LE MONDE – ÉCONOMIE : Il y a une alternative, lundi 28 – mardi 29 novembre 2011

Il y a une alternative.

Lorsque  Margaret Thatcher prononça son fameux TINA : « There is no alternative ! », son propos avait au  moins pour lui une certaine plausibilité : la social-démocratie avait pris ses aises et une bureaucratie satisfaite régnait sur une économie que tout dynamisme avait fui. Le TINA thatchérien, rapidement rejoint par son cousin reaganien, entendait signaler la résurrection de l’initiative individuelle, le retour triomphal de l’« entrepreneur » et du rentier, qui annonçaient ensemble des lendemains qui chantent.

On sait ce qu’il en advint : privatisations et dérégulation, et surtout, part toujours croissante ponctionnée sur les gains de productivité par les dividendes des actionnaires, et par les salaires, bonus et stock-options extravagants des dirigeants des grandes entreprises. Pour les autres, des salaires dont la stagnation s’accompagnait, pour cacher la décote sur le pouvoir d’achat, d’une montée en puissance du crédit personnel, les salaires à venir devant, contre toute logique, compenser l’insuffisance de ceux d’aujourd’hui ; le résultat est connu : un système financier qui se fragilise d’être sillonné de longues chaînes de créance, où le défaut d’une seule suffit à entraîner dans sa chute toutes celles qui lui sont subordonnées.

TINA nous promettait un avenir meilleur et cet espoir lui assurait sa légitimité. De manière absurde, TINA est à nouveau invoqué mais pour justifier cette fois le cauchemar qui accompagne l’échec cuisant du même programme néo-libéral. Il n’existait paraît-il aucune alternative à celui-ci dans sa phase triomphante, et il n’existerait aucune alternative à sa déconfiture dans sa phase actuelle d’effondrement : austérité, rigueur et éradication de l’État-providence devraient être accueillies avec les mêmes hourrahs qui avaient salué le retour sur le podium de l’entrepreneur et du rentier.

Proclamer comme on le fait que la médiocrité et l’échec présents reflètent fidèlement la nature profonde de notre espèce est une insulte. Faut-il admettre la nécessité de ces gouvernements d’unité nationale dirigés par des techniciens, auxquels la Grèce et l’Italie sont aujourd’hui contraintes, la classe politique ayant fui, sachant qu’elle serait balayée bientôt par la colère des électeurs si elle persistait à étaler son indécente impuissance ?

L’Histoire a montré que notre espèce peut faire mieux. C’est Aristote qui louait la philia : le sentiment spontané qui nous pousse à œuvrer au bien commun. Il dénonçait au contraire l’intérêt égoïste, « maladie professionnelle » des marchands, nous avertissant des ravages que celle-ci peut causer.

Les années récentes nous ont montré où nous entraîne la « philosophie spontanée » des marchands et le temps est venu de rendre la parole aux philosophes authentiques. C’est Hegel qui nous rappelait dans La Phénoménologie de l’Esprit que

« … l’esprit qui se forme mûrit lentement et silencieusement jusqu’à sa nouvelle figure, désintègre fragment par fragment l’édifice de son monde précédent ; l’ébranlement de ce monde est seulement indiqué par des symptômes sporadiques ; la frivolité et l’ennui qui envahissent ce qui subsiste encore, le pressentiment vague d’un inconnu sont les signes annonciateurs de quelque chose d’autre qui est en marche. Cet émiettement continu qui n’altérait pas la physionomie du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil, qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du nouveau monde ».

L’espèce a montré au fil des âges qu’elle est bien de cette trempe !

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101 réflexions sur « LE MONDE – ÉCONOMIE : Il y a une alternative, lundi 28 – mardi 29 novembre 2011 »

  1. Voilà un message qui comble mon cheminement personnel. Reste à faire converger tous ces cheminements, aller chercher les gens un par un, dans son quotidien, expliquer, défaire les préjugés, aidés en cela par le fiasco actuel d’une idée qui a séduit par ignorance mais qui va finir par horrifier nos semblables qui ne pourront que réagir. Mais il va falloir faire très vite. La course a commencé, et nous avons pris du retard. Debout!

  2. Proclamer comme on le fait que la médiocrité et l’échec présents reflètent fidèlement la nature profonde de notre espèce est une insulte.

    Absolument!

