222 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 24 FÉVRIER 2012 »

  1. Merci. Votre discours m’a parfois ennuyé. Mais votre dernière ligne droite a récompenser le temps de vie que je vous ai accordé .Je me trouve au final transporté par votre capacité à oser associer des idées. Quel confiance en la vie!

  2. Michel Rocard est le seul à prendre un peu de hauteur de vue.

    Pourquoi jugez-vous impossible de retrouver une croissance soutenue à moyen terme ?

    Parce que nous ne vivons pas une seule crise mais plusieurs. A supposer que l’on parvienne à réguler la finance, il faudra de longues années pour désendetter les Etats. Et il y a le “pic pétrolier” qui sonne le glas de notre modèle de prospérité. L’ère du pétrole bon marché est révolue. La consommation s’accroît alors que le volume disponible diminue. La hausse des prix est aussi inévitable que potentiellement forte. Elle va fortement peser sur le pouvoir d’achat. La récession menace, la croissance rapide est terminée.

    Michel Rocard : “La société de demain sera moins marchande et moins cupide”
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/25/michel-rocard-la-societe-de-demain-sera-moins-marchande-et-moins-cupide_1648319_1471069.html#ens_id=1590109

    1. @ Eg.O.bsolète 25 février 2012 à 12:50
      Michel Rocard voit juste sur beaucoup de points, sauf sur le travail. On s’achemine vers une pénurie d’énergie durant le temps (décennie (s) qu’il nous faudra pour convertir nos moyens actuels de captation sur les stocks en d’autres moyens (captation sur les flux, sur énergie de fusion nucléaire ou autres).

      Or, quand il y a pénurie, selon la nature des individus, certains défaitistes se laissent aller au désespoir et accélèrent leur auto élimination. Ils refusent de se battre. D’autres s’activent d’une manière ou d’une autre pour rechercher ce qui leur manque ou s’emploient à trouver des moyens de substitution, ou à se replier sur des moyens en usage antérieurement (culture manuelle de la terre, abattage de bois à la hache pour se chauffer et cuisiner au bois, élevage d’animaux braconnage etc…)

      Toutes ces activités deviennent du travail pour survivre. Du travail nettement moins productif que celui obtenu grâce à l’usage du pétrole. Toutes ces activités qui, aujourd’hui, appartiennent souvent aux loisirs deviendront des emplois demain, par nécessité.

      Quand je vois les jardiniers de ma ville utiliser des soufflantes thermiques alimentées à l’essence pour balayer les feuilles, ou des engins motorisés pour balayer les rues, ou des camions poubelles avec un seul conducteur à bord qui sans descendre de son poste de conduite charge les divers containers à l’aide de bras manipulateurs, je me demande si on ne recréera pas des emplois là où on en a supprimé un peu vite, quand le pétrole était bon marché. Qu’en sera-t-il quand il coûtera nettement plus cher qu’actuellement et que nous, qui n’en n’avons pas, ne pourrons plus en acheter à ceux qui en auront encore. Avec nos salaires élevés, nous aurons en effet des difficultés à être compétitifs, pour pouvoir vendre quelque chose en échange.

      Les pays du BRIC sont bien plus économes que nous en énergie fossile, ce qui joue sur leur niveau de vie et leur protection sociale. Je connais un jeune homme qui, en stage d’entreprise pour un « BTS Espaces verts » est allé en Chine. Voyant qu’on faisait faire des mouvements de terre à la pelle et à la brouette à des ouvriers, il a demandé au responsable du chantier pourquoi il faisait procéder ainsi, alors qu’il avait à disposition un engin de chantier mieux adapté. Il lui a dit qu’il pouvait ainsi économiser du fioul et l’usure de son engin mécanique et que de toute manière il avait été contraint d’employer un certain nombre d’ouvriers locaux pour obtenir le marché.

      Oui, notre modèle social, fondé sur un financement résultant d’un prélèvement sur les salaires, est en difficulté. Comme l’essentiel du travail, depuis 200 ans, est de plus en plus réalisé grâce à l’énergie fossile, la protection sociale chutera (santé, naissances, vieillesse) ce qui fera chuter la population et le niveau de vie.

