PIQÛRE DE RAPPEL : LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT

The English version of this post can be found here.

Le Monde, le 27 août : La cote de Hollande chute de 11 points, selon Ipsos

Mon billet du 29 mars dernier.

Dans le cadre du LELAB2012 de la TNS Sofres, page d’entretiens relatifs aux enjeux des présidentielles et législatives en France, la question m’a été posée hier de mes « 100 jours de rêve ». Les voici :

1. Restauration de la prohibition de la spéculation

Restauration de l’article 421 du Code pénal : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 », de l’article 422 : « Sera réputé pari de ce genre toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison. »

Restauration de l’article 1965 du Code civil : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari »

2. Interdiction des transferts d’information (dans les deux sens) entre chambres de compensation et paradis fiscaux (tous les paradis fiscaux : y compris ceux tolérés par des États dans des enclaves sur leur propre territoire)

3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire

4. Détermination des cours à la Bourse par fixing journalier

5. Abolition des privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques

6. Prohibition de l’optimisation fiscale des sociétés par le biais de transactions entre la maison-mère et ses filiales ou entre ses filiales

N.B. : Oui, je sais la Liberté-tagada-tsoin-tsoin-des-marchés aura été assassinée, trucidée, etc. etc. mais le reste du monde se portera lui TELLEMENT mieux !

 

Partager :

126 réflexions sur « PIQÛRE DE RAPPEL : LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT »

    1. Impossible pour lui de rebondir…
      Depuis son élection il ne touche plus terre…
      Et ses sbires ont la suffisance d’être dans le même délire mystique !

  1. @Julien

    Je clique régulièrement sur  » Me prévenir des réponses.. », mais je ne reçois jamais de notifications, même si j’ai eu un commentaire…

  2. proposition jorion
    mon pur avis de blondinette
    point 2 faut pas rêver, techniquement improbable
    le point 3 très finement réfléchi et ouvrant une perspective de dynamique
    point 4 cela empêcherait-il la création de microboucles de cotation en soustraitance?
    point 5 d’une nature proche du point 3 ouvrirait une toute autre gestion de la notion de responsabilité et assainirait les problèmes de transparence

    le point 6 n’inventerait-ils pas d’autres système d’allégeance?
    la clarté de la définition des entités entreprenariale s’impose pour remettre de l’ordre et rétablir une lisibilité relationnelles des transactions.

    bien qu’il existe d’jà une section spéciale de brigade financière alors faudrait-il aussi réfléchir sur les moyens qu’on lui donne pour agir et faire respecter ne serait- ce que le pacte existant, ce qui n’est pas le cas et méditer sur les collusions qui existent entre pouvoir de définition des règles et gestion des gardiens de la règle.

    1. le point 2 n’est pas techniquement si improbable.
      On peut en effet nationaliser intégralement le secteur bancaire national [ou Européen, pour faire plaisir à ceux qui y croient encore…], et interdire de licence bancaire sur le territoire les banques étrangères disposant de filiales dans les paradis fiscaux, par exemple.
      Le gouvernement US a su faire plier UBS, pourquoi pas nous autres Européens?

  3. Spéculation ,quand tu nous tiens !!!!!!
    Prix de l’essence
    forage 0.20€ /litre
    Marché papier 0.39€/litre
    Raffinage 0.01€/litre
    Transport 0.10€/litre
    Station service 0.05€/litre
    Total avant taxe 0.75€/litre
    Après taxe 1.63€/litre
    Le marché papier est de loin le plus juteux avec l’état , les autres marges étant liées au travail humain , la conclusion s’impose comme un nez au milieu de la figure
    « Rien ne sert de travailler il faut spéculer à point  » nous ne sommes n’y la tortue , n’y le lièvre juste les dindons !!!!! (milles excuses Monsieur Jean de La Fontaine )
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/08/28/20002-20120828ARTFIG00325-du-puits-de-forage-a-la-pompe-le-prix-d-un-litre-d-essence.php

    1. Conclusion : l’État français se fait pas loin de 8 cents de Tva sur chaque litre d’essence vendu en France (plus de 8 cents pour le gazole ou le fuel qui nécessitent plus de pétrole au litre) grâce au « marché papier » (i.e la spéculation).
      Pour 50 milliards de litres consommés annuellement (juste en carburant) ça fait guère que 4 milliards €… Cqfd.

