À l’aide, M. Tsipras ! À l’aide !, par ThomBilabong

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Monsieur le Premier Ministre,

Le combat héroïque que vous menez pour votre pays et vos concitoyens, ainsi que pour de très nombreux européens dont je fais partie, n’est pas sans rappeler l’épopée d’Homère qui fait de la Grèce un modèle de l’idéal poursuivi par nombre de sociétés contemporaines.

Comment vous dire merci de tenir un tel rôle ?

Comment vous donner la force de vaincre – dignement – des forces obscures et obscurantistes qui cherchent par tous moyens votre défaite, alors même qu’elles vous sauront gré un jour pour votre clairvoyance politique ?

Pour moi, m’associer au soutien d’Olivier Hofman qui vous « affirme non seulement sa solidarité et sa profonde sympathie, mais aussi sa plus sincère affection » n’est pas suffisant. Bien que très explicite, il reste dans le registre de la marque de soutien, de l’encouragement. Vous devez en recevoir des milliers.

Non, pour moi, Monsieur le Premier Ministre, l’urgence est surtout de vous envoyer mon cri : à l’aide ! À l’aide ! Au secours ! Ne nous oubliez pas ! Pensez à nous, Européens et citoyens ! Tenez bon, nous avons un immense besoin de vous, de votre courage et surtout de votre capacité à infléchir le cours de l’Histoire tel qu’il s’écrit sous nos yeux.

La mondialisation économique et financière est un phénomène historique sans précédent. Elle nous jette, nous les peuples, les uns contre les autres. Elle nous entraîne dans la quête imaginaire d’un monde unique de bonheur matériel, dépourvu de but commun et ignorant des aspirations individuelles immatérielles qui sont légion. Passons vite sur ses effets mortifères désormais bien connus : course au profit de court-terme inducteur de dangers majeurs pour la survie de l’Humanité et son environnement, concentration indécente des richesses, développement démentiel de dettes inutiles, choix politiques et donc économiques erronés, au profit de quelques uns et au détriment de la majorité.

Vous avez aujourd’hui entre vos mains le pouvoir de faire prendre conscience à vos interlocuteurs que les décisions qu’ils exigent de vous ne sont pas les bonnes. Tout simplement parce que vous les refusez, au nom de votre peuple qui vous a élu. Et par voie de conséquence s’imposeront vos positions. Celles d’une dette financière odieuse remise à sa place. Pas seulement au bénéfice de vos seuls concitoyens grecs, mais à notre bénéfice à tous.

C’est vous, Monsieur Tsipras, qui êtes en train de faire le vrai referendum européen !

Celui qui nous a été volé et dont le résultat a été tout d’abord nié, contourné, puis inversé.

C’est vous qui exprimez les vraies questions que n’ont pas posées les dirigeants européens à leurs peuples, peu en importe la raison – peur ou incompréhension des attentes des peuples.

Ces questions qui plantent la solidarité entre les peuples, les régions, les villes, les individus, où qu’ils se trouvent dans notre Union, et que symbolisent si magnifiquement les étoiles sur un drapeau.

À l’aide, Monsieur Tsypras ! Faites de nous des citoyens entendus !

En refusant les diktats de cette chose qu’on nomme Troïka, et en ne gardant que l’acceptable, vous répondez à notre appel. Ce faisant, vous nous permettez d’adhérer à un vrai projet européen constitué de solidarités et de respects mutuels de nos différences. Ce faisant, vous faites grandir notre conscience européenne, celle que l’on devrait développer autant que la sensibilité à notre vie de quartier. Une vie de quartier, c’est peu d’économie et beaucoup de vie en commun. Pas l’inverse.

Fasse que cet appel soit entendu de vous et vous soutienne.

ThomBilabong, citoyen européen convaincu.

 

 

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196 réflexions sur « À l’aide, M. Tsipras ! À l’aide !, par ThomBilabong »

  1.  
    Le peuple grec et son parti politique choisi démocratiquement ayant fait sa part de travail, pris sa part de responsabilité (l’histoire nous en dira plus il est vrai aussi, sur l’aspect d’une meilleus récolte de l’impôt, de plus de justice dans celui ci) pour œuvrer à une meilleur intégration « politique », économique (et monétaire à travers la dette publique) Européenne, intégration soucieuse du choix démocratique des peuples mieux représentés, des souffrances sociales (inégalités en hausse, santé publique en danger, « croissance » quasiment impossible sauf avec plus d’inégalités, d’injustices, services publics bradés) souffrances s’exacerbant jusqu’à être insupportables insoutenables… et pas qu’en Grèce… qu’attendons nous pour pousser nous aussi l’audit voir d’autres audits indépendants de notre dette publique, en soutien au peuple grec et au travail de leur parti… ?
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/GADREY/50853
    http://www.marianne.net/Thomas-Coutrot-59-de-la-dette-publique-est-illegitime_a239104.html

  2. Merci beaucoup au dénommé Gudule (ou à la dénommée ?) d’élargir le débat ainsi (réaction du 25 juin 2015 à 14:48 où il est pointé que « La dette mondiale atteint 286% du PIB de la planète. »).
    Moi, ce qui me donne vraiment du souci, encore plus de souci que le drame grec et européen, c’est l’impact sur la planète de la finance folle. Les dettes mondiales publiques et privées ? De la monnaie de singe adossée, in fine, sur la destruction – par pillage et pollution – de l’écosystème terrestre. Corollaire : affaiblissement et fin de l’humanité par guerres, famines, épidémies. Cela ne crève-t-il pas les yeux ?

     

    1. Merci à vous Hélène , Gudule Deboute enchantée, je suis une nana, c’est confirmé.

      Remerciez M Jorion (cf le billet http://www.pauljorion.com/blog/2015/06/25/les-responsables-de-la-prochaine-crise-financiere-catastrophique-sont-deja-connus/

      sur lequel j’ ai rebondi pour évoquer le délire des dettes ou des fous endettés parlent à d’autres fous aussi endettés en leur disant mais vous avez des dettes de malades ? Ha on va vous soigner avec nos cures zaustères , zalllez voir ce que zallez voir ….

      et les zautres fous de leur répondre et vous c’est quoi ces grosse bubulles au dessus de vos t^tes qu vont AUSSI pas tarder à crever ?

