L’actualité de la crise : LEUR LOGIQUE ET LA NÔTRE, par François Leclerc


Billet invité

Plus la dette nous submerge, moins l’on sait quoi faire d’elle ! Ce qui devrait inciter à se poser deux questions toutes simples et liées entre elles : pourquoi a-t-elle pris cette ampleur et comment peut-on s’en débarrasser, puisque l’on ne parvient pas à la rembourser ?

Une remarque préliminaire s’impose : dette publique et dette privée sont tellement enchevêtrées qu’elles devraient être prises en compte sans les distinguer. Montrer du doigt la première et escamoter la seconde, c’est désigner une victime sacrificielle, afin de présenter comme inévitable une rigueur budgétaire destinée à restreindre prioritairement les prestations de l’Etat providence et ses domaines d’intervention, ainsi que de pratiquer des réformes structurelles.

Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? Une fois pris en compte l’impact important sur les dépenses que les plans de relance engagés depuis le début de la crise ont représentés, on peut estimer celui des mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. Doit également être ajoutée à la dette sa charge financière, qui croît au fil de son refinancement. Tout ceci soustrait, la vision que l’on peut avoir de la dette en sort changée. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.

Si le montant de la dette est connu, le coût de son remboursement ne l’est pas. Il ne se mesure pas uniquement en termes financiers mais aussi en coût social, une grandeur que l’on n’a pas l’habitude d’intégrer dans le calcul économique. Les plans de rigueur budgétaire qui se multiplient ont en commun de plonger progressivement dans la précarité des pans entiers de la société et d’accentuer sa polarisation. Ils induisent aussi un ralentissement de l’activité économique, qui diminue encore les recettes fiscales de l’Etat. Créant une spirale descendante qui annonce de longues années de récession et d’austérité.

Cette politique peut-elle aboutir ? Rien n’est moins sûr, si l’on considère la profondeur du trou qu’il faut combler et la nécessité de prêter assistance à des Etats qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes, même en multipliant les mesures de rigueur budgétaire. Car leurs besoins financiers cumulés potentiels sont tels que l’Europe ne dispose pas des moyens d’assurer son propre sauvetage. Ce qui la conduit, comme on vient de le constater, à rechercher d’autres soutiens financiers.

Les mécanismes qui sont à l’étude ont un objectif en commun : soustraire des griffes du marché les Etats qui sont tombés dans le trou ainsi que ceux qui pourraient prochainement les y rejoindre. Leur accorder des taux préférentiels pour refinancer leur dette et étaler son remboursement afin d’éviter des défauts atteignant le système financier. Et ne pas renouveler de restructuration de dette. Sans en avoir les moyens, les Etats cherchent à jouer le rôle de prêteurs en dernier ressort, puisque celui-ci n’est plus dévolu que marginalement à leur banque centrale commune. Ne pouvant assumer leur propre risque, vu son ampleur, ils cherchent donc à le faire assumer par d’autres.

A ce sujet, José Manuel Barroso et Herman van Rompuy viennent de faire un appel du pied discret aux membres du G20 en leur adressant une lettre commune. « Nous allons mettre en oeuvre ces mesures de manière rigoureuse et en temps utile, et nous sommes certains qu’elles contribueront à une résolution rapide de la crise. Cependant, le fait que nous, Européens, remplissions notre rôle ne suffira pas à assurer une reprise mondiale et une croissance équilibrée. Il demeure nécessaire que l’ensemble des partenaires du G20 agissent de façon conjointe dans un esprit de responsabilité commune et en poursuivant un objectif commun ».

En effet, il s’agit de réunir quelque mille milliards d’euros pour abonder le principal fonds de sauvetage européen, si ce n’est plus, et les premiers contacts pris avec les dirigeants chinois montrent que cela ne va pas être une mince affaire. Tout le monde est donc sollicité pour mettre au pot, FMI compris, ce qui implique l’accord des Américains.

La vérité est triste à dire, et encore plus à admettre, mais la restructuration de la dette grecque, pour laquelle il a fallu s’y reprendre à deux fois, pourrait faire école. Le Portugal est un client sérieux pour en bénéficier et, l’élan pris, pourquoi s’arrêter là ? José Manuel Barroso vient de déclarer que la seconde décote grecque est « unique et exceptionnelle », mais Charles Dallara l’avait déjà affirmé lors de la négociation de la précédente ! Après tout, pourquoi certains pays bénéficieraient-ils d’une remise de peine et d’autres en seraient exclus ?

Il existe donc une autre logique que celle du refinancement hasardeux de la dette, qui a longtemps été niée avant d’être reconnue du bout des doigts. Certes, elle implique de reconstituer les fonds propres des banques au fur et à mesure qu’elle est engagée. Dans le cas de la nouvelle décote grecque, des fonds publics vont déjà devoir être mobilisés pour remettre à flot certaines banques, mais leur emploi va être limité car il pose immédiatement le délicat problème des conditions qui devraient les accompagner. Les banques ne veulent pas en entendre parler et les Etats ne peuvent plus en écarter le principe.

En poursuivant cette logique et en la généralisant, à quoi aboutirait-on ? A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse…

L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire.

