesse ayant été comblé par de la dette supplémentaire (il y a bien croissance du PIB tous les ans mais de ce fait chaque fois en dessous de son potentiel). Il serait intéressant d’évaluer ce qui revient à l’une et à l’autre cause.

    1. Avatar de bahut02

      elle a aussi pour cause un accord tacite de la collectivité afin de financer par de la dette (comme autrefois l’inflation dans les années 70) le maintien d’un certain niveau de vie dans un contexte de concurrence mondiale marqué par la surenchère au moins disant social

      Je trouve votre remarque très intéressante mais je tique un peu sur l’ »accord tacite ».
      Le contexte de « concurrence mondiale marqué par la surenchère du moins disant social » résulte également d’une politique active qui n’avait rien d’inéluctable. Si on considère que notre développement s’est fait par des mesures qu’on qualifierait aujourd’hui de protectionnistes, y compris « notre » politique coloniale, rien ne nous obligeait à les abandonner pour entrer en concurrence avec des pays qui n’en demandaient pas tant et qui, de leur côté n’ont renoncé à rien de tel.
      Je n’ai pas le souvenir qu’un quelconque parti politique en France se soit fait élire sur un tel programme depuis le début des années 80. Et les rares fois où de telles mesures ont été soumises à l’approbation populaire (je pense à la construction européenne), la question mise en avant n’était pas celle-ci.

  24. Avatar de morvandiaux

    Vidéo – Les solutions à la crise de la dette
    Myriam Bourgy – CADTM
    http://www.cadtm.org/Video-Les-solutions-a-la-crise-de

  25. Avatar de Renard

    En poursuivant cette logique et en la généralisant, à quoi aboutirait-on ? A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse…
    L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire.

    Enfin, nous y voilà. Harcelé par la meute de vos lecteurs, vous avez enfin lâché le morceau : une solution radicalement simple.
    N’ayant en banque que des dettes, je m’y rallie, corps et âme et glande pinéale.

    De toute façon un État ne peut survivre, sauf à piller des territoires extérieurs, que par une suite régulière de spoliations. La première que je repère en France est le rattachement au fisc royal, par Pépin le bref, de la moitié des terres des abbayes. Il faudrait faire une liste des suivantes.

  26. Avatar de Patriste

    Pour le déficit de l’état français, la droite actuellement au pouvoir en attribue principalement la cause au trop grand nombre de fonctionnaires et cette vision semble un peu limitée :

    Publication du département Recherche Economique de Natixis sur le rapport efficacité/coût des états

    Si on regarde attentivement les graphiques 1 et 2 on constate rapidement que l’état français est coûteux par rapport à son efficacité, mais que le nombre de fonctionnaires n’est responsable que de grosso modo un tiers de cette ‘inefficacité’ relative à la moyenne des états étudiés.

    D’où proviennent les deux autres tiers ? Mystère…

  27. Avatar de Sam Suffit

    L’information a été publiée par Jim Willie, qui la tenait de l’une de ses sources, un banquier allemand, qui s’est révélé extrêmement fiable ces dernières années. Information confirmée par Zerohedge, dans la traduction d’un article de Der Spiegel on line:

    « Germany’s Federal Constitutional Court on Friday expressed doubts about the legality of a new panel of lawmakers set up by the German parliament to reach quick decisions on the release of funds from the euro bailout mechanism, the European Financial Stability Facility (EFSF). The court issued a temporary injunction banning the nine-person committee in the Bundestag from taking any decisions on the deployment by EFSF of German taxpayer money. »
    Pouvez vous confirmer ou infirmer cette info trouvée sur le net ?

  28. Avatar de Anatine Shan

    M. Leclerc, si au final la banque utilise les fonds des déposants comme celui des actionnaires, le tout occulté par le jeu des droits et des pouvoirs, n’est ce pas une question qui devrait être du ressort du pénal?

    1. Avatar de Julien Alexandre

      Un des principaux métiers des banques (l’intermédiation bancaire qui consiste à prêter les dépôts) ne constitue évidemment pas une infraction pénale.

      1. Avatar de Anatine Shan

        Une évidence compte tenu des règles du jeu.. mais à bien y réflechir, si l’argent des actionnaires et des déposants sert à spéculer et que la différence au final n’est juste qu’une question d’affectation comptable… qui permettra au final de socialiser les pertes et de privatiser le profit…. Cela devrait être du ressort du penal !

        1. Avatar de Julien Alexandre

          L’argent des actionnaires va dans les fonds propres. Les banques ne spéculent pas avec les fonds propres.

      2. Avatar de Anatine Shan

        Et les fonds propres permettent de spéculer 😉

  29. […] Où l'on lit François Leclerc esquisser des pistes de solution ? […]

  30. Avatar de Polo

    « A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse… »

    Bref, de nationaliser l’ensemble du secteur bancaire pour le fonctionnement de l’économie et la gestion des dépôts et en parallèle, de mettre à genoux tous ceux qui portent aujourd’hui notre dette publique, épargnants particuliers compris bien évidemment.
    Bon, pourquoi pas.
    Une question cependant : comme vous ruinez, avec les actionnaires des bad banks, tous nos créanciers, à travers la prise en compte à valeur de marché, cad in fine la perte, d’une décote, qui dans ces conditions va se propulser bien au delà des montants actuels, ou allez-vous trouver des capitaux frais pour financer des déficits primaires, qui eux aussi exploseront, compte tenu de la dépression économique monstrueuse qu’engendrera cette situation ?

    1. Avatar de Polo

      Alors on les finance comment ces déficits primaires ?

      Mais peut être ne peut-on plus les financer, car il n’y a plus de créanciers, plus d’investisseurs et que donc tout s’arrête.
      Mais alors, comment fait-on dans ces conditions pour financer le social ?

      Plus de social non plus ?

      1. Avatar de Alain A

        Quand on évoque une piste de sortie de l’impasse financière qui ose toucher les possédants, la menace de cataclysme total ne tarde jamais à arriver…

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