RÉFORME BANCAIRE

Quel est le contraire de ces « Certaines rêveries idéologiques » évoquées par M. Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et auxquelles il est fier de ne pas avoir succombé ? Le statu quo dont il nous gratifie sous l’appellation rassurante de « banque universelle ».

C’est quoi en effet la « banque universelle » ? Eh bien, c’est celle que nous avons déjà. On ne change pas une banque qui gagne, surtout si les banquiers, au contraire des « rêveurs idéologiques », ne voient pas de quoi on irait se plaindre.

Partager :

212 réflexions sur « RÉFORME BANCAIRE »

  1. Ce matin, sur http://ouest-france.fr un article avec Paul Jorion : Réforme bancaire. Sert-elle vraiment à quelque chose ?

    En dehors du fait que tous les connaisseurs reconnaîtront le style et les idées de notre hôte (et aussi son visage), je m’interroge sur la question du prêt à intérêt évoquée en fin d’article.
    Je suis d’accord avec l’idée que le prêt à la consommation doit être supprimé tant qu’il génère des intérêts ou totalement supprimé , mais je m’interroge sur l’idée que le prêt à intérêt pourrait continuer à exister pour l’industrie.
    Ne faudrait-il pas inclure dans cette hypothèse le fait que la propriété des entreprises doit être modifée et définir qui préterait aux entreprises et à qui reviendrait l’intérêt versé ?
    Cela me paraît un point très important.

  2. Que d’énergie consacrée à s’étonner de la « trahison » des socialistes, des « promesses non tenues » confrontées aux « réalités », blablabla …
    Parti socialiste, socialisme parti comme dirait F.Lordon ! J’ajouterai depuis longtemps !
    http://www.fredericlordon.fr/textes/crise/refuses/pdf/Parti_socialiste.pdf
    N’est-il pas encore venu le temps de déposer le bilan de ce qu’on appelle la « Social démocratie » ?
    Dans tous les pays concernés, les hommes politiques de la « Social démocratie » ont voté les crédits de guerre et mener campagne pour résoudre les contradictions capitalistes de l’époque dans la guerre 14/18 et son effarante boucherie ; ils ont légitimé le colonialisme et l’impérialisme au nom du « progrès » ; ils ont abandonné les républicains espagnols ; ils ont assassiné Rosa Luxembourg et karl Liebknecht pour devenir les politiciens de la « république de Weimar et ouvrir la voie à Hitler ; en France ils ont voté « Munich » puis les pleins pouvoir à Pétain ; ils ont fait tirer sur les ouvriers en grève en 1947; créé les CRS ; ils ont massacré à Madagascar, guillotiné à Alger et à Hanoï. Ils ont modernisé la France en liquidant la paysannerie au profit de l’agro-industrie, éradiqué les artisans et les commerçants au profit de la grande distribution et permis ainsi une formidable concentration de capital débouchant sur un chômage de masse et un endettement public massif. Ils ont totalement libéré la finance en allant partout beaucoup plus loin que tous les partis de la droite classique en vendant aux peuples le capitalisme comme la fin de l’histoire. http://www.fredericlordon.fr/textes/crise/neoliberalisme/pdf/gauche_et_finance.pdf). Faut-il Ajouter leur soutien à l’intervention de l’Otan en Yougoslavie, la première guerre du Golfe, l’intervention en Afghanistan. Partout, dans les villes, dans les conseils généraux et régionaux, ils imposent des budgets qui font la part belle aux grands groupes capitalistes dont ils partagent totalement la vision du monde, soumettant les PME à des règles de sous-traitance iniques, détruisant des terres agricoles au profit d’une urbanisation délirante etc.
    L’appareil du parti socialiste, totalement dégénéré bureaucratiquement et coupé de toute base militante est complètement intégré aux milles structures qui permettent la domination et la reproduction de la domination capitaliste qu’ils servent et dont ils « profitents » en parfaite bonne conscience depuis un siècle.
    La trahison de F. Hollande serait qu’il en appelle au peuple, contre les oligarchies, pour renverser la table (dire : changer de paradigme).
    Au-delà du « programme » ce qui est déterminant, ce sont les moyens que l’on préconise pour sa réalisation. Toutes les formes de « délégation de pouvoir » s’enliseront dans les marécages du réalisme, des compromis et des renoncements. Tant que les « travailleurs », tous ceux qui ne bénéficient pas de la rente capitalistes ne s’organisent pas pour résoudre les problèmes concrets auxquels ils sont confrontés dans des structures et des formes d’organisations autonome , au niveau local comme international, nous resterons dans l’environnement de l’Allemagne de 1930 plutôt que dans celui de la France de 1788.
    Qui appelle à cette auto-organisation, qui la met en pratique ?
    Ce qui est tout aussi étonnant, c’est que certains s’étonnent encore de la nature des politiques suivies par le PS, comme s’ils pensaient toujours que le PS était de gauche parce que « socialisme » est écrit déçu.
    Il y en a même qui pensent qu’on peut le faire évoluer en faisant pression sur lui pour qu’il écoute ceux qui pensent qu’il faut rompre avec la « financiarisation » de l’économie et le « néo-libéralisme », mobiliser les « milliards » qui ne servent pas pour les mettre au service de « l’économie réelle », mieux partager les « richesses » pour relancer la demande solvable mais en proposant des productions socialement utiles, compatibles avec les exigences écologiques, développer les services à la personnes et la formation professionnelle , créer un pôle public bancaire qui prête à 0,1 % (comme au Japon). La messe des bien pensants, derniers sauveurs du « Système »qui pensent que les capitalistes sont « fous » et que leur politique est « inefficace » et contre-productive.
    Bref, au nom de subtils calculs de majorité électorale avec le PS, il s’agit de nourrir l’illusion que l’on peut prolonger le capitalisme en faisant croire qu’il n’y a pas de « crise » du capitalisme et que l’on pourrait reprendre son cours antérieur, celui qui a permis les « trente glorieuses » après cette gigantesque destruction de capital, d’outils de production et de marchandises permise par la guerre 39/45. Les « socialistes, comme en 1914 et en 1940 participent à cette politique de choc du capitalisme pour réduire ses contradictions : sur-accumulation de capital, sur-capacité de production, capitaux fictifs, etc.
    Les « socialistes » comme alternance sans alternative, ont compris que le capitalisme est entré dans une nouvelle période et qu’il ne pouvait se prolonger avec les vielles recettes obsolètes. L’heure est à la grande purge, ils n’ont pas besoin d’un M. Keynes, ils mettent en place les conditions d’expression d’un M. Hitler, si nécessaire …