Partager :
, , ,

282 réponses à “L’actualité de la crise : LEUR LOGIQUE ET LA NÔTRE, par François Leclerc”

  1. Pourquoi voudrait-on que le système dominant abandonne, au terme d’une contre-révolution menée sans répit depuis plus d’un siècle, les fruits d’une victoire totale qu’il a désormais acquise sur les corps et les esprits ?
    Son triomphe et sa consécration c’est d’avoir imposé une règle universelle. Celle qui permet d’assigner une valeur marchande à tout ce qui nous constitue, corps et âme réunis, abandonnant ainsi en chemin l’idée même de dignité.
    La seule alternative qui s’offre donc à nous est de choisir de mourir, soit guéri, soit conscient.
    Est-ce une abdication ?

  2. @ F Leclerc

    C’est un souhait ou c’est inéluctable selon vous?

    « En poursuivant cette logique et en la généralisant, à quoi aboutirait-on ? A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse… »

  3. Samedi 29 octobre 2011 :

    Rien ne va plus pour l’Italie. Les investisseurs ne semblent pas croire à un miracle, redoutant semble-t-il que Rome sombre à son tour dans le chaos financier.

    Alors que le pays doit faire face à un endettement colossal, le coût de son financement s’est à nouveau envolé vendredi lors d’une émission obligataire test.

    De plus en plus inquiétant : les taux d’intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre des 6 %, seuil considéré comme dangereux par les analystes.

    Pire encore, un niveau record a été enregistré avec un taux de 6,06 %, contre 5,86 % le 29 septembre, date de la dernière opération de même type.

    Les analystes considèrent la situation d’autant plus préoccupante, estimant qu’un tel niveau ne peut être longtemps soutenable pour l’économie italienne, cette dernière affichant une très faible croissance et le stock de dette demeurant très élevé, s’établissant désormais à 1900 milliards d’euros , soit environ 120 % du PIB. Des chiffres vertigineux qui pourraient effectivement en effrayer plus d’un …

    Les taux des titres à échéance 2014 ont quant à eux progressé à 4,93 %, contre 4,68 % lors de la précédente émission, ceux des titres à échéance 2019 s’élevant désormais à 5,81 % contre 4,03 %, tandis que ceux des titres à échéance 2017 s’établissaient à 5,59 %, contre 2,33 %.

    http://www.leblogfinance.com/2011/10/italie-les-taux-dinteret-depassent-le-seuil-de-risques.html

    Lundi 31 octobre 2011 :

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,119 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Plus les jours passent, plus l’Italie emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus l’Italie se rapproche du défaut de paiement.

    L’Italie sera le quatrième domino à tomber.

  4. Qui aime l’Europe ? Y a t’il une vision de l’Europe ?
    Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire, viennent aisément…

    Pour le moment, l’Europe, c’est plutôt vague, tout le monde s’en fiche ou veut en profiter un maximum..
    L’europe actuelle est faite uniquement de sourires commerciaux, alors qu’ils faut des sourires sincères venant du coeur et de l’intention..

  5. Hi,

    Alors que l’Europe se tourne vers Pékin
    Chine: bulle financière et faillites en cascade
    PAR JORDAN POUILLE

    « Tandis que l’Europe espère un soutien financier de la Chine, Wenzhou, 7 millions d’habitants et symbole du miracle économique, connaît une crise financière sans précédent. En cause: la pratique des prêts souterrains pour contourner le système bancaire officiel… »
    De notre correspondant en Chine.

    http://www.mediapart.fr/

  6. La proposition de François Leclerc est la bonne à la condition « sine quoi non » de la séparation des banques de dépot et des banques d’affaires. On ne peut plus jouer au casino avec le fric des épargnants.

