Syriza en France, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

La position de Manuel Valls est en effet minoritaire au PS et le ‘Vallsisme’, tout comme le ‘Rocardisme’, outre la popularité que ces deux premiers ministres semblent avoir dans la population française (‘popularité’ qui en font des ‘ennemis’ potentiels pour des Présidents de la République), ne constitue pas une base politique suffisamment solide, en tout cas au sein du PS, pour finir le mandat en cours.

Sauf à valider l’hypothèse hasardeuse de ‘changer de parti’ définie par M. Valls et en l’absence d’alternative politique constituée, le choix pour François Hollande est donc restreint mais il se restreindra plus encore en cas, qui se profile, de débâcle électorale aux cantonales.

Dès lors, il faudra bien que les ‘frondeurs’ du PS prennent leurs responsabilités dès avril 2015 en prenant le pouvoir au PS, car, qu’on le veuille ou non, sans changement de direction au sein du processus, parti de l’exécutif au pouvoir, il ne pourra pas y avoir de modification des politiques menées actuellement : pour cela, il faudra bien un jour ou l’autre mettre politiquement M. Valls en minorité au sein du parti, en évitant de le mettre en minorité au parlement (ce qui serait synonyme d’élections anticipées catastrophiques pour le PS) et changer de Premier Secrétaire, comme signe validé de cette réorientation. M. Hamon s’y prépare déjà, en ayant soutenu ouvertement Syriza avant les élections en Grèce.

 

Mais juin 2015, et même avril 2015 sont loin, et un ‘putsch’ au sein du PS ne suffira pas à décider un François Hollande à réorienter la politique menée car un PS comme parti est une chose, mais un PS sans base politique suffisante en est une autre : il faudra bien que puisse émerger politiquement une base sociale et politique plus large, bien plus large, pour décider le Président de la République à abandonner la proie pour l’ombre. Qu’on le veuille ou non, il reste le décisionnaire ultime jusqu’en 2017.

 

Il y aura certes dans l’entre-temps des réponses qui auront pu être données au niveau politique en Europe, avec des élections législatives en Angleterre où pourrait émerger l’UKIP et peut-être l’arrivée des travaillistes au pouvoir, ou les élections dans deux Länder allemands (Hambourg et Brême) où l’on pourra peut-être observer la montée de l’AfD sur le flanc droit de Mme Merkel, la poussant ainsi à plus de souplesse, ou même les élections régionales en Italie et en Espagne, avec la montée des mouvements europhobes et/ou nationalistes.

Mais tout ceci ne peut que participer à convaincre les partenaires européens à entrer dans la négociation, pas constituer une base politique alternative, dont la responsabilité revient, à gauche en France, à la gauche de la gauche : Front de Gauche, Les Verts, Nouvelle Donne, PC et même NPA.

 

A ceux-là revient la responsabilité de constituer non pas une offre politique constituée et alternative (elle en est actuellement incapable) mais une capacité d’accord politique. C’est cette capacité qui sera ou qui pourra être évaluée à l’aune de ses éventuels résultats aux cantonales, par rapport notamment à celle du PS. Apparemment, à lire la tribune de Cécile Duflot le 25 janvier, certains en ont pris acte, quand d’autres déclarent que « Le PS, son sort est réglé, c’est une affaire de temps» car « son logiciel est totalement périmé » : si affirmer cela est sans doute vrai, à terme (mais à terme, nous sommes tous morts !), cela ne préjuge en rien de la capacité de ceux qui font cette déclaration à rassembler sur une politique alternative ni des réalités politiques, notamment au sein du PS.

On peut vouloir la réorientation radicale des politiques menées comme l’a proposé Syriza, avec le succès que l’on connaît aujourd’hui, mais proclamer que le sort du PS est réglé ne règle absolument rien. Il faudra donc que M. Mélenchon finisse un jour par comprendre que les conditions d’un rapport de force politique se font avec l’existant et non uniquement avec ce qui est souhaitable ou désiré. C’est d’ailleurs une des grandes leçons que nous pouvons tirer de l’expérience de Syriza mais aussi de la crise en Grèce (que les Français n’ont pas eu heureusement à supporter) pour produire cette transformation des bases politiques qui a fait émerger ce mouvement alternatif arrivé au pouvoir en Grèce, après 6 ans d’une ‘crise’ que l’on n’ose même plus nommer ainsi tant ses ravages ont été hors de la norme de ce que l’on appelle communément une ‘crise’.

Il faudra donc que la gauche de la gauche prenne ses responsabilités, en constituant une réponse politique à très court terme, avant les élections de mars 2015, avant que de réfléchir à une offre politique alternative constituée, en partant de la réalité politique, sociale et économique en France.

Et cette réalité, qu’on le veuille ou non, passe par la reconfiguration du PS telle que décrite plus haut, à la fois parce que le PS est le seul parti politique suffisamment structuré aujourd’hui et surtout parce qu’il est la condition, nécessaire mais non suffisante, pour retirer au pouvoir exécutif actuel, la base politique, même restreinte, dont il a besoin pour survivre.

 

Mais à ces différentes responsabilités devront s’adjoindre nos propres responsabilités, celles que nous avons en tant que citoyens car à nous revient la part majeure : si tous ces acteurs prennent leurs responsabilités, il reste que rien ne pourra être changé si nous n’allons pas en France voter aux prochaines cantonales, à la fois pour indiquer (en espérant qu’une offre à la gauche de gauche apparaisse) notre choix et à la fois pour montrer aux terroristes que nous rejetons également ceux qui prospèrent sur la peur qu’ils souhaitent répandre.

 

Plus, et dès maintenant, nous avons la responsabilité dans l’entre-temps qui s’ouvre entre aujourd’hui et la fin du mois de Mars 2015 de ne pas ‘espérer que Syriza s’en sorte’ face à la Troïka, seul et pour le bien de tous : ce serait non seulement irresponsable, mais aussi un peu lâche.

Il nous faut donc trouver un moyen d’exprimer notre soutien au gouvernement grec dans ses démarches de renégociation des politiques d’austérité et sur la dette publique, notre nécessaire solidarité, mais aussi notre désapprobation citoyenne, quelle soit de gauche ou quelle soit de droite, face aux politiques d’austérité menées actuellement en Europe et dans nos pays respectifs.

Ce soutien doit aussi être clairement circonstancié, à savoir ne porter que sur la lutte pour la fin des politiques d’austérité qui ont mené la Grèce et l’Europe droit dans le mur et pour la renégociation de la dette publique grecque et européenne. Ce soutien ne doit pas pouvoir être pris comme un soutien sans limites à un gouvernement d’alliance et de circonstance, ‘imposé’ par ces politiques perverses, un soutien qui pourrait conduire à faire croire que les positions de l’ANEL (sur l’immigration, sur le lien entre l’Eglise et l’Etat, sur les homosexuels par exemple) soient par ce biais aussi soutenues.

Cette expression doit être citoyenne, portée par des intellectuels, qui doivent retrouver le sens du mot ‘intellectuel’, en s’engageant publiquement dans cette expression par-delà les innombrables chapelles intellectuelles qui les animent.

Cette expression, si elle démarre en France, doit aussi être européenne : c’est une nécessité politique puisque ces politiques sont menées au niveau européen, mais c’est aussi une nécessité pour demain.

 

« L’expérience d’une vie réussie n’est pas à l’aune de la victoire, mais dans le sentiment et la conscience d’avoir été à la hauteur de ses responsabilités. » (Nelson Mandela)

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108 réflexions sur « Syriza en France, par Zébu »

  1. Bonjour

    1. rien à attendre du PS, impossible, même des frondeurs. Et puis : sont morts dans nos têtes et dans nos coeurs (au niveau du PSOE et du Pasok dans les faits, vous le savez bien).

    2. NPA : on dirait que vous ne les fréquentez pas…

    Pour le reste, j’en sais rien (donc je me tais); mais j’ai idée que l’orientation lambotte / leboute est bonne.

    1. Pour le PASOK, il a juste fallu 5 ans de ‘crise’ pour l’éliminer. Combien d’années pour le PS ?
      Décréter celui-ci ‘rayé de la carte’, ce n’est pas la carte. Après, la question n’est pas ‘d’attendre’ du PS, mais de prendre en compte les données du problème. Autre donnée du problème : l’absence d’alternative structurée à la gauche de la gauche.
      Maintenant, on peut toujours répéter en mantra ‘yakafaukon’ élimine le PS …

      1. pour l’étage au dessus : avant de critiquer le nouveau gouvernement grec à peine formé, n’est-il pas préférable d’avoir une vue globale et d’analyser les motivations réelles au delà du cas de chacun ?

        Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, revient sur la victoire de Syriza et son alliance avec les Grecs indépendants. Selon lui, il existe « un tronc commun » entre ces deux formations « qui est le refus de l’austérité ». Mais le Front de gauche pourrait-il en faire autant en France ? Le responsable communiste ne ferme pas immédiatement la porte et admet qu’il existe « des gens qui ne se reconnaissent pas dans des formations de la gauche actuelle et qui sont sensibles à des thématiques sur la souveraineté nationale ». Néanmoins, « il faut d’abord commencer par mettre en mouvement l’ensemble des forces de gauche » s’empresse-t-il d’ajouter…
        http://www.marianne.net/pierre-laurent-parti-grecs-independants-alli%C3%A9-naturel-syriza

    2. Où vois-tu que le Pasok est éliminé, Zeb ? Il a juste changé de nom et s’appelle Syriza. Sauf que le Pasok ne se serait jamais flanqué d’un parti d’extrême-droite pour gouverner.
      C’est là seulement que la Grèce innove. Le confusionisme a désormais ses « lettres de noblesse ». On le craignait, Tsipras l’a fait.

      1. « Ex falso sequitur quodlibet »

        « Quodlibet » en effet…

        A ce niveau rien ne pourra stopper tes vrilles (le dégoût, peut-être?)

