Envoyez par mail 'Le chapitre 9 de Le deuxième âge de la machine de Brynjolfsson et McAfee (I)' à un ami

Envoyez une copie de 'Le chapitre 9 de Le deuxième âge de la machine de Brynjolfsson et McAfee (I)' à un ami

* Required Field






Separate multiple entries with a comma. Maximum 5 entries.



Separate multiple entries with a comma. Maximum 5 entries.


E-Mail Image Verification

Loading ... Loading ...
11Shares

11 réflexions sur « Le chapitre 9 de Le deuxième âge de la machine de Brynjolfsson et McAfee (I) »

  1. l’écoulement de la richesse du haut vers le bas et la desctruction créatrice de Schumpeter: quels beaux concepts.

    Concepts foireux qui expliquent le creusement. Avec la complicité d’une classe politique soumise à la ploutocratie.
    Dans ploutocratie, j’inclus bien évidement l’Economiste.

  2. C’est 350 milliards estimés de photos prises depuis l’invention de Nicéphore Nièpce en 1926…

  3. L’autre jour, j’ai vu un documentaire à l’occasion du festival de Cannes, où une foule s’était amassée derrière les barrières pour admirer le passage des stars, dans une ambiance de paillettes et de luxe. Un journaliste s’était approché d’une spectatrice, une femme d’âge moyen, mère de famille venue avec ses jeunes enfants, visiblement issue d’un milieu modeste-populaire. Le journaliste lui avait posé la question de savoir pourquoi elle était venue ici, et elle avait répondu, apparemment sûre d’elle, que substantiellement, elle trouvait important de montrer à ses enfants le spectacle des stars, et que cela devait les motiver pour réussir. J’ai réalisé (modestement) un mécanisme (tellement énorme qu’on le voit pas) que le spectacle du luxe et le matraquage publicitaire et médiatique est un moteur tellement puissant qui suggère que c’est à la portée de tous d’y arriver, et par conséquent annule toute critique sociale. Il y avait un mystère pour moi de ressentir le décalage existant entre l’image idyllique rendue par la publicité, et la réalité du quotidien du plus grand nombre, pour lesquels lesdits produits sont inabordables (exemple : grosses voitures, parfums de luxe, grandes maisons, etc…).
    Pourquoi cette réflexion ? Parce que voir que, chiffres à l’appui, ce phénomène d’inégalité et de concentration inédit de la richesse (« 400 Américains les plus riches ont atteint en 2013 le niveau record de 2000 milliards de dollars ») perdure sans produire une réaction et un sentiment d’injustice populaire, est étonnant. C’est par l’illusion massivement entretenue que tout un chacun peut y avoir accès et en profite indirectement; et cela est peut-être relayé par le nouveau slogan politique de « l’égalité des chances » et du mythe de la réussite à la portée de tous.
    Il n’empêche qu’il y a un sacré paradoxe à constater cette fameuse augmentation de la productivité et de la richesse globale, qui est assortie d’une baisse de niveau de vie réel pour la grande majorité, où il serait devenu un luxe de maintenir les droits sociaux (santé, retraite, durée et droit du travail, habitation, …etc.) des années passées, et que l’Etat-Providence ne serait plus possible étant devenu trop dispendieux.
    Jusqu’à quand l’accroissement des inégalités et de la concentration des richesses, qui opèrent comme une « transformation silencieuse », pourront-ils se poursuivre ? A ce titre, l’automatisation et la révolution numérique se posent comme un nouveau défi, car ils offrent une opportunité inédite pour un accroissement de l’économie capitalistique et du profit (au détriment du travail), et sont un facteur d’accélération de ce mouvement « naturel » de la concentration des richesses…..

    1. « Jusqu’à quand l’accroissement des inégalités et de la concentration des richesses,… »
      Oui, il y a plusieurs impensés dans ce scandale apparent.

      D’abord, la richesse de quelques uns, obtenue par le talent, la chance ou le travail (ou une combinaison des trois), masque que la richesse des autres est surtout une affaire d’héritage.

      Ensuite il n’est pas clair dans l’esprit de tout un chacun de concevoir un bouleversement de l’ordre social existant, qui créerait les conditions d’une distribution radicalement différente des richesses, des pouvoirs et des tâches assignées aux uns et aux autres.

      Il y a sans doute de la paresse à n’utiliser que son bulletin de vote (et encore !) tant que les conditions de vie de la classe moyenne sont encore préservées (santé, nourriture, éducation, retraites, loisirs…), ou tout simplement un calcul utilitariste qui donne comme résultat qu’il est préférable (pour le moment) de ne rien bouleverser plutôt que de s’embarquer dans d’improbables conflits sans fins et sans contours définis.
      L’exemple de la Grèce est de ce point vue emblématique.