    L’Histoire a montré que notre espèce peut faire mieux. C’est Aristote qui louait la philia : le sentiment spontané qui nous pousse à œuvrer au bien commun. Il dénonçait au contraire l’intérêt égoïste, « maladie professionnelle » des marchands, nous avertissant des ravages que celle-ci peut causer.

    Les années récentes nous ont montré où nous entraîne la « philosophie spontanée » des marchands et le temps est venu de rendre la parole aux philosophes authentiques. C’est Hegel qui nous rappelait dans La Phénoménologie de l’Esprit que

    « … l’esprit qui se forme mûrit lentement et silencieusement jusqu’à sa nouvelle figure, désintègre fragment par fragment l’édifice de son monde précédent ; l’ébranlement de ce monde est seulement indiqué par des symptômes sporadiques ; la frivolité et l’ennui qui envahissent ce qui subsiste encore, le pressentiment vague d’un inconnu sont les signes annonciateurs de quelque chose d’autre qui est en marche. Cet émiettement continu qui n’altérait pas la physionomie du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil, qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du nouveau monde ».

    L’espèce a montré au fil des âges qu’elle est bien de cette trempe !

    De retirer par ces mots, la peau d’âne dont nos élites habillent notre humble et lumineuse dignité humaine. Afin de nous rappeler à notre véritable royauté. L’Humanité nôtre.

    Merci de tout coeur.

    1. le problème c’est qu’il semble bien y avoir plusieurs espèces d’hommes. certains comme des bandes ( de loups) qui depuis des lustres se sont fait les dents et ont mis au point leur technique de guerre ou de concurrence , ou de dominants . et puis les autres .

  3. Monsieur Jorion,
    C’est bien dit, mais à quel saint se vouer? L’idéologie néoliberale de Thatcher et Reagan, pieusement retracée et mise en oeuvre par les européens, a mise en pièces les idées de Karl Marx. Aujourd’hui, Marx est une momie que certains intellectuels essayent de déterrer. Karl Marx était nul en tant que prophète, ses visons datent, mais il a le mérit d’avoir fondé la sociologie économique analytique et critique. Il y a un manque dans ce domaine; à la fac on enseige autre chose.
    Personnellement, je pense que nous sommes entré dans un nouvel ère où les leaders d’opinion doivent avoir un esprit analytique et objectif, et surtout: être honnête. Pourquoi dis-je cela?
    Paul Krugman a écrit récemment dans le New York Times ceci:
    « …these people – the people who bullied Europe into adopting a common currency, the people who are bullying both Europe and the United States into austerity – aren’t technocrates. They are, instead, deeply impractical romantics.
    (……) And to save the world economy we mus topple these dangerous romatics from their pedestals. »
    Je suis d’accord avec ca. Nous avons besoin de gens clairvoyants, observant une distance analytique par rapport aux choses et dotés d’honnêté intellectuelle, et non pas des romantiques en politique ou des magiciens du cirque. Et non plus des laquais du commerce et de l’industrie.
    Je n’ai rarement rencontré une femme qui soit aussi prosaique que Madame Merkel, mais j’ai l’impression elle est capable de sonder ce qui est pratiquement faisable – pour le bien de l’Allemagne – son office l’oblige à défendre les intérêts de son pays -, mais elle n’est pas pour autant une fervante nationaliste – ce que l’on devrait prendre en considération en France et ailleurs.

  4. « Proclamer comme on le fait que la médiocrité et l’échec présents reflètent fidèlement la nature profonde de notre espèce est une insulte ».

    Ce n’est pas une insulte, M. Jorion, c’est la reconnaissance d’une des dérives possibles de notre histoire, dont ce n’est pas la première manifestation. Remettre les clés du camion à des démagogues prédateurs sans scrupules fait partie des caractéristiques de la démocratie représentative telle qu’elle est pratiquée depuis la révolution américaine.

    Puisque ça arrive, c’est que ça fait partie du fonctionnement de l’espèce. Il serait plus sage de chercher comment contourner ou traiter l’obstacle que d’expédier la question d’un revers de phrase.

    1. C’est très simple. Il suffit de cesser de gaver comme des oies la multitude ,de nourritures médiocres en guise de divertissements et de pseudo informations. Cesser de laisser croire que la modernité serait sans âme et pauvre d’esprit

      L’enfant est nourrit de niaiseries à la guimauve, l’adolescent de laideur et l’adulte de médiocrités.
      Il est possible de faire du frai, du merveilleux, de l’intelligent, du drôle et du savoureux pour tous les âges. Remettre un peu de grâce et laisser un peu de place au silence pour que le tout respire.