      2. Ah oui ?
        Et le gouvernement de Papadimos, dont les 2 vice-premiers ministres sont du PASOK (12 ministres sur 18), avec 160 députés à la Vouli issus des élections de 2009 et dont le LAOS, parti clairement d’extrême-droite, lui, faisait parti (la 1ère fois depuis le régime des colonels) ?
        Bullshit en barre, vignal.

      3. Tu compares sérieusement le gvt de gestion de crise et dit « d’union nationale » (soutien de 255 députés sur 300) de Papademos en 2011 avec la coalition politique rose/brune Syriza/Enel ? Fais moi le plaisir de chercher d’autres précédents de gouvernements bipartisans aussi contrenature que Tsipras/Kammenos dans l’histoire récente européenne. Désolé mais l’interdit de « l’alliance populiste ambidextre » est désormais levé en Europe et ce par la grâce de la Grèce selon monsieur Tsipras.

      4. Quant à ta ‘théorie’ du remplacement du PASOK par Syriza, elle ne tient pas debout, pour une raison simple : le PASOK s’est effondré tout seul, sans avoir été ‘remplacé’ (siphonné) par Syriza : 17% en 2012 et 13% pour le PASOK.
        En 2009, le PASOK obtient la majorité absolue avec 160 députés. Non seulement il ne s’est jamais opposé au mémorandum mais il l’a appliqué consciencieusement, jusqu’à l’épisode tragico-comique du référendum de Papandreou, qui s’est révisé au dernier moment. Et tout cela pour former ensuite un ‘gouvernement d’union nationale’ avec un parti d’extrême-droite : sûr qu’Andreas Papandreou, tout corrompu qu’il fut, doit se retourner dans sa tombe et son père avec.
        Tu as désormais tes lettres de noblesse, vignal, c’est clair.

      5. «Ce cirque va mal finir», prévient Georges Kassimatis, recteur de l’Université d’Athènes. «Papademos a légitimé une extrême droite minoritaire qui ne lui était pas nécessaire pour faire des réformes. Aujourd’hui, les Grecs commencent à avoir des élans nationalistes. J’entends des gens qui, au vu du chaos politique et économique qui règne dans le pays, commencent à regretter l’époque des colonels, c’est dramatique!», s’emporte-t-il. Pour la première fois depuis le début des mouvements contre l’austérité, des banderoles et calicots refusant la présence de l’extrême droite au gouvernement se sont invités lors de la dernière commémoration du soulèvement contre la junte militaire, en 1973.

        Novembre 2011, quasiment la préhistoire : http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/17/01003-20111117ARTFIG00766-le-laos-encombrant-allie-du-gouvernement-grec.php

        Pour faire bonne mesure, soulignons quand même que Tsipras a effectivement ruiné totalement son élan en faisant le choix catastrophique des Grecs indépendants. Il faudra repasser pour trouver le « nouveau modèle » pour l’Europe.

      6. ‘gvt de gestion de crise’ ??
        Avec un PASOK à 160 députés à la Vouli ?
        T’es vraiment qu’un branquignol, vignal …

      7. T’en veux, vignal, des exemples récents en Europe ?
        Le gouvernement ukrainien, après la révolte ?
        Bonn, tu me diras, l’Ukraine, c’est pas l’Europe et c’est trop récent.
        La Slovaquie, en 1994, avec le gouvernement de Meciar ?
        A merde, la Slovaquie, en 1994, c’était pas l’UE …
        Bon, le gouvernement slovaque de 2006 de M. Fico ?
        http://www.taurillon.org/Slovaquie-les-rouges-bruns-entrent-au-gouvernement
        Ah oui, là c’est bon, non, vignal, z’étaient dans l’UE, je crois en 2006, non ?
        Suis sûr qu’en cherchant un peu plus, on devrait en trouver d’autres.
        Donc, on résume :
        1- évidemment, ce n’est pas une alliance rouge-brun
        2- ce n’est évidemment pas un précédent, en admettant l’inverse de la réalité que 1 est vrai
        Je ne nie pas que c’est une alliance ‘contre nature’, ni que cela constitue un problème en soit.

        Je dis juste que tu dis des conneries, comme d’habitude.

      8. Ok pour la Slovaquie, sauf qu’on est très à l’est là, tu trouves pas ? Pas vraiment le club des douze si tu vois c’que j’veux dire.
        Mais finissons en. N’est-ce pas le geste désastreux de Tsipras vers Kammenos qui autorise Laurent junior, du PC, (soyons magnanime avec ce pauvre Laurent, disons « qui pousse ») aujourd’hui à prendre la position plus qu’ambiguë relayée par Morvandiau juste au-dessus ? Ben si mon Zeb. Et Tsipras prétend vouloir causer de mutualisation de dettes avec ses partenaires européens avec cet acolyte dans son gvt ? Sérieux ?

      9. La Slovaquie, c’est pas plus à l’est que la Grèce. Et en effet Mečiar en prélude, puis Fico (prononcé « fitso ») avec le SNS, c’était déjà du grand cru.
        La différence, c’est qu’à l’époque tous les yeux en Europe n’étaient pas tournés vers la Slovaquie (se sont-ils d’ailleurs jamais tourné vers ces « petits pays » autrement que pour louer sa taxe unique ?), pas comme la Grèce aujourd’hui.

        Pierrot Laurent, grandiose dans Marianne en effet. Bientôt lâché par Méluche pour les écolos, alors il tente le tout pour le tout pour éviter de se retrouver comme le KKE en Grèce. Le parti avant tout.

      10. @Julien Alexandre

        Je dois avouer être perplexe:
        – d’un côté, je suis d’accord avec Paul et toi: s’allier avec Kammenos c’est une horreur pour qqn de gauche et humaniste. Et apparemment, Syriza n’a pas l’air de vouloir d’aide d’économistes de bonne volonté (cfr le billet de Paul la semaine passée). Et de plus, Tsipras a quand même été montrer patte blanche au FMI, chez Cameron, etc… en essayant de convaincre qu’il n’était pas au fond si dangereux. Mis bout-à-bout ça ne laisse pas beaucoup d’espoir.
        – d’un autre côté, si je me mets à sa place, et que mon but est réellement de négocier une approche radicalement différente de l’eurogroupe vis-à-vis de la Grèce, la condition nécessaire (et ce de manière absolue) pour la négociation qui se profile c’est d’avoir une position de repli 1) crédible et 2) qui fait mal à l’adversaire. Sans cela, toute la négociation ne serait qu’un grand théâtre.
        La seule position de repli possible, c’est le défaut sur la dette, qui entraînera mécaniquement la fermeture du guichet de la BCE pour les banques grecques, et donc la sortie de l’Euro. C’est un scénario catastrophique pour la Grèce à court terme, au moins sur les premiers 12 à 24 mois. Pour le reste de la zone euro, d’un point de vue financier ce ne serait pas si catastrophique, mais le coût politique est potentiellement énorme (la brèche étant ouverte), donc à mon sens la condition 2) est remplie. Pour la 1), c’est plus difficile, puisque les coûts seraient tellement élevés pour la Grèce. Comment être crédible? Et ici, honnêtement, je ne vois pas d’autre solution que de s’allier avec des cinglés anti-austérité. Le KKE ne voulait pas d’une coalition avec Syriza, To Potamoi n’aurait pas été crédible, le pasok était l’architecte du memorandum. Restait l’option d’y aller tout seul, mais un gouvernement minoritaire pour faire une négo aussi importante c’est pas évident. Bref, je ne vois pas d’alternative évidente et meilleure, même si ça me fait mal…

        Bref, une moitié de moi-même espère toujours que cette alliance est purement tactique. Mais je me sais naïf à mes heures…

      11. A fini la baston?

        Bon on peu de raison dans tout ça.

        L’alliance : de circonstance ou de principe. C’est la seule question qui vaille.

        Syriza : une bonne ou une mauvaise nouvelle? Autre SQV.

        Si pas Syriza et si pas question de poursuivre l’aventure UE sur la même lancée, alors quoi?

        Que nos champions (en particulier le sniper des champs) veuillent bien s’employer utilement svp.

      12. Les délirants, ça s’autorise tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.
        Sérieux ? Si on devait prendre au sérieux les propos de Laurent, on n’aurait pas fini de rigoler …
        Ce qu’a fait Tsipras ne l’a pas été fait hors contexte, lequel est grec. Je n’ai pas plus, moi comme tout le monde, plus de billes que ça, sinon d’en constater les effets.
        Et le premier d’entre eux est qu’il est difficile maintenant, même avec une position circonstancié comme je l’ai fais dans le billet, de soutenir le gouvernement grec et sa position sur la dette.
        Il est en tout cas impossible, comme le fait le délirant Laurent d’en faire un exemple européen possible.

  2. La difficulté pour le PS est de vaincre ses peurs.
    Pour être plus précis, la difficulté des élus du PS (qui constituent la majorité des adhérents restant) est de vaincre la peur de n’être pas réélu, ou de ne pas obtenir l’investiture à une élection.
    Comment, élu du peuple, peut-on accepter dans le parti qui a organisé les premières primaires en France, que celui qui a fait 5% des voix à cette élection soit nommé premier ministre pour faire une politique de droite par celui qui l’a battu ?
    Comment peut-on entériner le déni de démocratie constitué par l’arnaque faite au « NON » sur le référendum sur le traité constitutionnel ?

    Le PS finira comme le PASOK en Grèce, et je crois que ce n’est que justice.

  3. Tout à fait d’accord avec la proposition de soutien exprimé précisément. N’est-il pas possible d’utiliser le support technique d’Avaaz (par exemple) pour exprimer ce soutien, mais cette fois de manière citoyenne ? Il pourrait y avoir une liste préalable de signatures de personnes publiques et des signatures électroniques pour le restant.

