Les nouveaux révolutionnaires américains montrent comment la gauche peut gagner, par George Monbiot

Paru dans le Guardian le 11 juillet 2018 :  America’s new revolutionaries show how the left can win. Ouvert aux commentaires.

Même en surface, c’est exaltant. Le renversement de l’un des Démocrates les mieux installés et les plus haut placés au Congrès par une Socialiste démocrate de 28 ans ayant un programme radical et un dixième de son financement, voilà, direz-vous, qui ne manque pas d’intérêt.

Mais depuis qu’Alexandria Ocasio-Cortez a battu Joe Crowley aux primaires démocrates dans le 14e district de New York (ce qui signifie qu’elle entrera presque certainement au Congrès en novembre), j’ai interviewé certaines des personnes qui ont allumé la mèche qui a provoqué cette détonation. Ce qui est apparu, c’est à quel point leur mouvement était marginal et improbable lorsqu’il a commencé, et à quelle vitesse il prend de l’ampleur.

Une révolution a commencé en Amérique, et il est temps que nous comprenions ce qu’elle signifie.

Alors que l’effort pour trouver et diriger des candidats insurgés est né de la campagne de Bernie Sanders en 2016, la poignée de jeunes qui ont lancé ce mouvement se sont battus sans aide. Ils n’avaient ni ressources, ni de base politique. Ni Sanders ni les autres membres de la vieille garde n’étaient prêts à les aider ou à soutenir les candidats qu’ils trouvaient.

D’une certaine manière, ce petit groupe, le Brand New Congress, qui s’est transformé en Démocrates de la Justice (Justice Democrats), s’est marginalisé. Il ne voulait rien avoir à faire avec une gauche traditionnelle qu’il considérait comme obsédée par le positionnement politicien. Il voulait échapper à l’ombre portée de gens qui semblaient coincés dans les années 1980, qui ne prenaient pas au sérieux les questions environnementales ou qui ne comprenaient pas la nécessité de s’attaquer au racisme structurel et à l’inégalité entre les sexes, ni la nécessité de recruter des « millenials » [la génération Y, des années 2000] piégés dans des mauvais logements et galérant dans des non-emplois misérables. On se moquait d’eux, on les ignorait et on les rejetait comme des idéalistes bien intentionnés mais sans espoir. L’un d’entre eux m’a raconté comment un Démocrate plus âgé lui a littéralement tapoté la tête.

Au début, ça a été chaotique. La plupart des bénévoles qu’ils ont recrutés n’avaient peu ou pas d’expérience. Certains se sont avérés merveilleux, d’autres moins. Leur objectif initial était de trouver 400 candidats pour défier les Démocrates et les Républicains en place. Ils recherchaient des barmen, des ouvriers d’usine, des petits commerçants, des organisateurs communautaires, des enseignants, des infirmières – idéalement des personnes qui n’avaient jamais occupé une fonction publique auparavant. Alors que les candidats Démocrates sont généralement choisis en fonction de la masse d’argent qu’ils pourront collecter en campagne, les Démocrates de la Justice ont cherché des gens qui ne pouvaient pas être séduits par les grands bailleurs de fonds. Ils pensaient que si les gens qu’ils rencontraient avaient servi leur communauté au lieu d’eux-mêmes, ils ne se vendraient probablement pas une fois élus.

Ils ont trouvé beaucoup de recrues potentielles brillantes mais, sans le soutien du courant dominant, ils n’avaient pas la crédibilité nécessaire pour convaincre des centaines de personnes d’abandonner leur vie présente pour une cause improbable. Ils ont réussi à persuader quelques dizaines de personnes, dont Ocasio-Cortez. Ils lui ont téléphoné, l’ont invitée à dîner et lui ont demandé d’assister à une réunion dans le Kentucky avec d’autres candidats potentiels, dans l’espoir qu’ils s’émuleraient mutuellement pour se présenter aux élections. Elle a pris son temps et a visité le 14e district avant d’accepter.

Elle était, comme nous l’avons vu, une candidate fantastique : déterminée, infatigable, brillante pour expliquer simplement et de manière directe, des questions complexes. Alexandra Rojas, directrice des campagnes des Démocrates de la Justice, m’a commenté : « Elle a une façon de rendre simples, évidentes et pragmatiques les questions que les autres considèrent comme radicales ». Tous ceux à qui j’ai parlé m’ont fait remarquer sa grâce et sa stabilité, et comment elle a calmement absorbé les épisodes dramatiques survenus dans le sillage de sa candidature. Des militants locaux extraordinaires ont combiné le travail de terrain traditionnel avec les grandes tactiques d’organisation développées pendant la campagne Sanders : utiliser des réseaux foisonnants de volontaires pour effectuer les tâches habituellement réservées aux membres permanents du staff.

Aussi remarquable soit elle, il y en a d’autres comme elle. Cori Bush au Missouri, Jess King en Pennsylvanie et Kerri Evelyn Harris au Delaware ne sont que quelques-unes des personnes qui se battent maintenant pour des nominations ou des sièges démocrates tout en renonçant à beaucoup d’argent et en comptant bien davantage sur l’enthousiasme des communautés qu’ils espèrent servir.

Les Démocrates de la Justice ne s’attendent pas à ce que tous ces candidats gagnent, mais espèrent quelques victoires spectaculaires aux élections du Congrès en 2018 et 2020, non seulement en remplaçant les Démocrates vendus aux grandes firmes , mais aussi en retournant quelques districts Républicains (voir, par exemple, les campagnes de Brent Welder et James Thompson au Kansas). Dès que ces gens prennent place au Congrès, Saikat Chakrabarti, l’un des principaux organisateurs, me dit que le but est de « légiférer à mort, comme le font les Républicains…. en proposant les idées les plus audacieuses et les plus grandes dès le premier jour ». D’ici 2022, profitant de l’élan acquis grâce à quelques victoires stratégiques, ils espèrent pouvoir présenter une liste complète de candidats nouveaux ou redynamisés. L’objectif est de créer un Parti démocrate populiste dans le bon sens du terme [Le lien ici parle de « populisme progressiste » dans le Wisconsin], qui neutralise la démagogie brutale de Trump et s’adresse aux gens de tout le spectre politique qui ont été aliénés par la corruption et la dérive de la politique dominante.