      J’ai bien peur que les théoriciens du revenu de base universel n’aient pas suffisamment tenu compte du coût d’acquisition de l’énergie, amortissement des investissements de captation compris. Ce coût est en relation directe avec le niveau de vie, la protection sociale et la durée de vie.
      http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

      1. la protection sociale chutera (santé, naissances, vieillesse) ce qui fera chuter la population et le niveau de vie.

        La totale JduCAC40.
        Une idée par jour, a dit le maître, chantre de la tyrannie du capital…

      2. Les pays du BRIC sont bien plus économes que nous en énergie fossile… Cela ce n’est pas évident !
        Quand au gaspillage d’énergie il n'”est peut-être pas là où on le croit le plus souvent.
        Le retour à la voile et à la vapeur, la galère pourquoi pas, est surtout la vision de ceux qui ne travaillent pas.

      3. Pour tenter de comprendre ce qu’à voulu dire Rocard essayons de voir ce qui peut se cacher derrière le concept de travail. On peut penser à l’emploi dans le cadre de l’entreprise ou de l’Etat, le travail rémunéré, le travail dans le système. Ce travail-là qui est celui du plus grand nombre est amené à se contracter dans de grandes proportions. C’est ce à quoi fait probablement allusion Rocard. Mais bien sûr on peut aussi penser à l’activité productrice de l’individu, le travail qui permet de faire fructifier un capital individuel (une terre, une ressource tangible, un savoir faire), le travail non rémunéré, le travail hors système, ou encore le travail manuel comme substitut au travail devenu le prolongement de l’énergie fossile, un travail hors système ou alors dans le système mais faiblement rémunéré. Ce travail-là en contraste avec le travail qui a caractérisé nos dernières décennies, est amené à se développer là où c’est possible, plutôt en marge du système, et à condition que l’effondrement du système ne précipite pas. Comme ce type de travail est incroyablement moins productif que le travail de l’homme assisté par énergie, personne ne l’envisage comme projet collectif … alors que le shutdown thermo industriel est déjà en cours …

  3. Merci Lac, désolé de vous avoir ennuyé à certains moments, mais les structures européenne, même celles créées par des gens de la base comme les associations que j’ai citées, sont devenues par la force du nombre très complexes, en outre les mécanismes européens doivent tenir compte de la diversité des peuples, ils sont donc eux aussi très complexes, d’où la lourdeur de mon texte, car je n’ai pas voulu y employer le jargon européen qui l’aurait raccourci, mais l’aurait rendu incompréhensible, même ici sur un blog où les membres sont bien informés des sujets politico-économiques. : par exemple, qui ici est familier avec la stratégie 2020 de l’Union Européenne?

    On apprend dans ces associations européennes, à essayer de comprendre le point de vue de l’autre qui a une langue différente et des idéaux variés. On y apprend à trouver les moyens de faire comprendre notre point de vue sans se fâcher.
    Participer à une association comme la “Plate-forme Sociale Européenne” est un excellent entrainement au respect de la diversité.

    Pour ce qui est de votre compliment “Quelle confiance en la vie!” je n’ai pas beaucoup le choix, au sortir d’une période de 4 années de cancer fort heureusement sans séquelles.

    A ce sujet heureusement que j’ai le Blog de Paul Jorion pour m’exprimer et continuer à participer aux partage des idées sociales, car suite à ces 4 années d’absence je n’arrives plus à reprendre le rythme des réunions à Bruxelles: les idées évoluent d’un côté, et les gens changent dans l’organisation. Ce second aspect est plus difficile à suivre quand on a été absent.

    Paul T.

