ADRESSE À TOUS LES PARLEMENTAIRES EUROPÉENS QUI ENVISAGENT DE VOTER LA « RÈGLE D’OR »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

La formule inepte du pacte de stabilité financière européen et de la « règle d’or » qui en a été déduite nécessite, comme je l’ai rappelé dans une récente chronique du Monde-Économie, que la croissance soit égale ou supérieure au niveau du coupon « moyen » exigé par le marché des capitaux sur la dette souveraine d’un pays. Bien entendu, moins la croissance est élevée, plus l’économie d’une nation est en danger, et plus une économie semble en péril, plus ce marché des capitaux réclamera que la composante « prime de risque » du taux exigé de cette nation quand elle emprunte soit élevé. La règle d’or impliquant que la croissance soit égale ou supérieure au coupon « moyen », le fameux effet de ciseau apparaît : « Si l’on ne veut pas que la dette souveraine s’accroisse lorsque le taux de croissance baisse, il faut que celui-ci augmente alors rapidement jusqu’à dépasser le taux « moyen » de la dette » – qui est en train lui d’augmenter en raison du risque induit par la baisse de la croissance ».

Très chers Parlementaires, si vous pensez que de votre vie vous n’avez jamais rien entendu d’aussi stupide, alors, reconsidérez votre vote, car il ne s’agit de rien d’autre : c’est bien cela que vous vous apprêtez à voter !

Il est bien sûr possible d’émerger de ce cauchemar auto-infligé en comparant plutôt les dépenses d’une nation, pouvant déboucher sur un déficit annuel et alimentant sa dette cumulée, avec ses rentrées. Mais dire « rentrées » signifie parler « impôts », et parler « impôts » rappelle inévitablement que d’une manière générale les classes dirigeantes de nos nations sont toujours tentées par le fait d’y échapper en tout ou en partie, raison pour laquelle il est de loin préférable de parler de « croissance », quelles que soient les libertés qui doivent être alors prises avec la logique, les mathématiques et le bon sens en général.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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147 réflexions sur « ADRESSE À TOUS LES PARLEMENTAIRES EUROPÉENS QUI ENVISAGENT DE VOTER LA « RÈGLE D’OR » »

  1. M. Jorion, s’il vous plait, serait-il possible d’avoir une version accessible au lecteur ou parlementaire (très) moyen ? Je suis quasiment certain que 95% de ceux-ci n’ont pas les connaissances suffisantes pour comprendre votre billet. Ne demandez pas à vos lecteurs de faire l’effort de comprendre par eux-même. Ils ne le feront pas. Le sujet est trop abscons même s’il est crucial.

    Cela a du vous prendre peu de temps pour l’écrire étant donné que tout cela est évident pour vous ou certains lecteurs du blog mais ce n’est pas le cas pour tous, loin de là.

      1. C’est vrai que les politiciens nous prennent déjà pour des cons ; s’il faut en plus se taper la vanité des commentateurs de blog..ça va finir par faire beaucoup !

      2. Récemment, un magazine a publié une statistique indiquant que 60% des députés avouent qu’ils ne comprennent rien à l’économie. Des députés en France qui vont décider, qui décident tout le temps ! Ils votent, ils augmentent les impôts, ils les diminuent, etc.. En vérité, ces députés, tout comme les ministres, sont asservis à leurs techniciens. Ils ont leurs experts mais ils ont aussi des préjugés ou des préférences. Et si vous suivez de près le fonctionnement d’un gouvernement, d’une grande bureaucratie -moi je l’ai suivi dans d’autres circonstances- vous voyez que ceux qui dirigent se fient aux experts, mais ils choisissent les experts qui partagent leurs opinions. Vous trouverez toujours un économiste pour vous dire : « Oui, oui, il faut faire ça ». Ou un expert militaire qui vous dira : « Oui, il faut l’armement nucléaire » ou « il ne faut pas d’armement nucléaire ». N’importe quoi. C’est un jeu complètement stupide et c’est ainsi que nous sommes gouvernés actuellement.

        Nl DIEU Nl CESAR Nl TRIBUN !…
        Entretien de Cornelius Castoriadis avec Daniel Mermet

      3. Chronique de la crise : Chapitre 6 – 1euro pour Fortis – La Libre, 28/11/2008:
        « Plusieur découvrent ainsi les produits dit « structurés » et « toxiques ». Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet, Patrick Dewael suivent attentivement la leçon du professeur Praet. Le silence règne. La stupeur se lit sur les visages.

        Douche froide. Les ministres, restés en peu en dehors du circuit depuis deux jours, n’en reviennent pas. Et posent des questions assez scolaires : qu’est-ce qu’un produit structuré, une entreprise systémique ?… Jean-Claude Trichet semble un peu désarçonné par la naïveté des excellences belges face à la crise qui menace. »

      4. merci fujisan pour l’entretien de CC :

        Et c’est vrai que ça a glacé pas mal les gens. Ils se disent : si on bouge trop, on va vers un nouveau goulag. Voilà ce qu’il y a derrière cet épuisement idéologique de notre époque

        c’est la première fois que je lis aussi clairement ce que je ne cesse de dire : l’aventure stalinienne a tué l’idée même qu’un autre monde est possible

        pour s’en sortir, seul un mixte entre luttes sociales et constructions d’alternatives peut faire sauter la TINA ET SURTOUT arrêter de faire de la politique spectacle, fuir le spectacle médiatique, refuser la démocratie représentative telle qu’elle est ( ou alors être transparent sur le fric des élus et le fric lié au nombre de vote, démissionner à mi-mandat, quelque soit le mandat, pour faire participer plus de monde aux affaires de la cité , bref de la politique radicalement différente rejetant les politiciens professionnels )

    1. Ho, demobilier, on est quand même 400 000 à venir régulièrement ici. Près de 100 000 depuis plus de trois ou quatre ans. On est quelques dizaines de milliers à venir tous les jours et même plusieurs fois par jour.
      C’est du masochisme?

      1. Sous-estimez l’ignorance de nos concitoyens serait une grave erreur. Ignorez n’est pas être bête. Merci de ne pas mélanger.
        De la pédagogie, encore et toujours. Sinon, seul le désert vous écoute.

      2. Vous n imaginez pas le nbx de personnes qui lisent ce blog mais ne postent pas.
        Grace a celui ci le monde eco dans lequel nous vivons nous est compréhensible .
        Merci a Paul Francois et vous tous.

      1. En gros il manque un exemple simulé simplifié….avec des chiffres ronds.
        (Je suis , d’expérience , assez d’accord avec Demobilier , surtout quand on lit les références de FUJISAN 21h25 et 21h21 )

      2. Oui, je pense que les gens du gvt s’aveuglent en ne voulant pas trop parler de maturité moyenne, il doit toujours exister une fenêtre de tir dans les maturités où c’est moins pire, et où le terrible ciseau est d’apparence émoussée. Avec des hypothèses sous-jacente du genre « oui c’est du 6,8% pour les maturités 10 ans là maintenant, alors je vais prendre du plus court, et puis « quand ça sera redescendu d’ici six mois », je reprendrai du long ».
        On roule sa dette comme on retourne sa pâte … et quand on s’occupe du pétrin, l’important est de savoir en sortir de ce pétrin. Et d’en sortir la pâte, avant qu’elle ne gonfle trop.

    2. Pourra t-on un jour juger les parlementaires européens pour leurs règles d’or, leur bêtise, leurs errements et leurs escroqueries sans fond. En l’état, les parlementaires européens qui votent pour la règle d’or sont les ennemis du peuple européen.
      Les parlementaires européens qui votent la règle d’or sont nos ennemis, parce qu’ils sont les amis de la finance et de la dérégulation.
      Le sacrifice des peuples est leur antienne.
      Les parlementaires abusent des lois, et les détruisent, « et les lois que nous avons à suivre sont celles du droit des gens. »

      1 plus racine carrée de 5 divisés par deux égalent : ne pas voter la règle d’or

    3. D’accord avec Demobilier: partons du principe que les députés ne feront pas l’effort de comprendre et mâchons leur le travail: le texte doit être « idiot proof » (pardon pour l’anglicisme)

    4. J’avoue que je n’ai pas tout compris ce que Mr Jorion voulait dire.
      Mais bon comme je n’ai pas de pouvoir de décision sur la plan économique national, ce n’est pas grave…
      En revanche j’ai une question.
      Si le déficit budgétaire doit rentrer dans « les 3% »
      Et avec une croissance qui ne reviendra sans doute jamais
      Cela veut dire en partant du principe que Les 3% seront déjà difficile à obtenir
      Cela veut dire que tous les 25ans la dette va doubler
      Et que dans un siècle elle va être multiplié par 16!!!!!!
      Donc en 2099 elle sera d’environ 20 000 milliard
      (avec 3%)

      Donc ma question est:

      Ben finalement j’en ai pas tout cela me paraît tellement inconcevable et irréaliste.