Grâce en partie à la décision désastreuse de la Cour suprême dite «  Citizens United », qui a supprimé tout plafonnement des financements des partis politiques par les lobbyistes, la politique américaine est dominée par des milliardaires et des entreprises, qui achètent les candidats et les politiques qu’ils veulent. Ils ne peuvent pas être battus au niveau des finances, mais ils peuvent être mis hors-jeu, en recrutant des gens incorruptibles qui peuvent baser leur parole sur autre chose que l’argent. Finalement, les Démocrates de la Justice espèrent qu’il y aura assez de personnes fortes et sources d’inspiration au Congrès pour renverser la décision « Citizens United » et purger la corruption institutionnelle de la politique américaine.

Jusqu’à présent, le parti démocrate a réagi de deux manières distinctes. Certaines personnalités de haut niveau, comme Nancy Pelosi et Tammy Duckworth, rejettent l’importance de ce qu’Ocasio-Cortez a accompli. D’autres, comme Kirsten Gillibrand, ont soudainement changé de position en réponse à sa victoire, faisant écho à son appel, par exemple, pour l’abolition de l’Agence de l’immigration et des douanes, l’agence qui a séparé les enfants de leurs parents à la frontière mexicaine. Les deux réactions sont des formes d’auto-préservation, mais si davantage de candidats révolutionnaires remportent leur course électorale, la deuxième sorte de réponse deviendra davantage la règle.

En comprenant comment le grand renversement de New York s’est produit, nous pouvons commencer à comprendre ce que ce mouvement d’outsiders pourrait réaliser. Il pourrait encore changer le monde.

George Monbiot

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84 réflexions sur « Les nouveaux révolutionnaires américains montrent comment la gauche peut gagner, par George Monbiot »

  1. Pas vraiment hors sujet , en clin d’oeil à Paul Jorion :
     »  »  » CONFLITS D’INTÉRÊTS

    Quand les «Big Four» écrivent les règles fiscales de l’Europe
    Par martine orange

     » Ils sont quatre – PWC, EY, KPMG et Deloitte – dominant le monde de l’audit, mais aussi celui de l’industrie de l’évasion fiscale. Pourtant, c’est à eux que la Commission européenne fait appel pour l’aider à écrire les règles fiscales. Un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory révèle un univers de conflits d’intérêts.  » ……… à suivre dans :
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/100718/quand-les-big-four-ecrivent-les-regles-fiscales-de-l-europe
     »  »  »
    Rien de vraiment neuf…, mais bon..hum..comment dire..??!!

  2. Puisque l’idée de base a été de mettre fin à l’influence des lobbyistes sur lesquels les démocrates comptaient pour grassement abonder leurs compagnes électorales ( ce qui les rendait « money-tainted », tout bon mot français désignant la même chose sera bienvenu pour servir de support à la compagne qui vient, « tainted » veut dire « corrompu » au sens quasi ancien du terme, ainsi en science, le soupçon de fraude se confond avec celui de l’usage de « tainted data »), et en prélude au monde meilleur des décisions prises indépendemment de l’argent, la transparence revendiquée de l’époque n’exigerait-elle pas qu’on puisse avoir une compilation quantitative de toutes les applications de toutes les lois à incidence financière, au moins par catégories : Pour la loi TRUC entre 100 000 et 120 000 applications aux TPE pour un montant de (subvention, d’assiette, de taxe, cochez la case…) de XXX , 2800 applications aux SME pour un impact de XXXX, 87 aux autres entreprises pour un impact de XXXXX, etc. avec un grain plus ou moins fin. Bercy a ses chiffres dans ses ordis, me semble-t-il.
    Ce serait au moins aussi instructif que la base de données de Piketty et al. sue les inégalités, WID
    https://wid.world/fr/accueil/
    (je pense que le nom WID est au passage un pied de nez à WDI : World Database Indicators à ce lien par exemple : http://wdi.worldbank.org/tables)

    1. Oui, on a vraiment besoin d’outils d’évaluation. Les subventions à l’installation des entreprises, dans le cadre de la concurrence organisée entre les régions, avec toutes les actions de publicité en rapport, là c’est pour le coup qu’on peut parler du « POGNON DE DINGUE ! » qui est mis là dedans, souvent en pure perte !

  3. Article très intéressant.
    Le socialisme n’a jamais eu la moindre chance de se développer aus USA. Mais cela peut changer, car les problèmes du pays sont d’une telle ampleur qu’un nombre croissant de gens se bat dos au mur contre les abbération du système économique américain. Le « rêve américian » ne fait plus recette, ne séduit plus grand monde. D’ailleurs, il y a déjà des mouvements isolés, individualistes, tels que le « minimalisme », ou le « down-seizing »……….
    Chose curieuse: on dirait que le président Macron vise à instaurer un gouvernement dirigiste voire autoritaire, mis au service de l’industrie et du commerce, des organismes financiers et des investisseurs; sympathise-t-il avec le dogme « trickle down », une pseudo-théorie qui tente de prendre des gens pour des imbéciles?

  4. USA :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partis_politiques_aux_États-Unis

    Europe :

    http://elections-en-europe.net/partis-politiques/

    France :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partis_et_mouvements_politiques_français

    Mais c’est vrai que la jeunesse est plus homogène . Enfin peut être .

    Puisqu’on tient déjà un jeune , reste plus qu’à en trouver 78 autres , maintenant qu’on sait que le financement ne fait pas tout .

      1. Ça aide beaucoup quand même .

        C’est par contre un peu chiant quand les nouveaux venus confondent « de nouveau » avec  » à nouveau » .

        Signé : un vieux qui n’accepte plus que le jugement des moins de trente ans .

      1. A relire , j’ai confondu corrompu et corrupteur , mais j’ai une excuse , c’est une maladie qui ne s’attrape et transmet qu’entre sujets ayant la même tare génétique , qu’elles soient receveurs ou donneurs .

    1. « Dopée », une « campagne dopée par Bayer », des « idées dopées par Bayer »… le « dopage idéologique »…un « politique dopé »

      L’idée de dopage est bonne je pense, car elle contient l’idée de corruption, de tricherie, et le terme peut aussi bien s’appliquer au monde des affaires, qu’au monde politique, à une organisation qu’à une personne.

