Revenu universel, parlement de l’euro, constituante, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’hypothèse du coup médiatique sur le revenu universel est plausible. Mais le sujet du revenu universel n’en est pas moins une innovation fondatrice du débat politique tel qu’il doit être dans une démocratie réelle. Les candidats libéraux de cette élection présidentielle s’expriment clairement sur le postulat du travail comme dépense d’énergie physique ou informative déterminant la rentabilité du capital des riches. Il n’y a de valeur ajoutée que dans l’augmentation nette de la mesure du capital repéré comme tel et non dans l’existence effectivement bonne de tous les citoyens.

François Fillon et Emmanuel Macron nous assènent sans détour que si des citoyens oublient, ou ne peuvent pas, ou ne veulent pas ou ne savent pas voter, ce n’est pas une question qui puisse les concerner en tant que présidents potentiels de la République Française. L’État de droit et de justice n’est pas en soi pour eux un thème politique. La démocratie est un fait donné hors du problème de l’existence de tous et du travail qui serait utile à ce que tous les citoyens puissent vivre concrètement en service les uns des autres.

Comme illustré une nouvelle fois sur France Culture ce matin et dans le débat à 11 de mardi soir, par sa proposition de revenu universel, Benoît Hamon ramène le débat politique à ce qu’il doit être si la démocratie n’est pas simplement formelle mais réelle. La valeur ajoutée est-elle juste la mesure de la rentabilité nette des entreprises et des produits vendus ou la mesure de la satisfaction de tous les besoins d’existence de tous les citoyens y compris de ceux qui ne possèdent pas grand chose ?

Proposer le revenu universel, c’est mettre en discussion le fondement politique du prix des activités économiques. Les revenus des activités économiques sont-ils attribuables uniquement à ceux qui ont un emploi monétisé et un capital ou à tous ceux qui par leur existence de citoyen adressent une demande de valeur économique à la société toute entière ? Le travail rémunérable est-il celui qui produit et qui vend ou celui qui rend des biens et des services réels à tous les citoyens solidaires par la société et les socialités ?

Un emploi méritant salaire est-il une production marchande donnant lieu à un flux monétaire entre banques privées ou bien l’attention active que tout citoyen porte à l’existence bonne de ses concitoyens ? Un salaire est-il juste un pouvoir d’achat négocié entre des intérêts particuliers d’offre et de demande de biens marchandisés ou la mesure de ce que chaque citoyen échange par son existence singulière avec la société politique ? Un revenu se matérialise-t-il exclusivement par une écriture comptable dans une banque privée ou aussi et nécessairement par une satisfaction en nature d’un besoin reconnu légitime par la loi commune ?

Paradoxalement, Benoît Hamon l’Européen se fait contrer par ses adversaires libéraux sur l’incompatibilité du revenu universel avec les règles du vivre ensemble définies dans les traités de la zone euro. Malheureusement, l’emprise de l’économisme libéral apolitique est actuellement si puissante dans la démocrature médiatique que le citoyen de base ne peut avoir aucune explication sur la nature technocratique libérale de la construction européenne actuelle. Il est impossible de montrer que la BCE détachée de toute structure étatique et de toute souveraineté politique ne peut émettre l’euro qu’adossé à des titres de dette et de capital émis par des intérêts privés dissociés de tout intérêt général public.

Il est donc impossible de discuter de la connexion logique rationnelle que Benoît Hamon fait de son revenu universel avec le parlement de l’euro. Il est une évidence que le revenu universel ne peut pas être financé par le marché mais par les impôts et les prélèvements sociaux. Le revenu universel est par nature une question de fiscalité et un problème de recouvrement de l’impôt et des prélèvements sociaux dans l’ensemble des transactions de valeur ajoutée contre monnaie. Si les contreparties de l’euro ne sont que des titres financiers de l’économie marchande, le revenu universel est définitivement un élément de langage pour capter des électeurs économiquement condamnés au désoeuvrement.

Notons que la proposition de parlement de l’euro est soigneusement ignorée par les candidats libéraux et par les candidats qui ne voient aucun monde au-delà des frontières nationales virtualisées. Ne pas considérer la responsabilité des institutions politiques dans l’émission et la circulation de la monnaie, est une simplification très avantageuse de la communication politique qui n’a rien à dire aux citoyens exclus de l’économie marchande ni aux non-citoyens qui sont du mauvais coté de la frontière nationale.