  4. Je regarde cela avec un peu de retard (du coup on ne verra guère ce commentaire), donc je dis juste que je trouve cela épatant pour une intervention improvisée… En effet admettre qu’on ne peut pas et ne pourra pas rembourser une grande partie de la dette est un bon début, mais un début seulement. Je retiens surtout le développement sur la question de ce qui est assurable ou non, cela me paraît très important car l’argument majeur servant à légitimer le développement des dérivés et même de l’innovation financière en général est leur assimilation à des produits d’assurance, il est donc crucial de déconstruire cela. Dans cette perspective le point essentiel est en effet la question de la dépendance mutuelle non seulement des évènements de défaut mais aussi des estimations des investisseurs et donc des variations de prix en général sur les marchés financiers. Pour cela il faut d’abord sortir de la position supposée par toutes les approches d’inspiration probabiliste, qui est qu’on aurait toujours un individu seul et indépendant et en face de lui (et séparés de lui) des états de nature.
    A part ça, même s’il est bien dans les circonstances actuelles d’annuler de la dette, car si on ne le fait pas on est sûr d’être en récession pour longtemps, il faut aussi constater que même si on le fait il n’est pas du tout assuré qu’on retrouve de la croissance, du coup il faut effectivement trouver autre chose.

  5. On parle beaucoup du énième sauvetage de la Grèce mais on semble oublier un peu vite que cette opération s’est faite envers et contre les Grecs qui paieront le prix fort. J’ai entendu dire que le taux de suicides y avait considérablement augmenté. Je poserai quant à moi une autre question : Ce système doit-il être sauvé ? Qui en décidera ?

    1. En Allemagne, on parle en ce moment d’une sortie de la Grèce de l’euro.
      Même les conservateurs et divers lobbys de l’industrie et du commerce n’exclurent plus cette éventualité. La raison en est assez prosaique: ils ne gagnet plus beaucoup d’argent en Grèce, donc on envisage à les “conseiller” (on ne peut les virer) de quitter la zone euro.
      Je pense que serait une très bonne chose, même si le changement sera accompagné d’une phase assez contraingnante pour les grecs. Mais la liberté n’a pas de prix.

  6. Y à une question que je me pose, on aime bien pensée, que le criminel, fait toujours un coup de trop, comme pour inconsciemment ce faire avoir.
    Après coup je repense à une vidéo de Bernard Maris ou il parle de Keynes (optimiste) et de Freud et du désir de mort
    Est-ce que ça va aussi loin? (Freud était pessimiste sur l’avant guerre), ou est-ce que demander 30% d’intérêt à la Grèce ce n’est pas souhaité le premier défaut, qui déclencherait une succession de défaut et permettrait au final le défaut le plus incroyable, les États-Unis.
    Bref est-ce qu’à jouer sur les CDS on souhaite inconsciemment le dernier casse, pour ce faire arrêter (version optimiste).
    http://www.dailymotion.com/video/xhkuji_bernard-maris-capitalisme-et-pulsion-de-mort_news?start=0#from=embed

      1. SUR LE PORT DE DIEPPE
        Louis Aragon / Gérard-André Gaillard

        Le jour de Sacco-Vanzetti
        Sur le port sur le port de Dieppe
        Mais comment cela se fait-il
        Qu’il y eût seulement des guêpes
        Le jour de Sacco-Vanzetti
        Quand les affiches du Parti

        Disaient d’aller au port de Dieppe
        A quoi cela ressemblait-il
        Qu’il y eût seulement des guêpes
        Le jour de Sacco-Vanzetti

        Qu’est-ce que tu croyais petit
        Qu’il allait se passer à Dieppe
        Aussitôt venu que parti
        Pour n’avoir trouvé que des guêpes
        Le jour de Sacco-Vanzetti

        Tu étais malheureux faut-il
        Pour espérer autant de Dieppe
        Comme un changement pressenti
        Mais c’était compter sans les guêpes
        Le jour de Sacco-Vanzetti

        Le mal d’aimer qu’on s’en sortît
        En criant sur le port de Dieppe
        Tu le croyais ferme et tu t’y
        Trouvas tout seul avec les guêpes
        Le jour de Sacco-Vanzetti

