Covid-19 : Verdict de fait pour le « capitalisme sauvage » – encore appelé « ultralibéralisme »

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Parti longtemps après tout le monde, le Royaume-Uni n’en vient pas moins coiffer au poteau ses concurrents (sauf les États-Unis bien sûr – leur compagnon en matière de foire d’empoigne du chacun pour soi) : le Royaume-Uni second désormais en nombre de décès.


Nouveaux cas pour le Royaume-Uni et les États-Unis (nombre stable) :

et, à titre de comparaison, la France (en forte baisse) et la Belgique (celle-ci connaissant enfin une salutaire décrue) :

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66 réflexions sur « Covid-19 : Verdict de fait pour le « capitalisme sauvage » – encore appelé « ultralibéralisme » »

  1. M’enfin avec les pauvres qui étaient trop concentrés au point d’empêcher les riches d’étendre les domaines autour de leurs manoirs, fallait bien faire quelque chose. N’était ce pas lacsuestion que posaient les rapports Oxfam sur les inégalités croissantes ? Elles concernent un nombre croissant de pauvres ! c’était trop ! ( moi incorrect ?)

  2. A partir de quel profil de courbe détecte-t-on qu’on passe du capitalisme au capitalisme sauvage ?

      1. Salut Arkao,

        C’est marrant, j’en étais à écouter Astrix à Ozora en 2019 ! Ça bouge encore… Sont fadas les Israéliens !
        Tu sais pourquoi ils ont séparé la fosse dans ta vidéo ? C’est bizarre non ? Au milieu ils font une allée mais ensuite sur les côtés c’est séparé en « box ». T’as déjà vu ça ?

      2. Un petit billet ouvert en hommage à Kraftwerk ? L’électro perd un de ses précurseurs. Heureusement la relève est assurée.

      3. Florian Schneider-Esleben (1947 – 2020)

        Florian Schneider-Esleben, co-fondateur avec Ralf Hütter du mythique groupe Kraftwerk (https://fr.wikipedia.org/wiki/Kraftwerk) en 1970, est mort le 06 mai 2020 des suites d’un cancer.

        https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2020/05/06/florian-schneider-cofondateur-du-groupe-kraftwerk-est-mort-a-l-age-de-73-ans_6038885_3382.html

        Il est difficile de faire l’éloge d’un groupe dont l’influence fut telle qu’on se demande ce que serait la musique électronique s’il n’avait pas existé.

        On a tous entendu dans les années 70/80 un titre qui tournait sans cesse sur toute la bande FM exprimant sûrement parmi les préoccupations majeures du moment :

        Radioactivity, 1975 : https://www.youtube.com/watch?v=M0D7MBBI2Ik

        Ou aperçu ces images préfigurant nos interrogations sur la robotique et l’I.A. :

        Die Roboter, 1978 : https://www.youtube.com/watch?v=wHEoMpMvz7A

        Le rôle séminal joué par ces deux artistes mérite d’être salué tout comme les infinies ramifications offertes par leur oeuvre qui font que la musique, depuis Kraftwerk, ne sera plus jamais la même.

        Pour ceux que l’Histoire de la musique électronique intéresse, cette petite série de documentaires très bien faite :

        Tecno Story, l’Histoire de la Techno : https://www.youtube.com/watch?v=49J5HJViOOw

        (Billet ouvert aux commentaires ? Des sources, des sources ! 😉 )

      4. Ben alors ?! Ça n’allait pas ma petite nécro à la mode Jorion ? 😉

        Il serait bien mal venu de ma part de faire un billet érudit ou critique sur Kraftwerk, j’en serais incapable et comptais plutôt sur les commentaires. Il me semblait en outre de bon aloi de faire court, sobre et laudatif. L’article du Monde est bien fait, la notice Wiki bien plus savante que moi, il ne resterait qu’à les inclure (Le Monde sous son nom, la fiche Wiki sous Kraftwerk) en lien hypertexte.

        Je fais le lien entre expérience singulière en contexte – « Radioactivity » est le seul morceau d’eux dont je me souvienne autrement que dans le cadre d’une écoute curieuse pour des aspects historiques et qui m’avait marqué gamin sans même savoir de qui il était – les grandes interrogations sociétales que n’ont pas manqué de soulever les deux artistes fondateurs du groupe, et, pourquoi pas, certaines des préoccupations contemporaines du blog.

        Ouverture sur la postérité enfin – là aussi je comptais sur les coms – quand Kraftwerk s’inscrit dans une histoire plus large où l’on percevra le lien qu’ils établissent entre musique savante (répétitive ou concrète par exemple) et musique pop via les outils technologiques (https://artisteaudio.fr/histoire-de-la-musique-electronique/), ce, au travers du petit documentaire qui explore ces pistes bien mieux que je ne saurais le faire.

        What else ?

        « Radioactivity » (76), l’album « Wish You Were Here » des Pink Floyd (75), « Oxygène » (76) et « Équinoxe » de Jean Michel Jarre (78), « Night Bird » de Bernard Lavilliers (81) aussi en ce qui me concerne, sont sans doute parmi les premières véritables expériences des sonorités électroniques pour pas mal d’entre nous, allant de pair avec les calculatrices musicales, les premières consoles de jeux vidéos et les orgues « bon… tant pis » qui signeront mon divorce avec les claviers 80’s !

        À mon sens les Floyd, sur la base d’un postulat beaucoup moins restrictif – ils conservent une part d’instrumentation classique (basse, guitare, batterie…) – s’en sortent beaucoup mieux à l’épreuve du temps. Il faudra probablement 15 ans de tâtonnements et de progrès technologiques pour parvenir à fournir des morceaux vraiment intéressants sur la base des postulats de Kraftwerk : tout synthétique.

        On ne saurait toutefois pas leur reprocher ni d’être de leur temps (les morceaux restent de facture classique pour longs qu’ils soient), ni leurs sonorités (c’est le lot de l’électro, l’obsolescence sonore rapide jusqu’au retour vintage), ni la paternité du courant Techno à proprement parler via Détroit (dans sa distinction originelle avec la House Music venue de Chicago), tant ils partirent d’un si bon pas !

        50 ans cette année…

        Le 6 mai 2020 était sans doute « un bon jour pour mourir » d’autre chose que du Covid-19.