  4. Vous avez vu ce qui est arrivé aux socialistes grec. Je pense l’on assiste à une polarisation des positions politiques. Les PS francais a, disons-le, échoué, il se trouve aujourd’hui dans un nomans-land idéologique. Il essaye de jouer à la social-démocratie, mais pour cela il faudrait un centre solide, chose impossible en France. Le PS s’est droitisé, se couche devant les Allemands. C’est étrange: une nation fière et même imbue d’elle-même fait le beau devant le gouvernement Merkel, elle-même étant une domestique de l’économie ordo-libérale style anglosaxon.

    Il faut savoir que la Grèce est frappée par une misère sociale qui peut faire peur aux individus exposés: au bout d’un an de chômage, il n’y a pas de RSA, c’est le néant. Pas d’assurance de maladie non plus, on peut perdre son logement du jour au lendmain, les malades ne peuvent plus se faire soigner, les médecin sont dépassés et souvent impuissants face au phénomène, même les soins dentaires deviennent un point d’interrogation. On voit beaucoup de mendiants dans les rues d’Athènes.
    Voilà ce qui correspond au monde merveilleux et prometteur de l’économie ultralibérale que l’on veut instaurer partout en Europe. La révolte du peuple grec est donc justifiée. Qu’elle continue!

  5. Allez va je l’écris quand même. On s’en contrefout du sort du PS. Plus tôt il disparaîtra et mieux on se portera. Et si on pouvait faire en sorte que ses apparatchiks locaux et nationaux ne puissent plus jamais exercer de responsabilités publiques sous le couvert d’une quelconque future formation politique ce ne serait pas plus mal.
    Ô mais ça fera un grand vide qu’on sait pas boucher me dites vous. Mais bien entendu. Imaginez donc la béance laissée par un parti dont le programme politique consiste en 3 mots : votez pour nous (sinon les méchants de l’extrême droite et les plus méchants que nous de droite éh bé ils auront le pouvoir à notre place). Énorme le vide !

      1. Ce que vous appelez la gauche de la gauche, moi j’appelle ça tout simplement la gauche. Et là ou vous voyez le vide absolu je vois un peu de plein. Rien ne peut être plus vide que votre PS que même une baguette magique en bon état de marche ne saurait remplir.

  6. Bonjour Monsieur  » Zebu  » –

    J’ai plutôt apprécié votre analyse même si j’ai bien peur que vous ne situiez pas bien où se trouve idéologiquement M.Hollande qui a abandonné depuis 1983 le logiciel Socialiste pour lui préférer le logiciel  » Clintonien  » du Parti démocrate US. Rien n’oppose idéologiquement Monsieur Hollande à M. Valls. Leur postulat idéologique a trouvé sa résolution politique dans l’apparition incarnée de M.Macron. M.Macron est en quelque sorte le fruit idéologique de leurs épousailles spirituelles. Il est le fils politique de M.Hollande et de M.Valls. Il n’ y a donc plus rien à espérer quoi que ce soit au sommet de l’exécutif français. Il ne faut pas perdre notre énergie – quelle que soit celle-ci – à espérer convaincre des personnes qui ont muté idéologiquement et définitivement vers la droite depuis bien des décennies. Le Modem demain n’en doutons pas, digérera parfaitement ces trois personnalités et la cour d’aficionados « bankables » qui va avec elles et poudroie à leur contact .

    Permettez moi plutôt de vous poser une question à propos d’un terme qui me semble décidément malvenu et qui m’a étonné de trouver dans votre propre bouche :

    Vous dites :
     » … ou même les élections régionales en Italie et en Espagne, avec la montée des mouvements europhobes et/ou nationalistes.

    Pouvez-vous me dire qui sont les mouvements  » europhobes  » dont vous pointez le spectre ?
    Personnellement je ne vois pas. J’espère que vous ne rangez pas dans ce terme le mouvement  » Podémos  » auquel cas ce serait bien regrettable.

    Le nouveau dictionnaire philosophique de M.Jorion apparait décidément une urgence politique. Parler comme l’adversaire que l’on se propose d’affronter n’est aucunement profitable à celles et ceux qui ont à la fois l’audace et le courage de ne pas rester complètement désarmés.

    J’attends avec raison, votre réponse qui ne manquera pas d’advenir. Je n’en doute pas.

      1. L’europhobie est en train de se développer assez vite en Italie, qui était pourtant le pays le plus europhile au début de la crise. Le Lega Lombarda, qui est dans une phase nettement ascendante, a toujours été europhobe, puisqu’elle voit la majeur partie des fonds européens aller en direction du mezzogiorno, le M5S de Grillo est le parti europhobe par excellence, et certaines franges du Partito delle liberta de Berlusconi sont de plus en plus souverainistes. Par contre il n’y pas encore de parti national europhobe en Espagne, mais cela pourrait venir.

  7. Puisque Zeb cite Duflot qui elle-même est la dernière nullarde de haut niveau en date à se permettre de brailler en première page d’un canard parisien que « la mortalité infantile à EXPLOSÉ en Grèce », quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi ces gens là sont infoutus de prendre 30 secondes de vérification pour éviter de proférer de telles craques (débunkées depuis longtemps, là à nouveau en session spéciale Cécile…) et contribuer à leur prolifération ? C’est d’être médecin ou d’être politicienne qui rend bête et/ou imprudent et/ou menteur ?
    Lire ces calembredaines sur le blog Jorion, passe encore, c’en est plein, mais Duflot dans Libé, merde quoi.

    1. Dans le temps, sur le blog, nous avions des Trolls qui pourrissaient le débat.

      Maintenant nous avons confié le rôle du Troll à un ami de la maison parce que sans Troll du tout, le débat s’affadit rapidement.

      Vas-y V-ignoble, rentre nous dans le mou !

      1. Zut alors. J’ai apparemment froissé une susceptibilité éminente.
        J’avais oublié que le Taulier était peut-être bien de ceux qui avaient allègrement repris le thème de « l’explosion de la mortalité infantile en Grèce » (i.e de la Troïka tueuse d’enfants…).

      2. Non, V-ignoble, ne t’inquiète pas : pas d’enfants morts en Grèce sous ma plume: je vérifie tout ce que j’avance sur hoaxbuster, et ce que tu racontes toi également.

      3. Splendide décision Paul Jorion ! Faut reconnaître qu’il le fait toujours avec tact et franchise (même si parfois il s’est planté en beauté aussi) ! Donc pour moi sa présence est le signe évident que nous ne sommes pas en présence d’une secte d’adorateurs mou du bulbe. Bien que pour certains, ils se reconnaîtront (ou pas) le doute soit permis…

    2. si c’est ce que vous avez trouvé de plus inepte en lisant Libé, un détour par l’opticien le plus proche s’impose, gros problème de focale à regler en urgence…

    3. Au lieu de brailler des insanités et de répéter des âneries de journalistes, visiblement trop content de jouer les Homais, allez lire ça V-ignoble:
      http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(13)62291-6

      Ce n’est pas parce qu’un journaliste ne sait pas lire une publication et encore moins la comprendre qu’il faut répéter ce qu’il croit avoir compris….

      Et revenez après avoir cuvé votre vin. Ça vous rends mauvais (à tous les sens du mot « mauvais »)

      1. Y’a donc aussi le modèle type « huhu », mais là c’est du domaine médical, donc on est prié de ne pas rire.

      2. la mortalité infantile est le plus ou moins seul sujet où v-ignoble se montre empathique
        il avait écrit, sous le pseudo de vigneron, un joli cri du coeur après la mort en couches, avec son bébé, d’une sans-abri sur un trottoir de Paris, il y a quelques années, et même que je l’en avais félicité
        mais comme tout cynique mal-bouché, ou plutôt mal débouché, il nous fait payer ses écorchures à tout propos

  8. Allons chanter dans les permanences des députés PS

    « Si tu veux une Grèce digne
    socialiiiste, Socialiiiiste
    Si tu veux une Grèce digne
    député, ré-duit sa dette »

    (sur l’air de :

    Si tu veux faire mon bonheur
    Marguerite Marguerite
    Si tu veux faire mon bonheur
    Marguerite donne-moi ton cœur)

  9. Et bla et bla et Mandela final. Vais te dire Zeb. Que Hollande, Valls ou Sapin déclare juste que la remise à la Grèce sur les intérêts qu’elle paie sur sa dette détenue en compte propre ou via le SMP par la BdF (400 millions prévus au collectif budgétaire 2015 sur un total « prévu » de 2,7 milliards de remises d’intérêts jusqu’en 2020 et un peu après) ne serait pas annulée, comme stipulé dans l’accord de 2012, par un relâchement budgétaire du gvt de Tsipras, ce signal suffirait amplement au bonheur des grecs, de Tsipras et surtout de Varoufakis (tiens, un pote à Rocard non ?). Pas besoin de grandes manifestations de solidarité de mes deux.
    Ps: 400 millions c’est énorme pour le budget grec, pour nous quoi ? pff, quatre Rafales en moins à cramer en Espagne…
    Pour le reste, la configuration politique hexagonale à gauche, demain, après-demain, pour le moment c’est Valls/Hollande qui tiennent la corde, tes voeux pieux, tes vieux pneus et tes tuyaux percés, tu sais quoi ?

    1. Répond à tes propres question, viognieux. C’est Rocard qui est un vieux cheval toujours en train de prétendre courir à l’avant-garde, autant que toujours prêt à squatter les ors de la république. Il a été le premier ministre le plus assidu aux trente-six fenêtres de La Lanterne.

    2. Tueur d’espoirs.
      Même si c’est globalement vrai, ce n’est pas à dire.

      Il reste une chose: le glorieuse République et ses débats qui étonnaient le Monde entier, les droits de l’Homme et tout ça, est mis en veilleuse. Le vent politique a fait tourner la girouette vers un petit pays.

      Il reste du papier de Zébu un fait: grâce à la Grèce le jeu politique est redevenu ouvert, avec une conséquence: voter redevient utile. Et au diable les comptes d’apothicaire. Qu’une volonté existe et l’intendance suivra.

      Votez, rien ne sera perdu. N’écouter pas les défaitistes.
      Merci Tsipras et merci Zébu.