      Des bulles, y a pas de bulles, nous on va bien à Zombieland :-)*

      Ils n’ont pas mal à la dette , tout va bien chez zombieland , et glou et glou et glou ……….et les shadoks pompaient !

      Au nunavuk peut être pas de dette ?

    2. 😉

      « Cela ne crève-t-il pas les yeux ? »

      Restons intègralement intègre les yeux, le coeur et l’esprit bien ouverts….déjà qu’il n’y a plus de boussole ……il nous faudra bien peut être aussi chercher ailleurs en terre…comment dire…inconnue ?

      Desert rose

      I dream of rain
      I dream of gardens in the desert sand
      I wake in pain
      I dream of love as time runs through my hand

      I dream of fire
      Those dreams are tied to a horse that will never tire
      And in the flames
      Her shadows play in the shape of a man’s desire

      This desert rose
      Each of her veils, a secret promise
      This desert flower
      No sweet perfume ever tortured me more than this

      And as she turns
      This way she moves in the logic of all my dreams
      This fire burns
      I realize that nothing’s as it seems

  3. C’est un beau texte. Merci. Bien sûr, il nous fait un peu mal à l’arrogance et on eut préféré, puisque français, que ce pâtre grec s’appela Hollande et que nous n’ayons besoin d’aide de personne.

    Autre chose, Tsipras et la Troïka ça me fait vaguement penser à David et Goliath … enfin, pour l’instant.

  4. A la fin,  la Grèce sort de l’UE. Si elle ne sort pas ce sera les allemands sous la pression du peuple allemand au prochain pépin de l’Italie, de l’Irlande, de l’Espagne ou du Portugal.

    La seule manière de rester pour les grecs serait soit 1/ d’exploiter du pétrole (s’ils en trouvent) soit 2/ de faire payer les armateurs grecs. Faire payer les armateurs n’est pas impossible. Ils peuvent ne plus autoriser le mouillage dans les ports grecs qu’à des bateaux détenus par… une nouvelle entreprise publique (spoliation du marché). Les avantages constitutionnels consentis peuvent être défaits par référendum. On peut aussi envisager une taxation sur l’usage des eaux territoriales (ou n’importe quoi qui ferait rentrer l’argent dans les caisses sans être assimilé à un impôt sur les sociétés). Faire payer les armateurs (et déclarer la dette odieuse) aurait du être la priorité des priorités. Au lieu de ça, les dirigeants grecs n’ont – passez moi l’expression – strictement rien foutu de ce point de vue là. C’était quand même plus rapidement rentable que d’aller chercher les chinois et les russes… (même si ca a son utilité également). Comment se fait-il que ca ne fasse même pas partie des propositions grecques (pour le FMI on comprend que ca n’en fasse pas partie… entre parasites du beau monde, on se comprend…)???

    OK pour le référendum. Mais les grecs n’auront le choix qu’entre l’appartenance à la zone euro et l’austérité ou l’effacement de leur dette associé à la sortie de la zone euro. S’ils choisissent l’euro, il ne faudra pas qu’ils viennent se plaindre de l’austérité qui leur est imposée (on ne peut pas dire qu’ils n’auront pas été prévenus)…

     

     

  5. Je faisais aussi, ce matin, ce paralléle Tsipras/Allende avec beaucoup d’inquiétude.
    Pour donner quelque crédibilité à ce transfert, je pensais à Mars et Vénus raccourci explicitant les méthodes et comportements de ces deux entités US et l’Europe.
    S’ajoute le souvenir des « Confessions d’un assassin financier » de John Perkins…  Ce curieux mélange d’Histoire, d’images iconiques et de récits se télescopant génère un sentiment inquiétant sur la destiné de cette crise européenne et mondiale.

    On a du soucis à se faire.

  6. Bonjour à tous

    Nombre d’électeurs inscrits en Grèce: 9.911.000; Syriza, coalition de 13 partis un peu disparates, a obtenu 2.246064 voix soit 22,6% du corps électoral. Il  y a néanmoins une fragile majorité à la chambre. Données à ne pas oublier!

    Alexis Tsipras doit gérer cela. Sachant que les plus aisés sont contre lui et que le premier qui tire contre l’église et les armateurs a intérêt à avoir son kevlar sur lui; je crois plutôt que c’est lui qui a besoin d’aide.

    Que je sache, bien que tous connaissent la corruption des dynasties Papandréou, Caramanlis et de leurs affidés très volontiers complices des banques de partout aucun de ces corrompus n’a encore été arrêté et leurs biens mis sous séquestre en attendant leur jugement.

    La meilleure façon de l’aider serait pour commencer de ne pas le charger de nos espoirs , de nos projections plutôt, en plus des problèmes qu’il a déjà. Quand à en faire un emblème… Astérix contre l’Empire?

    Vous voyez  Varoufakis dire à Merkel « Ô Césarine, tu me fends le coeur! »?

    Je n’entends pas beaucoup parler d’une grande manif de gauche organisée par les syndicats français unis et les partis de gauche ( LA VRAIE BIEN SUR! c.à.d. PAS l’AUTRE)…

    Si L’IMF refuse le plan grec c’est bien parce qu’il ne s’attaque pas à la fiscalité de fond, semblable en cela à quelques uns de ce côté ci de la frontière qui l’avaient pourtant promis et que ses mesures sont du court terme ( TVA etc…)

    Le blog est bien parce qu’il y a les cris du coeur des uns et des autres, l’expression des espoirs et aussi les grognements désabusés  de certains. Notamment notre cher grognon au nez rouge!

    Cordialement.

