« SCIENCE » ÉCONOMIQUE STANDARD ET « LUTTE DES CLASSES »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Aux alentours de 1870, les « classes », « états », « ordres », « conditions », les groupes d’acteurs définis en fonction de leur fonction économique au sein des processus de production et de distribution, disparaissent de la réflexion économique pour être remplacés par des individus interchangeables, l’homo oeconomicus « rationnel » au sens de « calculateur » et « optimiseur » d’utilités subjectives.

Pour les représentants de l’économie politique, l’existence des classes était un fait d’évidence parce qu’elle découle de la représentation de la société sous forme d’un « tableau » où des flux circulent entre groupes assurant différentes fonctions dans l’ordre économique. Cartelier écrit, à propos des physiocrates : « Quesnay (1694-1774) va montrer que la société est fondamentalement un ensemble de relations monétaires entre différentes classes, chacune ayant un rôle économique précis » (Quesnay 2008 : 20).

Le principe explicatif du fonctionnement des mécanismes économiques qui est pour les représentants de l’économie politique, celui des rapports entre les classes, est remplacé par les économistes marginalistes dont les travaux débutent au tournant des années 1870, par la concurrence. Un sociologue britannique, Simon Clarke fait observer que : « La théorie pure de l’économie d’échange suppose que la recherche de l’intérêt économique est contrainte par la concurrence, ce qui lui permet de mettre entre parenthèses le pouvoir économique qui résulte d’une distribution inégalitaire des ressources » (Clarke 1982 : 189).

Le fait que je mette moi l’accent sur les rapports entre les classes ne signifie pas qu’il faille ignorer la concurrence comme facteur explicatif mais, et comme on a pu le voir précédemment dans mes explications relatives à la formation des prix, si la concurrence joue un rôle, ce n’est pas parce qu’elle s’exerce entre des individus quelconques, envisagés comme autant d’« électrons libres », mais parce qu’elle s’exerce à l’intérieur des classes elles-mêmes, où la rareté relative des différentes compétences crée un climat de concurrence plus ou moins vive entre ses membres, et c’est cette concurrence interne au sein d’une classe qui contribue à déterminer le rapport de force qui existera entre elle et les autres classes.

Pour les marginalistes, qui « naturalisent » l’économie, qui en font un processus pseudo-biologique à la suite du « darwiniste social » que fut Herbert Spencer (1820-1903) et qui fut à leurs yeux leur mentor, le donné, c’est celui de la division sociale du travail, qui distingue d’abord travail manuel et travail intellectuel, avant d’introduire des distinctions plus fines en fonction de la variété des compétences requises. L’individu qui ne parvient pas à saisir la logique « fondée sur la nature des choses » de la division sociale du travail, et l’utilité sociale plus ou moins grande des différentes niches que celle-ci crée, pourra très bien, selon les marginalistes, en concevoir du ressentiment, et la prétendue « lutte des classes » qui en résulte alors, n’est pas la réaction justifiée d’un exploité ou d’un spolié exprimant sa colère, mais simplement l’expression de son ressentiment par un individu incapable de comprendre la logique de la division du travail, et en particulier que si la condition de prolétaire misérable lui est devenue insupportable, la possibilité lui est offerte – et c’est à lui de la saisir – de devenir un entrepreneur multimillionnaire. Clarke commente : « L’implication immédiate est que la lutte des classes a cessé d’être vue comme un élément fondamental des relations économiques capitalistes pour devenir simplement une perturbation mineure qui apparaît lorsque certains intérêts particuliers cherchent à subvertir le processus concurrentiel en vue d’un gain personnel. Pour le libéral, la formation de classes, et la lutte des classes qui en découle, n’ont aucune légitimité, le rôle de l’État est dans ce contexte-là de légiférer pour prévenir l’apparition d’ententes préjudiciables à la conduite des affaires par le moyen desquelles ces classes cherchent à imposer leur point de vue » (ibid. 190).

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Clarke, Simon, Marx, Marginalism and Modern Sociology, London : Macmillan 1982

Quesnay, François, Physiocratie, présentation de Jean Cartelier, Paris : Flammarion, 2008

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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85 réflexions sur « « SCIENCE » ÉCONOMIQUE STANDARD ET « LUTTE DES CLASSES » »

  1. RÉFÉRENCES : L’économie citoyenne : un nouveau mouvement a vu le jour de Christian Felber – Éditeur : Actes Sud – Date de publication : Avril 2011 – 224 pages – Traduit de l’allemand par : Olivier MANNONI – ISBN 978-2-7427-9698-4

    Les 15 piliers du modèle de l’économie citoyenne (bien commun)

    1. L’économie citoyenne repose sur les valeurs majoritaires qui permettent la réussite de nos relations : confiance, coopération, estime, solidarité. (Les données scientifiques actuelles montrent que les relations réussies sont ce qui rend les hommes les plus heureux et les motive le plus.)
    2. Le cadre incitatif légal de l’économie, aujourd’hui axé sur le profit et la concurrence, est recentré sur le bien commun et la coopération. La réussite d’une entreprise est redéfinie : l’essentiel n’est plus le profit, mais le bien commun.
    3. Le bien commun est prédéfini au cours d’un large processus démocratique, puis confié à une convention économique élue au suffrage direct, et ancré dans la Constitution par votation populaire.
    4. Le bien commun est évalué dans le nouveau bilan central de toutes les entreprises : le bilan citoyen. Plus les entreprises ont une action et une organisation sociales, écologiques, démocratiques et solidaires, plus leurs résultats au bilan sont bons et plus ils atteignent des paliers supérieurs sur l’échelle du bien commun : on peut obtenir un maximum de 1000 points citoyens.
    5. Les entreprises ayant le meilleur bilan citoyen bénéficient d’avantages légaux. Impôts et taxes douanières réduits, crédits à des taux préférentiels, priorité pour les achats publics et les programmes de recherche : autant d’éléments qui leur permettent de couvrir la hausse de leurs coûts.
    6. Le bilan financier devient un bilan secondaire. Le capital n’est plus une fin, mais un moyen. Il ne sert plus qu’à atteindre le nouvel objectif de l’entreprise (contribution au bien commun). Les bénéfices peuvent être utilisés aux fins suivantes : Investissements (avec plus-value sociale et écologique), remboursement de crédits, provisions dans une mesure limitée ; redistribution aux collaboratrices (jusqu’à vingt fois le salaire minimum) et crédits sans intérêts aux entreprises partenaires ; les bénéfices ne peuvent pas être utilisés aux fins suivantes : distribution à des personnes qui ne collaborent pas à l’entreprise ; achats hostiles d’autres entreprises investissements sur les marchés financiers (ceux-ci n’existent plus).
    7. Le profit n’étant plus qu’un moyen, et non une fin, les entreprises peuvent s’efforcer d’atteindre leur taille optimale. Elles n’ont plus à redouter d’être absorbées par une autre et ne sont plus forcées de se développer pour devenir plus grandes, plus fortes ou plus rentables que d’autres. Toutes les entreprises sont libérées de la contrainte générale de croissance et de rachat des concurrents.
    8. Les inégalités de revenus et de fortune sont limitées : le revenu maximal ne peut pas dépasser vingt fois le salaire minimum légal ; la fortune privée est limitée à dix millions d’euros ; le droit de donation et d’héritage à 500 000 euros par personne ; pour les entreprises familiales, à dix millions par personne. Toute la part de l’héritage dépassant cette somme est distribuée sous forme de « dot démocratique » à tous les descendants de la génération suivante : un « capital de départ » identique, c’est une meilleure égalité des chances.
    9. Les grandes entreprises de plus de 250 employés, passent partiellement et, d’abord, par paliers, entre les mains des employés et de la collectivité ; pour les grandes entreprises, ce transfert de propriété atteint les 100%. Le public est représenté par le biais de « parlements économiques régionaux » délégués à cette fin. Le gouvernement n’a pas d’emprise sur les entreprises publiques.
    10. Cela vaut aussi pour les « biens communs démocratiques », la troisième catégorie de propriétaire à côté de la grande majorité de (petites) entreprises privées et d’une petite partie de grandes entreprises mixtes. Les « biens communs démocratiques » sont des entreprises assurant des services de base dans le domaine de l’éducation, de la santé, du social, de la mobilité, de l’énergie et des communications.
    11. Parmi ces biens communs démocratiques, la Banque démocratique joue un rôle important. Comme toutes les entreprises, elle est au service du bien commun ; et comme tous les biens communs démocratiques, elle est contrôlée par le souverain démocratique et non par le gouvernement. Ses prestations de base sont des capacités d’épargne garanties, des crédits à bas prix, des crédits-risque écologique et sociaux, ainsi que la mise à disposition gratuite de comptes courants. Elle peut en outre émettre de la monnaie régionale. Les marchés financiers n’existeront plus sous leur forme actuelle.
    12. La démocratie représentative est complétée par la démocratie directe et la démocratie participative. Le peuple souverain doit pouvoir corriger ses délégués, lancer lui-même des lois et les voter, et contrôler d’importants secteurs de l’économie – par exemple les banques.
    13. Outre la Convention Démocratique de l’Économie ou du Bien commun, d’autres conventions sont nommées pour approfondir la démocratie : Convention de l’éducation, convention des médias, convention de la prévoyance.
    14. Pour ancrer dans l’esprit de la jeune génération les valeurs de l’économie citoyenne aussi profondément que l’est aujourd’hui l’image de l’homme forgée par le darwinisme social et le capitalisme, je propose cinq nouvelles matières d’enseignement obligatoires : science des sentiments, science des valeurs, sciences de la communication, sciences de la démocratie, science de l’expérience de la nature ou de la vie sauvage.
    15. Puisque, dans l’économie citoyenne, le succès d’une entreprise aura une tout autre signification qu’aujourd’hui et que l’on demandera donc de tout autres qualités de direction, on aura plutôt tendance à faire appel aux personnes les plus responsables socialement et les plus compétentes, celles capables de sympathie et d’empathie, celles qui auront en outre une réflexion et une sensibilité sociale et écologique – et à les prendre comme modèles.

    1. @ anita: Euh… Dans l’article 6, vous parlez que de « redistribution aux collaboratrices », c’est sûr ? Pour les mecs, rien ? Même pas un petit SMIC ?

      Sinon, 2 choses me frappent:
      – la simplicité de ce que vous proposez par rapport au texte précédent dont je n’ai rien retenu (désolé)
      – le fait que la 1ère objection me paraisse incompréhensible et tourne autour d’une peur. (re-désolé)

      Moi, ce dont j’ai peur, c’est qu’on continue comme avant, ce qui nous mènerait irrémédiablement au scénario suivant: (prix du pétrole trop élevé) => (crises économiques) => (chaos social)

      Je suis rentré, avec d’autres personnes, dans un combat contre l’aveuglement face au pic pétrolier et on agit de façon non partisane (ni de droite, ni de gauche) et sans prendre position sur les solutions, notamment le nucléaire (sujet de division). Nous avons publié notre appel sous la forme d’une tribune (par hasard) le 22 mars 2012, 44 ans après…
      Cliquez sur mon nom, et vous verrez où on en est après avoir sorti notre truc le jour où, tout le monde s’en souvient, un tueur fou ne voulait pas sortir d’une salle de bains à Toulouse. Notre tribune est parue sur LeMonde.fr sans mentionner le lien vers notre site.