    5. Je trouve que Mr Jorion est très accessible surement à cause du fait qu’il a longtemps vécu aux états unis , le problème c’est qu’en économie quand on simplifie au delà d’un certain niveau
      on ne décrit plus la réalité , on fait de la pub pour un système alternatif ou de la propagande.
      Si tu veux du plus obscur et inabordable va voir Pierre Sarton de Jonchay la pour le coup c’est pas très accessible,.
      On ne vient pas sur le site de Paul Jorion par hasard , c’est souvent qu’on a déja fait des recherches personnelle en économie et en politique, les discours simplistes et inutiles il n’y a que ça dans les médias, la connaissance se mérite et c’est aussi un acte de résistance.
      C’est pas l’article le plus technique de Paul Jorion , pour résumer il fait remarquer l’absurdité de la règle d’or qui va peser sur la croissance alors qu’elle est déjà nulle et déjà insuffisante actuellement pour stabiliser la dette des états. La dette serait stabilisée avec une augmentation de l’imposition sur socle de contribuables stable, et croissance forte, or la règle d’or en accélérant la récession, va diminuer le nombre de contribuables imposables, ce qui devra être compensé par une augmentation massive de l’imposition.
      Les intérêts de la dette vont augmenter alors que le nombre de contribuables imposables va baisser , donc hausse des impots et sans doute hausse de la fuite des contribuables imposables et baisse de la consommation car ce qui est imposé n’est pas consommé, ill s’ensuit un cercle vicieux ou l’état perd de plus en plus la capacité de lever des fonds et ou les intérêts demandés aux états augmentent.
      Ca ressemble a du suicide

  2. les sociaux-démocrates allemand sont au pied du mur :
    Merkel demande aux socialistes allemands d’approuver le nouveau traité
    Angela Merkel s’adressait samedi aux responsables de son parti chrétien démocrate, la CDU, mais c’est au SPD, le parti socialiste allemand, qu’elle a lancé un appel. Ayant besoin de la majorité des deux tiers pour faire adopter le texte instituant le Mécanisme européen de solidarité, ainsi que le pacte budgétaire européen, la chancelière allemande n’a en effet pas le choix.
    Angela Merkel a jugé « possible » de parvenir à une ratification « avant les vacances d’été ». « Il serait important que nous y parvenions car la situation dans la zone euro est actuellement de nouveau très fragile », a-t-elle insisté, citant la « situation des banques espagnoles ».

    -Ailleurs « ils » ont avalisés le massacre !

    1. Les nôtre sont déjà couchés devant le mur. Mais en bon faux-cul, ils se sont abstenus.

      JFK a raison. Sarkozy a perdu mais la droite a gagné.

      1. Malgré l’opacité scandaleuse de la procédure parlementaire (le gouvernement a omis de transmettre l’intégralité des documents demandés), le Parlement danois vient de ratifier le pacte budgétaire de la Merkozy.

        Comme au Portugal le mois dernier, les sociaux-démocrates ont tous voté pour la ratification de ce traité qui grave l’austérité pour les peuples et les bénéfices des spéculateurs dans le marbre des constitutions ou lois équivalentes.

        Ce n’est pas une surprise : Helle Thorning-Schmidt, leur leader et premier ministre du pays, l’avait signé sans s’émouvoir le 1er Mars. Les parlementaires avaient même refusé la proposition de nos camarades de l’Alliance Rouge-Verte de mettre en place un référendum pour que le peuple décide.

        La stratégie des membres du Parti Socialiste Européen en semble donc entendue. Ils accepteront ce traité et y adjoindront, via un protocole ou équivalent, une « dimension de croissance » qui ne remettra rien en cause des politiques austéritaires que ce traité rend obligatoires, rien de plus….
        « Ils » sont comme çà la fable de la grenouille et du scorpion !

      2. « JFK a raison. Sarkozy a perdu mais la droite a gagné. »

        La seule chose qui lui reste…

        Delphin

  3. Je ne suis pas sûr que l’on puisse accuser la règle d’or d’être la cause d’une future austérité. Je pense qu’indépendamment de toute idéologie et de toute culture, c’est la fainéantise de l’être humain qui est en cause.
    Mon blog s’appelle Pole Emploi.fr.
    Si quelqu’un veut investir, qu’il laisse un message…

    1. c’est la fainéantise de l’être humain qui est en cause.
      Vous voulez dire « le non courage » ?? genre de se révolter ?? ou vous pensez sincèrement que tous les chômeurs sont contents de leur sort ??

    2. c’est la fainéantise de l’être humain qui est en cause.

      Et en plus vous nous demandez d’investir? Et bien démerdez vous !

      :p

      1. @ efarista, ben, harvey
        Bon ben la prochaine fois que vous trainerez dans les parages, promis, je ne ferai que du premier degré!

      2. @ Garorock
        Ben j’y ai mis plein de points d’interrogation histoire d’être sure que !! 🙂

    3. Bon, du deuxième degrés dites-vous?

      J’ai du mal à le cerner, mais si vous le dites, je retire mes dire.

    4. A Garorock,

      Quel dommage que l’être humain ne soit pas encore beaucoup plus fainéant, il n’y aurait pas de centrales nucléaires, de PCB dans les rivières, de soupes plastiques dans les océans, de décès amiante, de décès pesticides = amiante++, de camps de concentration à poulets et à cochons, de système supermarché/pays pauvres étranglés, de planète aux ressources pillées, du CO2 réchauffeur etc.

      Il y aurait encore des prairies, des rivières où se baigner avec des écrevisses, des alevins et des grenouilles, du silence, des étoiles la nuit, du mystère, de la riche biodiversité, de la vie dans le village et les champs, des parents qui ne sont pas dans l’angoisse de leur enfant qui risque de se faire écraser en allant à pied à l’école, des bleuets dans les champs, des pois de senteur à l’odeur si entêtante etc.

      Delphin

  4. Comme quoi les mots ont leurs importance.
    Qui a eu l’idée d’appeler cette règle, « la règle d’or » ?
    Au vu de ses effets ce serait, d’ailleurs plutôt, une « règle de m*rde », non ?.

    Donc, rendons son vrai nom à cette foutu règle.
    Ce serait des plus marrant de voir les journalistes et politiques demander de voter Oui à la règle de m*rde… 😀

  5. Merci M. Jorion
    Tout est dit
    Tout au plus pourrait-on préciser que tout ce mécanisme; BCE, Dettes, Banques, règle d’or vise à trois choses (au moins trois)
    * Enrichir les banques et les prêteurs (les rentiers)
    * Substituer la démocratie par une oligarchie déguisée en technocratie (la gouvernance des choses, plutôt que le gouvernement des peuples)
    * l’impossibilité (ou la très grande difficulté) à revenir en arrière
    * Le démantèlement des acquis sociaux permettant une ponction toujours plus grande de la plus-value vers le capital au détriment du salariat
    Et effectivement, il n’est pas aisé d’en sortir.

    1. MerlinII

      * Enrichir les banques et les prêteurs (les rentiers)

      Sauver les fonds de pension, les sociétés d’assurance et le maximum de banques, à tout prix, nuance.

  6. Je rappelle que le Front de gauche appelle à voter contre ce traité et que plus il y aura de députés FdG à l’assemblée , plus le débat sera porté sur la place publique.

    1. plus il y aura de députés FdG, plus ça ira mieux !!!

      c’est pas marchais qui racontait la même en 1981 ? à l’époque le p »c »f faisait 16% : combien le fdg aujourd’hui ……..

      ce qu’il y a de terrible c’est que l’attitude à gauche du ps , surtout avec le siphonage melanchoniste de l’extrème gauche on va vers des désillusions dont mlp se délecte déjà

      terrible époque où la gauche sombre et où les verts qui nous annoncaient faire de la politique autrement, s’avèrent les pires lèche gamelle

      comme l’extrème gauche n’a toujours pas réussi à se sortir de la tina liée à l’aventure stalinienne, nous allons vivre une époque obscure.