      1. Je répète, Daniel : le seul fait politique nouveau révélé par Tsipras et son parti « pompe à Pasok » à ce jour c’est l’institutionnalisation du confusionnisme. Je pense que c’est le seul élément de la mise en scène et de la pièce qui se joue (l’alliance avec l’extrême-droite) que Bruxelles et Francfort n’avaient ni négocié avec Tsipras, ni même anticipé.

      2. @Daniel

        : « Il reste du papier de Zébu un fait: grâce à la Grèce le jeu politique est redevenu ouvert, avec une conséquence: voter redevient utile. »

        Mouais, combien de veaux votants pour (D)Aube (A)dorée ?
        (il y a possibilité d’un autre je de maux , plus zob-scène, je passe)
        Combien d’abstention? La plus forte depuis 1974, si mes sources sont claires.

      3. La confusion n’est pas là où tu penses, peut-être.
        Mais peu importe, dans l’alliance de la carpe et du lapin, si le mirobolant ministre de la Défense ne fait pas l’affaire, la porte de sortie sera grande ouverte. Et juste à temps, entre le moment où il aura été utile face à la Troïka et à l’intérieur, et l’instant où il (re)deviendra une planche pourrie. ( Une histoire entre Truman et McArthur: être dans la tente et pisser dehors ou être dehors et pisser sur la tente, de mémoire).
        Il ne faut pas douter que Tsipras possède un sens politique aigu. Les maîtres d’école sourcilleux de la Troïka ne s’en tireront pas par un rappel au règlement. Et rien que pour cette raison, il a mon approbation.
        Mais assez de politicaillerie grecque, j’ai trop peu d’informations valables.

        Pour nous, comme l’a montré Zébu , c’est que les cartes sont rebattues, avec un retour au Politique. Le clampin de base redevient fort de son bulletin de vote.
        J’ admet que je force la réalité et que mon enthousiasme est tout autant forcé. Mais l’espoir crée aussi une réalité. (… une étourderie, j’ai jamais dit ça. D’ailleurs, c’est Zébu qui l’est. Trop communicative, la bête.)

      1. Il ne faut certainement pas interdire le vin de V-ignoble ! Il est trop bon, trop profond, trop gouleyant. En tous cas bien en bouche !

    3. Non Vigneron, je pense que tu te goures : y aura toujours tes trois chauffeurs au volant, mais plus personne pour monter dans ce bus, à un point que tu mésestimes et qui t’étonnera.

      Et puis maintenant qu’il me reste trois neurones dispos, je vois rien d’autre pour sortir de l’impasse mortifère (socialement et pire politiquement) qu’un défaut aussi généralisé et négocié que possible (j’avance sur un terrain dont j’ignore tout). Mais quoi? A part les cornucopiens et les demi-fous qui croit que demain une quelconque croissance etc. (ça a été mille fois débattu et rebattu sur ce blog..)

      A+

      1. Effectivement, la croissance du PIB et la croissance énergétique sont totalement corrélées, cet indicateur a au moins le mérite de pouvoir relier les deux.
        In fine la croissance va disparaître et il faudra faire avec, ce n’est rien d’autre que de la thermodynamique. Absence de croissance, absence de remboursement et donc défaut généralisé.

      2. Absence de croissance, absence de remboursement et donc défaut généralisé.

        Non, pas défaut généralisé. On réduira la dette, ou on l’étalera, ou on ajustera les intérêts, de sorte qu’elle reste soutenable, afin d’en maximiser le rendement.
        Le jeu consiste à pomper les habitants de la zone euro (pas qu’eux d’ailleurs), avec suffisamment de douceur pour éviter les remous, de sorte à ce que, à terme, tout ce qui a une quelconque valeur appartienne au(x) plus riche(s).
        L’absence de croissance permet d’accélérer le processus.

        Si l’on admet que l’objectif des maîtres est celui ci, on peut dire que l’économie est une science exacte car depuis 40 ans tout s’est déroulé comme ils l’ont voulu et prévu.

  10. Notre position est très délicate, le PS a été plus que sali, j’ai l’impression que tout un tas de ZOZOS comprennent de travers, la droite foncera dans toutes les erreurs en limitant les dégâts ici et là, l’extrême droite s’empare des problématiques…
    Nan, ça sent pas bon !
    Fédérer autour d’un projet commun ‘anti-austérité’ (et bien au-delà…) et même faire des concessions est impératif… et peut être pas suffisant.
    Ils devraient créer un parti d’extrême gauche. Il a quasi disparu celui-là, pourtant il aurait clairement sa place !

  11. Je doute fortement de la capacité de François Hollande à changer la politique générale qu’il a choisie. La réalité du personnage, qu’on le veuille ou non, c’est le choix de réduire et limiter la politique sociale et les droits socio-économiques des Français afin de « rentrer dans les clous » de la politique d’austérité définie par les principaux dirigeants européens… Hollande y compris.

    Certes les réduire aussi peu que possible. Mais autant que nécessaire pour passer à peu près sous les fourches caudines du groupe de dirigeants – les égaux et pairs du président français – qui définit la politique de l’Eurozone.

    Si Hollande était prêt à prendre une position forte à l’encontre des grands intérêts notamment financiers, ou à l’encontre des consensus européens, il l’aurait fait peu après son élection, période où sa liberté d’action était naturellement maximale.

    L’homme a fait un autre choix. Différent de celui qu’il exprimait pendant sa campagne électorale. Différent ou non de ce qu’il pensait réellement pendant cette campagne, derrière les discours ? Eh bien, à chacun de se faire son opinion ! Au demeurant, peu importe.

    Quoi qu’il en soit, aucune inflexion majeure de la politique générale de la France n’est pensable sans un autre dirigeant à la tête du pays. Ce n’est pas après avoir pris docilement le mors et porté le joug pendant presque trois ans, dont les derniers temps de manière tout à fait ouverte et presque joyeusement revendiquée avec le binôme Valls / Macron, que l’on peut se rebeller. Psychologiquement, cela n’a aucun sens.

    La véritable question est celle du prochain président et de la majorité en capacité de le soutenir.

    Pour l’instant, les seuls candidats en capacité d’être présents au second tour sont François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen – cette dernière ayant la chance la plus sérieuse de se qualifier effectivement pour le second tour, contre l’un des deux autres allez savoir lequel.

    Pour qui refuse à la fois la poursuite de la politique austéritaire UE avec soit Hollande soit Sarkozy, et la rupture avec cette politique dans sa version présentée par la présidente du FN… il reste bien peu de temps pour faire émerger une personnalité crédible, et un rassemblement suffisamment large autour d’elle pour lui permettre de gouverner.

    Telles que les choses sont parties, le prochain président sera le vainqueur du duel Hollande – Sarkozy pour être présent au second tour, où il rencontrera Le Pen qu’il devancera avec un pourcentage dans la dizaine des 60, voire dans la dizaine des 50 si la crise a progressé trop brutalement d’ici là.

    Sauf bien sûr grosse surprise si Marine Le Pen était élue de justesse, scénario assez marginal cependant probablement pas tout à fait exclu. Mais la suite serait peu claire… car avec qui gouvernerait-elle ? Faudrait-il imaginer en France un attelage similaire à l’alliance Syriza – ANEL en Grèce, les rôles étant inversés et la gauche se trouvant sur le siège passager 🙂 ?

    Plus sérieusement : le plus probable est la poursuite de la politique générale française actuelle jusqu’en 2022 au moins. Sauf bien sûr que les différentes crises – financière, économique, (géo)politique, énergétique, écologique – n’attendront pas gentiment à la porte tout ce temps. D’une manière ou d’une autre, l’une ou l’autre accélération ou craquement surviendra, ce que De Gaulle appelait « l’événement » c’est-à-dire la circonstance grave et non prévue qui met le chef au défi.

    Que le président s’appelle Hollande ou Sarkozy, il y a fort à parier que devant l’événement il sera comme le lapin devant les phares.

    La prise de conscience est trop lente, que l’on parle de ce qui se passe « à la gauche de la gauche » ou « à la droite de la droite ». Nous n’éviterons pas de passer sous les roues.

    En revanche, ce qui se passera ensuite dépendra beaucoup de ce qui aura été préparé de réflexion, de regroupement, de mouvement… autour et au-delà des analystes et des hommes politiques qui où qu’ils en soient de leurs opinions et de leurs réflexions savent du moins que la direction que nous suivons sous l’égide de Messieurs Sarkozy puis Hollande ne mène qu’à des catastrophes.

  12. S’il y avait seulement une majorité de socialiste dans les instances dirigeantes du parti socialiste, on pourrait être tenté de voter pour eux. Mais dans l’état actuel des choses, on voit bien les « libéraux », on devine nombre d’opportunistes, mais s’il reste encore un dirigeant SOCIALISTE au parti du même nom les médias prennent grand soin d’ignorer son existence ou de cacher son état.

  13. « Syriza en France » drôle de titre, quelque soit le sens qu’on lui donne, d’autant à suivre votre dialectique qui comme vous écrivez s’appuie sur « l’existant »… à ce corps PS tellement exsangue, (récemment le désir de Hollande de renforcer le secret journalistique et la loi du Macron qui criminalise les lanceurs d’alerte). à force d’opportunisme leur choix est juste d’ordre sémantique (voir les contorsions des représentants de ce parti / Syriza). Au socialisme dont le parti fait son nom une vieille mélancolie du  » Parti « semble vous habiter.