      Le Tour de France : un microcosme toxique de la concurrence sur findutravail.net

  5. @timiota :
    En science, on parlerait de données améliorées ou enjolivées pour la démonstration (et non pourries, corrompues mais finalement erronées).
    Dans le contexte politique, je proposerais des élus et des campagnes « polluées de fric », droguées au fric, « fric-addict ». Mais cela me parait ou trop faible ou trop fort.
    Regardant les traducteurs web, on trouve aussi « ternies » (réputation), « salies ».
    On peut aussi estimer qu’on veut dire « manipulées » par le fric (malhonnêteté). Je propose encore « noircies », « obscurcies », « viciées ». Et, songeant au sport : « dopées par le fric ». Symboliquement, ce serait plus parlant comme référence.
    (Il y a une petite faute dans l’article : compagne au lieu de campagne).
    @Juanessy : puisqu’on tient déjà UNE jeune. (Quand je vois du masculin indu, je m’emporte…)

      1. On pourrait d’ailleurs reprendre à cette occasion l’idée d’une liste jeune -transnationale .

        Compte tenu des règles en cours , ça doit par contre supposer qu’on fédère des jeunes étrangers en France habilités à y voter .

        Mais pour le coup , ça ferait déjà « sens » .

      2. Et si des listes de même type ( et d’inspiration , ce serait encore mieux ) peuvent se constituer dans chaque pays d’Europe , c’est le début de quelque chose de grand et de repérable au parlement européen . .

        Soumis à tous les Erasmus .

        I have a dream .

  6. Bonjour,
    C’est vrai que cela mets du baume au cœur. Dans mes scenarios les plus noirs concernant les USA, j’oublie souvent le réveil de la jeunesse américaine. Alors pourquoi pas?
    Après tout, nos amis Américains ont la gâchette facile quand il s’agit de neutraliser des menaces extérieures mais qu’en sera t-il si cette menace est interne? Oseront ils tirer sur leur jeunesse?
    Maintenant la question que je me pose, est ce que cette jeunesse est prête à porter quelque chose de radicalement différent? Est elle prête à remettre en cause le capitalisme? Il est là le cœur du problème. Si on fait juste du gommage de misère , cela marchera un temps mais on retombera ensuite dans les mêmes travers.

  7. Ce qui m’a le plus frappé c’est que la presse – même la presse libérale (je n’ose pas dire de gauche) – évalue les candidats aux primaires puis à l’élection – y compris les candidats démocrates – en fonction du montant des sommes qu’ils ont pu recueillir et n’hésitent pas à décrire les moyens utilisés pour le faire (du genre repas à 10.000 $ le couvert.)

    Dans les faits tout se passe comme si il s’agissait d’une variante du suffrage universel (donc non censitaire) où le fric que les candidats recueillent doit permettre aux électeurs d’évaluer quel est le meilleur …

    Différence avec la France: chez nous les candidats font eux aussi n’importe quoi pour avoir du fric mais ils ont encore quelque peu honte des méthodes qu’ils utilisent.

  8. Le sujet de la corruption et du financement de la politique est certainement central. L’article se veut optimiste, mais je ne sais pas trop comment les Etats-Unis vont pouvoir s’en sortir avec leur système. C’est probablement sur ce thème que Clinton et les démocrates ont perdu, et qui a fait élire Trump. Et puis j’avoue qu’en tant qu’europeen j’ai un peu de mal avec la culture américaine que je trouve venale, et qui semble tout mesurer avec l’étalon dollars. Dis-moi combien tu gagnes, je te dirais qui tu es….L’oeuf et la poule ? Ou peut être que je me fais une idée fausse sur les USA ? Le problème aussi, c’est que ça semble contaminer la planète entière….

  9. Les activités politiques des frères Koch concernent les influences politique et financière de Charles et David Koch sur la politique aux États-Unis. Cette influence transparaît tant directement qu’indirectement au travers des multiples organisations politiques que soutiennent les frères Koch. Les frères Koch sont les fils de Fred C. Koch, fondateur des Koch Industries, la deuxième plus grande entreprise privée des États-Unis, qu’ils détiennent à 84%. Les deux frères sont aussi les principaux contributeurs des fondations de la famille Koch, qui servent leurs intérêts en matière environnementale et politique.

    Les deux frères ont significativement contribué à financer des think tanks libertariens et conservateurs. Leur réseau d’organisations a dépensé près de 889 millions de dollars entre 2009 et 2016 et il est comparé par Politico comme le principal rival du comité national républicain. Ils supportent activement des organisations qui soutiennent des candidats républicains, et en particulier ceux qui luttent pour la réduction de l’importance de l’État, la réduction des dépenses publiques, notamment en matière de santé avec la sécurité sociale. Dotés d’une fortune basée sur les énergies fossiles, ils sont également de fervents supporters des organisations et scientifiques notables capables de légitimer le climatoscepticisme, afin de pouvoir prolonger leurs activités d’extraction pétrolière avec la Koch Industries. Jusque 2010, ils ont également donné environ 100 millions de dollars à des dizaines d’organisations promouvant le libéralisme économique et la dérégulation des marchés.

    Les frères Koch sont également omniprésents directement dans la politique américaine. Ainsi en 2013, plus de la moitié du Sénat et de la chambre des représentants ont reçu de l’argent de la part d’un ou des deux frères. Cette contribution massive dans la politique change radicalement depuis le début des années 1990 les mesures prises, presque toujours servant les intérêts de la famille Koch. (Wikipedia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Activit%C3%A9s_politiques_des_fr%C3%A8res_Koch )

    Même s’ils ont poussé la chose jusqu’à l’extrême, le comportement des frères Koch n’est qu’un cas parmi beaucoup d’autre. La différence avec les autres pays est que l’influence que les milliardaires exercent sur la politique aux Etats-Unis est légale et bien documentée alors qu’ailleurs elle est censée ne pas exister et pour cette raison nettement plus difficile à décrire.

    Cet article de Marine Orange dans Médiapart, qui décrit les méthodes que les lobbies utilisent pour influencer les décisions prises à Bruxelles en utilisant les services des boites d’audit PWC, EY, KPMG et Deloitte, montre qu’effectivement l’Union Européenne a déjà été largement contaminée: https://www.mediapart.fr/journal/economie/100718/quand-les-big-four-ecrivent-les-regles-fiscales-de-l-europe

    1. Si ça n’était pas si dramatique ce serait très drôle : la situation est tellement désespérée, qu’à l’image de ces malheureux en phase terminale qui vont chercher la guérison chez des rebouteux, on se prend à croire en une possibilité démocratique parce qu’une jeune femme a réussi à battre un barbon politique dans une élection locale. Qu’elle réussira, armée de sa seule jeunesse et de son enthousiasme, à détruire la mainmise de l’argent sur la politique qu’incarnent si bien les frères Koch et le système des super PAC !