  7. Bonjour,

    Il n’est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions, même si je souris un peu.
    Pourquoi la dette publique a-t-elle pris cette ampleur ? C’est par là qu’il eut fallu commencer … Car tout vient de là. Rappelons que les dettes sont un élément de la finance, que la finance est un élément de l’économie, que l’économie est un élément des fonctionnements sociaux. Sans fonctionnement social, pas d’économie, pas de finance, pas de dettes.
    Or, le fonctionnement social, il apprécie particulièrement la croissance économique, qu’il faut mettre en parallèle avec la croissance démographique. La croissance économique, c’est plus de gâteau à répartir. la croissance démographique, c’est le gâteau à répartir entre plus de monde.On comprend facilement que plus il y a à de gâteau à répartir entre moins de monde et plus c’est facile (en théorie du moins).
    On sait par observation que dans nos sociétés développées, pour obtenir une bonne stabilité sociale, il faut environ 2% de croissance économique à l’année. Cela permet de répondre à la croissance démographique, aux réformes structurelles dans le fonctionnement social (rotations des emplois), aux contraintes spécifiques liées à nos modes d’organisations (élections), à nos modes de fonctionnement humain (je veux plus ! ).
    Dès lors que les dirigeants de nos sociétés sont menacés vis à vis de ce taux de croissance, il est tentant pour eux de procéder à de la stimulation économique, via de l’endettement, afin de répondre à la menace.
    Lorsque ceci est compris, il devient facile de mettre face à face la montée de l’endettement public de nos sociétés avec la succession des « crises économiques » qui se sont succédées depuis une quarantaine d’années, rognant progressivement la marge de croissance économique disponible. (au niveau mondial, Pour la décennie 1971/1980 : une croissance moyenne de l’économie mondiale de 3,82%, Pour la décennie 1981/1990 : une croissance moyenne de l’économie mondiale de 3,25%, Pour la décennie 1991/2000 : une croissance moyenne de l’économie mondiale de 2,87%, Pour la décennie 2001/2010 : une croissance moyenne de l’économie mondiale de 2,55%).
    Il faudrait prolonger cette analyse pays par pays, je ne l’ai pas fait, mais je ne doute pas que cette analyse ferait ressortir les éléments suivant :
    – l’augmentation du niveau de la dette a été d’autant plus fort que le niveau de croissance de la période a été bas.
    – l’augmentation de la dette a été plus forte durant les périodes de restructuration de l’emploi.
    – l’augmentation a été plus forte en moyenne les années précédant celles des élections démocratiques majeures. Etc …
    La dette croissait d’autant plus que la croissance amenait en face de l’épargne pour y répondre. Mais nous sommes arrivés, depuis 2008 environ, à la fin de ce système de fonctionnement, l’épargne disponible ne répondant plus au financement réclamé par les états.
    Il aurait dû en résulter un retour à la réalité (un freinage prudent sur notre niveau de vie), mais celui-ci étant politiquement incorrect, la monétisation participe à le retarder. L’inflation qui en résultera sonnera le glas de nos illusions.
    Pourquoi la croissance recule-t-elle ? Simplement parce que l’accès aux ressources naturelles, énergies et matières première, devient plus difficile, renchérissant le prix de ces ressources, dissuadant par là l’initiative économique.
    Comment se débarrasser de ces dettes ? Il est beaucoup trop tard. C’est économiquement mais pas socialement faisable. Elles vont continuer à s’accroître, pour les raisons précisées ci-dessus, et quand l’illusion de remboursement de ces dettes disparaîtra, le système économique s’effondrera, car ces dettes étaient de l’épargne, mobilisée en tant que moyen d’investissement. Sans investissement, aucun système ne dure longtemps.

    • Tenter d’expliquer ici brutalement que : sans dette, pas de finance donc pas d’économie et donc en fin de compte pas de social ne va pas effectivement pas faire sourire tout le monde 🙂

    • Vous l’avez dit vous-même, l’investissement est par nature permis par un excédent. Vous pouvez choisir d’utiliser le votre. Vous pouvez aussi choisir d’utiliser celui de votre voisin – dans ce cas c’est de la dette. Vous pouvez enfin choisir d’abandonner votre excédent au profit de certains à qui vous emprunterez ensuite. Ça a l’air idiot? Je suis bien d’accord…

  8. @François Leclerc et Paul Jorion

    François, vous commencez votre billet en constatant que la dette privée et la dette publique constituent un même ensemble enchevêtré, ce qui est justifié par l’analyse systémique qui leur donne une origine commune, le système intrinsèquement pervers de l’accumulation du capital. Comme la plupart des lecteurs de ce blog, j’agrée tout à fait.

    Néanmoins, on ne saurait considérer que l’énorme dette publique/privée des pays développés est homogène.

    Les dettes des pays du Tiers Monde ont fait l’objet d’audits destinés à départir ce qui pouvait être considéré comme « dettes odieuses », par exemple celles qui imputent à un peuple les sommes dévolues à la corruption de ses dirigeants, ou le coût des infrastructures qui ne sont en fait créées que pour faciliter le pillage de ses ressources naturelles.

    « Notre » dette contient, elle aussi, une part odieuse, une large part systémique, une part structurelle, etc… Elle contient aussi sans doute une part que l’on dira « écologique », la créance de la nature.

    Sans mettre en cause, ni affaiblir, l’angle d’attaque principal qui vise le paradigme capitaliste, ne pensez-vous pas qu’il y aurait avantage à soutenir un audit de la dette, dans le cadre d’un débat public, pour la connaître dans des termes politiquement plus pertinents que ceux, très très myopes, que nous impose la finance?

      • Dans ce cas, je vous relaie l’appel pour l’audit citoyen de la dette publique :

        Lancement de l’audit citoyen de la dette publique

        Aujourd’hui 26 octobre, le Collectif national pour un audit citoyen de la dette publique publie son appel constitutif. Il invite tous les citoyens à signer cet appel et à s’engager dans la démarche de l’audit citoyen pour que la dette publique fasse enfin l’objet d’un vrai débat démocratique, au plan local, national et européen. Le Collectif pour un audit citoyen est composé d’une vingtaine d’organisations syndicales et associatives, et soutenu par plusieurs formations politiques. Il tiendra une conférence de presse à Nice, le 2 novembre à 12h, lors de l’alter-forum qui précèdera et contestera le G20.

        Pour signer l’appel : http://www.audit-citoyen.org/

        Peut-être un petit billet pour attirer l’attention là-dessus? Vous savez que vous êtes une caisse de résonnance plus qu’efficace! Mais vous êtes seuls juges…

      • L’exercice serait collectivement instructif.

