Gilets jaunes : protestataires et techniciens, le 25 avril 2019 – Retranscription

Retranscription de Gilets jaunes : protestataires et techniciens, le 25 avril 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le jeudi 25 avril 2019 et mon billet va s’appeler « Gilets jaunes : protestataires et techniciens ». Et, bizarrement, ce billet, c’est le billet par lequel je vais vous remercier, comme vous allez l’entendre, pour le soutien que vous m’avez apporté à cette idée, un peu folle a posteriori, que je me présente quelque part sur une liste pour me faire élire, si possible, grâce à vos votes, au Parlement européen.

Vous avez vu la tactique que j’ai utilisée. « Tactique », c’est un mot qui suggère qu’il y avait des intentions mauvaises, non, le but était que je sois élu au Parlement européen et je me suis rallié au mouvement qui me paraissait le plus proche de mes vues, à ce moment-là. C’était Place Publique qui s’était donné pour but d’essayer de rassembler une gauche à la place où il y avait autrefois un grand Parti socialiste en France.

Alors, je me suis présenté à l’intérieur du système. J’ai participé aux réunions locales à Vannes, où j’habite. Je me suis même joint à Claire Nouvian dans une réunion publique à Lille, parce que j’avais l’occasion d’être par là. J’ai présenté ma candidature dans le Morbihan et les gens du Morbihan ont eu l’amabilité de me nommer candidat. Ensuite, je ne suis pas apparu sur la liste finale. Et, vous allez comprendre tout de suite, maintenant, mon histoire de Gilets jaunes, protestataires et techniciens.

Mais avant, il faut que je fasse une petite introduction. Je suis en train de préparer une allocution  à propos de l’œuvre de M. Andrew Feenberg °. M. Andrew Feenberg est un Américain si j’ai bon souvenir [correct, même s’il travaille à Vancouver au Canada]. Je l’ai connu il y a une trentaine d’année à La Jolla [San Diego] parce qu’il était un ami de mon épouse à l’époque. C’est purement anecdotique mais c’est simplement l’explication pourquoi je le connais depuis longtemps, et c’est quelqu’un qui réfléchit sur la technique dans une perspective que l’on peut dire marxiste ou en tout cas très proche de l’École de Francfort, et il réfléchit aux questions de la technique et des rapports entre les gens : la technologie telle qu’on la produit, les gens qui l’utilisent, etc. Et, il a une réflexion très intéressante – et c’est là que les protestataires et les techniciens apparaissent -, c’est que les technologies que nous avons, elles sont inventées par des techniciens qui sont des gens qui situent les choses dans une rationalité de moyens mis en œuvre, qui ne réfléchissent pas nécessairement beaucoup aux objectifs ou aux valeurs que l’on essaye de mettre en place et puis, il y a les gens à qui l’on va imposer ça, on va le leur proposer et ceux-là font toujours apparaître que la technologie n’est pas véritablement adaptée, qu’elle est dangereuse, qu’il y a des choses auxquelles nous n’avons pas pensé, que le nucléaire civil, c’est une idée géniale de techniciens mais que, dans la réalité, c’est beaucoup trop dangereux et ainsi de suite. Donc, des techniciens d’un côté qui ne réfléchissent pas trop aux tenants et aux aboutissants, uniquement aux moyens à mettre en œuvre et comment réaliser la tâche et, de l’autre côté, vont apparaître dans les populations des protestataires qui diront « Votre truc ne marche pas ! ». Et cela peut conduire à l’élimination totale du produit mais c’est très rare. En fait, on va se mettre d’accord sur les moyens d’améliorer le produit.

Alors, quand on regarde les choses de ce point de vue-là, je m’aperçois que c’est une grille d’analyse que l’on peut appliquer aussi à la finance, à l’économie. Il y a des techniciens plus ou moins coupés de la réalité qui vous inventent des trucs et puis, il y a les gens autour qui disent « C’est dégueulasse votre machin », etc. Et on proteste. Et par rapport à ça, si vous pensez au mouvement Place Publique, et si vous regardez la liste finalement qui a été proposée à votre vote comme étant la liste finale de Place Publique, vous vous souvenez sans doute que c’est une liste où on a ajouté quelques noms (il y a pas mal de gens qui ont disparu parce qu’il y a eu pas mal de tiraillements, je ne vous cache rien, je ne vous apprends rien que vous ne sachiez déjà), mais ça prend son départ dans ce qui est tout au début : une liste de « porteurs de causes ». Ensuite, cette liste de « porteurs de causes » s’étoffe jusqu’à ce que l’on retrouve, si j’ai bon souvenir, un lycéen qui n’est pas content d’une chose ou d’une autre.

