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70 réflexions sur « Survie de l’espèce : le Grand Tournant selon Paul Jorion, par le Yéti »

  1. Si le constat de la disparition du travail productif est juste, il n’y aura pourtant pas à mon avis de disparition du travail du fait du remplacement du travail productif par le travail de prédation et par le travail d’esclavage. Par définition, aucune machine ne peut remplacer ni le travail de prédation qui consiste à s’accaparer une partie de la richesse par lobbying, ni le travail d’esclavage qui répond au besoin de domination des puissants. Ce remplacement a déjà commencé et va seulement s’accroître. Les conséquences sont prévisibles et sont même déjà visibles avec l’extension de la mentalité de la prédation dans la société (nazisme et ukraine et en grèce, djihadisme,…). Il suffit de voir le documentaire au sujet de la vie d’ Aaron Swartz pour comprendre les conséquences de la prédation. J’évoque ci-dessous des définitions de la prédation et de l’esclavage ainsi que des outils pour les combattre.

    Je crois en effet que les analyses de Michel Volle à propos la prédation et celles de Graeber portant sur la bureaucratie sont complémentaires et il s’agit dans les deux cas de prédation dans le sens d’une activité essentiellement improductive qui capte la richesse produite par les activités essentiellement productives. Que la prédation soit libérale (wall street, lobbys,…) ou socialiste (administration, régulation,…), cela ne change rien au fait que le progrès technique ( Rifkin, Trenkle, McAfee, Ford, Lohoff ) entraîne le remplacement du travail productif par un travail improductif de prédation (souvent le service aux entreprises) ou d’esclavage (services à la personne des pauvres aux riches). Toute cette transition étant bénie par le socialisme et le libéralisme au nom de l’idéologie du travail critiquée par Gorz et Ellul. Ainsi si dans une société simplifiée 1000 personnes vivent en construisant des maisons et que l’impression en 3D de maisons réduit cette force de travail à 100 personnes alors l’idéologie du travail et l’absence de redistribution des gains techniques agiront comme une pression à la prédation et à l’esclavage car sans travail, c’est tout simplement la rue. C’est alors que 100 personnes créeront d’autres innovations comme google après internet. Seulement une proportion d’environ 300 personnes plus douées pour la prédation imposeront via le lobbying des régulations dont elles fourniront la maîtrise en créant le problème en même temps que la solution. Ces trois cents personnes taxeront l’essentiel de la richesse créée par les 200 personnes productives et dépenseront leur argent en louant les services des 400 esclaves dans des services à la personne. Les 100 autres personnes constituent l’épouvantail social, le bâton du déclassement.

    La prédation et l’esclavage sont alors les deux faces d’une même pièce et sont intrinsèquement liés car ils dérivent tous deux de la disparition du travail productif car le but de l’économie est d’augmenter les profits et donc de produire plus avec moins de coûts, c’est-à-dire avec moins de travailleurs et à ce sujet l’ouvrage récent de Trenkle et de Lohoff intitulé « la grande dévalorisation » mais aussi le livre de Rifkin nommé « zero-marginal cost » dont la version française sortira en septembre sont éloquents. L’ironie étant que cette automatisation devrait être bénéfique pour tout le monde et pas seulement pour une faible proportion de la population mais le développement du travail productif ne pourrait se faire qu’en donnant aux gens à la fois le temps et l’argent d’acquérir des compétences productives et que ce temps de formation (avec les moyens open-source de l’économie distributive chers entre autres à Bernard Stiegler ou à Jean Zin dont j’invite à lire le blog) n’est disponible qu’avec un revenu de base qui est à la fois une création monétaire publique et démocratique et une redistribution démocratique des gains apportés par la technique. Sans une telle mesure, la précarité amène les citoyens à accepter n’importe quel travail dans des conditions d’anxiété et donc de santé et de délinquance évidentes, sans parler d’une conscience citoyenne moindre due à des conditions de vie qui relèvent de la sous-vie plus que de la survie.

    Vous direz peut-être peut-être que la création de 100 emplois productifs suite à l’innovation pourrait être en réalité de 900 emplois ou même plus (immigration dans notre île de 1000 habitants) et qu’il existe une erreur dans le raisonnement. Mais d’une part cela n’enlève rien à l’argument du revenu de base puisque la création d’emplois productifs nécessite du temps, des moyens et une tranquillité d’esprit pour créer comme l’atteste le fait que les créateurs ne viennent généralement pas des citoyens des classes sociales défavorisées (Gates, Musk, Zusckerberg,…) trop occupés à survivre et donc à se précipiter sur les emplois de prédation parfois et généralement d’esclavage. D’autre part la tendance à l’automatisation pour augmenter les profits produit un déluge technologique qui monte sans cesse et seuls les individus les plus adaptés au darwinisme social de ce déluge parviennent à ce hisser sur les plus hautes montagnes pour échapper au déluge et récolter les fruits du progrès technologique. Il est ainsi avéré historiquement que de GM, à IBM, puis de Microsoft à Google et de Amazon à Facebook, les entreprises créent de plus en plus de richesses avec de moins en moins de travailleurs et cette logique ne s’arrête pas à l’informatique puisque l’automatisation envahit tous les domaines comme l’atteste par exemple la dernière entreprise automobile entrée sur le marché boursier, Tesla, dont les usines sont entièrement automatisées.

    Aussi, par rapport au dernier article « notre monde est un univers d’esclaves… » publié sur ce blog il y a quelques jours, ce que je propose, c’est simplement de se reposer la question de la création, ou de la production. Il s’agit ainsi d’aligner l’activité des acteurs économiques avec la création, avec la production et donc de sortir de l’idéologie du travail pour renouer avec une analyse que l’on retrouve chez Adam Smith (distinction du travail productif et du travail improductif) ou chez Veblen, Ellul,…

      1. … pour en détruire combien dans les moteurs thermiques et l’industrie du pétrole ?

        (Ok, sur le plan écolo, c’est excellent)

      2. La «destruction» de ce type d’emplois (dits « productifs»), qu’elle soit écologiquement positive ou pas, est selon moi de toutes façons souhaitable.

      3. Je pense que l’exemple est un détail de la démonstration car de GE, en passant à IBM puis à Google et Facebook, le ratio capitalisation/employé grimpe en flèche. Mais effectivement, j’ai peut-être choisi par enthousiasme pour Elon Musk un mauvais exemple. Ceci dit j’ai vu un reportage sur une usine entièrement automatisée de Tesla et il faudrait voir le ratio d’employés par rapport aux usines automobiles des années 80, 90,… Mais encore une fois, la disparition du travail dans le secteur secondaire par la machine est un fait avéré. Si Tesla emploie autant, c’est parce que sa croissance est phénoménale. Ce qui m’importe, c’est de partager le point de vue de la disparition généralisée du travail productif et d’en tirer des conclusions que ne tire par Paul Jorion, à savoir le remplacement du travail productif par le travail de prédation ou d’esclavage en donnant une définition de ces deux derniers types de travaux. Moi je fais déjà l’hypothèse qu’il y a disparition de l’emploi productif, à la suite du constat de quelqu’un comme Ellul par exemple. Donc l’exemple était peut-être mal choisi mais pour le dire honnêtement, ce débat sur la disparition du travail productif n’est pas l’objet de mon message, ce sont les conséquences qui m’intéressent. Mais pour résumer la tendance à l’automatisation: tesla motors possède une capitalisation de 30 milliards pour 6000 employés et peut-être 12500 si ils embauchent effectivement 6500 personnes, soit 2.5 millions de dollars par employé pour 12500 employés mais plus de 5 millions actuellement. Pour general motors, la capitalisation est de 81 milliards pour 130,000 employés, soit environ 600000 par employé. C’est la tendance générale de l’automatisation qui m’intéresse dans tous les secteurs d’activités et les conséquences que j’ai décrites (j’ai fais les calculs rapidement donc j’espère ne pas m’être trompé mais la tendance générale est juste car plus l’entreprise est récente, plus elle est automatisée et moins il y a d’emplois productifs en moyenne.)

      4. @vigneron

        La «destruction» de ce type d’emplois (dits « productifs»), qu’elle soit écologiquement positive ou pas, est selon moi de toutes façons souhaitable.

        Pour moi aussi, mais pourquoi alors souligner la création de 6500 emplois?

      5. Parce que Tesla crée des emplois encore, contrairement à ce que nous disait Christophe et contrairement à GM.
        Mais je répète, selon moi, si Musk fabriquait ses bagnoles sans aucun ouvrier, ce serait parfait. Y’a tellement mieux à faire ici-bas que « produire », i.e « remplacer des robots ».