      2. http://www.youtube.com/watch?v=gyTmcDmm154&feature=related

        « Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. » Vanzetti

      3. Le grand Benjamin Péret, et Éluard un peu – ils étaient encore potes – à propos de la mort de Sacco et Vanzetti dans La révolution surréaliste en 27…
        REVUE DE LA PRESSE
        Un journal se paie le même prix qu’un soldat, ce qui est une façon commode de faire rendre au civil l’aumône faite au militaire. Parfois, une aubaine se présente. La profanation d’un des leurs allèche tellement tous les soldats inconnus que, ce jour là, les journalistes y gagnèrent un splendide bifteck, et la police de la gnolc à discrétion. Les gros tirages, les éditions spéciales, les galons de brigadier, les hémorroïdes à la boutonnière, les petits plaisirs solitaires des magistrats les suggestions ridicules des jean-foutre de gauche et les hoquets glaireux des journalistes de droite, les défilés expiatoires, tous les bénéfices malodorants, toute la gloriole sucée et resucée, tout le bien-être de la vermine humaine, en attendant… Mais il n’y aura jamais de révolutionnaires satisfaits. A jamais, cette bassesse leur est interdite. Le sentiment de la justice est infini, la colère a les yeux purs et les mains vides.
        Deux hommes venaient d’être assassinés honteusement, tout ce qui mérite de vivre au monde se révoltait contre la hideuse injustice habituelle contre toutes les raisons quotidiennes qu’on avait de les tuer, et répondait par la violence à la pro- vocation que ce crime constituait.
        La racaille américaine faisait, pour la défense du capitalisme contre le communisme, étalage de sa force en exhibant les cadavres suppliciés de Sacco et Vanzetti.
        La France à face de hyène, vomissant les 1.700.000 morts qu’elle a mangés, pour ne pas payer ses dettes, interdisait toute manifestation saoulait ses flics abrutis pour arrêter l’élan de la foule indignée, et décrétait fête nationale le jour du défilé de l’American Légion, association fasciste qui a garanti au gouverneur Fuller qu’elle maintiendrait « l’ordre » compromis par l’exécution de Sacco et Vanzetti.
        Painlevé l’assassin du chemin des Dames, membre de la Ligue des Droits de l’Homme accorde enfin aux officiers et sous-officiers le droit d’arrêter leurs insulteurs.
        Ceux-ci auront désormais le haut du pavé jusqu’à ce qu’ils l’aient sur la gueule. Déjà des adjudants rancuneux glissent dans la poche de leurs anciennes victimes un rasoir à bon marché et non, comme le dit le V autel trop large, un coûteux browning.
        Mais relisons les journaux. M. de Hautecloque qui a des trouvailles bien parisiennes, écrit, dans la Liberté du 25 août :
        Relevons en passant une savoureuse plaisanterie de notre dos-rouge révolutionnaire (M. Vaillant-Couturier ne porte le vert qu’après minuit, dans les boîtes de luxe où il fréquente).
        « L’internationale de la noce, écrit-il, fait la connaissance du vrai Paris. »
        M. Vaillant-Couturier, pour l’opprobre de l’armée, a été officier. Je m’en vais lui dire que« noceur » a fait hier la connaissance de son« vrai Paris », le Paris des vrais de vrais.
        â– Ce « noceur » n’est autre que le poilu inconnu, l’humble, l’immortel, l’héroïque noctambule, dont les métèques soudoyés par M. Vaillant-Couturier sont allés souiller la tombe.
        « L’héroïque noctambule », ma vieille ordure est quand même gardé depuis cela, jour et nuit par des troupeaux d’agents qui le défendent du vrai Paris et de tous les anciens mauvais soldats, de tous les futurs officiers rouges.
        Mikaïl Toukatchevski, maintenant généralissime de l’armée soviétique, faisait en 1917, à M. Pierre Fervacque les déclarations suivantes (2) :
        « La révolution cependant aura des conséquences que vous n’imaginez pas. Tout l’Orient va frémir. Déjà le mouvement de 1905 a contribué à réveiller la Chine d’un très long sommeil. Vous verrez, cette fois, quelle immense poussée. des peuples va se produire ! » Et encore :
        –• Vous vivez, m’assurait-il, sur un fonds moisi ! Les civilisations latine et grecque, que dégoût ! Je tiens la Renaissance à l’égal du christianisme comme un des malheurs de l’humanité Elle a replacé vos intelligences dans des mordes surannés et qui ne correspondent même plus aux aspirations contemporaines. Elle a établi le divorce définitif de votre pensée et de vos besoins Vos besoins matériels, le dêveloppmnent de l’industrie les a décuplés, mais ils trouvent devant eux l’obstacle de votre culture. C’est pourquoi les Américains vous seraient supérieurs s’il n’étaient séduits à leur tour par l’harmonie et la mesure L’harmonie et la mesure, voilà ce qu’il faut dé- truire d’abord. Je ne connais votre Versailles que par des images. Mais ce parc trop dessiné, cette architecture fastidieuse à force de géométrie sont affreux. Personne n’a eu l’idée, chez vous, de bâtir une usine entre le château et la pièce d’eau ? Vous manquez de goût ou bien vous en avez trop, ce qui est la même chose. La mission de la Russie à présent devrait être à mon sens de liquider cet art périmé, ces idées vieillottes, cette morale, cette civilisation enfin.
        Je suis très sérieux. Il y a chez nous une sève artistique toute-puissante. Le moindre de nos moujiks sculpte, chante, rêve et poétise magnifiquement. Et d’autant plus magnifiquement qu’il ne sait rien. Croyez-moi, il serait bon pour l’humanité que l’on brûlât les livres, que l’on prit un bain dans la source fraîche de l’ignorance et de l’instinct. Je pense même que ce serait là l’unique moyen de sauver l’humanité devenue stérile.
        Nous n’y parviendrons d’ailleurs que par la violence. Cette guerre et les soubresauts qu’elle provoque précèdent peut-être ce premier stade : la nudité du monde. Le courage de Michaïl Toukatchevski était naturellement à la hauteur de son intelligence (*) où il était interné, un général allemand, celui-ci lui demanda :
        – Pourquoi ne me saluez-vous pas?
        – Parce que je n’ai pas à vous saluer
        – Otez vos mains de vos poches.
        – Non
        – Vous verrez ce que cela vous coûtera
        Alors, Mikaïl levant insolemment la tête :
        – Combien de marks?
        Visages enduits de sottise et d’hypocrisie, de contentement et de gaîté, comme celui de l’abbé Lepage, qui fit sonner l’Angélus par Louise-Anne- Charlotte sur la tombe du soldat Inconnu et dont Paris-Midi parle en ces termes :
        Et c’est un brave. Il est l’ancien aumônier du 276″ et il a bien mérité la croix de guerre qui est sur sa soutane. Son visage respire la santé, la vigueur et la bonne humeur. Il a vu tant de misères, l’abbé Lepage.
        visages qui souillez l’univers de l’expression distinguée de vos « bons sentiments », nous en avons assez de ne mettre le que sur vos reflets immondes, vous n’êtes pas libres, – ce mot n’a qu’un sens et ce n’est pas le vôtre – et vous « faites » le trottoir sur lequel nous passons. Au ruisseau.
        Paul ELUARD et Benjamin PÉRET