      La brève Lune de miel post-destructions de la 2nde GM est passée, et la jeune mariée « démocratie » découvre avec effroi le vrai visage de son mari « capitalisme ». Pour le dire vite, celui de Friedrich Hayek et d’Augusto Pinochet.

      Un cercle vicieux parfait où des politiques néolibérales non démocratiques alimentent une réaction « démocratique illibérale » (un nouvel oxymore qui rejoint sur la liste, celui ancien de démocratie-représentative).

      Dans les deux cas, pour le plus grand profit des puissances d’argent et au détriment des libertés. Bon, au moins la destination finale est-elle connue…

      1. La remarque n’est pas fausse , mais alors qui pour sortir du cercle vicieux ( ou du cadre , comme ce blog l’ambitionne avec ou sans jeunes ) ?

      2. Peut-être en commençant par remplacer le qui ? d’un personnage providentiel, par un comment ? collectif.

      3. Roberto, la ligne de base serait alors de souhaiter qu’un pays « ouvert » devienne plus attractifs que les pays « illibéraux » fermés pour que le balancier s’inverse.

        Pays fermés qui, pour l’instant, ont des arguments vis à vis de leur électorat (« regardez: ici, pas d’immigrés qui foutent la m…, c’est pas comme en face où ils ont accepté des ‘flux’… « ).

        Mais cela n’arrive pas dans un monde où le commerce va son bonhomme de chemin, 20 ans je libéralise, 15 ans je referme les frontières, et ça repart. Le reste s’appelle énergie, ressource, climat, et tous les flux vont se coupler (Ex: Bangladesh ou analogue : « pas d’énergie ou de PIB pour te construire des digues à ton pays ? envoie tes réfugiés climatiques chez plus pauvre que toi mais pas chez moi », variante avec sécheresse, etc.
        Le Qatar vient de faire la nique aux Saoudiens & Co en boostant son « autosuffisance » : il a importé veau vaches (pas cochons)et couvées, et de l’agriculture sans doute tripso-mephisto-ponique pour le désert. Il le fait grâce au tas de gaz sur lequel il est assis, telles sont les nouvelles courses des états entre eux, merci à MBS et Trump/Kushner de nous montrer enfin des vrais « manips » en économie, à l’échelle 1, voire 1.5 )

      4. Pour prendre une métaphore guerrière (désolé), ça n’est pas l’aviation talibane qui a vaincu la plus puissante armée du monde en Afghanistan, c’est avant tout la prise en compte du rapport de force et partant, le refus logique du cadre imposé par l’adversaire.

        Refus logique qui retranscrit dans un cadre strictement politique devrait nous faire refuser cette vaine espérance d’un retour de balancier démocratique. Car libéralisation débridée ou protectionnisme agressif, notre modèle de développement nous place sur une trajectoire intenable à +4/5° d’ici la fin du siècle. Bref, il faut à tout prix (et ça n’est pas qu’une image) nous sortir de la vision tactico-tactique où veut nous enfermer le capitalisme financiarisé et extractiviste dont tu donnes un parfait exemple avec le Qatar.

        Pour le dire en termes délicats et choisis, les riches sont les ennemis de la survie de l’Humanité puisque d’une manière ou d’une autre (néolibéralisme vs illibéralisme), ils empêchent par leur contrôle sur la sphère politique, tout changement de modèle économique.

        Maintenant qu’il est clair que la démocratie représentative est sous contrôle de l’argent, la question est donc de savoir comment détruire cette mainmise, quel nouveau cadre imposer, et comment le faire sans donner la possibilité au système actuel de se maintenir par la violence sous couvert de « défense de la démocratie ».

      5. Mon qui , n’était pas riquiqui au point d’être une personne !

        Je note cependant que les réunions de qui actuelles n’ont pas encore , et assez largement ,réuni de quoi faire majorité , et qu’il manque un coup de sang trans-partisan qui pourrait donner l’énergie pour le changement d’orbite .

        Si ce changement doit être de sensibilité humaine et humaniste , la jeunesse reste la dynamite la plus sure .

        Si l’on pense que les rouages sont trop lourds , il n’y a plus que le fil de l’eau de l’autoadaptation du système sous des contraintes physiques , climatiques , d’intérêts égoïstes et immédiats , une société , qu’elle soit capitaliste ou autocratique , dirigée et sous contrôle au bénéfice de la majorité dans e meilleur des cas .

      6. Reste que l’expérience nous prouve que dans un monde financiarisé et globalisé les rassemblements trans-partisans qui réussissent par s’imposer, finissent toujours par rentrer dans le rang en oubliant, sous couvert de réalisme et de pragmatisme, les promesses faites. Et en augmentant d’autant plus la frustration et la tentation de jeter le bébé démocratie avec l’eau du bain politicienne…

      7. – détruire la main mise : Oui .

        – nouveau cadre : Oui .

        – nouveau cadre imposé : Non ( ça revient à ne pas changer de cadre …) .

      8. nouveau cadre imposé : Non

        Ne pas inverser l’ordre des choses, jusqu’à preuve du contraire c’est bien le néolibéralisme qui impose sa volonté contre le souhait et les aspirations des peuples. Même si je conçois que d’un point de vue philosophique, imposer une politique du bien commun puisse être considéré comme une violence faite aux riches.

        Mais vous avez raison, le problème de la violence se pose du seul fait des cliquets disposés par le capitalisme. La question serait donc plutôt celle de la gestion de la violence et de son utilisation a minima.

      9. La vertu et le bien , ça ne se négocient pas , et je ne sais pas ce que veut dire violence « a minima » .

        Enfin un peu , si !…. au moins sur des sujets mineurs où la force opposée à la violence d’une minorité peut autoriser la survie et le bien être du groupe , en gardant le sens de la mesure .

        La violence peut aussi a contrario être l’issue quand le groupe n’a que la perspective de la souffrance et de la mort assurée « imposée » par ses bourreaux . L’histoire en donne quelques exemples .

        Je n’ai pas encore l’impression que la catastrophe climatique en cours soit clairement imputée à des bourreaux repérables , ni même que ce soit encore majoritairement perçu comme une catastrophe par une part significative de la population mondiale , pour susciter cette « révolte » ( où les révoltés sont d’ailleurs en partie responsables de la situation en tant que consommateurs ).