La malhonnêteté intellectuelle à propos du revenu universel et de l’euro est la plus grave du coté des libéraux : elle détruit le droit et la démocratie dans ses fondements, c’est à dire dans la possibilité réelle d’une justice universelle pour les citoyens. Pour que tout citoyen ait un droit effectif à l’existence dans une société organisée dans cette fin, il faut nécessairement que les besoins humains soient identifiés par la loi et le pouvoir politique avant que des réponses ne soient produites et vendues par le marché. Il faut nécessairement que l’existence de tous les citoyens et donc de leurs représentants politiques soit financée avant toute production économique.

La première raison d’existence de la monnaie comme moyen de compter les échanges est la solidarité d’existence des citoyens dans l’État de droit de la démocratie. La première conséquence de l’émission de l’euro par une administration bancaire et juridique an-étatique est l’exclusion de la démocratie comme cause réelle vraie de la valeur ajoutée entre les citoyens prétendus tels. En refusant de discuter de la démocratisation de l’euro par l’étatisation des institutions européennes, les candidats libéraux s’assurent de leur élection par le capital et les propriétaires du capital dont l’existence est exclusive par un euro exclusivement marchand.

Discuter du parlement de l’euro, c’est admettre que le pouvoir d’émission monétaire et de mesure de la valeur ajoutée appartient à toute la société politique et pas seulement aux capitalistes exclusivement intéressés aux dividendes financiers du capital. La mission fondatrice du parlement de l’euro serait d’établir une loi commune à l’Eurozone pour nommer la réalité humaine positive sous-jacente à toute représentation monétaire et pour fixer les limites distinctives entre valeur et non-valeur ou fausse valeur. Établir des bases fiscales communes et centralisées à l’impôt sur le bénéfice des sociétés commerciales, c’est dire ce qu’est réellement un bénéfice dans une démocratie européenne.

Non seulement un parlement de l’euro réintroduit l’existence d’États nationaux solvables dans une société européenne étatisée d’États particuliers, mais l’émergence d’une loi européenne au sens juridique du terme remet tous les citoyens de la société européenne au centre de l’économie de marché des Européens. Un budget européen et une fiscalité européenne deviennent la condition de possibilité d’un revenu universel financé par une solidarité démocratique européenne. Évidemment, le revenu universel est alors monétisable par une augmentation du capital humain public européen dont la contrevaleur privée est matérialisée par la taxation des flux financiers entre les États et les souverainetés publiques et privées européens.

Si l’euro n’est pas reconstruit sur la souveraineté monétaire et fiscale des peuples d’Europe, il est encore impossible de penser et de planifier la transition écologique. La demande écologique est impossible à formuler et mesurer en financement de l’offre écologique publique ou privée si les États sont débiteurs d’intérêts exclusivement privés. L’air, l’eau et la nature n’appartiennent à personne en particulier. Si la société politique nationale et internationale n’a pas le droit de matérialiser en monnaie la dette écologique qu’elle a sur le travail de tous les citoyens des États, alors personne ne saura jamais ce que coûte ni ce qu’il faut produire pour acheter un développement durable à tous les citoyens.

Le revenu universel pose la question de la nécessité effective du travail, de sa nature et de sa représentation en monnaie pour que la demande des biens particuliers réponde à l’offre commune de biens réels. Nul doute qu’une adoption française du revenu universel soit un investissement constitutionnel de la démocratie française en Europe. Le parlement de l’euro qui délibérerait des lois communes de la démocratie en euro et de la fiscalité, et de la compensation bancaire et financière qu’elle induit dans la zone euro, est assurément une réforme constitutionnelle radicale.

Le Président Mélenchon serait le moteur idoine de l’inscription de la Cinquième République française dans une démocratie européenne des peuples. Un tout petit coup d’oeil sur l’histoire constitutionnelle de la France depuis la Révolution suffit à constater que la représentation parlementaire du peuple s’affranchit mécaniquement de ses obligations et devoirs législatifs si elle n’est pas surveillée par un puissant monarque qui incarne le pouvoir du peuple. De même L’État démocratique du peuple français ou de n’importe quel peuple européen se met à la merci de l’oligarchie européenne transnationale s’il n’est pas représenté dans la politique transnationale par une personne physique identifiable comme chef de la puissance publique de la démocratie nationale.

Sur le plan anthropologique, il n’est pas insensé de postuler que ni la démocratie représentative, ni la démocratie participative, ni la démocratie directe ne sont à soi seules nécessaires et suffisantes à l’existence libre de tous. La démocratie a autant besoin de la pluralité des opinions et des essences que de l’incarnation singulière et communisée de chaque individu. Président, parlement et assemblées générales des citoyens sont nécessaires les uns par les autres. D’où l’on déduit que le crédit et la monnaie qui rationalisent l’interaction entre les trois niveaux de responsabilité politique doivent s’intégrer totalement dans le pouvoir judiciaire de la démocratie.