  3. classement par nombre de victimes

    suivi de

    classement par nombre de victimes au million d’habitants

      A B A/B
    1-USA 70 727 328 000 000 216
    2-UK 29 427 66 000 000 446
    3-Italy 29 315 60 000 000 489
    4-Spain 25 613 47 000 000 545
    5-France 25 201 67 000 000 376
    6-Belgium 8 016 11 000 000 729
      A B A/B
    1-Belgium 8 016 11 000 000 729
    2-Spain 25 613 47 000 000 545
    3-Italy 29 315 60 000 000 489
    4-UK 29 427 66 000 000 446
    5-France 25 201 67 000 000 376
    6-USA 70 727 328 000 000 216
      1. il faudrait même avoir un regard sur le rapport entre épidémie et régions peu denses. On pense à « comparer la Belgique à l’île de France ». Mais pas à soustraire les régions peu denses (et les comparer entre elles aussi bien). Espagne et US comportent des régions « désertiques », il y a des régions de montagne pour la moitié de l’Isère en partie sud-ouest par exemple, voisine de Lyon pour sa frange nord. Bref un travail géographique.
        De même il semble y avoir une contagion transfrontalière entre des foyers du nord de France et du sud de Belgique; en zone peu dense (Mons-Valenciennes) mais aussi en zone peu dense (Sedan et Bouillon) où on parle de cas d’une ou deux dizaines… de sorte qu’une bonne lecture est complexe…

    1. @ Romain Vitorge,
      Il y a plusieurs problèmes dans la présentation de ce type de ratios qui ont été déjà commentés (densités comme dit aptyos ou début de l’épidémie différent selon les pays) qui empêche de leur attribuer une validité pour analyser le fléau ( = classement illusoire).

      Un autre problème qui commence à être découvert est celui du calcul du nombre de morts.
      Au R.-U. forte augmentation après inclusion des « vieux » en maisons de retraite (idem en France quelques semaines avant). Les morts à la maison (en France) seront enfin comptabilisés dans les mois qui viennent.
      Tout le monde s’est prématurément posé des question sur le cas belge : on commence à le comprendre avec des faits. La Belgique a compté dès le début de manière plus complète, cas suspects mais probable + morts à domicile (attitude exactement opposée à celle de la Russie ou autre pays autoritaires). Une attitude honnête !

      En reprenant les ratios proposés (image instantanée et provisoire) on pourrait alors conclure à la louche ceci.
      La Belgique préfigure un nombre réaliste avec un mois d’avance (?) sur les USA : avec 729 morts/millions, chiffre belge) et la population US de 328 millions on aurait donc environ 239 000 décès dans un mois (durée estimée au pif).
      Ce qui me semble important est de ne jamais conclure trop vite et faire des classification qui s’avéreront fausses (à nouveau je repense à la Suède).
      Repensons à la Grippe espagnole : qui peut croire que les 3 ou 4 premiers mois de la pandémie indiquaient le résultat final (sans modélisation!) ? D’autant que durant l’été 1918 elle avait presque cessé pour redémarrer ensuite avec plus de force.

      1. Il faut s’attendre à ce que la France rajoute bientôt ses morts à domicile, comme elle a attendu le début de la décroissance pour ajouter les EHPAD, la décroissance n’en étant après que meilleure et surtout sans cet aléa.
        Et puis il faut tenir compte des autres, la chine a rajouté ses morts à domicile quand les chiffres ailleurs rendaient son bilan trop optimiste.
        Maintenant que UK est passé devant la France, les chiffres peuvent être aggravés.
        Au passage vers le déconfinement, le rajout des morts à domicile solderait la phase précédente, de plus si le tracing est efficace, les malades (et donc les morts) à domicile seront désormais mieux connus en temps réel.
        A moins que l’on attende juin comme promis ?

      2. @Ruiz
        « Il faut s’attendre à ce que la France rajoute bientôt ses morts à domicile »
        Chiffres officiels en Belgique au 5 mai: (à noter un ‘rattrapage’ aujourd’hui de + 200 décès en hôpital, 24/03 au 4/05).

        Décès hôpital 3969, maison repos 4284 (809 confirmés, 3475 possibles), domicile 22, autre inst. 32, inconnu 32.
        On peut supposer que c’est du même ordre de grandeur en France (ou ailleurs ?), alors ça ne changera pas grand chose au macabre décompte…

      3. Les chiffres (nombres) en France sont un peu différents
        de l’ordre de 16 000 hopital 9000 EHPAd et 9000 (estimation médecins) à domicile !

      4. @Ruiz
        Merci, avez-vous la source de cette information ?
        Si c’est mgfrance.org, 340 décès (ce qui est déjà beaucoup) annoncés depuis le 17/03, extrapolé à 9000 pour tout le pays, avec 4% de réponses des médecins, suis pas statisticien mais cela me parait ‘délicat’ …

      5. @François Corre :

        Pour les morts à domicile du Covid , on devra sans doute dire le moins de bêtises en considérant les chiffres remontés par le réseau des médecins de ville , qui annonce près de 9000 morts .

        Ceci étant , je pense qu’il s’agit de la compilation de tous les décès à domicile avec mention  » suspicion de Covid » . Ce qui pour moi veut dire que le toubib a , à coup sur , relever des signes symptomatiques du Covid . Quant à savoir le « poids » du Covid dans l’issue fatale , c’est une autre affaire , déjà pas simple pour un seul toubib , mais encore moins « consolidée » compte tenu de la multiplicité des praticiens .

        J’avais donné ailleurs l’exemple des analyses d’accidents ( enquêtes « Réagir » depuis 1983 ), très systémique et pluridisciplinaire , qui après établissement de ce qu’on appelle  » arbre des causes » , tentaient d’en déterminer « l’élément sans lequel rien ne serait arrivé » . Pas facile .

        On se portera bien de prendre en compte , sans faire le difficile ,les morts à domicile tels que considérés par les toubibs qui ont établi le certificat de décès ( en espérant que tous les toubibs du monde ont la même sureté de diagnostic et les réseaux de collecte d’info qui vont bien , si on veut faire des comparaisons internationales ) .

      6. @Juannessy
        Bien d’accord, rien de simple là-dedans, d’autan plus qu’on ne fait (ou on ne peut pas faire) pas de tests systématiques…
        Avec toutes ces données et stats depuis deux mois, je finis par douter plus ou moins de tous les chiffres annoncés 🙂
        Je me demandais si c’était courant de faire des projections dans des statistiques en général, avec une moyenne de 4% de ‘réponses’, ici 2340 généralistes sur environ 60000 ?
        Mais bon, je note, le curseur à priori plus près de 9000 que de 340…

      7. Je ne sais pas si votre 4% est exact , mais on peut déjà remarquer qu’en interrogeant un panel » encore plus faible de français , on sort des prévisions de votes pas trop connes s’agissant d’élections .

        Ce que je pense plus surement par contre , c’est qu’il est (ou plutôt sera dans moins de 6 mois ) matériellement possible de compiler les certificats de décès portant mentions suspectes ,si on en a envie )

      8. Je ne suis pas un pro des stats , mais je sais qu’il y a environ 103 000 médecins généralistes libéraux en France .
        Si 2340 généralistes « judicieusement » répartis sur le territoire ont répondu , ça fait quand même un bon échantillon .

        Avec le même taux, on aurait la déclaration d’intention de vote de près de 900 0000 électeurs dans le cas d’un sondage politique .

      9. @juannessy
        Les stats moi non plus, c’est bien pour ça que je pose la question…
        100 000 médecins je ne sais pas, le document indique 60 000, et 4% (en moyenne) « judicieusement repartis » donc plus ou moins représentatifs, ce n’est pas précisé, c’est peut-être le cas, peut-être pas… ‘Enquête France métropole sur tous les MG volontaires’… ?? Timiota, un point de vue ? 🙂

        Mais bien d’accord avec les remarques de Ruiz sur le confinement trop tardif pour cause de premier tour des municipales, et la comparaison avec « un déconfinement trop laxiste et de passage du Ro apparent à > 1 ».

