CONVERGENCES

J’ai fait état la semaine dernière du peu d’impact sur les politiques en vigueur, des vues que je présente ici depuis cinq ans. J’avais souligné que la renommée ne semble pas jouer un rôle  prédominant de ce point de vue puisque Joseph Stiglitz, « prix Nobel » d’économie, professeur dans une université américaine prestigieuse, ancien directeur de la Banque Mondiale, qui défend des positions similaires, ne semble pas plus à même que moi d’imposer son point de vue.

Le renfort de George Soros ces jours-ci, défendant dans un très long texte, des positions, sinon identiques, du moins très semblables sur bien des aspects, pourrait-il faire la différence ? Ce n’est pas en tout cas le sentiment qu’il en a personnellement puisqu’il se plaint qu’une de ses propositions récentes, raisonnable et constructive « a été, dit-il, rejetée d’un revers de main par les Allemands […] sans justification ».

Pour que George Soros, grand (en fait, « immense ») spéculateur devant l’éternel, et moi-même, en venions à défendre des positions semblables, il faut bien évidemment que quelque chose d’important soit en train de se passer, et ce quelque chose, je le vois comme la constitution d’un front anti-Troïka (Banque Centrale Européenne, Union Européenne, Fonds Monétaire International). La constitution de ce front résulte d’une convergence bienvenue parmi les adversaires des politiques ultralibérales qui continuent d’être celles de nos dirigeants et dont – faut-il le rappeler – le Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), est l’un des plus beaux fleurons, même, et peut-être surtout, s’il est prôné par les partis européens que j’ai pris l’habitude d’appeler : « socialistes de droite ».

Symptôme de cette convergence qui se dessine, le fait qu’on m’ait proposé récemment de m’associer à deux déclarations communes, non pas comme cela avait été le cas jusqu’ici quand on me contactait pour me dire : « quelqu’un, quelque part, a écrit ceci, soyez gentil de signer en bas à droite » – ce que j’ai toujours refusé de faire, mais en me proposant de m’associer à la rédaction du texte. Vous verrez ces appels publiés cette semaine, dans le quotidien suisse Le Temps, et dans le quotidien français Le Monde. Le premier texte émane d’un petit groupe que nous avons constitué, de spécialistes des questions d’éthique en finance, Suisse, Français et Belge, le second résulte d’une opposition commune au TSCG dont l’initiative trouve sa source au Parti de Gauche français. Je vous signalerai bien entendu la parution de ces appels en les reproduisant ici.

 

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128 réflexions sur « CONVERGENCES »

  1. Quand les bonnes volontés, les vraies intelligences, les gens qui pensent véritablement le monde, qui s’échinent à le comprendre, à le décrypter dans sa complexité (parfois entretenue) se mobilisent, cela fait plaisir à voir. Je me félicite Paul de cette double initiative, qui tombe à point nommé pour réveiller nos concitoyens et les appeler à la mobilisation.
    VM

    1. En fait, il s’agit souvent de coincidence et non de convergence !
      Comment penser que des Stiglitz, Soros (ou des bureaucrates du FdG,
      qui n’ont jamais rien fait que de la politique professionnelle)
      partagent la volonté de sortir du cadre capitaliste ?

      Dans le meilleurs des cas (FdG), ils se déclarent keynésiens,
      cad font semblant, car ils savent que c’est trop tard, de réformer le capital à l’agonie.

      Cela n’empêche pas d’agir avec eux, au contraire,
      quand ils sont prêts à faire une petite action, même symbolique, contre le capitalisme.
      En sachant que pour les choses sérieuses…

  2. Pour que George Soros, grand (en fait, « immense ») spéculateur devant l’éternel, et moi-même, en venions à défendre des positions semblables, il faut bien évidemment que quelque chose d’important soit en train de se passer

    Je me demandais, est-ce que a) Soros expérimente un revirement de conscience ou est-ce que b) la tournure des évènements gêne ses affaires aux entournures? Si c’est de a) qu’il s’agit il sera crédible s’il l’acte publiquement, si c’est b) alors je me méfierais du coup d’après surtout s’il s’agit de signer au bas d’une page qu’il signerait lui-même.

    PS (post scriptum): Pour plus d’info sur le principe du « coup d’après » contacter Cécile à: http://www.gouvernement.fr/gouvernement/cecile-duflot/coordonnees

    1. Cécile Duflot, géographe de formation, s’était illustrée après la catastrophe de Fukushima en situant le Japon dans l’hémisphère sud lors d’une intervention télévisée. Son titre de Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement est par conséquent on ne peut plus ironique.

      1. Les compétences de Cécile Duflot en géographie sont l’exact reflet de ses compétences générales.Elle a du obtenir son DEA comme elle a obtenu son poste ministériel.

        Je ne parlerai pas des compétences de certain en langues étrangères, par exemple en Allemand.

      2. Il convient de regarder une carte.Certes le Japon n’est pas dans l’hémisphère sud,mais,très étendu du nord au sud,l’essentiel du Japon se situe à la même latitude que le sud de la France.

      3. @François78

        C’est François Baroin qui avait déclenché des moqueries pendant son intervention en anglais lors d’une réunion des Ministres des Finances européens, au point que ça soit relaté dans la presse allemande et anglaise.
        Personne n’est obligé de parler anglais, mais il faudrait au moins envoyer des personnes capables de comprendre de quoi il s’agit lors de ce genre de réunions.

    2. +1

      A la date de 16 septembre 1992, de si sinistre memoire, donc il y a 20 ans pile poil, Soros a reussi son pari enorme contre la livre sterling et a gagne 1-2 milliards rien qu a lui, le tresor britanique a perdu qqchose comme 5 milliards, a verifier l excactitude des chiffres.

      Interessant aussi le fait que en novembre 1987 les bourses ont fait une forte chute, les annees suivantes une speculation immobilliere arrivait un peu partout, et hop en 1992, 5 ans plus tard, Soros nous fait son coup geant !

      Et aujourd hui, 5 ans plus tard apres la crise de 2007 qui est ce qu aparait ? Soros, le bienfaiteur !