      Aujourd’hui, un député a signé:
      Michel HAVARD
      Président de l’Association Bilan Carbone
      PARIS – FRANCE
      Agir pour une société décarbonée est une priorité pour l’Association Bilan Carbone (ABC).
      Le développement de méthodes pour mesurer et agir, l’engagement de personnes pour convaincre et mettre en place les actions nécessaires sont autant d’étapes fortes pour changer nos sociétés. C’est pourquoi, en tant que Président de l’ABC, je souhaite apporter tout mon soutien à cet appel.

      Une ancienne ministre de l’environnement, Corine Lepage a signé.

      Je suis non-partisan et j’ai dit aux QG de Sarko et de Hollande ceci:
      « Comme expliqué précédemment, notre appel à une mobilisation de la société face au pic pétrolier se veut non partisan. A titre personnel, et comme j’ai pu le constater dans mes activités professionnelles, je pense que le véritable clivage politique n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre les imbéciles (pour rester poli) et les autres. »

      Marie-Hélène Aubert n’a pas apprécié. Rien à foutre. Elle a mon numéro de portable, mais pour le moment, son parti est minable. Zéro député et Madame m’a dit « je n’ai pas de leçon à recevoir ». Ben, si elle veut des leçons, elle a qu’à pas les demander ! Elle va me trouver: je suis pas un minable. Je lui ai demandé de me mettre en relation avec son pote Danny: rien.

      Je crois qu’elle se fout grave de ma gueule: qu’en pensez-vous ?

      Message authentique d’ElaX, 3ème signataire en ligne

      1. Prenons un pari .
        Dans combien de temps d’après vous le moratoire sur l’extraction du gaz de schiste sera -t-il remis en cause en France ?

        – de 5 ans ?

  2. Voilà un sujet de réflexion en vue d’une réorganisation de la société … pour le cas de plus en plus probable où celle-ci serait totalement éclatée.

    Très intéressant, merci.

    1. @ edith

      Certe, mais à force de confronter des théories abstraites (même si comme vous, j’y trouve un intérêt)…. n’y aurait-il pas le risque au final de « liquéfier » les individus que nous sommes… et puisque cet exercice se retrouve partout, à voir une société toute entière se répandre en « flaques » croupissantes…

      Car pour le sujet qui nous occupe ici ( mais c’est aussi ailleurs souvent, voire toujours le cas), il me semble évident que les deux visions brillamment exposées et mises en confrontation par P.Jorion, sont à la fois, et intéressées (dans le sens de calcul partisan) et complémentaires… mais justement, qu’on les prennent séparément ou qu’on en fasse la synthèse… elles ne sauraient créer les conditions d’un « vivre » moins absurde… d’une vision plus enthousiasmante…

      Chacune des visions ont eu leur chance, comme on dit… Elles ont émergé, se sont plus ou moins répandues, ont été idées dominantes ou alternatives… ont été modélisées, analysées, critiquées, modifiées de-ci de-là… mais au final…. Aucune ne répond tout à fait au besoin*** ni n’est totalement dépourvue de fondement…
      ****Je rappelle qu’au point où j’en suis dans mon raisonnement, le besoin est: « une existence ayant du sens » (non absurde)…
      C’est à dire qu’elles ont eu ou ont encore leur raison d’être et en même temps qu’elles portent en elle leur impuissance….
      Alors, une voie sur laquelle on peut cheminer mais qui en même temps ne mène nulle part…. est-ce que cela ne s’appelle pas une impasse…?

      Je dis ça, je dis rien… et voyez, moi-même, présentement, je mets en confrontation deux sentiments mêlés et contradictoires… en prenant bien soin d’essayer de rester objectif…
      Mais, nom d’un petit bonhomme, s’il valait que je donne mon sentiment sur la condition humaine et que je choisisse entre… Objectivité et Absurdité, il est certain que je dirais… « La seule chose sûre, c’est que la vie et donc les règles de vie, sont absurdes… et que la nuance dans l’objectivité est dans le meilleur des cas, une quête… et dans le pire, une impasse… »

      Si nous partions plutôt du principe qu’il est vain de vouloir rationaliser les déférentes visions qui se succèdent (et se superposent), et que le point central demeure la définition de cette quête et du coup, notre positionnement, certe absurde ( et subjectif par définition), mais néanmoins ressenti et…. comment dire…?…. « essentiel »… Est-ce que cela ne pourrait pas nous servir de quête (« la quête de la quête devant l’unique quête ») et du même coup, nous faire sortir (artificiellement peut-être mais tout de même, vécue comme telle), de la sensation d’absurdité qui nous liquéfie….

      Dit autrement… est-ce que la complexité des concepts abstraits que nous manions pour sortir d’une situation qui ne nous convient pas, ne serait pas ce même poison que nous tentons de combattre ( sans le savoir bien sûr, involontairement…)?
      Toujours plus d’absurde pour combattre l’absurde… Absurde non???

      Et que, ramené au sujet d’aujourd’hui, ce que je viens de dire se traduirait ainsi…. Les Hommes se font la guerre dans un monde absurde et quand ils n’utilisent pas la massue, ils se servent de l’argent, de leur influence, de lois qu’ils imposent… et que la tentative de prouver objectivement que les arguments sur lesquels reposent ces lois sont faux, nourrit à la fois l’absurde, la guerre et la victoire de certains sur d’autres… mais ne change rien à la situation…

      Lorsqu’on est en situation défavorable, la première chose qu’on pressent, c’est de ne pas aller combattre sur le terrain de l’ennemi… de ne pas lui laisser le choix des armes s’il les manie mieux ou s’il en est plus pourvu que soi…
      Aussi, je pose la question… Quel est l’ennemi…?
      Pour en être certain il faut je crois poser la quête… et j’ai dis plus haut que dans ce monde absurde, la quête ne pouvait être quelle même…
      Donc, l’ennemi est celui qui n’a pas pour but de donner du sens à la vie… qui ignore, voire piétine la quête pour ce quelle est… la quête pour la quête…
      Mais chacun pouvant se prévaloir de chercher un sens aux choses et que seul ce qui change sont les moyens… Il faut trouver une formulation par rapport à laquelle chacun devrait se positionner…

      Et c’est là que le bas blesse…. Trouver la référence ultime, l’étalon à l’aune duquel nous pourrions juger les actes et les discours et les propositions de chacun… afin de déterminer si oui ou non il s’inscrit dans la quête pour la quête…
      La chose est impossible… Il faut prendre le problème à l’envers…
      On ne peut demander aux gens de ce positionner que par rapport à quelque chose de concret… sinon, on retombe dans le paradoxe exprimé plus haut…
      Il ne faut donc pas que chacun se positionne par rapport à sa propre conduite mais bien par rapport à ce qu’il estime pouvoir accepter que les autres obtiennent… le cadre dans lequel les autres doivent vivre pour être en mesure de vivre cette « quête pour la quête »….

      Il faut donc ne plus argumenter sur le bien fondé de telle ou telle théorie économique ou politique, mais définir à plusieurs (il faut qu’il y est consensus) quelle doit être le minimum vital nécessaire à une vie sur laquelle chacun puisse asseoir sa quête personnelle… pour qu’ensuite chacun se détermine ouvertement…
      Ainsi à l’aune de se minimum vital, un droit pourrait être opposable… et celui qui agirait à l’encontre de cela serait repéré comme ennemi…
      Cela aurait pour conséquence de réintégrer la notion de responsabilité… car aujourd’hui, si vous regardez bien, il n’y a jamais aucun responsable… chacun pouvant se cacher derrière l’idée que le monde et le système est trop complexe pour que personne ne puisse être responsable de ses choix, ses actes, ses paroles…

      S’il y a guerre (ce que je vois chaque jour)… il doit y avoir ennemi… Face à un ennemi, il peut arriver qu’on ressente de la peur… mais lorsqu’on ne peut situer l’ennemi, la peur se transforme en angoisse et l’individu se liquéfie…

      1. En ce qui me concerne, je vous réponds tout de suite : non,

        il n’y aurait pas le risque au final de « liquéfier » les individus que nous sommes

        Aujourd’hui, c’est le temps du questionnement, de la réflexion.

        Quand je lis quelques uns des commentaires, j’y vois des jugements à la serpe sur ce que sont les hommes, les étiquettes qu’on leur colle selon la catégorie, « les bourgeois sont comme ceci, y a pas grand choses à en tirer, les agriculteurs comme ça etc…. « , pensées d’exclusions qui mènent tout droit à la marginalisation des uns et des autres.

        Si aujourd’hui on devait réorganiser une société dans un tel état d’esprit, on courrait droit à la catastrophe.

        C’est bien malheureux mais c’est ainsi. Il va falloir passer par une période transitoire fort douloureuse avant que chacun (puisqu’il est majoritairement admis que l’esprit collectif a disparu), conçoive que son intérêt n’est pas dissociable de celui des autres.

        Il est donc nécessaire de consacrer ces temps à la réflexion, ce qui n’exclue pas des actions, mais ponctuelles.

      2. @ edith

        Ce que j’espère, c’est que ce….

        « … temps du questionnement, de la réflexion. »

        … s’il n’est pas néfaste, ne nous soit pas non plus compté…

        Mais vous commettez un petit glissement sémantique lorsque vous écrivez…

        « … Il va falloir passer par une période transitoire fort douloureuse avant que chacun (…), conçoive que son intérêt n’est pas dissociable de celui des autres. »

        … Le temps ne serait donc pas tout à fait à la réflexion… mais plutôt à la communication…
        Il ne s’agirait donc pas de temporiser pour se questionner mais pour convertir les foules à une conclusion qui s’est déjà imposée dans votre esprit…
        Votre plan de bataille serait donc dans ce cas… la propagande…
        Mais j’imagine que vous voulez dire que la seule vérité possible étant « que son intérêt n’est pas dissociable de celui des autres », si nous laissons le temps de la réflexion à chacun, tout le monde aboutira à cette conclusion… et que le changement ce fera alors sans heurt et dans l’harmonie…

        Peut-être… mais en attendant, la guerre continue de faire rage….