      Stimuler le meilleur pour le faire émerger.

  5. Magnifique billet.
    C’est presque ce que je ressens mais sans pouvoir exprimer avec autant de justesse la chose, les choses, je ne sais plus parce que je suis coincé – merde alors ! Aujourd’hui je marchais à pied dans une ville, c’était bien la langue qu’on m’avez appris à l’école et elle me faisait défaut cette langue : maintenant je me sens comme un étranger dans le pays où je suis né, dans mon propre pays je suis devenu un type paumé, c’est incroyable de vivre ainsi. Je vois bien la campagne et les branches auxquelles je peux me rattraper, mais c’est maigre tout ça et le regrette sincèrement. Adieu la culture.

  6. J’avais trouvé une traduction à TINA: la politique de PAPA pour Pas d’Alternative à la Politique Actuelle.
    Cela renvoie bien d’une certaine façon à une conception du passé.. il faudrait inventer la politique FILS, celle des Futurs Inventifs Libres et Solidaires

    1. La démocratie réelle, le réferendum d’iniative populaire, l’exemple suisse, certains lands allemands exploitent cette conception alternative de la politique. Et ça marche bien.
      Cherchez les chercheurs qui essayent d’en tirer des conclusions pour la France.

  7. Bonsoir Paul.

    « Proclamer comme on le fait que la médiocrité et l’échec présents reflètent fidèlement la nature profonde de notre espèce est une insulte. Faut-il admettre la nécessité de ces gouvernements d’unité nationale dirigés par des techniciens, auxquels la Grèce et l’Italie sont aujourd’hui contraintes, la classe politique ayant fui, sachant qu’elle serait balayée bientôt par la colère des électeurs si elle persistait à étaler son indécente impuissance ? »

    Dans nos sociétés, la classe politique n’est impuissante que de fait parcequ’elle le veut bien et qu’elle le fait bien, elle n’a de justification d’existance que pour cela et pour elle même. Elle n’est là que pour veiller en finalité et sans s’oublier à la sauvegarde des intérêts d’une minorité mafieuse et gérer le plus grand nombre.
    Quant à ce grand nombre qui allie la naîveté et la bêtise, cautionnant le système, en se précipitant aux urnes pour choisir le gardien du troupeau, on est en droit de se demander si ce n »est pas à ce niveau d’acceptation que se situe l’insulte.

    Reste à savoir si l’espèce se réveillera pour réclamer et imposer, s’il le faut dans la violence en ultime recours, autre choses que des projets comptables et de la consommation . Il y a tant à faire et à lèguer pour les générations futures dont on pourrait être fiers.

  8. L’espèce a montré au fil des âges qu’elle est bien de cette trempe !

    Je me trompe ou ce billet est à 180° du précédent (L’AVANTAGE DES SOLUTIONS SIMPLES) ?

    En tout cas, ça fait du bien ! Ça motive plus pour continuer le combat !

  9. Reste à savoir si l’espèce se réveillera pour réclamer et imposer, s’il le faut dans la violence en ultime recours, autre choses que des projets comptables et de la consommation. Il y a tant à faire et à lèguer pour les générations futures dont on pourrait être fiers.

    Je me pose également la question, et je partage votre conclusion !

  10. L’espece humaine peut largement se passer de la finance sans tomber dans le léninisme ou autre maoisme (Quelle arnaque la aussi)
    TINA sert à faire peur.
    Le pire, c’est la pauvreté, et que ceux qui en sont responsables restent au pouvoir.
    Le pire, c’est de continuer à les croire et à leur obéir.
    Il serait si simple de les dégager démocratiquement.
    Ce serait quand meme plus simple que sur la place Tarhir…

  11. Il y a une Alternative.
    Et en réalité tout le monde la connait.
    Mais cela oblige chacun à prendre ses responsabilités, à être déterminé à l’action, prêt à des tâches parfois ingrate pour arriver à une harmonie.
    Qui ira nettoyer les chiottes ?
    Car il faut bien commencer par quelque chose…
    Pas moi dit le grand philosophe.
    Pas moi dit le placide retraité.
    Pas moi dit le penseur.
    La Révolution passe par une somme de petits gestes, d’actions à caractère ingrat.