    Alexis Tsipras demande un Audit sur la dette. une façon très pédagogique d’entrer en matière.
    Grecs enfin indépendants (mais pour ce qui est du patriotisme, tout de même… )

  14. Bon article.
    La gauche peut percer en défendant la nation républicaine et l’internationalisme. C’est cette ligne « chevènementiste » anti-impérialiste contre la Troïka qui explique aussi en bonne partie la percée de Seryza.
    La situation de la France est bien sûr différente de celle de la Grèce.
    Le PS comporte trois composantes principales: une « droite » majoritaire au gouvernement, n’hésitant pas à prendre des mesures anti-sociales comme la loi Macron. M. Valls a ouvertement dit qu’il voulait liquider ou « changer le nom » du PS. Il est minoritaire dans le PS et applaudi par la Droite; chacun sait que les côtes de popularité obtenues auprès de l’électorat de droite ne se traduisent pas en bulletins de vote et qu’elles vont se traduire par des défaites électorales cinglantes. On peut aussi s’interroger sur l’impartialité de certains instituts de sondage et media dominants.
    Un « centre » municipaliste autour de gestionnaires locaux le plus souvent honnêtes qui a connu le vent du boulet en 2014.
    Une « gauche », un peu diminuée par le départ des Mélenchonnistes et de déçus du Hollandisme, mais qui reste une force très importante.
    Pour ceux qui pensent qu’il y a une triple impasse, droite, extrème droite et droite du PS et qu’on ne peut pas attendre un grand nombre d’années, le renouveau d’une Gauche large avec un PS à gauche est nécessaire.

    1. La gauche peut percer en défendant la nation républicaine et l’internationalisme.

      Mais oui, bien sûr : la Nation (La marseillaise:

      Qu’un sang impur abreuve nos sillons

      -c’est bon pour la Vigne-) et l’inter-Nation

      (Du passé faisons table rase

      -mince le pinard est tombé avec).
      La Gauche ne peut rien percer du tout, même pas fendre le coeur, Perceval n’est-ce-pas le nom d’un Valet?

      1. « Le sang impur » a été écrit à une époque où la majorité de la noblesse appuyée sur les dictatures monarchiques propageait le mythe d’un sang différent. En 1940-44 une « race supérieure » conduite par les nazis envahissait la France.
        La République se bat pour des hommes libres et égaux en droits et la nation est la communauté des citoyens selon Sieyès. Le socialisme est la République poussée jusqu’au bout selon Jaurès. Mais ceci peut contarier un communiste trop dogmatique.

      2. @Bernard Morice

        :La République se bat pour des hommes libres et égaux en droits et la nation est la communauté des citoyens selon Sieyès. Le socialisme est la République poussée jusqu’au bout selon Jaurès. Mais ceci peut contrarier un communiste trop dogmatique.

        Je vous rappelle que  » la république » au temps que vous dites était censitaire, et vous feriez mieux, au lieu de vous payez de mots de réfléchir sur ce que signifie « en droit »…cette même République, et ses héritières n’ont pas hésité à pratiquer un expansionnisme impérialiste avec Napoléon Bonaparte, puis avec les entreprises coloniales de traiter réellement les populations asservies en sous-hommes. De même les femmes furent longtemps considérées comme uniquement bonnes à fournir le matériel humain nécessaire aux prétentions de puissance et de grandeur contenues dans ce nouveau régime républicain;
        Le dogmatisme dont vous vous gargarisez pourrait bien vous concerner, au premier chef;
        Je ne suis pas socialiste, je ne suis pas communiste, komunist est un pseudo: Je EST un autre.
        Paroles de la Marseillaise  » …ces féroces SOLDATS, qui viennent…nos fils et nos compagnes » (en fait « compagnes » est là pour la rime avec « campagnes », il s’agit de NOS femmes, épouses, fécondes en fils comme la campagne fécondée en ses sillons par ce sacrifice fournira le meilleur grain et la meilleure piquette du monde)

        J’ai tant fait patience/ qu’à jamais j’oublie/ Craintes et souffrances/ Aux cieux sont parties/
        Et la soif malsaine obscurcit mes veines/ Ainsi la prairie( patrie)/ A l’oubli livrée/ Grandit et fleurit/D’encens et d’ivraie/ Au bourdon farouche de cent sales mouches/ Elle est retrouvée Quoi l’Eternité/ C’est la mer allée(mêlée) avec le soleil/ Ame sentinelle murmurons l’aveu/ De la nuit si nulle et du jour en FEU/ A.R.
        C’est donc bien le sang de ces soldats qui est impur: inutiles sont vos contorsions.

      3. Rimbaud , comme Jésus , a eu la chance de mourir assez jeune pour ne pas dire ou écrire trop de conneries . Commencer poète génial et finir en trafiquant d’armes, ne méritait pas vraiment de finir avec une jambe en moins .

      4. La gauche du PS s’illusionne et illusionne le public. Et c’est une interprétation charitable! Un mélange à doses variables d’opportunisme et de paresse intellectuelle y sévit.
        Le PS est le parti d’une droite plus ou moins « complexée » (F. Lordon), de moins en moins complexée sous les espèces de Valls.
        Montebourg par exemple n’est pas de gauche, au sens original et mythique des grandes luttes ouvrières, celui que Lordon voudrait maintenir en vie. C’est très clairement expliqué par un de ses anciens assistants de campagne, dont je n’ai pas le nom sous la main.

        Mais Lordon a beau faire, le concept de gauche se vide et de creux devient confusionniste. Le curseur droite-gauche est brouillé par les renoncements et les compromissions, pour ne pas dire les trahisons, du PS et de tous ses équivalents sur le continent, ardents défenseurs de la financiarisation depuis des décennies et de l’austérité dogmatique aujourd’hui. Et même, si l’on en croit Michéa (Impasse Adam Smith), le fond du logiciel de la gauche est le même que celui de la droite, la matrice est celle des Lumières, et le capitalisme n’est pas dépassable sur sa gauche, sous-titre du bouquin. Ni Marx ni Proudhon ni les socialistes déclarés utopistes par l’internationale léniniste ne se disaient de gauche.
        Valls représente donc la vérité du PS.
        Faire des plans sur la gauche du PS est une stérilisation de l’énergie et une erreur historique.

        Chez Syriza ou Podemos, qui sont les deux mouvements les plus avancés en Europe (si, si…), ce brouillage gauche-droite est reconnu, d’où l’alliance gouvernementale avec les Grecs indépendants pour le premier, et les slogans, mots d’ordre et refus de parler en termes gauche-droite chez le second. Je peux illustrer ça de plusieurs exemples, mais ça peut attendre. Un sujet par commentaire, c’est mieux. 🙂

      5. Chez Syriza ou Podemos, qui sont les deux mouvements les plus avancés en Europe (si, si…), ce brouillage gauche-droite est reconnu, d’où l’alliance gouvernementale avec les Grecs indépendants pour le premier…

        Oh, mais avec Anel c’est encore plus brillant et avant-gardiste que juste le « brouillage gauche-droite », on brouille tout, l’éthique, la morale. Ministre de la défense ? Ben si on mettait un conspirationniste/fraudeur/ultra-conservateur/antisémite ? C’est ça l’avant-garde de l’Europe, le futur radieux, la renaissance de la gauche qui ne s’illusionne pas, sans complexe.

        Vivement l’alliance Mélenchon/Cheminade. Je piaffe d’impatience.

  15. L’association avec ANEL est purement politique.
    Ces derniers savent parfaitement qu’ils peuvent être éjectés d’un jour à l’autre et que les candidats plus modérés ne manquent pas.
    En revanche, le succès éventuel ne pourra leur être imputé que très modérément vu leur modeste apport à la majorité.
    Tzipras tient un message souverainiste, il s’entoure de souverainistes. Logique et recta.

    1. Thombilabong :

      L’association avec ANEL est purement politique.

      Mais syriza est purement (ça veut dire quoi ‘purement’?)politique.
      L’alliance, ou l’alliage n’est pas accidentelle, ce que vous appelez « souverainistes » sont en fait nationalistes, eh oui.

      ’ils peuvent être éjectés d’un jour à l’autre et que les candidats plus modérés ne manquent pas.

      J’admire votre logique. Et Pourquoi, puisque des « modérés » sont en masse, est-ce le Panos Kamménos qui fut choisi?

      Logique et recta

      Un message populiste, en fait, tous les 2 font que causer du PEUPLE souverain, de rien.
      Et le peuple, la nation collé à socialisme ça fait tout drôle, non?

  16. Zebu, quelle longueur !
    Un modèle d’illusion partidaire, électoraliste et coupeuse de cheveux en quatre.
    Illusion du commentaire rationalisant, ivre de lui-même.
    Ce ne sont pas les calculs électoralistes et d’appareils qui créent les évolutions significatives éventuellement traduites dans les élections.
    C’est le mouvement social qui secoue le cocotier et produit de nouvelles expressions. La représentation en sièges dans la démocratie libérale ne vient qu’après.
    Voyez qu’en Grèce et en Espagne c’est la génération des 30-40 ans qui s’épanouit en visibilité politique.
    Voyez que le drame social en France n’a rien à voir non plus, pour le moment, avec celui de ces deux pays, où il sévit horriblement depuis quatre ou cinq ans.
    Voyez qu’en France le FN peut se présenter comme anti-système (ce qui doit lui être contesté avec la plus grande vigueur!), car il a longtemps été absent de toute responsabilité, tandis qu’en Espagne ses camarades appartiennent au PP, et qu’en Grèce ils ont été au gouvernement ou qu’un archevêque s’affiche avec eux, sans parler du temps des colonels pas si lointain, ni du franquisme: ces amis du FN ne peuvent prétendre qu’ils soient absents du « système »!
    Voyez qu’en outre le FN s’empare de l’hégémonie gramscienne en se saisissant de thèmes qui parlent à chacun et que les gauches lui abandonnent, sauf Frédéric Lordon, Jacques Sapir ou Emmanuel Todd 🙂 .

    Autrement dit, la scène sociale n’est pas mûre en France. Il y a quelques professionnels de la politique de gauche de gauche (j’attends la gauche de gauche de gauche, allez voir ce qu’en dit Pablo Iglesias), qui rêve de conquêtes faciles, mais ce ne sera pas pour eux, ils sont trop vieux, leurs personnes et/ou leurs positionnements.