      3. Al,

        Si je vous ai suivi, vous observez la nécessité d’une référence ultime vers le haut et l’impossibilité de l’atteindre. Cette référence se nommait Dieu dans la religion catholique romaine. Vous posez superbement la nécessité impérieuse de trouver cette référence. Je pense que la religion y a son fond de commerce. (NB. Je me considère catholique romain)

        Vous passez à la nécessité de faire le chemin dans l’autre sens. J’ai peut-être le début de la trace d’une idée. (NB. Vous me donnez envie d’essayer de l’émettre) Elle part de Martin Buber et de son « jeu de mots » : « Je et Tu ». Je le traduis comme ma reconnaissance de votre texte, ma reformulation des idées qui y sont exprimées et mon renvoi de cela avec ce que je connais, comprends, sens et vis.

        Cela vérifie, à mon avis, l’exigence de concret, la nécessité de partir de tous petits événements et confirme ou informe ce que vous avez énoncé. C’est donc un critère extérieur à vous de réalité de vos opinions, i.e. vous la recevez de moi. De mon côté, je ne sais pas si je suis dans la vérité et la réalité quand je vous écris. Votre réaction me dira si je vous ai compris ou pas.

        Cette approche des réalités humaines est généralisable.

      4. @ DidierF

        Du concret oui, y a qu’ça d’vrai…

        J’avais proposé entre autre la création d’un pays sans territoire, ou plus précisément, d’un pays dont le territoire serait celui de la pensée…
        A part cette petite différence rien ne le distinguait d’un autre état démocratique…

        Je vous la fais courte… L’objectif étant de tracer sa route sans se soucier de ce qui se dirait et se ferait à côté… Un état, des textes de loi, des élections, des projets concrets, des droits, des devoirs… Histoire de commencer dès à présent (puisque la route sera longue) à construire le pays Monde…

        Mais bon, je dois vous l’avouer, personne ne fut intéressé…
        Et quand je dis personne… c’est, pas une seule personne… zéro…

        Finalement, je pense que la situation convient à tous… pour une raison ou pour une autre, il n’est pas question de sortir du cadre…
        La reflexion économique, philosophique et politique… comme la chanson, c’est fait pour passer le temps…
        C’est que ça ne doit pas aller si mal que ça…

      5. Al,

        Vous nous placez dans la position du névrosé. Il sait que quelque chose ne va pas. Il sait qu’il faut se débarrasser de ce truc. Il peut même l’analyser, le reconnaître, savoir quand il y succombe. Il ne sait pas quoi mettre à la place. Alors il va faire des théories sans fin en supposant que s’il analyse le tout correctement il va guérir (Merci à Freud). Par expérience personnelle, cela fait approfondir le cadre, le complexifier et même l’enrichir. Le hic est que le cadre reste intact. Il sort même renforcé de l’opération.

        Votre idée vide de tout sens une part énorme de toutes les discussions (et sur le net, il y en a beaucoup) de toute valeur. Vous êtes arrivé au bout de ce que la raison peut donner à un individu. Si je vous ai compris, nous sommes d’accord.

        Votre idée donne la mesure de la puissance de l’idée marginaliste abordée dans l’article ci-dessus. Cette idée nous place dans un cadre rigoureusement individuel. Elle nous pousse à pratiquer l’analyse rationnelle de la situation selon son cadre. Il est postulé que c’est une bonne idée et que si elle est comprise alors les bénédictions nous pleuvront dessus.

        Vu sous cet angle, Freud pratique l’individualisme associé au marginalisme. Les socialistes supposent qu’en aménageant ce truc de quelques nouvelles règles il devient vivable, i.e. ils acceptent cette idée. L’idée que si on comprends le truc et que l’on partage les énormes bénéfices du truc tout le monde sera riche. C’est l’état dit de communisme. C’est aussi réaliste que le bonheur de la société de marché. Il nous est promis une prospérité analogue à celle promise par le communisme si on applique assez fort les règles libérales. Cela évoque pour moi l’idée que si on applique le truc correctement nous serons tous heureux et repus.

        Si le chemin de la raison est suivi, c’est le seul possible. Il peut passer par le libéralisme le plus pur ou le communisme le plus dur (ou inversement), c’est le même chemin. Vous en avez noté l’impasse vers le haut (idée de religion – problèmes) et avez vécu l’impasse vers le bas (zéro intéressé).

        Qu’est-ce qui manque ? Je suis incapable de la formuler mais je crois que cela ne passera pas par le net. Je ne sais pas si j’ai raison.

        Vous avez proposé de construire un pays sans territoire. L’idée reste bonne malgré ses énormes problèmes.. Quels sont les devoirs des citoyens de ce pays sans territoire ? Quels sont leurs devoirs ? Quand est-ce que je suis sur ma route ? Quand est-ce que je la trace ? Quand est-ce que je m’égare ? Comment se rencontrer dans ce monde ? Comment se reconnaître ? Il y a encore une autre difficulté. Est-ce que le monde de la pensée n’existe pas maintenant ? Comment éviter ce qui déchire les religions entre elles ? Comment éviter de devenir un doctrinaire borné ? un idéologue envahissant ? un causeur creux ? Je suis influencé par ma religion catholique romaine mais cette religion me semble être un pays sans territoire (Je vous concède le Vatican mais il me semble très secondaire).

        Je commence à comprendre pourquoi vous n’avez eu aucun succès. L’idée reste bonne. Nous avons absolument besoin de ce pays. L’alternative est si moche que je garde cette idée.

      6. @ DidierF

        « Vous nous placez dans la position du névrosé. »

        Oui et non… pour ceux qui en souffre, oui… pour les autres, non…

        Par contre schizophrénique, ça c’est certain… Je parle des règles de la société bien sûr, pas de maladie singulière ou individuelle….
        Les principes sont incompatibles… et du coup, impossibles à penser…
        D’où la nécessité d’agir petitement mais opiniâtrement… de revenir à des actes concrets… d’avancer sur du solide…
        Et le premier des actes est de reconnaître la contradiction des ordres donnés… des règles enseignées… des lois antinomiques et impossibles à respecter…
        Tout le foutoir, quoi…

        « … Il ne sait pas quoi mettre à la place. »

        … ça, je ne suis pas sûr que ce soit le problème…
        Lorsque vous rencontrez une femme qui vous plait, vous n’avez pas besoin d’avoir tout un scénario ficelé de A à Z pour vous jeter à l’eau… En politique, il faut aussi un peu d’improvisation… ça fait pas de mal… au contraire…
        Non, le problème, c’est l’envie de se bouger et le plaisir d’agir sur la matière…. Et ce qui fait bouger le mammifère, c’est l’insatisfaction… Voilà pourquoi je disais « que ça ne devait pas aller si mal que ça… »
        Il doit y avoir suffisamment de choses à perdre… mais je me demande ce que ça peut bien être… Michel Drucker peut-être…….
        Bon, et puis ne soyons pas naïf… les contes et les mythes, c’est pas fait pour les chiens…
        Et puis il y a tout ce qui n’est pas de l’ordre du mythe… un chien policier, un CRS, un huissier, son banquier… ça peut faire mal tout de même, si on s’le prend sur la tronche…
        Alors le deuxième acte pourrait être par exemple de démêler tout ça…

        « Cette idée nous place dans un cadre rigoureusement individuel. »

        Je pense que l’être est par essence individuel… mais dès qu’il naît et plus il grandit, plus il devient le groupe… et le groupe en plus, par définition, est lié par des règles… C’est pour cela que ce genre d’abstractions est sans fin… Penser l’homme, c’est impossible enfin… En plus il n’arrête pas de bouger, comment voulez-vous prendre la photo…?
        Pourquoi ne pas plutôt penser les règles qui lui permettra d’être « homo oeconomicus » si ça lui chante ou de se vivre en tant que groupe, plus ou moins grand, d’être ceci ou d’être cela…
        Pourquoi penser l’Homme pour lui tailler un cadre qui lui convienne… alors qu’il serait si simple de créer un cadre qui convienne à tout style d’Homme…
        Une seule réponse… La main mise de certains sur les autres… Voilà pourquoi je disais que l’on était en guerre et voilà un troisième acte concret possible… Définir l’ennemi (celui dont la pensée, les actes, les prises de position sont néfastes pour le groupe…)
        On n’a besoin de personne pour faire cela, ça ne coûte pas d’argent… Il faut juste placer une référence et ensuite juger concrètement du positionnement de chacun par rapport à cette référence…
        J’avais proposé de définir un minimum vital sur lequel un être humain pourrait asseoir sa quête personnelle (quelle qu’elle soit)… Mais ça peut être autre chose… j’ai l’esprit large…
        Ensuite, les choses seront claires…
        On saura qui est pour et qui est contre… et évidement dans un monde mondialisé, l’idéal serait de le faire à l’échelle mondiale… d’où l’idée d’un pays sans territoir…

        Récapitulons…
        1/ Créer un pays sans territoire… dont l’objectif est de sauver le monde… chacun demandant un droit d’asile…. ça n’engage à rien et ça donne le droit de participer à la création de cet Etat… de proposer des idées qui seront triées, classées, discutées, analysées, votées…
        2/ Plancher sur l’exposé qui montre que les règles actuelles sont schizophréniques (et impossibles à respecter)
        3/ Faire la part des choses entre celles qui sont de l’ordre du vrai risque et celles qui sont de l’ordre du fantasme… démêler le bordel ambiant… trier l’info et l’intox…
        4/ Poser une référence… mon « minimum vital »… et le chemin pour y arriver
        et 5/ Soumettre la référence à tous pour qu’ils se positionnent clairement…

        C’est de la pensée, certe… mais c’est concret… et ça à pour but d’impliquer tout le monde…

        P.Jorion avait proposé quelque chose de cet ordre, mais concernant un collège de sages qui auraient planché uniquement sur la refonte du capitalisme… Je vous dis pas la volée de bois vert qu’il avait encaissé… Ensuite, il était passé à autre chose et tout était rentré dans l’ordre… la bonne humeur générale avait repris ses droits…
        Et il n’avait pas proposé ça sur le site de l’Union pour un Mouvement Populaire… non, c’était sur son blog… ici

        « L’idée reste bonne malgré ses énormes problèmes.. »

        Il n’y a pas d’énormes problèmes… à part celui de ne pas vouloir vivre les valeurs que l’on défend…

        Ce que je sais, c’est que temps qu’on ne pique pas de pognon à ceux qui on le pouvoir de vous en créer de sérieux (des problèmes)… ils vous foutent la paix… trop contents que vous les laissiez se partager le gâteau…
        Le seul risque c’est de passer pour des hurluberlus… mais c’est un avantage, ça nus permet de bosser tranquil… Et puis quand tout est ficelé, on leur tombe dessus… le temps qu’ils réalisent, le courant sera irréversible…

        « Quels sont les devoirs des citoyens de ce pays sans territoire ?
        Quels sont leurs devoirs ? « 

        Si tout était déjà listé… ça ne serait pas un nouveau pays et nous n’aurions plus à créer ce territoire d’idées

        « Quand est-ce que je suis sur ma route ?
        Quand est-ce que je la trace ?
        Quand est-ce que je m’égare ? « 

        …ça, c’est de l’ordre de l’intime… le pays laissera beaucoup de place à la recherche intime… c’est son objectif

