GrèceL’EUROPE ENTRE DANS UNE CRISE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

François Hollande déclare que « l’accord c’est tout de suite », tandis que Wolfgang Schäuble considère qu’il n’y a « aucune base sérieuse pour négocier » et qu’Angela Merkel ajoute qu’elle ne veut pas « d’un compromis à tout prix ». Le front des créanciers européens a éclaté, les apparences ne peuvent plus être sauvées.

Jeroen Dijsslebloem a conclu à propos des nouvelles demandes grecques que « nous ne pourrons nous en occuper sérieusement qu’après le week-end », endossant la position allemande, prévoyant de nouvelles négociations pouvant durer des semaines. Il se dit déjà à Bruxelles que les conditions liées à un nouveau plan d’aide de deux ans devraient être « plus consistantes » que celles qui viennent d’être finalement acceptées par Alexis Tsipras. Au nom de ses croyances, ivre de son pouvoir, le Moloch n’est jamais rassasié n’ayant pas d’autre objectif que de faire tomber le gouvernement Syriza, quel qu’en soit le prix à payer pour les Grecs. Les masques sont tombés, il n’y a derrière cette position aucune rationalité économique possible.

Les divergences avec le FMI étaient de notoriété publique, il faut désormais y ajouter celle qui oppose les gouvernements allemand et français. Ils vont avoir de quoi discuter. Dans l’immédiat, Angela Merkel a ruiné les espoirs de ceux qui pensaient pouvoir faire pencher la balance en faveur du « oui », ou même obtenir la suspension du référendum, avec comme objectif d’entraîner les autres à sa suite afin d’imposer sa politique.

Après avoir tenté d’obtenir l’annulation du référendum, les plus hautes autorités ont joué la victoire du « oui ». Celle-ci se révélant peu probable et le gouvernement grec se déclarant prêt à signer un accord sur des bases proches de leurs exigences, il ne reste plus aux dirigeants allemands qu’à jouer la politique du pire. En se démarquant publiquement de celle-ci, François Hollande a signifié qu’il y avait des limites qu’il ne voulait pas franchir. Il a fallu plus de quatre mois à Syriza pour l’obtenir. Alexis Tsipras a depuis déclaré à la télévision grecque qu’il maintenait le référendum et sa consigne de vote, toujours prêt à reprendre ensuite les négociations.

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