    1. @ vigneron:

      je ne dis pas que tesla ne crée pas d’emplois mais que tesla crée peu d’emplois et qu ela tendance est à la création de moins en moins d’emplois et donc d’un ration cap/emplois qui augmente.

    2. Encore une fois, tesla est très anecdotique dans mon argumentation, seule la tendance générale importe. J’ai toutefois bien montré que tesla crée très peu d’emplois, même avec les 6500 emplois ne calculant le ratio cap/nombre d’emplois. Mais encore une fois, j’aurais pu choisir cent autres noms entreprises et c’est vraiment un détail insignifiant de l’argumentation. Pour le reste, je suis d’accord avec vigneron et avec ses idées mais je ne comprends pas sa focalisation sur tesla qui est un détail de mon raisonnement.

  2. la suite:

    Ainsi la finalité n’est plus la finalité de nos maîtres mais celle du peuple. C’est-à-dire que la finalité n’est plus le travail mais la production (avant même la question de la répartition). De la même manière, la finalité n’est plus la croissance (qui ne profite plus qu’à un petit pourcentage comme valorisation des cash-flows et donc des dividendes (dcf valuation pour les financiers)) mais la production d’une société exprimée en indices concrets de production (kwh/habitant, surface habitable/habitant,…).

    Comment alors tenter de déconstruire le totem du travail. Voici une première proposition simple qui distingue:

    – Le travail de prédation: C’est le travail qui s’accapare directement ou indirectement le bien commun ou le bien d’autrui (travaux de Michel Volle). On peut reconnaître le degré de prédation d’un métier par comparaison temporelle (même métier mais à des périodes différentes) ou géographique (même métier mais dans des pays différents). Un exemple simple suffit à clarifier cette définition: si l’on compare les salaires des pharmaciens entre la France et la Grande-Bretagne aujourd’hui, on se rend compte que le degré de prédation de ce métier est plus fort en France qu’au Royaume-Uni aujourd’hui. C’est à dire qu’une part non négligeable des richesses qui se dirigent aujourd’hui vers ce corps de métier est dû non pas à l’utilité de ce métier mais ua pouvoir du lobby, de la caste qui parvient à exercer une pression sur la réglementation en France.
    – Le travail d’esclavage: Le degré d’esclavage d’un travail se mesure au taux de personnes prêtes à arrêter le travail en question en échange d’un revenu de base de 500 euros par mois (fort degré d’esclavage) ou de 1000 euros par mois (faible degré d’esclavage). Il en résulte que le seul moyen à a connaissance de réduite l’esclavagisme moderne et donc la prédation qui exploite cet esclavage est le revenu de base.
    – Le travail productif: Le travail productif (encore une fois, il n’existe pas ou peu de travaux purement prédateurs,… mais des degrés) est le travail qui serait mieux rémunéré dans le cas de la mise en place d’un revenu de base. En effet, un ramasseur d’ordure quittera plus facilement son métier (travail à fort degré de production et d’esclavage) en cas d’instauration d’un revenu de base, poussant ainsi à la fois à une automatisation et à une hausse des salaires. Mais plus important encore, le travailleur serait enfin fier de son métier qu’il n’exercerait pas faute de n’avoir pas pu trouver autre chose mais par choix.

    A ces réflexions il faut bien entendu ajouter que la baisse de la prédation (et donc des lobbys) nécessite une hausse de la démocratie et donc l’instauration de mesures pro-démocratiques telles que le référendum direct, le non-renouvellement des mandats, un principe de subsidiarité pour attribuer plus de pouvoir localement, un tirage au sort d’une partie des élus,… Les externalités économiques et la généralisation de l’open-source ont eux aussi des rôles cruciaux si l’on souhaite sortir des idéologies bourgeoises de la croissance, du travail et de la dette afin de réfléchir à une société productive. Sans action, la société actuelle consiste en la disparition du travail productif qui disparaît avec le progrès technique et en son remplacement par du travail de prédation et du travail d’esclavage. Ces travaux n’ont par définition aucune limite en termes de travailleurs et ainsi il ne s’agit pa d’une fin du travail mais du remplacement d’une société de production par une société de prédation et d’esclavage avec toutes les conséquences du nihilisme de la prédation (djihad, nazisme, montée de l’extrême droite, crise écologique, corruption généralisée,…). Le spectacle auquel nous assistons aujourd’hui est le déploiement prophétisé par Jacques Ellul d’un nihilisme inédit en ce qu’il est amplifié et accéléré par la technique.

      1. On relève en fin d’article ,un croquis qui semble symboliser et le grand tournant et le grand défi .

        PS: j’ai relu quelques articles sur la TDC ( la citation d’Etienne Klein parmi les scientifiques nommés m’avait ébranlé , comme la résonnance avec ma propre sympathie pour le  » hors temps » de mon moteur à quatre temps) ,et j’ai trouvé ça qui m’a paru plus balancé et mesuré :

        http://www.doublecause.net/index.php?page=futur_deja_realise.htm

        où il est question de libre arbitre et donc de  » bifurcation » .

        Pour le moment , on serait plutôt sur un giratoire à une seule entrée .

      2. Ce livre de Voll est très bien. A propos de Volle, je lui avais demandé si ça ne le dérangeait pas de faire circuler sa réaction à l’expérience de pensée dans mon message plus haut donc je l’ajoute au cas où cela intéresserait d’autres personnes. Ses propos sont évidemment en gras:

        en lisant une interview de David Graeber, il m’a semblé que vos analyses étaient complémentaires aux siennes.
        Voici le lien de l’entretien qui est réalisé dans le cadre de la publication du livre « bureaucracy » en février 2015:
        http://www.salon.com/2014/06/01/help_us_thomas_piketty_the_1s_sick_and_twisted_new_scheme/

        Je crois en effet que vos analyses à propos la prédation et celles de Graeber portant sur la bureaucratie sont complémentaires et il s’agit dans les deux cas de prédation dans le sens d’une activité essentiellement improductive qui capte la richesse produite par les activités essentiellement productives.

        Voici ma définition de la prédation : s’emparer d’un bien que quelqu’un d’autre possède, sans rien lui donner en échange.

        Oui mais l’on peut s’emparer d’un bien d’une manière indirecte. Par exemple si un groupe de personnes est proche du pouvoir d’un gouvernement, il peut très bien imposer une régulation qui ne sert à rien dans le but de fournir un service afin de gérer cette régulation. Les entreprises sont alors forcées d’avoir recours à ce service inutile tout simplement parce que ce groupe de personnes, ce lobby, possède suffisamment de pouvoir pour imposer ce service inutile. La prédation est alors une taxe sur le travail productif par laquelle le prédateur peut effectivement acquérir des biens.
        Que la prédation soit libérale (wall street, lobbys,…) ou socialiste (administration, régulation,…), cela ne change rien au fait que le progrès technique ( Rifkin, Trenkle, McAfee, Ford, Lohoff ) entraîne le remplacement du travail productif par un travail improductif de prédation (souvent le service aux entreprises) ou d’esclavage (services à la personne des pauvres aux riches).

        Le service aux entreprises n’entre pas dans ma définition de la prédation. Si les services étaient improductifs, les entreprises ne les achèteraient pas.

        Je dis que le service aux entreprises est souvent prédateur et non pas toujours prédateur. Cependant vous avez raison et je me suis laissé aller à l’exagération car beaucoup de ces services sont utiles. Cependant, avec tout le respect que j’ai pour vous et en sachant que vous avez bien plus de compétences que moi dans ce domaine, il me semble que votre raisonnement est à mon avis erroné. Une entreprise peut très bien être obligée d’acheter un service imposé par une régulation étatique tout simplement parce que les fournisseurs de ce service ont suffisamment de pouvoir d’influence pour exercer un lobbying sur le gouvernement et orienter la régulation à leur avantage, imposant ainsi un service. Aussi, même quant un service est utile, cela ne signifie pas qu’il n’est pas prédateur. Un service n’est pas ou bien 100% prédateur, ou bien 100% productif. Il existe un levier de prédation qui permet à la prédation de se développer à la base d’un service utile. Prenons l’exemple de la pharmacie et des médicaments plus chers en France qu’au Royaume-Uni (c’est mon constat en ayant vécu plusieurs années au R.U.). Le service de pharmacie est utile mais il a développé à partir de cette utilité une prédation en imposant des régulations à son avantage qui au final imposent une taxe sur les consommateurs qui sont aussi les producteurs, s’octroyant ainsi une part de biens selon votre définition de la prédation. C’est seulement par une analyse comparative entre pays et dans le temps que l’on peut déterminer le degré de prédation d’un service.