  4. Ce texte ne me semble pas tenir compte des variations de prix (ou si on préfère du pouvoir d’achat.)

    Le capitalisme s’est accompagné d’une amélioration du niveau de vie qui a permis progressivement à une grande partie de la population des pays où il s’est développé non seulement de manger à sa faim, de se vêtir correctement et de disposer de lieux d’habitation plus confortables, même si ça s’est souvent accompagné de contraintes difficiles à supporter pour les moins favorisés.

    Le fordisme a même permis à un grand nombre de disposer de biens et de services qui soit n’étaient accessibles qu’à une toute petite minorité soit n’existaient pas.

    La photographie est un exemple intéressant: avant qu’elle n’existe posséder un tableau était réservé aux princes. Avant que Kodak ne fasse pour la photo ce que Ford a fait pour l’automobile elle était réservée à l’élite bourgeoise. Le coût d’une photo numérique est tellement faible que cette notion n’a pas réellement de sens…

    D’un autre côté le fait qu’un beaucoup de familles disposent d’une où plusieurs voitures alors qu’à l’époque du cheval se déplacer autrement qu’à pied était un privilège doit être corrigé du fait que la société s’est depuis organisée de telle manière qu’il n’est souvent plus possible de s’en passer (d’habiter près de son lieu de travail, etc.)

    Comparer l’évolution des inégalité devient évidemment beaucoup plus difficile si on ne se limite pas à comparer la somme d’argent dont chacun dispose mais c’est en fait les inégalités dues au pouvoir politique que procure l’argent dont il faudrait évaluer les conséquences.

    1. Est-ce le capitalisme / le fordisme, qui a permis l’élévation du niveau de vie ou n’est-ce pas plutôt la quantité d’énergie disponible par tête d’habitant qui a explosée avec le charbon, le gaz, puis le pétrole ?

      Le capitalisme n’étant au fond qu’une forme opportuniste d’organisation de la production sur fond de rente énergétique et de conflits sociaux pour s’en approprier les bénéfices

      1. En fait mon commentaire a été suscité par celui d’Emmanuel:
        « voir que, chiffres à l’appui, ce phénomène d’inégalité et de concentration inédit de la richesse (« 400 Américains les plus riches ont atteint en 2013 le niveau record de 2000 milliards de dollars ») perdure sans produire une réaction et un sentiment d’injustice populaire, est étonnant. »

        C’est bien sur l’augmentation de la quantité d’énergie disponible par tête d’habitant qui la bonne explication mais:
        le développement de l’industrialisation et celui du capitalisme sont tellement imbriqués qu’il faut faire un gros effort pour les distinguer.

        Pour ce qui est du fordisme il est le résultat de l’idée (qui aurait été perçue comme insolite en même temps que tout à fait déplacée partout ailleurs qu’aux USA) de fabriquer et vendre à bas prix à une clientèle aussi étendue que possible des produits de luxe tels que la viande, la photographie, l’automobile, les voyages en avion.

  5. https://arxiv.org/pdf/1605.05631.pdf
    arXiv:1605.05631v1 18 May 2016

    Far from equilibrium: Wealth reallocation in the United States
    Yonatan Berman (Tel-Aviv, Israel), Ole Peters (London), Alexander Adamou (London).
    _ Abstract :
    Studies of wealth inequality often assume that an observed wealth distribution reflects a system in equilibrium. This constraint is rarely tested empirically. We introduce a simple model that allows
    equilibrium but does not assume it. To geometric Brownian motion (GBM) we add reallocation:
    all individuals contribute in proportion to their wealth and receive equal shares of the amount collected. We fit the reallocation rate parameter required for the model to reproduce observed
    wealth inequality in the United States from 1917 to 2012. We fi
    nd that this rate was positive until the 1980s, after which it became negative and of increasing magnitude.

    With negative reallocation, the system cannot equilibrate.

    Even with the positive reallocation rates observed, equilibration is
    too slow to be practically relevant. Therefore, studies which assume equilibrium must be treated skeptically.
    By design they are unable to detect the dramatic conditions found here when data are analysed without this constraint.
    __________________
    Bref, le système d’inégalité croissante aux USA est dans une fuite en avant, il n’est pas en train de juste se prendre un petit comprimé de remontant avant de revenir à une quelconque « normale » stationnaire.
    L’intérêt de l’article est de pointer un peu comment les « extractivismes » de la technologies marchent aux deux queues du système : parmi les happy few few few et parmi les uberisés et uberisables, sans parler des inemployables (la crise des opïodes médicamenteux aux USA en témoignant assez bien amha).

    1. Je voulais dire par « l’intérêt de l’article » celui du chapitre 9 que résume ici très agréablement Madeleine Théodore.

Les commentaires sont fermés.

*Le seul Blog optimiste du monde occidental*