      1. L’ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, dans ce clair-obscur surgissent les monstres. Mais aussi :
         » Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.  »
        Gramsci

  7. « Si l’on ne veut pas que la dette souveraine s’accroisse lorsque le taux de croissance baisse, il faut que celui-ci augmente alors rapidement jusqu’à dépasser le taux « moyen » de la dette »

    Traduction en langage profane (cher à mon coeur) :
    « Si on ne veut pas rembourser plus parce que la croissance baisse, il faut que la croissance augmente comme ça on remboursera moins. »
    J’ai bon ?

    1. donc la solution est très simple:
      on vote la règle d’or et en même temps on vote une loi qui fixe la croissance à 10% .. et le tour est joué :-))

      1. « prendre sapèque pour cangue  »

        St Paul …de Tarse

        « Quand je veux avoir les dernieres Nouvelles ,je lis Saint Paul »

        Paul Morand

        ça commence à faire beaucoup de Paul , l’inflation surement ..

        ^^

    1. Je tiens à souligner que mes trois députés (3 circo des Landes, dont celle d’Emmanuelli) ont comme d’habitude voté contre. J’appelle mon département le « bunker » socialiste.

  8. Je repose la question à laquelle je n’ai pas eu de réponses jusqu’à présent: qu’est-ce qui empêche, du moins en théorie, de dégager un bénéfice net entre les recettes et les dépenses/investissements de manière à rembourser partiellement la dette et à la faire ainsi chuter en-dessous du taux de croissance?
    Certes cela a de fortes chances de produire des résultats pro-cycliques et je comprends bien pourquoi les keynésiens n’en veulent pas, mais cela reste de l’ordre du débat économique, pas de l’aberration mathématique.
    D’autant qu’il est toujours possible d’imaginer des moyens de diminuer les dépenses (notamment militaires pour prendre un exemple facile) ou d’augmenter les recettes (confiscation des biens mal acquis) dont l’effet procyclique sera faible.

    1. qu’est-ce qui empêche, du moins en théorie, de dégager un bénéfice net entre les recettes et les dépenses/investissements

      Oh, ba, si c’est en théorie, la réponse est : « rien » !

    2. @Lien

      Ce que vous décrivez, c’est précisément le type de cure d’austérité qu’on fait subir à la Grèce et qui détruit complètement le pays sans pour autant permettre de redresser les finances.

    3. Vous faites de la comptabilité, pas de l’économie.
      Pour paraphraser Keynes, les dépenses de l’état sont des recettes pour les entreprises. Si vous diminuez les commandes de l’état, autrement dit les dépenses, vous réduisez les revenus des entreprises ou ceux des ménages (genre vous réduisez les prestations sociales). Du coup, vos recettes fiscales, assises sur ces même revenus baissent également, de sorte que vous ne dégagez pratiquement aucun excédent de trésorerie sur le budget de l’état. Tout ce que vous avez gagné, c’est une baisse du revenu national, un chômage en hausse, et des services publics amoindris.
      Qui plus est, comme l’état rend de nombreux services (on a tendance à l’oublier) et que vous avez décidé de réduire les dépenses de l’état, les entreprises comme les ménages sont obligés de se fournir ailleurs, ce qui affecte nos importations et déséquilibre davantage la balance commerciale.
      Cette stratégie ne permet pas de relancer la croissance, et c’est pourtant la stratégie préconisée par l’Allemagne et la troïka, FMI en tête depuis pas mal d’années déjà. Pour comprendre pourquoi ces dirigeants ont cette préférence, il faut saisir que le seul bénéfice de cette stratégie, lorsqu’elle fonctionne, c’est de permettre aux capitaux privés de venir s’investir massivement pour contrôler les ressources bons marchés du pays. Cela a fonctionné pendant 50 ans en Afrique et en Amérique Latine, alors pourquoi changer une technique qui a fait ses preuves ? Le seul hic, c’est que cela ne fonctionne pas sur un pays du club des riches parce que le contexte est très différent…mais cela est une autre histoire.

      1. Faux.

        L’argent qui n’est pas dépensé par l’état sera « dépensé » par le secteur privé d’une autre façon…
        Soit consommation, soit épargne (investissement).

      2. « Soit consommation, soit épargne (investissement). »

        Vous n’avez vraiment jamais entendu parler des ventes à découvert, des positions nues sur CDS, des CDO vrais et synthétiques, des swaps de change trafiqués ? Vous vivez au XIIIe siècle ? Vous croyez vraiment qu’il y a si peu d’argent sur la planète que tout peut être consacré à la consommation ou à l’investissement ? Le monde a changé pendant que vous dormiez huit siècles.

      3. Vous reconnaissez donc qu’il s’agit d’un débat politique (réduire la dépense de l’Etat ou augmenter ses recettes par l’impôt ou la confiscation, avec les avantages et inconvénients inhérents à chaque position) et non une erreur mathématique…
        Je ne vois pas en quoi TINA serait plus respectable lorsqu’elle est sensément progressiste?

  9. qu’est-ce qui empêche, du moins en théorie, de dégager un bénéfice net entre les recettes et les dépenses/investissements de manière à rembourser partiellement la dette et à la faire ainsi chuter en-dessous du taux de croissance?
    Si l’on en croit le MEDEF, ce sont toutes ces fichues protections dont bénéficient les travailleurs….quand elles auront toutes sautées ce sera vraiment le paradis sur terre. Fi de tous ces profiteurs salariés !

  10. Croissance et taux d’intérêt moyen des obligations (sur 7 ans ,je crois?) évoluent de façon inversement proportionnelle,c’est une logique comptable(de banquier) pas économique…c’est « the problem »,les allemands sont gagnants à la fin,comme au foot…(j’allais oublier les british et les gringos,…*
    Et si on ne tenait compte que du déficit structurel?…
    Pourquoi nos politiques éludent au cours de leurs sommets de la dernière chance(toujours précédés de réunions préparatoires) cette question?
    *P’tete que le problème c’est l’euro?Ils trichent ils n’ont pas le même ballon
    Trêve de plaisanteries les grecs ont le carton rouge,les espingoins et les ritals en sont à presque 2 jaune,les portos et les buveurs de bière jouent le jeu réglo mais ont perdu leurs falsards (ils se sont déculottés),et commencent à sortir la vaseline

    1. Blm,

      Croissance et taux d’intérêt moyen des obligations (sur 7 ans ,je crois?) évoluent de façon inversement proportionnelle

      ??? Vous sortez ça d’où ? Le taux obligataire, i.e la prime de risque exigée par les zinzins, le spread avec le Bund en €zone, a bien d’autres déterminants que le taux de croissance anticipé de l’emprunteur.

    2. Le Monde Diplo du mois 06 publie un article sur les clubs de foot et leur endettement (hé oui, là aussi).

      On y trouve quelques chiffres sur les clubs espagnols:

      752 millions d’arriérés (des euros hein, pas des spectateurs) envers le Trésor.
      250 millions envers la Sécu.

      Si ça peut vous faire saliver ça se termine par un tacle assassin sur la Commission Européenne.

      Bref, du pain ou des jeux, il va falloir choisir.

  11. Je dis probablement une ânerie, mais n’est-on pas entrain d’obliger l’UE à passer exactement par le même chemin que l’Argentine vers 1999?

    Parce que quand on relie les évenements qui ont précédé la crise Argentine, c’est hallucinant la ressemblance. Coïncidence? Ou l’Argentine fut-elle un laboratoire.
    Comment désengager l’état, accroitre la dette privée et publique en biaisant les taux d’intérêts par une monnaie fallacieusement forte tout en baissant la fiscalité. Puis faillite, évasion fiscale massive, ect….

    Que se vayan todos.

  12. Un post qu’il serait bon de mettre aussi sur le blog en anglais vu que tous les euro députés ne parlent pas le français.

  13. @ vigneronJe voulais dire selon les termes duTSCG,pas les miens bien sûr,ce traité est une ânerie,un truc de zinzins,n’empêche le problème c’est l’euro, la monnaie et la question allemande

    1. Ah bon. Le «problème» c’est tout simplement «la question allemande»… Plus de 200 ans la fameuse «Question allemande», depuis Napoléon quoi, et me semblait qu’elle avait été résolue, définitivement, en 1990, non ? Avec Mastricht à la clef. Trouvez une autre expression. Sinon j’vous cause de la «question» française ou du problème français…

  14. Bayrou (comme tout l’UMP) est l’obsédé absolu de cette règle d’or.Même dans son clip pour les législatives il en parle, il n’y a rien à faire c’est plus fort que lui.
    98 pct des citoyens Européens ne savent pas ce qu’est la règle d’OR et n’en connaissent surtout pas ses conséquences catastrophiques sur leur vie.