        « Comment se rencontrer dans ce monde ?
        Comment se reconnaître ? »

        … l’idée est surtout de poser une référence autour de laquelle se réunir (le point commun)… ne plus pointer les différences mais oeuvrer à soulever Le point commun, la référence minimale et ultime qui sera quasiment la seule règle… le reste n’étant en fin de compte là que pour affermir La règle de base…

        « Il y a encore une autre difficulté. Est-ce que le monde de la pensée n’existe pas maintenant ? »

        Il n’existera jamais un seul monde de la pensée… mais plusieurs… des milliers…
        Là, il s’agit d’en développer un qui n’a jamais été tenté… Ce pays est une quête… cette quête est de créer (concrètement) un pays dont la règle de base ne puisse être repoussé par personne… C’est le point commun… la référence… le mètre étalon… l’aune auquel tous les autres mondes de pensée seront appréciés…
        Ils iront dans ce sens ou ils iront contre… et le pays le dira… ceci ne va pas dans le sens du Point que tous les êtres Humains ont en commun… certains seront lésés…
        Le pays laisse libre chacun de penser comme il le souhaite, juste, il s’exprimera et évitera l’enfumage et les abus de confiance…
        … ça permettra de savoir qui fait quoi… de savoir où est l’ennemi du « bien de tous », celui qui veut se refaire sur la bête, le petit malin qui fout tout le monde dans la merde… On lui dira… « On t’as vu… »

        « Comment éviter ce qui déchire les religions entre elles ? »

        Les religions ont trop de règles, de limites, d’obligations…
        Elle détiennent la vérité… nous, on aura le consensus…
        Les religions portent en elles la division… il faut y adhérer exclusivement…
        Le pays lui, cherche à arrondir les angles… à penser pour ceux qui n’ont pas le temps… Il n’est pas une limite et ne répond pas aux questions intimes… Il laisse cela à l’Homme…
        Chacun sa quête… mais le pays dira où vont toutes ces quête personnel… dans un sens qui ne sera pas néfaste à d’autres ou au contraire, vers la spoliation de certains… (toujours par rapport au minimum vital)

        Comment éviter de devenir un doctrinaire borné ? »
        un idéologue envahissant ?
        un causeur creux ?

        Le pays lui-même, son principe… le fait qu’il ne soit qu’un territoire de pensée… rien d’autre à gagner que la quête… et l’accord de tous autour d’un point de convergence…
        « Je suis influencé par ma religion catholique romaine mais cette religion me semble être un pays sans territoire (Je vous concède le Vatican mais il me semble très secondaire). »
        L’objectif du pays n’est pas de commander aux âmes… nous, on est un groupe de pression… pour infléchir l’activité des hommes dans de moins odieuses directions…
        La critique des CDS à nu n’est pas du ressort de Benoît XVI…

        « Je commence à comprendre pourquoi vous n’avez eu aucun succès. »

        Ah, génial… faut me le dire alors…

        « L’idée reste bonne. Nous avons absolument besoin de ce pays. L’alternative est si moche que je garde cette idée. »

        Super… vous êtes le premier… si ça se fait, vous resterez dans les livres d’histoires…

        Bon soir Didier

      7. Al,

        Je ne vous oublie pas. J’ai un début de réponse à votre message. Il ne concerne que votre réaction à deux phrases. Elle est déjà plus longue que votre réponse.

        Je ne fais ici qu’une remarque préliminaire. Après avoir écrit ce début, j’ai remarqué qu’il n’y a aucun rapport entre n’importe quelle analyse de quelque valeur que ce soit et le fait de « se jeter à l’eau ». Vous avez une idée qui me plaît mais pour l’appliquer il faut se jeter à l’eau. Ça c’est comme observer une dame séduisante et l’approcher. L’analyse est ici l’observation de la dame. Lui parler a une valeur totalement différente.

        Cette opération est indicible.

      8. @ DidierF

        Non, c’est juste que l’exemple était peut-être mal choisi… j’aurais tout aussi bien pu dire que ce n’est pas bien grave de se plonger dans la bible et d’en discuter avec d’autres… Qu’est-ce qu’on risque…? de ne pas trouver la foi… Bon!… par contre, si on l’a trouve…

        Ce que je voulais dire, c’est que créer ce Pays n’est pas plus compliqué formellement que de créer un club de pétanque finalement… mais ça n’est pas en « pensant » la pétanque durant 20 ans que le club se créera…

        … ça voulait dire aussi qu’il ne faut rien brusquer… mais que quite à discuter tout un tas de valeurs, autant le faire dans un cadre qui se fortifie… c’était la différence entre idées et idées concrètes…
        Voyez le cite de P.Jorion, le Pays ne serait pas grand chose de plus, surtout au début… et si P.Jorion n’avait pas fait ce blog… ben, un certain nombre de choses n’auraient jamais vu le jour…

  3. D’où : (je vais peut-être dire une bêtise)
    Si on ne peut réformer le capitalisme, on le peut de gouvernement(s). Ce on, étant le peuple. Mieux, car impératif dorénavant, nos peuples, c’est à dire ici, les peuples de l’Europe.
    Vive, donc l’Europe des peuples unis. Vive l’union européenne.

  4. « Le rôle de l’État est dans ce contexte-là de légiférer pour prévenir l’apparition d’ententes préjudiciables à la conduite des affaires par le moyen desquelles ces classes cherchent à imposer leur point de vue »

    Les LOBBYS ne rentrent-ils pas dans cette catégorie?

    1. Adam Smith : « Il n’est pas difficile cependant de prédire laquelle de ces deux parties l’emportera ordinairement dans la contestation et forcera l’autre à se soumettre aux termes qu’elle veut imposer. Les maîtres, étant moins nombreux, peuvent s’entendre plus facilement . » (La richesse des nations 1776 : cf. Le prix 2010 : 160).

      1. C’est ce que je me tue à dire. Et à chaque fois on me traite de complotiste.

        Alors que je ne parle nullement de plans occultes. Seulement de cartellisation sur des intérêts communs. Je ne savais pas que le Medef était un complot à ce compte là.

      2. Bonne réponse, que je complète en actualisant:
        ils disposent aussi des ressources qui permettent de louer les services
        de ceux qui ne sont pas propriétaires des moyens de production,
        jusqu’à disposer d’un appareil d’Etat et d’une « bande d’hommes armés ».

        Seul un rapport de force permettant de démanteler cet Etat,
        et d’empêcher sa reconstitution permet d’imaginer le changement.

      3. Meuh non! Dans les circonstances actuelles c’est le soma qui va l’emporter sur le germen, les gueux progressistes sur l’élite conservatrice. On appelle ça une revolution. Il n’y a pas le choix! C’est ça où la mort de notre société. Et les jeunes n’ont pas envie de mourir. Enfin je ne crois pas. Y sont oú au fait?

    2. Les maîtres, étant moins nombreux, peuvent s’entendre plus facilement

      Plausible en apparence… En pratique, la concurrence peut exister sur un marché avec très peu d’entreprises, parfois une seule à condition que l’entrée soit potentiellement facile. Cf. Boeing et Airbus : marché mondial partagé entre deux acteurs, forte concurrence.

      1. Autre exemple: Free sur le marché du mobile.

        L’entente sur les prix initiale est cassée, par l’arrivée d’un 4ème opérateur (qui investit, dans l’espoir d’obtenir rapidement une part de marché significative…).

      2. @Gu Si Fang et Bruno : En quoi vos exemples illustrent-ils la lutte des classes dont il est question ici ?

        Les maîtres, étant moins nombreux, peuvent s’entendre plus facilement

        Plausible en apparence…

        En pratique c’est confirmé par : la solidarité dont fait preuve l’élite financière depuis la crise de 2008 face à toute tentative de régulation ; l’impuissance des populations à empêcher les mesures d’austérité.

  5. Je soupçonne ici un nouvel extrait du livre à paraître (Je vais finir par ne plus avoir besoin de l’acheter si ça continue ! 🙂 )

    Mais je trouve très bien venu ce rappel de la différence (fondamentale) entre la théorie classique (Smith-Ricardo-Marx et même donc Quesnay déjà) et le marginalisme. Différence trop ignorée à mon goût par beaucoup de gens ici qui mettent tout ça sous le seul nom de libéralisme (avec ou sans préfixe !).

    Je m’attends maintenant à un texte nous disant comment dès avant les années 20 Keynes revient sur ça et comment il est contrebattu 25 plus tard par les Von Hayek & co qui eux créent le néolibéralisme (et ses variantes). (En fait même plus tôt : dès les années 30 par l’école autrichienne).

    Merci de ce texte !

  6. Faut le faire, quand même.
    Que quelqu’un d’aussi érudit, intelligent, expressif, populiste, écrivain de renommée, docteur, master, supérieur, (tiens, ça rime, tout ça…) qu’Herbert Spencer vienne à parler de lutte des classes pour la critiquer, chapeau.
    Pour rappel : dans le communisme pur, un ingénieur était payé DEUX fois plus qu’un ouvrier. Point. Et tout le monde était content.

    1. Ouais! Et ceux qui étaient aux goulags étaient encore plus contents à crever lentement dans le silence sibérien pour ériger le communisme pur et radieux par moins 40°C!
      Et gratuitement en plus!

      1. @Tikarol et Tano :

        Dans le capitalisme pur, les riches sont contents d’être riches, les pauvres sont contents pour eux (de toute façon c’est de leur faute s’ils sont pauvres alors faut pas trop la ramener). La classe moyenne qui est moins pauvre mais pas assez riche pour décider, est contente d’être au milieu mais elle flippe quand même d’être plus pauvre alors elle la ramène pas trop.
        Les riches ils sont quand même contents qu’il y ai des pauvres, comme ça ceux du milieu la ramènent pas trop.
        Avant, dans le capitalisme pur, il y avait une lutte des classes, les riches contre les pauvres. Mais cette lutte était mauvaise pour les affaires, alors les riches se sont concertés et se sont dit : » faisons croire à quelques pauvres qu’ils méritent et laissons les encadrer les autres, comme ça, nous pourrons nous consacrer entièrement à notre enrichissement ».
        Après donc, dans le capitalisme pur, pendant que les pauvres et les moins pauvres se neutralisaient, les riches s’enrichissaient encore plus.
        Maintenant, dans la capitalisme pur, comme les riches ne peuvent plus s’enrichir autant qu’avant, et que les moins pauvres commencent à avoir certaines prétentions de riches, et bien les riches se sont à nouveau concertés et se sont dit : « rappelons leur qui décide ».
        Les moins pauvres, effarés, se sont écriés :  » c’est scandaleux, nous méritons ! »
        Les riches de leur répondre : « prouvez le, travaillez plus ! »
        Et les pauvres dans tout ça ? comme d’habitude, ils n’ont pas voix au chapitre, mais depuis le temps, ils sont habitués, ils ne se font plus d’illusions…

        Capitalisme, communisme, même combat !