        La définition économique des services est « mise à disposition temporaire d’un bien ou d’une compétence ».

        C’est bien là la définition d’un service mais la mafia répond aussi à ce type de services et il suffit de regarder le documentaire dédié à Aaron Swartz pour constater que beaucoup de services se comportent exactement comme des mafias et imposent des régulations et des services néfastes pour le bien commun. Je vous recommande à ce sujet ce documentaire ou à défaut sa fiche wikipédia puisqu’il me semble que ses luttes illustrent mon propos.
        Toute cette transition étant bénie par le socialisme et le libéralisme au nom de l’idéologie du travail critiquée par Gorz et Ellul. Ainsi si dans une société simplifiée 1000 personnes vivent en construisant des maisons et que l’impression en 3D de maisons réduit cette force de travail à 100 personnes alors l’idéologie du travail et l’absence de redistribution des gains techniques agiront comme une pression à la prédation et à l’esclavage car sans travail, c’est tout simplement la rue. C’est alors que 100 personnes créeront d’autres innovations comme google après internet. Seulement une proportion d’environ 300 personnes plus douées pour la prédation imposeront via le lobbying des régulations dont elles fourniront la maîtrise en créant le problème en même temps que la solution.

        Il me semble que c’est plutôt l’activité productive, telle qu’elle se manifestait à travers le rapport social de la main d’oeuvre, qui créait la solution (fournir du travail à des gens non qualifiés) en même temps que le problème (détruire le cerveau des personnes en les soumettant à un travail répétitif).

        Le titre d’un ouvrage de Ellul est « pour qui, pour quoi travaillons-nous?. C’est une critique du travail que l’on retrouve chez Gorz ou plus récemment dans l’école de la critique de la valeur. Vous posez ici le problème d’une manière à mon avis presque idéologique en vous basant sur le fait que le travail est bon, quelle que soit sa nature. Vous connaissez mieux que moi le problème de la prédation. De quel travail parle-ton? D’un spéculateur, d’un publicitaire, d’un juriste qui privatise la recherche aux USA (la lutte de Swartz)? Ce qui importe, c’est la nature du travail et les conditions politiques à mettre en place pour renforcer le travail de création au dépend du travail de prédation. Donc je suis d’accord quand vous dites que la solution est l’activité productive mais vous semblez assimiler cette activité productive au fait de fournir du travail et là je suis d’accord avec Graeber pour dire qu’un travail n’est pas forcément productif. Je force le trait parce que je sais que votre position est plus complexe mais quand vous dîtes « fournir du travail à des gens qualifiés », vous donnez l’impression de céder à l’idéologie du travail et de ne plus chercher à distinguer la production, de la prédation ou du néo-esclavage (pour moi un métier est un métier de néo-esclavage à un degré varié si, entre le choix de réaliser ce métier et le choix de ne pas travailler en recevant un revenu de base, le travailleur préfère recevoir un revenu de base, ce que peu de gens préfèrent d’aprè les expériences portant sur des millions de gens). Ce que je propose, c’est de distinguer le travail productif du travail de prédation et d’esclavage par des études comparative et par le revenu de base (car celui-ci provoque à mon avis l’effondrement du travail de prédation et d’esclavage et la revalorisation du travail productif et l’on peut penser à un ramasseur d’ordure qui préférera arrêter et donc le travail pénible sera à la fois revalorisé socio-économiquement (travail par choix) et automatisé (augmentation de la productivité) et ce, au détriment des métiers de prédation qui ne pourront pas faire monter leurs salaires par ce type de dynamique).
        Ces trois cents personnes taxeront l’essentiel de la richesse créée par les 200 personnes productives et dépenseront leur argent en louant les services des 400 esclaves dans des services à la personne. Les 100 autres personnes constituent l’épouvantail social, le bâton du déclassement.

        Fournir un service, c’est aussi de la production.

        J’ai déjà argumenter à ce sujet. Mon opinion est peut-être fausse mais cela ne sert à rien de la répéter. Il suffit à mon avis de citer le cas de l’affaire Aron Swartz et de ces compagnies chargées de privatiser la recherche scientifique pour faire payer des sommes exorbitantes à ceux qui veulent y accéder pour comprendre que fournir un service n’est pas forcément de la production. Je pourrais aussi évoquer les compagnies de services militaires privées qui ne produisent rien et détruisent. Je pourrais ajouter que les lobbys et les publicitaires des marques de cigarettes n’ont rien produit si ce n’est de la mort.

        La prédation et l’esclavage sont alors les deux faces d’une même pièce et sont intrinsèquement liés car ils dérivent tous deux de la disparition du travail productif car le but de l’économie est d’augmenter les profits

        Le but de l’économie, c’est de procurer le bien-être matériel à la population, et non de « produire de l’argent » (l’argent n’est d’ailleurs pas un produit).

        Je suis d’accord mais il s’agit là du but théorique de l’économie mais le but réel de l’économie aujourd’hui, par exemple dans la finance, est de gagner 10% par an. Si le but théorique de l’économie diverge du but réel, c’est justement parce que la prédation et le néo-esclavage créent cet écart. Il me semble que si vous voulez lire une argumentation proche de celle-là par des gens plus doués et plus compétents que moi, vous pourriez lire « la grande dévalorisation » de Trenkle et Lohoff.
        et donc de produire plus avec moins de coûts, c’est-à-dire avec moins de travailleurs et à ce sujet l’ouvrage récent de Trenkle et de Lohoff intitulé « la grande dévalorisation » mais aussi le livre de Rifkin nommé « zero-marginal cost » dont la version française sortira en septembre sont éloquents.

        Rifkin est de ceux qui énoncent avec emphase des banalités ou des erreurs.

        C’est très probable sur le plan économique, je vous fais confiance. Par contre il a au moins un mérite, c’est que peu d’auteurs écrivent à propos de la technique et de l’économie et le livre récent qui a fait beaucoup de bruit des chercheurs du MIT m’a paru bien banal. Mais c’est sans doute plus un agitateur d’idées qu’un chercheur.
        L’ironie étant que cette automatisation devrait être bénéfique pour tout le monde et pas seulement pour une faible proportion de la population mais le développement du travail productif ne pourrait se faire qu’en donnant aux gens à la fois le temps et l’argent d’acquérir des compétences productives et que ce temps de formation (avec les moyens open-source de l’économie distributive chers entre autres à Bernard Stiegler ou à Jean Zin dont j’invite à lire le blog)

        Je suis d’accord.

        n’est disponible qu’avec un revenu de base qui est à la fois une création monétaire publique et démocratique et une redistribution démocratique des gains apportés par la technique

        Il n’est pas nécessaire de recevoir un revenu de base pour bénéficier de l’enseignement public à la française.

        C’est vrai mais pour réellement profiter du service d’enseignement public, il est préférable de ne pas vivre au sein d’une famille et d’un environnement en instabilité économique. A noter que l’enseignement public français admirable est un vestige de la création monétaire publique par l’état, ce qui est une solution préférable de création monétaire à la création monétaire privée bancaire et, si je ne connais pas bien le dossier, il est probable que cet enseignement n’aurait jamais été créé si la création monétaire avait tout le temps été privée. Je suis de plus en désaccord avec vous car pour qu’un adulte étudie (à moins qu’on ne décide que toute la vie soit jouée à 20 ans dans le système classique), il lui faut du temps et de l’argent. Cette nécessité sera d’autant plus impérieuse que l’accélération technologique risquera de produire une accélération des changements de carrière.
        . Sans une telle mesure, la précarité amène les citoyens à accepter n’importe quel travail dans des conditions d’anxiété et donc de santé et de délinquance évidentes, sans parler d’une conscience citoyenne moindre due à des conditions de vie qui relèvent de la sous-vie plus que de la survie.

        Vous direz peut-être peut-être que la création de 100 emplois productifs suite à l’innovation pourrait être en réalité de 900 emplois ou même plus (immigration dans notre île de 1000 habitants) et qu’il existe une erreur dans le raisonnement. Mais d’une part cela n’enlève rien à l’argument du revenu de base puisque la création d’emplois productifs nécessite du temps, des moyens et une tranquillité d’esprit pour créer comme l’atteste le fait que les créateurs ne viennent généralement pas des citoyens des classes sociales défavorisées (Gates, Musk, Zusckerberg,…) trop occupés à survivre et donc à se précipiter sur les emplois de prédation parfois et généralement d’esclavage. D’autre part la tendance à l’automatisation pour augmenter les profits produit un déluge technologique qui monte sans cesse et seuls les individus les plus adaptés au darwinisme social de ce déluge parviennent à ce hisser sur les plus hautes montagnes pour échapper au déluge et récolter les fruits du progrès technologique.