        Politiquement, sans doute. Économiquement, je suis moins sur.
        Le radicalement simple de votre proposition est qu’elle est purement économique.
        Peu importe qu’une dette soit ou non odieuse ou illégitime, elle est soutenable ou pas.
        E cosi.

      • @Renard
        « Dette odieuse » « est une qualification juridique, qui permet de déclarer une dette nulle, de plein droit. Cette approche a déjà été plaidée avec succès auprès de juridictions internationales.
        (voir le CADTM).

      • @perceval
        Vous répondez en partie à ma question, mais pourquoi se limiter à la France ? ou l’organisation d’un référendum d’initiative populaire semble beaucoup plus difficile qu’en Europe, (si ce n’est impossible)

    • Bonjour,

      cette piste d ‘audit de la dette est si peu envisagée… Pourquoi??

      Qui est habilité à réaliser ce genre d’ étude ??

      Comment, nous, simple citoyen, pouvons nous agir pour qu’ une telle étude puisse démarrer ??

      Merci à ceux qui pourraient répondre…

    • Bonne question et bonne initiative que de populariser cette demande de bon sens sur ce blog.
      J’ai lu sur un billet d’Attali (extrait ci dessous) qu’il serait possible, à partir de janvier 2012 d’organiser un référendum d’initiative populaire européen, ce thème me semble un bon sujet pour justifier un référendum

      Pour l’éviter, les peuples devront s’en mêler tout de suite . On pourrait imaginer pour cela qu’ils utilisent l’article 11 du traité de Lisbonne, qui rentrera en vigueur le 1er janvier 2012 et qui prévoit que « des citoyens de l’Union [européenne], au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’Etats membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission européenne, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités. »

      La formulation de la dernière phrase de cet extrait est toutefois un peu inquiétante sur la possibilité juridique concrète d’organiser un référendum sur un sujet interessant.
      Si des participants de ce blog ont étudié ce sujet, je suis demandeur de leur avis.

      • Il existe de nombreux sites concernant le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), d’autres sur l’Assemblée Constituante, et même un qui voudrait relier les deux… http://unricpouruneac.unblog.fr .

        Je ne comprends pas que l’idée du référendum d’initiative citoyenne sur le sujet de l’Assemblée Constituante ne fasse pas plus son chemin, c’est pourtant la seule voie qui permet de respecter à la fois les institutions actuelles tout en y échappant pour le futur…

        quand donc, ici et ailleurs, se mettra -t-on à travailler non plus sur ce qui ne va pas mais sur ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux ?

  9. Merci F. Leclerc pour cet article…. que j’ai tout compris .

    Mais voyez vous dans notre pays faire des good banks et des bad banks notre petit Nicolas ne le permettrait pas ; « ce ne serait pas juste  » …

    L’Europe s’est engagée à rembourser ses dettes quel qu’en soit le prix : entendez pour le péquin moyen , qui voit de jours en jours augmenter les taxes, les prélèvements , privatiser à bon compte les trésors publics accumulés , et disparaître les services publics , santé , éducation…. , comme les Grecs quoi , mais en plus raffiné ….

    L’Allemagne qui est sérieuse a dit .

    Mais je me demande quelles sont les puissances dans le monde qui vont les payer , ses dettes …

    Les USA ? de plus en plus les états sont en faillite .

    La GB ? voui nul doute , avec de l’argent vérolé .

    Bref , je crains que les cocus de l’histoire et de cette crise, les dindons de la farce , avec notre euro resplendissant , ne soient les populations européennes …

    Bon faut reconnaître c’est moins douloureux que les champs de bataille des deux guerres mondiales et puis c’est plus égalitaire : dans les guerres , les vrais perdants sont ceux qui y laissent leur peau , ou une partie de leur anatomie .

    Les autres , ou du moins certains, arrivent à refaire surface et se consoler rapidement .

    Bn.

  10. Depuis longtemps les dirigeants du monde entier sous l’influence de l’idéologie néolibérale ont délibérément laissé filer les déficits publics en baissant les impôts des classes aisées pour accréditer l’idée qui devient maintenant dominante que nous n’avons plus les moyens de maintenir un bon voire un haut niveau de protection sociale. Même les gouvernants de gauche ou sociaux démocrates n’ont pas su résister à cette pente c’est pourquoi ils ont perdu une grande part de leur crédibilité et ont permis ainsi la montée en puissance de mouvements « populistes » dans la mesure où ils n’ont plus le souci du peuple mais plutôt celui de la finance et de ses errements d’où les « réformes » de Schroëder Harz IV , le comble étant Zapatero et surtout Papandreou.
    Souvenons nous des déclarations de Denis Kessler en octobre 2007 sur la nécessité de détruire le compromis social hérité du programme du CNR de mars 1944, de celles de Warren Buffett sur la guerre de classes gagnées par les riches.
    Il ne faut pas se faire d’illusions François Hollande Président fera la même politique que Sarkozy mais moins brutalement mais le résultat sera le même. C’est un disciple de Jacques Delors et compagnon de route de Pascal Lamy des socialistes néolibéraux et favorables à l’UE à tout prix. Il ne faut pas oublier qu’il fût le Premier secrétaire du PS du temps de Jospin, le roi des privatisations!
    Les élites mènent une politique de classe!