Et qu’est-ce que c’est ces « porteurs de causes » ? Quand vous lisez la description de ces « porteurs de causes », eh bien, vous vous apercevez que c’est une liste non pas de techniciens mais de protestataires. Je ne veux pas dire que ce soient des gens qui ne font pas correctement leur métier. Ils le font probablement, mais ce ne sont pas des techniciens. Ce sont des gens qui sont surtout, je dirais, conscients des problèmes que cela pose.

Et donc, vous avez une liste de personnes qui se constitue, et ça (j’ai entendu ce reproche autour de moi, dans vos commentaires), tout cela ne fait pas un tout. Ce sont des gens qui protestent contre ceci, cela, etc., ici ou là. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas protester. Je viens de vous expliquer comment notre système marche. Mais je crois que de manière très typique, tout ça s’est conçu à partir de cette idée dont est porteuse Claire Nouvian, grande défenseuse des fonds sous-marins, que nous sommes en guerre contre les lobbies.

Là, vous le savez, j’ai déjà réagi à cette idée-là. Je vous ai dit : « Qu’est-ce que c’est que les lobbies ? Les lobbies sont apparus au moment où des entreprises sont devenues aussi grosses que les États et qu’elles se sont constituées l’équivalent d’un corps diplomatique. Entre les entreprises et la société civile comme on le dit, ou les États, il y a le corps diplomatique des grosses entreprises, que l’on appelle les lobbies. »

Vous allez comprendre le problème. Quand il y a un différend qui éclate entre deux États, il se passe deux choses. Le chef d’un des États appelle l’ambassadeur de l’autre pour des consultations et si ça tourne vraiment mal, il le renvoie chez lui mais ça c’est souvent un prélude à la guerre donc on évite ça. Il y a des discussions entre les chefs d’État et les ambassadeurs, diplomates, consuls, etc. du pays avec lequel on a un problème. Et pendant ce temps-là, dans la rue, que fait la foule ? Elle va mettre le feu à l’ambassade ou au consulat ou aux deux et ainsi de suite. C’est-à-dire que les protestataires ne discutent pas avec les techniciens, ils sont en guerre contre les lobbies. Quand ce n’est pas des ambassades et que ce sont des entreprises, c’est contre les lobbies, c’est de la protestation.

Le problème de notre société, et là j’arrive aux Gilets jaunes, c’est que le fossé se creuse entre les gens qui se considèrent d’un côté comme des techniciens, et les gens qui se considèrent comme des protestataires. Quand le dialogue n’existe plus, quand la polarisation est telle que l’on en arrive aux mains, il y a des révolutions. Cela veut dire que l’on n’est plus arrivé à s’entendre, on n’a plus compris de part et d’autre de quoi il s’agissait. En temps normaux, il y a un dialogue et ce dialogue est facilité par des gens que l’on appelle des lanceurs d’alerte. C’est quoi des lanceurs d’alerte ? Ce sont des gens qui sont à la fois protestataires et techniciens. Ce sont les gens de l’intérieur mais qui ne sont pas contents. En américain, on appelle ça « a disgruntled employee ». C’est une expression classique pour essayer de disqualifier quelqu’un qui conteste la manière dont cela fonctionne dans une entreprise. « Oui, c’est un employé mécontent ». Pourquoi ? « Parce qu’il est en instance de divorce, parce que sa fille ceci, parce que sa cousine… » et ainsi de suite. On essaye d’éliminer l’idée qu’il pourrait y avoir des techniciens qui soient eux-mêmes des protestataires. Pourquoi est-ce que ce sont des gens particulièrement dangereux ? Parce qu’ils comprennent les tenants et les aboutissants et ils savent pourquoi il faut protester, ils savent – quand on veut changer quelque chose – à quel endroit il faudrait le faire.