  4. Le graphique concernant la France montre parfaitement les 2 exponentielles croissantes puis décroissantes autour du pic du 3 Avril marquant le changement de dynamique introduit par le confinement du 17 mars.
    Il montre aussi qu’un confinement appliqué moins tardivement disons 8 jours avant aurait fixé le pic au 26 Mars, à une valeur journalière moitié, et un cumul (surface sous la courbe) de l’ordre du quart.
    Comme le bilan actuel est de l’ordre de 30 000 décès (9000 à domicile), il est possible d’estimer à 3/4 de ce nombre soit plus de 20 000 morts le coût du maintien du premier tour des élections municipales à l’unanimité des formations politiques.

    Le même type de raisonnement doit pouvoir s’appliquer en cas de déconfinement trop laxiste et de passage du Ro apparent à > 1.

    1. @ Ruiz, intéressantes remarques sur ces évaluations rétrospectives, en effet.
      Il faut noter que l’on a plus généralement un outil potentiel pour considérer les délais de mise en œuvre des confinements (quand il n’y avait aucune autre alternative disponible, cf. pénuries). Une intuition sur le bon résultat du Portugal qui a su comprendre à temps la catastrophe chez leurs voisins espagnols ?

      PS – désolé pour mon taux élevé de fautes : voici des « s » et des « ent » à rajouter 🙁

    2. À priori, le pic de nouveaux ‘cas confirmés’ journaliers en France est le 30 mars (chiffres du 31) avec + 7580.
      Pour la Belgique, le 14 avril (chiffres du 15), avec 2554 ‘cas confirmés’ mais comprenant 1837 ‘cas confirmés’ (790 personnels et 1047 résidents) des ‘centres de soins résidentiels’, pris en compte à partir de cette date.

  5. Si nous ne sommes pas les premiers, et que nous pouvons nous rassurer en nous disant qu’il y a plus atteints que nous, nous sommes bel et bien dans le peloton de tête. Nous sommes bel et bien nous aussi contaminés par le capitalisme sauvage.

    Dans le peloton de tête au regard du nombre des victimes du virus avant de l’être aussi peut-être au regard du nombre des victimes des conséquences économiques et sociales de notre réaction au virus.

    Le cas de l’UK et celui des USA ne sont d’ailleurs que bien peu comparables, sinon par votre commune détestation, M. Jorion, de Trump et de Johnson. Les USA n’ont pas de politique digne de ce nom, c’est-à-dire cohérente et suivie, vis-à-vis de l’épidémie, l’UK si, même s’il a eu quelques hésitations. Les USA n’ont pas de service national de santé, l’UK si. Les USA ont un grand nombre de gros, d’obèses, de gens mal soignés faute d’assurance, l’UK nettement moins. Les Américains n’ont pas non plus un sentiment collectif de l’intérêt national aussi fort que celui des Britanniques (même s’il y a du séparatisme côté écossais)

    Les mettre dans le même panier ne me parait pas judicieux, sinon pour nous rassurer, temporairement je le crains.

    1. Contribution utile , comme les nôtres .

      Qui ne font pas encore système sous l’épée de Damoclès internationale qui rend aléatoires et vaines toutes les soupapes qui se mettront cependant en place pour survivre un temps .

  6. juste pour s’amuser avec les chiffres… comparant les pays UE 27 + UK avec les US, on trouve ceci (chiffres au 6/5 9:30 AM):

    total UE 27 + UK: 1.211.950 cas, 139.650 décès.
    USA: 1.204.475 cas , 71.078 décès.
    Nbre de cas similaires, 2 fois plus de mort en Europe à ce jour.

    Rapporté à la population (grosso modo):
    total UE 27 + UK (516..000.000): 23 cas pour 10.000, 2,7 décès pour 10.000
    USA (328.000.000): 37 cas pour 10.000, 2,2 décès pour 10.000

    1. @ Jean-Philippe Douin, j’ai essayé d’argumenter ci-dessus sur la valeur que l’on peut accorder à de tels chiffres, même pour « s’amuser » avec des nombre de décès.
      En vain comme toujours ! Peu importe.
      PS – Une suggestion, dès que possible allez vivre aux USA, c’est plus « safe ».

      1. Monsieur Seignan, je n’essayais en rien de démontrer que vivre aux USA, c’est plus « safe ». Vous tirez vous – même une conclusion qu’il n’y a pas lieu de tirer précisément.

        Pardon si je n’ai pas assorti mon message de ‘ahlala les chiffres, comme on peut leur faire dire ce qu’on veut.. ».
        vous dites plus haut : « La Belgique préfigure un nombre réaliste avec un mois d’avance (?) sur les USA : avec 729 morts/millions, chiffre belge) et la population US de 328 millions on aurait donc environ 239 000 décès dans un mois (durée estimée au pif).
        Ce qui me semble important est de ne jamais conclure trop vite et faire des classification qui s’avéreront fausses (à nouveau je repense à la Suède). »

        Je vous suis complètement là-dessus (ceci est du premier degré, dans ironie… juste au cas où 😉 )

      2. Cher M. Douin, à mon tour de vous dire que je faisais un peu d’ironie, du 2e degré, en vous suggérant d’aller aux USA ─ mal approprié, désolé.
        Les chiffres comme ça partout sur tout, ça doit me rendre fou ou énervé comme disait notre ami infiniment sage, Chabian (zut, plus fort que moi, je remets un touche d’ironie, mais je sais qu’il a de l’humour),

    2. @ douin
      Oui, pour l’instant les USA — globalement— font mieux que nous.
      Mais :
      1° Ils ont commencé plus tard, déjà il faut leur appliquer +33% rien qu’à cause de ça.
      2° Ils étaient prévenus avant et ont eu moins de pb de pénurie (masques & tests… malgré Trump), z’ont été efficaces sur les tarmac du Guangdong en p’tites coupures, m’a-t-on dit.
      2° C’est très inégal car c’est un pays ou on voyage peu, paradoxalement. Il suffit de voir le peu de place des nouvelles étrangères dans la plupart des canaux de presse.
      Et l’étranger, ça n’intéresse que les urbains de la côte Est, en gros, ceux qui vivent en connexion avec l’Europe et qui aiment se tasser dans les rues, bars et métros de NY.
      Donc NY à elle toute seule (avec les 6-7 comptés adjacents, Long Island, NJ, etc.) fait 1/3 du carton.
      Tandis que le centre et même la Floride et le Texas ne douillent pas trop, à voir quand même comment les afro-américains ont géré leurs nombreux cas de pathologies à risque, et si on n’a pas mis « mort de l’asthme » à des fragiles victimes de fait du covid19.
      Si on compare à l’Europe dans son ensemble, il faut inclure les pays relativement peu touchés à l’Est, alors qu’ils ne sont pas connus tous pour l’obéissance et le développement de leur système médical : la Roumanie ou la Grèce, la Moldavie.

