L’AVANTAGE DES SOLUTIONS SIMPLES

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La concentration des richesses a atteint des sommets aux États-Unis en 1929 et en 2007. La machine économique s’est alors grippée parce que toute somme mobilisée pour la production ou la consommation donne lieu à versement d’intérêts, processus qui ne fait qu’augmenter cette concentration et libère des montants considérables pour des activités spéculatives qui encouragent des variations de prix qui ne font qu’aggraver encore les déséquilibres.

Les remèdes à la concentration des richesses sont connus : 1) la redistribution pacifique du patrimoine (seul exemple connu : les États-Unis du New Deal rooseveltien), 2) la révolution qui exproprie et redistribue pour un temps mais – faute de s’en prendre aux véritables causes de la concentration des richesses – remplace rapidement l’ancienne aristocratie par une neuve, enfin, 3) la guerre qui, détruisant tout, redistribue la richesse par un grand nivellement par le bas.

La guerre est la solution la plus commode puisqu’elle n’implique aucune autocritique de la part de personne et permet au contraire à chacun de s’exonérer de ses propres fautes en désignant un coupable ailleurs quelque part.

Les journaux européens sont aujourd’hui totalement muets sur la chose mais la bataille en règle qui a abouti la nuit dernière à la mort de vingt-cinq soldats pakistanais, tués lors d’un raid de l’OTAN sur des postes frontières avec l’Afghanistan, me semble avoir un excellent potentiel pour conduire à une nouvelle guerre mondiale – qui réduira la pression sur nos systèmes économiques et politiques par une baisse substantielle de la population, redistribuera le patrimoine (du moins ce qu’il en restera), et nous permettra de repartir pour un tour, sans avoir eu à résoudre (Dieu merci !) la question de la concentration des richesses et son mécanisme, et sans avoir dû formuler la moindre autocritique (ouf généralisé !).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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433 réflexions sur « L’AVANTAGE DES SOLUTIONS SIMPLES »

  1. Le versement d’intérêts serait la cause de mauvaise répartition des richesses ?
    C’est peut-être vrai mais ca reste à démontrer. Pour moi c’est un raisonnement d’un autre age, quasi pré-industriel, du moins, pré 3ème révolution industrielle.
    1/ il y a l’inflation (même si elle est censée être sous laisse, dans la pratique on sait tous que sa mesure est biaisée a la baisse)
    2/ il y a l’héritage qui me semble être un mécanisme au moins aussi important
    3/ tout le monde peut profiter des intérêts s’il le veut … le problème est plutôt que certains savent beaucoup mieux utiliser les armes économiques que d’autres… donc le problème serait plutôt l’ignorance.
    4/ il y a le pic pétrolier per capita de 1979 qui annule les effets de ruissellement (qui étaient pourtant bien réel et visible jusqu’en 1980 – coïncidence ?)
    5/ la mesure de la richesse est biaisée aujourd’hui car une retraite est l’équivalent d’une rente sur un patrimoine très important, du coup les inégalités ne sont pas si importantes que ça
    6/ le papyboom qui provoque une concentration des richesses dans la classe d’age “vieux” n’a rien à voir avec les taux d’intérêts
    7/ last but not least, la concentration du “capital” est “normale” dans la mesure de l’essor de la robotique … une machine aujourd’hui produit le travail de 100 hommes d’hiers ! Doit on répartir les fruits du travail de la machine envers : les 100 hommes d’hiers ? l’homme qui la conduit ? l’homme qui possède la machine ? Il y a un vrai débat de société qui n’a pas été effleuré par nos “penseurs” qui en sont encore a découvrir internet et google et qui ne perçoivent pas, perdus qu’ils sont dans leurs livres a quel point le monde a changé.

    1. Pour moi c’est un raisonnement d’un autre age, quasi pré-industriel, du moins, pré 3ème révolution industrielle […] il y a un vrai débat de société qui n’a pas été effleuré par nos « penseurs » qui en sont encore a découvrir internet et google et qui ne perçoivent pas, perdus qu’ils sont dans leurs livres a quel point le monde a changé.

      Ce qui n’a pas changé c’est le mépris pour les “penseurs”. Déjà sous Staline et sous Hitler ils étaient les premiers déportés. La technologie a changé, pas les passions humaines.

      5/ la mesure de la richesse est biaisée aujourd’hui car une retraite est l’équivalent d’une rente sur un patrimoine très important, du coup les inégalités ne sont pas si importantes que ça

      “La liberté c’est l’esclavage” G. Orwell 1984.

      3/ tout le monde peut profiter des intérêts s’il le veut … le problème est plutôt que certains savent beaucoup mieux utiliser les armes économiques que d’autres… donc le problème serait plutôt l’ignorance.

      ça me rappelle la couverture d’un magazine sorti il y a environ un mois, le sujet était : “les français épargnent parce qu’ils ignorent les règles de la bourse”. J’avais envie de rajouter “les imbéciles !” (à peu de choses près c’est ça). C’est le nouveau truc, piller les économies d’une vie, en faisant miroiter des sommes mirobolantes. La grande escroquerie qui a éclaté en 2008, vendre un produit financier ultra sophistiqué et parier en même temps à la baisse contre celui-ci est l’exemple parfait des intérêts qui partent de 1000 poches pour aller dans une seule. Ces gens qui ont tout perdu avait confiance en leurs conseillers financiers, dire qu’ils étaient ignorants est une double peine odieuse, d’un cynisme abjecte.

      Quand un système en arrive à parier sur la chute de ses fondations, c’est qu’il n’est plus vraiment saint d’esprit.

      1. Oui tout à fait.
        Et justement … on est dans une crise de confiance (générale, et pas seulement concernant la finance) car les gens se désinvestissent totalement de “ce qui se fait en coulisse” … c’est pareil pour ce qu’il y a dans les paquets des supermachés autant que dans les packages financiers …

        ca permet a tous ces “requins” d’avoir un immense terrain de jeu et beaucoup de gogos à plumer.

  2. Sans remonter jusqu’à 1870, quel était l’adversaire lors de la 1ère guerre « mondiale » ? Contre qui la 2ème guerre « mondiale » ? A qui pensez-vous si, par malheur, il y en avait une 3ème ? Attention à la stigmatisation.
    En matière économique, financière et sociale, les bénéfices de la mondialisation se font encore attendre, beaucoup trop. Par contre, en matière de guerre à l’ère nucléaire, la « mondialisation » des pertes serait très rapide et risquerait d’être parfaite.
    Il y a un 4ème remède, c’est la paix. Pas la paix « froide » genre ONU entre nations ou à l’amiable entre individus. La charité, quoi…

  3. D’émission en émission, le thème est identique : survivre par ses propres moyens selon un timing de 3 à 5 jours maximum, dans n’importe quel coin de la planète. Le scénario est le même à chaque début d’émission : Bear Grylls est parachuté d’un avion ou d’un hélicoptère, loin de la civilisation, et sans aucune certitude sur son point de chute. Il possède en tout et pour tout
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