    À propos, Là-bas si j’y suis vient de réapparaître dans sa version internétesque, la-bas.org .
    C’est sur abonnement, puisque la radio payée par les impôts les a virés, et qu’il leur faut bien des salaires. C’est 60 euros annuels, mais ils font des prix sur demande, et les bien dotés peuvent payer plus.
    Cependant le CADTM nous offre l’écoute de la première émission (40 minutes), consacrée justement à Syriza et Podemos, avec en invités, Frédéric Lordon, Éric Toussaint, Renaud Lambert et Serge Halimi.

    1. Hors sujet : si Syriza ne s’était pas structuré justement en parti politique, le ‘mouvement social’ dont vous parlez plein la bouche n’en serait évidemment pas là, voir même ailleurs, et même peut-être très à l’extrême-droite (vous oubliez me semble-t-il les nazis toujours représentés), en tant qu’exutoire.
      Je veux bien faire fi de toutes structures partitaires mais le mouvement social autonome produisant ses propres institutions sociales et politiques : connais pas, jamais vu, nul part.
      Mieux : jamais vu un mouvement social se présenter aux élections en démocratie libérale … sans parti.

      1. @Zebu.

        Je veux bien faire fi de toutes structures partitaires mais le mouvement social autonome produisant ses propres institutions sociales et politiques : connais pas, jamais vu, nul part.

        Ah? et Podemos ce ne serait pas justement une expression de ce mouvement social autonome?, des Indignados et du 15-M?
        C’est quoi Podemos au juste, sinon cela que vous dites n’avoir jamais vu?

      2. Le prof Zebu va te reprendre p’tit ! Le gars est un puits de science, si, si, suffit de lire sa plume pour s’en convaincre. Un politique ? Qui Zébu ? Ah bon, si vous le dites.

      3. Le 15-M ? Mais c’est justement issu d’une structuration en plate-forme (Democratia Real Ya !), sous forme associative, elle-même s’appuyant sur des coordinations de collectifs, comme Jovenes sin futuro (lui-même constitué d’associations et de collectifs) !
        Sans structuration pré-existante telle que la plate-forme avant l’appel du 15 mai ni appui de structures existantes comme relais, le 15-M en tant que ‘mouvement social’, autonome, n’aurait pas eu la même résonance (sans aussi la répression policière par ailleurs), sachant que cet appel était justement émis avant les élections du 22 mai (pour avoir un impact sur les élections et les partis).

  17. Attendons de voir ce qui va se passer. Je me méfie du pouvoir, il massacre en général même les plus incorruptibles. La situation Française est radicalement différente, le pouvoir est à caractère monarchique, il suffit de contempler tous ces hôtels particuliers que celui-ci utilise pour abriter ses serviteurs, ils proviennent tous de l’ancien régime. La révolution à juste changer la noblesse par la bourgeoisie qui s’est installée ravie dans les ors de ses prédécesseurs honnis. En France y a pas à dire y a du boulot pour réformer ce Pays. Il faut toujours un leader pour galvaniser les électeurs, je le déplore mais c’est ainsi, or nous n’avons pas de leader, frais et dispos, ils sont tous usés par des décennies de pouvoir. Ce système réduit les possibilités de renouvellement de manière tragique, et nous devons supporter des professionnels de la politique qui nous enfument. Donc il faut d’abord modifier radicalement tout le système afin de respirer un air frais et pur.

    1. @Outil Patrick
      Je me reconnais dans vos post. Rien à l’horizon en France, qui puisse faire espérer un changement de cap radical.
      Je parierais sur Nouvelle Donne mais, si leur discours est pertinent, il est trop compliqué pour être résumé en 30 secondes. 30 secondes c’est le temps de parole qu’on laisse aux politiques pour exposer leurs idées. Et si c’est plus et non démago, l’auditeur décroche.
      Il leur manque un Coluche…
      En attendant, on attendra, je ne sais plus quoi d’ailleurs.
      Accélération des fermetures d’entreprises? Effondrement de l’euro? Un ouragan dévaste l’Europe?

      1. « En attendant, on attendra, je ne sais plus quoi d’ailleurs. »
        La relève !
        Ou la grosse brute…? 😉

  18. Il est ubuesque mais parisien d’écrire sur des « cantonales » qui en fait doivent être des départementales, des départementales extraordinaires, du jamais vu dans l’histoire de France récente, qui vont demander aux Français d’élire des gens dont on ne connaît pas leur compétence et responsabilités puisqu’elles ne sont pas encore définies et dont le financement n’est pas budgété. En quelque sorte il nous est demandé d’élire 4000 chômeurs de plus qui n’auront pas de travail , de travail défini avant leurs élections. D’élire des noms, des bénévoles à propos d’une réforme territoriale qui n’est pas terminée, celle du mille feuilles, interminable tellement elle nage dans la complexité. Écoutons une question parmi d’autres sur Public Sénat,Précisez
    Ou vous nous trouvez leur définitions de fonctions précises, leur job description ou alors demandons le report de ces élections incroyables, surréalistes de chômeurs

    1. Le Sénat adopte en première lecture le texte des  » conservateurs », il va à l’Assemblée le 17 février, alors à quand les décrets d’application !

  19. Pendant longtemps nous – je veux dire une grande partie de l’extrême-gauche – avons considéré que la gauche n’était que la « gauche du Capital » que les élections n’avaient en réalité pour rôle que perpétuer le système sans rien changer sur le fond. C’est toujours vrai. Cependant ce genre d' »abstentionnisme » peut devenir mortifère si aucun mouvement populaire ne le soutient. C’est bien ce qui se passe avec la montée du Front National. Bien que je ne pense pas qu’une quelconque politique néo-keynésienne soit une solution, il faut aussi savoir profiter des premiers temps de la fête. Illusion ? Tant que les producteurs – je me méfie du terme trop vague de « citoyen » – ne prendront pas directement les choses en main….

  20. Ce qui est remarquable dans plusieurs interviews d’électeurs grecs au sortir des bureaux de vote c’est que, bien qu’ils soient de couleur politique opposée à Syriza, ils ont votés pour ce dernier car ils estiment avoir assez supportés la gestion des partis traditionnels et sont donc prêts à tenter l’aventure avec des nouvelles têtes.
    Si nos partis traditionnels avaient un tant soit peu d’imagination, ils se mettraient rapidement à la recherche de nouvelles têtes contenant des idées nouvelles, plus jeunes, disposés à se mettre au service de la population qu’ils représentent et non de faire carrière, et pourquoi pas, limiter la durée d’une carrière politique?
    La proportion de jeunes parmi les élus en France est trop faible:
    http://www.laviedesidees.fr/L-age-de-l-Assemblee-1946-2007,81.html
    L’abstention ne fait que progresser les jeunes ne votent pas (ou plus) :
    http://www.france-politique.fr/participation-abstention.htm

  21. Comme dans toutes les formations d’extrême-gauche les explications sont d’autant plus longues qu’elles sont très loin de l’exercice du pouvoir. Je cr

  22. je crains que cela ne soit le cas de Zébu. Moi, j’applaudis des 2 mains l’alliance de Syriza avec l’Anel ce qui est un signe clair de sa détermination et de ses priorités. Elle renforce son pouvoir et indique une forte volonté d’obtenir gains de cause dans la perspective des négociations avec les banquiers et eurocrates. La Dette doit être réduite d’au moins les 2/3 et le reste payé uniquement en 30 voire 50 ans. Comme ce fût fait en 1953 à la conférence de Berlin qui a réduit les dettes allemandes et a permis le « miracle » allemand.
    Toute autre alliance pour avoir une majorité au Parlement grec eût été un signe de faiblesse. C’est une épreuve de force où tout compte, a une signification politique.

    1. Parfaitement d’accord avec vous.

      En Grèce, l’Eglise orthodoxe a un rôle institutionnel que l’Eglise catholique n’a plus depuis fort longtemps chez nous, et la laïcité n’est pas un principe comme elle l’est en France. Il est permis de souhaiter que cette situation évolue. Il est probable que Syriza, dans l’absolu, le souhaiterait.
      Mais nom de Dieu, est-ce le sujet du jour ?

      L’immigration, que ANEL voudrait drastiquement réduire, comme chez nous le FN ? Mais la Grèce sous la botte eurocrate est devenue un pays… d’émigration, sa jeunesse fuit le pays et son taux de chômage des jeunes frôlant les 60% ! L’immigration n’est pas le sujet du jour, la Grèce n’a pas ce bonheur, hélas !

      ANEL est issu d’une scission du parti de droite par des gens qui à la suite de Kammenos ont refusé de signer le Mémorandum imposé à la Grèce en 2011, sacrifiant au passage une carrière politique confortable. Ce sont donc des gens décidés qui font prévaloir leurs principes sur leurs intérêts, et refusent notamment avec la dernière vigueur la tutelle de la Troïka.
      Bref, c’est le bon partenaire pour Syriza, plutôt que tel ou tel parti de demi-convaincus et d’entièrement tièdes.

      Et être capable de trouver un accord en quelques heures avec un parti en apparence très éloigné est un signe de force pour Tsipras, avec un petit parfum d’union sacrée qui ne dépare pas la situation. Pour s’accorder aussi rapidement, il est permis d’imaginer que le dialogue a été à peu près « Alors, Panos, tu en es ? » « J’en suis ! »

      Ne pas sous-estimer la difficulté de ce que Tsipras prétend accomplir. Rien de moins que de faire plier des pays qui vu d’Athènes sont des géants, appuyés sur et exprimant des forces transnationales écrasantes – en gros, le système financier au minimum européen, voire mondial – et disposant de tous les moyens de pression y compris dissimulés y compris hors de toute légalité. Et d’alliés, il n’en trouvera point hors de Grèce. Certes les grands pays se sont répartis les rôles, il y a le gentil flic qui plaide quelque clémence envers le délinquant (Hollande) pendant que le méchant flic se mure dans le silence (Merkel). Mais les flics sont de mèche, qui ne l’a compris ?
      Ce n’est pas le moment de jouer les délicats.