    2. « marché papier » pour bonne vieille spéculation.
      C’est une mode, une tentative de camouflage ? Un essai poétique ?
      Pour cacher le poste le plus couteux des opérations, avant le forage.
      0.39 Euro par litre, plus de la moitié avant taxes et taxe sur taxes.
      Les lecteurs du Figaro doivent apprécier… et taper sur la goinfrerie de l’Etat.
      C’est plus facile que de s’en prendre au « papier ».

      1. Si la spéculation pouvait rendre l’essence encore bien plus chère, elle rendrait in fine un grand service à l’humanité (et à la planète), en contraignant celle-ci à (essayer de) sortir de sa dépendance aux hydrocarbures…

  4. Pour dire simple=
    Les « marchés » fonctionnent par mimétisme (autoréalisation) sans rationalité
    Cf=l’Empire de la valeur (A Orléan)
    NB:Le style de Lordon ne me gêne aucunement
    2ème NB:Toutes les mesures prises dans ce qu’il est convenu de nommer le cadre néo libéral=
    -Libre échange,mondialisation
    -Pouvoir actionnarial
    -dépossession des pouvoirs politiques
    et ce ,dans un bipartisme (alternance sans alternative),ne sont que cosmétiques,à la marge,je ne suis pas déçu par les cent jours,
    une politique de gauche serpillière normativiste,dogmatique(Capitalisme et shizophrénie Deleuze)

    1. Il faudra un jour qu’on m’explique ce qu’on veut dire par « les marchés fonctionnent par mimétisme ».

      Tout intervenant s’efforce d’acheter bon marché et de vendre cher. C’est une stratégie, et cette stratégie impose globalement une contrainte sur le fonctionnement du marché, contrainte qui fera par exemple que des tendances se développeront. Il y a d’autre part au niveau de chaque intervenant rétroaction négative (il s’efforce de corriger les erreurs qu’il s’aperçoit être en train de faire). Jusqu’ici on ne sort pas du cadre de la physique, où le mimétisme intervient-il ?

      1. Curieuse question, à laquelle j’imagine très bien, que Paul a déjà une réponse.

        Quand Bernard Louis Marie parle de « sans rationalité », il me semble qu’il utilise une forme de raccourci, car de fait, le désir mimétique est « rationnel, » en effet : « je veux ce que les autres veulent … ce que je veux » est un calcul en boucle. Une réaction en chaine thermonucléaire est mimétique (sans intentionnalité), les neutrons libérés cassent les noyaux qui libèrent des neutrons qui cassent les noyaux; une fois établie, la structure explosive tend à se maintenir comme structure explosive. Une structure qui n’a d’autre but que de durer peut pourtant être structurée de façon à s’autodétruire et pourtant l’explication en est rationnelle, alors même que dans un contexte élargi, toute l’affaire n’est pas raisonnable, comme par exemple , dans n’importe quel schéma de Ponzi. Les marchés fonctionnement, non pas seulement en mettant en jeu des processus de correction par rétroaction négative, mais également par phases, dans lesquelles dominent des rétroactions positives en run-away vers l’infini ou inversement, vers zéro.

        Mais alors, il est vrai que l’économie doit englober un niveau d’analyse incluant les niveaux de structures concernant « la physique des passions mimétiques », c’est-à-dire les niveaux neurophysiologiques de l’explication de comportements déraisonnables. Cette position, aurait pour conséquence d’intégrer , à l’économie, une volonté d’agir (cybernétiquement) sur les mécanismes mimétiques propres à l’instauration des schémas sociaux de la dominance, et sur cette voie, de construire les dispositifs permettant de remplacer progressivement « la propriété » comme mode de satisfaction du circuit de la récompense.

        « (…)les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette proposition unique : abolition de la propriété privée. »
        Karl Marx, Friedrich Engels, Manifeste du Parti Communiste, 1848 –cité par Marlowe il y a quelques minutes .