    1. Bonjour Steve,

       

      Peut-être avez vous raison, et Syriza n’est-il qu’un autre gouvernement de gauche. Dans le processus de déliquescence du système, sans doute que Tsipras et sa clique sont-ils incapables de remettre sur la table les vraies questions en répudiant la dette. Comme des vestiges propres sur eux d’un système agonisant, ils remettront poliment en question une logique misanthrope et cynique qui les renverra à la froide réalité de l’argent-roi. Comme Podemos et sa récente volte-face social-démocrate, sans doute ne sont-ils qu’une étape de la déshérence du système. L’Histoire leur sera gré du grain de sable apporté.

      1. Bonjour

        Je ne sais pas si j’ai raison. J’ai eu un grand prof de maths qui nous obligeait à rédiger nos devoirs en commençant par §0: les données sont. § 1 hypothèses.

        Elaborer des stratégies Tsiprassiques sans tenir compte de l’état des lieux me semble relever de l’enfilage de perles virtuelles. C’est tout. je n’ai pas de données suffisantes pour proposer quoi que ce soit et de plus ce ne serait qu’une opinion…

        Quand à ceux qui espèrent un Churchill ici où là, je rappelle que cette espérance a coûté cher aux habitants de Coventry: les services anglais étaient au courant de la préparation des bombardements car ils avaient « cassé » Enigma. Churchill a considéré que dissimuler cet avantage était capital pour le gain de la guerre et a refusé l’évacuation de Coventry  pour ne pas alerter les services de l’Abwehr. Bilan 70 000 morts! ( Il a quand même nettement augmenté sa consommation de whisky pour tenir après cela.)

        Les hommes providentiels c’est bien, mais parfois il vaut mieux s’en tenir éloigné. On peut toujours avoir l’esprit de sacrifice pour soi, mais pour les autres…je ne me sens pas.

        J’espère vraiment que le peuple grec va s’en tirer au mieux, je constate que Tsipras et Varoufakis  et les autres qui pédalent dans le peloton se démènent comme des beaux diables dans la fournaise de la dette; tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Au fait, les scientifiques sont persuadés que la sixième grande extinction des espèces, nous y sommes déjà et que bien sur nous faisons partie du vivant de la terre. Vers 2050 cela devrait se décider pour nos descendants. Vite un Churchill!

        Cordialement.

      2. Ça t’arrange l’histoire de Coventry, Steve, pas vrai ? C’est pratique les légendes urbaines, pas vrai ?

  7. J’avais oublié!

    Quelqu’un  a t-‘il pensé que Tsipras avait besoin d’être poussé à bout de l’extérieur pour faire passer la réforme fiscale sur l’église et les armateurs? Pouvoir leur dire: « Nous sommes obligés de réduire les retraites et le reste mais si nous ne voulons pas de guerre civile et que nous y passions tous vous devez y passer vous aussi d’une façon ou d’une autre? »

    Il y a bien une majorité de grecs qui manifestent dans la rue pour rester dans l’euro! Pas sots: ils ont 2500 ans de commerce avec tout le monde derrière eux! C’est ça l’avantage de Tsipras, pas les fantasmes sur Allende ou Castro!

    Souvenez vous:  » Timeo Danaos et dona ferentes! »

    Cordialement!

    Steve

  8. J’ai déjà dit que je soutenais Tsipras et les Grecs sans condition, au prix d’un amoindrissement de ma retraite s’il le faut. Aucun mérite, tout cela n’attendra pas mon accord.

    Depuis le Front Populaire, la Gauche, la plupart du temps, a dû abandonner ses projets globaux. Le « mur d’argent » l’a toujours  obligé à quitter le pouvoir ou à jeter l’éponge.

    C’est dire que Tsipras porte sur ses épaules l’occasion quasi-historique de briser ce maléfice.
    David contre Goliath, ça devrait « parler » aux gens de cœur.

    J’ai les mêmes convictions concernant les événements en Novorussie et je les associe.
    Différence essentielle: la Novorussie est victime de bombardements – réguliers et systématiques- visant principalement les civils et les équipements publics; mais le nombre de morts et la souffrance en Grèce ne sont peut-être pas moindre. Autre différence: le FMI, inflexible en Grèce, se dit prêt à rajouter au puits sans fond qu’est l’ état ukrainien,  au mépris de ses propres règles et pour des sommes conséquentes…

    J’ajoute que je ne comprends pas le quasi-silence  concernant la guerre civile en Ukraine.

    Enfin, et ceci explique peut-être cela : Zakarchenko et Tsipras sont des modèle d’hommes d’Etat proches du peuple et soucieux du contrat démocratique.

     

    1. Lu sur le blog de Paul Jorion, écrit par un des commentateurs « éclairés dès la première heure » par le maître à penser…

      Zakarchenko et Tsipras sont des modèle d’hommes d’Etat proches du peuple et soucieux du contrat démocratique.

       

      1. Seigneur , protégez moi de mes amis …

        Ceci étant , il doit être difficile de trouver un lien qui renvoie à un leader authentiquement proche du peuple et soucieux de la démocratie . ..Une idée ?

  9. Paul,

    J’ai suivi votre blog pendant des années et sa recherche honnête d’une économie au service de l’homme et de sa juste place sur la planète m’a fait grandir.

    Mais là, très franchement: Tsipras ? Est-ce moi qui n’avait pas su voir que vos positions étaient caricaturales ?

    Non, je ne crois pas. Je pense que vous êtes sincère dans votre quête, simplement votre dégout d’instances internationales qui jouent le jeu des plus forts vous a fait glisser, vous et d’autres, hors d’une vision juste des choses.