      Oui, il est possible que Tsipras réussisse, car il a maintenant pour lui la légitimité démocratique et la puissance de l’Etat. Mais s’il montrait la moindre faiblesse…

  23. Quant à la transposition en France cela ne se fera pas de la même façon en effet il me paraît évident que le PS comme son équivalent grec le Pasok est un parti libéral comme la droite, avec l’alibi européen. Cela passe donc comme en Grèce par l’élimination du parti « socialiste » de la scène politique. Il n’ y a personne pour fédérer toute la mouvance de la gauche de la gauche déjà on sait que le PC torpille le Front de Gauche est collant au PS pour sauver son réseau d’élus, avec l’habileté et le sens tactique de Tsipras. De plus nous n’avons pas atteint le niveau grec pour en arriver là. Le PS comme toute la gauche de la gauche est autiste parce qu’elle ne veut pas écouter les intellectuels comme Todd, Sapir et Lordon qui ne demandent que cela.

  24. La reconfiguration du PS passe par sa chute et son éclatement. Le Ps est un parti de traîtres et d’escrocs, des notables et des parvenus. Si sa fonction est encore de représenter les classes populaires, en temps de crise on devrait avoir un parti qui rassemble tous ceux qui souffrent, ce n’est manifestement pas le cas. Des mesures (la fin de l’euro, du fait de son échec et de l’urgence de remédier à une situation économique désastreuse) qui devraient être défendues par la gauche de la gauche le sont maintenant par l’extrême-droite, c’est en fait toute cette opposition gauche-droite qui est caduque pour répondre aux enjeux du mondialisme libéral. Si « le PS est le seul parti politique suffisamment structuré aujourd’hui », (qu’est-ce qu’on entend par « structuré?) c’est parce que des élus sont installés depuis trop longtemps dans leurs fauteuils et un parti structuré ne signifie donc pas une politique efficace, mieux vaut se porter vers une alternative novatrice et constructive même inexpérimentée que sur des ruines qui ne peuvent plus faire déplacer personne dans les urnes. Ce qu’a fait Syrisa en s’alliant avec des souverainistes, nous devons chercher à le faire partout en Europe, pour permettre aux citoyens de ne plus subir le diktat du marché. Il est urgent d’abolir les frontières actuelles de la représentation politique droite-gauche telle qu’on nous la propose, elles sont dépassées et entretenues par le Système pour continuer la même politique.

  25. Le Parti « socialiste » ne cesse de faire des politiques de droite libérale depuis mars1983. Cela s’est aggravé avec son plein accord avec les dogmes néolibéraux du TCE rejeté par le peuple français 29 mai 2005. Il a trahi ce vote populaire en adoptant son clone le traité de Lisbonne en plein accord avec la droite en 2008. Hollande a trahi ses engagements électoraux par son simulacre de renégociation du TSCG dit Merkozy. Normal ce n’est qu’un apparatchik timoré qui fût Premier Secrétaire du P »S » en 2005 où son parti, par un vote interne, a approuvé le traité d’ ‘Amsterdam dit « TCE » par le même score de rejet du peuple français (55%).

  26. J’ai fais un rêve… enfin une ébauche, un délire.
    Les schémas politiques Droite et Gauche au sens européen sont obsolètes.
    Le programme de la droite, c’est pour l’essentiel :
    – l’initiative privée sans entraves (la liberté absolue),
    – l’état réduit à ses fonctions régaliennes (l’état tue l’initiative),
    – à chacun selon ses « mérites » et ses « talents » (chacun pour soi et les dieux pour tous),
    – l’environnement est un obstacle à la croissance économique (un boulet !),
    – la théorie économique standard (la réalité n’a qu’à bien se tenir),
    – l’Europe des nations (un marché commun, c’est bien assez),
    – la démocratie représentative absolue, (dormez citoyens, on s’occupe de tout)

    Le programme de la gauche, c’est pour l’essentiel :
    – l’initiative privée bornée (un peu),
    – l’état stratège (de moins en moins),
    – les inégalités corrigées par la redistribution (de moins en moins),
    – l’environnement est un obstacle au développement économique (mais faut pas le dire),
    – la théorie économique standard (pourquoi se compliquer la vie),
    – l’Europe fédérale (c’est à la faute a l’Europe qui fait rien que nous embêter),
    – la démocratie représentative absolue (dormez citoyens, on s’occupe de tout).
    Je passe les, « gauche de la gauche », « extrême gauche », « alter », « extrême droite », « centre gauche », « centre droit », « souverainistes », « radicaux »…. autant de chapelles inefficaces à modifier le réel.

    Le programme politique dont nous avons besoin :
    – l’initiative privée régulée encadrée,
    – l’état stratège du bien commun,
    – les inégalités corrigées par la loi,
    – la protection de l’environnement dont dégradation est un obstacle à la poursuite de l’aventure humaine,
    – la théorie économique scientifique (Pr Jorion au pupitre),
    – l’Europe fédérale sociale, environnementale et solidaire,
    – la démocratie représentative conditionnelle,
    On pourrait appeler ce mouvement «Notre foyer »… enfin peut être, un nom et un programme qui pourrait fédérer par-dessus des partis, chapelles, courants, frondeurs…

    Le rêve est le premier pas du changement?

    1. Dans le bide de vie quotidienne:
      Simple question .

      Moi, athée, puis-je nouer des liens d’amitié avec un musulman?
      (N.B. pas un islamiste)

      Pourquoi pas, puisque je le puis avec des chrétiens ou des juifs.
      Mais il y a un préalable, en tant que femme cette possibilité ne me serait offerte qu’envers une musulmane.

      Les religions et l’athéisme récusent l’hypocrisie, il faut donc que je puisse m’affirmer comme athée sans qu’il m’en coutât la tête ou l’ostracisme et que j’accepte le droit de l’autre à sa religion.

      Il faudra que j’accepte ce qui nous sépare.
      Les religions délèguent à l’au-delà le soin de réaliser la justice, récompenser les bonnes actions et punir les mauvaises.
      Dans cette hypothèse, comment croire que la félicité des élus pût exister s’ils ont connaissance des tourments des damnés ?

      Cela me semble contradictoire et relever d’un sentiment bien humain, la soif de justice. Cette aspiration à la justice ne doit pas être confondue avec l’envie ni la convoitise.
      Freud est peut-être passé à côté de quelque chose d’important qui serait inclus ou non dans Eros.

      Moi en tant qu’athée aussi révoltée par l’injustice qu’un croyant, c’est ici j’espère que nous pouvons nous retrouver, je pose la marche vers la justice (liberté, égalité, fraternité) dans le monde, dans l’humanité vivante.
      Le système ultra-capitaliste actuel confisque notre dignité humaine, pille notre planète à tous et nous entraîne dans la lutte de tous contre tous et provoque des massacre comme dans les périodes les plus noires de l’Histoire.
      Cela me révolte, il nous faut changer ce courant mortifère dans la réalité de nos vies.
      Certaines victimes de ce système se précipitent vers un millénarisme totalitaire aveugle et sanguinaire.

      Musulmane, ma sœur, changeons pacifiquement le monde, là où nous nous trouvons, là où nous pouvons, dans toute la mesure de nos moyens. Pour la suite, à chacun(e) ses convictions.
      Mais j’ignore s’il existe un parti capable de créer cette union, car pour cela il faut parler vrai.

      1. et provoque des massacre comme dans les périodes les plus noires de l’Histoire.

        Rassurez vous Béotienne, certes les massacres sont toujours là et saturent nos écrans mais les chiffres sont cruels : c’est plus comme au bon vieux temps. Les bagnoles, les suicides, les homicides autres, voire les chutes, tuent plus que les guerres et la violence d’État de nos jours. Tout fout l’camp. (Sauf le paradoxe de Tocqueville).

      2. @ V-ignoble
        Votre remarquable objectivité vous incite à compter les morts et à comparer.
        Mon humble subjectivité m’incline à considérer que notre mode de vie est aussi une guerre, elle tue la planète, la pollution tue, la finance tue, l’intégrisme religieux tue, le chômage produit des morts-vivants, les guerres produisent aussi des morts civiles à long terme, nous humains avons mieux à faire que nous entretuer.
        Mon post exprimait une inquiétude parce que les tendances aux confrontations se multiplient, alors que nous devrions unir nos forces pour renverser ce courant..
        Le paradoxe de Tocqueville se fonde sur une amélioration des conditions de vie. Nous vivons une mutation uniquement contrôlée par une oligarchie et le rejet ne trouve pas beaucoup de relais crédibles.
        Le barrage grec mérite toute notre attention mais ne nous dispense pas de notre responsabilité individuelle.

    2. Roh v-Ignoble! subtile mélange de négativité et cruauté, c’est pas le vin ça! 🙂

      Les citoyennes françaises musulmanes ont beaucoup d’amis citoyens français athées, chrétiens, juifs, bouddhistes et même banquiers, et même mariées, et divorcées, etc. La religion est contrainte d’évoluer! comme nous tous. ‘faut du temps et pas allumer les mèches bein oui!
      Des banalités sûrement mais là on se croit aux temps des croisades à vous lire.

  27. Extrait d’un article du Monde repris par Paul Jorion supra
    « Confieriez-vous le ministère de la Défense à un « démagogue, populiste, parlant fort et ne reculant devant aucun propos outranciers », qui « dénonce la crémation et le partenariat civil pour les homosexuels », qui « fait régulièrement l’objet de polémiques pour ses propos ou son train de vie », qui possède « un yacht familial supposé détenu par des sociétés offshore » et dont la belle-mère a vu « les travaux [de sa maison] payés par les fonds européens […] pour la transformer en résidence touristique » ?