      2. @ Tikarol

        Exactement! Le problème, c’est cette quête imbécile vers une pureté irréelle qui n’existe pas et n’existera jamais, que ce soit pour le communisme ,le socialisme ou le capitalisme.

      3. @ Tano

        Tout à fait… c’est comme pour la connerie… c’est quand elle devient de la pure connerie que ça pose problème

  7. Le Jardin d’acclimatation exposa derrière des grilles des « sauvages » à partir de 1877, pendant un quart de siècle, vingt-deux expositions se tiennent, parfois hyper naturalisées avec des animaux issus de leur région. Après on espaça, la dernière expo eut lieu en 1931, et les « sauvages » appartenaient aux diverses contrées de l’empire colonial français, acclimatés à leur futur costard d’homo oeconomicus. Deleuze dit dans son Abécédaire que ce qui différencie l’homme de gauche et de celui de droite est une affaire de perception: celui de droite commence par soi, puis son coin d’habitus, puis après le reste du monde qui à mesure qu’il s’éloigne est étrange ou ennemi. De gauche on perçoit d’abord un horizon, avec le sentiment que ça ne peut pas durer. Je rajouterai que vous penchez inévitablement à droite quand une fois que vous avez cru trouver du sens dans les choses, vous vous sacrifieriez à croire qu’un tel sens a toujours été là.

    « La vie n’a d’autre sens que l’allégresse du réel s’opposant au néant. Mais nous autres, humains, supportons mal la joie spinozienne, et nous nous empressons de fabriquer un sens pour tous : tel celui du haut et du bas. L’histoire comme fiction semble être une lutte pour inventer un haut d’où l’on puisse surplomber les autres, comme s’ils étaient en bas; et, s’ils n’y croient pas, les y obliger ».

    (Clément Rosset, Le Réel et son double).

    « Le nègre qu’on ramène chez lui après l’Exposition universelle, et qui, rendu fou par le mal du pays, au milieu de son village et des lamentations de sa tribu, joue avec un visage extrêmement sérieux – comme une tradition et un devoir – les petites scènes drolatiques qui enchantèrent le public européen comme autant de mœurs et de coutumes d’Afrique ».

    Franz Kafka / Cahier in-octavo G (18 octobre 1917 – fin janvier 1918).

    1. @ Roma
      La simplicité des termes dans lesquels vous posez le problème me plaît.
      Le/la « de droite »: le « je » d’abord.
      Le/la « de gauche »: le « nous » d’abord.
      Unité dans la diversité et diversité dans l’unité.
      Y a-t-il une efficacité à choisir un camp plutôt que l’autre?
      Ordre « de droite » d’abord ou « équivalence « de gauche d’abord »?

      Exemple soient à classer les 36 factures mensuelles sur 3 ans « gaz, eau, élec ».
      1ère façon: ordonner par mensualité puis ventiler par équivalence « gaz, élec, eau »;
      2ème façon: classer en trois tas, trois classes d’équivalence « gaz,eau,élec » puis ordonner chaque tas par mensualité.
      Et comme ça, au pif, la solution 2 me semble plus efficace.

      En faisant varier les deux paramètres « nombre de fournisseurs », « nombre d’années », il me semble plausible qu’on arrive à un conflit entre les tenants de l’ancien paradigme « Il faut continuer de faire comme ça parce qu’on a toujours fait comme ça » et les tenants du changement.
      Je suis profondément convaincu que la France (et le monde) en sont politiquement là.

    1. @ titi
      Je ne vois pas ça comme ça.
      Avant le dirigeant tenait son pouvoir temporel d’une délégation de pouvoir divin, le « Verbe ».
      Le néo-darwinisme a substitué au verbe divin le code génétique, nouvelle loi préconstitutionnelle et universelle qui s’impose consciemment (concurrence libre et non faussée en Europe) ou inconsciemment. Il y a donc seulement un tout petit progrès: un droit de vote très formel par lequel nous indiquons qui nous choisissons pour appliquer cette implacable loi de la nature. sinon c’est comme avant et même, selon le roitelet en place, ça peut parfois être pire.

      Je suis profondément convaincu que la démocratie directe est l’inéluctable aboutissement. Car c’est ainsi que la morphogénèse animale se fait. il y a conflit permanent entre le soma et le germen, entre les progressistes et les conservateurs. Les conservateurs résistent tant qu’ils peuvent car c’est leur nature et leur raison d’être. Jusqu’à ce que…

      1. @ Basic Rabbit

        Dans un contexte de lutte des classes voilées, on nous fait croire que les classes n’existent plus par une ribambelle de subterfuges (il y a plein de billets et commentaires sur ce blog pour l’illustrer dans le détail).
        Un exemple : l’héritage se transmet toujours plus (et de plus en plus) via l’accumulation croissante du capital alors que le discours dominant nous vend une soi-disant égalité améliorée par le mérite et l’effort (voir l’évolution du coefficient de Gini sous le régime sarkozyste).
        Tout cela est parfaitement argumenté dans « le capitalisme à l’agonie » par exemple via le jeu de l’intérêt d’emprunt mais aussi chez d’autres intellectuels progressistes (Lordon, Sapir, …)
        Je suis donc en désaccord avec votre thèse du néo-darwinisme.
        Le Pouvoir dans le système capitaliste (monde industriel, haute banque, journalisme, politique, show business qui n’est plus qu’une constellation de « fils ou de fille de ») n’est ni le produit d’un inné génétique, ni celui d’un acquis par le mérite. Il est juste devenu le résultat d’un processus d’accumulation et d’héritage. La société du renvoi d’ascenseur perpétuel.
        Il est consternant par exemple lorsque l’on regarde de vieilles émissions politiques des années 80 de voir que ce sont toujours les mêmes journalistes qui monopolisent l’antenne (sans nier le talent, il y a quelque chose qui doit interroger en terme de réseaux et d’égalité, de « capital médiatique », rentes de situation).
        En fait, c’est là où la sélection devrait être la plus cruelle que l’on se rend compte qu’il y a une transmission du Pouvoir par l’héritage et une protection via des réseaux d’influence puissants qui s’entremêlent de plus en plus dangereusement.
        Les 99%, eux, sont mis en concurrence dans le monde entier alors que ce sont eux qui devraient être protégés.
        Ceci dit, on peut discuter votre thèse darwiniste sous un autre angle qui retourne l’argument.
        En effet un tel système où la concurrence est biaisée par l’héritage du capital détruit la véritable sélection nécessaire par le talent, l’intelligence et le travail; dans la Nature, on remarque à chaque fois qu’un tel système où le sang neuf est détruit conduit inéluctablement à la dégénérescence.
        On peut méditer sur le monde aujourd’hui et son état grave quand on sait que les noms des grandes familles bourgeoises n’ont pas beaucoup changé depuis 1789 (Rotschild, Schlumberger, …)

        Concernant le démocratie directe, c’est un autre débat et je ne me sens pas armé pour en discuter. Je pense que la représentation est nécessaire mais vu la rapidité avec laquelle les réseaux évoluent, il y a effectivement des avenirs bien différents qui se profilent. Cela signifierait beaucoup de temps nécessaire pour jouer son rôle citoyen de manière éclairée et réfléchir à l’utilité de notre travail, de nos loisirs, etc… Soit une remise en cause radicale à laquelle j’aspire mais qui aujourd’hui n’existe qu’à l’état d’utopie.

      2. @ Basic

        Sans remettre en cause vos propos, ni leur pertinence, mon cher Basic et en toute sympathie.
        Cependant je me dois de constater et de vous témoigner une remarque. C’est le nombre incalculable de fois où vous employez le mot de darwinisme (ou néo-darwinisme).
        Cela me choque toujours un peu. Pourquoi ?
        Parce ce que derrière ce isme (souvent) se cache un homme
        Darwin n’est pas darwinisme. Marx n’est pas marxisme. Freud n’est pas….
        Bref. Tout is(th)me peut cacher une autre terre. Il ne faut pas que ces ismes répétés à la queue leu leu ne nous fasse oublier ou rejeter la pensée originale de Darwin qui est un grand homme.
        (Nous l’avons assez vu avec Marx, où autre ne se gênait plus de jeter le bébé avec l’eau du bain.)
        Et que vous êtes, en tant que « thomien », à l’abri de tout isme.
        Alors pas de thomisme entre nous. Salut smile.

      3. Basic :

        1. Merci pour Thom, même si vous le traduisez (voir M. Serres) très peu; je crois avoir compris où il veut en venir : une intelligibilité du sensible, donc effectivement dans la perspective du logos aristotélicien (nb : allez voir aussi chez les phénoménologues -non, ce n’est pas une obsession mienne, cf. mon tropisme spinozien-, notamment, Rémi Brague, Aristote et la question du monde).

        2. Pan sur le bec en revanche sur deux points : votre confusion permanente entre Darwin et Spencer, d’une part, entre TSE et sociobiologie d’autre part.

        Nb : sur la découverte et le rôle des gènes de construction (bref : la morphogenèse…), et la nouvelle cladistique : http://www.college-de-france.fr/site/alain-prochiantz/

        Bien à vous.

      4. @ jicé
        Merci.
        « Merci pour Thom, même si vous le traduisez (voir M. Serres) très peu. »
        Pouvez-vous m’indiquer une référence de Serres sur Thom?

        « Pan sur le bec ».
        J’attends pour voir:
        « Lorsqu’on rencontre en Biologie un organe ou un comportement dont le caractère adaptatif est évident, le premier souci du biologiste est d’ignorer ce caractère, puis de mettre en évidence les facteurs causant immédiatement le processus. Par exemple, dans l’étude bien connue de l’orientation des feuilles à la lumière, on mettra en évidence une auxine produite par les rayons lumineux et inhibant la croissance du tissu. le mécanisme imédiat du processus est ainsi parfaitement élucidé et, d’ordinaire, la tâche est finie por le biologiste. Mais si, poussés par un sentiment compréhensible d’insatisfaction intellectuelle, nous venons à lui demander pourquoi ce processus est si visiblement bénéfique au métabolisme de la plante, il ne manquera pas d’invoquer un principe de sélection. […] Cet argument paresseux et parfaitement incontrôlable est actuellement le seul dont on dispose pour rendre compte de la finalité biologique. » SSM p.276

      5. @ titi
        « Je suis donc en désaccord avec votre thèse du néo-darwinisme. »
        De quelle thèse parlez-vous?

        Mes arguments s’appuient sur
        1) Le conflit est universel (Héraclite)
        2) La théorie des catastrophe est un essai de théorie générale du conflit.
        On en déduit que « les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés ». Autrement dit on s’autorise des analogies telles que corps humain/corps social.

        Sur le tard Darwin ne rejetait pas le lamarckisme (théorie des gemmules).
        Pour moi le néo-darwinisme n’est que la face mortifère ( individuelle) d’une théorie de l’évolution. Mais, à la suite de Thom, je suis convaincu qu’il y a une autre face, générative cette fois, une face lamarckienne.