        Au départ du succès de Girard, il y avait le geste – hégélien – de deux bébés , qui « en miroir », et à ce stade sans intentionnalité, tendent la main vers le même objet, quel que soit l’intérêt intrinsèque de l’objet perdu dans un tas d’objets identiques également disponibles (Girard démarrait de cette façon dans ses premiers bouquins, et à cette époque, les neurones miroir n’avaient pas été découverts). Après, ce stade, quand le circuit de la récompense a appris que « la propriété » procure une forme plaisir, je présume qu’il faut entrer dans les subtilités des formes de rivalité chez Girard

        D’un autre côté, la Philia me semble avoir d’emblée une dimension mimétique. Peut-on considérer que la Philia (l’instrumentale ou la vraie, selon Rouzies-Leonardi ?), soit un « deus ex machina » suffisant que pour construire une organisation économique rationnelle, et qui serait « en définitive » rationnelle car soumise au principe selon lequel pour continuer de jouer « à celui qui en aura le plus », il faut préserver le terrain de jeu, qu’il faut au moins être deux et qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

        Ajoutons au décalogue les six mesures énoncées dans le billet et, espérons qu’elles calmeront le jeu un temps suffisamment long que pour laisser une chance aux jeunes générations de résoudre ces question plus à fond . Présenter la violence économique comme le bouc émissaire de la violence du désir mimétique est au fond exprimer une hypothèse saturante par le couteau suisse Girardien.

        Sur ce blog, les pieds trépignent, l’envie d’en découdre est significative. Contrôler la spéculation en la taxant, c’est encore la reconnaître, et contrôler la violence économique en l’encadrant ?

    2. Le meilleur exemple est le paradoxe de la monnaie. Combien de monnaie dois-je garder dans mon portefeuille ? Ça dépend de son pouvoir d’achat, de ce que je pense que les commerçants, transports etc. me céderont en échange. Donc la demande de monnaie dépend de son pouvoir d’achat. Mais son pouvoir d’achat dépend de la demande : si l’on décide de détenir moins de monnaie, en s’en séparant on fait monter les prix et donc baisser son pouvoir d’achat. C’est ce paradoxe (apparent) qui fait que les économistes ont tant de mal à se mettre d’accord sur une théorie de la demande et du pouvoir d’achat de la monnaie.

      Une autre façon de dire la même chose est que la monnaie est un bien dont le service rendu dépend du prix. Si je veux m’assoir, le service que me rend la chaise ne dépend pas de son prix. Si je veux me désaltérer, le prix de la bière ne change pas son goût. Mais il y a des produits dont le service dépend un peu du prix. Certains préfèrent avoir une voiture plus chère que celle des voisins… Pour la monnaie, son service rendu est son pouvoir d’achat et il dépend entièrement de son prix. C’est spécifique à la monnaie.

      1. La course d’obstacle risque de finir par buter sur la barre des … 5 millions inscrits à Pôle Emploi.
        Soit 18% de la population active sans emploi ou sous-employée.

  5. Je vois et j’entends Hollande – J’ai mal
    J’entends Fabius – J’ai mal et j’ai honte
    Je vois et j’entends Taubira – J’ai peur
    J’entends Moscovici – J’ai mal
    Je vois Duflot – J’ai mal et j’ai honte

    J’arrête là, je me fais du mal pour RIEN.

    1. Pourriez vous préciser ?
      Par exemple, en quoi Monsieur Fabius vous fait-il honte, ou Madame Duflot vous fait-elle mal ?
      Et surtout, en quoi Madame Taubira vous fait-elle peur ?
      Merci d’avance de vos réponses.

  6. @Paul Jorion

    En résumé, ce que vous proposez c’est une grande marche en arrière, un retour au capitalisme tel qu’il fonctionnait au début du 19ième siècle… Il n’ y a rien là dedans pour me séduire : le 19ième siècle ayant été particulièrement horrible pour les classes laborieuses

    De plus les mêmes causes produisent les mêmes effets d’où le retour au 19ième siècle ne me paraît pas être une solution d’avenir…

    D’autre part le retour au 19ième siècle ce n’est pas très original… c’est déjà pratiqué en Afrique du Sud, où la police a récemment tenté de briser une grève en tirant sur les grévistes.

    A mon avis il est illusoire d’espérer humaniser le capitalisme, ou de le sauver. Depuis que vous avez obtenu une chaire pour vous occuper de finance éthique j’ai l’impression que vous vous égarez par rapport à un excellent livre qui s’appelle « le capitalisme à l’agonie« 

Les commentaires sont fermés.