La reconstitution de la démocratie française au sein d’une société européenne des peuples est impossible sans la représentation de l’unité nationale par un président fort et sans la délibération de l’unité nationale par une représentation parlementaire française ET une représentation parlementaire spécifique de la collaboration solidaire inter-étatique en euro. La double représentation parlementaire du peuple français face à lui-même et face aux autres peuples de l’euro n’aura aucun effet démocratique sans l’émergence d’une force politique socialiste pan-européenne libérée du paradigme libéral nihiliste dépressif.

Le rôle de Benoît Hamon avec la double proposition du revenu universel et du parlement de l’euro est naturellement de faire émerger un puissant parti politique européen de la démocratie sociale. Sans large majorité à l’Assemblée nationale, le Président Mélenchon sera dictateur ou ministre de la parole et des chrysanthèmes. Sans un premier ministre responsable de la politique gouvernementale par la confiance d’une vraie majorité parlementaire socialiste, les députés corrompront le Président ou le Président corrompra les députés. Les uns et les autres utiliseront la supra-nationalité et le secret bancaire en euro pour arranger leurs affaires privativement dans le dos de leurs électeurs.

En revanche, si le parlement de l’euro peut contrôler la négociation fiscale inter-gouvernementale et la représentation des États nationaux par le conseil des chefs d’État de l’euro, alors la démocratie européenne pourra se doter d’un cadastre central des actifs financiers de la valeur ajoutée. La fiscalisation du capital et des revenus en euro deviendra une assurance universelle européenne des droits, de la propriété, de la responsabilité et de l’existence de chaque citoyen européen, riche ou pauvre, dans une nature et une démocratie effectivement régénérées, financées et protégées.

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28 réflexions sur « Revenu universel, parlement de l’euro, constituante, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. « Un tout petit coup d’oeil sur l’histoire constitutionnelle de la France depuis la Révolution suffit à constater que la représentation parlementaire du peuple s’affranchit mécaniquement de ses obligations et devoirs législatifs si elle n’est pas surveillée par un puissant monarque qui incarne le pouvoir du peuple. »
    Hum, l’histoire le montre en effet. Cependant, pourquoi ne pas remplacer, comme le propose Mélenchon, par une surveillance du peuple avec la révoquabilité des élus? L’idée me parait intéressante.

    « Non seulement un parlement de l’euro réintroduit l’existence d’États nationaux solvables dans une société européenne étatisée d’États particuliers, mais l’émergence d’une loi européenne au sens juridique du terme remet tous les citoyens de la société européenne au centre de l’économie de marché des Européens. »
    Pourquoi pas, mais que faire si ce parlement, justement légifère dans le sens du totalitarisme marchand, comme actuellement? Pour moi, il est malheureusement trop tard pour ce genre de tentatives. Qui seraient les parlementaires qui siègent? Pourquoi pensez vous qu’ils agiraient dans le « bon » sens.

    Enfin,
    « La fiscalisation du capital et des revenus en euro deviendra une assurance universelle européenne des droits, de la propriété, de la responsabilité et de l’existence de chaque citoyen européen, riche ou pauvre, dans une nature et une démocratie effectivement régénérées, financées et protégées. »
    Oui, c’est un beau rêve pour l’Europe, et vous avez raison de l’écrire. Je déteste ce mot, mais je vais me permettre de l’employer cette fois-ci: Cela ne me parait pas pragmatique. Juste impossible, comment faire confiance en ce qui sortira d’un tel parlement?

    1. Cher Guitou23,
      A votre première remarque : le droit de révocation des élus est nécessaire spécialement pour les fonctions exécutives qui exigent la confiance permanente des citoyens pour interprêter et mettre en oeuvre une politique délibérée par les organes du pouvoir législatif. Dans la république française, la fonction du président est depuis l’origine de veiller à la légalité et à la probité de fonctionnement du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire. Or nous voyons que la pression des intérêts économiques et financiers sur les trois pouvoirs politiques judiciaire, législatif et exécutif tend à neutraliser la vigilance réciproque des fonctions politiques les unes sur les autres.