  15. La règle d’or ( au sens zéro déficit primaire de l’état ) aurait du être votée avant de mettre en place le marché internationale de la dette des états. Cette mesure n’a aucun sens si elle n’est pas accompagnée d’un « reset » général …. ce dont personne ne veut ( mais qui pourrait bien se produire tout de même ).

    1. FabriceM, Ah ! parce que dans un marché national de la dette publique, «ah ben là voyez-vous c’est pas pareil », uh ?

      1. Je pensais à la loi de 73 en fait, qui a été conçue dans le but de favoriser ce marché et a donc, implicitement au moins, favorisé les dérapages budgétaires.

      2. Ce qui a favorisé les dérapages budgétaires, ce sont des rapports de force au sein de la société. Vous chipotez sur les modalités sans vous intéresser aux structures au sein de la société qui ont implémenté une telle situation.

        Pourquoi telle catégorie de population a souhaité détenir des obligations émises par les administrations publiques ? Et ça personne ne se le demande. Quel était l’intérêt ?

      3. FabriceM, si vous voyez toujours dans la Loi de 73 une raison première aux déficits structurels des états et à la bulle des dettes souveraines – i.e si vous en êtes encore là – alors contentez vous donc de fréquenter les sites « 100% monnaie » du genre de ceux du sieur Holbecq (postjorion & co), voire de Jean Gadrey qui, malgré d’assez bonnes analyses par ailleurs, a énormément de mal à se départir des mythologies créationnistes… http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2011/11/12/la-crise-de-la-dette-publique-et-ses-solutions-resumees-en-une-page-serree/

      4. @Vigneron

        Vous caricaturez mes propos. Je n’y vois pas une cause première, je vois un facteur parmi tant d’autres, que je n’ai pas la capacité de classer. Mais d’un point de vue strictement logique, voter une règle de prévention alors que le dérapage est déjà bien avancé n’a aucun sens. Comme de vacciner contre le tétanos un patient en pleine crise de tétanie.

      5. FabriceM, 🙂

        Vous caricaturez mes propos. Je n’y vois pas une cause première, je vois un facteur parmi tant d’autres…

        à d’autres…

        Je pensais à la loi de 73 en fait, qui a été conçue dans le but de favoriser ce marché et a donc, implicitement au moins, favorisé les dérapages budgétaires.

        Je caricature pas, je souligne les traits saillants ou implicites, nuance.

      6. Explicitement, je nuance ma phrase par « implicitement au moins ». Vous jugez que cette nuance n’est pas importante, pour me le reprocher ensuite. Évidemment, je ne suis pas d’accord. Vous gagneriez à prendre les propos comme ils sont et à ne pas chercher plus loin que ce qui est dit. Au moins ici, où les gens n’ont aucun intérêt à manier la langue de bois.

  16. C’est agaçant d’entendre parler de croissance là où le bon sens impose de parler recette. D’autant plus lorsque le projet prévoit d’abaisser les taux d’imposition, éléments qui déterminent (dans l’idée) la part de la croissance qui deviendra recette.

    C’est dingue que les éléments de mesures économiques soient aussi grossièrement détournés, au profit de raisonnements com-plé-te-ment biaisés. Et c’est que personne (on se comprend) n’y trouve rien à redire.

    On est vraiment dans l’escroquerie intellectuelle la plus totale.

    1. L’art de la manipulation en matière d’économie consiste à faire admettre à tout un chacun de soit disant « voyants « de contrôle.

      Pour exemple , le calcul de l’augmentation du smic soumis à une appréciation tronquée de l’inflation.

  17. @vigneron
    Oui l’euro ,le statut de la BCE ,la règle d’or,…font se poser la »question allemande » et pas de façon revancharde mais objective,je ne suis pas le seul:
    F Lordon,E Todd

    1. C’est la question franco-allemande plutôt…

      L’euro, la France en est la co-initiatrice.

      Le statut de la BCE a été anticipé de 20 ans par la France.

      La règle d’or c’est le radeau de la méduse d’un système en pleine déliquescence : on voit que la vie à crédit (qui enrichit certains et c’était le but), ça ne peut plus marcher, alors on s’empresse de faire tout le contraire sans voir le ridicule (car le but reste identique). En termes simples, cela s’appelle perdre les pédales.

    2. Oui l’euro ,le statut de la BCE ,la règle d’or,…font se poser la »question allemande » et pas de façon revancharde mais objective,je ne suis pas le seul:

      Affirmatif !
      Mais, à mon avis, le pénétrant Lordon surestime la puissance politique allemande. L’Allemagne n’est qu’un « tigre en papier » Il est probable qu’elle succomberait devant la volonté des 4 ou 5 autre grands de la zone d’imposer des eurobonds « sans troïka ». Le spectre d’un 4ème Reich n’est pas pensable, y compris par les allemands !

    3. Et alors BLM ? C’est paroles d’évangile les stigmatisations de l’Allemagne par Todd ou Lordon ? Le principe est clair pour moi : en tant que français on se pose d’abord la « question purement française » bien avant la « question allemande », idem en tant qu’européen. Ok, verstanden, Bernhard Ludwig Maria ?

      1. Pour une fois, je suis assez d’accord avec Vigneron.

        N’oublions pas que pendant des décennies, « l’élite » Française, avec son arrogance coutumière avait l’habitude de dire, en ricanant « l’Allemagne paiera ».
        Les Allemands pas encore réunifiés et encore mortifiés de leurs exploits récents, se sont bouffé cette humiliation pendant des decennies. ça laisse des traces.

        Pas chiens, après la réunification, sentant venir la grosse arnaque et le danger mortel de l’élargissement aux pays de l’Est exigé par les anglo-saxons, ils ont proposé à Balladur-Mitterand puis à Chirac-Jospin d’unir définitivement nos deux pays dans une fédération. Chirac préférait une confédération. Ce sont essentiellement Jospin et Vedrines qui ont mis leur veto.

        Pourquoi donc l’Allemagne, devant cette stupidité arrogante, n’aurait-elle pas décider de faire son Europe à elle.

        C’est à cette époque là que l’UE est morte : entre 97 et 2001. La faute de la France est capitale et celle des socialistes encore plus.

        Depuis, l’UE a agonisé. Maintenant elle pourrie. Par la tête. Mais ce sont encore les Allemands qui se sortiront le mieux d’un éclatement qui devenait prévisible dés le traité de Nice.

      2. …ils ont proposé à Balladur-Mitterand puis à Chirac-Jospin d’unir définitivement nos deux pays dans une fédération.

        Il est bon de le rappeler! L’Allemagne a proposé 2 fois une fédération: les politiciens français l’ont systèmatiquement refusée, et on se demande pourquoi…. L’enjeux serait-il trop important, quant à leurs intérêts de politiciens… « franco-français »?…

        Moralité? Pas d’eurobonds sans fédération, ce qui me paraît parfaitement légitime de la part de l’Allemagne.

  18. Un chiffon de plus.
    C’est du réchauffé, les textes existaient déja.
    La foi dans le papier, pire que la foi du charbonnier.

    La solennité qu’ils voudraient y attacher ne changera rien.
    Si c’est impossible à respecter sous peine de mort économique,
    le texte tout beau et tout et tout restera un chiffon .
    A croire qu’ils veulent notre suicide consentant.

    L’histoire romaine , à son effondrement, est tout plein de
    rappels, de mise en demeure de respecter enfin telle ou telle
    prescriptions ( solde des troupes de défenses, interdictions
    de cultures ou d’exportation, par exemple), de la capitale vers les périphéries.
    N’a rien empêché, comme on sait.

    De toutes façons, ces sommes gigantesques qui se placent
    plus ou moins bien dans les obligations des Etats,
    faut bien qu’elles soient employées quelque part, puisqu’ « ils »
    refusent l’investissement productif et ses incertitudes.