        Les commentateurs ont dit des choses semblables au XIXe siècle, lors des débuts de la mécanisation.

        Vous êtes un brillant scientifique et par conséquent vous savez faire la différence entre une loi de la nature et une vérité historique valable sur une période donnée. Il n’existe aucun axiome économique disant que cela sera toujours le cas. Pensons aux chevaux, ils pouvaient rire et dire de toute manière, malgré toute les inventions, il y a toujours du travail pour nous. Il me semble que cette vérité historique est d’autant plus ancrée qu’elle correspond à un résidu d’une vision philosophique faisant de l’homme une créature au centre de l’univers et de la nature, visions démenties comme vous le savez par Darwin et Copernic. Mettons que moi je sois un amateur qui ne m’y connaisse pas trop, essayez toutefois de ne pas rejeter l’idée parce que celui qui l’apporte ne possède pas de grandes compétences économiques et par ailleurs, lisez à ce sujet les livres des chercheurs du MIT (race against the machine) ou celui de l’entrepreneur et économiste Martin Ford qui donnent des arguments à ce sujet. La majorité des gens partageaient votre idée que je partageais aussi mais les développements récents se sont tellement accélérés que les chercheurs mentionnés ou des gens comme Bill Gates pensent maintenant le contraire. Vous savez aussi bien que moi que dire « des gens ont dit la même chose et ce n’est pas arrivé » ne constitue pas un argument sérieux à moins que l’on prouve pourquoi cela n’arrivera pas. Cela n’arrivera pas malheureusement parce que la quantité de travail inutile, de prédation ou d’esclavage, est illimitée et que la sacralisation du travail empêche de distinguer les activités. C’est aussi à mon avis plutôt une croyance qui consiste à croire que les capacités de l’homme sont illimitées. Hors, comme celles des chevaux, elles de ne le sont pas. Imaginons des logiciels d’intelligence artificielle qui parviennent à réaliser des tâches de plus en plus compliquées alors elles effectuent des tâches de qi 50, puis 70,… puis 150, 200 et alors les humais sont dépassés et doivent se focaliser sur des tâches plus créatives difficilement conciliables avec le monde de l’emploi et de l’efficacité jusqu’à ce que des machines remplacent aussi ces tâches.
        Il est ainsi avéré historiquement que de GM, à IBM, puis de Microsoft à Google et de Amazon à Facebook, les entreprises créent de plus en plus de richesses avec de moins en moins de travailleurs et cette logique ne s’arrête pas à l’informatique puisque l’automatisation envahit tous les domaines comme l’atteste par exemple la dernière entreprise automobile entrée sur le marché boursier, Tesla, dont les usines sont entièrement automatisées

        Pas entièrement ! regardez leurs vidéos…

        Je regarderai mais ce qui importe, c’est le ratio capitalisation/nombre d’employés et je ne pense pas que la tendance soit discutable, de general motors à facebook. On pourrait même vérifier la part du PNB d’une entreprise /nombre d’employés de l’entreprise.

        En tant que lecteur, j’espère que vous aurez un jour le temps et l’envie d’écrire un livre qui coordonnera la prédation avec l’automatisation.

        C’est ce que j’ai tenté de faire avec « Prédation et prédateurs ».

        C’est un très beau livre mais il me semble qu’il existe un lien encore plus fort entre les deux phénomènes d’automatisation et de prédation que ceux montrés dans le livre. Disons qu’en lisant ce très bon livre, on a l’impression d’un chef d’oeuvre raté (je dis ça de manière très positive) et qu’il y aurait le potentiel d’écrire un grand classique des sciences humaines du type de la richesse des nations. Il y aurait là peut-être justement la clé à la question de la possibilité de la disparition du travail.
        Je crois qu’il y aurait là un grand livre à écrire. Pour information, j’aurais au moins fait découvrir votre livre à Alain Caillé qui a beaucoup aimé et disait aussi qu’une nouvelle version ou une version mise à jour (à mon avis intégrant le travail de Rifkin, Trenkle, Lohoff, Martin Ford, Brynjolfsson, Veblen, Ellul, Gorz, Stiegler,…) serait utile à notre époque.

        Pour information, je considère le revenu de base comme une solution à la prédation

        Hélas, elle ne serait pas suffisante.

        Bien sûr. C’est évident et là il y aurait toute une économie open-source à développer mais c’est une mesure fondamentale. et aussi à la fois comme une redistribution des gains de l’automatisation (Sismondi) et comme une création monétaire publique, démocratique, transparente, libérale (contre le monopole de la création monétaire bancaire privée et oligarchique), sociale et économiquement efficace (évitant les inégalités liées à la concentration de la création monétaire au sein de banques privées qui sont les ingénieurs mêmes de l’optimisation fiscale dans les paradis fiscaux et évitant aussi la spéculation inhérente à cette concentration de richesse avec des investissements concentrés dans une économie fictive). Pour le dire autrement, je crois que le travail du ramasseur de poubelles productif ne sera revalorisé économiquement que par le revenu de base (il aura plus tendance à arrêter de travailler que les autres travailleurs et demandera un salaire plus élevé), socialement que par le revenu de base (différence psychologique entre faire ce travail par nécessité et donc par une forme d’échec et entre faire ce travail par choix par la communauté) et technologiquement avec une pression économique à l’automatisation des tâches les plus pénibles. Même si on ne partage pas mon opinion quant au lien entre création monétaire et revenu de base, voici un lien vers un livre consacré à la création monétaire que m’avait conseillé Philippe Van Parijs (je me permets de citer pour inciter à lire) et j’ai d’ailleurs réalisé une bonne partie de la traduction de ce livre en discutant avec un des auteurs, Joseph Huber:
        http://www.jamesrobertson.com/book/creatingnewmoney.pdf

    1. […A ces réflexions il faut bien entendu ajouter que la baisse de la prédation (et donc des lobbys) nécessite une hausse de la démocratie et donc l’instauration de mesures pro-démocratiques telles que le référendum direct, le non-renouvellement des mandats, un principe de subsidiarité pour attribuer plus de pouvoir localement, un tirage au sort d’une partie des élus,…]

      Comment imposer plus de démocratie? Ceux qui se targuent de démocratie au sein des partis politiques, en parlent beaucoup mais ne font rien de concret pour aller dans le sens de plus de participation du peuple dont ils ont reçu mandat, ils considèrent d’ailleurs ce mandat comme un blanc seing pour leurs actions!
      La démocratie c’est l’inverse de la dictature, « ferme ta g….. », mais plutôt « cause toujours »….
      Le résultat est là: il faudra un choc important comme lors des 2 guerres mondiales au sortir desquelles des avancées sociales ont été acquises mais à quel prix….
      Ou, enrayer le mécanisme du cliquet, imaginons l’action de hackers doués de bonnes intention, enrayant le système mondial de gestion des échanges de capitaux, cela pourrait être un choc désagréable mais sans doute salutaire pour obliger à une remise en cause de la « machine à concentrer la richesse » ?

      1. La démocratie contre les lobbys (c’est à dire la prédation), c’est le fond du problème. La seule chose à faire est de faire circuler de l’information.

    2. « C’est-à-dire que la finalité n’est plus le travail mais la production  »
      Je trouve que vous définissez bien la différence entre boulots utiles et inutiles, le cliquet salarial et ceci pour les professions où il faut se fatiguer, mais dont on a besoin. 500 ou1000 euros pour qu’on décroche…ramasseur d’ordures et pharmacien…lequel est le plus « productif »???
      Ce terme a-t-il une pertinence?
      Non.
      Ni l’un ni l’autre ne sont « productifs ».
      Tous les deux sont nécessaires, mais pourquoi un pharmacien gagne X et un ramasseur d’ordures Y?
      Le pharmacien a fait des « études », et cela lui a coûté un certain « effort », et cela assure à la société une garantie sur son « droit à la santé ».
      Et le ramasseur d’ordures?
      Il fait la même chose.

      Je me demande qui parmi les lecteurs de ce blog a un boulot « productif ».

      « A ces réflexions il faut bien entendu ajouter que la baisse de la prédation (et donc des lobbys) nécessite une hausse de la démocratie et donc l’instauration de mesures pro-démocratiques »
      Je ne vois pas ce que la démocratie vient faire là dedans.
      Voyez comme la presse manipule l’opinion. Comment les gens votent d’après ce que disent les sondages et le journal de vingt heures.
      Cet encensement de la « démocratie » est une voie de garage, d’autant plus que les gens qui s’expriment ici sont loin de représenter une majorité, et n’ont aucune chance de l’emporter par voie démocratique.