    1. La farce continue.
      Un nouveau Mitterrand veut devenir Premier Sinistre d’Hollandréou,
      à la place d’Ayraultport, de cette même majorité de gôche plus rien, à rien, pour rien…

    2. Tous ceux qui ont appelé à voter FH au second tour des élections doivent être mis dans le même sac.
      L’argument selon lequel il fallait virer NS est le plus stupide que j’ai jamais entendu.
      Comme j’ai crié un jour de grande colère à un animal : « tu es plus bête qu’un électeur socialiste ».

      1. Mare Low.
        Mauvais traitement envers les animaux… mauvaise pente.
        J’espère qu’il n’a rien répondu en signe de colère, peut-être même de mépris.
        La gauche est par nécessité le refuge des êtres vivant maltraités.

      2. « Un animal » Marre l’eau ? Une taupe qui s’escrimait à venir régulièrement souffler sa taupinière dans ton si joli carré de verdure ?

      3. « Comme j’ai crié un jour de grande colère à un animal : « tu es plus bête qu’un électeur socialiste ». »

        Mais vous ne racontez pas le plus beau….
        L’incroyable… c’est que l’animal a pris votre carte d’électeur et est parti voter NS à votre place… et tout le monde n’y a vu que du feu…

        Par contre, l’histoire ne dit pas de quelle race était l’animal…

      4. Par contre, l’histoire ne dit pas de quelle race était l’animal…

        L’animal était un électeur, bien entendu, à moins que ce soit une taupe ou… un taupin.

        Si vous saviez lire, vous auriez compris que je n’ai pas de carte d’électeur.