      Il y a double enjeu d’existence et de responsabilité des pouvoirs d’ordre politique par rapport au pouvoir d’ordre économique et par rapport à l’ordre démocratique. S’il faut donner au peuple le pouvoir de révoquer ses élus, il faut également pour donner de la consistance au pouvoir de représentation politique réintégrer, tout le pouvoir économique dans le système institutionnel de l’État de droit. Cela signifie que l’économie soit financée par des banques totalement inféodée au pouvoir judiciaire souverain. Hamon et Mélenchon sont très en avance sur leurs concurrents dans cette problématique.

      A votre deuxième remarque tout à fait centrale dans les mutations en cours de notre système économique. Effectivement, le Parlement Européen s’est montré inefficace à susciter une légalité européenne commune qui encadre véritablement les forces de marché. Et les parlements nationaux ont été marginalisés dans la négociation et la formulation des législations propres à garantir les droits du travail et les droits sociaux. La cause matérielle de l’aservissement des institutions politiques nationales et communautaires aux forces du marché, c’est la monnaie unique dont la politique d’émission a été soustraite au pouvoir politique exécutif, législatif et judiciaire.

      Si la politique de la monnaie et du crédit redevient une responsabilité des États nationaux et d’un État européen financier et fiscal confédéral, alors le règlement de toutes les dettes entre souverainetés juridiques, personnes morales et personnes physiques repasse sous le contrôle de la loi, du droit et de la justice dont les souverainetés nationales confédérées sont solidaires et responsables. La responsabilité et le pouvoir politique sur l’économie et le marché impliquent des parités de change flexibles entre souverainetés juridiques objectivement distinctes. Un parlement est économiquement et démocratiquement responsable quand les conséquences matérielles objectives des lois et des budgets qu’il vote sont lisibles dans une parité de change qui lui soit propre (http://www.pauljorion.com/blog/2016/05/17/republique-de-leuro-et-democratie-europeenne-des-biens-communs-par-pierre-sarton-du-jonchay/).

      Sur votre dernière remarque, il faut s’en remettre au pari de Pascal. Toute notre histoire européenne depuis deux siècles montre que la finance libérale corrompt les moeurs politiques et nous fait aller de dépressions en dépressions qui se résolvent en guerres civiles. S’il y a de quoi désespérer d’une telle obstination à s’auto-détruire, nous n’avons rien à perdre à reprendre et tester la proposition de Keynes en 1944 d’une compensation politiquement régulée des parités de change internationale par État.

  2. Il faut être plus explicite et vulgarisateur sur le « cadastre » , cf une critique déjà faite par Vigneron , que je reprends à mon compte ( la critique !).

    1. Cher Juannessy,
      Comme nous échangeons depuis longtemps, qu’est-ce qui reste aujourd’hui à éclaircir en priorité sur cette idée de cadastre central des contreparties objectives de la monnaie dans un même système juridique ?

      1. Ça n’est pas tant la théorie ( l’idée) , qui a pour elle la rigueur de la démarche , qu’il s’agit d’éclaircir , mais sans doute le contenu explicite des éléments cadastrés ( ce que vous faites ou rappelez ci dessous et que certains voudront passer à l’acide critique plus pertinemment que moi ) , mais surtout rendre sous des expressions plus vulgarisées et rattachées aux paradigmes anciens , ce qu’un non initié peut comprendre en théorie mais ne sait pas traduire en application numérique .

        Car je me place dans l’hypothèse que c’est une population de non initiés que vous voulez convaincre .

        Sinon , en référence au cadastre foncier , que j’ai beaucoup mieux connu , l’emploi même du terme cadastre , quand on en connaît les insuffisances , erreurs ( quand je travaillais encore , on estimait que , en surface couverte , 10 % du cadastre était faux ) , limites juridiques , difficultés de suivi et mise à jour , rend sensible la suspicion d’un outil de mesure pas complètement fiable .

        Et les quatre qualités intrinsèques d’un instrument de mesure sont :
        – la justesse,
        – la fidélité ,
        – la précision,
        – la sensibilité .

        Sans parler de l’entretien et modernisation permanente de l’appareil .

        Je sais bien que les NTC rendent beaucoup de choses possibles , mais j’ai aussi parfois le sentiment qu’elles permettent tout aussi bien de cacher l’information par qui sait s’en servir .

      2. Je peux aujourd’hui compléter l’explication d’il y a cinq ans par le principe de la multiplicité des sociétés intermédiaires du prix. Toutes les causes de prix des actifs cadastrés sont déposées dans des sociétés, des personnes morales porteuses d’un capital cadastré par leur objet social. La valeur ajoutée incertaine du prix anticipé sur l’objet déposé par rapport à l’objet effectivement livré à l’échéance, est prise en charge par chaque société engagée dans la vente finale. La vente des causes intermédiaires assure l’effectivité réelle du prix du livrable final.