        Il me semble , à ce point , que partager un cadre vertueux évite que son « imposition » le tue avant même qu’il soit né .

        Seule la jeunesse est fondée à faire « péter les boîtes » si elle juge qu’elle n’a plus d’avenir …. ou à porter le nouveau cadre .

      10. Violence « a minima » veut dire dans mon esprit, la stricte quantité de violence à appliquer pour pouvoir atteindre son objectif, ce qui rejoint votre expression du sens de la mesure.

        D’autant plus, que bien prétentieux est celui qui peut prétendre à maitriser totalement la violence, les risques de montée aux extrêmes étant bien présents et utilisés de manière systématique par les extrémistes de tout poil (y compris donc en costume-cravate et limousine de fonction).

        Pour la catastrophe climatique en cours, il est simplissime de repérer les responsables. Dans le cas français, par une extraordinaire coïncidence sans doute, la liste se confond avec celle des entreprises du CAC40.

      11. Vos certitudes ciblées n’engagent que vous , que ce soit regrettable ou pas .

        La violence justifiée par l’objectif , c’est une autre formulation pour « la fin justifie les moyens  » . J’ai déjà exprimé ce que ça m’inspire .

        Pour le sens de la mesure , j’avais une citation d’Oscar Wilde en tête , mais elle risque d’être mal interprétée .

        Juste rappeler qu’avec le fameux  » Gnothi seauton  » socratique , il y a aussi le « jamais trop  » pour rendre aux grecs ce qui n’appartient pas à Confucius ( mais je connais moins bien Confucius ) . Avec l’âge , je me suis aperçu que les deux préceptes ne valaient rien l’un sans l’autre , deux préceptes qui ne sont pas les qualités premières de la jeunesse éternelle .

      12. Mes certitudes sont celles du GIEC et relèvent des limites physiques de notre planète : la réalité c’est quand on se cogne, et c’est valable pour tout le monde, y compris les autruches.

        Et nier la violence du néolibéralisme me semble être une aussi mauvaise idée que de nier la totale et entière responsabilité des transnationales dans la sixième extinction en court.
        Violence il y a, contre les individus, les sociétés et la nature en générale. Une violence que le dialogue des fous entre néolibéraux et démocrates illibéraux ne peut qu’exacerber.

        Aucun espoir pour l’espèce de survivre bien longtemps dans un tel cadre.

      13. Oui, se débarrasser du capitalisme est une question de survie. Vous pouvez donc me ranger dans la même catégorie de fous furieux irréalistes (et dangereux bien sûr !) que notre hôte.

      14. C’est vrai si l’on parle de mouvements trans-partisan structurés . Mais je ne crois pas que la jeunesse se reconnaisse jamais dans une structure .

        Elle se reconnait dans un élan du cœur ( ce que j’ai appelé dynamite ), dans le sens de la vie .Je prends la conclusion de l’article de presse rapporté par ailleurs , comme un confortement de cette intuition .

        C’est forcément éphémère , mais ça fait « unanimité » qui transperce les partis . C’est en ce « sens » que je parlais de « sang trans-partisan » .

        Et à défaut d’être suffisant , ça me semble nécessaire pour  » changer d’orbite  » .

        D’autant que lorsque la jeunesse fait sens , les plus vieux se reconnaissent et moulinent .

      15. Nécessaire certainement, mais jusqu’à présent totalement insuffisant, hélas, pour combattre la force des cliquets. Il suffit de voir le résultat des élections qui suivirent Occupy et Nuit Debout…

      16. La  » jeunesse » d’occupy et nuit debout était éminemment intéressante et passionnante ( et une partie est encore là ) , mais loin de porter un élan initial de toute la jeunesse en tant que force vitale , « du corps » , qui fasse sens .

        La spontanéité explosive avec masse critique , vers  » autre chose » , ça ne se commande ou mégote pas .

      17. La jeunesse est comme l’ensemble de la société française, divisée. Mais même à imaginer un élan initial de toute la jeunesse en tant que force vitale, « du corps »,, qui fasse sens, tout cela restera sans structure au stade de jacqueries hautement récupérables politiquement (on imagine déjà les discours martiaux, la peur comme argument, et la récupération de l’extrême droite).

        La structure est me semble-t-il absolument nécessaire pour diriger et contrôler l’énergie sociale (et je ne parle pas de la Fédération Française de Football !!).

      18. Pas de souci : on trouve toujours quelques uns pour « structurer » .

        C’est comme les réunions de « modernisation » . Il y a toujours du monde pour parler du contenant , peu de monde pour parler du contenu , et personne pour exprimer la raison de tout ça ! On voit les résultats .

        Octobre est d’accord avec moi .

      19. on trouve toujours quelques uns pour « structurer »

        Oh que oui ! À commencer par les aficionados d’Hayek ou de Pinochet qui n’attendent que l’occasion !

        C’est pourquoi il serait bon de réfléchir à la structure démocratique avant l’explosion, après il risque d’être trop tard.

      20. Je n’ai pas d’inquiétude là dessus . Il y a toujours des écuries ,démocratiques ou pas, pour récupérer l’énergie qui passe . Il y a des équipes dédiées à ça . Ça , ça a peu de probabilités de changer .

        Mais ça ne change rien au fait que le détonateur est nécessaire pour changer les électrons d’orbite .

        Je peux par contre être d’accord que la nouvelle orbite sera d’autant plus vertueuse que le détonateur aura bien apprécié le « nouveau » qui l’inspire suffisamment sans retomber dans les mêmes vices de fabrication .

        Et c’est pour ça qu’il m’arrive de parler des propriété(s) et de pouvoir(s) .

      21. Le problème étant que les écuries non-démocratiques ont déjà leur programmes prêts (et testés sur plus d’un siècle et plusieurs continents), alors que l’on ne voit rien poindre de structuré concernant une véritable démocratie participative où l’intérêt commun s’impose après délibération.

        Ce qui nous ramène au début de notre échange : le problème du verrou de l’argent et sa mainmise sur les gouvernements, celui d’une démocratie « représentative » de l’argent.

        Impulser dans ce cadre de l’énergie aux électrons ne sert strictement à rien. Trop d’énergie et c’est le noyau atomique qui entre en fission (comprendre le retour de l’Ordre), pas assez, et après émission d’un photon (comprendre le programme ou le candidat qui va changer les choses), l’électron retombe à son niveau d’énergie initiale.