        (*) Le même, enfant, avait, baptisé ses trois chats de noms sacrés : Dieu le Père, Jésus, Saint-Esprit Et ses cris épouvantaient toute la maison :
        « Où diable est ce sacré Dieu le Père ? – Saint-Esprit est sous la table. – J’ai enfermé Jésus dans le placard

        LE CADAVRE EXQUIS :
        «L’HIPPOGRIFFE FRISÉ POURSUIT LA BICHE NOIRE. »
        « LE DOUZIÈME SIÈCLE, JOLI COMME UN COEUR MÈNE CHEZ UN CHARBONNIER LE COLIMAÇON DU CERVEAU QUI OTE RESPECTUEUSEMENT SON CHAPEAU. »
        « MONSIEUR POINCARÉ, HONNI, SI L’ON VEUT BIEN AVEC UNE PLUME DE PAON, BAISE SUR LA BOUCHE AVEC UNE ARDEUR QUE JE NE ME SUIS JAMAIS CONNUE FEU MONSIEUR DE BORNIOL. »
        « L’ÉCREVISSE FARDÉE ÉCLAIRE A PEINE DIFFÉ- RENTS BAISERS DOUBLES. »
        « LA PETITE FILLE ANÉMIÉE FAIT ROUGIR LES MAN- NEQUINS ENCAUSTIQUÉS. »
        (1) A signaler que l’innommable Charles Liindbergh est membre d’honneur de cette bande de fripouilles
        (2) « Revue Hebdomadaire », nos ’15, 36 et 37
        Le Gérant : Louis ARAGON
        Imprimerie spéciale de la Révolution Surréaliste 42, rue Fontaine, Paris-9° Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 4-Z-7919