    Il y a, en gros, autant d’offres que de demande.
    C’est comme la question de la drogue entre USA et Amérique latine.
    Le vrai scandale est l’immense marché demandeur aux USA, pas la mise
    en culture quelques degrés de latitude plus bas.
    L’ éradication n’a pas lieu où il la faudrait…
    C’est pourquoi -retour aux pb européens- des impôts progressifs
    sur ce capital inutile et mal employé tendront à en tarir les sources.

  19. Entièrement d’accord avec Paul Jorion. je voudrais faire part d’une affirmation fausse souvent énoncée par des journalistes ou hommes politiques: le budget de l’état devrait être géré en  » bon père de famille »,  » on ne peut dépenser plus que ce que l’on gagne! « .
    Mais pour le budget de l’ Etat les contraintes sont inverses de celui d’une famille. Dans le budget familial ce sont les recettes ( salaires et revenus divers ) qui sont les contraintes et on ne peut en effet pas dépenser plus.
    A l’opposé, dans le budget de l’Etat, ce sont les missions que le peuple par son vote l’a chargé d’assurer qui sont imposées ( l’éducation, la santé, la sécurité, la justice, la défense etc…) , c’est à dire les dépenses. Il revient au gouvernement de lever l’impôt nécessaire pour atteindre pleinement les objectifs fixés et équilibrer le budget de la nation. C’est pour moi la seule règle d’or qui a un sens.

    1. Quant on en est, en dépenses publiques, à 56% du PIB – malgré ou grâce (c’est selon), à un quinquenat sarkozyste…-, je ne vois pas où est la marge de manoeuvre… 🙂

      1. Attention, dans ces dépenses publiques, il y a ~30% qui sont la « circulation du lien social décent » (caisses maladies, famille,autres branches sécu, chomdu, …). Le gouvernement n’a pas très directement la main dessus,

        …et c’est des choses qu’on faisait sans qu’elles apparaissent économiquement « avant » (s’occuper des vioques et des malades, les femmes qui ne travaillaient pas en salariées y passait du temps, on avait une chambre à moitié neutralisée dans son appart pour la belle-mère malade, etc.).

        L’Etat vu par les ministres, c’est grosso modo la moitié de de ce 56%, soit 28% … (à vérifier)

      2. @Timitia

        Tout à fait d’accord avec votre analyse.

        Ce que j’en sais, c’est que les Etats-Unis ne comptent pas la « circulation du lien social décent » dans ce calcul. Et il n’y a pas photo: le système français de sécurité sociale est un point fort pour les Français, qui n’est pas à remettre en cause.

        Mais qu’en est-il d’autres pays, comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, dans leurs modes de calcul?

        De plus, cela n’empêche pas que la marge de manoeuvre n’est pas des plus vastes, même en ayant une vision keynésienne des choses…

    2. « dans le budget de l’Etat, ce sont les missions que le peuple par son vote l’a chargé d’assurer qui sont imposées (l’éducation, la santé, la sécurité, la justice, la défense etc…) , c’est à dire les dépenses. Il revient au gouvernement de lever l’impôt nécessaire pour atteindre pleinement les objectifs fixés et équilibrer le budget de la nation. »

      Une interprétation possible de la Règle d’or est qu’elle vise à mettre l’éducation, la santé, la sécurité, la justice directement à la charge de chaque citoyen (ça l’a été à des époques plus où moins lointaines, sauf peut-être pour la justice ou le fait de payer une officine pour arbitrer les conflits et proposer un règlement à l’amiable semble être une nouveauté.) Dans ce cas, à part la protection de l’armée contre les pays étrangers, il ne reste plus grand chose à la charge de l’état, chaque citoyen faisant face à ses besoins en fonction de ses moyens (éventuellement en souscrivant à des assurances privées) et l’État n’a plus à percevoir beaucoup d’impôts (c’est un des aspects du retour au bon vieux temps du Far-West tel qu’il est prôné par le Tea Party aux US!)

      De toute façon si on veut que des salariés français puissent être mis en concurrence avec ceux des pays où « la concurrence internationale obligerait les entreprises à transférer les emplois » c’est pas seulement les salaires qu’il faut réduire mais l’ensemble du niveau de vie.

      C’est le seul moyen de résoudre les questions de compétitivité: l’éducation, la santé, la sécurité, la justice assurés au niveau auquel nous somme habitués en occident coûte bien trop cher si on veut concurrencer des pays où non seulement les salaires mais aussi le coût de « la circulation du lien social décent » comme dit Bruno est infiniment plus faible.

      Les choses me semblent plus claires aux USA où de Clinton à Obama les Démocrates n’arrivent pas à débloquer une opposition traditionnelle au rôle joué par l’Etat, opposition que le Tea Party illustre de façon qui nous parait caricaturale alors que les partis de droite et extrême droite européens sont nettement plus discrets sur ce sujet et vont jusqu’à prétendre réduire la fracture sociale en abaissant les impôts: 😉

  20. Ce qui est tragique dans cette histoire, c’est de voir des technocrates prôner une certaine vertu qu’ils ont autrefois rejetée. Le déficit structurel que de nombreux pays européens ont expérimenté ces trente dernières années est un choix de société, celui de servir les intérêts d’une certaine partie de la population. Celle qui s’est enrichi grâce à l’assurance vie et à l’immobilier. Le déficit permettait d’enrichir les plus riches et de contenir la colère des moins nantis.

    Depuis que ce système menace de s’effondrer, principalement à cause de l’insolvabilité du système bancaire (qui est à mon avis le thermomètre à consulter pour anticiper le défaut d’un pays*), ils font payer la majorité dont on avait maintenu le niveau de vie en la gavant de crédits à la consommation. Pire on les fait culpabiliser en invoquant les générations futures qu’il faudrait préserver.

    La règle d’or, telle quelle et dans la situation qui nous est offerte, n’est qu’une énième péripétie dans une histoire dont on connaît plus ou moins la fin.

    *L’Argentine a fait défaut avec un ratio dette/PIB de 60%. Le Japon tient encore à 220% avec des taux d’emprunts très bas. On peut faire la même remarque avec le ratio dépenses/recettes. Ce qui importe est la capacité des banques (en particulier les banques domestiques) à apporter du cash. Quand la situation est telle que les liquidités sur le marchés se font plus rares, il y a des victimes.

  21. Je conserve précieusement les billets parus dans l’édition papier du Monde Economie où le dénommé Paul Jorion dénonça, entre autres, et avec force arguments, la stupide règle d’or.
    Ainsi mon arrière petit-fils ou arrière petit neveu pourra exhumer les petites coupures de journal pour apporter la preuve aux futurs incrédules qu’un homme au début de ce siècle s’était bel et bien levé et avait crié haut et fort tout ce qu’il pensait de l’impéritie de nos représentants et gouvernants.

    A moins que, bientôt, qui sait, cet homme soit finalement entendu !

    1. « Pour le pas en avant qu’ils se proposent de faire, les eurobonds ne sortent pas du marais des compromis tarés – et tarés notamment par leur entêtement à faire des souverainetés démocratiques la variable d’ajustement de leurs trouvailles financières. »

      Rien à ajouter.

    2. Lordon sur les eurobonds :

      Si vous êtes coutumié de Lordon vous savez qu’il est favorable à la mutualisation de la dette et de sa purge par l’inflation nonobstant le titre de son article !

      1. Objection ! Lordon ne condamne pas le principe, il postule que l’Allemagne s’y opposera. Je pense qu’il se trompe en surestimant le pouvoir politique de celle-ci et en ignorant le magistère politique des PIGS coalisés.

      2. Paul-ère, coutumier et coutumière comme couturier et couturière ou paulinier et pauliniére – si ça existait, plutôt que paulinien/nienne ou policier/cière (mais ça marche pas avec poulinière).

      3. à Polaire,

        Si Lordon était de ceux qui proposent, contre vents et marées, des solutions économiques – ou politiques – à la catastrophe, je pense qu’il aurait moins de succès.
        Il est nécessaire de savoir, comme dans certaines auberges espagnoles (!), lire entre les lignes et anticiper avec ses propres sensations, à défaut de parler d’idées.

    3. A lire Lordon régulièrement, je finis par penser qu’en ce qui concerne l’euro, les carottes sont cuites, ou pour le dire autrement et pour ceux qui n’aiment pas les carottes, c’est la fin des haricots.
      Il est plus que temps de cultiver son potager.