      5. « Si vous saviez lire, vous auriez compris que je n’ai pas de carte d’électeur. »

        … sans doute partie en fumée… en de longues volutes méditatives, j’imagine…

  3. Retenons quelques aspects positifs:

    -c’est une nouvelle occasion de soulever des questions de fond!

    -c’est une leçon supplémentaire pour les azimutés du vote utile, voire du vote tout court!

    Le PS est le nouveau pantin du capital.

    Le PS désigne de façon polémique (rêverie) toute idéologie s’opposant à l’idéologie dominante, à savoir l’idéologie capitaliste.

    Le PS ivre de changement se contente de corriger les fautes d’orthographe du capital lorsque ce dernier lui soumet une loi.

    Hélas ce gouvernement, au milieu d’autres, n’est guère à la hauteur du changement radical que nous devrions organiser…
    Il est peu probable qu’en matière bancaire il propose une loi réformiste, et il l’est encore moins qu’il en propose une de nature révolutionnaire.

    Maintenant il convient de dire que séparer (les banques ou) les activités de dépôt et d’investissement n’est point une solution. Mais simplement un retour à une configuration antérieure du capitalisme, moins financière.
    Personnellement, je ne suis pas très excité par cette perspective.

    La fonction d’attribution des moyens de production -actuellement détenue par les banques- serait tout aussi bien sinon mieux gérée par des assemblées citoyennes. Avec des conseils citoyens (anciennes banques) allouant les moyens de production, nous retrouvons immédiatement des structures au service de l’économie.

    Mais qu’advient-il des banques d’investissement?
    Leur recyclage fulgurant se divise entre:
    *casinos géants: facile, il suffit de changer l’enseigne et de remplacer quelques claviers par des roulettes. Les jetons ne sont pas convertibles en monnaie.
    *centre d’aide pour l’addiction aux jeux d’argent: difficile de se désintoxiquer après tant d’années sous cocaïne à péter les plombs devant des écrans de toutes les couleurs. Mais pas de panique, le nombre d’emplois d’aide-soignant-E-s compensera les pertes enregistrées à la Défense.

  4. Certes on peut considérer que le modèle parfait n’existe pas, qu’il soit capitaliste, socialiste, ou même idéaliste… ne serais que de par l’imperfection de l’être humain.
    Mais si l’on ne se fixe même pas l’objectif d’un comportement rationnel, sans même viser l’équitable, ou l’égalitaire… Le juste choix, chacun est en mesure de le réaliser et je dirais même les socialistes. Mais cela demande discernement et courage et là, j’ai plus de doutes.

      1. Ah bon, tout ce qu’on peut rêver est possible ? Quelle bonne nouvelle ! Je m’en vais de ce pas écraser une sieste interminable pleine de rêves plus fous les uns que les autres. J’espère ne pas me retrouver au milieu d’anges ou de bestioles similaires, ça la foutrait mal.

      2. à Mor,

        Un auteur de science fiction a émis l’hypothèse que la terre était l’enfer d’une autre planète.
        Il faut trouver le paradis;

      3. Après, « l’enfer c’est les autres » (surtout s’ils ne sont pas là), « l’enfer c’est la terre ».
        Il ne reste plus que « l’enfer c’est l’univers », ou plus simplement « l’enfer c’est nous ».
        Et on ce cache pas derrière la psychanalyse, si on demande à un paysan qu’il soit mutualiste, performant, qualitatif, économe, qu’il nous aide aux besoins (voiture embourber, déchet à transporter, etc…) et qu’il conserve un rôle social (à une mairie, ou le jour où on a envie de causer, voit tout simplement le jour de notre enterrement, pour peu qu’on soit un natif d’au delà de Paris), bon je passe l’environnement. On devrait avoir la même attente envers cette profession, sinon c’est la bourgeoisie qui ce soucie des besoins d’écoute de Madame et monsieur.
        Mais on peut pas nier que le rêve: « des lendemains qui chantent » soient une forme d’émancipation, dans le sens où on cherche à le vivre plutôt que de le faire vivre, pour nous même, à nos enfants.

      4. à Samuel,

        Je sais bien que votre profession et vous mêmes vous êtes réellement persécutés, mais ce n’est pas une raison pour être paranoïaque.