        Toute la chaîne de valeur d’un quelconque objet de prix est décomposable par un arbre de causes dont la valeur ajoutée incertaine dans le prix final livré est mutualisé dans chaque société propriétaire de la cause qu’elle a vendue. Cette algorithmique du prix est celle des actuels marchés de dérivés par lesquels l’économie de marché s’est globalisée. Mais la globalisation financière est restée irréelle du fait de l’absence de cadastre central des actifs sous-jacents aux primes de crédit.

        La révolution du cadastrage financier centralisé par la superposition association monétaire des souverainetés politiques fonctionne par réinjection de la loi et de la responsabilité politique des États dans les objets et les prix de la valeur ajoutée. C’est le miracle de la monnaie quand le signe monétaire est matérialisation de la valeur ajoutée par le contrôle du citoyen de la souveraineté politique. Le consommateur n’a de pouvoir d’achat qu’en tant qu’il est citoyen d’un Etat de droit identifiable efficient. Les prix acquièrent un sens universalisable parce que le capital cesse de circuler imaginairement par des écritures informatiques non rattachables à la responsabilité humaine des choses concrètes.

        http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/26/comment-la-finance-liberale-sera-subvertie-par-la-resurrection-des-personnes-dans-les-societes-intermediaires-par-pierre-sarton-du-jonchay/

      3. Le consommateur n’a de pouvoir d’achat qu’en tant qu’il est citoyen d’un Etat de droit identifiable efficient.

        Oh merde, et moi qui voulais me faire apatride en cas de prise du pouvoir par la Pénienne ou par le Monsieur, ben comment qu’je fais alors ?

  3. Un cadastre est un registre de propriété et de responsabilité qui identifie dans les mêmes termes et les mêmes normes des objets juridiques déterminés par une même souveraineté. Le cadastre est la condition de comparabilité des prix d’une même catégorie d’objets dans une loi commune partagée. Concrètement, il s’agit d’étendre à tous les actifs négociables en euro dans l’espace économique de l’Eurozone, ce qui existe déjà pour la propriété immobilière, la propriété industrielle, la propriété intellectuelle, la propriété physique des personnes morales. Les techniques cambiaires fondées sur les options ou dérivés de crédit permettent d’unifier tous les cadastres existant et de rendre les actifs convertibles les uns dans les autres moyennant la liquidité en monnaie évaluée et garantie par des banquiers soumis au contrôle permanent des juges du pouvoir judiciaire.

    http://pierresartondujonchay.over-blog.com/2015/01/cadastre-financier-la-democratie-lisible-par-la-monnaie.html

    http://www.pauljorion.com/blog/2014/01/12/realite-mondiale-du-complot-financier-libertarien-par-pierre-sarton-du-jonchay/

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/05/24/un-referendum-europeen-pour-sauver-leuro-par-la-democratie-par-pierre-sarton-du-jonchay/

  4. …[Un tout petit coup d’oeil sur l’histoire constitutionnelle de la France depuis la Révolution suffit à constater que la représentation parlementaire du peuple s’affranchit mécaniquement de ses obligations et devoirs législatifs si elle n’est pas surveillée par un puissant monarque qui incarne le pouvoir du peuple]…

    C’est étonnant que personne ne vous rentre dans le chou sur de pareils propos ! Hypothèses : on vous lit peu ou mal ? on a peur de soutenir un niveau ? On a la flemme comme moi ?

    …[il n’est pas insensé de postuler que ni la démocratie représentative, ni la démocratie participative, ni la démocratie directe ne sont à soi seules nécessaires et suffisantes à l’existence libre de tous.]…

    Ah l’existence libre de tous ! Dans les asiles et les prisons croupissent des gens dont les dires et/ou les actes contreviennent à la liberté en vigueur. Tiens ça me rappelle aussi le souvenir du débat lancé en pleine révolution française finissant par interdire l’usage du mot « liberté » comme prénom pour les nouveaux nés de la République, ce qui mena à la Loi du 11 germinal an XI bref l’ordre Bonapartiste. Aujourd’hui les bambins récupèrent les prénoms des séries US parce que leurs parents sont beaucoup plus libres https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F882.

    1. T’énerve pas, c’est pour son vieux fond de sauce royaliste qu’on l’aime bien notre Sarton. T’avais pas compris encore ?