    Je m’explique : Tsipras est une esbroufe de première :

    – S’associe avec la droite nationaliste quand on se dit de la « vraie » gauche, comme on dit de nos jours, ça craint;

    – Prétendre que le choix de ses électeurs (2 millions) prévalent sur une sphère de 500 millions d’âmes et appeler ça de la démocratie, c’est malhonnête intellectuellement;

    – Dire que l’Europe doit payer mais pas les armateurs grecs ni l’église orthodoxe, on connait la chanson : l’enfer c’est les autres;

    – Quand on est raqués et qu’on pense avoir le pouvoir, on va retenter sa chance au casino, on ne prétend pas guider un peuple;

    – Quand on trouve que le capitalisme ça sent mauvais, on va voir ailleurs et on redonne de la dignité aux Grecs, on ne les fait pas passer pour des assistés ….

    Résultat de l’opération Syriza,  » les stratèges du jeu » : Angela Merkel est plus forte que jamais, tous les Européens se sont ralliés à elle, même les voix divergentes. Il y a bien moins de sympathie pour la Grèce. Toute alternative sérieuse en Europe sera forcément comparée à Syriza pour justifier une fin de non-recevoir.

    A part plus d’empreints et de « demain ça ira mieux », ou est le plan B ?

    Je ne peux me résoudre à croire que vous restiez sur ces positions.

    Amicalement.

     

      1. Désolé Paul, pas falseflag pour un sou….un petit gars parmi tant d’autres. Hors des dogmes, les yeux ouverts 🙂

    1. Prétendre que le choix de ses électeurs (2 millions) prévalent sur une sphère de 500 millions d’âmes et appeler ça de la démocratie, c’est malhonnête intellectuellement

      Ce qui est malhonnête, c’est de prétendre que Tsipras s’est prévalu de ce type d’argument, pour la bonne et simple raison qu’il est fat : on n’est pas (encore) en ‘fédératie’ européenne, que je sache et la légitimité démocratique du gouvernement grec vaut tout autant que la légitimité des autres nations de l’Union, fussent-elles 2 milliards même. Par ailleurs, il est fort malhonnête d’octroyer 2 millions ‘d’électeurs’ à un gouvernement élu et dans le même temps de totaliser la population européenne, tous derrière ouais, ouais, du ‘reste’ de l’Europe.

      Et même dans un fédéralisme, les états ont des droits reconnus constitutionnellement. Que le binz européen actuel soit un mess, c’est une chose, mais cela n’autorise pas à dire n’importe quoi.

      Pour le reste, si j’adhère à certaines de vos remarques, il serait tout autant aisé de vous renvoyer l’enfumage de première des créanciers en goguette : celui-là, il vous convient ou il vous convient pas ?

      1. Je n’ai jamais dit que les créanciers avaient raison. Qu’ils aient tord ne veut pas dire que Tsipras a raison. C’est bien la pensée binaire  dans laquelle se sont empêtrés nombre de penseurs dits progressistes qui me désole. Personnellement, je vois que Tsipras est aussi crédible que Marie Le Pen ou que Farage (d’où certainement son alliance à l’extrême droite), sauf qu’il ‘est pas facho donc on peut l’encourager.

        Pour les 500 millions, vous m’avez compris : ce n’est pas parce qu’il a remporté les élections en Grèce que Tsipras peut se targuer de représenter la démocratie européenne. Il est évident que l’Europe en 2015 est plutôt à droite. La position de Tsipras est archi minoritaire. Ce qu’il demande s’est un changement qui conviendrait au peuple grec mais qui aurait des conséquences sur toute la zone Euro.

        (Ne serait-ce qu’en France, combien a fait Mélenchon aux dernières élections ?)

        Pour résumer : A bas les postures : on a besoin d’expériences génératrices de richesse sous toutes ses formes, matérielle, organique et culturelle. Pas de discours lénifiants.

    2. Pas de discours lénifiants.

       

      Commencez à vous appliquer votre propre maxime. Tsipras ne s’est nullement ‘targué’ de représenter à lui seul la ‘démocratie européenne’.

      Par ailleurs, ai-je dis que Tsipras était jésus ? Bien au contraire.

      Quant à la binarité, ma foi, elle n’a pas attendu Tsipras pour arriver au pouvoir et elle s’est imposée, de tout son poids, à lui.

      Ce qu’il demande s’est un changement qui conviendrait au peuple grec mais qui aurait des conséquences sur toute la zone Euro.

      Ce que vous n’avez apparemment toujours pas compris, c’est que n’importe quel changement (quand je dis ‘changement’, je dis pas ‘pouillèmes de modification d’orbite’) qui irait bien aux grecs aurait forcément des conséquences sur toute la zone euro, pour la bonne et simple raison que ce principe même vient battre en brèche la vulgate politique actuellement ânonnée par les créanciers.

      Et ça, c’est proprement intolérable (pour les créanciers, s’entend).

      Enfin, sur la crédibilité, affirmer que Tsipras est autant crédible qu’une MLP est clairement non crédible : demandez pour voir aux migrants …

      1. Non décidément, ces reprises de texte, je m’y ferai jamais…. Vous le faîtes aussi à l’oral ?

         

    3. Mouais

      Merkel + forte que jamais… lol

      L’Allemagne est foutue. Pire que la Grèc. La France, pareil.

      La Deutsche Bank, elle va les sortir d’ou ses dizaines de milliers de milliards de mise perdue? De nul part. Au premier incident, elle va sauter. Et ce qui est fort drôle, c’est que tout l’occident va sauter avec elle. C’est pourtant simple comme jeu… Peut-être que la Grèce mettra la première le feu aux poudres, qui sait… Merkel plus forte que jamais… Vous n’avez rien compris! Plus fébrile que jamais oui! Elle aussi elle joue l’avenir de son peuple…

      Oh! et on n’a pas évoqué le taux d’endettement des Landers aussi… au final l’Allemagne doit bien être endettée à hauteur de 400 pourcents…  comme la France. A propos de cette dernière rassurez vous, BNP, SocGe et Credit Agricole ne doivent pas être très loin des exploits la Deutsche Bank si on prend en compte la compta créative et le « hors bilan »…

      Ceux qui sont « plus forts que jamais » savent très bien qu’en réalité ils ont rarement été aussi vulnérables à court/moyen terme.