      1. Marlowe,
        je compte sur toi pour me réserver quelques plants de carottes.
        Et n’oublie pas tous les autre nécessiteux du blog qui n’ont pas la chance de vivre à la campagne. Pour le pinard, te fatigue, pas on a vigneron ! 😉

      2. Viens quand tu veux, les carottes et les haricots sont naturels (sans chimie) à défaut d’être bios, car sans label.
        Quant au vin, je ne suis pas persuadé que celui que tu évoques puisse faire mon affaire !

        Par ailleurs, je voulais aussi, une nouvelle fois, attirer l’attention sur l’objection de croissance

      3. @Marlowe
        En vieux spinoziste, je connais et sais que Lordon n’entends pas être le jouet des faits, mais de les infléchir.

      4. @Pierre-Yves
        On peut vivre à la campagne et ne pas avoir de jardin, ni 1cm2 de terrain.

        Aussi, je propose qu’on décharge les secours populaires ou catholiques de leur main-mise sur les terrains communaux, comme les Restaus du coeur. Il faut réquisitionner ces structures associatives, leurs locaux et leurs véhicules pour en faire des coopératives publiques, et arrêter le bénévolat des retraités qui y font la loi. Et la charité.

    4. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes,

      – soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel,

      -soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ».

      Pierre Mendès-France

      Nous pouvons donc conclure que ceux qui nous feront entrer dans le deuxième cas, seront responsable de l’abdication de la démocratie.
      Et c’est ceux là mêmes qui brandissent tous les épouvantails possibles devant les électeurs d’extrême droite, tout en brandissant les discours de Mendes.

      Quelle ironie l’histoire !

  22. Endetter et non répartir les richesses plus équitablement est jusque là la façon la plus écidente d’enchaîner ceux qui perçoivent un salaire.

    La règle d’or apparait comme un verrouillage supplémentaire du système (un de plus) qui veut simplement que si la croissance n’est pas au rendez-vous, les dettes grossissent plus rapidement. L’enchainement se voit ainsi renforcé.

    En quoi faudraient-ils les taxer de stupides? c’est le même esprit qui reste aux commandes.

    Il faut simplement dire stop !! Je ne joue plus, tu m’as fatigué, on fait autrement maintenant.

  23. D’accord avec AL2012. Il est indispensable que Paul Jorion fasse cette intervention, je trouve dommage qu’il soit mis l’accent juste sur l’aspect technique.

    Jean-jacques Rousseau est le premier à théoriser dans Le contrat social que ce n’est pas le roi qui est le souverain, mais le peuple, en tant qu’il est une association d’individus qui acceptent de faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier, en vue du bien commun. La volonté du peuple, dans ce contrat social, est inaliénable, car elle est l’expression d’une liberté qui n’est pas une liberté « naturelle » où l’homme aurait le droit de tout faire, mais une liberté politique garantie par ce contrat social. Elle ne peut être cédée aux représentants du peuple, elle est juste déléguée, et révocable à tout moment dès lors que les représentants rompraient le pacte social qui les mande de gouverner non pas au service des lobbys ou des intérêts, mais en vue du bien commun.
    Le peuple ne saurait donc être lié par aucune loi fondamentale ni aucune règle d’or qui figerait ce pacte en une épée de Damoclès dont quelques-uns – une association de politiciens, de banquiers, de financiers et d’ « entrepreneurs » – s’armeraient pour imposer leur loi à une foule hantant les supermarchés et les loteries.
    Cette idée en apparence romantique de la souveraineté inaliénable du peuple est simplement pragmatique : l’imprévu est niché sous les statistiques. L’homme est bon, mais faillible. Le pouvoir rend esclave. Le contrat social est révocable à tout moment afin que l’homme puisse prendre le risque de la liberté lorsque le pouvoir s’affranchit du bien commun et entreprend d’aliéner la volonté générale à des volontés particulières.
    La constitution fixe un cadre politique à l’exercice du pouvoir, lequel doit être orienté vers le bien commun. Elle n’a pas vocation à voir inscrit dans son sein un chiffre comptable de déficit public. La maîtrise du déficit public n’est pas le bien commun, spécialement lorsque les responsables des finances sont des croupiers de mèche avec des joueurs de casino. Il est éventuellement un moyen pour le bien commun, qui pour le coup consisterait plutôt à mettre hors d’état de nuire les joueurs de casino et les croupiers.
    On pourra objecter que ce contrat social a été allègrement piétiné depuis des siècles par une succession d’empereurs et de politiciens. Mais il est un levier pour bousculer des mécanismes de pensée (donc de décision) installés depuis les années 70, qui vise à accoutumer les citoyens à l’idée qu’ils sont non pas des citoyens justement, mais des consommateurs de paris, puis logiquement des débiteurs criblés de dettes – figure modernisée du serf – que les dirigeants, esclaves finalement de leur pouvoir, voudraient le voir devenir.
    Cordialement,
    V. Eggericx

  24. La grande question est de savoir si l’échec évident des plans d’austérité à produire une relance économique mènera à un « Plan B ». Peut-être. Mais je suis d’avis que même si un tel plan était annoncé, cela n’amènerait pas grand-chose. Parce que la relance économique n’a jamais été le but ; cet appel à l’austérité était fait pour utiliser la crise, pas la résoudre. Et c’est encore le cas.

    Paul Krugman

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_le-programme-d-austerite-paul-krugman?id=7779934&chroniqueurId=5032403

    1. cet appel à l’austérité était fait pour utiliser la crise, pas la résoudre

      la stratégie du choc de Naomie Klein

  25. La folle idée que « le marché » suffirait à réguler l’économie, à condition qu’on le laisse agir sans contraintes, est apparemment la cause de l’ensemble des problèmes financiers que nous connaissons.

    La « règle d’Or » n’est qu’un réflexe de défense des États par rapport aux folles turpitudes des marchés. or, Il n’est aucunement justifié, en raison, d’abandonner les fonctions de l’état pour éviter de souscrire à de nouveaux engagements financiers. Sans engagements financiers, pas de recettes suffisantes, pas de possibilité d’investissement, etc…
    le système est intenable, et ne durera pas. Quels sont les impudents, les imprudents, les absolument déments financiers, qui pensent que leur méthode pourrait être la meilleure?

    Et quels sont les sots et déments politiques qui soutiennent leurs raisonnements? est ce indigence? peur? soumission à « l’air du temps » (l’air est en train de changer..politiques, le sentez vous?)

    Reconstruire un système financier va devenir obligatoire. Peu importent les errements actuels, inutile de chercher à composer avec eux, ce système est mort.
    La chine subit également la crise monétaire. Le blocage du système est inévitable.

  26. Pierre Mendès-France , discours à l’Assemblée Nationale , 1957

     » Les capitaux ont tendance à quitter les pays socialisants et leur départ exerce une pression dans le sens de l’abandon d’une politique sociale avancée. On a vu des cas récents où des gouvernements étrangers ont combattu des projets de lois sociales en insistant sur le fait que leur adoption provoquerait des évasions de capitaux (…)
    L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale »

    Visionnaire .

  27. Bonjour M. Jorion,

    Je commence à m’inquiéter quand j’imagine les évolutions de société qui nous pendent au nez.
    Comme vous le disiez à demi mot dans votre video, Monsieur Jorion, pouvez-vous nous tracer une perspective, nous dire ce qui risque de se passer en Europe et plus précisément en France ?

    Cette société très libérale, avec moins d’humanisme dans une vision « droite sociale » basée sur des devoirs absolus, la frugalité et une perte de démocratie ?
    Une pseudo révolution citoyenne malgré les outils numériques de controle social, pour plus d’humanisme et d’égalité ?
    Une guerre intérieure ou extérieure ?
    Que faire si le travail se raréfie ?

    Dites svp à monsieur Todd que l’on n’entend plus depuis 1mois que ses analyses et prédictions seraient très utiles en ces temps de troubles sur l’Euro.
    Vous dites que vous n’etes pas écouté dans la video, mais je crois que beaucoup de gens aimeraient qu’on leur parle franchement de ce qui peut arriver, et vous etes qqn de très écouté et apprécié.

    Merci

      1. Ai-je fauté quelque part pour que la modération attaque en meute ?
        Je lis ce blog plusieurs fois par semaine, je ne suis pas compétent dans votre domaine. Pardonnez ma question directe.