    • C’est sans doute pas très loin.
      Cela doit être aussi l’ordre de grandeur des profits gagnés
      par la classe capitaliste en dormant…

  11. La dette on en parle à longueur de journée, mais il serait bien de savoir plus en détail
    pour quoi et pour qui en s’endette, qui sont les créanciers, et pourquoi depuis la fin
    des années 70 la dette publique, puisque c’est elle qui est dans le collimateur, n’a cessé
    de croître: mondialisation, cadeaux fiscaux, interdiction faite aux Etats d’emprunter auprès des banques centrales etc…

    Aussi demandons un audit citoyen de la dette, pour remettre tout à plat:
    http://www.audit-citoyen.org/

    Ce sera utile pour éviter que dans le débat électoral du début 2012, il se dise tout et n’importe quoi.

  12. Plan de ….relance en Angleterre et oui pour une fois pas de rigueur.Ont ils enfin compris que l’on ne crée pas d’emplois et de richesse avec de la rigueur?

    Coalition pledges £1bn on 100 projects to kickstart the economy
    Tens of thousands of new jobs will be announced today as David Cameron “strains every sinew” to get the sluggish economy moving.

    Le montant est un peu ridicule comparé aux économies,un milliard de Livres.

    http://www.telegraph.co.uk/news/politics/8858830/Coalition-pledges-1bn-on-100-projects-to-kickstart-the-economy.html

  13. L’Etat, les banques et les entreprises espagnoles auront besoin en 2012 de 400 mds € pour rembourser leurs dettes et continuer à fonctionner:

    http://www.cotizalia.com/opinion/disparate%2Deconomico/2011/10/31/la%2Dcatastrofica%2Dherencia%2Dde%2Dzapatero%2D6231/

    Et malgré ça et alors que 22 % de la population en Espagne vit sous le seuil de pauvreté, Rajoy, le futur président du gouvernement, annonce déjà la baisse des impôts pour les riches:

    http://www.elpais.com/articulo/economia/crisis/dispara/desigualdad/ingresos/espanoles/elpepieco/20111031elpepieco_2/Tes

    http://politica.elpais.com/politica/2011/10/30/actualidad/1319970117_517312.html

    À part ça, la croissance en Espagne au 3e trimestre a été nulle:

    http://www.libremercado.com/2011-10-31/la-economia-espanola-registra-un-crecimiento-nulo-en-el-tercer-trimestre-1276439924/

  14. Il faut que les vases communicants communiquent et que certains boni scandaleux reviennent aux créanciers (intérêts excessifs pour un risque faible).
    Pour pouvoir mettre les banques au pas il nous faudrait en Europe :
    .une égérie comme Elizabeth Warren aux USA.
    . une volonté politique européenne plus forte que celle de BO soutenue par une opinion publique ou/et le parlement européen face aux lobbies bancaires et la City sans doute aussi.
    Qu’en pense la gauche ?
    Voir le papier de Sylvain Cypel dans le monde du 26/10
    « Une nouvelle égérie anti-Wall Street »

    Extrait :
    Elle a imaginé la loi sur la « protection des consommateurs de la finance » – les petits actionnaires et investisseurs -, et tout naturellement chacun l’avait vue diriger bientôt l’agence fédérale créée par la loi de réforme financière Dodd-Frank, afin que « les gens ordinaires soient équitablement traités » par les financiers, comme avait dit Barack Obama. Cette agence était sa grande idée : Elizabeth Warren en avait exposé les contours dès 2007, avant même que n’implose la bulle du crédit hypothécaire.

    Hélas le résultat n’est pas à l’arrivée.

  15. A l’appui de votre billet un article dans Le Monde attribue la crise aux politiques keyneisiennes ininterrompues: le-mot-crise-et-la-derive-keynesienne.
    Cette analyse semble opposer de façon simpliste l’analyse de Keynes au mercantilisme qui serait « plus juste » , selon l’auteur de l’article.
    C’est passer complètement à côté du bancor (de Keynes) non?
    Il y a encore du travail de persuasion et d’analyse à faire: ne pas se reposer demain, jour férié 🙂 !

    • le monde ne fait que répéter un mantra vieux de plus de 60 ans.

      cela fait maitenant plus de 60 ans que des milliardaires US et des économistes classiques décidèrent de combattre la politique du bolchevik Roosvelt ( car tel était leur vision du président US )

      au début était la société du mont pelerin

      ils construisirent patiemment leur pouvoir et étendir peit à petit leur emprise sur les universités qui comptent et par ricochet sur les centres de décisions pris par les anciens étudiants

      il s’agit d’une lente appriation des esprits qui éclôt formidablement dans les années 80

  16. Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? […] mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. […]. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.

    Je me permets de couper dans le paragraphe pour mieux mettre en exergue l’extrait qui me tient à coeur.

    Merci, M. Leclerc. Cette analyse est absente de tous les médias, de tous les débats politiques. On se focalise uniquement sur la crise, sur 2008 et 2010-2011. Et chaque fois, on oublie – c’est bien plus commode – de mentionner comment on a vidé, siphonné peu à peu les caisses de l’état et de la sécu, très méticuleusement, et ce depuis des dizaines d’années.