    1. les chiottes , ce n’est pas trop dur . mais les égouts de Mexico, une eau noire . j’avoue que non, je ne pourrais pas y plonger pour évacuer les bouchons . cités monstrueuses . et chaotiques délirantes .
      cependant bien voulues par un ensemble ? ou un ensemble qui entraine le monde sur sa pente ? quelle est la part consentie ?

      les esprits à nettoyer… comment faire sans lumière , sans spot ?

    2. La Révolution passe par une somme de petits gestes, d’actions à caractère ingrat.

      C’est dans le besoin que l’on reconnait ses amis, à méditer! 😉

  12. la crise un instrument
    un os de la fortune la peur
    ancestrale de perdre tenu
    par des crocs sans
    pitié de soumission .

  13. 95. Jésus a dit :
    « Si vous possédez de l’argent, ne prêtez pas à usure, mais donnez plutôt à celui qui ne vous le rendra pas. »
    évangile de Thomas

  14. @ Kalon

    Achetons en masse du sucre, du riz,du thé, du chocolat, du café, bref toutes denrées stockables afin de créer une pénurie sur les stocks alimentaires.
    Une crise chasse l’autre, et celle que nous pouvons provoquer est nettement moins suicidaire que celle qu’on veut nous imposer.

    Cela n’aura pas d’effet sur les gens qui ne consomment plus ces denrées que vous citez, en particulier le sucre , déconseillé par le corps médical, ni les produits d’importation .

    Ne vous inquiétez pas, dès que les restos du coeur et les associations caritatives vont se trouver bloqués par l’absence de financement , leurs subventions baissant cette année de 75% d’un coup afin de renflouer les banquiers, les émeutes de la faim se produiront d’elles-mêmes . On a pu remarquer que beaucoup de ceux qui ont encore un emploi ont tendance à se croire d’une essence différente des sans abri et des usagers des Restos du Coeur . Espérons que les mercenaires gouvernementaux ne tireront pas sur la foule des gueux affamés et qu’ils se rangeront à leurs côtés par un « effet Potemkine » ….On peut rêver …

    J’ai constaté qu’à chaque abandon budgétaire d’un secteur social ou médical par le gouvernement , fleurissent deux ou trois entreprises privées de collecte de fonds auprès des particuliers , donnant droit à des réductions d’impôts et censées compenser cet abandon . Mais ces entreprises commencent d’abord par payer d’énormes salaires à l’équipe de direction du petit malin qui les a créées , profitant du créneau offert, le reste seulement allant au fonds qui leur a servi de prétexte . Crozemarie a fait des émules .

    Enfin, après les dizaines d’associations bidon qui vous envoient de prétendus dessins d’enfants que vous auriez parrainés à l’autre bout du monde, c’est le temps de l’arnaque à la collecte de fonds pour les secteurs médicaux et de la recherche abandonnés par l’Etat . Nos boîtes à lettres débordent .de leurs appels de financement.

    C’est pourquoi il faut veiller , par solidarité, à aider personnellement les personnes en difficulté que l’on peut rencontrer dans son environnement proche, dans son quartier, dans sa ville, et si l’on veut donner de l’argent à des associations caritatives, ne choisir par principe que celles, aux comptes transparents, dont tous les membres , de la base au sommet , sont des bénévoles. Il y en a dans toutes les villes et on les voit au travail, surtout quand on en fait partie ou qu’on leur donne un coup de main aux moments difficiles . Cet hiver sera rude . Quant aux suivants …

    L’émissin « envoyé spécial  » du 24 novembre nous montre après la 30e minute, dans sa seconde partie intitulée  » l’Amérique en faillite », ce que devient rapidement une ville en faillite dans un pays occidental , et c’est effrayant.
    http://www.pluzz.fr/envoye-special.html

    Espérons que les émeutes de la faim et les révoltes à venir ne mettront pas en place un personnage charismatique qui se présenterait comme le sauveur providentiel avant d’installer sa dictature . Si révolution il y a, il faut qu’un gouvernement constitué de personnes intelligentes, dévouées, honnêtes, je dirais même incorruptibles, soit prêt à s’installer . Personnellement j’y verrais bien une Assemblée Constituante, pas une nouvelle monarchie déguisée en république présidentielle .