      1. Non mais faut arreter le delire 5 minutes quand même. Ca fait bien longtemps que ce n’est plus un problème seulement financier/economique ou politique. On est au premier degré de la pyramide de Maslow… celui de la survie pure. Et tous les dirigeants occidentaux savent que ce qui se joue pour leur peuple en ce moment est une question de survie à moyen terme (au mieux).

        Quelle différence cela fait il d’acheter les ressources d’un peuple pour un prix ridicule, ou de l’envahir pour le même résultat, et pour un cout finalement comparable? AUCUNE. C’est de ça qu’on parle. Et de rien d ‘autre.

        De l’Allemagne qui a besoin d’un euro fort et d’une Europe de l’Est faible pour mieux manger que ses voisins (voire pour manger tout court). De la France qui a besoin de faire profil bas et qui ne sait pas comment éviter la catastrophe sociale qui ne manquera pas de survenir avec des taux de chomage stratosphériques (on doit être à 20 pourcents…), et qui se demande où elle va bien pouvoir trouver les ressources qui lui manquent… De l’Angleterre et de la City qui veulent sauver leur peau. Du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie qui ont le couteau sous la gorge… De la Hongrie qui ne veut pas d’immigration chez elle… des Européens qui aimeraient bien pouvoir couler les boat people en toute quiétude, et qui le fera dès qu’elle aura la possibilité de le faire…

        Nous parler de « dogme neolibéral », etc. Mais il n’est plus question de ça depuis bien longtemps! Le dogme est simplement préféré parce qu’il avantage les intérêts de certains. Si demain les théories de Paul Jorion les arrangent’est sur celles-ci qu’officiellement ils se baseront pour justifier la MEME entreprise de prédation… L’Allemagne a besoin du TTIP pour espérer sauver sa peau dans la situation catastrophique où elle es (elle pense qu’elle tirera son épingle du jeu mieux que tous les autres). Et les USA ont besoin de ça (chasse des marchés européens et contrôle des Etat européens) pour tenter de limiter/ralentir/controler la fin de leur domination impériale, persuadés qu’ils sont que leurs big business et leurs fonds d’investissement leur donneront l’avantage…

        On est en guerre. Et on n’est pas en guerre contre l’ideologie de pierre, paul ou jacques. On est en guerre avec pierre, paul ou jacques, non parce qu’on ne les apprécie pas, mais parce que les choses étant ce qu’elles sont, l’un des trois, à la fin, sera moins mal loti que les deux autres (ce qui ne signifie pas qu’il sera luimême bien loti). Ce n’est pa « winner takes all! » Mais « winner loose oose less! ». Et chaque négociateur sait qu’il a beaucoup, beaucoup à perdre (ou du moins c’est sa croyance, fondée ou non).

         

      2. 400% d’endettement pour la France et l’Allemagne. Du grand n’importe quoi mais c’est pas grave, ça mousse.

    4.  Angela Merkel est plus forte que jamais, tous les Européens se sont ralliés à elle, même les voix divergentes. Il y a bien moins de sympathie pour la Grèce.

      C’est plutôt la preuve que Tispras a su appuyer là où ça fait mal. Lorsque le rapport de forces se tendent, en l’occurrence à l’occasion de cette crise européenne, les différentes parties au pouvoir dans l’Union doivent affirmer leurs positions respectives, et ce que l’on prenait pour des divergences d’appréciation n’étaient en réalité que des nuances sur fond d’idéologie commune.  Tsipras en touchant à quelque chose de sacré — le dogme néolibéral –, a donc fédéré contre lui autour de Merkel. Hollande n’est pas un ex pro Tsipras, çar il n’a jamais manifesté une quelconque affinité politique avec  celui-ci. La crise actuelle n’a fait que révéler au grand jour ce que les observateurs attentifs savaient déjà. Et c’est à mon sens un acquis incontestable que Tsipras soit parvenu à montrer ce qu’il en est de la conception de l’Union que se font effectivement les gouvernements européens. Et pas seulement sur le blog de Jorion, dans les grands journaux du soir, mais aussi dans certains grands médias. Forcément quelque passe, pas tout, et de façon très sporadique, mais c’est un progrès par rapport statu quo ante. Hier soir à France 2 ce journaliste qui rapporte la colère de Tsipras au vu de la contre proposition de la Troïka biffée à l’encre rouge, cela laisse des traces. Pas encore grand chose, mais quelque chose du glacis commence à se fendre.

      Bref, nous ne pouvons pas demander tout et tout de suite à Tsipras après des années d’immobilisme  en Europe. Tsipras n’a derrière lui qu’à peine une demie année de pouvoir … On lui reproche de ne pas aller assez vite en Grèce. Soit. Mais ne nous fait-il pas gagner du temps en Europe ?

       

  10. Petit rappel à ceux qui aurait oublié : sans commentaire

    La lettre d’allégeance de Christine Lagarde à Nicolas Sarkozy
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/17/la-lettre-d-allegeance-de-christine-lagarde-a-nicolas-sarkozy_3431248_3224.html#FcMotrcHqj37DTc3.99

    L’ancienne ministre de l’économie, Christine Lagarde, a été auditionnée le 23 mai par la Cour de justice de la République dans l’affaire Tapie-Lagarde. Lors de la perquisition que les enquêteurs ont effectuée à son domicile parisien, le 20 mars, ils ont trouvé une lettre manuscrite, non datée, destinée à Nicolas Sarkozy, en forme de serment d’allégeance.

    « Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement », écrit la patronne du FMI.

    « 1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France.

    2) J’ai fait de mon mieux et j’ai pu échouer périodiquement. Je t’en demande pardon.

    3) Je n’ai pas d’ambitions politiques personnelles et je n’ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t’entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable.

    4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting.

    5) Si tu m’utilises, j’ai besoin de toi comme guide et comme soutien : sans guide, je risque d’être inefficace, sans soutien je risque d’être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L. « 
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/17/la-lettre-d-allegeance-de-christine-lagarde-a-nicolas-sarkozy_3431248_3224.html#FcMotrcHqj37DTc3.99

    1. Merci, M Vermont .

      Ben oui, une tanche .