    En politique il faut faire l’analyse concrète d’une situation concrète. Je ne connais quasi rien à la politique grecque. Mais il me semble que c’est toujours l’histoire des mains sales de Sartre dans le cambouis qui revient.
    1- Il faut arriver à 50,1% des sièges au moins pour ne pas être renversé.
    2- Ce ministre de la Défense là ne risque pas de devenir hégémonique.
    3- Il rappelle à la Troika que l’impatience du peuple grec ne se limite pas à Seryza. Or la renégociation de la dette et le contrôle de la politique monétaire sont deux Sésame de la nouvelle politique économique de relance.
    4- « Le monde » a dit beaucoup de c… sur le Venezuela pendant les dernières années (voir site Acrimed) et pourrait en dire sur la Grèce.
    5- Le tourisme en Grèce va devenir meilleur marché car une partie de la petite et moyenne bourgeoisie de droite ne va pas y aller.

    1. Le monde » a dit beaucoup de c… sur le Venezuela pendant les dernières années (voir site Acrimed) et pourrait en dire sur la Grèce.

      Qui entre un Saint-Upéry dans Le Monde (ou dans le Journal du Mauss et un Mélenchon/Acrimed qui a dit le plus de co….es sur le Venezuela ?

      http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2012/10/04/un-antimodele-a-gauche_1770208_3232.html

      http://www.journaldumauss.net/?Melenchon-Chavez-et-le-Venezuela

      https://mediacratie.wordpress.com/tag/venezuela/

  28. L’alliance de Tsipras avec l’ANEL et son olibrius pourrait être interprétée à la fois comme une invite lancée aux électeurs grecs tentés par un souverainisme pur ou dur, ou même l’extrême droite, à se joindre au projet politique porté par Syriza, et comme un message de fermeté en direction de la Troïka dont la bête noire est, plus que la gauche anticapitaliste, tous les souverainismes qui ont le vent en poupe en Europe. En voulant rassembler la société grecque au delà de la coupure droite gauche, Tsipras fait un choix un choix politique et tactique certes très risqué mais on ne peut pas encore réellement savoir s’il s’agit d’une grossière erreur ou d’un mouvement « déclivant « appelé à se répéter dans d’autres pays.
    On pourrait aussi de demander si le fait de placer l’olibrius de l’ANEL à la défense ne serait pas un geste fait pour contenter l’armée, s’assurer de sa loyauté et éviter, sait-on jamais un retour des colonels. Au cas où.

    1. Bonne pioche, Anatole.

      Je pense aussi que la vision du monde dans les Balkans a des différences qu’on ne veut pas voir ici. La Macédoine et l’Albanie sont aux portes, la Guerre civile grecque affecta l’Epire jusqu’en 1949.
      C’est un monde ou jouer la conciliation se traduit mentalement en perte de terre, en modification de l’intégrité territoriale car ces zones ont été aux marches des empires (austro-hongrois et ottoman, .. et maintenant UE).
      De plus, si vous lisez comment se passa la guerre civile Grecque, ou que vous allez aujourd’hui au petit matin dans une bourgade perdue de Grèce ou Chypre, vous verrez qu’il y a encore un espèce de « conseil de village » informel, entre hommes le plus souvent, que j’aurais tendance à voir comme une assemblée pas super déomcratique, au contraire il faut y faire preuve du rapport de force. Ce genre de logique anthropologique –que nous avons enfoui ici à l’ouest dans nos connivences électoralo-économiques et autres réseaux — me suggère que l’archétype « gueulard de droite musclé » reste un « partenaire » au sens de cette assemblée de village, au sens de tenir une frontière qui n’est pas visible à l’oeil nu mais présente dans les têtes.

      1. Oui bonnes pêche, Anatole, et subtile pêche, Timiota.

        Je conseille vivement à tous de lire le blog de Panagiotis Grigoriou, Greek Crisis (en français) pour un éclairage pertinent. Mais, à quoi bon ? il est Grec, historien et ethnologue, vit en Grèce, est de gauche (la vraie!), il analyse la situation de son pays depuis des années… évidemment ça ne vaut pas grand chose en face des experts qui ont dégainé leurs oukases …avant même de mettre en balance le fait que Yanis Varoufakis était, lui, nommé aux finances…

      2. Merci pour cette analyse anthropologique éclairante Timiota. L’expérience que j’ai des Balkans
        me les font aussi voir comme un lieu où les rapports de force sont visibles à l’oeil nu, où les limes sont toujours problématiques et fruits de ses rapports où les langues encore plus que la religion jouent un rôle essentiel. A ce propos il est intéressant de remarquer que Tsipras a à la fois des origines macédoniennes (Euleftheropolis) et épirotes (Arta), soit deux marches septentrionales de la Grèce où les tensions avec l’Albanie et la Macédoine sont toujours vives.

    2. Bien vu, c’est sans doute une sorte d »assurance vie » qu’a pris Alexis Tsipras en nommant cette personne issue de l’ANEL au ministère de la défense, il connait de manière certaine l’histoire de son concitoyen Grigoris Lambrakis qui a inspiré le thème du film  » Z  » de Costa-Gavras …..

  29. intéressant point de vue de Sapir sur la question :
    [Tsipras] …. a choisi le lundi 26 de s’allier avec les « Grecs Indépendants », et non avec « To Potami », petit parti centriste né de la décomposition du PASOK. Les « Grecs Indépendants » sont un parti souverainiste de droite, correspondant peu ou prou aux positions exprimées en France par Nicolas Dupont-Aignan. Il a donc une majorité au Parlement grec et surtout il affiche un choix très clair d’une politique de fermeté dans ses relations futures avec les institutions européennes.

    C’est un choix important. En acceptant de transiger sur des réformes sociétales pour mettre au premier plan la question de l’affrontement avec les institutions européennes, Alexis Tsipras montre quelles sont ses priorités, prouve son absence de sectarisme, et envoie un message clair aux peuples européens. La question fondamentale est donc bien celle de la souveraineté et cela conditionne les alliances qui peuvent être passées.

  30. La France n’est peut-être pas près d’avoir un parti majoritaire du style de Syriza mais, comme le fait remarquer un article quelque peu sarcastique du New York Times ( http://www.nytimes.com/2015/01/27/world/europe/greek-election-reflects-a-deep-divide-in-europe.html ), que se passe-t’il quand un des gouvernements de l’UE souhaite suivre une politique opposée à celle pour laquelle les autres ont opté?

    En théorie la réponse est connue: on applique les traités.

    Sauf que… Comme seuls 11 des 28 membres de l’Union ont une dette équivalente à moins de 60% de leur PIB et un déficit inférieur à 3% – aucun des pays les plus importants ne respectant les deux critères de Maastricht, même pas l’Allemagne – il devrait être clair qu’appliquer les traités ne peut pas suffire.

    Entendu qu’il n’est même pas possible d’avoir recours à l’armée pour remettre un peu d’ordre dans ce bazar, on fait quoi dans ces cas là?

  31. Les soi disant pays développés ont mis en faillite la Russie et n’ont pas voulu manger leurs pertes financières , ils auront les deux , le déshonneur et la guerre.

  32. @zebu :

    Sans structuration pré-existante telle que la plate-forme avant l’appel du 15 mai ni appui de structures existantes comme relais, le 15-M en tant que ‘mouvement social’, autonome, n’aurait pas eu la même résonance

    Le 15.M et le mouvement des Indignados ont produit Podemos, C’est toujours un « mouvement social » qui produit les structures. Les structures existantes sont également produites par un « mouvement social », les mouvements sociaux ne sont pas autonomes: ils sont également produits, résultats des conditions historiques; Que ces mouvements soient manifestes, c’est-à-dire visibles manifestement et apparemment, comme c’est le cas des manifestations, etc..soient mouvements d’opinion, sociétaux (progressistes ou réactionnaires) ne change rien à l’affaire.

    1. L’oeuf ou la poule …

      Ce qui ne change rien par contre, Komunist, c’est qu’effectivement 15M a bien produit Podemos.
      Et qu’il faut bien que je reconnaisse que je me suis planté, certes, avec le temps, c’est plus facile mais planté néanmoins sur la capacité d’un tel mouvement à se structurer en parti, qui plus est à devenir un référentiel :
      http://www.pauljorion.com/blog/2011/10/30/apres-lindignation-par-zebu/
      (à ma décharge, en France et aux US, cela n’a rien donné non plus ; preuve qu’il y manquait un certain nombre d’ingrédients)

      Il y a sans doute là un enseignement, qu’il faut chercher les choses en profondeur si de tels mouvements s’enfoncent, volontairement dans les profondeurs médiatiques.

      Peut-être que les zadistes sont une réponse future, et qu’ils ne le savent pas eux-mêmes.

      1. Ne t’en veux pas Zeb; tu avais juste sous-estimé les effets magiques de la petite lucarne (même si l’effet Grillo en Italie – toujours en avance l’Italie… – annonçait l’effet Yglesias).

  33. Une explication convaincante de l’alliance avec M Kammenos est donnée par Nicolas Dupont Aignant (quel que soit ce que l’on pense de ses positions) qui affirme sur son blog:

    « Panos Kammenos a été très courageux de bloquer l’élection du Président de la République en décembre grâce à ces 12 députés qui ont refusé de participer à la manœuvre du Premier ministre sortant, M Samaras. Ce blocage a permis le déclenchement des législatives anticipées ».

    http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/la-grece-et-la-zone-euro-%3A-le-moment-de-verite

    Ce propos expliquerait assez bien l’étrange attelage proposé par Tsipras. Et renforce l’idée d’une extrême fragilité politique de Tsipras malgré le fait qu’il ait frôlé la majorité absolue:

    -une abstention forte qui implique qu’il n’est en fait soutenu que par 20% de la population

    -une élection qu’il devrait donc à la droite anti-troïka qui a refusé de soutenir M. Samaras pour déclencher de nouvelles élections

    -une situation de négociation dure qui s’annonce avec la pression des créanciers sur l’économie du pays, ce qui peut le mettre en situation intenable politiquement

    Il demeure que j’aurai préféré qu’il se passe de cette alliance avec M Kammenos…

    MP

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