      Bizarre, bizarre, mefiance, mefiance, au plus haut point je dirai…

      1. Cela paraît incroyable mais en réalité ce n’est pas inconcevable.
        L’histoire de l’humanité compte un certain nombre d’individus de son genre qui aiment jouer sur plusieurs tableaux tirant parti des succès obtenus sur l’un pour réussir dans l’autre, une morale et une vision du monde toute personnelle permettant de concilier ce qui nous paraît, à juste titre, incompatible.
        Soros est indéniablement un spéculateur, mais ce qui le motive est tout aussi bien passion pour la politique et un certain goût pour la réflexion. Il croit au pouvoir de l’ argent pour exercer une influence sur l’état du monde. Il finança ainsi une étude publiée par The Lancet qui devait estimer le coût de la guerre en Irak. De même il s’impliqua dans la lutte contre l’Apartheid en Afrique du sud.

        C’est clairement un défenseur du système capitaliste et un fervent avocat de la démocratie dans le cadre de l’Etat libéral, mais parmi les défenseurs du capitalisme et de l’Etat libéral il figure parmi ceux qui font preuve d’une lucidité supérieure à la moyenne, ce qui explique sa prise de position en faveur de l’Europe dont il est d’ailleurs originaire, et où il a obtenu son diplôme de philosophie à la London School of Economics avant de devenir courtier à la City.

        Nous sommes beaucoup ici sur le blog à penser que le capitalisme n’est pas compatible avec la démocratie, mais pour lui, ce n’est pas incompatible, il faut juste sauver les institutions libérales qui assurent la pérennité du système. La convergence elle se trouve dans les mesures préconisées s’agissant par exemple d’instaurer un système inspiré des idées de Keynes pour équilibrer les balances commerciales. Ce qui change c’est la perspective historique, le cadre que nous assignons à ce changement.
        Pour nous sur le blog la mise en application de ces mesures augureraient la mise en place d’un nouveau système économique, alors que pour Soros il s’agit seulement de sauver le capitalisme et les institutions libérales. Mais pour l’heure ce n’est pas très important, ce qui compte c’est bien cette convergence.

      2. Plutôt d’accord avec vous, Prague. Quand Soros met tout son poids dans la balance, ce n’est pas pour y laisser des plumes. M’est avis qu’avec son titre tonitruant, – il parle de tragédie -, il s’attend à voir des titres baisser…

      3. Faut-il combattre les spéculateurs ou les politiques néolibérales pro-Maastricht qui ont ouvert un boulevard à la spéculation de Soros et d’autres. Faut-il viser le coeur de la cible ou taper à côté. Le système a toujours désigné quelques moutons noirs comme boucs émissaires pour éviter que le peuple reconnaisse les vrais fautifs: les économistes néolibéraux, en premier lieu M.FRiedman, les politiques de Droite , Reagan Thatcher puis de la Droite socialiste (F. Mitterrrand )… .
        George Soros est le fils d’un juif hongrois qui a échappé à l’holocauste hitlérien grace aux réseaux de l’esperanto, la langue internationale auxiliaire neutre et facile, voir l’article sur Wikipedia. S’il accepte de signer des textes pour sortir de l’absurde et de l’immonde, Kial ne? Pourquoi pas?

  3. la coopération , l’essence même de l’avenir

    enfin une lueur!

    il est urgent de mobiliser le maximum de consciences autour d’une vision positive d’un après

  4. l’un des dirigeants de la banque centrale des US, Richard Fischer en milieu de la semaine dernière :  » en vérité, personne au sein de l’institution ne sait réellement ce qui entrave l’économie et ce qui marchera pour la remettre sur la bonne voie » ! il estime que continuer à inonder le marché des liquidités ne mènera à rien…
    le propos témoigne d’un véritable désarroi, loin des béni-oui-oui estampillés : Hollande, Ayrault, Fillon, Copé…un autre prix Nobel d’économie de 2008 Paul Krugman explique que « l’austérité est destructrice, même sur le plan fiscal », il rappelle la responsabilité du secteur financier et des marchés dans l’émergence de la crise et le détournement de culpabilité qu’ils ont opéré sur le dos de l’Etat. Il s’inquiète du destin de la jeunesse, qui va surtout hériter de « pays sans emplois », ce qui est « plus nocif » que la dette…
    mais si nos « libéraux » sont en panne de solutions, ils ne sont pas à court d’idées, ils en pondent une chaque matin…la crise est toujours là, oppresse les peuples.
    Le libéralisme est-il au bout du rouleau ??…cela ne pourra être réalité que si s’affirme enfin une autre conception de la liberté fondée sur le partage entre individus souverains.

    1. Quand la bourse a perdu « 1000 milliards de dollars en 20 minutes »
      En enquêtant sur le krach éclair de 2010, le Sénat américain a ouvert le débat sur la régulation du trading haute fréquence, les transactions financières faites par des ordinateurs. Et il y a urgence, maintenant que les machines ont remplacé les traders sur près de 70 % des échanges boursiers, la finance devient plus que jamais incontrôlable….
      http://www.humanite.fr/social-eco/quand-la-bourse-perdu-1000-milliards-de-dollars-en-20-minutes-504806

  5. En plus de Soros, en mode infiniment plus modéré évidemment dans la convergence, on pourrait citer notre ami Dallara, le grand Charles maître d’oeuvre du défaut grec de l’hiver dernier et représentant des grands créanciers bancaires de souverains, qui plaide pour une révision à la baisse des politiques austéritaires en Europe.

  6. Enfin, Paul, vous allez entrer dans l’arène ! Mais dans la lutte il y a deux faces : lutter « contre », et lutter « pour ». Et l’Assemblée Constituante, seul moyen pacifique de redonner au politique son véritable rôle, deviendra bientôt le seul espoir de changement. Vous y viendrez nécessairement.

    On avance…

  7. Berlusconi tacle Berlin pour son hégémonie en Europe.

    L’ex-chef de gouvernement italien, Silvio Berlusconi, critique sévèrement l’Allemagne, « un Etat hégémonique qui dicte aux autres pays européens la règle de la rigueur et de l’austérité », dans un entretien à la version italienne du Huffington Post, lancée mardi 25 septembre.

    « Par rapport [au président du conseil Mario Monti], je serais moins vassal de l’Allemagne », affirme le « Cavaliere », qui reproche à Berlin de prétendre qu' »à travers l’austérité on puisse réduire la dette ». « C’est une illusion : la dette publique diminue avec l’augmentation du PIB, qui signifie développement et croissance », affirme-t-il.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/25/berlusconi-tacle-berlin-pour-son-hegemonie-en-europe_1765267_3234.html

    1. Il est tout aussi faux que la dette publique diminue avec l’augmentation du PIB qu’avec les restrictions imposées aux peuples.
      Le dette publique diminue en diminuant les dépenses, mais pas celles qui permettent à la société de fonctionner, et surtout en augmentant les recettes de l’Etat.