        Je ne vois pas d’autre solution à cette mainmise de l’argent, qu’un contrôle démocratique direct sur les élus pour les empêcher de prendre des décisions allant à l’encontre de l’intérêt général et de la survie de l’espèce.

      22. Pourquoi pas , mais ( je n’avais pas fait tout de suite le rapprochement ..docteur ! ), il faut se montrer moins petit bricoleur pour dessiner la démocratie directe , et en faire autre chose que la dictature irresponsable de la somme des caprices des « like ou pas » .Certains y ont travaillé dans quelques écuries , mais on est très loin de la solution .

        Et traiter absolument, nécessairement et simultanément , du sort de(s) la propriété(s) . Qui , en soi , est un chantier démocratique qui mérite d’être balisé . Je me suis même mouillé de dire que c’était la seule et unique bonne raison de penser à une Constituante , dont il n’est d’ailleurs pas sure qu’elle puisse n’être que nationale , comme 2005 l’a montré par effet contraire .

      23. Curieux rapprochement que celui de la Constituante et des likes de nos réseaux sociaux. J’avoue que je n’y aurais pas pensé ! Mais oui, la Constituante et des moyens de contrôle directs sur les élus me semblent être la seule solution viable pour refonder un destin commun. Et dans ce cas, je suis même d’avis que la contagion révolutionnaire pourrait bien toucher l’ensemble du continent, car c’est naturellement à ce niveau qu’il faut agir pour avoir du poids dans la marche chaotique du monde. J’utilise à dessein le mot de « révolutionnaire », car c’est bien de cela qu’il s’agit. Si la démocratie directe est bien comme la vitesse de la lumière, à savoir que l’on peut s’en approcher indéfiniment sans jamais pouvoir l’atteindre, pouvoir s’opposer aux décisions d’une infime minorité pour imposer la volonté commune constituerait une formidable accélération de la démocratisation de nos sociétés. Et les chantiers sont innombrables : du droit de propriété qui fait que l’on a le droit de détruire des emplois plutôt que de vendre à un concurrent, à l’éducation citoyenne, ou à la mainmise des tycoons sur les médias, tout est à reconstruire.

        Aujourd’hui l’ineffable M Junker a bien raison de souligner qu’il n’y a pas de démocratie contre les traités qui sont écrits sous la dictée des grands groupes et cabinets d’audit, et M Macron aurait bien tort de se priver de commander directement à l’exécutif et de dire où voter au législatif.

        Je ne vois pas d’autres moyens que la démocratie directe pour s’opposer à ces… heu, comment le dire poliment ? gens malhonnêtes et non-démocrates ?

      24. Dans l’ordre :

        1- je confrontais like des réseaux sociaux à « démocratie directe » , parce que si la démocratie c’est les réseaux sociaux , il vaut mieux s’arrêter là tout de suite .

        2- quand on commence à avoir eu un débat assez large sur ce que pourrait être une « démocratie directe » ou en tous cas sur les questions et enjeux qu’elle pose et résout , on peut aller valablement à une Constituante .

        3- ça n’a aucune portée de faire une Constituante uniquement sur l’enjeu « démocratie directe », si on ne commence pas par mettre en débat , et par ne pas raconter trop de conneries , sur la  » propriété sacralisée dans la DDHC  » qui est en attendu et préambule de la Constitution . Car le vrai « changement de paradigme » , il est là , dans la remise à plat de ce paramètre qui est la clé de voûte du Libéralisme , ce Libéralisme qu’il faut remettre en cause parce qu’il est le système philosophique efficace d’une mauvaise société , le seul qui tienne aujourd’hui debout en camouflant nos contradictions, pour faire enfin le système philosophique efficace d’une bonne société.

        Tout ça suppose que la finalité sociale , « l’idéal » commun , soit suffisamment « Codée » pour que les individus s’y retrouvent et le comprennent .C’est l’Histoire de ce siècle .

        Sous les contraintes du soliton et du temps qui passe .

        C’est dire si on a besoin de toutes les forces , jeunes en particulier , pour forger les réponses qui ne soient pas des amusements de comptoirs nationaux .

      25. Confondre la démocratie avec les réseaux sociaux des Intaxables ? Et pourquoi pas la liberté avec la consommation ou le foot avec le patriotisme ? Je pars du principe que l’idée est totalement incongrue pour les lecteurs de ce blog.

        Et pour ce qui est de la Constituante, pourquoi ne pas imaginer reprendre au niveau départemental l’ancien système des cahiers de doléances qui permettrait de faire un premier trie et de hiérarchiser les priorités exprimées ?

        Mais dans tous les cas, la démocratie directe et les différentes formes qu’elle peut prendre me semble être la seule solution pour désarmer le pouvoir de l’argent. Sans cela, on pourra réécrire une nouvelle Constitution tous les ans que cela restera comme vous le dites plaisamment, qu’un amusement de comptoirs nationaux, vite balayé par la corruption systémique.

      26. Votre réponse, que je partage, fait partie du quoi (et le quoi, quoi-faire est multiple). La démocratie directe appartient à la sphère du comment (le faire).

      27. Pour moi , absolument pas séparable , quand on en est à un changement tel que nécessaire .

        C’est apparemment ce qui continue à nous séparer , avec aussi le temps et le sérieux à consacrer à l’élaboration des dossiers et leur partage international , pour ne pas être son propre principal adversaire .

        Mais si personne n’en veut , il faudra bien faire semblant de jouer , pour être un esclave pas trop délabré .

      28. Heu, sans vouloir être désobligeant, vous vous méprenez à nouveau. Comment pouvez-vous imaginer un seul instant que l’on puisse vouloir séparer le quoi et le comment, les objectifs et les moyens ?

    2. Je n’ai vu nulle part que la population mondiale se soit emparée d’un même élan des certitudes du GIEC qui sont aussi les miennes , et surtout en faire le lien certain qu’il y a entre dégradation de la planète et système économique .En tous cas , pas encore . On peut le regretter , mais c’est comme ça .

      Je laisse le taulier dire s’il s’identifie à vous , ou à moi qui , pour avoir la même fin , ne prétend pas avoir la clé évidente du chemin à parcourir , ou seulement à lui même .

      Le monde ne s’arrête pas ( et ne fonctionne pas éternellement comme ) au prince et encore moins au philosophe , professionnel ou amateur .