      4° Le constat global, c’est que l’épidémiologie réellement réelle n’est pas comprise (quelles cellules sociales et quelles supports physiques favorisent la contamination et augmentent le R0, entre urbanisme, logement, nourriture, fumer ou pas (la piste nicotine), et qualité du système de santé.

      Mais une fois que la contamination est importante et les contacts proches sont favorables, il me parait clair que discipline, tests et masques + bon hostos sont obligatoires. Les zones maintenues à bas confinement sont à moitié un mystère, mais comme elles n’étaient pas prévisibles 6 semaines à l’avance (la contamination du sud italien, souvenez vous, vers le 10 mars), la précaution était une obligation.

      1. Là aussi, je vous rejoins complètement, Timiota.
        J’ajoute que la bidouille que j’ai produite ici plus haut ne montre pas grand chose en soi, sinon qu’à une échelle géographique continentale les US ont atteint un nombre de cas équivalents aux nombre européens dans un temps plus court avec une population moindre (chose déjà étayée d’ailleurs par les nombreuses courbes disponibles sur ce blog), ce qui laisse entrevoir une tendance plus que lourde dans les temps à venir…. La question de méthode du macâbre décompte est évidemment sujette à caution, y compris en Europe, puisque (comme d’habitude) chacun « fait à s’mode », comme disait ma grand-mère, mais on peut maheureusement en conclure que le nombre de victimes est sous-évalué…

      2. Densité population USA : 35 habitants / KM2
        Densité population EU : 115 habitant / KM2

        Pour la suède par exemple : 23 habitants au KM2. Naturellement confiné quoi. 😀

      3. @ CloClo, désolé d’insister mais les densités de populations calculées en divisant la population par la surface n’ont strictement aucun intérêt.
        En Suède la zone la plus contaminée (et peuplée) est celle de Stockholm ; aux USA de NY etc.
        D’après vous, l’Égypte a une « densité de population » faible ou forte ?

      4. Il n’empêche que l’approche  » à la louche » de Clo Clo n’est pas moins pertinente que d’autres .

        Au delà de ce cas épidémiologique , c’est d’ailleurs une difficulté de toute tentative d’appréhension d’un phénomène quelconque , ou d’application d’une règle efficace et juste . La question dont on n’est jamais sur de la justesse de la réponse est :  » quel est le territoire pertinent à prendre en compte pour le problème que je me pose ? » . La succession des lois sur les compétences de l’état et des autres collectivités sans cesse en recomposition , en est une illustration ; Pour autant que l’on admet qu’un territoire national est le territoire pertinent en tout , ce qui est évidemment une connerie ( si c’est pas vrai , c’est ce que je pense !) .

        Et il n’y a souvent qu’une réponse  » à l’arrache » , dont la pertinence ne réside le plus surement que dans la mesure de l’évolution des indicateurs que l’on aura finalement retenus .

      5. L’Europe , si critiquée, avait d’ailleurs eu à se confronter au problème , dans le cadre de ses politiques d’aides régionalisées au plus près , et avait fait une tentative méthodologique de mesure et de suivi de l’efficacité réelle de ses aides , dont je ne suis pas sur que nos politiques strictement nationale ou régionale , ou des grandes métropoles s’inspirent vraiment . Voir paragraphe 2.2.6 :

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_régionale_de_l%27Union_européenne

        Encore doit on noter que les territoires aidés étaient ciblés dès l’origine dans ce cas de figure ( laissés en fait à la propositions des états , länder ou autres régions , en respect des « critères d’éligibilité  » ).

      6. Salut Jacques,

        Ca va ? Un peu à cran ?

        D’abord je pourrai établir des projections à partir d’une cabine téléphonique si je le souhaite, on peut en déduire foultitude de choses passionnantes ou pas selon le point de vue. En revanche écrire que :

         » mais les densités de populations calculées en divisant la population par la surface n’ont strictement aucun intérêt. » Est totalement là pour le coup sans aucun intérêt Jacques, je ne dis pas cela pour être taquin, vous savez que je le suis.

        Bien entendu qu’il y a de l’information à relever à propos de la densité de population, et il faut juste bien savoir de quoi l’on parle, quel territoire, quelle type de population, le taux d’urbanisation de la zone etc etc et pourquoi on en parle … C’est même un peu nécessaire pour faire de la prospective ou de l’analyse de phénomènes sur des sujets relatif à la santé, l’économique, le politique ou le social.

        Alors après une cabine, un appartement, un immeuble, une rue, un quartier, une ville, une région, un pays, la planète, c’est pour avoir des données, et éventuellement les complétés d’autres critères.

        Vous savez Jacques que pour le PIB, c’est pareil, le niveau de vie, la qualité de vie, de tout « organisme » collectif ou individuel, rien n’a fondamentalement d’intérêt n’est ce pas ?

      7. A la louche, on peut se chamailler sur le rapport population/surface mais est-ce que cela à un sens si on ne considère pas les flux ?

      8. @ Cloclo,
        ah ah à votre tour de me psychologiser 🙂
        À cran, moi ? Bof, 51 jours confiné, mais très confortablement chez moi (mais sans voir ni mon fils ni mon père à > 100 km …), aurais-je des raisons ?
        OK je suis donc à cran et c’est une explication lumineuse si ce n’est légumineuse.
        Je noterai une fois de plus qu’avec vous tout comme avec monsieur Juannessy, il semble impossible d’échanger aucun argument sur une base rationnelle : on parle d’un truc, vous parlez d’un autre. Un Grand Principe pour vous deux : ne pas répondre directement et ne jamais avoir tort, ach so !

        Je parlais d’un truc simple : ne pas comparer des densités seulement sur une échelle nationale (pour le Luxembourg OK) et vous partez sur des cabines ou des politiques européennes (au fait comment inférer de ma remarque que le PIB per capita n’aurait pas de sens ?).
        On rigole, on rigole.

        De toutes manières ces échanges n’ont d’intérêt que pour les tiers qui les lisent et peuvent se faire leur propre opinion.

      9. @ Arkao, votre remarque est tout à fait recevable. Combien de temps pour qu’un New-Yorkais aille contaminer un gards au fin fond de l’Oklahoma ? Oui les flux sont à considérer bien sûr mais j’évoquais une comparaison que elle est faite sur une photographie instantanée : nombre de cas par pays vs. densité nationale et je maintiens que ça n’a aucun sens.

        PS – « se chamailler » ? Dans la langue habituelle ou celle du Méprisant de la République ??

      10. @Arkao :

        Si le problème qu’on examine est dynamique , c’est effectivement une évidence .

  7. Chères toutes, cher tous,
    J’ai trouvé excellent le texte de Vincent Lindon.

    Ce doit être cela un acteur social (tous sens confondu).

    Notre antidote au virus ultralibéral et libéral tout court.

    Comme dab prenez soins de vous, avec toute mon humaine tendresse,
    Pierre de la tribu des Quel(s)s Art(s)

    1. Ce texte … en accès libéré par Médiapart…. pour ceux qui préfèrent lire plutôt qu’écouter (ici ça en vaut la peine..) le youtube proposé plus haut …:
       »  »  » Comment ce pays si riche…

      Traversé par le flot incessant des commentaires, désorienté par l’addition d’analyses souvent contradictoires, j’ai tenté de réfléchir à la question la plus banale : mais comment avons-nous pu en arriver là ? À cette situation inédite, littéralement stupéfiante.