    2. @Rosebud1871
      « C’est étonnant que personne ne vous rentre dans le chou sur de pareils propos ! Hypothèses : on vous lit peu ou mal ? on a peur de soutenir un niveau ? On a la flemme comme moi ? »
      Si vous surmonter votre flemme, vous nous rendrez grand service. La démocratie a besoin d’être réveillée cet an-ci…

      « Dans les asiles et les prisons croupissent des gens dont les dires et/ou les actes contreviennent à la liberté en vigueur. »
      La liberté est-elle dans les actes ou dans le mot qui la conceptualise ? 😉

      1. Il veut dire qu’elle a un arrière-goût de Bastille ta pastille, Sarton, des caudalies de cadenas ton cadastre.

      2. PSDJ 7 avril 2017 à 9 h 56 min
        « La liberté est-elle dans les actes ou dans le mot qui la conceptualise ?  »

        La liberté offerte par le mot « cadastre », emprunté au byzantin κ α Ï„ α ́ σ Ï„ ι χ ο ν, donc du cata, et pas du cada comme dans cadaver pour notre cadavre, semble plutôt emmailloter définitivement l’affaire, à moins de pister par traçabilité l’historique des propriétés en question non sans scapel éthique libéré des gangues ou gangs actifs, tout ça est compliqué. Le plus simple pour faire des français cadastrés est la solution roumaine post Ceausescu https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/BEURQ/54714 avec ses apories. Mon voisin que les vieux du village appelaient M. Le Comte (noblesse du 12ème en ligne droite et non ligne par ligne comme l’étymologie de κ α Ï„ α ́ σ Ï„ ι χ ο ν kata/stikhon) une fois mort a eu des héritiers qui ont eu l’idée de réparer notre mur mitoyen partiellement effondré d’avant mon acquisition. J’ai refusé d’être emmuré vivant en évoquant la chute des murs. Cela a suffit pour que le chantier commencé soit abandonné. Le rapport de force toujours…Vous semblez dans la ligne de Turgot.

      3. Ah les « rapports de force » et le mur mitoyen du comte et du Rosebud…
        En fait de « rapports de forces », on constate surtout que tu as opportunément profité des bonnes manières de ton comte de voisin qui n’a pas daigné trainer son manant de voisin au tribunal pour lui faire payer sa quote-part de la réparation du mur.
        Y’a pas d’petit plaisir et emmerder un comte de voisin n’en est pas des moindres, ok, mais de là à en défourailler à postériori son « rapport de forces », voire son « rapport de classes », ben mon cochon…

      4. @Rosebud 1871 :

        Le lien est très intéressant . Je ne crois pas pourtant que Turgot libéral de droit naturel , ou Smith libéral d’utilitarisme , soient à opposer ,car ils sont d’abord et avant tout « libéraux » avec les qualités et les manques de cette option à l’époque .

        Je recycle une nouvelle fois ce pensum où j’essayais de résumer l’idée que je me faisais du libéralisme :

        http://www.pauljorion.com/blog/2012/10/16/les-forces-collectives-proudhoniennes-un-complement-a-misere-de-la-pensee-economique-par-jacques-langlois/#comment-371300

      5. @Rosebud1871 18:26
        Tout à fait éclairant, l’article sur la réappropriation historique de l’immobilier en Roumanie ; géniale, l’analyse de la doctrine d’économie politique libérale de Turgot.

        Sur le fond, un cadastre doit effectivement être un historique de la propriété. Pour la raison que la propriété est un droit temporel de l’homme et du citoyen qui a pour contrepartie le devoir de la collectivité de réguler l’usage temporel de la propriété au bénéfice du bien commun. Un bien particulier laissé à l’abandon où utilisé contre l’intérêt général annule le droit de propriété individuelle. S’il n’y a pas de fiscalité sur le capital (taxe foncière, impôt sur le capital, sur les mutations, sur les successions) pour obliger les propriétaires à rendre des comptes à la société sur le bon usage de leurs avoirs, alors l’activité économique sombre dans la dépression par disparition de la demande solvable de droits devant l’offre de biens et services déterminée par le profit exclusif du capitaliste privé.

        D’une part les propriétaires ne sont pas limités à utiliser leur capital pour détruire la richesse commune partageable (bonne vie saine, bien être collectif, ressources naturelles) en accumulation de créances financières sur la collectivité, d’autre part les propriétaires retiennent pour eux-mêmes des revenus objectifs réels qui ne leur sont d’aucune utilité ou de faible utilité par rapport à l’utilité collective ou commune (biens immobiliers inoccupés, terrains privatisés ou inaccessibles faute d’équipements publics…).

