Réponse à Lettre ouverte à nos responsables (belges), par Marianne Oppitz

Lettre ouverte à nos responsables (belges), par Marianne Oppitz, a été publié ici le 16 février. Voici la réponse de Didier Reynders.

Chère Madame,

J’ai bien reçu votre courrier et vous en remercie. Croyez bien qu’il ne me laisse pas indifférent.

Comme j’ai pu l’écrire dans mon dernier livre et, à défaut de me répéter, je vous répondrai simplement que pour moi, la politique est une affaire de choix, de prise de responsabilités et de devoirs à assumer. Que c’est le choix d’une vie passionnante, faite de joies et de déceptions, mais faite surtout de rencontres et de rapports humains et que rendre service, dans son sens le plus noble, est le sens premier de l’action publique.

Sachez aussi que nous (les politiques) ne sommes pas coupés du monde et des débats. Des penseurs comme Paul Jorion sont bien connus des sphères politiques tant pour leurs ouvrages que pour leurs déclarations comme quoi le « travail disparaît » et qu’être imaginatif n’est pas le problème. Cependant, être imaginatif, avoir des idées, quelles qu’elles soient et à supposer qu’elles soient bonnes, ne veut pas dire qu’il y ait un consensus autour d’elles. La démocratie et la démocratie belge en particulier sont complexes et il n’est pas sûr que présenter un projet collectif basé sur les idées de ces groupes de réflexion ou de ces penseurs recueillera l’adhésion d’une majorité. Voilà bien à quoi, nous femmes et hommes politiques, issus du même parti ou de partis qui s’opposent idéologiquement, travaillons jour après jour, inlassablement, c’est-à-dire nous faire le porte-voix des citoyens qui nous ont élu afin de nous accorder à un projet qui recueille une majorité et donc l’adhésion du plus grand nombre.

Veuillez croire, chère Madame, en ma considération distinguée et en l’assurance de mes meilleurs sentiments.

Didier Reynders
Vice-Premier Ministre,
Ministre des Affaires étrangères,
du Commerce extérieur et des Affaires européennes

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