Vous m’avez reconnu. Je ne suis pas nécessairement connu comme « lanceur d’alerte » mais je suis quelqu’un qui, dans deux domaines, l’intelligence artificielle à une époque et, surtout, la finance, a été ou est toujours un protestataire technicien ou un technicien protestataire. C’est pour ça que ce n’est pas pisser dans un violon, ce n’est pas perdre son temps comme vous me le dites parfois quand on me demande, M. Attali, de faire partie de la Commission sur l’économie positive, ou quand le gouvernement belge me demande de faire partie d’une Commission de 8 experts sur l’avenir du secteur financier en Belgique, ce n’est pas une perte de temps. Ne me dites pas : « Oui, mais nous, on est les protestataires, on ne veut pas que vous alliez discuter avec ces gens-là ! etc. ». Non, non : j’ai la possibilité d’être à la fois acteur et interprète : je comprends le langage des deux. Je comprends le langage des protestataires, j’en suis un, mais je comprends aussi le langage des techniciens, j’en suis un. Quand je me trouve dans la commission pour l’avenir du secteur financier en Belgique, il est arrivé dans la discussion – et j’espère qu’aucune des personnes qui étaient là ne va contester cela – que je leur aie appris aussi des détails techniques sur la manière dont les choses fonctionnent dans les banques à des gens qui essentiellement étaient des banquiers centraux. Il y avait des choses qu’ils ne savaient pas et que je pouvais leur dire parce que, moi, de l’intérieur, je savais comment ça marche.

La difficulté de nos sociétés, vous l’avez compris, est qu’il y a deux clans quand les choses vont mal, qui sont vraiment montés les uns contre les autres. Il y a d’un côté ceux qui se considèrent comme les techniciens et qui, en général, n’ont pas la moindre compréhension des problèmes réels que l’application de ces technologies donne dans la réalité et, d’autre part, des protestataires que l’on essaye de disqualifier en disant « Vous ne comprenez pas le problème. C’est une question technique, vous ne comprenez pas ! ». Et vous voyez des gouvernements complètement coincés dans leur logique à eux qui, chaque fois qu’il y a une protestation, se réunissent entre eux et, peut-être même de bonne foi, allez savoir ! disent : « C’est que l’on n’a pas bien expliqué parce que c’est la solution technique au problème ». Non, Messieurs, Dames, ce n’est pas cela que l’on vous dit. On ne vous dit pas qu’on n’a pas bien compris. On vous dit qu’on ne veut pas de votre truc merdique ou que l’on veut qu’il soit amélioré de telle ou telle manière. À la limite, on peut vous dire que votre truc ne marche pas ou ne marche plus quand je dis que le capitalisme est cuit et qu’il est foutu, je vais vous mettre la référence * à un petit groupe de personnes qui sont d’accord avec moi, que le capitalisme est foutu et ces personnes ont une particularité, c’est qu’ils sont tous milliardaires. Voilà. Il y a des moments où la réalité s’impose même à ceux dont les intérêts sembleraient aller dans la direction opposée.

Vous avez compris, j’espère, ce que je voulais vous dire : que c’était à la fois mon remerciement, mes remerciements, à votre égard d’avoir soutenu cet effort et une petite analyse de ma part, pourquoi ça ne marche pas, pourquoi ça devrait marcher, qu’il faut peut-être faire les choses autrement et pourquoi nos sociétés ont tendance, en ce moment, à se polariser entre des gens qui croient, eux, que les problèmes qui se posent sont des problèmes purement techniques et des autres qui disent « Non, le problème est mal posé. On a oublié les fins. On a oublié les valeurs que l’on essaye de mettre en application, en œuvre, et votre truc ne marche pas ! ».

Voilà, j’espère, en ayant dit cela, avoir fait avancer un tout petit peu le schmilblick et je vous dis à très bientôt j’espère.


° Andrew Feenberg, Technosystem. The Social Life of Reason, Harvard University Press 2017

* Greg Jaffe, Capitalism in crisis: U.S. billionaires worry about the survival of the system that made them rich, The Washington Post, le 20 avril 2019

Partager :

28 réflexions sur « Gilets jaunes : protestataires et techniciens, le 25 avril 2019 – Retranscription »

  1. De mon côté je ferais quand même une distinction chez les techniciens entre ceux des « sciences dures » et ceux des « sciences humaines », même si je sais aussi ce que cette division peut avoir de réducteur. Je garde une certaine confiance dans les premiers et je pense qu’en revanche les seconds doivent, outre une nécessaire rigueur de raisonnement, être soumis à la critique sur le cadrage normatif de ce qu’ils font. Pour prendre un exemple, je pense que critiquer les vaccins et critiquer l’économie néoclassique ce n’est pas du tout du même ordre.