        D’où l’on voit que le rééquilibrage du rapport de force objectif bénéfique entre capital et travail passe par la réhabilitation cadastrale, fiscale, financière et monétaire des Etats par des fédérations et confédérations d’Etats telles qu’ébauchées dans l’UE.

      6. PSDJ 8 avril 2017 à 10 h 27 min
        « la propriété est un droit temporel de l’homme et du citoyen qui a pour contrepartie le devoir de la collectivité de réguler l’usage temporel de la propriété au bénéfice du bien commun ».

        Droit « temporel », revient dans les faits par effets de transmissions dans un cadre juridique que vous me permettrez de nommer « bourgeois » à éterniser l’acquis et à le concentrer sur un mode familial voire clanique de privilégiés. La notion de bien commun s’y dissous en acte.

        « le rééquilibrage du rapport de force objectif bénéfique entre capital et travail passe par la réhabilitation cadastrale, fiscale, financière et monétaire des États par des fédérations et confédérations d’États telles qu’ébauchées dans l’UE ».

        La notion de rééquilibrage, de tradition réformiste, ne semble pas en puissance d’inventer d’issue face aux enjeux démographiques, écologiques en cours. Pas de purge des inégalités de toutes sortes à l’horizon, ni d’esquisse de raisonnements globaux, planétaires, où les « propriétés » de ce qui a fondé des États-Nations puissent être interpellées (ce qui suppose un « organisme » localisé et dédié pour ce faire), et où les propriétés des puissances transnationales soient bridables, voire dissoutes.
        Le cadastre c’est « prendre les mesures » de ce que le droit romain et la philosophie grecque nous ont refilé et qui par le langage nous colle au corps comme le fameux sparadrap d’Haddock atterrissant à KTM.
        Clair que nous resteront aliénés au cadastre, reste à s’accorder sur ses « propriétés » juridiques…

      7. @Rosebud1871 8 avril 2017 à 11 h 44 min
        Pourquoi supposez-vous que le temps fixé par les mesures publiques d’un cadastre ou d’un registre rende la réalité immuable dans un ordre irrémédiablement bourgeois ? Est-il impossible qu’une formalisation objective des droits de propriété des citoyens les rendent transformables et négociables dans une chose publique évolutive par le temps et par la responsabilité contestable des propriétaires confrontés aux non-propriétaires ?

      8. @Rosebud 1871 :

        Les grecs et les romains ont été , en matière de cadastre ou équivalent , très largement précédés par les scribes égyptiens .

        Une association d’idée m’a fait me souvenir , qu’en matière de « taille » , il y avait décidément des appréciations divergentes entre l’Afrique d’un côté , et le pourtour méditerranéen de l’autre ( je connais moins l’histoire au delà ) .

        En Afrique , les signes de « tailles » ( entailles) dans un collier en minerai brut de cuivre comme à la frontière congolaise , indiquant le nombre de têtes de bétail dont le porteur est propriétaire , c’est un signe extérieur de richesse et de puissance affiché ostensiblement comme tel .

        Autour de la méditerranée , une « taille » ( entaille dans une borne , un support en bois , ou autre) , c’est la trace d’un impôt du puissant sur le pauvre et le faible , qui parfois ( et jusqu’en 1950 environ en France !) , payaient leur dû à la société sinon aux princes , en « corvées » .

        Je ne suis pas sur que les registres de corvée aient été mieux tenus que les registres des « biens-fonds » .

        Taillables et corvéables , oui , mais pour qui et pourquoi ?

      9. Association d’idée suite :

        Quand j’ai connu l’Afrique ( à ce propos , l’Egypte c’est l’Afrique même méditerranéenne !) , avant 1970 ,et dans les conditions où j’ai pu la rencontrer , j’avais été frappé par le fait que , dans une société très hiérarchisée en castes comme souvent de par le monde , et avec toutes les tricheries et accommodements que le verbe africain autorise , le personnage important , le  » chef » africain , c’était celui qui peut « donner » beaucoup ( et qui parfois le donne ) , alors que nous pratiquons le contraire : c’est celui qui reçoit le plus qui compte le plus .

        Avec le recul ( et le fait que la société africaine « traditionnelle  » disparaît inéluctablement ) , je me dis que ces deux schéma de chefs , celui qui donne et celui qui reçoit , sont tous les deux non viables . Ni Bill Gates , ni Dassault .