      1. L’homme pressé de faire entendre sa petite musique,quelque chose de neurologique là dedans,pour ne pas dire urologique.

      2. @ Michel :
        Moui, mais pas que.
        Il le dit lui même : TINA, en version binaire.
        Soit on est contre le TSCG et dans ce cas, on est aussi pour la disparition de l’euro.
        Soit l’inverse.
        En sous-titres, aussi : soit j’ai raison, soit vous avez tort.
        Des fois, cela ne va pas plus loin que ça …

      3. Oui, extrêmement pressé : pour laisser passer tant de coquilles, il faut imaginer qu’il y avait véritablement urgence de torpiller l’appel avant qu’il ne paraisse !

        Je répondrai point par point aux critiques de Sapir, une fois le texte publié.

      4. Sapir, il aime pas l’euro, on le savait. C’est son TINA à lui.
        Alors, quand vous écrivez : « L’avenir de l’Europe mérite un débat démocratique sur les solutions de sortie de crise. Une expansion coordonnée de l’activité et de l’emploi serait aujourd’hui possible au niveau européen à partir des institutions actuelles, notamment par le financement direct sélectif et à bas taux des organismes publics de crédit. », bref, quand vous proposez une solution qui n’exige pas le démembrement de cette abomination, de sa zone, et de toute velléité d’union, il voit rouge et sort son stylo du même métal.
        Mais, sinon, je pense plutôt que sa démarche s’explique par un problème de territoire.

      5. « Non mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix ? Il chante et puis crac, un bourre-pif ! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! »

        Mais ensuite, il y a aussi :
        « J’te disais que cette démarche ne s’imposait pas. Au fond maintenant, les diplomates prendraient plutôt le pas sur les hommes d’action. L’époque serait aux tables rondes et à la détente. »

      6. La question que pose Sapir, que beaucoup d’autres veulent ignorer ou à laquelle ils ne veulent pas répondre, est : faut-il dissoudre l’Euro ? Sapir donne sa réponse.

      7. J’ai survolté, pardon, survolé le début du texte et je crois comprendre la précipitation de Sapir : il est comme moi ! Il voit rouge quand un truc l’énerve ! 🙂

      8. Jorion, ce mec, Sapir bien sûr, est décidément et définitivement infréquentable. Ultime confirmation, j’espère…

      9. Les auteurs ne se prononcent pas sur le maintien ou la liquidation de l’euro : c’est pas correct puisque l’on sait bien que sa survie est en jeu. Je comprends que Sapir ait vu rouge !

        @vigneron : si Sapir est infréquentable, alors moi aussi !

      10. Crapaud,

        Mais c’est tout de même le minimum syndical pour un intellectuel qui se respecte que d’honorer la confiance de celui qui s’est engagé dans un dialogue d’égal à égal, et en l’occurrence a offert l’hospitalité sur son blog sous la forme d’un billet invité. Ce qu’a fait Sapir, comme on dit en langage courant : « ça ne se fait pas ».

        La colère n’excuse pas tout, d’ailleurs on les attend ses excuses.

      11. A mon avis….un très gros zégôô….le SAPIR , et réaction sans doute d’autant plus vive(et inopportune) qu’il n’a pas pu contribuer à la rédaction du compliment en temps suffisamment utile pour l’orienter selon ses vues…..

        Il n’empêche qu’un effet inattendu de sa réaction pourrait être de placer les cosignataires dans une position de dernier recours du « système » ( si les choses ,voir Madrid et peut-être demain Athènes, venaient à dangereusement dégénérer…) puisque le corps du document présuppose l’intention implicite de sauver l’€ , moyennant corrections et réglages qui deviendraient un moindre mal dans le chaos prévisible….!

      12. Quoiqu’il en soit, il y a quelque chose d’affectif dans son choix de ne pas attendre la publication « officielle ». Volonté de « torpiller » ? Il a lancé une torpille, c’est sûr, mais qui ne torpillera rien du tout. Je pense plutôt qu’il est furieux que sa solution n’ait pas été reçue avec l’attention qu’elle mérite, les auteurs n’évoquant même pas l’éventualité de mettre fin à l’euro. Bref, d’abord on l’envoie paître, (pour parler poliment), ensuite on se demande pourquoi il joue solo ?

      13. @Otromeros : « un très gros zégôô….le SAPIR » ? Z’êtes à côté de la plaque ! Du moins, son billet est sans rapport avec votre affirmation. Quand je lis les conneries des autres, j’m’énerve, et la colère exige une réaction rapide, aussi immédiate que possible. L’égo n’a rien à voir là-dedans, d’ailleurs, je ne crois pas que le mien soit maousse.

      14. Crapao…
        23h06 :

        Quoiqu’il en soit, il y a quelque chose d’affectif dans son choix de ne pas attendre la publication « officielle » […] je pense plutôt qu’il est furieux que sa solution n’ait pas été reçue avec l’attention qu’elle mérite

        23h15 :

        @Otromeros : «  un très gros zégôô….le SAPIR  » ? Z’êtes à côté de la plaque ! Du moins, son billet est sans rapport avec votre affirmation.

        ????
        23h15 toujours :

        L’égo n’a rien à voir là- dedans, d’ailleurs, je ne crois pas que le mien soit maousse.

        Pour l’égo pas maousse, si c’est indemne d’ironie, alors j’espère que tu as raison, pasque vu c’qu’y a avant…

      15. @u Crapaud

        Sapir, je pense qu’il croit tellement à ce qu’il dit qu’il a perdu pied.
        Je suis curieux de savoir qui sont les autres signataires, je crois qu’il y a de l’amour déçu dans sa réaction et que les seuls sentiments qu’il portait à Paul n’en justifient pas la violence.
        De toute façon, depuis qu’il a osé additionner les % de Mélenchon et de Le Pen pour décrire un électorat « anti-système », en disant que leur positionnement était relativement semblable, j’estime qu’il s’est mélangé les pinceaux et les priorités.

      16. vigneron, là, tu me déçois grave ! Je persiste et signe : les émotions n’ont rien à voir avec l’ego ! Si tu vois une contradiction dans mes propos, tu serais bien aimable de te donner la peine de la pointer au stylo rouge, (couleur à la mode), au lieu de procéder par tes habituelles allusions auxquelles je ne comprends jamais rien.