    1. Bingo .

      S’il est aussi et simultanément protestataire , c’est même la condition de la République .

      Le vrai , et le seul nécessaire et suffisant , incontournable , « en même temps  » ;

      Rendu difficile par Satan qui veille :

      https://www.youtube.com/watch?v=WIwCEVk8r6E

      PS 1 : les grilles de lecture , surtout à deux termes , ont leurs limites , et en disent souvent plus sur le lecteur que sur la chose « grillée » .

      PS 2: Sur les apports et limites de la technique , mes lectures les plus riches ont été chez deux auteurs souvent cités , Herbert Marcuse et Jean Cazeneuve . Mieux que dans ce billet trop réducteur , J’y trouve une place plus convaincante , complexe , en relation avec les trois autres grandes qualités humaines et mes propres représentations mentales du temps .

  2. Bonjour,

    Donc, d’un côté les techniciens, de l’autre les protestataires… Et ce serait pour cela que tout se bloque?
    Je ne suis pas contre un peu de vulgarisation, et certains raccourcis peuvent permettre de gagner du temps,
    Pourtant il vaut mieux les utiliser quand on sait vraiment dans quelle direction on souhaite aller.
    Si le but recherché est d’étiqueter d’une autre façon les oppositions en se plaçant soi-même au dessus, ou en retrait, du rapport de force, on risque de contribuer à ce qu’aucun rassemblement autre ne soit jamais possible.
    Je pense pour ma part qu’il ne faut plus accorder le moindre intérêt à ces clivages schématiques, et s’attacher désormais à définir un nouvel espace commun d’  » aspirations humaines concordantes ».

    Nous sommes tous ici présents avec Paul Jorion, pour l’aider à transmettre des valeurs qui nous paraissent communes avec l’espoir que ces valeurs permettront de sortir de cette spirale pernicieuse d’un affrontement de tous contre tous. Si ce n’est pas le cas, merci de me détromper.

    Il est est donc de notre responsabilité à tous désormais:
    1. De s’engager d’abord à souscrire tous à ce même combat.
    2. D’identifier de façon unanime et au plus vite ce que doit être le socle de ces « aspirations concordantes ».

    Sans ce préalable fondateur, rien ne sera possible, mais avec lui, tout le sera.
    Nous sommes tous ici des enfants un peu vieillis.
    Grattons ensemble nos mémoires, secouons nos progénitures , et ressortons nos rêves enfouis…
    Non! Pas ceux appris de nos parents, mais ceux, intimement nôtres, cachés, qui entretiennent à notre insu les forces vitales qui font que nous sommes encore là, debout.
    Ces aspirations personnelles et profondes qui font de l’enfant qui les écoute, un humain confiant et tranquille.
    Chacun les porte en lui, mais bien peu osent les suivre, de peur de les voir grandir et submerger un présent pourtant si lourd…
    Je propose donc une méthode, un petit jeu d’enfant très simple, innocent,
    Ne nécessitant aucune culture, ni érudition particulière
    Mais très accessible, y compris aux intellectuels du coin!
    Voilà:
    Trouvez seulement deux mots pour témoigner de ce que vous voulez vraiment. Deux mots, c’est tout .
    Mais attention, prenez votre temps, ces deux mots doivent vous représenter fidèlement.
    Choisissez les avec soin et sincérité, comme si vous deviez les emporter par delà votre vie.
    Comme vos deux ultimes et éternels compagnons, deux témoins de vous .
    Ce n’est pas pressé, rassurez vous, le principal c’est de les trouver avant de mourir.
    Il n’y a, à ce jeu que des gagnants…
    Les seuls perdants seront ceux qui ne voudront pas chercher…
    Voilà, si vous les avez trouvés, vous le saurez dans l’instant.
    Et si vous ne les trouvez pas, cherchez quelqu’un qui vous dira les siens.
    Car ces mots là sont si précieux, qu’on ne peut les garder pour soi…
    Je suis d’ailleurs incapable de garder les miens pour moi,
    Et c’est pourquoi je les répète tout le temps ici.
    Nous sommes ici dans ce qu’il est convenu d’appeler « un Think-Tank »
    A vous de faire le plein!
    Deux mots, les vôtres, et peut-être le nom d’un nouvel idéal à défendre…
    Fraternellement.
    Eric.