      1. La différence entre travail productif et travail improductif remonte à Adam Smith. Il n’existe pas de travail purement productif ou purement improductif. Il existe d’ailleurs pour chaque travail un levier de production. Il est normal qu’un travailleur ayant fait des études poussées comme le pharmacien gagne plus que le travailleur qui n’a pas fait d’études poussées. Je dis deux choses qui sont peut-être fausses mais il me semble que vous critiquez ce que je ne dis pas et c’est assez normal, faute d’expliquer en détail cette réflexion.

        1. La première chose que je dis, c’est qu’il faut réfléchir comme le faisait Adam Smith (ou d’autres penseurs et économistes depuis: Veblen, Ellul, Graeber, Volle,…) sur la nature du travail et considérer, comme Adam Smith et beaaucoup d’autres, que tout ne se vaut pas et que tous les travaux ne sont pas aussi productifs les uns que les autres. Je constate que la réflexion sur la question du travail a été remplacée par une idéologie du travail (idéologie bourgeoise plutôt protestante) que l’on ne peut plus ni analyser, ni critiquer, comme le catholicisme ou Moyen-Age. Je dis seulement que le travail est un domaine de réflexion comme un autre et qu’on a eu trop tendance à ne pas penser le travail durant ces dernières décennies.

        2. Ensuite je dis que souvent un travail n’est pas productif parce qu’il est prédateur. Je reprends le cas du pharmacien. Les pharmaciens français ne sont pas plus vertueux ou efficaces que les pharmaciens britaniques et pourtant ils gagnent plus. Ils gagnent plus parce qu’ils ont un meilleur lobby pour les défendre. Et c’est vrai, nous sommes peut-être en désaccord à ce sujet mais je suis contre une politique économique influencée par le lobbying. Le degré de prédation du métier comme celui de pharmacien en France peut alors être étudié en comparant les salaires pour les mêmes prestations du même métier entre différents pays et entre différentes époques. Souvent, si la prestation est la même mais que les salaires varient, c’est du fait du lobbying qui est pour moi synonyme de prédation.

        Je ne fais que m’inscrire dans une tradition économique qui, depuis Adam Smith, distingue la productivité au travail. Il est normal qu’un individu après ses études gagne plus qu’un autre sans études et donc que le pharmacien gagne plus que le ramasseur d’ordures. Encore une fois, on ne compare pas le ramasseur d’ordures au pharmacien mais le pharmacien d’un pays au pharmacien d’un autre pays ou le pharmacien d’une époque à celui d’une autre époque pour étudier s’il existe des écarts anormaux et si ces écarts ne proviennent pas de la prédation, c’est-à-dire de lobbys de pharmaciens qui imposent des lois qui vont dans leurs sens pour gagner plus d’argent. Le ramassage d’ordure comme en Italie du Sud par la mafia peut aussi être un lobby prédateur. Quand un pharmacien gagne deux ou trois fois plu sen France qu’au Royaume-Uni, ce n’est pas à cause des études mais de la prédation du lobbying. J’aurais pu choisir d’autres exemples mais le critère de choix n’est pas le niveau d’études mais de lobbying et donc de prédation et il me semble que la prédation exercé par le lobby des pharmaaciens est plus élevé que la prédation exercé par le lobby des ramasseurs d’ordures. En conséquence, une plus grande partie du salaire des pharmaciens provient de la prédation du lobby des pharmaciens alors qu’une plus faible partie du salaire des ramasseurs d’ordures provient du lobby des ramasseurs d’ordures. Encore une fois, c’est un exemple pour illustrer un raisonnement général et ce qui compte, ce n’est ni le métier de pharmacien ou de ramasseurs d’ordures mais le fait que certains métiers sont moins productifs parce que plus prédateurs, c’est-à-dire mieux représentés par un lobby. Un agriculteur est probablement plus productif qu’un sénateur ou un député dont une partie du salaire provient de lobbys publics.

        Si on poursuit le raisonnement, il y a soit le pouvoir de l’argent par les lobbys, soit le pouvoir du peuple par la démocratie. Donc la question de la démocratie pour contrer la prédation des lobbys est incontournable. L’objectif de cette réflexion est encore une fois la lutte contre les lobbys. Si vous voulez voir un exemple de la destruction apportée par les lobbys et des vies qu’lls tuent par leurs actions tous les jours, vous pouvez voir le reportage consacré à Aaron Swartz à ce sujet. Sinon je suis d’accord avec les problèmes de la démocratie mais il me semble que les choses changent tout de même un peu avec internet et que les gens de moins de 40 ou 50 ans se renseignent maintenant plus sur internet que sur les médias achetés par les lobbys afin d’orienter l’opinion publique comme vous le dîtes bien.

        Vous ne serez probablement pas d’accord mais au moins vous pourrez vous opposer à ce que je dis précisément et non pas à des interprétations qui sont dues au fait que je n’avais pas pris le temps de développer mon raisonnement. Sinon vous pouvez lire « pour qui, pour quoi travaillons nous? de jacques ellul à ce sujet si cela vous intéresse. Pour la prédation, le livre de Michel Volle « prédation et prédateurs » est en ligne et sinon Veblen à ce sujet. Pour la distinction productif/improductif, vous pouvez (re)lire Adam Smith.

      2. Par rapport aux 500 et 1000 euros. J’ai précisé plus haut une piste pour distinguer la prédation d’un métier. Il ne faut évidemment pas penser de manière essentielle avec des métiers purement productifs et purement improductifs mais à des degrés de production. Mais je lance une autre piste en disant que les métiers ont un certain degré d’esclavage et que l’esclavage n’a pas disparu. Je propose de dire que le métier d’un individu est fortement un métier d’eslave lorsque l’individu déteste tellement son travail qu’il est prêt à le quitter pour 500 euros et l’est beaucoup moins pour 1000 euros.

        Quant au lien entre métiers majoritairement productifs, prédateurs et d’esclaves, j’ai tenté de le montrer plus haut dans la discussion avec Michel Volle que j’ai mise en ligne (l’expérience de pensée que l’île de constructeurs de maisons) dans un commentaire plus haut.

  3. Je lis le Blog de PJ depuis qqs mois et suis d’accord généralement. Mais ‘le grand tournant’ est (justement) catastrophiste pour des raisons erronées :
    1) Les robots ne remplaceront pas l’humanité car incapables de l’autonomie ne fusse que d’un ver de terre. En effet le capitaliste le plus fou refusera un robot autonome susceptible de se révolter comme un vulgaire humain. En outre, notre science reste très loin de pouvoir réaliser de telles machines dans les délais (moins d’un siècle) qui nous restent.
    2) Ce n’est pas la religion féroce de l’ultralibéralisme qui nous menace le plus, c’est notre nombre et notre appétit de destruction de nos ressources. Autrement dit cette crise n’est pas économique mais écologique.
    L’humanité en tant qu’espèce survivra peut-être mais notre civilisation démocratique et consumériste se suicidera. Le manque de ressources (= baisse du sacro-saint pouvoir d’achat) mènera aux populismes de gauche ou de droite qui enclencheront les conflits génocidaires.
    Si ces conflits finissent en hivers nucléaire : adieu les multicellulaires.
    Une autre menace : l’emballement du réchauffement climatique par évaporation du méthane emprisonné dans les glaces d’hydrates de CH4. Je ne sais pas si le GIEC étudie ce cas…
    Pourtant les solutions sont à notre portée et peu douloureuses:
    – Un enfant par femme (au moins pendant une ou deux générations).
    – Inventer une société ou le plus ne se confond plus avec le mieux.
    MAIS cela se heurte aux tabous les plus puissants communs de l’extrême droite à l’extrême gauche.

    1. L’ultra libéralisme interdit précisément la mise en place de solutions écologiques radicales puisque des politiques écologiques (tout comme des politiques sociales) iraient à l’encontre de la recherche du profit maximum. Et ce depuis au moins 40ans. Quarante ans de gâchés, donc, à cause de ce Système.

      Par ailleurs les tabous sont fabriqués par les médias (qui fabriquent l’opinion…), lesquels médias sont nécessairement (question de survie) soumis au Système.

      Les robots ne remplaceront pas 100% des humains nécessaires aux capitalistes, mais 90% est envisageable.
      Quand aux 10% restant…

    2. Les conflits génocidaires

      ne seraient-ils pas déjà en cours ? (sans populisme), sous une forme plus « propre » en apparence mais à une échelle « globale ».