    Tout cela est le résultat de politiques pudiquement intitulées de « soutien à l’emploi » ou « soutien aux entreprises ». A savoir : des mécanismes de réduction / exonération de cotisations sociales (abusivement et de manière inacceptable, désignées sous le terme trompeur de « charges sociales »), de mécanismes de réduction de l’impôt sur les sociétés et autres moyens d’évasion fiscale légaux, votés par un législateur à la botte de gouvernements soit complices et serviles, soit ayant plié l’échine et abandonné face à des lobbies (le MEDEF en France, la FEB chez nous, l’UCM, etc.) auxquels l’état a offert sur un plateau d’argent le statut de quasi toute puissance sous la forme de « on doit les aider, ce sont eux qui font la richesse ».

    Les états, contrairement à ce qui est dit, ont donc été très bien gérés, simplement, ils l’ont été dans un objectif et un seul : faire basculer l’équilibre de redistribution des richesses, et réorienter le flux vers un petit sous-ensemble de classes sociales, quel qu’en soit le prix (mieux : pour les politiques de droite, vider l’état de sa substance est un objectif de base : revenir à un état uniquement basé sur ses fonctions régaliennes, au service de l’ordre établi, docn des puissants). Le pire, là-dedans, c’est que des gouvernements de gauche ont participé à ce pillage lent, patient et organisé, cédant à de soit-disant « lois de l’économie », comme si l’économie était une science exacte telle la physique (et encore, quand on étudie la physique un peu sérieusement, on voit apparaître les approximations et compagnie, et on peut donc légitimement se poser des questions quant au qualificatif « exacte ») – sachant que ces sciences dites exactes sont d’abord et avant tout empiriques, et donc sujettes à bouleversements complets si l’expérience vient contredire les lois et équations précédemment perçues comme étant le socle immuable de la science en question.

    Il faut donc d’abord renverser les raisonnements fallacieux tenus par les grands apôtres de la pensée unique, qui se déclinent pour l’instant sur tous les médias. Il faut rétablir la réalité. Ré-expliquer les mécanismes de fonctionnement d’un état, comment il se finance, quels sont les équilibres nécessaires à un fonctionnement sain. Retracer l’histoire ensuite, et montrer comment tout cela a lentement glissé vers la situation de crise d’aujourd’hui, comment des politiques délibérées – qui n’ont quasi jamais rempli les objectifs affichés et utilisés pour les justifier – ont organisé et géré le vol légal de la richesse produite au profit des plus puissants et des plus riches.

    Il faut déculpabiliser les gens, auxquels on serine de JT en JT, d’édition du Monde en édition du Monde « on a trop dépensé pour l’état providence » (bref, on a trop dépensé pour vous, citoyens, vous avez bien trop profité, vous êtes bien trop bien surtout par rapport au reste du monde –> prétexte justifiant le nivellement par le bas) ou encore « il va falloir être raisonnable et se serrer la ceinture », « il faut dire la vérité aux gens, on doit rétablir l’équilibre » (sous-entendu que c’est « les gens » qui en ont profité, du déséquilibre). C’est faux.

    On le dit dans les assemblées syndicales. On l’écrit et on l’explique dans des brochures parues sur le net, distribuées dans les entreprises (mais qui peut forcer les gens à les lire ? Pas moi). Et pendant ce temps, les femmes et hommes politiques de droite et les lobbies patronaux se succèdent sur les plateaux TV avec une agressivité sans pareille pour dénoncer les « dépenses honteuses de l’état », « les chômeurs profiteurs », tandis que les femmes et hommes politiques de gauche écoutent, murmurent un mot, et au final demeurent inaudibles, comme s’ils avaient honte, ou peur…

    En tout cas, plus la crise et l’impasse se creusent, et plus les tenants de cette pensée unique qui ne sert qu’une petite minorité de la population s’arcboutent sur leurs positions. Plus ils donnent de la voix, et plus on leur donne des espaces pour asséner leurs « vérités » aux gens. Peut-être est-ce l’élément qui fera s’écrouler le tout plus vite. Peut-être pas. Mais quand tout s’écroule, personne ne peut prévoir ce qui sortira des décombres. L’histoire de l’humanité, en tout cas, ne me donne pas beaucoup d’espoir que ce qui émerge des ruines soit meilleur, au contraire. Fascisme, extrême-droite, dictature autoritaire, terreur… Ces risques sont de plus en plus grands.

    • « Déficit public et déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années… »

      C’est une question importante. Ci dessous une tentative d’explication.

      Le tableau se lit par enchaînement de causes et conséquences
      Il s’étale sur environ 30 ans.
      C’est un schéma indicateur sommaire; le réel est plus complexe.
      ( en particulier, les banques sont considérées comme de simples outils
      techniques alors que leur rôle et influence sont bien réel
      et considérable.)

      -1 La progressivité de l’impôt devient illégitime par pression idéologique.
      -2 Baisse des prélèvements en faveur des riches.
      -3 Le budget de l’Etat devient déficitaire.
      -4 Les riches ne veulent pas d’une baisse parallèle des prestations de l’ Etat.
      La classe moyenne choisie la solidarité avec les riches, c’est elle
      qui fait basculer la politique à Droite et c’est elle qui amène
      les gros bataillons qui font du chiffre.
      -5 L’ Etat emprunte pour équilibrer le budget.
      -6 Les riches ayant des revenus supplémentaires, à cause de -2, souscrivent aux emprunts.
      -7 Ils perçoivent les intérêts.