      Spécialiste en rien, intéressé par tout, il m’a paru pourtant utile de contribuer en faisant entendre une voix simplement citoyenne. Suis-je légitime pour interpeller nos dirigeants, tous professionnels de la chose publique, tous diplômés des meilleures écoles ? Pas plus qu’un autre sans doute, mais pas moins non plus, ayant pris soin de consulter nombre d’avis autorisés, notamment dans le domaine de la santé, où André Grimaldi [professeur émérite de diabétologie au CHU de la Pitié-Salpêtrière – ndlr] m’a apporté son éclairage.

      Comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu’à devoir, pour éviter l’engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculé à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement ? Nous qui, au début des années 2000 encore, pouvions nous enorgueillir d’avoir le meilleur système de santé du monde.

      C’était avant.

      Avant que s’impose la folle idée que la santé devait être rentable, puisque tout désormais devait être marchandise, jusqu’à la vie des hommes.

      Un espoir s’était pourtant levé avec le nouveau chef de l’État Emmanuel Macron, et son programme promettant un « investissement massif dans le système de santé ». Hélas, l’élection acquise, il préféra poursuivre l’action de ses prédécesseurs. S’il n’est donc que le dernier avatar d’une même politique, il porte pourtant une responsabilité particulière, pour avoir ignoré tous les signaux d’alerte.

      Douze mois de grève des urgences ? Les patients patienteront.

      1 200 chefs de service démissionnent de leurs fonctions administratives ? Moins de paperasse.

      Présence massive des soignants dans toutes les manifestations ? Sortez les LBD et les grenades de désencerclement…

      Au-delà de la santé, c’est l’ensemble du secteur public qui subit depuis des décennies les coups de boutoir des présidents qui se succèdent avec toujours la même obsession : réduire la place de l’État dans l’économie. La recette est simple : privations pour ce qui coûte (l’éducation, la justice, la police, l’armée, la santé…) et privatisations pour ce qui rapporte.

      Tandis que les budgets des ministères régaliens sont comprimés et les salaires de leurs fonctionnaires bloqués, la grande braderie est ouverte. Villepin solde les autoroutes, Nicolas Sarkozy fait absorber Gaz de France par un groupe privé, Suez, et enfin François Hollande, sous la férule de Macron, démembre Alstom pour le plus grand profit de l’américain General Electric.

      Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, la fête continue. Deux entreprises publiques, la Française des jeux (FDJ) et Aéroports de Paris (AdP), sont très rentables ? Vendez-les !

      Pour comprendre l’attachement aveugle de notre président à cette ligne idéologique, il est nécessaire de revenir sur trois années d’exercice de son pouvoir, que notre Constitution a voulu absolu.

      Qu’en retenir ?

      Dès les premiers jours, une évidence : le goût du nouveau président pour la pompe et les rites de la monarchie, se mettant régulièrement en scène dans les décors de la royauté ; ainsi a-t-il choisi le palais du Louvre pour son intronisation, marchant seul devant la pyramide, le château de Versailles pour recevoir Vladimir Poutine, l’empereur du Japon ou 150 millionnaires high-tech et, enfin, celui de Chambord pour célébrer son 40e anniversaire.

      Une prédilection annoncée par des déclarations antérieures – en 2015, il affirmait déjà : « Dans la politique française, l’absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort » – et confirmée jusque dans son programme, qui prévoyait de rétablir les chasses présidentielles. Ce qui n’a rien d’un détail.

      L’ego comblé, le jeune homme allait pouvoir s’attaquer à son grand œuvre : bâtir cette « start-up nation » où les « premiers de cordée » allaient tirer vers les cimes ces « Gaulois réfractaires ». Au pas de charge : suppression de l’ISF et allègement de l’impôt sur les profits financiers pour les uns, réformes restrictives du droit du travail ou des allocations chômage et baisse des APL pour les autres. Cinq euros en moins sur les APL ! Mais qu’est-ce qui peut bien passer par la tête d’un dirigeant pour accoucher d’une aussi mauvaise idée ? La brume des sommets obscurcit-elle le jugement au point de lui faire oublier le poids des symboles ? C’était donc ça le « en même temps » macronien, des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacrifices pour ceux qui ont besoin de tout ?

      Mais c’est le premier été du quinquennat, et tout semble encore permis au conquérant de l’Élysée. Malgré quelques protestations, le nouveau monde impose ses lois grâce au soutien de sa majorité obéissante et reconnaissante.

      Premier grain de sable à l’été 2018, l’affaire Benalla et son traitement rocambolesque, qui jette une lumière crue sur la conception et les pratiques du pouvoir.

      Avec l’automne, un vent se lève, une révolte inattendue et pourtant évidente : des femmes et des hommes en jaune envahissent les ronds-points et les Champs-Élysées, naturellement accompagnés par une très faible minorité qui prétexte le port de la chasuble pour casser plutôt que pour revendiquer, une revendication légitime qui emporte l’adhésion de l’opinion, contraignant le gouvernement à un repli tactique : 10 milliards jetés à la hâte pour tenter d’éteindre la colère sociale.

      Trop tard. Les sacrifiés de la mondialisation ultralibérale veulent plus. Plus de moyens, certes, mais aussi plus de pouvoirs, notamment celui de contrôler ceux dont la mission est de les représenter.

      Après la carotte, vient le temps du bâton. Une répression brutale, policière, avec mains arrachées et manifestants éborgnés, mais aussi judiciaire, avec une distribution massive de condamnations fermes. Pendant que les pouvoirs exécutif et judiciaire répriment, les législateurs ferraillent pour imposer une réforme des retraites dont une majorité des Français ne veut pas.

      Occupés à bâtir leur nouveau monde, les responsables n’accordent qu’une attention distraite à un virus agressif qui, parti de Chine, va très vite ravager la planète et envahir la totalité de l’espace politique, donnant à nos gouvernants l’occasion de montrer l’étendue de leur compétence.

      Dans les hôpitaux, la situation est dramatique. On manque de tout, de masques, de gel, de tests, de respirateurs, de lits et de personnels en réanimation. Le 29 février, après que le Covid-19 a fait ses premières victimes en France, Édouard Philippe convoque un conseil des ministres extraordinaire consacré au virus. Une grande décision en ressort : utiliser le 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites !

      Alors que l’épidémie progresse, se faisant pandémie, le pouvoir s’affole, s’agite comme un poulet sans tête. Sur quoi s’interroge l’exécutif aux premiers jours de mars ? Mais sur le maintien des municipales, bien sûr ! La veille du premier tour, le premier ministre joue les contorsionnistes, invitant les Français à rester chez eux, mais, en même temps, à aller voter. Chapeau l’artiste !

      Pendant que nos voisins allemands se mettent en ordre de bataille, le gouvernement français peaufine sa communication.

      Une seule stratégie, mentir.