    1. Eric,
      Deux mots, donc.
      Voici les miens : compassion, Nature.

      Bien cordialement à vous,

      Jean-Pierre L. Collignon

    2. En gros, vous êtes d’accord avec Paul, sauf sur ce qu’il vient de dire, et vous souhaitez absolument que nous signons tous un acte de concorde autour de quelque chose qu’il n’a pas encore dit.

      Bon.

      1. @Thomas,

        C’est cela.
        On ne saurait (et c’est très bien!) être d’accord sur tout…
        Et dans la direction que je poursuis, je tente un raccourcis…
        Histoire de rendre un peu plus visible l’objectif.
        Alors, encore un peu de patience,
        Le temps n’est peut-être pas encore tout à fait venu…
        Eric.

        @ Collignon,
        Waou! Deux armes de pacification massives!
        Voici deux mots qui font à eux seuls presque un plein complet!

        Hier, deux amoureux, un peu graves après un long conciliabule
        M’ont aussi chuchoté dans un sourire: Demain et Fruit.
        Bon, j’ai peur que le réservoir ne déborde bientôt…
        Encore, encore… Le monde a si soif…
        Et beaucoup moins de politique que de belles pensées.
        Un réservoir à siphonner sans retenue pour faire carburer le futur…
        Et même pas besoin de recracher, un nectar!

  3. Les mouvements de gauche ou d’ultra-gauche si l’on veut, qui se créent suite au débâcle des socialistes ou social-démocrates sont ou seront, par la force des choses, atteintes par le syndrome de Podemos – qui ne va pas très bien, alors qu’il était un porteur d’espoir. Le problème est toujours et invariablement le même: il y a l’UE et les intérêts de certains pays. Ainsi conduisait la capitulation de Tsipras (Grèce) face aux exigeances des pays partenaires de l’UE à un changement d’attitude: cela fut vécu comme un avertissement adressé à l’Espagne, et cela a considérablement terni la résistance organisée contre le néolibéralisme aussi dans d’autres pays européens.
    Néanmoins il faut tout essayer pour lutter contre la dictature de l’argent roi, il y a urgence.
    Je vois mal comment un type comme Mélenchon avec la personnalité qu’il a, ou un PCF devenu une piéce de musée veulent encore pris au séreux. On verra en mai prochain.

    1. « Le problème est toujours et invariablement le même: il y a l’UE et les intérêts de certains pays.  »
      Pas du tout.
      Le problème des gauches est plus simple et profond, nul besoin de « démons » (comme UE ou autres pays – les méchants Allemands, les méchants Américains..) pour expliquer leurs échecs et crimes (plusieurs dizaines de millions de morts quand même).
      L’erreur date de JJ Rousseau, leur créateur.
      NON, l’homme n’est PAS naturellement bon !
      NON, la société ne le pervertit pas, perverti, il l’est de nature et crée ses sociétés à son image.
      Par exemple, le capitalisme (si décrié ici) doit sa force à son adéquation avec nos demandes (toujours plus!)