      17. Allons allons Crapao, il s’agit bien sûr ici de l’égo dans son sens vulgaire, comme égocentrisme, égomanie, égotisme, culte du moi, autosuffisance, enflure, orgueil, vanité ou plus généralement ce qui est lié à la représentation (excessive) que l’on a de soi-même. So ?

      18. Sapir, la crise de compétitivité et le protectionnisme.

        Sapir a la mérite de poser la question – faut-il dissoudre l’Euro ? – que la majorité des commentateurs refusent de voir évoquée tant est grande l’omerta * à ce sujet.
        Son obsession de la crise de compétitivité lui ferait-elle oublier la question du protectionnisme que lui et quelques autres ont évoqué dans les pages du Monde Diplomatique il y a quelques années ?
        Il convient de retrouver son article dans les archives du journal (mars 2009) ou de lire le petit livre publié début 2012 aux éditions Les Liens qui libérent : Le protectionnisme et ses ennemis qui recense cinq articles :
        Frédéric Lordon, La « menace protectionniste », ce concept vide de sens.
        Ha-Joon Chang, Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste.
        Serge Halimi, Vers 1880 surgirent des barrières douanières.
        Jacques Sapir, Le retour du protectionnisme et la fureur de ses ennemis.
        françois Ruffin, « On ne veut pas desserrer l’étau, ou on ne veut pas ? »

        * omerta : « je suis un vieux naïf, tu sais, je survis grâce à l’omerta, tu connais ?… Cette conspiration du silence autour du péché d’un seul qui devient le trésor de tous. » Yan Queffelec, Prends garde au loup.

      19. @ Crapaud Rouge – 25/9 – 23:06 + 23:15

        Sur le TSCG
        23 septembre 2012
        Par Jacques Sapir

        Un appel condamnant le Traité européen dit TSCG, provenant d’économistes dont certains sont liés au Front de Gauche, m’a été soumis. Si j’en approuve de nombreux points, et en particulier la conclusion (l’appel à ne pas ratifier le TSCG), cet appel me semble devoir être source d’importantes confusions sur la situation actuelle. C’est pourquoi je ne m’associerai pas à cet appel, que je publie néanmoins avec mes observations (en rouge).

        Crapaud Rouge
        25 septembre 2012 à 21:16

        Les auteurs ne se prononcent pas sur le maintien ou la liquidation de l’euro : c’est pas correct puisque l’on sait bien que sa survie est en jeu. Je comprends que Sapir ait vu rouge !

        Crapaud Rouge……relisez-vous…..relisez-le…..Z’avez vu la date d’envoi de la « torpille »…….
        Si ce n’est pas un gros Zégôô…..alors c’est TYPA bien PIRE…??
        Priez pour que ce NE SOIT QU’UN gros Egôô… Moi , si j’étais P.J.(+ les autres pressentis) , je serais fou furieux..!!

      20. @Otromeros : effectivement, Sapir reconnaissant que le texte lui a été « soumis », (ce qui m’avait échappé), et cette soumission n’ayant pu avoir d’autre but que de recueillir son avis, il n’avait pas à le publier avant que ses auteurs ne se décident. C’est très incorrect sur tous les plans. Comme dit le taulier, il va se faire beaucoup d’ennemis pour pas un rond, et l’on ne voit guère que l’ego pour expliquer son geste.

        @vigneron : en prenant « ego » au sens vulgaire comme tu le décris si bien, (on dirait que tu as un dictionnaire dans la tête…), on est effectivement jamais loin de l’émotion. Mais je le prenais dans un sens bien plus large, disons celui d’une forte personnalité capable de maîtriser ses émotions.

      21. @Crapaud Rouge

        Soyons clairs. Jacques Sapir est favorable à la dissolution de l’euro. Il y voit une solution à la crise européenne. On peut être d’accord avec lui ou pas. Le fait est que la critique qui lui a été adressée ici tenait moins à la qualité de son argumentaire qu’à sa manière gonflée de prétention de manifester sa désapprobation. Sapir aurait pu attendre la publication du texte dans sa version finale. Il aurait pu écrire un billet sans donner dans la correction professorale de copie. Il aurait pu s’en tenir à des arguments sans se dandiner sur sa chaise en rappelant sa qualité de grand expert sur l’éternel. A ses trois règles élémentaires de dialogue, Sapir préfère un style quasi pédant que vous êtes le seul à ne pas avoir noté. Mais peut-être que votre aveuglement tient un tantinet au fait que Sapir partage votre analyse de la situation.

      22. @Martine : toujours sympathiques, vos réponses, même dans la critique. Je me demande comment vous faites. Mon « aveuglement » s’était beaucoup dire, je suis toujours prêt à reconnaître mes erreurs, (parce que mon ego n’est pas maousse), alors que d’autres, – y compris sur ce blog mais ce n’est pas la peine de nommer quiconque ils se reconnaîtront -, ne peuvent pas en dire autant.

        Cela dit, tel que c’est parti, si l’on ne se prononce pas pour la dissolution de l’euro, elle finira par s’imposer de force, mais après que des dégâts considérables auront été commis. Il n’est pas dit que sauver le malade soit la solution, et le « différentiel de compétitivité » n’a pas fini de faire parler de lui.

        Reste enfin la solution Lordon, peut-être la plus intelligente : que l’Allemagne quitte l’euro, entraînant avec elle l’Autriche et quelques pays du nord et de l’est. On aurait grosso modo une Europe (financière) de l’Est et une de l’Ouest, comme au bon vieux temps…

      23. @Crapaud :
        /// Je persiste et signe : les émotions n’ont rien à voir avec l’ego ! ///
        Persignes pas trop vite ! ts les egos sont dans la nature …
        Si on suit Goffman , on peut dire que la « face » est sacrée (faire perdre la face est aussi grave que perdre la face) …..et que la « Face/ego » est le dernier refuge de l’agressivité intra-spé….
        Les assises sont pleins de types qui ont préféré perdre la liberté plutot que de perdre la « face » …Faut bien que l’ affect y soit pour qq chose non ?

      24. Gasp… Crapao, sincèrement désolé pour ton melon maousse, mais

        On aurait grosso modo une Europe (financière) de l’Est et une de l’Ouest, comme au bon vieux temps…

        plaît-il ?