      Relayant le discours présidentiel, l’équipe gouvernementale multiplie les déclarations absurdes et contradictoires. Ainsi affirme-t-on successivement qu’il ne s’agit que d’une « grippette », que l’épidémie, comme le nuage de Tchernobyl, ne touchera pas la France – alors même qu’à notre frontière sud, l’Italie est frappée –, puis qu’elle est « sous contrôle », avant de devoir avouer la gravité de la situation.

      Sur la question cruciale des masques de protection, la parole officielle est schizophrène : aux premiers temps, leur utilité est affirmée. D’ailleurs, il y en a des millions en stock, prêts à être distribués à la population en cas de besoin. La menace virale se précisant, les masques sont soudain déclarés inutiles, voire dangereux puisqu’on ne sait pas s’en servir. Ce qui est fort opportun, puisque les stocks se sont volatilisés.

      Pschitt…

      Plus de masques.

      Pas même de quoi équiper tous les soignants qui doivent monter au front armés de leur seul courage. Bon, d’accord, pas de masques, mais ils arrivent. Quand ? Mais demain, bien sûr ! Hélas, les jours et les semaines passent, la pénurie persiste. Ignorés, méprisés et matraqués quelques semaines plus tôt, les soignants sont désormais portés aux nues.

      Pour le commun des Français, le confinement est la règle, chômage technique pour les uns, télétravail pour les autres. Tous les Français ? Non. Pour les caissières, les livreurs, les éboueurs, les policiers ou les pompiers, l’activité doit se poursuivre, quels que soient les périls. Eux qui formaient le gros des bataillons en gilet jaune, naguère vilipendés, sont désormais officiellement essentiels. Exit les premiers de cordée, place aux premiers de corvée.

      Le 23 avril, dans une adresse solennelle à la nation, le président Macron annonce enfin le déconfinement pour le 11 mai. Pourquoi le 11 plutôt que le 5 ? Pourquoi mai plutôt que juin ? Parce que.

      Deux semaines plus tard, le premier ministre en dévoile les conditions. Acte 1 : réouverture des crèches et des écoles primaires. Curieux puisqu’elles avaient été les premières à être fermées, avant même le début du confinement, au motif qu’elles étaient un lieu hautement favorable à la propagation du virus… Évidemment économique – il s’agit bien sûr de libérer les parents de l’obligation de garder leurs jeunes enfants, pour leur permettre de reprendre le travail –, la véritable raison de ce choix sera passée sous silence, voire niée, alors même qu’elle est audible : vouloir éviter l’effondrement total de l’activité et son cortège de drames est après tout une motivation hautement respectable.

      Empêtré dans ses mensonges et ses omissions, le pourvoir tergiverse. Très vite, le discours s’infléchit : l’obligation de retourner en classe ne s’appliquera pas systématiquement. Les maires, les préfets pourront décider, ou non, de s’y conformer.

      Mieux, les parents seront libres de garder leurs enfants à la maison. Dans les milieux favorisés, on n’hésitera guère. Mais dans les milieux plus modestes, le dilemme est cornélien. Alors que le chômage enfle, dois-je exposer mon enfant au risque de tomber malade, ou accepter l’éventualité de perdre mon emploi ? Et si les parents sont d’avis contraires, le couple pourra-t-il résister, notamment si les choses tournent mal ? Questions sans réponses…

      Une bonne nouvelle, pourtant : les masques arrivent. Des masques en tissu, lavables et réutilisables. Efficaces ? « Oui, dit le Pr Grimaldi, contre la transmission du virus. Mais comme ils n’empêchent pas le porteur d’être infecté lui-même, la mesure ne vaut que si elle s’impose à tous, dans l’espace public au moins. » Prisonnier de son discours récent, le gouvernement ne peut se résoudre à rendre obligatoires partout ces masques qu’hier encore il déclarait inutiles. « Pourtant, ajoute le Pr Grimaldi, on a le droit de se tromper, mais le devoir de reconnaître ses erreurs. »

      Au rythme où s’enchaînent les événements, ce droit à l’erreur pourrait bien m’être utile, mes propos risquant de devenir rapidement caducs, tant les stratégies gouvernementales oscillent, sinon à la vitesse de la lumière, au moins à celle où se propage le virus.

      En termes de gestion et de communication de crise, je ne sais pas qui aurait pu faire mieux, mais je ne vois pas qui aurait pu faire pire.

      En mettant au jour ses insuffisances, cette crise pourrait-elle être l’occasion d’une refonte radicale de notre démocratie ? Dans un discours célèbre, Churchill affirmait que c’était là « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». Mais, ajoutait-il aussitôt, « la démocratie n’est pas un lieu où on obtient un mandat déterminé sur des promesses, puis où on en fait ce qu’on veut ».

      Si l’on s’accorde pour ne pas changer de système, alors il faut changer LE système.

      Mais l’urgence est ailleurs. Déjà insupportables, les inégalités ont explosé avec la pandémie. Confinés dans des logements exigus ou contraints d’affronter les périls, les plus fragiles vivent des jours terriblement difficiles. Et leurs lendemains ne chantent pas. Après la crise sanitaire, ils seront sûrement les premières victimes de l’inévitable catastrophe économique et sociale.

      Que faire ?

      L’État ne pouvant pas tout, il me paraît impératif d’innover. Comment ? En demandant aux plus grosses fortunes une solidarité envers les plus démunis. Cette idée, juste et légitime, pourrait prendre la forme d’une contribution exceptionnelle, baptisée « Jean Valjean », conçue comme une forme d’assistance à personnes en danger, financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d’euros, sans acrobaties, à travers une taxe progressive de 1 % à 5 %, avec une franchise pour les premiers 10 millions d’euros.

      À période exceptionnelle, contribution exceptionnelle. Même si j’applaudirais évidemment tout amendement visant à pérenniser cet effort de réduction des inégalités. Après tout, une fois peut devenir coutume.

      D’après les économistes que j’ai pris soin de consulter, cette contribution devrait représenter environ 36 à 37 milliards d’euros, qui seront distribués aux quelque 21,4 millions de foyers trop pauvres pour être assujettis à l’impôt sur le revenu.

      Compte tenu de l’urgence, l’État assurerait la trésorerie et abonderait marginalement la collecte, leur distribuant sans délai et sans prélèvement, la somme de 2 000 €, à charge pour lui de recouvrer ultérieurement le produit de la contribution « Jean Valjean ».

      Même si je ne doute pas un instant que les plus riches de nos concitoyens se réjouiront de l’occasion ainsi offerte de montrer leur patriotisme et leur générosité, il me paraît prudent que les législateurs mettent en place des sanctions suffisamment dissuasives pour décourager les improbables mauvaises volontés. Je pense ici, surtout, à nos compatriotes domiciliés fiscalement à l’étranger, évidemment conviés à manifester leur solidarité.

      Mon rôle n’est évidemment pas d’entrer dans le détail de ces sanctions. Je voudrais néanmoins en proposer une, essentiellement symbolique – car je crois, moi, à la force du symbole : alléger les réfractaires de leurs pesantes décorations (Ordre du mérite ou Légion d’honneur, par exemple) pour leur permettre de gambader librement dans les couloirs des hôpitaux étrangers, voire français, où ils seraient évidemment les bienvenus après avoir refusé de financer notre système de santé national et plus généralement notre service public. En un mot, leur pays.