    3. Un enfant par femme (au moins pendant une ou deux générations)

      C’est ça ouais, et puis pourquoi pas un petit mix malthusien Indo-chinois aussi ? Soit un enfant par femme mais aussi élimination des femelles le plus tôt possible. On pourrait alors raisonnablement espérer un enfant par femme mais aussi un demi enfant par mâle et deux mâles par femelle…

      1. Quand l’enfant ne devient plus qu’une statistique ,on comprend mieux pourquoi on se fout du monde qu’on (ne) leur laisse (pas).

      2. Je propose 1/3 d’enfant 1 femme sur 2, l’autre moitié, plus riche, aura droit à un complet aux éclipses et comètes.
        On diminuera bien sans ça, faut pas s’inquiéter, ah ah…

      3. Un air de « Le Premier Siècle après Béatrice » .
        Triste et terrifiant. Ces fillettes empêchées de naître et ces males, stupides de l’égoisme des parents et de la « culture » ambiante.
        Bien que les gouvernements luttent contre cette tendance, qui n’est pas nouvelle, c’est notre survie qui est en jeu.
        Une autre cause…

    4. La seule solution: diviser par 10 la consommation d’énergie par tête de pipe (à peu de chose près ce que je consommais dans les années 50, je n’étais pas malheureux à la campagne dans la ferme de mes parents).
      Il y a un hic, il faut interdire la spéculation, remettre en question la rente de la propriété privée, engendrer une distinction entre emploi et activité et un bon coup de bottes à tous les pessimistes en passant par la case paupérisation (il parait que cela fait réfléchir)

    1. A propos d’autruche, je les trouve à la fois rigolotes et affligeantes.
      Ces personnes sont coincées dans un système de pensée taillé sur mesure pour coller au système, dans les dimensions croissance/compétitivité/dette/ »chômage »
      On a beau leur expliquer que la fin de notre espèce est probablement pour demain matin, mais ça ne fait rien, dès qu’elles ont tournées le dos, c’est reparti: croissance/compétitivité/dette/ »chômage »
      Incapables de faire le lien entre tout ça.
      Perso j’ai arrêter d’en parler depuis longtemps, c’est déprimant.

      1. simple remarque : l’explosion démographique, certes, va se ralentir, mais la fin de notre espèce n’est pas pour demain.

    2. Pour être un terroriste, il faut que l’image (la presse) relaie les actes terroristes. Que serait le 9/11 sans la télévision qui diffusa l’ébranlement des deux tours? Nous sommes des terroristes antilibéraux discrets car non relayés. Mais si un jour ça fait « boum », nous ne serons pas responsables, mais qui sait, nous risquons d’être accusé d’avoir commis le sacrilège de mettre en doute la Confiance, qui guide ce monde et sur laquelle tout repose.

      1. le simple fait de commenter sur ce blog fait de nous des terroristes dans le sens que nous devenons des éléments subversifs envers la religion féroce. Et encore, il faut marcher sur des œufs en commentant.

  4. Noé est de retour il se nomme aujourd’hui Nao.

    il s’agit sans doute plus d’une provocation salutaire de l’auteur que d’une prédiction crépusculaire

    C’est la lutte contre Panurge et le nécessaire retour des « chiens de berger » dans leur rôle face à l’urgence du péril.

    Le travail pastoral ayant quasiment disparu, les chiens de berger ont dû se reconvertir. Leur intelligence, leur capacité au travail et leur sens de la protection en font d’excellents chiens d’utilité pour l’armée, la police et le gardiennage privé. Certains d’entre-eux sont principalement formés à l’exécution de tâches de protection, de détection et de pistage, et constituent des auxiliaires précieux pour les services mentionnés. C’est le cas particulièrement du berger belge malinois et du berger allemand. Les chiens de berger ont aussi été adoptés comme chiens de famille, chiens de garde et chiens de sport.

  5. Il n’y a plus de boulot, pas de turbin, de charbon, de chagrin.
    Alors il est sans doute temps de se réjouir et de tous nous mettre enfin à l’ouvrage, à l’oeuvre,
    et de prendre en mains les opérations.
    Bon ouvrage à nous, et bons baisers à toutes et à tous !

  6. La question que je me pose est :

    La « crise » atteint des classes toujours plus favorisées (du moins avant qu’elles ne dégringolent).
    Le fait d’être rattrapé par la « crise », ou encore frappé par une catastrophe écologique, amène à se poser des questions. (j’espère ne pas être trop optimiste)
    Et d’y trouver une explication, dont la bonne est la faillite complète du système économique.
    (j’ose espérer qu’un nombre non négligeable la trouveront)

    Il devrait y avoir un moment, ou cette population atteindra un seuil critique, tant sur le plan quantitatif, que vis à vis de leur place dans la hiérarchie sociale.
    Car ne pas oublier que à terme, il n’y aura qu’un très petit nombre de méga riches. Des familles aujourd’hui super riches ne feront donc pas partie des heureux élus.
    Comment s’expliqueront t-elles leur dégringolade?

    Quelle réponse apportera le système face à l’amplification de la contestation, d’autant que les manipulations médiatiques deviendront inopérantes (j’espère encore ne pas être trop optimiste). ça devrait finir par exploser, non?

    (D’un autre coté, ça fait trente ans que je suis un peu plus étonné chaque jour… :/)

    1. j’espère encore ne pas être trop optimiste

      Il n’y a aucun risque.

      D’un autre coté, ça fait trente ans que je suis un peu plus étonné chaque jour

      Cela fait trente ans que je cherche « Le grand tournant » et je ne m’étonne plus de rien.

  7. Je vais sans doute me faire lyncher mais je pose quand même la question. Nous serons probablement absents de la phase 2 :
    Où-est-le-drame ?
    Ceux-là mêmes qui mettent en place les ‘cliquets’ pour empêcher tout retour en arrière, voient bien à présent qu’ils vont léguer à leurs propres enfants… une planète inhabitable.
    La démonstration par l’absurde que nous sommes incapables de dominer nos instincts et que nous préférons toujours le gain dérisoire mais immédiat, quand bien même ce gain serait la cause de la disparition de nos propres enfants ! Après moi le déluge…
    Je pense que notre ‘job’ est de rester en vie et de ne pas nous autodétruire… avant que les machines n’accèdent à la conscience. Au moins, ne seront-elles pas limitées par l’instinct. Contrairement à nous, elles pourront évoluer.
    Et pour ceux et celles qui placent Homo-sapiens sur un piédestal, haut les cœurs ! Peut-être en conserveront-elles quelques spécimens dans un zoo (je propose un banquier et un islamiste pour commencer la collection).
    Halte au nombrilisme !

    1. Ah je vous suis à 100%, mais tant qu’il restera des humains, ils voudront rester, survivre et se reproduire, notre ‘volonté de puissance’ se réduira à celle d’une araignée dans un bocal, mais elle sera là. Alors tant qu’a faire, démenons nous avant, non?

      Sur « Politis » j’ai noté ce concept de « terrorisme de survie », ces mots sont forts et c’est logique.
      Que faut-il faire?
      mais surtout: Quelles sont les choses à ne pas/plus faire?

      1. Heu, pfff …un peu des deux. Et dans des proportions variant en fonction de mon humeur. C’est vrai que certains jours, c’est particulièrement difficile de garder sa foi en l’homme (alors que son foie, accompagné d’un bon chianti… dixit Hannibal).
        Plus sérieusement, peut-être confondons-nous homo-sapiens avec Humanité, alors que le premier n’est qu’une espèce englobée dans la seconde. Certes nous avons une excuse, puisque nous sommes aujourd’hui les seuls représentants de l’Humanité sur cette planète. Mais il n’en a pas toujours était ainsi. Il y a de cela 40.000 ans, notre espèce côtoyait une autre humanité, celle des néanderthaliens. Qu’en sera-t-il demain ? Je sais bien que ça fait 70 ans que l’on dit que ‘dans 25 ans les machines seront conscientes’, mais ce terme est inévitable. Peu importe que cela arrive dans 25, 50, 100 où même 500 ans, à l’échelle de vie d’une espèce, il s’agit de durées infiniment courtes. Que deviendra alors l’humanité biologique ? Je n’en ai pas la moindre idée. Mais en tant que dernier rejeton d’une lignée de primates assoiffés de sang, j’aime à penser que si l’espèce est mortelle, ça n’est peut-être pas le cas de l’Humanité.
        Coincé entre les fanatiques religieux et les fanatiques capitalistes, on se console comme on peut…

    2. Dans le zoo, une place pour un journaliste tv. On a beau savoir que ça existe, ce type d’animal, le voir en vrai, c’est autre chose.