      1. Tout comme la population mondiale ne s’est pas emparée d’un seul élan des certitudes de la NASA quant à la réalité des missions Apollo ou de celles des paléontologues quant à la non-existence d’un dinosaure aquatique dans les eaux du Loch Ness.

        Allez, comme vous insistez, je vous livre une autre certitude : les pauvres sont fait exactement du même bois que les riches. Pour eux demain n’existe pas et la réalisation du plaisir immédiat (une coupe du Monde de foot pour les uns ou le dernier joujou à X millions pour les autres), l’emporte sur toute autre considération.

        Et décidément, vous inversez encore les choses, c’est moi qui partage les idées que Paul Jorion a développé ici et dans ses livres. Il ne vous aura quand même pas échappé que la phrase « se débarrasser du capitalisme est une question de survie » n’est pas de moi ?

        Et bien sûr le monde ne s’arrête pas. Ou plutôt il s’arrêtera quand notre étoile entamera sa phase de géante rouge. D’ici-là les espèces continueront à apparaitre, à se développer, à se diversifier, et… à disparaitre.

        Notre seule originalité dans le tableau risquant fort de se résumer à la rapidité de notre passage sur scène avant notre suicide.

      2. Pourquoi voulez vous assurez tout seul et par tous moyens la survie des riches et des pauvres que vous méprisez ?

      3. Si vous êtes de bonne foi, et seulement si, il vous suffit de relire calmement mes commentaires pour vous apercevoir que vous me prêtez des intentions et des pensées qui ne sont pas miennes.

      4. Et pour preuve définitive que je ne suis en rien méprisant ou par trop pessimiste, je garde espoir que vous puissiez correctement interpréter mes commentaires, et ce dès la première lecture !

      5. Je promets de faire des efforts sous contrôle du taulier .

        Mais les jeunes alors , qu’en pensez vous ?

        Mi temps et pause pour les vieux , je vais boire une bière .

      6. À votre santé !

        Les jeunes ? J’ai toujours eu du mal avec cette idée qui tend à séparer les âges de la vie comme s’il s’agissait d’espèces différentes. Comme tout le monde je connais des jeunes-vieux (les ex-jeunes giscardiens ou les nouveaux jeunes macroniens), et des vieux-jeunes-qui-sont-libres-dans-leur-tête.

        Mais il est vrai qu’en période de campagne électorale les politiciens professionnels préfèrent faire de loin la tournée des maisons de retraite plutôt que celle des MJC. Non seulement il y a moins de coups à prendre, mais les statistiques sont formelles, plus on avance en âge, plus on vote. La surreprésentation des électeurs âgés n’étant que le reflet de la démotivation des jeunes pour la démocratie « représentative ».

        http://www.slate.fr/story/115675/politique-francaise-verrouillee-vote-seniors

      7. Finalement , je ne sais plus bien pour qui vous vous battez , et sur qui vous comptez .

        Si je peux partager l’évidence qu’on peut être jeune et vieux dans sa tête , ou vieux et jeune dans sa tête , je me garderai bien , sans mise à l’épreuve du terrain, de dire qui correspond à ces travers , en collant trop tôt une étiquette .

        Une tendance malgré tout ( cf le début du billet sur « la jeunesse , à ou de nouveau » ), à considérer qu’il y a largement plus de jeunes-jeunes que de vieux -jeunes , et que les premiers , même s’ils se trompent engagent « leur » avenir plus surement que celui des seconds .

        Pas trouver de bière au frigo …

      8. Je ne suis pas sûr que le terme de combattant puisse s’appliquer à quelqu’un qui écrit comme moi quelques lignes de commentaires. Pour mériter le titre, il faut être visible médiatiquement, écrire des livres, passer à la télé ou à la radio, etc…

        Quant à savoir si je compte sur quelqu’un ou quelque chose, en supposant que la réponse intéresse quelqu’un, disons que si nous échouons à nous survivre, eh bien la faute nous incombera totalement. Nulle météorite à maudire, juste notre incapacité à nous humaniser, et peu importe que l’on soit jeunes-jeunes, vieux-jeunes, jeunes-vieux ou vieux-vieux. Une espèce qui réussit est une espèce qui a une descendance, tout le reste est littérature.

      9. C’est tout le problème. On sait, on voit l’évidence fatale, et rien ! On persiste à vouloir améliorer ce qui a si bien échoué, à résoudre le problème avec ceux qui l’ont créé.

        Y’a une licorne rose invisible dans la salle ?

      10. Au pire , je préfère une LRI confondue avec un jeune de chair et d’os , plutôt qu’avec « la démocratie directe » .

        Mais c’est vrai que « l’homme  » de Diogène le cynique a été interprété sur deux modes différents .

      11. Oui, c’est tellement plus simple de déléguer ses responsabilités. C’est d’ailleurs un des nombreux principes humanistes du néolibéralisme: vive la jeunesse entreprenante (et responsable) qui saura se débrouiller avec le paradis terrestre que nous leur léguerons !

      12. S’il s’agissait de ce que vous dites ( démerdez vous les jeunes , nous on ne sait plus faire ) , ce blog n’aurait plus de raison d’être , et je n’aurais pas mis le taulier dans ma liste des 79 pour les européennes !

        Je note avec lui que si les plus tout à fait jeunes commencent , petit à petit , à repérer et dire ce qu’il faudrait faire , « l’environnement en place  » n’a pas beaucoup de répondant , et que les donateurs mensuels ne feront pas une troupe bien impressionnante pour renverser la Bastille et Wall Street .

        Si de plus la jeunesse n’en voulait pas , je me demande bien ce que Roberto et Juannessy auraient comme légitimité pour continuer à s’étriper ici .

      13. Encore une méprise de votre part, décidément ! Je ne « m’étripe » pas avec vous, j’échange des idées en essayant de les étayer et en espérant qu’elles seront utiles à d’autres, quelles soient acceptées ou rejetées d’ailleurs. Bref, si je ne crois pas vraiment en la Licorne Rose Invisible ou à la supériorité d’une classe d’âge sur l’autre, je place mes espoirs dans l’immortalité des mèmes.

        PS : et il fallait lire « démerdez-vous les jeunes avec ce qu’on vous laisse, nous on en a bien profité… »

      14. Pas de méprise , ni de mépris non plus , quand je dis « étripage » , c’est que ,sans être méridional , les mots forts me viennent plus facilement que la guimauve quand je discute .