        La survie de l’espèce exclut les trop « chefs », aussi bien par le don que par la prédation .

        Bref , si cadastre nouveau il doit y avoir , qu’il soit sans chef de droit « naturel , ou divin , ou princier , ou clerc .

      10. PSDJ 8 avril 2017 à 15 h 00 min

        J’avais écrit « éterniser l’acquis », c’est bien sûr fictif sur le temps à l’échelle historique, et donc la réalité n’est pas « immuable », puisque l’ordre bourgeois n’est que le successeur d’autres ordres et pas le dernier sauf extinction des lumières et encore pas toutes…
        « La formalisation objective des droits de propriété » (acquis ou transmis) existe en toutes légalités terrestres, et les appareils répressifs pour la soutenir aussi, une majorité de citoyen s’en accommodent en râlant de temps en temps, une petite minorité trouve que la pièce montée est à repenser sérieusement pour que le gâteau soit mieux partagé.
        Supposez-vous que même en Vème République une Assemblée à l’image des profils sociaux-professionnels du pays initierait les mêmes lois ? 10% de députés-chômeurs habillerait autrement le costume de la démocratie représentative, non ?

      11. Juannessy 8 avril 2017 à 15 h 02 min

        Il doit aussi rester quelques tablettes d’argiles à Ourouk majoritairement entaillées par des comptables pour sans doute cadastrer la nature des échanges… Mais c’est encore le latin cuneus – coin- qui nous mène à la monnaie, les tablettes akkadiennes ne valent pas un clou de calame à cuneiforme pour tracer le droit dit naturel dont nous dépendons façon salade romaine.

      12. @Rosebud1871, 8 avril 2017 à 22 h 02 min
        J’acquiesce à l’affinement de votre propos sur la labilité de l’ordre économique, social et politique. Si les choses peuvent changer, alors se pose la question de la direction et de la conduite du changement. Le pouvoir délibératif et le contrôle de la représentation nationale sont ici essentiels. Et nous constatons que notre république agonise de ne plus s’appuyer sur des représentants de l’intérêt général qui soient autonomes des intérêts d’affaire ou catégoriels. Il me semble que la revitalisation de la démocratie impose que les députés restent des citoyens et ne soient pas professionalisés ou instrumentalisables par des intérêts particuliers. Il faut donc que les élus éventuellement captés par des intérêts particuliers soient révocables par des majorités représentatives de leurs citoyens mandants ET que les élus soient assurés dans leur intégrité par un statut juridique et des moyens économiques qui les protègent des tentations.

      13. PSDJ 8 avril 2017 à 22 h 02 min
        …[Il faut donc que les élus éventuellement captés par des intérêts particuliers soient révocables par des majorités représentatives de leurs citoyens mandants ET que les élus soient assurés dans leur intégrité par un statut juridique et des moyens économiques qui les protègent des tentations].

        Ça ressemble des certains programmes en cours de certains candidats…

        Je penche à supposer que le niveau de la tentation est éminemment subjectif et pas statistique, alors que la moyenne économique d’assurance pour le dévouement et la compétence ne saurait être qu’égalitaire, d’où un hiatus inéliminable. Peu de sujets ont l’intégrité de Staline dont 2 films récents ont montré l’incorruptibilité jusqu’au soupçon paranoïaque, ce qui a couté très cher à la collectivité…

    3. @Rosebud 1871 :

      De mon côté , je pose effectivement que la Démocratie est une condition nécessaire , et strictement nécessaire , à l’existence libre de tous .La liberté n’a de chance d’être ,humainement, que si elle nait du verbe et du mot .

      Mais pas condition suffisante et en cela se trouve le prix des travaux de PSDJ , à mes yeux , car ils m’apparaissent comme une avancée conceptuelle originale et forte qui peut permettre de remettre le marché à disposition de la démocratie .

      Par contre , un point mérite d’être surveillé : éviter que l’outil ( dont le cadastre , si j’ai bien suivi ) ne « fusionne » ( id est « cadenasse » dirait l’apatride expatrié Vigneron ) démocratie et marché là où les expressions de la démocratie doivent rester maîtresses à bord , et faire en sorte que , oui , le mot puisse encore l’emporter sur l’outil , et que « l’agir » reste la manifestation du mot via l’outil .

      @Vigneron :

      C’est bien en tant que lointain latiniste que j’ai compris sans trop de crispations méningées ce que pouvait vouloir dire  » caudalies de cadenas « , mais je ne me souviens pas avoir jamais lu ailleurs , sans être caudataire , cette  » caudalie » ….

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