      25. @vigneron : si c’est l’Allemagne qui jette l’éponge, entraînant avec elle l’Autriche, la Finlande et l’ex-Tchécoslovaquie, il est probable qu’elle aurait pour « satellites » les pays de l’ancien bloc de l’Est. L’ancienne division est/ouest serait plus appropriée que la division nord/sud, celle-ci n’étant pertinente que si la France reste dans le même groupe que l’Allemagne.

      26. Tss tss Crapao, relis toi relis moi :

        Europe (financière) de l’est

        ???

        comme au bon vieux temps

        Bon vieux temps ???
        Je te lis mais jamais ne me lierai à ce que j’y lis.

      27. M’enfin vigneron ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Ce « comme au bon vieux temps » n’avait qu’une valeur décorative, une manière de dire « comme autrefois » ! A cette époque, donc, c’était le bagne derrière le rideau de fer, et de notre côté c’était LE MONDE LIBRE. J’espère que tu t’en souviens, parce que, aujourd’hui, c’est le bagne partout ! 🙂

      28. Vouivouivoui… et c’est donc bien ça que t’appelles tranquillou, en plus de « comme au bon vieux temps » (pour « lEurope de l’Est financière » ça le fait pas trop kamême…), la solution Lordon, peut-être la plus intelligente.
        Cqfd. Es ist klar.

      29. la solution Lordon, peut-être la plus intelligente

        : j’avais oublié que ça te ferait bisquer, vigneron, toutes mes excuses ! 🙂

      30. T’excuse pas Crapao. Surtout pas. Ton résumé est plaisant tout autant que brillant, bien au contraire. « La solution de Lordon, la plus intelligente, c’est retour au bon vieux temps », soit Hello Bismarck & Napo the third, voire Back to Ussr ou The Wall, Ni Cr-apao. Même Sapir ça l’enchanterait, te dire l’exploit…

    1. Fait bien le stylo correcteur rouge, Sapir. J’espère que Lordon fait bien parti du collectif, sinon je sens qu’on va avoir droit au stylo correcteur vert ! Surtout que c’est lui qui le premier a dit ce qu’il fallait faire. Et depuis plus de quinze ans. Punaise de punaise, avec de telles crises d’égo à trois euros (ou une autre monnaie), c’est sûr qu’on va vite pouvoir s’en sortir…

      1. Le débat de politique économique ne doit pas être confondu avec une heure de divan. Il y a me semble t’il deux lignes politiques principales à gauche dans les adversaires de la politique de déflation chômage imposée par la Droite allemande et acceptée par les autres:
        ceux de moins en moins nombreux qui veulent continuer avec la monnaie unique et simplement si j’ai bien compris renationaliser les banques centrales pour financer les déficits publics et contrer la déflation (J.Généreux?). Le débat passe à l’intérieur du Front de Gauche.
        Ceux qui veulent de plus sortir de la monnaie unique et de l’Europe inique de Maastricht qui produit une aggravation terrible des inégalités à l’intérieur de chaque pays et entre eux(J.Sapir, J.P.Chevènement).
        A mon avis la transition devra commencer par la première et embrayer très vite sur la seconde.
        Monnaie unique, Europe inique;
        Euro commun, emploi demain.
        L’opinion publique est en train de se radicaliser vite sur cette question. Ce n’est pas simplement un débat de spécialistes.

      1. vigneron tu es sur qu’on refait le monde en éliminant.
        D’un diurne, où les problèmes n’offrent pas de solutions.
        D’un nocturne, où les solutions n’offrent que des problèmes.
        Souhaitons une aube éternelle, aux marmots ensommeillés.

      2. En éliminant ? Bof, en triant en tous cas oui. Espèces protégées, espèces à réguler, espèces nuisibles. Sapir est passé de la deux à la trois, définitivement. A force de vouloir faire de tout espace de contestation son territoire de chasse, de tout et tous sa proie de circonstance ou son hôte commode en prédateur ou parasite universel, à force d’hubris hégémonique, de monomanie et caprices ayatollesques de diva d’opérette, d’hybridations chimériques en mutations dégénératives, ça lui pendait au nez.

      3. A force de vouloir faire de tout espace de contestation son territoire de chasse, de tout et tous sa proie de circonstance ou son hôte commode en prédateur ou parasite universel, à force d’hubris hégémonique, de monomanie et caprices ayatollesques de diva d’opérette, d’hybridations chimériques en mutations dégénératives, ça lui pendait au nez.

        Et ceci s’applique tellement à tant d’individus, que j’ai cru qu’on parlait de quelqu’un d’autre un instant ! Etre lucide sur soi-même est une qualité rare. Chapeau l’artiste 😀

    1. @ dissy
      Le contraire d’une récession est une expansion , comme notre terre à ses limites , quoi de plus normal !!!!!!!!!!

  8. L’origine historique du clivage « gauche-droite » se trouve dans la position geographique des différents partis politiques dans l’assemblée nationale d’août-septembre 1789. Lors d’un débat sur le poids de l’autorité royale face au pouvoir de l’assemblée populaire dans la future constitution, les députés partisans du veto royal (majoritairement ceux de l’aristocratie et du clergé) se regroupèrent à droite du président (position liée à l’habitude des places d’honneurs). Au contraire, les opposants à ce veto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de «patriotes» (majoritairement le Tiers état).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_et_droite_en_politique

    « Socialistes de droite »……
    L’UMPS, c’est le droit de véto, le culte du chef, le culte de la personnalité et le maintient des privilèges tant financiers qu’individuels…… CQFD

  9. 10 stratégies de manipulation que les politiques et les médias utilisent pour nous contrôler.

    http://www.apprendre-a-manipuler.com/medias/10-strategies-de-manipulation-que-les-politiques-et-les-medias-utilisent-pour-nous-controler.html

    Croissance : pessimiste, Standard & Poor’s revoit à la baisse sa prévision pour la France.

    Les prévisions de croissance pour la zone euro ont elles aussi été revues à la baisse.

    http://www.atlantico.fr/pepites/croissance-pessimiste-standard-poor-revoit-baisse-prevision-pour-france-493117.html

    L’inéluctable appauvrissement de l’Allemagne.

    http://www.gestionsuisse.com/

    1. bonsoir
      complètement d’accord avec ces techniques avec en prime une dilution des responsabilités,
      afin de pouvoir dire c’est la crise. Mais ce n’est pas une crise (durée normalement limitée)
      mais un déclin. Reste à avoir à quel moment le bateau des états
      changera de cap…

  10. Symboliquement , en s’inscrivant dans le Monde et dans le Temps ,la démarche a du « sens » !

    Mais c’est bien qu’elle ait ces deux « directions « . Comme elle ne manque ni « d’intensité » , ni de « point d’application » , ça devrait en faire une « force » réelle .