        Et ça garde les lecteurs réveillés .

      15. Ah? Le principe BFMTV pour garder l’attention des consommateurs ? Bon, pourquoi pas, si ça vous fait plaisir.

      16. C’est pas un principe , je suis comme ça depuis tout petit .

        Ma sœur aussi . Qu’est ce qu’on a pu se mettre comme peignées !

        Mais on continue à bien s’aimer , ainsi qu’avec mon frère plus jeune, qui se garait pour échapper aux flèches . Les épreuves traversées ensemble , ça met tout en place.

    3. Dans la conception , j’entends bien .

      Dans l’action , je n’ai vu dans vos exposés ici et ailleurs , que la « démocratie directe » mise sur la table en terme de revendication immédiate d’ailleurs , là où je la mets d’abord en débat porté et organisé par des structures multiples et contradictoires ( les cahiers de doléances sont un apport nécessaire mais la plus value est dans le débat forcément long et hiérarchisé , et rien n’est plus simple que de planter une démarche par la complexité infinie des données . Je le sais , je l’ai fait en d’autres domaines !)

      Et la première façon de rendre significatifs des cahiers de doléances éventuels , c’est de mettre la propriété dans la corbeille dès l’amont de l’appel à contribution .

      D’abord et surtout , sinon on peut se contenter des élections et demandes de bon d’essence gratuit habituelles .

      1. Il est faux de dire que j’ai posé sur la table la démocratie directe en tant que revendication immédiate. Nulle revendication de ma part, mais le souci d’essayer de démontrer que c’est le seul moyen de contrer la toile de la corruption systémique de l’argent qui s’étend dans toutes nos organisations politiques, quelles que soient leurs échelles.
        Et incidemment, le seul moyen de nous sortir du dialogue mortel entre néolibéralisme anti-démocratique et démocratie illibérale.

        Et au vu de la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons, est-il utile de rappeler que devant la complexité infinie des données, qu’aucune démarche aussi longue fut-elle ne saurait réduire, il vaut mieux une solution acceptable tout de suite, qu’une solution parfaite quand il sera trop tard ?

      2. Heu…, je ne pense pas non. Trump et moi n’avons certainement pas la même définition de ce qui est acceptable. Ça peut sans doute paraitre aussi ridicule qu’incompréhensible aux yeux de certains, mais se faire le chantre du négationnisme climatique pour booster son PIB pendant quelques temps et cela au détriment des écosystèmes, rentre pour moi dans la catégorie du totalement inacceptable.

        On a ses pudeurs !

      3. Je veux dire que c’est comme ça qu’il « raisonne » : faire d’abord ce qui est bon pour moi , et le reste suivra ou pas , je m’en fous .

  10. Une occasion pour découvrir ou relire « Une histoire populaire des États-Unis »
    ___________________________________________________________________________________
    …/… Une histoire populaire des États-Unis est un livre écrit par l’historien et politologue Howard Zinn en 1980. Dans ce livre, Zinn cherche à montrer une vision alternative de l’histoire des États-Unis loin des mythes des pères fondateurs et plus près de la difficile réalité du peuple. Selon l’auteur, l’histoire de son pays est, dans une large mesure, l’exploitation d’une majorité par une élite minoritaire.

    Une histoire populaire est devenu un manuel pour les cours d’histoire dans beaucoup de lycées et d’universités à travers les États-Unis. Il a aussi été désigné comme une œuvre historique, contenant des faits importants et méconnus de la population. Ce livre a également donné lieu à un changement de l’objet de travaux historiques, qui comprend maintenant des histoires qui étaient auparavant ignorés, d’une façon assumée dans certains cas, par les autorités. Cette censure compte également avec le soutien et la complicité des riches industriels qui ont un intérêt à cacher ces événements, notamment les grèves des mineurs et des travailleurs immigrés parmi tant d’autres mouvements sociaux réduits au silence par la violence.

    Le livre a gagné le second prix du National Book Award en 1980. Il a souvent été réécrit sous une édition plus récente jusqu’à 2005. En 2003, Zinn a reçu le Prix des Amis du Monde diplomatique pour la version française de son livre. Plus de deux millions d’exemplaires ont été vendus. …/…

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_histoire_populaire_des_%C3%89tats-Unis

  11. @Roberto Boulant (12/7 à 11h34) écrit :
    … » Maintenant qu’il est clair que la démocratie représentative est sous contrôle de l’argent, la question est donc de savoir comment détruire cette mainmise, quel nouveau cadre imposer, et comment le faire sans donner la possibilité au système actuel de se maintenir par la violence sous couvert de « défense de la démocratie ».

    Merci de l’avoir écrit aussi concisément.. Comme « il ne semble pas y avoir de copiryght.. °(^!^)°.. » , permettez-en l’utilisation à bon escient..

    Ce qui n’empêche pas de se rendre compte que l’Assemblée française pléthoriquement « presse-bouton » [[..mise en place tragiquement par emballement « dégagiste » irréfléchi de la population des votants aux législatives 2017, imprudents quant aux perverses conséquences d’une confirmation raz de marée de l’élection préalablement enregistrée d’E.Macron..]], est en train d’entériner l’ensemble législatif (loi sur le « quasi »-état d’urgence , loi sur les « fake nieuws , etc..à venir) habilitant formellement CE pouvoir réactionnaire aux pires putatifs excès… sous le couvert de la Loi…
    Et tout cela malgré l’écho bien documenté du (contre)-exemple polonais…. !

  12. @Paul Jorion :

    Puisque les billets invités semblent de retour , pourquoi ne pas inviter un billet d’un jeune et qui ne serait ouvert qu’aux commentaires des moins de trente ans ( un peu délicat à vérifier ) !

  13. « tainted », on peut pinailler, c’est bien de pinailler lorsque il y a matière.

    Plus problématique, le « insurgent » de « insurgent candidates », pour un français « candidat insurgé » ne veut rien dire: il faudra mettre une belle note du traducteur en bas de page

    Même une traduction comme « Frondeur », ce qui est rigoureusement le sens du mot « insurgent »(1) n’est pas appropriée puisque cette dame ne fait pas partie du Parti Démocrate même si le texte esquisse une parenté spirituelle avec Sanders, qui lui était un indépendant-Démocrate.

    Insurrection, révolution, ça me semble un peu précipité quand même.. au long cours peut-être.

    (1) Webster : »one who acts contrary to the policies and decisions of one’s own political party « 

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