      6. @ PHILGILL
        Les terminaisons en « isme » font partie des codes de notre époque.
        Je suis toujours gêné de l’appliquer à Darwin qui doit se retourner dans sa tombe de voir comment est traitée sa théorie. Il faut en effet se souvenir que Darwin n’était à la fin de sa vie pas opposé au lamarckisme( théorie des gemmules). On est donc loin du « Struggle for life » que l’on tente de nous vendre.

      7. pour les ismes c’est une maladie qui n’exclut pas que Darwin, un Keynes doit ce retourner dans sa tombe à chaque fois qu’un plan de relance, l’y associe, mais en occultant l’euthanasie des rentiers.
        C’est comme ça tout les personnages de l’histoire sont simplifiés et désincarnés de la globalité de leurs pensés, ce qui fait que leurs talents aux problèmes de leurs époques, sont désavoués à la notre.
        Et dans un futur pas si lointain, des Jorionistes feront hurler le fantôme de feux Jorion.

      8. Bonjour Basic

        1. Serres n’écrit pas sur Thom… je voulais dire que vous restez généralement dans le langage de Thom sans faire l’effort de le rendre intelligible dans un autre langage. Je comprends aussi pourquoi, au moins en partie : cela vous obligerait (là je vous fait un petit reproche) à vous informer des réalités actuelles de la recherche et des révisions et débats théoriques qui s’y déroulent… Car 1/ Généralement vous attaquez des moulins à vent (qui parle encore aujourd’hui de la TSN comme d’un principe attrape-tout -l’équivalent de la gravitation pour Newton? Peut-être les journaux populaires?) 2/ Vous seriez bien embarrassé d’expliquer la construction du cerveau, la différenciation de ses niveaux, de ses cellules par quelques mécanismes lamarckiens que ce soit, alors que la biologie moléculaire, la biologie de l’évolution, l’analyse biochimique des cellules germinales et la prise en compte du facteur épigénétique nous y conduisent.

        A fouiller dans ma mémoire et à vous lire, me revient en mémoire l’essentiel de la critique de Thom : il voit dans la TSN un argument paresseux du style « dès que j’observe un phénomène, je sors ma TSN ». Ce n’est donc pas la TSE qu’il critique, mais une forme de réductionnisme évolutif, à une époque en outre ou bien les mécanismes biochimiques de construction ne sont pas connus (je n’ai pas souvenir l’avoir entendu prononcer un point de vue sur le rôle des gènes architectes… Nb : pour éviter une nouvelle et inutile confusion : plus aucun biochimiste conséquent ne voit dans le gène un programme… le stade du « tout génome » est mort et enterré… N’attaquez pas ce moulin, il est en ruine, cela ne doit rien là encore à la spéculation pure, mais tout a) à la mesure de l’expression des gènes et à la durée de cette expression sous l’effet d’un environnement; b) à la découverte de la complexité des interactions entre gènes.

        Sinon je maintiens et confirme (ai-je cependant bien vu un début de contrition dans les post suivants?) : vous cuisinez le poulet darwinien à la sauce spencérienne et confondez régulièrement la TSE avec la sociobiologie de Wilson.

        3. Sur ce, je réitère une question que vous avez laissé sans réponse : qu’entendez-vous par être lamarckien, biologiquement parlant? Pourriez-vous me répondre dans la langue de tous les jours et sans citer ni court ni long René Thom.

        A part ça, je trouve précieuse la critique thomienne de l’objectivisme/réductionnisme, en particulier parce qu’elle ne se limite pas à la biologie, parce qu’il n’oublie pas que c’est des vivants que nous parlons. Je comprends parfaitement quant à moi cette belle phrase sur les gains de productivité.

        A bientôt.

      9. @ Jicé

        Thom est un théoricien. Ses modèles sont théoriques. Thom répète de nombreuses fois que les mathématiques n’ont rien à imposer à la réalité. A l’inverse des physiciens et des économistes qui utilisent les maths comme un langage précis et comme un outil (un sac à formules et algorithmes) pour servir leur Réalité-objective.

        De tous temps les mathématiciens ont essayé d’escalader la face nord de la montagne du logos avec le langage des mathématiques: Pythagore, Leibniz, Russell, etc.. Ces derniers ont tous poussé un cri d’orgueil lorsqu’ils ont cru être arrivés au sommet. On a vu la suite. Il n’est pas impossible qu’il en soit de même de Thom, cri d’orgueil en moins.

        La face sud du logos s’escalade en langue naturelle. Mais la langue naturelle est très riche, trop riche, pas assez rigoureuse dans ses définitions (la coupole y veille). En particulier des termes si fondamentaux comme système, message, complexité, information, niveau d’organisation, etc., y sont (très) mal définis. Et tant qu’il en sera ainsi « on » bourdonnera dans le vide, « on » fera des monologues de Lucky.

        Une langue naturelle d’un groupe social se construit, je crois (cf. Jorion), à partir de mots clés, souvent des noms propres, faits pour déshalluciner le psychisme. Le groupe y incorpore des noms communs, faits d’abord pour communiquer (afin de se rassurer) et prolonger ainsi intersubjectivement cette déshallucination, ensuite pour interpréter le monde. Mais l’hallucination primitive demeure et fait douter des interprétations. La langue naturelle nous enchaîne par sa luxuriance, sa complexité, tels les prisonniers de la caverne de Platon.

        Le mathématicien (le vrai -il y en a pour moi fort peu-, pas le « de base » comme moi) est également enchaîné comme tout le monde dans la caverne de Platon. Mais il se délivre du langage naturel en en inventant de nouveaux… en jouant. Il se donne des règles du jeu (des lois), il enrichit son langage en incorporant des définitions (Jorion). Les vrais mathématiciens (c’est à cela qu’on les reconnaît) cherchent à interpréter le monde au travers de leur langage et les théorèmes obtenus. Même si le résultat peut paraître risible, la démarche est ama puissante (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore paragraphe sur l’arithmétique).

        Pour un matheux faire 2=0 n’est pas transgresser un interdit. Il joue. Puis examine les conséquences de cette nouvelle loi. L’introduction des nombres négatifs, des nombres irrationnels, complexes, la preuve du deuxième théorème d’incomplétude de Gödel (une curiosité disait Gödel) ont troublé (parfois profondément) les non-mathématiciens. Entraînant des controverses.

        Les vrais mathématiciens choisissent avec soin leur vocabulaire en vue d’une ultérieure jonction avec le langage naturel. C’est d’ailleurs sans doute le choix de ces mots (rationnel, réel, imaginaire, etc.) qui a créé les polémiques évoquées plus haut.
        On ne peut en effet s’empêcher de rapprocher « rationnel » de « rationalité », « réel/imaginaire » au sens mathématique de « réel/imaginaire » au sens psychanalytique.

        Je pense que cette confrontation vision mathématique/vision « naturelle » du monde a laissé des traces dans la littérature (je pense aux désarrois de l’élève Törless en particulier) en ce qui concerne, par exemple, les rapports du réel et de l’imaginaire.

        Les mathématiques modernes ont crée de nouveaux sujets d’étude, les systèmes dynamiques et, à la suite du pionnier Henri Poincaré, étudient dorénavant les formes métaboliques. Avec des outils que les mathématiciens se sont donnés dès le début: des moteurs qui permettent cette dynamique (le premier et plus simple d’entre eux étant le mornement répétitif +1 des entiers). Alors qu’en langue naturelle (mais pas en musique ni en chant) la répétition est une faute de style…

        Parallèlement les mathématiques ont exploré à leur façon la relation signifiant/signifié c’est-à-dire pour eux la relation géométrie/topologie. Et ils ont aussi exploré, toujours à leur façon, la relation syntaxe/sémantique à travers la relation algèbre/géométrie.

        Au début des années 1960 un progrès décisif (pour les vrais matheux, moi je n’ai pas compris) a été accompli: l’algorithme de la division euclidienne enseigné en CE1 s’étend désormais aux germes de fonctions différentiables. Thom a classifié ces germes, a utilisé cette classification pour ensuite classifier par ordre croissant de complexité les formes métaboliques structurellement stables les plus simples, appelées (le terme n’est pas de lui) catastrophes.

        En visitant un musée Thom est tombé en arrêt devant un modèle en plâtre de gastrulation de grenouille où figurait une fronce, fronce qui figurait également dans sa classification théorique. Je pense que l’on peut dater de ce jour le moment où Thom a cessé de n’être qu’un mathématicien et où il s’est senti capable, comme tant d’autres avant lui, de rejoindre la caverne de Platon avec son rameau d’olivier entre les serres. Il est devenu ce jour le premier(?) mathématicien-philosophe (tiret indispensable). Il jongle entre différentiation des fonctions et différenciation des cellules, les germes de fonctions différentiables ont un rapport avec les germes biologiques, la spécialisation irréversible des cellules initialement totipotentes a un rapport avec le type topologique de germes de fonctions, les cellules échappant à ces spécialisations successives forment la lignée germinale, etc.

        J’ai évolué depuis mes premières interventions sur ce blog (il y a environ 2 ans déjà). L’analogie de Spencer et les rapports néo-darwinisme/ultra-libéralisme passent pour moi dorénavant au second plan (mais restent corrélés). Cf. dans ce billet mon commentaire à titi du 15/04 22:49 pour ceux qui s’intéressent au fil rouge qui me guide actuellement.

      10. @ Samuel

        « Et dans un futur pas si lointain… »

        « On ne pourra que s’étonner, dans un futur pas tellement lointain, de l’étonnant dogmatisme avec lequel on a repoussé toute possibilité d’action du soma sur le germen, tout mécanisme lamarckien. »
        René Thom Esquisse d’une sémiophysique p. 127

      11. @Jicé: vous dites :
        ////// Nb : pour éviter une nouvelle et inutile confusion : plus aucun biochimiste conséquent ne voit dans le gène un programme… le stade du « tout génome » est mort et enterré… N’attaquez pas ce moulin, il est en ruine, cela ne doit rien là encore à la spéculation pure, mais tout a) à la mesure de l’expression des gènes et à la durée de cette expression sous l’effet d’un environnement; b) à la découverte de la complexité des interactions entre gènes. ///////

        Interessant , il me faut aller lire votre lien……. Les gènes restent qd meme une information trans -génération (ce qui autorise a se passer du contact parent-enfants (apprebtissage) ….et autorise les periodes hivernales .
        J’ai souvenir du modèle de l’ hologramme , avancé pour les gènes comme pour le cerveau ….
        La «  »durée de l’ expression » » » m’ intrigue ..Le gène s’ use qd on s’en sert ? ou son caractère hologramme autoriserait des modifs exogènes ?