      2. Vous formalisez pas seneq, juste un pseudo très malencontreusement homophone avec un certain senec qui pourrit ce blog un temps avant de s’en faire vider proprement, via le vide-ordure, par où il y était entré quoi.
        Je vous laisse googoliser le senec en question en binome avec Jorion… vous comprendrez mieux. J’ai suffisamment pratiqué l’hurluberlu pour ne pas devoir vous mâcher le boulot…

  28. Vous ne prenez pas en compte l’inflation? Il me semble qu’entre une croissance à 3% avec 5% d’inflation ou 2% d’inflation, la situation n’est pas la même.
    Et vous dites que la croissance doit-être supérieure au coupon moyen. Mais prenons un PIB de 1000 milliards, une dette est de 100 milliards, et un coupon moyen à 3%. La croissance du PIB nécessaire pour compenser ce coupon ne sera que de 0,3% .
    Je me trompe sans aucun doute.. quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi?

    1. De plus, la hausse des rentrées fiscales n’est pas la même chaque année et dans tout pays pour une croissance équivalente..

  29. Bonjour M Jorion, j’apprècie énormément vos billets que je trouve très sombre… d’autant plus sombre que la crise se développe… Cette crise est pour moi la crise des nantis, des cols blancs, de ceux qui blablattent et qui manipulent le commun des mortels, qui veulent ne pas perdre « leur morceau de fromage », de ceux qui ne veulent pas se remettre en cause, des naifs, des soi disants stratèges, des pros-mondialisation, des banquiers cupides et spoliateurs…
    Si nos parlementaires sont aussi incompétents que vous le dites, il faut les virer!!!
    Pas de stress non plus sur « La règle d’or » faite pour gagner du temps uniquement pour amadouer les marchés. Le constat futur sera sans appel: « règle impossible à respecter ».
    Il y a pire comme vous le savez sans doute: Toutes ces gesticulations ne sont que la représentation momentanée d’une énième tentative de ceux qui veulent faire survivre un système condamné à disparaitre.

  30. A moins que l’absurdité du mécanisme soit feinte,
    car cette financière fiente,
    peut en fait servir à détruire presque entièrement la partie publique des patries en cause;
    qui sont vécues par les firmes mondiales et libertarians comme un kolkhoze…
    Tout cela dans le cadre d’une vision réactionnaire et passéiste, contre les droits socio-économiques des personnes, pour finalement revenir sur la démocratie politique, car s’était trop beau….
    Deux siècles et demie où l’humain occidental est sorti de sa condition animale,
    en vue de la réalisation d’une société en marche vers l’idéal,
    mais pas moyen d’échapper aux comportements de sagouins,
    la société des babouins, c’est mieux pour eux que la société du sapiens sapiens….
    Mieux vaut hiérarchie et sadisme social entre individus que regardait vers le bonobo.

    En France , babouins de droite et bonobo de gauche, ça synthétise ça déforme la réalité des comportements, mais au travers de la nov-langue des traités internationaux
    qui parlent de stabilité alors qu’il s’agit d’un tripot (à double fonds), qui consacrent ….que le con dort sur la règle , mais la règle d’or sur le con ça fait taire le citoyen….

    N.B.: Ce genre de fin pré-existe en projet depuis longtemps en Europe depuis le début des années 2000 au moins ( stratégie de Lisbonne et bolkestein directive). Ne pas oublier aussi que la commission européenne a du déjà une fois dans son histoire démissionner en bloc pour corruption.

  31. Avez-vous remarqué comme l’or , soi-disant , pour bon nombre de ces élites , une matière première méprisable juste bonne à combler la coquetterie féminine , a subitement repris du galon et est associé à cette manœuvre suicidaire pour faire rutiler son blason , aveuglant ainsi le Tiers état par son rayonnement millénaire .
    Leurs contradictions ( qui a ordonné de vendre des centaines de tonnes d’or de la France ? ), conséquence de leur agitation de têtards sans dessein politique , sont pathétiques et nous conduisent à la ruine .

  32. Nos parlementaires doivent choisir entre le peuple et les créanciers. Je crois deviner vers qui vont leurs préférences. L’issue du vote ne fait aucun doute.

    1. Moi, 25 millions de contrats d’ass-vie. Certes détenus pour les deux-tiers de l’encours par le dernier décile (soit pour l’Insee et grosso-merdo les hauts revenus, plus de 3000€ mensuels pour une personne ou plus de 6200 pour une famille de quatre membres) selon la Cour des comptes, mais c’est 200 milliards de dette française et 350 milliards de dettes d’autres États. En 89 c’est 40% de l’encours des ass-vie qui était sur les titres du Trésor (40% en 99).
      550 milliards, soit 6 ou 7% des dettes souveraines des €zonards détenus par 25 millions de contrats d’ass-vie gaulois, ça te parle ?
      Té, lis ci-dessous, même les cadors de l’assurance hexagonale parlent de « nationalisation » et de transformer les Oat en « rente perpétuelle » (non remboursable mais négociable sur le marché…), les pensions ou rentes perpétuelles de tonton-tontine Bismarck quoi…
      http://www.lalettredelassurance.com/2012/03/faut-il-nationaliser-les-societes-d%E2%80%99assurance-vie-francaises/

  33. Dès ce matin j’invitais les députés Européens Belge à s’opposer à la règle d’or.
    Je signale avoir envoyé mon mail à tous les députés quelques soit leurs appartenance politique !

    Voici la réponse rapide de l’un d’eux:

    De : LAMBERTS Philippe
    Date : 03/06/2012 11:37:34
    A : orbanjl
    Sujet : RE: Règle d’or – pacte de stabilité financière

    Cher Monsieur Orban,

    merci pour votre message. J’attire votre attention sur le fait que les parlementaires européens ne seront pas appelés à voter le traité budgétaire dit de la « règle d’or ». En effet, il s’agit d’un traité inter-gouvernemental, qui sera (ou non) ratifié par les Parlements nationaux ou, comme cela a été le cas jeudi dernier en Irlande, par référendum.

    Nous les Verts n’avons jamais caché notre opposition à ce traité, lequel n’apporte pas la réponse nécéssaire à la crise actuelle. Je vous invite à prendre connaissance de notre vision de ce que cette réponse doit être : il s’agit de la déclaration de Paris, adoptée par le Parti Vert Européen (auquel appartiennent Ecolo et Groen!) en novembre dernier : http://europeangreens.eu/euroarchive/fileadmin/congress-files/Paris%20Declaration/The%20Paris%20Declaration_FINAL_FR.pdf. Celle-ci reste totalement d’actualité.

    En vous souhaitant encore un bon dimanche,

    Ph. Lamberts
    Député Européen
    Co-président du Parti Vert Européen

  34. Mais dire « rentrées » signifie parler « impôts », et parler « impôts » rappelle inévitablement que d’une manière générale les classes dirigeantes de nos nations sont toujours tentées par le fait d’y échapper en tout ou en partie, raison pour laquelle il est de loin préférable de parler de « croissance », quelles que soient les libertés qui doivent être alors prises avec la logique, les mathématiques et le bon sens en général.

    c’est ça le problème à résoudre … La régle d’or inscrit dans la constitution n’est qu’un moyen d’y parvenir.

  35. Poésie Jean Tardieu

    Liquidation avant faillite
    A VENDRE
    Dans les plus brefs délais
    EN SOLDE
    A des prix jamais vus
    TOUTE LA SOCIÉTÉ
    Orthodoxies et hérésies
    traités de paix épidémies
    doctrines et déviations
    l’Ordre et sa soeur l’Anarchie
    le Malheur et sa Dame
    le bonheur et ses enfants morts
    le navire et ses rats
    LA CIVILISATION
    Hâtez-vous
    il ne restera
    bientôt
    PLUS RIEN

    1. Poésie létale.

      Catabolisme.

      Mis à mort
      Le pays qui t’a vu naître
      Dans le grand amalgame prévu pour un seul moule.
      A mort ta culture, odieuses manies
      A mort ta planète et toute l’eau qui la mouille
      Sacrifiés sur l’autel à un dieu frappé

      Tout à mort!…
      Tant le charme est invincible

      A mort l’Histoire
      Et les hommes et les femmes qui l’habitent
      A mort même les fantômes
      Tant le venin agit.

      Vive la mort!…
      Paradoxe absolu.