    1. @ Mianne « C’est pourquoi il faut veiller , par solidarité, à aider personnellement les personnes en difficulté que l’on peut rencontrer dans son environnement proche, dans son quartier, dans sa ville… »
      C’est exactement ce que je fais depuis plus de 30 ans, par ex demain matin arrive une amie « qui ne va pas bien », je n’ai rien ( de matériel) à offrir si ce n’est  » quatre bouts de pain , je n’ai que mon soutien et mon écoute à offrir aux autres…
      Un ptit cadeau pour vous Mianne !….

      http://www.dailymotion.com/video/xjs4r_brassens-chanson-pour-l-auvergnat_news

  15. Rien de neuf sous le soleil! (Ecclésiaste)

    La nécessité du capital se vérifie aisément : même quand il y a de nombreux besoins à satisfaire, des chômeurs souhaitant travailler, des matières premières disponibles, etc, etc, rien ne peut être entrepris si on ne dispose pas d’un capital. Autrement dit le fait que l’argent n’est en général pas disponible là où il serait utile entraîne qu’il faut organiser des cascades de prêts et de dettes conditionnés les uns par les autres et y lier des versements d’intérêts. Cela conduit aux effets de levier, à la titrisation, aux CDS et à la spéculation nécessaire pour huiler d’aussi nombreux rouages.

    Notre monde s’organise autour de l’argent d’une manière si impénétrable que l’homme ne peut maîtriser cela et qu’il lui faut laisser faire la main invisible du Grand Horloger.

    Pendant des siècles le soleil et les étoiles étaient sensées tourner autour de la terre selon le système géocentrique. La théorie concomitante des épicycles, fort compliquée, ne donnait que des résultats très approximatifs, même s’ils suffisaient largement aux astrologues…

    Ces questions étaient sagement réservées aux théologiens (sous peine d’excommunication.)

    Il a fallu plus de deux siècles à l’Eglise pour abandonner le système géocentrique !

    1. sans capital, espace et temps , savoir pour qui pour quoi, ni matériau effectivement on ne peut rien
      on est dépossédé de tout .
      l’argent ne symboliserait-il pas tout cela à la foi ?

      1. « l’argent ne symboliserait-il pas tout cela à la foi ? »

        Au départ l’argent semble en effet avoir été seulement un symbole mais petit à petit les choses se sont inversées. L’argent est devenu la réalité sur laquelle tout semble reposer. Nous en sommes au point où l’argent nous empêche de faire plein de choses sensées que d’autres sociétés étaient capables de faire, le manque d’argent ne les en empêchant pas. Entre autres exemples les historiens oublient souvent de dire que l’Egypte ancienne, qui a pourtant duré des millénaires, n’avait pas de monnaie. Il y a un siècle ou deux la part d’activité qui se déroulait sans que l’argent circule avait encore une place très importante.

        Actuellement nous sommes incapables de penser le monde sans nous référer à l’argent. « Puisqu’il n’y a pas l’argent nécessaire, c’est impossible » est d’ailleurs très souvent le meilleur argument pour clore les débats…

  16. Cher Paul Jorion, je trouve que ceci est un de vos meilleurs petits textes que j’ai lu ! Le style en est incisif, concis et clair, le propos est « percutant ».
    J’adhère pleinement (même si je n’adhère pas toujours, notamment quand vous faites référence à cette vieille fripouille de Freud).

  17. Je pense que si on peut éviter une rupture franche, le changement de modèle pourrait être possible.
    Je préconise une dévaluation de l’euro alliée à une augmentation de salaires des salariés des pays vertueux (Allemagne, Autriche, etc…) pour compenser l’augmentation de prix des produits de la zone non euro : De toute façon, les systèmes financiers auront de toute façon à absorber les effets d’une crise inéluctable. L’avantage serait une augmentation des produits énergétiques et renforcerait l’économie du développement durable et les économies d’énergie et écologiques. Le fait de proposer aux allemands un rattrapage du niveau de vie leur permettrait d’accepter la révision du traité européen, la création d’eurobonds, le renforcement et la transformation de la BCE. Il faut aussi que la constitution européenne entérine une fourchette entre les salaires minimaux et maximaux (1 à 10, 1 à 20 ?), plafonne les richesses personnelles individuelles (2 milliards d’euros ?), régule les dividendes (ratio distribution/salariat/entreprise 1/3,1/3,1/3 ?) de façon à juguler, bref mettre de l’ordre dans les disparités sociales. Le peuple pourrait dans ce cas ratifier. Pas de détricotage inutile.

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