    1. ‘Le temps du Monde’, Vol. 3 de ‘Civilisation matérielle, économie et capitalisme, 15ème-18ème siècle’ de Fernand Braudel.

  11. « socialistes de droite »

    Dans la mesure où ils font allégeance aux puissances dominantes, on pourrait dire socialistes conservateurs.
    En fait ils (certains) pensent qu’ils vont pouvoir changer les rapports de force en feignant de les accepter.
    Mais ils se trompent lourdement, à ce jeu là on finit toujours par perdre son âme.
    J’en veux pour preuve qu’ils acceptent le TSCG, tout en proclamant qu’ils vont infléchir le cours de la construction européenne.
    Voilà une contradiction, bien supérieure à celle des verts qui prennent parti pour le NON au TSCG, tout en votant le budget de rigueur de la France.
    Une contradiction majeure qui justifierait bien la dissolution de l’Assemblée Nationale.
    Bien entendu l’Assemblée Nationale ne sera pas dissoute, et elle ratifiera le TSCG avec l’appoint des forces conservatrices de droite et de gauche.
    Je crois que nous sommes maintenant bien fixés sur le fait que la construction européenne est tout sauf démocratique. C’est une affaire de technocrates, d’oligarchies élues et non élues.
    Les peuples sont avant tout perçus comme chiens dans un jeu de quilles.
    Pourtant cette construction est affaire trop sérieuse, et ne devrait pas être laissée dans les mains de ces seules « élites ».

    1. Je crois que nous sommes maintenant bien fixés sur le fait que la construction européenne est tout sauf démocratique. C’est une affaire de technocrates, d’oligarchies élues et non élues.
      Les peuples sont avant tout perçus comme chiens dans un jeu de quilles.
      Pourtant cette construction est affaire trop sérieuse, et ne devrait pas être laissée dans les mains de ces seules « élites ».

      Mieux vaut tard que jamais…selon le dicton.
      Mais comment pouviez-vous encore, en lisant le blog depuis toutes ces années penser que l’Europe de la commission était démocratique.
      L’Europe n’a jamais voulu dans sa réalité être une Europe des Peuples…. même si certains de ses pères fondateurs ont pu nous le laisser croire quelques instants…

    2. à Macarel,

      Il y avait une expression que j’avais lu il y a quelques années : « la gauche de droite et la droite de droite ».
      Je crois que Francis Marmande, homme de lettres et critique de jazz, était celui qui l’employait à l’occasion de chroniques dans le journal le Monde.

      Par ailleurs, je pense que vous vous trompez lourdement, cela fait belle lurette que la « gauche de droite » (le PS) a vendu son âme.

      Le socialisme, au XIXe siècle, a été inventé pour remplacer le capitalisme. Or nous devons assumer pleinement l’économie de marché. Je préfère parler de la gauche.

      Manuel Valls, France-Soir, 19 mars 2008. Cité par Jean-Claude Michéa dans son ouvrage, La double pensée.

      1. le taux de change, c’est là que Soros sait faire son beurre 😉
        sinon, pourra pas refaire le coup des junk bonds, n’est plus prophète dans la finance …

  12. Il serait intéressant de voir le débat de ce soir ( 25/9) sur la 5 C’dans l’air avec Jacques Généreux.
    C’est si rare qu’il passe chez Calvi, que pour ne pas écouter ce qu’il s’y dira.

    1. Juste pour lui.
      Reynié a frôlé l’apoplexie et le second s’est raidi sur son manche (à balai européen).
      Démontage de logorrhées en deux coups de clefs à raisonnement.
      Good job.

  13. Ça serait quand même pas mal que votre texte soit diffusé (terminé ET en convergences je veux dire 😉 avant le 30, pour surfer sur la vague de la manif’ et alimenter ainsi le débat !!

  14. Amsterdam, 25 septembre 2012

    Chèr(e)s co-bloggeurs,

    1. A juste titre, mme. Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, avait l’honneur d’ouvrir le débat général à l’assemblée générale des Nations Unis, il y a peu de temps à New York.

    2. A juste titre également, Dilma Rousseff a expliqué la grande raison de Paul Jorion et de Joseph Stiglitz.

    Veuillez écouter vous-mêmes s’il vous plaît:

    http://webtv.un.org/watch/brazil-general-debate-67th-session/1860679443001/

    (au même site, si vous le désiriez, vous pourriez retrouver l’óriginal en Portugais).

    Bien à vous tous,

    JL

  15. Soros, Joseph Stiglitz, Paul Jorion, Sapir, Parti de Gauche.
    L’éventail est ouvert. A donner le tournis. Ou bien il y a un intrus
    Perso, ce que peut dire un Soros, en bien ou en mal, je le prendrais avec des pincettes.
    « Le climat est mauvais pour les affaires, faut que ça change. Quand vont-ils le comprendre? »
    Même en le supposant repenti, son passé est trop lourd pour se prévaloir des opinions de ce monsieur.

    En revanche, l’apparentement avec le Parti de Gauche donne des espoirs.

    1. Soit monsieur Soros est monsieur Volpone,soit ce monsieur vieillissant,pense qu’il est temps de voyager léger.Je lui accorde le bénéfice du doute.

  16. Même Noyer converge.

    Vous restez opposé à la séparation des activités de marchés et de détail ?

    Ce principe de la séparation des activités, je n’en comprends absolument pas l’intérêt. La seule chose que je souhaite est l’interdiction pure et simple des activités spéculatives et des contrôles internes renforcés sur les risques liés aux activités de marché. Pour le reste, les banques doivent pouvoir accompagner leurs clients, qu’ils soient particuliers, entreprises ou institutions, dans toutes les opérations, sur les marchés obligataires, le change, les opérations de couverture, créer des produits d’épargne. Pour toutes ces raisons là, je ne comprends pas bien le concept de séparation, alors que je comprends celui d’arrêt de la spéculation.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/interview/0202270127381-christian-noyer-l-horizon-apparait-aujourd-hui-beaucoup-plus-degage-362434.php

    1. Lorsqu’ils commencent à nous empécher, par tous les moyens, de nous réunir et de manifester,
      c’est peut être qu’ils commencent a avoir peur…

  17. Spanish austerity protest turns violent: in pictures.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/businesslatestnews/9566520/Spanish-austerity-protest-turns-violent-in-pictures.html?frame=2350847

    http://politica.elpais.com/politica/2012/09/24/actualidad/1348515446_560081.html

    Actually, it is not remotely like 1936. I spent part of the weekend rereading Paul Preston’s magisterial biography of Franco, a worthwhile refresher for all of us.