      Bien sûr, je sais que ces précautions seront sans nul doute inutiles, tous ces privilégiés étant bien conscients de ce qu’ils doivent au pays qui les a formés et souvent enrichis. Mais la confiance n’excluant pas la prudence, de telles dispositions ne sauraient nuire.

      Après cette mesure d’urgence, il sera temps de nous pencher sur les moyens de réparer notre démocratie. Comment ? On pourra s’étonner que je me pose la question et plus encore que j’essaie d’y répondre. Alors, sans prétendre détenir des solutions – j’ai gardé le sens du ridicule –, je me risque à évoquer quelques pistes de réflexion.

      Instituer des contre-pouvoirs. La Constitution de la Ve République avait été taillée sur mesure pour le général de Gaulle. Un costume bien trop grand pour ses récents successeurs. D’autant que, depuis l’instauration du quinquennat, le président dispose toujours, et pendant toute la durée de son mandat, d’une franche majorité au Parlement. Élue en même temps que lui, grâce à lui et sur son programme, l’Assemblée nationale a logiquement la même couleur que l’Élysée et le législatif n’a donc pas vocation à s’opposer à l’exécutif.

      Quant au pouvoir judiciaire, son indépendance n’est que théorique, tant il est simple de le contrôler par le jeu des nominations et des promotions. Depuis Montesquieu, qui a théorisé la séparation des pouvoirs (il n’en connaissait que trois, lui), un quatrième s’est imposé : la presse. Problème : neuf milliardaires en possèdent l’immense majorité, on ne s’étonnera donc pas que l’intérêt des puissants soit ménagé dans le traitement de l’information. Impuissante politiquement, la contestation s’exprime là où elle le peut encore, dans la rue et dans les sondages d’opinion.

      Responsabiliser les élus. Les élus devront être comptables de leur action devant le peuple dont ils ont obtenu la confiance. Une élection, c’est quoi ? C’est l’histoire d’un mec qui arrive et qui dit : « Faites-moi confiance, voilà ce que je vais faire », et qui, une fois élu, ne le fait pas. À la place, il fait autre chose ou rien. Eh bien non, ça ne peut plus marcher comme ça. En cas de défaillance, il est nécessaire qu’ils puissent être démis de leur fonctions, démocratiquement, c’est-à-dire si une fraction de citoyens le propose et si une majorité d’électeurs l’exige.

      Insistons : cette mesure doit s’appliquer à tous les élus, jusqu’au président de la République, qui, en France, ne peut être démis par personne en cours de mandat, ni même être jugé depuis la scandaleuse décision du Conseil constitutionnel sous la présidence du douteux Roland Dumas.

      Sanctionner sévèrement les dérives, pour interdire l’alliance mortifère entre les copains et les coquins. Depuis des décennies, aucun élu, même le plus corrompu, ne craint les rigueurs de la loi. Il y a à cela une excellente raison : la prison, c’est pour les autres. Eux pourront toujours solliciter les meilleurs avocats et multiplier les procédures des décennies durant, jusqu’au moment où les juger n’aura plus aucun sens.

      D’où une proposition en trois points :

      Rendre passible de longues années de prison ferme tout acte de corruption avérée d’un élu. Parce qu’elle menace dangereusement la démocratie, en décourageant le vote notamment, la corruption politique me paraît un crime plus grave qu’un braquage de banque. Excessif ? Je ne pense pas. Enfant, je me souviens que, sur les billets de banque, il était inscrit que « la fabrication de fausse monnaie [était] passible des travaux forcés à perpétuité ». Pas une goutte de sang versée, pourtant, mais une atteinte criminelle au bien commun.

      Définir des couloirs judiciaires dédiés, pour éviter qu’on ne juge que des cadavres. L’ensemble des procédures, appel et cassation compris, devra être bouclé dans les 12 mois suivant l’ouverture de l’instruction.

      Augmenter fortement la rémunération des hommes et des femmes qui choisiront de servir la collectivité avec compétence, zèle et intégrité. Pourquoi ? Pour avoir les meilleurs. Pour leur éviter la tentation. Et pour rendre inexcusable qu’ils y cèdent.

      Constitutionnelles, électorales ou judiciaires, ces propositions de réforme peuvent apparaître éloignées des préoccupations immédiates, en ces temps troublés surtout.

      Je les crois pourtant essentielles. Même si elles ne résolvent pas l’ensemble des problèmes auxquels notre époque est confrontée, elles m’apparaissent nécessaires pour rétablir l’indispensable confiance du peuple en ses représentants, enfin comptables de leurs promesses comme de leur action, et responsables de leurs erreurs .  »  » « 

      1. « Augmenter fortement la rémunération des hommes et des femmes qui choisiront de servir la collectivité avec compétence, zèle et intégrité. Pourquoi ? Pour avoir les meilleurs. Pour leur éviter la tentation. Et pour rendre inexcusable qu’ils y cèdent. »

        Chus d’accord avec le Yéti.
        Cette seule phrase invalide le tout.
        https://yetiblog.org/archives/24313

      2. @ Daniel , moi je suis en complet désaccord avec le Yéti et donc avec vous.
        Les mots comptent.
        Le message de Vincent Lindon est mobilisateur, il aide aux prises de conscience. Il faut le diffuser.

        Les postures verbales « révolutionnaires » ont leurs limites surtout venant de gens qui croient que Raoult et Maduro sont des « sauveurs », des « progressistes ». Je peux souvent adhérer aux analyses virulentes du Yéti mais, désolé, le coup des bons à l’est (type Brejnev, Ceausescu ou même Mao) et des méchants (=tous ceux qui sont contre les premiers) on me l’a déjà fait, j’ai gobé. après j’en ai tiré mes conclusions.

      3. La démocratie repose sur la compétence universelle des élus, désintéressée et sincère.
        Pas sur le pognon.

        Nous crevons du pognon. Il ne propose rien d’autre que de continuer sur cette voie.

        Comme souvent en France, l’analyse est sérieuse et bien charpentée alors que les solutions ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux.
        Il suffit de réfléchir 2 secondes pour s’apercevoir que sa « solution » ferait de chaque élection une course au mas de cocagne, où le démocratie aurait tout à perdre. C’est une voie royale vers une corruption généralisée.

        En faire tant et si bien pour tomber sur une conclusion aussi dérisoire, minable en fait, invalide l’ensemble.

        Je ne cherche pas à convaincre. Il s’agit ici d’un fossé entre 2 conceptions. Je crois que, là où nous en sommes, le pognon individuel représente l’ennemi et le danger. Le pognon est à la fois la cause et le véhicule de la situation où nous nous débattons.

    2. @Daniel :

      Ce « tiré à part du speech  » de Vincent Lindon ne peut dénaturer toute l’intention généreuse de ce simple citoyen ,comme il se plait à le rappeler .