      1. @ Roberto et corbeau

        Dans le zoo, faudrait aussi encager un spécimen de tous les genres suivants :
        ploutocrate ;
        pdg ;
        avocat d’affaire ;
        mafieux ;
        politique ;
        militaire ;
        techno-scientiste ;
        publiciste ;
        agriculteur industriel ;
        philosophe-médiatique ;
        présentateur télé ou animateur radio.

        Attention : Ne jamais mettre un mâle avec une femelle dans la même cage ! Ils pourraient se reproduire, tous ces genres étant interféconds.

    3. > Ceux-là mêmes qui mettent en place les ‘cliquets’ pour empêcher tout retour en arrière, voient bien à présent qu’ils vont léguer à leurs propres enfants… une planète inhabitable.

      J’ai finis par pensé qu’ils comptent sur la techno science et leurs positions de prédateurs de l’économie, par extension la société, pour bénéficier d’une vie à l’abris de ces désagréments.
      (en contrôlant l’économie, ils contrôlent les scientifique, qui par le système de consommation produiront les services et outils dont ils auront besoin au moment opportun, d’ici là il faut accumuler l’argent pour faire tourner tout ce beau monde le moment venu)

      Dans leurs habitudes les plus répétitives, c’est encore un pari sur l’avenir fais de croyances, plutôt qu’une lente préparation à la dégradation inéluctable de l’environnement…

      1. Speak english

        ;
        Ne vous laisser pas abuser par le baratineur. Nous vivons une autre dictature de ces croyances, une propagande pernicieuse car apparemment insaisissable. Mais la tolérance à ces dérives est un laxisme et une paresse largement partagées car, au niveau individuel, l’impact est limitée et peut être ignorée. C’est vrai pour la pollution de produits quotidiens comme pour les produits financiers. Et ces pollutions prennent dorénavant une autre dimension: c’est là que devrait intervenir le politique mais il fuit ses prérogatives. Son boulot serait de mettre en place des limites de validité des algorithmes – puisque l’environnement a modifié l’impact des tolérances passées et dépassées. Le néolibéralisme est un abus de pouvoir des prêtres de la féroce religion et une dissolution du pouvoir des anciens prêtres élus. Ces derniers se sont laissés acheter par les premiers car ils espèrent secrètement être un jour adoubés dans leur corporation sans avoir compris qu’ils n’y resteront à jamais que des idiots utiles.

    4. Eh, Roberto, nous avons tout (tout !) tout ce qu’il faut pour que notre planète soit un véritable paradis :

      – des robots pour les tâches chiantes / répétitives / dangereuses,
      – les connaissances agronomiques pour faire jaillir une profusion de fleurs, légumes, fruits en tous genres, même sur des très petites surfaces,
      – les connaissances nécessaires pour utiliser rationnellement l’énergie, et pour utiliser ce que nous pouvons récupérer de manière renouvelable ce qui nous arrive abondamment de la part du soleil,
      – de magnifiques artistes…

      J’oublie sûrement plein de choses, mais l’essentiel y est.

      Pourquoi la terre n’est pas un paradis alors ? Voilà la vraie, la seule vraie question !

      « Parce que l’homme est un con » semble être, en première approximation, la réponse la plus adéquate. Ou peut-être, plutôt, parce que l’homme est avide de pouvoir ? Ou avide d’argent ? Selon moi, ça revient au même, car aujourd’hui (et depuis quand ?), l’argent achète le consentement…

      Alors certes, un monde sans humains, ça résout le problème sur le long terme (après toutes les mutations génétiques des animaux irradiés par les centrales nucléaires laissées à elles-mêmes…). Mais c’est une solution un peu du même ordre que les pesticides pour remédier aux attaques des plantes par les pucerons… Il n’y aurait rien d’autre ? Vraiment ?

      Un homme un peu moins con, par exemple ? Un peu moins avide de pouvoir ? C’est en effet ici que, moi aussi, je place la différence entre « homo (soi-disant) sapiens » et… l’homme ayant accédé à… la sagesse

      1. @Olivier Brouwer (et encore merci pour les retranscriptions des vidéos de Paul Jorion )
        Affirmatif ! Non seulement l’Homme est un con, mais en plus il a une mémoire de poisson rouge ! Voilà ce qu’il écrivait au lendemain de la seconde guerre mondiale, tout y était déjà, parce que l’Homme était placé au centre.
        Et c’est une lecture paradoxalement terrifiante que celle de ces 30 articles, chacun d’eux dessinant à sa façon et en creux, le chemin vers l‘abyme que nous empruntons de nouveau…

        Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 10 décembre 1948

        Article 1er
        Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

        Article 2
        Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
        De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

        Article 3
        Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

        Article 4
        Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

        Article 5
        Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

        Article 6
        Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

        Article 7
        Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

        Article 8
        Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

        Article 9
        Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

        Article 10
        Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

        Article 11
        Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.

        Article 12
        Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

        Article 13
        Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

        Article 14
        Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

        Article 15
        Tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

        Article 16
        A partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution. Le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux. La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État.

        Article 17
        Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

        Article 18
        Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

        Article 19
        Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

        Article 20
        Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques. Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association.

        Article 21
        Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

        Article 22
        Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

        Article 23
        Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

        Article 24
        Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

        Article 25
        Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
        La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciale. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

        Article 26
        Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

        Article 27
        Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
        Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

        Article 28
        Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

        Article 29
        L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
        Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
        Les droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

        Article 30
        Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

      2. Gloups ?! Je n’ai pas très bien compris cette remarque, Juan. Est-ce que vous voulez dire par là qu’accéder à la sagesse revient à se laisser mourir…? « Pour que la vie continue » ?…

        C’est parce qu’à votre avis, nous sommes trop nombreux ? (Désolé si je suis à côté de la plaque, j’essaye de comprendre !…)

        Par rapport à la question « être trop nombreux », j’ai beaucoup aimé ce qu’en a dit Paul sur BFM (à partir de la 8ème minute) :

        La finance, telle qu’elle fonctionne en ce moment, ne permet pas que nous vivions avec des populations de ce niveau-là [de 7 Ghab à 11 Ghab]. Alors il y a deux solutions, ou bien on modifie la finance, ou bien on tue un nombre considérable de personnes pour arriver à une économie conciliable, compatible avec le type de finance que nous avons.

        Moi je préfère la première solution à la deuxième. Pas vous ? 😉

      3. @Roberto

        C’est une très bonne idée que vous nous ayez remis en mémoire ce texte. Son seul (!) problème, c’est qu’il n’a pas de véritable portée juridique. Si il en avait une, tout changerait instantanément !

        – L’accord passé entre l’Etat français et EDF à propos de Fessenheim est contraire à l’article 3.

        – Le nombre de situations qui contreviennent à l’article 4 est… incalculable.

        – Le soi-disant « tribunal » international (dont j’ai oublié l’acronyme, désolé), à créer selon les termes du TTIP, et devant lequel une entreprise privée s’estimant lésée par une décision d’un Etat peut l’attaquer – mais dans l’autre sens, ça ne marche pas, ce qui veut dire qu’il n’y a plus d’ « intérêt général » possible, il n’y a plus que l’intérêt privé – eh bien, ça contrevient à l’article 7.

        – L’article 13 ! Fini les garde-côte en méditerrannée. Interdit !

        Du coup, on ferait peut-être un peu plus attention à ce que chacun aie ce dont il a besoin, là où il est né…

        Etc, etc. J’ai pas tout relu, mais force juridique ou pas, nous avons un outil à l’aune duquel nous pouvons jauger si quelque chose va « dans le bon sens » (comme dirait Paul), c’est à dire le sens de l’intérêt commun vs intérêts particuliers… Que chacun puisse « simplement vivre » (pour reprendre l’expression de Gandhi) et après, on pourra aller encore un cran plus loin. Mais si les Chinois ou les Indiens (ou tous ensemble !) s’imaginent qu’ils pourront vivre (c’est à dire consommer !) comme les Américains ou même les Européens, ils se fourrent dès à présent le doigt dans l’œil…

      4. @Olivier Brouwer:

        Non ,non ,je n’ai aucune pensée malthusienne ou d’eugénisme par cette formule qui pouvait effectivement être interprétée comme vous le faîtes,!

        Elle voulait en fait résumer selon moi une des conditions de la sagesse ( au demeurant sans être très original):

        Qui n’accepte pas de mourir ne peut accepter la vie , car c’est le même « récit » .