    Franco’s military uprising/coup in 1936 was directed against the newly-elected Popular Front, seen by army commanders (though not all of them) as the start of a Bolshevik take-over of Spain. The Franco revolt was a defence of The Catholic hierarchy against Communism and French subversion (in their mind).

    Spain now has a Right-wing nationalist government with Opus Dei links, the Partido Popular. The roles are entirely reversed.

    Yet Col Alaman is in a sense correct. The mood is becoming dangerous

    http://blogs.telegraph.co.uk/finance/ambroseevans-pritchard/100020330/be-very-careful-beloved-spain/

  18. C’est une bonne nouvelle.

    Soit certains sont tellement désespérés qu’ils retournent leur veste, soit ils ont mis un premier pied dans la conscience.

    Et ravie que le Parti de gauche y participe.

  19. La réalité de la crise est là et bien là
    et que la Doxa ultra libérale sous toutes ses formes en profite pour tenter d’imposer son idéologie politique partout est aussi une réalité tout aussi tangible.

  20. Voici ce que Gorz écrivait déjà à l’automne 2007,
    écartant les solutions des infirmiers keynésiens:

    « On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale, n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles (spéculatives) précipiterait cela même que la crise financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesques d’actifs financiers et la faillite du système bancaire. »

    (Revue EcoRev’, automne 2007).

  21. Le renfort de George Soros ces jours-ci, défendant dans un très long texte, des positions, sinon identiques, du moins très semblables sur bien des aspects, pourrait-il faire la différence ?

    Georges Soros bien que grand spéculateur devant l’éternel, n’en est pas à sa première critique des excès des marchés, déjà en 1998…

    Son texte que j’ai toujours sur papier commençait comme suit:

    Les marchés financiers mondiaux échappent largement au contrôle des autorités nationales et internationales. je considère que cet état de fait est à la fois malsain et intenable. Les marchés sont instables par nature, et il y a des exigences sociales qu’on ne peut satisfaire lorsqu’on laisse aux forces du marché une liberté totale.
    Malheureusement, cette analyse n’est pas partagée. Au contraire, on pense généralement que les marchés se corrigent d’eux-mêmes, et qu’une économie mondiale peut prospérer sans que l’on construise en parallèle une véritable société mondiale. On affirme que l’intérêt commun n’est jamais mieux servi que quand chacun veille à son propre intérêt; que les tentatives pour préserver le bien collectif ne font que perturber les mécanismes du marché. Ce courant de pensée était appelé le « laisser-faire » au XIXième siècle, je lui ai trouvé un meilleur nom: l’intégrisme du marché.

    Nos « socialistes » feraient bien d’en prendre de la graine.

    1. D’ailleurs voici le texte complet de Georges Soros écrit en 1998:

      L’intégrisme libéral menace la démocratie

      Les marchés financiers mondiaux échappent largement au contrôle des autorités nationales ou internationales. Je considère que cet état de fait est à la fois malsain et intenable. Les marchés sont instables par nature, et il y a des exigences sociales qu’on ne peut satisfaire lorsqu’on laisse aux forces du marché une liberté totale. Malheureusement, cette analyse n’est pas partagée. Au contraire, on pense généralement que les marchés se corrigent d’eux-mêmes, et qu’une économie mondiale peut prospérer sans que l’on construise en parallèle une véritable société mondiale. On affirme que l’intérêt commun n’est jamais mieux servi que quand chacun veille à son propre intérêt; que les tentatives pour préserver le bien collectif ne font que perturber les mécanismes du marché. Ce courant de pensée était appelé le « laisser faire » au XIX ième siècle, je lui ai trouvé un meilleur nom : l’intégrisme du marché.

      C’est cet intégrisme qui a rendu le système capitaliste mondial malsain et intenable, et cette situation est relativement récente.

      Le capitalisme du XIXième siècle a été détruit, en dépit de sa relative stabilité, par la première guerre mondiale. Après la guerre, il y a eu une vague tentative pour le restaurer, qui a mal fini avec le krach de 1929 et la grande dépression. N’est-il pas probable que le capitalisme actuel finisse aussi mal, alors qu’il n ‘a même pas les éléments de stabilité qui existaient à l’époque ? Ma thèse est que l’extrémisme du marché constitue aujourd’hui, pour une société libre, une menace beaucoup plus importante que toutes les idéologies totalitaires.

      A propos des déficiences des marchés financiers, je peux être plus précis. Je pense que les intégristes ont une vision fondamentalement biaisée du fonctionnement des marchés.

      Ils croient qu’ils tendent vers l’équilibre. Ils reconnaissent, bien sûr, que les marchés peuvent fluctuer, mais ils l’expliquent par des influences extérieures qu’ils appellent « chocs exogènes »: les marchés oscilleraient comme un pendule, revenant à l’équilibre quelle que soit l’ampleur des mouvements. Cette vision est complètement fausse. Il y a des périodes, comme à présent, où les marchés financiers bougent non pas comme un pendule mais comme un ballon fou, heurtant les pays les uns après les autres.

      La théorie de l’équilibre est fondée sur une comparaison inappropriée avec la physique. Les objets physiques suivent leur trajectoire, indifférents à ceux qui les observent. Les marchés, au lieu de refléter la réalité de façon passive, créent eux-mêmes la vérité qu’ils reflètent. Il y a une influence réciproque entre leurs décisions et les événements futur : j’appelle cela la réflexivité. J’affirme que ce concept est mieux adapté aux marchés financiers – et à nombre d’autres phénomènes économiques et sociaux – que le concept d’équilibre, sur lequel l’économie classique est fondée.

      Les marchés financiers sont caractérisés par des hausses et des chutes violentes, et il est plutôt étonnant que la théorie économique continue à s’appuyer sur un concept d’équilibre qui exclut ces phénomènes, au mépris de l’évidence. Le déséquilibre est inhérent au système financier, ce n’est pas simplement le résultat de chocs extérieurs.