      1. Hadrien, tout à fait d’ accord, toute société est à l’ image des humains qui la composent. Les critiquer, ces sociétés, c’ est critiquer l’ humain, l’ humain étant à la base de tout. Encore plus d’ accord sur le capitalisme, résultant d’ un manque commun trouvant, par contre différentes formes quant à son transfert. Le transfert se manifeste chez les capitalistes par le manque de pognon, et chez les autres par le manque d’ un tas de choses inutiles qu’ ils comblent en achetant ce que leur fournissent les capitalistes qui comblent ainsi leur propre manque, par le bénéfice résultant de ces achats. Tous victimes et complices à la fois. Ce manque commun à tous c’ est l’ Amour, celui avec un grand A, pas celui du prochain, qui est autre chose, d’ ailleurs ne dit on pas que ce soit la seule chose que ne puisse pas acheter le pognon. L’ Amour rend meilleur, voire très « bon », le meilleur exemple en ayant été ce brave Jésus, quoiqu’ il n’ ait pas vraiment compris d’ où ça lui soit venu, mais son inconscient l’ a quand même amené à beaucoup parler d’ amour, même si c’ était de celui du prochain.
        Je ne dirais quand même pas que l’ humain ne soit pas naturellement bon, il n’ est pas mauvais naturellement, le problème est que son fonctionnement n’ est plus naturel, dû à un dysfonctionnement de son cerveau, ce dysfonctionnement étant à la base de comportements mauvais, comme par exemple un homme ou une femme qui ne dispose pas de tous les éléments nécessaires à une prise de décisions peut faire une connerie, sans avoir la moindre intention de faire une connerie.
        L’ Amour et le fonctionnement du cerveau n’ ont guère de secrets pour moi, je suis formel sur la nature du manque, dont le transfert se retrouve dans le capitalisme, ce transfert étant un message renseignant sur le réel manque. L’ Amour est une importante fonction gérée et générée par le limbique du cerveau, et le dysfonctionnement fait que l’ autre entité du cerveau, manquant d’ informations, soit amenée à interdire que cette fonction puisse se réaliser, et Psans que le limbique y puisse quelque chose. C’ est ce dysfonctionnement qui est la cause et à la base de l’ apparition d’ une nouvelle entité pensante, plus ou moins indépendante par rapport aux deux entités initiales du cerveau, sise dans ce même cerveau, d’ où la présence du néocortex, entité censée participer à empêcher les conséquences néfastes du dit dysfonctionnement. L’ humain pense parce que ça déconne dans ce qu’ il pense à tort être « son » cerveau. Nous ne sommes pas cet humain que nous voyons dans une glace quand nous pensons « nous » regarder, et nous sommes bien plus spectateurs qu’ acteurs de ses comportements. Je pense donc je suis, certes, mais l’ important est de savoir pourquoi et dans quel but, et si ce que je dis est difficile à admettre, par contre ça a le mérite d’ en donner une explication bien plus rationnelle qu’ on puisse le penser de prime abord.

    2. Donc quand y’a plus rien à Gauche, reste les droites. J’ai bon, là ?

      Le pronostic des futures élections est donc facile:
      1- L’extrême de la Marine.
      2- Divers extrême droite, regroupée sous un nom imprononçable.
      3- L’extrême droite en Marche Arrière.

      1. @daniel écrit :  » Donc quand y’a plus rien à Gauche, reste les droites. J’ai bon, là ?  »

        Excellent! Pas de copyright??

  4. Il serait bien pour unir les techniciens et les protestataires introduire une dose de gestalt thérapie.

  5. M. Jorion,

    C’est assez simple: il va falloir y aller. Vous, en personne. Pas Piketti, pas Glucksmann, vous. C’est difficile, parce que faire de la politique, c’est tout ce que déteste un intello. Prenez votre plume, mettez en forme le programme que vous portez déjà . Pas long, 10 points, une page. Et après lancez vous. Bien sûr, vous ne serez pas au Parlement européen tout de suite mais allez savoir. Moi, en tout cas, ça me ferait très plaisir, ça me donnerait du courage, l’envie d’avoir envie. De voter notamment. De me battre dans ce marigot.

    1. @Franck,

      Mais non ce n’est pas simple, et c’est même salutaire de bien réfléchir avant…
      Avant de partir, de parler, et de faire du bruit pour rien…
      Y aller, comme vous le dites? Mais qu’est -il donc et ou est- il votre « Y »?
      Alors, rentrer dans le lard? Se coltiner le bon peuple? Tailler dans le vif?
      Sus à l’ennemi?
      Le vrai courage dit-on est de savoir vaincre sa peur…
      Et Paul n’est pas encore prêt…
      Pas encore sûr qu’il n’existe aucune autre alternative.
      Ou ne veut pas le croire…
      On peut le comprendre… Pourquoi lui ?
      Ce n’est pas son métier, et pourtant il sait bien,
      Que personne n’est mieux placé que lui…
      Alors il faut l’aider, non pas lui dire « bougez vous, Merde! »
      Il faut lui dire qu’il ne s’agit plus ici de politique,
      La politique est morte et c’est très bien.
      Il convient seulement de le faire savoir à tous,
      Et de rassembler chacun sous un seul mot d’ordre.
      Mais ce mot d’ordre il faut d’abord le trouver ensemble.
      C’est un effort collectif de création qu’il faut ici et maintenant.
      Et c’est en ce sens que j’en appelle ici à un cri unanime.
      Un cri que chacun reprendra partout et devant toutes les injustices.
      De grâce ne laissons pas toutes ces bouches muettes.
      Derrière ce cri, s’assembleront ensuite calmement
      Des lois, des hommes, et une foi nouvelle en l’avenir.
      Pour l’amour de la vie sur notre si belle terre.
      Voilà ce qu’il faut lui dire.
      Eric.