        Quant à « l’enfer c’est les autres », celui a qui dit cette ânerie s’est aussi fait connaître pour avoir annoncé publiquement qu’il était stalinien-maoïste pour la raison qu’il n’y avait rien de plus à gauche ou de franchement révolutionnaire

      5. Ergo, la Matriche existe puisqu’on peut la rêver et Sartre, en plus de staliniste et maoïste, était un âne très con et trop matérialiste pour pouvoir comprendre l’enfer.
        On fait quoi dans ces cas là ? On appelle le capitaine Neo et la guérilla téléphonique pour libérer l’esprit humain des griffes du totalitarisme des esprits inhumains ?

  5. Une loi sur les banques est aujourd’hui en discussion. Hélas, tout laisse craindre une réforme au rabais, une « retouche cosmétique », une loi qui ne règlerait aucun problème :

    1. L’économie réelle ne serait toujours pas protégée d’un possible Tsunami sur les marchés financiers (faut-il rappeler que, en Grande-Bretagne, la dette du secteur financier atteint 600% du PIB ?).
    2. Les PME auront toujours autant de difficultés à se financer, alors qu’une vraie séparation obligerait les banques de dépôt à consacrer la totalité de leurs fonds au financement des PME et de l’artisanat.
    3. L’argent des contribuables continuera à servir d’assurance tout-risque pour quelques milliers de traders et autres cadres dirigeants.
    La loi en cours de discussion prévoit seulement de filialiser les activités les plus dangereuses. On sait hélas qu’une telle filialisation ne règle rien : en 2008, le premier assureur mondial, AIG (116.000 salariés et 110 milliards de chiffre d’affaires) a été coulé par sa micro-filiale de trading à Londres qui, malgré sa petite taille (0,3 % des effectifs de l’assureur), a accumulé suffisamment de risques pour faire chuter l’ensemble du groupe ! En quelques semaines, le gouvernement américain a du apporter plus de 180 milliards pour éviter l’effondrement de l’ensemble du secteur. La chute d’AIG montre de façon indiscutable que la filialisation n’est pas une solution efficace.

    La solution permettant de construire le système bancaire le plus solide, tourné vers l’économie réelle et ne mettant pas en danger l’épargne des contribuables est simple et éprouvée : c’est la séparation complète des activités de dépôts et de crédit d’une part et des activités d’investissement spéculatives d’autre part.

    C’est comme cela qu’a fonctionné le système bancaire de tous nos pays entre 1945 et 1984. Ce qui prouve la faisabilité de cette solution.

    Pour toutes ces raisons, rejoignez le mouvement « scinder les banques » dans lequel, venant de tous les horizons politiques, nous demandons solennellement aux élus de la Nation de refuser une réforme édulcorée et d’agir avec force pour une vraie séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires .

    Pour protéger les comptes bancaires des citoyens, pour protéger les finances publiques, pour lutter contre la spéculation, il est temps de remettre la finance à sa place.

    le site avec le verbatim de 130 personnalités: http://www.scinder-les-banques.fr/

    le site pour signer l’appel: http://www.monadversairecestlafinance.fr/ soutenu par Diacrisis, le Collectif Roosevelt, la ligue de l’enseignement, les jeunes écologistes, France Liberté… et même les jeunes socialistes!

  6. Et si il était trop tard ?
    Et si la situation de l’économie mondiale et, à contrario du dollar et de la livre sterling en étaient arrivés au bout de leur essoufflement ?
    En ce cas que se passerait-il si, dans les six mois qui viennent, nous nous retrouvions devant l’arrêt de fonctionnement de l’économie mondiale, sa faillite ?
    Et si, à ce moment là, l’ensemble des compteurs comptables des bourses et banques se retrouvaient dans un état proche de zéro ?
    Et si les américains ne pouvaient même plus rapatrier leurs troupe basées à l’étranger, faire fonctionner leur marine de guerre, leurs administrations, leurs états, la simple vie politique de base, nourrir les nécessiteux, les travailleurs, les banquiers… ?
    Et si une famine se déclarait en Angleterre ?
    Qui, dans la classe politique française et européenne, pourrait relever ce défi ?
    Et si nous étions entrés dans l’instant du début de cette fin là ?

Les commentaires sont fermés.