  7. Le ministre de l’intérieur allemand, Monsieur Friedrich, s’est prononcé ouvertement pour une sortie de la Grèce de la zone euro. Ce serait la seule possibilité pour que le pays trouvera son équilibre: http://www.welt.de
    Dans l’affaire grec, comme ailleurs, on a tendance à sousestimer l’impacte politique. Les prochaines élections en Grèce – qui inquiétent les investisseurs – seront décisives. Je doute que les plans d’austérité iront jusqu’au bout. Le paysage politique grec ne sera plus le même.

  8. Pour moi, il est difficile d’entendre ce mot “progrès” quand on sait le sort infligés aux grecs et les coupes sombres dans les budgets publics.
    Sans parler du déni de démocratie, puisque ce plan de “sauvetage” est adopté avant les élections grecques (sous prétextes d’échéances de remboursement en mars).
    Sauvetage du système bancaire = progès …, soit!
    Peuples européens = régression (l’objectif de ramener la dette à grecque à 120% du pib ne devant être atteint si tout se passe comme prévu qu’en 2020).

    Non, vraiment, je ne vois aucun progrès.
    Voilà mon avis.

  9. Bonjour M. Jorion,

    Votre vidéo est toujours aussi intéressante, merci beaucoup!
    Mais je reste assez dubitatif sur votre analyse sur les progrès en zone Euro
    Ce n’est pas votre optimisme qui me crée des doutes, bien au contraire! Je voudrais moi aussi voir des raisons de retrouver un peu d’optimisme et d’espoir dans nos dirigeants.

    Mais, à mon humble avis, le non déclenchement des CDS relève davantage des petites arrangements entre amis que d’un vision de nos dirigeants pour changer le modèle, pour sortir du “cadre”.
    Ça me rappelle le changement des règles comptables aux USA. Ils modifient les règles quand ça les arrange en fait. C’est en tout cas l’impression que j’ai.

    Enfin, en admettant que vous ayez raison et qu’on arrive in fine à réduire la dette de la Grèce, voire même des pays suivant dans la liste, sans déclencher les CDS, est-ce que ça suffira pour éviter de repartir dans la même direction quelque temps après? Est-ce que ça suffira pour changer de le cadre?
    En fait, avant de se demander si le Capitalisme peut être sauvé, mais ne serait-il pas “sage” de se demander s’il doit ou pas être sauvé?

  10. Bonsoir MR JORION

    Dans votre commentaire vous ne savez pas si la décote qui a lieu sur les titres GRECS peut être également fait sur les titres ESPAGNOLES ou ITALIENS par ex.
    Personnellement je pense que non car je vois très mal les banques provisionnées des pertes à nouveau sur ces pays car je pense qu elles en n ont pas la capacité financière.
    Il ne faut pas perdre de vu que la situation en GRECE peut très vite dégénérée et pourquoi pas tournée en révolution et la se sera le défaut de paiement pur et simple.

  11. Mouai.. Donc concernant la dette grecque en soit ça reste une bonne initiative, mais le problème persiste.

    En fait je ne suis pas entièrement d’accord avec votre analyse, à mon avis cette solution avantage bien plus la mentalité ultra-libéral de notre économie actuelle.. Et même dans un certain sens cela parait logique que l’on en parle pas trop, car avec ce système on pourrait dire malheureusement que l’on met un pansement sur une plaie infectée, le coeur du problème reste intact.