      1. @torpedo
        « Et de rassembler chacun sous un seul mot d’ordre.
        Mais ce mot d’ordre il faut d’abord le trouver ensemble. »

        Ce mot d’ordre existe déjà:
        « Armons-nous, allez au combat ! »
        Cependant, son interprétation doit être réactualisée…
        Nous nous armons désormais avec une dynamique de prise en charge de soi-même, dans des ateliers.
        L’impératif « allez » n’est plus un ordre pour aller au casse-pipe, mais signifie que, désormais, nous sommes (assez) prêts pour « y » aller sans besoin d’élites-élues politiciennes.

  6. j’étais très très moraliste jusqu’à ce que je rencontre satan et je me suis mis à voler des chocolats très très cher
    Oui j’ai volé la boite de chocolats que ma mère avait acheté pour offrir à mon beau père
    Très coincé jusqu’à 30 ans le petit poncho est devenu grand , après avoir renié le dieu chrétien il est devenu un vrai païen
    ( je peux même marcher sur les tombes quand dans un cimetière je dois prendre un raccourci )

    1. Bonsoir à tous,

      Je vais m’absenter une petite semaine
      Et ne pourrai plus ces prochains jours
      Poser mes mots sur vos écrans.
      Mes pensées amies, elles, restent avec vous tous,
      Quelques uns penseront sans doute « Ouf, Enfin le voilà parti! »
      Ou bien, Comment? Une semaine seulement?
      D’autre, moins sympathiques en profiteront pour revenir,
      Et détruire mon ouvrage à peine ébauché… Alors,
      Merci de remplir en mon absence ce virtuel réceptacle, de belles idées
      Et transmettez à Paul, de saines et positives énergies…
      Que je n’ai pas le sentiment de partir,
      En laissant sans surveillance,
      Le lait, sur le feu.

      Heu… C’est vrai que je préférerais être là quand il débordera…

    2. @poncho,

      Le seul raccourci efficace dans un cimetière passe par le dessous.
      Mais aucune raison d’être aussi pressé…
      Et offrez au moins une crotte à votre beau père
      plus une autre à votre maman.
      C’est très important qu’ils y goûtent aussi…
      Surtout si la boite vous a causée une telle crise de foi (e?)…
      Je parie que c’était encore des pralinés, mon pauvre…
      De quoi virer agnostique recta!

      Hypercholestérolémiquement vôtre.
      Eric.

  7. @adoque,

    Soit! Réactualisons!
    Mais vous éprouvez donc le besoin de réactualiser l’interprétation de votre propre mot d’ordre,
    Ne correspondrait-il donc pas à ce que vous souhaitez ?
    Il ne s’agit ni d’armes , ni de combat au corps à corps,
    Les mots ne peuvent, ni ne veulent, servir qu’à galvaniser, ou ce sera la guerre,
    D’abord en vous-même, puis contre tous.
    Les mots que je veux doivent résonner en chacun comme une musique intime
    Et convaincre sans autre combat que celui des sentiments.
    Mais vous ne voulez pas jouer…
    Vos deux mots, armes et combat vous représentent si mal.
    Vous pouvez mieux faire, j’en suis certain.
    Chassez la colère, et cherchez en vous même.
    Allez encore une chance… Ne la gaspillez pas!
    Vous êtes quelqu’un de bien. Sinon que feriez vous ici?
    Eric.

    1. @torpedo

      Merci !
      car vous avez discerné le fond de ma pensée, alors même qu’elle s’exprimait de manière (volontairement) ambiguë.
      Les mots, on peut se les adresser à soi-même, faisant alors « le beau combat » contre ses propres travers.
      « Imagine » (d’actualité sur ce blog) 😉

      1. Pas de quoi…
        Mais je crois que vous maîtrisez mal le maniement de l’Ambiguité.
        Et ça, ce serait plutôt une qualité, voyez vous.
        Mais ne la confondez tout de même pas avec l’Obscurité…
        J’ai de bons yeux, mais surtout de jour…
        A plus, Eric.

Les commentaires sont fermés.