      1. un peu à côté , ceci :
        les pères et mères ont mis au monde des enfants qu’ils ont pris pour leurs anges .
        ô divine surprise, des anges révoltés … des êtres ayant leur liberté …

        de deux choses l’une , soit les pères se crispent sur leur autorité, ce qu’ils ont fondé ,
        soit ils laissent sans rompre et laissent fonder .
        les mères ? a-t-on vu une mère rompre avec son enfant pour des idées ?

        bon, la genèse des hommes , de l’humanité, c’est un peu ça . en eux-mêmes, ils sont dieux et ne peuvent agir qu’en liberté mais sont soit aliénés , soit héritiers, par leur passé par leurs ancêtres …
        que peuvent les vieux pour les jeunes ? et les jeunes pour eux-mêmes ?
        si vous ne haïssez pas votre père et votre mère … etc .
        et si vous n’honorez pas votre père et votre mère … etc .
        ce que les anciens peuvent faire, c’est transmettre un peu de leur sagesse acquise . seule nécessité pour les générations suivantes . ce que peuvent faire les jeunes c’est d’en tirer leçon.

        les enfants donc, sont autant dieux que leurs parents , mais des dieux qui n’ont pas encore expérimenté leur temps , le labyrinthe de leur conscience . qui sont des êtres auto-créateurs de leur être ( ce qui est la définition de dieu ) , mais qui ne l’ont pas encore effectué , et pour cause .
        or , c’est la seule chose que les géniteurs peuvent pour eux , c’est de leur offrir ce temps et cet espace, moyens nécessaires et suffisants .
        Il faudrait leur offrir de la Myrrhe, de l’Encens et de l’Or , c’est sûr !!! pour qu’ils puissent commencer à vivre .

        ( je sais qu’on est loin du compte , et du conte , on leur a donné des radionucléides, des lois coercitives , et des inégalités comme des fossés impossibles à combler )

        la tradition, c’est ce qui est nécessaire et ce qui nuit . On a toujours considéré ceux qui suivent comme devant obéir et parce qu’on a aussi été conditionné à obéir . cela en devint « génétique » . jusqu’à buter sur un mur , il y toujours une sorte de fin à toute histoire , ce qui n’est pas obligatoirement la fin de tout , mais peut préfigurer d’une autre .

      2. les jeunes nouveaux maitres du monde sont en fait les plus serviles . ils sont incapables de prendre du recul sur les bases données , n’acceptant que celles d’un passé qui a eu son efficience , et a pourvu d’abondance leurs classes, les a propulsé aux meilleures places , que ce soit dans le privé ou le publique , et l’ascenseur ne fonctionne que pour ceux qui marchent dans cette combine . Malgré tout , ça en fait du monde qui émarge , mais beaucoup aussi qui sont sur la touche , et une planète en ruine et en conflits . Et comme on a vécu , peu ou prou , plus plus que moins , sur une logique de guerre et de prédation d’un groupe sur un autre , sur cette logique de domination et de soumission, on est assez incapable d’ inventer une autre logique ? ce serait vraiment être buté de s’obstiner dans cette voie . C’est cependant assez simple d’en saisir les origines , les causes . On est tombé à Zéro , dès les début de l’homme . on est tombé des nues . dans un monde « limite » . nous contraignant à la lutte pour y survivre . et de générations en générations se sont transmis quoi ? les enfants que nous sommes ont défendu l’histoire de leurs morts . leurs mœurs, leurs atavismes, leurs cultures , etc. les esprits donc, des anciens , de leurs parents , biens et maux confondus , ceci dans le but exclusif de léguer ce que nous sommes et que cela y survive . à défaut de savoir où cela arrive …
        au point où on est , on en est au même point que celui des origines du début . sans saisir ou pouvoir envisager les fins de cette origine .
        là , cet Oméga de nos vies , n’est pas dit .
        ce qu’il pourrait être , ne sera qu’en fonction de ce que nous faisons .
        tenez, comme Bach qui fut utile à Dieu , tous ceux qui Œuvrent Lui sont utiles . bref, ils « créent » Dieu . Savoir qui servir , en définitive . et qui entend Bach ? ce sont bel et bien tous les hommes .
        Je ne vous apprends rien . je le dis , pour ceux qui ne le sauraient pas . et peut-être pour m’en convaincre 😉

  36. Bonjour Mr Jorion
    quelque chose m’ennuie dans la démonstration : cela voudrait dire qu’aucune solution n’existe
    en effet, si pour sortir de la spirale de la dette il faut que la croissance soit supérieure et au pire égale au ticket exigé à la dette souveraine alors que la croissance moyenne des pays occidentaux tourne dans le meilleur des cas quand l’économie fonctionne bien entre 3 et 4% l’an (moyenne depuis 1947) cela voudrait dire qu’il faudrait agir sur deux leviers en même temps (le financement des déficits engagés qui à l’instar de toute dynamique subissent l’effet d’inertie et sur la croissance)

    1) sur le financement des déficits qui ne peuvent pas être stoppés instantanément (pourquoi ne pas envisagé leur financement pendant un laps de de temps de quelques années par la BCE ou par les BC nationales). La loi de 1973 n’institue qu’une seule interdiction, celle de l’escompte en faveur du Trésor public, obligation qui existait depuis 1936. La loi de 1973, dans la section « Concours de la Banque à l’Etat », on peut lire, à l’article 19, que « les conditions dans lesquelles l’Etat peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l’économie et des finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement ». Donc nous pourrions en conclure que rien n’empêche la BDF de prêter sans intérêt à l’Etat.

    2) il faudrait non seulement un assainissement des finances par de la croissance (à trouver sur des créneaux économiques d’avenir). et c’est là que la question se complique. En effet, le traitement envisagé par le présent gouvernement français reste des plus classique et le sujet des euro obligations n’est à mon avis qu’une fausse solutions.
    je soutiens que l’immense ‘territoire’ maritime de la France est la nouvelle frontière qui permettrait de trouver des gisements d’emplois dans tous les domaines technologiques (ingénierie, pharmacie, médecine,…) dans des partenariats ‘public/privé’ (cela limite la dette) . La France est déjà pionnière dans certains de ces domaines

    1. De l’intérêt.

      Donc nous pourrions en conclure que rien n’empêche la BDF de prêter sans intérêt à l’Etat.

      Cette loi est-elle toujours valide ou partiellement valide ?
      SI cette loi est en contradiction avec des traités internationaux, lequel des 2
      prime ? La constitution déclare les traités supérieurs à la loi, je crois.

      Pour l’exploitation de la façade maritime et ZEE, faut pas rêver.
      ( La ZEE française est la seconde en surface, derrière le Canada,
      grace aux iles du Pacifique et éparses)
      Tous en Bretagne ou à Fatu Hiva et dépendances ?
      Mais vrai, ce serait déja quelque chose.

      Enfin, quelles entreprises privées pourraient suivre un plan à long terme
      prévoyant des pertes un certain nombre d’années ?
      On est dans la m.., en grande difficulté précisément parce que le système
      libéral n’est capable que de pas grand’chose en planification.
      Son truc, c’est le court terme le nez sur le guidon avec un retour
      d’investissement rapide et conséquent.
      Précisément ce qu’il faudrait dépasser.
      Il faut donc le larguer, au préalable, comme un outil inutile.
      Et gênant.

  37. Merci mr Jorion pour ce texte sur la règle d’or
    Et qu’en pense mr Bianchéri ? ( il ne vous a toujours pas proposé de débattre avec vous ? )

  38. Faut-il limiter la dette des communes, départements et régions en fonction de leur PIB ?

    Le PIB n’a pas grand sens au niveau d’une commune (répartition inégales des entreprises sur les communes d’une agglomération, règles de péréquation, etc) mais pour une agglomération, un département ou une région le PIB semble conserver son sens habituel.

    Les élus, les autorités qui les contrôlent et les agences de notation évaluent-ils actuellement le montant de leur dette et ajustent-ils le déficit de leur budget en fonction de leurs recettes, de la durée et du taux de leurs emprunts ou au contraire en fonction du PIB prévu pour l’année considérée? Pourquoi?

    Ceux qui vont approuver la Règle d’or au niveau des états vont-ils aussi approuver des règles analogues pour les régions, départements et agglomérations, avec des limites fixées à l’avance et identiques pour chacune d’elles (limiter le déficit à 3% du PIB et la dette à 60% du PIB)?

    ;): ces questions n’ont rien de farfelu puisqu’un moyen évident de contourner la Règle d’or est d’augmenter l’autonomie budgétaire des régions et autres puis de reporter sur leur budget la charge des dépenses qui doivent être réduites au niveau de l’État…

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