      RHooo le guide, la gueule du guide, daubé jusuqu’à la moelle (et byg et malion, etc, etc…

      Brutal aber normal ?

  11. Tsipras force l’Europe à nous montrer sa vraie nature et ce n’est pas joli joli… Qui pourra encore à l’avenir voter en faveur de cette clique de gouvernator, en faveur de ce model européen qui a atteint ses limites ??? Certainement pas une majorité d’électeurs donc cette Europe est condamnée à s’enliser dans des processus forts peux démocratiques. Cette Europe est condamnée tout court, un jour elle sautera sous la pression de la rue, comme les gouvernements qui y sont inféodés…. Croyez vous que le PS en France pourra longtemps faire une politique de droite sans provoquer des réactions de rejet ????

    1. Entièrement d’accord.

      Mais le bête deviendrait invincible si Tsipras passait sous le table.

      Les circonstances font qu’il est notre champion, peut-être contre son gré.

      Il semble qu’il  en soit conscient.

      Il a tant et tant d’ennemis , y compris à domicile, que notre soutien est quasi-obligé.

  12. Pour alimenter le débat :

    La dette des Etats Unis augmente sans cesse en valeur absolue, donc les US ne remboursent pas leur dette.

    Idem pour l’Allemagne qui ne rembourse que depuis deux ans

    Demandez à la Grèce de rembourser, je ne comprends pas. Il me paraitrait raisonnable de ne rien annuler mais de ne demander aucun remboursement à brève échéance. La BCE pourrait profiter du QE pour récupérer petit à petit de la dette grecque. Dites moi en quoi cela perturberait les créanciers ?

    La BCE a-t-elle racheté des créances de mauvaise qualité depuis quelques années ? Si oui, pourquoi ne pas accepter de la dette grecque ? Un problème de statut ? J’ai en mémoire que toutes les règles qui faisaient obstacle à la résolution rapide (car il a fallu réagir rapidement pour éviter au système de s’effondrer) de la crise ont été contournées. Je me trompe ?

    Si ce que je suppose est vrai, le vrai problème n’est pas la Grèce mais les positions de principe (et les choix politiques) du FMI, de la BCE etc…

    L’Etat français en 2008 a accepté de prêter quelques milliards aux banques françaises sans condition alors qu’elles avaient besoin d’être recapitalisées. Le Pt Sarkozy a expliqué par la suite que cela n’avait rien coûté à l’Etat et que l’Etat avait gagné de l’argent (1,8 Md environ). C’est vrai. Mais que pensez d’un dirigeant qui ne gagne que 2 Md € alors qu’il aurait pu en gagner 20 ou 30 à coup sur et remplir un peu les caisses de l’Etat. Le Pt Sarkozy n’a fait que préserver les intérêts des actionnaires des banques françaises. J’ai l’impression que les USA ont moins fait dans la dentelle.

    Tout ça pour dire que les intérêts  de la nation sont loin d’être préservés par nos dirigeants.

     

    1.  » Le Pt Sarkozy a expliqué par la suite…  »

      Effectivement, si c’est Sarkozy qui le dit, c’est forcément vrai…

      Aidez-nous, M Sarkozy, à sauver la Grèce!

      Tiens, on devrait lui envoyer la supplique de Thom, suis sûr qu’il la signerait!

  13. En analysant le « dit » miracle irlandais des années 95-2007, je ne vois pas pourquoi la Troika ne pourrait inciter la Grèce à adopter la politique économique qui a permis à l’Irlande de sortir de son sous développement. Les risques sont connus car l’Irlande est tombée dans le panneau et en a souffert. Je ne vois pas d’autre porte de sortie positive pour la Grèce.

    Cette politique serait applicable à tous les pays du sud en retard par rapport au nord.

    Comme toute politique donnant un avantage à un pays, il ne reste plus qu’à imaginer le système pour en sortir doucement au fur et à mesure que les niveaux de développement se rapprocheront de ceux des pays du Nord.

    JL Borloo propose un plan Marshall Electricité pour l’Afrique, pourquoi pas un plan Marshall de rattrapage pour la Grèce, le Portugal et tous les autres pays de l’Europe à la traîne. Les banques ne savent pas à qui prêter.

    Le rattrapage des pays en retard est un incontournable de l’Europe.

    1. Non pas l’irlande mais suivre plut^tot pourquoi pas le « modèle » de redressement de l’islande ?

      « Alors que la région la plus riche du monde, l’Europe, ne parvient pas à en finir avec la crise économique arrivée des Etats Unis en 2008, il est intéressant de rappeler qu’une île, peuplée de 320 000 habitants, perdue sur le cercle polaire arctique, sans industrie ni agriculture puissante, a été le premier pays européen touché et pourtant celui qui s’en est sorti le mieux. Il s’agit bien sûr de l’Islande.  »

      http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120831trib000717168/sortie-de-crise-bons-baisers-d-islande.html

      et

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/04/15/l-islande-veut-etre-un-guide-et-un-modele-dans-la-geothermie_4616302_3234.html

       

      1. Effectivement l’Islande a vécu une expérience intéressante mais inapplicable à la Grèce tant qu’elle reste au sein de l’Union Européenne. Elle présente deux particularités, sa taille, uniquement 300.000 habitants, et une monnaie indépendante associée à une banque centrale indépendante.

        A 300.000, on arrive encore à faire fonctionner une démocratie, à être réactif, à être proche des populations etc…

        Par contre, quand on ne dispose pas de sa propre Banque Centrale, il n’est pas possible d’ajuster la parité de sa monnaie pour regagner en compétitivité.