      Apothéose : les classes riche, et moyenne en puissance de placement ou
      capable d’épargne,ont transformé un dû à l’Etat en revenu.

      La cause originelle peut-être datée: l’élection de Reagan
      qui avait depuis longtemps faite sienne l’idéologie de la charge insupportable
      de l’impôt.

      L’ auteur, par suggestion, est Charles A. :  » le double avantage ».

  17. Je pense que les mécanismes du FESF, avec participation entre autres de la Chine, sont très pénalisants pour l’Europe et l’Euro en excluant des solutions qui pourraient se révéler nécessaires.

    – D’une part parce qu’elle nous met en mauvaise position vis à vis des contributeurs éventuels, notamment concernant la concurrence non faussée et la parité du Yuan, ou bien pour la mise en oeuvre de mesures de protection ciblées et temporaires..

    – D’autre part parce que les garanties qui devront être fournies excluent toute manoeuvre de dernier recours, par exemple un Quantitave Easing par la BCE, qui pourrait être alors vu comme une tentative d’escroquer les contributeurs.

    En conclusion, le dernier plan de sauvetage est un pari très risqué qui, s’il échouait, devrait « mécontenter » très fortement et à juste titre ceux qu’on arrive à embarquer dans le canot.

    • @ F Leclerc« leur logique et la nôtre »
      Ce n’est pas exactement la mienne qui est plus radicale et sans doute révolutionnaire.
      Ma logique est de militer pour le changement de statut de la BCE, car seule la création monétaire ex-nihilo ( à l’échelle de l’€) peut nous faire entrevoir « le monde d’après » et qu’ici nous attendons. Bien entendu, il convient que cette néo monnaie produite avec régularité soit affecté aux agents économiques qui en auront une utilité sociale urgente et pratique : RSA/RMI, salariés au SMIC, petits retraités, subventions aux créateurs d’entreprise (non cannibale) Il est absurde de se complaire dans l’utopie d’une redistribution de la masse monétaire existante qui est captée et verrouillée par ses détenteurs. Comme toute création monétaire ex-nihilo génère de l’inflation, le recyclage des K dormants sera rendu obligatoire, le processus de redistribution sera engagé, ainsi que « le monde d’après ». Mais les pseudo-révolutionnaires sont-ils prêts à l’accepter ?
      Pol

      • Je suis d’accord depuis longtemps que la masse monétaire déjà captée et dormante pourrait être laissée à son injuste sommeil.
        Mais si vous alliez un pas plus loin et si vous appreniez à raisonner, vous pourriez me suivre en demandant que les sommes remises aux personnes à faibles revenus restent effectivement et efficacement en circulation!
        Et cela ne pourra être obtenu que si les billets se retrouvent marqués d’une date après laquelle il faudrait les réactualiser (à faible coût). Cela est la condition sine qua non pour que ces émissions (ex nihilo) de monnaie nouvelle soient pleinement utilse.
        La Banque centrale cesserait d’émettre les billets non pourvus de date limite, et ceux-ci, restant pleinement valables, bien sûr, ne seront pas beaucouip réactivés et on évitera des problèmes inflationnistes tout en activant vigoureusement la conjoncture et en résolvant le problème de la dette.
        Si vous ne mettez pas le principe « fondant », la monnaie de type SMT, vos bonnes intentions auprès des personnes à petits revenus n’auront guère d’impact.

  18. Le nez dans le guidon et par effet d’entrainement, de billets en billets et de commentaires en commentaires, notre peloton se laisse aller depuis quelque temps à perdre de vue que le véritable problème reste de traiter les « causes » de la crise exposées ici-même. Des pistes de « solutions » ont également été préconisées. Mais il ne semble pas qu’on ait vraiment commencé à s’attaquer en profondeur aux unes et aux autres. On parle beaucoup des « conséquences », on s’en indigne : pourtant c’est le moment, maintenant ou jamais, de revenir aux causes. Pour ne pas se tromper de course et d’initiatives, personnelles et collectives.
    Un qui suit avec peine et qui sent le camion-balai dans son dos.

    • @ Philémon

      Je crois que les principaux auteurs de billets sont d’accord:
      la cause c’est le capitalisme, qu’on le dise du quatrième âge,
      à l’agonie, ou autre chose.

      Et on est un certain nombre à expliquer que c’est une crise de surproduction,
      suraccumulation, agravée par l’expédient de la financiarisation,
      autrement dit par le recours à la dette
      qui joue les soins palliatifs.
      (le dernier soin, ou plutôt extrême onction, en France,
      c’est l’alterance Hollande autres amateurs de caviar et fromage…)

      Mais ce que demandent les gens ici et dans la rue de plus en plus,
      c’est que faire ?
      Les réponses sont diverses, c’est une bonne chose.
      Moi je dis: indignation, révoltes puis révolution de civilisation.
      Patience et organisation.