      Il est par contre symptomatique ( c’est à la mode ) de la méconnaissance et des vraies raisons de la motivation de la fonction publique , et ce serait bien la mépriser que de penser que les personnels de santé , les fonctionnaires territoriaux ou de l’état qui sont sur le terrain hier et aujourd’hui , se sont faits fonctionnaires avec les avantages et les inconvénients que ça comporte , avec comme ambition que leurs salaires les mettent à l’abri de la tentation .

      Ils souhaitent tout bêtement être reconnus pour le service qu’ils rendent et si , comme partout , l’effort salarial doit d’abord porter sur les « moins de 2000 € nets avant impôts », on peut considérer que , dans les trois fonctions publiques ,la fourchette de revenus nets après impôts est très nettement plus « écrasée » que dans le privé .

      Les meilleurs  » restent » plus parce qu’on leur donne les moyens et la légitimité pour exercer leurs talents , que parce qu’on leur refuse une augmentation . Les vrais « meilleurs » que j’ai côtoyés ont quitté le navire parce qu’on les niaient dans l’exercice potentiel de leur talent , pas pour le fric ( qui était cependant leur nouvelle  » reconnaissance  » dans le privé ) .

      Les « meilleurs » restent aussi quand leur rémunérations n’est pas liée à leur poste géographique , et que s’ils sont en poste dans des secteurs ou fonctions « à risques  » de tous ordres , ils puissent avoir la garantie qu’une relève leur assurera un retour à des temps moins durs .

      Il ne faut pas croire que cette situation ne concerne que les hauts fonctionnaires . J’ai trouvé les mêmes attitudes chez des infirmières ( la Suisse a été contente de les accueillir de par chez nous ) , des dessinateurs , des conducteurs de travaux , des instructeurs de permis de construire et d’actes d’urbanisme …

      Mais je porte la foi que la motivation par le fric n’est pas la motivation moteur de la Fonction Publique , et je ne pense pas que Vincent Lindon serait meilleur acteur si ses cachets étaient doublés .

      1. Vous faites un contre-sens.
        Je vous cause d’élus, vous répondez fonction publique.

        La fonction publique, hors ministères de Phynance et Armés (*) , montre tous les jours qu’elle s’accommode de salaire au lance-pierre.
        C’est un autre sujet.

        (*): Armée: en-dessous du grade d’officier. Il en est de même dans la ‘haute’ fonction publique, mais je manque d’informations précises. Tout laisse pense que les gouvernants achètent une certaine tranquillité avec ces derniers.

  8. Vous avancez tous, les chiffres de quelques pays phare, SAUF l’Allemagne qui reste un grand mystère. On avance qu’ils font plus de tests, qu’ils ont un meilleur service de santé (hôpitaux etc.) ils ont un confinement différent suivant les länder, bon d’accord. Mais pourquoi ont-ils beaucoup moins de décès ? Ils ont trouvé un remède, un traitement efficace ? Alors qu’ils ont autant de cas que la France à un poil près. Si quelqu’un a une piste… ou une explication solide ! Merci.

      1. Merci, même si ça ne réponds pas à mes questions. J’avais déjà lu cet article sur la chloroquine. Bien d’autres disqualifient ce médicament. Dans quelques mois on y verra plus clair, mais rien que le personnage de D. Raoult me rends très sceptique.
        Sur ce blog de Paul Jorion d’autres que moi ont bien démontrés les peu crédibles résultats présentés par Raoult. Mon fils, statisticien m’a fait les mêmes remarques sur le peu de sérieux de ces résultats. Donc… à suivre !

    1. Il faudrait comparer à un autre pays avec
      1° Autant de tests
      2° Autant de masques
      3° Autant de lits
      4° Un sens de la responsabilité où ce qu’on voit c’est que les chefs politiques sont économes de leur paroles (« faites ce qu’il faut ») et ce sont des « techno-scientifiques » crédibles (hm..) comme Drosten qui donnent des informations claires précises etc.

      Les Pays-Bas aurait pu jouer ce rôle, mais las, ils se sont un moment laissé tenté par l’immunité de groupe. Un décalage d’une semaine sur les bonnes mesures peut faire un facteur 2 sur la mortalité (quand R0=2 à 3, il y a 3 fois plus de contaminés au début du confinement).

      De plus, il faut voir qu’un Land comme la Bavière, qui peut donner le « la », a pu aisément prendre la température en Autriche et Suisse, pays hautement connectés à la Lombardie (les Fugger sont d’Augsburg, ils s’occupaient de banque avec les lombards, le mot « prêt lombard » est encore usité).

      Ensuite, les autres länder ont suivi, ceux de l’Est étaient peu enclin mais peu touchés (sauf Berlin peut-être).
      Autre facteur : la surface moyenne dans l’immobilier : moins de micro-logement car le prix de l’immobilier est 25 à 40% moins cher qu’en France (suivant le type de grande ville considéré même 50% si on prend Paris).
      Du coup les gens ont souvent une chambre de plus, ce qui diminue la contagion intra-familiale, et la « longue traine » qui en résulte (même si un test permet de démarrer l’isolement à temps) (rappelons que William Dab sur MP questionne l’épidémiologie de base : nous ne savons pas d’où viennent les flux depuis le 1er avril, qui sont les contaminés, comment, etc., statistiquement, s’entend. Ce qui permettrait de prendre les bonnes mesures).

      Tout ça additionné, je dis ça je dis rien…

      1. Incomplet et flou ! C’est dingue !

        https://doi.org/10.1515/cclm-2020-0425

        Dont acte ! UGent, ou comment fabriquer de toute pièce une corrélation au point d’en cacher une autre bien plus importante, dédouanant ainsi (volontairement ou involontairement – allez savoir) toutes celles et ceux qui nous gouvernent durant cette crise sans nom !

        Généralement, quand je vois un r²=0,5 je fronce les sourcils, alors forcément quand je le lis = à 0,410 là, sans la moindre hésitation, je freine des deux pieds ! Je rappelle qu’un coefficient de corrélation remarquable est toujours compris en valeur absolue entre 0,8660254… (qui n’est pas un chiffre posé ainsi par « hasard ») et 1, ce qui donne un coefficient de détermination dit des tricheurs (r²) compris entre 0,75 (tout rond – 3/4) et 1 ; là, on en est carrément loin, et vu le sujet abordé, tout cela mériterait des compléments bien plus étayés en effet…

        Donc non, la raison n’est en rien génétique… Thérapeutique ? ça par contre, 3 x hélas ! OUI ! Mais pour arriver à cette seule conclusion implacable, très lourde d’ailleurs de conséquences, il faut bien évidemment TOUT lire et PARTOUT !

        En attendant, la phase 3 en Italie vient d’être lancée ! Aux ABPJ : Quand je vous le dis…

        https://www.aifa.gov.it/web/guest/-/covid-19-autorizzato-nuovo-studio-clinico-con-favipiravir

        Et pendant ce temps, NOUS, à l’ouest (c’est le cas de le dire), on rame à tort sur un océan de javel :

        https://www.sudouest.fr/2020/05/07/resultats-incertains-cooperation-qui-patine-ou-en-est-le-fameux-essai-europeen-discovery-7466244-10861.php

        A bon entendeur…

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