      12. @ Kercoz
        Pour Thom « le rôle du génome apparaît comme un dépôt culturel »
        ES p. 128
        En faisant l’analogie biologie/sociologie, licite pour Thom, le génome est ama l’analogue de la bibliothèque de l’assemblée nationale et/ou du sénat. On ne consulte cette bibliothèque que lorsqu’il y a problème. Ainsi Paul Jorion revisite des lois de la fin du XIXème siècle, voire des lois concernant la propriété remontant aux romains…

        Les lois sont élaborées pour résoudre des conflits. Ces conflits peuvent être des luttes entre actants se résolvant par la défaite d’un actant ou par une harmonisation des positions (darwinisme?). Ce peuvent être des luttes entre un seul actant en conflit avec lui-même (pour moi le capitalisme actuel, face à lui-même car sa propre proie).
        Dans ce cas il y a pour Thom action préalable du soma sur le germen avant toute sélection (lamarckisme). Ma traduction sociologique: les jeunes gueux vont faire pression jusqu’à ce que la loi en cours (voire la constitution) soit changée.
        « Il [Le rôle du génome] n’est peut-être guère plus nécessaire à l’embryogénèse que ne l’est la consultation des livres de cuisine aux réalisations des réalisations gastronomiques d’un grand chef… » ES p. 128

      13. @Basic:
        ///// Pour Thom « le rôle du génome apparaît comme un dépôt culturel »
        ES p. 128
        En faisant l’analogie biologie/sociologie, licite pour Thom, le génome est ama l’analogue de la bibliothèque de l’assemblée nationale et/ou du sénat. On ne consulte cette bibliothèque que lorsqu’il y a problème. ///////

        Il me semble qu’avec Thom , vous ayez une lecture logarithmique du temps …..
        S’il est possible que l’acquis puisse s’ inscrire ds les gènes (celà reste a démontrer, me semble t il ) , ça ne peut se faire sur des echelles « historiques » .
        Ce qui complique la chose , c’est que l’ inné n’est pas forcément culturel . Mais L’ inné n’est pas non plus forcément génétique (en tant qu’adaptation définitive d’ un caractere).
        « On ne consulte que lors d’ un problème » …me parait aussi ambitieux comme thèse .
        La rigidité comportementale me semble tres forte du point de vue génétique (instincts), si l’on s’en réfère a l’étologie …. nous sommes quasi les seuls (du moins a cette quantité) a effectuer des pressions et des modifs de cet ordre , par la culture sur notre nature (et celles des autres !) .
        Le vrai problème est le constat que cette influence ne sert pas l’espece ni l’individu …Qui sert il ?
        Nous somme ds l’auto domestication, la néoténie , dans une perte de controle d’ un organicisme dé-bridé.
        Un autre problème n’est a mon avis pas assez évoqué :
        les spécialisations , qu’elles soient génétiques ou culturelles , semblent irréversibles …fonctionner par sauts et par accumulations …marche arriere pas en option ..sinon par pètage des cliquets .
        (on peut le constater par ex sur les insectes )

    2. titi,

      Très belle observation. Dans la théorie marginaliste, il est interdit de s’entendre entre humains. Seuls les rapports de concurrence sont admissibles. Toutes les associations d’individus partageant une vision du monde et se donnant des règles de vie en commun sont au moins suspectes si pas considérées comme nuisibles. Elles doivent être combattues.

      Je crois que la vision marginaliste (concurrence à tout crin) a triomphé. Ses résultats ne sont pas brillants (subprime, euro et j’en oublie). Ses tenants en sortent la conclusion logique, « nous ne sommes pas allés assez loin dans son application ». Cela donne l’austérité, la mise au pas de la CNUCED, du net, des salariés, des agences de presse, des sites d’informations indépendants, des whistlebowers, etc… Le critère pour savoir si on est allé assez loin dans ce chemin est le retour de la prospérité économique.

      Tant qu’elle ne sera pas au rendez vous, il faudra serrer encore plus fort la ceinture.

  8. L’individu qui ne parvient pas à saisir la logique « fondée sur la nature des choses » de la division sociale du travail, et l’utilité sociale plus ou moins grande des différentes niches que celle-ci crée, pourra très bien en concevoir du ressentiment,et la prétendue « lutte des classes » qui en résulte alors, n’est pas la réaction justifiée d’un exploité ou d’un spolié exprimant sa colère,mais simplement l’expression de son ressentiment par un individu incapable de comprendre la logique de la division du travail

    Ah si on était pas si cons, comme l’économie irait bien.

    1. hema

      Ah si on était pas si cons, comme l’économie irait bien.

      Ne soyez pas fataliste !
      Je pense que Jorion vient de nous prouver que la chose politique doit reprendre le pas sur l’économie capitaliste. L’idée, si elle est bien celle-ci, est je pense juste et constitue le premier pas. Un petit pas, mais qui entraîne indubitablement un autre. Celui de la prise de conscience de cette idée par les politiques eux-mêmes.
      Cela ne peut se faire que si et seulement si les peuples sont éclairés par la dite idée (d’où l’extrême utilité de ce blog et autre livre, cher à Jorion). Et pour qu’elle ne soit pas morte-née, portée de vive voix aux oreilles de nos représentants légitimes. Cela sera la force, (par nos forces unies – je sais, c’est pas facile, surtout lorsque des oligopoles font tout pour nous diviser… ) seule capable, selon moi, d’appuyer sur le bon levier et enfin renverser, par cette nouvelle donne politique, un monde en notre faveur, c’est à dire à la faveur de tous sans exclusion. Liberté, Égalité, Fraternité.
      Ben… c’est tout.

      1. Que faut-il réguler et que faut-il interdire dans le domaine financier? Une réflexion de Olivier Berruyer en images à partir de la taxe Tobin.

        Pour la question de la solidarité, je crois qu’il faut viser moins haut, plus local, sur des institutions structurant l’activité du domaine social qui restent à inventer si on ne veut pas se perdre en conjecture sur le multiculturalisme ou pas. Et puis, une place pour chacun, c’est bien, mais tant qu’à faire, pourquoi pas une place choisie, ainsi que le propose Jean Zin avec sa coopérative municipale?

  9. Quelques réactions en vrac :

    1) La liberté d’association a été depuis le début du XIXème siècle un combat partagé par les libéraux, notamment contre la loi Le Chapelier, et pour la liberté de se réunir en associations, en sociétés de secours mutuels, en partis ou en syndicats. Il y a donc de nombreux cas où nous avons intérêt à nous réunir avec nos semblables. La tentation est toujours de dénoncer les associations de « autres ». Ainsi, les « patrons de droite » pestent contre les syndicats ; Marx pestait contre le « cartel des capitalistes », etc.

    Le commentaire de Clarke – « le rôle de l’État est dans ce contexte-là de légiférer pour prévenir l’apparition d’ententes » – pourrait s’appliquer aux lois anti-trust, anti-syndicats, et à la vision actuelle de l’UE qui repose principalement sur la « concurrence pure et parfaite ». Elle ne correspond pas à la tradition libérale du XIXème, et elle s’est développée non pas avec le marginalisme mais avec l’économie mathématique.

    2) L’analyse économique marginaliste permet tout à fait d’étudier ces différentes formes d’associations, les contrats ou conventions qui les constituent, leur gouvernance, etc. Il ne faudrait pas faire une équation simpliste marginalisme = individualisme méthodologique = impossibilité de rendre compte des institutions. C’est tout simplement faux. L’analyse de la firme, des contrats, de la réputation, etc. sont des exemples parfaits d’institutions sociales dont on peut étudier l’émergence à partir de choix individuels.

    3) Sur les racines marxistes de la « lutte des classes », je re-signale cet article de l’historien Ralph Raico : Les racines libérales classiques de la doctrine marxiste des classes. Le message centrale est que les libéraux des années 1810 ont introduit la notion de classe en distinguant, dans la société, les « producteurs » et les « spoliateurs » : ceux qui vivent du leur, et ceux qui vivent du travail d’autrui. Leur découpage reposait donc implicitement sur la propriété. Les producteurs sont ceux qui ne s’approprient que ce qu’ils produisent ou échangent ; les spoliateurs sont ceux qui pillent les premiers. Marx a repris ces idées en modifiant le découpage, créant une catégorie de capitalistes et une catégorie de prolétaires, perdant ainsi la distinction entre l’enrichissement par le travail et l’enrichissement par les privilèges, la guerre, etc.

    1. Merci rappeler ce monstre du droit, Le Chapellier!
      Il ne porte toujours pas le chapeau…
      On lèverait encore le sien quand on y pense, c’est mystérieux.

      1. Merci.
        Vous savez peut-être ma sensibilité aux motifs du lynchage….qui pointe chaque fois que la mise en réunion s’aborde avec la loi….
        Merci votre attention, sortant de l’ombre médiatique un personnage peut-être trop fat par son nom pour faire repère!
        Oui, vous visez juste je crois, comme chaque fois que le lynchage s’inscrit en droit pour rendre compte d’une tentative de réunion, pour rendre compte d’une tendance advenue subitement avec l’histoire.

  10. Il y a quand même un modèle de base, celui des services publics et des entreprises nationalisées en France.

    Bien entendu, il y a eu des dérives, des abus et des abus … de pouvoir aussi.

    Mais aujourd’hui que nous sommes en train de les perdre, nous comprenons ce que cela représentait pour notre bien commun.

    1. Oui. Et il serait si simple de les faire rentrer sous les fourches caudines
      de bruxelles en leur interdisant tout prosélytisme hors frontière.
      Ce n’est pas ce qui a été choisi, mais la privatisation, moyennant quoi
      EDF par exemple perd en Italie et Argentine l’argent des usagers/clients français.
      L’ attrait des dirigeants/actionnaires (un état major de 100 types en moyenne)
      pour le pognon a été le plus fort. Rien de nouveau, bis répétita….
      .

    2. Et oui, et le modèle de base est bien la socialisation du salaire reconnaissant le travail libéré du marché de l’emploi par la qualification de la personne et non du poste.

      Le fonctionnaire crée la valeur de son travail dans le PIB. Il ne coûte pas cette valeur, il la crée.

      De même que le retraité crée la valeur de sa retraite dans le PIB.

      De même que le soignant d’un HP crée la valeur des soins qu’il apporte aux malades.

      Comment le font-ils ? A travers le salaire socialisé. Quand on vous demande de baisser les « CHARGES » (prononcer en cri d’horreur), on vous demande de baisser NOTRE salaire.