      En attendant, super dossier sur la montée de la mobilisation anticapitaliste
      aux Etats-Unis. Lisez et regardez video.
      Même Chomsky dit qu’il n’a jamais vu ça.
      La France rattrapera son retard, comme en 68…
      http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme/301011/des-indignes-americains-appellent-la-greve-generale

    • Je dirais simplement mais avec conviction et fermeté Éloge de la fuite. Avec un grand merci pour son auteur, car grâce à ce Monsieur, je mourrai moins couillon.

      « L’enfant est inculte et c’est bien là sa chance. Il est énergie potentielle et non cinétique, homogénéisée. Dès qu’il entre dans la vie, ses potentialités vont s’actualiser, se figer dans des comportements conformes, envahies par l’entropie conceptuelle, incapables de retourner à leur source, de remonter le cours du temps et de l’apprentissage. Alors que le sol vierge de l’enfance pourrait donner naissance à ces paysages diversifiés où faune et flore s’harmonisent spontanément dans un système écologique d’ajustements réciproques, l’adulte se préoccupe essentiellement de sa mise en « culture », en « monoculture », en sillons tout tracés, où jamais le blé ne se mélange à la rhubarbe, le colza à la betterave, mais où les tracteurs et les bétonneuses de l’idéologie dominante ou de son contraire vont figer à jamais l’espace intérieur. » Henri Laborit

  19. Reuters

    Le courtier américain MF Global a déposé le bilan lundi, selon un document officiel.

    Selon les documents déposés au tribunal de Manhattan, les actifs de MF Global au 30 septembre s’élevaient à 41,05 milliards de dollars et sa dette à 39,68 milliards de dollars.

    Par ailleurs, les discussions amorcées par MF Global avec Interactive Brokers Group en vue d’une cession d’actifs ont échoué, rapporte une source proche du dossier.

    • @Paul C.

      Sur le fond, il y aurait sans doute un parallèle à faire entre la virtualisation de l’économie et celle de l’informatique: Fut un temps, l’accès à la couche matérielle de l’ordinateur permettait à l’utilisateur malveillant de faire griller les circuits électroniques directement en modifiant les tensions/intensités d’entrée ou de sortie des composants.

      Le modèle logique en couches (la virtualisation) a permis dans une large mesure de pallier à cette faille. Néanmoins un virus, bien qu’il ne puisse plus vraiment accéder au plus bas niveau comme le faisait à l’époque Tchernobyl, peut encore néanmoins submerger l’ordinateur d’instructions jusqu’à le bloquer complètement en exploitant la presque totalité de ses ressources.

  20. Je suis tout à fait d’accord avec le dernier paragraphe, au sujet de good bank.
    La France ne doit pas nationaliser les banques.Celles ci sont privées et doivent assumer leurs responsabilités.L’Etat français doit créer à partir de la banque postale une nouvelle banque de dépot
    nationale en demandant aux clients des banques privées de transférer leurs avoirs.

  21. Un état empruntant « à l’étranger » est une absurdité !

    Explication: si je prête de l’argent à quelqu’un de deux choses l’une:
    – soit il est entendu (ou sous-entendu) que si le remboursement s’avère impossible je ferai une croix sur la somme en question. Dans ce cas pas besoin de passer chez le notaire.
    – soit il est entendu que si le remboursement n’est pas fait en temps voulu alors je ferai appel à un huissier, voire à un tribunal lui-même susceptible de faire appel à la force publique, etc.

    Il me semble qu’en cas de problème entre les États il n’existe pas d’huissier ni de tribunal et que, pire encore, vouloir faire appel à la force impliquerait au minium un blocus économique, éventuellement une guerre !

    Si les préteurs sont uniquement des citoyens de l’État qui emprunte on peut plus facilement trouver des solutions de compromis permettant à cet Etat de subsister. Quand elle a eu besoin d’argent, la France a souvent utilisé un type assez particulier d’emprunt, les « emprunts nationaux », mettant en jeu un chantage du genre si vous préférez ça à l’impôt ou à encore plus d’inflation (voire à la défaite militaire ou à l’effondrement économique qui menacent) alors prêtez à l’État, il vous remboursera ce qu’il pourra quand il pourra (compromis relativement acceptables quand les avantages consentis aux préteurs n’étaient pas exorbitants comme ce fut le cas pour l’emprunt Pinay.) Evidemment ça n’était pas aussi sophistiqué que la finance moderne mais…

    …Mais, même quand on préfère les appeler les marchés, si l’Etat emprunte à des étrangers n’ayant pas le même intérêt à sa survie ça aboutit forcément un jour ou l’autre à des situations absurdes.

    Liste d’emprunts nationaux, de 1825 à l’emprunt Balladur: http://fr.wikipedia.org/wiki/Emprunt_national_français

  22. MF GLOBAL, /directement-indirectement/c’est un tas de banques.
    Des dizaines de brokers.
    Des fonds.
    Des plateformes de tradings.
    Des fonds de retaite Us.
    Des centaines de milliers de dépôts de petits gens.

    Vrai domino. C’est beaucoup plus qu’une poisse économique, c’est un choc psychologique pour beaucoup Américains.
    Déja beaucoup de gens des middle class tirent la langue.