      5. @Juan

        Ah, OK alors, comme ça évidemment, je ne peux qu’adhérer…

        La plupart de nos contemporains, en tout cas occidentaux, vivent comme si ils n’allaient pas mourir, nous le savons bien. Certains, nous le savons aussi, s’efforcent même très méritoirement d’accéder réellement à l’immortalité, c’est dire l’état de maladie mentale dans lequel nous sommes collectivement plongés !

        La mort, c’est pas bon pour le business. La mort, c’est comme un accident nucléaire, y a qu’à penser que ça n’arrivera pas et le tour est joué ! Euh… Eh bien non, c’est pas tout à fait comme ça, « malheureusement »… On sait comment ça s’appelle, hein, c’est le « déni »…

        Je pense qu’en effet, on ne peut pas réellement accéder à la sagesse sans passer par la conscience de notre mortalité. C’est pourquoi, à mon avis, on trouve plus de gens éveillés en Asie qu’en Occident.

  8. Comment rendre cohérent l’idée du refus du cliquet ( soit  » l’interdiction » de remise en cause du système qui le porte ) qui serait assez bien portée par la maxime 1968 de Jean Yanne (  » il est interdit d’interdire »),avec la revendication  » d’interdiction  » de la spéculation ..

    Le cliquet ne serait peut être pas ,la pièce vicieuse ,en tout cas pas plus que le système ,dont on ne se défera pas en visant le seul cliquet ( qui en mécanique simple a d’ailleurs une propension à s’user plus vite que le treuil)

    La meilleure façon de bousiller un treuil , c’est de lui faire supporter une charge qu’il ne peut supporter car il n’a pas été conçu pour ça .

    C’était ma minute « je pense tout haut  » et « plus vite que ma conscience ».

    Hors du temps quoi.

    J’avais aussi : « Vivre sans temps mort et jouir sans entrave » , sur le temps,
    et  » il est douloureux de subir les chefs , il est encore plus bête de les choisir » ,à propos des cliquets et des systèmes .

  9. Au sujet de la disparition du travail (salarié):
    Lu sur un mur décrépi d’une rue sombre de Thionville, en 1984,
    rue alignant magasins à vendre et batiments à l’abandon, un soir d’hiver venteux:
    « pas d’embauche? vive la débauche! »

  10. J’ai comme dans l’idée que l’on sera toujours trop nombreux à produire et jamais assez pour nous occuper les uns des autres… ni à créer.

    1. Le distinguo création vs production mérite d’être développé et partagé, car , en système capitaliste ,les deux sont appelés à la même fin : le profit .

      Et , plus subtil , la nécessité du profit y est historiquement appelée comme alibi à la nécessité de créer , au nom de la survie de l’espèce ou du moins de celle de ces caÏds .

    2. Je suis bien d’accord avec toi, la vigne.
      Pour produire moins afin que nous pussions nous occuper les uns des autres, il faudrait, par exemple, que la décroissance soit. Hélas, personne n’en veut … de ce terrorisme dangereux.
      Alors nous continuons avec le système économique forgé pour la croissance, même si la croissance c’est comme Capri : c’est fini ! Bi cause qu’il n’y a plus de pétrole à bruler plus qu’on en a brulé la veille. Lois de la Physique obligent !

  11. Là ou Paul Jorion fait une erreur c’est en pensant que les machines seront nos remplaçantes, nous ne sommes pas à un point – et ne le serons pas avant longtemps , voire jamais – ou les machines telles les films d science fiction futuristes serons capables de – au minimum – s’auto entretenir. Par contre qui est est plus que grandement possible et va plus, à mon avis, dans le sens de cette idée de réduction par la nature de systèmes trop complexe et que les futurs « maîtres » de cette planète soient les insectes et tout cas ceux qui auront mutés suite à l’irradiation provoquée par l’explosion de multiples centrales nucléaires pour cause de : sécheresse -> manque d’eau pour refroidir, guerre, collapsus économique entraînant l’impossibilité de maintenance, catastrophe naturelle (tsunami par ex, ça vous rappelle qq chose ?) etc etc. L’explosion d’un seule centrale pouvant entraîner un effet boule de neige (zone sinistrée, déplacement de populations, crises planétaire etc).
    Une solution, et probablement la seule, pour éviter tout ça, serait de stopper toutes les centrales et ne *pas* les remplacer par de la production d’énergie polluante… Le problème de ce remède serait la crise économique catastrophique qui en résulterait… Je ne sais pas s’il y a une solution possible à ça…
    Apres j’aimerais beaucoup me tromper sur toute la ligne, mais je n’ai pas beaucoup d’espoir.

    1. Je vous rejoins sur les grandes lignes. Le robot martien que Paul donne en exemple a été spécialement étudié pour fonctionner en complète autonomie. La gestion de l’énergie, en particulier, doit être spécialement étudiée pour un fonctionnement à long terme. Si un robot « normal », terrien, peut mettre de lui-même « ses doigts dans la prise » (ce qui n’est pas très difficile à concevoir), encore faut-il qu’il s’y trouve de l’électricité ! Qui va gérer les centrales, le réseau ? D’autres robots ? On n’y est pas !
      Là où je vous rejoins aussi, c’est sur le fait qu’une centrale nucléaire, c’est très joli ( 😉 )… quand tout va bien ! (Toute ressemblance avec une crise financière ayant éclaté en 2007 ne serait peut-être pas tout à fait une coïncidence). Mettez à proximité une guerre civile (ou non), du terrorisme, une sécheresse etc., et là, tout de suite, « elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! »…
      Et pour finir, Jean-Marc Jancovici a montré que la courbe de *la croissance* suit avec un léger décalage la disponibilité (et non le prix) de l’énergie, avec un déphasage de quelques années. En résumé, donc,
      moins d’énergie maintenant => moins de croissance dans 2 ou 3 ans, et
      plus d’énergie maintenant => plus de croissance dans 2 ou 3 ans.

      Conclusion : préparez-vous à l’absence de croissance… que vous soyez pour ou contre !

      1. Je vous rejoins sur tous les points, même si les robots nous supplantaient, ils ne pourraient contrer l’envahissement naturel qui s’en suivrait de l’absence de l’homme.
        Une fois dans la déplétion énergétique, toutes les règles économiques deviennent désuètes et il ne nous reste plus que d’apprendre à faire mieux avec moins autrement dit la sobriété.
        Vive la déplétion énergétique.

    2. Et les cliquets de sécurisation inversée pour ne pas revenir en arrière, car la nostalgie fragilise un système persévérant dans la fuite en avant. Peut-être que Paul écrit son Zarathoustra, et ses métaphores et ses paraboles.

  12. C’est triste de voir Nicola Tesla ravalé au rang d’usine automobile; voici un petit extrait de La cité des plantes, en ville au temps des pollutions (Actes-sud), juste pour le moral. Mieux vaut tenter l’impossible que de se laisser manger :

    « La science a découvert que les idées, les émotions, le psychisme influençaient le système immunitaire. « Les joyeux guérissent toujours » aurait déclaré François Rabelais (1494-1553) selon la tradition orale de la Faculté de médecine de Montpellier. Notre temps a voulu le prouver. Par des expériences quelques fois abominables : soient trois groupes de rats en laboratoire ; deux soumis à des chocs électriques, et parmi ces deux-là, un groupe qui dispose d’un pédale pour arrêter ces chocs. A tous on greffe une tumeur (pardon, mais j’aimerais qu’on l’interdise). Le dernier groupe, qui peut actionner la pédale, vit plus longtemps. Davantage que celui qu’on a laissé tranquille, sans lui donner de choc. Comme si agir sur l’environnement procurait de nouvelles forces, sans raison d’être auparavant.  »

    J’ai cherché la référence des décennies, et l’ai trouvée dans l’excellent Anticancer de David Servan-Schrieber : Visintainer, Madelon A.; Volpicelli, Joseph R.; Seligman, Martin E. P Tumor Rejection in Rats after Inescapable or Escapable Shoc Science, Volume 216, n° 4544 (1982)

    Mais déjà Fuller ,dans le manuel de conduite du vaisseau Terre (1963)
    … à partir d’ici c’est le succès pour tous ou pour aucun; car la physique expérimentale démontre que «l’unité est plurielle, au moins deux » : le proton et le neutron, non pas reflets opposés l’un de l’autre mais complémentaires. Vous et moi, foncièrement différents et complémentaires. Notre moyenne égale zéro, autrement dit l’éternité.
    Parvenus à ce degré cosmique de conceptualisation
    en orbite, nous prenons les commandes des rétrofusées
    pour négocier la réentrée dans l’atmosphère
    du Vaisseau Spatial Terre et rejoindre
    ce présent qui se grise de tout.

    R. Buckminster Fuller,
    Operating manual for spaceship Earth 1963

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