      L’insistance avec laquelle on se réfère aux chocs externes comme à un deus ex machina, pour réconcilier la théorie économique avec le fonctionnement des marchés, me rappelle les tentatives ingénieuses avec lesquelles les astronomes pré-coperniciens expliquaient le position des planètes, au lieu d’accepter que la Terre tourne autour du Soleil. Dans les faits, pourtant, on sait depuis longtemps que les marchés financiers sont instables et vulnérables aux krachs. Un cadre institutionnel a, bien sûr, été progressivement élaboré pour les superviser et les réguler. Mais ce cadre est national, l’internationalisation des institutions financières n’a pas suivi celle des marchés. Les institutions de Bretton Woods ont vaillamment essayé, et sans leur intervention le système financier se serait effondré au moins trois fois : en 1982, en 1994, et en 1997.

      Toutefois, la dernière crise, qui a débuté en Asie, a montré l’inadéquation du système actuel. Il y a un besoin urgent de l’améliorer, parce que la crise n’est pas terminée. La crise asiatique a maintenant plus d’un an, et les problèmes du système bancaire mondial n’ont toujours pas été traités. Pour l’instant les pays qui se trouvent au centre du système capitaliste n’ont pas été affectés; en fait ils ont au contraire profité d’importations moins chères. Cela a suscité une sorte de complaisance vis-à-vis de la crise, qui est déplacée. Nous sommes en effet dans une phase qui se situe très loin de l’équilibre, où les conditions sont bien trop favorables pour les pays du centre, au détriment de la périphérie. Ces conditions ne seront pas durables. J’entrevois la perspective d’une surcapacité et d’une déflation mondiale. L’intégrisme du marché est devenu si puissant que toute force politique qui ose lui résister est vilipendée comme étant sentimentale, illogique et naïve. C’est pourtant l’intégrisme lui-même qui est naïf et illogique. Pour le dire simplement les forces du marché, si on leur donne une liberté totale, même dans le seul champ économique et financier, produisent le chaos et peuvent conduire à terme à la destruction du système démocratique mondial.

      En réalité, leur relation est beaucoup plus compliquée. Le capitalisme a besoin de la démocratie comme d’un contrepoids, parce qu’il n’a pas de propension à l’équilibre. Les détenteurs de capital ne cherchent qu’à augmenter leurs profits. Qu’on les laisse suivre leur pente, et ils continuent à accumuler du capital jusqu’au déséquilibre. Karl Marx avait fait une excellente analyse du capitalisme il y a cent cinquante ans. Le remède qu’il préconisait, le communisme, était pourtant pire que le mal. Et si ses affreuses prophéties ne se sont pas réalisées, c’est grâce aux contrepoids politiques existants dans les pays démocratiques.

      Malheureusement, nous risquons une fois encore de tirer de mauvaises conclusions de l’histoire. Cette fois, le danger ne vient pas du communisme, mais de l’extrémisme libéral. Le communisme a aboli les mécanismes du marché et a imposé un contrôle de la collectivité sur toute activité économique. L’autre intégrisme cherche au contraire à abolir toute forme de décision collective et à imposer la supériorité des valeurs du marché sur les valeurs politiques et sociales. Ces deux extrêmes sont dans l’erreur.

      Ce dont nous avons besoin, c’est d’un équilibre entre le politique et le marché, entre l’intérêt de ceux qui décident de la loi et l’intérêt de ceux qui la subissent.

      Ce texte a été écrit en 1998…

      1. Justement en 1998 et la crise terrible en Malaysie, Thailande et autres pays, suivant son raid contre leur monnaies, c est patethique !

        Soros est un Dr. Jekyll et Mr. Hyde…

      2. Soros est un Dr. Jekyll et Mr. Hyde…

        Disons qu’il défend des points de vue humanistes, tout en profitant à fond du système tel qu’il est.

        Il fait en grand, ce beaucoup font à une échelle plus modeste, non ?

      3. Oui, Soros – le Bourgeois, gentil homme honnete quoi, comme le genial milliardaire communiste, membre de commite central de PC en Chine http://www.francesoir.fr/actualite/international/un-milliardaire-au-comite-central-du-parti-communiste-chinois-141390.html, et combien de millionaires communistes dans le meme organe, c est pas bon la vie http://www.letemps.ch/Page/Uuid/14c84338-f664-11e1-a963-35cea59aea02/Le_play-boy_à_la_Ferrari_qui_secoue_le_Parti_communiste_chinois#.UGNaI2thiSM ?

  22. Le communisme a aboli les mécanismes du marché et a imposé un contrôle de la collectivité sur toute activité économique

    Non. Le communisme tel qu’il a été construit en URSS comme en Chine et ailleurs a imposé le contrôle d’un parti politique sur toute l’activité économique. Aucune collectivité soi-disant démocratique n’a jamais eu la main sa propre économie.

    C’est le seul mot qui cloche, « collectivité », introduit bien au milieu, bien isolé, sur qui repose tout le raisonnement.. c’est à cela qu’on voit sa parfaite maîtrise du discours politique.

    Il n’y a qu’en Grèce que la puissance publique a pu s’établir. Notre modèle démocratique est celui, impérial, de la Rome antique. Sans nomos, et à ce titre, réduit aux « affaires étrangères ». Tout la prédispose à la formation du désert, où le fascisme est le modèle politique le plus adapté.

    Le problème, c’est que si l’on arrête pas tout de suite la désertification, cette fois-ci, sera la dernière. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser le pouvoir à ces gens, POINT.

  23. En vertu de l’adage qui dit « mieux vaut la haine que l’indifférence » le papier de Sapir a au moins le mérite de promouvoir la future initiative des économistes internationalistes proches du Front de gauche. Par ailleurs, il mâche en qqe sorte le travail aux lecteurs lambda pas toujours au fait des complexités et autres subtilités de la politique économique européenne; Ainsi il apparait plus clairement que cet appel sera favorable à l’UE en tant que structure et à l’euro en tant que monnaie unique. C’est important que les citoyens ainsi apostrophés sachent bien de quoi il s’agit. Plus vos idées seront clairement perçues, plus fort sera leur impact.

  24. J’ai lu M. Jorion que vous avez l’intention de répondre aux réserves émises par M. Sapir. Il serait intéressant qu’un véritable échange s’engage entre vous et lui plutôt que des monologues sur vos sites respectifs … On a besoin de débats pour mieux cerner les questions. Pas seulement d’explications de texte isolées.

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