    D’ailleurs même si on imagine que l’ensemble des pays de ce monde puissent avoir leur dette annulée cela ne réglera en RIEN leurs problèmes internes sur l’ensemble de leurs dysfonctionnements.

    Concernant la question, faut-il ou pas enlever une partie de la dette d’un pays et est-il en soit une bonne solution ? Pour cela il faudrait demander à nos chers “amis” oligarque ce qu’ils en pensent.. “Hmm est-ce que je perds un peu d’argent mais garde le pouvoir sur ce système, ou est-ce que je laisse exploser la situation..” Reste à avoir un suivi de la situation économique et sécuritaire du pays et ils trouveront certainement un juste équilibre pour désamorcer le conflit et continuer sur ce schéma économique actuel..

    Salutation Paul Jorion

    Nifelheim

  12. En fait , je suis un peu plus inquiet chaque jour sur la Grèce quant à l’ignominie des politiques que l’on lui applique, toutes inspirées de racisme social et issues d’un milieu qui projette sur les autres sa vision abusive de la société. Un milieu fait de décadents, de fils décadents de leur trop riche famille pour être plus précis.Tous plus ou moins “Tanguy” (du nom du film) pour pouvoir accumuler une légion de diplômes obtenus grâce au confort émotionnel que leur procure leur situation un peu larvaire d’assistés permanents au sein du cocon en coton que constitue leur caste. Et quand le papillon éclot, c’est pour papillonner…Cumuler postes et fonctions multiples, surfer sur la vague, et passer à une autre avant que le rouleau des réalités ne s’abatte sur l’acrobate. Si l’on en croit les équivalents temps pleins que suggère le cumul de leurs salaires , ils travaillent 48H sur 24 , au moins, tout en ayant une vie après le travail effrénée si l’on en croit tous les endroits branchés où ils font des apparitions….Des surhommes! On n’est plus dans la lutte des classes (que je n’ai jamais apprécié d’ailleurs) mais dans la lutte des castes. Et même dans la lutte privée, égocentrique et auto promotionnelle d’une caste qui se vit comme si elle était une élite, alors que sa subsistance n’est due qu’à un plafond de verre empêchant toute autre émergence, et à une forme d’assistanat public où se joue un jeu de chaises musicales. Le manque de pluralité et de mixité amène à une pensée “entre soi”, qui tourne en rond comme un serpent se mord la queue, avec un catéchisme (comme dit Mélenchon) ultralibéral aux accents plus sectaires que scientifiques. Cette situation me déprime, alors entendre qu’il y aurait un petit peu d’espoir, wahou! ça fait toujours du bien , mais j’ai tendance à ne pas y croire (bien que je sois d’ordinaire entièrement d’accord avec vos analyses ; ou devrais je dire que vos analyses m’éclairent plus que toutes autres sur ce que cela m’amène à penser); en fait j’ai lu un article qui parle du même sujet , mais pour y voir au contraire l’illusion d’un progrès, soit l’appréciation inverse de votre analyse ( tout en précisant que l’auteur me semble en général moins fiable que vous). Il pense que les cabinets d’avocats vont s’employer une fois l’accord sur la dette mis en place, à le déboulonner et vont y réussir .voici le lien :

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/vauplane/2012/02/18/les-fonds-vautours-preparent-la-bataille-contre-la-grece/

  13. ” J’ai été pro-européen pendant longtemps… C’était pour une prospérité partagée sur base d’une réelle justice sociale. Mais les niches fiscales profitent uniquement aux puissants et aux riches biens conseillés par l’ingénierie fiscale.

    Les Ets ont ainsi gagné leur tranquillité sans jamais participer à l’effort commun… Et les gros actionnaires sont domiciliés dans les paradis fiscaux… et le tour est joué !
    Tout cela au dépends du contribuable lambda qui n’échappe à rien…
    Sans l’aveuglement ou la complicité de nos mandataires, une telle perversité dans la gouvernance des états et de l’Europe est impossible.

    Nos démocraties représentatives servent les puissants et les riches et trahissent l’intérêt commun.”

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