Trump, le terrible héritage des années Obama, par Roberto Boulant

Billet invité

Les pauvres sont vraiment des imbéciles. Comment ont-ils pu élire un milliardaire raciste, machiste, imprévisible, et alignant les outrances verbales ? Comment ont-ils pu faire fi des sondages donnant à la candidate démocrates entre 70 et 99% de chances de gagner les élections ? Comment n’ont-ils pas entendu les incessantes mises en garde de la presse les avertissant que Donald Trump était soutenu par le Kremlin et ses hackers ?

Voilà qui dépasse l’entendement !

D’autant plus, que cet événement incompréhensible survient après huit années de présidence Obama !

Un homme noir, qui représentait la foi en l’avenir et l’espérance d’une société post-raciale. Un homme qui a sauvé GM et fait tuer Ben-Laden. Qui en 2008, a sauvé les banques et l’économie mondiale du plus gigantesque des krachs boursier. Un homme à la parole forte, au charisme indiscutable. Un prix Nobel de la paix, monstre d’humour, de prestance physique, et de ‘coolitude’ !

Pourtant, tout cela peut se résumer en une seule petite phrase : lorsqu’une majorité de gens s’estiment perdant et en viennent à penser qu’ils n’y a aucun avenir pour eux et leurs enfants, ils disent stop !

Stop à la propagande insistant sur les bons chiffres macro-économiques, pendant qu’une partie des travailleurs doit cumuler deux ou trois emplois pour survivre. Stop au pillage des entreprises par les actionnaires et les cadres dirigeants. Stop à des études supérieures qui voient une majorité d’étudiants s’endetter pour des dizaines d’années, avant même d’obtenir leur diplôme et de commencer à travailler !

Et peu importe la propagande massive d’une presse digne d’une nouvelle Pravda, peu importe que les instituts de sondages soient définitivement incompétents ou définitivement corrompus : tout simplement stop.

Insulter les gens qui votent mal en les traitant d’idiots et d’analphabètes ne fait qu’empirer la colère, voire la haine, contre ceux que l’on appelle l’establishment ou les élites selon la rive de l’Atlantique où l’on se trouve. Et la morgue et le mépris des puissants vis-à-vis des sans-dents, des rednecks (les culs-terreux version US) est sans limite. Ils en viennent à se persuader qu’ils sont réellement ces deus ex-machina, contrôlant les institutions, les appareils politiques et jusqu’à la pensée même des gens.

Pire même, cette religion féroce, ce néolibéralisme aveugle et suicidaire, ne laisse aucun choix démocratique et raisonnable à ceux qui voudraient simplement amender le système : TINA ! Nous où le chaos…

Et c’est dans ce chantage qui consiste à ne laisser le choix aux peuples qu’entre la soumission et de renverser la table, dans cette manière de leur asséner ‘vous n’oserez pas !’, que se situe l’ultime folie !

Hier, la réponse au TINA de l’UE (il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités), fut le Brexit.

Ce matin, la réponse au TINA de Wall Street  (l’imposition de Clinton Inc. contre Bernie Sanders), fut la victoire d’un proto-fasciste.

Demain, devinez quelle risque d’être la réponse d’un peuple français à qui l’on veut faire croire que MM. Valls ou Macron sont des socialistes ?

Pas de justice sociale, pas de vivre ensemble : pas de paix. Les travaux pratiques en collapsologie viennent sans doute de connaître leur vrai départ.

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