        Le grand nettoyage bancaire a été fait, la faillite avec perte totale pour les actionnaires. L’équivalent en France qui n’a pas été fait, aurait été de recapitaliser les banques avec des fonds étatiques en entrant au capital à 1 € l’action. Grâce à la loi Florange, l’Etat aurait pu se délester d’une bonne part de ses actions et renflouer nos caisses. D’où ma conclusion précédente, le Pt Sarkozy fut un très mauvais gestionnaire de la crise.

        Revenons à l’Islande, j’ai lu récemment un papier qui proposait, sans le mentionner, de tester les idées de Maurice Allais en vrai grandeur sur le système bancaire. J’espère que ce n’était pas un poisson d’avril.

      2. L’Islande… Penser au FMI et à son Islande chérie fait invariablement résonner en moi des échos de ce poème très niais de Hugo qu’on nous avait mis dans le crâne en grande section de maternelle…

        Elle était pâle, et pourtant rose,

        Petite avec de grands cheveux.

        Elle disait souvent : je n’ose,

        Et ne disait jamais : je veux.

  14. L’Europe va de l’Atlantique à l’Oural.

    J’ai l’impression, à travers les commentaires que beaucoup sont victime du syndrome de Stockholm, confondant l’Europe et « la constitution Européenne » que nous avons rejeté il me semble!

  15. ¡Hola a todos !
    Nous sommes le 26 juin 2015, nous sommes donc passés en zone tempérée,
    les discussions grecques avancent?
    Varoufakis l’as de la finance n’a toujours pas trouvé de solution?
    Yanis Varoufakis en plus moderne cela donne Γιάνης Βαρουφάκης
    Je lui suggère Γιάνης Βαρουφάκης au lieu de Yanis Varoufakis.
     
    En effet, cette traduction est peut-être le début d’une solution. 

  16. Bonjour,

    Je ne fais certainement qu’être une goutte d’eau parmi des milliers en affirmant mon soutien. Et en parlant de notre situation, celle de l’acceptation, via, notamment, la désinformation et la désensibilisation, sujet de mon billet.

    Appeler à l’aide? Pourquoi pas… S’il est vrai que la volonté de M Tsipras et de la population grecque montre toute la bêtise des assassins du fait démocratique, de nos cultures, de l’attention à fabriquer sans cesse dans un monde précaire par des personnes et des moyens qui ne le sont pas moins, je doute que les assassins entendent. Ils ont depuis longtemps intégré cela.

    Je doute également qu’autrui puisse m’aider. C’est sans doute car, pauvre parmi tant, avec tant, j’en suis aussi à refuser les pseudos aides qu’on nous apporte. Il ne s’agit pas d’être aidé mais de nous mettre sur la voie de l’acceptation. Partis, syndicats, ONG, même combat.

    Aussi, je m’essaie à sentir, penser et poser des actes qui ne suivent aucun leader, aucune image. Des années devant les tribunaux pour avoir été arrêté pour un joint, grève de la faim avec des personnes dites sans papiers, participation depuis 20 ans à des groupes d’auto-support, à du « participatif », etc. Ce que les nouveaux leaders nous proposent, mais n’ont jamais pratiqués, ou le font sans être pauvres, « étrangers », etc. Et ils le font généralement dans le droit fil du « progrès », non dans celui d’une acceptation d’une précarité initiale et indépassable. D’ailleurs ces personnes et autres universitaires autant que bibliothécards ne comprennent généralement pas que la précarité ne soit pas liée à un fait économique et politique mais bien le fait de la vie même…

    Prenons soin de « nous ». (c-à-d prenons et donnons ce qui est soin pour « nous », un-e à un-e et ensemble)

     

    Olivier

    1. Simplement pour signaler que je revenais d’une balade afin de demander à qui modère les commentaires (Paul ?) de ne pas publier mon commentaire.

      Je dois en fait remercier qui a écrit le texte pour m’avoir, par cette (re)mise en cause qui m’a profondément touché, permis de penser un prochain texte adressé dans une quinzaine de jours au premier sinistre de mon pays (une réponse en fait). Si ce texte n’avait été senti, pensé et écrit, je me serais sans doute contenté de synergies et synesthésies habituelles.  L’habitude et la non prise de risques comme la remise en cause d’autrui, pour voir triompher l’ego dans un appel à l’aide par lequel on n’est jamais remis en cause mais bien mis sur des rails, ne permet pas cela. Il faut aussi pour le percevoir quitter la pensée linéaire et dualiste à la quelle nous sommes habitués. « Je fais mieux ! », « je n’en reste pas là! »… Je fais ce que je fais, à ma mesure. Je ne suis pas DU monde mais au monde. Le progrès de ces mesures font grandir les continents (du mètre aux fractales), mais la sensualité, la pensée et les actes… Pas sûr. Mais seul le Temps racontera.

  17. Selon le Monde,  Tsipras organise un référendum.

    Face à un obstacle insurmontable, consulter le corps électoral procède d’un respect impeccable de la démocratie. Pourra-t-il aller jusqu’au bout ? Un précédent  en coup d’état feutré existe.

    1. Si c’est dans la ligne des grands hommes d’Etat de placer leur peuple en première ligne pour prendre le coup de grâce, au lieu d’assumer soit même et de protéger ainsi chaque partie du peuple d’un tel choix cornélien, alors oui Tsipras est grand… Mais je crains qu’en vérité ce type soit malheureusement un bouffon !

  18. Tsipras, le combattant souriant.

    Tsipras, incontestablement le plus politique dans l’Union, le plus européen. Avec un sens de la dialectique  époustouflant au service d’une juste cause.  Ne pas s’embarrasser des détails piégeux, toujours revenir aux principes, ceux de l’Union justement, terrain sur lequel la Troïka est pour le moins faiblarde.
    Qui avait dit que Varoufakis avait été écarté ? Le revoilà en première ligne !   Tsipras pourra être vaincu, le ridicule a déjà tué une deuxième fois la Troïka.  Et c’est déjà une victoire. Les grincheux pourront dire ce qu’ils voudront, l’idéologie néo-lib’ prend encore un coup dans l’aile. 