  11. préalable: doit on éviter de disparaitre ?
    alternative du social humain:
    – se servir des autres
    – servir avec les autres
    soit servir ou se servir.
    servir ou se servir, il faut choisir …

    1. “la destruction du monde”

      En même temps, ça en jette…
      –  » Chéri, qu’est-ce tu fais demain…? »
      – « Demain…?…. je détruis le MOOONDE!!! »

      He non…. personne ne détruira le monde… Juste c’qu’il y a dessus… et comme c’est nous, finalement…

      Quand on voit au cinéma un crétin armé d’un fusil se tirer une balle dans l’pied… Ben ça nous fait marrer…
      Il faut voir le bon côté des choses… La bêtise, c’est rigolo

  12. Selon l’équipe Hollande la France serait dégradée par Moody’s cette fois, le …12 mai (traduisez,ce sera pas déja de notre faute)…

    Et la meilleure du jour Sarkozy qui veut plus de croissance,revoir le pacte Européen et le rôle de la BCE..si le ridicule tuait,il serait mort depuis longtemps car il n’a cessé de reprocher tout cela à Hollande depuis des mois…

    Il me semble qu’il a eu 5 ans pour faire tout cela non?

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/15/sarkozy-veut-ouvrir-le-debat-sur-le-role-de-la-bce-s-il-est-reelu_1685778_1471069.html

    1. « Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots.

      Jean Jaurès »

      Et réciproquement.

      BasicRabbit 🙂

  13. Quizz de quand date ce texte et de qui est-il ? :

    « L’endettement de l’État était, bien au contraire, d’un intérêt direct pour la fraction
    de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C’était précisément
    le déficit de l’État, qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal
    de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre
    ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie
    une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la
    banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus
    défavorables. Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion, de dévaliser le
    public qui place ses capitaux en rentes sur l’État, au moyen d’opérations de Bourse, au
    secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. En général,
    l’instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d’État permettaient aux
    banquiers, ainsi qu’à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer
    dans le cours des valeurs publiques des fluctuations insolites et brusques dont le
    résultat constant ne pouvait être que la ruine d’une masse de petits capitalistes et
    l’enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs. Le déficit budgétaire
    étant l’intérêt direct de la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on s’explique le fait
    que le budget extraordinaire,/…/ »

    Réponse : 1850, Karl MARX comme quoi les choses n’ont pas beaucoup évolué depuis…
    http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/luttes_de_classes_france/luttes_classes_france.pdf

  14. Marx explique au début du livre 1 l’intérêt porté par les économistes « bourgeois » à l’échange;

    Se centrer sur l’échange, c’est négliger la production, qui est pourtant le coeur de l’économie, et dont les théories économiques néo-classiques ne parlent jamais. Dans cette économie là, il n’y a plus ressources, producteurs, consommateurs, capital (autre que financier), ni capitalistes, …

    Marx parle du « laboratoire secret de la production ». Celui dans lequel s’opère la magie du capital qui s’accroit;

    Faire croire que l’économie se joue dans l’échange et non dans la production, c’est laisser entendre que c’est dans le miracle des échanges que s’opère la création de profit.

    Ce que montre Marx, c’est que c’est dans la production, plus exactement dans la production supplémentaire, de marchandises que naît le profit. L’usine (et ses travailleurs) produisent une quantitié de marchandise supérieure à celle qui y est entrée (supérieure au sens de la valorisation sociale qui en est faite). C’est la plus-value. Sans plus-value liée à la production, l’échange est un jeu à somme nulle. Ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres.

    S’il y a « création de valeur », c’est qu’un des acteurs, en l’occurence le prolétaire, ne se contente pas de faire des échanges. En effet, la seule chose qu’il peut échanger, c’est lui-même, une partie de lui-même, sa force de travail (et non son travail, qui est le résultat de l’utilisation de sa force de travail), son temps. Une fois l’échange fait, celui-ci doit ensuite … travailler. Mettre en mouvement, son corps et son esprit pour produire une quantité de marchandises.

    Raisonner en termes d’économie d’échange, d’homo economicus, c’est donc effectivement nier les classes;

    C’est aussi (et cela va de pair, bien entendu) nier que le fondement de notre société, c’est le TRAVAIL.

    1. Franck Marshall, le désespoir m’étreint ;

      Sur ce point, je vous suggèrerais la réflexion d’Hannah Arendt « La Condition de l’Homme Moderne » ; vous y lirez que définir l’homme par le travail dans une société ou le travail de « l’animal laborans » sera de moins en moins nécessaire est une « belle « connerie » – je résume à ma façon -, et ,qu’« il n’y a », selon ses mots , « rien de pire» ! 😉

      1. @ jean-luce Morlie
        Mon utopie: travailler le moins possible (disons organiser la société pour expédier les corvées incontournables le plus vite possible) pour se dégager un max de temps libre pour le jeu (maths par ex :)) ou l’art (architecture/urbanisme ou art culinaire par exemple).
        Pas exactement ce que nous promettent nos candidats.

    2. Et quand une société maintient par la force cette obligation de travailler en créant sans cesse de nouveaux emplois (par exemple la promotion et le contrôle de cette société) et qu’elle n’ y parvient plus, elle crée un autre type d’insatisfaction que celle créée par la baisse tendancielle de l’usage de sa production, et de ce fait elle se nie chaque jour plus.

  15. En somme, les marginalistes et leurs épigones néo-libéraux pratiquaient et pratiquent toujours la négation du fait social. Tout ce qui fait obstacle au bon fonctionnement de leur machine imaginaire et parfaite, parfaite parce qu’imaginaire, est évacuée.

    On ne saurait par conséquent parler d’une ‘science économique libérale’, mais tout bonnement d’un discours purement idéologique. Et l’on a bien compris quels intérêts (de classe, justement!) ledit discours défend.

  16. C’est pas Foucault à propos de la « gouvernementalité » néolibérale qui parlait d’art de gouverner par la concurrence ? Et de « la raison du moindre État » ? D’un État « sous surveillance du marché plutôt qu’un marché sous surveillance de l’État », et donc qu’il faut désormais « gouverner pour le marché plutôt qu’à cause du marché » ?

  17. @ ElaX
    « Vous pensez quoi de mon message plus haut ? »
    Ce n’est peut-être pas à moi que vous vous adressez mais je vous réponds car votre message est au-dessous du mien.

    Je pense qu’on ne peut pas s’arrêter à un centre organisateur partiel (énergétique par exemple).
    Basdevant « vire » un peu » sa cuti. Perso j’essaye de la virer complètement.

  18. P.Jorion écrit…
    « … et c’est cette concurrence interne au sein d’une classe qui contribue à déterminer le rapport de force qui existera entre elle et les autres classes. »

    Autrement dit… Plus un groupe de personnes se tire la bourre (et dans le principe de classes, les raisons découlent directement de la nécessité et des lois qui gouvernent…) plus le rapport de force avec les autres groupes sera en leur défaveur…

    Autrement dit… il faut diviser pour mieux régner… et les lois sont là pour ça…

    Autrement dit… personne n’a intérêt à être en concurrence… mais il y a les lois qui nous y poussent

    Autrement dit… être en guerre, fragilise…

    Autrement dit… La guerre c’est méchant… et la paix c’est gentil

    Autrement dit… Les Miss France ont raison… mais quand même, elles s’inscrivent au concourt… pour s’extraire de leur condition…

    Autrement dit… On tourne en rond…

  19. Bonjour

    Je termine la lecture d »Une histoire populaire de l’humanité » de Chris Harman .
    Il m’a passionné et j’ai trouvé fort juste tout ce que j’y ai trouvé (en même temps , j’étais déjà un peu convaincu au départ ) . Peut -être y aurait-il sur le blog des lecteurs plus affutés intellectuellement que moi , et qui pourraient tempérer mon enthousiasme ( parfois je doute de mon jugement … ),ou en tout cas présenter des arguments critiques .

  20. « Lutte des classes »
    Le titre me fait penser à l’évolution des rapports hommes/femmes vs l’évolution de la société.
    Tout d’abord je note qu’il semble y avoir très peu de femmes sur ce blog et que ce qu’elles disent n’a guère l’air d’être entendu, a fortiori écouté. Combien de billets féminins?

    Quelques poncifs.
    Au début de l’humanité on peut supposer que la femme s’occupait du « foyer », lieu dans lequel la progéniture était élevée et protégée, la tâche de l’homme étant de « sortir » pour défendre le foyer et chercher de quoi l’alimenter. Dans ces temps préhistoriques la femme représente le dedans, la cohésion du foyer, le réel, alors que l’homme représente le dehors, l’aventure tous azimuths, l’imaginaire nécessaire à l’adaptation aux circonstances.
    La phase de conquête de territoires est terminée, tout le monde ayant, j’espère, plus ou moins intégré que, pour reprendre une citation d’Albert Einstein, s’il y a une troisième guerre mondiale il restera peu de gens pour voir la quatrième. La mondialisation et les nouvelles technologies nous font réaliser que nous sommes tous dans le même foyer et qu’il serait par suite naturel que le pouvoir passe aux mains des femmes. Cela commence lentement mais le club masculin des dirigeants de ce monde est très fermé et il faut s’adapter. Il faut par exemple faire allégeance aux intellectuels que sont George Bush, Ronald Reagan ou José Manuel Barroso. Certaines y réussissent mieux que d’autres: Margaret Thatcher, Christine Lagarde… Je me suis toujours demandé pourquoi il y avait si peu de mathématiciennes et de philosophes femmes de « haut niveau ». Je ne vois guère qu’une raison: les critères de « haut niveau » ont été établis par des hommes.
    Je pense que l’intelligence féminine est plus naturelle (pour moi un compliment) que celle des hommes, plus culturelle voire plus artificielle.
    Une petite histoire pour expliquer ma position.
    Deux jeunes et belles femmes, sac au dos, cheminent sur une route de montagne. Un 4X4 les rattrape. Il roule en marche arrière! Hilares elles demandent pourquoi aux occupants, deux jeunes et beaux hommes. Un peu pincés ils répondent qu’on leur a dit qu’on ne pouvait pas tourner au sommet; Quelques temps plus tard elles voient le 4X4 redescendre, toujours en marche arrière. Les garçons ont l’air détendu: « Si! on pouvait tourner! » Des polytechniciens peut-être…

    Plus sérieusement et en rapport direct avec le message porté par Paul Jorion dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées? », lorsqu’on lance un projectile vers le haut, une femme aura tendance à décrire le mouvement « ça monte d’abord, ça descend ensuite » sans plus y porter d’attention, alors qu’un homme, peut-être pour étaler sa culture, peut-être plus profondément parce que la trajectoire d’un projectile a été cruciale pour le chasseur préhistorique qui sommeille en lui, aura tendance à dire que la trajectoire est approximativement une parabole, surtout s’il se pique d’une culture scientifique.

    L’art représente la pensée humaine comme quasi-exclusivement masculine (yeux perçants, sourcils broussailleux, paume pour soutenir la tête…). Je pense que les femmes réfléchissent différemment mais qu’une culture machiste plusieurs fois millénaire les empêche de l’exprimer autrement que parce que les hommes appellent souvent avec quelque condescendance l’intuition féminine. Car les femmes réfléchissent et réfléchissent même intensément (je suppose…) pendant des périodes d’environ 9 mois, à des problèmes aussi fondamentaux que la vie elle-même et le sens à lui donner, le fruit de leurs réflexions au bout d’un cordon…

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