    1. OUI M Dambrine, faire face comme il l’a fait et continue de le faire avec Varouf et son équipe avec courage et tenacité, c’est tout de m^me d’une autre envergure , il reste souriant et il « encaisse » et il continue à respecter les choix de son peuple jusqu’au bout en mettant sa « survie » et la survie de son gvt sur le tapis, belle leçon dont un nombre important d’élus seraient bien avisé de s’inspirer :

      http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150627.OBS1655/referendum-en-grece-sur-le-plan-d-aide-le-quitte-ou-double-de-tsipras.html

      Schizophrénie

      « Les résultats du référendum sont donc difficilement prévisibles. Dans la théorie, bien qu’il soit désapprouvé par Alexis Tsipras et Syriza, qui, quoiqu’en baisse, restent cependant populaires, un accord avec les créanciers garde des chances d’être approuvé. Car les Grecs sont très attachés à l’euro (entre 60 et 80% pour, selon les sondages). Mais, depuis la crise, la popularité de la monnaie unique a tendance à s’effriter et le prix à payer semble chaque jour plus lourd. Même si les scénarios d’une sortie de l’euro et d’un retour au drachme tendent à indiquer que la situation serait encore pire… Un ancien Premier ministre estimait que diriger la Grèce revenait « à gouverner une maison de fou ». Le référendum pourrait être un moyen de sortir de la schizophrénie. »

      Et si l’idéologie néo lib qui s’apparente plus à une doxa néo fascisante et leurs représentants pouvaient se prendre un bon pied dans le cul , ça n’en serait que mieux !!

    2. Tu parles d’un combattant, il plante tout le monde en rase campagne le mec ! Il est en poste et se défile, voilà tout. Le pur produit politique de son temps.

      1. NON vigneron , compte tenu des enjeux, c’est tout le contraire, consulter son peuple ça s’appelle la démocratie !

        « La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

        Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit.

        La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple. »

  19. Après le  » je vous demande de vous taire » aux commentateurs extérieurs , « la parole au peuple grec « .

    Pas mieux .

  20. « L’Islande… Penser au FMI et à son Islande chérie fait invariablement résonner en moi des échos de ce poème très niais de Hugo qu’on nous avait mis dans le crâne en grande section de maternelle… »

    la maternelle……..bravo…. et pourquoi pas la vie intra utérine tant qu’on y est….tout va bien aussi au précambrien vigneron ….

    c’est ça, vigneron, convoquer Hugo, pour justifier la « niaiserie », c’est d’une « élégance » sans nom !

    L’islande a laissé les banques et leurs actionnaires se gaufrer  et a fait le choix du soutien à son peuple, c’est ça qui vous dérange ?

    Ce « je veux soutenir mon peuple » vous pose problème ?

    ET vous votre ‘je veux » ‘ votre conviction’ comment le ou les « négociez vous » ?

    Quand le vent tourne en faveur de vos avantages personnels ou avec une conviction qui a le courage de s’assumer et de s’affirmer CLAIREMENT en parole et en acte monsieur l’acrobate avec filet ?

    La peur du vide ? de l’inconnu ? de la VIE ?

    ça c’est de la niaiserie confirmée !

    La nuance et le scepticisme n’excluent pas la clarté !

    écho écho écho….. es tu laaaaaaaaaa ?

    « Mais « l’exception islandaise » est caractérisée par un comportement unique en Europe qui consiste purement et simplement à laisser couler les banques, considérant que ce sont des organismes privés et que le contribuable islandais n’a pas à payer les dettes des banquiers à leur place. Ce sont les actionnaires, majoritairement étrangers, qui ont dû supporter les pertes des banques, tandis que les dépôts islandais ont été garantis par l’Etat. »

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120831trib000717168/sortie-de-crise-bons-baisers-d-islande.html

    S’affirmer au lieu d’invectiver ça peut être pas mal vigneron aussi !

    Signée Gudule Deboute !

      1. c’est ça vient que je te cherche les poux….ptite louloute, ha ha ha

        non mais qui se moque de qui MOOOOSieu ?

        Et diantre pour quelle raison, chèr AAAAAAAA MI ?

        on se le demande ? un esprit si aguerri ne se laisserait pas comment dire ….égarer…isn’ t it  moooooooosieur ?
        pffff…

        le sujet était le soutien apporté par l’islande à son peuple plutôt que de céder au diktat purement financier , dialogue courtois avec Yves Vermont, cela vous aurait il echappé ?
        Paradis néolib ou pas , qu’elle ait pu se redresser et payer ses dettes et faire ce choix du soutien à son peuple me semble trés louable en soi et ce au delà de tout clivage politico économique. C’est ce qui fait que Tsipras a évoqué lui même cette piste, il est vrai difficilement transposable de toute façon.

        Merci mon vigneron adoré, pour l’info néolib, j’avais remarqué 🙂
        Rougne !

        Gudule trés Deboute.

    1. Bravo Gudule Deboute !
      Quels que soient ses propres intérêts financiers, on ne peut pas humilier un peuple, le réduire à la misère pour ne pas dire à l’esclavage.
      C’est pour cela qu’ Alexis Tsipras est devenu le symbole de la résistance, un Léonidas des temps modernes, qui par son sacrifice a permis à la Grèce désunie des cités de vaincre l’Empire.
      Le « ÎŸÎ§Î™ », le non au referendum est aussi un symbole: il renvoie à un autre « ÎŸÎ§Î™ », celui du peuple grec aux armées de Mussolini, dont l’anniversaire (celui du Non, pas de Mussolini) est devenu fête nationale le 28 octobre.
      C’est pourquoi je crois que ce « ÎŸÎ§Î™ » au referendum sera franc et massif.

      Symbole aussi ce « leadership » allemand de l’Europe. De quoi réveiller de bien mauvais souvenirs chez la plupart des peuples européens !

      Décidément tout dans  cette histoire est symbole, y compris le Daladiérisme munichois de nos chers dirigeants !

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